Mali : L’UNTM fait le bilan des cinq jours de grève nationale

Par Sidi Yaya WAGUÉ Bamako, 22 mai (AMAP) Vendredi, 21 mai 2021, au dernier jour de la grève de 5 jours décrétée par l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) le lundi 17 mai 2021, beaucoup de services publics étaient encore paralysés. Pas d’affluence dans les administrations. Les usagers de plusieurs services sont restés chez eux à cause de la grève. Hormis quelques responsables indispensables, tous les autres agents sont, également, restés à la maison. Le 3è jour de l’arrêt de travail de l’UNTM a été marquée par un petit allègement au niveau de certaines structures bancaires dont la Banque de développement du Mali (BDM), Banque malienne de solidarité (BMS) et d’autres établissements financiers. Ces structures ont observé un service minimum pour le traitement des salaires du mois de mai 2021 des fonctionnaires et d’autres opérations. Le débrayage de la plus Grande centrale syndicale a fait débat et la « Une » de tous les médias privés (télévisions, radios, journaux privés et presse en ligne). En bien et en mal, la grève a aussi été sur toutes les lèvres à travers le pays. Les organes du service public de l’information tels que l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) et l’Office de radio-télévision du Mali (ORTM) n’ont pas pu fournir leur programme normal. Si l’AMAP avec son slogan la « Performance au quotidien » a informé ses lecteurs à travers son site web : lessormali.com, l’ORTM, la « Passion du service public » diffuse des flashs de quelques minutes à la Télévision et la Radio nationales. À l’AMAP comme à l’ORTM, le service minimum était assuré par les premiers responsables et leurs secrétaires. Vendredi après-midi, les responsables de l’UNTM s’e sont réunis à leur siège à la Bourse du Travail pour évaluer les cinq jours d’arrêt de travail. Selon eux, la réussite est totale. L’objectif est atteint. Il se dit même que l’Etat a perdu entre 7 et 20 milliards de Fcfa, lors des cinq jours de grève. S’il n’y a toujours pas de consensus entre le gouvernement et l’UNTM, le débraye sera reconduit du lundi 24 au vendredi 28 mai 2021. La grève pourrait être illimitée à partir du 28 mai 2021 si rien n’est fait. Rappelons que cette grève de l’UNTM a lieu au moment ou le Premier ministre, Moctar Ouane, poursuit les consultations pour la formation de son nouveau gouvernement. SYW/MD (AMAP)  

« J’ai trouvé opportun le sommet de Paris sur le financement des économies africaines », dit Bah N’Daw

Le président de la Transition, Bah N’Daw, a séjourné du 17 au 20 mai, à Paris, en France, où il a participé, au Sommet sur le financement des économies africaines qui s’est tenu mardi 18 mai 2021. Dans une brève interview, le président de la transition a accepté de répondre à quelques questions sur son séjour français. Propos recueillis par Moussa DIARRA Envoyé spécial AMAP : Qu’avez vous retenu de ce sommet sur le financement des économies africaines ? Président Bah N’Daw : C’est l’occasion pour moi de remercier la partie française, notamment le président Emmanuel Macron pour l’accueil qui a été réservé à ma délégation et à moi-même. Et, aussi, signaler combien opportune a été l’organisation de ce Sommet qui, pour moi, a été une façon d’explorer les pistes de solution pour un changement de paradigme sur le service de la dette, car le modèle dans lequel nous avons vécu, jusqu’ici, est hérité de la fin de la deuxième Guerre mondiale. Aujourd’hui, le service de la dette est lourd à supporter au point que nos économies fragiles n’arrivent plus à faire des investissements. Sans investissements, les problèmes sont colossaux dont celui de la sécurité sans laquelle il n’y a pas de paix et encore moins de développement. AMAP : Qu’est-ce qui va se passer concrètement au Mali par rapport à ce qui a été décidée ici à Paris ? Président Bah N’Daw : Les différents ministres des Finances sont à pied d’œuvre par rapport aux grandes décisions. Je ne voudrais pas rentrer dans les détails techniques relativement aux Droits de tirage spéciaux. Le mécanisme est tel que la démarche est fondée sur cela. AMAP : Qu’avez-vous appris des échanges avec les Maliens de France ? Président Bah N’Daw : J’avoue que mon message est compris, à savoir qu’il faut qu’on se respecte. Je ne peux que les (Ndrl, Maliens de France) en féliciter. Qu’à cela ne tienne, j’ai entendu leur cri du cœur. Il m’appartient de le prendre en compte et, rapidement, essayer de réagir dans le sens qu’ils souhaitent, notamment sur le problème de documents administratifs. Sans documents, on n’est pas citoyen.  

Carnet d’un intrépide voyageur : Axe Conakry-Bamako ça use, ça use…

Par Ahmadou CISSÉ Bamako, 20 mai (AMAP) Les lampions de la corniche de Matam s’éteignent. Alors que Conakry surpeuplée ne se réveille pas encore de son sommeil, nous entamons un long voyage en direction de Bamako, la capitale du Mali. Il faut avaler 973 km de route. Et pas n’importe laquelle ! « Elle est longue et surtout en très mauvais état », prévient le conducteur du véhicule. Matam est un quartier pauvre de Conakry. Une espèce de favélas à la guinéenne. Mais le décor des abris bricolés et surpeuplés comprend, de plus en plus, des immeubles qui longent la mer, épousant superbement les courbes de la berge. Les familles aisées préfèrent, de loin, le vent marin léger que le tintamarre du centre-ville. L’axe Conakry-Bamako est de plus en plus fréquenté par les opérateurs économiques maliens. Le port de Conakry est le plus proche de Bamako. Il faut le dire tout net : le voyage sera vraiment long. Les nerfs seront mis à rudes épreuves. Pour deux raisons : d’abord, l’état d’une route qui n’en finit pas de finir. Depuis près de ans, le gouvernement guinéen travaille à achever les travaux. Le relief très accidenté donne du fil à retordre aux ingénieurs chinois qui travaillent sur le chantier. Trop de ponts à construire, trop de cascades à éviter et des virages dangereux à redresser. Il faut en convenir : il y a du pain sur la planche ! Ensuite, le comportement des hommes. L’imprudence des chauffeurs qui chargent dangereusement les véhicules de transport, du reste, en piteux état (jusqu’à neuf passagers dans une berline) ne peut faire oublier le comportement peu recommandable des agents de sécurité. Les forces de l’ordre de ce pays n’ont pas une réputation de durs à cuire. Financièrement parlant. « Il suffit de leur parler avec politesse et ne pas oublier de donner un peu d’argent », confie un habituer de la route, avec un brin d’humour. Et il ajoute, à leur décharge : « c’est pareil un peu partout dans les pays pauvres, même au Mali! ». Ce qui n’est pas faux. En Guinée ou au Mali, les billets de banque mettent tout le monde d’accord. Une espèce d’échange de bons procédés qui semble être érigée en mode de vie. RACKET – À moins de 100 km de la presqu’île, premier barrage. Des agents en uniforme, tous corps confondus, hyper motivés, tiennent le point de contrôle. Un barrage en corde oblige les véhicules à l’arrêt. Le contrôle des documents n’est pas une priorité ici. D’ailleurs, d’après les mauvaises langues, il est inutile de disposer de documents. Il faut juste se munir de billets de banque. « Tout se gère mais il faut être futé », alerte le conducteur. À la porte de la ville, le poste de gendarmerie de Kouria a une notoriété grâce à son fameux guichet de péage de « ticket ». Il s’agit d’un reçu de verbalisation de toutes les infractions possibles contre 100.000 Francs guinéens, soit 5.500 Fcfa. Mais sur le reçu, il est marqué 40.000 (2200 Fcfa) fois deux, donc 80.000. Le compte n’est pas bon. Les 20.000 (1.100 Fcfa) sont donc dans la poche du gendarme contrôleur. Qualification de l’infraction : « défaut de toutes pièces », a-t-on écrit sur le volet de la contravention. Ce qui est, du reste, totalement inexact. Cette quittance mettra-t-il le voyageur à l’abri des tracasseries ? La route est en mauvais état. Vous étiez prévenus. Les nids de poules peuvent désormais loger des autruches. Les déviations sont nombreuses et interminables. Quelques chinois sont en train de coordonner le coulage de béton armé de ponts distants d’à peine deux cent mètres. “C’est une route à problème”, fait remarquer le chauffeur qui slalome, évitant deux trous pour tomber dans le troisième. D’après lui, un ministre vient d’être renvoyé du gouvernement guinéen pour avoir fermé le robinet du financement de cette infrastructure à laquelle tient le président Alpha Condé. Chemin faisant, l’intrépide voyageur tombe nez à nez avec une équipe de gendarmes. « Descendez vitres ! », ordonne sèchement un d’entre eux. Il réclame les attestations du test Covid. Malgré la présentation de mes résultats négatifs, l’agent exige le paiement de 20.000 Francs guinéens chacun. « Sinon, retournez », prévient-il. Le relief de ce pays est époustouflant. Il est entièrement dominé par la dorsale guinéenne sur laquelle se juxtaposent des massifs élevés aux versants souvent abrupts, des plateaux, des plaines de piedmont, des bas-fonds et des vallées inondables. L’ensemble culmine aux monts Nimba (Lola) à 1 752 m. Le véhicule montre des signes d’inconfort avec les cliquetis des boulons qui commencent à se desserrer. Première sous préfecture en quittant la capitale, Kindia abrite l’une des plus grandes mines de bauxite au monde. Les agents de la sécurité routière sont également là, tenant fermement une barrière de corde que le voyageur ne peut franchir sans filer des billets.  « Lever barrage », c’est le code. Les initiés savent. Une vingtaine de barrages de ce genre jalonnent cet axe que fréquentent, de plus en plus, les camions et petits véhicules maliens. Le corridor prend du galon du fait de l’amélioration des échanges commerciaux entre le Mali et la Guinée, à travers l’exploitation du port de Conakry. GÉNIE CIVIL COMPLEXE – Pour refaire cette route, il faut un budget colossal. Mais l’Etat guinéen n’est pas le seul à saigner. La nature est agressée. Les longs arbres centenaires tombent les uns après les autres.  Le confort a du prix ! Après Kindia, c’est  Mamou. Les deux localités sont reliées par un chapelet de collines. Construire une route sécurisée pour de gros porteurs hyper chargés relève d’une prouesse de génie civil. Il faut être chinois pour s’y essayer. Sur les hauteurs, des camions agonisent sous le poids de leur chargement. Les moteurs crachent de la fumée. Certains ont fait éclater leurs pneus d’occasion achetés bon marché. D’autres rendent, tout simplement, l’âme au bord de la route. « La route là est très dangereuse, de jour comme de nuit », commente le conducteur après avoir dépassé un vieux camion Renault Magnum, tête baissée avec des mécaniciens bricoleurs cherchant à le ramener

Lendemain de la fête de Ramadan : Comme un presque jour ferié

Bamako, 13 mai (AMAP) Le Mali, à l’instar de plusieurs pays de la communauté musulmane, a célèbre, mercredi, la fête de l’Eid El Fitr annonçant la fin du mois de Ramadan. Un mois chargé de dévotions et marqué, principalement, par l’accomplissement du jeûne qui constitue le 4è pilier de l’islam. La célébration de cette fête est caractérisée, au Mali, par la prière collective de 08h, suivie des visites et salutations d’usage chez des voisins, parents, beaux parents, amis et collaborateurs. Ces salutations sont, généralement, agrémentées par le partage de nourriture à travers des plats de grands jours avec les parents et, surtout, les plus nécessiteux. Ces activités festives représentent, également, des moments de grande fatigue pour les fidèles déjà affaiblis, cette année par 29 jours de jeûne caractérisés par certain nombre de privation de liberté. Ce sont, sans doute, ce besoin de repos pour mieux récupérer de la fatigue, qui justifie la fluidité de la circulation à Bamako où, ce jeudi 13 mai, on croirait en un jour férié. Pourtant c’est un jour ouvrable au Mali. Après un tour en ville, le constat est saisissant. Les plus grandes artères sont quasiment désertes. les grand axes, très embouteillées d’ordinaire, sont très faciles d’accès en ce lendemain de fête. Il était 09h 45mn sur le Square Patrice Lumumba menant au pont des Martyrs. Seuls quelques voitures personnelles et des Sotramas (minibus de transport en commun) et taxis étaient visibles. Même atmosphère sur l’avenue Abdelaziz Bouteflika longeant les berges du fleuve Djoliba. Au niveau du boulevard de l’indépendance, le spectacle n’est pas celui des jours ordinaires de travail. Toutefois, malgré la fluidité inhabituelle, les policiers de la Compagnie de circulation routière (CCR ) étaient au rendez-vous mais avec moins de grain à moudre pour réguler la circulation. La majorité des témoignages que nous avons recueillis trouve cette atmosphère normale par rapport à la réalité sociétale du pays. « Les autorités auraient dû déclarer férié ce jeudi. Car au Mali , le seul jour de fête ne suffit pas aux fidèles pour faire toutes les salutations » , regrette Aly Coulibaly, chauffeur de taxi. La quarantaine révolue, notre taximan pense que le travail ne reprendra son rythme normal que le lundi prochain, dans la mesure où les gens ont beaucoup souffert avec la grosse canicule et le délestage. AT/MD (AMAP)

Mali : Eclosion des Centres de formation et académies de football

Par Boubacar KANTE Bamako, 07 mai (AMAP) Si le football de catégorie d’âge du Mali est, aujourd’hui, l’un des plus enviés d’Afrique, c’est en grande partie le fruit du travail des écoles de foot qui existent, presque partout, dans le pays. Comment les enfants sont-ils recrutés et formés par les centres, quelles sont les difficultés auxquelles font face les encadreurs et quel avenir pour ces écoles ? à travers ce reportage, L’AMAP vous fait découvrir ces centres formateurs de joueurs qui font, aujourd’hui, la fierté du football national. Double champion d’Afrique U17 (2015, 2017), vice-champion du monde de la catégorie 2015, demi-finaliste du Mondial U17 (2017), 3è au Mondial U20 (2015) et champion d’Afrique U20 (2019) : ces dernières années, le football de catégorie d’âge du Mali a été l’un des plus en vue du continent, voire du monde. Ces succès s’expliquent en grande partie par l’éclosion des centres de formation de football à travers le pays et l’organisation régulière des compétitions de jeunes. Certes, les centres de football existent au Mali depuis plusieurs décennies et presque tous les grands clubs disposent d’équipes de catégories d’âge, mais ces dernières années, les centres et les académies de football ont pris une nouvelle dimension, devenant ainsi des partenaires stratégiques pour ne pas dire incontournables pour les sélections nationales de catégorie d’âge. Aujourd’hui, les joueurs issus des centres de football ne se comptent plus au sein des équipes nationales et se distinguent par leurs caractéristiques communes, à savoir leur maîtrise des fondamentaux du football et leur technicité. Créé en 2019, le Centre espoir de Kambila (CEK), un village situé à une trentaine de km de Bamako fait partie des multiples écoles de foot du pays. Le centre est bâti sur une superficie de 4 hectares et a été lancé par Mady Sy, contrôleur des impôts et grand passionné de football. Au total, 119 enfants, répartis en trois catégories (minimes, cadets et juniors) sont pensionnaires de cette école et les mômes s’entraînent trois fois par semaine : les mercredis, jeudis et samedis. Mais pendant les congés scolaires, les entrainements se déroulent tous les jours, sauf les dimanches. Les jeunes joueurs intègrent par deux voies : le paiement des frais d’inscription et de la cotisation mensuelle fixés, respectivement à 10.000 Fcfa et 2.000 Fcfa. Le premier responsable du CEK indique que l’objectif du centre est de former les jeunes joueurs pour un futur meilleur. «Ce centre fait la fierté de tout le village de Kambila et ses environs », se réjouit le promoteur Mady Sy. « Le centre permet aux enfants de se retrouver mais leur offre, également, l’opportunité d’exprimer leur talent et démontrer leur savoir-faire. Nous travaillons avec les moyens du bord, nous avons un mini bus pour nos déplacements. Pour réaliser nos rêves, nous avons besoin de l’aide de tout le monde, partenaires, instances sportives, autorités», dit notre interlocuteur. Comme le CEK, le Centre Vamara Bamba de Lassa (CVB) est, également, basé à quelques km de la capitale. Il a été créé en 2013 et est dirigé par Vamara Bamba, avec comme entraîneur principal Seydou Coulibaly «Maestro». Ici, il y a 63 enfants répartis en trois catégories, les pupilles (23), les minimes A (20) et les minimes B (20). «Nous faisons la partie la plus difficile du travail, c’est-à-dire, la formation à la base, mais les centres qui ont plus de moyens que nous et les académies viennent chercher nos produits finis », déplore Maestro. « Nous n’avons pas les moyens pour garder nos enfants. Même si on veut les garder, leurs parents s’y opposent sous la pression des centres plus huppés et des agents de joueurs. C’est le plus grand problème que nous avons», fulmine le technicien. Au CVB, les frais d’inscription sont fixés à 1.000 Fcfa contre 500 Fcfa pour la cotisation mensuelle. «Cet argent est symbolique, c’est juste pour impliquer les parents dans le projet, sinon c’est le président seul qui prend le centre en charge. A travers ce centre, notre ambition est de permettre aux enfants de faire carrière dans le football, donc les aider à préparer leur avenir», indique Maestro. Après le CVB, retour à Bamako et cap sur le Centre de football de Korofina Sud (CFKS). Cette école a été portée sur les fonts baptismaux en 1996, avant d’être affiliée à la Fédération malienne de football (Femafoot) en 2013. Le Centre est présidé par Adama Cissé et compte 150 enfants qui s’entraînent tous les jours sur le terrain Tata Bambo. «Au début, les enfants ne payaient rien, mais par la suite, nous avons été rattrapés par les difficultés dues, en grande partie, au succès de l’école. C’est ainsi que nous avons instauré des frais d’inscription de 2.000 Fcfa et une cotisation mensuelle de 1.000 Fcfa pour chaque enfant. En début d’année, nous demandons aux enfants d’apporter un jeu de maillot sur lequel nous floquons le logo du club et un numéro», indique l’entraîneur Sidy Sy. «Nous n’avons pas suffisamment de moyens pour l’encadrement des enfants dont le nombre augmente chaque année. Le premier problème, c’est le terrain qui est trop petit et en même accidenté. L’état du terrain n’est pas adéquat et empêche les enfants d’exprimer leur vrai talent. Le centre a aussi, besoin d’équipements», explique le technicien du CFKS. Même constat au Centre olympique de Sirakaro Méguetana (COSM), en Commune VI. L’école a été créée en 2007 et compte aujourd’hui 122 enfants répartis en trois catégories : les poussins, les minimes et les pupilles. «Nous sommes dans un quartier où la population est majoritairement composée de familles démunies. Chez nous, il n’y a ni frais d’inscription, ni cotisation mensuelle. nous demandons simplement aux enfants d’apporter un maillot», confie l’entraîneur Youssouf S. B. Traoré. Comme beaucoup d’autres centres, le COSM est également confronté à de nombreuses difficultés qui entravent le bon fonctionnement de l’école. «Nous avons besoin d’aide, le président Madou Traoré ne peut continuer seul à prendre tout en charge. Comme dans les autres centres, nous allons bientôt instaurer les frais d’inscription et la cotisation mensuelle», annonce le technicien Baïchou. CENTRES HUPPES

Mali : Flambée des prix pendant le Ramadan

Par Maïmouna SOW Fatoumata A KONÉ Bamako, 05 mai (AMAP)  Quelques jours avant le début du mois de Ramadan, le gouvernement a fixé les prix plafonds de certaines denrées alimentaires les plus consommées. Les produits concernés par cette mesure sont, entre autres, l’huile, le sucre, le lait et la viande. Des numéros verts ont même été mis à la disposition des consommateurs pour dénoncer les commerçants véreux et récalcitrants. Sur le terrain, le constat est tout autre. Le prix de la viande a presque doublé. Malgré les mesures édictées par les autorités, les consommateurs achètent plus chers certains produits de grande consommation. Les commerçants invoquent, comme d’habitude, la hausse des prix fournisseurs Ce mardi matin, au marché «Dibidani», les étals des bouchers sont bien achalandés : viande avec ou sans os, filet, foie, cœur, rognon, abats, pieds, etc. Dès 8 heures du matin, le marché est animé comme d’habitude. Clients et vendeurs s’activent. Les mines graves, la démarche rapide, très peu de clients discutent les prix. Ils passent directement leurs commandes. «Un kilo et demi de filet de bœuf», demande Amadou Maïga. «Ça fait 6.000 Fcfa», répond le vendeur qui sert aussitôt le client. En temps normal, avec cette somme, on a 2 kg de viande. Amadou ne semble pas surpris, car il sait que chaque mois de Ramadan, les prix montent en flèche. «Quand j’ai envie de manger quelque chose, je vais au marché moi-même. Je constate une flambée des prix de la viande et du poisson, mais que faire ?», grimace-t-il. L’ambiance et la réaction sont autres quand il s’agit des femmes. Mme Diallo Massan va de table à table, observant les différentes qualités de viande proposée. Les prix annoncés semblent hors de sa portée. Le kilo de viande sans os se vend à 3.000 Fcfa, contre 2.500 Fcfa il y a quelques mois. «Le cœur que l’on achetait à 2.500 est cédé à 4.000 Fcfa aujourd’hui», s’indigne-t-elle, tout en poursuivant sa ronde pour dégoter les meilleurs morceaux au meilleur prix. Elle s’arrête devant le vendeur de foie et de rognon. Celui-ci l’informe que le kilo du foie qui était vendu à 3.000 Fcfa, coûte aujourd’hui 4.000 Fcfa. Le rognon, lui, est passé de 1.000 à 1.500 Fcfa. La jeune maman tourne en rond. Elle achète finalement du rognon à 1.500 Fcfa. «Je m’en remets à Dieu. Que faire ? On ne va quand même pas rester sans rien manger à la rupture. Je suis obligée de faire avec», se lamente-t-elle, en confiant qu’elle n’a que 2.500 Fcfa comme argent de la popote. Aminata Haïdara, la trentaine, a sa stratégie pour éviter la hausse des prix durant le mois de Ramadan. « Puisque chaque année, c’est le même scénario : la flambée de prix. À l’approche du mois béni, j’achète certains condiments tels que le sac d’oignon, le bidon d’huile, un carton d’ail. C’est ce qui m’évite le stress du marché », confie-t-elle. Aujourd’hui tout ce qui est indispensable pour faire un bon repas : poisson, viande, huile est hors de prix.. De leur côté, les bouchers donnent une explication à la hausse du prix du kg de la viande. Bachaka Sangaré est vendeur de foie, de rognon et de cœur. « Quel que soit le prix auquel l’on nous vend les marchandises, on le revend avec un gain de 200 Fcfa. Nous ne pouvons pas nous priver de cela quand même», souligne-t-il. PAS INFORME – Le grand boucher Bourama Diarra abat chaque jour un bœuf. Il assure que, depuis des mois, ses pertes atteignent 50.000 à 60.000 Fcfa sur chaque bœuf. «Avant, on nous cédait les animaux entre 200.000 et 250.000 Fcfa. Maintenant, c’est dans les 400.000 Fcfa. Dans ces conditions, on est obligé d’augmenter le prix. Ce qui ne suffit pas pour combler l’écart», déplore-t-il, précisant que la hausse a commencé vers la fin du régime de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta. Quand en est-il des mesures prises par les autorités ? « Nous ne sommes pas au courant de cette mesure », réplique-t-il, en précisant que ce sont les syndicats qui les informent sur les décisions de réduction des prix. « Cette fois, ils ne nous ont rien dit », soutient-il. Comme la viande, d’autres produits comme la pomme de terre, l’oignon, le gingembre connaissent également une flambée des prix. Vendeuse de pomme de terre au marché d’Hamdallaye, Awa propose trois paniers remplis. « Nous avons celles de Sikasso, de Kati et d’autres nous viennent du Sénégal. Le prix a augmenté depuis trois semaines », explique la commerçante. Le prix du kg de la pomme de terre est passé de 200 Fcfa à 300 voire 350 Fcfa. «Je viens d’acheter la pomme de terre à 300 Fcfa le kg. Chez d’autres vendeurs, le kg coûte 350 Fcfa, alors que la dernière fois, je l’avais eu à 200 Fcfa. Le prix de l’oignon a aussi augmenté», déplore Salimata Sylla, une cliente venue s’approvisionner au marché d’Hamdallaye. Rokia Diarra vend des condiments au marché d’Hamdallaye. Elle tient depuis des années une table bien garnie d’épices, de poivre, de poissons séchés, de pate de tomate, etc. À côté d’elle, deux grands paniers remplis d’oignons. L’un contient de l’échalote, l’autre le gros oignon. Le petit oignon est cédé à 250 Fcfa contre 175 à 200 Fcfa pour le kg du gros oignon. Le prix du litre de l’huile ne fait pas exception à cette hausse. Avant le Ramadan, le bidon de 20 litres d’huile était cédé à 16.500 Fcfa contre 16.750 Fcfa présentement. Celui de 5 litres est toujours vendu à 5.000 Fcfa. Boutiquier à Hamdallaye, Moussa Koné, explique. «Cette année est différente des autres. Avant, on nous donnait les 20 litres à 16.500 Fcfa, maintenant on nous les donne à 16.750 Fcfa. Par contre, le prix du litre qui s’élève à 1.000 Fcfa n’a pas connu de changement», précise-t-il. Selon Souleymane Traoré, vendeur au Grand marché de Bamako, le gingembre se fait rare. Ce qui fait monter son prix puisqu’il est beaucoup consommé pendant ce mois. «En ce moment, le kg

Mali : La réorganisation territoriale prend forme

Par Madiba KEITA avec les correspondants de l’AMAP Bamako, 04 mai (AMAP) La commission chargée du processus de réorganisation territoriale, au Mali, a organisé des ateliers régionaux de restitution de ses travaux, du 29 au 30 avril dernier, dans les chefs-lieux de Région et le District de Bamako. L’objectif de ces rencontres était d’expliquer les choix et orientations du gouvernement aux populations afin de recueillir leurs éventuelles recommandations. Le gouvernement malien veut, ainsi, recueillir des propositions à même d’améliorer les choix de réorganisation territoriale qui ont fait l’objet de débats houleux dans certaines localités et même de manifestations de rue par endroits. Le parachèvement du processus de réorganisation territoriale est l’un des axes majeurs de la feuille de route de la Transition. D’où l’adoption de la loi n° 2012-017 du 2 mars 2012 portant création de circonscriptions administratives en République du Mali. Ce texte a eu pour conséquence une augmentation du nombre de Régions, de 8 à 19. Donc la création de 11 nouvelles régions. Au niveau de Kayes (Ouest), les Cercles de Kita et de Nioro ont été érigés en Région. C’est le cas du Cercle de Kéniéba qui a surtout fait l’objet de débats houleux durant les travaux de la rencontre de Kayes. Dans le projet initial proposé aux concertations régionales de 2018, Kéniéba appartiendra à la Région de Kita. Et les délégués de cette circonscription administrative aux concertations ont purement et simplement demandé l’érection de leur cercle en région et ses arrondissements en cercles. À l’issue de débats houleux sur le rattachement de Kéniéba à Kita et l’appartenance de certains villages aux communes de leur choix, le gouverneur de Kayes, Moussa Soumaré, a demandé que les passages du rapport général relatif à l’érection des Cercles de Kéniéba et de Bafoulabé en région soient supprimés afin de respecter l’esprit de la loi. D’après le projet, la Région de Kayes sera composée de 8 cercles, 29 arrondissements et de 63 communes. Kita aura 5 cercles, 18 arrondissements et 45 communes. Nioro comptera 4 cercles, 12 arrondissements et 31 communes. Avec le nouveau découpage territorial, Koulikoro (Centre), la deuxième Région administrative du Mali, a été divisée en trois régions, à savoir les Régions de Koulikoro, Dioïla et Nara. San ne fait plus partie de la Région de Ségou (Centre) pour la simple raison qu’elle est devenue une région à part entière selon la loi n° 2012-017 du 2 mars 2012. Lors des travaux de restitution des conclusions de la commission chargée de la réorganisation territoriale dans a Ségou, des participants ont proposé que l’arrondissement de Markala soit érigé en cercle. La proposition n’ayant pas été prise en compte, la population de cette localité a manifesté son mécontentement. Les manifestants ont affronté les forces de l’ordre. Contrairement à Ségou, Sikasso (Sud) a connu des journées de consultations calmes même si les débats ont été parfois tendus. Selon les textes de la création des nouvelles circonscriptions territoriales administratives régionales, la Région de Sikasso a été divisée en 3 régions : Sikasso, Bougouni et Koutiala. Le projet de création des cercles et des arrondissements soumis aux participants de l’atelier prévoit, pour la nouvelle Région de Sikasso, 8 cercles et 21 arrondissements, la Région de Bougouni 6 cercles et 25 arrondissements et enfin la Région de Koutiala 4 cercles et 12 arrondissements. Des participants étaient contre le fait que la Région de Bougouni ait plus d’arrondissements que celle de Sikasso, la plus ancienne. Mais les autorités ont apporté des arguments qui ont convaincu les uns et les autres. Dans la nouvelle configuration du territoire, la Région de Mopti (Centre) est divisée en trois entités régionales : Mopti, Bandiagara et Douentza avec de nouveaux cercles et arrondissements. La Région de Mopti, qui reste toujours la 5ème région administrative, dispose de 8 cercles que sont Mopti, Djenné, Tenenkou, Youwarou, Sofara, Konna, Korientzé et Toguéré-Coumbé. Il compte 29 arrondissements et 49 communes. La Région de Bandiagara qui devient la 17ème région, compte 4 cercles (Bandiagara, Bankass, Koro et Kendié), 22 arrondissements et 49 communes. Douentza qui est la 19ème Région comprend 4 cercles (Douentza, Boré, Hombori et N’Gouma), 7 arrondissements et 15 communes. Au cours des deux jours de travaux, des voix se sont élevées pour déplorer la non prise en compte de certaines préoccupations évoquées, notamment l’érection de l’arrondissement de Mondoro, Dialassagou en cercle et le rattachement de la Commune de Madiama au Cercle de Djenné, au lieu de Sofara. Tandis que le sujet était en débat dans la salle, des jeunes battaient le pavé aux alentours avec des pancartes et banderoles pour demander l’érection de Mondoro en cercle. Des participants ont souhaité que Kouloko, Boulkéssi, Niangassadjou et Tiguila soient érigés en arrondissement pour une prise en charge efficiente des aspects sécuritaires. Les représentants du ministère ont joint leurs voix à celle du gouverneur Abass Dembélé pour expliquer à l’audience que l’atelier offrait la possibilité de proposer des modifications de rattachement des entités administratives de base quartier-village à une commune, les propositions de modification liée à l’orthographe y compris l’appellation authentique des circonscriptions administratives, des collectivités territoriales et des entités administratives de base. Le gouverneur a rassuré les participants que toutes les propositions seront consignées dans un rapport qui sera transmis “à qui de droit”. Gao (Nord) reste la 7è Région administrative du pays, avec 8 cercles, 17 arrondissements et 23 communes. Certains participants à la rencontre ont proposé d’ériger tous les anciens arrondissements des années 1959 à 60 en cercle (cas de Talataye et Tessit). D’autres ont souhaité que les cercles d’Almoustrat, Ansongo et Bourem soient érigés en région. Il y aurait eu des manifestations dans certaines de ces localités afin de mettre la pression sur les autorités. Selon le planning, le District de Bamako devrait avoir six arrondissements en lieu et place des communes et 99 quartiers. Ainsi, le premier arrondissement aura 22 quartiers, le deuxième 14, le troisième 20, le quatrième 10, le cinquième 17 et le sixième 16. Au ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, on tient à préciser

Moussa Sanogo : Un aîné bienveillant et discret nous a quitté

Par Youssouf DOUMBIA Bamako, 04 mai (AMAP) L’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) était fortement représentée à l’enterrement de notre collègue, Moussa Sanogo, qui a été porté en sa dernière demeure, lundi, au cimetière de Sotuba. Il a été brutalement arraché à l’affection des siens et de ses collègues éprouvés, samedi, dernier des suites d’une courte maladie. C’est une foule compacte de parents, amis, alliés et collègues qui a tenu à lui rendre ce dernier hommage. C’était à Boulkassoumbougou, en Commune I du District de Bamako. Ils ont éténombreux sont les collègues du défunt, dont le directeur général Bréhima Touré, qui ont tenu à prendre part à cette cérémonie funéraire. Moussa Sanogo était un homme certes discret, comme nous l’avons personnellement connu, en 1994, à notre arrivée à la rédaction du journal ‘L’Essor’, mais il était, aussi, dévoué pour les autres, surtout pour les nouveaux comme votre serviteur. Parmi la vingtaine d’aînés de la rédaction de l’époque, Moussa était certainement le moins loquace, mais a été celui qui nous a beaucoup appris. Cette façon de se réserver tranchait nettement avec sa disponibilité et sa propension à aider les plus jeunes comme nous. Il n’était pas avare en conseils tant sur le plan professionnel que moral ou intellectuel. Même quand il était «bousculé» par le temps, il acceptait d’arrêter d’écrire pour donner un coup de main. En ces moments critiques, Moussa Sanogo acceptait de parler et de «dépanner» un stagiaire ou même un titulaire qui le sollicitait. Le grand reporter qu’il était devenu à L’Essor, était régulièrement sur les sujets de reportage et autres enquêtes d’actualité. Ainsi, la direction générale de l’AMAP n’a pas hésité à le recruter après le changement de statut qui l’a érigé, en 1992, en Etablissement public à caractère administratif (EPA). Il faisait donc partie des premiers agents auxquels le nouvel EPA a accordé un contrat de travail à durée indéterminée. Dans sa carrière, Moussa Sanogo a d’abord été «Grand reporter» au Quotidien national ‘L’Essor’ de 1993 à 1997. Il est ensuite muté à l’Agence de presse. Il collabore avec l’Agence panafricaine d’information (Panapress), l’Agence France presse (AFP). L’Agence nationale de presse produisait des bulletins d’information «Mali presse info», qui publiait des dépêches sur l’actualité malienne et africaine et «éco-presse» qui traitait de l’actualité économique. Dors en paix, cher collègue. YD (AMAP)  

Diéma : Le pain de singe aux multiples vertus

Par Ouka BA AMAP-Diéma Diéma, 04 mai (AMAP) En milieu soninké, rares sont les habitations ou les champs qui n’ont pas, au moins, un baobab. Cet arbre historique et nourricier, constitue un patrimoine, un bien commun pour la famille. Lorsqu’une parcelle de terrain compte, même un seul baobab, le jour où son propriétaire décide de la vendre, l’arbre ne fera pas partie de la transaction. Il restera au compte du premier propriétaire du terrain, sauf s’il trouve un compromis pour le céder à l’acheteur. Le baobab, qui donne le pain de singe, est une essence précieuse qui peuple la quasi-totalité de la Bande sahélienne. Dans le Cercle de Diéma, dans l’Ouest du mali, on  en retrouve dans toutes les quinze communes, avec une présence plus accrue dans les localités de Dianguirdé, Madiga Sacko, Lakamané, Sansankidé, Diéoura et Doumara. Les Communes de Béma et Diéma, en comptent très peu. La cueillette et la commercialisation du pain de singe sont devenues une affaire de tous, aujourd’hui, dans le Cercle de Diéma. Ce ne sont plus les seuls Maures qui exercent cette activité lucrative. Dans la pure tradition maure, on accueille l’étranger avec du thé, naturellement, avant de lui donner à boire du « zirigui », une boisson traditionnelle à partir de poudre de pain de singe et de lait, avec une dose raisonnable de sucre. Pour mieux se rafraîchir, certains ajoutent de la glace au « zirigui ». Chez les Maures, le « zirigui ». est autant apprécié que le thé. Il facilite la digestion et « nettoierait » le ventre. D’autres trouvent que la consommation abusive du pain de singe provoque la constipation.. VERTUS ET QUALITES – Le baobab, qui peut vivre plusieurs siècles, occupe une place de choix dans l’économie familiale. Aucune partie du gigantesque arbre ne se jette. Ses écorces sont utilisées pour fabriquer des cordes, ses feuilles vertes entrent dans la préparation de la sauce de pâte d’arachide « Ziraboulou nan » et autres mets, la poudre de ses feuilles sèches « namougoufing » est associée au couscous pour le rendre plus gluant et facile à avaler. Le pain de singe entre dans la préparation de la bouillie de mil, à défaut du citron. Ce fruit sauvage est recommandé dans les cas de diarrhées, ainsi que l’ulcère gastrique Pour faire la sauce du « tô » (pâte de mil), certains préfèrent la poudre de feuilles de baobab au gombo. Aussi, pour donner du poids à leurs femmes et leurs filles, les Maures mettent-ils de la poudre de feuilles de baobab dans l’eau, mélangent minutieusement la mixture, et  leur font  boire constamment cette solution. La personne peut rendre ce qu’elle ingurgite, on lui fera quand même avaler toute la quantité préparée. Une pratique proche du gavage appelée « Ka Bellehé ». Selon certaines croyances, pour avoir le pouvoir, accéder à un poste de responsabilité ou même devenir « Mansa » (Chef), il faut bouillir la gousse vide du pain de singe et se laver avec la décoction, une fois par jour, pendant une semaine. Le résultat serait immédiat, à condition de n’avoir jamais entretenu de relations intimes avec la femme ou l’homme d’autrui. Pendant l’hivernage, au moment de cultiver, certains préparent le pain de singe pour donner à leurs enfants, afin d’atténuer les effets du soleil et étancher leur soif. « Enfant, je me souviens que de retour de la brousse, sous un soleil ardent, ma mère me donnait à boire du jus de pain de singe. Aussitôt, je me sentais soulagé », nous dit un homme. SAISON DES AFFAIRES – La traite du pain de singe a véritablement démarré dans le Cercle de Diéma. Des exploitants, aux  acheteurs, en passant par des revendeurs et des transporteurs, chacun y trouve son compte. Les Maures arrivent de la Mauritanie voisine pour charger leurs camions de pain de singe. Généralement, ils troquent leurs produits contre des céréales. Ils en vendent, aussi, pour se procurer du thé, du sucre, du tabac et pour régler d’autres petits problèmes. Le pain de singe est vendu dans les différentes foires hebdomadaires du Cercle de Diéma. Des stocks importants sont acheminés vers divers horizons, notamment, Kayes, Nioro du Sahel et Dakar, au Sénégal, où le produit, le plus souvent,  est transformé en jus, bonbons et autres pâtes alimentaires. Abdrahamane Konaté, notable à Fatao, indique que ce sont les Maures qui ravitaillent en  pain de singe leur commune et celle de Lambidou. Ils troquent leurs marchandises contre le mil et l’arachide. Rarement, sur ce marché, ils vendent pour de l’argent. « Nous, les Soninkés, on s’intéresse peu au pain de singe. Ce qui compte pour nous, c’est surtout le travail de la terre. Elle, qui, comme disait mon défunt grand-père, ne ment pas », dit-il, avec une pointe de fierté. Baye Sidibé, producteur agricole à Fangouné Bambara, entretient depuis une dizaine d’années, un périmètre de vingt baobabs qui produisent, chaque année, près 500 kg de pain de singe. Il  vend une partie de sa production, consomme une autre et en offre, volontiers, à des amis, voisins et proches. Dans ce village bambara, beaucoup de producteurs s’intéressent plus aux feuilles du baobab qu’à son fruit. M. Sidibé explique qu’il s’était rendu à Ségou, en voyage d’études, initié par une ONG internationale, à l’intention de certains producteurs, dans le cadre de la vulgarisation du sésame. Il en est revenu avec un pied de baobab greffé, âgé d’environ un an. Il l’a transplanté dans son périmètre. Mais Baye est confronté à la rareté de l’eau sur sa parcelle. Ce qui, souvent, l’oblige, lui et ses enfants, à la corvée d’eau. De tous ses arbres, il apprécie le plus le baobab qui résiste à la sècheresse et demande peu de soins pour vivre. En provenance de Fatao, Mme Hatouma Sylla, avoue avoir toujours détesté le pain de singe. « Depuis que je suis petite, quand ma mère me donnait à boire le jus de ce fruit, j’avais la nausée », déclare la dame. Mady Camara, ancien migrant, trouve que les conditions de conservation de ce produit laissent à désirer. D’où son refus d’en consommer. « Une fois qu’on extrait les grains de leurs enveloppes, on ne prend plus le soin de

Décès de Moussa Sanogo : l’AMAP perd un travailleur sérieux et affable

Par Souleymane B. TOUNKARA Bamako, 03 mai (AMAP) Surprise, tristesse, émotion. Le samedi 1er mai, la famille de l’Agence malienne de presse et de publicité (Amap) s’est réveillée avec la triste nouvelle du décès de Moussa Sanogo, à l’âge de 64 ans, des suites d’une courte maladie. Vingt quatre heures avant, c’est-à-dire vendredi, Moussa Sanogo était venu travailler et ceux qui l’ont vu ce jour-là dans la cour de l’Amap, l’ont trouvé dans un état de santé plutôt normal. En tout cas, Sanogo, comme on l’appelait ici, affichait le même sourire qu’on lui connaissait et était à jeun. Pourtant, ce vendredi, il s’est produit un incident qui n’a pas échappé à l’un des gardiens du parking de l’Amap. Abdoulaye Bah, c’est son nom, raconte : «quand il (Moussa Sanogo) est venu le matin garer sa moto au parking (Sanogo avait une voiture, mais venait souvent au travail à moto, ndlr), nous lui avons remis son ticket. À la descente, il est venu nous dire que sa moto n’était pas dans le parking et qu’il l’a cherchée en vain. En réalité, la moto était bien là et nous étions tous surpris du fait que Sanogo n’ait pas pu identifier son engin». Selon les astrologues, l’homme ne meurt jamais sans montrer certains signes. Samedi matin, le décès de Sanogo a été constaté. Il avait rendu l’âme dans son lit durant la nuit. RIGOUREUX – Né en 1957 à Bamako, Moussa Sanogo a fait ses études primaires à l’école de la Mission catholique de Sikasso puis à Koutiala où il obtint son diplôme d’études fondamentales (DEF). Après le DEF, il fréquente le lycée de Sikasso et décroche son baccalauréat, avant de partir en ex-URSS pour des études de journalisme. Il revient au Mali en 1989 et commence sa carrière professionnelle, d’abord à la Rédaction du Quotidien national L’Essor en tant que journaliste reporter, puis à l’Agence de presse comme agencier. Sérieux dans le travail, Moussa Sanogo deviendra ensuite, chef de division, puis directeur de l’Agence. En 2019, il quitte l’Agence pour devenir le chef du Service Archives et Documentations, un poste qu’il occupera jusqu’à son décès. Ancien directeur général par intérim de l’Amap et ancien directeur de l’Agence de presse, Gaoussou Traoré a travaillé avec le défunt pendant plus d’une décennie et se souvient «d’un homme sans histoires, qui s’entendait avec tout le monde et faisait toujours correctement ce qu’on lui demandait de faire au travail». «Il était très consciencieux dans le travail et n’avait aucun problème avec ses collègues», témoigne Gaoussou Traoré. Autant Moussa Sanogo travaillait avec professionnalisme et abnégation, autant il faisait montre d’humilité et de simplicité dans la vie. Quand on le croisait dans la cour de l’Amap, il était toujours le premier à saluer et Sanogo ne se contentait jamais des salutations d’usage. En homme pieux profondément versé dans l’islam, il faisait toujours des bénédictions pour ses interlocuteurs. Aussi, il ne ménageait, ni son temps, ni son énergie pour être présent aux cérémonies sociales (mariages, baptêmes, décès…). Dès lors, on comprend la douleur, la tristesse et la vive émotion des travailleurs, après l’annonce brutale de la mort de Moussa Sanogo, le samedi 1er mai. Mais la vie est ainsi faite et chacun de nous retournera un jour à Dieu. Les obsèques de Moussa Sanogo sont prévues aujourd’hui à partir de 10 heures. Dors en paix, cher collègue ! Amine. SBT (AMAP)