Mali: Sur les notes du balafon minianka à Bla (Centre)
Par Moussa OUERE Bla, 15 mars (AMAP) Le balafon des communautés Minianka (Minianka bala) a son icône dans la Commune de Somasso, à 25 km de Bla, dans le Centre du Mali. Il s’agit de Zagan Dao dit Zampèrè, grand balafoniste traditionnel de la Région de Ségou, après feu Dougakoro Diarra de Sinèni. Natif de Somasso, Zampèrè, un quinquagénaire marié à deux femmes et père de neuf enfants, a hérité le balafon de son défunt père. « J’ai appris le balafon avec mon père, aujourd’hui décédé. Je suis devenu le roi du balafon traditionnel dans la Région de Ségou, après le décès de mon grand frère. J’ai plus de trente ans de carrière comme balafoniste », dit fièrement Zampèrè, Zagan Dao nous révèle que son surnom ‘Zampèrè’ que lui a été donné sa grand-mère a supplanté son vrai nom de Seydou après qu’il a été converti à l’islam. « J’étais très petit et très mince, c’est pour cela que ma grand-mère m’appelait Zampèrè, en Minianka. Certains m’appellent Zampèrè, d’autres Seydou », dit-il. « Depuis mes dix ans, j’imitais mes parents à jouer le balafon. Quand les autres travaillaient sur le balafon, moi, j’utilisais de vieilles jantes de vélos que j’alignais sur mes pieds pour reproduire des rythmes du balafon », se souvient Zampèrè. Le balafon, également appelé bala ou balani est un instrument de percussion idiophone mélodique que l’on retrouve dans plusieurs régions de l’Afrique. L’instrument produit seize à vingt-sept notes à travers des lames de bois que l’on percute avec des baguettes et dont le son est amplifié par des calebasses disposées en dessous. C’est une sorte de xylophone, pentatonique ou heptatonique. On retrouve le balafon dans beaucoup de pays d’Afrique tels que le Mali, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et la Guinée. Au Mali, il y a différents sortes de balafon : le balafon des communautés Miniankas, Sénoufos, Bobos et Malinkés. En milieu Minianka, le balafon est présenté comme l’instrument de musique le plus « diabolique ». N’importe qui ne peut devenir un grand et populaire balafoniste, sans avoir certains pouvoirs occultes. Le balafon contribue beaucoup à la consolidation de la cohésion sociale et à l’intégration des communautés dans les Régions de Ségou, San (Centre) et Sikasso (Sud). C’est un instrument qui rassemble du monde dans toutes ces régions. « Je suis cultivateur, mais tous mes revenus et biens, aujourd’hui, proviennent du balafon », dit-il avant d’ajouter qu’au village, on ne peut s’adonner uniquement à un seul métier ou travail. « On est obligé de suivre les ancêtres dans la culture de la terre, sinon le balafon est mon activité principale », poursuit le musicien qui estime que cet instrument de musique peut nourrir son homme. « Mais, prévenir vaut mieux que guérir », conseille-t-il. « Je joue avec un balafon de dix-neuf lames de bois percutées avec des baguettes qui produit plus de vingt-sept notes. Ce balafon des communautés Minianka est notre histoire, notre identité culturelle c’est pour cela que je tiens à garder toujours la même gamme traditionnelle Minianka. » « J’achetais le balafon avec les fabricants, comme mes prédécesseurs l’ont fait (mes grand-père, père et grand frère). Mais, après avoir accumulé une bonne expérience dans le domaine et mes recherches très approfondies, à travers le monde et auprès de personnes plus âgées, moi-même je fabrique le balafon, aujourd’hui », dit Zampèrè. En fait, il n’est pas donné à n’importe qui de fabriquer un balafon qui donne un bon son. « Il y a beaucoup de choses sécrètes pour y parvenir », dit l’artiste, plus énigmatique que jamais. Et d’ajouter : « Etre le roi du balafon, aussi, dans une localité n’est pas fortuit. Cependant, je suis toujours un apprenant, car on ne finit pas d’apprendre ». Zampèrè dirige une équipe de dix personnes composée de danseurs, chanteurs et balafonistes. « Auparavant, on se déplaçait sur des motos. Aujourd’hui, j’ai eu un véhicule 4×4, don d’une personne de bonne volonté. Mon fils ainé me suit, pas à pas, pour me dépasser, un jour…’, dit encore notre interlocuteur. Du début de sa carrière à nos jours, il a sillonné toutes les dix-sept communes du Cercle de Bla à maintes reprises. « Nous avons été appelés à jouer en dehors du Mali, en Côte d’Ivoire et dans beaucoup de localités au Mali, comme Bamako, Sikasso, Ségou, lors des fêtes nationales du 22 septembre à Bla,. « Nous nous produisons lors de cérémonies traditionnelles et aussi culturelles à l’image du Nampou de Diaramana, Bèlèni de Somasso, de festivals comme le Festrako de Korodougou Nampasso, lors de cérémonies de mariage, baptême, etc.) ou encore des inaugurations, etc. MO/MD (AMAP)
Regain d’intérêt pour le maraîchage à Diéma, dans l’Ouest du Mali
Par Ouka BA Diéma 13 mars (AMAP) Depuis quelques années, les activités de maraîchage se développent dans le Cercle de Diéma. Cette activité de contre saison, contribue aujourd’hui, à l’autosuffisance alimentaire dans cette bande sahélienne où la réussite de la campagne est tributaire des aléas climatiques. Le maraîchage est surtout pratiqué par des femmes et des jeunes. Dès que les pluies s’arrêtent, à partir du mois d’octobre, ils s’adonnent, à cœur joie, au maraîchage. De grands périmètres, les alentours des habitations, jusqu’aux recoins des maisons, sont aménagés pour la pratique du maraîchage dont les bénéfices touchent directement de nombreux foyers. Du fumier organique issue des parcs d’animaux est utilisé pour accroitre les rendements. Les puits, les forages, les mares servent de sources d’eau pour le maraîchage. L’activité permet à de nombreuses femmes de s’épanouir. Les légumes qu’elles récoltent, quotidiennement, leur permettent d’enrichir leurs rations alimentaires et, du coup, de prendre en charge une bonne partie des frais de condiments. Surtout, si l’on sait que dans certains milieux soninkés, c’est la femme qui « se débrouille », le plus souvent, pour avoir des ingrédients et faire sa cuisine. L’essentiel, pour le mari, c’est de puiser dans le grenier, chaque matin, la mesure de mil, de sel et de poudre de feuilles de baobab qu’il faut pour préparer le repas. Les plus généreux associent à ces produits, quelques cubes alimentaires pour relever la sauce. C’est une question de dignité, même s’il lui faut aller quémander, la femme prépare pour les membres de la famille dont certains ne manquent pas de mots pour l’apprécier ou la déprécier selon la qualité de ses mets. Mais, toutes les productions maraîchères des femmes n’entrent pas dans la marmite. Dès fois, elles en utilisent pour régler leurs petits besoins ou assurer l’entretien de leur progéniture. PLUVIOMETRIE FAVORABLE – Interrogé, le chef du secteur de l’Agriculture de Diéma, Aguibou Bah, explique que le cumul des pluies au cours de la campagne 2020 a été excédentaire. La quantité de pluie enregistrée au niveau du secteur de l’agriculture de la localité s’élève à 797, 5 mm en 49 jours, en 2020, contre 506,45 mm en 48 jours, en 2019. La campagne de contre saison 2020 a démarré avec un léger retard, à cause des récoltes. Le niveau des cours d’eau est bon dans l’ensemble. Les nappes phréatiques ont été bien alimentées, « compte tenu de la bonne pluviométrie avec une bonne répartition dans le temps et dans l’espace ». La situation phytosanitaire est relativement calme. Toutefois, des cas d’attaques de chenilles, pucerons, acariens ou araignées rouges, mouches blanches et autres nuisibles ont été constatées sur des légumes, des feuilles et des fruits. « Aucun dégât majeur n’est à déplorer pour le moment », assure le technicien. Grâce aux semences et équipements fournis à certains maraichers par des projets et programmes, les activités de production évoluent normalement. L’aspect végétatif des cultures est satisfaisant, que ce soit au niveau des périmètres collectifs ou individuels. Ainsi, cette année, la production de la pomme de terre, a connu une augmentation d’environ 20%, selon des chiffres provisoires. Sur une prévision de 120 tonnes, la production en cours a en atteint 125. Avant de conclure, comme il se plait à le dire, le chef du secteur de l’Agriculture, Aguibou Bah, a insisté sur la réalisation de points d’eau permanents, équipés d’un système d’irrigation adéquat en vue de donner un nouveau souffle au maraîchage dans le cercle de Diéma. « Des techniques innovantes doivent être à tout moment enseignées aux producteurs pour mieux renforcer leurs capacités », conseille-t-il. GROS PRODUCTEURS – Le président, fraîchement élu à la tête de la Délégation locale de la chambre d’agriculture (DLCA), Boubou Traoré, indique que la culture de la pomme de terre dans le Cercle de Diéma, est en pleine expansion. Le kilogramme de pomme de terre, vendu à 600 Fcfa, a été ramené à 400 Fcfa. Avant, la pomme de terre était importée de Sikasso (Sud) et de Kati (près de Bamako). Actuellement, le cercle de Diéma en produit une quantité importante. M. Traoré compte, en début de mandat, s’attaquer au problème crucial de l’eau pour faciliter les activités des producteurs maraîchers. La dotation des maraîchers en intrants, ainsi que le renforcement de leurs capacités, figurent dans les objectifs du nouveau président, qui tire lui-même du maraîchage des bénéfices. Massiga Diawara, maraîcher, réside à Lattakaf, dans la Commune rurale de Lakamané. Il est marié et père de dix-huit enfants. Il exerce cette activité depuis plusieurs décennies. Il exploite un périmètre de deux hectares et demi. Il est parvenu à acheter trois motopompes, dont une solaire, une à moteur diésel et une à l’essence, pour plus de trois millions de Francs Cfa afin de faciliter l’arrosage des ses parcelles par ses femmes et enfants. M. Diawara produit divers légumes, notamment l’aubergine, la tomate, la laitue, l’échalote, le chou, le gombo, la carotte, la pomme de terre. Il fait, également, de la riziculture et de l’arboriculture. Sa production en pomme de terre, cette année, avoisine les 30 tonnes. Il se rend dans les différentes foires hebdomadaires de Lakamané, Diéoura, Sansankidé, Diangounté Camara, etc. pour écouler ses fruits et ses légumes. Il vend le kilogramme de pomme de terre à 400 Fcfa. Il a besoin de quatre employés pour l’aider à entretenir son vaste périmètre mais, « le genre de manœuvres que je cherche, n’existe pas sur le marché… », se désole l’homme. Le président de l’Association des producteurs d’oignons, à Fangouné Kagoro, Tiéssama Fofana, a mis en terre le contenu de plusieurs caisses de pommes de terre importées de Sikasso (Sud). « Dès leur arrivée, les jours de foire de Diéma, les clients raflent les paniers de pomme de terre des femmes de notre village. La culture de la pomme de terre commence à se vulgariser dans le Cercle de Diéma », raconte l’homme. « Dans quelques années, on ne fera, certainement, plus recours à Sikasso ou Kati. Nos propres productions pourront nous nourrir. C’est un projet qui nous aide dans la culture de la pomme de terre », déclare-t-il. Après sa retraite, Mamadou Diallo, conseiller pédagogique, s’est consacré au maraîchage. Son verger, d’un hectare, est au Sud-Est de la ville, non loin du barrage. Un puits à grand diamètre doté d’une pompe
Hèrèmakono (Poste frontalier avec le Burkina Faso) : Dix jours après l’attaque terroriste
Par Ahmadou CISSÉ Envoyé spécial Sikasso, 11 mars (AMAP) Véhicules calcinés, bureaux brûlés, impacts de balles sur les murs, portes et fenêtres brisées, le décor est une scène de guerre. Hèrèmakono, situé à 35 km de la ville de Sikasso, a été violemment attaqué dans la nuit du 1er mars peu avant minuit. Les douaniers, les policiers, les gendarmes et la population sont traumatisés. Le coup porté à ce paisible village a été violent. Bilan : un mort, trois blessés et des dégâts matériels très importants (19 véhicules calcinés et des bâtiments des services publics mis à feu). Cet événement a traumatisé toute la population de la localité. Le directeur général des douanes, l’inspecteur général Mahamet Doucara, s’est rendu sur place, lundi dernier, pour apporter son soutien aux agents. C’est dans un champ de ruines que le directeur général des douanes s’est rendu pour «remonter le moral des agents des douanes». Selon un témoin encore sous le choc, c’est une attaque simultanée à trois points. Les assaillants seraient au moins 16 individus sur 8 motos. Ils ont été aperçus dans les environs depuis 18 heures du soir. L’alerte aurait été donnée aux forces de sécurité. Mais la réaction n’était pas proportionnelle à la nature du danger. Le premier groupe d’assaillants s’est positionné aux environs de 23 heures à une dizaine de mètres du poste de péage, à 30 km de Sikasso. Le deuxième groupe s’est dirigé vers le bureau des douanes tandis que le troisième et dernier groupe a fait mouvement vers le poste de police. «Les trois groupes étaient dans la localité quelques heures avant la série d’attaques», témoigne un habitant. Ils ont eu le temps d’étudier le mouvement des fonctionnaires de l’État avant de décider de la stratégie d’attaque. C’est le poste de péage qui a été le premier à subir les coups de feu. Les tireurs ont posé leurs armes lourdes dans la broussaille pendant que deux motos camouflées attendaient avec leurs conducteurs. Une centaine de douilles ont été ramassées au poste de tir. Les projectiles ont brisé les vitres et perforé les portes. Aucune perte en vie humaine. Simultanément, le bureau de la douane était attaqué. Les assaillants sont venus du Sud, derrière les installations de télécommunication. Vers minuit, pendant que dormaient les membres de la famille du gardien des installations, des coups de feu ont retenti. Le gardien s’est réveillé brusquement, s’est saisi de sa torche et s’est engagé dans la cour. La lumière de sa torche s’est posée sur un assaillant qui a, aussitôt, ouvert le feu dans sa direction. Il s’en est sorti mais pas son épouse réfugiée dans une pièce, tétanisée de peur. La pauvre dame a pris une balle et gisait dans une mare de sang. Elle a été secourue et prise en charge dans un centre de soin. Dans la cour, un chauffeur a été tué, criblé de balles. Même la mosquée n’a pas été épargnée par les tirs à l’arme lourde. Sacrilège de la part de ceux qui prétendent se battre pour l’islam ! Pendant que le bureau de la douane était en feu, les assaillants ont ouvert un nouveau front. Les postes de police et de gendarmerie sont arrosés de projectiles sans faire de victimes. La famille du chef de village a reçu la visite des terroristes. Situé en face de la police et à gauche de la gendarmerie, le domicile du chef de village présente encore les stigmates de l’assaut. Trois villageois sont touchés mais leur pronostic vital n’est heureusement pas engagé. Le directeur général des douanes n’a pas fait économie de son temps pour inspecter les dégâts. Tous les dégâts. Non seulement sur le site de la douane mais aussi à la police, à la gendarmerie et au service phytosanitaire. Partout, l’inspecteur général Doucara a insisté sur la vigilance et surtout le renseignement. «Mettez la garde haute !», a instruit le directeur général des douanes qui était porteur d’un message du président de la Transition, du Premier ministre et du ministre de l’Économie et des Finances qui compatissent à la douleur des agents et de toute la population de Hèrèmakono. L’inspecteur général des douanes a encouragé et félicité les agents pour leur courage et leur dévouement à accomplir leurs missions malgré les peurs et les inquiétudes. L’insécurité est une réalité, mais il faut faire avec cette nouvelle donne car la survie de notre pays en dépend. «Je suis très fier de vous. Vous avez toutes mes félicitations et mes encouragements», a dit le patron des douaniers, avant de s’engager à tout mettre en œuvre pour protéger les agents partout où ils sont appelés à servir. Avant de quitter la frontière, l’inspecteur général Mahamet Doucara a rencontré le personnel douanier et les commissionnaires en douanes agréés pour passer au peigne fin l’ensemble de leurs préoccupations.
Un nouveau Code minier pour booster le secteur au Mali
Par Babba B. COULIBALY Bamako, 10 mars (AMAP) La nouvelle législation de 2019 remplace celui de 2012. Promulgué en novembre 2020, son adoption met ainsi fin à la coexistence de plusieurs textes régissant le domaine minier au Mali. La nouvelle législation définit les conditions de détention, de recherche et d’exploitation des ressources minières au Mali. Elle précise, également, les relations entre l’activité minière et les administrations impliquées dans la gestion minière (ministères des Finances, de l’Environnement, de la Santé, de la Sécurité, en collaboration avec celui chargé des Mines). Elle apporte des innovations majeures dont l’application rigoureuse devrait permettre une meilleure gestion des revenus engendrés par le secteur. L’or contribuant à près de 10% au Produit intérieur brut (PIB), 20% au budget national et 70% des produits d’exportation du Mali. Au total, 19 innovations ont été adoptées pour corriger les lacunes constatées, renforcer l’attractivité du pays et booster l’économie nationale et locale. Ces nouvelles directives permettront «une amélioration de la gestion des revenus de la mine, l’augmentation des revenus de l’Etat (certaines exonérations sont limitées), des populations, de donner une part importante aux fournisseurs maliens. En un mot, « faire en sorte que l’or brille pour tous les Maliens», développe le chef de cabinet du ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Alexis Dembélé. Au cours d’un entretien dans son bureau, celui qui est, aujourd’hui, considéré comme l’un des plus grands spécialistes des questions minières au Mali précise que ces innovations se rapportent à la réduction de la durée de la période de stabilité qui passe de trente à vingt ans. « Il s’agit là, explique l’expert en géologie, de la période pendant laquelle les dispositions fiscales sont stables ». Donc impossible, selon lui, de les changer même si une nouvelle loi fiscale venait à être adoptée. « Le nouveau Code redéfinit le nombre de titres miniers par la suppression de l’autorisation de prospection, la clarification des concepts de sous-traitants, prestataires, sociétés affiliées, fournisseurs, en passant par l’extension des obligations de protection de l’environnement à la phase de recherche et le réaménagement des groupes de substances minérales afin de promouvoir la diversification », détaille Lamine Alexis Dembélé. Selon lui, la nouvelle législation clarifie, également, le domaine de l’exploitation artisanale mécanisée, à petite échelle, la suppression de l’autorisation d’exploitation par dragage, l’interdiction du dragage et toute autre forme d’exploitation dans les lits des cours d’eau. 20% DES REVENUS – La nouvelle charte minière innove avec l’introduction de la possibilité d’attribution des titres miniers par appel d’offres. « Elle précise, aussi, les dispositions concernant les obligations sociétales des entreprises minières par la création d’un Fonds minier de développement local alimenté à hauteur de 20% des revenus tirés des mines et 0,5% du chiffre d’affaires des sociétés minières », indique le chef de cabinet. Il ajoute que le nouveau texte introduit, également, de nouvelles dispositions régissant l’approvisionnement local, l’emploi et la sous-traitance. L’exonération de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pendant la phase de production (souvent à l’origine d’incompréhensions entre les parties), est supprimée, tout comme les avantages douaniers et fiscaux liés aux investissements portant sur les infrastructures et installations d’hébergement, de restauration, d’éducation, de santé et de loisirs. Autres nouveautés apportées au secteur minier national, le paiement des droits de douanes au taux de 5% et de la taxe intérieure sur les produits pétroliers à partir du démarrage de la production et la suppression de l’exonération sur les machines, les équipements, les outillages, les pièces de rechange et les matériaux à partir du démarrage de la production, ajoute le géologue senior. Il précise que le nouveau Code prévoit, également, la création d’un Fonds de réhabilitation, de sécurisation des sites miniers artisanaux et de lutte contre l’usage des produits chimiques prohibés. Il introduit, aussi, un nouveau dispositif relatif à l’arbitrage des différends. En matière de gouvernance et redevabilité, le nouveau Code fait une part belle aux principes de transparence, tels que l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) et le Processus de Kimberley (PK). Il innove avec l’introduction d’une disposition relative à la mise en place d’un compte séquestre pour garantir l’après-mine. Les modalités de taxation des plus-values de cession ou de transmission réalisées directement ou indirectement, et de surproduction y sont, également. définies. L’article 19 du nouveau Code minier stipule que l’activité minière sur les substances soumises au régime des mines, est autorisée en vertu d’un titre minier délivré conformément aux dispositions du présent Code. à cet effet, les titres miniers prévus par le présent Code sont : l’autorisation d’exploration, le permis d’exploitation artisanale, ceux d’exploitation semi-mécanisée et de recherche et le permis d’exploitation de petite mine et de grande mine. S’agissant des infractions, l’article 194 précise que sont punis d’un emprisonnement allant de onze jours à deux ans et d’une amende d’un à cinq millions de Fcfa ou de l’une de ces deux peines seulement, les auteurs de fausses déclarations pour obtenir un titre minier. Ceux qui s’opposent, de quelque manière que ce soit, à l’occupation d’un périmètre minier par le titulaire du titre minier sont assujettis aux mêmes sanctions. Il vise, également, les titulaires miniers qui effectuent l’analyse des échantillons en dehors du Mali sans l’autorisation préalable de la direction générale des mines et ceux qui acceptent de faire travailler les enfants sur leur chantier. L’article 195 indique que sont punis d’un emprisonnement d’un mois à trois ans et d’une amende d’un à cinq millions de Fcfa ou de l’une de ces deux peines seulement, ceux qui se livrent à des travaux de recherche ou d’exploitation de substances minérales soumises au régime des mines sans détenir de titre approprié. Sont punis des mêmes peines ceux qui, au sens des dispositions du Code pénal, apportent aide et assistance aux prospecteurs et aux exploitants clandestins ou qui ne déclarent pas l’arrêt définitif des travaux relatifs à la réhabilitation du site. BBC (AMAP)
Musée de Sikasso : L’antre de la culture senoufo
Mariam F. DIABATÉ Sikasso, 9 mars (AMAP) Aider à la sauvegarde et à la promotion de la culture sénoufo, aider le monde sénoufo à s’ouvrir à d’autres perspectives socioculturelles susceptibles de contribuer à son rayonnement, œuvrer à la rencontre et au dialogue avec les différentes expressions confessionnelles et culturelles tels sont, entre autres, les objectifs primordiaux du Centre culturel sénoufo de Sikasso. Le Centre dispose de près de 1.200 objets répartis entre ses deux salles d’exposition et ses deux salles de stockage. Parmi les collections du Centre, on peut noter des statues et statuettes en bois, bronze et en terre cuite qui sont parfois sacrées et dont l’usage est réservé aux initiés, les masques de culte et de réjouissances, les instruments de musique, les mobiliers notamment les chaises, tabourets, lits traditionnels, lits mortuaires et les sculptures. L’importance de ces objets culturels a amené les autorités à accompagner ce haut lieu de la culture senoufo. Dans le cadre de la mise en œuvre de son projet de développement, une mission d’experts en muséologie conduite par le directeur national du patrimoine culturel Modibo Bagayogo a été reçue au centre culturel. La mission comprenait, entre autres, l’ancien directeur adjoint du Musée national, Salia Mallé et l’ancien directeur de l’école du patrimoine culturel africain (EPA), dont le siège est au Bénin, Fallo Babba Keita. Cette mission visait à renforcer les capacités du personnel en techniques de conservation, de sécurisation, de classification, de nettoyage et de sauvegarde des objets du musée. Ces activités qui ont regroupé outre le personnel du Centre sénoufo, les représentants du musée régional, de la direction régionale de la culture et de la mission culturelle, prendront fin au mois de mai. Dans la cour du musée, une vingtaine d’étagères en cimaise et une dizaine de supports de vitrine sont déposés un peu partout. De nombreuses statues et autres objets y sont également étalés. Les agents du Musée, habillés de la tenue de leur structure, font des va-et-vient pour évacuer les objets d’une salle à une autre. Certains techniciens travaillent sur les cimaises et d’autres sur les supports de vitrine. Depuis l’entrée, on constate des maçons qui s’affairent à la construction de la salle d’accueil. Le responsable du Centre, le père Bruno Ssennyondo indique que la Mission est soutenue par l’ambassade de la République fédérale d’Allemagne. Il salue l’initiative qui est venue à point nommé car les objets du Centre, au fil du temps, allaient se détériorer sans aucun accompagnement. Selon l’ancien directeur adjoint du Musée national, Salia Mallé, la Mission a priorisé trois principaux objectifs. Primo, l’amélioration du cadre de vie des objets. Ce qui consiste à faire un diagnostic du bâtiment où sont stockés les objets pour savoir s’il n’y a pas d’infiltration d’eau, des problèmes de sécurité et la confection des structures. Secundo, révèle-t-il, la mission reprendra les anciennes expositions qui étaient en place. «Nous allons faire en sorte que les objets soient la vitrine du musée», précise-t-il ajoutant qu’ils vont mettre en place deux salles d’exposition. La première sera réservée aux activités économiques notamment les objets destinés à la chasse, la cueillette, l’agriculture et l’artisanat. La deuxième salle sera basée sur la vie religieuse notamment l’initiation, la musique, la danse, la gestion de la terre et les funérailles. Tertio, le renforcement des capacités de tout le personnel du Musée sur les techniques de gestion et de documentation des objets. Une exposition est prévue en fin mai. Par ailleurs, Mallé révèle qu’à présent ils ont trois proposions de titre pour l’exposition des objets du Centre qui aura lieu à la fin de leurs activités. Il s’agit, entre autres, de «Sénoufo : de terre et d’esprit», «Sénoufo : par la terre et par l’esprit» et enfin «Sénoufo : Dieu, la terre et les esprits». Pour l’ancien directeur de l’école du patrimoine culturel africain (EPA) au Bénin, Fallo Babba Keita, la mission consiste à réhabiliter les collections du Centre tout en conservant ses objets. Pour ce faire, poursuit-il, on doit organiser l’ensemble des locaux pour qu’ils correspondent à l’éthique du musée et qu’ils soient un espace fonctionnel. «Nous tiendrons également compte de la sécurité des collections, des prévisions contre les catastrophes naturelles, les incendies et les malveillances», souligne-t-il. Il ajoute aussi qu’ils chercheront des solutions aux problèmes d’éclairage et de surveillance de la structure. «L’aboutissement, c’est pour la mise en valeur des collections pour qu’elles puissent participer à l’éducation des enfants», précise-t-il. Keita affirme qu’ils ambitionnent de monter une exposition qui parlera non seulement de la culture sénoufo mais qui illustrera aussi beaucoup de textes, d’audiovisuels et d’animations basés sur la culture senoufo. Arouna Sanogo est stagiaire au Musée régional de Sikasso. Il a suivi la formation théorique de la mission des experts en muséologie. Il a souligné que la formation la édifié sur les techniques de conservation et de gestion des objets. «Les objets doivent être conservés et entretenus dans un endroit bien approprié tel que les vitrines», dit-il. Il appelle les jeunes à promouvoir et valoriser leur culture car, c’est cela qui permet de se connaitre soi-même. MFD (AMAP)
Sikasso : L’abondance de pomme de terre fait chuter les prix
Par Mariam F. DIABATE Sikasso, 5 mars (AMAP) A Sikasso, dans le Sud du Mali, le premier trimestre de chaque année est consacré au commerce de la pomme de terre. Cette année, l’accès à une quantité suffisante de semences a créé une surproduction de ce tubercule. Cette situation pousse plusieurs producteurs à brader leurs productions. Tout compte fait, les acteurs du domaine se frottent les mains. Un tour dans le marché des fruits et tubercules de Médine, à Sikasso nous a permis d’éclairer davantage nos lanternes. Actuellement, il est très difficile de passer une journée sans rencontrer les vendeurs de pomme de terre à Sikasso. Même si on ne descend pas en ville, les vendeuses ambulantes n’épargnent aucune maison et ce, chaque matin et soir. Dans la proximité des petits marchés, c’est la pomme de terre qui ravit la vedette à tous les autres produits agricoles et se vend le plus. Les commerçants ambulants cèdent, souvent, le kilo à moins de 150 Fcfa. C’est tout simplement à cause de la surabondance. Ce samedi matin, il est 10 heures au marché de Médine, plus connu sous le nom de «Sougounicoura» pour les natifs de la région, Ça et là des caisses en plafond et en plastique noir sont disposées, de gros paniers, des sacs de 50, 80 et 100 kg, des tricycles… tous remplis de pommes de terre. Dans certains coins, des coffres de voiture sont entr’ouverts, en attendant l’arrivée des sacs de pomme de terre. L’animation atteint son point culminant dans un concert de bruits et de voix. Les conversations portent sur le négoce. Les causeries sur la pomme de terre. On voit aussi de l’argent. Les commerçants de pomme de terre ne cessent de compter les billets. «Ayé na pomme terre san », «kilo ye bissaba ni dourouye», «fou fou fana bala», en langue française «Venez acheter de la pomme de terre, le kilo fait 175 Fcfa. Je vous en donnerai gratuitement aussi», s’écrie. à l’endroit des passants, Rokia Ba, de forte corpulence. Elle qui fréquente ce marché depuis des années trouve le marché pas assez intéressant. Elle s’approvisionne chez les grossistes du marché de Médine et y écoule également ses marchandises. «Cette année, il y a trop de pommes de terre, C’est pourquoi les prix ont chuté», affirme-t-elle. Elle précise qu’elle achète le kilo à 160 Fcfa et le cède à 175 Fcfa, donc un bénéfice de 15 Fcfa par kilogramme. Le point de vente de Madou se trouve au beau milieu du marché. Il est grossiste et détaillant à la fois. Notre interlocuteur s’approvisionne chez des grossistes à Ziansso, Zankaradougou, Bamadougou, Bokotieri et Doumanaba. Les grossistes lui vendent le kilogramme de gros tubercules de pomme de terre à 175 Fcfa et 125 Fcfa pour les moyens. A son tour, Madou cède le kilo des gros tubercules à 200 Fcfa et les moyens à 175 Fcfa. Notre interlocuteur estime que le marché est florissant. « Les samedis, je peux écouler 150 sacs de 80 kg de pomme de terre. Je cède le sac à 18.000 Fcfa », explique-t-il, ajoutant qu’il vend aussi au détail. La plupart des clients de notre interlocuteur viennent de Bamako, Gao, Mopti et Ségou. En termes de défis, tout comme la précédente interlocutrice, Madou évoque également la grande quantité et variétés des semences de pomme de terre. Ce qui a créé une surproduction du tubercule. « Présentement, nous n’avons même pas fini d’écouler le tiers des pommes de terre des champs », révèle-t-il, soulignant que c’est le même facteur qui crée la concurrence entre eux et leurs grossistes. « Ils nous vendent, non seulement, la pomme de terre mais, aussi, ils viennent encore nous concurrencer au marché pour écouler leurs produits. Le comble, c’est qu’ils vendent moins cher que nous, parce qu’ils sont producteurs et commerçants », explique-t-il. Egalement, des dames s’approvisionnent chez les grossistes du marché et revendent sur place. Oumou Sangaré fait partie de ce lot. « Ici, les grossisses me vendent le kilo à 160 Fcfa et je revends à 175 Fcfa. Compte tenu de la surproduction du tubercule, je ne me plains pas de mon bénéfice de 15 Fcfa», souligne-t-elle. La cliente Mariam Kané ne cesse de regarder les différents paniers (remplis de pomme de terre) des commerçantes. « Je cherche la bonne qualité car je dois les envoyer à mes parents à Kayes », lance-t-elle, ajoutant qu’elle adore les pommes de terre. En cette période, les propriétaires d’instruments de pesées et les tricycles tirent aussi leur épingle du jeu. Oumar Diarra gère bien son affaire. Le teint noir, le masque sur le nez, assis derrière sa machine, M. Diarra n’a presque même pas le temps de répondre à nos questions. Chaque client veut que son sac soit pesé. « De l’aube jusqu’au petit soir, je suis là. Je peux peser près d’une centaine de sacs de 50, 80 et 100 kg de tubercule les samedis », indique-t-il, précisant qu’il pèse la tonne à 500 Fcfa et le sac à 50 Fcfa. Quant aux conducteurs de tricycles, le jeu en vaut la chandelle. Adama Koné est conducteur, il soutient qu’il transporte les sacs dans les gares routières pour Bamako, San, Mopti etc. «Je transporte le sac de 50 kg à 50 Fcfa et celui du 100 kg à 75 Fcfa», explique-t-il. \Dans les auto gares, il y a beaucoup de sacs de pomme de terre. De nombreux natifs de la région profitent de cette campagne pour envoyer ces tubercules à d’autres parents à l’intérieur du pays. Sur ce point, certains transporteurs sont stricts. Ils transportent le sac à condition que le propriétaire soit un passager car, ils craignent la surcharge. Les frais de transport varient d’une compagnie à une autre. Ils se situent entre 1.000 et 2000 Fcfa par sac. MD (AMAP)
Commerce de chou pomme : Au bonheur de braves vendeuses
Par Yacouba TRAORÉ Bamako, 4 mars (AMAP) Samedi 20 février au marché «Sougounicoura» de Médina Coura (Commune II). Le ciel brumeux réduit la visibilité. Des commerçantes sont installées de part et d’autre de la voie principale qui traverse le marché. Le marchandage et les discussions sont nourris entre commerçantes et clientes. Trois minibus de transport en commun, ‘Sotrama’, tous chargés de sacs de choux, d’aubergines et de paniers de tomates, stationnent là. Les cris et brouhaha des femmes font l’ambiance du marché. Les marchandises sont étalées à même le sol, en pleine chaussée et devant des boutiques qui n’ont pas encore ouvert leurs portes. Des sacs de 50 kg contenant des légumes sont superposés sur des planchers posés sur des caniveaux et servant de passage. Entre les paniers remplis d’aubergines, de tomates, de salades et de sacs de chou, déambulent des dizaines de vendeuses de choux au détail. Celles-ci séparent les bons légumes des mauvais. Parmi tous les légumes proposés à ces braves commerçantes, le chou a la cote. Les marchandes s’arrachent les sacs de ce légume qui entre dans les préparations culinaires des ménages. «La campagne du chou pomme bat son plein au Mali. Elle s’étend de septembre à fin mars», lance la quinquagénaire Djénéba Traoré, vendeuse de laitues et de légumes au marché de Médina Coura. La vente de cette plante potagère de la famille des crucifères génère des revenus importants pour de nombreuses femmes comme elle. Le marché de Médina Coura est considéré comme le lieu principal d’approvisionnement pour de nombreuses vendeuses. Il est approvisionné par les producteurs des villages environnants de Bamako. Et en cette période, le prix du chou pomme est abordable. Le sac de 50 kg est cédé entre 3.500 Fcfa et 4.000 Fcfa, confirme Mme Coulibaly Aminata Kamaté, commerçante au marché de Médina Coura. AVANT L’AUBE – Pour satisfaire la clientèle, les vendeuses de gros se lèvent très tôt, le matin. Elles sont déjà présentes au marché avant l’aube (4 h 30). L’activité exige cette contrainte afin que les clientes (les détaillantes) qui viennent des différents marchés de proximité puissent être approvisionnées avant le lever du soleil. Rencontrée sur place, Fatoumata Sidibé est l’une de ces commerçantes détaillantes. Celle qui vend des légumes au marché de Lafiabougou-Kôda (Commune IV) achète sept sacs de choux à raison de 4.000 Fcfa le sac. Pendant ce temps, sa collègue Mme Diakité Oumou Cissé, engage un marchandage serré avec les grossistes. Ayant échoué à convaincre son fournisseur de baisser de quelques francs le prix du sac, elle achète finalement cinq sacs. La transaction conclue, Fatoumata Sidibé et Mme Diakité Oumou Cissé regardent tout autour d’elles en quête de moyens de transport pour acheminer la marchandise au marché de Lafiabougou-Kôda. L’une d’elle aperçoit des tricycles trainer dans le coin. D’un pas alerte, elle se précipite pour apostropher le propriétaire de l’engin. D’autres commerçantes, qui ont déjà fini leurs achats, ont pu négocier des porteurs de bagages et des chauffeurs de taxis pour transporter leurs colis. Le marchandage fini, le conducteur du tricycle charge les marchandises des deux braves dames à l’arrière de son engin. Elles prennent place à côté du conducteur. Direction : le marché de Lafiabougou. Où elles revendent le tas de trois choux pommes à 500 Fcfa, soit 150 Fcfa ou 200 Fcfa l’unité (selon la taille). Comme ces détaillantes, « les grossistes se frottent, également, les mains », corrobore Nabitou Konaté, commerçante au marché de Médina Coura. Mère de trois enfants, elle exerce cette activité depuis plus de 20 ans. «Notre activité a beaucoup prospéré ces derniers mois grâce à la vente de choux pommes. Je vends entre cinq et sept sacs par jour. Je fournis des détaillantes. Grâce à cette activité, j’assure toutes les dépenses de la famille à avec les bénéfices que je réalise après chaque vente», se réjouit la grossiste. VERTUS – Mariam Kassé, elle, fait également de bonnes affaires. A la différence de Nabintou Konaté, elle est obligée de héler les usagers qui passent devant elle pour attirer leur attention sur sa marchandise. «Venez ! Venez ! Venez voir ! Il y a de très bons et beaux choux verts à moindre prix», s’écrie-t-elle, le visage couvert de grosses gouttes de sueur. Interrogée, Mariam Kassé pense que c’est le seul moyen d’attirer la clientèle pour espérer gagner sa vie. «Dès fois, je peux gagner 6.000 Fcfa par jour», révèle la vendeuse. Si les commerçantes de ce produit trouvent leur compte, les consommateurs, eux, renforcent les capacités protectionnistes de leurs cellules. « Le chou assure une protection de notre organisme par l’action des fibres alimentaires qui sont des antioxydants, protègent nos organes digestifs contre les cancers et accélèrent le transit intestinal (donc il nous épargne la constipation) et des troubles du transit comme les colopathies fonctionnelles », selon le nutritionniste Dr Mamadou Zié Traoré. Il ajoute que la présence de la vitamine K dans le chou renforce les facteurs de coagulation du sang donc il est très bénéfique pour les personnes souffrant de problèmes de saignement intermittent. « Aussi le chou contribue-t-il beaucoup à la formation et au renforcement des os », explique le praticien. Ce légume participe, également, selon lui, à l’entretien du système nerveux périphérique (entretien des nerfs), à la santé des cartilages, des dents et des gencives. A titre d’exemple, 100 grammes de chou pomme contiennent, principalement, des glucides (4,6 g), fibres alimentaires (3,5 g), calcium (59 mg), iode (moins de 20 micros grammes), les vitamines B1, B2, B5, B6, B9, C, K1 en proportion variable selon la nature et l’espèce de choux. «Il existe les choux blancs, verts et rouges», précise-t-il. Toutefois, le chou est un légume modérément calorique, c’est-à-dire peu énergétique (36,5 Cal/100 g) de par la présence des glucides. Pour le nutritionniste, 100 grammes de chou pomme apportent à l’organisme 36,5 calories à l’homme. « Il faut pourtant 2.000 à 2.500 kilos de calories par jour à un adulte pour assurer son fonctionnement normal », fait remarquer Dr Mamadou Zié Traoré. YT (AMAP)
Attaques terroristes : La stratégie de la psychose
Par Madiba KEITA Bamako, 4 mars (AMAP) Les attaques terroristes contre les Forces armées maliennes (FAMa) se sont intensifiées ces derniers jours. Plusieurs localités du pays sont visées par ces attaques qui se soldent par des morts et des dégâts matériels souvent importants. La dernière attaque est survenue, mardi soir, à San (Centre). Selon nos informations, les assaillants ont attaqué la brigade territoriale de la gendarmerie de la localité, aux environs de 20 heures. Ils ont blessé un gendarme, saccagé les locaux et brûlé quatre véhicules et deux motos. Selon le commandant de la brigade, le lieutenant Bakari Kéfa Traoré, les agresseurs sont venus du côté sud-est de la ville sur des motos tricycles. Après avoir commis leur forfait, ils se sont retirés, tranquillement, en prenant la route de Ténéni. Le constat qui s’impose est que les groupes armés terroristes sont de plus en plus audacieux dans leur entreprise criminelle. En effet, ils n’hésitent pas à frapper là où on les attend le moins. Pour preuve, ils ont ciblé, lundi dernier, Hèrèmakono, localité frontalière avec le Burkina Faso, à une trentaine de kilomètres de Sikasso. Des hommes lourdement armés ont attaqué nos forces de défense et de sécurité, aux environs de 3 heures du matin. Ils ont saccagé le poste de la douane et celui de la gendarmerie, brûlé plusieurs véhicules appartenant aux douaniers et des véhicules de transport. Un chauffeur en transit a succombé à ses blessures. Un autre, grièvement blessé à la jambe, a été admis à l’hôpital pour des soins. Le mardi 2 mars, les forces du mal ont tendu une embuscade à une mission d’escorte des FAMa, aux environs de 16 h10 dans le secteur de Gathi-Loumou, à 33 km au Nord-Ouest de Youwarou. Les échanges de tirs qui ont duré plusieurs minutes, ont finalement tourné à l’avantage de nos militaires qui ont neutralisé quatre terroristes, récupéré un pistolet mitrailleur et un talkie walkie. Trois jours auparavant, les ennemis de la paix avaient attaqué le poste de sécurité de Saye, dans le Cercle de Macina. Après d’intenses combats, les assaillants ont pris la fuite, laissant derrière eux un engin explosif improvisé (EEI), constitué de deux bidons de cinq litres bourrés d’explosifs. D’autres groupes armés terroristes s’étaient déjà signalés dans la localité de Bandiagara. En effet, dans la nuit du 25 février dernier aux environs 21h20, ils ont ciblé la base du détachement de Dialoubé à Bandiagara et l’escadron de la gendarmerie avec des armements lourds. Le bilan de cette attaque est de huit militaires morts et cinq autres blessés. La répétition des attaques contre les forces de défense et de sécurité est une réelle menace contre la paix à laquelle les Maliens aspirent profondément aujourd’hui. Sur la question, nous avons approché Dr Ali Tounkara, directeur du Centre des études sécuritaires stratégiques au Sahel. Selon lui, plusieurs facteurs expliquent cette recrudescence de la violence dans le Nord et dans le Centre du pays. Le premier est que les auteurs, qui pourraient être des terroristes, des bandits armés ou des narcotrafiquants, s’attaquent aux symboles de l’État (notamment les forces de défense et sécurité, l’administration, les infrastructures), dans le but de donner libre court à leurs activités criminelles. D’où leur réticence au retour de l’État dans les localités concernées. CAPACITÉS DE NUISANCE- Le deuxième facteur, explique Dr Ali Tounkara, est que les auteurs de ces attaques sont dans la logique de saboter toute initiative de paix dans leurs zones d’intervention. « Il y a plusieurs accords locaux qui ont été signés dans le Centre du pays, notamment entre les communautés dogon et peule. Mais ces accords sont sabotés par d’autres acteurs locaux que l’État a du mal à contenir », indique celui qui s’intéresse aux questions sécuritaires au Sahel depuis 12 ans. Pour le directeur du Centre des études sécuritaires stratégiques au Sahel, la mobilité des groupes armés terroristes, leurs capacités de nuisance rendent les actions militaires difficiles quand on sait que ces groupes opèrent très souvent avec des complicités locales. N’ayant pas les mêmes intérêts et revendications – application de la Charia pour les uns, trafic en tout genre et grand banditisme pour les autres -, ils parviennent, parfois, à faire des connexions circonstancielles ou opportunistes pour avoir le dessus sur l’État et ses partenaires opérant sur le terrain. Malgré les actions militaires (FAMa, Barkhane, G5 Sahel) qui leur infligent de lourdes pertes, les groupes armés terroristes n’ont pas l’intention de capituler. Au contraire, ils entendent faire croire que leurs capacités de nuisance s’intensifient sur l’ensemble du territoire. Attaquer à maints endroits du pays et de façon régulière, dans une logique de coups sporadiques et disséminés sur le territoire, est une stratégie pour installer la psychose de l’insécurité dans les esprits et donner l’impression qu’ils gagnent du terrain. Alors qu’il n’en est rien. Les ennemis de la paix ne baissent pas les bras. Ils opèrent pour tenter de torpiller les accords locaux et créer des zones de non droit. Ils ne réalisent que des attaques rapides sur des positions isolées et se retirent lâchement. Jamais, on ne les a vus occuper longuement une position et tenir tête à un détachement des forces armées et de sécurité. Pour conquérir un territoire, il faut être capable de tenir une position. Ils n’en sont pas capables. Leur stratégie reposant sur des attaques sporadiques est médiatiquement payante. Le traitement médiatique crée l’impression que le pays est attaqué de toutes parts et que les groupes armés conquièrent des territoires. Ces attaques interviennent après une série d’annonces de victoires faites par les FAMa et leurs alliés. Les terroristes veulent certainement faire la preuve contraire qu’ils sont en train de porter la réplique aux actions menées contre leurs repaires par les soldats maliens et français. Compte tenu de cette situation, nombre de nos compatriotes estiment qu’il faut dialoguer avec les leaders terroristes locaux comme Iyad Ag Ghali du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et Amadou Koufa de la katiba du Macina. « L’offre de dialogue décidée par les Maliens lors du
Une unité de transformation du lait de chamelle à Tombouctou, dans le Nord du Mali
Envoyée spéciale Aminata Dindi SISSOKO Bamako, 3 mars (AMAP) Tombouctou, dans le Nord du Mali, dispose, aujourd’hui, de sa première unité de transformation de lait de chamelle. Installée au Quartier Sans fil, sur la route de l’aéroport, cette usine s’inscrit dans le cadre du Projet de pasteurisation et de conditionnement du lait de chamelle dans la ville de Tombouctou. Face à une demande de plus en croissante, la valorisation du lait de chamelle pourrait en faire un levier de croissance économique dans la zone. Des fils de la ville sainte ont, alors, décidé de se lancer dans la transformation du produit. L’initiative est portée par l’Association pour la promotion de l’élevage et la mise en valeur du lait de chamelle (APVLC). Objectif : relancer le développement économique régional. Une première dans la Région, cette unité est un exemple de Partenariat public-privé (PPP). Il est cofinancé par le Conseil régional et l’APVLC. «C’est dans le cadre de l’exécution de son budget 2017 que le Conseil régional de Tombouctou a appuyé la réalisation du Projet de pasteurisation et de conditionnement du lait de chamelle dans la ville de Tombouctou. Cela, pour l’amélioration des revenus et la création de richesses», explique le président de l’Autorité intérimaire de la Région de Tombouctou, Boubacar Ould Hamadi. Pour le président de l’APVLC, Housseine Ghanami, la création de cette unité vise la mise en place d’une filière qui valorisera le lait de chamelle et assurera l’autosuffisance en lait et en produits laitiers. Il s’agit, selon lui, d’approvisionner la population de la Région en lait de qualité et renforcer, par la même occasion, la contribution de la filière lait à l’économie locale. «Les unités industrielles sont presque inexistantes dans la Région de Tombouctou, à part les boulangeries et les mini sociétés d’eau potable. C’est en cela que cette initiative d’unité de transformation du lait à tout son sens. La symbolique est non seulement forte mais, surtout, la distribution du lait pasteurisé qui est un besoin réel des communautés et même des visiteurs», explique-t-il. A l’usine, le traitement du lait de chamelle est effectué par un pasteurisateur d’une capacité de 1.500 litres par jour, un Tank refroidisseur pouvant contenir 500 litres, toutes les deux heures, et une machine de conditionnement d’une capacité de 1.000 paquets emballés par heure. «La capacité d’approvisionnement actuelle est en moyenne de 100 litres par jour. A moyen terme, la laiterie sera approvisionnée par plusieurs éleveurs dans un rayon de 60 km maximum, tout autour de la ville de Tombouctou, avec une capacité de collecte prévue de 700 à 1.000 litre par jour. Un système de collecte pratique et simple sera mis en place afin de faciliter la livraison à temps et dans les meilleures conditions de l’unité», précise Housseine Ghanami. D’après notre interlocuteur, la production se limite actuellement au lait de chamelle pasteurisé. Mais, dans un futur proche, avec l’acquisition de moyens de collecte tout autour de la ville, comme prévu, d’autres gammes seront proposées, notamment le lait fermenté, le ghee et les fromages. Il est, aussi, prévu l’achat de 100 chamelles, dix chameaux et l’aménagement de 20 hectares pour la culture fourragère. La mise en œuvre de cette initiative devrait permettre de solutionner certaines difficultés auxquelles l’unité est confrontée. Il s’agit, notamment, de l’insuffisance de lait de chamelle, faute de système approprié de collecte, du manque de formation en gestion de l’unité de transformation, l’insécurité grandissante entravant la mobilité des collecteurs et le problème crucial d’alimentation des laitières (insuffisance d’espaces pastoraux aménagés). «L’unité reçoit une faible quantité de lait. Présentement, toute la matière première est approvisionnée par la ferme de chamelles située à moins de 5 km de la ville appartenant à l’Association (14 femelles et trois mâles). L’association est en train de négocier avec d’autres éleveurs de chamelles pour collecter dans un rayon de 60 km le lait chamelle», explique-t-il. Et de souligner que l’unité compte, dans les jours à venir, améliorer la production laitière à travers la sélection de chamelles, l’adoption de cultures fourragères pour parer à l’insuffisance alimentaire des laitières, surtout en période de soudure, et l’élargissement du champ d’action (au-delà de la région) en termes de commercialisation. L’Afrique est le premier éleveur mondial de chameaux (terme générique incluant aussi bien le chameau à deux bosses que le dromadaire) avec plus de 14 millions de têtes sur un total de 19 millions à l’échelle mondiale, comptabilise le site du Réseau de recherches et d’échanges sur les politiques laitières (REPOL). Cet animal emblématique des zones sèches est, depuis des millénaires, utilisé par les peuples nomades pour sa capacité d’adaptation et de résistance exceptionnelle aux conditions climatiques dans les zones désertiques, comme les régions dans le Nord du Mali. Où il n’est pas rare de voir des caravanes de chameaux chargés de marchandises ou transportant des forains. Outre ce rôle commercial multiséculaire narré à travers les contes et les récits des explorateurs, le lait de chamelle (la femelle) fait partie du régime alimentaire préféré des bergers et autres tribus nomades, comme ceux de Tombouctou. Dans cette localité dans le Nord du Mali, le lait de chamelle est traditionnellement consommé par la population. Des témoins rapportent que les bergers nomades peuvent survivre jusqu’à un mois, uniquement, avec ce breuvage lorsqu’ils parcourent de longues distances dans le désert avec leurs troupeaux. Ce qui fait de ce liquide un aliment consistant. Des experts estiment qu’il est dix fois plus riche en fer et trois fois plus riche en vitamine C par rapport au lait de vache. «Grâce à sa teneur en potassium, magnésium et vitamine B, le lait de chamelle favoriserait le développement des os, renforcerait la croissance des cheveux et préviendrait leur chute, en plus d’assurer une dentition saine!», soutiennent des spécialistes. D’autres estiment qu’il contient un fort pourcentage de protéine à potentiel anti-microbien élevé, protéine absente du lait de vache ou ne s’y trouvant qu’en quantité infime. Il est alors très prisé par les habitants de la Cité des 333 Saints et autres régions frontalières. ADS/MD (AMAP)
La sécurisation booste le business du sable à Gao, dans le Nord du Mali
Par Abdourhamane TOURE Gao, 01 mars (AMAP) Aujourd’hui, dans la ville de Gao, dans le Nord du Mali, le sable est un matériau recherché parce qu’il est utilisé dans la sécurisation des alentours des camps militaires, des check points des forces de sécurité maliennes et de leurs partenaires, Barkhane et Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), ainsi que de maisons individuelles. Après la crise de 2012, plusieurs bâtiments administratifs ont été détruits par l’occupation des terroristes et leurs alliés et il fallait les réhabiliter ou les reconstruire. En plus, la ville de Gao est en plein chantier. Du jour au lendemain, de riches commerçants achètent des terrains ou des bâtiments en banco, au centre-ville. Ceux-ci construisent à la place de grands buildings en béton. Tous ces facteurs font que le business du sable est devenu l’une des principales activités de certains chefs de famille de la Commune urbaine de Gao. Deux groupements se partagent l’activité du sable. Il s’agit de l’association des propriétaires de bennes et celle de « Kel-Pélou » (en Tamashek et qui signifie en français les propriétaires des pelles). Le sol de Gao est constitué de sable. Mais ce n’est pas tout sable qui peut être utilisé comme matériau pour les infrastructures ou les habitations en béton. Deux carrières sont les plus connues pour l’extraction du sable fin ou du gros grain. Il s’agit de la carrière du 7ème quartier, à une quinzaine de kilomètres de la ville, et celle du Quartier château qui a été abandonnée, à cause de l’extension de la ville et de la dégradation du site due au creusement. Abdoulaye Ag Zeïnou est président de l’Association des « Kel-Pélou ». « Notre groupement est constitué de 150 membres. Notre travail consiste à extraire le sable, à le charger dans des camions-bennes. Le prix d’un chargement de sable varie entre 16 000 et 30 000 Fcfa », explique-t-il. Chaque camion-benne est accompagné de cinq chargeurs. Les cinq chargeurs sont payés à 4000 Fcfa, à raison de cinq chargements. Chaque fin du mois, les membres de l’association « Kel-Pélou » cotisent 1500 Fcfa. Cette cotisation finance la prise en charge des adhérents en cas de problème majeur. « La cotisation mensuelle est la meilleure chose de notre association parce que, souvent, certains empruntent auprès de l’Association quand ils sont dans le besoin », a expliqué le président du groupement de « Kel-Pélou ». Selon lui, l’association, dont des copies de documents de création ont été déposées au niveau de certains services publics à toutes fins utiles, a besoin du soutien de l’Etat parce que ses membres. Le doyen Askiou Ag Assaid est l’un des premiers membres de l’association « Kel-Pélou ». Selon lui, avant la crise de 2012, l’activité d’extraction et de chargement du sable pouvait nourrir son homme. « C’est avec le revenu de ce travail que je me suis marié. J’ai eu des enfants que je continue à nourrir, Cependant, je n’ai pas construit et j’habite encore dans une case en paille », a déclaré le vieux Askiou. Il se souvient, nostalgique, de la belle époque où ils chargeaient en gravier un camion-benne à 25 000 Fcfa et en sable à 10 000 Fcfa. « Actuellement, le métier rapporte peu », se désole Askiou qui réclame des clients de camions-bennes d’augmenter le prix du sable. Mme Diallo Safia Alassane est vendeuse de repas à la carrière de sable. « Depuis trois ans, je vends de la nourriture aux manœuvres et chauffeurs de la carrière. Mes recettes journalières varient entre 15 000 à 20 000 Fcfa », a dit Mme Diallo. Abdoulatif Almouner Maiga dit Doula, est chauffeur et porte-parole des chauffeurs de camions-bennes. Selon, lui le nombre de chauffeurs dépend de nombre de bennes. Il y a plus de 200 véhicules qui ont adhéré à l’Association des camions-bennes mais beaucoup sont en panne. Les conducteurs de camions-bennes gagnent entre 500 à 2.250 Fcfa par voyage. « Nous sommes confrontés à un manque de carrière parce que les autorités communales nous font déguerpir, souvent », se plaint Doula. Selon Ibrahim Abdramane, président de l’Association des propriétaires de camions-bennes, qui signale exercer ce métier, depuis 1985, c’est en 2018 que le groupement des propriétaires de camions-bennes a été officiellement créé. Plus de deux cent propriétaires de camions-bennes en sont membres. « Chaque membre possède une carte qui coûte 2.000 Fcfa et est renouvelable chaque année », nous apprend Ibrahim Abdramane. « Le prix officiel d’un chargement de sable destiné au mortier coûte 30 000 Fcfa et le banco 16 000 Fcfa mais la location, par jour, du même camion-benne s’élève à 60 000 Fcfa si le carburant est à la charge du client’, explique le président des propriétaires de camions-bennes. « L’association joue un rôle très important, non seulement, pour les propriétaires de bennes, les chauffeurs mais, aussi, pour l’association des «Kel-Pélou» parce qu’en cas d’accident grave ou mortel causé par un chauffeur, c’est l’association qui répare les dommages. Elle vient, aussi, en aide à la famille du chauffeur », poursuit Ibrahim Abdramane. « Souvent, elle gère, aussi, certaines situations sociales des propriétaires de bennes et même de leurs chauffeurs », ajoute le président du groupement. Il cite, également, de bonnes initiatives de l’association dans la Commune urbaine de Gao (ramassage des ordures dans le quartier château, remblayage d’espaces publics et de cimetières envahis par les eaux stagnantes…) Le bureau régional de l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (ANPEJ) contracte avec le groupement qui en espère autant avec la ville de Gao. « Dans les conditions normales, la mairie peut nous confier le ramassage des ordures et le curage des caniveaux de la Commune urbaine de Gao », suggère Ibrahim Abdramane. Il plaide pour un soutien des autorités régionales et nationales à leur groupement qui est une jeune association. Le sable est une matière solide granulaire constituée de petites particules provenant de la dégradation de matériaux d’origine minérale essentiellement des roches. Cette matière est, quotidiennement, utilisée comme matériau dans la construction des bâtiments et d’autres infrastructures. Le sol des régions dans le Nord du Mali et, en particulier, de la Région de Gao, est constitué de sable. Gao est considéré comme le port du sable.
