Le gouvernement prend des mesures contre la menace d’inondation à Bamako  

Par Souleymane SIDIBÉ Bamako, 21 juil (AMAP) Les pluies qui ont arrosé, Bamako, la capitale malienne, et ses environs, mercredi 20 juillet, dans l’après midi prouvent que l’hivernage s’est installé. Et déjà, les routes deviennent impraticables dans la Ville des trois caïmans. Pour cause, les eaux pluviales débordent des caniveaux et viennent s’installer sur les voies. Le risque d’inondation est très grand, cette année, au regard du volume des dernières pluies, selon plusieurs observateurs.  Le constat général qui se dégage est que, malheureusement, le curage des caniveaux n’a pas réussi à changer la donne dans notre capitale. Les populations de nombreux quartiers de Bamako vivent la peur au ventre dès que le ciel s’assombrit. Vers 17 heures, sous une fine pluie, les agents de l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) avaient encore les pieds dans l’eau. A côté, la Banque de développement (BDM) a mobilisé les agents de la Protection civile de Dravela pour leur venir en aide. Tout le monde cherche alors à rejoindre son domicile dans le brouhaha de la circulation routière. Les réparateurs de moto sont débordés par les usagers dont les engins ont pris l’eau. Au niveau de l’ACI 2000, aux environs de 18 heures, les voies sont inondées par les eaux diluviennes. Le stress s’installe pour les usagers. Oumar N’Faly Camara, chef du Service d’assainissement et du contrôle des pollutions et des nuisances de la Commune IV pointe un doigt accusateur sur l’insuffisance des ouvrages et leur mauvaise conception. Selon lui, le réseau de drainage des eaux pluviales de la commune IV est très insuffisant et mal conçu. « Cela ne permet pas de drainer toutes les eaux normalement. C’est pourquoi, quand il pleut, l’on constate les stagnations importantes comme des mares en certains endroits », déplore-t-il.  Selon le chef de service d’Assainissement de la Commune IV, l’ensemble des principaux collecteurs étaient curés chaque année. « Compte tenu de la crise que nous vivons, on a pu prendre en charge que trois principaux collecteurs dont le collecteur naturel du marigot de Woyowayanko, de l’Avenue Mohamed VI et celui de Sébénikoro. Ce sont les collecteurs qui ont été retenus cette année », fait savoir M. Camara. Le ministère des Transports et des Infrastructures alerte dans son rapport présenté en Conseil des ministres, ce mercredi 20 juillet, que les inondations sont provoquées par la déviation des eaux des collecteurs naturels, suite à l’occupation anarchique des emprises. PLUIES ABONDANTES – Les eaux passent par les collecteurs naturels comme Molobalini-kô, Missabougou et sous le pont tordu, à Kalaban Coura. « Ces collecteurs naturels font l’objet d’occupation anarchique, par des personnes qui ont construit des clôtures et des maisons dans les servitudes des cours d’eau, déviant complètement les eaux de pluies de leurs chemins naturels », regrettent les services techniques. Ajoutant que cette situation occasionne régulièrement des dégâts importants sur les routes, dans les concessions, les commerces, ainsi que les équipements collectifs riverains. Et le Conseil des ministres d’instruire la mise en place d’une Commission technique qui aura pour mission d’identifier les personnes ayant construit dans les lits des cours d’eau. De vérifier, également, les titres de propriété des constructions et de proposer les mesures de libération des cours d’eau et de leurs servitudes. Mieux, il s’agit de proposer les aménagements éventuels nécessaires en termes d’ouvrages d’assainissement. En attendant, tout laisse à croire que la menace d’inondation plane. Les pluies continueront à arroser la capitale et ses environs jusqu’au moins en septembre. SS/MD (AMAP) 

Bamako – Conakry par la route : L’odyssée vaut le détour 

Reportage  Ahmadou CISSÉ Bamako, 20 juil (AMAP) Les lumières ne sont pas éteintes dans les bureaux des Douanes. Il est pourtant 22 heures passées de quelques minutes à Kouremalé. Cette frontière entre le Mali et la Guinée est des plus cocasses. Les deux pays se partagent, à part égale, le même village. Cela arrache un brin de sourire : certaines familles sont installées sur la ligne frontalière qui cherche en vain à diviser le Mali et la Guinée. En bonne intelligence, on dit : Kouremalé Mali et Kouremalé Guinée. L’arbre qui marquait la frontière est tombé sous le poids de l’âge. Dès lors, une borne en béton prit la relève. Dans le bâtiment vieillissant et fort exiguë des soldats de l’économie, tout le monde est à son poste. Les dossiers entassés par dévers lui, le chef du bureau les évacue comme il peut. Un travail de forçat pour un inspecteur des douanes de près de deux décennies de carrière au compteur. «Nous n’avons même plus de vie de famille. Le douanier, c’est aussi ça ! », lâche-t-il.  La frontière, c’est deux barrières de sécurité. Les services des douanes et de sécurité des deux pays contrôlent et filtrent les passages. Entre les deux, il y a une bande neutre d’une centaine de mètres qui sert d’aire de stationnement. Pour la petite histoire, les véhicules à destination du Mali sont orientés vers Bamako. Ceux en partance pour la Guinée sont tournés vers ce pays. Dès lors, nul n’est censé ignorer cette règle. Les formalités de passage sont faites même aux heures tardives. Seulement, il faut mettre la main à la poche. Une espèce d’échange de bons procédés. Il ne faudrait pas en dire davantage. Les relations bilatérales entre les deux pays sont au beau fixe du fait, essentiellement, de la similarité de la situation politique. NATURE GÉNÉREUSE – Après Kankan, plus en profondeur des terres guinéennes, une très longue route se déroule devant le voyageur. Par le passé, le tronçon Dabola-Kouroussa a tiré sa célébrité de l’état cahoteux du bitume. Même la beauté du paysage ne peut faire oublier l’enfer de cette piste rouge et serpentée, aujourd’hui, devenue agréable à emprunter. Une forte pluie matinale a arrosé Kankan, la ville natale du chef de l’État guinéen, Mamadi Doumbouya. De même, la quasi-totalité du pays a bénéficié de la générosité divine, le même jour. La Guinée cumule les bienfaits de la mer généreuse, de la forêt abondante et d’un sous-sol gorgé de minerais précieux et de terres rares. Mais le développement du pays ne reflète pas cette surabondance naturelle de richesses. La chaussée est carrossable de Bamako à Conakry. Les Guinéens ont mis une bonne dizaine d’années pour réaliser cette route dans un relief très accidenté. Autant de ponts que de kilomètres, serait-on tenté de dire. Mais au bout du chemin, ils ont pu doter le corridor de la meilleure route de la sous-région. Les ingénieurs et les ouvriers sont encore à la tâche, à mettre les dernières touches à l’ouvrage. «Vraiment, pour la route, rien à dire. Auparavant, nous passions des journées sur une route qui casse nos camions et nos reins avec. Aujourd’hui, on l’avale d’un trait. Seulement, les autorités guinéennes et (même) maliennes doivent travailler à calmer les ardeurs financières des policiers et des gendarmes sur la route», confie le vieux chauffeur Abdoulaye Sogoba, confortablement installé dans la cabine de son camion. BLO, LE ROUTIER – Il connaît le moindre virage de l’axe pour l’avoir fréquenté pendant plus d’une décennie. Bonnet couleur chocolat qui cache à peine ses cheveux blancs, Blo prend la vie du bon côté. «Tant qu’on avance, on finira par arriver», c’est son leitmotiv. Sur la route, il est reconnu par son camion blanc-rouge sur lequel il est inscrit une sagesse : «Dieu seul sait !». Cette écriture côtoie la «Chahada» manuscrite en arabe. Lui-même chétif, nez sévèrement aplati qui surplombe de généreuses lèvres. La cola qu’il ne cesse de mâcher, a légèrement abîmé ses dents. Il est jovial, fait toujours un jet de phare pour saluer les automobilistes qu’il croise. Blo sourit aux agents de sécurité et il lui arrive même de lever la main aux troncs d’arbres lorsqu’il conduit la nuit. Il y a aussi ses grosses lunettes noires à la Chuck Norris. Un beau temps berce Dabola, situé à environ 400 km de la capitale. Le vent frais qui s’échappe des collines environnantes est mortelle. La montée des collines abruptes commence ici. Un spectacle saisissant que personne ne peut rater : la traversée des nuages en voiture. Une chimie de la nature qui place de couches épaisses de nuages sur les cimes de la montagne enrobée d’une verdoyante couche d’arbustes. A une centaine de kilomètres de Mamou, l’enthousiasme est timoré par l’état dégradé de la route sur un segment de hautes montagnes.  Certains chauffeurs surchauffés y laissent fréquemment des plumes. Les véhicules «CH» qui viennent d’Europe, en transit, pour notre pays, sont très souvent défigurées ou très endommagées. Les mauvaises langues racontent partout que des chauffeurs renforcent leurs capacités par des produits dopants. Ces comprimés bon marché en Guinée les aident, semble-t-il, à tenir le coup et les chocs. Seulement, plus tard, ils deviennent dépendants, le corps affaibli, l’esprit flottant et bonjour les dégâts ! CHAUFFARDS – Pour une course normale, le circuit prend 24h. Les casse-cous le réussissent en bien moins. C’est pendant la nuit que Conakry se montre. Avec ses barrages militaires, taxis motos et surtout le tintamarre des klaxons. Mais une ville d’une coquetterie particulière qui se construit petit à petit. Les gratte-ciels sont de plus en plus nombreux. Conakry s’est même fait deux tours jumelles. Que dire de plus ? Si ce n’est dénoncer avec gravité le comportement « cochon » de certains conducteurs de taxi. A la faveur de la nouvelle route, les jeunes chauffeurs se livrent à une course folle, alors que leurs véhicules sont agonisants. Il est arrivé, au sortir d’un village, entre Sindia et Mamou, que deux véhicules de transport en commun fassent le rodéo comme dans

Mali : Lancement de la remise des symboles d’autorité aux légitimités traditionnelles 

Bamako, 19 juil (AMAP) Quelque 10.000 chefs de village, 664 chefs de fraction et 8.223 chefs de quartier recevront des insignes, symbole d’autorités, en vue de renforcer davantage leur rôle dans la gestion des affaires publiques de base, dans le cadre d’une imitative dont le lancement officiel a eu lieu, lundi, au Centre international de conférence de Bamako (CICB).  Lors de la remise symbolique de drapeau national, des insignes et des certificats aux chefs de village, de fraction et de quartier du District de Bamako, le chef de l’État, le colonel Assimi Goita, qui a présidé la cérémonie, a exprimé sa reconnaissance à ces autorités et légitimités traditionnelles pour leur soutien à la Transition. Cette remise symbolique, qui a concerné une soixantaine de chefs de villages et de quartiers de Bamako, a pour objectif de valoriser les fonctions des légitimités traditionnelles et de raffermir leur ancrage dans la société. Les attributions et rôles des chefs de village, de fraction et de quartier sont adossés aux dispositions législatives et réglementaires qui consacrent la prééminence de nos us et coutumes dans les conditions de désignation de ces autorités. Le statut relatif à la création et l’administration des villages, des fractions et des quartiers est régi par la loi n° 06-023 du 28 juin 2006. Le décret n° 2022-0128 /PT-RM du 4 mars 2022 instituant la Journée nationale des légitimités traditionnelles, le 11 novembre, renforcer le rôle de ces représentants des différentes communautés. C’est pourquoi, conformément aux dispositions de l’arrêté n° 2018-2279/MATD-SG du 5 juillet 2018, le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisations a confectionné pour les chefs de village 10.000 insignes et 10.000 certificats. Le département de tutelle a fait 664 insignes et 5.000 certificats pour les chefs de fraction. Il est prévu 8.223 insignes et 10.000 certificats pour les chefs de quartier. Le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation compte organiser des cérémonies similaires dans les 19 régions du Mali. Ainsi, les gouverneurs, les préfets et les sous-préfets procéderont, dans leurs circonscriptions administratives  respectives, à la remise symbolique du drapeau national, des insignes et des certificats aux légitimités.  La cérémonie solennelle a eu lieu en présence du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, du président du Conseil national de Transition (CNT), Malick Diaw, et d’autres présidents d’institutions de la République. Elle a enregistré aussi la présence des ambassadeurs accrédités au Mali et plusieurs autres personnalités.  RETOUR DE L’ETAT – Le président de la Transition a remercié les chefs de village, de fraction et de quartier pour le rôle qu’ils jouent dans la gestion des structures administratives de base. « En tant que relais de l’administration, ils aident dans la gestion des affaires publiques, » a expliqué le président Goïta avant de dire qu’ « ils sont aussi le garant de la cohésion sociale, de la stabilité et du vivre ensemble ». Dans le cadre de la prévention et de la gestion des conflits dans nos différentes localités, le colonel Assimi Goïta a dit que ces « autorités interviennent beaucoup pour apaiser les cœurs et les esprits ». Il a témoigné sa reconnaissance à ces chefs traditionnels, surtout, pour leur assistance à la population, à travers les sensibilisations pendant l’embargo. «Cette cérémonie est consacrée dans le cadre de la refondation de notre Etat et dont l’un des objectifs majeurs est la valorisation de nos légitimités traditionnelles et culturelles », a fait savoir le chef de l’Etat avant d’ajouter que cette remise symbolique des insignes, des certificats et du drapeau national « traduit à suffisance le début de la valorisation » de ce secteur. Le président de la Transition les a exhortés ensuite « à plus d’engagement non seulement pour soutenir tous les efforts du gouvernement dans le cadre de la refondation mais, surtout, le retour de notre Etat dans les différentes localités ». Parlant toujours de ces légitimités, Assimi Goïta a insisté sur leur le rôle de relais entre l’administration et la population.  Convaincu de l’importance que ces représentants occupent au sein de nos communautés, le colonel Assimi Goïta leur demande « de faire plus afin de juguler les défis liés à la sécurité et ceux liés à la crise politique »,  promettant de les soutenir pour accomplir leurs missions. Pour sa part, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye Maïga, a souligné que cette remise symbolique s’inscrit en droite ligne des recommandations des Assises nationales de la refondation (ANR) qui font de la valorisation des légitimités traditionnelles et coutumières un élément du Malikura (Mali nouveau). Selon lui, cela dénote une vision politique dont l’un des objectifs est de trouver un équilibre harmonieux entre la tradition et la modernité. Le ministre Maïga a ajouté que ces chefs traditionnels sont chargés d’une mission d’intérêt public à savoir la représentation de la communauté auprès des pouvoirs publics et celui de l’administration aux côtés de leurs communautés. « Ils appuient l’Etat, a-t-il dit, pour le recouvrement des impôts et des taxes. S’y ajoutent la mobilisation des populations à l’occasion des recensements, des campagnes de vaccination, de dépistage de maladies, de soins collectifs et de calamités ». « En retour, avec cette reconnaissance de la République, ces légitimités traditionnelles bénéficient d’une indemnité de fonction et de déplacement. Elles ont droit aussi à la réduction de leurs frais d’hospitalisation.  NK/MD (AMAP)

Bamako : Les restaurants ambulants ont le vent en poupe

Par Fatoumata M. SIDIBE Bamako, 19 juillet (AMAP) A Bamako, la capitale malienne, on rencontre, surtout aux endroits de forte concentration humaine, de plus en plus, de restaurants ambulants, un véhicule aménagé pour vendre des plats d’un emplacement à un autre et équipé pour la cuisson, la préparation et la vente de nourritures.  «Kalaman» qui signifie plats chauds en français en fait partie. Ce nouveau service «Fast Food mobile» est installé à l’ACI 2000. Nous avons rencontré son promoteur Kassim Sidibé, en train de cuire un tacos. Ce diplômé en agro alimentaire a ouvert son restaurant mobile en janvier 2022.  « Je travaille avec six employés pour le moment. J’ai choisi la zone ACI 2000 parce que c’est le centre des affaires à Bamako.  Ici, nous ciblons les écoliers, les travailleurs,  les passants. Nous vendons des sandwiches, des tacos, des paninis, des chawarmas», explique Kassim Sidibé, dont les prix vont de 1 000 à 3 500 Fcfa Le jeune restaurateur et son équipe peuvent vendre 100 à 150 repas par jour. «Nous avons obtenu de la mairie un permis de stationnement et une autorisation d’occupation. Nous travaillons de 7h à 18h, du lundi au vendredi. Nous faisons également des livraisons à domicile», confie le patron du restaurant «Kalaman». Mana Fatima est une cliente rencontrée sur place. Elle avoue être séduite par ce restaurant mobile. «C’est grâce à Facebook que j’ai découvert ce restaurant mobile. Les plats sont bons et les prix sont raisonnables. Aujourd’hui, je suis venue acheter des sandwichs au poulet», dit la jeune cliente. «Je peux venir ici 2 fois par semaine. Le repas est vite servi. La commande est aussi possible en ligne», se réjouit-elle.  Il est 12 heures au «Resto Mobile Siby Center». Des chawarmas, hamburgers, nems, sandwiches, patés, KFC Chickens, brochettes sont déjà disponibles. Amadou Sanogo, le cuisiner principal, finit de nettoyer son matériel. Le jeune homme qui dispose déjà d’un restaurant fixe à Djicoroni, a choisi d’agrandir son business avec un restaurant mobile. «Nous avons ouvert ce camion-restaurant en décembre dernier. Il fonctionne bien. Certains clients se plaignent souvent des prix de la nourriture, mais ça ne les empêche pas de revenir», dit-il. Lors des grands événements comme Bama Art, Amadou Sanogo fait de bonnes affaires. «On peut vendre plus de 100 plats en quelques heures. Les prix vont de 500 Fcfa à 2 500 Fcfa. À l’avenir, nous envisageons d’ajouter les rafraîchissements», dit-il.  MANGER SAIN – Alassane Togo est le promoteur du «Resto mobile Mandé volaille». Sa camionnette aux couleurs bleue et blanche est stationnée non loin du boulevard de l’Indépendance. Nous l’avons trouvé en train de découper  des pommes de terre. Il précise que les poulets sont venus directement de sa ferme à Yirimadjio. «Nous avons choisi ce lieu, car il est situé en plein cœur de Bamako. Nous commençons le service à 15h jusqu’à 2h du matin. Les clients aiment beaucoup nos poulets grillés», fait-il savoir. Le restaurant-camion d’Alassane Togo fonctionne depuis des années. Il a obtenu son autorisation à la mairie de la Commune III. La policière Fatoumata Traoré travaille au commissariat de Sébénikoro. Malgré la distance, elle est l’une des clientes fidèles du «Resto mobile Mandé volaille». «Chaque fois que je viens ici, mes collègues me donnent l’argent pour acheter leur plat. Aujourd’hui, je suis venue acheter 3 poulets à 6 000 Fcfa l’unité», raconte celle qui fréquente ce restaurant depuis cinq ans.  FMS/MD (AMAP)

Cérémonies de mariage : Le sel en passe de détrôner la cola

Par Mariétou KOITE    Bamako, 18 juil (AMAP) Nous sommes le deuxième dimanche de mai, il est 12h 20 et le soleil répandait encore ses rayons sur les peaux humaines. Malgré la chaleur insupportable, la famille Coulibaly est en fête à Hamdallaye, en Commune IV du District de Bamako. Elle célèbre la cérémonie de fiançailles de l’une de ses filles. Des chants de griottes, accompagnés parfois des applaudissements, animaient la cour. Parallèlement à cette ambiance, certaines femmes, assises sur une natte, faisaient de petits sachets de sel qui seront ensuite distribués. Adam Traoré, venue pour la circonstance, est surprise de voir ce produit utilisé dans la célébration du mariage. «Le sel est en train de voler la vedette à la cola lors de nos cérémonies de fiançailles», murmure-telle.  Effectivement, après plusieurs décennies de règne sans partage, la cola est en train de perdre sa place au profit du sel lors des cérémonie mariage. Ce phénomène s’explique par le fait que le panier de la noix de cola devient de plus en plus cher. «Le choix du sel par les femmes lors des cérémonies de fiançailles n’est pas un hasard. Il est dû à la hausse du prix du panier de cola», explique Mariam Diallo, une mère de famille. Pour la sexagénaire, le fruit de colatier n’est plus prisé dans notre société comme auparavant. Alors le sel devient beaucoup plus accessible et moins cher. En plus, il est utilisé par les femmes dans diverses tâches quotidiennes comme la cuisine. «Le sac de sel est vendu à 2500 Fcfa et c’est pour cette raison que nous le choisissons», ajoute la vieille dame. Si notre première interlocutrice se plaint de la cherté du panier de cola, Aminata Coulibaly, elle, met l’accent sur le prix de la dot de mariage. Selon elle, la dot ne dépasse pas 200 000 Fcfa et si l’on doit acheter le panier de cola à 75 000 Fcfa dans cet argent, il ne restera plus 125 000 Fcfa, «une somme largement insuffisante pour payer les ustensiles de cuisine et autres cadeaux pour la future mariée». Aissata Maiga a un avis différent sur la question. Pour elle, le sel ne peut, en aucun cas, remplacer la noix de cola lors des cérémonies de fiançailles. «La cola est donnée pour être croquée, ce qui n’est pas le cas du sel. Il faut respecter la tradition, parce que nos parents n’ont pas choisi la cola par hasard», dit-elle, avant de renchérir : «le sel peut même jeter un mauvais sort sur le foyer».  Au marché de colas, communément appelé «Woro courou», le panier de cola est cédé entre 55 000 et 75 000 Fcfa. Adama Keita, vendeur de cola depuis plus de 20 ans, indique que le prix du panier varie en fonction de sa source de provenance (Côte d’Ivoire ou Guinée). Pour lui, la hausse du prix du panier de cola s’explique aussi par les tracasseries routières. Avant, le panier était vendu à 30 000 Fcfa, a révélé le commerçant.  LA SAVEUR DANS UN FOYER – Pour un interlocuteur, la cola a un goût particulier qui représente l’union, la paix et la cohésion. Aussi, estime-t-il, le fruit marque des moments de solennité dans la vie de l’homme. «Partager le sel pour sceller une union sème beaucoup de zizanie dans un couple», affirme notre interlocuteur, ajoutant que l’utilisation de cet épice est à la source de conflits entre les époux, pouvant aboutir au divorce. « Fruit du colatier avec ses multiformes et plusieurs couleurs (blanche, rouge), la noix de cola a beaucoup de vertus », assure un homme habitué des démarches de mariage.  Selon lui, l’utilisation de la cola lors des cérémonies de mariage renforce le lien entre l’homme et la femme et fait d’eux des noix de cola difficiles à séparer. Quant à la symbolique du sel, elle annonce la saveur dans un foyer, soutient notre interlocuteur. A chacun son interprétation.  MK/MD (AMAP) 

Pêche collective dans le Mandé : Un grand rituel

Par N’Famoro KEITA Bamako, 14 juin (AMAP) Au Mandé, dans une zone située à cheval entre le Mali et la Guinée, la pêche collective est un rendez-vous immanquable. Elle mobilise toutes les tranches d’âge avec des outils de pêche modernes et rudimentaires. Certains pêcheurs sont munis de paniers (soussou) en manding, de harpons (massaka). D’autres se contentent simplement d’utiliser de vieux sacs de céréale vides, des baignoires voire des bidons. Tous y viennent dans l’espoir de réaliser une bonne pêche. Au Mandé, tous les villages riverains du fleuve Niger  (ou presque) disposent d’un ou de plusieurs mares destinées à la pêche collective. À l’occasion, le village hôte invite les voisins à prendre part à ce rituel. Les invitations sont envoyées une semaine avant le grand jour déterminé en fonction des mares et des considérations locales. La pêche collective qui est profondément ancrée dans les pratiques est un vecteur de paix et de cohésion sociale entre les communautés. Elle est perçue comme ce facteur de renforcement de la paix et de la cohésion sociale entre les communautés. Cet événement mobilise toutes les tranches d’âge.  GRANDE MOBILISATION – Nous sommes un lundi du mois d’avril. La Commune de Nouga (dans le Cercle de Kangaba), à environ 4 km du territoire guinéen, lance sa saison de pêche collective. Tôt le matin, les pêcheurs préparent les filets et autres pièges à jeter dans les eaux de la mare, située à près de 3km du village. Ils arrivent, en grand nombre, à pied, dans des charrettes à traction animale, mais aussi sur des motos et des vélos. Les sentiers menant à la mare grouillent de monde. C’est la grande mobilisation autour de cette activité de pêche. Tous sont prêts et attendent le coup d’envoi de ce rituel, parce que tant que les autorités coutumières ne donnent pas le top départ, personne n’a le droit de pêcher dans la mare.  En attendant, les pêcheurs amassés autour de la mare, affutent leurs outils. Quelques instants après, le clap de départ est donné. On entend des cris de joie : «an ka ta», on y va, en français. Sur ces entrefaites, on aperçoit une personne se dirigeant avec son filet au milieu de l’eau, c’est le libérateur du jour. Il plonge son filet dans l’eau, et tout d’un coup la mare est envahie par de nombreux pécheurs. Chacun y va de sa «science» de la pêche pour avoir une bonne collecte. Dans un brouhaha général, on se bouscule et s’invective parfois. Certains lancent des «i bô n’a jô kônô», prosaïquement retire toi de mon périmètre. À ce stade, la panique s’empare de la faune aquatique qui s’y trouve, car au-delà du poisson, il y a d’autres espèces qui y vivent. GROS SILURE – Quand un gros poisson est pris dans les mailles d’un filet, dans un piège, on s’extasie. Mme Hawa Magassouba, la trentenaire, trébuche dans l’eau et aperçoit un gros silure dans les mailles de son filet de pêche. Elle appelle à l’aide pour ne pas perdre cette grosse prise.  Avec l’aide d’autres pêcheurs, elle arrive facilement à extirper le poisson des mailles de son filet. Elle se réjouit de sa moisson et explique avoir l’intention de préparer un repas copieux pour son époux avec ce gros silure. Daouda Keïta est aussi heureux de sa collecte du jour. «Cette moisson va permettre au moins d’améliorer un petit temps l’ordinaire», explique-t-il à qui veut l’entendre, avec une pointe de bonne humeur. Par contre, Adama Keïta avait toutes les raisons d’être triste avec une collecte désastreuse. Il prend les choses avec philosophie et explique que ce n’est pas forcement à toutes occasions qu’on réalise une bonne pêche. D’autres pêchent avec des harpons. Ceux-ci collectent généralement les plus gros poissons tandis que d’autres se retrouvent avec du menu fretin. Après quelques heures de pêche, la fatigue se fera sentir chez beaucoup de pêcheurs. Ils retournent heureux pour la plupart avec des collectes intéressantes.  La pêche collective au Mandé est un événement périodique qui se tient, en général, au mois d’avril et peut s’étendre jusqu’au mois de juin.  NK/MD (AMAP)  Legde : L’événement mobilise toutes les tranches d’âges  avec des outils de pêche modernes et rudimentaires Djenné : RESTAURER LA COHÉSION ENTRE ÉLEVEURS ET AGRICULTEURS   Pour restaurer la cohésion sociale entre les communautés d’éleveurs et d’agriculteurs du Cercle de Djenné au centre du Mali, un projet intégré de gestion du pastoralisme y a été lancé en septembre 2021. Son objectif est de contribuer de façon significative à la stabilité de cette zone par la construction d’infrastructures pastorales et l’aménagement de parcours pastoraux au profit de près de 36 000 ménages.  La Minusma a investi près de 495 millions de Fcfa grâce à une contribution du Royaume-uni au Fonds fiduciaire pour la paix et la sécurité. La zone ciblée comprend plusieurs communes du Cercle de Djenné. Elles ont été identifiées de manière participative et inclusive, avec le consentement des autorités et des communautés locales. Parmi les activités spécifiques du projet, figurent la cartographie, la démarcation et la réhabilitation de 225 kilomètres de pistes et d’infrastructures pastorales, la construction de trois forages, la distribution de 700 kilogrammes de semences fourragères, la régénération d’un espace pastoral de 70 hectares, la production de cartes pastorales et l’établissement de mécanismes de gestion de pistes pastorales et des infrastructures. Le projet prévoit également une série de séances publiques et de campagnes radiophoniques d’information sur le fonctionnement des Commissions foncières (CoFo) et la résolution des conflits. En 2021, à travers un projet séparé, la MINUSMA avait facilité l’établissement et la revitalisation des CoFo dans les 12 communes et 145 villages du Cercle de Djenné. Trois axes principaux de chemins de transhumance, appelés localement « bourtol », avaient été identifiés, et depuis le début du projet, 75 km de pistes pastorales ont été délimités, le forage de trois puits pastoraux a commencé et des campagnes de sensibilisation ont été menées dans 10 villages. Dans ces localités, des comités de gestion des projets ont également été mis en place. Ils ont facilité les discussions

Trafic ferroviaire : Le train-test arrive, dans la joie à Kita

Par Mohamed Fabrice Kita, 14 juin (AMAP) Une immense foule a pris d’assaut la gare ferroviaire de Kita ce 13 juillet. Ces hommes et femmes, adultes, adolescents et enfants, en une marée humaine diverse, variée et bigarrée, se sont rassemblés sur le site pour voir de leurs « propres yeux » leur train de voyageurs Bamako-Kayes, de nouveau sur les rails ! Un évènement que nul Kitois ne voulait et ne pouvait manquer, pour rien au monde. La ligne de chemin de fer était à l’arrêt depuis plusieurs années.  A 14h30 minutes, le « cheval de fer » est arrivé à Badinko, pour s’immobiliser net à 15h30 minutes, à la gare transrail de Kita où l’attendaient la population aussi nombreuse que joyeuse. A l’escale de Badinko où les autorités régionales ont effectué le déplacement pour le premier accueil de ce train-test comme à la gare de Kita, l’ambiance était celle des grands jours. Les populations, dans une effervescence totale, n’avaient que cette prouesse à la bouche : « les promesses des autorités du pays quant au redémarrage du trafic ferroviaire sont presque tenues », selon elles. Une ambiance de joie ou s’entremêlent hymne national, chants et symphonies puisés dans le terroir. Et des selfies comme s’ils en pleuvaient, sur fond de l’engin avec comme décor la gare ! Certains brandissaient des drapeaux et des banderoles à l’effigie du président de la transition et du Premier ministre. Partout, c’était des éloges, la fête et des manifestations de joie, comme chacun pouvait. « Que le train qui vient de redémarrer soit le début de notre bien-être social. Nous sommes fiers de nos autorités surtout du président de la transition Assimi Goïta. La population le long des rails soutient la transition pour toujours », affirme, avec émotion, Brin Diallo, du quartier Kita-gare où se trouve la gare de train. « Notre train a redémarré. C’est notre centre commercial, notre marché. Avec le train, nous faisons nos commerces pour soutenir nos maris et pour subvenir aux besoins de nos familles. Si Dieu nous a gratifie d’un tel jour, tout le monde doit en saluer le gouvernement », se réjouit la présidente des femmes de Kita, Mme Macalou Aissata Sacko. « Merci Assimi et allez lui dire de se serrer, encore plus, la ceinture. Nous sommes toutes derrière lui pour la réussite de la transition », lance-t-elle. Mme Sidibé Sira Diallo, du quartier de Badenko, se souvient du bon vieux temps de la grosse activité du trafic ferroviaire. « En effet, se rappelle-t-elle, les échanges commerciaux se faisaient dans un cadre social et sur la base de la confiance. On prenait la marchandise à l’arrivée du train et les règlements se faisaient, sans problèmes, au prochain voyage ». « Merci Assimi Goïta ! Avec le train remis en circulation, vous allez recoudre le tissu social », dit-elle.  « Partout, où nous sommes passés, pour cet essai, nous avons vu le grand engouement des populations riveraines du rail. Ce qui prouve, si besoin en était, que le train n’est pas seulement une question économique. Il est, aussi, une question sociale. Cela permet de désenclaver toutes ces localités, le long des rails», indique le directeur général de la Société de patrimoine ferroviaire au Mali (SOPAFER), Ibrahim Maiga.  Le Dg de la SOPAFER a demandé aux populations de croire toujours en nos autorités quant à la reprise de l’activité ferroviaire. « Un plan d’urgence de reprise de l’activité ferroviaire est en phase d’exécution » a-t-il souligné à Kita.. Pour le trajet de 30 km, Badinko-Kita, le gouverneur Daouda Maiga a pris place aux côtés du Dg de la SOPAFER. Au regard de la mobilisation générale des communautés, les autorités disent avoir bien noter l’espoir des populations de voir la réouverture effective de ce tronçon. Elles ont soutenu que la question demeure au cœur des préoccupations des plus hautes autorités du pays. Elles se disent conscientes que les rails, source de revenus, sont essentiels pour les populations riveraines qui l’attendent avec patience. Après 30 minutes de stationnement à Kita, le train-test s’est lancé pour Kayes, sous les ovations des populations, satisfaites de le revoir siffler encore, après plusieurs années d’interruption. MF/MD (AMAP)

Trafic ferroviaire : Le chemin de fer entre Bamako et Kayes reprend vie

Par Oumar SANKARE Bamako, 14 juin (AMAP) Mercredi 13 juillet 2002, le soleil se lève doucement sur la gare ferroviaire de Bamako, la capitale malienne. C’est le grand jour pour les cheminots et l’ensemble des travailleurs des chemins de fer. Les préparatifs de la reprise du trafic ferroviaire arrivent, enfin, à une phase cruciale. La Société de patrimoine ferroviaire du Mali (SOPAFER) procède à « l’essai blanc » du train de transport-voyageurs entre Bamako et Kayes (Ouest). Le rêve est en passe de devenir réalité pour les travailleurs des chemins de fer, sans activité depuis belle lurette pour cause d’arrêt du trafic ferroviaire. On peut aisément imaginer le soulagement des populations et localités riveraines du chemin de fer et les travailleurs de la SOPAFER.  L’événement ne passe pas inaperçu dans la capitale. Curieux, automobilistes et piétons sont alertés par le train qui se remet à siffler. Il faut dire que les Bamakois avaient perdu l’habitude d’entendre le sifflement des trains. Alors que la foule de curieux grossit, les cheminots s’affairent pour le lancement de « l’essai blanc ».  Pour l’occasion, du beau monde est réuni à la gare ferroviaire de Bamako. De la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, au directeur général de la SOPAFER, Ibrahim Maïga, en passant par plusieurs autres responsables des chemins de fer.  Makan Sissoko est électricien à bord du train. Sourire aux lèvres, il discute des derniers réglages avec d’autres agents, mécaniciens, maintenanciers, tous vêtus d’un uniforme bleu (chemise et pantalon). « Le train est à l’arrêt depuis 2018 et c’est avec un grand plaisir que nous reprenons le travail aujourd’hui », dit-il. Et d’ajouter que ce sont des emplois qui sont créés avec le redémarrage du train, en plus des recrutements et des formations à venir. « Le train a été remis sur pied grâce à l’expertise malienne, rien n’est venu de l’extérieur », se félicite notre interlocuteur.  Quant à Moussa Keita Yao, coordinateur des syndicats et associations des cheminots, il se dit satisfait des démarches entreprises par les autorités. « Après tant de détresse, nous sommes rentrés en possession de tous nos arriérés de salaire et un convoi de locomotive est mise en ligne même si c’est une phase d’essai », se réjouit-il. NOUVELLES LOCOMOTIVES – Plusieurs activités ont déjà été réalisées pour la mise en marche du train. Il s’agit de la réhabilitation de 19 gares, de Bamako à Kayes, la réhabilitation des ateliers centraux de Korofina (dans la capitale malienne)  et de Kayes, l’acquisition partielle d’équipements mécaniques et outillages pour les travaux de la voie, les travaux de traitement des points critiques de la voie entre Bamako et Kayes, la pose des traverses en bois sur les ouvrages d’art, de Bamako à Diboli (frontière avec le Sénégal) et les travaux de confortement des ponts de Galougo, Mahina et Toukoto.  Prenant la parole, la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, a expliqué que les essais en blanc au cours  des semaines à venir avec les deux locomotives CC2205 et CC2207, réhabilitées par les techniciens maliens, « permettront de relever, entre autres, les anomalies sur le matériel roulant et sur la voie ferrée ». Après la relance du trafic ferroviaire, suivra l’exploitation commerciale avec des sources de financement déjà identifiées. Mme Dembélé Madina Sissoko a ajouté : « En plus d’une voie métrique, nous disposerons d’une voie standard, entre Bamako et Kayes ainsi que l’acquisition de 3 locomotives avec la société russe STM ». A cet effet, le gouvernement a signé un mémorandum d’entente avec la société russe STM pour réhabiliter d’autres locomotives se trouvant dans les ateliers centraux de Korofina. Les partenaires russes, qui sont attendus à Bamako dans les jours à venir, vont aider à réaliser l’étude de migration de la voie métrique vers la voie standard. Concernant, l’aspect économique des chemins de fer, la ministre des Transports et des Infrastructures a dit : « ce sont des villes entières qui revivront grâce au train. Egalement, le Mali étant un pays enclavé, ceci est une aubaine pour le transport des marchandises ».  Aspect très important de la reprise du trafic ferroviaire : toutes les activités sont financées par le budget national. A cet égard, la ministre a salué l’engagement du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, pour la réalisation de la relance du trafic ferroviaire. Elle a indiqué que c’est grâce à l’engagement des plus hautes autorités que les techniciens maliens ont réparé entièrement deux locomotives et les voitures voyageurs.  Pour ce voyage d’essai, le train sera conduit par Mme Gouaillé Alima Coura Mariko, conductrice depuis 14 ans sur la ligne Bamako-Kayes. Elle sera assistée par d’autres cheminots qui font le voyage comme passagers. C’est la locomotive CC-2207, avec 7 voitures-voyageurs, qui a pris le départ hier à 8h45 à la gare ferroviaire de Bamako à destination de Kayes. Le retour est prévu à Bamako aujourd’hui, jeudi.  OK/MD (AMAP)

La clinique périnatale Mohamed VI ouvre ses portes à Bamako, au Mali

Par Fatoumata NAPHO  Bamako, 11 juin (AMAP) Depuis jeudi, les activités de la Clinique périnatale Mohamed VI,  à Sébénicoro, en Commune IV du District de Bamako, la capitale malienne, ont officiellement commencé. La cérémonie d’inauguration a été présidée par le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga. C’était en présence de la ministre de la Santé et du Développement social, Mme Diéminatou Sangaré et de  l’ambassadeur du Maroc au Mali, Driss Isbayenne.    Fruit de la coopération entre le Royaume du Maroc et le Mali, le joyau d’une superficie de 5 ha est un établissement de santé spécialisé de haut standing de 3è référence, entièrement construit et équipé par la partie marocaine pour près de 10 milliards de Fcfa. La structure dispose d’une capacité d’accueil de 74 lits, répartis entre femmes et enfants, mais aussi d’un plateau technique ultra moderne. L‘infrastructure sanitaire est composée de 4 salles d’accouchement, 2 blocs opératoires, d’un service de néonatologie avec 12 couveuses, d’une salle de réanimation de 6 lits, ainsi qu’un service d’imagerie médicale équipé. Il y a aussi une radiologie conventionnelle numérique, un scanner de16 barrettes en coupe, adapté aux besoins des femmes et des enfants, 5 échographes,  un laboratoire d’analyses médicales devant réaliser des examens de biochimie, d’hématologie, de parasitologie, de bactériologie et de sérologie et des services connexes (morgue, stérilisation, buanderie, centrale d’oxygène, groupe électrogène, mosquée…).  La Clinique périnatale a mission d’assurer le diagnostic anténatal, la prise en charge des femmes ayant des grossesses à haut risque et le suivi des enfants jusqu’à l’âge de 5 ans.  Pour le Premier ministre, cette structure occupera une très grande place dans notre système de santé, car bénéfique pour toute la population. Elle participera, sans nul doute, à la mise en œuvre de la Politique nationale de la santé, notamment dans le domaine de la santé de la mère, de l’enfant et du nouveau-né. Tout comme à la formation initiale et continue des professionnels de la santé, en termes de prise en charge de la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant.  L’infrastructure ouvrira aussi des horizons en termes de recherche sur la santé de la reproduction, de la mère, du nouveau-né ou de l’enfant, ainsi qu’à la surveillance épidémiologie des maladies liées à ces dernières couches. Le chef du gouvernement s’est dit convaincu que l’établissement viendra épauler d’autres structures sanitaires pour les besoins de soins lourds de réanimation pour les mères et les nouveaux nés, notamment les grands prématurés. Pour le Dr Choguel Kokalla Maïga, il contribuera à réduire considérablement les taux de mortalité maternelle et infantile qui demeurent toujours préoccupant ainsi que les évacuations sanitaires vers l’étranger.  Le Premier ministre a aussi exhorté les responsables de la structure et l’ensemble de la population malienne à apporter l’entretien nécessaire à cet édifice pour le bien-être des enfants et des femmes. Prenant la parole, le diplomate marocain a tenu à rappeler que c’est lors de la deuxième visite du Roi Mohamed VI au Mali en février 2014 que les premières pierres de cet édifice ont été posées.  «Moderne et intégrée, cette clinique a été réalisée par la Fondation Alaouite pour le développement durable pour fournir des services périnataux spécialisés, mais aussi assurer la prise en charge des grossesses à risque et la limitation de la mortalité maternelle et enfantine», a précisé l’ambassadeur Driss Isbayenne. Pour une meilleure gestion de la structure, une grande partie du personnel a suivi des formations par les spécialistes marocains. Le diplomate marocain a aussi souligné que ce joyau est l’une des preuves vivantes de la bonne santé de la coopération entre nos deux pays frères. FN/MD (AMAP)

Levée de l’embargo de laCEDEAO :  La vie d’après à Kayes, dans l’Ouest du Mali

Par Bandé Moussa SISSOKO Kayes, 11 juin (AMAP) La grande partie des importations du Mali transite par le Port de Dakar et passe par Kayes (Ouest). La réouverture des frontières est une bouffée d’oxygène pour les populations de la Cité des rail, très soulagées par la levée des sanctions de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).  Dans la banlieue de Kayes, se trouve le poste de sécurité de Alahina. En ce mercredi 6 juillet, on observe une grande file de gros porteurs en provenance de Dakar, capitale du Sénégal. Chacun attend son tour pour remplir les formalités de douane et de police.  C’est le même scénario entre la direction régionale de la douane, où se trouve le scanner, et le village de Kamankolé. Sur cet axe Kayes-Dakar, notre équipe de reportage a croisé quelques camions-remorques et autres véhicules venant de la frontière sénégalaise. Arrivé poste de sécurité de Alahina, notre équipe de reportage constate que les différentes forces de sécurité et structures intervenant dans le transport routier sont à pied d’œuvre. Un agent de la sécurité s’active pour rendre la circulation fluide à l’entrée du village. Non loin de lui, un jeune soulève la barrière aux couleurs rouge et blanche afin de d’ouvrir la voie aux véhicules.  Avant d’atteindre le bâtiment abritant les postes de contrôles, on aperçoit à droite un groupe de chauffeurs, d’apprenti-chauffeurs et de syndicalistes en train de discuter à l’ombre d’un arbre. Parmi eux, Mahamadou Kéïta, membre du syndicat des transporteurs routiers de Kayes. «Nous sommes très contents de la levée de l’embargo. Les chauffeurs, de même que les propriétaires de véhicules, souffraient beaucoup des sanctions de la CEDEAO. Certains avaient même cessé de travailler. Le prix du carburant a augmenté. Les passagers, aussi, n’avaient pas suffisamment d’argent pour faire face aux tracasseries à la frontière et d’autres postes de contrôle», soutient Mahamadou Kéïta. Il demande au gouvernement de subventionner encore plus les prix du carburant (essence, gaz-oil) pour alléger les souffrances des usagers de la route. Selon lui, le prix de 5 litres de ce carburant oscille entre 25.000 et 30.000 Fcfa contre 15.000 auparavant. VIE CHÈRE – Selon ce syndicaliste, la vente de billets pour le trajet Kayes-Dakar avait cessé. Mais, la navette était assurée par les taxis et véhicules de 7 places qui débarquaient les passagers à Diboli, frontière Mali-Sénégal. Ils devaient traverser le pont à pied ou emprunter les pirogues pour rallier la ville sénégalaise de Kidira qui se trouve sur la rive gauche du fleuve Falémé. Mais, ce calvaire a pris fin avec la levée des sanctions qui a été décidée le dimanche 3 juin 2022 à Accra (Ghana) lors de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO. Ces sanctions avaient été prises dans la capitale du ghanéenne, en janvier dernier, pour contraindre le Mali à revenir à une vie constitutionnelle normale. «Les bus et autres véhicules de transport en commun ont repris le trafic le mardi 5 juillet 2022. Le 1er car wolof (véhicule sénégalais) est arrivé hier (mardi) nuit », annonce ce syndicaliste. «L’embargo a rendu la vie chère. L’Etat doit penser aux populations, notamment les chauffeurs dont la situation est précaire», souligne Mahadi Konaté, un autre membre du syndicat. Le chauffeur de taxi, Mamadou Diarra, félicite les autorités de la Transition dont les efforts ont permis de réduire les tracasseries sur l’axe. Il se plaint du fait que chaque passager paye 3.000 Fcfa si sa carte d’identité est périmée alors que la contravention est, selon lui, estimée à 500 Fcfa et 1.000 Fcfa si l’intéressé perd sa pièce d’identité. Au niveau de Diboli, il affirme que les Maliens, tout comme les étrangers, payent 10.000 Fcfa. Dans la matinée de ce mercredi vers 10 heures, le mouvement est timide sur l’axe Dakar-Kayes-Bamako, précisément au niveau du poste de surveillance située dans la Commune rurale de Khouloum. Mais la situation ne tardera pas à changer. «La levée de l’embargo nous a beaucoup plu. Nous dépendons du Sénégal. A cause des sanctions, le prix de la tonne de ciment sénégalais a atteint 120.000 Fcfa et celui d’une tonne de ciment local à 92.500 Fcfa. Je pouvais attendre deux mois pour avoir mes marchandises», affirme Ibrahim Ilo Sissoko, commerçant-détaillant, au carrefour des logements sociaux de Kayes, qui abritait l’ancien poste. BMS/MD (AMAP)