Dossier mouton de Tabaski: Les superstitions liées au bélier de sacrifice

Bamako, 07 juin (AMAP) La fête de Tabaski sera célébrée dans notre pays ce samedi 9 juillet. Ce sera la fête du mouton. Tous les croyants musulmans qui en ont les moyens se feront un devoir d’immoler un bélier.  Celui-ci est entouré de nombreuses croyances populaires qui n’ont, pratiquement, rien à voir avec l’essence-même du dogme islamique malgré le syncrétisme avec quelques prières musulmanes. Nos amis et parents sénégalais sont réputés pour un certain penchant pour ces croyances aux allures païennes. Nous vous livrons un échantillon de ces histoires aussi drôles que rocambolesques pour chatouiller le sens de l’humour de nos lecteurs. Cela dit, il n’est pas à écarter que certains lecteurs pourraient être tentés de trouver là une source d’inspiration et se donner à cœur-joie à ces pratiques. Simple précision, nous dégageons toute responsabilité face à l’adhésion à certaines de ces pratiques mystiques sans fondement religieux ni même scientifique ! Nous devons ces extraits à PressAfrik, une agence de presse sénégalaise qui jouit d’une grande réputation. Nous avons retenu sept petites histoires que nous espérons, vous amuseront.  USAGE SECONDAIRE DE LA CORDE SERVANT À ATTACHER LE MOUTON AVANT SON IMMOLATION De la même manière qu’elle aide à attacher le mouton et à le sécuriser, la corde est utilisée contre les maris infidèles qui délaissent le lit conjugal. Pour les célibataires, il n’y a pas plus efficace. Si vous voulez vous marier (homme et femme), prenez la corde avec laquelle on a attaché le mouton avant de l’immoler. Pour ce faire, il faut immoler le mouton le jour de la Tabaski.  Puis, on fait sept nœuds en récitant sept Fatiha pour chaque nœud, soit 49 Fatiha. Ensuite, on prononce ses vœux, en l’occurrence celui de se marier. Enfin, on termine par une autre prière, trois Salatoul Fatiha. Si votre mari vous trompe aussi, procédez de la même manière. S’agissant des maris avares, attachez la corde au pied du lit. Certains marabouts et charlatans utilisent cette corde pour créer, dit-on, la discorde entre deux personnes ou dans un groupe.  LES CORNES DU MOUTON SONT AUSSI TRÈS RÉPUTÉES POUR LEUR POUVOIR PSEUDO MAGIQUE Elles sont surtout utilisées pour avoir le pouvoir de neutraliser les vols. Il se dit que si on les met dans une boutique, tout voleur qui s’aventurera par-là s’endormira sur place, jusqu’à ce que le propriétaire vienne le surprendre. Pour avoir une protection contre les voleurs, il faut mettre le nid d’un oiseau de la famille des passereaux dans la corne du mouton de Tabaski et fermer celle-ci avec un morceau de savon ayant servi à laver une dépouille mortelle. Puis fermer la corne en récitant douze fois «Ayatoul koursiyou». Ainsi, votre boutique serait protégée contre les voleurs ; mieux, beaucoup de clients accourront vers votre lieu de vente. LA LANGUE Elle est utilisée contre le mauvais œil et la mauvaise langue (ou thiatt en wolof), pour l’entente dans une famille, si vous voulez que vos enfants réussissent et deviennent «quelqu’un» ou si vous voulez bénéficier des réussites de vos enfants.  LA PEAU Souvent utilisée comme natte de prière, la peau du mouton cache d’autres secrets. En effet, nos ancêtres l’utilisaient pour aider un jeune couple à s’épanouir dans leur mariage et à faire qu’il reste soudé. Il vous suffit de l’étaler au sol. Placer sur la peau en guise de natte, les pattes du mouton, deux noix de cola (une blanche et une rouge).  Enterrez le tout dans un endroit secret connu de vous seul. Vous pouvez la déterrer si vous voulez qu’elle soit mis fin à cette relation. Utilisez le même procédé si vous déménagez dans une nouvelle maison.  Vous serez protégé contre les mauvais esprits hantant les lieux et les personnes mal intentionnées. En cas de contentieux sur la maison, les ennemis se tairont. Le chef de famille ainsi que les membres de la famille seront respectés. Elle est surtout utilisée pour faire du mal ou jeter un mauvais sort à quelqu’un. Les marabouts des lutteurs utilisent cette partie du mouton pour paralyser leur adversaire. Utilisée avec certains versets du Coran, elle peut rendre inaperçu ou «invisible» quelqu’un. Les bouchers ne la laissent jamais intact. Ils la détruisent toujours. LA BILE La bile est comme de l’acier contre les billets de banque : on l’utilise pour ceux qui ont des problèmes d’argent. Il y a beaucoup de personnes (salariés, ouvriers, commerçants, par exemple) qui n’arrivent pas à garder leur argent en poche. Il trouve toujours un prétexte pour le dépenser en quelques jours pour des choses inutiles. Il suffit d’écrire deux fois Fatiya et placer le résultat dans de l’eau, puis mélanger avec la bile ; enfin se nettoyer les mains avec le résultat. LE FOIE Le foie est utilisé pour les hommes ayant des problèmes urologiques comme la varicocèle, l’éjaculation précoce et l’augmentation du pénis.  LES TESTICULES Les testicules sont très efficaces pour faire du mal (rendre l’homme impuissant sexuellement «en wolof, takk xala). Les charlatans les utilisent pour paralyser l’homme sexuellement. Ce dernier deviendra faible sexuellement ou éjaculera précocement. Histoires recueillies par Rokiatou TRAORÉ

Dossier mouton de Tabaski : Le pourquoi de la hausse des prix

Par N’Famoro KEITA Bamako, 07 juin (AMAP) Le «Chaba Terrain» à Lafiabougou, Commune IV du District de Bamako, la capitale malienne, est transformé momentanément en aire de vente de moutons. Ce marché grouille de monde, de jour comme de nuit, en cette veille de fête de Tabaski. Les vendeurs rivalisent d’adresse pour attirer les acheteurs. Ce 1er juillet, l’ambiance était morose mais le temps clément à cause de la pluie abondante de la veille qui avait arrosé la ville. À l’entrée du site, des vendeuses de fourrage bloquent le passage. Des feuilles d’arbres fraîches et d’arachide séchées sont étalées par terre. Les bêlements des bêtes sont assourdissants. Difficile d’accéder à l’aire de vente. Notre équipe de reportage a dû se frayer un chemin pour accéder à cette cour. Les visiteurs qui arrivent soupèsent du regard les troupeaux de bœufs, de moutons et de chèvres disséminés. Devant un troupeau de moutons, Abdoulaye Coulibaly discute avec un client du prix d’un bélier. Sans accord sur le prix,  le potentiel acheteur prend congé du commerçant et se dirige vers un autre vendeur. À la question de savoir pourquoi le client s’est retiré, Abdoulaye Coulibaly explique que le marché de cette année est différent de celui des années précédentes, à cause du prix élevé de l’aliment bétail.  Malgré cela, le quadragénaire se réjouit d’avoir vendu quelques têtes depuis son  arrivée du village de Tatla, dans la Région de Ségou (Centre). Il ne précise pas le nombre exact de moutons vendus. Abdoulaye Coulibaly indique que le prix de ses animaux varie entre 60 000 et 150 000 Fcfa. À quelques mètres sous un petit hangar, Amadi N’Diaye est allongé et observe ses bêtes. Le regard sérieux, le natif de Banamba admet la morosité du marché.  Contrairement au précédent interlocuteur, N’Diaye trouve que le marché est trop lent. En réponse aux clients qui leur font porter le chapeau de la cherté des bêtes, il justifie ce désagrément par plusieurs raisons. Notre interlocuteur explique que le sac de tourteau qui était vendu à 5 000 Fcfa, est aujourd’hui cédé à 17 500 Fcfa.  Le son de maïs est vendu à 15 000 Fcfa le sac. L’année dernière, il était cédé à 2 500 Fcfa.  N’Diaye dénonce les effets néfastes de l’homme sur la forêt rendant difficile l’alimentation des animaux. «Nous n’avons plus de pâturage à cause des feux de brousse. Nous sommes obligés d’acheter cette nourriture pour assurer la survie de nos ovins. Nous pouvons dépenser 500 000 Fcfa dans leur alimentation, sans compter le transport de notre village à Bamako», déplore-t-il. ATTAQUES RÉPÉTÉES – Selon Abdoulaye N’Diaye, le transport d’un mouton qui coûtait 500 Fcfa s’élève aujourd’hui à 3 000 Fcfa. À ces difficultés, il ajoute les tracasseries de certains agents des postes de contrôle qui exigent le paiement de 5 000 Fcfa au passage.  Ces facteurs sont à l’origine de la hausse des prix. Cet habitué du marché du mouton de Tabaski compte 15 ans d’expérience dans cette activité. Abdoulaye vend cette année ses béliers entre 75 000 Fcfa et 300 000 Fcfa.  Nous arrivons vers 11 heures, au «garbal» de Lafiabougou kôda, toujours en Commune IV du District de Bamako. Il est très animé. Les clients se promènent troupeau à troupeau, à la recherche du mouton de leur choix.  Le vendeur Salif Belem est un natif du Cercle de Koro, dans la Région de Bandiagara (Centre). Il réside à Bamako depuis quelques années. Des propriétaires, de son village, lui envoient des animaux. L’homme au visage serein, qui s’apprêtait déjà pour la prière du vendredi, raconte son calvaire : «Nous sommes confrontés aux difficultés de transfert des animaux vers le Sud du pays. Les attaques sont régulièrement perpétrées par les terroristes contre les véhicules transportant les forains».  Le vendeur Salif Belem, triste, raconte que les bandits confisquent les animaux et les biens. Et, souvent, il y a même mort d’hommes. À cause de la hausse  du prix du carburant, les bêtes sont transportées à 4 000 Fcfa par tête. Par ailleurs, Salif Belem est nostalgique du marché fructueux des années passées.  Il se souvient qu’autrefois, un client pouvait acheter 15 à 20 têtes en une seule fois. «Mais, cette année, nous avons du mal à avoir trois achats par jour», révèle le marchand de moutons, reconnaissant que les prix du bétail ont augmenté.  «Tous les béliers qu’on pouvait acheter à 75 000 et 100 000 Fcfa sont aujourd’hui cédés à 125 000 voire 150 000 Fcfa», confie Salif. Il invite les clients à comprendre les motifs qui  ont conduit à cette situation.  Bourama Keïta habite Sébénicoro, Commune IV du District de Bamako. Il a déjà acheté deux béliers à Djicoroni-Para,  respectivement, à 80 000 et 110 000 Fcfa. Il est heureux en déclarant : «J’ai eu mon choix et je n’ai pas de regret». Il est content d’avoir accompli son devoir de père de famille. NK/MD (AMAP) 

Les fleuristes-paysagistes éclosent à Bamako, la capitale malienne   

Aboubacar TRAORE Bamako, 07 juil (AMAP) À Bamako, les espaces publics se transforment de plus en plus en pépinières pour les jardiniers et fleuristes. Ces derniers vendent sur ces espaces des fleurs ou des pieds de plantes d’ornement ou fruitières. Si la présence de ces fleuristes et jardiniers arrange bon nombre de nos concitoyens qui font des achats pour leurs besoins multiples, certains se plaignent également de la prolifération de ces sites qui peuvent servir de repaires pour des individus malintentionnés pour commettre leurs forfaits. Cela, à cause de la végétation de ces sites qui rend difficile la visibilité. Pourtant, l’installation de ces paysagistes est règlementée par des textes sauf que la loi n’est pas respectée par les utilisateurs. Ou plutôt, est ignorée par ces derniers et la clientèle.  Moussa Daou, chef de poste de la Direction urbaine du bon ordre et de la Protection de l’Environnement (Dupope) à la mairie de la Commune VI où le phénomène connait de l’ampleur, explique les conditions d’installation des jardiniers sur l’espace public. L’agent municipal indique que pour occuper un espace vert, le paysagiste doit adresser une demande d’occupation au maire de la commune concernée. Après réception de la demande, les services compétents de la mairie (Dupope), de l’Urbanisme, de l’Assainissement et des Eaux et Forêts effectuent une visite de terrain. Une fois autorisé par le maire sur approbation des services techniques, le jardiner doit s’acquitter des frais d’installation qui s’élèvent à 100 000 Fcfa par espace. Et après installation, il doit payer régulièrement la taxe municipale de 18 000 Fcfa par an. Selon le dernier recensement, réalisé il y a trois ans, il existe une trentaine de pépiniéristes en Commune VI, dont près de la moitié occupe illégalement les sites. « Mais la mairie, étant un service social, se montre très souvent indulgente avec les fleuristes », explique Moussa Daou. Ajoutant qu’en plus de leur contribution à l’embellissement de la ville, les pépiniéristes participent également à l’hygiène et à la préservation de l’environnement contre certains phénomènes comme la transformation des espaces vides en dépotoirs d’ordures ou autre usage répréhensible. Selon notre interlocuteur, la mairie de la Commune VI travaille en étroite collaboration avec la coopérative des horticulteurs. DÉFENSE DES INTÉRÊTS – Pour défendre leurs intérêts, les paysagistes se sont constitués en regroupement dénommé Union des sociétés coopératives des horticulteurs et pépiniéristes du District de Bamako (USCHPB). Créée en 2017, l’organisation compte environ 300 pépiniéristes repartis en coopératives entre les six Communes du District de Bamako. Selon son président, El Hadji Maïga, les fleuristes occupent les domaines publics (espaces verts) pour le besoin d’aération de la ville de Bamako. «Nous travaillons généralement sur la base de contrats avec les maries et la Direction nationale des Eaux et Forêts pour aménager les endroits et nous nous acquittons des taxes municipales», assure le fleuriste. « Les difficultés interviennent généralement lorsque des opérateurs économiques passent par les autorités pour acheter ces espaces et faire déguerpir les pépiniéristes qui opèrent sur les lieux depuis des années, voire des décennies », déplore M. Maïga. Il évoque le cas d’une dizaine de jardiniers de la Commune IV qui travaillaient sur des sites situés non loin du Palais des Sports Salamatou Maïga, à Djicoroni-Para et vers Woyowayanko. El Hadji Maïga précise que ces fleuristes ont été déguerpis par voie d’huissiers par les nouveaux acquéreurs qui se sont présentés avec des titres fonciers. Face à cette situation, l’USCHPB a entamé des démarches auprès des autorités concernées, notamment le gouverneur du District de Bamako, le ministre en charge des Domaines et des Affaires foncières, le Premier ministre, ainsi que la direction générale de l’Agence de cessions immobilières (ACI). Cette dernière est disposée à proposer une régularisation des déguerpis. Le premier responsable de l’USCHPB lance un cri du cœur à toutes les bonnes volontés pour aider les pépiniéristes de la capitale à mettre fin à ces deguerpissements qui ont déjà mis plusieurs chefs de famille au chômage. El Hadj Maïga estime que Bamako, de façon générale, et l’ACI 2000, en particulier, a aujourd’hui plus que jamais besoin de ces espaces verts pour l’épanouissement des populations, notamment la couche juvénile. Un avis que partage l’administrateur provisoire de l’ACI, Amadou Maïga, qui a rencontré les responsables de la faitière des paysagistes concernant notamment l’aménagement de la Bande verte en espace vert. Après avoir expliqué que « certains espaces verts appartenant au domaine public de l’État ont fait l’objet de changement de vocation, à travers des ré-morcèlements suivis de ventes dans la zone ACI 2000 en 2015 », Amadou Maïga a révélé que la direction de l’ACI cherche des solutions pour reclasser les nouveaux acquéreurs des espaces concernés, afin de permettre aux pépiniéristes de continuer à aménager ces endroits qui constituent des équipements de confort pour le quartier. « Toute chose qui, souligne-t-il, confère à l’ACI toute la justification de son label ». Cependant, le responsable de l’Agence indique ne pas avoir connaissance de cas de deguerpissements récents de fleuristes dans la zone ACI 2000.  UN MÉTIER QUI NOURRIT SON HOMME – Les pépinières géantes sont reconnaissables de loin par leur végétation développée et on en trouve presque sur tous les grands axes de Bamako. Des abords de la route menant à l’Aéroport international président Modibo Keïta-Sénou, en passant par les alentours des échangeurs des ponts des Martyrs et du Roi Fahd, jusqu’au rond-point Kwamé Nkrumah en face du cimetière d’Hamdallaye, il y a de véritables petites forêts partout. On y trouve des fleurs et des arbres d’une variété impressionnante. Sur les sites en face de la Pyramide du Souvenir et de la Maison des Jeunes de Bamako, sont installés plusieurs groupes de paysagistes. Vieux Traoré partage un espace d’environ un demi hectare avec cinq autres jardiniers. Sur place, ces derniers ensemencent les graines. Ils apportent les soins nécessaires au plein épanouissement des plantes et connaissent toutes les espèces végétales. Le travail des pépiniéristes consiste, également, à nourrir les plantes en les irriguant, en mettant parfois de l’engrain et en les protégeant contre les maladies et les mauvaises herbes.  Ce natif de Kolokani, qui a

Septentrion malien : Le trafic de carburant et autres produits de première nécessité en plein essor

Tombouctou, 5 juillet (AMAP) D’importantes quantités de carburant transitent nuitamment par Goundam (Nord) en direction du sud du Mali tous les jours, ce qui suscite beaucoup d’interrogations au sein de l’opinion locale, a appris l’AMAP de source locale. Selon cette même source, avant on avait coutume de voir des citernes de carburant qui arrivent à Goundam pour des livraisons à certaines entités, notamment l’Energie du Mali (EDM SA), la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), les Forces armées maliennes (FAMa). Aujourd’hui, nous assistons à un trafic intense de carburant dans des fûts chargés dans des camions, ou des véhicules tout terrain couverts de bâches ou à ciel ouvert, traversant la ville de Goundam pour le Sud et l’Ouest. Ces dizaines de camions et de véhicules 4×4 chargés de fûts de gaz-oil ou d’essence viennent d’e l’Algérie voisine malgré le contrôle strict des autorités des frontières menant dans les Régions de Gao et de Tombouctou (Nord). A partir de Tombouctou, des camions assurent le relais. Ceux venus de l’intérieur du pays, de retour, chargent les nombreux fûts de carburant à destination d’autres horizons. Aujourd’hui, ils sont nombreux les citoyens à s’interroger sur les destinations de ces cargaisons de carburant. D’autres pensent que ce trafic devait contribuer à atténuer la crise et éviter la flambée des prix de carburant mais hélas le litre d’essence a atteint les 1 000 Fcfa en ce mois de juin alors qu’il se vendait à 650 Fcfa. Par ailleurs, du côté de la Mauritanie il est constaté le mouvement de nombreux camions chargés de marchandises, de produits de premières nécessité, en direction de Tombouctou. Ces marchandises sont aussitôt transférées dans d’autres camions et petits véhicules pour de nouvelles destinations au lieu d’être vendues sur le marché local en vue de contribuer à la stabilisation des prix et atténuer à la souffrance des populations. Cette situation constitue une grande perte pour l’économie u Mali, de l’avis de nombreux observateurs qui pensent que cela ne profite qu’à une poignée d’individus.  AT/KM (AMAP)

Levée des sanctions de la CEDEAO : Soulagement au Mali

Par Issa DEMBÉLÉ Bamako, 04 juil (AMAP) Les chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO, réunis, dimanche,  Accra au Ghana, ont levé les sanctions économiques et financières imposées au Mali, depuis le 9 janvier 2022 . «Sage décision», se réjouissent nombre de nos concitoyens sur les réseaux sociaux. Les Maliens n’en espéraient pas moins de cet énième sommet qui s’est tenu après que les autorités de la Transition ont donné suffisamment de gages : publication du chronogramme des réformes politiques et institutionnelles et celui des élections, adoption d’une nouvelle loi électorale, mise en place de l’équipe en charge de l’adoption d’une nouvelle constitution… Ces actes ont certainement orienté la décision des dirigeants ouest-africains, qui ne demandaient plus que des «éléments complémentaires» concernant les chronogrammes proposés. Ce sommet est intervenu, aussi, alors que les autorités de la Transition ont convaincu de leur intention de faire participer les acteurs politiques et de la société civile aux actions visant à conduire le pays vers l’ordre constitutionnel normal. L’inclusivité et la recherche du consensus ont été érigées en principes. La classe politique et la société civile, dont une partie s’offusquait de l’absence de concertation, sont désormais au parfum de ce qui est envisagé en matière de réformes (politiques et institutionnelles) et d’élections. Le succès de la réunion de relance du Cadre de concertation national augure une réelle implication des uns et des autres pour la réussite des différents processus. NORMALISATION – L’issue du sommet de dimanche marque le début de la normalisation de nos rapports avec cette organisation qui aura tout tenté pour faire plier les autorités de la Transition. L’ancien président nigérian Goodluck Jonathan a fait de nombreux aller-retour à Bamako – son dernier séjour remonte aux 23 et 24 juin derniers – pour trouver un compromis. Les chefs d’Etat ont plusieurs fois évoqué le sujet et préconisé des solutions qui ne rencontraient pas l’adhésion des autorités maliennes et d’une bonne frange de nos concitoyens. Agacés, ils avaient, lors du sommet du sommet du 9 janvier 2022, imposé des sanctions économiques et financières au Mali. Ces sanctions avaient été maintenues à l’issue des sommets du 25 mars et du 4 juin. La reconduction des sanctions à l’issue du sommet du 4 juin dernier fut une véritable douche froide pour les Maliens. L’entrée en scène du président togolais, Faure Gnassingbé, à la demande du Mali pour jouer les médiateurs, avait fait naître un certain espoir sur les rives du Djoliba. De nombreux observateurs avaient tablé sur une levée des sanctions. Patatras ! Les dirigeants ouest-africains ont jugé bon de repousser l’échéance à un mois plus tard, le temps d’obtenir plus de gages de la part de nos autorités. Le rendez-vous manqué du 4 juin n’a pas empêché les autorités maliennes de continuer à travailler à convaincre de leur bonne foi. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a mené un travail diplomatique efficace pour faire comprendre à nos partenaires étrangers que l’intention des autorités maliennes n’est nullement d’isoler le pays.  De con côté, le président Faure Gnassingbé a poursuivi aussi son effort pour soutenir le dialogue avec la CEDEAO et l’ensemble de la communauté internationale. Son «action discrète et efficace» a été saluée, il y a un mois, par le chef de la diplomatie malienne. RESILIENCE – La levée des sanctions intervient alors que notre économie et celles de nos voisins immédiats ont beaucoup souffert de l’interruption des relations économiques, financières et commerciales. Notre économie a plié mais n’a pas rompu. Le pays a affiché une résilience étonnante. L’Etat a continué à assurer son rôle régalien même si les restrictions budgétaires ont affecté les activités de nombreux services publics. Le pays n’a pas souffert de pénuries de produits de grande consommation dont les prix ont tout de même pris l’ascenseur. Pourtant peu d’observateurs donnaient plus de trois mois pour voir notre économie totalement sur les rotules du fait de ces sanctions que les autorités maliennes ont qualifiées d’« illégales, illégitimes et inhumaines ».  Il reste à appliquer des mesures idoines pour faire redémarrer des pans entiers de l’activité économique atteints par le marasme créé par l’embargo. Ceci est un impératif pour les autorités car les citoyens attendent une baisse des prix de certains produits de grande consommation.  Les opérateurs économiques s’attendent à des facilités pour leur permettre de relancer leurs affaires. Beaucoup ont subi des pertes sèches du fait du blocage de leurs cargaisons de produits importés dans les ports de Dakar et d’Abidjan. La levée des sanctions est une très bonne nouvelle pour cette catégorie d’hommes d’affaires. ID/MD (AMAP) 

Ségou : Mouton de Tabaski attend clients, désespérément

Par Aminata Dindi SISSOKO Ségou, 1er juil (AMAP) Le Mali,  à l’instar de la communauté musulmane, s’apprête à fêter l’Aïd el-Kébir, l’une des plus importantes fête de l’islam. La présence de vendeurs ambulants de bétail dans les rues, fait sentir déjà l’atmosphère de fête dans la capitale des balanzans, Ségou. Certains vendeurs ont, simplement, assiégé les alentours de la route l’An 2000, attendant en vain des preneurs. A Ségou, les différents marchés à bétail que nous avons sillonnés, sont approvisionnés même si les clients se font toujours attendre, d’après plusieurs vendeurs.  En cette matinée peu ensoleillée, Oumar Diallo se promène dans les environs de l’hôpital Nianancoro Fomba avec une dizaine de béliers. Quelques bêtes récalcitrantes ne lui facilitent pas la tâche sur cette voie fréquentée par les charretiers. Notre véhicule de reportage se gare non loin du troupeau. Le quadragénaire se précipite vers nous, laissant le soin à son fils de surveiller ses bêtes. «Approchez, j’ai de gros béliers. Venez apprécier vous-mêmes. Celui-là, je le cède à 200 000 Fcfa mais on peut marchander. Si vous trouvez ce prix cher, il y en a également pour 160 000 Fcfa. Le dernier prix, c’est 125 000 Fcfa », dit-il en essayant de nous convaincre.  Nous jugeons ses prix élevés. Le vendeur estime que le mouton, cette année, est plus abordable que l’année dernière : « L’année dernière, en cette période, il fallait débourser plus pour trouver des béliers du même gabarit. Nous ne cherchons pas beaucoup de bénéfice cette année, vu la situation qui prévaut dans le pays », assure-t-il.  Un quinquagénaire de passage se joint à notre conversation. Il se renseigne sur les prix et n’y va pas avec le dos de la cuillère. « Les moutons sont chers dans la ville de Ségou. Il faut aller dans les villages voisins pour acheter sa bête. C’est là-bas que ces vendeurs s’approvisionnent pour nous revendre plus chers.  Chaque année, je vais au marché de Konodimini pour acheter mon mouton de sacrifice », explique cet enseignant. Plus loin, Abdoulaye Konta, un vendeur de bétail a élu domicile aux alentours de la voie l’An 2000. Une manière d’attirer les usagers de cette voie principale. Il est occupé au téléphone. « Je t’envoies tout de suite les images. S’ils te conviennent ,dès demain je les envoies par le premier car à destination de Bamako », assure-t-il à un client de la capitale, au bout du fil.  A peine, a-t-il décroché qu’il se dirige vers nous. « Vous avez besoin de bélier ? Faites votre choix. On tombera d’accord sur le prix. Je cède mes bêtes entre 72 500 Fcfa et 252 500 Fcfa », nous informe-t-il. Konta fait ce commerce avec son grand frère depuis plus de 20 ans. « Nous achetons notre bétail lors des marchés hebdomadaires des villages environnants, notamment Niono, Dougabougou, Séribala, Boussain, Gara, Ntona, Konodimini », explique-t-il. Il juge que les prix ne sont pas trop élevés cette année. Mais se plaint de la rareté des clients. « Par jour, nous vendons une ou deux bêtes. Beaucoup de clients se limitent à se renseigner sur les prix. Mais l’espoir est permis. D’ici à la fin de la semaine, nous espérons faire beaucoup de ventes », dit-il.  Oumar Traoré, vendeur de bétails au marché à bétail de Médine, lui aussi, espère que la semaine prochaine,  les ventes s’accéléreront. Se désolant de l’absence de clients, il soutient : «  Souvent, on peut passer une journée sans vendre la moindre tête. Même hier ça a été mon cas ».  Cela est-il dû à la cherté des prix ? Pour lui, les prix ne sont pas élevés. Il explique que beaucoup de clients attendent la dernière minute pour acheter leur mouton de sacrifice. Egalement, avec la situation qui prévaut dans le pays, beaucoup n’ont pas d’argent.  Ici, au marché à bétail de Médine, les prix oscillent entre 65 000 et 125 000 Fcfa. Quelques rares béliers qui ont de l’embonpoint coûtent entre 300 000 et 350 000 Fcfa.  A côté de l’échangeur, se dresse le grand marché à bétail de Ségou. Le site compte plus d’une soixantaine de vendeurs. Samedi dernier, notre équipe de reportage y a fait un tour. Mamadou Tangara, un client se promenait d’un vendeur à un autre, pour se faire une idée des prix.  Pendant que des vendeurs essaient de le convaincre à l’achat. « Vraiment, je trouve que les prix sont élevés. Les vendeurs parlent de 75 000 Fcfa mais je pense que pour avoir un bon bélier il faut débourser à partir de 125 000 Fcfa », nous a-t-il indiqué.    Aguibou Dagnon, un vendeur met en avant quelques difficultés auxquelles les vendeurs font face cette année, notamment le coût élevé de l’aliment bétail, l’insécurité, la hausse du prix du carburant : « Nous partons dans les différents marchés hebdomadaires à Fangasso, Dougabougou, Fatiéna, Gara pour acheter nos animaux. Les frais de transport d’une tête coûtait entre 250 et 500 Fcfa. Aujourd’hui, c’est entre 1 000 Fcfa et 1 500 Fcfa », dit notre interlocuteur. Il ajoute acheter le sac de 50kgs de tourteau à  175 000 Fcfa et le son à 8 000 Fcfa ». « Egalement, on a dû renoncer a nous rendre en certains endroits, à cause de l’insécurité. Or, on trouvait le bétail moins chers sur ces sites là », détaille-t-il. Et de souligner que nonobstant ces difficultés, les prix à leur niveau oscillent entre 75 000 Fcfa et  300 000 Fcfa. « Le marché est bien approvisionné, comme vous pouvez le constater. Les bêtes sont bien nourries. Mais, pour le moment il n’y a pas de vente. Les clients se font rares», déplore-t-il. Lui et ses collègues misent sur la semaine de la fête pour écouler plus de bêtes. ADS/MD (AMAP)

Campagne agricole à Sikasso (Sud) : L’équation de l’engrais chimique subventionné

Par Mariam F. DIABATE Sikasso, 30 juin (AMAP) L’hivernage a commencé à s’installer à Sikasso, dans la cCité verte du Kénédougou. La campagne agricole a débuté au mois de mai et prendra fin en octobre. Quant à l’installation des cultures, elle a également démarré au mois de mai. Cependant, les producteurs ne réunissent pas tous les facteurs de production au nombre desquels l’engrais subventionné.  Les paysans sont attachés aux engrais minéraux pour leurs effets fertilisants évidents. Mais il se trouve que ces derniers ne sont pas disponibles en quantité suffisante. L’alternative des engrais organiques ne les enchante pas beaucoup. En effet, les producteurs se plaignent de l’insuffisance de la quantité d’engrais chimiques subventionnée. Comme le dit la sagesse rurale, « l’hivernage une fois amorcé n’attend pas ». Certains paysans sont contraints de recourir aux engrais organiques pour fertiliser leurs parcelles. Mais cette « solution palliative » selon eux, n’est pas aussi rapide et efficace que les effets des engrais chimiques. «Hier (Ndlr, mercredi dernier) tout près, j’ai été obligé d’acheter 4 sacs d’engrais chimiques (urée) pour une somme de 152.000 Fcfa, soit 38.000 Fcfa le sac à cause de l’insuffisance d’engrais subventionnés. Je ne suis même pas sûr que cela suffira pour mon champ», se désole Hamidou Ballo, cultivateur au village de Bamadougou. Il a ajouté que lors de la campagne précédente, il avait également utilisé de l’engrais organique dans son champ de maïs pour près de 100.000 Fcfa. «Je n’ai même pas pu récolter 1 hectare de maïs. C’était vraiment décevant. On ne sait plus que faire pour enrichir nos sols en vue d’un bon rendement de nos champs», se plaint Ballo. Mamadou Sanogo de Danderesso se voit obligé de se rabattre sur l’engrais organique. «J’ai tout récemment commandé une benne d’engrais organique pour mon champ de 5 hectares », a-t-il dit. Comme alternative, Mamadou Sanogo envisage de mélanger les graines de coton aux matières fécales. Ce qui, selon sa propre conviction, ferait de l’engrais de bonne qualité.  Le chef de la division conseil et vulgarisation agricole de la direction régionale de l’agriculture (DRA), Aboubacar Traoré, conseille l’utilisation des matières fécales dans les champs. « Ces dernières, selon lui, ne doivent pas avoir d’impacts négatifs sur les cultures vivrières car les plantes absorbent les éléments nutritifs tels que le calcium, le potassium, le magnésium et le phosphore ». Il invite les producteurs à privilégier les cultures intensives, d’une part et, d’autre part, à s’adapter à l’utilisation des engrais organiques, notamment le compostage dans les champs. Djibril Mariko et Chaka Konaté sont tous fournisseurs d’engrais au grand marché de Sikasso. Ils évoluent dans le domaine depuis plus de 30 à 40 ans. Ils confirment que la présente campagne a débuté avec des difficultés d’accès à l’engrais chimique. «Cette année, mes fournisseurs sont en train d’approvisionner la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT). Cette situation a affecté mes commandes», explique Chaka Konaté. Toutefois, a-t-il souligné, il ne vend pas les engrais subventionnés. «J’ai arrêté la vente des engrais subventionnés depuis 2017, car l’Etat tardait trop à payer mon argent», raconte-t-il. Siriman Théra est l’un des clients fidèles de Chaka Koné. Il était venu acheter deux sacs d’urée. «L’accès à l’engrais chimique subventionné est très difficile cette année. Chaque fois que je me rends à la DRA, on me fait faire des aller et retour», se plaint-il.        Nous avons approché la direction régionale de l’agriculture pour en savoir davantage sur la disponibilité des engrais subventionnés. Le chef du bureau statistique et suivi évaluation de la DRA, Moussa Dembélé a expliqué que l’Etat a mis à la disposition de la Région de Sikasso (Cercles de Sikasso et de Kadiolo) 16.456 tonnes d’engrais subventionnés.  Sur cette quantité, le Cercle de Sikasso dispose de 1.139 tonnes d’engrais chimiques, 11.200 tonnes d’engrais organiques, 8 tonnes de bio stimulant et 16 tonnes de semences pour le maïs hybride. Cette prévision ne représente que 11% des besoins exprimés par la région. « 90% des engrais subventionnés pour la Région de Sikasso sont constitués d’engrais organiques industriels et les 10% l’engrais minéral », précise Moussa Dembélé.  Rappelons que le prix subventionné de l’engrais minéral est de 12.500 Fcfa le sac de 50 kg. Le prix du complexe céréales non subventionné varie entre 31.000 et 37.750 Fcfa. Selon le chef Secteur Agriculture de la DRA, Bréhima Keita, l’affluence au niveau de la distribution de l’engrais est très timide. «Du début des opérations de distribution (le 8 juin dernier) à aujourd’hui, nous n’avons enregistré que 600 producteurs», raconte-t-il. Toutefois, a fait remarquer le technicien, les producteurs ne sont guère enthousiastes à se procurer de l’engrais organique disponible dans nos magasins. Ils assurent toujours qu’ils en ont déjà et tournent le dos. Ils préfèrent nettement les engrais chimiques aux organiques. Or, il se trouve que la quantité d’engrais organiques subventionnés est supérieure à celle de l’engrais chimique.  Par ailleurs, la distribution de l’engrais chimique subventionné n’a pas démarré car beaucoup de fournisseurs ne se sont pas encore engagés dans le processus de subvention.  « L’insuffisance de la quantité de l’engrais minéral subventionné est due à sa cherté sur le marché international », argumente le technicien. Mais d’ores et déjà, l’hivernage presse et les producteurs sont bien obligés de faire face aux besoins de fertilisation de leurs parcelles. A défaut d’engrais chimiques subventionnés en grande quantité, la seule alternative qui s’offre, dans l’immédiat, est l’engrais organique pour satisfaire les besoins de leurs plantes. MFD/MD (AMAP)

Gestion foncière et cadastrale : Les autorités maliennes veulent circonscrire les tensions

Par Babba B. COULIBALY Bamako, 30 juin (AMAP) Les autorités maliennes, conscientes du rôle cardinal que joue le foncier en matière de prospérité sociale et économique, ont tenté d’endiguer les tensions autour de la terre. Adoptée à cet effet, l’Ordonnance n°00-027/PRM du 22 mars 2000 portant Code domanial et foncier a montré ses limites. La Loi n°02-008 du 12 février 2002 a vu le jour pour corriger les insuffisances de l’Ordonnance précitée. Mais, le problème foncier allait en s’épaississant.  Face à l’ampleur du fléau et ses risques pour la stabilité même du pays, l’État initie : «Les États généraux du foncier». Tenus à Bamako du 7 au 12 décembre 2009, ces assises identifient les difficultés qui entachent la qualité de la gestion foncière au Mali. Elles formulent des recommandations «idoines» pour y faire face. En application desquelles les lois n°2012-001 du 10 janvier 2012, n°2016-025 du 14 juin 2016 et n°2018-054 du 11 juillet 2018 ont été adoptées. Ces lois s’avèrent également inadaptées au contexte qui prévaut, au regard de la complexité du problème et des défis à relever. Challenges auxquels le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population, Bréhima Kaména, dit s’être attaqué, dès sa prise de fonction. L’adoption de la Loi domaniale et foncière, conformément aux recommandations majeures des assises sur le foncier, répond à ce besoin-là. En la matière, rappelle le ministre Kaména, «la Loi n°2021-056 du 07 octobre 2021 portant modification et ratification de l’Ordonnance n°2020-014/PT-RM du 24 décembre 2020 portant Loi domaniale et foncière a prévu en son article 81 qu’un décret pris en Conseil des ministres précise les modalités de confection, d’organisation, de fonctionnement du Cadastre, d’enquêtes foncières et d’évaluation immobilière».  Le Cadastre est l’état civil de la propriété foncière. Il vise la confection de documents administratifs et de plans en recensant toutes les propriétés foncières, en définissant leurs limites, en constatant leur mise en valeur et en les évaluant en vue de l’assiette fiscale foncière. Garantie de la propriété foncière, le Cadastre sert de base aux grands travaux d’aménagement du territoire.  Pris dans cette optique, ce décret qui remplace le Décret n°02-113/P-RM du 06 mars 2002 fixant les modalités d’organisation et de confection du Cadastre, comporte 48 articles, repartis entre six titres. Il apporte des innovations majeures. Celles-ci se rapportent à la prise en charge des fichiers numériques dans la documentation cadastrale, à la normalisation des échelles et des feuilles des documents graphiques cadastraux. Il définit le concept de cadastration, prend en charge certaines innovations consacrées dans la Loi n°06-045 du 05 septembre 2006 portant Loi d’orientation agricole (LOA) et dans la Loi n°2017-001 du 11 avril 2017 portant sur le foncier agricole (LFA), notamment l’institution du Cadastre à l’article 77 de la LOA.  Le décret innove, également, avec la prise en compte des documents du registre des possessions foncières des terres agricoles et du registre des transactions foncières des terres agricoles prévues à l’article 31 de la LFA, et la mise en œuvre cohérente des travaux des Commissions foncières. Il précise que les frais de confection du Cadastre sont à la charge de l’État ou des Collectivités territoriales. Le texte règlemente, aussi, les modalités et conditions d’accès aux données cadastrales, les enquêtes foncières et l’évaluation immobilière. Il précise les procédures d’élaboration, de validation, de conservation, de mise à jour et de consultation de ces documents administratifs et des plans.  Selon le ministre Kaména, « ces innovations permettent à l’État une meilleure gestion du foncier avec une base de données plus claire et précise ». « Au profit des usagers, elles réduisent considérablement les désagréments des litiges fonciers découlant des anciennes méthodes », assure le ministre en charge des Domaines. Les tensions récurrentes, mal négociées, relatives au foncier sont symptomatiques du niveau de fragilité de nos sociétés et de nos économies. Pourtant, pour bâtir des sociétés «durables», il est primordial de résoudre les problèmes fonciers. C’est en ce sens que « les pays, les régions, les villes et les villages ont besoin de droits de propriété bien établis, de frontières claires et de services fonciers accessibles. Cela, dans le but exclusif de pouvoir croître économiquement », a expliqué le directeur principal du pôle Développement social, urbain et rural de la Banque mondiale, Ede Ijjasz-Vasquez. M. Vasquez, qui intervenait lors de l’édition 2017 de la Conférence de la Banque mondiale sur la terre et la pauvreté, tenue en mars, à Washington, a mis le doigt sur la problématique. Il a convié «les autorités à disposer d’informations géographiques précises pour pouvoir planifier la construction de routes, le développement de services publics et d’infrastructures, et, ce faisant, créer des emplois.» BBC/MD 

Mali : La police met aux arrêts deux braqueurs aguerris

Bamako, 30 juin (AMAP) Le commissariat du 4ème arrondissement de Bamako, dirigé par le commissaire divisionnaire Modibo Traoré dit « Van », vient de mettre hors d’état de nuire deux membres d’un redoutable gang de coupeurs de route sur l’axe de la forêt classée de Kassela, près de la capitale malienne.  Les nommés DB et AB, relativement âgés, sont de véritables bandits de grand chemin évoluant en bande de malfrats. composée essentiellement de braqueurs aguerris. Ils sévissait un peu partout à travers le pays. En dépit de leur âge avancé avoisinant la quarantaine, le duo se serait spécialisé dans les braquages à main armée sur les routes interurbaines. Surtout sur les axes de Ségou (Centre), Kayes, Kénièba, Kita (Ouest), Sanakoroba et Banakoroni, près de Bamako. Ces lieux, selon les limiers qui ont traité leur dossier, sont leurs zones principales d’opérations. Ils ont semé la terreur chez de nombreux voyageurs qui ont eu la malchance de croiser leur chemin. Ils n’hésitaient pas à faire usage de leurs armes à feu afin de dépouiller leurs victimes de leurs biens. Les récalcitrants risquaient de prendre une balle sur place. Les deux malfrats sont, désormais, derrière les barreaux, en attendant d’être fixés sur leur sort. Ils sont inculpés d’« association de malfaiteurs, détention d’armes de guerre et de munitions. » Pour venir à bout de ces deux quidams, il aura fallu au divisionnaire « Van » le renseignement, l’une des forces de la police. Cette stratégie policière a toujours porté ses fruits. Selon nos sources à la brigade des recherches (BR) que dirige le Commandant Mohamed Lamine Coulibaly dit « MLC », tout est parti d’une information reçue par la base sur des coupeurs de route opérant dans la forêt classée de Kassela, près de Bamako. L’information situait, également, les limiers sur celui qui semblait être le chef de gang et qui résidait à Kati, sur les hauteurs de Bamako.  Fort de ces détails, sur instruction du divisionnaire Modibo Traoré, les éléments de la BR conduite par le commandant « MLC » ont rallié cette zone aux fins d’interpellation de ce dernier, apres avoir mis en place un système de surveillance des voies d’accès à la ville garnison, à partir de Bamako.  MLC et ses éléments de la BR ont mis la main sur un certain DB, non moins chef du gang. Les fouilles sur place ont permis de trouver en sa possession un sac contenant un pistolet mitrailleur (PM), deux chargeurs garnis de cartouches, un coupe-coupe et un couteau. Un téléphone portable verrouillé sans carte SIM a également été trouvé sur lui. Interrogé sommairement, DB a reconnu les faits en déclarant avoir opéré la veille, dans la forêt classée de la Faya, et fait le guet à Kassela, pendant que les autres membres étaient sur le terrain avec les armes. Et une fois, l’opération terminée, ils sont revenus lui remettre les armes avec le téléphone portable comme sa part du butin. Il a dénoncé un autre membre de la bande, notamment le nommé AB qui serait, selon ses propos, le chef de la bande et, également, celui qui lui aurait confié le PM.  Ce dernier, interpellé à Niamana, a nié en bloc. Les enquêtes ont également permis de savoir que le nommé DB était connu des archives de la police. Il a été, aussi, établi que la bande avait pris la poudre d’escampette lors d’une opération de traque du groupement antiterroriste de la police, laissant derrière eux une grosse moto de fabrication chinoise  Le dossier du duo a été transmis au parquet du tribunal de grande instance de la Commune dont relève le commissariat aux fins de droit.  TC/MD (AMAP)

Campagne agricole 2022-2023 : l’engrais organique, une alternative prometteuse (Ministre) 

Cheick M. TRAORÉ Bamako, 28 juin (AMAP) Le ministre du Développement rural a assuré les paysans que tous les efforts sont en cours pour acheminer les engrais bloqués aux ports ivoirien et sénégalais.  En attendant, Modibo Keïta exhorte ceux qui n’ont pas encore reçu l’intégralité de leurs besoins en engrais nécessaires pour démarrer la campagne à utiliser l’engrais organique fertilisant fabriqué par nos unités industrielles, en lieu et place des complexes coton et céréales.  M. Keita, qui répondait samedi aux inquiétudes soulevées par des producteurs de Korokoro, dans la Commune rurale de Zan Coulibaly, en présence due son collègue des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a effectué une visite de terrain dans le cadre de l’initiative : «un week-end, un champ», un engagement personnel visant à visiter au moins un champ par week-end. Le but est d’être au plus près des producteurs pour s’assurer du démarrage de la campagne et s’imprégner des difficultés auxquelles ils sont confrontés.  «Le président de la Transition a intercédé auprès de ses pairs de Côte d’Ivoire et du Sénégal pour que nos engrais qui sont au niveau de leurs ports puissent être acheminés. Avant leur arrivée, nous conseillons aux paysans d’utiliser l’engrais organique en respectant la dose indiquée : une tonne par hectare (20 sacs). Le rendement est similaire à l’engrais chimique», a déclaré le ministre en charge de l’Agriculture.  Il a rappelé que le Conseil supérieur de l’agriculture (CSA), tenu récemment sous la présidence du chef de l’État, avait exhorté les paysans à privilégier l’utilisation de cette production nationale, qui, selon lui, est disponible en quantité suffisante dans tous les grands bassins de production. «Les gens peuvent les utiliser pour démarrer la campagne en attendant l’arrivée de l’engrais chimique», a-t-il insisté.  Présent, le producteur Chaka Sangaré a confirmé que «Cet engrais organique dont vous (le ministre) venez de parler est efficace ». « On me l’a conseillé l’année dernière. Je l’ai utilisé et le résultat a été à hauteur de souhait. J’ai fait près de 2 tonnes de coton à l’hectare», affirme le paysan. Précisant qu’il a utilisé 20 sacs par hectare en lieu et place du complexe, il dit avoir mis l’urée par la suite, conformément aux conseils des techniciens.  Tout en corroborant les propos de Chaka, des spécialistes de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT), qui participaient à la visite, ont précisé que l’engrais organique contient moins de phosphore (un nutriment essentiel au coton). Ils préconisent, pour booster la production, d’utiliser un sac de complexe coton en plus. «L’usage de l’urée est obligatoire», préviennent-ils.   Ces échanges ont eu lieu dans le champ de Lassiné Doumbia. Originaire de Sanankoroba, près de Bamako, ce paysan âgé de 74 ans s’est installé à Korokoro où il possède 20 hectares. Cette année, il a cultivé 5 hectares de coton (contre 10 l’année passée), 8 hectares de mil et 2 hectares de maïs. «J’ai décidé de réduire la culture de coton à cause de la mise en place tardive de l’engrais. Nous n’avons pas encore reçu les quantités dont nous avons besoin», répond le paysan. Il confirme que l’hivernage débute bien cette année, comparée à l’année dernière.  «Je suis très satisfait du début de l’hivernage. Les semis ont poussé. La pluie est assez intéressante», a déclaré le ministre Modibo Keïta, qui avait auparavant visité les champs de mil, de riz et de maïs de Adama Théra.  Militaire à la retraite, ce dernier dispose de 9 hectares à la périphérie de la foret classée de la Faya. Sur lesquels six hectares sont mis en valeur dont un hectare de maïs, un hectare de riz et 4 hectares de mil.  La visite a pris fin à la hacienda de Babou Diallo. Ancien employé de Microsoft aux USA, cet expatrié a investi dans l’agriculture. Il emploie 11 travailleurs permanents et beaucoup de femmes de façon temporaire. Sur ses 23 hectares, 20 sont entourés de fil de fer. Dans cet endroit verdoyant l’agro-business man élève des vaches, de la volaille, cultive du maïs, produit du mil, de la mangue, des oranges, du miel, des tubercules…    « La zone est, par ailleurs, confrontée à un problème d’eau, notamment en saison sèche. Le village est entouré de plusieurs marigots exploitables en toute saison », a affirmé le maire de la Commune de Zan Coulibaly, Amara Diakité. Au regard de ce potentiel, a répondu le ministre Modibo Keïta, «nous pouvons faire des irrigations de proximité en réalisant des micro-barrages dans le cadre du programme d’eau agricole qui verra le jour bientôt ». « Il faudrait que des zones comme Korokoro soient privilégiées en vue de permettre aux agriculteurs et aux éleveurs de pouvoir mener leurs activités 12 mois/12, contre cinq mois présentement», a -t-il ajouté. Ce qui pourrait, selon lui, « maintenir les jeunes sur place, réduisant ainsi les migrations irrégulières et leurs conséquences désastreuses ». CMT/MD (AMAP)