Réouverture de la frontière Mali-Côte d’Ivoire : Voyageurs et transporteurs retrouvent le sourire

Par Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 1er mar (AMAP) Ouf !!!! La mobilité déplacement des populations entre le Mali et la Côte d’Ivoire est désormais moins pénible. Pour les transporteurs, les bonnes affaires reprennent. La mesure anti-Covid prise par les autorités ivoiriennes avait rendu la vie difficile pour les habitués de l’axe Bamako-Abidjan Face à la propagation de la Covid-19 en 2020, de nombreux pays se sont calfeutrés. La Côte d’Ivoire, qui avait fermé ses frontières depuis le 22 mars 2020, a levé, cette restriction, le 15 février dernier, en raison de «l’évolution favorable» de la situation sanitaire. La décision vise surtout à mettre fin aux passages clandestins et réorienter les voyageurs vers les voies officielles. Car, les voyageurs empruntaient des déviations pour pénétrer sur le territoire ivoirien. Nous avions fait ce constat au niveau de la frontière Mali-Côte d’Ivoire. La police des frontières avait du mal à canaliser les mouvements des populations de part et d’autre. Dans le monde des transporteurs routiers, la réouverture des frontières ivoiriennes a été accueillie avec soulagement. Leurs activités étaient drastiquement réduites à cause de cette restriction qui aura duré près d’une année. «Nous avons perdu 80% de notre chiffre d’affaires», confie le directeur général de la compagnie de transport Sonef, Mohamed Mohamoud Ould Oumar. L’emplacement de cette compagnie à Sogoniko n’a pas encore retrouvé son ambiance d’avant mars 2020, mais l’annonce de la réouverture des frontières fait son effet. Vendredi dernier, l’affluence y était plus importante qu’il y a quinze jours. «La reprise est timide. Il y a des jours où seulement un seul bus quitte ici pour Abidjan. Nous espérons que dans un mois, tout va redevenir comme avant», espère Mohamed Mohamoud. La SONEF avait réajusté son dispositif afin de maintenir le trafic routier vers la Côte d’Ivoire. Tous les jours, un autobus quittait Bamako pour Zégoua, dernière ville malienne avant la Côte d’Ivoire. De là-bas, il fallait trouver des astuces pour passer la frontière et mettre les passagers à la disposition d’une compagnie ivoirienne. Chaque passager devait alors débourser 8 000 Fcfa pour le trajet Bamako-Zégoua. «Avec la réouverture des frontières, Bamako-Abidjan coûte au maximum 30 000 Fcfa », explique le responsable de la Sonef. Il précise que ce tarif plafond a été fixé par les compagnies de transport, en accord avec les syndicats. Le trafic retrouve progressivement son rythme normal. Cependant, une difficulté subsiste : «A partir de 20 heures, les douaniers arrêtent de travailler. C’est ce qui est en train de nous fatiguer, parce que les bus arrivent là-bas tard dans la nuit et ils sont ainsi donc obligés de rester jusqu’à 8 heures du matin», regrette Mohamed Mohamoud. JOIE – Telemsi Transport, situé non loin de l’autogare de Sogoniko, a aussi subi les effets de la fermeture des frontières ivoiriennes. Cette compagnie, qui fait 50% de son chiffre d’affaires sur l’axe Bamako-Abidjan, a dû mettre des travailleurs en chômage pour diminuer les pertes. Et les employés qui ont gardé leurs postes ont renoncé à une partie de leurs droits. «Nous avons accueilli avec beaucoup de joie la réouverture des frontières ivoiriennes», confie le responsable administratif de Telemsi Transport, Malick Boré. Selon lui, sa compagnie a été la première à franchir la frontière Mali-Cote d’Ivoire. «À l’autogare d’Abidjan, tout le monde filmait notre bus. La joie se lisait sur les visages», rapporte-t-il. Lors du passage de notre équipe, une dizaine de passagers attendaient, sous un hangar, l’heure de départ. Coiffé d’une casquette, Moussa salue la sage décision des autorités ivoiriennes. «Entre les pays africains, on doit toujours avoir des solutions et faciliter le transport à tous les passagers africains». Et Salif Coulibaly, un autre passager, d’ajouter que cette décision va surtout amoindrir les tracasseries sur la route. L’heure est aux derniers réglages à Africa Tours où les responsables sont en train de «réaménager le programme». Yahya Diakariya Touré, administrateur de cette compagnie, révèle qu’Africa Tours avait tout simplement décidé de ne pas desservir l’axe Bamako-Abidjan, suite à la fermeture des frontières. « Plusieurs compagnies de transport amenaient les passagers à la frontière, Ces derniers traversaient à moto les villes de Zégoua et Tingrela pour rallier la Côte d’Ivoire. Africa Tours n’a pas fait cette option qui mettait les passagers dans beaucoup de difficultés dont les tracasseries et le transport difficile de leurs bagages. » Pour le vice-président du Syndicat national des transporteurs routiers urbains, interurbain, internationaux du Mali (SYNTRUI-Mali), Chiaka Diakité, cette réouverture des frontières est une bonne nouvelle pour les transporteurs maliens. « Ils ont beaucoup souffert à cause de la Covid-19. Cette réouverture des frontières va nous donner beaucoup d’avantages. On espère cette fois-ci, avec l’ouverture de presque toutes les frontières, que les choses vont rentrer dans l’ordre pour le grand bonheur des passagers et des compagnies de transport», souhaite-t-il. La réalité est que nos frontières sont tellement poreuses qu’une restriction administrative ou politique ne peut empêcher les populations ou les peuples de se déplacer même souvent au péril de leur vie. AG/MD (AMAP)      

Projet de Constitution : Les innovations à retenir

Par Namory KOUYATÉ Bamako, 1er mar (AMAP) Le nouveau projet de Constitution du Mali, qui comprend 191 articles remis, lundi, officiellement au président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, contre 195 dans l’avant-projet et a été connaît des modifications, des réajustements de forme comme de fond pour prendre en compte les préoccupations exprimées par des citoyens. Dans le préambule de la nouvelle monture, l’article 9 dispose que le mariage et la famille, qui constituent le fondement naturel de la vie en société, sont protégés et promus par l’État. Il est clairement précisé que le mariage est l’union entre un homme et une femme. Un peu plus loin, l’article 24 explicite que la défense de la patrie est un devoir pour tout citoyen. Cet idéal est renforcé par l’article 93 en ces termes : «l’État veille à ce que les Forces armées et de sécurité disposent, en permanence, de capacités en ressources humaines et en moyens matériels nécessaires pour accomplir leurs missions». Il est indiqué que la planification de ces ressources et moyens s’opère à travers des lois de programmation. LANGUES OFFICIELLES – L’article 30 stipule que la capitale de la République du Mali est Bamako et qu’elle peut être transférée en tout autre lieu du territoire national par une loi. L’article 31 dit ceci : « les langues nationales sont les langues officielles du Mali». Il précise qu’une loi organique détermine les conditions et les modalités de leur emploi. Un fait marquant de ce projet de Constitution est que le français perd son statut de langue officielle au Mali. Il devient la langue de travail. Les membres de la Commission de finalisation ont été prudents en adoptant cette posture d’ouverture et d’intégration. C’est pourquoi, ils ont pris la précaution de clarifier que l’État peut adopter toute autre langue comme langue de travail. En outre, l’article 32 du texte indique que la laïcité ne s’oppose pas à la religion et aux croyances. Il est écrit noir sur blanc que la «laïcité a pour objectif de promouvoir et conforter le vivre-ensemble fondé sur la tolérance, le dialogue et la compréhension mutuelle». Et que l’État garantit le respect de toutes les religions, les croyances, la liberté de conscience et le libre exercice des cultes dans le respect de la loi. Dans le cadre de la lutte contre la corruption, les pouvoirs publics entendent renforcer les mesures de prévention la prévarication. À ce propos, l’article 35 stipule qu’ « aucune autorité publique ne peut, sous peine de sanctions, user des pouvoirs qu’elle tient de la Constitution ou de la loi pour commettre un détournement de ressources ou de biens publics à son profit ou à celui des détenteurs du pouvoir, des membres de leurs familles, d’organismes, ou de toutes autres personnes par favoritisme, corruption, concussion, trafic d’influence ou autres moyens. » NATIONALITÉ D’ORIGINE – Par ailleurs, l’article 45 tranche sans équivoque que le président de la République est élu pour un mandat de cinq ans au suffrage universel direct. Il n’est rééligible qu’une seule fois. L’article d’après dit que tout candidat aux fonctions de président de la République doit être de nationalité malienne d’origine et ne posséder aucune autre nationalité à la date de dépôt de la candidature. Plus loin, la mention est faite que le candidat à la présidentielle doit être âgé de 35 ans au moins et de 75 ans au plus à la date de dépôt de la candidature et être apte à exercer la fonction. Concernant la prestation de serment, l’on constate un rajout de taille au niveau de l’article 55. Il s’agit de cette référence en bas de la formule consacrée : «en cas de violation de ce serment, que le peuple me retire sa confiance et que je subisse la rigueur de la loi». Ce n’est pas tout, le président de la République prête serment devant la Cour constitutionnelle en audience solennelle. Quant à la dissolution de l’Assemblée nationale, elle est encadrée par l’article 69. En effet, le président de la République peut, après consultation des présidents des deux chambres et du président de la Cour constitutionnelle, prononcer la dissolution de l’Assemblée nationale. Toutefois, cet article assure qu’aucune dissolution ne peut être prononcée dans les douze premiers mois de la législature ou lorsqu’une motion de destitution est déclarée recevable. De ce fait, les élections générales ont lieu soixante jours au moins et cent-vingt jours au plus après la dissolution. « Il ne peut être procédé à une nouvelle dissolution dans l’année qui suit ces élections. » À l’expiration du délai fixé au troisième alinéa de cet article, « si les élections législatives ne sont pas organisées, l’Assemblée nationale dissoute est rétablie dans ses fonctions », énonce le projet de texte. L’innovation touche également l’article 101 qui dit que les députés et les sénateurs ne bénéficient de l’immunité parlementaire que dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions. Enfin, l’article 137 du projet de Constitution précise que le Conseil supérieur de la magistrature est constitué pour moitié de personnalités choisies en dehors du corps des magistrats. NK/MD (AMAP)

Incendies : La part de responsabilité de l’homme

Par Tamba CAMARA Bamako, 28 fév (AMAP) L’année dernière s’est achevée sur des incendies. Ils ont causé des morts, des blessés et des dégâts matériels importants. Les cas qui ont marqué les esprits sont ceux du marché de bois de la zone Ex-Imacy à Hamdallaye, d’un entrepôt de la zone industrielle, de l’usine de Diago à Kati, près de Bamako et de la rue marchande à l’ACI 2000, dans la capitale malienne. Selon les statistiques de la Protection civile, durant la même année, il y a eu 1 429 cas d’incendies dans tout le Mali qui ont fait 29 blessés et 4 décès. Sans compter les nombreux dégâts matériels. En trois ans, il y a eu au total 16 morts dans les incendies. Le 19 novembre 2022, débutait ce qu’on pourrait appeler une série d’incendies à Bamako et ses environs. Ce jour là, très top le matin, un énorme incendie est parti d’un magasin du marché de bois de la zone Ex-Imacy à Hamdallaye, un quartier de Bamako. Le feu a tout ravagé sur son passage. Il ne restait que des cendres de bois, des carcasses de véhicules et des kiosques métalliques abîmés. Il n’y a pas eu de perte en vies humaines mais les dégâts matériels ont été importants. Au passage de notre équipe de reportage, nous avons appris que les soldats du feu ont mis 4 heures pour circonscrire cet énième incendie au marché du bois. D’après nos informations, les branchements illicites d’électricité seraient à l’origine de cet incendie. Quatre jours après, le téléphone sonne encore dans la caserne des pompiers de Bamako-coura. Le feu a pris dans un vaste entrepôt de barils d’huile et de pneus dans la zone industrielle en Commune II du District de Bamako. Encore une fois, ni les alertes ni la promptitude des pompiers n’ont empêché les flammes de consumer trois magasins. Ce n’est qu’après 8 heures de lutte que les agents de la protection civile sont parvenus à freiner la propagation du feu avant de le maitriser totalement. Le 6 décembre dernier, c’était le tour de l’usine de production de l’eau minérale «Diago» à Kati. Le feu a ravagé des conteneurs de cartons d’emballage entreposés dans l’enceinte de l’usine. Puis vient l’incendie du 26 décembre qui a consumé une centaine de stands de la rue marchande dans la zone ACI-2000. LA FAUTE À L’HOMME – À en croire les uns et les autres, tous ces cas d’incendies sont dus à l’activité humaine. Y-a-t-il des pyromanes qui opèrent en toute impunité? Faut-il remettre en cause les installations ? Pour en savoir davantage, notre équipe de reportage s’est entretenue avec le sous-directeur des Opérations de secours et d’assistance (SDOSA) de la Direction de la protection civile, le lieutenant-colonel sapeur-pompier Bakary Dao. De l’avis du colonel, l’incendie est souvent lié à l’activité humaine. « De façon générale, explique-t-il, les feux ont des fréquences liées à la périodicité saisonnière. » Cependant, il admet que ces dernières années, cette périodicité des incendies en ville ou en campagne n’est pas toujours respectée. Le phénomène est presque devenu notre quotidien. «Nous avons une période d’éclosion d’incendies au Mali mais c’est perturbé ces derniers temps. La preuve est qu’en novembre et décembre 2022, on a eu trois grands incendies dont deux à Bamako et un à Kati. Donc, le phénomène n’est pas dû seulement à la période. Il est dû aussi à la cause humaine dont la malveillance», détaille le lieutenant-colonel sapeur-pompier Bakary Dao. En outre, notre interlocuteur explique la nuance entre un grand feu et un incendie. L’incendie, définit-il, est un feu violent non maitrisable dans le temps et dans l’espace. Cet incendie, dit-il, est causé soit par l’homme, la nature et la technologie. «Le développement est lié à la technologie qui est le plus souvent source d’incendie», dit-il. « Par contre, un grand feu est un incendie qui a un pouvoir de propagation très rapide et pouvant occasionner des dégâts importants », explique le lieutenant-colonel Dao. D’après lui, il existe quatre classes de feu à savoir, les classes A en rapport au papier, les B pour les hydrocarbures, les C pour le gaz et les D (rare) pour les métaux. Sur la périodicité saisonnière des incendies ou des grands feux, l’officier de la Protection civile cite les mois de février à mai pour la fréquence des incendies d’origine électrique (usines, marchés, voitures, stations-services, citernes). Et pour les mois de juin à décembre, ce sont des incendies mineurs comme les feux domestiques. Les causes, selon le spécialiste, sont naturelles (foudre, tornade, intempérie), humaines (accident, imprudence, négligence, malveillance, sabotage, crime) et technologiques. Le responsable de la SDOSA précise que la saison chaude est favorable aux grands incendies à cause de la forte chaleur (surchauffage, court-circuit, installations vétustes etc.) Cependant, le colonel Dao précise que les incendies les plus fréquents à Bamako sont dus, en grande partie, à l’activité humaine. « La mort par asphyxie ou par brûlure, la blessure par brûlure, les destructions des biens, de l’écosystème et la pollution de l’air, des sols, de l’eau sont quelques conséquences des incendies », fait savoir le chef sapeur-pompier.   GESTES PRÉVENTIFS – « Nous devons prendre des précautions, respecter les mesures règlementaires pour nous protéger et sauver nos biens », conseille le lieutenant-colonel Dao. Il explique que le témoin de l’éclosion d’un incendie doit évacuer les personnes susceptibles d’être victimes (enfants, personnes à mobilité réduite, vieillards) par les issues de secours tout en utilisant l’extincteur à disposition en visant la base du feu. Les personnes à secourir doivent sortir en rampant. Cela, sans oublier de disjoncter le compteur électrique et appeler les services de secours au 80 00 12 01. Pour le lieutenant-colonel Dao, la Direction générale de la Protection civile dispose de moyens, avec la récente réception de 20 véhicules d’intervention dédiés, pour mieux lutter contre les incendies. Mais pour soutenir ces investissements de l’Etat, il invite la population, singulièrement les investisseurs, au respect strict de la prévention. «On ne doit pas installer des usines, entrepôts, dépôts, entreprises, rue marchande sans tenir compte des mesures de prévention. Dans

Interdiction de la chicha : La phase de la répression a commencé

Par Abdramane DIOMA Bamako, 27 fév (AMAP) L’interdiction de la vente et la consommation de chicha sur toute l’étendue du territoire malien est entrée en vigueur, depuis mi-février 2023, et les services techniques compétents appliquent rigoureusement l’arrêté. Tous appareils et accessoires de chicha saisis seront détruits. Et les contrevenants s’exposent aussi à des sanctions. L’annonce de la décision avait été unanimement saluée ou presque par nos compatriotes qui s’indignaient de voir des jeunes (garçons et filles) se livrer à une consommation outrancière de la pipe à eau. Certains s’interrogeant sur les capacités des autorités à appliquer la mesure, après le délai accordé aux importateurs, distributeurs et consommateurs de la chicha pour se conformer à la décision. L’Office central des stupéfiants (OCS) a sonné la fin de la recréation. Une unité de cette structure, en collaboration avec d’autres services techniques compétents, a réalisé une descente dans des clubs de chicha. Cette une patrouille a été menée par le lieutenant-colonel Siliman Sangaré, chef de renseignements et des opérations par intérim à l’OCS et ses éléments. Au total, une cinquantaine de personnes ont été appréhendées et un important lot de matériels saisi. Depuis la publication du communiqué interministériel du 15 août 2022, les commentaires et les avis sur la mesure d’interdiction divergeaient sur les réseaux sociaux. Les puritains, qui ont en aversion la chicha, ont bien accueilli la décision. Ils estiment qu’un relâchement dans cette lutte représenterait une victoire pour les acteurs frappés par la mesure. Ceux pour qui la chicha reste un gagne-pain s’accommodent mal de l’interdiction et n’apprécient guère de vivre une telle situation. En tout cas, le sujet fait le buzz sur les réseaux sociaux, particulièrement sur Tik-tok. Il est admis par tous que la consommation de chicha a pris de l’ampleur dans notre société, il y a une dizaine d’années. Le produit, qui nuit gravement à la santé, est surtout consommé par la frange juvénile. La chicha, elle-même, est fabriquée à base de tabac : nicotine et goudron mélangés aux fruits avec de l’arôme parfumé. Une autre préoccupation reste l’utilisation faite par les drogués qui s’exhibent dans la rue avec la chicha et prennent leurs doses. Dans les « grins », bars, restaurants et night-clubs, on fume la chicha. Les jeunes filles ont développé une addiction au phénomène. Ce qui justifie, en partie, leur engouement pour les boites de nuit, resto ou chicha-clubs. Beaucoup d’entre elles pensent que le club ou le restaurant qui ne dispose de chicha est démodé. Dans la lutte contre le phénomène, les unités de répression de l’OCS ont repéré de nombreux lieux de consommation à Bamako et dans les capitales régionales. Le phénomène de la chicha est une toxicomanie presque banalisée qui entraine une consommation précoce d’autres drogues par les jeunes. Pourquoi ? Parce qu’en plus du tabagisme lié à sa consommation, la chicha permet de dissimuler la consommation de divers produits dérivés du cannabis tels que le haschich, le Kusch et des médicaments détournés de leur usage qui sont utilisés à la place du tabamel des chicha. Dorénavant, toute personne détenue pour cause de consommation de ce produit sera punie d’une peine d’un à dix jours et payera une amende allant de 300 à 10 000 Fcfa. Les sentinelles pour le respect de la mesure d’interdiction sont les ministères chargés de la Sécurité, de la Justice, de la Santé, de l’Industrie et du Commerce, de l’Economie et de la Jeunesse. TOXICOMANIE DÉGUISÉE ET BANALISÉE – Le ministère de la Sécurité et de la Protection civile, en collaboration avec l’OCS en sa qualité de service central de lutte contre les stupéfiants sur toute l’étendue du territoire national, a pris l’initiative de l’interdiction de la chicha, qui à l’origine était du tabac. « Aujourd’hui, c’est un moyen de consommation de drogues et de médicaments détournés de leur usage pharmaceutique », a expliqué le chargé de communication de l’OCS, Ousmane Diakité. «En effet, par réquisition, nous avons saisi le Laboratoire national de santé pour analyser quelques échantillons de produits de tabac utilisés dans la chicha. Les résultats ont prouvé la présence de produits stupéfiants dans tous les échantillons examinés. Face à ce phénomène de toxicomanie déguisée et banalisée, nous avons saisi le ministre de la Sécurité et de la Protection civile en vue d’interdire l’usage de la chicha au Mali», ajoute-t-il. Et de souligner qu’à partir de mi- février 2023, les services de répression et ceux de l’OCS procéderont à l’application rigoureuse des dispositions de l’arrêté, en saisissant tout appareil et accessoire de chicha découvert et tout appareil saisi sera détruit par les moyens appropriés. La chicha est devenue un gagne-pain pour certains jeunes propriétaires de boutiques de vente de chicha et accessoires ainsi que les chicha-clubs, notamment à Bamako. Grâce à la mesure, certains se sont reconvertis. M.S, âgé de 24 ans, titulaire d’une licence en finance et comptabilité, était propriétaire d’une boutique de chicha dans un quartier de la Commune III à Bamako. Selon lui, la mesure a impacté son business. Mais il admet qu’elle va surtout protéger les enfants. «Je soutiens l’Etat dans la lutte contre la délinquance financière et la consommation des mauvais produits, même si je gagnais beaucoup d’argent dans la vente d’accessoires de la chicha surtout pendant le week-end. J’avais de nombreux clients, particulièrement les filles », dit M.S. Il attire l’attention sur le fait que le charbon utilisé pour la chicha a une autre utilité. «Au Mali, il était utilisé, bien avant la chicha, par les femmes pour brûler l’encens dans les chambres », dit-il. « En tant que jeune entrepreneur, j’ai reconverti ma boutique en alimentation et elle marche bien pour le moment. Cette reconversion n’a pas été difficile», affirme M.S. Il s’est réjoui de la mesure qui renforce l’éducation et la surveillance des jeunes filles, incriminées comme étant de grandes fumeuses de chicha. «Les filles sont devenues très accro à la chicha. Cela peut provoquer des problèmes sur leur santé reproductive. Les enfants aussi doivent être surveillés à tout moment», fait-il savoir. PAS DE BRAS DE FER- Beaucoup pensent que l’interdiction peut pousser à mettre au

Fédération Mali-Burkina Faso : Un projet porté par une volonté commune

Envoyé spécial Massa SIDIBÉ Ouagadougou, 27 fév (AMAP) La visite du Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga, à Ouagadougou, au Burkina Faso, a été l’occasion d’explorer les pistes pour un idéal panafricaniste pour lequel les autorités du Mali et du Burkina affichent une volonté commune de concrétiser le projet d’intégration des pères des indépendances. Les premiers responsables des deux pays ne font pas mystère de leur détermination à rendre irréversible le processus de construction de la fédération Mali-Burkina Faso au terme des processus de transition. Les deux parties estiment que réaliser ce projet ne doit pas, en principe, être un chantier impossible pour le Mali et le Burkina Faso qui partagent une frontière de près de 1300 km et sont assez proches culturellement ainsi que sur d’autres plans. La manifestation de cette ambition a été abordée lors de la visite de travail et d’amitié que le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a effectuée, la semaine dernière, au Burkina Faso. Cette visite intervient dans un contexte où les deux pays ont une convergence de vues sur de nombreuses questions et font, surtout, face à des défis identiques notamment terroriste. Pour venir à bout de ce fléau, les armées des deux pays collaborent déjà efficacement. Comme l’a fait le Mali, le Burkina Faso semble avoir opté pour le changement de paradigme concernant la conduite de son processus de transition. La diversification de son partenariat, le départ des militaires français du territoire burkinabé sont autant de points sur lesquels Maliens et Burkinabé ont la même grille de lecture. Ces décisions ont, semble-t-il, favorisé le rapprochement entre les dirigeants des deux pays. L’on garde, en effet, en mémoire les visites que le président Ibrahim Traoré et son Premier ministre ont effectuées au Mali. Sur le même registre, le chef de la diplomatie malienne a, récemment, séjourné à Ouagadougou pour raffermir cette coopération. Dans la même dynamique, Dr Choguel Kokalla Maïga a été reçu en audience, vendredi dernier,dans l’après-midi, par le président de la Transition du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. L’audience, qui s’est déroulée au palais présidentiel, a enregistré la présence des ministres maliens et burkinabé. Au terme de l’entrevue, qui a duré environ une heure, le Premier ministre du Burkina Faso, Appolinaire Joachim Kyelem de Tambela, a souligné que sur les instructions des présidents Assimi Goïta et Ibrahim Traoré, les deux gouvernements ont entrepris de baliser le terrain en vue de réaliser les rêves des populations. Il s’agit de voir comment le Mali et le Burkina Faso peuvent poser les jalons de la fédération des deux pays. Signe concret de cette volonté, au pays des « Hommes intègres », une commission spéciale a été installée au sein du ministère des Affaires étrangères. Le Mali dispose, quant à lui, de suffisamment de documentations en rapport avec cette initiative. « Les deux peuples sont déjà fédérés, ce sont les artifices administratifs et politiques qui les séparent », a affirmé Appolinaire Joachim Kyelem de Tambela. En vue de la concrétisation de cette ambition, une Grande commission mixte Mali-Burkina Faso se réunira très bientôt à Bamako. Avant, les ministres des Finances des deux pays vont se réunir. CONSEIL DES MINISTRES CONJOINT – Peu de temps avant cette audience, les deux Premiers ministres ont co-présidé un Conseil des ministres conjoint dans les locaux de la Présidence du Faso. Cette réunion a porté sur l’ensemble des sujets qui intéressent les deux gouvernements, en particulier les questions sécuritaires, la lutte contre le terrorisme, les questions humanitaires, les processus de transition. Mais, aussi, les sanctions contre lesquelles les ministres des Affaires étrangères du Mali, du Burkina Faso et de la Guinée mènent une offensive diplomatique. Toutes ces questions seront abordées lors de la prochaine réunion de la Grande commission mixte. « Tous les secteurs de développement ont été touchés », a résumé le Premier ministre au sortir de la rencontre. Dr Choguel Kokalla Maïga a rappelé, à ce propos, que les deux pays coopèrent déjà sur le militaire et, aussi, en matière de formation, et de partage de renseignements… « Nous n’avons pas de problème communautaire, c’est fabriqué ailleurs et des hommes sont instrumentalisés, tantôt au nom de l’Islam, tantôt au nom des ethnies. pour nous distraire… », a insisté le chef du gouvernement malien, rejetant l’idée de réduire la crise sécuritaire à des conflits intercommunautaire. Il a soutenu à ce sujet que les autorités maliennes et burkinabè sont occupées à créer les conditions de paix, de sécurité physique et alimentaire, d’éducation et de santé. « Les deux pays vont se donner la main, soutenir les armées afin qu’elles puissent restaurer la souveraineté », a dit M. Maiga, ajoutant que « sans sécurité, pas de démocratie. » Dans la matinée de vendredi, le Premier ministre et son homologue burkinabè ont eu, à la Primature, une séance de travail en prélude au Conseil des ministres conjoint. Rien n’a filtré de cette rencontre. Presqu’au même moment, les ministres du Burkina Faso recevaient leurs homologues du Mali pour le même exercice. La délégation du Premier ministre était composée de plusieurs ministres : Ibrahim Ikassa Maïga (Refondation de l’Etat, chargé des Relations avec les Institutions), le général Daouda Aly Mohammedine (Sécurité et Protection civile), Mme Dembélé Madina Sissoko (Transports et Infrastructures), Lamine Seydou Traoré (Mines, Énergie et Eau), Mme Diéminatou Sangaré (Santé et Développement social), Alhamdou Ag Ilyene (Maliens établis à l’Extérieur et Intégration africaine), Modibo Keïta (Développement rural), Andogoly Guindo (Artisanat, Culture, Industrie hôtelière et Tourisme). MS/MD (AMAP)   UN DÎNER POUR FETER L’AMITIÉ ENTRE LES DEUX PAYS Vendredi soir, le Premier ministre du Faso, Appolinaire Joachim Kyelem de Tambela a offert un dîner à son homologue malien Choguel Kokalla Maïga, dans le jardin de la Primature. La question de réaliser la fédération entre les deux pays a constitué « le plat de résistance » des interventions qui ont meublé ce cadre convivial. Se voyant comme les précurseurs de cet idéal panafricaniste, les deux chefs de gouvernement ont à ce propos réaffirmé la volonté des peuples du Mali et du Burkina de cheminer ensemble. « L’élite dirigeante politique et militaire doit aller dans le sens des

Lutte contre la corruption : La solution par les valeurs sociétales africaines

Bamako, 24 fév (AMAP) Les participants à une conférence internationale tenue à Bamako, la semaine dernière, préconisent la lutte contre la corruption par les valeurs sociétales africaines, estimant que l’éducation civique et morale basée sur les us et coutumes pourrait aider au respect du bien public. La 2è édition de la Conférence de haut niveau sur la lutte contre la corruption organisée par l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI) et ses partenaires sur le thème : «lutte contre la corruption, nouvelle dynamique, recouvrement d’avoirs illicites, coopération internationale», ont formulé recommandé la refondation des systèmes éducatifs africains par la promotion d’un enseignement multilingue fondé sur la langue maternelle, l’enseignement de l’histoire africaine et les valeurs sociales africaines, en particulier, à travers des programmes d’éducation civique et morale réhabilités. À l’issue des travaux, mercredi dernier, les participants ont, aussi, proposé le renforcement des capacités des institutions et agences dédiées à la lutte contre la corruption, la mise en œuvre effective des mécanismes de sanction et de lutte contre l’impunité. « Il faut aller chercher des réponses dans nos valeurs sociétales, nos valeurs socioculturelles qui nous caractérisent, qui nous ressemblent puisque celles qu’on a empruntées chez les autres ne nous ont pas réussi », a dit le ministre malien de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les institutions, Ibrahim Ikassa Maïga, qui a présidé la cérémonie de clôture. « Cette démarche d’élaboration d’un programme national d’éducation basé sur nos valeurs, a-t-il poursuivi, est une volonté des autorités et du peuple malien. » «Ce programme sera enseigné à l’école mais, également, dans les familles, dans les entreprises comme dans l’Administration publique, qui va être inculqué à la petite enfance, depuis le préscolaire, le fondamental, le secondaire mais, aussi, l’Université, ainsi que dans les écoles de formation des nouvelles recrues à la fonction publique», a indiqué M. Maïga annonçant l’élaboration prochaine de cours d’éducation civique, morale et patriotiques « pour inculquer l’amour de la patrie. » Le ministre Maïga a, par ailleurs, révélé que « nous sommes potentiellement très riches, puisque le montant des avoirs spoliés, détournés et transférés à l’extérieur dépasse de trois fois l’aide publique étrangère pour notre pays. » «Il suffit juste de mettre une politique résolue de lutte contre la corruption pour que nous puissions nous auto suffire et nous développer», a indiqué le ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les institutions. Le président de l’OCLEI, Dr Moumouni Guindo, pour sa part, a révélé que les assises de cette année ont compté au moins 350 participants dont pas moins de 76 participants internationaux en présentiel et 10 participants internationaux à travers des vidéos conférences. Dr Guindo a souhaité l’institutionnalisation de cette conférence suivant une périodicité définie, chaque année, avec beaucoup plus de participants, de pays et que « les recommandations soient mises en œuvre de manière à contribuer réellement et efficacement à la lutte contre la corruption au Mali, dans le Sahel, en Afrique et dans le monde entier. » Pour sa part, le président de l’Association des autorités anticorruption d’Afrique (AAACA), Dr Khaled Mohamed Saïd Hassan, il a confié : «Nous avons été impressionnés par la place que le Mali accorde aux valeurs sociétales dans la lutte contre la corruption et la lutte contre l’enrichissement illicite», ajoutant que « l’Afrique regorge d’esprits capables de développer des indicateurs plus précis que ce qui existe actuellement. » Des indicateurs, selon lui, « qui supportent les politiques nationales de lutte contre la corruption plutôt que d’être un facteur de frustration des responsables de cette lutte dans nos pays. » AG/MD (AMAP)

Environnement : Des espèces végétales qu’il faut protéger à tout prix

Par Makan SISSOKO Bamako, 24 fév (AMAP) À Kalaban Coura, Karim Traoré produit des arbres et des fleurs au bord de la route menant à l’Aéroport international président Modibo Kéita-Senou. Samedi dernier, vers 16 heures, nous avons rencontré l’arboriste. Il venait de finir d’arroser ses plantes. Karim aime les espèces sauvages, singulièrement celles menacées de disparition dont le Karité, le Néré, le Tamarin, le Zaban et le Baobab. «Nous produisons plusieurs types de plantations sauvages. On cherche dans la forêt, les bonnes qualités de noix ou de graine pour ensuite les faire pousser dans des pots remplis de terre avec de l’engrais organique. Nous pratiquons également le système de greffage des arbres», explique-t-il. Le métier est pénible et moins lucratif. Mais l’arboriculteur, qui évolue dans le domaine depuis 1985, est porté par son engagement de contribuer à la restauration de la nature. Il a pris conscience des enjeux liés à la déforestation à travers les multiples conseils des agents des eaux et forêts. Et depuis, Karim Traoré «fait de son mieux dans l’entretien des plantations avec ses maigres moyens». Une façon pour lui d’accomplir un devoir civique, celui de protéger les arbres. Son courage lui vaut aujourd’hui l’estime des services des eaux et forêts. «En cas d’insuffisance de la quantité d’arbres dont ils disposent pour les campagnes de plantation, ils viennent très souvent chercher avec les producteurs des arbres sauvages», révèle Karim Traoré. Les arboriculteurs contribuent, ainsi, à la sauvegarde de la faune sauvage. A ce titre, plaide Ba Fanta, « ils doivent être encouragés, soutenus». Au marché de Kalaban Koro, cette septuagénaire est l’une des nombreuses vendeuses de plantes ayant des propriétés médicinales. Il y a quelques années, elle n’avait pas besoin de faire des kilomètres pour s’approvisionner en feuilles de Zaban et de Karité. Elle en trouvait en quantité dans les villages voisins comme Kabala et Kouralé. Le Karité était disséminé entre les zones cultivées. « Mais l’urbanisation a carrément changé la donne », déplore Ba Fanta. Ces arbres ont plusieurs vertus, souligne-t-elle, en donnant en exemple le beurre du Karité qui entre dans la composition des pommades traditionnelles pour soigner de multiples maux. PLUSIEURS HECTARES PERDUS PAR AN – Le Karité est constamment agressé par l’homme alors que sa reproduction est très lente. Jadis, le Mali disposait du plus important parc de Karité de l’Afrique occidentale. Pays sahélien, le pays possède des forêts assez denses. Mais, de plus en plus, l’écosystème perd se perd du fait des pressions anthropiques. Plusieurs espèces forestières ligneuses sont en effet menacées de disparition, comme le vitellaria paradoxa (karité), le parkia bigglobosa (néré), l’acacia albida (balanzan), zaban et le baobab. Cette richesse naturelle, qui fournit aux femmes rurales prix de condiments et argent liquide, est fortement menacée par des pratiques néfastes de l’homme. Tout comme le Néré dont les amendes sont transformées en «soumballa» (bouillon traditionnelle). « Il constitue une importante source de revenus pour les populations. D’où l’intérêt de sensibiliser sur la problématique », selon Adama Sylla qui apprécie les journées dédiées à la protection des forêts. Selon l’écologiste, les «arbres, de façon globale, sont extrêmement importants pour l’existence». Dans certaines localités du Mali, les populations, ayant compris les enjeux, se sont organisées pour protéger ces espèces et, plus généralement, la flore. Cependant, en plusieurs endroits du Mali, la situation globale préoccupe les forestiers. Selon Ali Poudiougo, point focal national biodiversité à la Direction nationale des eaux et forêts, les formations ligneuses ne couvrent plus que 17,4 millions d’hectares alors qu’elles occupaient environ 32 millions d’hectares en 1985. En cause : la surexploitation des forêts à des fins énergétiques, l’expansion agricole, l’activité minière et les feux de brousse, le changement climatique. Les pressions anthropiques sur les ressources forestières entrainent une perte de forêts estimée entre 100.000 et 500.000 hectares par an. «Le caractère saisonnier des revenus en milieu rural est crucial pour l’évolution des forêts. Lorsque la campagne agricole échoue, le commerce de bois et de charbon devient pour les populations rurales la source facile de revenus. A côté des marchés ruraux de bois officiellement créés, prolifèrent des circuits informels de commerce de bois et de charbon, signes de la surexploitation des formations forestières», fait savoir M. Poudiougo. Selon les Nations unies, des milliards de personnes, dans les pays développés et en développement, utilisent quotidiennement des espèces sauvages pour l’alimentation, l’énergie, les matériaux, la médecine et de nombreux autres usages vitaux au bien-être humain. L’accélération de la crise mondiale de la biodiversité, avec un million d’espèces de plantes et d’animaux en voie d’extinction, menace ces utilisations par aux populations. A ce titre, la Journée mondiale de la vie sauvage, célébrée le 3 mars, est l’occasion de mettre la lumière sur les nombreuses formes magnifiques et variées de la faune et de la flore sauvages. Mais, aussi. de sensibiliser aux nombreux avantages que leur conservation procure aux populations. «Des partenariats pour la conservation des espèces sauvages», est le thème retenu cette année. MS/MD (AMAP)

Le Mali, 2è producteur mondial de karité (Forum économique Mali-Canada)

Bamako, 23 fév (AMAP) Le Mali, qui a produit respectivement 19 855 000 tonnes en 2018, 20 883 000 tonnes en 2019 et 5 515 000 tonnes en 2020 est le 2ème producteur mondial de karité, après le Nigéria, indique le Forum économique Mali-Canada sur son site du Salon virtuel des produits et services du Mali (SVPSM). « La potentialité en amandes est de 250.000 tonnes dont 60 883 et 22 908 ont été exportées respectivement en 2019 et 2020. Celle du beurre est de 135 000 tonnes dont 97 000 réellement exploitées, 265 tonnes et 311 tonnes ont été exportées sur la même période », selon le Forum Ce qui prouve qu’en plus des quantités réellement exportées, le Mali est à mesure de fournir aux importateurs beaucoup plus de beurre, d’amandes et de produits à base de karité, eu égard au potentiel existant. Le karité est disponible dans tous les bassins de production qui sont situés à Kayes (Ouest), Koulikoro, Sikasso (Sud), Ségou et Mopti (Centre). Le Mali occupe une place de choix dans la production et l’exportation des amandes, du beurre et des produits dérivés du karité, selon la même source. « Une vingtaine d’exportateurs avérés, professionnels et expérimentés œuvrent dans le domaine de l’exportation de karité depuis plus d’une quarantaine d’années vers l’Asie, l’Amérique, l’Europe et les marchés sous régionaux. Les exportations maliennes de karité sont en croissance, puisque la demande internationale des produits de karité augmente de plus en plus », ajoute-t-elle. Pour améliorer l’accessibilité du marché mondial et rendre encore plus compétitifs les produits du karité malien, les autorités maliennes et leurs partenaires ont mis un accent particulier sur la promotion de la filière Karité et, surtout, sur la participation des femmes maliennes qui en tirent des revenus et comme source d’autonomisation pour elles. Le karité est produit dans 7 500 localités villageoises. Ce sont 500 000 concessions familiales et trois millions de femmes maliennes (environ 25%) de la population du Mali qui sont directement impliquées dans le secteur, de la collecte des noix, à la transformation en beurre et d’autres produits dérivés. Les acteurs sont regroupés en Fédération nationale de karité (FNK), constituée de coopératives, d’unions de coopératives de producteurs/trices, de pisteurs, de commerçants et d’exportateurs. Ils détiennent une expertise avérée et héréditaire dans la production des produits, à base de karité. « Les exportateurs sont expérimentés et dévoués et, surtout disposés à faire une prestation répondant à l’option d’affaires, pour fidéliser et consolider le partenariat commercial avec les clients afin de leur permettre d’atteindre l’objectif de leurs investissements dans le domaine de l’industrie cosmétique, pharmaceutiques et alimentaires (chocolat, margarine). Leur plaisir est également la satisfaction des besoins des acheteurs », selon le Forum économique Mali-Canada Le karité malien est naturellement biologique, puisqu’il pousse à l’état sauvage. Néanmoins, les coopératives, les unions des producteurs et des exportateurs de la filière karité optent, de plus en plus, pour le principe de la certification, afin d’être en phase avec les règles et les normes du commerce international et d’assurer le maintien du développement durable de leurs activités. Pour ce faire, ils adhèrent aux organisations de certification (FLO-CERT, ECOCERT) et d’accréditation comme bio partenaire (bio équitable, bio solidaire), Mouvement biologique malien pour la certification des produits (MOBIOM). Par ailleurs, des initiatives d’amélioration du parc, par le reboisement et la reforestation sont prises pour une meilleure protection des peuplements dans le but d’augmenter fondamentalement l’offre exportable et de satisfaire la demande des clients. MD (AMAP)  

Le médiateur de la CEDEAO : «Nous pensons que la transition au Mali est en bonne voie»

Par Dieudonné DIAMA   Bembablin DOUMBIA Bamako, 23 fév (AMAP) Le médiateur de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Goodluck Jonathan Goodluck Jonathan, lors de son séjour au Mali dans le cadre du suivi du processus de la Transition, s’est dit satisfait de son entretien avec le président de la Transition qui l’a reçu en audience, mercredi. À sa sortie d’audience, l’Envoyé spécial de la CEDEAO, accompagné par le chef de la Minusma, El-Ghassim Wane, a confié à la presse l’importance de ce déplacement intervenu à une période charnière pour le Mali. Il a rappelé que, suivant les recommandations et les arrangements de la CEDEAO, la Transition au Mali devrait prendre fin en 2024. «C’est dans cet esprit que nous nous sommes dit qu’il fallait mieux venir encore une fois échanger avec les autorités du Mali sur les difficultés d’ordre organisationnel de ce processus de transition», a expliqué Goodluck Jonathan qui a aussi rencontré la classe politique et la société civile pour recueillir leurs observations. Il a affirmé avoir notifié au président Goïta son appréciation par rapport à l’évolution du processus, notamment par la mise en place de certaines structures clés pour la bonne marche de la Transition. Parmi celles-ci, le médiateur de la CEDEAO a cité la mise en place de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) qu’il a saluée. «Nous avons félicité le président de la Transition et toutes les autorités maliennes pour la mise en place de cet organe qui est très important pour la gestion des élections à venir. Nous avons également apprécié la validation d’une carte biométrique qui va servir de cartes d’électeurs pour tous les Maliens », a confié l’ancien président nigérian. Cependant, Goodluck Jonathan a reconnu qu’il était très difficile de pouvoir, durant ce processus de transition, réussir tous les défis à 100%. Toutefois, il a dit que les échanges qu’il a eus avec le président de la Transition, font partie des conversations finales qu’ils auront avec lui étant donné que les élections sont pour 2024. Le médiateur de la CEDEAO a souligné que pendant son séjour, il a eu des échanges avec le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le ministre en charge de l’Administration territoriale et avec d’autres membres du gouvernement afin d’avoir une idée claire et nette sur l’évolution du processus de transition. «Nous pensons que c’est en bonne voie et nous aimerions venir, peut-être, une prochaine fois pour le couronnement de ce processus de transition en République du Mali», a ajouté Goodluck Jonathan. A la question de savoir s’il va plaider en faveur du Mali pour la levée des sanctions au regard des avancées qu’il a constatées, l’Envoyé spécial de la CEDEAO a dit que l’organisation sous-régionale s’est engagée à aider le processus de transition et le processus politique au Mali. Elle fera, aussi, en sorte que le Mali puisse s’en sortir sur le plan économique. «Il y a des situations au niveau du protocole de la CEDEAO qui font que des sanctions sont prises contre un Etat qui dévie de la voie démocratique. Et ce ne sont pas des sanctions qui sont prises uniquement pour le cas du Mali», a expliqué Goodluck Jonathan. Il a soutenu qu’avant la situation du Mali, ces sanctions existaient déjà dans le protocole de la CEDEAO. Toutefois, il a dit continuer à travailler avec les autorités de la Transition du Mali afin de voir le bout du tunnel. « Cela nous permettra de nous faire entendre au niveau des autorités de la CEDEAO afin qu’elles puissent revoir leur copie pour les sanctions qui sont imposées au Mali aujourd’hui », a-t-il indiqué. CLASSE POLITIQUE ET SOCIETE CIVILE – Auparavant, le médiateur de la CEDEAO avait participé, au Centre de formation des collectivités territoriales, à une réunion du cadre de concertation qui a regroupé, pour la première fois, la classe politique, la société civile et plusieurs membres du gouvernement, notamment le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye Maïga. La rencontre visait à évaluer l’exécution du chronogramme politique et électoral et échanger sur les difficultés de mise en œuvre en vue de donner les nouvelles orientations pour les actions futures. Le ministre Maïga a saisi l’occasion pour brosser les activités réalisées par la Transition. Il s’agit, notamment de la remise au chef de l’Etat de l’avant-projet de la Constitution par la Commission chargée de sa rédaction, de l’installation des membres de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) et de la nomination des représentants de l’Etat dans le cadre du retour de l’administration. Le colonel Abdoulaye Maïga a, par la suite, réitéré la volonté du gouvernement de poursuivre les efforts enclenchés, conformément à la vision du président de la Transition, qui visent essentiellement la refondation de l’Etat et le retour à un ordre constitutionnel. À ce titre, des actions significatives ont été menées et portent essentiellement sur la mise en place d’une Commission chargée de la finalisation de l’avant-projet de Constitution composée de l’ensemble des forces vives. S’y ajoutent le démarrage et la poursuite effective des travaux de cette Commission dont le rapport sera incessamment soumis au chef de l’Etat mais, aussi, la relecture de la Loi électorale pour prendre en compte les insuffisances constatées, parmi lesquelles l’institution de la carte nationale d’identité biométrique sécurisée comme carte d’électeur, en substitution à la carte d’électeur biométrique. D’autres insuffisances ont trait au vote par anticipation des membres des Forces armées et de sécurité afin qu’elles puissent se consacrer à la sécurisation des opérations électorales les jours de scrutins. L’adoption du projet de loi portant modification de la Loi électorale et des projets de textes relatifs à la réorganisation administrative et territoriale par le Conseil national de Transition (CNT), en sa séance plénière du 20 février dernier, fait également partie des actions. « Encore une fois, il faut rappeler que la dynamique enclenchée par le gouvernement est une traduction de la vision du président de la Transition de réussir la mise en œuvre des réformes politiques majeures et l’organisation

Poulets : Les prix prennent l’ascenseur

Par Anne-Marie KEITA Bamako, 22 fév (AMAP) Lorsqu’une femme accouche, il est de tradition de préparer de la soupe pour la nouvelle maman. Pour sacrifier à cette tradition, Mme Camara Fatoumata Touré s’est rendue au marché de volaille de Kati pour acheter deux poulets et préparer une soupe pour sa belle sœur qui venait d’accoucher. Avec un billet de 10 000 Fcfa, elle espérait avoir deux poulets locaux. Elle a été surprise par une augmentation des prix. En plus de la hausse, il est aussi difficile de trouver un poulet physiquement satisfaisant du fait de la mauvaise alimentation de la volaille. Mme Camara s’est donc tournée vers le poulet de chair dont elle croyait avoir le kg à 2 000 Fcfa comme d’habitude. Là aussi, une vendeuse lui fait savoir que le kg de cette race est passé à 2. 00 Fcfa. Au marché de Kati comme ailleurs, il est aujourd’hui difficile de se procurer un poulet local sans débourser entre 5 000 à 7 500 Fcfa. Les causes de la hausse du prix de la volaille sont liées, selon le président de la Commission développement partenariat et financement de la Coopérative de valorisation des races aviaires locales (Wasaso), Cheickna Dianka, au coût élevé des ingrédients indispensables à l’aliment-volaille, notamment le maïs, source de protéines et autres additifs. Selon lui, d’autres causes seraient l’insuffisance de l’offre de volaille, la prévalence de maladies aviaires à cycle répétitif à la base de fortes mortalités, la faible organisation des producteurs avicoles et l’insuffisance des capacités techniques, institutionnelles et organisationnelles des acteurs du sous-secteur avicole. Evoluant dans l’aviculture depuis 5 ans, Ladji Bouaré, est un jeune entrepreneur qui s’intéresse à l’élevage. Il dispose de sa propre ferme de volaille. À ses dires, il a commencé par les poulets locaux pour ensuite aller vers la race métisse ou «barama» et finir avec la race 3/4. Concernant la flambée des prix de la volaille, ce jeune entrepreneur dit que le coût du transport a rendu difficile l’élevage surtout pour les races importées comme les «barama». La flambée du prix du carburant a, aussi, eu un impact sur l’importation des produits, notamment l’aliment volaille. S’y ajoute l’avènement de la Covid-19 qui a beaucoup freiné la production de certaines races importées. Selon Ladji Bouaré, le prix du principal ingrédient de l’aliment volaille qui est le maïs a pris l’ascenseur. Au moment de la Covid-19, le sac de 100 kg de maïs était vendu à 35 000 Fcfa contre 14 000 avant cette pandémie. Aujourd’hui, le même sac varie entre 28 000 et 32 500 Fcfa, soit une baisse légère. Aussi, l’aliment chair qui était cédé à 13 500 Fcfa a grimpé à 18 000 Fcfa aujourd’hui. Un autre aliment indispensable dans la production est la vitamine concentrée dont le sac a aussi subi une petite augmentation, passant de 35 000 Fcfa à 40 000 Fcfa. Le représentant de la Coopérative des producteurs de poulets de chair, Thierno Sidibé, confirme la hausse du prix du poulet de chair et du poulet local. Il ajoute que le coût de production d’un kilo de poulet de chair a connu une augmentation de presque 35%. Pour lui, cette augmentation est tout à fait justifiée par le coût élevé des matières premières indispensable à l’élevage de la volaille, notamment le maïs qui intervient dans l’aliment volaille à hauteur de 60%. Cet ingrédient, beaucoup sollicité dans l’alimentation des volailles et cultivé chez nous, était une chance pour le Mali. « Malheureusement, déplore-t-il, ce produit est exporté malgré l’interdiction d’exportation des produits alimentaires par les autorités maliennes. » Le tourteau de coton, un autre ingrédient dans l’alimentation volaille, est une source de protéines d’origine végétale. La production du tourteau de coton devrait donner aux éleveurs beaucoup de facilités. Le tourteau, capital dans l’aliment volaille, est importé du Burkina Faso. Cet aliment utilisé dans l’aliment de volaille à 20% a aussi connu une augmentation passant de 11 500 Fcfa à 16 000 Fcfa le sac de 50 kg. Sans compter les ruptures qui ont fortement perturbé le marché. Il y a aussi le son de blé qui a connu une augmentation assez remarquable passant de 100 à 200 Fcfa le kilo. Le kilo d’aliment pour les poulets de chair est passé de 300 Fcfa à 450 Fcfa, soit une augmentation de 40%. Et le kilo d’aliment de pondeuse qui était 250 Fcfa est passé à 400 Fcfa, soit 45% d’augmentation. Dans l’alimentation volaille, en plus des aliments cités, il faut compter les ingrédients qui viennent de l’extérieur comme le complexe minéral vitaminé (CMV) qui n’est pas fabriqué au Mali, mais importé d’Europe et du Maghreb. Ce produit a aussi connu une augmentation de presque 35%. À en croire Thierno Sidibé, le marché des poussins a aussi connu beaucoup de difficultés non seulement en termes de prix et de disponibilité. La cherté de l’aliment volaille, le transport des sujets ont été durement ressenti par les éleveurs qui enregistrent d’énormes pertes. À ces difficultés, s’ajoute le manque de moyens de production des éleveurs. D’ou une baisse de production et l’absence des poulets sur le marché. «Les producteurs ont beaucoup perdu parce que nous ne sommes pas rentrés dans nos coûts de revient pour faire des marges qui peuvent nous permettre de continuer notre activité», a regretté Sidibé. Il note que l’aliment volaille occupe 80 % des dépenses de production et quand il devient cher, les prix grimpent. Absence de subvention – Pour Lamine Traoré, secrétaire à l’organisation de la Fédération des intervenants de la filière avicole au Mali (FIFAM), ces augmentations sont à la base de la raréfaction. Lamine Traoré évoque aussi le problème de la subvention que l’État accordait aux producteurs et éleveurs sur certains types d’intrants importés de l’extérieur qu’on appelle les concentrés d’aliments volaille. Ces produits sont composés de vitamine, de minéraux et de protéines. L’État les subventionnait à 30% de remise à l’éleveur. Si par exemple l’éleveur achetait le sac à 65 000 Fcfa, avec cette subvention, il va l’acheter à 50 000 Fcfa.