2è Sommet Russie-Afrique : Vladimir Poutine s’engage sur l’approvisionnement de l’Afrique en céréales
Envoyé spécial M. COULIBALY Saint-Petersburg, 27 juil (AMAP) Le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, a assuré, jeudi, les pays africains sur l’approvisionnement du continent en céréales, dont le dispositif mis en place par Moscou a été arrêté à la mi juillet à cause de la crise ukrainienne et de la non levée des sanctions contre la Russie par les Occidentaux. Ouvrant les travaux du 2è sommet économique et humanitaire Russie-Afrique au Centre des congrès à Saint Pétersbourg, le président russe s’est engagé, malgré cette crise, à prendre « toutes les dispositions pour soulager » les pays africains en attente de cette aide humanitaire dont le Mali, le Burkina Faso et l’Éthiopie. Le conflit ukrainien a perturbé l’approvisionnement en céréales et en engrais, des pays africains qui ont besoin de cette aide humanitaire pour faire face à l’insécurité alimentaire de leurs populations due aux conséquences des crises sécuritaires, humanitaires et climatiques. Le dispositif d’exportation des céréales mis en place permettra d’expédier 156 millions de tonnes de céréales. Sur ce volume, 60 millions de tonnes de céréales dont 48 millions de tonnes de blé seront exportées vers l’Afrique. L’hôte du sommet placé sous le thème : «la paix, la sécurité et le développement», qui a ainsi pris compte « les inquiétudes des dirigeants africains sur la perturbation de l’approvisionnement du continent en céréales » a salué la présence massive des leaders africains à cette rencontre que la Russie veut « inclusive et prometteuse » pour le continent africain. Le président russe Vladimir Poutine s’est dit conscient que l’Afrique n’a bénéficié que d’une infime partie des exportations de céréales (moins de 3% des volumes exportés). Son annonce n’a pads échappé au président en exercice de l’Union africaine (UA) et président de l’Union des Comores, Azali Ansoumani, qui entendait exprimer, au nom de ses pairs, les inquiétudes du continent sur cette question. Il a salué, au nom du continent, le président russe « pour la qualité de l’organisation, l’accueil chaleureux exceptionnel réservé aux chefs d’Etat et de gouvernement dans la belle ville de Pierre le Grand. » PARTENARIAT PROMETTEUR – L’Afrique comptera 3,8 milliards d’habitants à l’horizon 2050. Le président en exercice de l’UA a souligné que la Russie est un partenaire stratégique pour le continent africain. Environ 30% des exportations de céréales russes sont destinées à l’Afrique, ce qui représente un volume financier de 3,3 milliards de dollars (environ 1 815 milliards de Fcfa) de valeur marchande de l’exportation du blé sur le continent. « La sécurité alimentaire du continent est d’autant plus menacée qu’elle est exacerbée par les fluctuations des prix des produits agricoles qui connaissent une tendance haussière sur les marchés mondiaux », a soutenu le président en exercice de l’UA. Dans un monde multipolaire, la Russie a toute sa place pour se porter en tant que partenaire majeur du continent africain. Le sommet de l’UA tenu en 2018 à Niamey et qui a consacré la création de la zone de libre échange commerciale africaine continentale (ZLECAF) se veut un marché continental d’opportunités de croissances pour les entreprises africaines. Les partenaires doivent s’adapter aux priorités du continent, notamment dans les domaines des échanges commerciaux. « Il faut réorienter l’approche pour construire un partenariat dynamique qui ne doit pas seulement exploiter les ressources naturelles en vue de les exporter à l’état brut, mais les transformer en vue de créer plus de valeur ajoutée sur place. », a déclaré Azali Ansoumani. Dans ce contexte, un partenariat public-privé, dans les domaines de l’agriculture, de l’agro-industrie, la santé, des énergies et des industries, paraît assez prometteur. « À cet effet, nous comptons sur la Russie pour apporter sa contribution à l’industrialisation dans le cadre du partenariat gagnant-gagnant. La révolution numérique offre des opportunités de développement pour augmenter davantage son empreinte sur la croissance économique des pays du continent, a souligné le président de l’UA », selon le président en exercice de l’UA. Sur l’actualité africaine, le président comorien a indiqué qu’il s’associe à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’OIuest (CEDEAO) pour « condamner le putsch au Niger (Ndlr, des les militaires ont declaré al a télévision avoir renversé le président Mohamed Bazoum mercredi 26 juillet 2023). APPROFONDIR LA COOPÉRATION – Sur un tout autre plan, le président comorien a salué les efforts de la Russie qui s’implique pour une meilleure représentation des pays africains dans les instances des organisations internationales, notamment au Conseil de sécurité de l’ONU et au G20. « L’Afrique ne peut pas restée en marge de ces instances internationales. Son intégration permettra de réparer l’injustice dont elle est victime et apportera plus d’équité et de sécurité dans les relations internationales. », selon AZlai Assoumani Répondant aux préoccupations des Africains, le président Vladimir Poutine a assuré que la Russie « est prête à partager son expérience dans divers domaines comme les énergies, les infrastructures, les industries, la formation universitaire et le secteur privé. » A en croire le chef de l’Etat russe, Moscou « est prêt à accorder des prêts concessionnels pour financer les investissements en Afrique. » Pour ce faire, une fondation pour participer aux projets d’investissements en Afrique est créée. La Russie est prête à coopérer dans plusieurs domaines prioritaires dont, notamment la sécurité de l’information, l’intelligence artificielle. Elle s’attellera à connecter les établissements financiers africains au système financier russe en vue de booster les flux financiers et commerciaux et assurer la stabilité et la durabilité des échanges entre la Russie et les pays africains. « Le réseau des représentations commerciales en Afrique s’élargira, a promis Vladimir Poutine. » ajoutant que son pays accordera « davantage l’attention au renforcement des relations culturelles à travers la création des centres d’apprentissage de la langue russe dans les pays africains, la formation des cadres. » Des programmes de visites des jeunes, d’opérateurs économiques africains seront organisés. La Russie organisera, en août 2024, un Forum mondial de la Jeunesse où 20 000 représentants de 180 pays seront conviés. Des compétitions sportives seront aussi organisées à Ekaterinbourg auxquelles les sportifs africains sont invités. Moscou veut créer davantage d’espaces communs d’intervention de la Russie et de l’Afrique. La Russie est intéressée à approfondir sa coopération
Secrets de femmes : Bougies parfumées ou de massage
Par Anta CISSE Bamako, 22 juil (AMAP) C’est connu ! Les femmes ont plus d’un tour dans leur sac. Au-delà des perles et de l’encens, elles ont élargi leur arsenal de séduction aux bougies parfumées ou de massage pour toujours garder une emprise sur leur homme et continuer à nourrir et entretenir la passion avec leurs partenaires (époux, fiancés et autres amants). Ces dernières années, les femmes se font des confidences sur les vertus qu’elles prêtent aux bougies parfumées (secrets de femmes). Pour elles, c’est pain bénit. Pour s’en convaincre, il suffit de farfouiller sur les réseaux sociaux pour comprendre tout l’engouement pour ces produits. Difficile de résister aux commentaires élogieux des vendeurs «de ces potions magiques» qui semblent être des marketeurs hors pair. Ils passent des messages comme : «Les bougies parfumées sont bien plus que de simples sources de lumière et d’odeurs agréables. Elles ont le pouvoir de transformer nos espaces en sanctuaires de paix et de sérénité» ou «Ces produits offrent une expérience sensorielle unique qui permet de s’évader et de se ressourcer». Certaines femmes estiment que ces substances ont le pouvoir de créer une atmosphère apaisée et relaxation dans nos maisons. D’autres pensent que grâce à leur parfum subtil et envoûtant, elles créent une attirance. «Que vous recherchiez une senteur florale, boisée, fruitée ou épicée, il existe une multitude d’options pour satisfaire tous les goûts». Des vidéos présentent différentes sortes de décorations de la chambre avec ces bougies. Elles sont, soit disposées joliment sur une table, soit sur le sol. En plus d’embellir la maison, les bougies parfumées peuvent, également, être utilisées lors de séances de massage. Les bougies de massage, aussi connues sous le nom de bougies de cire fondante, sont spécialement conçues pour être utilisées sur le corps. Composées d’huile essentielle et de beurre végétal, elles se transforment en une huile tiède et apaisante une fois allumées. Lorsqu’elles sont utilisées pour masser le corps, elles détendent les muscles, hydratent la peau et libèrent les tensions accumulées. Mme Dicko Mariam Séméga est promotrice d’une marque, une entreprise de fabrication de bougies simples, parfumées et d’autres produits cosmétiques Made in Mali. Ses bougies fabriquées avec de la cire d’abeille sentent comme l’encens (woussolan) pour la plupart. Elles peuvent, aussi, avoir une senteur exotique, une fois mises dans des contenants en verre, calebasse, terre cuite ou plastique. Notre interlocutrice déclare que ses bougies sont prisées par la clientèle féminine pour briser la monotonie dans leur vie quotidienne. « Outre le parfum, la bougie peut servir au massage. Une vertu thérapeutique qui reste encore méconnue de beaucoup de nos compatriotes », révèle-t-elle. PRECAUTIONS D’USAGE – Selon Mme Dicko, la bougie de massage chaud est l’accessoire idéal relaxant et apaisant, un anti stress du fait de ses huiles bienfaisantes (lavande et menthe poivrée). En plus, la bougie hydrate le corps. Mme Dicko Mariam Séméga assure que cet accessoire de massage « peut également être utilisé dans un cadre romantique, pour un moment de sensualité et d’intimité. » Celle qui passe pour une experte dans l’utilisation de ce produit affirme que le massage chauffant aphrodisiaque permet de créer un rapprochement et de vivre une expérience sensorielle agréable. Il est essentiel de noter que lors de l’utilisation des bougies de massage, il est important de prendre quelques précautions. Question de sécurité. Mme Dicko Mariam Séméga recommande « d’éteindre la bougie avant de l’utiliser comme huile de massage et de toujours tester la température de l’huile sur une petite partie de la peau avant une utilisation plus large. » Safiatou Coulibaly vend des bougies parfumées importées d’Algérie où elle a découvert ce produit. «J’étudiais dans ce pays du Maghreb et lors d’une promenade, j’ai vu les bougies sur une étagère et elles m‘ont attirée», se souvient-elle encore, comme si c’était hier. C’est en 2016 qu’elle a décidé d’officier dans le secteur. « Au début, les bougies n’étaient pas très connues. Je les vendais à 5000 Fcfa l’unité. Actuellement, on en trouve en grande quantité sur le marché à des prix très abordables entre 1 500 à 3 000 Fcfa selon le modèle», dit la jeune vendeuse. Mme Sofara Mariam Belco Barry propose des parures et autres accessoires de mode pour femmes. Elle indique que les bougies sont dans des récipients et présentent des jeux de lumière. Selon elle, ses clients l’achetent pour décorer notamment leur chambre de noces. «On les pose sur le lit, au niveau de la tête de lit et en bas. On en trouve de toutes les odeurs. C’est très joli », apprécie-t-elle. Hadja Fatimata Sanakoua, qui raffole de bougies parfumées depuis cinq ans, décore sa chambre avec des bougies à mèche ou électriques. Selon elle, ce décor crée une ambiance romantique grâce à son parfum et la lumière qui donne un contraste différent dans une chambre obscure. Cette utilisatrice indique qu’il y a aussi les bougies sur les bougeoirs. «C’est un support dans lequel on insère la bougie allumée dans un espace aménagé en bas et en haut. On y verse une huile spéciale qui brûle en haut et diffuse une senteur délicieuse», explique-t-elle. Fatoumata Thiéro, une habitante de Sirakoro Méguetan (Commune VI du District de Bamako), a vu les bougies parfumées, pour la première fois, en France ou elle a séjourné de 2015 à 2018. A son retour au bercail, dit-elle, sa mère, aussi passionnée d’effluves, s’en servait. «C’est ainsi que je les ai utilisées pour parfumer ma chambre et passer des moments romantiques en compagnie de mon époux», confie-t-elle. Selon la maitresse de maison, ce produit a connu ses années de succès entre 2019 et 2021. «Maintenant, on n’entend rarement parler», assure la jeune femme. Des hommes sont-ils friands des bougies parfumées ? On peut répondre par l’affirmative si l’on s’en tient aux propos de ce cadre d’une structure qui en achète fréquemment dans les supermarchés. Il indique avoir développé « une addiction aux produits qui sentent bon. » Il aime les bougies qu’il estime « faciles à utiliser, mais surtout qui (le) transportent dans un autre univers avec leur senteur agréable. » Il ajoute qu’il y a des senteurs
Bafoulabé : De plus en plus de jeunes filles apprennent le métier de tailleur
Par Boubacar MACALOU Bafoulabé, 21 juil (AMAP) Dans le Cercle de Bafoulabé, dans l’Ouest du Mali, le métier de tailleur attire beaucoup la couche juvénile, filles comme garçons. Le secteur est pourvoyeur d’emplois en cette période de crise et de manque de perspectives. Les apprentis suivent une formation initiale auprès de maître-tailleurs de la place, à l’image d’Alboukadri Touré, qui forme beaucoup de jeunes filles, depuis une décennie. Il a installé son atelier de couture dans la Commune de Mahina, à 5 km de Bafoulabé, le chef-lieu de Cercle. A Mahina, chef-lieu de commune, on rencontre plusieurs jeunes filles encadrées, pour la plupart par Alboukadri Touré. Les apprenantes, une fois leur formation achevée, ont du mal à s’installer à leur propre compte à cause des problèmes de financement et d’équipements. Ces jeunes en appellent aux bonnes volontés pour les équiper, notamment en machines à coudre afin de faciliter leur insertion socioprofessionnelle Depuis sa période d’apprentissage, M. Touré avait compris que beaucoup d’artisans de Mahina perdaient leurs clients du simple fait qu’ils ne respectaient pas leur rendez-vous. Ainsi, à peine installé à son compte au marché de la ville, il n’a pas oublié les conseils de ses encadreurs. “Accomplir le travail avec conscience “, dit le maître-tailleur à ses stagiaires. C’est pourquoi, d’après une cliente, Alboukadri ravit la vedette aux autres tailleurs de la contrée, “par son savoir, son savoir-faire et son savoir être.” Même si le bonhomme trouve que la transmission du savoir en ce 21ème siècle, “n’est pas du tout une tâche facile.” “J’ai commencé a être sollicité pour former les jeunes filles en 2013. Tout a commencé avec une jeune fille, Assa Diallo, qui a abandonné les bancs de l’école. Deux mois après, sa mère est venue me la confier ”, se souvient le tailleur. “Au départ, j’ai eu des difficultés de communication avec les filles débutantes. Mais, au fil du temps, nous nous sommes compris », raconte avec fierté, Abdoulkadri Touré. L’encadreur, qui dit en être à sa 4ème promotion, forme actuellement 12 jeunes filles chez lui. Pourquoi, ce métier suscite tant d’engouement chez beaucoup de filles ? “L’homme est le boulanger de sa vie”, nous lance Mariam Dembélé, porte-parole des élèves-tailleurs de Abdoulkadri Touré. “Il n’y a pas de sot métier, il n’y a que de sottes personnes”, ajoute la porte-parole des stagiaires.. “Nous n’avons pas été loin dans les études. Au lieu d’être une charge pour nos parents, nous avons préféré venir nous confier à Alboukadri Touré pour apprendre le métier de tailleur afin d’assurer notre autonomie”, poursuit Mariam. Elle invite “toutes les jeunes filles qui ont abandonné l’école et, même, celles qui ne sont pas scolarisées, à exercer un métier pour être indépendantes financièrement.” “On voyait d’un mauvais oeil d’avoir choisi un métier d’homme. Nous avons toujours répondu qu’il n’y a pas de métier d’homme, que tout métier que l’homme exerce, peut aussi l’être par la femme », dit cette dame. “Nous aimons ce métier”, plaident Mariam Dembélé et ses camarades stagiaires qui soutiennent avoir “beaucoup appris auprès de leur patron.” En à peine une année et demie de formation, les auditrices soutiennent pouvoir confectionner n’importe quel modèle. BC/MD (AMAP)
Prise en charge des soins médicaux : Le cas pathétique des malades indigents
Bamako, 20 juil (AMAP) Dado Diarra, une mère qui passe ses nuits dans les couloirs de l’hôpital Gabriel Touré au chevet de son enfant, est l’illustration parfaite de l’adage qui dit que «même lorsqu’elle accouche d’un serpent, une mère est capable de le porter au dos». Pour dire que par amour filiale, une mère ne peut renier son enfant. La pauvre femme s’est installée, par la force des choses, dans cet établissement hospitalier depuis une année et cinq mois avec son enfant atteint de troubles de la marche. C’est après avoir fait un tour chez les traditheurapes que cette mère s’est décidée à faire consulter son enfant par des médecins spécialistes au Centre hospitalo-universitaire (CHU) Gabriel Touré où elle semble avoir trouvé gîte et couvert. «Nous n’avons plus rien. Nous avons été dépouillés par les tradipraticiens qui nous répondaient invariablement que les djinns avaient pris possession de l’enfant», explique la mère de famille, une pointe d’amertume dans la voix. Mais surtout le regret d’avoir perdu du temps, de l’argent et de l’énergie pour rien. Elle vit aujourd’hui avec son enfant dans un petit jardin de Gabriel Touré, et est contrainte de squatter les salles d’hospitalisation ou les couloirs de l’établissement de 3è référence en cas de pluie. C’est une gymnastique à laquelle elle continue de se livrer en cette période d’hivernage. Elle bénéficie du repas servi par l’hôpital aux équipes de garde et aux indigents. Dans sa situation qu’il ne faut souhaiter à personne de vivre, elle se rend utile à l’établissement en balayant bénévolement une partie de la cour. Ce qui lui a valu une certaine compassion d’autres accompagnants de malades et du personnel soignant. Les cœurs généreux lui donnent quelques pièces de monnaie voire de petites coupures de billets de banque. Elle explique que c’est grâce à cette solidarité qu’elle essaie de faire face à certaines dépenses. TROUBLES DE LA MARCHE – Le chef du service de neurochirurgie de l’hôpital Gabriel Touré, Pr Drissa Kanikomo, pose un diagnostic clair de la pathologie de l’enfant de Dado. Pour lui, le garçon souffre de troubles de la marche, en rapport avec une atteinte cérébrale. «C’est une artère du cerveau qui est bouchée. Ce qui fait qu’il n’a pas la motricité des membres inférieurs. On a fait le scanner de confirmation», explique le praticien hospitalier. Sans être catégorique, il espère qu’après des séances de kinésithérapie sur la durée, il est possible que l’enfant remarche. Le neurochirurgien rappelle que, pour l’instant, la recherche d’une certaine autonomie pour que le malade marche (même si c’est avec des difficultés) est la priorité. Le toubib reconnaît que la prise en charge de ce type de maladie est assez coûteuse. Selon lui, l’enfant a été immatriculé à l’Agence nationale d’assistance médicale (ANAM) pour bénéficier des soins pris en charge par le Régime d’assistance médicale (RAMED). Ce régime de protection sociale est destiné à la prise en charge des indigents reconnus comme tels. L’enfant malade dispose d’un certificat d’indigence qui lui donne droit à des soins, gratuitement. Ce qui représente un vrai bol d’air pour sa pauvre mère dans son traitement. Mais Dado est contrainte d’acheter « les produits pharmaceutiques qui ne sont pas disponibles à l’hôpital, assure le neurochirurgien. » Comme Dado, la vieille Koumourou Diarra, aussi, est au chevet de son fils, hospitalisé à l’hôpital Gabriel Touré depuis quatre mois. Son fils (lui aussi père de trois enfants) a été admis en hospitalisation dans la salle C du bloc de neurochirurgie sur un tableau clinique de tremblement au niveau de la tête et du bras droit. La vieille femme explique que son fils a subi quatre interventions chirurgicales. La sexagénaire explique avoir battu le rappel des parents pour faire face aux ordonnances et autres analyses médicales et estime ne plus être en capacité de d’assurer le coût de la prise en charge de cette pathologie de son fils. Elle s’en remet à Allah. Maïmouna Coulibaly accompagne son mari, admis en hospitalisation. Le peintre-maçon a été victime d’une décharge électrique avec comme conséquence la perte de la vue. Elle et son mari sont venus de la Région de Kayes (Ouest). «Nous sommes ici depuis huit mois. Nous payons chaque jour 1 500 Fcfa comme frais d’hospitalisation», confie Maïmouna l’air désemparée. Elle ne sait plus à quel saint se vouer et en appelle à l’aide d’âmes généreuses pour continuer les soins à son époux malade. COUPE BUDGÉTAIRE – Sur la question, la cheffe du Service social de l’hôpital Gabriel Touré, Mme Sagara Adam Telly, indique que pour la gestion des malades indigents, l’établissement accompagne pour leur immatriculation à l’ANAM, afin qu’ils soient reconnus comme indigents. Ainsi, ils peuvent bénéficier gratuitement des soins avec leur certificat d’indigence. «Pour la prise en charge des urgences, le directeur de l’hôpital accepte très souvent de leur accorder la gratuité des analyses», déclare Mme Sagara. Mais elle s’empresse de préciser que le Service social ne dispose pas de fonds pour la prise en charge des malades indigents. Elle explique qu’auparavant, son service était doté d’une subvention de trois millions de Fcfa par l’État à travers le ministère en charge de la Santé. «Cette subvention a été coupée depuis trois ou quatre ans maintenant. Actuellement, il n’y a pas beaucoup de choses à notre niveau pour les malades», précise Mme Sagara. Elle confirme que les indigents sont alimentés par l’hôpital. « On leur délivre des tickets pour les trois repas journaliers afin qu’ils soient servis à la cuisine de l’hôpital », explique la responsable du Service social de l’hôpital Gabriel Touré. Des bonnes volontés apportent, souvent, à manger aux malades et accompagnants. Adam Telly indique, aussi, qu’un hangar est prévu pour accueillir les accompagnants des patients. Elle a, aussi, lever toute équivoque sur d’éventuelles accusations de discrimination. «Il n’y a pas de différenciation entre les malades qu’ils soient indigents ou pas», clarifie-t-elle. Mais, selon elle, il est clair que les indigents restent à l’hôpital parce que dans la plupart des cas, ils ne savent pas où aller. Elle ajoute que l’administration hospitalière a promis de se
Campagne agricole dans la zone de Manantali (Ouest du Mlai) : Les paysans attendent les engrais subventionnes
Par Makan SISSOKO Bamako, 20 juil (AMAP) La campagne agricole s’annonce prometteuse dans la zone de Manantali, dans l’Ouest du Mali, grâce au démarrage précoce de l’hivernage. Une opportunité que les producteurs ont saisie pour commencer rapidement les travaux champêtres par le nettoyage et le labour. Dans certains champs, les jeunes plants ont commencé à grandir. Dans d’autres, les producteurs sont au stade de labour, de semis, de l’installation des pépinières et de préparation de grands champs. C’est le constat général qui se dégage dans cette zone située dans la Région de Kayes (Ouest) traversée par le fleuve Sénégal. Les travaux agricoles sont au cœur des activités de cette zone essentiellement constituée d’agropasteurs. L’hivernage s’est installé et les producteurs de la zone de Manantali n’attendent plus pour ne pas être les derniers. Ils sont motivés dans les travaux champêtres en attendant l’approvisionnement des intrants agricoles afin de favoriser la productivité de la zone. L’Agence de développement rural de la vallée du fleuve Sénégal (ADRS) de la zone de Manantali est subdivisée en deux secteurs. Celui de Manantali et de Bafoulabé. Cette zone est constituée de plusieurs types d’aménagements dont deux grands périmètres à savoir, le périmètre B de Manantali avec une superficie totale de 682 hectares et le périmètre G/H de Mahina d’une superficie de 880 hectares. Boubacar Sidiki Dao, ingénieur d’agriculture et du génie rural, est le chef de zone basé à Manantali. Il explique que la campagne a démarré dans sa localité dans des conditions sociales, économiques et sanitaires très difficiles avec la pénurie alimentaire, le faible niveau du pouvoir d’achat des producteurs ainsi que la rareté des denrées. Mais au-delà, il se réjouit du démarrage précoce des pluies. L’ingénieur d’agriculture et du génie rural estime que sa zone a enregistré du début de la campagne à maintenant plus de 200 mm de pluie. Le département en charge de l’Agriculture a déjà procédé à la restitution du plan de campagne au niveau de toutes les structures du développement rural, les directions régionales, les agences et les offices. Pour le moment, l’ADRS de Manantali travaille pour répartir ce plan de campagne entre ses différents secteurs et les agents de terrain. PLUS DE 6 000 TONNES – Pour cette campagne agricole 2023-2024, Boubacar Sidiki Dao explique que la zone ADRS de Manantali prévoit de mettre en valeur plus de 2 372 hectares pour toutes céréales confondues notamment, le riz, le mil, le sorgho, le maïs et le fonio. En objectif de production céréalière, la zone projette une production de plus de 6 417 tonnes. En ce qui concerne les cultures maraîchères, l’objectif de production est plus de 1 200 tonnes sur les petits aménagements à savoir, les Périmètres irrigués villageois (PIV) et les Petits périmètres maraîchers des femmes (PPM) exploités par les producteurs en plusieurs cultures dans les deux secteurs de la zone sur une superficie moyenne de 76 hectares, précise l’ingénieur. Par rapport à la gestion des engrais, le chef de zone assure que déjà, des commissions de réception et de distribution des engrais ont été mises en place. Selon Boubacar Sidiki Dao, la direction générale de son Agence a présentement un quota de 1 325 tonnes d’engrais minéral et organique qui doivent être répartis entre les différentes zones de l’ADRS en fonction des niveaux de production. Pour la zone de Manantali, c’est le riz et le maïs qui sont concernés par la subvention d’engrais. Par rapport à cela, le besoin en engrais minéral subventionné s’élève à 381 tonnes pour une superficie de 1 597 hectares concernés par la subvention. Le besoin de la zone en engrais organique est estimé à 1 113 tonnes pour le riz et 968 tonnes pour le maïs. Ce qui fait un besoin global en engrais minéral et organique de 2 081 tonnes pour une superficie totale évaluée à 1.597 hectares. «Mais pour le moment, le quota de l’ADRS n’est pas encore reparti entre ses différentes zones et la mise en place des engrais n’a pas commencé. Après la répartition des engrais, la zone de Manantali aura le quota le plus élevé, car c’est elle qui comptent les plus grandes superficies», précise l’ingénieur d’agriculture. Sur les difficultés de la campagne, Boubacar Sidiki Dao souligne les problèmes de sous équipement des producteurs, le retard habituel dans la disponibilité des engrais et le chevauchement des deux campagnes : la saison et la contre saison. «À présent, certains producteurs n’ont pas fini de récolter la contre saison et les pépinières sont installées pour la saison. Et cela mettra la campagne nouvelle en retard», déplore le technicien. MISE EN PLACE DES ENGRAIS – Par rapport à la gestion des intrants agricoles pour cette campagne, les producteurs de la zone de Manantali veulent la mis en place, sans délais, de l’engrais subventionnés. Et aussi de mettre à leurs dispositions les documents de gestion. Cependant, le chef de zone ADRS de Manantali souhaite une gestion efficiente pour que l’engrais mis à disposition soit exclusivement destiné aux producteurs. Il prône également la mise en place d’une commission de supervision pour la réception et la distribution de l’engrais. Dans le secteur de Bafoulabé, « la pluviométrie est, pour le moment, jugée bonne contrairement à l’année précédente où il y a eu quelques poches de sécheresse en début de saison », souligne Sambou M. Sissoko, producteur de riz au périmètre G/H de Mahina.La maîtrise de l’eau dans ce périmètre, favorise les cultures de contre saison. À présent, quelques paysans n’ont pas bouclé les récoltes pour cette période. Sambou M. Sissoko produit en contre saison et en saison pluvieuse. Il détient un demi-hectare de champ dans le périmètre G/H de Mahina sur lequel, il cultive du riz durant cette phase. Au-delà de ce périmètre, il cultive d’autres céréales comme le maïs et le mil sur un autre champ d’environ un hectare à Dioubedala, village situé à 2 kilomètres de la ville de Mahina. Le producteur est en avance car, il a vite fini les récoltes de contre-saison, en attestent les pieds de maïs qui
Bancarisation du secteur informel au Mali : Que de chemin à faire !
Par Oumar SANKARÉ Bamako, 19 juil (AMAP) Téléphone portable à l’oreille, Bakary Bamba Kébé donne des instructions à un agent de sécurité au bout du fil. La vingtaine révolue, ce jeune homme de teint noir est peu loquace. Il gère au quotidien sa petite entreprise, «Mandé immobilier», depuis son «Grin» (groupe informel de discussions entre amis). Il dispose d’une dizaine d’appartements meublés qu’il loue aux particuliers et joue, quelquefois, les intermédiaires pour des ventes de maisons et de terrains nus. «Jamais, je n’ai songé à avoir un soutien d’une banque soit pour commencer ou étendre mon business. Le soutien des banques n’est qu’un mythe pour des gens comme moi», dit-il. Entre deux gorgées de thé à la menthe, Karim, membre du Grin, soutient qu’il est plus facile de se faire financer par une Organisation non gouvernementale (ONG) ou une institution de microfinance qu’une banque au Mali. Le trentenaire, qui évolue dans les domaines de l’élevage et de l’immobilier, a tenté à plusieurs reprises d’avoir un financement. Sans succès ! Il en déduit que les produits bancaires proposés ne correspondent pas aux besoins des jeunes entrepreneures. «Un agriculteur, un éleveur, un restaurateur ou encore ceux qui sont dans les domaines du numérique, de l’agroalimentaire… doivent tous avoir des produits adaptés à leurs besoins. On ne sait pas si le système est contre nous mais une chose est sûre, ce système n’est pas fait pour nous», renchérit Karim. « Il y a une corruption endémique dans le système», regrettent unanimement les membres du Grin. Chacun a une anecdote. «Les banques croulent sous de fausses garanties et titres fonciers qui n’ont aucune valeur. Des documents trafiqués par leurs experts en complicité avec des banquiers eux-mêmes », affirme l’un d’entre eux. Un autre affirme que des «projets avec des business plans bien élaborés traînent des mois, parce que les banquiers en charge de ces projets veulent leurs parts». «Des projets sont rejetés et paradoxalement repris par des proches des banquiers», enchaine un membre du Grin. Une voix incrimine l’Etat qui n’aurait « rien fait pour protéger le business modèle de la star up Telimani. Voici comment on tue l’innovation et la créativité». SOUS LES RADARS – S.T et H.B sont des hommes d’affaires réputés dans leur cercle. Ils sont respectivement dans le domaine des pierres précieuses et l’exportation de bétail dans la sous-région. Ils brassent des centaines de millions de Fcfa en marge du système bancaire. «Je ne pense pas à formaliser mes affaires. L’informel me convient parfaitement. Je suis sous les radars», explique S.T qui avouera plus tard qu’il a été témoin de la «destruction» de certains de ses pairs. «Certains princes du jour exigent de nous de contribuer à leur campagne politique ou alimenter leur bureau. Gare à toi si tu refuses. Les impôts et taxes seront utilisées pour te détruire», confie-t-il. Le terme bancarisation désigne un processus mené par les banques, qui consiste à ouvrir des comptes bancaires aux ménages, aux particuliers et aux entreprises dans un pays. Cette démarche vise un double objectif. D’abord, celui pour les banques d’élargir leurs ressources et leurs clientèles en vue d’optimiser et développer leurs activités financières. Pour les autorités publiques, la bancarisation permet de contrôler et gérer la création de monnaie ainsi que les différents mouvements monétaires. Elle donne, également, un indice sur le niveau de développement d’un pays. Une entreprise informelle, d’après Sanou Sarr, président du Réseau des petites et moyennes entreprises (REMAP) est une entreprise qui n’est pas connue de la fiscalité, du registre de commerce et de la fiscalité, d’aucune structure étatique ni consulaire. Ce sont des entreprises qui évoluent sans paiement de taxes, sans être connues des banques.Toutefois, il y a des entreprises informelles qui ont des comptes bancaires, précise-t-il. Quant à la structure formelle, elle possède un Numéro d’identification fiscal (NIF), un numéro de registre de commerce, un numéro NINA, un compte bancaire et peut postuler aux marchés publics. Une entreprise, qu’elle soit formelle ou informelle est une PME (Petite et moyenne entreprise) dont le chiffre d’affaires est compris entre 1 Franc et 1 milliard de Fcfa. ENTREPRISE CRÉDIBLE – Pour le conseiller en investissement, Cheick Oumar Soumano, le financement est un processus : de la création de l’entreprise jusqu’à la possibilité pour elle de prouver que le financement va se diluer de lui-même à travers les opérations normales. En d’autres termes, c’est l’activité qui justifie le financement. Cela suppose que l’entreprise est crédible du point de vue financier (impôts, taxes, assemblées des actionnaires, réunion du conseil d’administration). Ces indicateurs permettent à la banque de mesurer le risque qu’elle va prendre. «Dès l’instant que la banque n’est pas en possession de ces éléments, elle ne va jamais vouloir accompagner l’entreprise», explique Cheick Oumar Soumano. Toute entreprise qui n’est pas formelle est donc exclue du champ d’action des banques. Et cette exclusion, selon le conseiller en investissement, ressort dans les textes règlementaires de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO). En effet, les banques sont soumises à un contrôle de la BCEAO à travers la commission bancaire. Chaque financement doit obligatoirement être justifié par un certain nombre d’éléments techniques, juridiques et financiers. Et Hamidou Dicko, responsable du département partenariats et stratégies du Fonds de garantie pour le secteur privé (FGSP-Sa), de reconnaitre : «Beaucoup de nos micro-entreprises ont du mal à fournir des documents et informations pertinents pour convaincre la banque, car elles évoluent dans l’informel qui favorise l’asymétrie d’information». Selon les statistiques de l’Institut national de la statistique (INSTAT) de 2022, 98% des entreprises maliennes et 96% des PME opèrent dans l’informel. Le directeur national des PME, Dr Boubacary Cissé, en se référant au rapport du conseil d’administration du 5 avril 2022 de la Bank of Africa (BOA) Mali, rapporte que « le taux de bancarisation est faible, moins de 6%, avec une économie informelle qui échappe toujours à la bancarisation». « Malheureusement, analyse-t-il, beaucoup pensent qu’être informel leur permet de grandir et d’échapper au fisc. » Et M. Sarr de renchérir : « en réalité, les gens ont peur de
Les «Zarma» de Gourma Rharous : Une intégration réussie
Par Mohamed GAKOU Gourma Rharous, 19 juil (AMAP) Le «Zarma» se définit comme un groupe de dialectes parlés sur les rives du fleuve Niger, depuis Djenné, au Mali, jusqu’au pays Bariba, dans le Nord du Bénin. Les principaux dialectes de ce groupe sont le Sonhraï parlé au Mali, le Zarma au Niger et le Dendi au Bénin. Tous les Nigériens qui vivent à Rharous sont appelés «Zarma», en référence à l’ethnie qui parle ce dialecte au Niger, malgré le fait que certains d’entre eux ne le soient pas. Cette migration sous régionale a pris de l’essor, à partir des années 2010, même si, une colonie embryonnaire de commerçants nigériens a déjà pris racine ici, avant l’indépendance du Mali. Les «Zarma» sont visibles aujourd’hui, en grand nombre, sur tous les marchés hebdomadaires de la localité et même plus loin. Ils vivent et mènent leurs activités de commerce, en parfaite entente avec les populations locales. La trentaine révolue, teint noir anthracite, habillé d’une longue tunique blanche, Adamou est assis sur un banc, devant l’échoppe de son ami cordonnier, dans le quartier de Boya, à Rharous. Les traits réguliers de son visage semblent être taillés au burin. D’un regard presque absent, l’homme observe le mouvement de la rue, en égrenant nonchalamment un long chapelet d’une main, pendant que l’autre fouraille dans sa barbichette bien taillée. Il est arrivé ici, à peine sorti de l’adolescence, au sein d’un groupe de compatriotes, tous camelots, dans les années 2010. Aujourd’hui, il a épousé une femme autochtone qui lui a donné trois enfants et a bâti une grande maison, différente de la petite pièce de ses débuts quand ils dormaient à quinze ou plus, parfois. Avant, il retournait dans son village, au Niger, dès les premières pluies, pour aider à cultiver les champs familiaux. Aujourd’hui, il ne le fait plus. De son propre aveu, il dit se sentir bien ici. Il explique ce sentiment par l’hospitalité de ses hôtes, la communauté de langue avec ceux-ci et la prospérité de son commerce. Il ne manque jamais d’ajouter, un brin coquin que, c’est ici, qu’il a rencontré l’âme sœur. Ses rares voyages dans son pays d’origine consistent à aller, quelques fois, auprès de son fournisseur, à Niamey, pour se ravitailler en marchandises ou participer à quelques grands événements familiaux. FINS NEGOCIATEURS – Il passe le plus clair de l’année à Rharous, auprès de son épouse et ses enfants ou à parcourir les foires des localités environnantes, juché sur sa moto chinoise chargée de marchandises. Adamou est le prototype même du Zarma. Les témoignages des populations locales sur ces commerçants venus d’ailleurs sont flatteurs. Ils sont unanimement reconnus comme des personnes pacifiques, courageuses pas avares en effort, travailleuses, conciliantes, patientes et de pieux musulmans. À ces qualités, il faut ajouter leur talent commun de fins négociateurs en affaires et d’habiles joueurs, sachant toujours tirer leur épingle du jeu. Ce sont tous ces traits de caractère et de conduite qui ont permis leur intégration et la prospérité de leur commerce. Ils font leurs affaires dans des domaines distinctifs : articles ménagers et de décoration d’intérieur, habillement, médicaments et verroterie. Tout ce qu’ils vendent est estampillé «Made» in China, India, Hong Kong, Singapour et Nigeria. Ce commerce d’articles de bas de gamme s’aligne parfaitement avec le pouvoir d’achat des populations locales et crée un échange gagnant-gagnant. On peut difficilement évaluer cette population de migrants dont le nombre croit, chaque année. Ce sont des familles entières qui sont arrivées ici, durant ces dix dernières années. Le chef de famille s’installe en premier, crée les conditions d’accueil et fait venir femmes et enfants. Parmi ces derniers, nombreux ont débuté leur scolarité ici à Rharous. Cependant, jusqu’aujourd’hui, cette importante colonie nigérienne n’arrive pas à créer une association formelle qui permettra de connaître leur nombre, en les recensant et, aussi, répondre à la réglementation en vigueur, en matière d’immigration. La brigade territoriale locale de gendarmerie se réserve de donner un nombre. À la mairie de la Commune rurale de Rharous, l’édile affirme que la création et la formalisation d’une association est en cours. Parmi les membres de la colonie, certains n’hésitent pas à avancer le chiffre de plus de 400 familles. MG/MD (AMAP)
Drogue du zombie : La menace sur la jeunesse se profile
Par Jessica K. DEMBÉLÉ Bamako, 18 juil (AMAP) Depuis quelques temps, des vidéos étranges sont sur les réseaux sociaux montrant des personnes dans des postures désarticulées et des démarches bizarres de morts-vivants dignes d’un film d’horreur hollywoodien. Deux mots sont présents sur les hashtags en bas de ces vidéos : drogue du zombie. C’est une drogue de synthèse, c’est-à-dire fabriquée à partir de molécules chimiques produites clandestinement en laboratoire. Se présentant sous la forme d’un liquide injectable et incolore, elle est de la même famille que la Métamphétamine, l’Ecstasy et la Kétamine qui se différencient des drogues dites naturelles, comme le cannabis et la cocaïne. En menant nos recherches sur cette drogue, nous avons découvert qu’elle est issue du mélange de la Xylazine avec du Fentanyl. La Xylazine est un sédatif utilisé par les vétérinaires, depuis 50 ans, en guise d’antidouleurs pour les animaux, comme les chevaux ou les lions. Le Fentanyl, quant à lui, est une drogue analgésique, «50 à 100 fois plus puissantes que l’Héroïne et la Morphine», selon une enquête de la chaîne TF1 Info. Combinées, ces deux substances contribuent au ralentissement du rythme cardiaque et de la respiration à des niveaux dangereux. Après l’avoir injecté, le consommateur perd, durant des heures, toute faculté motrice. Et lorsqu’il arrive à bouger, sa démarche ressemble à celui d’un mort-vivant. Ces effets lui ont valu le tristement célèbre nom de drogue du zombie. L’application TikTok compte au total près d’un million de vues sur les vidéos de la drogue zombie. Les plus visionnées montrent des personnes déambulant dans les rues de Philadelphie, aux Etats-Unis, comme s’ils dormaient debout. La drogue semble faire des ravages dans ce pays : « 26% des morts par overdose sont provoquées par cette drogue de synthèse », révèle le journal 20 Minutes. Elle a donc été signalée aux Etats unis comme «menace émergeante». «C’est la première fois, dans l’histoire de notre nation, qu’une substance est désignée comme menace émergente», a déclaré lors d’une conférence de presse, le Dr Rahul Gupta, directeur du bureau chargé de la lutte contre la drogue à la Maison Blanche, aux Etats-Unis. Cette menace préoccupe fortement le gouvernement américain, l’amenant à débloquer des fonds, dans le budget 2024, afin de lutter contre le danger. Malgré l’expansion préoccupante de cette drogue, elle ne semble pas inquiéter nos services de lutte anti-drogues. L’Office central des stupéfiants au Mali (OCS) reconnait qu’elle fait certes des ravages en Colombie, aux Etats-Unis et dans certains pays Magrébins, mais qu’il «n’a fait face à aucun cas au Mali». Le 27 mai 2023, dans une émission radiophonique, le commissaire divisionnaire, Mamadou Samba Coulibaly, chef d’antenne de la rive gauche de l’OCS, précisait que l’héroïne peut aussi provoquer chez ses consommateurs des comportements assimilables à ceux dus à la drogue du zombie. « Ainsi, soutient-il, les gens pensent que les images qui circulent sur la toile sont celles des consommateurs de la drogue zombie. » DOPAGE – Pourtant, au cours de notre enquête, nous avons rencontré un individu qui a prouvé l’existence de la présence de cette drogue sur notre territoire. Il explique qu’il y a des années, quand il était sur un site d’orpaillage, il a commencé à prendre des substances, comme le Tramadol, pour se doper. Et ils étaient beaucoup à en prendre. « Un jour, on m’a proposé cette drogue. On m’a dit qu’elle est meilleure et plus puissante. Quand je l’ai injecté et que je suis descendu dans la mine pour creuser, j’ai été bloqué. Je ne sentais plus mes membres et je n’arrivais plus à bouger», a-t-il confié. L’homme ajoute qu’il a fini par s’endormir. Et quand il s’est réveillé, il était seul et il a fini par remonter à la surface. «Après cette expérience effrayante, je n’y ai plus jamais touché ni à aucune autre drogue», raconte notre interlocuteur. Un autre jeune, résidant d’un quartier de la Commune II, est formel : «Il y a bel et bien la drogue du zombie au Mali. Et je sais qu’elle est différente de l’héroïne que j’ai consommée plusieurs fois». Malgré les vidéos effrayantes présentes sur les réseaux, nos jeunes prennent cette menace à la légère. Comme un challenge, ils réalisent des vidéos sur Tik Tok, où ils imitent les consommateurs de la substance, leur manière de bouger ou de s’arrêter. C’est devenue tendance. Pire, ils se filment sur le titre «26 Mars» du chanteur, Adji One. Le clip, publié il y a un peu plus d’un mois, fait plus d’un million de visionnage sur YouTube. Le chanteur parle d’un médicament qui «bloque» les gens, faisant référence à cette drogue de synthèse. Une musique très appréciée par les jeunes, donnant encore plus de légèreté au danger que représente la drogue zombie. Le sociologue, Dr Lamine Sandy Haidara, trouve que ces jeunes jouent à un jeu dangereux. Pour lui, ce jeu de rôle auquel nous assistons peut-être reproduit dans la vie réelle, à cause de la curiosité, et les jeunes vont vouloir tenter la consommation de cette drogue zombie. «Plus les images deviennent virales, les représentations sociales et la construction mentale de la pratique vont plonger les jeunes dans le cercle vicieux de la toxicomanie», affirme le sociologue. Il ajoute que par la suite ces images sur les réseaux sociaux vont pousser les jeunes maliens à tenter sa consommation, histoire de dire qu’ils ont été les premiers à tenter le coup. «La banalisation, la plaisanterie voire la tendance ne doivent pas être négligées, l’avenir de notre pays risque de prendre un coup préjudiciable à notre développement», informe le Dr Haïdara. Pour lutter contre ce fléau, le sociologue conseille la prévention, l’encadrement des jeunes ainsi que leur surveillance. Tout parent doit particulièrement garder un œil sur les fréquentations de ses enfants. S’y ajoutent l’accompagnement, la prise en charge socio-sanitaire et socioéconomique des usagers de la drogue et de leur entourage ainsi que l’application des textes antidrogues. Malgré des cellules mises en place par l’Etat comme l’OCS, où des opérations spéciales sont menées contre l’éradication de la distribution et la consommation des drogues, la présence de
Circulation routière: Le casse-tête de la course-poursuite
Par Tamba CAMARA Bamako, 17 juil (AMAP) – Les Bamakois gardent encore à l’esprit cette course poursuite fatale à un conducteur de mototaxi, un lundi du mois mars dernier, à une heure indue. Le motocycliste, voulant fuir des policiers, perd le contrôle de son engin à deux roues et percute dans sa folle échappée, dans un sens interdit, un autre motocycliste. La violence du choc ne lui a laissé aucune chance. L’autre conducteur de moto a été grièvement blessé. Cet incident malheureux a occasionné des échauffourées entre la police et les jeunes du secteur et conduit au saccage des abris de la police sur les voies publiques et l’incendie d’un véhicule de la Police nationale. Un autre exemple. Celui de la nuit du mercredi 21 juillet 2021 aux environs de 23 heures. Des policiers patrouilleurs avaient pris en chasse un véhicule non immatriculé. Cet incident aussi a conduit à des accrochages entre une patrouille de la Brigade anti criminalité (BAC) et des jeunes du secteur de Lafiabougou. Bilan : un mort (le jeune Abdoulaye Keïta) et 5 blessés graves. Des enquêtes ont été ouvertes et 6 policiers écroués pour mort d’homme. Après l’incident malheureux, la direction générale de la Police nationale (DGPN) a même rappelé. dans une note de service ‘’2246/DGPN-SP du 23 Juillet 2021 du DGPN’’ la proscription de la course-poursuite lors du contrôle routier. Et, conformément, à la procédure, « il est demandé aux fonctionnaires de polices de relever les numéros de la plaque d’immatriculation du contrevenant afin de pouvoir entamer des poursuites à son encontre». « Tout manquement à la directive sera sévèrement sanctionné », a précisé la note de service. Des exemples de poursuite policière, on pourrait les multiplier à l’infini avec des risques réels pour toutes les parties (usagers et policiers compris). Des cas à Lafiabougou, Sikoroni et des quartiers situés en Commune I et IV du District de Bamako ont aussi défrayé la chronique. CAS DES DELINQUANTS – Les usagers, qui n’apprécient guère de vivre le danger de la course-poursuite, ne sont pas avares en récriminations contre les policiers (qui du reste sont essentiels dans la régulation de la circulation routière). Le refus d’obtempérer d’un usager de la voie publique ou de se soumettre au contrôle de routine est puni, conformément à la réglementation. Il faut trouver la bonne formule pour traquer aussi les contrevenants. Ces cas de poursuites qui débouchent sur des accidents mortels interpellent sur la complexité des situations auxquelles les policiers peuvent être confrontés dans l’exercice de leur mission de sécurisation des personnes et de leurs biens, mais aussi de régulation de la circulation routière. Selon un officier de police qui a requis l’anonymat, la poursuite policière est en général motivée par la recherche de gain de certains agents. Et de nous renvoyer à la note de service 2246/DGPN-SP du 23 Juillet 2021 du DGPN qui interdit clairement les courses poursuites. «Le directeur général de la police a alors conseillé aux agents de relever les numéros d’immatriculation pour passer un avis de recherche. Mais, il faut aussi admettre que les responsabilités dans les cas d’accident liés à des courses-poursuites sont partagées. On ne peut pas dire à un délinquant de s’arrêter et qu’il obtempère. Il faut impérativement le pourchasser et l’obliger à s’immobiliser», déclare le limier en chef qui pense que la décision d’interdire la course-poursuite est une erreur. Il juge nécessaire de revoir la note de service et de faire la part des choses. REGLEMENTER LA POURSUITE – « Très généralement, les courses-poursuites ne sont pas autorisées », affirme un commandant de la compagnie de Groupement mobile de sécurité rive droite (GMS). «Il y’a beaucoup d’usagers qui méconnaissent la circulation lorsqu’on les signale pour une faute, ils refusent d’obtempérer et causent des problèmes en tentant de s’échapper. Or les autorités ont décidé d’interdire les poursuites», indique-t-il ajoutant que le relever les numéros de la plaque d’immatriculation du contrevenant est préconisé afin de lancer des recherches à son encontre. Sur la question d’élaboration d’un possible règlement intérieur sur la poursuite, le commandant précise qu’il n’y a, pour l’instant, rien à ce sujet. «Tout est fait sur consignes ou sur la base de notes de service». En cas d’incident malheureux lors de la poursuite, des sanctions disciplinaires au sein du service ou des mis à pieds (rares) sont pris, selon l’officier de police. Et de déclarer qu’il peut y avoir de la prison dans les locaux disciplinaires où les intervenants purgent leur peine, avant d’inviter la population à obtempérer lors des contrôles pour distinguer les délinquants des citoyens respectables qui n’ont rien à se reprocher. Il conseille à ses collègues de ne poursuivre qu’en cas de flagrance. Selon un autre officier de police, également chef de section de police judiciaire (PJ), la poursuite n’est pas encadrée autrement dit elle est non règlementée. « Elle doit être réglementée et le cadre d’intervention doit être aussi défini. » « La décision récente de la hiérarchie policière, explique-t-il, existait depuis bien longtemps. On a juste réchauffé la note. » Il précise aussi qu’il n’y a pas une loi spécifique sur la situation. Et d’ajouter que face à certains suspects voire des situations, il est difficile d’interdire à la police de poursuivre ou d’agir. TC/MD (AMAP)
Décès de Sekou Oumar Doumbia : Le doyen nous fausse compagnie
Bamako, 17 juil (AMAP) L’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) a perdu, samedi dernier, l’un de ses doyens, Sékou Oumar Doumbia dit DSO. Ce journaliste chevronné est décédé à l’âgé de 74 ans. Il faut dire qu’il avait le journalisme chevillé au corps. Bien ayant fait valoir ses droits à la retraite, il continuait à mettre ses compétences au service du Quotidien national. Sékou Oumar Doumbia animait la chronique «Ce que j’en pense» et était le correcteur attitré du Magazine Femme de L’Essor. Dans la salle de rédaction, les journalistes s’empressaient de recevoir ses bénédictions et ses conseils. Il ne se lassait jamais de proposer des sujets de reportage aux jeunes journalistes. L’une de ses phrases préférées était «Que Dieu nous accorde un retour paisible à la maison». Le Doyen, comme on l’appelait à la rédaction, avait la charge de présenter les vœux de fin d’année. Un moment d’émotion qui nous manquera pour toujours. «À son âge, alors qu’il aurait pu tranquillement bénéficier de sa retraite, il a voulu continuer à travailler au sein de L’Essor. Il était un conseiller et pratiquement un lien entre les différentes générations à la rédaction», a apprécié l’ancien ministre de la Communication, Gaoussou Drabo, lors des funérailles, dimanche dernier, de l’illustre disparu à Bamako Coura. Selon M. Drabo, cette attitude montre que c’est quelqu’un qui était profondément journaliste. Et de déclarer qu’ « il était animé de l’amour de l’organe dans lequel il a travaillé et progressé. » « Cela donne, a-t-il souligné, la juste mesure de sa conscience et de son implication dans le travail sur l’information et dans la transmission de l’expérience aux jeunes générations pour bonifier leur travail. » «Il mettait beaucoup de bonne conscience à faire tout son travail. Je crois que c’est la jeune génération qui en a bénéficié», a confié l’ancien ministre. Le directeur des publications en français de l’AMAP, Souleymane Bobo Tounkara, s’est dit très attristé par la disparition brutale du Doyen, ajoutant que le défunt a apporté une contribution immense à la cohésion sociale au sein de la rédaction de L’Essor. « Sans oublier, a-t-il relevé, ses conseils aux jeunes journalistes afin qu’ils s’inspirent de l’exemple des anciens. » «Il plaisantait avec tout le monde et reconnaissait ses erreurs lors des échanges. On ne sentait pas qu’il n’était pas de notre génération», a confié Souleymane Bobo Tounkara, ajoutant que la rédaction sera orpheline de lui. Le frère cadet du défunt, Famory Doumbia, dira que son ainé a mis son talent au service des présidents de la République, Moussa Traoré et Amadou Toumani Touré. Famory Doumbia a indiqué que son frère ainé était « un fervent défenseur du travail bien fait. » « Ce qui, a-t-il dit, lui a valu l’admiration de plusieurs personnalités. » «Il a été conseiller de Modibo Sidibé à l’époque où celui-ci dirigeait le ministère de la Santé», a rappelé le frère du défunt. Sur le plan politique, Sékou Oumar Doumbia était très actif. Selon son cadet, il a été secrétaire général adjoint d’une section de l’Union démocratique du peuple malien (UDPM). Le sexagénaire affirme que le défunt l’a inspiré dans sa façon d’éduquer les enfants et sa rigueur. Sékou Oumar Doumbia a fait ses études primaires à Bougouni avant de décrocher le baccalauréat dans la série «Lettres classiques» au Lycée Askia Mohamed. Le sortant du Centre d’études des sciences et techniques de l’information de Dakar (CESTI) a été rédacteur en chef du journal Soundiata. Sékou Oumar Doumbia repose désormais au cimetière de Niaréla, en Commune II du District de Bamako. Il laisse derrière lui un garçon, deux filles et plusieurs petits enfants éplorés. MDD/MD (AMAP)

