Artisanat : La poterie résiste bien à la crise
Par Amadou SOW Bamako, 30 Nov (AMAP) La crise sécuritaire au Mali, en 2012, a porté un coup rude à l’artisanat, s’accordent à admettre les observateurs. Les artisans, dont le savoir-faire constitue une fierté nationale, vivent des jours difficiles du fait de l’absence de touristes. Or ceux-ci représentent une proportion importante de leur clientèle. Les artisans assistent, impuissants, à une baisse de leurs revenus et prient pour la relance des activités. Le secteur a besoin de retrouver un second souffle même si la situation n’est pas aussi désespérée qu’on pourrait le croire. Parce que le sous-secteur de la poterie arrive à se tirer d’affaire. Les potières et les femmes, qui vivent du commerce des objets en terre cuite, arrivent à joindre les deux bouts, malgré le contexte économique difficile. Les potiers continuent d’être présents dans notre quotidien à travers leurs productions qui ornent nos salles de conférences, salons de thé, bureaux, voire l’intérieur de nos maisons et autres édifices publics. Nonobstant la crise sécuritaire, les lieux de vente d’objets en terre cuite pour la décoration sont légion dans les rues de Bamako, les marchés, sur les abords des grandes artères et au niveau des ronds-points de la ville. Cette activité semble survivre à la crise. Et les jeunes s’intéressent, de plus en plus, à la poterie qui devient pourvoyeuse d’emplois par ce qu’elle apporte économiquement. Daouda Keïta, archéologue et directeur du Musée national, explique que la poterie a existé au Soudan (Mali d’avant l’indépendance), depuis le néolithique. Maïni Camara, originaire de Siby, est vendeuse d’objets en terre cuite, notamment des jarres au marché de N’Tabacoro. Pour elle, la poterie est la plus noble activité qui puisse exister mais aussi l’une des plus anciennes. Dans le temps, elle était réservée, au Mali, aux seules femmes de la caste des forgerons. «C’est une pratique très ancienne qui a laissé ses marques dans toutes les familles maliennes», explique la quinquagénaire. Comme pour apporter la preuve de l’utilité de la poterie, la vendeuse indique que jusque dans un passé récent, tous les ustensiles de cuisine étaient en terre cuite ou en bois dans nos campagnes. «Je m’approvisionne, chaque semaine, auprès des potiers et j’arrive à écouler très rapidement. Mais, il y a un énorme risque lié au transport de ces objets. Lorsqu’ils se cassent, les pertes peuvent être considérables», explique Maïni Camara, avant de rappeler qu’elle évolue dans ce commerce depuis plus de 20 ans et emploie même deux personnes : un jeune garçon et sa propre fille. Elle arrive donc à joindre les deux bouts et à subvenir aux besoins de sa fille. Tout comme elle, bien d’autres femmes exercent ce commerce et s’en sortent assez bien. L’Association des femmes pour la promotion des produits artisanaux a créé en 2008 un centre de poterie à Darsalam sur financement de partenaires espagnols. La présidente de l’Association, Mme Assitan Traoré, souligne que son centre a toujours fonctionné à plein régime même pendant l’hivernage où l’approvisionnement en matière première devient un peu délicat. « Nous utilisons de l’argile qui nous provient des rives du fleuve Djoliba aux environs de Kabala. Le chargement d’une benne de 7 m 3 est cédé à 120.000 Fcfa et pendant l’hivernage, les choses se compliquent, explique la potière. Après notre installation, nous avons commencé à produire des objets avec une finition exceptionnelle parce que nous disposons d’un outillage moderne. Malgré les années de crise on a continué à produire des pots de fleurs, des canaris et autres objets de décoration », témoigne la responsable de l’association qui évoque aussi des difficultés liées au transport des objets, notamment leur acheminement sur les sites de vente. A ce niveau, explique-t-elle, on peut enregistrer des pertes importantes. La quinquagénaire, Mme Awa Keïta, indique avoir 25 ans de vécu dans la poterie. Installée la capitale à quelques encablures du rond-point de Daoudabougou, elle explique vivre de son commerce d’objets en terre cuite. «Nos objets proviennent majoritairement de Kalabougou, dans la Région de Ségou, précisément d’un centre de conception et de fabrication des produits argileux. «Nous faisons l’expression des besoins et la commande est livrée dans les meilleurs délais. Je travaille avec ma progéniture (deux garçons). Ce que nous gagnons leur permet de vivre décemment», dit Awa. Nos compatriotes apprécient les objets décoratifs en argile. De plus en plus, ces objets sont faits avec des designs attractifs. La délicatesse du transport de ces objets en terre cuite influe sur les prix parfois fixés en fonction des pertes enregistrées pour compenser. Ce qui explique que certains objets sont hors de portée de la bourse du Malien moyen. La décoratrice Oumou Diallo relève qu’avant, les objets fabriqués en terre cuite étaient généralement utilisés dans les villages et dans certaines familles conservatrices. Mais avec les améliorations apportées dans la conception et la réalisation, il y a eu un regain d’intérêt pour ces œuvres d’art en terre cuite. La production locale n’a rien à envier à celle d’autres pays. Quant à Mariama Sanogo, secrétaire dans une banque de la place, elle explique être venue acheter un pot pour décorer la salle de réunion de son lieu de travail. Pour elle, il est difficile de vivre aujourd’hui sans ces objets qui font partie de nos us et coutumes. Les gens se servent des encensoirs (Woussoulan daga) pour bien parfumer leur maison. Ces dernières décennies, la poterie a connu une ère nouvelle avec une touche de modernisation. Les œuvres en terre cuite sont plus stylées et diversifiées. Nos potiers n’entendent pas rater le train du progrès. Ils ont modernisé leurs productions (jarres, écumoires, vases d’ornement et encensoirs). Ces objets sont pratiquement devenus indispensables pour la femme malienne. Il est aussi fréquent dans notre société de mettre ces objets dans le trousseau de mariage. AS (AMAP)
Moussa John Kalapo : Le photographe qui traque les imperfections de la société
Par Youssouf DOUMBIA Bamako, 28 Nov (AMAP) Pantalon jeans et jacket noir en cuir, bonnet Cabral sur la tête, barbe et moustache fournies, Moussa John Kalapo porte en bandoulière un appareil photo. « Ah ! Ce bonnet permet aux étrangers, qui ne me connaissent pas, de savoir d’où je viens », lâche-t-il, sourire en coin. L’homme ne se sépare jamais de son bonnet, en hommage au héros de l’indépendance bissau-guinéenne, Amilcar Cabral. Ce bonnet Cabral est devenu, en quelque sorte, le béret du Che Guevara de l’Afrique de l’Ouest, reflétant l’image du héros indépendantiste. Né il y a 37 ans, à Bamako, Moussa John Kalapo fréquente l’école Alexis Makosso de Pointe Noire, au Congo Brazzaville, où avaient émigré ses parents. La famille revient, plus tard, à Bamako, pour permettre au garçon de passer son Diplôme d’études fondamentales (DEF), en 2000, à l’école Marie Diarra II, à Hamdallaye (Bamako). Moussa John Kalapo entre au lycée Prosper Kamara, puis rejoint l’Institut de formation professionnelle (IFP) de Sikasso pour une formation en comptabilité. A sa sortie de l’école de formation, il travaille, pendant quelques mois. Très vite, il comprend que la comptabilité ne lui convient pas. Il s’inscrit au Centre de formation en photographie (CFP) de Bamako où il suit une formation en photographie conceptuelle-créative et d’art. Après plusieurs années d’activité, il obtient une bourse de la Tierney Family Foundation Awards-Tierney Fellowship en 2015, pour poursuivre une formation en photographie documentaire et résidence de création dans l’une des prestigieuses écoles d’art photographique, Market Photo Workshop (MPW), à Johannesburg, en Afrique du Sud. Moussa John Kalapo, expose, actuellement, au Musée des Tapisseries dans le cadre du Festival photo d’Ex 2020 intitulé « Regards croisés ». Un événement annuel, qui se tient à Aix-en-Provence, dans le Sud de la France. Il a été sélectionné, avec quatre autres photographes africains, qui doivent croiser leurs œuvres avec celles de cinq photographes français sur la situation de l’humanité. Il y montre sa série documentaire sur les chambres dénommées : « Empreintes de mes rêves ». Il explique qu’il se démarque de la culture de l’esthétique en dévoilant sans artifices des conditions de vie assez communes et franchement indigentes de sa société, à travers la prise de vues de chambres à coucher. A l’indigence matérielle, s’ajoute la prolifération des traces de sentiments et d’états d’âme laissés sur les couches, au petit matin. Au-delà des réalités crues de vétusté, de désordre ou de saleté, John Kalapo nous exhorte à considérer les chambres et les lits comme les décharges des poids du conscient. L’objectif de son appareil capte notre vie quotidienne, dépourvue des artifices. Il révèle ainsi une réalité moins reluisante. A Nîmes, une autre ville de France, le photographe fait la restitution d’une résidence de création effectuée en février dernier. Pour NegPos Galerie, le photographe malien avait travaillé sur le thème : Ceux qui n’ont pas de toit, et qui vivent dans un « Autre monde », les sans domicile fixe (SDF). La résidence ayant coïncidé avec le confinement, il a donc intitulé son travail : « les oubliés du confinement ». Pour lui, la mesure, qui consistait à demander aux gens de rester chez eux, n’était pas juste. « Car, s’interroge-t-il, comment faire lorsque le chez-soi n’existe pas, que l’on vit dans la rue ? » Les rues se sont vidées, il n’y a plus de passants, faire la manche relève de l’impossible. « Ils ont été oubliés dans cette crise sanitaire. Ils sont livrés à eux-mêmes dans les rues urbaines désertées et subsistent encore des personnes, comme les sans-abris, qui n’ont d’autres choix que d’y rester », dit le photographe. Pour faire ce travail, John a dû se faire passer, souvent, pour un SDF, car c’était compliqué avec les règles très strictes. « Après mon travail, je rentrais dormir dans mon appartement », témoigne-t-il. Pour lui, la photo consiste à transmettre une vision. Un photographe doit avoir le réflexe de s’arrêter et d’observer. « Et se demander pourquoi les choses sont toujours vues d’une certaine manière alors qu’elles peuvent être racontées d’une autre façon. » Il divise son œuvre photographique en trois catégories : le travail commercial conceptuel, l’éditorial (pour des magazines et des reportages) et les projets d’inspiration personnelle. Elles partent tous d’histoires de personnes, de groupes, d’événements, et se consacrent aux sujets humains et sociaux. Il a effectué des reportages photo pour plusieurs ONG et entreprises privées au Mali, en Afrique et en Europe. De grandes agences de presse le sollicitent également. Il a, aussi, participé à des ateliers photos et des expositions collectives au Mali, Afrique et en France. Le projet « Archives photographiques du Mali », qui a officiellement démarré en octobre 2015, consiste à numériser les négatifs de grands photographes maliens disposant d’importants fonds photographiques comme Malick Sidibé, Abdrahamane Sakaly, Adama Kouyaté, Tijane Sitou, Félix Diallo et Mamadou Cissé. Une activité suspendue pour le moment. Moussa Kalapo, recruté sur test, était l’un des deux assistants techniques chargés de la numérisation aux côtés des représentants des familles des photographes sélectionnés. Pour lui, « ce travail est d’autant plus important qu’il permet de préserver le patrimoine photographique que les familles ne peuvent pas toujours bien gérer et qui peut, soit disparaître, soit se retrouver à l’étranger, comme ce fut le cas du fonds photographique de Seydou Keita. Or, ces images font partie de l’histoire du Mali et doivent être conservées pour la postérité ». En 2016, à la suite d’un appel à candidatures, Moussa a été retenu à la « Quinzaine de la photographie du Bénin », sur le thème « L’esclavage moderne». à Cotonou, il a remporté le deuxième prix appelé « Prix de l’Innovation ». Sa série intitulée « Le travail domestique des enfants » a séduit le jury par la beauté des images et sa force narrative. En mars 2017, Moussa Kalapo a participé à une résidence de quinze jours à Rabat au Maroc, avec trois autres photographes du Sénégal, de la Tunisie et du pays organisateur, sur le thème « Rabat, l’Afrique en capitale ». Il a présenté à cette occasion une série dénommée « Présences ». Les images ont été exposées dans la Galerie Bab Rouah, du 28 mars au 23 avril 2017.
Cité des enfants: Les petits génies des instruments traditionnels
Par Mohamed D, DIAWARA Bamako, 28 Nov (AMAP) Le show n’a pas de secret pour l’adolescente Mariam Diabaté et ses coéquipiers. A 14 ans seulement, elle évolue au sein du Mini ensemble instrumental, une formation musical de 10 jeunes garçons et 10 jeunes filles. Bien « genré » ! Ces mômes font parler leur talent. L’initiative est du virtuose de la kora, Toumani Diabaté, soutenue par la structure dédiée à l’épanouissement des tout-petits la Cité des enfants. Le Mini ensemble instrumental, appelé auparavant « Mandingue Kids a été créé en 2006. « Mandingue kids » joue, uniquement, des instruments de musique traditionnelle. Le groupe a séduit Mme Koumaré Amina Cissé, la directrice de la Cité des enfants. Il a rejoint cette structure dirigée par l’ancienne animatrice de la célèbre émission télévisée « Nous, les enfants ». Mme Koumaré propose au groupe le nom « Mini ensemble instrumental». Il se veut une école pour les adolescents qui aiment faire de la musique et a déjà guidé les premiers pas de plusieurs jeunes qui font, aujourd’hui, la fierté de la musique malienne parmi lesquels Sidiki Diabaté, fils de Toumani. Ces jeunes artistes interprètent, avec brio, de nombreuses chansons des différents terroirs du Mali. Ils s’inspirent, également, de l’actualité en abordant des thèmes tels que les maladies, l’excision, les violences basées sur le genre y compris la scolarisation des filles. Ils viennent d’ailleurs de dédier une chanson à la sensibilisation contre la Covid-19. Cette pandémie a affecté le Mini ensemble instrumental tous les autres artistes. Une période de crise que le groupe musical a mis à profit pour revisiter son répertoire musical à travers une série de répétitions. Flematou Diabaté, directrice du Mini ensemble instrumental, est nostalgique des moments glorieux de son orchestre. « On a eu la chance de participer au Hollande Festival (HF), un festival international des arts de la scène ». Le groupe est beaucoup sollicité lors de la célébration des journées internationales de la femme célébrée le 8 mars et celle consacrée à l’enfant africain le 16 juin. Le Mini ensemble instrumental ne dispose ni de matériel de sonorisation, ni de moyen transport, explique Mme Amina Cissé : « nous sommes obligés de louer des haut-parleurs, une table de mixage, des microphones et un mini bus de transport en commun appelé Sotrama, chaque fois que le besoin se fait sentir. Des frais de locations qui réduisent les gains car ils ne sont pas pris en charge par le commanditaire. Mariam Diabaté en est à sa deuxième année de carrière dans ce groupe. Elle est l’une des interprètes du groupe du fait de sa très belle voix et de son talent prometteur de chanteuse. L’adolescente apprécie particulièrement l’initiative. À travers cette formation musicale, elle a pu se familiariser avec les notes de la musique. « C’est le plus important », se réjouit-elle. Pour elle, le gouvernement doit les aider pour avoir les matériels de sonorisation notamment les amplificateurs et les micros. La jeune cantatrice n’est pas près d’oublier le 8 mars qu’elle a fêté au Palais présidentiel, avaec le Mini ensemble instrumental, à l’invitation de l’ancien président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta. « J’ai même réussi à parler avec le président », indique Mariam, toute émerveillée. Amina Cissé se rappelle comment la Cité des enfants, et le Mini ensemble instrumental se sont rencontrés. « Quand je suis arrivée à la Cité des enfants, j’avais besoin des mômes qui jouaient uniquement avec les instruments traditionnels pour réaliser l’une des missions de la Cité qui consiste à participer à l’initiation artistique des enfants et à leur éducation civique et morale. Comme le Mini ensemble instrumental était déjà en place sous l’appellation de « Mandingue kids », mon projet avec le groupe a été de compléter le volet orchestre par le volet enfants qui maîtrisaient les instruments de musique traditionnelle. C’est ainsi que notre collaboration a commencé et j’ai proposé le nom Mini ensemble instrumental », raconte la directrice de la Cité des enfants. Ils animent toutes les activités de la Cité des enfants, notamment la Semaine nationale de l’enfant, le Salon de l’enfance et plusieurs autres journées internationales de l’enfant. « Tout le monde aime ces enfants », dit notre interlocutrice. À travers la Cité des enfants, beaucoup d’autres organisations et structures les sollicitent. « Depuis qu’on a commencé à collaborer, chaque fois qu’on les sollicite, ils disent de venir voir la directrice de la Cité des enfants pour leur mise à disposition », se réjouit la directrice générale. Chaque année, la Cité propose des formations musicales à 10 enfants du groupe à travers le festival « Équation nomade », une rencontre artistique annuelle en faveur des enfants du Mali. Dans ce domaine de renforcement de capacité, la Cité des enfants travaille d’arrache-pied pour que ces jeunes musiciens puissent bénéficier d’autres formations notamment à l’étranger. Ces jeunes artistes profitent, aussi, de leur temps libre pour encadrer d’autres enfants qui ont aiment faire de la musique. MDD/MD (AMAP)
Rokia Traoré parle : « Ma carrière est prise en otage »
La star malienne revient, dans cet entretien, sur ses ennuis avec la justice belge et dénonce l’injustice qu’elle subit dans cette affaire. Elle évoque aussi ses projets et livre son analyse sur les besoins d’organisation du secteur de la culture dans notre pays L’Essor : Comment évolue le dossier judiciaire qui vous a valu des ennuis en France en mai dernier ? Rokia Traoré : La procédure au niveau de la justice malienne suit son cours comme il se doit et la vie continue. Il est important de noter qu’il m’a été ordonné par la justice belge de retirer ma fille de son école qu’elle fréquentait au Mali depuis deux années scolaires auparavant, la séparer de tout son environnement habituel, acheter les billets d’avion pour voyager de Bamako à Bruxelles et aller la livrer sur le territoire belge. Je suis et mes enfants sont de nationalité malienne et nous vivons au Mali, les enfants fréquentent des écoles au Mali. Il m’a été injustement ordonné de livrer ma fille à un père qui dit clairement ne pas avoir les moyens de l’élever. Mais la justice belge a trouvé solution à cela aussi. Dans leur décision, je dois payer une pension alimentaire au père ainsi que des frais pour l’école et tous les autres besoins de l’enfant. De la même façon que j’aurais respecté n’importe quel système de justice, j’ai respecté la justice belge. J’ai constitué un avocat en Belgique en trois jours après avoir reçu par email une citation à comparaître un 1er mai (jour férié) pour une audience au tribunal de Bruxelles le 6 mai. Bien évidemment, puisque je n’habite pas en Belgique ni ailleurs en Europe, il était impossible de me délivrer la citation à comparaître de la justice belge sur le territoire malien dans les règles juridiques connues. À un moment, j’ai compris que mon crime fut d’avoir décidé de vivre au Mali, en Afrique avec mes enfants. Je suis coupable d’être une Africaine qui a cru en l’égalité des droits entre Noirs et Blancs, hommes et femmes. Par ailleurs, j’entends souvent dire que j’aurais causé des ennuis diplomatiques à mon pays, le Mali, en rentrant à Bamako en mai 2020 pendant que j’étais en attente d’être extradée en Belgique pour cinq ans de prison en laissant ma fille qui aurait simplement été récupérée par son père et perturbée à vie si moi, la mère qui a sa garde, je me retrouvais en prison pour purger une peine de 5 ans. Selon quelle règle diplomatique le Mali serait donc en faute d’avoir autorisé l’atterrissage d’un avion transportant une Malienne rapatriée pendant la crise de la Covid-19 au Mali où elle réside ? Pourtant, mon avion a, tout à fait, décollé de France avec une autorisation de décollage de ce pays. Je n’ai pas utilisé de faux documents, je n’ai tué ni agressé personne pour prendre l’avion et décoller de France où j’avais été arrêtée et emprisonnée malgré mon immunité diplomatique qui n’a jamais été officiellement levée, donc, a priori, a bien été méprisée. Le Mali devait refuser l’atterrissage de mon avion alors que la France avait donné l’autorisation de décollage de son territoire à cet avion ? Pour quelles raisons ? Parce que j’ai tué quelqu’un ? Aurais-je été impliquée dans un trafic de drogue ? J’aurais détourné des fonds ? Pourquoi aurait-il fallu continuer à me maltraiter pour un dossier de plainte mensonger d’un citoyen belge en Belgique alors que je vis au Mali et suis citoyenne malienne ? Jamais aucune des décisions de la justice belge ayant mené à l’émission du mandat d’arrêt européen ne m’a été signifiée, car je n’habite pas en Belgique et il n’y a jamais eu de procédure d’exequatur de ces décisions auprès de la justice malienne. Il est une chance, une bénédiction pour le père de ma fille d’être européen et que l’Europe entière le soutienne pour persécuter une femme, une mère. Il n’a besoin ni de me battre, ni de me tuer dans sa violente et malveillante attitude, le système de justice de son pays s’en charge pour lui. Le moins que le Mali pouvait faire pour moi, sans prendre aucun risque diplomatique était certainement d’accepter qu’atterrisse mon avion en territoire malien, du moment qu’il avait légalement obtenu une autorisation de décollage en France et que j’étais bien sortie du territoire français avec mes documents d’identité sans aucune malversation. L’Essor : Ce dossier judiciaire n’a-t-il pas un impact négatif sur votre carrière et sur vos projets ? Rokia Traoré : Mes enfants ont été profondément perturbés, j’ai été dénigrée, maltraitée, emprisonnée, ma carrière prise en otage en me faisant perdre des contrats de travail, sur la base d’une fausse accusation d’enlèvement d’enfant dont l’inexactitude a été démontrée en fournissant des attestations et certificats. Ce dossier a un impact sur ma vie parce qu’il m’a révélé beaucoup de choses négatives que je n’imaginais plus possibles de nos jours dans les relations entre l’Europe et l’Afrique… Mais, comme nous disons chez nous les bamanan « en nommant toutes les parties de son corps, on en arrive à s’insulter soi-même ».… De plus, je n’aime pas m’attarder sur les énergies négatives et destructrices. Je ne veux pas que mes enfants subissent mes souffrances si je ne parvenais pas à les contenir. J’avance, c’est ainsi que j’ai été éduquée. Toujours avancer tant que nous sommes encore en ce monde et en bonne santé, en étant certain de son honnêteté, de sa droiture. L’Essor : à propos de vos projets, vous aviez entrepris la création et la mise en scène d’une série de spectacles depuis 2018. Où en êtes-vous ? Rokia Traoré : La crise de la Covid-19 bouleverse le secteur culturel. L’une des conséquences en Europe est la fermeture des sites où le public s’assemblait pour visiter des œuvres, voir des spectacles, regarder des films… En principe, j’achève la création des spectacles prévus. Ils seront joués à la reprise, après la crise, ou certains online (sur Internet et chaînes de télévision), ou en live en Europe
Soins des indigents : Le casse-tête du remboursement des prestations

Par Fatoumata NAPHO Bamako, 27 Nov (AMAP) Le régime d’assistance médicale est un soulagement pour les indigents. Mais dans la pratique, le recouvrement des coûts des soins administrés à ces personnes reste une épine dans le pied des établissements de soins. L’accès à des soins de santé de qualité demeure une problématique générale et particulièrement pour les indigents. À cet effet, la loi N° 09-030 de juillet 2009 a institué le Régime d’assistance médicale (RAMED) pour couvrir les indigents reconnus comme tels. Les articles 5 et 6 de cette disposition juridique indiquent que les personnes qui ne sont couvertes par aucun autre système d’assurance maladie et reconnues indigentes bénéficient avec leurs ayants droit des prestations de ce régime de protection sociale dans les conditions fixées par le décret N°09-555/P-RM du 12 octobre 2009. Le RAMED qui participe du renforcement de la protection sociale et de la lutte contre l’inégalité dans l’accès aux soins de santé de base dans notre pays est géré par l’Agence nationale d’assistance maladie (ANAM). Charge à elle de rembourser les prestations faites par les établissements hospitaliers, les Centres de santé de référence (CSréf) et autres centres de santé communautaire (CSCOM) dans la prise en charge des indigents. Pour être éligible au RAMED, il faut avoir un certificat d’indigent délivré soit par la mairie, soit par le préfet ou le sous-préfet, après une demande formulée dans ce sens. La demande est ensuite transmise au service local du développement social qui s’emploiera à mener une enquête avant d’élaborer son rapport. Ce compte-rendu oriente la décision de délivrer ou pas un certificat d’indigent. Une fois que la personne est éligible, le certificat sera envoyé à l’Anam pour l’immatriculation. Pour les personnes sans domicile fixe, le service social, après constat, attestera de la situation. L’agent de service établit un document dans ce sens pour le soumettre à la signature de l’autorité municipale compétente, avant de l’acheminer à l’Agence. Alassane Dembélé, chef du service social au Centre hospitalo-universitaire (CHU) du Point G, confirme que lui et ses collaborateurs s’occupent bien des indigents qui leur sollicitent dans le cadre des soins. CERTIFICAT D’INDIGENCE – «Un indigent malade, c’est quelqu’un qui vient à l’hôpital dépourvu de tous moyens pour faire face aux frais médicaux. Il n’a également personne pour lui venir en aide. C’est un démuni, muni d’un certificat d’indigence délivré par une autorité administrative et immatriculé à l’ANAM», explique le responsable du service social. Pour lui, les choses sont très claires. L’indigence est attestée par un certificat. Mais il peut arriver qu’une personne malade se présente sans ce certificat d’indigence mais n’ayant pas non plus de ressources financières pour se prendre en charge. Dans ce cas, on parlera de cas social. Celui-ci peut aussi être considéré comme un indigent mais à la différence qu’aucune preuve matérielle rien n’atteste de son indigence. Alassane Dembélé indique également qu’une personne accidentée ou un malade ramassé dans la rue peuvent être pris en charge comme des indulgents parce qu’ils se trouvent dans une situation d’urgence. Après les enquêtes détermineront leur statut. Un autre cas de figure peut se rapporter à un malade qui, sur la durée, notamment dans le cas des traitements longs, peut avoir des difficultés financières à faire face à ses frais médicaux. Dans ce cas, elle sera reversée dans la catégorie des indigents. À l’hôpital situé sur les hauteurs de Bamako, le service social est très actif et peut recevoir quotidiennement plus d’une trentaine d’indigents enrôlés au Ramed pour des besoins de consultations médicales, d’analyses et autres soins. Pour les autres indigents qui ne relèvent pas de ce cas de figure, son service fait, selon lui, de la «débrouillardise» pour répondre aux sollicitations, parfois avec le soutien des partenaires (nationaux et internationaux). Dans le bureau du responsable du service social, on se croirait dans un magasin avec de vieux cartons de médicaments et des sachets. «Nous disposons d’un peu de médicaments voire du linceul. Ce qui vous donne l’impression d’être chez un magasinier, explique-t-il en les pointant du doigt. Il apprécie également l’accompagnement de l’administration hospitalière qui assure l’alimentation pour les indigents et apporte des appuis ponctuels, en termes de médicaments et de réalisations de certains examens complémentaires. Le chef du service social de l’hôpital du Point G relève aussi que lorsque les équipements tombent en panne technique, la prise en charge devient compliquée, notamment pour les personnes qui n’ont pas un certificat d’indigence parce qu’il est quasi impossible de les référer à d’autres hôpitaux en capacité de faire les mêmes examens, indique-t-il. Pour son collègue de service, Mamadou Keita, le service social est la porte d’entrée des indigents parce qu’il facilite leur prise en charge médico-sociale, psychologique voire leur insertion. Et l’administrateur social de préciser que ces personnes viennent à eux, avec ou sans certificat d’indigence, pour avoir de l’aide. «À notre tour, nous évaluons l’état d’indigence de la personne avant de procéder à sa prise en charge. Celles qui n’ont pas de certificat sont prises en charge comme des cas sociaux». Devant une extrême urgence, le service peut également approcher la direction pour faciliter l’immatriculation au niveau de l’ANAM. Même dans ce cas de figure, la procédure peut prendre deux jours. Pour assurer leur prise en charge, le service social reste confronté à des difficultés d’ordre financier. Pour pallier la situation, les administrateurs sociaux préconisent le retour à un système, celui de la prise en charge par la Direction nationale du développement social (DNDS) qui a fait sa preuve par les résultats. Dans ce système, la DNDS allouait une certaine somme à l’hôpital pour prendre en charge ces malades. Par contre, le RAMED couvre le risque maladie pour les seuls indigents enrôlés reconnus comme tels. L’Agence recommande aux indigents de consulter aux premiers niveaux de la pyramide, notamment au niveau des Csref avant d’être référés par ceux-ci aux hôpitaux pour les consultations spécialisées qui dépassent les compétences du niveau CSréf. Au niveau des services sociaux, on n’apprécie guère cette façon de faire qui peut entraîner la lenteur dans la prise en
Désenclavement rural : Quelques 572 KM de pistes rurales en cours de réalisation à Koulikoro et Sikasso (Sud)
Synthèse de Cheick M. TRAORÉ Bamako, 27 Nov (AMAP) Le milieu rural est par essence la principale zone de production agricole de notre pays. Il est malheureusement très enclavé avec des pistes rurales qui sont souvent impraticables surtout en période d’hivernage. Cette situation rend difficile l’écoulement des productions agricoles de ces contrées et l’accès des populations aux denrées de première nécessité et aux services sociaux de base. Dans le but de rendre nos pistes pastorales cyclables en toutes saisons afin de conjurer ces difficultés, le gouvernement a initié le Projet d’amélioration de l’accessibilité rurale dénommé (PAAR). Cela à travers le ministère des Transports et des Infrastructures avec l’appui de la Banque mondiale. Le PAAR est à sa seconde phase d’intervention pour une durée de cinq ans (2017-2022). Période durant laquelle, il prévoit l’aménagement d’un total de 1.700 km de pistes rurales dans les Régions de Koulikoro et Sikasso. Cela en traitant par exemple des points critiques en vue de faciliter l’accès des populations aux marchés, aux services de santé, aux écoles et aux communes voisines. Ainsi, après l’aménagement des 445 km de pistes rurales de la phase I du projet, les travaux d’aménagement des 571,49 km de pistes de la phase II du Paar sont en cours dans les deux régions bénéficiaires du Projet. Dans la Région de Koulikoro, un linéaire total de 202 km de pistes rurales est en cours de réalisation dans les cercles de Banamba et Dioïla. Dans la circonscription de Banamba, trois pistes sont en construction. Il s’agit des pistes Kiban-Toukoroba-Tamani-Ségala-Nyamina sur une distance de 77 km, Sirakorola-Tougouni-Nyamina longue de 72 km et Sirakorola-Toubacoura pour un total de 28 km. Le Cercle de Dioïla compte une piste en aménagement : Fana-Nangola-Sorokoro-Bèlèko-Mèna, longue de 115 km Les cercles concernés par les travaux dans la Région de Sikasso sont Bougouni, Kadiolo, Kolondièba, et Yorosso. Ils concernent un total de 238 km repartis entre quatre circonscriptions. La seule piste en aménagement dans le Cercle de Bougouni est celle reliant Siobougou-Wola-Falani-Sanso/Bretelles : Wola-Dionkala sur une distance de 58 km. Le tronçon Loulouni-Nirouani-Ouattarasso-Kambo-Kadiolo, longue de 37 km, est en cours dans le Cercle de Kadiolo. Le Cercle de Kolondiéba bénéficie d’une piste en aménagement notamment l’axe Tiendaga-Fakola-Kotla-Sama-Dani-frontière RCI et bretelle Fakola-Soukourani-Togodaba-frontière RCI, longue de 116 km. Quant au Cercle de Yorosso, il compte également une piste en aménagement : Koury-Ngorola, longue de 27 km. Les travaux ont débuté en novembre 2019. La réception provisoire de la piste Fana-Nangola-Sorokoro-Bèlèko-Mèna dans la Région de Koulikoro a eu lieu au mois de juillet 2020. Cela en tenant compte des réserves formulées pour améliorer la qualité des travaux. Dans cette région, l’insécurité a impacté négativement le bon déroulement des travaux de certaines pistes de la phase II du Paar au niveau des cercles de Koulikoro et Banamba. Des dispositions sont en cours d’être prises pour la reprise et la finalisation des travaux d’aménagement des pistes concernées. Les travaux, dans la Région de Sikasso ont également débuté en novembre 2019. La réception provisoire des différentes pistes a lieu en juillet 2020 sous réserves. Les tâches du pont de Ziguéna sont presque terminées. La finalisation de la piste Koutiala-Konséguéla-Konina, activité de la phase I du PAAR, est en cours. Le lancement du Dossier d’appel d’offres (DAO) des travaux des trois ponts de N’Tiobougou, Faniéna et Djoungoula (phase 1 du projet) est imminent. L’aménagement de 50 km de pistes rurales de Konna avait été sollicité par les autorités dans le cadre du G5 Sahel. Les travaux avaient démarré avant de connaître des difficultés liées à l’inondation de la zone. Des dispositions sont prises pour le redémarrage des travaux après l’hivernage vu que la zone est inondée. Dans le cadre des travaux d’urgence initiés par le gouvernement dans les Régions de Mopti et du Nord du Mali, le Paar a été chargé de la réalisation de certaines infrastructures en dehors de sa zone habituelle d’intervention (Koulikoro et Sikasso). Il s’agit de la réalisation des travaux d’urgence de 16 km de digues à Ténenkou et Macina où la remise de site est effective. Les travaux préliminaires sont en cours. Les études pour la réalisation de la gare routière à Bankass sont presque finalisées. Le projet réalise également des infrastructures connexes ou socioéconomiques au bénéfice de chaque village riverain des pistes aménagées. Chaque bourgade bénéficie ainsi d’une infrastructure communautaire prioritaire en matière de développement local. à cet effet, un linéaire de 202 km de pistes rurales est en aménagement dans la Région de Koulikoro. Les installations connexes en cours d’études au niveau de la région sont au nombre de 39, dont six blocs de trois salles, soit 18 salles de classe équipées, 17 points d’eau, sept réhabilitations d’infrastructures de santé, huit périmètres maraîchers et un magasin de stockage. à Sikasso, 265 km de pistes rurales sont en cours d’aménagement. Les aménagements connexes de la phase II qui sont au stade des études techniques, sont au nombre de 43 et se composent de 15 blocs de trois salles de classes soit 45 salles de classes équipées, dix points d’eau, dix réhabilitations d’infrastructures de santé, cinq clôtures d’école, deux clôtures de Centres de santé communautaire (CSCOM) et un magasin de stockage. Pendant que les travaux de la phase II sont en cours de réalisation, les activités liées aux phases III et IV qui ont été combinées, sont également en cours. Les pistes à aménager ont été déjà choisies par les collectivités territoriales des deux régions avec un linéaire de 683 km. Les aménagements connexes prioritaires des 107 villages riverains des pistes à aménager, ont été également choisis par les populations bénéficiaires.
Aviculture à domicile : Une filière en pleine expansion
Par Makan SISSOKO Bamako, 26 Nov (AMAP) L’aviculture, une activité qui requiert une attention accrue de la part du promoteur, semble avoir, aujourd’hui, le vent poupe au Mali. Le secteur est en pleine expansion depuis quelques années. Devenu un refuge pour de nombreux diplômés sans emplois, elle offre de réelles opportunités d’affaires. Beaucoup de ceux qui s’y adonnent,, notamment à Bamako, s’activent dans l’aviculture domestique. Certains aménagent, à cet effet, un coin de la maison familiale. D’autres, exploitent, faute d’espace, les toits des habitats, où ils fabriquent des enclos recouverts entièrement de tôles. C’est le cas de Chiaka Dembélé. Diplômé de la Faculté des sciences juridiques et politiques de Bamako, il vit avec sa femme et ses enfants chez ses parents à Kalaban-coura, en commune V du district de Bamako. L’élevage de poussins est, depuis deux ans, au cœur des activités de ce jeune diplômé sans emploi pour pouvoir joindre les deux bouts. Sur son toit, Chiaka Dembélé a aménagé un espace. Il y élève des poussins qu’il revend au bout de 40 jours. Cette activité est, certes, laborieuse mais elle nourrit son homme. Il doit veiller sur la qualité de l’alimentation et de l’habitat des sujets en terme de confort et d’assainissement. Toute négligence peut lui coûter cher. «C’est un travail qui demande de la constance et du courage en permanence pour espérer obtenir de bons résultats», dit le volailleur. « Les poulets de chair, dit-il, subissent un long processus de formation qui dure près de deux mois. Au cours de laquelle, ils ont besoin de meilleures conditions d’hygiène, d’alimentation et d’un suivi médical approprié en termes de vaccination ». «Depuis que j’ai commencé cette activité, je n’ai pas d’autre vie ni d’autres occupations. Je consacre tout mon temps et toute mon énergie à leur entretien. C’est un travail pénible qui demande un suivi régulier. Les poulets de chair mangent et boivent toute la journée : matin et soir. Un instant d’oubli peut-être souvent fatal», relate-t-il. Ils sont importés de pays voisins, notamment du Sénégal et d’Europe, tels que l’Angleterre et l’Espagne. Pour s’adapter aux conditions climatiques du Mali, il leur faut de l’éclairage en permanence et du chauffage pour pouvoir survivre, ajoute l’aviculteur. REVENU APPRECIABLE – Une somme d’expériences qu’il a acquise après avoir trébuché. «Au début, je prenais 100 à 140 poussins. Sur ce nombre, seulement 60 à 70 arrivaient à terme. Je commence à m’adapter. Actuellement, je suis à 400 poussins qui sont presque arrivés à maturité. Pour leur alimentation, j’achète cinq à six sacs de concentré, en raison de 35.000 Fcfa par unité. Pour le moment, je n’ai pas enregistré de perte», s’est réjoui le jeune diplômé. Evoquant son chiffre d’affaires, Chiaka Dembélé indique qu’il peut avoir, après les dépenses, un revenu variant entre 150.000 à 175.000 Fcfa après chaque vente, en raison de 2.000 Fcfa par poulet. «Je vends la majorité de mes poulets aux hôteliers. L’élevage de poussins coûte énormément cher, mais je parviens à couvrir mes dépenses familiales et à subvenir à mes besoins en attendant de trouver mieux, c’est-à-dire un emploi salarié correspondant à mon profil », a-t-il dit. Tout comme lui, Soumaïla Traoré est aviculteur. Ce jeune homme âgé de 32 ans, en chômage technique depuis près d’un an, s’y est lancé pour subvenir à ses besoins. «L’aviculture locale est mon loisir préféré depuis l’adolescence. Je l’exerce actuellement pour gagner un peu d’argent, en entendant la reprise de mon travail», répond Soumaïla. Dans sa cour à Garantiguibougou, il a construit un vaste enclos en étage où il garde des pigeons et des poulets. Debout au milieu de la basse-cour, dans sa main une calebasse remplie de céréales dont il jetait le contenu par terre pour inviter la volaille à sortir. En un laps de temps, il se retrouve entouré de volaille. «J’ai acheté 200 poussins de chair dans l’espoir de les revendre à l’occasion de la fête de fin d’année pour pouvoir faire un peu de profit. J’ai déjà eu des commandes pour la fête du 31 décembre. Cette fois-ci, si les affaires marchent pour moi, j’espère rester dans le secteur avicole», lance Traoré. Qui dit se faire aider par son jeune frère de 15 ans pour l’entretien de ses oiseaux. « Car, soutient-il, l’aviculture locale est une activité prenante, donc difficile à concilier avec d’autres métiers ». «Les poulets de chair sont fragiles à la différence des locaux. Leur avantage est qu’ils ont une croissance rapide qui permet de les écouler assez vite», précise notre interlocuteur. À l’approche de la Saint-Sylvestre, communément appeler « fête des poulets », Abdoulaye Guindo, un jeune étudiant, s’active. A Kalaban coura ACI où il habite, il a été initié à l’aviculture par son frère ainé. Ce dernier élevait des poussins en famille et réalisait énormément de profit. En se lançant, Abdoulaye Guindo s’est servi des équipements, notamment le poulailler de son aîné. «Je viens de démarrer les activés avec seulement 100 poussins, à raison de 600 Fcfa l’unité, plus un sac d’aliment qui coûte 35.000 Fcfa. En fin de compte, si tout marche bien, je pourrais avoir un bénéfice allant de 75.000 à 80.000 Fcfa», pronostique Guindo. Qui compare l’aviculture à un jeu de loterie : entre chance et malchance, on peut ne pas obtenir le résultat escompté. « Cela, compte tenu de la fragilité des poussins de chair », soutient-il. CONSEILS ET ASTUCES – « Des difficultés surmontables », estime Fousseiny Bougoudogo, agent commercial au sein d’un groupe spécialisé dans la distribution de poussins et la vente de produits et matériels avicoles. Cette société travaille avec plusieurs couvoirs à l’intérieur comme l’extérieur du Mali, notamment les incubateurs locaux et ceux du Sénégal spécialisés dans la production, l’amélioration et la vente de produits avicoles au Sénégal et dans la sous-région. Ce spécialiste prodigue des conseils et quelques astuces pour réussir dans cette activité. Selon lui, les aviculteurs doivent tenir compte des difficultés liées à l’importation des poussins : le trajet Dakar Bamako est pénible pour les poussins, surtout en période de forte chaleur. En la matière, les poussins importés sont généralement, transportés par avion ou
Sites de déplacés à Bamako : La scolarisation des enfants à tout prix
Par Aminata Dindi SISSOKO Bamako, 24 Nov (AMAP) Début novembre. Route du camp de déplacés de Senou-Lafiabougou. Nous sommes obligés, à plusieurs reprises, de demander notre chemin. Après trois arrêts, le chauffeur, les nerfs en pelote, suit les indications, en slalomant entre les nids de poule. Au loin, on aperçoit des tentes de fortune. A quelques encablures du camp, nous croisons une fillette d’environ 8 ans, un fagot de bois sur la tête, qui se dirige vers des abris faits de bric et de broc. Curieuse, elle s’approche du véhicule. Il est 10 heures, ce lundi, jour d’école. Elle explique qu’elle était allée chercher du bois pour sa mère. Pourtant, elle est à l’école « C’est après cette tâche que je vais en classe », explique la petite Malado Boly. En suivant ses indications, nous nous dirigeons vers un hangar qui sert de lieu d’encadrement des enfants sur ce site. La porte n’a pas de battants, les fenêtres non plus. A l’intérieur, une soixantaine d’enfants nous accueillent, en saluant en chœur. En français. Dans la classe, en tout, huit tables bancs pour un effectif d’environ 80 élèves. Une grande natte est étalée à même le sol sur laquelle certains élèves sont assis. Certains ont des ardoises, d’autres n’en ont pas. C’est dans ces conditions que la maitresse essaie, tant bien que mal, d’apprendre à écrire et à lire aux enfants de déplacés. « J’ai été détachée par le Centre d’animation pédagogique (CAP) de Sénou pour suivre ces enfants. malheureusement, c’est dans ces conditions que j’enseigne, comme vous pouvez le constater ». « Nous sommes sous un hangar. Les rayons de soleil entrent dans la classe. Avec le froid qui s’installe, ce ne sera pas facile pour les enfants avec des fenêtres dépourvues de battants. Nous n’avons pas assez de tables-blancs. Le matériel didactique, n’en parlons pas. Les élèves réclament des ardoises, de la craie, des cahiers. Moi-même, je n’en ai pas », témoigne Assoumatou Coulibaly. L’enseignante explique qu’elle dispense le programme de la 1ère année. « J’ai 80 enfants inscrits. Les cours se déroulent de 8h à 12h et de 15h à 17h. Au début, ce n’était pas facile. Je parle le Bambara et le Français, les élèves parlent le Peulh. Après cinq à six mois ensemble, ça commence à aller », souligne notre interlocutrice. « Ce camp de déplacés accueille plus de 350 enfants », dit Kola Cissé, président de l’Association Pinal (l’éveil en fulfuldé). Ceux qui sont inscrits au cours d’alphabétisation sont constitués en deux groupes. Le premier compte 80 enfants de 5 à 7 ans. « Grâce à l’aide de la direction du développement social, nous sommes parvenus à avoir du CAP de Sénou une institutrice payée par le gouvernement. Nous avons fait établir des actes de naissance pour les enfants pour qu’ils puissent être considérés comme des enfants scolarisés », explique Kola Cissé. « Il y a un deuxième groupe de 35 enfants qui sont dans une classe spéciale. Il s’agit de ceux qui ont dépassé l’âge de la scolarisation. Ils ont entre 8 et 16 ans », explique-t-il. L’Etat ne prend pas en charge le salaire des enseignants de ce deuxième groupe. « C’est une association que j’ai mise en place avec l’aide de personnes de bonne volonté qui s’occupe de ce volet. Nous avons deux enseignants que nous payons mensuellement. Un enseignant apprend aux enfants à lire et écrire en français. L’autre s’occupe de l’alphabétisation en fulfulde », a encore dit M. Cissé. Il ajoute que ce n’est pas l’école formelle mais juste de la formation. « J’ai vu que les enfants trainaient dans la camp. J’ai eu l’idée de les occuper. C’est un bâtiment prévu pour être un poulailler qu’on a aménagé », révèle-t-il. Au début, des nattes servaient de tables-bancs. Le CAP de Sénou a fourni une dizaine de tables-bancs. « On a essayé d’aménager le bâtiment en deux salles de classes et une bibliothèque. L’aménagement n’est pas encore fini. En attendant, les enfants ont commencé la formation », explique Kola Cissé qui invite l’Etat à prendre des dispositions pour la scolarisation de ces enfants. « Ce serait une façon de les sauver », estime-t-il. SOUS UN HANGAR – A la différence du site de Sénou, les camps de Niamana, Faladiè Garbal et de l’ex-Centre Mabilé bénéficient de l’accompagnement du Conseil appui pour l’éducation à la base (CAEB), une ONG nationale, grâce à un financement de l’ONG internationale Oxfam. Kadiatou Anne Malet, agent de développement, indique que le projet des personnes déplacées a débuté en juillet 2019. “Nous travaillons dans le cadre de l’éducation des enfants déplacés internes de 7 à 12 ans en leur donnant des cours de rattrapage sur les différents sites de Faladié, Niamana et Sogoniko. Cette formation permettra de les transférer, immédiatement, dans des écoles primaires publiques », explique-t-elle. “Nous sommes en collaboration avec les CAP, le service social, et beaucoup d’autres acteurs du secteur éducatif”, révèle Mme Kadiatou Anne Malet qui ajoute que la formation professionnelle des jeunes de 13 à 18 vient de débuter. Courant novembre, un jeudi. Nous sommes sur le site de Faladié Garbal qui accueillent de nombreux déplacés. Sous un hangar, un enseignant apprend à lire à une cinquantaine d’élèves. Aliou Alassane, c’est son nom, explique que c’est l’ONG CAEB qui finance cet apprentissage. « Ça concerne plus de 100 enfants. Ceux qui étaient scolarisés et ceux qui ont atteint l’âge. L’âge limite est fixé à 12 ans », précise-t-il tout en déplorant l’absentéisme de certains enfants. « Au début, on avait plus de 100 enfants. Certains ne viennent pas à cause de la faim », témoigne-t-il, ajoutant qu’il est, souvent, contraint d’arrêter les cours quand les enfants se plaignent de la faim. Certains enfants, qui n’ont pas eu la chance d’intégrer le programme de l’ONG CAEB, se font assister par un autre enseignant. Dans une cour, sous un hangar, des enfants sont entassés sur une natte pour suivre les enseignements. « Comme vous le constatez, nous n’avons pas de tables bancs. C’est difficile pour l’écriture. On n’a pas de matériels scolaires. J’essaie d’acheter certains outils, moi-même », confie le maître Tiénou Francis. Sur le site de Niamana, derrière
Pèlerinage catholique de Kita : Un grand moment de communion
Par Amadou SOW Envoyé spécial Kita, 23 Nov (AMAP) Des milliers de fidèles chrétiens ont convergé vers Kita, du 21 et 22 novembre, pour effectuer le 49è pèlerinage national de l’église catholique sur le thème : «Avec Marie, tous débout pour un Mali réconcilié», à la faveur de la veillée sur la Colline mariale, après une procession sur environ 3 km. Ce jubilé a été célébré dans un esprit de communion et de paix. Le pèlerinage est reconnu comme la manifestation de la foi du fidèle. La manifestation cultuelle a été merveilleusement animée par le diocèse de Sikasso, à travers un intense ballet et une chorégraphie bien diversifiée. A travers ces disciplines artistiques, le diocèse de Sikasso a décortiqué la thématique sur la recherche de la paix et du vivre ensemble. Dans sa prestation, les problèmes auxquels fait face notre société ont été dépeints par les jeunes. Il s’agit de la crise sécuritaire et ses conséquences, de la déperdition de l’éducation culturelle, de l’incivisme, du libertinage, de la mauvaise gouvernance et de la corruption. Les autres maux décriés ont trait au gain facile, à l’injustice, à l’instrumentalisation des religions à des fins personnelles, aux trahisons, assassinats politiques mais aussi à l’incivisme, au corporatisme et la crainte. Le pèlerinage chrétien de cette année s’est voulu un appel à la réconciliation nationale mais surtout une invite aux autorités à travailler à cela. Les cérémonies officielles ont enregistré la présence du ministre des Affaires religieuses et du Culte, Dr Mahamadou Koné, de sa collègue en charge de l’Environnement, Mme Bernadette Keita et d’éminentes personnalités de l’église catholique, notamment l’archevêque de Bamako, le cardinal Jean Zerbo. Etaient aussi présents des membres apostoliques et des diocèses, des pères, évêques, sœurs, des représentants d’autres confessions religieuses et le préfet de la localité. Le 49è pèlerinage a donné l’occasion à des milliers de pèlerins de se recueillir devant la statuette de la Vierge Marie, de se donner la main mais aussi de se repentir. Il s’agissait, aussi, d’implorer le pardon du Seigneur et de faire des vœux. Le pèlerinage de Kita offre traditionnellement l’opportunité aux Kitois de partager des moments d’intense communion avec leurs coreligionnaires, parents, amis et collègues. PARTICULARITE – En cette période de Covid-19, les habitudes religieuses ont été bouleversées lors du pèlerinage de cette année. Ce qui justifie la réduction du nombre des pèlerins, même avec les mesures de prévention. L’accès de l’église était conditionné au port du masque, cette instruction a été respectée à la lettre par tous les pèlerins, y compris les éléments des forces de sécurité. Le rituel est composé de deux grandes étapes : la veillée sur la Colline mariale et la Messe du dimanche à l’église. La veillée a commencé par une procession, partie de la grande église de Kita vers la Colline mariale. Des milliers de fidèles, des bougies à la main, ont prié et convergé vers la statue de la Sainte vierge, située à environ 3 kilomètres du centre-ville de Kita. Après le développement de la thématique par les jeunes qui ont posé un regard critique sur l’éducation, la santé, la mauvaise gouvernance, Mgr Jean Baptiste Tiama, évêque de Mopti et administrateur apostolique de Sikasso a dirigé la Messe de minuit. La dernière partie de la veillée a été consacrée à la messe nocturne. Le diocèse de Sikasso a souligné la pertinence et l’actualité brûlante de la thématique proposée avant de faire des prières et formuler des bénédictions pour un «Mali réconcilié dans la paix». L’homme d’église à expliqué que «c’est à travers la foi, le seigneur et la Vierge Marie que nous arriverons à construire un Mali juste et prospère». Il a lancé un appel à la reconstruction des familles mais, aussi, à faire des prières pour le Mali et tous ses fils. La 2ème journée du pèlerinage a été marquée par la célébration de la messe à l’église de Kita, dirigée par Mgr Jean Baptiste Tiama et Mgr Jonas Dembélé, évêque de Kayes. L’église était archicomble. Des écrans géants étaient installés pour ceux qui n’avaient pas accès au nef (partie où se tiennent les fidèles). C’était un moment d’intense émotion et de communion avec des messages du Seigneur. «Jésus a donné des messages pour veiller sur nous. Faites de vos familles des exemples de pardon, priez chaque jour pour le Mali», a conseillé Mgr Tiama, avant d’offrir au ministre en charge des Affaires religieuses la photo de sœur Gloria, enlevée depuis le 7 février 2017 à Karangasso, dans le Sud du Mali. Le ministre des Affaires religieuses et du Culte a exprimé sa satisfaction. «Je suis très touché par l’enlèvement de la sœur et le message sera transmis aux plus hautes autorités». Il a assuré que l’Etat travaillera à la libération de la religieuse. Le ministre a, aussi, transmis le message des autorités de la Transition politique et leur engagement en faveur de la paix, de la cohésion et de la laïcité. Pour lui, toutes les religions œuvrent pour la paix et la convivialité. «Les sujets évoqués lors des prestations sont pleins d’enseignements et sont explicites sur les maux de notre société. Ils proposent, également, des pistes de solutions pour la restauration de la paix, la cohésion sociale, la solidarité, la justice, la droiture, la foi en Dieu, le patriotisme et la discipline», a dit Dr Koné. Le président du Comité d’organisation, Christophe Coulibaly, a salué l’accompagnement des autorités de la Transition et l’implication personnelle du ministre en charge des Affaires religieuses, mais aussi des généreux donateurs qui ont contribué à la réussite de l’événement qui a pris fin par une prière. Plus de 150 jeunes ont rallié Kita à pied, en provenance de Bamako. Après avoir avalé près de 175 km en 3 jours (entre lundi et jeudi), ils ont été accueillis à l’école de la Mission par les autorités religieuses, administratives et politiques de la ville. Au-delà de son caractère spirituel, le pèlerinage offre à la population locale des opportunités pour la promotion économique de la circonscription. Restaurants, hôtels voire des familles réalisent de bonnes
Covid-19 : L’exigence de maintenir la garde haute
Par Fatoumata NAPHO Bamako, 23 Nov (AMAP) Le Mali a enregistré une augmentation des cas confirmés de coronavirus, dans la semaine du 16 au 21 novembre, avec 306 cas de Covid-19. Une situation grosse d’inquiétudes, au moment où les pays les plus atteints, notamment ceux du Nord, font face, avec beaucoup de difficultés, à une deuxième vague de contaminations. Le directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP) et coordinateur national de la lutte contre la Covid-19, Pr Akory Ag Iknane, estime qu’il est trop tôt pour parler d’une reprise de l’épidémie. Mais, il se veut clair sur la situation assez compliquée qui nécessite un renforcement des mesures barrières mais, aussi, des dispositions administratives et législatives fortes. Il juge utile de renforcer, également, la communication et d’imposer le respect du règlement sanitaire international. Le Pr Akory estime que cette augmentation des cas se justifie par l’ouverture de nos frontières terrestres et aériennes. «Nous avons eu beaucoup de cas importés surtout dans les mines », a relevé le coordinateur national de la lutte contre la pandémie, avant de dire que le seul site de Fékola a enregistré 213 cas, soit 4,5% de l’ensemble des cas enregistrés au Mali. « A cela, dit-il, s’ajoutent les cas communautaires liés aux grands regroupements ». Il a, aussi, expliqué qu’au Mali, la pandémie a évolué en 4 phases. Autrement dit, il y a eu une phase d’ascension, une phase de baisse de la courbe, une phase en plateau et une phase de remontée. La première a duré 12 semaines jusqu’à un pic qu’on a atteint à partir de la mi-juin. Ensuite, on a enregistré une baisse de la courbe pendant 8 semaines. La troisième phase en plateau, avec 8 cas par jour, a duré 12 semaines. Et la 38è semaine qui représente la 4è phase est celle d’une remontée de la courbe que nous vivons actuellement. Il pense que nous pouvons pallier cela, si nous respectons les mesures barrières avec une forte mobilisation sociale et avec l’implication des médias. Le Pr Akory a révélé que c’est encore trop tôt de dire que nous assistons à une nouvelle vague de contamination ou à une reprise de l’épidémie, Selon lui, il faut d’abord observer. Il a soutenu qu’au cours de cette phase, nous avons enregistré le nombre de cas le plus élevé (76) jamais enregistré au Mali parce que même au moment du pic, le pays a enregistré 71 cas. «Nous pouvons casser rapidement cette courbe, si nous contrôlons les entrées dans le pays, c’est-à-dire en faisant respecter le règlement sanitaire international qui impose que tout passager qui entre ou sorte, soit muni d’un certificat Covid-19 négatif», explique le directeur général de l’INSP. Il appréhende le cas des miniers qui ne passent pas par l’aéroport international Président Modibo Keita-Sénou. Il pointe, aussi, du doigt les insuffisances dans le contrôle au niveau des frontières terrestres. Il préconise les tests rapides au contraire des tests PCR qui sont actuellement utilisés pour surveiller la maladie. Et de confirmer que le Mali vient juste de recevoir un lot de ces tests et que, bientôt, une stratégie sera définie pour leur utilisation. Pour lui, il clair qu’il faut tester un maximum de gens dans le district de Bamako pour apprécier la circulation du virus au sein de la population parce qu’il estime que la capitale, plus particulièrement les communes VI, V et VI sont les plus touchées. Une situation qui se justifie par les grands regroupements dans ces circonscriptions. Pour lui, il faut encore s’attendre à une augmentation des cas liés aux grands regroupements comme lors des funérailles de l’ancien président Amadou Toumani Touré, même avec les mesures prises. Après Bamako, la Région de Kayes reste la plus touchée par la pandémie, selon le coordinateur national de la lutte contre la Covid-19. Pour lui, à défaut de sanctionner ceux qui ne respectent pas les gestes barrières, il faut sensibiliser et informer la population, surtout les jeunes qui se trouvent dans le déni et qui peuvent développer la maladie sans laisser apparaître des symptômes. Concernant les vaccins contre le coronavirus, le coordinateur a confié que sa cellule a reçu une correspondance de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), lui demandant si le Mali est prêt à le recevoir. «Nous sommes dans cette dynamique et nous allons remplir les conditionnalités», a-t-il indiqué. Pour lui, quelle que soit l’efficacité de ce vaccin, il est important, sur le plan international, que le Mali soit dans la liste de ceux qui pourront en disposer parce qu’il a un taux de guérison de 80% et un taux de létalité de 3,4%. FN/MD (AMAP)

