Mopti : Formation des journalistes pour une communication sensible au conflit
Mopti, 11 avr (AMAP) Une quarantaine de journalistes des Régions de Mopti, Bandiagara et Douentza (Centre) participent, depuis le jeudi 10 avril, à un atelier de formation de deux jours à Sévaré visant à renforcer les capacités des professionnels des médias sur la communication sensible au conflit. Initiée par l’UNICEF, en partenariat avec l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) et l’Union des radios et télévisions libres du Mali (URTEL), cet atelier s’inscrit dans le cadre du Projet d’autonomisation et d’employabilité des jeunes dans les zones affectées par la crise humanitaire au Mali (PAFEEM), financé par la Banque mondiale, à travers l’UNICEF et exécuté par l’ONG APIDEV. Il réunit des représentants de la presse écrite et audiovisuelle pour aborder des thématiques du concept de communication sensible au conflit, le rôle des médias dans la prévention et la résolution des conflits, ainsi que les techniques pour promouvoir le dialogue et éviter l’escalade des tensions. « Dans un contexte de fragilité, une gestion efficace de la communication sensible au conflit est cruciale pour garantir la paix et la cohésion sociale », a déclaré Léon Paul Rabarijoana, représentant du chef de bureau UNICEF Mopti, lors de la cérémonie d’ouverture. « Nous voulons outiller les journalistes pour traiter l’information de manière impartiale et promouvoir la paix », a-t-il ajouté. Il a souhaité que les participants créent des cellules locales de communication de crise pour contrer les fausses informations avant qu’elles ne nuisent à la coexistence pacifique. Pendant deux jours, les participants échangeront sur des sujets pratiques, tels que les bonnes pratiques pour une utilisation responsable des réseaux sociaux, le fact-checking et la vérification des informations en ligne. Ils aborderont, également, le traitement de l’information par les médias locaux en période de crise et la communication pour renforcer le vivre-ensemble. « Cette formation est une opportunité pour nous, journalistes, d’apprendre à mieux gérer les informations sensibles et à jouer un rôle actif dans la prévention des conflits », a souligné Oumar Diabaté, coordinateur de l’URTEL Mopti. La cérémonie d’ouverture était présidée par le conseiller aux Affaires administratives et juridiques du gouverneur de Mopti, Abdoulaye Daga Thera, en présence de la chargée de communication de l’UNICEF Bamako, Fatou Dieng, et du chef d’antenne régionale du PAFEEM, Gouro Étienne Kassogué. « La presse joue un rôle essentiel dans la reconstruction du tissu social. Renforcer les capacités des femmes et des hommes qui animent ces organes est une priorité », a affirmé Abdoulaye Daga Thera. Il a également salué les efforts de l’UNICEF et de ses partenaires pour le relèvement économique et social des régions affectées par la crise. Cette initiative vise à doter les médias locaux d’outils pour promouvoir la paix et contrer la désinformation. Les organisateurs espèrent que les acquis de cet atelier permettront aux journalistes de devenir des acteurs clés dans la consolidation de la cohésion sociale au Mali. DC/OS/MD (AMAP)
Le Conseil économique, social, environnemental et culturel recueille les besoins 2025 de la Région de Ségou
Ségou, 11 avr (AMAP) Une mission du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) conduite par Mme Keïta Estelle Florence Zomahoun a tenu une rencontre ce vendredi consacrée au recueil annuel 2025 des attentes, des besoins et des problèmes de la population de Ségou,, dans le Centre du Mali, a constaté l’AMAP. La rencontre d’une journée, dans la salle de conférence du gouvernorat de Ségou, était présidée par le conseiller aux Affaires administratives et juridiques du gouverneur de la Région de Ségou, Aboubacrine Ag Mohamed Aly. Dans son intervention Mme Keïta a rappelé que les dispositions de l’article 165 de la constitution assignent au CESEC la mission de collecte et de rédaction d’un rapport des besoins, des attentes et des problèmes de la société avec des propositions et des orientations, à l’adresse du président de la République, du Premier ministre et des présidents des deux chambres du Parlement. Elle a en, outre, souligné que des missions sont présentement sur toute l’étendue du territoire pour le même exercice dont les rapports seront remis au Président de la République, au Premier ministre et aux deux chambres du Parlement conformément aux dispositions constitutionnelles. A sa suite, Aboubacrine Ag Mohamed Aly a précisé que cet exercice intervient après une phase locale au niveau des cercles. Il a souligné que les problèmes évoqués dans le document « synthèse régionale de Ségou » sont réels. Et ce sont les mêmes besoins de l’année dernière qui sont ressortis. Il a salué la participation massive et la contribution de tous à l’exercice. Au cours de la rencontre les participants ont fait un tour d’horizon des attentes, besoins et problèmes de la région de Ségou dans divers secteurs : agriculture, maraichage, élevage, eau, énergie, industrie, mine, administration, sécurité, élevage, pêche, environnement, assainissement, artisanat, tourisme entre autres. En ce qui concerne l’énergie et l’eau, l’on note la faible connexion aux réseaux d’eau et d’électricité, l’insuffisance de points d’eau potable dans plusieurs localités, l’insuffisance d’éclairage public dans les villes, les délestages d’électricité et le tarif élevé de l’électricité et de l’eau. En termes de solutions proposées pour l’amélioration de ce secteur, il a été recommandé de doter les villes et les principales localités de la région d’eau potable, multiplier les forages et les bornes fontaines, renforcer le système d’éclairage public dans toutes les villes et les chefs-lieux de communes, régulariser la fourniture de l’électricité et de l’eau. En termes d’infrastructure et d’équipements, on note les difficultés d’accès de la rive gauche vers la rive droite au niveau du chef-lieu de Région à Ségou, le non-bitumage de certaines voies principales, l’insuffisance de la couverture téléphonique, télévisuelle radiophonique en bande FM ; l’insuffisance de petits barrages de retenue d’eau, la vétusté des bacs (Tamani- Falo, Macina – Ségou). Comme solutions, la Région de Ségou a proposé de construire un pont reliant les deux rives au niveau du chef-lieu de région à Ségou, bitumer les axes routiers Ségou-Fatine, Ségou-Belin, renforcer et étendre la couverture téléphonique, télévisuelle et radiophonique en bande FM à l’ensemble de la région, construire davantage de petits barrages de retenue d’eau partout où il y a le besoin, réhabiliter les bacs défectueux de la région. ADS/MD (AMAP)
Nioro du Sahel : Mission du Conseil économique, social, environnemental et culturel
Nioro, 11 avr (AMAP) Une mission du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) conduite par Mamadou Bala Diakité a séjourné, du mercredi 9 au jeudi 10 avril 2025, à Nioro du Sahel (Ouest) dans le cadre de son recueil annuel des préoccupations, attentes et besoins des populations de la Région. La mission a rencontré toutes les forces vives de la Région dans le souci de recueillir ces données afin de les intégrer dans le rapport annuel qui sera soumis aux autorités du pays. Comme le stipule l’article 165 de la Constitution, le CESEC a pour mission d’être la voix des citoyens, d’identifier les problèmes auxquels ils sont confrontés et de formuler des recommandations pour y apporter des solutions adaptées. Il s’agissait alors au cours de cette rencontre, pour chaque citoyen, d’exprimer librement ses préoccupations et attentes et de contribuer à la construction d’un avenir meilleur pour un Mali plus fort et plus prospère. Cette démarche participative, fondée sur l’écoute et le dialogue, est non seulement salutaire mais aussi essentielle pour renforcer la cohésion sociale, promouvoir un développement équitable et durable et, surtout, rapprocher davantage l’Etat des citoyens. Le chef de mission, Mamadou Bala Diakité, a salué les autorités régionales de Nioro pour la qualité de l’accueil et signalé son attachement à la collaboration active de toutes les parties prenantes, notamment les services techniques, les autorités administratives, les leaders communautaires et les organisations de la Société civile, pour enrichir les discussions et aboutir à un document fidèle aux réalités. Le gouverneur de la Région, le général de Brigade Aly Annaji, a, quant à lui, salué la clairvoyance et l’engagement du président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goita, « dont la vision pour un Mali refondé place le dialogue avec les populations et la justice sociale au cœur de l’action », cette mission du CESEC s’inscrit parfaitement dans cette logique. La visite aux autorités religieuses et aux notabilités de la ville ont mis fin à la mission du. MD/MD (AMAP)
Diéma : Destruction de deux tonnes de poulet impropre à la consommation par la Brigade mobile d’intervention
Diéma, 11 avr (AMAP) La Brigade mobile d’intervention (BMI) de Diéma, (Ouest) a procédé, jeudi 10 avril 2025, à la saisie et à la destruction de près de deux tonnes de poulet de chair d’origine étrangère, impropre à la consommation mais conditionnée dans un conteneur frigorifique et destinée au marché de Diéma, a constaté l’AMAP sur place. La destruction de la cargaison s’est déroulée sur un site, près du village de Fangouné Bamanan, en présence des autorités et de représentants de la société civile. Le préfet de Diéma, Hamadou Yacouba Diallo, a ordonné l’incinération des produits et a salué l’opération. « Sans la vigilance de la BMI, cette opération n’aurait pas vu le jour. » Il a exhorté les commerçants et les populations à collaborer avec les services techniques pour éviter « un tableau sombre d’intoxications alimentaires ». Le chef de la BMI, le commandant Moussa Dabo, a rappelé l’arrêté interministériel n°0916-52 du 8 juillet 2009, interdisant l’importation de viande de volaille au Mali. « L’un des soucis majeurs des autorités de la Transition est la préservation de la santé des populations sur l’ensemble du territoire », a-t-il déclaré, sollicitant l’accompagnement de tous pour empêcher la consommation de produits prohibés. Le représentant du médecin-chef, Dr Badian Togola, a mis en garde contre les dangers de ces produits : « La consommation de ces aliments de conserve pourrait entraîner des maladies diarrhéiques graves. C’est un problème de santé publique auquel il urge de trouver des solutions immédiates. » Il a appelé à une mutualisation des efforts pour dénoncer ces pratiques. Alassane Sidibé, du secteur vétérinaire, a plaidé pour une sensibilisation accrue : « Il faut renforcer la sensibilisation à tous les niveaux pour mieux préserver la santé des communautés. » Il a rappelé les missions de son service, notamment le contrôle des produits d’origine animale, et a encouragé une collaboration renforcée avec les populations. Le président de l’Association des commerçants, Moussa Magassa, a félicité les services des douanes et a promis de sensibiliser ses collègues : « Je ferai un compte rendu fidèle pour une plus large compréhension sur l’infraction réprimée. » Il a invité les commerçants à respecter les textes en vigueur pour protéger la santé des populations. Enfin, le premier adjoint au maire, Abdoulaye Touré, a qualifié l’intervention de la BMI de salvatrice : « Cette opération a permis d’éviter une intoxication alimentaire de grande ampleur. » Il a appelé la BMI à intensifier ses contrôles et les citoyens à signaler tout produit suspect. OB/OS/MD (AMAP)
Sensibilisation pour la libération des servitudes de lits de marigots et collecteurs naturels de Bamako
Bamako, 10 avril (AMAP) Trois membres du gouvernement ont rencontré, ce jeudi 10 avril, au gouvernorat de Bamako les chefs de quartiers et les légitimités traditionnelles ainsi que les maires de la capitale pour une séance d’information et de sensibilisation pour la libération des servitudes des lits de marigots et 11 collecteurs naturelles Les ministres des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Mme Doumbia Mariam Tangara, et de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population, Abdoulaye Touré, ont plaidé l’opération dont le plan d’action a été élaboré et adopté par le Comité interministériel de gestion de crise et catastrophe dans le district de Bamako. Le ministre en charge de l’Urbanisme, Abdoulaye Touré, a rappelé les énormes dégâts et pertes en vies humaines des inondations de 2024. « Ces inondations qui sont dues aux fortes pluies enregistrées ont été aggravées par l’obstruction des passages d’eaux à travers les occupations des servitudes des lits de marigots et les 11 collecteurs du district de Bamako », a dit le ministre Touré. Selon lui, pour minimiser les effets néfastes de possibles inondations à venir, les autorités ont décidé de procéder à la libération des servitudes de lits de margots et les 11 collecteurs naturelles de la capitale. M. Touré a précisé que ce plan d’action prévoit une accompagne de sensibilisation et de communication, la préparation de la libération des servitudes des lits des marigots et des 11 collecteurs naturels de Bamako, la prise de mesures d’accompagnement, les opérations de libération des servitudes des lits de margots, le contrôle et le suivi post libération. « C’est dans le cadre de la mise en œuvre de ce plan d’action que se situe cette rencontre, qui a pour but de demander votre soutien et votre accompagnement pour la bonne conduite de ces actions qui permettront à coût sûr de sauver beaucoup de vies humaines et de limiter des dégâts matériels importants en cas de fortes de la saison des pluies avenir, comme le présage le service météorologique », a expliqué le ministre Abdoulaye Touré. Pour leur part, les chefs de quartiers et les légitimités traditionnelles de Bamako, ainsi que les maires des communes du district de Bamako ont majoritairement apprécié l’initiative et pris l’engagement d’informer et de sensibiliser au niveau leur communauté. ST/MD (
Coopération : Le Japon finance huit projets à 6,6 milliards de Fcfa pour la résilience et le développement durable au Mali
Bamako, 9 avr (AMAP) Le Japon a officialisé, mercredi, à Bamako, le financement de huit projets pour un montant global de 10 650 000 dollars US soit environ 6,6 milliards de Fcfa à mettre en œuvre par certaines agences onusiennes et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), dans le cadre de son budget supplémentaire pour l’année 2024-2025, ont annoncé l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Japon au Mali, Murata Yukuo, et le Coordonnateur résident, par intérim, du système des Nations Unies, Représentant résident du Programme des Nations unies pour le developpment (PNUD) au Mali, Maleye Diop. Lors d’une conférence de presse conjointe organisée à la Maison commune des Nations Unies, à Badalabougou, en présence des représentants résidents des organisations internationales récipiendaires, les conférenciers ont indiqué que cette enveloppe s’inscrit dans le cadre de la coopération multilatérale japonaise visant à répondre aux défis pressants du Mali en matière de sécurité humaine, d’assistance humanitaire et de développement socio-économique. Les huit projets concernent, le renforcement de la durabilité dans le secteur du textile à travers le partenariat avec le secteur privé, la construction de pistes agricoles et de réservoirs d’eau, de canaux d’irrigation en utilisant un agent spécial de durcissement du sol développé au Japon, la stabilisation comme réponse multisectorielle aux femmes et jeunes déplacés dans les régions du Centre du Mali et le renforcement de la résilience et de la cohésion sociale (routes, conservation du sol, moyens de subsistance inclusifs dans la zone péri-urbaine de Bamako). Outre la réponse aux besoins urgents et transnationaux des communautés affectées dans les Régions du Nord, du Centre et du Sud du pays, le financement couvre également les volets assistance alimentaire et nutritionnelle d’urgence aux populations vulnérables au Mali, la protection et l’assistance aux réfugiés, aux personnes déplacées internes et communautés d’accueil au Mali. Le financement japonais couvre aussi les activités d’urgence et de réhabilitation pour le Mali. Le coordonnateur résident par intérim du système des Nations unies et représentant résident du PNUD au Mali, Maleye Diop, a salué « l’engagement exceptionnel du gouvernement japonais en faveur du Mali. » Selon lui, cet évènement est une preuve tangible de cet engagement et « démontre concrètement la volonté du Japon d’accompagner les efforts du gouvernement pour un développement durable du Mali. » Pour le représentant résident du PNUD au Mali, « cet appui financier constitue une contribution essentielle pour renforcer la résilience des communautés maliennes face aux multiples défis auxquels elles sont confrontées. » Il a ajouté que ces projets seront mis en œuvre, par des agences, fonds et programmes des Nations unies. Notamment le Programme des nations unies pour le développement (PNUD), le Bureau international du travail (BIT), le Programme alimentaire mondial (PAM), l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Haut commissariat des nations unies pour les réfugiés (UNHCR), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). « Les projets appuyés par ce financement du Japon couvrent, l’assistance humanitaire pour les populations vulnérables, afin de répondre aux urgences, le soutien à l’entrepreneuriat et à l’innovation, avec l’introduction et la vulgarisation de technologies japonaises innovantes, le renforcement des capacités locales », a expliqué Maleye Diop. Selon une note d’information remise à la presse, à travers cet engagement financier, « le Japon réaffirme sa volonté de contribuer activement à la protection des populations, à la consolidation de la paix et au développement socio-économique durable du Mali. » Selon le conférencier, « ce financement ne se limite donc pas à une simple aide ponctuelle, mais vise à renforcer les capacités locales, permettant ainsi aux communautés maliennes de développer des solutions durables et pour renforcer l’appropriation nationale et leur autonomie. » « Je salue tout d’abord les énormes efforts consentis par le gouvernement de Transition du Mali pour alléger la souffrance des populations. Malgré tout cela, la situation sécuritaire et humanitaire demeure toujours préoccupante, surtout dans les Régions du Centre et du Nord du pays », a introduit l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Japon au Mali. Selon le diplomate japonais, en vue d’accompagner ces efforts, son pays finance, chaque année sur son budget supplémentaire, et cela depuis 2013, dans le cadre de sa coopération multilatérale, certains projets initiés par certaines organisations internationales. Et c’est dans cette logique que le gouvernement du Japon a approuvée, le 17 décembre dernier, le financement des huis projets initiés dans divers domaines par les organisations internationales. « Cet événement est très significatif pour notre coopération de par la qualité des acteurs concernés et l’impact positif que pourraient avoir ces projets », a indiqué Murata Yukuo. Financés, sous forme de don, la réalisation de ces projets permettra de faire face aux défis urgents et imprévisibles qu’affronte le peuple malien par la stabilisation de la situation humanitaire et sécuritaire, selon l’ambassadeur. BBC/MD (AMAP)
Bamako : Le café creuse son sillon face aux traditionnels trois normaux
Par Moussa M. DEMBÉLÉ Bamako, 9 avr (AMAP) À Bamako, le thé longtemps roi dans les « grins » et dans les foyers, cède peu à peu du terrain à une boisson qui séduit, de plus en plus, les jeunes : le café, « noir », comme on le dit dans le milieu des chauffeurs de gros porteurs ou de taxis ou encore de transports en commun, le « p’tit noir », comme on dirait au comptoir d’un bistrot ou devant la machine à café de l’entreprise. De nouveaux produits, notamment le café noir pressé, connaissent un véritable engouement auprès d’une population avide de nouveauté et en quête d’énergie. Boisson stimulante par excellence, le café — obtenu à partir de la torréfaction des graines de l’arbuste Coffea — fait désormais partie du quotidien de nombreux Bamakois, au bureau avec la machine à expresso neuf ou de seconde main, dans la rue avec les vendeurs de café instantané sur des pousses-pousses aménagés en service de café ou au bord de passages fréquentés ou même dans les marchés. Qu’il soit consommé pour le plaisir, la concentration ou la motivation, le café s’impose progressivement dans les habitudes. Yacouba Mallé, étudiant en histoire-géographie à la Faculté des lettres et sciences humaines (FLASH), est un amateur de la petite tasse de noir. « J’ai goûté au café pour la première fois fin 2023, et depuis, je ne peux plus m’en passer. J’ai même abandonné le thé », confie-t-il. À Dialakorobougou, où il réside, il partage cette passion avec d’autres jeunes. Du côté de Yirimadio, un « grin » s’est formé autour de la consommation du café noir pressé. Yaya Coulibaly, ingénieur en topographie et chef du « grin », affirme que cette tendance est apparue courant 2024. Ce sont sept jeunes, qui ont terminé avec leurs études. Certains travaillent, d’autres sont toujours à la recherche d’emploi. Chaque soir, ils se retrouvent au « grin » autour du café. « Avant, nous étions tous amateurs de thé. Aujourd’hui, la plupart d’entre nous préfèrent le café pour sa puissance et son goût plus prononcé », affirme-t-il, assis près de l’appareil à café. « La plupart d’entre nous, trouvent que le café est plus intéressant que le thé. Au « grin », le thé est toujours consommé mais très modérément», a-t-il conclu MARCHE EN PLEINE EFFERVESCENCE – Si certains ont découvert le café récemment, d’autres en sont des consommateurs de longue date. Soucko Diarra, vendeur d’appareils électroniques au quartier du Fleuve, en consomme depuis 1987,et a découvert le breuvage en Côte d’Ivoire. Depuis lors, il est resté toujours accro à cette boisson excitante. « Le café m’apporte motivation et énergie. Quand je n’en consomme pas avant d’entamer mes activités, c’est difficile d’avoir une motivation. Je trouve même que c’est bon pour ma santé », se lance-t-il. « Je peux en boire plusieurs tasses par jour, même avant de manger. Le thé, en revanche, me cause des maux de ventre », confie-t-il. L’engouement pour le café se traduit également sur les étals du marché. À Dabanani, dans au grand marché de Bamako, les vendeurs de café moulu enregistrent une forte demande. Ce mercredi 02 avril 2025. Il est 09h26 précises, sous un soleil ardent, la circulation est encore assez fluide en ce quatrième jour après la fête de ramadan. Les commerçants sont installés au bord de la route qui traverse le grand marché. Ici, ce sont des marchandises, tout genre et tout type confondu : vêtements, chaussures, thé, jus et café noir moulu. Drissa Coulibaly, ancien vendeur de thé, a opéré un virage stratégique vers le café. « Je gagne mieux avec le café. Mes recettes journalières varient entre 50 000 et 250 000 Fcfa grâce aux ventes en gros à des détaillants qui viennent de plusieurs quartiers de la capitale », explique-t-il. Selon Drissa Coulibaly qui évoluait dans la vente du thé et est sur le point d’abandonner au profit de celle du café, « tout le monde s’intéresse au café ces deux dernières années. C’est pourquoi j’ai commencé à vendre du café. « Et je peux dire que je gagne plus dans la vente du café que le thé », dit le grossiste de café, entouré de clients. Le café commercialisé à Bamako provient principalement de la Côte d’Ivoire, un pays qui de production par excellence. Plusieurs variétés sont proposées, mais celle parfumée au gingembre est particulièrement prisée. Les prix oscillent entre 1 000 et 5 000 Fcfa le sachet. Face à cette popularité croissante, les autorités ont renforcé le contrôle des importations aux frontières depuis 2024. Avant, nous importons le produit sans payer mais depuis 2024, nous payons des taxes à la frontière », nous révèle Alou Samaké. Ce vendeur de café au grand marché n’a pas voulu révéler si la vente du café lui rapporte des bénéficies. Toutefois, il confirme qu’il arrive « à mieux s’en sortir. » « Aujourd’hui, beaucoup de Maliens s’intéressent au café même si j’ignore bien les raisons. C’est qui a fait que les autorités ont commencé à contrôler l’importation du café aux frontières », explique notre interlocuteur. Dans la même foulée, un client nous a répondu, sous couvert d’anonymat, qu’il préfère le café au gingembre plus que l’ordinaire. « Chaque semaine, je viens payer un sachet de café », lance-t-il, avant d’effectuer son achat. Avec l’essor du café, les appareils permettant sa préparation connaissent également une hausse des ventes. À Bamako, ces petits outils — souvent vendus entre 2 500 et 4 000 Fcfa — sont de plus en plus présents dans les ménages. « Il y a deux ans, peu de gens s’y intéressaient. Aujourd’hui, je fais de bonnes affaires », témoigne Ali Diarra, commerçant au quartier du Fleuve. BIENFAITS INSOUPÇONNES – Selon le nutritionniste, endocrinologue et diabétologue, Dr Djibril Traoré, le premier avantage à boire du café noir est sa capacité à améliorer la vigilance et la concentration. « La caféine présente dans la boisson stimule le système nerveux central en augmentant l’énergie, améliore la mémoire, l’humeur et la vigilance, signalant aux cellules adipeuses de décomposer les graisses corporelles », a-t-il expliqué. La caféine peut augmenter les niveaux d’adrénaline et libérer des acides gras des tissus
Une mission du Conseil économique, social et culturel à Kolondièba pour recueillir les attentes et préoccupations des populations
Kolondièba, 7 avr (AMAP) Une mission du Conseil économique, social et culturel (CESC), conduite par Alou Konaté, a rencontré lundi les populations des cercles de Kolondièba, Kadiana et Fakola pour recueillir leurs attentes et identifier les problèmes majeurs de la localité. Présidée par le préfet du cercle de Kolondièba, Boubacar Oumar Traoré, cette rencontre a mobilisé l’administration, les collectivités, les services techniques, les Forces de défense et de sécurité, les partenaires au développement, la Coordnation des associations et organisations féminines (CAFO), la jeunesse et la Société civile. Au cours de cette rencontre, la méthodologie a consisté à analyser secteur par secteur l’ancien rapport de 2024. « Certains problèmes soulevés l’an dernier ont trouvé des solutions, d’autres persistent et de nouvelles attentes ont émergé », a résumé Alou Konaté, chef de la mission. Les débats, qualifiés de « passionnés » par les participants, ont permis de passer en revue tous les secteurs de développement. DES DEFIS PERSISTANTS – Dans le domaine de l’agriculture et du maraîchage, les participants ont déploré « l’insuffisance du personnel au service de l’Agriculture et la dégradation des infrastructures hydro-agricoles ». Comme solutions, ils ont proposé un renforcement du personnel et un entretien régulier de ces infrastructures Concernant l’élevage, « l’insuffisance du personnel technique, les difficultés d’approvisionnement en aliment bétail et le manque d’aménagement des mares et abreuvoirs » ont été signalés. « Il faut faciliter l’approvisionnement en aliment bétail, curer les mares et multiplier les points d’eau », a suggéré un éleveur présent. La pêche, faiblement développée, souffre également d’un manque d’agents au service local et d’un retard dans la pisciculture. « Nous proposons une formation et un appui aux pêcheurs, ainsi qu’un renforcement du personnel pour promouvoir la pisciculture », a plaidé un représentant des pêcheurs. DES MESURES URGENTES – La diminution inquiétante de la faune, l’absence d’abreuvoirs pour les animaux sauvages et les dégâts causés par les éléphants ont été évoqués. « Il est urgent de créer des habitats protégés et des points d’eau pour la faune, tout en protégeant les populations et les cultures contre les éléphants », a insisté un participant. Sur le plan environnemental, l’occupation anarchique des forêts classées et la pollution des cours d’eau par les dragues des orpailleurs préoccupent. « Nous devons réglementer l’installation des orpailleurs et dégager les dragues existantes pour préserver nos rivières », a proposé un membre de la Société civile Le réseau d’adduction d’eau de Kolondièba ville, jugé inadapté, et l’insuffisance des réseaux d’eau et d’électricité dans le Cercle ont été relevés. « Le coût élevé de 250 Fcfa par kWh de l’opérateur Yelenkura est un frein », a dénoncé un habitant. Parmi les solutions : réhabiliter les installations hydrauliques, étendre les réseaux et connecter Kolondièba au barrage de Sélingué ou à la Côte d’Ivoire. Dans le domaine des industries et des mines, l’absence d’unités de transformation, d’usine d’égrenage de coton et de comptoirs d’achat d’or a été déplorée. « Installer une usine d’égrenage et organiser les sites d’orpaillage sont des priorités », a suggéré un participant. Enfin, le faible développement de l’artisanat et des sites touristiques a été abordé. « Nous devons promouvoir l’artisanat et aménager les sites touristiques pour attirer des visiteurs », a lancé un artisan local. Tous les secteurs, de la santé à l’éducation en passant par les infrastructures et la sécurité, ont été examinés. Le préfet Boubacar Oumar Traoré a salué la cinquantaine de participants pour leur implication active. « Ces échanges riches permettront de mieux orienter les actions de développement », a-t-il conclu. NK/MD (AMAP)
10ème anniversaire de l’APDP : Un colloque international de deux jours pour le bilan et les perspectives de sa législation
Bamako, 08 avril (AMAP) L’Autorité de protection des données à caractère personnel (APDP) organise à la Faculté des sciences administratives et politiques un colloque international, de du 09 au 10 avril 2025, sous le thème : « la protection des données à caractère personnel : acquis, défis et opportunités pour l’Afrique », en partenariat avec l’université Kurukanga de Bamako. L’évènement vise à mettre en lumière 10 ans de réalisations de l’APDP et à sensibiliser le grand public ainsi que les organismes aux enjeux de la protection des données. Également au cours de ces deux jours d’échange, plusieurs thématiques comme « la conciliation de protection des données à caractère personnel avec les traditions juridiques africaines », « l’université africaine face aux défis de la protection des données à caractère personnel » seront animées par des experts et des présidents d’organes similaires du Bénin, du Burkina Faso, du Niger, du Maroc, de Madagascar, de la République de Guinée et du Sénégal. « le contrôle institutionnel des données personnelles : modèles et effectivité dans un contexte globalisé » ; « les faiblesses des cadres normatifs et institutionnels sur les données à caractère personnel » ; « La protection des données à caractère personnel en République de Guinée : le vide institutionnel facteur d’assouplissement du dispositif juridique », feront aussi l’objet de présentation. Dans un monde où la technologie est en constante évolution, il est important d’adapter la législation pour faire face aux nouvelles menaces et aux avancées technologiques. C’est pourquoi l’APDP a été mise en place en 2015. De cette date à aujourd’hui, le travail de 10 ans de l’organe a porté ses fruits. La cérémonie d’ouverture de ce colloque était présidée par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Bouréma Kanssaye, qui a souligné que l’extension progressive du numérique « à tous les domaines de la vie sociale et économique en Afrique constitue, à la fois, un espoir et une source d’inquiétude au regard des vulnérabilités caractéristiques de nos États et de l’envergure de la fracture numérique au sein de la population. » Le ministre Kansaye a dit que les différents thématiques proposés « augurent d’échanges fructueux qui favoriseront l’éclosion d’idées novatrices à la hauteur des défis actuels et futurs du cyberespace africain, en général et dans le domaine de la protection des données à caractère personnel, en particulier. » Le président de l’APDP, Mamoudou Samasékou a souligné que durant ces deux jours, les échanges scientifiques, les partages d’expériences et les réflexions croisées « permettront non seulement de dresser un état des lieux réaliste des acquis obtenus dans nos pays respectifs, mais aussi de mieux cerner les défis qui nous attendent.» Il s’agit « aussi d’entrevoir, ensemble, les opportunités que nous pouvons saisir pour construire un avenir numérique africain éthique, inclusif et respectueux des droits humains », a-t-il ajouté ST/MD (AMAP)
Prévisions météo hebdomadaires : Entre soleil ardent et pluies localisées
Bamako, 7 avr (AMAP) La semaine du 07 au 13 avril 2025 s’annonce majoritairement ensoleillée sur l’ensemble du Mali, selon les prévisions de l’Agence Mali-Météo publiées lundi. « Le ciel sera clair à peu nuageux, mais la visibilité restera réduite par la poussière en suspension », a indiqué un responsable de la Cellule Communication du Ministère des Transports et des Infrastructures (MTI), précisant les grandes tendances climatiques à venir. La chaleur restera intense avec une hausse continue des températures. « Les maximales oscilleront entre 37°C et 47°C, avec des pics attendus à Kayes (Ouest), Gao, Menaka (Nord) et Nara (Nord-Ouest) », a détaillé l’Agence. Les minimales, quant à elles, varieront entre 19°C et 28°C, les valeurs les plus basses étant prévues dans la région de Kidal (Nord). Une bonne nouvelle vient nuancer ce tableau : des pluies sont attendues dans certaines zones entre mardi et jeudi. « Des averses concerneront le District de Bamako ainsi que les régions de Sikasso, Bougouni (Sud), Kita (Ouest) Dioila et Koulikoro », a annoncé Mali-Météo, offrant un répit bienvenu face à la canicule ambiante. Ces prévisions appellent à la vigilance, notamment dans les zones de forte chaleur, tandis que les pluies localisées pourraient soulager les populations des régions concernées. OS/MD (AMAP)

