Education des filles non voyantes : C’est la documentation en braille qui manque le plus
Par Mohamed D. DIAWARA Bamako, 27 avr (AMAP) Faladié, en Commune VI du District de Bamako, en ce mois de Ramadan, le soleil darde ses rayons brûlants sur les hommes. À proximité d’une voie bitumée, quelques personnes non voyantes cherchent, à l’aide d’une canne, leur chemin. Certaines se rendent à l’Institut national des aveugles du Mali (Inam). Dans la cour de cet établissement, un calme plat règne. Rosalie Kangama, est l’une des 17 élèves non voyantes du lycée Louis Braille de l’Inam. En raison de difficultés d’accès à la documentation scolaire en braille, la jeune fille de 21 ans est venue poursuivre ses études à Bamako. Auparavant, elle était à Ségou, dans le Centre du Mali, à quelque 220 km de la capitale. Cette année, elle est en classe de Terminale langues et lettres. «Là-bas, il faut attendre que les documents viennent à Bamako pour la transcription. Pendant mes années au second cycle, je me rapprochais des camarades voyants. Ils lisaient les documents pour que je comprenne. Cela pouvait durer des semaines», se rappelle Rosalie. Et de se réjouir de l’accès aux documents en anglais et allemand à Bamako. « Mais, regrette Rosalie, l’accès à la documentation en littérature est très difficile ». « Un non voyant sans document, dit-elle, doit suivre avec grande attention les explications du professeur ». «Mes parents m’aident à prendre en charge les frais de transcription des documents. Mais, il y a beaucoup de livres relevant de la littérature qui sont inaccessibles», estime la jeune fille. Avant d’ajouter qu’elle a peur qu’à l’université, ses études soient fortement perturbées. Le proviseur de cette école secondaire inclusive, Abdoulaye Samaké, indique que les difficultés des non voyantes à accéder à la documentation impactent sérieusement leurs résultats scolaires. Il propose que le papier braille soit financé pour la transcription de tous les documents enseignés en braille. Nacouré Koné est l’une des 113 élèves non-voyants du 1er cycle de l’Inam. Internée depuis sa petite enfance, elle ne rentre chez ses parents à Djicoroni Coura (Commune du Mandé) que les week-ends. En classe inclusive de 5è année, léger foulard sur la tête, cette ainée de sa famille lit un texte en passant son doigt sur un papier braille. L’adolescente de 13 ans aux yeux blanchis par la cécité, salue les efforts consentis par ses enseignants pour que les élèves accèdent aux livres. « Grâce à cette documentation, on lit et parle le français», confie Nacouré Koné d’une voix sereine. Ajoutant que ses connaissances seront davantage renforcées si elle avait la possibilité d’accéder à plus de documents scolaires. Mme Coulibaly Fily Sangaré, l’institutrice de Nacouré Koné, explique qu’il faut investir énormément dans la transcription des documents et aussi la formation en informatique. « Si les bouquins sont transcrits ou en version électronique, assure-t-elle, les filles peuvent autant exceller dans les disciplines que leurs camarades voyantes ». La directrice en charge de cet établissement primaire, Mme Sacko Maïmouna Coulibaly, explique que pour avoir les documents en braille, les enseignants déposent, chaque vendredi, les textes ordinaires ou textes en noir au centre de reprographie de transcription en braille de l’Union malienne des aveugles du Mali (Umav). Et d’indiquer que l’abondance de documents à transcrire ne permet pas au reprographe de les mettre à disposition à temps. La pédagogue déplore cet état de fait qui oblige les élèves à attendre deux à trois jours pour avoir leurs leçons. Cette situation n’est que la face visible de l’iceberg des difficultés liées à l’accès à la documentation scolaire en braille. Il y a, aussi, l’absence de guides du maitre en braille (livres servant à la préparation des leçons) pour les enseignants déficients visuels. David Coulibaly, enseignant voyant à l’Inam, explique que ces guides attendent toujours d’être transcrits. « Et cela, déduit-il, affecte le bon déroulement des cours ». INSUFFISANCE D’IMPRIMANTES BRAILLE – Le président de l’Umav, Hadji Barry, également membre du Conseil national de Transition (CNT), précise que le Mali compte deux centres de reprographie de transcription de l’écriture ordinaire en braille, situés respectivement à Bamako et Gao (Nord). Ces reprographies ont été offertes par la ville d’Angers, (ville française jumelée avec Bamako) et l’ONG Sightsaver. « Dans le cadre de la vulgarisation, explique-t-il, l’Umav est parvenue à transcrire beaucoup de livres scolaires en format adapté grâce à l’accompagnement de Sightsaver ». Hadji Barry invite l’État à doter les bibliothèques en documents braille pour faciliter leur accès. « Lors des examens, regrette-t-il, l’Umav est le seul établissement où les sujets des examens sont transcrits ». Il estime que l’État doit disposer de plusieurs machines de reprographie et d’agents formés à leur utilisation en vue de permettre aux élèves non-voyants de commencer les épreuves en même temps que les élèves voyants. Notre interlocuteur indique que le Mali compte 565 élèves et étudiants non-voyants parmi lesquels plus de 190 filles. La plupart d’entre eux sont obligés de faire recours à leurs camarades voyants pour enregistrer les textes sur leur téléphones ou les transcrire en braille. Selon le président de l’Umav, le ministère de l’Éducation nationale doit accorder une subvention à l’Inam pour faire face à la documentation des non voyants. Il signale que la Direction nationale de l’enseignement préscolaire et spécial (DNEPS) met des enseignants et du matériel didactique spécialisés (les feuilles braille, les tablettes et les poinçons) à leur disposition. Selon Hadji Barry, l’éducation pour tous passe par l’éducation des enfants handicapés. « C’est pourquoi, estime-t-il, des efforts doivent être faits en termes de documentation en braille ». Pour mesurer l’importance de l’accès des filles non voyantes à la documentation scolaire, nous avons réalisé du 22 au 26 avril dernier une enquête à travers l’outil de collecte de données « SurveyMonkey ». Les participants, au nombre de 81 dont 27% de femmes, sont des personnes handicapées, celles travaillant avec les personnes handicapées, des acteurs humanitaires et non humanitaires ainsi que des journalistes. Cette enquête a été réalisée avec l’appui technique du Bureau de coordination des affaires humanitaires au Mali (OCHA), du Cluster éducation Mali, d’Humanité inclusion et de la Conseillère principale en genre dans l’action humanitaire inter agences-GenCap Mali, Anne-Judith Ndombasi. Selon 94% des
Diéma : Alpha « fléfiéla », une vie de flûtiste
Diéma, 25 avr (AMAP) A Diéma, dans l’Ouest du Mali, vit un flutiste renommé dans la contrée, qui exerce avec amour et passion son métier, lui permettant de nourrir et d’entretenir dignement sa nombreuse famille. Cet homme courtois et taquin, qui met en avant le cousinage à plaisanterie, dans toutes ses relations sociales, Alpha Diombana, est le président de la Rencontre des communicateurs traditionnels pour le développement (RECOTRADE). On l’appelle affectueusement Alpha « fléfiéla », (Alpha le flûtiste). Il est forgeron, âgé de 71 ans, marié à quatre femmes. «Parce que l’islam interdit de prendre plus de quatre épouses, je m’en tiens à ce petit nombre», dit-il avec humour. Alpha Diombana a appris à « s’amuser », d’après lui, avec la flûte depuis l’âge de dix ans. Au départ, il confectionnait ses flûtes à partir de tiges de mil qu’il choisissait minutieusement dans les champs, après les récoltes. La longueur de la flute ne dépasse pas normalement une coudée, l’équivalent de quarante à cinquante centimètres. Sur la tige, il perce à l’aide d’un fer rougi au feu, le nombre de trous qui convient. La flûte d’Alpha Diombana est son compagnon. « Je ne m’en sépare jamais, sauf, dit-il, en cas de force majeure ». Diombana a abandonné « l’école des Blancs » en classe de 6ème année, parce qu’il ne pouvait « plus tenir, tellement (il) était attiré par sa flute ». Son père ne s’est jamais opposé à sa décision de quitter les bancs de l’école. Intarissable, il raconte : « Lorsque je partais à l’école, j’apportais ma flûte, en la mettant sous mon boubou pour la cacher du maître. Mais un jour, patatra ! « Pendant la récréation, lorsque j’étais emporté sur ma flute, gonflant et dégonflant mes deux joues, en faiasnt le beau entouré de filles, qui entonnaient de jolies chansons, notre maître se dirigea furtivement vers moi et saisit l’instrument pour le détruire », raconte Diombana. « Il m’a mis en garde de ne plus jouer la flûte à l’école si je ne veux pas être radié. A la descente, je me suis procuré une autre flûte plus attrayante et au son plus beau. Alors, commençait pour moi, une série de randonnées. Partout où je voyais un groupe de deux à trois personnes, je me mettais à souffler dans mon instrument à trous, passionnément », poursuit-il. Ainsi, chaque nuit, après le dîner, il se rendait, de famille en famille, pour animer les veillées des vieilles femmes filant le coton, à la lumière vacillante des lampes à huile, assistées de jeunes filles qui chantent et claquent des doigts, emportées par la musique. C’est ainsi que j’ai appris à adapter mes notes aux chansons du terroir ou, parfois, modernes ». Alpha a participé à des Semaines locales, régionales et meme des Biennales. Il a arrêté d’y prendre part en 2003. « A l’époque, l’organisation de la Biennale, affirme l’artiste, a connu de sérieuses perturbations conduisant, en un moment donné, à l’arrêt de cette activité qui, pourtant, avait un grand rôle dans la consolidation de la paix et de la cohésion sociale, à travers le brassages des populations, les échanges d’idées et d’expériences. Alpha Diombana dit rendre grâce à Dieu parce qu’il ne vit pas au crochet de quelqu’un, malgré ses maigres moyens. « Si on m’invite à une cérémonie, les personnes généreuses, qui ne manque jamais, même si leur nombre a considérablement diminué, offrent des cadeaux», dit-il. Jure de la flûte n’est pas sa seule source de revenus. Dans sa maison, il y a une forge. Ses frères et lui, aidés par leurs enfants, travaillent quotidiennement le fer. Sur sollicitation de certains amis, il fabrique souvent des haches, des houes, des couteaux, etc. Pendant l’hivernage, ses enfants cultivent le champs familial. En dehors de ces occupations, il prend son bâton de pèlerin pour faire la médiation, en cas de conflits. L’ancien président par intérim du Mali, Dioncounda Traoré, lui a offert, en 2014, une moto, rappelle-t-il, exprimant sa reconnaissance à son bienfaiteur. A travers son art, il a tissé, à travers tout le Mali, de très bonnes relations. A l’endroit de celles-ci, Alpha, dit son désir de remplacer l’ancienne moto déjà amortie. Il réclame, des autorités, « au moins une médaille du mérite » avant « ma mort et pas n’importe laquelle, celle avec effigie abeille », précise l’homme avec un malin sourire. Le flûtiste regrette que parmi ses enfants, aucun ne s’est intéressé à la flute. « Ils détestent tous ce métier, parce que proscrit pas l’Islam qui interdirait la musique tout comme les loisirs, l’ivresse ». « Le jour où je ne serais plus de ce monde, déclare-t-il, il n’y aura pas de relève dans ma famille. Chaque fois que j’y pense, je suis désappointé », lâche Alpha. « Si j’ai un second regret, c’est qu’avec l’évolution, les gens ont tendance à se détourner de la flûte, à la dévaloriser si je peux m’exprimer ainsi. Lors des cérémonies de mariage, de baptême, etc. on fait appel généralement aux joueurs de balani show, aux DJ, aux rappeurs, pour l’animation », se désole Alpha. L’artiste appelle les jeunes à s’intéresser davantage à nos valeurs morales et sociétales. « Qu’ils s’en approprient, sans quoi, laisse-t-il entendre, sous peu, toutes nos identités culturelles risquent de partir en fumée ». Dans cette bande sahélienne où vit notre flutiste, les récoltes sont aléatoires à cause, très souvent, de la mauvaise pluviométrie, comme un peu partout au Mali. « Mais, pour m’en sortir, je n’ai que ma flûte… », déclare Alpha Diombana, en sortant sa tabatière pour chiper. OB/MD (AMAP)
Bakary Diawara, profession armurier
Bamako, 22 mar (AMAP) En dehors du tatami où il s’est fait connaitre, Bakary Diawara dit Yankee, ceinture noire, 7è dan en Taekwondo, est un armurier de métier. Il fabrique, vend et entretient des armes. Assis sur une chaise en fil élastique un peu élevée, le sexagénaire nous accueille devant sa boutique, sise à Bamako-Coura en Commune III du District de Bamako. Ici, on vend plusieurs catégories d’armes, notamment des fusils de chasse, des fusils à pompe, des carabines de chasse et des pistolets semi-automatiques. Sa boutique fournit aussi des balles de fusil. « Nous ne vendons pas les armes de guerre », tient à préciser Bakary Diawara. Notre interlocuteur informe qu’il a commencé ce travail depuis 1968. « Je suis le premier armurier au Mali après le départ des Blancs », déclare celui qui a été formé par le Français Dupé, le premier armurier de la sous-région. Yankee précise, par ailleurs, qu’il ne vend pas ses armes sans autorisation. « Il faut être autorisé pour que je vous les vende. Personne n’a accès à mes armes sans une autorisation», insiste-t-il. Dans sa boutique, les prix des armes varient. « Il y a des fusils qui coûtent par exemple 250 000 Fcfa, d’autres un million », fait-il savoir. Bakary Diawara et ses huit agents réparent également les armes. « Pour cela, affirme-t-il, il faut que l’arme soit identifiée ». « Si tu as un permis de port d’armes, tu peux venir et on répare ton arme. À défaut, nous ne pourrons pas te satisfaire », souligne celui qui est chevalier de l’Ordre national depuis 2015. « Souvent, les clients nous trouvent trop rigoureux. Mais c’est la règle du travail. Il y en a qui pensent qu’on peut acheter les fusils de chasse sans autorisation comme en Europe. « Cela n’est pas permis au Mali», explique Yankee qui précise que les lois sur la détention d’arme diffèrent d’un pays à un autre. BD (AMAP)
Détention illégale d’arme à feu : Le phénomène s’amplifie
Bamako, 22 mar (AMAP) Le commerce illicite aux différentes frontières a entraîné une prolifération d’armes au Mali. Outre les Régions du Centre où de nombreux compatriotes se procurent, illégalement, des armes pour se défendre, la course à cet outil de défense prend des proportions plus en plus inquiétante à Bamako. Si de paisibles citoyens entrent en possession d’armes pour se protéger et protéger leurs familles ainsi que leurs biens, les bandits et autres criminels s’en servent pour commettre leurs forfaits. Depuis un certain temps, des voleurs de motos Djakarta appelées «popoman» opèrent aussi avec des armes à feu qu’ils n’hésitent pas à utiliser contre leurs victimes qui tentent de résister. M. T habite dans un quartier de la rive gauche de Bamako. Le jeune homme d’une trentaine d’années, sans être porteur d’uniforme, détient un pistolet automatique (PA) de type «bloc 36». Notre interlocuteur s’est procuré cette arme très facilement. «On peut avoir une arme à tous les prix, là où on veut et quand on veut», confie-t-il. Le jeune homme nous montre, fièrement, dans son téléphone, une photo où il tient son PA. Il explique l’avoir eu à travers un lien familial, sans en préciser le prix. «Mon objectif, en portant cette arme, est d’assurer ma propre protection et celle de ma famille», se justifie-t-il, ajoutant que sa maison a été plusieurs fois cambriolée. «Quelqu’un qui est capable de rentrer chez toi et prendre ta moto peut être armé. Et dans ce cas, il faut pouvoir se défendre», pense le jeune homme. M. T. avoue qu’il n’a pas l’autorisation pour porter une arme. « Je ne peux pas chercher un permis de port d’arme parce que la manière dont j’ai eu mon arme, ne me permet pas d’avoir un papier», avoue le trentenaire, qui n’ignore pas les conséquences de son acte. M. T. invite les autorités à faciliter l’accès aux armes pour ceux qui sont dans le besoin. ATTAQUES DE BANDITS – A.C possédait une arme de petit calibre de 12 coups. Vendeur de véhicules de son état, il affirme l’avoir acquise pour se protéger contre d’éventuelles attaques de bandits. «Je voyageais beaucoup à l’époque. Je partais prendre les voitures dans les pays voisins. Et au cours des trajets, il y avait le risque de tomber sur des malfrats», raconte notre interlocuteur. A. C a dû se débarrasser de son arme à cause de sa famille qui, selon lui, était exposée du fait de la présence de cet outil à la maison. Le phénomène n’épargne pas non plus l’espace universitaire où des étudiants armés sèment la terreur. La détention d’arme illégale est devenue un fait banal dans nos universités. Beaucoup d’étudiants détiennent frauduleusement des armes à feu surtout ceux qui se réclament de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM). Certains s’en servent lors des élections de membres du bureau de l’AEEM. En 2017, il y a eu un affrontement sanglant entre deux clans rivaux à la Faculté des sciences et techniques de Bamako (FAST) qui s’était soldé par la mort d’un étudiant par balle. Deux autres ont été blessés, selon des sources officielles. Par la suite, il y a eu l’interpellation de 16 personnes et la saisie de quatre pistolets automatiques de fabrication artisanale par la police. PERMIS DE PORT D’ARME – Sur la question, le directeur de la sécurité publique, le contrôleur général de police, El Hadj Youssouf Maïga, explique que la sécurité des personnes et de leurs biens incombe à l’État. « Cependant, la situation actuelle que vit le Mali, fait qu’il y a des endroits où les forces de défense et de sécurité sont absentes », dit-il. « Ce qui, poursuit-il, a amené beaucoup de personnes à entrer illégalement en possession d’armes à feu pour se protéger ». Il explique qu’au Mali, la détention d’arme est règlementée par une nouvelle loi. Il s’agit de la loi n° 2021-028 dont le décret d’application autorise les civils à détenir une certaine catégorie d’armes, sous réserve d’avoir le permis de port d’arme. Ces armes sont, notamment les pistolets, les revolvers et les fusils de chasse. Notre interlocuteur a ajouté que cette autorisation est donnée par le ministère en charge de la Sécurité. «Toutefois, la détention d’armes dites de guerre est formellement interdite aux civils», précise l’officier supérieur de police. « Pour avoir l’autorisation, précise-t-il, il faut avoir au moins 18 ans. Mais aussi, des raisons valables pour ce faire ». À ce propos, le directeur de la sécurité publique indique que lorsqu’on mène certaines activités, on peut être souvent exposé à un certain nombre de dangers, pouvant amener à se procurer une arme. « Comme par exemple, les personnes qui font de grands retraits bancaires ou qui exercent des activités qui les laissent, souvent, en possession de beaucoup de liquidités », explique El Hadj Youssouf Maïga. Avant d’ajouter que lorsqu’on détient une arme sans en avoir la qualité et l’autorisation, on doit être traduit devant les juridictions compétentes. « Quand les services de sécurité se rendent compte que quelqu’un détient une arme, ils l’interpellent et le présentent au juge », assure notre interlocuteur. Selon M. Maïga, les armes qui circulent proviennent du commerce illicite aux différentes frontières. Mais, également, elles sont infiltrées par les groupes terroristes et les groupes d’autodéfense en plus de celles subtilisées dans les stocks nationaux d’armes par des agents véreux. «Lors de plusieurs évènements au Mali, il y a eu beaucoup de magasins d’armes qui ont été pillés», reconnaît-il. Il ajoute les armes fabriquées et vendues illégalement par les fabricants artisanaux qui ne respectent pas souvent les règles de vente en la matière. «Nous sommes en train de chercher à inverser la tendance avec le maillage territorial en occupant pratiquement l’ensemble du territoire national», assure le directeur de la sécurité publique. BD/MD (AMAP)
Négociations avec la Cedeao : Le gouvernement défend sa bonne foi
Par Issa DEMBELE Bamako, 22 mar (AMAP) La dernière visite, au Mali, du médiateur de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) aura permis de réduire le fossé avec les autorités maliennes. Les deux parties affichent leur volonté de poursuivre les contacts. De bon augure pour un éventuel compromis ? En tout cas, l’organisation sous-régionale et le gouvernement de la Transition ne sont toujours pas parvenus à s’entendre sur le chronogramme. La dernière mission effectuée par le médiateur Goodluck Jonathan a néanmoins le mérite d’avoir rétréci le fossé entre les parties, puisque la partie malienne a considérablement revu ses propositions concernant la durée de la Transition : de 36 mois, elle a été ramenée à 29, puis à 24 mois. En effet, détaille un communiqué publié dimanche, « le gouvernement a soumis un chronogramme comprenant des actions relatives aux réformes (politiques et institutionnelles) et aux élections avec un délai de 36 mois ». Cette proposition ayant été rejetée par le médiateur, le gouvernement a alors proposé un nouveau délai de 29 mois que le président de la Transition a ramené à 24 mois. Les autorités de la Transition ont estimé que ce délai de deux ans est incompressible. Mais, le médiateur y a opposé encore un niet catégorique et est resté inflexible sur sa proposition de 12 mois. En somme, ces concessions, selon le gouvernement, sont, une fois de plus, la preuve de sa détermination à trouver une solution consensuelle avec l’organisation sous-régionale. D’autres éléments illustrent sa bonne foi, comme le fait d’avoir invité le médiateur à venir discuter du chronogramme. C’est nouveau ! Aussi, c’est le gouvernement qui a eu l’idée de mettre en place le mécanisme de concertation avec la CEDEAO et la communauté internationale. Permettant ainsi à tous les acteurs de procéder à une évaluation technique conjointe du chronogramme de la Transition. Au sein de l’opinion nationale et internationale, ils sont nombreux à apprécier ces efforts des autorités de la Transition. L’ancien Premier ministre, Moussa Mara, les a encouragées à «continuer dans cette direction». Et de demander qu’elles ouvrent les « chantiers des réformes pour rendre la période actuelle productive pour le pays». Par contre, l’ambassadeur Cheick Sidi Diarra de l’association Aw Bè Faso Do propose, face à l’échec de ce nouveau round, que l’on «revienne à la recherche de la solution endogène». « Cela, a-t-il expliqué, consistera pour le président de la Transition à faciliter des discussions avec les différents acteurs nationaux pour parvenir à un consensus sur la nouvelle Transition». Et ce consensus sera soumis à la Cedeao. COMPLEXITÉ – Il est certainement déplorable que le médiateur soit de nouveau reparti du Mali sans trouver un terrain d’entente. Le gouvernement, qui a regretté cette absence de compromis, estime que l’organisation sous-régionale n’a toujours pas «suffisamment pris en compte la complexité des enjeux auxquels le Mali est confronté et les aspirations profondes de son peuple». Les dirigeants ouest-africains sont en effet plutôt préoccupés par la tenue des élections. Or, comme rappelé par le gouvernement, dans son communiqué, une mission ministérielle de la CEDEAO avait reconnu, en octobre 2018, l’impératif de réformer les cadres légaux et le système électoral avant la tenue des élections. Peut-on encore espérer une solution consensuelle ? Certains observateurs sont dubitatifs, même si les parties affichent toujours leur volonté de poursuivre le dialogue. Le gouvernement a «réitéré sa disponibilité à trouver une solution avec la CEDEAO et la communauté internationale dans l’intérêt supérieur des peuples d’Afrique de l’Ouest qui souffrent collectivement des conséquences des sanctions illégales, illégitimes et inhumaines prises à l’encontre du Mali». Et de son côté, le médiateur a réaffirmé, dans un communiqué publié le 20 mars, «sa volonté de continuer à discuter afin de convenir d’un calendrier de Transition acceptable». Selon lui, un accord pour la restauration de l’ordre constitutionnel permettra de «lever progressivement les mesures prises par la Cedeao». ID (AMAP)
Semaine des marques : Six entreprises primées
Bamako, 21 mar (AMAP) Six marques ont été primées et quinze marques sur soixante-quinze, en compétition, ont su se démarquer dans les cinq différentes catégories, à la première édition de la Semaine des marques qui a pris fin samedi, dans l’après-midi. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, a présidé la cérémonie de clôture de cet événement lancé lundi dernier au Centre international de Conférences de Bamako (CICB). Ikalook a remporté le prix de meilleure marque féminine. Si la meilleure marque à l’international est revenue à «Thé Achoura », Fofy Industries s’est vu adjuger le prix de la meilleure marque de produit. La catégorie meilleure marque de service a été remportée par l’Université ISPRIC et la catégorie marque préférée du public, par la société Diago. Une catégorie spéciale, la meilleure marque de jeune entreprise, a été ajoutée sur recommandation du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga. Ainsi, parmi 20 jeunes entreprises nominées, c’est Diakité Robotic qui a remporté ce prix en plus d’un chèque de 2.085.000 Fcfa. Diakité Robotic est une société de mécatronique qui est la combinaison systémique et synergique de la mécanique, de l’électronique, de l’automatisme industrielle, le contrôle et l’informatique. Il opère dans le domaine de l’industrie, de la santé, de la sécurité et des biens de consommation. Son directeur général a estimé qu’une telle initiative doit être régulière afin de donner la possibilité à d’autres sociétés et marques de se démarquer. «Mais aussi inspirer la jeunesse pour qu’ensemble nous puissions se donner la main pour bâtir un Mali nouveau, un Mali comme nous l’avons toujours souhaité», a insisté Abdoulaye Diakité. Quant au directeur général de Fofy Industries, lauréat de la meilleure marque de produit, il exhorte la jeunesse à plus d’abnégation, au travail bien fait, à s’inventer et mettre des produits de qualité sur le marché. «Tous les efforts payent», a soutenu Thierno Bah. « Ces distinctions honorent le Mali dans son ensemble et particulièrement le secteur privé malien qui se distingue par son dynamisme et sa résilience malgré le contexte économique et géopolitique difficile », s’est réjoui le ministre du Commerce et de l’Industrie. Dans le but de soutenir les entreprises maliennes, Mahmoud Ould Mohamed a assuré de la «mise en place, dès le mois de mai, d’un accompagnement technique du Centre malien de la propriété industrielle (CEMAPI), à travers un audit de propriété industrielle des lauréats de la compétition». Ce qui permettra, selon lui, « d’identifier le potentiel en propriété industrielle au sein de ces entreprises afin de proposer des stratégies de protection et de gestion optimale des actifs de propriété industrielle ». Le thème choisi pour cette édition initiale était : «Une marque compétitive, un outil de conquête de marché». L’objectif de cette initiative était de mettre en exergue le rôle de la marque comme actif stratégique dans la stratégie commerciale de l’entreprise, d’inciter les opérateurs économiques à prendre conscience de l’importance de la protection de leur marque pour sécuriser leur investissement, d’accroitre les dépôts de demande de titre de propriété industrielle, de créer un espace d’échange et de partenariat entre les acteurs de l’économie au Mali et de prendre en compétition les entreprises malienne possédant une marque. Les ministres en charge de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mahamadou Kassogué, des Transports et des infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko ont pris part à la rencontre. C’était en présence du 6ème vice-président du Conseil national de Transition, Hamidou Traoré et du président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM), Youssouf Bathily. OS/MD (AMAP)
Le Forum maroco-malien des diasporas plaide pour des investissements productifs
Bamako, 21 mar (AMAP) Les participants au Forum maroco-malien pour la mobilisation des compétences et l’investissement productif de la diaspora ont formulé une série de recommandations invitant notamment à une mobilisation des ressources additionnelles pour la prise en charge de l’ensemble des porteurs de projets de la diaspora, Ouvert le jeudi le 17 mars au Centre international de conférences de Bamako CICB, les rideaux sont tombés, samedi, sur cette rencontre qui a, aussi, recommandé la signature d’une Convention d’établissement entre le Mali et le Maroc et à l’opérationnalisation de l’émission des diasporas bonds dans le cadre du Fonds d’appui à l’investissement productif (FAIP). Organisé dans le cadre du «Projet de coopération sud-sud», ce forum participe de la mise en œuvre de la politique nationale de migration (PONAM), portée et pilotée par le ministère des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine. La ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, qui a présidé la clôture du forum, s’est réjouie du fait que la rencontre a pu démontrer comment la diaspora peut réellement contribuer au développement de notre pays dans sa diversité. Pour la cheffe du département en charge des Transports, assurant l’intérim de son collègue en charge des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, l’un des temps forts du forum a été la présentation du Fonds d’appui à l’investissement productif. À ce propos, elle a noté que l’opérationnalisation de cet outil pour accroire l’investissement productif exige un engagement de toutes les parties prenantes, particulièrement le gouvernement. C’est pourquoi, elle a rassuré «l’ensemble des acteurs concernés de l’adhésion de l’Etat à ce mécanisme d’accompagnement et (qui) jouera toute sa partition pour l’opérationnalisation de cet instrument». Mme Dembélé a, également, invité les institutions financières, les acteurs du secteur privé et les Maliens établis à l’extérieur à s’inscrire dans cette dynamique. L’ambassadeur de l’Union européenne (UE), Bart Ouvry, a expliqué que « le Projet de coopération sud-sud est une initiative qui stimule les échanges de bonnes pratiques sur l’accueil et le retour des personnes de la diaspora, afin de créer une synergie entre les pays du Sud, voisins directs du continent européen ». Le diplomate européen a réaffirmé l’engagement de l’UE à soutenir les autorités dans la gouvernance des migrations et l’appui à la diaspora. L’ambassadeur du Maroc, Driss Isbayene, qui n’a pas caché sa satisfaction, a relevé que les trois jours de travaux ont permis de rassembler ses compatriotes, les Maliens et leurs amis « autour du développement d’une relation de confiance entre les diasporas des deux pays et leurs gouvernants ». En plus, la rencontre a renforcé «la participation de ces diasporas au développement de nos pays respectifs », selon Driss Isbayene qui a annoncé l’organisation du prochain forum au Maroc. AT/MD (AMAP)
Mali : Anxieux comme un nouveau bachelier de 2021 et ses parents
Par Sidi Yaya WAGUE Bamako, 21 air (AMAP) De nombreux parents d’élèves sont confuse sur la situation des nouveaux bacheliers qui ont, globalement, bouclé leur pré-inscriptions au titre de l’année universitaire 2021-2022 et attendent que les choses évoluent du côté des autorités scolaires. Ils sont préoccupés par le sort de leur progéniture. Il est difficile de leur donner tort, surtout aux parents qui ne disposent pas de grands moyens pour inscrire leurs enfants dans une université privée, en attendant. Sur les 68 364 candidats déclarés admis au baccalauréat (liste définitive), combien d’entre eux se tournent les pouces ? qui ne savent plus à quel saint se vouer, attendent une lueur d’espoir pour le démarrage des cours ? Il est difficile de donner une statistique exacte, mais il suffit d’interroger les parents d’élèves et quelques nouveaux bacheliers pour se rendre compte du désarroi moral des familles. A la date du 15 mars dernier, l’équipe de «Campus Mali», chargée de la gestion des pré-inscriptions, dirigée par Dr Ibourahima Keïta, a recensé 60 513 nouveaux bacheliers préinscrits. Malheureusement, ce contingent n’a toujours pas démarré l’année universitaire. A la Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEG), qui peut accueillir 20.000 nouveaux bacheliers pour l’année universitaire 2021-2022, les inscriptions physiques se sont déroulées entre janvier et mars 2022. Plus de 14 000 candidats ont pu accomplir cet exercice. D’autres n’ont pas pu encore le faire. L’enseignant-chercheur à la FSEG, Dr Amadou Bamba, précise que cet état de fait s’explique par la non compréhension du système des inscriptions en ligne et le retard pris par certains bacheliers. Sans langue de bois, il explique que même ceux qui ont été admis au baccalauréat de 2021 n’ont pas encore commencé les cours. Il y met un bémol en expliquant que la Covid-19 y est certainement pour quelque chose, parce que la pandémie avait conduit à la fermeture des écoles. ETUDIANTS DE CARRIERE – Le nombre élevé des admis au Bac 2021 et le plus grand nombre de néo-bacheliers ayant choisi les sciences économiques sont quelques raisons qui expliquent le non démarrage des cours de la nouvelle promotion des bacheliers. Dr Bamba explique que sa faculté avait démarré en 2007 avec des amphithéâtres de 1 000, 500 et 200 places. Elle disposait, aussi, d’une vingtaine de petites salles. Mais, il faut admettre l’évidence : le nombre de bacheliers augmente chaque année. A croire notre enseignant-chercheur, la FSEG accueille déjà 40 000 étudiants. Donc, forcément, les infrastructures deviennent insuffisantes pour accueillir le contingent de 2021. Ce qui contraint la FSEG à faire des programmations en fonction des promotions. « Par exemple, compte tenu d’une insuffisance criarde d’installations pédagogiques, la faculté programme la promotion de 2017 pour une matière et en une seule journée. Les autres promotions doivent attendre un jour après, voire un mois pour accéder à une salle », a expliqué Dr Bamba. Cette situation contribue à la fabrication d’étudiants de carrière. Ainsi, un étudiant, au lieu de décrocher sa licence au bout de 3 ans, passe 6 ans voire plus pour obtenir son diplôme. Dr Amadou Bamba a indiqué que si rien n’est fait, les bacheliers de 2021 risquent de passer 8 ans de scolarité à la FSEG. Il ajoute que les enseignants de la FSEG travaillent, tous les jours, de 7h à 21h et sont privés de congés depuis 2014. L’ouverture des universités dans les régions pour désengorger celles de la capitale est une solution à envisager, tout comme le recrutement massif de pédagogues de qualité pour sortir de ce marasme. La Faculté de droit privé (FDPRI) est en mesure de contenir aussi 2.000 à 2.500 nouveaux bacheliers. ALTERNATIVE – Dans cet établissement universitaire où les inscriptions en ligne se poursuivent, l’insuffisance d’infrastructures adéquates, le basculement dans le système Licence-Master-Doctorat (LMD), les grèves intempestives des étudiants sur 9 à 10 mois, l’année dernière, le changement du système d’évaluation des étudiants, la durée de scolarité des étudiants, sans être exclus, sont aussi pointés du doigt comme des difficultés à résoudre très rapidement, afin de pouvoir accueillir les bacheliers de 2021. Il y a, aussi, le fait qu’un étudiant peut demander une dérogation pour être maintenu dans le système normal de fonctionnement de la Faculté, après avoir épuisé ses 8 semestres. En plus, de l’insuffisance d’amphithéâtres, la FDPRI utilise les locaux de certains lycées pour permettre à ses enseignants de dispenser leurs cours. Le système LMD a, aussi, créé de nouvelles obligations pédagogiques. Pour les satisfaire, l’Etat doit mettre plus d’infrastructures et d’enseignants de qualité et en quantité suffisante à la disposition de la FDPRI. A la Faculté de droit public (FDPU), les inscriptions en ligne des néo-bacheliers ont pris fin le 28 février 2022. Environ, 5 000 nouveaux bacheliers ont pu y faire leur pré-inscription, au titre de l’année universitaire 2021-2022 et attendent toujours. La fermeture de la FDPU pendant 6 mois pour cause de Covid-19 et l’utilisation des salles de certains lycées pour les cours sont des préoccupations évoquées par le vice-doyen de la FDPU, Dr Yacouba Koné. Celui-ci ajoute, aussi, que les cours proprement dits pour les nouveaux bacheliers pourraient débuter fin avril 2022. Pourtant, la faculté a, au maximum, une capacité d’accueil de 3.000 bacheliers de l’année dernière. « Mais pour que ceux-ci puissent occuper les classes, il faut boucler l’année universitaire 2020-2021 », a dit le vice-doyen. «Je suis venue m’inscrire à la FDPRI. Je suis désœuvrée et perplexe. J’attends avec impatience le démarrage rapide des cours, car je suis à la maison à me tourner les pouces», se désole une nouvelle bachelière, Goundo Kouyaté. Son cri de cœur en dit long sur l’angoisse et le désarroi des nouveaux bacheliers et de leurs famille. SYW (AMAP)
Koutiala : Première visite à l’intérieur du président de la Transition pour la Fête du coton
Envoyés spéciaux Cheick Amadou DIA & Bounama MAGASSA Koutiala, 21 mar (AMAP) Le président de la Transition au Mali, le colonel Assimi Goïta, Pour un de ses rares déplacements à l’intérieur du pays s’est rendu, dimanche, à Koutiala (Sud) dans la capitale de « l’or blanc » où il a célébré, la Journée nationale du coton. Ce dimanche 19 mars 2022 a été un grand jour à Koutiala. C’est la première fois que le Mali atteint la production record de 720 000 tonnes de coton graine, le propulsant au premier rang des producteurs africains. Pour magnifier cet évènement, le président de la transition, accompagné d’une importante délégation dont le président du Conseil national de la transition, Malick Diaw, et plusieurs membres du gouvernement, a été accueilli dans une liesse populaire. Après une visite de courtoisie aux notabilités de la ville et aux travailleurs de la Compagnie malienne de développement du textile (CMDT), la délégation s’est rendue au stade municipal « El Hadj Sidiki Ouattara » qui a refusé du monde. Sur tous le parcours, des hommes, femmes et enfants, venus de toutes les contrées de la Région, scandaient le nom de l’hôte de marque. Le chef de l’État avait promis aux populations et aux producteurs de coton de la Région, de venir les remercier pour le travail accompli dans la construction du pays, à travers cet acte patriotique de rehausser le niveau de production du premier produit d’exportation du Mali. La filière du coton est maillon essentiel de l’Economie nationale. Elle compte 4, 5 millions de producteurs pour une manne financière de 200 milliards de Fcfa injectés, chaque année, dans le secteur. « A côté de la culture cotonnière, ce sont 2 millions de tonnes de céréales qui sont produites, pendant chaque campagne, pour combler le déficit alimentaire », selon le ministre du Développement Rurale, Modibo Keïta. « Après une campagne catastrophique, l’année dernière, qui a plongé les producteurs dans le désarroi, la réussite de la présente campagne est le résultat des efforts consentis par les autorités de la transition qui ont accordé une importance particulière au secteur », a dit le ministre. Certaines mesures comme l’augmentation du prix d’achat aux producteurs, la subvention des intrants et sa mise à disposition régulière, ont permis d’atteindre cet objectif affiché dès le début de la campagne. En s’adressant au public en langue nationale Bamanan, le colonel Assimi Goita a exprimé toute sa satisfaction devant le résultat obtenu. Il a salué les autorités coutumières et les producteurs de coton de la Région de Koutiala pour avoir tenu leur engagement. Il a remercié les opérateurs économiques maliens pour leur accompagnement sans faille des efforts de construction nationale. Le président de la transition a, ensuite, exhorté les uns et les autres à l’entente et la cohésion. « Car, selon lui, rien de solide et de pérenne ne peut se construire dans la discorde:. « Le Mali a besoin de toutes ses filles et de tous ses fils, pour nous garantir, à nous-mêmes et à notre postérité, un Mali sûr et prospère, dans la dignité », a conclu le président Goîta. Il a remis une attestation de reconnaissance aux trois meilleurs producteurs de la zone, sélectionné par la CMDT. La première place est revenue à Mohamed Elmahadi Sotbar du secteur de Dioila, la deuxième place à Hamidou Tangara du secteur de Beloko et la 3è place, à Bréhima Balla Diarra du secteur de Yorosso. CAD (AMAP)
A la veille de la réunion ministérielle de l’OCI à Islamabad : Le PM, Imran Khan, exhorte les pays de la « coopération islamique » à s’adapter aux changements mondiaux
Islamabad, 21 mar (UNA-AMAP) – Le Premier ministre pakistanais, Imran Khan, a déclaré que la convocation de la Conférence des ministres des Affaires étrangères de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) à Islamabad, avec le 75e anniversaire de l’indépendance du Pakistan, est une manifestation exceptionnelle de la solidarité islamique avec le Pakistan. Dans un article publié aujourd’hui, lundi, dans le journal saoudien « Arab News », à la veille de la réunion ministérielle de l’OCI a Islamabad, le chef du gouvernement pakistanais a souligné « l’importance du moment de cette réunion, à la lumière des changements en cours et dont les systèmes économiques et de sécurité du monde sont témoins, et la nécessité pour les pays islamiques de s’adapter à ces changements ». Il a souligné que l’OCI est la deuxième plus grande organisation gouvernementale au monde et représente la voix unificatrice du monde islamique, ajoutant que l’organisation, « au fil des années, a plus travaillé efficacement pour promouvoir des intérêts et des objectifs communs et le respect mutuel. « Selon lui, la réunion des ministres des Affaires étrangères à Islamabad « se déroule à un moment critique de l’histoire du monde, à la lumière de l’érosion des structures de sécurité mondiales et du système économique qui ont été établis depuis 1945 ». Imran Khan lie cette érosion à plusieurs facteurs dont « l’usage répété et unilatéral de la force et la nouvelle guerre froide et la disparité croissante entre les pays et au sein d’un même pays, exacerbée par l’épidémie de Covid-19, en plus des effets du changement climatique et de l’évolution technologique révolution ». Le Premier ministre pakistanais a souligné « la nécessité pour les pays islamiques d’explorer prudemment ces nouvelles réalités et de former, efficacement, l’ordre mondial émergent pour réaliser leurs intérêts individuels et communs », Il a noté que pour atteindre cet objectif, « les pays islamiques doivent, d’abord, renforcer et maintenir leur souveraineté et leur intégrité territoriale. » Pour lui, les pays islamiques ce défi, en adhérant aux principes, en évitant de s’engager dans la concurrence entre les grandes puissances, en résolvant les différends islamo-islamiques et en coupant la route sans ingérence étrangère. PALESTINE ET CACHEMIRE – « L’Organisation de la coopération islamique, en tant que force motrice pour la paix et la justice, doit continuer à soutenir les justes causes de la Palestine et du Cachemire, afin d’obtenir le droit à l’autodétermination et à la liberté de l’occupation étrangère », a déclaré M. Khan. Il a poursuivi : « Malgré l’énormité de ces objectifs, je suis convaincu que le cours de l’histoire penche vers la justice. » Imran Khan a déclaré : « Les tentatives de l’Inde d’imposer une solution finale au Jammu-et-Cachemire en lui enlevant son identité, en modifiant sa démographie et en opprimant brutalement son peuple seront vouées à l’échec ». Il a souligné que « la paix et la stabilité durables en Asie du Sud dépendent du règlement pacifique du différend sur le Jammu-et-Cachemire. » Conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et aux aspirations du peuple cachemiri. » Le Premier ministre pakistanais a souligné que son pays cherchait à établir des relations amicales avec tous ses voisins, y compris l’Inde, appelant New Delhi à « créer des conditions propices à la conduite d’un dialogue honnête et axé sur les résultats avec le Pakistan et les Cachemiris, en annulant ses mesures unilatérales au Cachemire occupé, y compris l’évolution démographique, et de mettre fin à ses violations massives et massives des droits de l’homme. QUESTION AFGHANE – Sur la question afghane, le Premier ministre pakistanais a déclaré : « Après 40 ans, il existe maintenant une réelle opportunité de rétablir la paix et la sécurité en Afghanistan et dans la région. Il a souligné « la nécessité d’agir, collectivement, pour prévenir une catastrophe humanitaire et un effondrement économique en Afghanistan et de travailler efficacement avec les autorités afghanes pour promouvoir les droits de l’homme, en particulier les droits des femmes, encourager une plus grande inclusion et développer des stratégies efficaces pour éliminer la menace terroriste » « Nous devons travailler pour trouver nos propres solutions aux problèmes auxquels est confronté le monde islamique », a déclaré Imran Khan, soulignant « la nécessité de résoudre les conflits en Syrie, en Libye et au Yémen par la réconciliation et la coopération entre les pays islamiques concernés. DEFIS ECONOMIQUES – Imran Khan a estimé que le monde islamique est riche en ressources humaines et naturelles, appelant à une meilleure coordination pour investir dans les complémentarités et renforcer les capacités. Il a souligné que « l’action islamique conjointe dans les domaines économique et commercial constituera une étape importante vers un plus grand rapprochement et une plus grande solidarité politique « . Imran Khan a noté que « la pandémie de COVID-19 et le changement climatique ont exacerbé les défis sociaux et économiques, mais ils ont également fourni de nouvelles opportunités pour réinitialiser les priorités en ce qui concerne la cohésion interne des pays de l’OCI ». Il a déclaré que « les pays islamiques doivent se joindre aux pays en développement afin de mobiliser des ressources suffisantes pour se remettre de l’épidémie et atteindre les objectifs de développement durable », expliquant que cette mobilisation « doit inclure des opérations d’allégement et de restructuration de la dette, et atteindre l’objectif de dépenser 0,7% de PIB. » Le total de l’aide publique au développement, la redistribution des 400 milliards de dollars inutilisés en nouveaux DTS, des prêts plus importants des banques multilatérales de développement, plus des investissements publics et privés massifs dans des infrastructures durables, et la mobilisation des 100 milliards de dollars promis chaque année pour financer le climat de travail ». « Nous devons également exiger un traitement juste et égal dans les structures internationales de la finance, du commerce et de la fiscalité, arrêter et inverser le flux des milliards de dollars, chaque année, de nos pays vers des « refuges » par le biais de la corruption, de la fraude, de l’évasion fiscale’, a dit M. Khan. PREPARER L’AVENIR – Le Premier ministre pakistanais a estimé que les pays de l’OCI « doivent se préparer à l’avenir à une économie mondiale numérique, intégrée et fondée

