Bureau de placement payant et entreprise de travail temporaire: Est-ce une exploitation ?
Par Babba B. COULIBALY Bamako, 26 janv (AMAP) Des entreprises placent des employés dans les banques, sociétés minières, stations services, sociétés de nettoyage ou de gardiennage. Mais ces travailleurs temporaires se plaignent de leur traitement. (Lire la suite sur: http://l’essor.ml)
Burkina Faso : Le pouvoir change de main
Par Dieudonné DIAMA Bamako, 25 janv (AMAP) Des militaires organisés au sein du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) sont apparus, lundi, à la télévision nationale burkinabè pour annoncer avoir déposé le président Roch Marc Christian Kaboré. Le nouvel homme fort s’appelle Paul-Henri Sandaogo Damiba. Il est lieutenant-colonel Investi pour un second mandat le 28 décembre 2020, le président burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, a été renversé hier par un groupe de militaires qui lui reprochent son incapacité à enrayer le péril terroriste auquel le Burkina Faso fait face depuis plusieurs années. «Au regard de la dégradation continue de la situation sécuritaire qui menace les fondements même de notre nation, de l’incapacité manifeste du pouvoir de Monsieur Roch Marc Christian Kaboré à unir les Burkinabè pour faire face efficacement à la situation et suite à l’exaspération des différentes couches sociales de la nation, le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) a décidé d’assumer ses responsabilités devant l’histoire, la communauté nationale et internationale. Le Mouvement qui regroupe toutes les composantes des forces de défense et de sécurité a ainsi décidé de mettre fin au pouvoir de Monsieur Roch Marc Christian Kaboré ce 24 janvier 2022. Une décision prise dans le seul but de permettre à notre pays de se remettre sur le bon chemin et de rassembler toutes ses forces afin de lutter pour son intégrité territoriale, son redressement et sa souveraineté. Le MPRS tient à souligner que les opérations se sont déroulées sans effusion de sang et sans aucune contrainte physique sur les personnes arrêtées qui sont détenues dans un lieu sûr dans le respect de leur dignité. Le MPSR rassure également les partenaires et amis du Burkina Faso quant à la ferme volonté de notre pays de continuer à respecter ses engagements internationaux notamment en matière de droits de l’Homme et s’engage à proposer dans un délai raisonnable après consultation des forces vives de la nation, un calendrier pour un retour à un ordre constitutionnel accepté de tous…. », a déclaré à la télévision nationale burkinabè le groupe de militaires qui a pris le pouvoir. Le MPSR est dirigé par le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, un officier supérieur d’infanterie dans l’armée burkinabè. Il est diplômé de l’école militaire de Paris, titulaire d’un Master 2 en sciences criminelles du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) de Paris ainsi que d’une certification d’expert de la Défense en management, commandement et stratégie. Il est auteur du livre “Armée ouest-africaines et terrorisme, réponses incertaines ?”. Tout est parti des attaques terroristes à répétition contre les positions des militaires et contre des civils dans plusieurs localités du pays. Mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est l’attaque d’Inata en novembre 2020 où près de 50 militaires ont perdu la vie. Sous la colère, l’opposition avait donné un ultimatum d’un mois au président pour trouver des solutions idoines à la situation sécuritaire. Si rien n’est fait dans ce sens, elle avait promis des manifestations pour exiger sa démission. Prenant au sérieux cette menace, le président Kaboré a formé un nouveau gouvernement et procédé à plusieurs changements à la tête des forces de défense et de sécurité. Mais cela n’a pas changé la donne. Ce qui a donné lieu à une mutinerie dans les casernes. Laquelle a fini par avoir raison de son pouvoir hier lundi. DD (AMAP)
Des hommes armés non identifiés détruisent des antennes de réseaux téléphoniques à Koro, dans le Centre du Mali
Koro, 23 janv (AMAP) Les attaques par des hommes armés non identifiés ont repris dans le cercle de Koro (Centre), pendant la semaine du 17 au 23 janvier 2022, notamment contre les installations de réseaux téléphoniques dans des localités à quelques kilomètres de Koro. Entre le 19 janvier et le 21 janvier, des hommes armées ont détruit, successivement, les antennes des réseaux téléphoniques de Karakindé (Commune de Madougou), Dangaténé (Commune de Bondo) et Bondo (chef-lieu de commune), emportant les panneaux solaires et quelques batteries. Le dernier site auquel ils ont tenté de s’attaquer est celui de Barapireli, dans la nuit du 22 au 23 janvier 2022. Ils en ont été empêchés par la brigade d’auto-défense du village qui garde les lieux. Cette reprise des attaques dans le Cercle de Koro, même si pour le moment les hommes armés non identifiés ne s’en prennent qu’aux installations téléphoniques, commence à inquiéter les populations. Le Cercle de Koro a connu une période d’accalmie relative depuis la signature des accords globaux de paix entre les communautés en février 2020. La destruction des réseaux téléphoniques pourra impacter négativement sur ces accords et la paix fragile retrouvée depuis la signature de ces accords. Pour beaucoup, la destruction de ces installations téléphoniques, à un moment où l’armée monte en puissance et est en train de traquer les terroristes jusque dans leur dernier retranchement, n’est pas fortuite. C’est un moyen pour eux de priver les populations de tous les moyens de communication leur permettant de donner des informations à l’armée sur leurs mouvements. AMAP
Approvisionnement du marché malien : Les assurances de la Mauritanie
Cheick M. TRAORÉ Envoyé spécial Nouakchott, 18 janv (AMAP) Une forte délégation ministérielle malienne conduite par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoualye Diop, a été reçue, mardi, à Nouakchott par le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani qui a exprimé la disponibilité de la Mauritanie à aider le Mali dans ces moments très difficiles. A ses hôtes et « frères maliens », qui s’étaient d’abord rendus en Guinée, le dirigeant mauritanien a réaffirmé la volonté ferme de son pays d’accompagner le Mali en ces moments pénibles. La rencontre qui a duré plus d’une heure s’est déroulée en présence du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l’Extérieur, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed. Côté malien, il y avait aussi le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga, le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, le ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko et celui des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré. À sa sortie d’audience, le chef de la diplomatie malienne a confié à la presse être porteur d’un message d’amitié , de solidarité et de fraternité du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, à son «grand-frère», le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Message d’assurance qui intervient dans un contexte marqué par la tenue, fin décembre, des Assises nationales de la refondation dont les conclusions ont été portées à l’attention du président Ghazouani. L’objectif visé est de demander ses conseils, ses orientations et son implication aux côtés des frères Maliens pour que «nous puissions trouver une solution à ces difficultés», a indiqué le ministre Abdoulaye Diop. Et d’aider, également, à faire face à des sanctions de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) imposées injustement au peuple malien et «qui posent des difficultés au Mali et au voisinage immédiat». «À ce propos, le chef de l’État m’a demandé de rassurer le président Ghazouani de l’engagement constant du Mali pour trouver une réponse à ces problèmes à travers le dialogue, la concertation. Cela, en œuvrant à trouver le bon équilibre entre les aspirations du peuple malien et les demandes de la communauté internationale», a affirmé le ministre Diop. Ils ajouté que cette visite en Mauritanie, aussi, pour but, d’exprimer la grande reconnaissance et la gratitude des autorités et du peuple maliens à ce pays voisin pour sa solidarité agissante auprès du Mali. La délégation a donné les assurances nécessaires que «nous allons continuer à cheminer, main dans la main, pour que le processus de Transition au Mali puisse se terminer dans un cadre consensuel, de dialogue et souhaiter que la communauté régionale, africaine et internationale puisse aussi faire le pas nécessaire pour mieux comprendre et apprécier la situation au niveau de notre pays», a indiqué le chef de la diplomatie malienne. «Sur l’ensemble de ces questions, nous avons eu des assurances de la part du président de la République de Mauritanie que tout ce qui est nécessaire sera fait et, qu’en tant que pays ami et frère, tout ce qui touche la Mauritanie touche le Mali et vice-versa», a signalé Abdoulaye Diop, ajoutant que le président mauritanien a assuré que «tout sera fait pour le confort des populations maliennes, notamment en ces moments difficiles». SATISFACTION – Auparavant, Maliens et Mauritaniens ont eu une séance de travail au ministère mauritanien des Affaires étrangères et de la Coopération. À la fin de ces travaux en groupe, chaque ministre malien a rejoint son homologue mauritanien pour approfondir les échanges dans le but de nouer des partenariats stratégiques pour le bonheur de nos deux peuples. C’est ainsi que la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, et les opérateurs économiques maliens ont rencontré leurs homologues mauritaniens au ministère de la Pêche. «La visite de travail a permis de passer en revue l’ensemble des documents cadres existants, c’est-à-dire les protocoles relatifs au transit routier et maritime. La délégation a eu satisfaction sur tous les points sur lesquels le Mali avait des réserves grâce à l’implication personnelle du président de la République mauritanienne qui a donné des instructions, en demandant de lever tous les obstacles à la fluidité du trafic pour faciliter le ravitaillement de notre pays. La partie mauritanienne s’est proposée de faire un autre port qui permettra d’approvisionner notre pays, en passant par Nioro et Selibabi. Ce qui permettrait d’atteindre Bamako sur des distances assez raisonnables », a déclaré la ministre Sissoko. « Nous sommes prêts à saisir ces opportunités. Le trafic malien sur Nouakchott est un peu faible. Grâce à toutes ces facilitées qui viennent d’être offertes aux Maliens, nous allons accroître la desserte de notre pays via les cotes européennes. Cette période d’embargo sera mise à profit pour diversifier les opportunités de ravitaillement du pays. Notre souhait est d’éviter que le maximum de notre trafic soit détenu par un seul port de transit pour éviter des situations comme celles que les Maliens vivent aujourd’hui. De nouvelles relations ont été tissées avec les autorités guinéennes. Des réflexions sont en cours pour voir comment rendre les ports spécifiques, c’est-à-dire faire transiter un ou des produits spécifiques par un port. Par exemple le Mali peut décider de faire transiter les produits pétroliers par un port, les produits alimentaires par un autre et ainsi de suite. Nous voulons faire de notre continentalité une opportunité, en diversifiant les tronçons de rentrée ou de ravitaillement de notre pays », a ajouté la ministre des Transports et des Infrastructures . La délégation malienne a, aussi, visité le port autonome de Nouakchott, dont les capacités sont estimées à plus de 580.000 tonnes par an. À la faveur de travaux réalisés, ces dernières années, il peut accueillir les navires de troisième génération. Le quai fait près de 600 km et permet d’accoster deux bateaux en même temps. Ce qui permet de réduire le temps que mettent les marchandises avant d’être évacuées. Les visiteurs maliens ont
Coupe du monde féminin de basket-ball : La participation des Aigles dames est-elle menacée ?
Bamako, 22 janv (AMAP) Du 10 au 13 février prochain, les Aigles Dames défendront les couleurs du Mali pour une qualification à la Coupe du Monde en Australie. Une génération montante des Aigles pleine de promesse. Médaillés de bronze en 2019 à Dakar, médaillés d’argent en 2021 à Yaoundé, le Mali et le Nigeria représenteront l’Afrique. 40è au classement mondial, le Mali peut probablement entendre l’opportunité de frapper fort. Une victoire contre l’autre représentant africain, le Nigeria, pourrait suffire et cela ne semble pas impossible, surtout si on peut s’assurer la présence de l’imposante Mariam Coulibaly au sol avec la perspective du repêchage de la WNBA 2022 et la jeune sensation Sika Koné à ses côtés. Le plus gros problème sera probablement le score en zone arrière et la capacité de l’équipe à éliminer certains triples, ce qui a été un problème dans le passé. Le Mali cherchera à faire son retour à la Coupe du monde de basket féminin pour la première fois depuis 2012. La sélection nationale entend jouer crânement sa chance et se qualifier pour le rendez-vous mondial. Les Aigles espèrent également toucher les deux primes des dernières compétitions. À Yaoundé, elles ont donné un sursis, en participant à la compétition, montrant que le Mali est au dessus de tout. Cette fois-ci, le voyage en Serbie pourrait être compromis. SSK (AMAP)
Quand CAN et séries télévisées ne font pas bon ménage dans les foyers
Bamako, 18 janv (AMAP) La CAN, c’est la compétition à ne pas manquer pour les amoureux du football. Dans le camp des supporters, les plus chanceux vivent l’événement dans les stades au Cameroun. D’autres se contentent des retransmissions sur les chaînes de télévision. Mais dans les familles, «l’ambiance foot» n’est pas du goût de tous… surtout entre hommes et femmes (lire la suite sur : lessor.ml).
CAN 2021 : les vendeurs du drapeau national se frottent les mains
Bamako, 18 janv (AMAP) Les drapeaux, les vuvuzelas et les sifflets se vendent comme de petits pains, Alors que la 33è édition de la Coupe d’Afrique des nations bat son plein au Cameroun. La veille du match Mali-Gambie (1-1), comptant pour la deuxième journée des matches de poules, plusieurs centaines de supporters de la capitale se sont procurés le Drapeau national, alors que d’autres se sont peints le visage aux couleurs nationales (Lire la suite sur : http://lessor.ml).
Les Maliens massivement contre les sanctions ouest-africaines
Par Oumar SANKARE Bamako, 16 janv (AMAP) C’est sous un ciel bleu azur, dégagé qu’a répondu, à l’appel lancé par le Président de la Transition, Assimi Goita, des milliers de personnes. A 13h déjà, la très célèbre Place de l’Indépendance était noire de monde. Un endroit emblématique où le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) a tenu ces manifestations pour réclamer la démission de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keita, un an auparavant. Cette manifestation a pour but de dénoncer les sanctions « illégales » et « illégitimes » de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) avaient annoncé les organisateurs, mercredi dernier, à la Bourse du Travail. Du nord au sud, d’est en ouest du monument de l’Indépendance, une foule surexcitée accourait, au son incessant des vuvuzelas qui fusait de partout. L’ambiance électrique, joviale, avec des manifestants de tous âges, des tout-petits aux personnes du 3e âge et de toutes les couches sociales ont répondu présent. Sur certaines pancartes, on lisait : « L’embargo est un champ libératoire pour nous les Maliens, assumons donc », « Stop au génocide de la France au Mali et dans le Sahel », « On demande aux autorités de quitter la CEDEAO et l’UEMOA », « A bas l’Union européenne, la France, la CEDEAO, l’UEMOA » … Les drapeaux maliens et russes sont brandis de tous les côtés. Certains jeunes hommes et femmes ont peint sur leur joue et front les couleurs nationales. Des ressortissants de certains pays membres de la CEDEAO, résidant au Mali, portaient leur. Il s’agit du Sénégal, du Niger, de la Cote d’Ivoire, du Togo, du Bénin entre autres. SOLIDARITE SOUS REGIONALE – Aminata Sarr, 26 ans, vêtue du maillot de l’équipe nationale de football, fait flotter le drapeau sénégalais. L’étudiante en médecine vétérinaire est accompagnée d’une dizaine de ses compatriotes. Ils sont commerçants, transporteurs, étudiants, dentistes et vivent tous au Mali, depuis plusieurs années. « Nous sommes sortis aujourd’hui pour soutenir le Mali dans cette épreuve. Ces sanctions injustes prises contre les maliens, nous affectent tous d’une manière ou d’une autre » soutient Aminata Sarr. Bien avant les années 1960, leurs grands-parents vivent entre le Mali et le Sénégal. Il se trouve aujourd’hui que certains des leurs sont bloqués à Bamako. « En plus des pertes économiques, ces sanctions séparent des familles », déplore Abdoulaye Diouf. Pour ce bijoutier de 35 ans, la CEDEAO n’a plus de raison d’être quand elle se lève contre les peuples. « Aujourd’hui, nous ne pouvons plus ni envoyer de l’argent à ceux qui dépendent de nous au pays, à cause des sanctions ni nous déplacer. Des Nigérians en route pour la Gambie sont, aujourd’hui, bloqués à l’autogare. Ils ne connaissent rien du Mali, ni parents ni amis ici. Muhamadu Buhari sait qu’ils sanctionnent des milliers de Nigérians aussi ? » se demande-t-il. Non loin d’eux, un groupe de Nigérians et d’Ivoiriens sympathisent avec les jeunes manifestants maliens. Tous brandissent les drapeaux de leur pays respectif. On prend des photos pour immortaliser le moment. Rahim Adjaou, la soixantaine, est un commerçant nigérian qui vit au Mali. « La CEDEAO a échoué sur de nombreux plans dont la libre circulation des personnes et des biens. C’est un cauchemar de se déplacer dans la zone. Cette situation actuelle, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. En plus de son inutilité, elle est devenue une arme d’oppression contre les populations de sa zone », tempête Rahim Adjoua. Quant à Alexandre Assouan, un transporteur ivoirien, il estime que la crise est allée trop loin. « En sortant manifester, on espère que les leaders nous écouteront tous, pas seulement les Maliens » conclut-il. Abdoulaye Tounkara, docteur en sciences économiques et son ami Djibril Traoré, ingénieur de construction, affichent fièrement sur le bonnet, un billet de « 5000 » et « 1 000 Francs maliens », des billets de la banque de la 1ere République du Mali, du temps de Modibo Keita. Pour eux, ces sanctions « doivent être une raison de plus pour couper les ponts avec le Franc CFA et lancer notre propre monnaie ». Par ailleurs, le professeur des universités juge que sans indépendance monétaire et économique, on ne peut tout simplement pas parler d’indépendance. « L’arme la plus redoutable de la France contre ces anciennes colonies, aujourd’hui, c’est le F CFA » ajoute Djibril Traoré. SOUTIEN DES FEMMES – Chacun, dans la foule, a son opinion et ses raisons de manifester. Pour la sexagénaire, Badiallo Diakité, il s’agit de patriotisme. Fatiguées, éreintées, assises à même le sol, Badiallo et sept autres femmes, têtes couvertes par un voile, à l’effigie du guide religieux Bouyé Haidara, sont toutes des grands-mères. « Nous répondons à l’appel de notre guide Bouyé. Nous manifestons contre l’injustice et l’oppression. Nous nous battons pour nos enfants et nos petits-enfants », soutiennent-elle. Dramé Mariam Diallo, de l’Association femme leadership et développement durable (AFLED) et ses membres ont également manifesté. Nous sommes sorties pour faire passer notre message. Il s’agit de dire « Non aux sanctions inhumaines qui affectent les femmes et les jeunes ». Et à Hindou Maiga, présidente du Groupement des femmes déplacées du Nord de renchérir : « depuis bientôt cinq ans, beaucoup d’entre nous vivent, avec nos enfants, dans des conditions précaires voire inhumaines, dans les camps de réfugiés, du fait de la situation sécuritaire. Nous voulons la paix et non des sanctions qui vont nous rendre la vie encore plus dure ». Issa Diarra, une personne vivant avec un handicap, dans son fauteuil roulant soutient : « Nous allons nous tenir droits pour défendre notre honneur. On en a assez de tendre la sébile et recevoir l’aumône. C’est un vent nouveau qui souffle. Gare à tous ceux qui s’y opposeront ». Et un groupe de lycéens, de lancer : « La CEDEAO a réussi, aujourd’hui, à unir les Maliens sans le vouloir, c’est le sursaut dont nous avions besoin. Nous nous battrons jusqu’à la fin ». Vers 15h 30, l’arrivée du cortège du premier ministre Choguel Kokalla Maiga accompagné de certains ministres électrise la foule. On crie, on chante, on danse pour marquer « l’indéfectible soutien du peuple
Discours à la Nation du Président de la Transition, le Colonel Assimi Goita
Mes chers compatriotes, Comme vous le savez, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a prononcé hier 9 janvier 2022 des sanctions contre le Mali lors du Sommet d’Accra. La lecture des communiqués de la CEDEAO et de l’UEMOA donne le sentiment que la complexité de la situation du Mali n’a malheureusement pas été prise en compte. Il est regrettable que les efforts des autorités de la transition aient été ignorés. Chers compatriotes, L’heure est au rassemblement de tous les Maliens sans exclusive pour réaffirmer nos positions de principe et défendre notre patrie. Chaque Malienne, chaque Malien où qu’il se trouve, doit se comporter en défenseur des intérêts supérieurs du Mali. Nous mesurons la gravité de la situation. Il revient à chacun de taire les divisions de quelque nature que ce soit et de se retrouver autour de l’essentiel qu’est le Mali, notre patrie. Aussi, j’en appelle à une mobilisation constante et à une résilience face à la situation. Chers compatriotes, nous avons tenu les Assises nationales de la Refondation afin de recenser l’ensemble de vos préoccupations pour bâtir un Mali nouveau. À cette occasion, je m’étais engagé à transmettre à la CEDEAO ses conclusions assorties d’un chronogramme des élections. C’est dans ce cadre que j’ai dépêché une mission interministérielle, le 31 décembre 2021, auprès du Président de la Conférence des Chefs d’État pour expliquer notre démarche. Mes chers compatriotes, L’histoire sociopolitique de notre pays nous a prouvé à maintes reprises qu’il nous fallait impérativement revoir en profondeur notre système afin d’éviter un éternel recommencement. C’est cela que nous avons tenté de faire comprendre aux Chefs d’État de la CEDEAO, car le Mali est un pays pour qui l’intégration africaine vaut la renonciation à une partie de son territoire. Il est donc temps pour nous, chers Maliens de nous retrouver, de nous renforcer afin de pouvoir exister, exister en tant que nation, exister dans toute notre diversité. Mes chers compatriotes, Je vous demande de rester calme et serein, car nous avons fait le choix d’être sincère afin de prendre notre destin en main en forgeant notre propre voie. Gardons à l’esprit que le chemin qui mène au bonheur est une voie dure et très dure. Toutefois, avec courage et dévouement nous allons y arriver. Telle est l’essence de notre hymne national. La CEDEAO et l’UEMOA se sont assumées, nous en feront autant. Nul besoin de procéder à des actions de violences cela n’a jamais caractérisé les maliens que nous sommes. Nous avons espéré qu’avant la conférence extraordinaire de la CEDEAO, un examen minutieux serait fait du chronogramme soumis et une période serait donnée pour discuter sur notre proposition avant de se prononcer. Je dois vous dire que même si nous regrettons le caractère illégitime, illégal et inhumain de certaines décisions, le Mali reste ouvert au dialogue avec la CEDEAO pour trouver un consensus entre les intérêts supérieurs du peuple malien et le respect des principes fondamentaux de l’organisation. Notre engagement pour un retour à l’ordre constitutionnel normal, apaisé et sécurisé n’a jamais failli. Nous appelons la CEDEAO, une fois de plus, à une analyse approfondie de la situation de notre pays en plaçant l’intérêt supérieur de la population malienne au-dessus de toute autre considération. Mes chers compatriotes, j’ai bien conscience des inquiétudes quant aux conséquences de ces mesures, mais je tiens à vous rassurer que des dispositions sont prises pour faire face à ce défi et que les actions d’approvisionnement se poursuivront. Mes chers compatriotes, depuis que nous avons pris nos responsabilités face à notre destinée, nous avons toujours œuvré pour le bien-être de l’ensemble des populations maliennes dans toute leur diversité et nous continuerons à nous y atteler. Malienne, Maliens, je ne saurais terminer sans vous exhorter à davantage de solidarité et de résilience face aux nombreux défis de l’heure. Ensemble nous bâtirons le Mali de demain, Qu’Allah bénisse le Mali et protège les Maliens, Je vous remercie de votre attention.
Dossier sanctions de la CEDEAO contre le Mali : Torrents d’indignation sur les réseaux sociaux
Par Mohamed TOURE Bamako, 19 janv (AMAP) Indignation, colère mais aussi inquiétudes sur les réseaux sociaux depuis dimanche dernier. Si la toile a accueilli une déferlante de réactions, c’est parce que l’annonce de sanctions « injustes, disproportionnées et illégales» prononcées contre le Mali par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) a choqué plus d’un. Lire la suite sur : http://lessor.ml

