Spécial 8 mars : Dr Sidibé Djénéba Diallo, pilier central des soins d’urgence

Bamako, 8 mar (AMAP) Dr Sidibé Djénéba Diallo est une bénédiction pour le Service d’accueil des urgences à l’Hôpital du Mali. Celle qui est constamment aux petits soins des malades, dont le pronostic vital est parfois en jeu, est un bon disciple d’Hyppocrate qui marche dans le sillon tracé par ses prestigieux maîtres de la médecine d’urgence au Mali Le dévouement et l’abnégation de Dr Sidibé Djénéba Diallo en font une inspiration pour ses collègues. Rokia Nadette Traoré, infirmière aux Services des urgences du même établissement hospitalier, loue la conscience professionnelle de sa collègue. Dr Sidibé Djénéba Diallo, aujourd’hui âgée de 41 ans, avait une prédilection pour l’ingénierie électromécanique. Elle finit par opter pour la médecine à la demande de son père. Elle sert aujourd’hui aux urgences, un service constamment sous pression. Elle a fait ses premières armes au Service d’accueil des urgences (SAU) du Centre hospitalier universitaire (CHU) : Gabriel Touré où elle a aide, en tant qu’interne, à faire fonctionner cette unité de soins hyper sollicitée du fait de la position géographique de l’établissement. Elle explique avoir soutenu sa thèse en 2009 à la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie (FMPOS) d’alors et servi une année au SAU de l’hôpital Gabriel Touré, avant de regagner le seul établissement hospitalier public de la rive droite (Hôpital du Mali) en 2011. Elle y est depuis 11 ans maintenant, mais est surtout restée longtemps la seule femme médecin de l’ouverture de cette unité de soins urgents en 2011 jusqu’en 2014. Aujourd’hui, ce service compte une équipe féminine bien étoffée. Celle qui a pris de la bouteille affiche constamment aux coins des lèvres un sourire et incite ses collègues à servir la bonne cause, celle des patients. Elle a participé à la prise en charge des blessés de la bousculade meurtrière lors du Maouloud organisé par l’Association Ançardine de Chérif Ousmane Madane Haïdara, il y a quelques années, de ceux des attaques terroristes, mais aussi des personnes atteintes d’Ébola et de la Covid-19. Dans toutes ces situations, l’urgentiste a brillé par sa compétence, son abnégation et son humanité à soulager la douleur. Elle se souvient en 2014, de la gestion du premier cas suspect d’Ébola à l’Hôpital du Mali. Malades et accompagnants avaient cédé à la panique. «J’étais seule face à un patient atteint d’une pathologie que je ne connaissais pas beaucoup. Les autorités sanitaires avaient décidé de le référer dans un centre à Lassa. J’ai eu beaucoup de difficultés à le faire parce que des jeunes de ce quartier étaient opposés à cette décision. Sans l’intervention de mon ambulancier qui y résidait, ils allaient nous agresser», confie-t-elle. Pour son expérience dans la gestion des épidémies et des catastrophes, Dr Sidibé Djénéba Diallo se retrouvera à la tête de l’unité  d’accueil des urgences Covid-19, créée pour préserver les autres malades du Service des urgences d’une éventuelle contamination au contact des patients atteints de la Covid-19. Dr Cissé Mamadou Abdoulaye Chiad, chef du Service d’accueil des urgences à l’Hôpital du Mali, est l’un des maîtres de Dr Sidibé Djénéba Diallo. Selon cette figure connue de la médecine d’urgence au Mali, «la battante et tonique Djénéba» a tous les atouts pour travailler dans un service des urgences. Elle a le don de gérer le flux et de prendre les bonnes décisions. «Sa vivacité et sa détermination m’ont conduit à lui confier en 2019 le poste de chef d’unité du service d’accueil des urgences Covid-19. Elle m’a donné des résultats satisfaisants», se réjouit ce spécialiste de la médecine d’urgence et des catastrophes qui surnomme sa collègue : Margaret Thatcher, en référence à la poigne de l’ancienne Première ministre du Royaume-Uni. Djénéba Diallo est aussi diplômée du Centre africain d’études supérieures en gestion (Cesag) du Sénégal. Elle séduit par sa vision, son implication dans les soins et la dose d’humanité qu’elle met à conforter les parents des malades. MDD (AMAP)

Spécial 8 mars : Le long chemin de l’implication des femmes dans le processus de paix 

Bamako, 8 mar (AMAP) Le processus de paix et de réconciliation a été lancé dans notre pays en 2013. Il intervient après la crise multidimensionnelle qui l’a secoué en 2012. Ainsi, des négociations ont été menées à Alger entre 2014 et 2015, aboutissant à la signature de l’Accord communément appelé «Accord d’Alger» en 2015. Premières victimes de cette crise multidimensionnelle, les Maliennes attendent encore d’être impliquées à souhait dans ce vaste chantier de la paix et de la réconciliation nationale entamé par notre pays. Pourtant, toutes les dispositions sont prises pour l’inclusion effective des femmes dans ledit processus. Notre pays a ratifié, sans réserve, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (Cedaw), ainsi que le Protocole de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique (Protocole de Maputo). Par ailleurs, la Constitution de 1992 garantit l’égalité des droits à tous les citoyens sans distinction de sexe. En 2010, le Mali a adopté une politique nationale genre. Ce n’est pas tout, en 2012, le Mali a lancé son premier Plan d’action national (PAN) pour la mise en œuvre de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité (Pan 1325). Le deuxième PAN 1325 a été lancé en 2015, pour la période 2015-2017. Présentement, notre pays dispose de la 3è génération du Pan (2019-2023). Il a pour but de promouvoir la participation des femmes au processus de paix et de réconciliation et dans la gouvernance post-conflit. Enfin, une loi garantissant un quota de 30% de femmes dans les nominations aux institutions nationales et aux organes législatifs a été adoptée en décembre 2015. Malgré tout, les recommandations des organisations féminines portent toujours sur la représentation substantielle des femmes dans les organes nationaux de décision et de gouvernance, leur participation effective aux mécanismes de mise en œuvre de l’accord pour la paix et leur représentation la décentralisation et le développement local. Il est établi que lorsque les femmes participent au processus de paix, c’est toute la société qui en bénéficie. Par ailleurs, lors d’une rencontre nationale de réflexion sur la participation des femmes dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali en 2020, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies au Mali a rappelé le ferme engagement de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) à poursuivre son soutien aux autorités. Cela, dans la recherche des solutions pour la paix et la réconciliation au Mali et notamment la participation effective des femmes aux mécanismes de suivi et de mise en œuvre de l’Accord. «Malgré nos efforts, les femmes restent sous-représentées dans les mécanismes officiels de mise en œuvre de l’Accord de paix. Il est donc nécessaire de lever les goulots d’étranglement qui les empêchent de participer», a-t-il déclaré. Pourtant, l’Accord d’Alger a des orientations qui traitent la protection des femmes et la lutte contre l’impunité. Cependant, le document reste muet sur d’autres questions relatives au genre, aux droits des femmes et leur participation au processus de paix. Elles sont nombreuses les organisations des femmes à exprimer leur frustration par rapport à leur persistante exclusion du processus de paix. Avec toutes ces dispositions, la sous-représentativité des Maliennes dans les mécanismes chargés de la mise en œuvre et du suivi de l’accord de paix reste incompréhensible. En effet, le tableau est peu reluisant. Le Comité de suivi de l’Accord (CSA). au début, ne comptait aucune femme. Cette tendance a changé actuellement grâce aux plaidoyers des organisations féminines. Les femmes ont été incluses six ans après sa mise en place lors du 40è session du CSA. On note aussi qu’une seule femme a été nommée parmi les autorités intérimaires. La commission Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR) compte également une femme, tandis que le Conseil national de la réforme du secteur de la sécurité (RSS) compte quatre femmes membres. En moyenne, la participation des femmes aux mécanismes de mise en œuvre de l’Accord d’Alger est d’environ 3%. En effet, il n’y a que 31 femmes sur 1 045 hommes dans l’ensemble du processus de mise en œuvre de la paix. Les femmes sont mieux représentées à la Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR). En effet, 4 commissaires sur 25 sont des femmes, soit 16%. Depuis les premières heures de la négociation, les femmes n’ont cessé de prétendre à un plus grand rôle dans tous les aspects du processus de paix et de réconciliation nationale. Elles sont nombreuses les Maliennes qui vivent les conséquences de la violence et de l’insécurité quotidiennement. Il urge donc de les inclure réellement dans le processus de paix. Face à la situation, le gouvernement affiche sa volonté à corriger l’inégalité décriée par les femmes. Malheureusement, cette dernière peine à être concrétisée. MAT (AMAP)  

Spécial 8 mars : Paix, sécurité et réconciliation, jamais sans les femmes

Bamako, 8 mar (AMAP) En dépit des nombreuses difficultés et du poids de la société, certaines femmes contribuent activement au processus de consolidation de la paix et de la réconciliation dans notre pays. A l’instar de la communauté internationale, le Mali commémore la Journée internationale de la femme, le 8 mars. Le thème retenu, cette année, par notre pays est : «Femmes, actrices incontournables, debout pour la paix, la sécurité, la cohésion sociale et la réconciliation au Mali». Ce thème fait ressortir le rôle central que jouent les femmes dans la prévention, la gestion et la résolution des conflits. Les femmes sont des actrices clés en matière de paix, sécurité, cohésion sociale et réconciliation. Une réalité réaffirmée par la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies. Selon les données de Onu Femmes, lorsque les femmes participent aux processus de paix, les accords de paix ont 35% de chance de durer au moins 15 ans. Dans son rapport publié en octobre 2022, l’organisation onusienne indique qu’au Mali, 15 femmes supplémentaires ont été nommées au Comité de suivi de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. Les femmes sont, en effet, de plus en plus nombreuses à initier des actions visant à consolider la paix et la cohésion sociale à travers des associations et organisations féminines. Par exemple, l’Association des femmes initiatrices d’actions de développement (AFIAD) sensibilise ses membres à travers des causeries de groupe et la formation sur l’importance de la paix, de la cohésion sociale et de l’intérêt pour les communautés de se réconcilier. Pour sa présidente, Touré Diahara Drahamane, la fragilisation et la déchirure du tissu social, l’enrôlement des jeunes et des citoyens dans les groupes armés sont à l’origine des conflits. La solution, selon elle, passe avant tout par la création par l’état d’emplois permettant de gagner des revenus décents et d’organiser des formations relatives aux conséquences des conflits et des guerres pour les citoyens. Par ailleurs, elle déplore la faible implication des femmes dans la prise de décisions, la faiblesse de leur formation sur les questions de paix, de cohésion sociale, de réconciliation et de citoyenneté. En outre, les associations manquent de ressources pour vulgariser les décisions prises par les autorités, déplore-t-elle. De son côté, la présidente de l’Association «An ka ben Mali moussow» (qui existe depuis près de 4 ans), Mme Konaré Lafia Diarra, explique que «An ka ben Mali moussow» intervient dans les Régions de Kayes (Ouest), Koulikoro, Sikasso (Sud) et Ségou (Centre). Evoquant ses activités, elle dira : «Nous rassemblons les femmes pour échanger sur l’éducation des enfants, basée sur les principes de nos anciennes valeurs. Ainsi, chaque mois, nous nous réunissons pour échanger sur des sujets qui consolident la paix», poursuit-elle. Le retour à nos valeurs éducatives traditionnelles pourra largement diminuer les conflits. La femme, selon elle, reste l’actrice principale en matière d’éducation des enfants et de transmission des valeurs. «Malheureusement, beaucoup d’entre elles n’assument plus ce rôle aujourd’hui, en raison de nos occupations professionnelles», regrette-t-elle, avant d’ajouter que les enfants de celles qui ont démissionné risquent de devenir, dans de nombreux cas, des dangers pour la sécurité et la paix sociale. Mme Konaré invite les associations féminines à aller à la rencontre des femmes rurales pour les sensibiliser sur les avantages de la paix et à les exhorter à conjuguer leurs efforts pour une cause commune. POIDS DE LA SOCIÉTÉ – L’anthropologue chercheur, Modibo Galy Cissé, lui, attire l’attention sur le fait que la femme joue un rôle très important dans les différentes sphères de la vie sociale en temps de paix comme en temps de guerre. Mais, en réalité, son implication dans les opérations de recherche de la paix, de réconciliation et de sécurité laisse à désirer, regrette-t-il. C’est seulement grâce aux ONG qui conditionnent tout leur accompagnement, notamment financier, à l’inclusion que certaines femmes, plus ou moins influentes, sont associées aux activités. Dans beaucoup de cas, elles parviennent difficilement à s’imposer ou à faire valoir leurs idées parce que le poids de la société pèse encore sur les mentalités, fait-il remarquer. Pour que les femmes puissent réellement contribuer à la consolidation de la paix et de la réconciliation, il importe de les valoriser en les mettant au devant de la scène et en les aidant à sensibiliser d’autres femmes afin qu’elles puissent s’accorder sur l’objectif à atteindre, estime- t-il. «Nous vivons dans une société où le respect accordé à la mère est une priorité, et où les propos de la sœur ou de la fille peuvent avoir un effet sur n’importe quel Malien. Ceci étant un facteur facilitateur, il importe de chercher les femmes capables de satisfaire nos attentes en matière de sécurité, de cohésion sociale, de paix et de réconciliation», suggère l’anthropologue. à titre d’exemple, à Gao, ce sont les femmes leaders qui avaient mobilisé des fonds pour aller dans les régions du centre, du sud et de l’ouest pour convaincre les déplacés du Nord de retourner au bercail après le retour de l’Administration en 2013, a-t-il ajouté. Modibo Galy Cissé soutient que le taux d’analphabétisme des femmes au Mali est un obstacle majeur à leur implication dans les opérations de paix, de sécurité et de réconciliation. «à cause des travaux domestiques, des mariages précoces, des maternités, les filles se voient dans l’obligation de mettre un terme à leur cursus scolaire et même universitaire», dit-t-il, avant d’inviter certaines femmes leaders à cesser de se servir de leurs semblables pour leur agenda personnel ou celui de leurs organisations. MDD/MD (AMAP)

Spécial 8 mars : Femmes battantes, ces dames qui font bouillir la marmite

Par Baya TRAORÉ Bamako, 08 mar (AMAP) Piliers incontournables, elles font preuve d’endurance et de dévouement pour leurs progénitures. Galerie de portraits de ces braves soutiens de famille, a loccasion de la Journée internationale des droits des femmes LAVANDIERE – Comme on le dit, la vie est un combat. Beaucoup de femmes l’ont compris et par conséquent, refusent de croiser les bras. Ces battantes font de petits métiers pour subvenir aux besoins de leurs familles et nourrir l’espoir de l’épanouissement. Awa Coulibaly, une veuve, fait partie de ces braves dames qui travaillent sans relâche pour assurer le repas quotidien de ses enfants. Elle a choisi la profession de lavandière. Depuis 6 heures du matin, la quadragénaire commence à travailler à Samè, un quartier de la Commune IV du District de Bamako. Elle travaille 10 heures par jour, pour un salaire variant de 1.500 à 3.000 Fcfa. Ce qui est frustrant, c’est que certains clients refusent de la payer après service rendu. « J’utilise l’argent que je gagne pour acheter la nourriture, payer les frais de scolarité, les ordonnances médicales et autres», confie-t-elle. «J’ai quatre enfants dont une fille, âgés de 16 à 12 ans. Au début, je lavais deux fois par semaine. Mais, après le décès de mon mari il y a 6 ans, ce travail est devenu ma principale source de revenus parce que je ne pouvais plus compter que sur mes propres forces », fait remarquer Awa Coulibaly. En termes de perspectives, la veuve  ambitionne d’économiser de l’argent pour financer son projet de commerce. «Je vais continuer à travailler dur pour la réussite de mes enfants», promet-elle malgré la fatigue et sa santé fragile. Mariétou Togola, une cliente de Awa Coulibaly, trouve sa lavandière simple, aimable et respectueuse. “Depuis la mort son époux, explique-t-elle, Awa Coulibaly vit dignement de cette activité.” L’un de ses fils est très fier de sa maman. « Grâce à maman, on souffre peu de l’absence de notre père. Maman s’occupe bien de nous», reconnaît l’adolescent. AGENT DE GARDIENNAGE – Il est 19 heures. Kadiatou Traoré, âgée de 42 ans, assure la surveillance devant une entreprise bancaire à Hamdallaye ACI, en Commune IV du District de Bamako. Son travail est rotatif entre les services demandeurs. La brave dame travaille jour et nuit , à des heures tardives, depuis 10 ans. « Mon travail consiste à vérifier les pièces d’identité et les outils des usagers», explique l’agent de sécurité privée. «Mon mari est décédé il y a 12 ans, laissant derrière lui 3 enfants dont 2 filles à ma charge. Au moment de son décès, notre première fille avait 8 ans, l’autre, 3», confie-t-elle les larmes aux yeux. Notre interlocutrice dit avoir été abandonnée par tous les proches de son mari depuis le décès de ce dernier. Aussi, s’occupe-t-elle des charges de la famille y compris les factures d’eau et d’électricité et l’éducation des enfants. Kadiatou se bat quotidiennement pour la survie de sa famille. «Je me réveille tous les jours à 4 heures du matin, et je suis sur pied de 7 heures à 17 heures ou 18 heures», explique Kadiatou qui a perdu son mari à 30 ans, mais ne s’est jamais remariée. La quadragénaire consacre son énergie à la survie de ses enfants. «C’est pourquoi, je ne peux pas me faire plaisir et j’évite les cérémonies sociales», regrette-t-elle. En attendant de trouver mieux, elle est fière de son travail et remercie le Tout-puissant de lui avoir donné la force de s’occuper de ses enfants. Sa première fille témoigne : «Après le travail, quand maman rentre à la maison, elle se met au lit. Souvent, elle refuse de manger avec nous ou attend qu’on finisse d’abord pour manger les restes. Tout le temps, on la voit pleurer en cachette. C’est triste mais on s’en remet à Dieu», affirme-t-elle. TECHNICIENNE DE SURFACE – Mme Samaké Maïmouna Doumbia, elle, est très matinale. Cette technicienne de surface, âgée de 45 ans, habite à Guarantiguibougou en Commune V et commence à travailler à partir de 5 heures 30 du matin dans un commissariat de la Rive gauche. « Tous les jours, je me lève à 4 heures du matin. Je finis mon travail à 15 heures», précise celle qui a passé 11 ans comme technicienne de surface pour un salaire mensuel de 20.000 Fcfa. Ce salaire lui permet d’aider son mari a faire face aux dépenses familiales. «Mon mari n’a jamais trouvé de travail fixe. Raison pour laquelle, je suis obligée de l’aider pour pouvoir supporter les frais de la maison et l’éducation des enfants», souligne-t-elle tout en remerciant certaines personnes généreuses du commissariat pour leurs appuis financiers d’autant que son employeur (une mairie de la place), ne l’a pas payée depuis plus de 2 ans. «Je continue de venir parce que j’aime mon travail qui m’a permis de tisser des liens fructueux avec le personnel du commissariat», poursuit- elle. Selon le chef de poste du commissariat, Mme Samaké, est ponctuelle et respectueuse. « J’ai commencé à travailler dans ce commissariat il y a plus de 5 ans, mais je ne l’ai jamais vu se disputer avec un agent ou un usager. En plus elle ne demande jamais de l’argent à quelqu’un», a ajouté le major de police Boubacar Camara, avant de lancer un appel aux bonnes volontés pouvant aider cette brave femme. BT (AMAP)    

Spécial 8 mars : «Fédérons nos énergies et nos intelligences pour devenir des actrices incontournables de la refondation de l’Etat» (Mme Wadidjé Founé Coulibaly, ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille )

Propos recueillis par Mariam A. TRAORÉ Bamako, 08 mar (AMAP) À l’occasion de la célébration du 8 Mars, la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Wadidjé Founé Coulibaly, explique le choix du thème national : «Femmes, actrices incontournables, debout pour la paix, la sécurité, la cohésion sociale et la réconciliation au Mali» et présente les activités prévues dans le cadre de la Journée internationale. Elle invite aussi les femmes à jouer pleinement leur rôle dans l’édification du Mali Kura AMAP : Qu’est-ce qui a motivé le choix de ce thème pour la célébration de la présente édition de la Journée internationale dédiée à la femme ? Mme la ministre : Permettez-moi de vous remercier pour l’opportunité que vous me donnez pour m’adresser à l’opinion nationale et internationale à l’occasion de la célébration de cette journée importante. Notre pays a actuellement besoin de citoyen qui est en paix avec son environnement. La femme malienne, depuis la nuit des temps, a le secret pour cultiver la paix, la sécurité, la cohésion sociale et la réconciliation au sein de la société (en famille, dans le quartier, au village, dans les fractions, au sein des différents groupes). Elles sont des conseillères par excellence. C’est ce qui a motivé le département à choisir ce thème pour la commémoration de la présente édition de la Journée internationale de la Femme. AMAP : La paix, la sécurité, la cohésion sociale et la réconciliation sont à la mode actuellement. Quelles sont les actions phares initiées par les Maliennes pour une paix durable dans notre pays ? Mme la ministre : Ce n’est pas un luxe de parler de paix dans notre pays actuellement, car c’est une préoccupation quotidienne. Le pays a besoin de cette paix pour ses filles et ses fils qui souffrent des conséquences de la crise depuis plus d’une décennie. Les femmes maliennes ont beaucoup souffert des séquelles de la crise : certaines ont perdu leurs maris, leurs fils, leurs frères et d’autres ont été victimes de viols, de mariages forcés et autres atrocités. Des familles ont été séparées, des femmes et filles ont été violées devant leurs maris et parents. La violence physique a été amplifiée à travers les mutilations et les châtiments corporels. Cette barbarie a eu comme conséquence, les déplacements massifs et forcés des populations dont les femmes et les enfants constituent la grande majorité. Par ailleurs, il faut souligner que les femmes ont été des actrices en faveur du retour de la paix et de la réconciliation à travers plusieurs initiatives. Leur participation dans la recherche de la paix, faut-il le rappeler, est un droit reconnu à travers la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée en 2000. Dans la même dynamique, d’autres Résolutions ont suivi pour garantir sa mise en œuvre dont la Résolution 1820, 1889, 1960… À travers la Résolution 1325, le Conseil de sécurité rappelle l’importance de la participation des femmes au même pied d’égalité que les hommes dans la prévention, le règlement des conflits et la consolidation de la paix. Malgré l’existence de ces résolutions, la participation des femmes maliennes dans le processus de négociation formelle pour la paix a été très faible, toutefois leurs places restent indéniables pour la restauration de la paix, la cohésion sociale et la réconciliation. La consolidation de la paix, la réinsertion socioéconomique passent inéluctablement par la prise en compte du rôle particulier dans les stratégies de consolidation de paix au niveau local, régional et national, car en tant qu’épouses, mères, sœurs, elles ont une aptitude particulière à conseiller, à convaincre et à promouvoir la paix. AMAP : Qu’est-ce que votre département fait pour rassembler les Maliennes dans la quête de la paix et la réconciliation nationale ? Mme la ministre : On sait qu’au Mali, un département est dédié aux questions de paix et de réconciliation. Cependant, dans le cadre de la complémentarité et de la solidarité gouvernementale, chaque ministère joue sa partition. C’est dans cette veine que le nôtre a choisi ce thème assez évocateur pour le 8 mars 2023. En plus des sessions d’informations, de formations, de plaidoyers sur la prévention, la gestion des conflits et le processus de paix, mon département abrite l’Unité de gestion de la Résolution 1325 des Nations unies dont les actions ont fortement contribué à l’implication des femmes et des jeunes dans les organes et instances de la paix à tous les niveaux (central, régional, local). En appui au département en charge de l’Action humanitaire, notre ministère accueille et assiste les personnes déplacées dans les Maisons de la femme, de l’enfant et de la famille et les Directions régionales de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille des localités ci-après : Mopti, Ségou, Sikasso, district de Bamako. Ces déplacées bénéficient des Actions comme la distribution de kits de dignité aux femmes déplacées (seaux, couvertures, savons, pâte dentifrice, brosse à dent, 6 pagnes, pommade, matériels de toilette…). Il faut aussi noter l’organisation des activités d’information, de débats intergénérationnels, de sensibilisation et de formation des femmes dans les zones très affectées par le conflit. Mon département a aussi initié une campagne nationale de communication et de mobilisation pour l’appropriation de l’accord, basée sur la réelle participation de toutes les femmes du Mali. S’y ajoute, l’organisation d’une rencontre des femmes du Mali appelée : «Appel des femmes du Mali». Cette rencontre a été une opportunité rare à saisir par les femmes maliennes, pour forger une vision commune pour la paix durable. «L’appel des femmes du Mali» a été une réussite qui a permis aux femmes de s’écouter, de se découvrir et de découvrir les femmes des autres régions par le dialogue et les échanges dans le cadre de l’instauration d’une paix durable et de la cohésion sociale au Mali. AMAP : Pouvez-vous nous parler des projets et programmes mis en œuvre par votre département pour une large implication des femmes pour la promotion de la paix, la sécurité, la cohésion sociale et la réconciliation ? Mme la ministre : On

Consommation de Kaolin : Le risque de l’addiction

Par Awa K. SANOU                 Bamako 07 mar (AMAP) Le kaolin provient des roches sédimentaires. Cette argile blanche, communément appelé « bogoni» ou «kabala», est souvent consommée dans les pays africains, notamment au Mali, par les femmes enceintes ou non qui en développent une certaine addiction. Selon les médecins, «le kaolin modifie le trouble de transit intestinal» d’où des constipations récurrentes chez les consommatrices. On en trouve plusieurs types sur le marché. Du kaolin rouge au salé, en passant par le fumé. Est-ce que les femmes qui en consomment courent des risques, notamment en termes de pathologies ? Dr Mamadou Sadia Traore, gynécologue obstétricien au Centre hospitalo-universitaire (CHU) du Point G explique que la consommation de cette argile blanche est en train de devenir un sujet d’intérêt public. La consommation du kaolin est une habitude chez les femmes enceintes. Mais le scientifique explique que sur le plan médical, il n’y aucune étude qui atteste d’un apport intéressant de cette argile à l’organisme humain, notamment pour les femmes enceintes. Pour lui, c’est simplement un réconfort psychologique pour celles en consomment. Il pense plutôt que cela produit un effet placebo chez les femmes enceintes qui veulent dissiper les petits symptômes de la grossesse, notamment pendant les premiers mois. Le praticien hospitalier souligne aussi qu’il faut faire beaucoup attention parce que la consommation abusive du kaolin peut entrainer souvent des maladies parasitaires intestinales. Le gynécologue, qui sait de quoi il parle, explique aussi que dans le cadre normal du programme de prise en charge de la grossesse au Mali, il y a un déparasitage systématique au cours du deuxième trimestre de la grossesse. Au-delà de la constipation qui peut être la première conséquence de la consommation de cette argile blanche, y a-t-il autres effets sur un plan médical ? Dr Mamadou Sadia Traore relève qu’il n’est pas encore établi que le kaolin peut avoir des conséquences sur le fœtus. «En tant que médecin, je ne peux confirmer des choses sans les preuves scientifiques». Et de rappeler que dans les situations de malaise ou autres préoccupations pendant la grossesse qu’il vaut mieux consulter un spécialiste (un médecin gynécologue). Il relève la nécessité pour les femmes de comprendre que la grossesse n’est pas pathologique. Certes, elle est souvent accompagnée de malaises mais ceux-ci ne sont pas forcement à traiter. Certains signes apparaissent aux premiers de la grossesse, puis disparaissent après. Cela dépend de chaque organisme et de la physiologie de la femme. LE KAOLIN EST TRES PRISE – Les vendeuses de cette argile se frottent les mains. «Achetez du kaolin, c’est de la bonne qualité». Certaines d’entre elles hèlent ainsi la clientèle au marché de N’golobougou. Au bord de la route, les vendeuses exposent leurs marchandises dans des assiettes sur des étals. A côté d’une vendeuse, se trouve un stock dans un sac de 50 kg. Assise sur sa chaise, Mme Awa Tangara accepte de se confier et explique évoluer dans ce créneau depuis plus de 10 ans. La bonne dame est grossiste au marché de Sabalibougou. Elle s’approvisionne à au marché de kolas, appelé «Worokourou». Pour la grossiste, le sac de 50 kg revient à 6 000 Fcfa et elle revend avec une grande marge bénéficiaire. « Souvent, elle passe du simple au triple », dit-elle honnêtement, avant de préciser qu’elle peut avoir un stock d’environ 3 à 4 sacs de 50 kg. Le produit peut être conservé pendant une année sans risque. « Les Ivoiriens ont une façon particulière de le brûler et de lui donner un goût atypique », indique succinctement la vendeuse de kaolin. « C’est un marché prospère », explique-t-elle. Selon elle, «c’est la kola des femmes». Elle tente aussi de donner d’autres motivations à la consommation du kaolin par les femmes enceintes. C’est une croyance selon laquelle cette argile apporte du fer. D’autres succombent simplement à un phénomène de mode. Notre interlocutrice reste convaincue que le kaolin n’est pas sans conséquence sur la santé. Elle rappelle qu’elle en était une grande consommatrice jusqu’au jour elle a eu un grand malaise après la consommation de cette argile. Elle a été conduite à l’hôpital où elle a dépensé, selon elle 35 000 Fcfa pour une prise en charge, en analyses et en médicaments. Depuis ce jour, elle a arrêté de manger du kaolin. Une femme, qui a requis l’anonymat, dit en consommer depuis le bas âge. Elle explique que c’est une tante qui lui transmis le «virus». Elle explique être stimulée par l’odeur de cette argile. Chaque fois que ma tante m’envoyait acheter du kaolin, j’en profitais pour goûter. C’est ainsi devenue une addiction chez moi. Le kaolin, c’est comme du thé qui est une boisson nationale. Une fois qu’on en devient accro, il n’est pas facile de s’en défaire. Notre interlocutrice pense même qu’après la consommation, il faut boire de l’eau chaude. Une vendeuse au Grand marché de Bamako soutient que le kaolin est important pour la femme enceinte. Ces dernières années, le produit est de plus en plus consommé par les enfants, adolescents, femmes enceintes voire des personnes âgées. Il permet, selon elle, de combler le manque de fer chez la femme enceinte. Cette affirmation ne se fonde sur aucun constat de spécialistes, encore moins sur une étude scientifique. Pour elle, il y a deux qualités très prisées. Le kaolin rouge dont l’unité est cédée entre 50 et 100 Fcfa et qui provient de la Côte d’Ivoire et le kaolin blanc qui vient de chez nous (ici au Mali). Il a un arrière goût amer et reste le plus consommé et est moins cher. Il est accessible pour toutes les bourses ou presque entre 5, 10 et 25 Fcfa le petit morceau. Une jeune fille que nous désignons sous les initiales de F.S a aussi développé une addiction au kaolin. Elle consomme depuis toute petite parce que ses sœurs l’utilisaient pour le gommage du visage. Elle nous apprend que le marché malien est approvisionné aussi par la Côte d’Ivoire. Elle, aussi, sans être catégorique, estime que cette argile peut avoir des effets secondaires ; notamment des maux de ventre et des règles

Centres de santé communautaire : Le casse-tête de l’immatriculation des agents à l’INPS 

Par Nahawa SANGARÉ Bamako, 03 mar (AMAP) C’est devenu le sujet qui fâche. L’immatriculation des agents des Centres de santé communautaire (CSCOM) est un caillou dans la chaussure des Associations de santé communautaire (ASACO), en charge de la gestion des CSCOM. Les agents, qui officient dans ces établissements de soins, n’apprécient guère de se retrouver dans une situation où ils ne pourront pas prétendre à une pension de retraite. Il y a donc chez eux, et à juste raison, une appréhension de vivre les angoisses du lendemain (une fois à la retraite). Parce qu’il faut être immatriculé à l’Institut nationale de prévoyance sociale (INPS) pour les contractuels et autres travailleurs régis par le Code du travail pour bénéficier de la pension de retraite. Certains agents comptent des années de service et ne comprennent pas ce qui leur arrive. C’est le cas de Mme Sagara Korotoumou Tessougué, sage-femme, chargée du Programme élargi de vaccination (PEV) de routine à l’Association de santé communautaire de Sokorodji et Dianéguéla (ASACOSODIA) en Commune VI, dans la capitale malienne. Elle y travaille depuis 24 ans et s’accommode mal de la non régularisation de sa situation. Son immatriculation à l’INPS demeure pour elle un souci majeur. Et personne ne peut lui reprocher d’étaler son amertume de ne pas jouir de ce droit. Elle pointe du doigt les responsables de l’ASACOSODIA qui, selon elle, refuseraient d’enregistrer leurs travailleurs du Centre à l’INPS. «Comme tout autre salarié, nous avons le droit de bénéficier d’une pension à la retraite. Nous réclamons le droit d’être inscrit à l’INPS», confie la sage-femme. Ajoutant que le personnel des CSCOM qui se trouve dans cette situation continuera de se battre pour être mis dans ses droits. Selon elle, les autorités compétentes doivent intervenir pour tirer les choses au clair. « Les responsables de l’ASACOSODIA nous avaient demandé de procéder au paiement de trois ans d’arriérés que l’INPS aurait réclamé pour nous immatriculer et nous permettre de bénéficier de la pension, nous avons accepté». Au niveau de l’Association de santé communautaire de Kalaban coura (ASACOKALKO), les contractuels vivent les mêmes difficultés. Eux aussi ne sont pas immatriculés à l’INPS. Fatoumata Dickel Cissé, comptable au CSCOM depuis trois ans, fulmine contre les responsables de l’ASACO qui, selon elle, apportent invariablement la même réponse : « c’est en voie de résolution». Elle trouve que la situation actuelle est inquiétante parce qu’on peine à inscrire les travailleurs au régime de pension. Elle n’entend plus admettre qu’on lui construise des châteaux en Espagne. DES ASACO RETICENTS – La secrétaire générale du Collectif des agents recrutés sur fonds ASACO du Mali (COAFA-Mali), Kadiatou Tangara, évoque des facteurs d’ordre économique, mais aussi l’ignorance et la négligence coupable des responsables d’ASACO comme étant à l’origine du non paiement des cotisations des travailleurs à l’INPS. Or, cela représente un préalable important. « Nous attendons que les ASACO payent nos cotisations à l’INPS pour nous permettre de bénéficier de l’Assurance maladie obligatoire (AMO), des allocations familiales, des congés de maternité payés et de la pension une fois à la retraite», dit-elle à qui veut l’entendre. Selon elle, le Collectif a fait des démarches auprès de l’INPS pour qu’il incite les ASACO à immatriculer obligatoirement tous leurs employés. Les nombreuses tentatives de l’INPS pour les contraindre sont restées vaines dans bien de cas. Elle fustige, aussi, l’attitude de l’INPS, même si les travailleurs des CSCOM de Magnambougou, Banankabougou et Faladié ont été enrôlés au régime. Kadiatou Tangara indique, aussi, que le Collectif est aussi confronté à la lenteur administrative dans le processus d’intégration des contractuels à la Fonction publique. Le président de l’ASACOSODIA, El hadj Mandjou Diarra, ne fait pas dans la langue de bois. Il explique que les agents, qui travaillent au niveau de son Centre, ne sont pas immatriculés. «Nous avons commencé les procédures. Mais, cela exige beaucoup de dépenses parce que l’Institut réclame au moins le paiement de trois ans d’arriérés de salaire pour chaque agent concerné. Nous ne sommes pas en capacité de répondre à cette exigence», souligne le leader d’ASACO. Il rappelle que ça va être un combat de longue haleine parce que lui-même est convaincu que la retraite est un droit dont tous les salariés doivent jouir. Son collègue Moussa B. Diarra de l’ASACOKALKO explique que les contractuels des ASACO et les fonctionnaires payés par l’Etat sont les deux types de salariés au niveau des CSCOM. Il confirme, pour le cas précis de son CSCOM, que les travailleurs sont bien inscrits à l’INPS et conformément aux textes. « Nous connaissons aussi des difficultés qui sont en train d’être aplanies. Les contractuels engagés par l’établissement pour assurer les gardes de nuit ne sont pas immatriculés parce qu’eux sont juste payés pour leur prestation », relève le patron de l’ASACOKALKO. Il en appelle à l’implication des autorités dans le dossier pour circonscrire le phénomène qui pourrait être après une bombe à retardement. Mais, surtout, faciliter le processus d’intégration à la Fonction publique des travailleurs des ASACO qui remplissent les conditions requises. Pour lui, il faut, aussi, perfuser les ASACO avec une subvention de l’Etat pour permettre d’améliorer le traitement du personnel dans ces structures de soins. TROIS ANS D’ARRIERES – Le président de la Fédération régionale des associations de santé communautaire du Mali (FERASCOM) du District de Bamako, Oumar Ba, explique que l’ASACO est chargée de couvrir les salaires et les autres charges sociales des travailleurs qu’elle a recrutés sur ressources propres, générées par les tickets des consultations externes et la vente de médicaments. « Malheureusement, déplore-t-il, au niveau de certaines ASACO, ces recettes ne suffisent même pas à couvrir les salaires encore moins à faire face aux charges sociales des agents techniques. » Et d’ajouter que pourtant la Convention d’assistance mutuelle (CAM) que les ASACO signent avec les mairies, les oblige à payer d’abord les salaires et à inscrire tous les salariés à l’INPS. « Auparavant, se souvient-t-il, l’État accordait à la Fédération nationale des associations de santé communautaire du Mali (FENASCOM), le niveau national, une subvention de 80 millions de Fcfa pour

Le Mali organise le retour de ses ressortissants de Tunisie 

Par Dieudonné DIAMA Bamako, 02 mar (AMAP) Les autorités maliennes, qui indiquent suivre de très près l’évolution de la situation, après les propos du président tunisien, Kaïs Saïed, suivis d’agressions et d’arrestations arbitraires de ressortissants d’Afrique subsaharienne, organisent le retour volontaire de des Maliens de Tunisie. Bamako a, ensuite, invité les autorités tunisiennes à protéger ceux qui veulent rester en Tunisie où, lors d’une réunion du Conseil de sécurité nationale, le 21 février, le président Kaïs Saïed a tenu des propos haineux, racistes et xénophobes contre les migrants d’Afrique subsaharienne, qu’il a accusés de vouloir modifier la composition démographique de son pays. Après les propos du président tunisien suivis de violences, l’ambassade du Mali à Tunis a assuré de la plus grande attention des autorités et a demandé aux Maliens de s’inscrire pour un retour volontaire. La représentation diplomatique malienne a, dans une lettre datant du 24 février, fait le point de la situation au ministre Abdoulaye Diop. Elle a fait savoir que dans la nuit de jeudi à vendredi, un groupe d’individus malveillants a mis le feu à l’entrée et encerclé la résidence du secrétaire général de l’Association des étudiants et stagiaires maliens en Tunisie. Il aura fallu l’intervention de la police pour éviter le pire. Deux étudiants maliens ont été chassés de leurs logements et accueillis par les services de l’ambassade. Egalement, un étudiant a été arrêté par la police puis libéré grâce à l’intervention de l’ambassade. D’autres sources indiquent qu’une vingtaine d’étudiants maliens ont été chassés de leurs logements et un blessé au couteau au niveau du visage. Face à la situation, le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Seydou Coulibaly, a reçu, mardi 28 février, Mohamed Amine Ben Aoun, Chargé d’affaires de l’ambassade de Tunisie au Mali. Lors de cette rencontre, à laquelle a pris part le chef de cabinet du ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Seydou Coulibaly a exprimé les vives préoccupations du gouvernement concernant la situation actuelle des migrants d’origine subsaharienne en Tunisie en général et des Maliens en particulier. Le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a qualifié « d’inacceptables » les scènes de violence physique, d’expulsion de leurs bâtiments ou d’expropriation de leurs biens dont sont victimes les migrants maliens, y compris les étudiants poursuivant leurs études en Tunisie. Seydou Coulibaly a rappelé que la protection et la sécurité de nos compatriotes vivant en Tunisie sont de la responsabilité des autorités tunisiennes. Il a invité ces dernières à prendre les dispositions utiles pour assurer l’intégrité physique et la protection des biens de nos compatriotes, conformément aux instruments juridiques en vigueur en la matière. Tout en reconnaissant la responsabilité première de son pays dans la protection de toutes les personnes vivant sur son territoire, le Chargé d’affaires Mohamed Amine Ben Aoun a fait part des efforts d’apaisement entrepris par les autorités tunisiennes dans ce sens. Avant d’insister sur la nécessité de travailler ensemble pour une migration régulière. Sur le même sujet, le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, a eu un entretien téléphonique avec son homologue tunisien, qui l’a rassuré que les dispositions sont prises pour la protection et la sécurité des Maliens. Les propos du chef de l’État tunisien ont eu pour conséquence immédiate des violences et des arrestations arbitraires aussi bien de négro-tunisiens que des migrants venus de différents pays africains. La Tunisie est pour nombre d’entre eux un passage pour entrer en Europe à partir de l’Italie ou l’Espagne. CONDAMNATIONS EN CASCADE – L’Association des étudiants et stagiaires africains a, dans un communiqué, fait savoir que des étudiants sont interpellés et certains arrêtés alors qu’ils sont en règle. C’est pourquoi, elle a conseillé à ceux-ci de ne plus sortir même pour aller aux cours, sauf en cas de force majeure jusqu’à ce que les autorités les rassurent et assurent leur protection effective face à ces dérapages et agressions. De même, l’Association malienne des étudiants et stagiaires en Tunisie, suite aux arrestations et agressions récurrentes que subissent les Subsahariens sans distinction aucune, a demandé à ses membres, qui sont dans les universités privées, de suspendre les cours jusqu’à nouvel ordre. La semaine dernière, plus de 300 ressortissants d’Afrique subsaharienne ont été interpellés dans différentes villes du pays. Certaines sources évoquent des dizaines de milliers de personnes victimes de  contrôles arbitraires et d’interpellations en raison de la couleur de leur peau. Sur les réseaux sociaux, certains étrangers subsahariens ont fait part de leur détresse face aux agressions qu’ils subissent. Les déclarations injustifiées du président Saïed ont suscité une vague condamnations en Afrique et au-delà du continent. À commencer par le président de la commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat. Dans un communiqué, il a condamné « fermement les propos choquants du dirigeant tunisien contre des compatriotes africains qui vont à l’encontre de la lettre et de l’esprit de l’UA et de ses principes fondateurs. » Plusieurs autres organisations internationales ont protesté vigoureusement contre les propos haineux et racistes du président Saïed. À l’intérieur de son pays, les réactions ont été tout aussi indignées. Samedi dernier à Tunis, plusieurs centaines de manifestants ont qualifié de «raciste» et «fasciste », le discours du chef de l’État tunisien, en lui demandant de présenter ses excuses. «À bas le fascisme, la Tunisie est une terre africaine», «Président de la honte, présente tes excuses », scandaient les manifestants parmi lesquels des artistes, militants des droits humains et représentants de la société civile. « La Tunisie passe d’un processus démocratique à un processus fasciste » ou « non au racisme», pouvait-on lire sur les pancartes brandies par des manifestants. DD/MD (AMAP)

Maraîchage dans le Cercle de Diéma (Ouest) : Un tremplin pour les femmes

Diéma, 02 mar (AMAP) Le maraîchage est une culture de rente. Ces dernières années, il connaît de plus en plus un engouement dans le Cercle de Diéma. Il est surtout pratiqué par les femmes. Selon les estimations, plus de 60% des femmes pratiquent cette activité lucrative qui contribue à renforcer l’autosuffisance alimentaire dans cette bande sahélienne où la réussite de la campagne agricole est souvent tributaire des aléas climatiques. Après la période d’hivernage, ces braves femmes ne restent pas oisives, elles pratiquent le maraîchage. Avec les recettes générées, elles assurent leurs petits besoins et les charges de leurs enfants. D’autres encore constituent le trousseau de mariage de leurs filles. Celles qui participent aux tontines parviennent à honorer leurs engagements. Une partie de la production de légumes des femmes est aussi destinée à la préparation du repas familial, allégeant ainsi les frais. Dans la plupart des cas, chaque femme dispose de son petit lopin de jardin localisé dans la cour de sa maison, avec une source d’approvisionnement en eau. Parallèlement, nombreuses d’elles sont membres d’associations ou groupements de femmes et de jeunes qui exploitent des périmètres collectifs. Peu d’espaces familiaux sont décongestionnées, au point d’y trouver un espace libre pour pratiquer le maraîchage. Les parcelles, qui disposent de grands espaces, situées généralement au quartier Bamanaking, à l’Est de la ville, où le problème d’eau ne se pose pas, sont les plus verdoyantes. En cette période de l’année, les marchés sont fournis. On y trouve des légumes de tout genre : laitue, choux, carotte, échalote, tomate, betterave, pomme de terre, céleri, etc. À entendre les populations de Diéma, aujourd’hui, elles n’envient pas les produits maraîchers provenant d’ailleurs. Dans le Cercle de Diéma, les aides, en termes de renforcement de capacités, d’équipements, de semences, etc. émanant de l’État et de certaines ONG, n’atteignent pas toutes les femmes maraîchères. Certaines d’entre elles sont laissées pour compte. Plusieurs difficultés assaillent le secteur du maraîchage dans le Cercle de Diéma. La plus contraignante demeure le manque ou l’insuffisance d’eau. Les quelques mares qui existent sont complètement asséchées et les puits ne fournissent plus la quantité d’eau nécessaire. D’ailleurs, ils commencent déjà à tarir. Pour ne rien arranger, les bornes fontaines qui fonctionnent à l’électricité subissent le régime des délestages, à cause du mauvais état du seul groupe électrogène de seconde main qui alimente cette ville carrefour. Mme Assitan Diallo est maraîchère. Avec son puits à petit diamètre profond de quelques mètres, ses planches de légumes reçoivent quotidiennement de l’eau, par l’entremise d’un travailleur saisonnier qu’elle a engagé. Le céleri produit par Goundo Camara est très prisé par les consommatrices. Elle arrive, à cause de cet engouement pour sa production, à réaliser entre 5 000 et 7 500 Fcfa de recette par jour. En bonne épouse, Mme Maïmouna Samaké utilise régulièrement les légumes de son jardin pour sa propre consommation. Elle ambitionne, avec ses maigres économies, de se procurer une pompe solaire pour assurer l’approvisionnement en eau de ses planches. moyens – À Kasse-Kara, dans la Commune rurale de Groumera, une dame, qui a préféré garder l’anonymat, rapporte que le grillage qui clôturait le périmètre collectif des femmes, ne tient plus. Il a été fortement endommagé par la rouille, exposant ainsi le périmètre à la divagation des animaux. « Par méconnaissance, on a enfoncé le pourtour du grillage dans la terre. Le contact direct avec la terre a provoqué, au fil des ans, la rouille. Actuellement, chaque femme entretient sa petite parcelle », , poursuit la femme. Notre interlocutrice cultive surtout du gombo, une plante qui, selon elle, résiste mieux à la chaleur et n’a pas besoin d’assez d’eau pour croître. Depuis que son mari a refusé de lui acheter une motopompe, en représailles, elle a décidé de ne plus utiliser ses légumes dans la préparation des repas de la famille. Elle estime, pour expliquer sa grogne, que son mari ne manque pas de moyens pour lui acheter cet équipement agricole. Dans le jardin collectif d’un hectare et demi de l’association Benkady de Dioumara, dont Daly Cissé est la secrétaire administrative, sur les quatre puits existants, deux sont hors d’usage. Avec les recettes qu’elles engrangent avec la vente de légumes, ces femmes comptent refaire leurs puits et acheter du grillage pour réaménager la clôture de leur périmètre maraicher. Un conseiller communal de Gomitradougou, Kantara Magassa, se réjoui des réalisations de sa sœur qui fait du maraîchage dans sa maison, aidée par ses enfants. Comme plusieurs femmes, elle achemine ses produits à la foire hebdomadaire de Sébabougou, à 10 km. Ici, en milieu bambara, la culture du tabac est l’une des activités principales des femmes en cette période. Le premier adjoint au maire de la Commune, Modibo Sissoko, a regretté le manque de moyens de la collectivité qui ne peut pas aider les femmes maraîchères. L’État et ses partenaires ont consenti de nombreux efforts pour soutenir les femmes et les jeunes dans leurs projets mais, les résultats restent mitigés. Pour lutter efficacement contre la pauvreté et réduire le flux migratoire dans le Cercle de Diéma, il faut, selon le président de la Chambre locale d’agriculture, accroître davantage les soutiens aux femmes et aux jeunes, en finançant leur projet de développement. Boubou Traoré propose d’organiser les femmes maraîchères en coopératives, afin qu’elles puissent bénéficier de plus d’avantages. Il a invité les femmes à persévérer dans l’effort pour leur plein épanouissement. Les femmes maraîchères du Cercle de Diéma égrènent un chapelet de doléances. Elles ont besoin de forages, .’équipements, de semences et, surtout, de formation, pour plus de production, Pour cela, elles font appel à l’État, aux ONG, aux personnes de bonne volonté pour les aider à surmonter les difficultés auxquelles elles sont confrontées depuis belle lurette. OB/MD (AMAP)  

Culture de la pomme de terre à Sikasso (Sud) : La semence et l’engrais chers douchent les espoirs des producteurs

Par Mariam F. DIABATÉ Sikasso, 02 mar (AMAP) Sikasso, la Cité verte du Kénédougou, dans le Sud du Mali, a bâti sa réputation autour de la culture de la pomme de terre, devenant ainsi un des plus importants bassins de production de ce tubercule très prisé par les consommateurs. De plus en plus de producteurs de la Région de Sikasso s’intéressent à cette culture qui leur procure un revenu assez conséquent. Cependant, cet engouement est douché par les difficultés que connaissent plusieurs producteurs. Ils se plaignent de la cherté du prix du sac de semence et d’engrais. «Cette année, tout est cher. Le prix du sac d’engrais minéral et de celui de semence a considérablement augmenté. De 23 000 Fcfa les années précédentes, le sac de semence est vendu à 25 000 Fcfa et celui d’engrais minéral NPK est passé de 15 000 Fcfa à 35 000 Fcfa», déplore Hamidou Ballo, producteur de pomme de terre. Il possède un champ de pomme de terre de trois hectares à Bamadougou et deux hectares à Zoumayéré (dans les faubourgs de Sikasso). Hamidou Ballo vend ses tubercules au marché de Médine, les samedis. «En plus de Sikasso et de Bamako, mes clients viennent du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire. Je cède le sac de 25 kg à 6 250 Fcfa, celui de 50 kg à 12.500 Fcfa et le kilo à 250 Fcfa», précise-t-il. Abondant dans le même sens, Madou Berthé, producteur à Zangaradougou, estime que la production de pomme de terre devient moins lucrative. «Faire face en même temps aux nombreuses dépenses engendrées par l’achat de l’engrais et de la semence et tirer le maximum de profit de sa production n’est pas du tout facile. On se contente du peu qu’on gagne», confie, désespéré, ce propriétaire de trois hectares de pomme de terre à Zianso. Il écoule ses tubercules au grand marché de Sikasso aux mêmes prix que Hamidou pendant les jours de foire (dimanche). CHAOTIQUE – « La campagne de cette année a été chaotique pour moi. À cause du coût trop élevé de l’engrais minéral, je me suis approvisionné en engrais mélangé localement. J’ignorais que ce n’était pas de la bonne qualité. Ma production a chuté», explique un producteur de N’Gorodougou, Oumar Diamouténé. Il entend changer de stratégie l’année prochaine afin d’éviter l’erreur de cette année. « Malgré la conjoncture actuelle, je sollicite de l’État qu’il prenne des mesures pour réduire les prix de l’engrais et de la semence pomme de terre afin de nous permettre d’exercer notre métier », souhaite Diamouténé. Un autre producteur signale son cas d’échec et de perte de récoltes dans la localité de Kafouziéla. Il aurait utilisé de l’engrais destiné à la culture de céréales en lieu et place du NPK conseillé pour la pomme de terre. Devant l’ampleur de la catastrophe, il dit avoir saisi la Direction régionale de l’agriculture (DRA) qui a prélevé des échantillons envoyés en laboratoire à Bamako pour analyses. Le résultat a révélé que l’engrais est de bonne qualité mais qu’il est inapproprié pour le tubercule. La pomme de terre a besoin, pour son cycle végétatif, de l’engrais NPK, alors que l’engrais destiné aux céréales contenait seulement de l’Azote (N), substance minérale qui ne convient pas aux tubercules. Pour éviter ces déconvenues, le chef du bureau statistique, suivi-évaluation et communication à la DRA, Moussa Dembélé, invite les producteurs à s’informer auprès des agents en charge du contrôle phytosanitaire ou d’encadrement avant de prendre des décisions aux conséquences fâcheuses. M. Dembélé exhorte les producteurs à privilégier l’utilisation de la fumure organique parce que l’engrais minéral détériore la terre, même s’il permet d’obtenir de très gros tubercules, mais qui se conservent mal. HAUSSE DES PRIX – De leur côté, les commerçants d’engrais minéraux (notamment le NPK) et de semences de pomme de terre soutiennent que la hausse des prix est due à la conjoncture actuelle et surtout à la crise ukrainienne. Ils affirment que cette flambée est survenue en 2021. «Auparavant, je cédais le sac de 50 kg du NPK à 25 000 Fcfa. Cette année, j’ai été obligé de le vendre entre 30 000 et 40 000 Fcfa pour pouvoir tirer mon épingle du jeu», se justifie Dramane Berthé, commerçant d’engrais au grand marché de Sikasso. Pour sa part, Youssouf Sanogo, commerçant de semences de pomme de terre, précise que de 24 000 Fcfa en 2021, le sac de 25 kg est actuellement cédé aux producteurs entre 27 500 Fcfa et 40 000 Fcfa voire 50 000 Fcfa. Pour cette année, les responsables de la DRA estime la production annuelle de la Région de Sikasso à plus de 135 000 tonnes. «Cette année, il est trop tôt de fournir des statistiques précises, car les récoltes sont en cours. Toutefois, les superficies réalisées sont de 6 823 hectares pour un objectif de 6 905 hectares, ce qui représente 98% de réalisations», révèle Moussa Dembélé. Le président de la filière pomme de terre, Abdoul Karim Sanogo, soutient que le tubercule est d’une importance capitale car il contribue à l’autosuffisance alimentaire et nutritionnelle du pays. Toutefois, M. Sanogo, déplore la faible capacité de stockage de la chambre froide qui est de 3 000 tonnes contre une production annuelle de 300 000 tonnes. La pomme de terre de Sikasso est vendue dans la sous-région, notamment en Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Togo, Ghana, Guinée, Niger, Mauritanie et Sénégal. Après les récoltes, les coopératives, les unions, les fédérations qui composent l’interprofession gardent de la pomme de terre dans la chambre froide afin de pouvoir l’écouler après la campagne. Les quantités produites dépassent de loin les capacités de stockage de la chambre froide. Pour le développement de la filière, Abdoul Karim Sanogo sollicite l’accompagnement de l’État et des partenaires techniques et financiers pour la construction d’autres chambres froides et la subvention de l’engrais et des semences destinés à la pomme de terre. MFD (AMAP)