Infrastructures au Burkina Faso : Fiches techniques des ponts de Boromo et de la Sirba
Bamako, 25 Oct (AMAP) Le pont de la Sirba a été inauguré le 25 septembre 2018. Plus long pont réalisé au Burkina Faso depuis l’accession du pays à l’indépendance, avec 309 mètres, il a été construit en neuf mois, conformément au délai contractuel. Il soulage les usagers et les riverains de la Route national (RN18) et profite à toute l’Economie de la province de la Gnagna et, plus largement, à la Région de l’Est, qui dispose d’un vaste potentiel touristique, halieutique, cynégétique et agro-pastoral. Il a été réalisé par un groupement d’entreprises pour un montant de 2,040 milliards de Fcfa, sur le budget de l’État. Le 28 septembre 2018, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a inauguré le pont mixte de Boromo sur le fleuve Mouhoun. L’ouvrage est situé sur la Route nationale (RN1) qui relie Ouagadougou à la Côte d’Ivoire, au Mali et à la deuxième ville du pays, Bobo Dioulasso. Long de 106,2 mètres, il est constitué d’un tablier en béton armé reposant sur une charpente métallique de 180 tonnes, ce qui en fait le premier pont mixte acier-béton réalisé au Burkina Faso. Son financement par les Partenaires techniques et financiers (PTF) du Burkian Faso est estimé à 6,5 milliards de Fcfa. MD (AMAP)
Burkina Faso : En dépit des vents contraires
Par Moussa DIARRA Envoyé spécial Bamako, 25 Oct (AMAP) Il n’y a pas que la distance qui rapproche le Burkina Faso et le Mali (moins d’une heure trente minutes par avion), ni la longue frontière de plus de 1000 km qui les séparent ou, plus précisément, réunit leurs populations, de part et d’autre. Il y a, fondamentalement, l’adversité que ces deux pays ont en commun : un défi de développement, plus souvent, contrarié par la nature et, aujourd’hui, fortement chahuté par une crise sécuritaire. Pour ce qui est du Burkina Faso, la résilience, doublée d’une forte volonté, au service du développement, rencontre des bourrasques de vents contraires qui, malgré leur force, ne sont pas parvenues à remettre en cause les actions et leurs résultats Ici, la promotion de la consommation des produits locaux reste une priorité pour le gouvernement. Cette option, mise en œuvre à travers le mot d’ordre du « Consommons burkinabè », se concrétise par la volonté du gouvernement qui a pris des mesures pour susciter la consommation des produits locaux, au sein de l’Administration publique. Une circulaire du 13 janvier 2017 du Chef du gouvernement, a instruit “les structures publiques à consommer, prioritairement, les produits locaux dans le cadre de la commande publique”. Un arrêté du 31 janvier 2017, qui porte achat des produits alimentaires locaux par les structures étatiques, dans le cadre de leur approvisionnement, exige la priorisation des produits locaux dans la commande publique. Il a été révisé le 10 février 2020 pour élargir la liste des produits de 10 à 26. “Nos pays, comme on le sait, sont riches en ressources naturelles et regorgent d’énormes potentialités pour la production agricole. Malheureusement, ces ressources sont peu transformées. Et même transformées, ils sont peu consommés par rapport aux produits exotiques et importés”, constate le ministre burkinabè du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré. “Fort heureusement, nos gouvernements actuels, conscients de cette situation et de ses enjeux, ne tarissent pas d’initiatives. D’où l’institution de ce « mois du consommer local dans l’espace de l’Union monétaire et économique ouest africaine (UEMOA)», s’est réjoui M. Kaboré, s’exprimant lors de la célébration du “consommons local”, dans le cadre du mois dédié à cette initiative, dans l’espace UEMOA, le 15 octobre 2020, à Ouagadougou. Au Burkina Faso, dans le but de disposer, à l’horizon 2023, d’un secteur industriel dynamique, compétitif et durable qui accroît sa contribution à la transformation structurelle de l’économie nationale, le pays s’est dote, en avril 2019, d’une Stratégie nationale d’industrialisation. Dans cette même dynamique, un nouveau Code des investissements a été adopté en octobre 2018, pour promouvoir la transformation des matières premières du pays. De 2017 à 2020, c’est au moins 425.590.783.224 Fcfa qui ont été injectés dans l’achat des produits locaux par les structures publiques burkinabè. Les retombées de ces achats pour les Petites et moyennes entreprises (PME) ne se traduisent pas seulement en chiffres d’affaires, mais ce sont également des emplois qui sont créés. A titre d’exemple, le gouvernement burkinabè, à travers le Plan national de développement économique et gocial (PNDES), s’est donné comme cible, d’atteindre un taux de transformation des produits agricoles de 25%, en 2020. “Toutefois, il sied de reconnaitre que la consommation par nous-mêmes de notre production locale reste un défi à relever. Pourtant, la dynamique de la transformation structurelle et le contexte d’instabilité du marché international nous invitent à faire de la consommation de cette production locale une priorité”, a plaidé M. Kaboré. En fait, les actions de développement au Burkina Faso sont suivies par le bien-nommé Bureau de suivi du programme présidentielle (BSPP), comme un aiguillon de l’Administration publique, « le moteur de l’action de développement, tout comme le capital humain qui sont autant de facteurs de développement de l’Economie pour créer des emplois », ainsi que le résume le directeur du BSPP, Dr Mathias Somé. Comme pour, encore une fois, tester la résilience du pays, les tout débuts du mandat du président actuel, Roch Marc Christian Kaboré, ont été mis à rude épreuve par l’irruption inattendue du terrorisme, avec une première attaque d’envergure sur la capitale, Ouagadougou. Au début des cinq dernières années, il faut aussi noter, outre l’insécurité, l’équilibre instable d’un budget plombe par les « engagements du gouvernement de transition » et dont a hérité le pouvoir démocratiquement élu, relève Dr Somé du BSPP. Si on ajoute au cocktail quasi-explosif le réveil du front social avec les revendications syndicales devenues plus impatientes et pressentes, avec l’insurrection qui a mis fin au pouvoir ancien, les couleurs des difficultés étaient annoncées. Cinq ans après, Dr Somé énumère les résultats : un accès plus large aux soins de sante avec la gratuité des soins aux femmes en grossesse et aux enfants de moins de cinq ans, l’assurance maladie, des infrastructures, moins de classes sous paillotes et plus de salles en dur. « En somme, 85% de réussite dans tous les domaines », assure-t-il. Si on note que le BSPP avait tablé sur 626 engagements dont il a fallu tirer 147 engagements traceurs qui ont conduit aux réalisations à impacts, dans une approche de « delivery », il est aisé de comprendre que les 6 domaines (Santé, Eau, Energie, Agriculture, Nutrition, Infrastructures) soit retenus comme ayant le plus atteint les populations, dans la vraie vie, au quotidien. Il s’est agi, pour le BSPP, dans sa vision, de faire face à l’insécurité, qui a causé le déplacement de près du million de personnes et la fermeture des services sociaux de base, en œuvrant pour le retour des populations et de l’Administration, la cohésion sociale en péril, la réconciliation nationale, avec en toile de fonds la création des conditions du développement national. « Ce qui ne va pas sans le renforcement de l’Etat et de l’Administration publique, à travers une réforme constitutionnelle, pour plus d’accessibilité des populations aux services publics et sociaux de base », selon Dr Mathias Somé. Le but ultime est, ainsi, un changement des mentalités afin de sortir « d’une Administration de procédures pour celle de résultats ». Le très politique Simon Compaoré, Président du non moins parti présidentiel, Mouvement du peuple pour
Conseil national du patronat du Mali : La bataille judiciaire a déjà commencé
Par Babba B, COULIBALY Bamako, 18 Oct (AMAP) Diadié dit Amadou Sankaré se déclare nouveau président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM). De son côté, Mamadou Sinsy Coulibaly, candidat à sa propre succession, se dit réélu. La justice va trancher entre les deux camps. Ainsi, le CNPM va, progressivement et sûrement, dans une impasse qui fragilisera davantage nos opérateurs économiques dont les caisses sont mises à rude épreuve par les effets de la Covid-19 et la crise sociopolitique que vit le Mali. En effet, après l’imbroglio illustré par la tenue de deux assemblées générales électives, organisées le 26 septembre dernier par le Comité statutaire, à la demande de la liste dirigée par Diadié dit Amadou Sankaré, et le 8 octobre par le secrétariat général de la structure à la demande du bureau sortant, dirigé par Mamadou Sinsy Coulibaly, et candidat à sa propre succession, le CNPM est déjà au cœur d’une bataille judiciaire. En témoigne la teneur d’un communiqué de presse publié, lundi 12 octobre 2020, par celui qui se présente sur Twitter : «président du CNPM Diadié dit Amadou Sankaré». Cet avis d’information dont nous avons reçu une copie, est on ne peut plus clair : «Suite à une décision de justice, Diadié dit Amadou Sankaré, élu président du Conseil national du patronat du Mali à l’issue de l’assemblée générale ordinaire du samedi 26 septembre 2020, a été installé dans ses fonctions, ce lundi 12 octobre 2020 dans les locaux du patronat sis à l’ACI 2000 pour un mandat de cinq ans à compter de ce jour». Cette ordonnance délivrée par un tribunal aurait, ainsi, validé l’élection de Diadié dit Amadou Sangaré en l’autorisant à occuper les lieux. Et pour y tenir sa cérémonie d’intronisation à la tête du Patronat malien. Cela sous la protection des forces de sécurité. Si cette décision judicaire est fêtée comme une victoire par le bureau dirigé par Diadié dit Amadou Sankaré, elle sonne le début d’une bataille judicaire, entre les deux camps. Contacté, lundi après-midi, un membre influent du nouveau bureau de Mamadou Sinsy Coulibaly avait confirmé que son camp s’emploie pour la levée rapide et irrévocable de cette ordonnance. «La tendance Diadié a amené une ordonnance délivrée par le président du Tribunal de la Commune IV. Nous aussi, nous avons envoyé nos avocats. Nous sommes en train de les attendre. Il faut la levée de cette ordonnance. Et dans ce cas de litige, il y aura un procès», indique notre interlocuteur. Ce dernier confirme que le camp de Diadié occupait les lieux pour le moment, mais pas pour longtemps. «Nous avons commis trois avocats, qui sont à pied d’œuvre pour obtenir la levée de l’ordonnance délivrée à Diadié. Après la levée de l’ordonnance, c’est nous qui allons occuper les lieux en attendant que le procès ait lieu», commentait notre source, visiblement confiante. En attendant, c’est Diadié dit Amadou Sankaré et son bureau qui occupent le siège du CNPM depuis le lundi dernier, jour de son investiture. À l’occasion, il a prononcé une allocution solennelle au ton rassembleur. «Désormais, les élections sont derrière nous. Les élections sont l’expression de l’exercice démocratique au sein d’une organisation, il ne saurait donc y avoir ni gagnant, ni perdant et que le CNPM doit être désormais un», a déclaré Diadié dit Amadou Sankaré. Il n’a pas manqué de rendre un vibrant hommage «au président sortant Mamadou Sinsy Coulibaly» qui a, selon lui, su maintenir le flambeau au cours des cinq dernières années. Il a appelé ensuite à l’union : «Plus que jamais le secteur privé malien a besoin de s’unir dans toute sa diversité en vue de créer une force commune capable de mieux porter sa voix sur les chantiers clés». La réaction du bureau dirigé par Mamadou Sinsy Coulibaly ne se fera pas, sans doute, attendre. En attendant, l’évidence est que le secteur privé malien est plus que jamais divisé. Et il faudra plus que du temps pour recouvrer l’harmonie qui régnait dans les milieux d’affaires maliens. À titre de rappel, les hostilités entre les deux listes de candidatures ont commencé le samedi 26 septembre 2020. Ce jour-là devrait se tenir l’assemblée générale élective de renouvellement du bureau du Patronat qui comprend 20 membres et du Comité statutaire (7 membres). Élection à laquelle la liste du président sortant Mamadou Sinsy Coulibaly était candidate pour un autre mandat de cinq ans, contre celle du PDG du Groupe SAER Diadié dit Amadou Sankaré. Avant le jour du scrutin, un avis du secrétaire général du Patronat, «notifié par voie d’huissier» aux deux têtes de listes, le report de l’élection prévue pour le samedi 26 septembre dernier. Pourquoi ce report ? «Quand j’ai reçu les deux listes de candidatures déposées le même jour, j’ai constaté des noms qui revenaient sur les deux listes. J’ai adressé une correspondance aux deux têtes de liste pour attirer leur attention sur la situation. J’ai transmis la liste de Coulou à Diadié et vice-versa. Les personnes concernées ont alors commencé à écrire aux têtes de liste de les retirer de leur liste au profit de l’une ou de l’autre. Une personne a demandé à être retirée des deux listes si les candidats n’arrivaient pas à s’entendre. Nous nous sommes retrouvés dans une situation où les deux listes étaient incomplètes (c’est-à-dire aucune liste n’avait obtenu 20 personnes nécessaires pour la composition du bureau», expliquait le secrétaire général, rencontré à son bureau au siège du Patronat. Rappelons que l’article 11 du statut du CNPM stipule : «le bureau est composé de 20 membres. Le bureau comprend un président et les vice-présidents élus par l’assemblée générale…» Face à cette situation, «j’ai fait un avis de report, et convoqué une réunion de bureau pour le mardi 29 septembre», rappelait Modibo Tolo. Qui ajoutait que l’avis de report a été envoyé par voie d’huissier aux deux candidats et aux délégués. Le bureau du CNPM devait statuer ce mardi-là et dicter la conduite à tenir, précisait-il, ajoutant que seul le président du CNPM peut convoquer l’assemblée générale élective. Cependant, la liste de candidatures
Divagation des animaux : A Bamako, les bêtes disputent la priorité aux humains
Par Babba B. COULIBALY Bamako, 15 Oct (AMAP) Les animaux domestiques se promènent dans les rues, dans la circulation causant d’énormes dommages aux humains et à l’environnement faisant de la divagation des animaux, dans la capitale malienne, Bamako, un haut lieu d’incivilités ou de défiance à la loi. Au vu et au su de tous, les bêtes abandonnées par leurs propriétaires errent un peu partout dans la capitale : sur les trottoirs, les chaussées et les grandes artères. Et avec tous les risques pour les animaux et pour les humains. Car, en plus de la puanteur de leurs excréments, ces animaux causent des dommages énormes aux particuliers ou au domaine public. C’est le cas à Bacodjicoroni ACI. Là-bas, Fousseyni Samoura est victime des bêtes en liberté qui trainent dans ce quartier résidentiel. « Au-delà des accidents de la circulation qu’elles provoquent, ces bêtes se baladent dans les rues et les maisons. C’est vraiment inadmissible. J’avais planté des arbustes devant ma maison, mais les chèvres et les moutons du voisin ont tout brouté. Les animaux n’y sont pour rien, c’est le propriétaire qui est responsable», déplore notre interlocuteur qui ajoute que «la place des animaux, c’est à la ferme, à défaut de cela, le propriétaire doit veiller à ce qu’ils n’importunent pas les voisins». Comme lui, Oumar Diawara, nouvellement installé à Kalabancoro plateau, est confronté au même problème. Sur sa parcelle sans enclos, il a cultivé du maïs et de l’arachide. Mais l’agriculture intramuros semble un exercice quelque peu risqué dans ce quartier. «Les animaux domestiques (bœufs, moutons, chèvres, volaille) abandonnés par leurs propriétaires pâturent dans notre petit espace aménagé où nous avons cultivé diverses céréales. Cela, en notre absence et à des heures irrégulières comme s’ils suivaient tous nos mouvements», dénonce M. Diawara, déplorant le fait qu’il n’y a pas de fourrière animale dans la Commune. Cet enseignant dit avoir alors passé l’information à la mosquée la plus proche pour attirer l’attention des fidèles musulmans sur cette pratique dont il est victime au quotidien. «Les responsables de la mosquée m’ont dit qu’ils en ont parlé en vain. Comme solution, ils m’ont conseillé de faire une clôture à ma parcelle», soupire l’éducateur, obligé de prendre son mal en patience. ACCIDENTS DE LA CIRCULATION – La Direction de régulation de la circulation et du transport urbain (DRCTU) révèle que plus de 10% des accidents de la circulation enregistrés à Bamako impliquent des animaux en divagation. « La majorité de ces incidents surviennent dans les environs ou sur les routes nationales », précise la DRCTU. Pourtant, il y a des structures en charge de la question. En la matière, la Direction du bon ordre et de la protection de l’environnement du District de Bamako, qui relève de la mairie du District, a pour mission de combattre le phénomène. Son directeur, le contrôleur général de police, Adama Coulibaly, que nous avons rencontré est formel : « Aujourd’hui. Bamako est confrontée à un problème de fourrière où l’on peut enfermer, pendant une durée limitée, les animaux abandonnés ou errants recueillis sur la voie publique», a-t-il dit. La Commune IV du District de Bamako dispose d’une petite fourrière. « Le travail est tout sauf facile dans ces conditions », avoue-t-il. Ainsi, «même si l’on venait à appréhender les animaux on ne sait pas où les mettre. Sinon, les textes existent et sont très clairs», avoue-t-il. En plus du problème d’installation d’accueil pour les bêtes en errance, « nous n’avons que deux véhicules pour l’ensemble de nos activités », révèle M. Coulibaly. A cela, il faut ajouter, selon lui, la crise du personnel. « A ce jour, nous avons un effectif de moins 120 éléments pour tout Bamako », précise Adama Coulibaly. Qu’à cela ne tienne, « la loi doit être, dit-il, appliquée dans toute sa rigueur pour dissuader les propriétaires d’animaux en divagation ». Un arrêté interministériel a été pris dans ce sens, le 28 août 1989, par le gouverneur du district. « Il s’agit de l’arrêté n° 67, dont l’article 2 parle de la divagation des animaux », répond l’officier de police. Il expose : «Quiconque aura sur le territoire du district de Bamako encombré ou embarrassé la voie publique en y laissant errer les animaux sans conducteurs sera puni de peines prévues à l’article 317 du Code pénal». PEINES D’EMPRISONNEMENT – Le Code stipule que «quiconque aura lâché dans la nature ou dans une agglomération des animaux domestiques sans emprise effective, les prédisposant par ce seul fait à causer des dégâts à autrui ou à gêner la circulation sur les voies publiques sera puni de 11 jours à 6 mois d’emprisonnement et d’une amende de 20.000 à 100.000 Fcfa», lit l’officier. L’article 3 du même arrêté précise que « dans le district de Bamako, ces animaux abandonnés seront en outre saisis et mis en fourrière et les contrevenants, indépendamment des sanctions prévues à l’article précédent, sont astreints jusqu’au jour de l’enlèvement, du paiement d’un droit journalier de fourrière et de gardiennage », fait-il remarquer. L’amende est, selon Adama Coulibaly, fixée à 1.500 Fcfa par jour et par tête pour les chameaux, les vaches, les ânes et les bœufs. « Elle est de 500 Fcfa, par jour et par tête, pour les chèvres, moutons, chiens et les porcs », ajoute-t-il. Pour plus d’efficacité dans la lutte, notre interlocuteur propose la révision de cet arrêté. «D’abord, il n’y a pas de fourrière de pénalité. Les contrevenants sachant que l’amende est dérisoire, continuent à laisser les animaux divaguer sans se soucier des torts causés à autrui. Dans les jours à venir, nous allons proposer à la mairie du district de faire des réaménagements, pour que la sanction soit plus lourde», annonce-t-il. Le Conseil du district de Bamako avait, lors sa 3è session ordinaire tenue en septembre dernier, sous la présidence du maire central, Adama Sangaré, annoncé la construction de deux fourrières sur les deux rives du fleuve Niger à Bamako. « Car, la ville de Bamako ne dispose d’aucun endroit approprié pour recevoir les engins saisis en infraction, les animaux en divagation », avait reconnu Adama Sangaré. BBC/MD (AMAP)
Marché central de Kalabancoro : Insalubrité et insécurité font bon ménage
Par Abdoul Karim COULIBALY Bamako, 13 Oct (AMAP) Une partie du grand marché de Kalabancoro reconstruit, pour en faire des magasins et des hangars, il y a quelques années, cherche désespérément des occupants. Vu de l’extérieur, le site rénové et entouré d’immeubles et de magasins, répond aux normes d’un marché moderne bien entretenu. Le constat est tout autre quand on fait un tour à l’intérieur. Ce souk des plus fréquentés de la rive droit est devenu un dépotoir d’ordures. Les odeurs fétides que dégagent les immondices ont fait fuir les commerçants qui occupaient les hangars. Ils ont alors, à en croire certains anciens locataires, préféré s’installer le long de la route plutôt que d’occuper cet endroit insalubre et en proie à l’insécurité. Bintou Koné fait partie de ces négociantes qui ont opté pour cette alternative. Cette vendeuse de fruits dit avoir choisi de s’établir hors du marché à cause des odeurs nauséabondes qui se dégagent des déchets. Visiblement, elle a été imitée par bon nombre de commerçants et de commerçantes. La nature ayant horreur du vide, des délinquants de tout poil ont investi les lieux. Ces marginaux y sèment la terreur, témoigne un usager qui assiste, impuissant, à cette situation. Au problème d’insalubrité, est venu s’ajouter un banditisme récurrent. Des témoins, qui ont requis l’anonymat, confirment que le marché de Kalabancoro est devenu aujourd’hui un nid de brigands. Vol, viol, prostitution, attaque à main armée….sont les activités qui y prospèrent, en lieu et place du négoce. Face à cette situation inquiétante, « la mairie ne reste pas les bras croisés », assure le premier magistrat de la Commune. «De mon élection en 2017 à nos jours, les forces de l’ordre ont effectué plus de dix descentes dans le marché qui reste un nid de bandits», confirme le maire, Tiècoura Hamadoun Diarra, que nous avons rencontré, à son bureau, il y a une semaine. Soulignons que la construction du marché a eu lieu sous le magistère de son prédécesseur. Tiècoura Hamadoun Diarra pointe un autre problème. «Des issues de secours ne figurent nulle part dans la configuration actuelle du marché. » Selon lui, ces équipements sont, pourtant, nécessaires pour éviter le pire, en cas de catastrophes comme les incendies qui peuvent survenir à tout moment. « Des experts ont été commis pour faire ce travail », rassure-t-il, précisant qu’à partir de la voie bitumée, des ouvertures seront créées pour permettre aux secouristes d’avoir un accès facile au marché. Pour le maire, la reconstruction constitue la solution définitive aux problèmes que connaît le marché central de Kalabancoro. M. Diarra entend justement refaire le marché pour, dit-il, « le bien-être » de sa population. Selon lui, ce souk ne répond pas aux exigences d’un vrai marché. D’où la promesse de campagne qu’il a faite de le reconstruire, s’il devenait maire. RECONSTRUCTION – Pour y arriver, M. Diarra envisage de rompre les contrats de bail, qui auraient été élaborés en 2010 par l’ancienne équipe municipale. Accordés pour une période de dix ans, « ces contrats de bail seraient arrivés à terme, au mois de mai dernier », souligne l’élu local. Selon lui, « l’expiration de ces conventions, qui ne seront pas renouvelées, devrait permettre à la mairie de démolir certains magasins pour pouvoir réaménager l’intérieur du marché, afin de créer plus d’espace et permettre à ceux qui le désirent d’occuper les hangars ». Car, l’espace mis à la disposition des commerçants est insuffisant pour recaser les anciens occupants. «L’espace destiné à la réalisation des hangars a été aménagé pour en faire des boutiques. Ce problème doit être résolu pour soulager ceux qui doivent ou veulent occuper ces hangars», ajoute-t-il. Surtout que les hangars sont, à l’en croire, très sollicités par les marchands. « Tout le monde n’a pas les moyens nécessaires de construire ou de louer des magasins », note le maire Diarra. En guise de dédommagement, l’édile promet que ceux qui ont des magasins à l’intérieur du marché auront chacun deux hangars où ils pourront s’installer confortablement. Quant au sort réservé aux immeubles, le maire envisage une solution qui ne semble pas faire l’unanimité. En la matière, une clause du contrat de bail établi en 2010 admettrait la possibilité d’une vente définitive des bâtiments, rappelle le maire de Kalabancoro. « Pour les acquérir à titre personnel, les locataires d’immeubles doivent d’abord se mettre à jour dans le paiement de leurs redevances », invite Tiècoura Hamadoun Diarra. « Les ressources, qui seraient issues de la vente de ces immeubles, pourraient permettre à la mairie d’entreprendre sa politique de reconstruction du marché », estime-t-il. Interrogé à ce propos, un des membres de l’association en charge de la gestion du marché de Kalabancoro, qui a voulu garder l’anonymat, rejette en bloc toute idée de reconstruction. Selon lui, cela ne saurait être la solution adéquate pour résoudre le problème. Pour lui, la mairie doit, plutôt, aménager les hangars et assainir le marché pour que les gens puissent revenir s’installer. AKC/MD (AMAP)
Portraits des 25 ministres du Gouvernement de la Transition
Le gouvernement de la Transition au Mali, dirigé par le Premier ministre, Moctar Ouane, a vu le jour le lundi 5 octobre 2020.La liste de 25 membres comprend de nouvelles têtes. Voici leur portrait. Colonel Sadio Camara : Ministre de la Défense et des Anciens combattants Natif de la ville-garnison de Kati, le nouveau détenteur du portefeuille de la Défense et des Anciens combattants, qui occupait jusqu’à une date récente le 3è rang dans l’ordre de préséance au sein du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), ne devrait nullement se sentir en terrain inconnu. Son parcours dans l’Armée lui sera d’un appui certain. Homme de terrain, le colonel Sadio Camara a participé à plusieurs opérations dans le nord et le centre de notre pays. Il s’agit en l’occurrence des opérations « Soutara » en 2002, « Djiguitougou » (2008), « Badenko » en 2011 et « Maliba » (2015). A ses qualités d’homme de terrain s’ajoute un talent d’instructeur hors norme pour avoir été le directeur du centre de formation du contingent 2013 à Markala. Ce parcours brillant du nouveau ministre de la Défense n’a rien de surprenant tant il est passionné du Kaki depuis sa tendre enfance. Après les premiers pas à l’école primaire Molo Coulibaly de Kati, Sadio Camara intègre le Prytanée militaire où il obtint le baccalauréat en 1999. La même année, il est incorporé dans l’Armée comme première classe avant sa nomination comme élève officier d’active. Par la suite, il décroche le diplôme de chef de section interarmes. Sept ans plus tard, il effectue son cours d’application à l’Académie militaire de Sizanchang (Chine) dans le domaine de la protection des hautes personnalités. De 2014 à 2015, le colonel Camara suit dans le même pays, la formation du diplôme d’état-major. Au titre de la formation continue, il effectue un séminaire sur la gestion des crises aux États-Unis en 2008 et participe, deux ans plus tard, à un séminaire de haut niveau sur la lutte contre le terrorisme au Sahel. Ancien directeur du Prytanée militaire de Kati entre 2016 et 2020, Sadio Camara a occupé plusieurs fonctions dans la sphère militaire. Il a commandé tour à tour les compagnies territoriales suivantes : Groupement d’intervention n°2 de la Garde nationale à Bamako, Compagnie territoriale du District, 11è Compagnie spéciale de Tunezit de Kidal. Cet officier supérieur est polyglotte. Il parle soninké, bambara, français, russe et anglais. Il est marié et père de cinq enfants. Mohamed Sidda Dicko : Ministre de la Justice et des droits de l’Homme, Garde des sceaux Il est sans doute en terrain connu pour avoir travaillé longtemps dans les juridictions, les structures de contrôle et les institutions de notre pays. Mohamed Sidda Dicko arrive donc à la tête de ce département stratégique avec des compétences prouvées. Inspecteur en chef des services judiciaires jusqu’à sa nomination, il s’est forgé une réputation de magistrat exemplaire. Mohamed Sidda Dicko intègre le corps des magistrats en 1986, après une année de formation à l’Institut national de formation judiciaire. Une maîtrise en sciences juridiques, décrochée à l’Ecole nationale d’administration (1980-1984), lui avait ouvert les portes de ce prestigieux institut. Le jeune magistrat est affecté alors à la Direction nationale des affaires civiles et du sceau, comme chef de section droit social et commercial. De 1987 à 1991, Mohamed Sidda Dicko devient le substitut du procureur de la République près le tribunal de première instance de Bamako. Et après un bref passage (février-juin 1991) au secrétariat général du gouvernement, il est nommé au ministère chargé du contrôle général d’Etat (redevenu Contrôle général d’Etat). Il exercera la fonction de contrôleur d’Etat jusqu’en 1997 et durant laquelle il a audité la gestion des anciens dirigeants du régime de Moussa Traoré. Puis, Mohamed Sidda Dicko travaille successivement comme conseiller technique au ministère de la Justice (1997-1998), chargé de mission auprès du président de la République en tant que chef adjoint de la cellule juridique (mars-décembre 1998), conseiller à la section des comptes de la Cour suprême (février-décembre 2002), contrôleur des services publics de 2002 à 2008 et membre de la Cour constitutionnelle (2008-2012). A partir de septembre 2012 jusqu’en 2014, il est nommé procureur de la République près le tribunal de grande instance de la Commune III de Bamako, chargé du Pôle économique et financier. Et en octobre 2015, directeur général de l’Institut national de formation judiciaire «Maître Demba Diallo». Mohamed Sidda Dicko a également été directeur des études et des stages de l’Ecole régionale supérieure de la magistrature (ERSUMA-OHADA) au Bénin (décembre 1998-janvier 2001). Titulaire aussi d’un Master en Business Administration, le nouveau Garde des Sceaux a participé aux réformes majeures dans le secteur de la justice : Forum sur la justice en 1999, élaboration des textes législatifs et règlementaires relatifs aux juridictions. Lieutenant-colonel Abdoulaye Maïga : Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation Organiser les élections générales, crédibles et transparentes est une mission essentielle de la Transition qui s’ouvre dans notre pays. Cette tâche, a priori ardue, est, à n’en pas douter, à la portée du nouveau ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, au regard de son parcours impressionnant. Né le 12 mai 1981 à Bamako, le lieutenant-colonel Abdoulaye Maïga est détenteur depuis 2011, du doctorat en sécurité internationale et défense décroché à l’Ecole doctorale de droit-Université Jean Moulin de Lyon (France). En 2008, le nouveau ministre de l’Administration territoriale a eu, dans le même pays, le master 2 professionnel en Droits de l’Homme et Droit international humanitaire à l’Université d’Evry Val d’Essonne. Ces parchemins ont permis à Abdoulaye Maïga d’être officier chargé de programme et analyste en charge du terrorisme, de l’extrémisme violent et de la sécurité maritime à la direction de l’Alerte précoce de la Cedeao depuis décembre 2016. Entre 2014 et 2016, il a été analyste Alerte et prévention au centre africain d’études et de recherche sur le terrorisme de l’Union africaine (UA). Au Mali, en 2014, l’officier supérieur fut commandant du Groupement d’intervention de la gendarmerie mobile de la Légion de Bamako. La même année, il devient chef de cabinet à la direction
Le citron sur les marchés de Bamako : Une niche
Par Bayo TRAORE Bamako, 9 Oct (AMAP) La campagne bat son plein. La vente du citron est une opportunité pour certaines vendeuses de se frotter les mains. Ce commerce est, désormais, une activité phare, source de gros revenus pour les vendeuses. Septembre est le début de la campagne de cet agrume sur les marchés « Dabanani », « Médina Coura », « Ouolofobougou » de Bamako. Une armée de détaillantes s’active dans le créneau de la vente du citron. Ce produit restera très courtisé par les ménagères jusqu’à la fin de la saison des pluies. Les vendeuses sont installées dans tous les coins des aires de vente. Certaines sont à même le sol proposant des paniers remplis de citrons. D’autres étalent leurs produits sur des nattes. Elles forment une longue file au bord de l’avenue qui mène au « Wonida » de Bozola. Plusieurs femmes déambulent, des plateaux remplis de marchandises en équilibre sur la tête. Elles font le tour du marché, en quête d’éventuels clients. Le citron est très prisé par la population et les marchandes trouvent leurs comptes. La vieille mère, Sitan Koné, est vendeuse au marché Dabanani de Bamako, depuis plusieurs années. Mme Koné nous confie : « La campagne du citron bat son plein en ce moment dans notre pays. Le sac se vend à 7.000 ou 8.000 Fcfa. D’ici 2 à 3 mois, le produit sera rare sur les marchés de la capitale. Le sac de 50 kg coûtera 20.000 Fcfa ». Après avoir écoulé une partie de sa marchandise chez les grossistes au marché de Medina Coura, Sitan retourne à Bozola. Elle revend au détail le reste de sa marchandise à bon prix. Elle révèle que les vendeuses de jus raflent les gros citrons cédés à bas prix. La méthode est simple. La vendeuse casse ses prix pour les gros citrons. « Je vends entre trois et quatre sacs par jour. Je rends grâce à Dieu », confie-t-elle, sans donner trop de détails sur son chiffre d’affaires. Une cliente, Mme Véronique Sanou, est venue s’approvisionner en citron. Elle utilise le citron dans les infusions de citronnelle servies à sa famille, après le déjeuner. Elle en consomme, tous les jours, en cette période où le prix est abordable. On en trouve partout dans la capitale. « Ce fruit est efficace pour faciliter la digestion. Il est très bon pour la santé », explique Mme Sanou. Kadiatou vend du jus de citron au quartier de Kalaban Coura. Elle est venue faire ses provisions au marché Dabadani. Elle gagne de l’argent dans cette activité. « Je viens d’acheter un sac de 50kg de citrons pour préparer du jus mixte de citron et de gingembre. C’est cher dans le marché de son quartier. Elle se déplace jusqu’au « Wonida » pour faire des économies. L’approvisionnement du marché cache l’épineux problème de la conservation à longue durée du produit. Souvent le fruit se décompose très vite. Binta Konaté, grossiste, vend du citron au marché de Médina Coura, depuis plus de 35 ans. Elle a beaucoup de clientes. Mais elle déplore le fait que le citron pourrit vite. Ce grand problème de conservation persiste, car notre vendeuse ne possède aucun moyen de conservation de longue durée. Si les citrons dépassent 2 à 3 jours sans être vendus, ils se décomposent. Cette situation provoque d’énormes pertes. Une élégante dame, Rokiatou, est venue acheter du citron pour préparer son produit cosmétique. « J’utilise le citron sur tout mon corps. Cela fait disparaitre les taches sur ma peau et élimine les mauvaises odeurs », a-t-elle dit. Le Dr Alou Keita, dermatologue dans un cabinet médical à Médina coura, déconseille l’utilisation du citron à l’état brut sur la peau. Cela peut provoquer des problèmes dermiques graves. Il ne faut pas se fier aux produits cosmétiques industriels et pharmaceutiques. Le spécialiste a expliqué que « les propriétaires de marques des produits cosmétiques et pharmaceutiques synthétisent le citron avant utilisation ». « La matière première subit des transformations grâce à des matériels spécifiques. Tout ce qui nuit, par l’utilisation du produit sur à la peau, est détruit», précise-t-il. BON POUR LA SANTE – Le Dr Djénéba Coulibaly, médecin nutritionniste à l’Institut national de la Santé publique (INSP) livre un avis d’expert sur la composition du citron. Ce fruit est efficace pour la santé. Sa teneur est faible en calories (30 cal. /100 g). C’est un concentré de vitamine C. Il en contient entre 30 et 40 mg. Un quart de tasse de son jus couvre le tiers de nos besoins quotidiens. Le citron apporte, également, des vitamines du groupe B, des minéraux et oligo-éléments (fer, calcium, potassium, phosphore, magnésium, cuivre). Il contient des protéines et des fibres solubles. Le citron renferme divers composants (flavonoïdes, les limonades et la nobiletine) qui peuvent avoir un effet favorable sur la santé et sur la prévention de plusieurs maladies. Ces constituants lui confèrent un pouvoir antioxydant. Le Dr Coulibaly soutient que « la consommation quotidienne du citron est excellente pour la santé, le citron favorise la digestion et aide le travail des différents organes digestifs. C’est une puissante plante médicinale (antiseptique, antibactérien, antiviral). La vitamine C, qui en est le principal composant, protège le fœtus de nombreux troubles pendant la grossesse. Elle protège des maladies cardiovasculaires, des maladies des yeux. Elle est bonne pour la peau et aide notre système immunitaire ». Les composés antioxydants du citron permettent de neutraliser les radicaux libres du corps et de prévenir l’apparition des maladies cardiovasculaires, de certains cancers et d’autres maladies chroniques. Le jus de citron renforce l’immunité et aide à renouveler les cellules. Consommé pendant le repas, il stimule l’appétit, facilite la digestion et joue le rôle de dépuratif et de nettoyage. Cependant, la consommation abusive peut provoquer des brûlures d’estomac, des symptômes de reflux gastro-œsophagiens tels que les nausées, et les douleurs abdominales. L’acidité du citron peut attaquer l’émail des dents et les rendre plus sensibles au froid et au chaud. Des irritations de la muqueuse buccale peuvent survenir et il est constaté la formation d’aphtes. Tout le monde peut consommer le citron, mais les personnes souffrant de reflux gastro-œsophagien, d’œsophagite (maladie de l’estomac en jargon) doivent consommer avec précaution ou même éviter d’en consommer,
Diéma : Risques de noyade élevés avec le niveau très haut des rivières
Par Ouka BA, AMAP Diéma Diéma, 7 Oct (AMAP) Chaque année, des enfants meurent, par noyade, dans le Cercle de Diéma, dans l’Ouest du Mali, où les mares et des cours d’eau ont atteint, cette année, des niveaux inquiétants à cause de l’abondance de pluviométrie. Ces mares et cours d’eau sont, certes, d’une grande utilité, puisqu’ils fournissent des poissons, permettent les activités maraîchères, assurent l’abreuvement des troupeaux et facilitent le ravitaillement en eau des chantiers. Mais ces cours d’eau constituent, également, un danger pour les enfants qui les fréquentent quotidiennement. S’ils partent pêcher, en rentrant des champs ou en accompagnant leurs mères à la lessive, les occasions ne manquent pas pour les gamins de se débarbouiller. Il y a, aussi, ceux qui apprennent à nager. Malgré la sensibilisation par les radios de proximité, le phénomène persiste. Seyba Diabaté, chef du centre de la protection civile de Diéma, explique que le nombre de cas de noyade, cette année, dans le cercle de Diéma s’élève à 6 dont 4 à Lambidou, 1 à Béma, et 1 à Diéma. « Lorsqu’on a l’information, on intervient rapidement pour tenter de sauver la personne ou pour extirper le corps de l’eau. Après opération, on remet la victime aux services de santé », dit-il en substance. Le Chef du centre de la protection civile, souhaite, avec le soutien des autorités compétentes, initier, le moment venu, une formation en natation, à l’intention des jeunes, afin de réduire les nombreux cas de noyade que le cercle de Diéma enregistre annuellement. Le grand cours d’eau du barrage situé non loin du quartier Bamaking, a, dit-on, besoin de sacrifice humain, « c’est pourquoi chaque année il prend la vie d’un être humain », soutient un pêcheur, s’apprêtant à placer sa ligne. Cette année, il n’y a pas eu de cas de noyade à Diangounté Camara. Le 2ème adjoint au maire, Oudé Magassa, explique que la mairie n’a pas entrepris de sensibilisation dans ce sens mais « tous les parents sont conscients, aujourd’hui, des dangers de cette pratique vieille de plusieurs siècles ». C’est pourquoi, tous interdisent à leur progéniture de plonger les cours d’eau, durant ces périodes. Assitan, aide son mouton terrassé par une forte pluie, à se tenir sur ses pattes flageolantes. Elle déclare que dans cette situation, les femmes ont une grande part de responsabilité. Lorsque certaines femmes partent faire la vaisselle ou a lessive à la mare, elles se font accompagner, parfois, par tous les enfants de la maison. Elles les laissent se s’amuser dans l’eau, Ce qui entraîne, souvent, des noyades. Le fils de Hétan, essaie de la tromper. Chaque fois qu’elle lui demande s’il estallé se laver dans la mare Lambakoré, il jure, la main sur le coeur qu’il a arrêté. Mais, il suffit qu’elle voit l’état des yeux et du corps du petit, pour qu’elle se mette à le rudoyer, en dépit de la menace de répudiation proférée à son encontre par son époux. Selon Mariko Traoré, conseiller communal, résident à Dioumara-Koussata, avec la sensibilisation, rares sont les parents qui laissent leurs enfants aller dans les cours d’eau. « Ici, ce sont les hommes qui veillent, généralement, sur les enfants », indique-t-il. Karamoko, vendeur de boissons, d’ajouter que par incivisme, certaines personnes jettent dans les cours d’eau des cadavres d’animaux et toutes sortes de détritus. « Ces eaux souillées, on ne doit même pas les faire boire par un animal, a fortiori… », prévient-il Makan, qui seconde l’imam à Lakamané, soiutiengt que cela fait partie des coutumes de la contrée : « si les enfants partent aux champs, ils se lavent dans les cours d’eau, au retour ». « On délivre des messages lors de nos prêches afin que les parents empêchent leurs enfants de se ruer vers les mares », ajoute Makan. Bassi Coulibaly, notable à Guédébiné, certifie que chez eux « du début à la fin de l’hivernage, vous ne verrez aucun enfant se baigner dans une eau stagnante » « Le Directeur technique de notre Centre de santé communuautaire (CSCOM) et son équipe, dont je loue les efforts, sensibilisent les femmes qui viennent en consultation pour l’abandon de la pratique », ajoute-t-il. Salim Diawara, Conseil communal de la jeunesse de Béma, expliqueque grâce à la sensibilisation, la pratique a considérablement diminué dans la commune, même si elle n’est pas totalement finie. « Avec l’existence de quelques bornes fontaines, poursuit-il, de nombreuses femmes ne se rendent plus dans les mares avec leurs enfants pour la lessive ». Ganda Modibo Tounkara, chef du service de l’Hydraulique de Diéma, affirme que les eaux stagnantes sont souvent sources de contamination. « Si les enfants s’y baignent, ils pourraient attraper des maladies hydriques, comme la bilharziose, la diarrhée, les dermatoses, etc », a averti-t-il. « Il faut, conseille l’hydraulicien, renforcer la sensibilisation ». « Toute eau qui ne coule pas, sa consommation peut rendre malade », renchérit un producteur, qui se désaltère, insouciemment, avec l’eau du bras de rivière qui passe à côté de son champ. OB/MD (AMAP)
Inde-Mali : Seydou Dembélé honoré par le Premier ministre indien Narendra Modi
Par Anjani Kumar Ambassadeur de l’Inde au Mali Seydou Dembélé, enseignant et animateur de radio locale à Kita, dans l’Ouest du Mali, s’emploie à faire connaître des pans de la culture indienne à ses auditeurs. Son travail ne passe pas inaperçu en Inde. Le 27 septembre 2020 a été un jour remarquable en faveur de l’amitié entre l’Inde et le Mali, en particulier les relations interpersonnelles entre nos deux pays amis. Cette journée a été rendue très spéciale par le Premier ministre indien S.E. M. Narendra Modi qui, dans son émission de radio mensuelle «Mann Ki Baat» (Pensées intérieures), a évoqué la relation singulière que Seydou Dembélé du Mali entretient avec l’Inde. L’anniversaire de Seydou Dembélé coïncide avec la date d’indépendance de l’Inde (15 août) et les Maliens l’appellent affectueusement «Hindustan ka Babu» du Mali (l’homme de l’Inde) en raison de son amour pour divers aspects de la culture indienne tels que la musique indienne, les films et les langues ainsi que ses efforts visant à renforcer l’amitié entre l’Inde et le Mali. Dembélé chante des chansons de Bollywood et parle également le hindi, une des principales langues de l’Inde. Depuis l’année 1997, Dembélé présente une émission radiophonique intitulée «Fréquence indienne» d’une durée d’une heure sur les chansons de Bollywood qu’il interprète en langues française et bambara tous les dimanches après-midi dans une station de radio à Kita. Il présente également une émission radiophonique de deux heures de 21h à 23h tous les dimanches dans laquelle il interprète tout un film de Bollywood en français et en bambara. D’après lui, les films indiens se distinguent des autres par leurs contenus qui véhiculent des messages sur la victoire du bien sur le mal. Parfois, ses auditeurs pleurent avec lui lorsqu’il interprète une scène pleine d’émotions. Les films qu’il a présentés récemment sont, entre autres, «Mother India», «Junoon», «Noorie», «Koyla» et «Aa Gale lag Jaa». En saluant l’œuvre de Seydou Dembélé, le Premier ministre Modi lui a non seulement exprimé une reconnaissance pour son amour pour l’Inde, la promotion de l’amitié entre l’Inde et le Mali, mais aussi, il a souligné que l’encouragement des bonnes volontés et l’entretien de l’amitié entre les pays favorisent considérablement les relations entre les peuples et les échanges culturels qui y jouent un rôle important. Les mots aimables du Premier ministre Modi à son endroit constituent un énorme encouragement non seulement pour lui, mais aussi pour tous les amis et animateurs radio maliens qui n’ont cessé de montrer leur préférence pour les films et les chansons bollywoodiens et qui continuent à y présenter des émissions radiophonique/télévisé au Mali. Le monde des animateurs maliens a exprimé sa joie pour la reconnaissance du Premier ministre indien exprimée à l’un de leurs compatriotes et amis. Dembélé a été initié à la culture indienne par son père qui travaillait dans les cinémas de Bamako et projetait également des films indiens. Il a fait découvrir la musique indienne à ses enfants Mohammed et Fatoumata Dembélé, troisième génération d’indophiles de sa famille. En fait, le Premier ministre indien a également parlé de ses enfants. Les mots aimables du Premier ministre Modi prononcés le 27 septembre sur lui et le Mali ont suscité une grande curiosité en Inde et les Indiens désirent davantage le connaître ainsi que la riche histoire et culture du Mali. Je peux ajouter que Tombouctou est très connue en Inde comme étant un grand lieu d’apprentissage. Il y a quelque temps, un dessinateur indien, fasciné par l’amour de Seydou Dembélé pour l’Inde et la culture indienne, l’avait honoré d’un beau dessin animé. Une vidéo de Dembélé présentant son émission radiophonique sur la musique de Bollywood était devenue virale en Inde il y a quelques mois. Seydou Dembélé est enseignant dans une école publique de Kita dans la Région de Kayes. Il enseigne l’anglais, la musique et la peinture/dessin. Il s’est rendu en Inde à deux reprises (en 2019 pour Kumbh Mela et en 2017 pour une formation sur les technologies de l’information et de la communication pour le développement rural à Chennai, dans le cadre de la coopération technique et économique indienne (ITEC). Il souhaite de nouveau se rendre en Inde pour étudier davantage la langue indienne, le hindi. C’est une question de grande satisfaction qu’un ami malien ait été reconnu et honoré en Inde par les plus hautes autorités indiennes. Dembélé est maintenant connu d’un grand nombre de personnes à travers l’Inde. Par son amour pour la musique indienne, il aide à établir des relations entre les citoyens ordinaires de l’Inde et du Mali et à promouvoir les échanges culturels. L’Inde et le Mali entretiennent d’excellentes relations bilatérales et on espère que d’autres personnes de la trame de Seydou Dembélé contribueront davantage à l’approfondissement et au renforcement de l’amitié entre nos deux pays amis. (NB : Le titre et le chapeau sont de la Rédaction)
Ramasseurs d’ordures : Les petites mains de la salubrité
Par Baya TRAORE Bamako, 5 Oct (AMAP) C’est quotidien. Un soir de septembre, sous l’échangeur de l’immeuble Babemba, une équipe de ramasseurs d’ordures de l’entreprise de nettoyage Ozone Mali s’attèle à débarrasser un tas d’immondices et de gravats. La position de leur camion de transport d’ordures provoque un petit embouteillage mais, surtout, la colère des usagers qui n’apprécient guère de perdre un temps fou sur quelques mètres de bitume. Pourtant, le travail de ces petites mains utiles sert la propreté et l’assainissement des grandes artères de la capitale malienne mais, aussi, des grands espaces publics et autres servitudes. En outre, elles exercent, généralement, ce métier par nécessité, mais n’en sont pas moins contentes de se rendre utiles. Ces éboueurs qu’on aperçoit à longueur de journée sur les artères principales, aux carrefours et sur les ponts sont reconnaissables à leur tenue. Ils bravent le soleil aux rayons lumineux, qui brûle la peau après une longue exposition, les intempéries et, parfois, le sarcasme de certains, pour répondre à l’exigence de leur devoir, celui d’assainir Bamako, la coquette. Ils mettent tellement de fierté à balayer le bitume, sans tricherie, courant le risque de se faire renverser par des automobilistes et motocyclistes qui adorent les courses déjantées. Pelle et balai à la main, vêtu d’une blouse de couleur verte et rouge de l’entreprise, Mariétou Konate, la quarantaine, fait partie de ces balayeuses utiles qui sautent de leur lit, au premier chant du coq, pour donner fière allure à notre environnement, à nos bitumes et autres espaces publics. Cette mère de famille, réglée comme une horloge suisse, exécute admirablement sa besogne quotidienne (le ramassage des ordures) au rond-point du boulevard de l’Indépendance. Elle se laisse entrainer petit à petit vers l’Institut français du Mali (ex-Centre culturel français) sous le regard inquisiteur de certains usagers et accepte de se confier à nous. Elle explique n’avoir aucune honte à exercer ce métier parce qu’elle est bien convaincue qu’il n’y a pas de sot métier, comme le dit si bien l’adage. Mais, elle s’indigne du comportement de certains compatriotes qui ne semblent pas comprendre que le pays est un puzzle dans lequel, chaque pièce a sa place. Le cardiologue ne fera pas le boulanger parce que chacun a sa spécificité et chacun doit jouer sa partition dans le développement du pays. « Mais hélas, beaucoup de nos compatriotes ne semblent pas intégrer cette réalité. Ils ne nous respectent même pas parce qu’il suffit de terminer le nettoyage d’un espace pour qu’ils le salissent. Ils le font, souvent, à notre présence sans aucun scrupule», explique la ramasseuse d’ordures. Elle ne réclame, ni plus ni moins, que de la considération pour son travail. Les ramasseurs d’ordures sont, aussi, confrontés à des difficultés existentielles avec des salaires modiques. Modibo Coulibaly, ramasseur d’ordure à Ozone Mali, déplore le traitement, en termes de salaires, mais aussi de retard dans le paiement. Il pointe également du doigt l’insuffisance de matériel adéquat voire des équipements pour réaliser la noble ambition d’assainir le pays. De gros efforts ont été accomplis dans ce sens mais c’est un travail de Sisyphe dont-il est difficile d’apprécier la valeur. Comme lui, ses collègues ramasseurs réclament aussi de meilleures conditions de travail et de vie. Abdramane Diarra, lui, officie depuis plus de 6 ans à Ozone comme ramasseur d’ordure. Il s’autorise une comparaison qui peut paraitre ubuesque surtout très osée. Ce ramasseur d’ordures explique n’avoir aucune honte à balayer. Il se dit aussi à l’aise dans son travail que pourrait l’être un ministre de la République dans ses fonctions. Lui s’accommode, pour l’instant, de son salaire même s’il ne cracherait pas sur une augmentation substantielle. Cet éboueur indique que lui et ses collègues sont, aussi domiciliés, dans des banques de la place où ils reçoivent, par virement, leurs salaires. Ils sont aussi inscrits à l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) et enrôlés à l’Assurance maladie obligatoire (AMO). Au-delà des travailleurs de Ozone, certains particuliers ont monté des groupements d’intérêt économique (GIE) pour ramasser des ordures ménagères. D’autres évoluent seuls. Ils disposent de charrettes, à traction humaine ou animale, pour débarrasser les familles de leurs déchets ménagers. C’est le cas de Alfousseni Traoré qui s’occupe de la collecte des ordures ménagères d’une trentaine de familles à Missira. Il confirme que ce travail lui permet de joindre les deux bouts avec les cotisations que les familles payent à la fin de chaque mois. Certaines n’honorent pas leur engagement, sous prétexte que les ramasseurs d’ordures ne passent tous les jours pour enlever les immondices. « Il est quasi impossible de pouvoir faire le porte-à-porte, quotidiennement », relève Alfousseni Traoré qui en appelle à la compréhension des clients face à la problématique des dépôts de transit d’ordures ménagères. Mahamadou Diarra, responsable du GIE « Dieya Kankan » de Médina Coura, évolue dans ce secteur d’activités depuis plus de 15 ans. « J’ai commencé moi-même à ramasser les ordures ménagère depuis des lustres. Aujourd’hui, par la grâce du Tout-Puissant, j’ai mis en place un GIE. Mais, il y a une insuffisance criarde de dépôts d’ordures qui reste un vrai caillou dans notre chaussure », souligne-t-il. Pour lui, Il urge de moderniser le secteur, pour rendre la ville plus propre. Les ramasseurs d’ordures ménagères courent naturellement des risques. Oumar Diallo, entrepreneur, affirme que le ramassage des ordures est un métier à risque de contamination par des maladies infectieuses. Chaka Traoré, médecin généraliste au Centre de santé communautaire (CSCOM) de Medina Coura partage ce point de vue mais relativise, en expliquant que tous les métiers en comportent. Il énumère quelques risques comme les infections des voies respiratoires et celles de la peau et la puanteur qui incommode. En outre, il y a le risque d’attraper le VIH et l’hépatite B, entre autres. BT/MD (AMAP)

