Ramadan : Les prières surérogatoires (Nanfila) des nuits du mois
Par Baya TRAORE Le ramadan est le neuvième mois du calendrier islamique. C’est aussi le mois au cours duquel le coran a été révélé au prophète Mohamed, Paix et Salut sur Lui. Selon l’imam des 700 logements sociaux de Yirimadio, dans la Commune VI du District de Bamako, Check Mamadou Konaté, c’est le mois ou les dou’a sont exhaussés et, aussi, le moment où on doit exprimer ses soucis au bon Dieu. Cependant, pour l’imam Konaté, Il y a des nanfila spécifiques que les croyants peuvent faire pendant les différentes nuits du mois de ramadan. Donc, toute personne qui a des problèmes de mariage, de travail, de chance, de santé, de maison, de dette ou des expatriés qui ont des problèmes de dossiers peuvent faire ses nanfila. 4ème nuit : Selon Check Mamadou Konaté, le nanfila proposé pour cette nuit est 4 rakats. A chaque rakat Fatiha 1 fois + Koul Ya Ayyouhal Kafiroune 3 fois (Al Fafiroun n°109) + Zikir – Astagfiroullah 10fois ; -Ya Wahabou 100 fois ; – Salatoul Fati 100 fois fin
Circulation de véhicules en surcharge : A Sikasso, le hors gabarit à la côte
Par Mariam F. DIABATE Sikasso, 03 mar (AMAP) L’image de véhicules hors normes ou hors gabarit en surcharge, circulant sur les voies interurbaines ou internationales ou manoeuvrant en pleine ville est devenue monnaie courante au Mali. La circulation de ces mastodontes entraîne, pourtant une dégradation rapide du réseau routier national. La situation a amené le ministre des Transports et des infrastructures a faire un communiqué, le 5 février dernier, pour demander « le respect des normes relatives aux gabarits, aux poids et à la charge à l’essieu des véhicules lourds de transport de marchandises », conformément aux dispositions du code de la route et notamment de l’article 32 du décret n°2023-0509/PT-RM du 12 septembre 2023. La mise en application de cette réglementation vise à lutter contre la circulation des véhicules hors normes et hors gabarit en surcharge sur les routes. Le communiqué du Conseil des ministres du 13 février 2025 précise que le réseau routier national subit de graves dommages causés, « notamment par les véhicules gros porteurs hors gabarit et hors normes, qui sont en surcharge de marchandises, en provenance des ports maritimes où transite le fret généré par les importations et les exportations du Mali. » La conception du réseau routier national a été faite sur la base des dimensions réglementaires de 3 essieux pour le tracteur et de 3 à 4 essieux pour la semi-remorque. Les dimensions maximales autorisées sont : longueur : 16,5m pour les véhicules articulés, largeur : 2,55m pour l’ensemble des véhicules, hauteur : 4m pour tous les véhicules, rappellent les services techniques. La troisième région administrative du Mali, Sikasso, au carrefour des frontières du Mali avec le Burkina Faso et avec Côte d’ivoire, est une zone de forte circulation de véhicules de transport de marchandises comme de personnes. « Nous conduisons ces véhicules contre notre gré car on est conscient des multiples dangers qui nous guettent. Mais que faire ? On le fait pour gagner notre pain quotidien », témoigne à notre équipe de reportage un conducteur de gros porteurs de Sikasso qui désire garder l’anonymat. Il poursuit qu’il a passé un bon bout de temps en chômage et ce travail lui permet de subvenir aux besoins de sa famille. « Je salue la clairvoyance du ministre des Transports et des Infrastructures. Son communiqué est d’une importance capitale. Cette lutte est la nôtre. La sécurité routière est l’affaire de tous… », déclare le secrétaire général adjoint du Syndicat national des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali (section de Sikasso), Ba Sékou Coulibaly. Selon lui, le Conseil malien des transports routiers (CMTR) a longtemps mené cette lutte mais en vain. Il rappelle que c’est vers 2010, que certains commerçants ont commencé cette pratique dans le but d’accroître leurs revenus. « Ils évoluent dans le commerce et le transport en même temps. Ces individus modifient leurs véhicules en 3m de largeur et entre 16 et 22 m de longueur », explique-t-il. Le slogan de certains d’entre eux : « Même si je me limite à seulement deux voyages par an, si le véhicule est endommagé, cela ne sera pas une perte ». Le syndicaliste enfonce le clou. « Ces commerçants font trois voyages en un. Ils surchargent les véhicules tout en augmentant le taux de chômage des chauffeurs dans le secteur du transport. Ils endommagent non seulement, de façon précoce nos routes mais également entrainent des accidents de la circulation, mettant en danger la vie des populations », détaille-t-il. Ba Sékou Coulibaly dit que cette pratique n’offre aucune garantie ou protection au chauffeur car, en la matière, l’employé ne bénéficie pas de salaire convenable et n’est pas assuré. En bref, le conducteur de véhicules hors normes et hors gabarit en surcharge met sa vie en péril mais, aussi, celle de paisibles populations. C’est pourquoi, en 2020, certains routiers ont commencé à prendre conscience des risques qu’ils courent. Ils se sont à se retirer du jeu. Mais jusque-là, la pratique continue. En outre, le secrétaire général adjoint du Syndicat national des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali (section de Sikasso), a invité les autorités de la Transition à obliger les commerçants, qui font du transport, à choisir entre les deux métiers, sinon à respecter les règlements du secteur du transport. Par ailleurs, Ba Sékou Coulibaly attire l’attention des autorités sur l’application de la Convention collective des chauffeurs privés du Mali. Celle-ci, selon lui, permet d’assurer leur métier (salaire convenable, ration journalière, INPS, AMO, prime, allocation des enfants, logement lors des voyages…). Quant à la directrice régionale des transports et des infrastructures de Sikasso Mme Traoré, Lydie M. Fatoumata Jocoué, elle affirme qu’il y a plus de 500 véhicules qui traversent la ville de Sikasso de façon quotidienne. « La quasi-totalité de ce nombre important est hors normes et hors gabarit », confie-t-elle. S’exprimant sur les dispositions prises par sa structure au niveau régional afin d’assurer la réglementation correcte des véhicules concernés, Mme Traoré Lydie M. Fatoumata Jocoué a indiqué avoir informé le Conseil malien des transporteurs routiers et celui des chargeurs des nouvelles dispositions. « Également, poursuit-elle, la direction est en train de prendre les dispositions nécessaires pour faire une large diffusion du communiqué ministériel sur les différentes stations radios. » En termes de difficultés, la directrice régionale du transport et des infrastructures a mis un accent particulier sur l’absence totale de statistiques sur les véhicules hors normes et hors gabarit en surcharge dans la région. Mme Traoré Lydie M. Fatoumata Jocoué a, enfin, invité « tous les transporteurs de la région à respecter les réglementations pour le bien-être de tous. Le communiqué du Conseil des ministres est clair sur le respect de la mesure : à compter du 1er avril 2025, tout transporteur ne respectant pas les dimensions réglementaires s’expose à l’application des sanctions prévues par la réglementation en vigueur. Il s’agit de l’immobilisation du véhicule à la frontière ou aux points de contrôle, l’obligation de transbordement et de correction de gabarit. MFD/MD (AMAP)
Port du foulard : Comme une pièce d’identité
Par Baya TRAORÉ D’aucuns pensent que cette pièce de tissu a vu le jour avec les religions monothéistes. Pourtant, elle a servi notamment d’outil de communication et d’expression des sentiments Il est aux environs de 15 heures. Une cérémonie de mariage au quartier de Missabougou, en Commune VI du District de Bamako. La marraine de l’évènement, Aminata Soucko, très élégante, couverte de parures, se distingue par son habillement. Elle est vêtue d’un basin, porte un foulard volumineux de couleur différente de celui des autres femmes qui, elles, partagent la même couleur. Une bande de tissu dénommé, en bamanakan, «jala» s’ajoute à ses parures. Au fil du temps, le foulard s’est imposé comme un accessoire d’élégance et de piété. Pourtant, l’usage de cette étoffe est riche en significations. Selon Aminata Soucko, le foulard de la marraine d’un mariage a toujours été différent de celui des autres dames, depuis l’époque de nos ancêtres. Elle explique que « le foulard permet aux invités de reconnaitre directement la personne assumant cette responsabilité. » Ce n’est pas tout. « Dans la rue, dit-elle, il était facile de savoir, grâce au foulard que porte une femme, si elle est veuve, mariée ou célibataire. » Le traditionnaliste Nouhoum Cissé affirme que le foulard, autrefois, représentait un moyen de communication dans notre culture. « Chaque ethnie avait une appellation différente. Celui destiné à une fiancée était un morceau de pagne tissé qu’elle attachait au front. C’était un message informant qu’elle a un prétendant », explique Nouhoum Cissé. Le traditionnaliste ajoute que « l’objectif du port du foulard après le mariage est de se protéger la tête, car tout le monde n’a pas le droit de voir la tête d’une femme mariée. » « Aussi, indique-t-il, toutes les femmes n’ont pas la même texture de cheveux car, pour certaines, si de mauvaises personnes voient leurs cheveux, cela peut leur porter malheur. » « C’est pourquoi, dit-il, une femme doit se couvrir la tête pour sa propre protection. En plus, dans notre société, les foulards étaient des cadeaux de souvenir que les femmes donnaient à leur amoureux. « Les femmes offraient leur foulard aux conjoints quand ceux-ci partaient sur les champs de bataille ou pendant les travaux agricoles, en guise d’encouragement », poursuit Nouhoum Cissé. Qui ajoute qu’« une femme, qui n’avait jamais transgressé les interdits dans son mariage, pouvait donner son foulard à son fils qui part pour une mission difficile. » « L’étoffe avait la valeur d’un objet de protection du fils afin qu’il rentre sain et sauf », explique M. Cissé. Au sein du couple, le foulard est un langage. « Quand un homme entrait à la maison, il reconnaissait l’humeur de sa femme à travers sa manière de nouer son foulard», informe le traditionnaliste, avant d’indiquer que celle-ci manifestait sa joie, sa colère, son désir sexuel et son indisposition via cette pièce de tissu. « Ce n’est pas n’importe quel tissu qui était utilisé comme foulard. Maintenant, les femmes ne font plus attention à ces aspects de notre culture. Cela est à l’origine de nombreux problèmes dans nos couples. Si on continue ces pratiques, nous allons perdre tous les éléments de notre culture un à un», prévient-il. MAUVAIS ESPRITS – Il est 11 heures, dans une famille de griots à Missira, en Commune II du District de Bamako. Kadiatou Diabaté, habillé en wax assorti à un foulard qui forme un tas au milieu de la tête. Elle explique que son acte se justifie par le fait qu’elle est la cuisinière du jour. Elle indique que chaque épouse dans leur famille doit observer cette pratique quand c’est son tour de cuisiner. Selon Awa Kouyaté, griotte et enseignante, la façon dont une femme noue le foulard exprime également la richesse de son mari. « Avant, quand tu voyais des groupes de femmes, celle qui portait toujours un foulard volumineux était l’épouse d’un homme opulent. Le foulard de taille moyenne désignait l’appartenance de sa détentrice à la classe moyenne », affirme la pédagogue. Elle précise que la favorite des épouses de l’homme s’identifiait par son foulard empilé au milieu de la tête. Elle signale que les perruques et les chapeaux remplacent de plus en plus le foulard. «Je ne suis pas contre cette tendance mais on a intérêt à promouvoir nos valeurs traditionnelles», conseille-t-elle. Le griot Bourama Soumano affirme que plusieurs personnes pensent que le foulard a vu le jour au Mali avec la religion musulmane. Il indique que nos ancêtres utilisaient des foulards avant l’arrivée de l’Islam. Il soutient que «musoro » en bamanan signifie : «mumana soro», en français «Ce qu’une nouvelle mariée trouvera dans son foyer». Il precise que cette étoffe est différente du «jala», un autre tissu utilisé par les femmes notamment lors des mariages. Auparavant, le «jala» était de petits morceaux de pagne de couleurs différentes. « La couleur noire, dit-il, est destinée à la veuve. » Il cite aussi le «demba jala», en français «le pagne de la marraine» porté par celle-ci lors d’un mariage. « Dans notre culture, témoigne-t-il, le «musoro» n’était pas utilisé pour des besoins esthétiques. Il symbolisait les défis que la femme doit relever dans son nouveau foyer en termes de maladies, de dépenses, de problèmes d’enfantement et d’argent ». Bourama Soumano dit que le foulard préparait la femme à être une bonne épouse et la protégeait contre les mauvais esprits et les « djinns ». Et de poursuivre : « ce tissu faisait également l’objet de préparation mystique pour obtenir de la notoriété pendant les cérémonies. » « Certaines femmes, énumère-t-il, possédaient des foulards pour dompter leur mari durant les moments de disputes. » « Il suffisait, explique-t-il, qu’elles le nouent pour que le conjoint se calme immédiatement ». Le griot relève que le «musoro» a aussi servi à dominer le mari et les autres membres de la famille. Tout n’est pas permis quant au le port de ce foulard. Selon des croyances, « une fille ne doit jamais porter le foulard de sa maman sinon elle va rester célibataire toute sa vie. Une femme enceinte qui néglige de porter le foulard risque d’accoucher d’un enfant malade. Une femme mariée qui refuse le foulard risque d’attirer des mauvais
Ramadan : Stabilité des prix des denrées de première nécessité, à Diéma.
Nioro, 28 fév (AMAP) Les prix des denrées de première nécessité, notamment le riz, le mil, le sucre, l’huile et le lait, sont stables, dans le Cercle de Diéma, a constaté, vendredi, le préfet Hamadou Yacouba Diallo, lors d’une visite de contrôle des boutiques et magasins. La forte délégation de responsables administratif, communal, technique, de légitimité traditionnelle, d’associations de commerçants, de consommateurs, de jeunes et d’éléments des forces de défense et de sécurité qui accompagnait le préfet a visité plusieurs boutiques, magasins et points de vente au centre-ville ainsi qu’au quartier périphérique du Razel, pour s’assurer de la stabilité des prix des denrées de première nécessité, en prélude au mois de Ramadan. Partout, les prix étaient réglementés, conformément aux instructions données par les plus hautes. Ils sont fixés ainsi qu’il suit : 50 kg de riz à 20 500 Fcfa, 24 500 Fcfa pour 50 kg de sucre, pour le sorgho, les 50 kg sont vendus à 18 500 Fcfa, tandis que les 50 kg de mais coûtent 23 000 Fcfa, pour 5 kg de lait en poudre, il faut débourser 13 000 Fcfa. Le président de l’Association des consommateurs, , El-hadj Kassim Diakite, le représentant de l’Association des commerçants, Mohamed Goundourou et celui du Conseil communal de la jeunesse, Yaya Sissako, ont, tour à tour, remercié le service subrégional du commerce, de la consommation et de la concurrence, pour une telle initiative. Ils ont souhaité que ces prix fixés, soient maintenus pour permettre de soulager les populations durant le mois de Ramadan. Visiblement satisfait, le maire de la Commune rurale de Diéma, Abdoulaye Sissako, a annoncé des visites anonymes pour se renseigner sur la conformité des prix des denrées de première nécessité, après ce passage. Le préfet Diallo a remercié les autorités de la Transition pour leur « implication accrue, en vue d’un accès plus facile aux denrées de première nécessité dans notre pays. » Il a invité les commerçants à exercer « dans la légalité pour ne pas être en porte-à-faux avec les textes régissant le commerce dans notre pays ». Il a demandé « à chaque acteur de veiller scrupuleusement sur la conformité des prix, même après le mois de Ramadan, afin d’éviter l’inflation. De leur côté, les commerçants, qui ont reçu cette visite, se sont engagés, sur parole, à maintenir les prix. Le 2ème adjoint au préfet, Attayoub Ould Mohamed, le chef du service subrégional du commerce, de la consommation et de la concurrence de Diéma, Mamby Kamissoko, le représentant du chef de village, Sékou Sissoko étaient présents OB/MD (AMAP)
Uniforme des femmes lors des mariages : De la tradition aux excès
Par Moussa M. DEMBÉLÉ La coutume prisée des Bamakoises, de s’habiller d’une tenue unique lors des cérémonies de mariage, est en train de prendre un autre virage causant angoisse chez les adeptes et devenant source de tension dans certains foyers Bamako, 25 fév (AMAP) Les mains sous le menton, les yeux embués, isolée dans un coin de son salon, très froissée mais toujours habillée, dans sa grande robe en basin, Bintou est pensive et préoccupée. Bintou, nom d’emprunt que nous lui donnons, est l’épouse d’un ami que nous avons surprise dans un état d’affligée, chez elle au quartier Badialan, Commune III du District de Bamako. Ce dimanche soir, aux environs de 20 heures, très triste, Bintou cherche ses mots, la gorge nouée et à peine elle arrive à les prononcer après notre salutation faite à plusieurs reprises. « Je reviens du mariage d’une nièce qui se tenait au quartier Marseille, situé en commune I du District de Bamako, où j’ai dépensé mes économies réservées pour l’opération de l’œil de la maman… », tente-t-elle d’évacuer sans rancœur. Rien que ce qu’elle porte lui a coûté plus de 60 000 Fcfa. Notre interlocutrice, sous le choc, met en cause l’attitude de sa mère dans ce qu’elle appelle « du gaspillage inutile ». « Le comble, vous savez ? C’est ma mère qui m’a contrainte à acheter cet uniforme que je porte pour une valeur de plus de 60 000 Fcfa malgré les dépenses nécessaires que j’ai à faire, dans quelques jours, pour l’opérer de la cataracte… », dit Bintou, la trentenaire évolue, tout en remuant sa tête. En effet, selon ses explications, elle a été obligée par sa mère d’acheter cette tenue proposée comme uniforme par ses cousines. « Pour elle 9sa maman), je ne devrais pas être en reste, je devais rivaliser avec mes cousines, étant donné que je suis une fonctionnaire. Alors que personnellement, j’aime faire les choses humblement, sans extravagance… », nous raconte-t-elle. Tout comme le cas de Bintou, le concept des uniformes des femmes lors des cérémonies de mariage dans la capitale malienne est en passe de devenir un fardeau pour les femmes. À Bamako, cette coutume longtemps symbolique lors des mariages voit ses contours évoluer. Les femmes et jeunes filles se parent d’un uniforme lors de ces cérémonies, un geste censé célébrer l’union de deux personnes tout en renforçant la cohésion sociale. Pourtant, initialement, l’uniforme visait à favoriser l’harmonie visuelle et à éviter toute distinction entre les participantes. Cependant, aujourd’hui, cette tradition est en train de se transformer en une quasi-obligation, sous la pression sociale, mettant en lumière les disparités économiques. De simple plaisir esthétique, l’uniforme est devenu une norme difficile à contourner, même pour celles dont les moyens financiers sont limités. Ce qui, parfois, crée des mésententes dans le foyer, car certaines imposent à leur époux l’achat de ces tenues, même s’ils n’en ont pas les moyens. Fanta Coulibaly, une mère de famille à Badalabougou, en commune V du District de Bamako, semble être de ce groupe de femmes. « Acheter l’uniforme doit être un devoir pour tous chefs de famille, parce que la femme a besoin d’être bien habillée lors des cérémonies de mariage. Mais, certains hommes ne comprennent pas cela. C’est pourquoi ils refusent de payer l’uniforme pour leur épouse », argumente-t-elle. Pour elle, c’est l’homme qui doit obligatoirement payer ces tenues de mariage de sa femme. QUIPROQUO – Contrairement à notre précédente interlocutrice, Djeneba Sinayoko, une femme mariée, la quarantaine, résidant à Dialakorobougou, dans la zone de Baguineda, sur la route de Ségou, pense que des femmes, de nos jours, sont dans l’excès au sujet de l’uniforme. Elle estime que la pratique n’est pas la seule façon d’apporter son soutien, lors du mariage d’un proche, « il y a aussi les aides financières qui sont plus importantes dans le mariage de célébration ». « Aujourd’hui, mes sœurs pensent que la pérennisation d’une union est forcément liée à la façon de célébrer le mariage. Un seul uniforme peut coûter plus 15 000 FCFA. C’est qui est trop chère ! », s’exclame-t-elle. Djeneba Sinayoko explique que « c’est pourquoi, les femmes usent de tous les moyens pour payer des tenues de mariage hors de prix ». Plus explicite, tout en s’opposant à la mode, elle ajoute : « Certaines dames manquent de respect à leur mari sous prétexte que celui-ci n’a pas payé l’uniforme. Cela doit prendre fin ». L’habitante de Dialakorobougou nous a raconté une anecdote entre une épouse et son mari, dans son quartier. Le couple se bagarre toujours pour des questions d’uniforme. « Je connais une femme qui refuse le lit conjugal à son époux pour la simple raison qu’elle n’a pas eu d’uniforme de mariage. À chaque mariage, ce sont les disputes dans ce foyer. Et tout le quartier est au courant », narre notre interlocutrice. Si payer l’uniforme pour le mariage d’une proche est un signe de solidarité, c’est encore mieux d’emprunter de bons chemins pour l’obtenir. Selon Daouda Fané, un chef de famille, certaines femmes sont capables de détourner l’argent de « popote » pour acheter ces habits de mariage. « Auparavant, nos aïeux avaient initié cette stratégie d’uniforme afin que tout le monde porte les mêmes habits mais à un prix raisonnable. Mais aujourd’hui, c’est tout à fait le contraire. Des femmes font l’impossible leur uniforme », déplore ce chef de famille d’une cinquantaine d’années. Sept sur dix hommes interrogés suggèrent que la coutume de l’uniforme des femmes doit être rationnalisé. Ceux-ci estiment que ce sont des dépenses « inutiles » qui viennent s’ajouter à d’autres problèmes financiers dans un pays où la pauvreté est générale. « Les dimanches sont connus à Bamako comme les jours de mariage. Ce qui est déjà une dépense inestimable. S’il faut ajouter à cela les frais d’uniforme des femmes, cela devient encore plus compliqué », fait remarquer, sous couvert de l’anonymat, un chef de famille. Il ajoute que les tenues choisies pour les noces sont souvent très chères. « Donc, je trouve que ce n’est pas raisonnable de maintenir cette pratique de l’uniforme lors de nos mariages », pense-t-il. Adama Coulibaly, habitant à Tiéguena, localité située dans la périphérie de Bamako, dans
Bourse nationale aux céréales : Les achats institutionnels en ligne de mire
Par Aminata Dindi SISSOKO Ségou, 20 fév (AMAP) La 19ème édition de la Bourse nationale aux céréales se tient depuis jeudi jusqu’au 22 février au Centre Gabriel Cissé de Ségou (Centre) sous le thème « Les achats institutionnels facteurs d’amélioration de revenus des producteurs ». La Bourse des céréales vise à contribuer à la promotion et la valorisation des céréales produites localement. Il s’agit de concrétiser les options politiques, relatives au développement du secteur agricole, par la mise en place de cadres de partenariat et de promotion commerciale entre les agro-industriels d’une part et les opérateurs céréaliers d’autre part. Cette année la Bourse nationale aux céréales enregistre plus de 600 participants qui exposent les produits dans 42 stands. Il est attendu des offres de ventes assez importantes de mil, sorgho, maïs et riz malgré les difficultés enregistrées au cours de la campagne passée a précisé le Président de l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Sanoussi Bouya Sylla. Il a, par ailleurs, indiqué que de la première édition, en 2006, à présente, la Bourse nationale aux céréales ne cesse d’enregistrer des succès à travers la mobilisation des participants, l’augmentation du volume des produits présentés, le nombre de contrats signés et les chiffres d’affaires réalisés. Il a précisé que le nombre de contrats signés de 2006 à 2024, s’élève à 674 avec un chiffre d’affaires réalisés de 25 297 310 919 de Fcfa. Prenant la parole. le ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema, qui a coprésidé l’ouverture avec le ministre-commissaire à la Sécurité alimentaire, Redwaoune Ag Mohamed Ali, a souligné l’importance de la bourse nationale aux céréales. Selon lui, elle « contribue substantiellement et de manière positive au renforcement des systèmes d’information sur les marchés agricoles, à l’amélioration du revenu des exploitants agricoles, au partage d’expériences entre les professionnels du secteur agricole et à la structuration des Organisations interprofessionnelles agricoles. » Et de dire que la bourse cadre parfaitement avec les aspirations des autorités, nationales relatives à la dynamisation du marché national, la fluidification des échanges et l’intégration sous-régionale des marchés agro-alimentaires. Si la précédente édition s’est traduite par la signature de 261 contrats, pour un montant de plus d’un milliard 70 millions de Fcfa, le ministre de l’Agriculture a indiqué que cette performance remarquable contraste avec un certain nombre de contraintes, d’ordre technique organisationnel et, notamment, le non-respect des procédures d’achat institutionnel de l’Office des produits agricoles du Mali (OPAM) par certaines organisations professionnelles agricoles, le faible niveau de vulgarisation des achats contractualisés et l’insuffisance d’infrastructures de stockage et de conservation des produits Agricoles. Pour aplanir ces contraintes et parvenir à de bien meilleurs résultats à l’avenir, Daniel Siméon Kelema a souligné la nécessité de développer des synergies d’actions et renforcer la communication entre l’ensemble des acteurs concernés. Il a encouragé les exploitants Agricoles, les transformateurs et les consommateurs à participer pleinement à cet événement et surtout à profiter de nombreux avantages qu’il offre. Le ministre commissaire à la Sécurité alimentaire avait réitéré l’année dernière son engagement en faveur des achats institutionnels. Il s’est réjoui d’annoncer cette année que, malgré les contraintes institutionnelles, un premier contrat de 3 500 tonnes de riz a été conclu avec l’interprofession riz pour un montant de plus d’un milliard de Fcfa. Il a affiché l’ambition d’aller plus loin l’année prochaine. Soulignant que son département travaille déjà avec les acteurs concernés pour lever l’ensemble des contraintes institutionnelles. ADS/MD (AMAP)
Diéma : Quand la nature offre des opportunités…
Par Ouka BA, Diéma, 19 fév (AMAP) En période hivernale, une espèce de plante herbacée, appelée en langue vernaculaire Kassé ou Selou, envahit l’espace. Ces feuilles sont utilisées dans la préparation de la sauce du couscous et nourrissent les animaux domestiques. Elles sont également utilisées dans la construction des hangars, la réalisation de clôtures de périmètres maraîchers, de maisons et autres besoins domestiques, à cause de sa résistance. Notre reporter a interrogé certains résidents de Diéma, dans l’Ouest du Mali. Ceux-ci vantent les mérites du Kassé en matière de médicine traditionnelle et de construction. Yoro Diawara, producteur agricole à Madiga Sacko, est intarissable sur les qualités médicinales de la plante. « Pour traiter même une plaie béante, jugée incurable, il suffit d’y appliquer la poudre des feuilles du Kassé » explique-t-il. Par contre, il opte pour les tiges de sorgho pour réparer son hagard, qui « durent plus longtemps et pourrissent difficilement. » « Les palissades faites avec du Kassé peuvent passer deux saisons de pluie sans être abîmées, contrairement à celles confectionnées à partir des tiges de mil » renchéri Makan Kanté. La taille du Kassé varie selon les saisons. En effet, « cette plante foisonne et devient plus grande lorsque les pluies sont abondantes », explique Oumar Traoré. Fousseiny Senou, marchand ambulant, préfère le Kassé aux tiges de mil, à cause de sa résistance aux attaques de termites. Bilal Macoulmack les tisse minutieusement et l’utilise pour refaire ses hangars après les récoltes. Quant à Mme Fanta Diaby, elle a sollicité l’aide de son époux pour lui construire un hangar avec des palissades en Kassé. De fortes pluies ont endommagé sa cuisine, l’année dernière. Le prix du Kassé varie selon les localités. « Une palissade en Kassé coûte 1 000 Fcfa, contrairement à certaines localités où il faut débourser, parfois, jusqu’à 2 000 Fcfa pour s’en procurer », explique Lamine Dicko, un habitant de Garambougou. Dans cette petite bourgade, il existe un artisan de la palissade en Kassé dont le travail est apprécié de tous. Il tresse solidement les tiges de Kassé avec du fil mince et flexible pour confectionner des palissades. En effet, Sédifo Coulibaly, installé dans un coin du Razel, gagne 20 000 F CFA ou plus par jour tandis que Hady SIBY, unt autre fabricant de palissades en Kassé peine à écouler son stock. OB/OS/MD (AMAP)
La Rentrée littéraire du Mali 2025 : La jeunesse africaine à l’honneur
Bamako, 19 fév (AMAP) La Rentrée littéraire du Mali, dans sa 17ème édition, ouverte mardi, se déroule du 18 au 22 février 2025, à Bamako, la capitale malienne sous le thème « L’Afrique des jeunes », a constaté l’AMAP sur place. « L’Afrique, elle-même, est un continent très jeune au regard de sa population. D’ici 2030, sa population de moins de 18 ans devra atteindre 750 millions de personnes. En 2050, la moitié de sa population de 2,5 milliards sera âgée seulement de 25 ans. Les défis sont énormes. Vertigineux simplement, au regard de l’état de notre monde », affirme Ibrahima Aya, directeur exécutif du comité d’organisation de la Rentrée littéraire du Mali. Selon le directeur du bureau de la coopération suisse et porte-parole des partenaires de la Rentrée littéraire, Patrick Etienne s’est dit « particulièrement heureux que 2025 soit déclaré Année de la Culture par les autorités maliennes. » « J’ai beaucoup d’admiration pour le secteur de la culture au Mali. Nous savons à quel point le secteur de la culture est très résilient au Mali. Dans ces temps troublés, nous avons tous besoin d’échanger entre nous et qui de mieux que les articles pour penser à un monde plus résilient », a-t-il ajouté. Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, a salué les organisateurs pour la constance dans l’organisation de cet évènement. « Nous voulons que l’âge d’or du Mali revienne, le Mali des bibliothèques, des manuscrits, du savoir et de l’intellect », a-t-il dit. Et de poursuivre « La Rentrée littéraire, c’est le festival des livres et de la connaissance. Cette année, une centaine d’auteurs du Mali et du monde sont présents. Nous allons nous battre pour soutenir le monde de la Culture », a renchéri M. Daffé. Plusieurs tables rondes et débats viendront nourrir la réflexion. Le mercredi 19 février par exemple, « De quelle jeunesse parlons-nous ? » sera la question en débat. Il s’agira, notamment, de clarifier les choses, tant la notion de « jeunesse » peut parfois semble vague. L’un des buts sera de montrer à quel point les parcours et les aspirations des jeunes africains sont divers. Intitulé « Osons leur faire confiance », un autre débat ,qui se tiendra le même jour, tentera d’aborder la question de l’accès des jeunes aux sphères de décisions. Au rang des thématiques sociopolitique, la démocratie, le souverainisme, la migration, l’intelligence artificielle ou encore les réseaux sociaux seront analysés sous l’angle du rôle et de l’impact de la jeunesse. L’objectif est d’offrir à cette génération une voix et un espace de débat, là où elle est trop souvent reléguée au second plan. « Tout en étant à l’écoute des défis du Monde, la Rentrée littéraire est d’abord un rendez-vous pour célébrer la création littéraire et intellectuelle sur le continent africain, promouvoir les auteurs qui y vivent, débattre du monde à partir de l’Afrique, dans un dialogue enrichissant avec des auteurs des autres continents. Notre souci est de partager avec un public particulièrement jeune la pluralité et la diversité des voix que ce choix porte », précise Ibrahima Aya. OS/MD (AMAP)
AMAP-UNICEF : Signature du 3è protocole d’accord de partenariat
Bamako, 18 fév (AMAP) L’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), ont procédé, mardi dans les locaux de l’AMAP à la signature du 3è protocole d’accord de partenariat entre les deux structures en présence du représentant du ministre de la Communication, de l’Economie numérique et de la Modernisation de l’Administration, le chef de cabinet du département, Mohamed Ag Albachar. L’UNICEF, le ministère en charge de la Communication et l’AMAP collaborent, depuis plus de 30 ans, pour informer le public malien sur les droits de l’enfant, à travers un protocole autour de trois axes principaux. A savoir, le renforcement des capacités des journalistes par le biais de formation et d’équipements ; la production d’articles de presse sur la promotion et les droits de l’enfant ; la mise en lumière des actions du programme de coopération et l’implication des enfants dans la promotion de leurs propres droits. Selon le Directeur général de l’AMAP, Alassane Souleymane, « c’est une cérémonie qui entend inscrire en lettre d’or la marche d’un partenariat fructueux entre l’Agence malienne de presse et de publicité et l’UNICEF ayant pour objet de booster le secteur de la communication et de l’information, étant porteur en matière de développement. » « Parce que la communication est un levier de développement et de gouvernance », a insisté le Dg de l’Agence qui a ajouté qu’on ne peut pas poser un acte aujourd’hui sans l’accompagnement du de la communication. « L’UNICEF a compris cette portée sachant bien que l’AMAP, à ses côtés, peut apporter de grandes contributions avec ses programmes dont l’éducation, l’encadrement des enfants par rapport aux médias, à la communication. « Nous sommes très heureux au niveau de l’AMAP. Nous souhaitons que ce partenariat fasse tache d’huile », a-t-il dit. Le Représentant résidant de l’UNICEF au Mali, Pierre Ngom, a apprécié l’expérience de ce partenariat qui démontre à quel point l’AMAP est un acteur clé dans la promotion des droits des filles et des garçons dans notre pays. « C’est pourquoi, nous sommes heureux de nous réunir aujourd’hui pour renouveler cet engagement. Ce partenariat revêt d’autant plus d’importance que les jeunes sont avides d’information », s’est réjoui M. Ngom. Le chef de cabinet du ministère de la Communication, de l’Economie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Mohamed Ag Albachar, au nom de son ministre, a remercié et félicité l’UNICEF « pour tous les efforts dans l’accompagnement de notre pays dans son processus de développement. » Il a rappelé que la coopération entre l’institution onusienne et l’AMAP « nous a permis d’avoir des résultats tangibles dans le cadre de la promotion des droits de l’enfant. » Egalement, il a salué ce partenariat exemplaire entre l’AMAP et l’UNICEF « qui a permis de combler tous les espoirs en termes de communication, d’avoir des avancées en matière de plaidoyer et de changement de comportement au profit des enfants. » Et de renouveler l’assurance que « notre pays renforcera davantage sa coopération avec l’UNICEF pour le bien-être des enfants. » OD/MD (AMAP)
Le Projet d’irrigation N’Débougou IV, fruit de la coopération allemande
Ségou, 12 fév (AMAP) le Projet d’irrigation N’Débougou IV dont le Chef du gouvernement va lancer, samedi, les travaux en zone Office du Niger, est financé par la coopération allemande (KFW) pour un coût global de 33 474 860 595 Fcfa dont 26 238 280 000 sous forme d’aide financière. Il vise à augmenter la production agricole des petits agriculteurs par la réhabilitation des périmètres d’irrigation agricole dans la zone N’Débougou de l’Office du Niger. Le Projet s’appuie sur trois volets : Réhabilitation et construction d’infrastructures, Mesures d’accompagnement pour la mise en valeur des infrastructures, Renforcement de la gouvernance de l’Office du Niger. Il s’agit notamment de réhabiliter le canal adducteur Grüber ; recalibrer le marigot DINA et confectionner la digue piste ; réhabiliter les drains de N’Débougou et de Siengo ; le casier de N’Débougou sur 4 200 ha, prolonger le drain collecteur du Kala inférieur est (KIE) jusqu’au troisième bief du Fala de Molodo (33 km). Le projet va renforcer la gouvernance de l’Office du Niger à travers la formation, l’encadrement, le renforcement des Organisations paysannes – agricoles (riz, maraichage), le renforcement en technique de production maraichère en contre-saison froide, Environnement – programme pilote élevage. En ce qui concerne le volet renforcement de la gouvernance foncière de l’Office du Niger, le Projet d’irrigation N’Débougou IV prévoit de renforcer les capacités en gestion foncière ; actualiser les logiciels SIGON et le registre foncier ; améliorer les procédures et méthodes. Il est aussi question d’améliorer les connexions réseaux et de mettre en place de payement numérique de la redevance, audit des baux de la zone Office du Niger). ADS/MD (AMAP)

