Carnet de voyage : Au fil du fleuve Niger
Par Ahmadou CISSE Envoyé Spécial Bamako, 22 sept (AMAP) Soudain, au détour d’un faubourg, le voyageur aperçoit Mopti, otage des eaux. Pour arriver jusqu’ici, il a fallu avaler 640 km, depuis Bamako par une route en très mauvais état. La Venise du Mali « est construite sur trois îles reliées entre elles par des digues, confluent du Bani et du Niger », décrivent les brochures. Cette presqu’île a été fondée au XIXe siècle par des Bozos. Elle porte alors le nom de Sangha qui signifie « lieu de rassemblement ». Carrefour fluvial et commercial, Mopti est surtout un point de départ pour la découverte de l’arrière-pays, le Septentrion du Mali, hélas en mal de paix. Nous sommes au tout début de la saison des montées des eaux. Le mois d’août est surtout connu pour la soudure. C’est aussi le temps des grands bateaux qui assurent la liaison entre Koulikoro (60 Km de Bamako), Tombouctou et Gao, dans le Nord. La route est dégradée et dangereuse. Le manque d’entretien et l’insécurité font peur aux voyageurs. Les voies les plus sécurisées restent les airs et le fleuve. L’avion coûte cher. Alors, avec un soupçon de bon sens, le choix du bateau s’impose. Sur le quai de Mopti, le bain de foule est inévitable. En ce moment de psychose de Covid-19, autant être fataliste. Ici, le coronavirus semble lui-même résigné à se placer en quarantaine. Toutes les ethnies de notre pays semblent s’y donner rendez-vous pour faire du commerce ou en transit pour d’autres horizons. Entre ces deux, se trouve le débrouillard du coin : il est porteur de bagages, gargotier, artisan, mendiant ou même petit voleur à la tire. Tout ce beau monde a le même dénominateur : la recherche de la pitance quotidienne. L’HEURE, C’EST L’HEURE – Le bateau s’apprête à prendre le large, en début de nuit. Destination Gao. « Le voyage prendra environ cinq jours », alerte le commissaire du bateau qui supervise le chargement de son navire. Et Tombouctou alors ? « Dans deux jours », dit-il avec un brin de doute. Cette précaution est de bon aloi pour qui connaît les conditions de la traversée avec un bateau de vieil âge. Coïncidence heureuse ? « Tombouctou », c’est également le nom du bateau de la Compagnie malienne de navigation (COMANAV) qui dispose d’une flotte de trois navires du même genre (les bateaux Kankou Moussa, Général Soumaré et Tombouctou). Dans l’ensemble, le bateau tient la route ou plutôt le fleuve. Malgré son âge avancé (des années 80), la ferraille se bat au mieux de ses forces pour relier le Sud au Nord. Des années et des années de bons et loyaux services. Le réseau électrique est peut-être en mauvais état mais il fonctionne. Donc, tout va bien. Un coup de balai ne fera aucun mal aux cabines. Ce n’est pas le plus important. Les deux grosses machines de propulsion ont pris quelques rides et, par conséquent, sont devenues très gourmandes en carburant avec une consommation de 15.000 à 16.000 litres de gasoil, entre Koulikoro et Gao. Comparés aux passagers du pont, les occupants des cabines (chambres de bateau) font figure de privilégiés, au regard de leurs conditions de voyage. Les premiers ont dû construire des abris de fortune avec des draps multicolores contre les intempéries sur le pont. La pluie peut perturber leur quiétude à tout moment. Le départ du bateau est annoncé pour 20 h (ou 8 h du soir). Un quart d’heure avant, trois sifflets retentissent sur la berge. Les retardataires s’empressent pour embarquer. Les derniers porteurs de bagages quittent le navire à grandes enjambées. Certains enfants, de mauvaise réputation, n’ont pas échappé au plongeon nocturne après le départ du bateau. Après tout, c’est le moindre mal. L’heure, c’est l’heure. Une fois n’est pas coutume. Le bateau démarre à 20 h pile. Tant pis pour les incorrigibles traînards. Un passager, superstitieux à outrance, jette une pastèque par-dessus bord : une offrande aux génies de l’eau pour une traversée sans embûches. DECOUVERTE DU BATEAU – Le « Tombouctou » est commandé par le commissaire Amadou Tidiani Samaké, assisté d’un sous commissaire. Le premier s’occupe des aspects administratifs, commerciaux et financiers en plus des passagers VIP. Le second, lui, s’occupe du fret et des passagers de la 3è classe. La partie mécanique est logée dans la cabine des machines. Trois gros moteurs propulsent le bateau à une vitesse moyenne de 10 km par heure. Au gouvernail, il y a trois pilotes. Assistés de matelots, ils se relaient toutes les 6 heures. Leur cabine est contiguë au restaurant-bar géré par un prestataire privé. Tous les passagers de luxe, 1ère, 2e et 3e sont logés et nourris. Le bateau a une capacité de 130 tonnes sous cale et de 344 passagers. Premier jour de voyage, premier accostage d’urgence. Aux portes du lac Débo, un orage accompagné d’un vent violent soulève de hautes vagues. Le bateau est en difficulté en eau profonde. Le navire tangue. Panique à bord. Les matelots décident de tenter un accostage d’urgence au milieu de nulle part, le temps de la tempête. Les passagers se mettent à l’abri de la pluie qui tombe sur le lac. Le commissaire du bateau a rapidement ordonné un accostage d’urgence au milieu d’une bourgoutière. Quelques heures plus tard, l’orage cesse. Le bateau met à nouveau le turbo. COVID EN QUARANTAINE – En termes de lutte contre la Covid-19, aucune mesure sanitaire n’est exigée à bord. Le virus est comme prié de se mettre en quarantaine. Le seul flacon de gel hydro alcoolisé se cachait des voyageurs au fond du bar principal. Pas un seul passager ne porte de masque de protection. Ni même le personnel naviguant qui s’est contenté de placer un dispositif de lavage des mains posé à droite sur le pont supérieur, juste avant l’accès au restaurant. Là encore, il semble être ignoré des passagers qui ne s’en servent qu’après un repas. A la décharge de la compagnie, l’observation des gestes barrières contre la pandémie est d’abord une question de conscience individuelle. Pour la sécurité
Ségou : Les vendeuses de pastèques se frottent les mains
Par Abdoulaye TALL AMAP-Ségou Ségou, 22 sept (AMAP) A la faveur de l’hivernage, période propice aux fruits et légumes, la pastèque, depuis quelques mois, inonde les étals, trottoirs et marchés de Ségou, la capitale des Balanzans. De forme sphérique, comme un ballon de rugby, et de couleur verte, elle s’invite à l’entrée des repas comme au dessert. La pastèque a longtemps conquis les papilles des plus gourmands. Bien appréciée, elle s’est taillée une place au soleil, en raison de ses multiples vertus. Chaque jour, une poignée de femmes arpentent la ville de Ségou, à bord de charrettes tirées par des ânes, incroyablement chargées de pastèques destinées au marché. Certaines vendeuses de fruits prennent d’assaut les trottoirs qui constituent des endroits stratégiques pour mieux vendre leurs produits et en tirer des bénéfices. Ces braves femmes, qui vendent ce précieux fruit, ne se plaignent pas. Elles parviennent à nourrir leur famille, avec le revenu tiré de la vente de pastèques. Leur commerce attire, au quotidien, de fidèles clients qui viennent de divers horizons. Tous les matins, dès l’apparition des premiers rayons de soleil, Fatoumata Traoré étale ses pastèques en bordure de route, à proximité de l’espace culturel Meru Ba. Assise sur une chaise, à l’ombre d’un grand parasol, la jeune vendeuse excelle dans le commerce de fruits depuis 15 ans. Grace à sa force de persuasion, Fatoumata Traoré s’est bâtie une bonne notoriété. Elle a, aussi, su fidéliser sa clientèle. Elle ravitaille constamment certains vendeurs ambulants et commerçants de Ségou qui prennent, en moyenne, une trentaine de pastèques à crédit. Fatoumata Traoré affirme que grâce à ce commerce, elle arrive à subvenir à ses besoins et ceux de sa famille. Comme contrainte, elle souligne que souvent, il lui arrive de se retrouver avec des pastèques pourries sur les bras. Certaines sont endommagées à cause du mauvais état de routes et d’autres finissent leur parcours dans les décharges publiques, avant d’être englouties par les ruminants. Plus loin, nous avons rencontré Oumou Diallo. Cette vendeuse avait les yeux rivés sur ses pastèques, soigneusement alignées les unes à côté des autres. Ses gros fruits sucrés et juteux viennent pour la plupart de Niono, de Pogo, de Monimpé et de Tona. A en croire cette commerçante, le marché est florissant et tout le monde en raffole. Le rouge éclatant de la pastèque et son goût exquis laisse rarement indifférents les consommateurs. «Le prix oscille entre 500 Fcfa et 2.000 Fcfa. Nous recevons chaque jour des clients qui aiment bien nos pastèques», déclare Oumou Diallo, qui arrive à générer un bénéfice de 4.000 voire 14.000 Fcfa, par jour. Atou évolue, également, dans le commerce de fruits depuis 6 ans. Elle gagne sa vie « dignement ». Ses pastèques se vendent comme des petits pains. Malgré le nombre important de vendeuses installées sur le bord de la route, Atou parvient à tirer son épingle du jeu dans la vente de ce fruit saisonnier. Ses fournisseurs viennent, pour la plupart, de Niono. Comme nos précédentes interlocutrices, elle se frotte, également, les mains en cette période. «Par jour, je peux vendre une dizaine de pastèques. Grace à la vente de ce fruit, je participe aux dépenses de la famille», confie la vendeuse, sourire aux lèvres. Aussi appelée melon d’eau, la pastèque est une véritable fontaine de vitamines A, B6 et C. Selon les spécialistes, ce n’est pas tout, ce fruit savoureux favorise la bonne santé des dents, aide à prévenir les dommages cellulaires et permet de prévenir la déshydratation. La pastèque permettrait d’améliorer la capacité des cellules de la peau, tout en la mettant à l’abri des rayons ultraviolets. Sa pulpe rouge rafraîchit et purifie l’organisme. En outre, elle serait une alliée précieuse contre les monstrueuses courbatures et crampes musculaires. AT/MD (AMAP)
Almamy Thiero, président d’un collège de basket-ball aux Etats-Unis
Par Seibou S. KAMISSOKO Bamako, 18 sept (AMAP) L’ancien joueur de l’AS Biton et du Djoliba, Almamy Thiero, préside depuis 2007 aux destinées du Collège basket-ball prospects. En même temps, le natif de Ségou, au Centre du Mali, passé par Moore High School, Mt Zion Christian Academy, Memphis et de Duquesne, joue le rôle d’entraîneur du club. En effet, Almamy Thiero réside aux États-Unis depuis novembre 1999. Il est entraîneur de basketball, marié et père de quatre enfants. «J’ai été inspiré par ma grande sœur Ténin Aoua Thiero qui a été capitaine de l’équipe du Stade malien et qui a joué pendant plusieurs années en équipe nationale. C’est elle qui m’a poussé à faire le basket-ball, expliquant que ma taille (2,08m) était un atout », dit Thiero. « La suite des événements lui a donné raison, car dès ma première sortie internationale avec la sélection nationale des U16, j’ai obtenu une bourse d’études pour les Etats-Unis. C’est grâce à Jean Pierre Ciesielski, l’organisateur du tournoi de Douai que j’ai obtenu la bourse. Je serais toujours reconnaissant à l’endroit de ma sœur aînée», ajoute-t-il. Almamy Thiero peut être fier de son parcours sportif, pour ne pas dire de sa vie, tout court. Et pour cause, non seulement l’ancien sociétaire de l’AS Biton et du Djoliba a eu une grande carrière, en tant que joueur mais, aussi et surtout, parce qu’il a réalisé un rêve d’enfance, celui de devenir entraîneur de basket après sa carrière. «J’ai connu des moments inoubliables en sélection, j’étais le capitaine de l’équipe et j’ai effectué plusieurs sorties internationales avec mes coéquipiers», raconte le natif de la capitale des Balanzans. C’est à Ségou, capitale administrative de la 4è Région que tout a commencé pour Almamy Thiero. Après un bref séjour à l’AS Biton, le jeune joueur est repéré par le Djoliba qui le recrute. Mais l’ailier ne passe qu’une petite saison. Sélectionné en équipe nationale cadette pour le tournoi de Douai, une commune française, Almamy Thiero obtient une bourse d’études pour Louisville, dans l’Etat du Kentucky, aux Etats-Unis. «A mon arrivée aux Etats-Unis, j’ai poursuivi mes études au lycée de Louisville, puis en Caroline du Nord. Par la suite, j’ai eu une bourse d’étude universitaire qui m’a permis d’intégrer l’équipe de Memphis alors managée par John Calipari, l’un des meilleurs coaches des États-Unis. C’est à Memphis que j’ai eu mon Bachelor degree (Ndlr, baccalauréat universitaire). Notre équipe a été sacrée, deux fois, champion de notre conférence et nous nous sommes classés 8è du championnat NCAA (Ndlr, championnat masculin de basket-ball) sur 68 équipes universitaires. Après Memphis, j’ai fait mon Master en Sports Leadership à Duquesne University», raconte Thiero. L’ancien joueur de l’Université de Memphis joue ensuite une partie de saison avec les Dukes en tant qu’étudiant diplômé. éligible en raison d’une règle de transfert de la NCAA pour les diplômés de quatre ans, le jeune ailier revient à l’Université après avoir obtenu son diplôme de premier cycle en français. Almamy, comme l’appellent familièrement les supporters, sera l’un des cinq joueurs à assister à chacun des 15 premiers matches des Dukes lors de la saison 2006-2007. Malheureusement, en janvier 2007, des caillots sanguins sont diagnostiqués dans les poumons du joueur, l’obligeant à faire une croix sur le reste de la saison. Déjà lors de la saison 2003-2004 à Memphis, Almamy Thiero avait été victime d’une maladie similaire et ne jouera que 134 minutes en 28 matches. «Mon genou me faisait mal, j’ai subi quatre opérations, sinon ma 4è année à Memphis a été magnifique. Nous avons été champions de notre conférence». à cause de ses blessures à répétition, l’ancien joueur de l’AS Biton et du Djoliba sera contraint de mettre prématurément fin à sa carrière en 2007. La même année, il devient assistant de coach de la sélection américaine des U19, avant d’être propulsé à la tête de College basket-ball prospects of America. «Je suis maintenant coach de basket-ball à Sewickley Academy et président du College basket-ball prospects of America. Plus de 150 athlètes évoluent dans mon organisation. J’ai choisi ce métier pour pouvoir rendre service à la jeunesse», indique Almamy Thiero, marié et père de quatre enfants (un garçon et trois filles). «Ma famille est une famille de basket-ball parce que mon épouse, Mariam Tanty Sy a également joué au basket et porté plusieurs fois le maillot de la sélection nationale», fait remarquer le président de Collège basket-ball prospects, avant de parler de ses projets. «Mon épouse et moi, avons créé une association à but non lucratif, depuis une demie dizaine d’années, nous intervenons au niveau de certains centres de basket de Ségou et de Bamako. Concrètement, notre association donne des équipements aux centres». Pour lui, c’est un minimum. SSK/MD (AMAP)
Embargo de la CEDEAO sur le Mali : Des stocks rassurants de produits de consommation (Direction du Commerce)
Bamako, 18 sept (AMAP) «Les stocks de produits de première nécessité déclarés au niveau de la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC) par les importateurs réguliers et ceux détenus par les commerçants détaillants sont supérieurs au seuil d’alerte et couvrent les besoins de consommation du moment», a révélé, mercredi, à Bamako, le directeur général, Boucadary Doumbia. L’Etat d’approvisionnement du marché national en produits de base est, donc, rassurant, un mois, après l’embargo, imposé par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) au Mali, selon les services du Commerce. « Cette situation est due à l’exclusion des produits de première nécessité du champ de l’embargo. Ces produits sont importés sans trop de difficulté», se réjouit pour rassurer les consommateurs maliens », M. Doumbia. En conséquence, « les prix à la consommation des produits sont, par rapport à la semaine passée, restés stables à l’exception de ceux des produits saisonniers (oignons, fruits et légumes, tubercules) généralement importés », a précisé Boucadary Doumbia. Cette hausse sensible du prix de ces denrées n’est pas, selon lui, liée uniquement aux effets de l’embargo mais au caractère cyclique de leur commercialisation. Toutefois, il urge, au regard de la structure de notre commerce et de la situation géographique du Mali, de prendre les décisions nécessaires devant aboutir à la levée, au plus vite, de l’embargo. Cela, afin d’éviter une perturbation, à long terme, du circuit d’approvisionnement du Mali. « En la matière, on note déjà une baisse du volume des importations de la sous-région de l’ordre de 202 milliards de Fcfa par rapport au mois passé », a révélé le directeur général. Ce qui correspond à 57% de la valeur moyenne des importations maliennes venant de cette zone. Les produits les plus importés, durant le mois d’août, sont les combustibles minéraux et les huiles minérales : hydrocarbures (49%), les machines et les appareils (10%), les produits alimentaires (14%), les produits pharmaceutiques (5%). Les principaux pays d’importation au cours de la période sont le Sénégal (17%), la France (13%), la Côte d’Ivoire (11%), la Chine (9%), la Suisse (7%), les Emirats Arabes Unis (5%), Singapour (5%), le Royaume-Uni (5%). S’agissant de la sous-région, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Niger constituent les plus grandes sources d’approvisionnement. Ceci s’explique, à en croire Boucadary Doumbia, dans une large mesure, par les produits pétroliers qui couvrent 32% du total des importations. La CEDEAO, rappelle-t-on, est une Union douanière – un accord commercial régional dont les États membres ont adopté une politique commerciale commune vis-à-vis des États tiers – avec un Tarif extérieur commun (TEC). Le TEC, entré en vigueur le 1er janvier 2015, désigne un droit de douane commun aux membres d’un groupe de pays qui sont souvent liés par un accord de libre-échange. Outre le manque à gagner pour le commerce, les effets néfastes de l’embargo sur notre pays sont, également, d’ordre économique et social. Il s’agit de la perte de recettes fiscales et douanières, l’augmentation du coût des importations en raison de l’acheminement des marchandises à partir des plateformes portuaires plus distantes (Mauritanie, Algérie, Maroc). S’y ajoutent la restriction de la concurrence avec des conséquences sur les prix et les pertes d’emplois dans les secteurs orientés vers l’import-export. CMT/MD (AMAP)
Opinion : Le Mali, la crise en Afrique de l’Ouest et les mandats présidentiels : Quelle lecture ?
Par Mamadou Diop DECROIX Bamako, 17 sept (AMAP) Les élections frauduleuses, le déficit de libertés, la justice aux ordres tout comme les manipulations constitutionnelles relèvent tous de la même origine : le système postcolonial en vigueur depuis l’avènement des « indépendances » en 1960. Nous nous efforcerons, dans les lignes qui suivent, de soumettre notre approche pour une relance concertée de la lutte pour la libération et l’émancipation des peuples d’Afrique, pour mettre fin aux stratégies occidentales de prédation. Manifestement, les forces qui dominent et pillent l’Afrique et celles qui se battent pour sa libération et son émancipation ne parlent pas de la même Afrique. Les appareils idéologiques dominants de l’Occident ont toujours joué un rôle essentiel dans le formatage des consciences en Afrique. Des officines puissantes, dotées de moyens conséquents avec des experts à la pointe de leur domaine de connaissances y travaillent tous les jours sans désemparer. Les conséquences de cette stratégie dans nos esprits et nos formes de consciences sont d’une profondeur insondable. Noam Chomsky, linguiste, philosophe, politologue américain de renommée mondiale et enseignant au Massachussetts Institute of Technology (MIT), l’une des plus prestigieuses écoles des Etats-Unis d’Amérique, a produit une réflexion pénétrante sur la manipulation des consciences qu’il intitule : « les 10 stratégies de manipulation de masses». https://nospensees.fr/les-10- strategies-de-manipulation-demasse-selon-noam-chomsky/ Il s’explique ainsi : « Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie etla psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système [nous soulignons] en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes. Pourquoi croyez-vous que les grands politiques utilisent et payent largement des instituts importants des sciences humaines ou des grandes sociétés de publicité » ? Fin de citation. Ce mécanisme fonctionne merveilleusement bien en Afrique où les « élites » s’entre-déchirent, entrainant dans leur sillage des franges importantes de la population, autour des notions de constitution, de lois, de république, de mandats présidentiels, d’état de droit etc. Or ces notions n’ont pas grande signification pour ces populations qui résument le tout dans leurs propres notions comme celles de « buur » (le roi) et de « ngur »(la royauté). C’est pourquoi lorsqu’on nous dit que la loi est là pour tous et que la constitution protège et promeut les droits et libertés de tous, nous répondons qu’il n’en est rien. Dans toute société, la loi n’a jamais été rien d’autre que la codification d’un rapport de forces entre classes et groupes sociaux à l’intérieur de cette société, à une période donnée de son histoire. La loi est toujours au service de ceux d’en haut au détriment de ceux d’en bas. Si ceux qui exercent le pouvoir sont au service du plus grand nombre, alors les lois serviront le peuple. Dans le cas contraire, les lois serviront la minorité au détriment du peuple. Hitler, arrivé au pouvoir par des voies démocratiques, a réussi à imposer une dictature fasciste et à embraser le monde grâce à un corpus juridique et un puissant appareil idéologique répondant à un besoin d’embrigadement de la jeunesse allemande autour d’objectifs aux antipodes des intérêts fondamentaux de celle-ci et de ceux du peuple allemand dans sa globalité. Plus près de nous, le régime d’apartheid en Afrique du Sud avait également élaboré ses lois qui établissaient la séparation des races. Ces lois ont permis, entre autres ignominies, de déposséder les noirs pourtant majoritaires dans le pays de leurs terres. Elles ont permis de parquer les noirs dans des réserves, les transformant ainsi en étrangers sur leurs propres terres, celles de leurs ancêtres. Lorsque Nelson Mandela et les autres Walter Sisulu, Oliver Tambo, Govan Mbeki, Robert Sobukwe, SteveBiko … se sont rebellés contre ces lois, ils ont été arrêtés au nom des lois en vigueur, torturés, condamnés et envoyés croupir des décennies durant dans les geôles du système ou simplement assassinés. Dans les anciennes colonies françaises d’Afrique (hormis la Guinée qui avait voté ‘NON’ au référendum Gaullien de 1958), ont été implémentées, en 1960, des avatars de la constitution de la Vème république en France, qui y consacraient des monarques républicains, tout puissants vis-à-vis du peuple, mais très accommodants pour la métropole. Ces constitutions et ces lois sont ignorées de 80% des populations auxquelles elles s’appliquent parce que libellées dans une langue qu’elles ne parlent ni ne comprennent. Elles auraient dû être, à tout le moins, rendues dans nos langues maternelles et largement vulgarisées par les tenants du pouvoir postcolonial si l’objectif était réellement inclusif. Ce silence à lui tout seul illustre à suffisance l’exclusion délibérée et planifiée des populations de tout processus qui se met en place. Aujourd’hui, après 60 années « d’indépendance » nous avons 150 millions d’africains dans l’espace francophone africain, qui sont gouvernés par des constitutions et des lois dont ils ne savent rien. L’Afrique est le seul continent où on vous attrait devant la barre, vous juge, vous condamne et vous envoie en prison dans une langue que vous ne comprenez pas. Chez nous au Sénégal, alors qu’un pluralisme politique vivant était en vigueur à l’époque coloniale, le pays bascula au bout de cinq ans seulement après les indépendances dans l’ère du parti unique et de la répression féroce de l’opposition. Mais l’explosion socio-politique de Mai 68 et la poursuite des mouvements de contestation du système postcolonial ont fortement secoué les milieux économiques français et fait évoluer le rapport de forces en faveur des secteurs démocratiques au cours de la décennie 70. Le Président Senghor fut obligé de lâcher du lest en autorisant l’existence de trois puis quatre partis politiques à travers la loi des courants politiques. D’ailleurs, le maintien de la pression des forces démocratiques
Produits de consommation : Les stocks peuvent couvrir plusieurs mois, selon la Direction nationale du commerce et de la consommation
Par Cheick M. TRAORE Bamako, 16 sept (AMAP) Les sanctions de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) font planer le risque de pénurie de certaines marchandises importées. Mais la Direction nationale du commerce et de la consommation (DGCC) rassure sur le niveau de nos réserves, Un mois après la démission du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, suite à l’intervention de l’Armée, le Mali reste sous embargo de la (CEDEAO). La tenue, les 10, 11 et 12 septembre, de la concertation nationale sur la transition n’a pas fait fléchir les chefs d’Etat de l’organisation ouest-africaine. Ces assises ont même étalé au grand jour les divergences de vue entre le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) et une partie du Mouvement du 5juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) qui a rejeté la Charte de la transition. Ces désaccords assumés semblent être mis à profit par certains pour tenter de créer la panique au sein de la population, prédisant ainsi une rupture très prochaine des stocks en denrées de tout genre. Les Maliens doivent-ils craindre ce scénario professé par les individus aux intentions inavouées ? La disponibilité en denrées peut-elle couvrir les besoins essentiels avant la levée des sanctions ? Existe-t-il des alternatives crédibles d’approvisionnement en cas de prorogation ou d’alourdissement du blocus ? Cet embargo arrive au mauvais moment pour le Mali. Très vaste pays sans débouché sur la mer, le Mali vit depuis 2012 une crise sécuritaire, sociale et politique qui affecte, année après année, ses efforts de développement. La croissance de son Produit intérieur brut (PIB) a régresser de plus de 6% à un peu moins de 5% (2019) sur la même période. Ce taux est, selon le dernier rapport des services du Fonds monétaire international (FMI), estimé à 0,9% cette année, contre une projection initiale de 5%. Cette chute drastique est consécutive aux effets de la crise sanitaire. S’il faudrait y ajouter les effets néfastes de l’embargo, l’économie malienne tomberait en récession. Comme ce fut le cas après le coup d’Etat de 2012. Cette régression économique est à nouveau envisageable eu égard au volume des échanges entre le Mali et les autres pays membres de l’organisation sous régionale. Ceux-ci comptent pour environ 17% de nos recettes d’exportation dont 6.1% sur le Burkina Faso, 4,9% vers la Côte d’Ivoire, 4,7% en direction du Sénégal et 0,91% vers la Guinée. En direction de ces pays, le Mali exporte principalement le bétail, les noix de karité, les denrées agricoles (pomme de terre, mangue, etc.). En revanche, notre pays dépend en grande partie d’eux en matière d’importations. Le Sénégal vient en tête avec 21% du volume des produits importés dans la zone. Il est suivi par la Côte d’Ivoire avec 9.7%. Nos achats de biens dans les pays membres de la CEDEAO avoisinent 40% du total de nos importations. A titre illustratif, le Mali a, en 2018, importé pour 472 milliards de Fcfa auprès du Sénégal et 377 milliards de Fcfa auprès de la Côté d’Ivoire. La moyenne quotidienne est de 2,3 milliards de Fcfa de produits importés auprès de ces deux pays : 1,3 milliard de Fcfa en faveur du Sénégal et un milliard de Fcfa pour la Côte d’Ivoire. SOUVERAINETE ECONOMIQUE – “Les hydrocarbures constituent l’essentiel de nos produits d’importation (24%), suivis des machines (8,4%), des véhicules (6.9%), des équipements électroniques (6.6%)”, précise l’analyste Abdoul Karim Coulibaly. Selon lui, ces produits transitent ou sont revendus pour la plupart par ces pays. «C’est par exemple, ajoute le spécialiste, le cas des hydrocarbures dont le Mali s’approvisionne à travers le Sénégal. Bien que n’étant pas producteur de pétrole, le Sénégal arrive à exporter le pétrole en direction du Mali, bénéficiant ainsi dans les termes de l’échange». Il ajoute que d’autres produits tels que le poisson, la banane plantain, le ciment, le bois, sont directement produits par nos voisins de la CEDEAO. Une restriction sur les échanges n’est pas alors sans conséquence pour l’économie et sur la population maliennes. «Un embargo sera très ressenti par la population malienne, car il nous priverait de 40% de nos produits d’importation», analyse M. Coulibaly. Pour l’expert, ce ressenti se manifestera par un accroissement du prix des denrées et des produits manufacturés à cause de leur rareté sur le marché et une baisse des recettes de nos opérateurs économiques. Ces derniers verront leurs biens stockés au niveau des différents ports. « Cela peut avoir des contraintes de coûts de stockage, et même affecter certaines denrées périssables », déplore-t-il. Ces chiffres illustrent à suffisance que le Mali est loin de pouvoir se passer de ses voisins de la CEDEAO. L’économiste Étienne Fakaba Sissoko, lui, rappelle, à juste titre, notre dépendance économique. «Savez-vous qu’aujourd’hui, l’ensemble du patrimoine (argent, liquidité) du Mali est dans un compte unique à la BCEAO ? Avec l’embargo de la CEDEAO, on n’y a plus accès. Aujourd’hui, nous fonctionnons sans caisse régulièrement alimentée, donc exclusivement avec les nouvelles entrées de recettes et la liquidité existante au Trésor», a-t-il écrit dans un récent post. Toutefois, le directeur général du commerce, de la consommation et de la concurrence, Boukadary Doumbia, intervenant sur une radio, invite les consommateurs à la sérénité. « Dans le cadre de la lutte contre la Covid-19, le ministère en charge du Commerce, à travers la DGCC, avait pris des mesures pour faciliter l’importation des denrées de première nécessité », rappelle M. Doumbia. «Toutes les provisions n’ont pas été utilisées. A ce jour, les stocks que nous avons dans les magasins peuvent couvrir plusieurs mois. Et n’y a pas de raison d’augmenter les prix, comme le font certains commerçants en cas de crise», rassure le DGCC. Menaçant de sanction les contrevenants, il précise que son service a décidé de ne plus donner d’autorisations pour l’exportation des produits de base maliens dans les pays de la CEDEAO. Cela jusqu’à la levée de l’embargo. Rappelons aussi que les produits alimentaires, pharmaceutiques, les hydrocarbures, sont exclus des sanctions de la CEDEAO. ALTERNATIVES – Afin de renforcer notre capacité de résilience, Boukadary Doumbia propose de tout mettre en œuvre
Portrait : Moussa Traoré, « Balla » s’en est allé
Bamako, 15 sept (AMAP) Né le 25 septembre 1936, Moussa Traoré aura connu cinq vies. La première est celle d’un jeune officier que rien ne distinguait, particulièrement, et qui fait ses études à l’Ecole des enfants de troupe de Kati avant de les poursuivre à l’Ecole préparatoire des officiers d’outre-mer. Il est aspirant lorsqu’il regagne le Mali nouvellement indépendant. Nommé sous-lieutenant en 1961, il passe lieutenant en 1963. Le Mali socialiste d’alors est engagé aux côtés des forces qui se battent pour l’émancipation totale du continent et le jeune officier est envoyé au Tanganyka (partie intégrante de l’actuelle Tanzanie) en qualité d’instructeur auprès des combattants des mouvements de libération. Rentré au Mali, Moussa Traoré est affecté, toujours comme instructeur, à l’Ecole militaire inter-armes de Kati. La seconde vie de Moussa Traoré commence en 1968. Avec un groupe de jeunes officiers inquiets de la dévalorisation croissante de l’Armée et de la montée de la milice populaire devenue une institution para-militaire toute-puissante, il organise le coup d’Etat du 19 novembre 1968 qui aboutit au renversement du président Modibo Kéita. Le jeune officier est porté à la tête du Comité militaire de libération nationale (CMLN), nouvel organe dirigeant du pays et il cumule assez vite ces fonctions avec celles de chef de l’Etat. Mais malgré ces responsabilités en apparence prestigieuses, Moussa Traoré n’est en fait que le premier parmi les égaux, le fonctionnement collégial du CMLN restreignant sa marge de prise de décision. Si bien qu’il apparaît non pas comme l’homme fort du pays, mais plutôt comme le pondérateur des luttes d’influence qui font rage à l’intérieur du Comité. Sa troisième vie date du 28 février 1978. Ce jour-là, il fit arrêter quatre de ses compagnons parmi lesquels deux (Tiécoro Bagayoko et Kissima Doukara) traînent une réputation désastreuse au sein de l’opinion publique nationale et sont considérés comme les faucons du CMLN. La quatrième vie de Moussa Traoré débute lorsque prend fin l’état de grâce qui a suivi les événements de février 1978. L’agitation estudiantine de 1980 s’achève sur la mort du leader du mouvement Abdoul Karim Camara dit « Cabral ». Le président Traoré dans cette crise a dû se sentir bien démuni puisque le parti unique et constitutionnel qu’il a créé – l’Union démocratique du peuple malien (UDPM) – n’a pas su se poser ni en intercesseur auprès du monde scolaire, ni en mobilisateur de l’opinion publique. L’ancien pensionnaire de l’Ecole des enfants de troupe de Kati, qui était devenu général de brigade en octobre 1978 (il sera promu général d’armée en mars 1982), commence alors son apprentissage de la solitude du pouvoir. Celle-ci allait lui faire abandonner progressivement ses réelles aspirations d’ouverture de 1978 pour se laisser enfermer dans une logique de cénacle. Au début des années 90, cette évolution atteint sa forme la plus aboutie. Au-delà du parti et au-dessus du gouvernement, c’est un cercle restreint de proches et d’intimes qui exerce la réalité du pouvoir et conseille le président sur la conduite des affaires du pays. Moussa Traoré s’est, de plus en plus coupé, des réalités du pays dont il ne percevait pas les profondes modifications. Le destin lui réserva tout de même un ultime chant du cygne en 1988, année où il assume la présidence de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), aujourd’hui Union africaine (UA) en même temps que se fêtait le 20è anniversaire de sa prise de pouvoir. Deux ans plus tard, survenait le temps des épreuves. Les associations politiques lançaient les premières revendications pour l’ouverture démocratique. Imperméable à l’air du temps, insensible aux avis favorables au multipartisme qui surgissaient au sein de son propre camp, Moussa Traoré laisse passer deux occasions historiques d’accepter l’ouverture et, sans doute, de la contrôler. Voulant à tout prix rester maître du calendrier et reporter une prise de décision au congrès de l’UDPM de mars 1991, il se fait déborder par la montée des impatiences populaires. La répression sanglante de la marche estudiantine du 22 mars 1991 sonne le glas de son régime. Renversé par le coup d’État du 26 mars, Moussa Traoré est condamné à mort lors du procès « Crimes de sang », puis du procès « Crimes économiques »(les peines seront ensuite commuées en détention à perpétuité). En ces deux occasions, il s’employa à justifier et à valoriser sa gestion des affaires maliennes pendant 23 ans, mettant sa chute au compte d’un complot ourdi de l’extérieur. Gracié en mai 2002 par le président Konaré, l’ancien chef de l’État fait alors le choix de se mettre en retrait de la vie publique. Féru de lecture des Saintes écritures, il a certainement puisé dans celles-ci la sérénité de comportement et l’égalité d’humeur que tous lui reconnaissent aujourd’hui. S’il prodigue encore de discrets conseils et recommandations aux forces politiques qui lui demeurent fidèles, il s’abstient résolument de tout ce qui pourrait apparaitre comme une immixtion directe. Ce qui ne l’empêchera pas cependant le 04 septembre 2013, de rehausser l’éclat de la cérémonie de prestation de serment au CICB du président de la République alors fraichement élu, Ibrahim Boubacar Keïta. Seul ancien chef d’Etat présent, Moussa Traoré a été alors porté au pinacle par celui qui venait de prendre les rênes du pays qui le qualifia de « Grand républicain ». Ayant franchi l’âge de la sagesse, celui que ses compatriotes appelaient « Tarata Balla » qui signifie « Balla du Mardi » (Ndlr, les événements importants de sa vie sont intervenus un mardi), aura compris que c’est désormais le costume de conciliateur et de rassembleur qui lui sied. Au lendemain du coup d’Etat qui a renversé le président Amadou Toumani Touré en 2012, les responsables de la junte l’ont rencontré quelques fois. Plus récemment, les membres du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), avec le colonel Assimi Goïta en tête, sont aussi allés à « l’écoute de l’ancien président ». Puisant dans son riche fond politico-militaire, Moussa Traoré a dû prodiguer d’utiles conseils aux jeunes officiers de 2012, tout comme à ceux de 2020 dont le destin a ressemblé au sien quelques décennies plutôt. Il aura aussi contribué à chercher une issue
Convention d’assistance mutuelle du Mali : De réelles difficultés dans la pratique

Par Siné S. TRAORÉ Bamako, 15 sept (AMAP) La décentralisation a conduit l’Etat à transférer des compétences aux collectivités, y compris la gestion des problèmes de santé au premier niveau de la pyramide sanitaire, c’est-à-dire les Centres de santé communautaire (CSCOM). C’est fort de ce fait qu’une Convention d’assistance mutuelle a été signée entre les collectivités et les Associations de santé communautaire (ASACO), en charge de la gestion des CSCOM, conformément au décret 02-314 de juillet 2002 fixant les détails des compétences transférées aux collectivités. La convention engage les communes à accompagner les CSCOM, en termes de stock initial de médicaments en Dénomination commune internationale (DCI), d’équipements et de moyens logistiques. Elle fait obligation à une ASACO d’assurer le paquet minimum d’activités pour les habitants de l’aire de santé mas, aussi, de participer à la lutte contre les épidémies et catastrophes, entre autres. Si théoriquement l’initiative est salutaire dans son essence, dans la pratique les choses sont un peu compliquées. Est-ce que le transfert des compétences est aujourd’hui effectif ? Quels sont les obstacles qui se posent à la bonne marche de la Convention d’assistance mutuelle ? MÉCONNAISSANCE DES TEXTES – A la Fédération nationale des associations de santé communautaire (FENASCOM), on reste conscient des difficultés d’application de cette convention, mais on garde espoir de voir toutes les parties prenantes tenir leurs engagements. Le secrétaire général de la FENASCOM, Amadou Diarisso, confirme l’effectivité du transfert des compétences. Pour lui, les premiers obstacles ont trait à la méconnaissance des textes qui régissent la Convention d’assistance mutuelle et aux difficultés de mobilisation des ressources financières. Il souligne, aussi, que dans certaines communes, les mairies et les ASACO n’ont pas signé la convention en question. Le secrétaire général de la faîtière de santé communautaire n’écarte pas la possibilité que les acteurs de premier plan, notamment les maires et les présidents des ASACO, puissent être à l’origine du blocage. Il rappelle que la FENASCOM ne cesse de sensibiliser sur l’importance de la Convention d’assistance mutuelle, surtout, lors de ses congrès. Et M. Diarisso de préciser que souvent, certains édiles ont une mauvaise perception de leur rapport avec les responsables des Asaco. «Ils pensent qu’ils ont le pouvoir de dissoudre le bureau d’une ASACO. Ce qui est loin d’être une réalité. Ces élus doivent s’inscrire dans une vision de collaboration et de complémentarité dans la gestion des problèmes de santé de la communauté. Quand on est responsable à ce niveau, on doit prendre connaissance de tous les textes juridiques et règlementaires pour ne pas commettre d’erreur», déplore-t-il. Le secrétaire général de la FENASCOM souligne également que dans d’autres Communes, la Convention d’assistance mutuelle a été bien signée mais n’a jamais été soumise à la délibération du Conseil communal. Or, cela est une exigence de droit. Il cite un cas de figure que l’on a rencontré dans certaines communes. En effet, dans ces communes, on trouve parfois que le document a été signé dans les règles de l’art et soumis à l’appréciation du Conseil communal avec l’implication de toutes les structures, mais le comité paritaire n’est pas mis en place. Ou bien le comité paritaire est mis en place, mais il ne fonctionne pas. La logique voudrait que les représentants de l’ASACO et de la mairie se retrouvent au sein de ce comité paritaire. Pour ce qui concerne le transfert des ressources financières, notre interlocuteur est on ne peut plus clair. «Les fonds sont inscrits dans le budget de l’Etat, mais certains maires ont une mauvaise appréciation de cette ligne budgétaire. Ils pensent qu’ils peuvent en disposer à leur gré. Alors que la conception et l’exécution du budget doivent obéir à une orthodoxie financière», précise-t-il. «Quand les lignes sont bien définies, le transfert des ressources est fait aux collectivités qui doivent, à leur tour, les mettre à la disposition des ASACO», explique Amadou Diarisso. Pour lui, il est temps d’envisager des alternatives pour pallier les difficultés à ce niveau. Il préconise la mise en place des projets comme celui de : «Service de santé à grand impact». Ce programme financé par l’USAID, dans certaines régions et à Bamako, avait comme objectif d’élaborer une carte de score qui permet de noter les forces et les faiblesses dans le cadre de la signature de la Convention d’assistance mutuelle et d’essayer, progressivement, d’apporter les corrections nécessaires. «Cela permettait aux ASACO bénéficiaires de corriger certaines imperfections. Mais hélas, ce projet a pris fin », regrette le responsable de la FENASCOM. ACCOMPAGNEMENT DE L’ÉTAT – Au niveau d’une ASACO en Commune IV, un interlocuteur, sous couvert de l’anonymat, explique qu’il n’y a aucun problème. «Tout se passe conformément à la Convention d’assistance mutuelle entre les ASACO et les collectivités territoriales». Il poursuit : «la mairie a, chaque fois, répondu à notre sollicitation pour une quelconque aide». En guise de confirmation, notre interlocuteur exhibe des documents paraphés par le président de l’ASACO, le maire principal ou son suppléant et le gouvernorat du District de Bamako. «Le transfert des compétences est réel. Mais celui des ressources financières n’a pas suivi», relève le 4è adjoint au maire de la Commune II, Abdoulaye Bassolé. Il indique que les difficultés sont multiples et variées. Comme remède, l’élu municipal souligne l’urgence et la nécessité d’un accompagnement global de l’Etat parce que le transfert des compétences n’a jamais été suivi de celui des ressources financières. Cela devient une problématique réelle pour les collectivités et, par ricochet, pour les ASACO. Bassolé ajoute que les collectivités territoriales se démènent pour répondre à certaines exigences des ASACO afin que les populations accèdent à de meilleurs soins au premier niveau de la pyramide sanitaire (les CSCOM). On rappelle que le deuxième niveau de la pyramide est constitué par les Centres de santé de référence (CSRef). Les hôpitaux nationaux sont situés au troisième niveau de la pyramide. Aujourd’hui, on dénombre près de 1.368 ASACO à travers le Mali qui offrent des soins de santé au bas de l’échelle. SST/MD (AMAP)
Mali : Deux grands projets de production de lithium en préparation
Par Cheick M. TRAORE Bamako, 15 septembre (AMAP) Le Mali se prépare à devenir l’un des plus grands producteurs mondiaux de lithium. «Au niveau de l’exploitation minière de lithium, le continent est quasiment vierge. Le Zimbabwe fait, toutefois, l’exception avec la mine de Bikita. Mais par la diversité des projets, la qualité et l’importance des ressources, ce sont la République démocratique du Congo (RDC) et le Mali qui viennent en tête des plus gros potentiels producteurs africains de lithium», analyse l’Agence Ecofin. Troisième producteur d’or sur le continent, après l’Afrique du Sud et le Ghana, le Mali dispose de deux grands projets (Goulamina et Bougouni) pour l’exploitation de lithium, indispensable pour la fabrication des batteries, de voitures électriques, etc. Aucune exploitation n’est, pour l’instant, en cours. Les infrastructures (usines et autres) doivent être implantées avant l’entrée en production des mines. Mais les avancées sont réelles. 109 MILLIONS DE TONNES – Le projet de Goulamina, acquis en 2016, est géré par Mali Lithium Limited, un explorateur d’or actif au Mali. Une étude de préfaisabilité réalisée en 2018 et mise à jour en août 2020, estime le potentiel à 109 millions de tonnes à 1,45% Li20 avec 1,57 million de tonnes de Li020. La mine pourrait produire 362.000 tonnes par an de concentré de spodumène (minerais de lithium) à 6% Li2O durant 16 ans. Faisant de Goulamina l’un des plus grands gisements de lithium au monde prêts à être développé. «Une étude de faisabilité définitive (DFS) doit être achevée en septembre 2020. La société explorera toutes les options pour réaliser la valeur de cet actif exceptionnel à la fin de la DFS», précise son site internet malilithium.com. Le projet Bougouni Lithium, obtenu également en 2016, est détenu par Kodal Minerals. La société a reçu l’approbation de sa demande d’évaluation d’impact environnemental et social au quatrième trimestre 2019. Une requête de permis minier a été déposée au premier trimestre 2020. Elle dit avoir l’intention de poursuivre le développement de la mine à Bougouni (Sud), une fois l’autorisation accordée. Une étude de faisabilité, annoncée en janvier 2020, estime le potentiel à 1,94 million de tonnes de concentré. Soit une production moyenne de 220.000 tonnes de concentré de spodumène à 6% par an. Sa durée de vie minimale est évaluée à 8,5 ans. Le besoin en capital pour son développement jaugé à 117 millions de dollars (environ 64,350 milliards de Fcfa), remboursable en 1,7 an. En plus de son projet phare Bougouni Lithium, Kodal Minerals détient aussi le projet Bougouni Ouest qui s’étend sur 200 km2 et le projet Diendio couvrant une superficie de 109 km2. Collectivement, Kodal possède une propriété foncière de plus de 800 km2 au Mali. « Ce qui en fait le plus grand développeur de lithium en Afrique de l’Ouest en termes de superficie », affirme le site internet de Kodal Minerals. Ces découvertes augurent de lendemains meilleurs pour le secteur minier malien. Selon une étude publiée en août dernier par l’Agence chilienne Cochilco citée par l’Agence Ecofin, la demande mondiale de lithium devrait sensiblement augmenter pour atteindre 2 millions de tonnes, d’ici 2030, grâce au secteur de l’automobile. La hausse attendue des prix de ce métal devrait alors profiter aux principaux producteurs que sont pour l’instant l’Australie, le Chili ou encore la Chine. Les deux projets au Mali pourraient, d’ici là, entrer en production aux cotés de ces leaders mondiaux en matière d’exploitation de lithium. 800.000 KM2 DE BASSINS SEDIMENTAIRES – Outre cette matière première, le Mali a des indices probants de beaucoup d’autres substances : bauxite, fer, nickel, manganèse, cobalt, phosphate, terres rares… Côté hydrocarbure, le potentiel en pétrole est phénoménal, surtout en gaz. Sur une superficie totale de 1.241.000 km2, le Mali fait 800.000 km2 de bassins sédimentaires continuant jusqu’aux abords de Bamako et de Koulikoro, située à près de 60 km de la capitale. Concernant le pétrole par exemple, 13 prospects ont été identifiés au niveau du bloc 4 du bassin de Taoudéni, où les recherches ont été un peu plus poussées. L’analyse de deux de ces prospects fait ressortir un potentiel de 2,5 milliards de baril de pétrole. Les mêmes prospects contiennent 417 milliards de m3 de gaz. Dans le graben de Gao, le potentiel d’un seul prospect est estimé à un milliard de baril de pétrole. Autant d’endroit où il est possible de trouver du pétrole. Pour espérer en profiter, notre pays devra résoudre la lancinante question de l’insécurité qui a stoppé la dynamique enclenchée. A la faveur de la création en 2014 de l’Autorité pour la promotion de la recherche pétrolière au Mali (AUREP), les investisseurs ont manifesté un engouement véritable pour ce secteur. Découpés en 15 blocs, les bassins sédimentaires avaient été re-découpés en 25 face à la demande, puis en 32. Les demandes se sont encore accrues. La taille des 32 blocs a été réduite pour en faire 43 dont plus d’une trentaine étaient occupés. Tous les occupants sont partis quand la rébellion a éclaté en 2012. DOMAINE NEVRALGIQUE – Si l’Etat malien a pu résister au choc causé par la crise de 2012, assurer ses missions régaliennes, c’est parce que la crise avait épargné le secteur aurifère. Domaine névralgique qui a permis de réanimer le pays comme un malade maintenu en vie grâce à un respirateur. Rien de surprenant. L’or représente un peu moins de 70% des recettes d’exportation du pays. Les revenus engrangés sur le métal jaune valent 30% des recettes budgétaires, soit un peu plus de 400 milliards de Fcfa en 2019. Elles sont de l’ordre de 7 à 8% du Produit intérieur brut (PIB). Au regard de l’importance du secteur dans l’économie nationale, le Mali multiplie les initiatives en vue de la diversification des ressources minérales, afin, non seulement, de faire davantage face aux besoins pressants en matière de développement, mais aussi d’être beaucoup plus résiliant face à certaines situations conjoncturelles aux conséquences incalculables pour les populations. Les efforts consentis à cet effet commencent à donner des résultats. CMT/MD (AMAP)
Reprise des activités scolaires : Au rythme des Régions
Reportage : Dramane Coulibaly, AMAP-Mopti, Abou Sissoko AMAP-Yélimané, Bandé Moussa Sissoko, AMAP-Kayes, Mahamadou SAMAKE, AMAP-Niono Mopti, 14 sept (AMAP) Excepté dans les écoles fermées pour cause d’insécurité dans des localités sous la menace de terroristes, les élèves et enseignants ont repris le chemin de l’école, lundi, sur toute l’étendue de la Région de Mopti, dans le Centre du Mali. Cela soulève un réel espoir chez les parents et les élèves qui étaient hantés par la perspective d’une année blanche contre laquelle les scolaires ont organisé une marche, jeudi dernier, et réclamé la tenue des examens. Après l’accord trouvé pour la reprise des classes et la fixation des dates des examens de fin d’années scolaires dont les épreuves du Diplôme d’études fondamentales (DEF) se tiendront du 12 au 14 octobre et celles du baccalauréat, du 19 au 22 octobre 2020, la question qui alimente les débats est bien : « Est-ce possible de sauver l’année scolaire ? » Pour Amadou Kodio, un sexagénaire venu accompagner sa fille en classe de 7ème année à ATT Bougou, cette réouverture est une lueur d’espoir qu’il faut, à tout prix, consolider car l’école est le lieu où les enfants doivent se trouver pour apprendre et cela a un temps. Selon Moussa Guindo, proviseur du Complexe scolaire, le lycée technique privé (CATD) de Sévaré, « au niveau des écoles privées, il n ya pas de problème majeur ». « Les privées ont travaillé au moins 6 mois sur 9. Beaucoup ont atteint un très bon niveau d’exécution des programmes », dit M. Guindo. « Les 10 èmes et 11 èmes (lycée) ont été évaluées. S’il y a des soucis c’est au niveau des écoles publiques. A l’état actuel des choses, vouloir sauver l’année sans empiéter sur l’année académique à venir, c’est sacrifier la génération », indiqué le proviseur Guindo. Optimiste, Moussa Dicko, le proviseur du lycée public de Mopti, pense que l’on peut encore sauver l’année scolaire. « Après un premier trimestre de cours sans perturbation et une petite reprise des classes d’examens dans le cadre de l’allègement des mesures barrières Covid 19 et avec cette nouvelle programmation des dates d’examens, je pense que l’année peut être bien sauvée », estime M. Dicko. Selon lui, la recette est de mettre fin à la recréation à tous les niveaux. « Même si le temps d’apprentissage, si tous les enseignants, en bons pédagogues, s’emploient à mettre à profit le mois, et, comme on le dit, »A cœur vaillant, rien d’impossible », nous pouvons atteindre l’objectif de sauver notre école », a martelé Moussa Dicko. Le proviseur du lycée public de Mopti souhaite vivement que cela soit « une reprise effective et définitive afin de sauver l’année scolaire qui n’a que trop duré dans les zones de turbulence ». ENTHOUSIASME A YELIMANE – Les écoles ont rouvert effectivement dans le Cercle de Yélimané pour le grand bonheur des élève très enthousiastes. Des parents soulagé, d’où l’exclamation de l’un d’eux : » Enfin ! Nous espérons que ce sera, cette fois-ci, la fin du problème ». La majorité des enseignants est également présente même si certains, qui ont quitté leur poste pendant la crise scolaire, n’ont pas pu encore les rejoindre. Le directeur du Centre d’animation pédagogique (CAP) de Yélimané apprécie. Il a dit s’attendre à des retardataires, sur les 48 à 72 h. « Au delà, il faudra justifier le retard », prévient-il. Il est 7h30mn à l’Ecole fondamentale (1er cycle) des Logements sociaux de Kayes, situé à Soutoucoulé, dans la Commune rurale de Kouloum. Malgré la pluie, les enseignants et leurs élèves ont, tous, répondu à l’appel à la reprise des cours lancé par le Collectif des syndicats d’enseignants signataires du 15 octobre 2016, qui a, enfin, décidé de mettre fin au boycott des cours entamé le 17 août 2020. A ATT Bougou, les maîtres sont assis devant la direction de l’école tandis, Des élèves s’amusent ou bavardent devant leur classe dont les portes sont encore fermées. Ils attendent d’autres élèves mais le directeur qui, selon un enseignant, détient les clés des salles. « A cause de la pluie, il a pris du retard », explique-t-il. L’eau de pluie stagne en certains endroits de l’établissement qui n’est pas de mur d’enceinte. Idem pour le Lycée Dougoukolo Konaré de Kayes (LDKK) dont le côté ouest du portail est souvent menacé par des flaques d’eau, surtout la petite chaussée submersible. REPRISE TIMIDE – Contrairement à l’école d’ATT Bougou, la pluie de lundi n’a pas totalement perturbé les cours. « Il y a eu une reprise timide des cours », indique le proviseur du LDKK, Sidi Ahmed Ag Alhassane, visiblement satisfait. En réalité, le Conseil de Cercle de Kayes a entrepris des travaux d’aménagement dans la cour de son établissement pour limiter les dégâts, en cas d’inondations. Notamment, le pavage de certains endroits. Dès qu’on franchit le seuil de cet établissement secondaire, on aperçoit des briquettes et des tas de sable un peu partout, au niveau de la stèle de Dougoukolo Konaré dont l’établissement porte le nom. D’après le proviseur Sidi Ahmed Ag Alhassane, le Conseil de Cercle s’est engagé aussi à aménager devant le lycée. La reprise n’est pas effective au collège privé Boubou Sow de Soutoucoulé, où quelques élèves, qui, à partir de leur établissement, scrutent l’horizon, espérant voir venir les autres élèves et les enseignants. Mais contacté au téléphone par une parente d’élève, le directeur de cette école fondamentale privée a laissé entendre que les maîtres ne pourront pas venir à cause de la pluie. Les cours ont repris dans les différents ordres d’enseignement à Niono (Centre) à l’instar des autres localités du Mali. Cette reprise s’est effectuée de façon timide, en raison de l’inondation dans les écoles et la présence de familles sinistrées dans des salles de classe. Face à cette situation, une rencontre a réuni, lundi, le directeur du Centre d’animation pédagogique (CAP), les maires des douze Communes du Cercle de Niono, des chefs de services techniques locaux dans la salle de délibération de la commune urbaine de Niono. Cette rencontre avait pour objectifs de recenser les difficultés par rapport à cette reprise des cours mais,

