…Pas de panique au niveau des banques

Bamako, 11 janv (AMAP) Les chefs d’Etat de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont pris des sanctions contre le Mali, dont le gel des avoirs maliens au sein de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la fermeture des frontières entre le Mali et les États membres de l’organisation, la suspension des transactions avec Bamako, à l’exception des produits médicaux et des produits de première nécessité. Lire la suite sur : http://lessor.ml DC (AMAP)

Dossier sanctions de la CEDEAO : Les Bamakois entre colère et inquiétude

Bamako, 11 janv (AMAP) Hier, lundi, il était environ 13 heures au Quartier du Fleuve. En cette journée, un peu ensoleillé, Adama Sidibé et Ibrahima Mahamane étaient dans un « grin » (groupe d’amis) sous un fromager, non loin de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Le sujet du jour ? Les sanctions de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) contre le Mali. Lire la suite sur http://lessor.ml BD (AMAP)

Dossier sanctions de la CEDEAO : Les commerçants maliens plus indignés qu’inquiets

Bamako, 11 janv (AMAP) Lundi matin, les sanctions économiques et financières prises à l’encontre du Mali, à l’issue des sommets extraordinaires de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), tenus le 09 janvier 2022 à Accra, en Ghana, étaient sur toutes les lèvres. Lire la suite sur http://lessor.ml

Basin : Le retour en grâce de la teinture artisanale

Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 06 janv (AMAP) Les amateurs de ce tissu emblématique de notre culture vestimentaire se sont rendus compte que la coloration à l’artisanal était de meilleure qualité. Du coup, la teinture industrielle est en train de perdre du terrain. Lire la suite sur :https://lessor.ml/posts/basins-le-retour-en-grace-de-la-teinture-artisanale-61d69f9dde923

Opérations d’envergure Barkhane-Armée malienne  en décembre (État-major des armées françaises) 

Bamako, 05 janv (AMAP) L’Unité légère de reconnaissance et d’intervention (ULRI) n°6 des Forces armées maliennes (FAMa), a conduit, du 14 au 19 décembre 2021, une mission de reconnaissance offensive et de harcèlement dans une zone située entre In Kadewane et Tidermène, à plus de 90 kilomètres au nord de Ménaka, annonce l’État-major des armées françaises. Lors de cette « première mission dans la durée et en profondeur », l’unité malienne a été appuyée par le Task group (TG) n°2 franco-tchèque, ajoute l’État-major des armées françaises dans un communiqué. Selon la même source, « l’objectif de cette opération de grande ampleur engageant les unités sur deux fuseaux était de harceler et de repousser les Groupes armés terroristes (GAT) d’une zone forestière identifiée comme dangereuse et de réduire la menace autour de la Base opérationnelle avancée (BOA) de Ménaka », dans le Nord du Mali. Pour cela, les militaires maliens ont procédé à des fouilles de villages, à la mise en place de check points sur les axes principaux, à des interceptions mobiles « ainsi qu’à des infiltrations sur des points d’intérêt ». Ces actions dynamiques ont obligé les GAT à se retirer plus au nord pour éviter la confrontation avec l’armée malienne et la TF Takuba. Au-delà de ces résultats, l’ULRI n°6 s’est confrontée au terrain dans une zone dangereuse, maîtrisant la coordination des patrouilles motorisées et agissant en discrétion en infiltration de nuit.  Enfin, cette opération a permis de valider la coordination avec la Quick reaction force (QRF) suédoise via le Joint operational center (JOC). Du 16 au 17 décembre 2021, l’ULRI n°3 d’Ansongo (Nord), appuyée par le Task Group (TG) n°1 franco-estonien de Gao (Nord), a mené une opération de reconnaissance et de réassurance dans les environs d’Ansongo. Les objectifs de cette opération étaient multiples : conduire des entretiens d’opportunités dans la région avec des autorités civiles et militaires (préfet, sous-préfet, chef de la police locale et chef de la brigade de gendarmerie) et évaluer la situation sécuritaire. « Les militaires maliens et français ont préparé et conduit conjointement une mission de contrôle de zone en ville lors du jour du marché et ont reconnu les points de contrôle environnants », indique le communiqué. Le lendemain, une reconnaissance conjointe de 70 km a pu être menée, avec le TG 1 en appui d’une section de l’ULRI 3. « Tout en réaffirmant la présence de l’État dans cette zone, les soldats maliens ont démontré leur capacité à conduire des missions de reconnaissance et de présence au plus près des populations locales », selon l’Etat-major français. Du 21 au 25 décembre 2021, le Groupement tactique désert (GTD) Korrigan a escorté un convoi d’une cinquantaine de camions civils, dans le cadre d’une opération logistique entre la Plateforme opérationnelle désert (PfOD) de Gao et la Base opérationnelle avancée (BOA) de Gossi. L’opération a permis de ravitailler les unités du GTD Auvergne. Alors qu’ils effectuaient le trajet retour, les militaires du GTD Korrigan ont passé le réveillon de Noël en plein désert, en Base opérationnelle avancée temporaire (BOAT) et en présence du général de division Laurent Michon, commandant de la Force Barkhane, venu rendre visite aux unités déployées sur le terrain. Du 1er au 29 décembre, les avions de la Force Barkhane ont réalisé 692 sorties, parmi lesquelles 96 sorties chasse, 160 sorties ISR et 436 missions de transport ou de ravitaillement. MD (AMAP)

Route de Yirimadio : des bouchons malgré le viaduc

Par Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 05 janv (AMAP) Chaussée occupée par des vendeuses de fruits, de légumes et de produits divers, stationnement anarchique des minibus de transport en commun (Sotrama), des moto-taxis et des conducteurs de pousse-pousse ! Tel est le décor quotidien le long du viaduc long de 193 m, à Yirimadio, en Commune VI de la capitale malienne, Bamako), inauguré seulement le 15 novembre 2021. Cette situation crée des bouchons monstres, notamment aux heures de pointes. Entravant ainsi la fluidité du trafic au niveau de ce carrefour stratégique dans la capitale. Le viaduc est sur la Route nationale (RN 6), principale voie pour rallier les Régions de Ségou, Mopti (Centre), Gao, Tombouctou (Nord), etc. Elle vise la modernisation du réseau routier dans le District de Bamako, l’embellissement de la ville, l’amélioration du cadre de vie des populations riveraines, la fluidité de la circulation sur la section urbaine de la RN6 (Bamako-Ségou) et la voie d’accès au 3è Pont de Bamako, l’amélioration de la mobilité urbaine et la sécurité routière dans le District de Bamako, la diminution de la congestion du trafic au carrefour de la RN6. Il s’agit, également, de mettre fin au calvaire des populations des quartiers de Baguinéda, Yirimadjo, Niamana, N’Tabakoro, qui éprouvent des difficultés énormes pour rejoindre le centre-ville. Ces populations et autres usagers continuent de subir les mêmes difficultés imposées par l’occupation anarchique de la chaussée. Très tôt le matin, elles se trouvent piégées par un grand embouteillage qui se dessine à proximité du marché de Yirimadio, longeant la voie principale. Cette infrastructure marchande est située à environ une centaine de mètres de l’échangeur. Dans ce tohu-bohu, les piétons peinent à se frayer un chemin. La chaussée se rétrécit chaque jour davantage, de part et d’autre de la route, du fait de son occupation par les vendeuses installées de façon illicite. Une d’elle, Hawa Bah, quadragénaire, expose sa marchandise sur la chaussée depuis dix ans. Elle explique : «La mairie ne nous a pas autorisé à l’occuper. Si on est là, c’est parce qu’il n’y a pas de place de l’autre côté du marché. On paie chaque jour 50 Fcfa à la mairie en guise de taxe.» Mère de six enfants, Mah Kané est vendeuse saisonnière. Elle dit être consciente des dangers auxquels elle s’expose en étalant ses produits sur la chaussée. Chaque jour, des véhicules écrasent ses articles. Un jour, un véhicule a même renversé sa voisine enceinte qui a accouché le lendemain. «Si l’on se plaint, les conducteurs nous rappellent qu’on n’a pas le droit d’occuper cette place. Nous n’avons nulle part où aller, sauf si la mairie nous trouve un endroit», se défend Mah Kané. Non loin d’elle, Ina Dabo, assise dans sa voiture, crie son ras-le-bol. La mine serrée, les bras croisés, elle dit : «À ce niveau, c’est toujours comme ça. À cause de l’embouteillage d’ici, je préfère sortir tôt le matin ou attendre 11 heures». « Aux heures de pointe, le bouchon va du marché jusqu’au 3è pont », dit-elle, expliquant que les conducteurs de voiture font de leur mieux pour éviter les vendeuses. «En cas d’accident, ça serait une catastrophe», estime Ina Dabo.   ABSENCE D’ARRÊT DES SOTROMA – À quelques mètres de là, Ousmane Magané est assis sur sa moto garée sur la chaussée. Le quinquagénaire reconnaît qu’il ne doit pas y stationner. Toutefois, il accuse les chauffeurs de Sotrama d’être à l’origine des bouchons qui causent le malheur des usagers. Une accusation que réfutent les conducteurs de Sotrama. Ceux-ci, à l’instar de Sékouba Traoré, 30 ans, rejettent la responsabilité sur les vendeuses, motocyclistes et sur les conducteurs de pousse-pousse. «Il n’y a pas d’arrêt réservé au transport public ici. Le peu d’espace est occupé par les motocyclistes et les conducteurs de pousse-pousse. On nous accuse à tort. Nous demandons aux autorités de faire dégager les vendeuses pour libérer la route», dit Sékouba qui opère sur l’axe Yirimadjo, depuis plus de sept ans. Son collègue Aboubacar Traoré insiste sur la nécessité de la réalisation de Bases d’arrêt de transport ouverte (Bato) pour eux. «Nous continuons de prendre et de déposer les clients au niveau de notre ancien arrêt», insiste-t-il. Balla Moussa Sacko, un autre chauffeur, demande aux autorités de leur trouver une place où ils peuvent stationner pour prendre et déposer les clients. «Il nous faut une place dédiée, sinon on ne peut pas avoir de clients», plaide le conducteur. Maire délégué de Yirimadio, Commune VI du District de Bamako, Mamadou Coulibaly assure que des dispositions sont en train d’être prises à cet effet. « Récemment, précise l’élu, le maire en charge du développement et le secrétaire général du ministère des Transports et des Infrastructures ont, au cours d’une réunion, décidé de mettre un garde-fou entre les vendeuses et la route ». «Le marché officiel est en construction sur un autre site. Les gens sont provisoirement installés dans ce marché, en attendent la fin des travaux», explique-t-il. Concernant le paiement de la taxe par les vendeuses, l’édile précise que cela ne les autorise pas à s’installer de façon anarchique. «La cotisation contribue au développement de la commune. Elle est une obligation, même pour les vendeurs ambulants», dit-il. Selon le conseiller municipal, le plan de la nouvelle infrastructure marchande prévoit un arrêt réservé aux Sotramas. Toute chose qui confirme la volonté des autorités de fluidifier la circulation. L’Agence nationale de la sécurité routière (ANASER), la Direction urbaine du bon ordre et de la protection de l’environnement du District de Bamako (DUBOPE), les mairies des six Communes ainsi que la police avaient annoncé entreprendre, du 6 au 31 décembre dernier, des opérations de libération des voies publiques et accès des passerelles piétonnes dans la capitale. AG (AMAP)

Gaz butane : La pénurie encore et encore !

Par Makan SISSOKO Bamako, 05 janv (AMAP) Depuis quelques semaines, on constate une pénurie de gaz butane à Bamako et ses environs. Le problème, qui serait dû au retard de la subvention que l’État accorde aux importateurs de gaz, se pose, pratiquement, chaque année, pénalisant les consommateurs. «Nous connaissons tous les dangers de la coupure du bois mais si on n’arrive pas à trouver une solution au manque de gaz, nous n’avons d’autre choix que d’utiliser du bois et du charbon pour faire cuire nos aliments», s’exprime ainsi un chef de famille sous le couvert de l’anonymat. «Depuis plus d’un mois, je n’arrive pas à recharger mes deux bonbonnes de gaz. Aujourd’hui, je me suis réveillée à 4 heures du matin pour faire le feu de bois et préparer le petit déjeuner», explique la ménagère Assan Keïta. Abondant dans le même sens, une autre ménagère, Oumou Traoré, soutient qu’avec la rareté du gaz en ville, le prix de recharge de la bouteille de 6 kg a connu actuellement une augmentation dans son quartier à Kalabancoura. Selon elle, le prix a flambé de 3000 Fcfa à 4000 Fcfa voire 5000 Fcfa dans certains points de recharge. Au marché Dibidani où notre équipe de reportage a constaté que de nombreux magasins de vente de gaz n’avaient plus de stock. Le revendeur Hamady Diawara explique que depuis deux semaines, il ne parvient plus à avoir le produit auprès des fournisseurs. «Nous vendons et rechargeons des bonbonnes de gaz. Mais maintenant nous ne disposons pas de gaz», déplore le commerçant. « Néanmoins, dit-il, certains fournisseurs continuent à ravitailler le marché ». Le revendeur Souleymane Simpara signale que certains de ces collègues profitent de cette situation pour augmenter les prix de la bouteille de 6 kg à 4000 ou 5000 Fcfa alors que le prix normal est de 3000 Fcfa. Cheickna Bocoum est distributeur de gaz. Il pense que cette pénurie est, en grande partie, due au problème de subvention que l’État accorde aux importateurs de gaz. «C’est un problème qui revient pratiquement chaque année. Nous les distributeurs, nous en subissons directement les conséquences. Nous souhaitons que l’État fasse quelque chose pour que nous puissions avoir du gaz pour satisfaire nos clients», plaide-t-il Rencontrée dans son bureau à Hamadallaye ACI 2000, la directrice générale de la Société d’importation, de conditionnement et de distribution de gaz «Kama Gaz», Fatoumata Koudy Diallo, explique que cette pénurie de gaz est une conjugaison de plusieurs facteurs. «Nous nous approvisionnons essentiellement sur l’axe Dakar. Courant décembre, il y avait un mouvement d’humeur des transporteurs à Dakar qui a impacté un peu nos activités. Par ailleurs, le fait que la subvention de l’État ne tombe pas encore, la plupart des sociétés d’importation de gaz n’arrivent pas à tenir au niveau de leurs trésoreries», détaille Fatoumata Koudy Diallo. Cependant, notre interlocutrice précise que sa société est dans la tendance habituelle d’importation et de distribution de gaz. «À notre niveau, nous disposons suffisamment de gaz et nous continuons à le distribuer aux prix habituels. À travers des courriers, nous avons instruit nos distributeurs de respecter les prix consensuels », dit-elle.   La directrice de Kama Gaz fait remarquer que les prix du gaz connaissent actuellement une hausse mondiale. « Et cela nous impacte considérablement. En ce moment, il nous faut engranger beaucoup plus de trésoreries pour pouvoir payer suffisamment de gaz», explique-t-elle. Elle ajoute, aussi, le fait qu’il y a beaucoup de retard par rapport à la subvention du gaz par l’État qui joue énormément sur les opérateurs gaziers. «L’Etat subventionne pour que les consommateurs aient le gaz à un prix raisonnable. Mais quand les subventions ne tombent pas à temps, ça devient un peu compliqué pour les opérateurs», argumente Fatoumata Koudy Diallo. Pour en savoir davantage sur la subvention de l’État dans ce secteur, nous avons tenté d’approcher les responsables de l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et de l’électrification rural (AMADER) et d’autres sociétés de gaz, nos efforts sont restés vains. MS/MD (AMAP)  

Conclusions des Assises nationales de la refondation (ANR) : Un condensé des préoccupations nationales

Par Issa DEMBÉLÉ Oumar DIAKITÉ Bembablin DOUMBIA Aboubacar TRAORÉ Bamako, 30 déc (AMAP) Après trois jours de travaux, les principales recommandations ont été validées, jeudi 30 décembre, par plus de 1.600 délégués de la rencontre. Elles sont sensées résumer les aspirations des Maliens sur le devenir du pays. Pour la durée de la Transition, les participants ont estimé qu’il fallait donner du temps aux autorités pour réaliser les réformes institutionnelles nécessaires à la tenue d’élections crédibles, équitables et transparentes. L’ensemble des participants des quatre ateliers se sont retrouvés dans la salle Djéli Baba Sissoko du CICB pour la validation en plénière des conclusions des Assises nationales de la refondation (ANR). Le rapport présenté compile les recommandations phares, mais « toutes les propositions faites constitueront une base de données qui sera mise à la disposition du Comité de suivi et d’évaluation», a dit Zeïni Moulaye, président du Panel des hautes personnalités des ANR. Ce comité pourra y puiser au besoin, durant les 25 années que prendra le processus de refondation. Parmi les recommandations relatives aux questions politiques et institutionnelles et à la gouvernance électorale, il faut retenir la réduction du nombre de partis politiques en appliquant des conditions restrictives de création et de financement ; la relecture de la Charte des partis politiques, avec une réaffirmation du statut de chef de file de l’Opposition ; la fin du nomadisme politique en cours de mandat ; la réduction du nombre d’institutions de la République dans la Constitution ; la révision des compétences de la Cour constitutionnelle en matière électorale ; la mise en place d’un Sénat et d’une Cour des comptes ; l’ouverture au citoyen de la saisine de la Cour constitutionnelle ; la recomposition du Conseil national de la Transition (CNT) conformément à la Charte de la Transition. D’autres mesures concernent le maintien de la forme de l’Etat unitaire, républicain décentralisé, laïc, démocratique et social; la relecture de la loi électorale ; la mise en place d’un Organe unique indépendant de gestion des élections (OUIGE); l’instauration du mode de scrutin proportionnel pour l’élection des députés; l’organisation des élections municipales avant les législatives et les présidentielles; la participation des Maliens établis à l’extérieur aux élections législatives. Pour  la durée de la Transition, les participants ont estimé qu’il fallait donner du temps aux autorités pour réaliser les réformes institutionnelles structurantes et, par conséquent, permettre des élections crédibles, équitables et transparentes. Les délais avancés varient de 6 mois à 5 ans. Sur les questions de défense, de la sécurité, de la souveraineté, de la lutte contre le terrorisme et celles géostratégiques et géopolitiques, il a été convenu de mettre en œuvre la Loi d’orientation et de programmation militaire par la mise en place d’un système informatique pour assurer la maîtrise des effectifs et des moyens mis à la disposition des Forces de défense et de sécurité ; de poursuivre l’équipement des Forces armées maliennes (FAMa) ; d’accroître la formation spécialisée de nos forces de défense et de sécurité en fonction des menaces asymétriques ; d’implanter de nouveaux camps aux effectifs conséquents en fonction de la nouvelle carte sécuritaire et stratégique du pays et surtout de la géographie des menaces ; de développer de nouveaux partenariats militaires avec des puissances militaires pour mieux défendre la souveraineté du Mali; de dissoudre toutes les milices et les reverser dans l’Armée ; de recruter dans tous les villages situés dans les zones d’insécurité ; d’instaurer le service militaire obligatoire à partir de 20 ans ; de déployer les officiers supérieurs sur le terrain et non dans les ministères; de construire des logements sociaux pour les militaires. Pour les besoins de la lutte contre le terrorisme, la sécurité et la défense du territoire, le président de la République peut pendre un décret en fonction des pouvoirs que la Constitution lui donne pour mobiliser les forces paramilitaires pour la défense de la patrie. S’agissant des recommandations relatives à la justice, on peut retenir les «recrutements dans le cadre de la diversification des administrations judiciaires à travers le pays pour rendre plus rapide et serein le fonctionnement de la justice». Le respect de l’indépendance de la justice par une séparation réelle des pouvoirs, la dépolitisation de la justice et la mise en place de juges des libertés et de la détention sont, aussi, des propositions fortes. En outre, les participants ont demandé de regrouper des services de contrôle judiciaire (Oclei, Vérificateur général, contrôle général des services publics) en une seule structure, de rendre imprescriptibles les infractions en matière de délinquance financière et d’œuvrer à l’effectivité de la médiation pénale pour désengorger les maisons d’arrêt. Sur la politique étrangère, les participants ont insisté sur la nécessité de rendre notre diplomatie plus active et plus professionnelle, d’étendre la carte diplomatique en fonction des intérêts de notre pays et de faire émerger une diplomatie de crise plus efficace avec comme points focaux la défense, la sécurité, l’économie et la protection des Maliens de l’extérieur. Autres propositions: multiplier les partenariats et accords de coopération dans les domaines de la sécurité et la défense, organiser les états généraux de la migration, ouvrir des missions diplomatiques et consulaires dans tous les pays où il y a au moins 1.000 ressortissants maliens, créer la Banque d’investissement de la diaspora. S’agissant des médias, l’une des recommandations est de règlementer le secteur en fonction des nouveaux canaux de communication, tout en préservant la liberté d’expression. Sur les questions relatives aux arts, culture, tourisme, sport, jeunesse,  éducation civique, construction civique, éducation, questions scolaires, universitaires et recherches scientifiques, plusieurs recommandations ont été retenues. S’y ajoutent la formation des jeunes diplômés pour créer de l’emploi  dans le domaine de l’artisanat, l’accélération du rapatriement de nos œuvres d’art et la redéfinition de nos valeurs culturelles en fonction de la Charte de Kurukan Fuga. Il y a, également, l’institution d’une journée nationale du tourisme, l’encouragement des clubs professionnels sportifs à recruter des lycéens, la pacification de l’espace scolaire et universitaire pour en faire un lieu d’acquisition de savoirs et de connaissances et non de

Pièces de monnaie : Leur rareté nuit aux activités commerciales

Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 29 déc (AMAP) La crise de menues monnaies est une épine dans le pied des vendeurs et acheteurs, usagers et prestataires. De nombreuses transactions tournent court à cause de cette pénurie. Ramatoulaye (nom d’emprunt), la quarantaine, est salariée dans une société de la place. Elle prend un taxi, à sa descente du travail, à 17 heures pour se rendre chez elle, au quartier de… Le taximan l’informe : «Les frais de transport coûtent 1.750 Fcfa.» Arrivée à destination, elle lui tend un billet de 5.000 Fcfa duquel doivent être soustraits les 1.750 Fcfa. «Warimissin téyi» : « Pas de monnaie » répond le taximan, en bambara. Embarassée, elle lui donne un billet de 2.000 Fcfa. «Warimissin téyi», répète le chauffeur de taxi. « Ne sachant plus que faire, j’ai été obligée d’acheter 250 Fcfa de crédit téléphonique chez un boutiquier du coin qui hésitait, également, à faire la monnaie», confie-t-elle. Cette situation est loin d’être un cas isolé. À Bamako, les opérations d’achat/vente avortent, de plus en plus, du fait du manque de pièces de monnaie de 5 à 500 Fcfa. Ce problème est surtout récurrent dans les officines, les supermarchés, les boutiques, chez les chauffeurs de taxis et Sotrama, dans les cybercafés, les restaurants, etc. Le client a souvent le choix entre aller, lui-même, chercher la monnaie ou annuler son achat ou encore se voir proposer des friandises à la place de la monnaie par des boutiquiers. Awa Magassouba vend des bijoux au Marché rose de Bamako. « La relative pénurie de pièces d’argent donne envie d’arrêter le commerce chaque jour », se plaint-elle. «Généralement, la plupart de mes clients donnent 500 Fcfa pour des achats de 200 ou 300 Fcfa. Pour avoir des pièces de monnaie, je suis obligée d’acheter souvent des sachets d’eau de 25 Fcfa, même quand je n’ai pas soif», explique la marchande. Elle ajoute qu’elle perd de nombreux clients, chaque jour, faute de monnaie pour l’acheteur. Pour pouvoir conserver sa clientèle, Awa renonce souvent à la monnaie. Elle invite les établissements financiers à mettre les pièces d’argent à la disposition des usagers. Le manque de pièces de monnaie est un calvaire dans les échanges entre ménagères et vendeurs de condiments. Il est plus aisé de trouver la monnaie de 5.000 Fcfa que de 500 Fcfa, à en croire certaines d’entre elles. Vendeur de condiments au marché de Ouolofobougou, en Commune IV du District de Bamako, Boubacar Camara explique ce problème par la commercialisation des pièces d’argent. «Avant, les mendiants nous donnaient des pièces en échange de bonbons ou autres articles. De nos jours, ils monnayent les pièces de 450 contre un billet 500 Fcfa», selon Boubacar. Pour éviter la perte des clients, notre épicier remet certaines de ses marchandises telles que les bouillons aux clients en lieu et place de leur monnaie. Dans les Sotramas (véhicules de transport en commun), passagers et apprentis chauffeurs sont très souvent à couteaux tirés à cause de la monnaie. Apprenti de Sotrama à Daoudabougou, Fousseyni Touré a été plusieurs fois obligé de laisser des clients partir avec sa monnaie. «Deux clients m’ont donné 500 Fcfa alors qu’ils avaient confirmé être en possession de 450 Fcfa. J’ai donc refusé de leur retourner la monnaie de 50 Fcfa», explique Fousseyni. Certains expliquent la situation par la cherté de la vie, la commercialisation des pièces et le manque d’argent. Un cambiste de pièces d’argent, qui a requis l’anonymat, réfute cette affirmation, précisant qu’il s’approvisionne auprès des grands commerçants, des mendiants et des banques. « Quand tu as un chèque, tu peux demander aux banquiers de te donner des pièces et c’est gratuit », dit-il. Dans la pratique, il échange 500 contre des jetons de 450 Fcfa. Les usagers sollicitent ce genre de service pour éviter les longues files d’attente des banques pour avoir des pièces de monnaie. Interrogé à ce propos, le directeur de l’Agence principale de la Banque de développement du Mali (BDM), Ibrahima Mahamadou Sow, explique que la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) délivre les jetons selon un calendrier bimensuel ou trimestriel. «Elle nous avise de la mise à disposition des pièces de monnaie à des dates spécifiques», indique M. Sow. C’est en ce moment que la BDM va exprimer ses besoins en jetons. Ainsi, lorsque les agences sont approvisionnées, il y a une grande quantité de jetons à leur disposition pour pouvoir payer les chèques et faire face à la demande de la clientèle. Un client, qui a un chèque de 500.000 Fcfa, peut avoir jusqu’à 100.000 Fcfa en pièces, s’il en fait la demande. Cependant, des mesures sont prises pour ne pas épuiser le stock avant la prochaine provision. Les agences qui en expriment le besoin sont fournies. Celles de Bamako sont les plus fournies en pièces de monnaie parce que le petit commerce est plus développé dans la capitale. Selon le directeur de l’Agence principale de la BDM-SA, les entreprises telles que les pharmacies, les grandes surfaces, les alimentations ont le droit de s’inscrire à la BCEAO pour avoir accès aux jetons. Le banquier rejette l’allégation de rareté de jetons sur le marché. « C’est une situation qui est apparente mais pas réelle, parce qu’on en trouve lorsqu’on fait la demande à la banque», assure-t-il. Selon lui, c’est l’utilisation qu’on en fait qui donne cette impression. Ibrahima Mahamadou Sow regrette que les agents préfèrent garder les jetons pour les donner, par affinité, aux entreprises ou à d’autres personnes qui leurs sont proches. FMS (AMAP)

Assises nationales de la refondation : L’ultime étape du grand rendez-vous pour un Mali nouveau

Par Issa DEMBELE Bamako, 28 déc (AMAP) L’ouverture de la phase nationale des Assises nationales de la refondation (ANR), lundi, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), a été un moment solennel dans la vie de notre nation. Plutôt qu’une option, cette concertation est impérative pour le Mali eu égard à son état de déliquescence avancée, a estimé le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. «Le rendez-vous pour un Mali nouveau». C’est le slogan de la phase nationale des ANR qui a été solennellement lancée par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. L’événement a mobilisé le ban et l’arrière-ban de la République. Outre les chefs d’institutions et les membres du gouvernement, il y avait un ancien chef d’État, Pr Dioncounda Traoré, deux anciens Premiers ministres, des diplomates, des autorités religieuses et coutumières… Ces Assises ont été initiées parce qu’il était impérieux que les Maliens se retrouvent pour trouver des solutions pertinentes aux multiples maux dont souffre le pays, depuis près d’une décennie. L’État peine à exercer son autorité sur une large partie du territoire et des attaques terroristes endeuillent régulièrement les populations. L’instabilité est également politique et les défis sont pressants dans les domaines de la justice, de l’éducation, de l’économie, du social, du foncier… «Plutôt qu’une option, ces ANR sont impératives pour le Mali eu égard à son état de déliquescence avancée», a résumé le président de la Transition. Les objectifs de ces débats sont donc clairs : faire un diagnostic sans complaisance de l’état de la nation, tirer les meilleures leçons des foras passés et faire des propositions permettant de construire une solution de sortie de crise qui, en même temps, ouvre d’heureux horizons au peuple malien. Les Maliens de tous bords ont ainsi l’occasion de poser les jalons du sursaut national, de converger vers un avenir meilleur et prospère. Les débats vont durer jusqu’au 30 décembre. Ces quatre jours d’échanges constituent la phase ultime de ces Assises, qui ont débuté depuis le 11 de ce mois à travers des concertations locales dans 725 sur 759 communes, 51 sur 60 cercles et dans toutes les régions, à l’exception notoire des Régions de Kidal et Ménaka. Les représentations diplomatiques du Mali dans 26 pays de forte concentration de nos concitoyens à l’étranger ont, aussi, servi de cadre à ces concertations. La phase nationale sera une «étape cruciale dans la marche héroïque de notre pays vers le redressement», selon le chef de l’État qui a encore souligné que ces ANR «nous offrent une occasion exceptionnelle pour nous interroger sur le type de citoyen que nous voulons être, le type de leader dont nous avons besoin pour bâtir le Mali nouveau». Le colonel Assimi Goïta, qui s’est dit confiant en la capacité de sursaut du peuple malien, s’est réjoui du fait que les phases locales ont donné le ton et le début du contenu du processus de refondation. Puisqu’elles ont permis de mettre en commun les différentes attentes des populations quant au renouveau politique, institutionnel, sécuritaire, économique et social attendu. PRENDRE LE TRAIN EN MARCHE – Bien que ces ANR constituent une étape importante, les résultats qui en sortiront ne seront, cependant, que le début de la refondation. Il sera mis en place, à la fin des Assises, un Comité de suivi et d’évaluation, ainsi qu’une phase technique intense qui élaborera des cadres de référence d’orientations stratégiques, de planification économique et de développement… Bref, toute une panoplie d’outils institutionnels, législatifs et techniques du nouveau Mali. «Il s’agira d’aboutir à la mise en place d’une stratégie cohérente qui combine et coordonne l’action publique dans tous les secteurs tout en engageant une estimation budgétaire du coût de la refondation », annoncé le chef de l’État. Auparavant, le président du Panel des hautes personnalités des ANR s’était félicité de l’engouement exceptionnel manifesté par les populations locales lors des trois premières phases. Pour lui, c’est la preuve de la ferme volonté populaire de contribuer à l’édification d’un Mali nouveau. Mais pour changer véritablement la situation de notre pays, « il faut d’abord que nous changions nous-mêmes», a plaidé Zeïni Moulaye qui a ainsi exhorté les participants à placer la «transformation de l’homme malien au cœur des débats». Le Panel garde l’espoir de voir que ceux qui n’ont pas encore pris le train le feront. Cet espoir est d’autant plus permis que lors des rencontres initiées par le Panel, aucun interlocuteur n’a fermé la porte du dialogue. « Ce qui nous porte à croire que dans un proche avenir, tous les Maliens se retrouveront pour construire ce Mali nouveau auquel notre peuple aspire», a déclaré Zeïni Moulaye. ID (AMAP)