Diéma : La vie du monde interlope du quartier Razel
Par Ouka BA Diéma, 01 fév (AMAP) Le quartier Razel, zone commerciale de la ville de Diéma, doit son nom à l’entreprise de BTP qui a effectué les travaux du tronçon Diéma-Sandaré, sur la route de Kayes, dans l’Ouest du Mali. Le quartier est situé à l’intersection des routes Bamako-Diéma-Nouakchott et Diéma-Kayes-Dakar. A l’absence de taxis et de transports en commun, du genre Sotrama, ce sont des mototaxis qui assurent, quotidiennement, la liaison entre le Razel et les quartiers à l’intérieur de la ville, distant de plus d’un kilomètre. Dans cette partie nord de la ville, il existe des boutiques, des magasins, des logements sociaux, des stations-services, le Centre de santé de référence (CSRéf), des bars, des restaurants, des compagnies de transport, des pharmacies privées, la nouvelle gare routière, le marché à bétail, la centrale hydro-électrique, ainsi que plusieurs autres services. C’est là que se trouve le site du futur aéroport. Malgré la situation sanitaire qui prévaut actuellement au Mali, l’ambiance au Razel reste festive. De jour comme de nuit, des gens déambulent, certains, sans destinations précises. Avec la réalisation de différents corridors de transport, on peut affirmer aujourd’hui, sans risque de se tromper, que le Cercle de Diéma est un important centre pour le désenclavement. La route, selon les spécialistes, est cruciale pour le développement, car elle permet de renforcer les échanges commerciaux, d’attirer des investisseurs et, surtout, de favoriser le brassage des populations. Comme le soutient Hady Coulibaly, géographe. Pour lui, « Sans route, aucun développement digne de ce nom n’est envisageable. « Si certains disent : sans eau, pas de vie. Moi, je dirais plutôt, sans route, pas de vie », renchérit l’homme. Plusieurs gros porteurs, en provenance de Dakar, passent la nuit à Diéma avant de rallier Bamako avec leurs cargaisons de marchandises. On dénombre des dizaines de gros porteurs qui obstruent la voie, rendant difficile la circulation. En se rendant dans son champ, sur sa bicyclette, Bouné Keita peine souvent à se frayer un chemin entre des véhicules stationnés dans le désordre. Au Razel, tout coûte cher. Un article à 500 Fcfa en ville, ici, fait le double du prix. « C’est à prendre ou à laisser », s’emporte Mariétou, répondant à un client qui l’a traitée de « téfé » (personne qui cherche à réaliser de grande marges sur ses marchandises). La pomme cannelle importée du Maroc, n’est pas à la portée de tous, de même que les légumes. Selon certains, cette cherté s’explique par le coût du fret que certains commerçants répercutent, selon leurs humeurs, sur le prix de leurs marchandises. Le prix est ainsi à la tête du client. Surtout si celui-ci est un étranger, il hérite d’un prix exorbitant. Au Razel, chacun trouve son compte, Commerçants, entremetteurs, transporteurs, soudeurs, vulcanisateurs, mécaniciens, réparateurs de motos, marchands de bétail, gargotières, vendeurs de café, de thé, vendeuses de « dégué », vendeurs de viande grillée, petits cireurs, tenanciers de débits de boissons, locatrices de chambres de passe, etc. Les mendiants, aussi, gagnent leur pitance. Deux d’entre eux en sont venus aux mains, un jour, pour un billet de banque qu’un généreux passager leur a jeté, en montant dans le bus. Leurs petits camarades ont accouru. Chacun voulait s’accaparer du billet. Ils se tiraillaient. Il a fallu que le donateur les départage. Les malades mentaux ne meurent pas de faim au Razel. Ha ! Tout sauf ça. Ils trouvent de quoi se régaler avec des restes d’aliments qu’ils ramassent ou reçoivent de personnes de bonne volonté. Souleymane Cissé, dit Haoussa numéro 1, qui tient une dibiterie au Razel, exerce son métier depuis 2003. Ce père de 8 enfants se plaint de la cherté des moutons qu’il abat quotidiennement. Il parcourt des kilomètres pour se rendre à la foire hebdomadaire de Fassoudébé pour acheter ses moutons. A l’en croire, il s’acquitte régulièrement de ses taxes d’abattage. Peu de clients se dirigent vers la dibiterie de Bourama Diarra. Des fois, il est désœuvré, « Chacun a sa chance », se résigne-t-il. Il préfère abattre des brebis, car, d’après lui, elles ont plus de chair et coûtent moins chères. « Aujourd’hui, je n’ai rien trouvé à égorger », regrette-t-il, devant son thé sur un fourneau qu’il surveille. Yacouba Sanogo, conducteur de mototaxi égrène quelques difficultés de son métier. Premièrement, la cherté de la vignette. Pour un engin de 2m de long, il faut une vignette de 47 500 Fcfa. La vignette de celui d’une longueur de 1m 70 cm, fait 32 000 Fcfa. Deuxièmement, le prix de la course. Pour faire déplacer spécialement une mototaxi, de la ville au Razel, et inversement, on prenait 1.000 Fcfa avec les clients. Actuellement, beaucoup n’acceptent plus ce tarif », dit-il, en prenant place sur son engin amorti. Lorsque les travaux de la nouvelle gare routière seront terminés, Yacouba Sanogo et ses collaborateurs espèrent obtenir une place pour le stationnement de leurs engins. Cet autre conducteur, Oumar Konaté, se plaint de la multiplicité des motos taxis, qui amenuise ses recettes journalières. « Sinon, dit-il avec insistance, je pourrais gagner plus que ces maigres sous que j’ai en ce moment ». Karamoko Coulibaly, routier, explique qu’à cause de l’état calamiteux de la route, entre Kayes et Dièma, beaucoup de conducteurs préfèrent passer la nuit ici pour se reposer et reprendre des forces. Sur ces mots, l’homme reprend son long et pénible trajet. Une tasse de café, sans pain, chez Adama Traoré, coûte 200 Fcfa. Sa « cafétéria » lui rapportait une recette assez correcte. Mais, avec la pandémie du coronavirus, ses clients se font rares. Makan Dicko, propriétaire de dépôt de boissons au Razel, se frotte les mains. Il peut vendre par jour 80.000 à 100.000 Fcfa. Beaucoup de gens y viennent passer commande. La boisson en canette de 12 unités coûte 7.000 Fcfa, alors que la douzaine en bouteille est vendue à 2.000 Fcfa. Le restaurant de Bavieux Koumaré est bondé de clients. Lorsque les passagers des différents bus débarquent, c’est l’affluence. Ces cinq employés sont débordés. A ce rythme, il compte augmenter le nombre de serveurs. Seydina Diop est routier. Il dit éviter d’acheter de la viande grillée des rôtisseries (Dibissogo), en cours de voyage, « pour ne pas, explique-t-il, avoir des problèmes
Le Mali 129e dans le classement 2020 de Transparency international
Bamako, 31 Janv (AMAP) Le Mali occupe le 129è rang sur 180 pays, dans le classement 2020 de Transparency international, contre la 130è place au classement de 2019, indique le rapport de l’ONG internationale de lutte contre la corruption publié le 28 janvier dernier. Dans le classement des pays africains, dont les efforts de lutte contre la corruption ont été évalués, en 2020, le Mali vient à la 29ème place sur les 54 candidats. Les quatre premiers champions de la lutte contre la corruption en Afrique sont les Seychelles, le Botswana, le Cap-Vert et le Rwanda. Le Sénégal est 8ème, le Burkina Faso 14e et la Côte d’Ivoire 20e . A travers l’Indice de perception de la corruption (l’IPC), l’ONG Transparency international classe 180 pays et territoires, en fonction du niveau de corruption dans le secteur public, tel qu’il est perçu par les experts et les hommes d’affaires. L’Indice utilise une échelle de zéro à 100 dans laquelle zéro correspond à un système très corrompu et 100 à un système très faiblement corrompu. Selon Transparency international, les données de 2020 montrent qu’en dépit de certains progrès, la plupart des pays ne parviennent toujours pas à lutter efficacement contre la corruption. Le Mali marque un score de 30 sur l’IPC. Les pays en tête du classement mondial de l’IPC, ceux qui ont un niveau de corruption très faible, ont un score de 88. Il s’agit du Danemark et la Nouvelle-Zélande suivis par la Finlande, Singapour, la Suède et la Suisse, avec un score de 85 chacun. Les pays en bas du classement sont le Soudan du Sud et la Somalie, suivis par la Syrie, le Yémen et le Venezuela. MDD/MD (AMAP)
Mali : Le Conseil national de transition adopte un accord de financement en faveur de l’Energie
Bamako, 31 Janv (AMAP) Le Conseil national de transition (CNT) a adopté, samedi, le projet de loi autorisant la ratification de l’accord de financement entre le gouvernement et l’Association internationale de développement (IDA) relatif au programme de financement de la politique de développement du commerce régional de l’énergie en Afrique de l’Ouest-Mali. Par cet accord, l’IDA accorde au gouvernement malien un financement d’un montant de dix-huit milliards cent quatre millions quatre cent treize mille deux cent (18.104.413 200) Fcfa. Le financement est assorti d’un don de 16,5 milliards de Fcfa. Les membres du Conseil national de transition présents et par procurations, en séance plénière, dans la salle Djéli Baba Sissoko, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), ont accordé, à 101 voix pour, zéro contre et zéro abstention, leur quitus au gouvernement en faveur de ce financement destiné à assurer aux populations la fourniture de l’énergie. L’adoption de cet accord est intervenue après la demande de la Commission du développement rural, de l’environnement, de l’assainissement, de l’eau et de l’énergie et des explications détaillées fournies par le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré. Aux termes de leurs discussions, les membres du CNT ont, ainsi, adopté le projet de loi ratifiant l’accord de financement entre le gouvernement malien et l’IDA, le guichet du Groupe de la Banque mondiale pour les pays à faible revenu. Ce projet de loi, initié par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a été adopté par le Conseil des ministres le 21 janvier dernier. Le projet vise le remboursement du marché régional de l’électricité au niveau de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). En effet, dans le cadre de la recherche de solutions aux problèmes de paiement de factures d’électricité, en tant qu’importateur, ou de non fourniture de la puissance électrique, une directive de la CEDEAO a été créée et est relative à la sécurisation des échanges transfrontaliers d’électricité. Pour la mise en œuvre de cette directive, la Banque mondiale a proposé deux instruments : la mise en place d’un programme d’aide budgétaire régional d’un montant de 300 millions de dollars et la création d’un Fonds renouvelable de soutien aux liquidités (FRSL) axé sur le commerce de l’électricité dans la région, afin de renforcer la liquidité des acteurs. Le remboursement de ce prêt va s’étaler sur une période de trente-deux ans, après un délai de grâce de six ans. OD/MD (AMAP)
Crise cotonnière au Mali : Le ministre en charge de l’Agriculture à la recherche d’un dénouement heureux
Bamako, 30 Janv (AMAP) Le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Mohamed Ould Mahmoud, a appelé les producteurs de coton des Régions de Sikasso et Koutiala, les 27 et 28 janvier dernier, à faire des propositions concrètes pour régler définitivement la crise qui secoue le secteur, a constaté l’AMAP. Dans le cadre des assises nationales sur le coton, le ministre Mohamed Ould Mahmoud, à la tête d’une forte délégation d’acteurs du coton, a effectué une mission de supervision des ateliers régionaux des assises sur le coton, dans les filiales Sud et Nord-Est de la Compagnie malienne pour le développement textile (CMDT), à Sikasso et Koutiala. Mohamed Ould Mahmoud a demandé aux paysans de travailler, pour relever, ensemble, le défi et, surtout, de dépasser les petites incompréhensions. « Nous allons travailler, main dans la main, pour que les choses soient transparentes, claires, que nous fixions les prix ensemble, que nous décidions, ensemble. Mais, le plus important est le produit du coton », a-t-il promis. Le ministre a, aussi, instruit les producteurs à faire de meilleures propositions « pour résoudre, une bonne fois pour toute », la crise cotonnière. Selon lui, il y va de l’intérêt de tous les acteurs du coton. « Nous n’allons pas accepter que la CMDT tombe dans les défaillances qui sont liées à de petites questions de détail pendant que nous avons beaucoup plus intérêt à être ensemble, à avoir plus de cohésion, à voir et regarder l’avenir, en faisant des propositions qui peuvent mieux apporter à l’Economie du Mali, au bien-être du monde rural et, même, à nos familles à Koutiala, à Sikasso ou ailleurs », a-t-il déclaré. Le président de la Confédération des producteurs de coton de Koutiala, N’Fa Coulibaly, a abondé dans le même sens. Selon lui, c’est la troisième fois, en moins deux mois, qu’un ministre vient chez eux pour parler du coton. Il a invité les paysans à s’engager réellement pour trouver une solution définitive à la crise cotonnière qui n’arrange aucunement les acteurs du secteur. Le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche a présenté et confié le nouveau PDG de la CMDT, Dr Nango Dembélé, aux producteurs de coton. Les assises sur le coton ont été officiellement lancées le 18 janvier dernier. Elles doivent contribuer à la relance de la culture cotonnière en vue de la rendre compétitive, rentable, stable et durable. OD/MD (AMAP)
La Banque atlantique Mali s’engage à financer l’entreprenariat féminin
Bamako, 29 Janv (AMAP) Le directeur de la Banque atlantique Mali, Habib Bledou, et la directrice régionale de Proparco pour l’Afrique de l’Ouest, filiale de l’Agence française de développement (AFD), dédiée au secteur privé, Fatoumata Sissoko-Sy, ont signé, jeudi, une convention de garantie Euriz de 500 millions de Fcfa, destinée à favoriser l’octroi de crédits à terme aux Petites et moyennes entreprises (PME) maliennes, principalement détenues par des femmes. Ce partenariat s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du programme de financement intitulé : «Entreprenariat féminin, la Banque atlantique s’engage !». Lancé en mars 2020, il est doté d’une enveloppe d’un milliard de Fcfa. A travers cet accord avec le groupe AFD, la Banque atlantique s’engage à financer des projets de développement portés par des femmes, tous secteurs confondus. Pour le directeur général de la Banque atlantique Mali, ce partenariat confirme l’engagement de son institution dans le financement de l’entrepreneuriat féminin, à travers l’accompagnement des PME et le développement de solutions de financement innovantes des entreprises détenues par les femmes. Habib Bledou a, aussi, rappelé que la Banque atlantique, à l’occasion de la Journée internationale de la femme, avait lancé, l’année dernière, une offre afin de favoriser et développer l’entrepreneuriat féminin au Mali. Il s’agissait de mettre en place des lignes de financement adaptées pour des projets bancables portés par des femmes entrepreneures. Cette initiative a tout de suite inspiré le groupe AFD, à travers Proparco qui, depuis, a mis les bouchées doubles pour accompagner cette action via une garantie portefeuille. «Grâce à cette synergie, nous espérons pouvoir financer jusqu’à une trentaine de femmes entrepreneurs cette année via cette enveloppe d’un milliard de Fcfa garantie par Euriz à hauteur de 500 millions de Fcfa» a expliqué M. Bleou. “Les PME représentent jusqu’à 90% des entreprises au Mali. Elles constituent l’essentiel du tissu économique malien et sont, par conséquent, un segment de clientèle important et même stratégique pour les institutions financières”, a dit Fatoumata Sissoko-Sy. Les femmes font face à plusieurs difficultés lorsqu’elles doivent faire financer leurs projets par des banques. Une de ces difficultés, est le manque de garanties foncières. Cette garantie d’un montant de 500 millions de Fcfa prévoit de faciliter l’accès aux crédits des femmes entrepreneures avec un objectif total de financement d’un milliard de Fcfa. La directrice de Proparco a expliqué que Euriz est un dispositif développé par le groupe AFD, avec le soutien de l’Union européenne et du Groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique permettant aux institutions financières de couvrir, partiellement, leur risque de crédit. Ce projet intègre l’initiative française Choose Africa du groupe AFD en faveur des PME africaines. Il doit soutenir le développement des PME, en facilitant leur accès aux crédits et en favorisant la création d’emplois. Le représentant de l’UE a salué cette initiative qui permettra à plusieurs opérateurs économiques maliens d’avoir accès à un financement afin de développer davantage leurs activités, d’accroitre leur production et de créer plus d’emplois durables. “Le gouvernement du Mali, avec l’appui des partenaires techniques et financiers et le secteur privé, devra certainement contribuer à ce que cela ne soit pas un exemple isolé car les pays de l’UE sont persuadés que celle-ci représente la voie à suivre pour un développement économique durable et inclusif du pays”, a déclaré Mitia Gorguinpour. ADS/MD (AMAP)
La douane malienne a saisi six tonnes de cannabis à Koutiala (Sud)
Bamako, 30 Janv (AMAP) Les services de la direction régionale des douanes de Koutiala (Sud) ont saisie, mardi dernier, six tonnes de cannabis d’une valeur marchande estimée à 16 milliards de Fcfa, dans le secteur de Karangasso, à 45 km de Koutiala, dans le Sud du Mali. Selon les précisions des services douaniers, c’est suite à des informations reçues que les douaniers se sont rendus dans un hameau de la localité de Karangasso. Une fois sur place, les douaniers ont découvert deux maisonnettes servant de magasin, dont la fouille a permis de découvrir plusieurs sacs contenant des briques de cannabis. Cette importante saisie a été réalisée par des inspecteurs et contrôleurs des douanes, Abdoul Karim Dembélé, Amadou Diadié Coulibaly, Ousmane Koussoubé et Soumaila Niono. MT/MD(AMAP)
Evaluation environnementale et sociale stratégique du secteur des mines : Les travaux ont démarré
Bamako, 27 Janv (AMAP) Le Projet de gouvernance du secteur des mines (PGSM) a initié, mercredi, un atelier de démarrage des travaux de l’évaluation environnementale et sociale stratégique (EESS) du secteur des mines au Mali. Intervenant lors de cet atelier présidé par le conseiller technique, chargé des mines au niveau du département, Lassana Guindo, le spécialiste en sauvegarde environnementale et sociale du PGSM, Dr Baba Faradji N’Diaye, a expliqué que le PGSM est un projet dédié à la promotion de l’activité minière au Mali. La nature du projet exige la réalisation d’une évaluation environnementale et sociale stratégique pour tout le secteur minier malien. Afin d’évaluer les impacts et les risques environnementaux et sociaux de l’activité minière et proposer des solutions pour sa pérennisation. « Le bureau d’étude français Sofreco a été recruté pour ce faire », a rappelé l’expert. « La prise en charge de la question environnementale dans l’activité minière est d’une extrême importance », a soutenu, pour sa part, le conseiller technique, Lassana Guindo. Il a remercié la Banque mondiale pour son soutien constant dans les efforts de développement économique et social du Mali, en général et dans le secteur minier, en particulier. « L’objectif du gouvernement, en la matière, est de rendre possible l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030 », a expliqué M. Guindo. Cela en se fondant, selon lui, sur les potentialités et les capacités de résilience pour la promotion d’un développement inclusif en faveur de la réduction de la pauvreté et des inégalités dans un Mali apaisé et uni. « Dans cette dynamique, le secteur minier est considéré comme un gros contributeur. Nous devons donc travailler de façon ardue à son développement avec la mise en valeur de notre riche sous-sol », a-t-il dit. Selon lui, tous les spécialistes s’accordent à dire que le potentiel minier malien est immense. Des gisements importants d’or ont été découverts à travers le pays. « La recherche d’autres substances minérales se poursuit. Pour traduire ce capital minier en développement durable, le Mali devra faire face à de grands défis qui englobent les enjeux environnementaux et sociaux, tout en reconnaissant que les projets miniers sont caractérisés par leur impact environnemental et social », a-t-il affirmé. Par ailleurs, Lassana Guindo a souligné qu’il devient impérieux, au début de chaque projet minier et même pendant son déroulement, d’évaluer ses risques et impacts. Le but est, selon lui, d’optimiser les avantages environnementaux et sociaux pouvant découler de la mise en œuvre des investissements miniers, notamment la protection de l’environnement actuel et futur et les effets durables du développement de l’exploitation des ressources naturelles à l’équilibre des écosystèmes. L’EESS, qui sera réalisée par le Bureau d’études Sofreco, permettra d’analyser, de façon systématique, les risques environnementaux et sociaux associés à n’importe quel type de projet minier : recherche ou exploitation. Toutefois, l’étude se penchera sur les aspects exploration, exploitation, organisation sectorielle, investissement, aménagement, technique, économique, gestion des revenus. « Elle fera des propositions sur les dispositions globales à prendre pour garantir la durabilité du secteur », a assuré Lassana Guindo. L’évènement a eu lieu en présence du coordinateur du PGSM, Hamara Touré, du représentant de la Société française de formation et conseil (SOFRECO) Pierre Martz et de nombreux représentants des sociétés minières. MS/MD (AMAP)
Le casse-tête des commerces dans les rues à Bamako
Par Mohamed TOURÉ Bamako, 27 Janv (AMAP) Le dos tourné à la grande voie sur laquelle défile un ballet continu d’automobilistes et de motocyclistes, Adama Kanouté, la trentaine, recouvre ses marchandises de bâches en plastique pour les protéger de la poussière. Le jeune homme s’est spécialisé dans la vente de jouets pour enfants. Dans ce bazar, des voitures et motos miniature, des poupées, des peluches d’une myriade de couleurs vives sont exposées à la lisière de la chaussée. Cette panoplie de jouets attire les yeux admiratifs des enfants qui passent. Des deux côtés de la route, pourtant très fréquentée par les usagers, sont alignés de nombreux commerçants qui, comme Adama, exercent leur business au bord de la route. L’ambiance de cette rue devenue désormais « marchande » est agrémentée par une radio dont les hauts parleurs crachent du rap local au grand bonheur du groupe de commerçants. Adama Kanouté et son grand frère, Tahirou, vendent des jouets devant la Bibliothèque nationale depuis plus d’une dizaine d’années. La plupart de leurs marchandises sont de fabrication chinoise. Certains produits, comme les vélos, proviennent du Nigeria ou du Ghana, selon Tahirou Kanouté. Le commerçant a préféré l’activité de vendeur de rue au métier de tailleur, qu’il a quitté parce qu’il avait du mal à recouvrer ses créances auprès des clients. « Dieu merci ! Je ne regrette pas mon choix. Je préfère ce métier à la couture. Avec mon diplôme en dessin bâtiment, je n’ai pas pu avoir un emploi dans ce secteur. Mais, depuis que je me suis lancé dans le commerce en 2008, je m’en sors. Je subviens à tous les besoins de ma famille », confie Tahirou. L’allure de pacotilles que peut dégager les articles étalés au bord de la chaussée n’enlève rien à leur valeur marchande. Certains modèles de jouets représentant des voitures et des motos en miniature ne coûtent pas moins de 100.000 Fcfa. « Pour les modèles les plus rares, les prix peuvent s’envoler autour de 300.000 à 500.000 Fcfa », précise le vendeur installé sur une chaise longue. Les passants sont les principaux clients des commerçants qui ont colonisé les bordures des grandes artères. Leurs marchandises sont aussi prisées, selon Tahirou, par une clientèle fidélisée qui préfère acheter au coin de la rue plutôt que de se rendre dans les grands magasins. « Il nous arrive même d’avoir des commandes à l’intérieur du pays, notamment de Ségou, Nioro, Kayes et Mopti, entre autres », lance le négociant. Masques sur le nez, deux petits garçons se montrent très admiratifs devant une moto en miniature de couleur blanche. Les deux enfants accompagnent leur père, Saer Seck, un ressortissant sénégalais résident à Bamako. Le père ne résiste pas aux sollicitations de ses rejetons. Il achète le simili bolide. Désormais client fidèle de Tahirou, il explique acheter depuis plus de trois ans les jouets de ses enfants chez les vendeurs à l’étal. « Ces gars sont moins chers que les magasins de vente de jouets », se justifie le père, derrière son masque. Il soutient ne pas avoir de problème avec des commerces en pleine rue. Mieux, pour Saer Seck, les installations « les harmonisent et les embellissent. C’est beau, c’est mieux que s’il y avait des tas d’ordures ici ». En 2008, de l’aveu de Tahirou, quand il s’installait, les vendeurs n’étaient pas si nombreux qu’aujourd’hui. De nombreux kiosques, étals et commercse en tout genre ont spontanément essaimé plusieurs artères de Bamako. A quelques mètres de Tahirou et son frère, autour du monument Kwamé Nkrumah, une dizaine d’autres vendeurs occupent les trottoirs. Ici, tout se vend ou presque : de la poterie, des récipients en plastique, les classiques jouets pour enfants, des objets ménagers, de la friperie… Tout un écosystème commercial qui s’est développé dans cet environnement. Les passants, motocyclistes et automobilistes sont obligés d’user de vigilance mais surtout de dextérité pour esquiver les marchandises. C’est à cet endroit que le jeune Ibrahim Cissé a installé ses articles, au pied du mur d’une cour abandonnée et en face de la grande voie. A 21 ans, il gère son business avec ses deux jeunes frères qui lui servent d’aides. Ibrahim Cissé a abandonné l’école en 8ème année fondamentale. Après de multiples petits métiers dont la menuiserie, la réparation de moto, il s’est reconverti en vendeur de jouets depuis six ans au bord de cette voie publique. DIFFICULTÉS – Le problème de Tahirou, Ibrahim et la grande majorité des vendeurs établis le long des rues et ruelles de Bamako, est qu’ils n’ont pas d’autorisation pour leur activité et sont complètement dans l’informel. Ils pratiquent leur activité économique dans des conditions d’extrême précarité et sont exposés à de multiples risques. En plus du danger de la circulation routière, le vol des marchandises est monnaie courante dans ce milieu. Les articles, étalés en plein air, sont des cibles faciles pour les voleurs qui opèrent souvent de nuit. Selon Tahirou, en treize ans d’activité, il a été cinq fois victime de vol. « Il y a trois ans, je me suis fait voler toute ma marchandise d’une valeur d’au moins 3,5 millions de Fcfa. La dernière fois, en août 2020, on m’a subtilisé une marchandise de plus de 1 million », témoigne le vendeur en exhibant, à l’appui de ses dires, une déclaration de vol faite au commissariat du 2ème arrondissement de Bamako. Pour circonscrire le vol, les vendeurs ont engagé un gardien de nuit qui surveille les marchandises exposées en plein air Mais, la principale difficulté liée à cette activité reste son caractère illégal et anarchique. Les marchandises sont exposées sur l’espace public, donc les opérations de déguerpissement peuvent survenir à tout moment. Comme ce fut le cas en 2017, environ 2.700 petits commerçants avaient été déguerpis des espaces publics sur ordre de Mme Amy Kane, alors gouverneur de Bamako. Les vendeurs se souviennent toujours de cet épisode douloureux. « 2017 a été vraiment une année noire pour nous. Sur ordre du gouvernorat, nos marchandises ont été saisies et on ne les a plus retrouvées.
L’Office du Niger : La douloureuse histoire d’un projet démesuré
Dr Ibrahim MAIGA Fruit d’une grande conspiration bureaucratique et capitaliste, dans le fond, un mensonge génialement astiqué, l’Office du Niger, cet immense projet de colonisation des terres agricoles du Soudan français, à partir des eaux du fleuve Niger, n’a jamais pu atteindre ses objectifs. Et pour cause. Dans cette série, nous faisons un recours à l’histoire agricole pour tenter d’apporter un éclairage sur les facteurs qui hypothèquent aujourd’hui cette entreprise, legs de la colonisation française. De nos jours, le projet gargantuesque se résume principalement à la Région de Ségou, alors que l’idée originelle, outre, les terres de Sotuba et de Baguineda, atteignait l’actuel Cercle de Diré, dans la Région de Tombouctou. C’était même la plus grande des entreprises de toute l’Afrique occidental française. Qu’en est-il véritablement de nos jours ? Le recours à l’histoire s’impose. D’abord, parce que la mise en place de cette infrastructure a généré des connaissances, mis en contact des personnes d’origines diverses. Ensuite, parce que plusieurs des mythes qui continuent de plomber l’essor de l’Office du Niger, ne trouvent leur compréhension que dans ce processus historique. Au-delà des chiffres, plusieurs spécialistes des politiques agricoles qui ont travaillé sur le sujet ont conclu que l’Office du Niger reste le « cas » symptomatique d’un échec patent. À la base, Emile Bélime, l’ingénieur français des Travaux Publics qui pouvait revendiquer une certaine expérience dans la capitalisation des principes d’irrigation éprouvés par les Britanniques en Inde et en Egypte. Bélime n’était pas loin d’un « illuminé ». Mis en mission en 1919, afin d’étudier la faisabilité de l’irrigation dans le delta central du Niger, Emile Bélime écrivit un rapport plein d’enthousiasme et d’approximation. Jean-Loup Amselle et son équipe ont compulsé, plusieurs décennies après, les conclusions de l’ingénieur considéré alors comme le plus grand spécialiste français de l’irrigation. Il faut reconnaître que dans le monde de l’après-première guerre mondiale, Bélime savait vendre l’espoir. Le « Soudan français pourrait être l’un des plus grands champs de coton du monde… pour le plus grand bénéfice de nos industries textiles », rapporte (Jean-Loup Amselle et son équipe dans l’étude intitulée « l’évaluation de l’Office du Niger au Mali, 1985). Bélime proposait à l’Etat français de réaliser un « vaste programme d’aménagement » qui dans le long terme devait permettre à la France d’avoir « progressivement » les moyens de se passer du coton américain et anglais. Dans le principe, Bélime a compris qu’il était possible de redonner vie au delta mort du Niger par une domestication du niveau d’écoulement des eaux de surface. Il lui faut un levier qu’il va situer à Markala. Mais déjà Jean Loup Amselle et son équipe ont fait un terrible constat qui est que la création de l’Office du Niger relevait d’un cas caractéristique d’une économie dominée par la puissance coloniale. Ils précisent que les intérêts des populations locales n’ont pas été pris en compte. « Tout au plus s’est-on préoccupé d’éviter aux populations (main d’œuvre ou clientèle potentielle) de mourir de faim », rappelle Amselle. (P. 8). Le rapport ajoute : « Justifiée par les besoins en coton de la puissance coloniale, soutenue par les visées nationalistes françaises, la création de l’Office du Niger fut ainsi décidée en l’absence de toute justification concernant son intérêt économique et social pour le Soudan lui-même. » (P.9). Mais, il fallait, dans le contexte de l’époque, plus pour arrêter l’élan de Bélime. Il avait des soutiens de taille parmi les nationalistes, les milieux politiques pétainistes qui visaient des objectifs loin de la politique. Les rapports de Bélime ont été produits en 1929. Ils ont été approuvés par le ministère des colonies en 1931, nonobstant des insuffisances apparentes. Rapidement, l’Office du Niger a été mis sur les fonts baptismaux en 1932 sous la forme juridique d’un « établissement public ». Il aura la personnalité civile et l’autonomie financière ». Presque naturellement, c’est Bélime qui été placé à la tête de l’entreprise pour une période qui va durer dix ans, jusqu’en 1942. Le mandat initial confié à l’Office du Niger tenait en deux points : mener l’étude de l’aménagement et mettre en valeur la vallée du Niger. La substance de ce mandat devait trouver sa réalisation dans la mise en valeur du Delta central à partir de l’irrigation et la mise en culture de 510.000 hectares en coton et 450.000 hectares en riz, soit 960.000 hectares au total. Ce n’est pas tout, car après avoir redonné vie à un delta mort depuis des millénaires, il faut des hommes. Bélime et ses amis vont chercher ces hommes dans tout le Soudan et même en Haute-Volta, soit initialement 300.000 colons et leurs familles. Il faut aussi de l’argent. Dans un dépliant de communication du Comité du Niger de 1921 on pouvait lire ceci : « si l’œuvre est géante, l’heure commande l’initiative et, quant aux moyens d’exécution, le génie de la France y pourvoira ». Les 262 millions de francs nécessaires à l’opération seront mobilisés par l’Etat, à travers des emprunts. LA CONTESTATION – De son concept initial à nos jours, l’Office du Niger a toujours eu ses détracteurs. En 1939, déjà, soit sept ans seulement après sa création, Pierre Herbart, aux termes d’une visite de terrain rigoureuse, a parlé, à la place de l’Office du Niger, de « Chancre du Niger ». (Collection Tracts (1934-1939), Gallimard ). Herbart est sans concession quand il indexe et dénonce « la malfaisance […] d’un système », « son pouvoir de multiplication, ruinant l’ensemble d’une contrée ». Son document est une propédeutique. Sur la venue même de Bélime au Soudan, il faut lire « l’Historique des Essais cotonniers dans la vallée du Niger de 1903 à 1923 » de J. Vuillet (Journal d’agriculture traditionnelle et de botanique appliquée, 1939), pour bien se situer. « Lors de l’arrivée de M. Béltme au Niger, en 1920, les possibilités d’irrigation offertes par la vallée de ce fleuve avaient été déjà l’objet d’études successives d’agents du service d’agriculture de la colonie et de différents chargés de mission. Parmi les premiers, je citerai M. Vitalis,
Marché du ciment : Tendance baissière
Par Babba B. COULIBALY Bamako, 22 Janv (AMAP) Après avoir atteint la barre de 125.000 Fcfa, la tonne du ciment connaît un fléchissement depuis quelques jours. La tonne est vendue entre 95.000 et 110.000 Fcfa, selon les endroits. Variation qui serait, sans doute, due aux écarts entre les prix au moment de l’achat du produit par les quincaillers auprès des vendeurs en gros et autres distributeurs agréés. « Cette stabilisation progressive du prix du ciment s’explique par la reprise normale des activités de production au niveau de Diamond et l’acheminement de centaines de chargements en provenance de Dakar, au Sénégal », explique la direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCCC). Qui, l’on s’en souvient, l’avait annoncée. Cette analyse est partagée et confirmée par des vendeurs de ciment que nous avons rencontrés mercredi. « Aujourd’hui, avec la reprise des importations, le ciment est disponible dans les magasins et le prix a un peu chuté », soutient Karamoko Koné, gérant de quincaillerie à Kalaban Coura. Il vend exclusivement le ciment importé du Sénégal et estime que la tonne pourrait être cédée à nouveau à 90.000 Fcfa, avec surtout la fin des grèves au Mali et au Sénégal. Le promoteur d’une quincaillerie confirme, également, que la tonne est cédée entre la fourchette de 105.000 à 110.000 Fcfa. « Nous avons eu un entretien avec le ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion des Investissements. Les quincailleries, les usines de production, les grossistes, les transporteurs et la DGCCC ont pris part à cette rencontre, qui, je l’avoue, a été très fructueuse », ajoute Lamine Traoré. Un communiqué publié sur la page Facebook de la DGCCC abonde dans le même sens. « Lors de sa rencontre avec les acteurs du secteur, le ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion des Investissements s’est engagé à poursuivre les efforts pour régler définitivement les difficultés auxquelles sont confrontés les unités en vue de leur permettre d’atteindre leur pleine capacité avant la fin de la période de transition », rapporte la structure en charge de la régulation du contrôle des prix des biens et services En attendant, les prix sont encore loin des 90.000 Fcfa d’avant. Il appartient aux autorités en charge du commerce de faire appliquer les prix conformément aux promesses faites par les cimenteries au moment de leur implantation ou de l’inauguration des usines. « Nous espérons sur une baisse dans les jours à venir », ajoute la direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence. Elle précise que le prix du ciment n’est pas homologué au Mali. AUTOSUFFISANCE – Toutefois, dans le cadre de leur convention d’établissement, les trois usines ont accepté de fixer leur prix carreau-usine à 87.000 Fcfa, c’est-à-dire sans remise et sans les frais d’approche. « Ce prix carreau-usine est resté inchangé, cependant la remise qui permettait aux distributeurs de faire face à la concurrence du ciment importé a été supprimé durant la crise », analyse-t-elle. Avant d’assurer que la structure du prix carreau-usine sera révisée et un avenant à la convention d’établissement sera négocié afin de parvenir à la fixation d’un prix plancher et d’un prix plafond du ciment local. Rappelons que le Mali poursuit sa longue, mais rassurante marche vers l’autosuffisance en ciment. En effet, le marché malien du ciment a enregistré une croissance de 5% en 2019, pour atteindre près de trois millions de tonnes. De 750.000 tonnes en 2018, l’industrie malienne du ciment a injecté sur le marché 1.135.000 tonnes en 2019, soit une croissance de 51% d’une année à l’autre. Les trois cimentiers sénégalais (Ciments du Sahel, Sococim et Dangote), principaux fournisseurs du marché malien, ont globalement vu leurs ventes chuter de 13%, passant de 1,9 million de tonnes en 2018 à 1,6 million de tonnes en 2019. A l’inverse, la production locale a porté sa part de marché à 41%, contre seulement 28% en 2018. Trois sociétés de production sont présentes sur le marché national. La plus ancienne est Diamond Cement, avec deux sites de production à Gangotérie (Kayes) et à Dio (Koulikoro). Son capital est contrôlé à 90% par le groupe indien Wacem S.A, le gouvernement y étant présent à hauteur de 10%. Sa capacité de production pourrait atteindre un million de tonnes par an. Le deuxième producteur est le groupe marocain Ciments de l’Afrique (Cimaf), installé à Diago, pour une capacité de 500.000 tonnes de ciment par an, extensible à un million de tonnes. La dernière venue est Ciments et matériaux du Mali, filiale à 95% de Sococim, le leader sénégalais du ciment. Sa production a démarré en septembre dernier. Elle vise une production d’un million de tonnes par an. Avec la présence de ces trois industriels ayant fortement investi au cours des dernières années, le marché malien du ciment devrait atteindre l’autosuffisance dans les années à venir. Cela devrait permettre un approvisionnement régulier ainsi qu’une stabilité des prix fortement chahutée ces dernières semaines. En attendant, la mise en œuvre des mesures annoncées soulagera les consommateurs, dans un pays où chaque famille veut avoir un toit propre. BBC (AMAP)

