Fin des Assises nationales sur le coton : De fortes recommandations
Bamako, 9 fév (AMAP) Les Assises nationales sur le coton, qui ont pris fin, lundi, à Bamako, ont recommandé de valoriser la production nationale par le renforcement des capacités des unités de production existantes. Réunis au Centre international de conférences de Bamako (CICB), les acteurs de la filière coton, ont également proposé de construire de nouvelles unités de transformation et d’accompagner les tisserands traditionnels. Les Assises nationales sur le coton ont pour objectif de contribuer à la relance de la culture du coton au Mali, en vue de la rendre plus résiliente, compétitive et durable. Les travaux ont, également, retenu, pour la gouvernance des organisations, de séparer les fonctions des syndicats de celles des unions de coopératives, d’accorder une importance particulière aux activités de soutien à la filière cotonnière, de prendre en compte l’Office de la haute vallée du fleuve Niger (OHVN) au niveau de l’Inter Profession Coton (IPC), d’adopter une nouvelle clé de répartition du supplément de rémunération et des frais de fonctionnement du coton graine des structures coopératives au bénéfice des producteurs à la base. Concernant le mécanisme d’approvisionnement et de financement des intrants et la subvention de l’Etat aux producteurs de coton, les participants ont recommandé, notamment, le maintien de la subvention sur les engrais sous sa forme actuelle (subvention sur le prix des engrais) pour relancer la production cotonnière dès la campagne agricole 2021/2022. Ils ont retenu le transfert de la subvention sur le prix à la production, à partir de la campagne agricole 2022/2023, le transfert à la CMDT, de la fonction d’approvisionnement en intrants de qualité sur une période de deux ou cinq ans, au regard des insuffisances actuelles du GIE et de l’ampleur des questions de gouvernance qui ont contribué à détériorer le climat de confiance entre les producteurs. Désormais, les organisations de producteurs seront impliquées dans le processus d’acquisition et veilleront à la transparence des opérations, ont recommencé les participants. Ils ont exhorté le gouvernement à s’impliquer, davantage, dans le contrôle de la subvention des intrants agricoles. Pour la relance de la culture du coton les participants ont proposé, entre autres, de fixer un prix incitatif au kilogramme de coton graine et diminuer, autant que possible, le prix des intrants et des matériels agricoles, rendre gratuites les semences de coton aux producteurs, promouvoir la culture du coton bio pour répondre aux exigences de l’évolution du marché mondial, mobiliser des ressources nécessaires au financement des mesures d’adaptation et d’atténuation auprès du fonds climat, du fonds vert climat et d’autres partenaires techniques et financiers pour renforcer la résilience des producteurs de coton aux effets néfastes des changements climatiques. Au regard de leur pertinence, les participants ont, aussi, exhorté le gouvernement à la mise en place d’une commission de suivi des recommandations des assises régionales. Le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Mohamed Ag Mahamoud, a souligné que l’originalité de ces assises réside surtout dans l’inclusivité de la démarche « qui a consisté à faire remonter les propositions de solutions de sorties de crises de la base au sommet ». Le Ministre, qui avait à ses côtés le Président directeur général de la CMDT, Dr Nango Dembélé, a dit l’engagement de son département à mettre en œuvre les recommandations, en rapport avec l’ensemble des acteurs de la filière et avec l’accompagnement politique des autorités du pays. « Le coton malien peut et doit reconquérir sa place de leader au niveau sous régional et en Afrique. Le secteur coton doit se surpasser et aider le Mali à briser le cercle vicieux de la pauvreté et de la précarité », a dit le chef du département de l’Agriculture. Et d’affirmer que l’investissement dans la promotion d’un secteur de coton résilient, compétitif et durable est un levier fort pour l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD-1 et 2) à l’horizon 2030. Dans son allocution, le Chef du gouvernement, Moctar Ouane représentant du Président de la transition, Bah N’Daw, a salué la bonne organisation des travaux et la qualité des contributions des uns et des autres. Il s’est surtout réjoui de l’esprit constructif qui a présidé tout au long de l’exercice. « Les présentes assises ont révélé, de nouveau, la centralité de la filière coton dans l’Economie malienne, à travers son apport dans la création et la redistribution de revenus sûrs et importants aux producteurs de coton, la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations, le financement d’infrastructures sociales de base dans les zones d’intervention de la CMDT et de l’OHVN ainsi que dans la dynamisation de multiples branches de l’économie nationale » a-t-il dit. Moctar Ouane a salué l’engagement des partenaires techniques et financiers dans la mise en œuvre de projets et programmes. Il a donné l’assurance que le gouvernement continue d’accorder un ordre de priorité élevé à la filière coton, dans le cadre de la réalisation « de nos politiques et stratégies définies dans la Loi d’orientation agricole, le Cadre stratégique pour la relance et le développement durable (CREDD 2019-2023) et la Politique nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle (POLNSAN) ». ADS/MD (AMAP)
Denrées alimentaires: La baisse du prix de la farine et du pain en négociations
Par Cheick M. TRAORÉ Bamako, 8 fév (AMAP) Depuis près d’une semaine, les Bamakois paient la miche de pain de 300 g à 300 Fcfa, contre 250 Fcfa habituellement, soit une augmentation de 50 Fcfa. La baguette de 150 g qui coûtait 125 Fcfa, est désormais cédée à 150 Fcfa. Cette hausse, jugée excessive par les ménages, a été orchestrée par la Fédération syndicale des boulangers et pâtissiers du Mali (FSBPM) et affiliés. Certains d’entre eux avaient même observé un arrêt de travail de 48 heures, la semaine dernière, pour manifester leur mécontentement face à la hausse du prix du sac de farine. «Depuis 2011, nous avons convenu avec le gouvernement que lorsque le prix du sac de 50 kg de la farine de blé reste entre 18.000 et 22.500 Fcfa le prix du pain est fixé à 300 Fcfa pour la baguette de 300 g et 150 Fcfa pour la baguette de 150 g», nous avait expliqué le secrétaire général de la FSBPM, Ahmed Dembélé, lors de la grève de deux jours. Et il est constaté une augmentation progressive du cours du blé sur le marché mondial depuis le 3è trimestre 2020. Le prix du blé tendre ou froment, matière première de la farine boulangère, s’est établi à 280 euros (environ 182.000 Fcfa) la tonne, contre 164 euros (environ 107.000 Fcfa) la tonne au mois de mars 2020. «Cette tendance devra se poursuivre jusqu’à la prochaine récolte prévue le mois de juillet 2021», analysent les services en charge du Commerce au Mali. Les industriels ont, selon ces structures, évoqué, entres autres, la hausse des frais de transport terrestre et maritime, et des frais financiers auprès des banques maliennes. Ils se disent, en conséquence, dans l’obligation de décider de la hausse du prix de la farine locale de 17.500 Fcfa à 19.000 Fcfa voire 20.000 Fcfa. Cela il y a deux semaines. Face à cette situation le cadre de concertation de la filière blé/farine/pain a également enclenché la présente hausse du prix de la baguette de pain. Pour faire face à la situation, le ministre en charge du Commerce et son collègue de l’Economie et des Finances ont rencontré les acteurs de la filière. Objectif : rechercher des solutions équilibrées pour stabiliser les prix. «Après avoir écouté les acteurs, les membres du gouvernement, entourés de leurs proches collaborateurs, ont promis d’examiner tous les leviers économiques et fiscaux pour atténuer les effets de l’augmentation des prix mondiaux du blé sur la farine produite localement et par ricochet celui du prix du pain afin d’éviter l’enlisement des prix», assure une note du ministère en charge du Commerce. Il précise qu’une rencontre avec les secteurs des finances est programmée à cet effet. En ce sens, le gouvernement entend faciliter l’accès de nos industries (il en existe au moins quatre) à la matière première qu’elles transformeront sur place pour permettre aux boulangers et commerçants d’avoir la farine made in Mali à un coût abordable. Cette proposition salutaire prend à contre-pieds les stratégies classiques et taillées sur mesure visant à encourager, en de pareille circonstance, l’importation de farine (produit fini), en renoncer à des taxes au niveau du cordon douanier notamment. Elle permettra, sans doute, de booster l’économie à travers les impôts payés à l’Etat, la production locale, créer des emplois pour les jeunes… Ainsi dans les jours à venir, les consommateurs pourraient «retrouver leur baguette de pain, respectant les normes de qualité, à un prix compatible avec leur pouvoir d’achat». Le ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion des Investissements, Harouna Niang, a rencontré, en fin de semaine dernière, les boulangers et livreurs de pain dans ce sens, en présence des membres du Cadre de concertation pour la commercialisation du pain en vue de trouver des solutions à la hausse des prix de la farine boulangère et du pain, assure ledit département. Il précise que «des efforts ont été demandés à chaque partie du maillon de la filière pour atténuer les effets de l’envolée du prix du blé sur le marché international.» Toutefois, la solution définitive passera indéniablement par la création d’unités industrielles à mesure de réponde à la forte demande. Notre pays dispose de terres arables en abondance. Des opérateurs économiques se sont déjà lancés dans la production de blé, notamment la Société M3. Il reste la volonté politique pour faire de notre pays l’un des principaux producteurs de blé sur le continent.
Bamako : Transports en commun perturbés
Bamako, 4 fév (AMAP) De nombreux habitants de Bamako, la capitale malienne, n’ont pas pu se déplacer, mercredi, à cause de l’arrêt de travail qu’observent certains syndicats de transports en commun. Cette perturbation des transports urbains suite à ce mouvement d’humeur syndical est consécutive à l’entrée en vigueur du paiement de la redevance de péage par passage, qui était initialement prévue pour le 1er février 2021 et reportée au 17 février prochain. Une décision du ministre des Transports et des Infrastructures qui n’est pas du goût des transporteurs. Le mouvement a eu pour conséquence que se déplacer a été un vrai casse-tête pour bon nombre de Bamakois. Par endroits, on assistait à des scènes de chaos. Au quartier de Garantibougou où nous nous sommes rendus, des apprentis-chauffeurs avaient barricadé certaines voies pour empêcher la circulation. D’autres arrêtaient les minibus Sotrama et taxis pour faire descendre brutalement leurs clients. Du côté de Niamana, on assistait aux mêmes scènes de désordre. Certains jeunes apprentis, par zèle, avaient coupé la route aux cars de transport et même aux véhicules personnels, créant ainsi des embouteillages monstres dans le secteur. Tous les jours ouvrables, Mohamed Coulibaly emprunte un «Sotrama» pour se rendre au service. Mercredi, à sa surprise, il a appris que les transporteurs ont déclenché leur mouvement. «Depuis la première heure de la journée, je suis là. Je viens d’apprendre que les Sotrama et les taxis sont en grève», a déploré le jeune travailleur. «Ce qui s’est passé est un arrêt de travail et non une grève. Dans la soirée du mardi, les chauffeurs se sont réunis à Médina-Coura pour prendre cette décision d’arrêt de travail, suite au communiqué annonçant le paiement du péage par passage », a dit le vice-président du Syndicat national des transporteurs routiers urbains, interurbains internationaux du Mali (SYNTRUI-Mali), Chiaka Diakité. Il a précisé que c’est l’ordre de stationner les véhicules qui a été donné à tous les chauffeurs lors de la réunion. Selon notre interlocuteur, cette mesure pose énormément de problème aux transporteurs. « Nous avons l’habitude de payer le péage sur 24 heures, avec cette décision les taxes des véhicules seront multipliées», a-t-il fait savoir, pour expliquer le bien-fondé de ce mouvement. Cependant le vice-président du SYNTRUI-Mali est opposé aux actes d’indiscipline constatés ça et là. « Il n’a été demandé à personne de barricader ou de faire sortir les passagers des véhicules de transport. Nous condamnons ces actes», a-t-il dit, ajoutant que cet arrêt de travail consiste à signaler au gouvernement que sa décision n’arrange pas les transporteurs. Souleymane Diallo secrétaire général de la Coordination des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali, syndicat affilié à l’Union nationalae des transporteurs du Mali (UNTM), a assuré, pour sa part, que cet arrêt de travail allait prendra à minuit mercredi. Les activités reprendront normalement sur l’ensemble du territoire ce jeudi. «Nous attendons les reactions de notre département pendant 24 heures. Au-delà de ça, nous allons déposer un prévis de grève », a prévenu Souleymane Diallo. Du côté du ministère des Transports et des Infrastructures, nos tentatives de recouper certaines informations sont restées vaines. BC/MD (AMAP)
Mine d’or de Morila : Perspective de relance de la production
Bamako, 03 Fév (AMAP) « Nous sommes en passe de sauver plus de 500 emplois directs et près de 2.000 emplois indirects. Donc, dans ce cadre-là, il était important pour nous de venir voir comment tout cet arsenal se met en place au profit des populations riveraines et, d’une manière générale, au profit de la population malienne », a déclaré le ministre des Mines, de l’énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, lundi dernier, en marge des travaux de la 2ème session du Conseil d’administration de la mine d’or de Morila sous l’exploitation de Firefinch. Il était accompagné d’une forte délégation comprenant notamment le directeur national de la géologie et des mines, Cheick G. Keita. Depuis son entrée en exploitation en 2000, le site de Morila, situé à quelque 280 km au sud-est de Bamako, a produit plus de 7,4 millions d’onces d’or, à partir de l’extraction à ciel ouvert et du traitement des stocks et des résidus sur 20 ans de propriété de Barrick/AngloGold. Firefinch, anciennement appelé Mali Lithium, est depuis 2011 un explorateur aurifère actif au Mali. Troisième producteur d’or en Afrique, en novembre 2020, la société a acquis une participation de 80% dans la mine d’or de Morila, dans laquelle l’Etat du Mali détient 20%. Morila est une mine d’or en exploitation et dispose d’une usine de traitement de 4,5 millions de tonnes par an et de toutes les infrastructures requises pour un site minier autonome. À leur arrivée, le ministre et sa délégation ont été accueillis dans la salle de conférence de la mine d’or de Morila par son directeur général, Drissa Arama. Lamine Seydou Traoré a, aussitôt, participé à la 2ème session du Conseil d’administration de la mine. A la fin de la rencontre, le ministre a, successivement, visité la carrière d’exploitation de la mine, l’usine de production d’or et le Centre agrobusiness de Morila. Ce centre est composé de trois volets : l’aviculture, la pisciculture et un jardin maraîcher d’environ un demi-hectare. « Aujourd’hui, l’avenir de Morila est sur une bonne tendance. Nous espérons qu’avec les investissements que nous devons avoir, très bientôt, on pourra commencer l’exploitation minière. Aujourd’hui, on peut dire que les choses vont comme nous les avons planifiées », a expliqué le directeur général de la mine d’or de Morila, tout en précisant que la production d’or du site est d’environ 120 kilos par mois. « Nous devons aller vers les 200, 300 jusqu’à une tonne d’or par mois. C’est ce que nous envisageons de faire. Nous pensons que dans le futur, on pourra augmenter la production avec beaucoup plus de ressources », a-t-il dit. Drissa Arama a rassuré le ministre que la société veut travailler dans la transparence. Au terme des différentes visites, le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau a déclaré qu’il était important pour lui de venir voir ce qui se passe, afin de prodiguer des conseils et faire aussi des mises en garde. « Une mise en garde pour respecter les clauses du contrat, pour inviter la société à davantage de coopération avec les opérateurs économiques maliens. Et on a été agréablement surpris de constater que c’est le leitmotiv du groupe Firefinch qui nous a démontré clairement que sur 500 employés, il y a à peine 4 expatriés. Ce sont des choses qui doivent être encouragées », a soutenu Lamine Seydou Traoré. Parlant de la 2ème session du Conseil d’administration de la mine d’or de Morila sous Firefinch, le ministre a dit que les signaux sont bons. « C’est vrai qu’avec les projections qui ont été faites par rapport à la fermeture de la mine à l’horizon de juin 2021, elles étaient de nature à déséquilibrer un peu les comptes financiers. Mais des investisseurs sont résolument engagés à faire en sorte que les emplois puissent être gardés et que la mine puisse continuer à être exploitée », a-t-il indiqué. « Les éléments qu’on nous a présentés montrent bien qu’avec l’accompagnement du gouvernement et de la population ainsi que l’engagement des investisseurs, nous arriverons à faire briller encore l’or de Morila pour le bonheur des Maliens », a affirmé le ministre. Auparavant, la délégation ministérielle avait rendu une visite de courtoisie au chef de village de Sanso. AG/MD (AMAP)
Extraction de sable et gravier : Une porte de sortie pour la population de Koulikoro
Par Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 02 fév (AMAP) Il est environ 8 heures. Sur les berges du fleuve Niger, à Koulikoro, à 60 km de Bamako de la capitale malienne. Des dizaines de pirogues et de pinasses sont accostées. Hommes, femmes et enfants travaillent. Les camions-bennes acheminent des chargements de sables et de graviers sur Bamako. D’autres attendent d’être chargés. En effet, la capitale du Meguétan est l’un des principaux fournisseurs de Bamako en sables et graviers. Ces matériaux sont extraits par des travailleurs venus de l’intérieur du pays. L’activité est une source de revenu pour des centaines de personnes dans cette ville qui a, pourtant, du mal à se remettre de la fermeture de l’Huilerie cotonnière du Mali (HUICOMA). Elles y gagnent leur pain grâce au développement du secteur du Bâtiment et des travaux publics (BTP). Bamako et ses périphériques sont en permanence en chantier. Le sable et le gravier sont nécessaires en BTP sont utilisés dans la fabrication de briques, la construction des bâtiments et autres travaux publics. Les jeunes parcourent plusieurs kilomètres sur le fleuve pour atteindre les sites d’extraction, situés loin de la ville. Ils plongent dans les profondeurs du fleuve pour extraire les précieux matériaux. Pour ce faire, les «extracteurs» se repartissent en équipe de sept personnes dont six hommes et une femme. Ils embarquent à bord d’une pinasse qui les conduit au milieu du fleuve. Les hommes descendent sous l’eau pour extraire le sable ou le gravier et remplissent l’embarcation. La seule femme présente à bord évacue l’eau pour éviter à la barque de chavirer. Abdoulaye Nago, 35 ans, est originaire de Tombouctou. Habillé en blouson de couleur bleue et d’un jean gris-clair, le trentenaire est l’un des nombreux jeunes qui vivent de l’extraction de sable. «Cela fait 8 ans que j’exerce cette activité. Elle me permet de subvenir aux besoins de ma famille et d’envoyer de l’argent à mes parents au village», explique-t-il, précisant qu’il gagne entre 5.000 et 7.500 Fcfa par jour. Pour cela, le travail dure de 8 heures à 15 heures. «En période de froid, le travail est pénible. Néanmoins, nous arrivons à soustraire par jour 4 à 5 chargements de pirogues. Ce qui correspond à un chargement de benne», explique Abdoulaye. Cette embarcation qu’ils louent appartient à Issa Berthé. Rencontré sous un hangar installé au bord du fleuve, il estime que cette activité nourrit de moins en moins son homme. «Nous avons des difficultés à écouler nos graviers à cause de la concurrence des producteurs de gravier concassé. Pourtant, nous employons plusieurs jeunes», souligne-t-il. La vente de sable reste la principale source de revenu. En la matière, un chargement de camion-benne à 12 roues est cédé à 60.000 Fcfa contre 40.000 Fcfa pour le camion à dix roues et 30.000 Fcfa à 32.500 Fcfa pour six roues. Signalons qu’il existe plus de deux carrières qui produisent du concassé dont la tonne est vendue entre 8.000 et 9.000 Fcfa. Drissa Diarra est également propriétaire de pirogue qui transporte ces matériaux. Elle est équipée d’un générateur électrogène dont la valeur est estimée à 400.000 Fcfa. «Avec 300.000 Fcfa, on pouvait avoir une pirogue neuve. Il faut maintenant dépenser 500.000 Fcfa pour l’achat du bois. Les frais de fabrication sont passés de 50.000 Fcfa à 110.000 Fcfa», regrette Diarra. Les exploitants sont, aussi, assujettis au paiement d’impôts. «A chaque voyage de benne, nous payons 750 Fcfa et 1.000 Fcfa à la mairie. La taxe d’embarcation s’élève à 300.000 Fcfa par an et par plage », détaille-t-il. En plus de ces charges, ils doivent faire face à la présence d’un extracteur sur le fleuve. «La machine peut faire le travail de 100 pirogues par jour. Il n’y a pas de travail dans ce pays et nous avons des diplômés parmi nous », fait remarquer Diarra qui se demande si l’utilisation d’un extracteur réduit le chômage. Des femmes et des enfants ramassent les restes de sable et de gravier dans les pinasses. Ils les vendent pour gagner un peu d’argent. Aminata Tolo, trentenaire, originaire de Douentza, dans le Centre du Mali, en fait partie. «Je suis là depuis l’année dernière. Dieu merci, je gagne un peu d’argent. J’arrive même à envoyer de l’argent à mes parents au village. Par jour, je peux gagner 2.500 à 3.000 Fcfa voire 4.000 Fcfa», confirme-t-elle. Comme elle, Kadidia Dicko, 28 ans, accompagnée de sa fille de 10 ans, vient de Tonga, un village sur l’autre rive du fleuve à Koulikoro. «C’est à cause de la pauvreté que je fais ce travail. Je suis mariée et mère de quatre enfants. Cette activité me permet de joindre les deux bouts et d’aider mon mari», confie la dame qui espère trouver un travail mieux rémunéré. Elle dit avoir fait une fausse couche l’année dernière. « Mon mari me conseille d’abandonner cette activité mais je n’ai pas le choix. Il me faut gagner de l’argent», avoue-t-elle. Selon Bakoroba Kané, maire de la Commune urbaine de Koulikoro, l’extraction de sable et de gravier permet à la collectivité de payer régulièrement les salaires du personnel. « Grâce à cette activité, la population arrive à s’en sortir », estime l’édile. Il envisage alors de la valoriser afin qu’elle en bénéficie davantage. « Car, les camions viennent de Bamako acheter la matière à vil prix pour la revendre très cher dans la capitale », se justifie M. Kané. AG/MD (AMAP)
Sky Mali: Vol inaugural sur la ligne Bamako-Tombouctou
Envoyée spéciale Fadi CISSÉ Bamako, 02 fév (AMAP) La compagnie Sky Mali a effectué, lundi, son premier vol commercial sur la ligne Bamako-Tombouctou qu’il desservira deux fois par semaine, tous les lundis et vendredis. La compagnie, qui relie déjà Bamako et Kayes, utilise des avions de 114 places. C’est vers 9h33 du matin que l’avion Sky Mali, avec à son bord 97 passagers dont le ministre des Transports et des Infrastructures, Makan Fily Dabo, son collègue de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Mme Kadiatou Konaré, et le directeur général de Sky-Mali, Tahir N’Diaye, a décollé de l’Aéroport international président Modibo Kéïta Sénou, pour la Cité des 333 saints. Après 1h10 de vol, l’appareil a atterri sur le tarmac de l’aéroport de Tombouctou, sous les applaudissements nourris des passagers. La délégation ministérielle a été accueillie par les autorités administratives et politiques de la 6ème Région administrative du Mali. Après ce cérémonial, la délégation a visité la partie de la direction de cet aéroport qui a été, récemment réhabilitée par la direction générale des Aéroports du Mali (ADM). L’ouverture de cette ligne par Sky Mali va contribuer au désenclavement de Tombouctou et au renforcement du cordon ombilical entre Bamako et le Nord du Mali. Selon Makan Fily Dabo, cette réalisation est la concrétisation d’un devoir accompli, d’un devoir de solidarité envers Tombouctou, « ville de culture et d’histoire ». « Une nouvelle dynamique est lancée au niveau du transport aérien, à travers le ministère dont j’ai la charge, notamment pour le développement économique et le désenclavement du Mali. Nous sommes déterminés à ce que la connectivité aérienne soit tangible afin de contribuer à l’essor du tourisme et à la promotion des échanges culturels et commerciaux », a confié le ministre des Transports et des Infrastructures. M. Dabo a assuré que les services techniques compétents de son département apporteront toute l’assistante à Sky Mali « pour son épanouissement et son essor afin que ce bel oiseau continue à voler durablement dans le ciel malien, sous régional et international ». Il a souhaité une bonne chance à la compagnie Sky-Mali car dans un contexte de concurrence, selon lui, « rude et impitoyable ». Quant à la ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, elle a expliqué que ce vol va permettre de renouer le trafic aérien avec la 6e Région qui, depuis mars 2012, n’avait pas reçu de vol commercial. Pour Mme Kadiatou Konaré, la reprise du vol va donc permettre au tourisme de rebondir et de se développer dans la région. Le directeur général de Sky-Mali a expliqué qu’il fallait ce vol sur l’axe Bamako-Tombouctou qui consacre l’accomplissement du business plan de sa compagnie pour bâtir un réseau domestique efficace permettant aux Maliens de se déplacer en toute sécurité. «Il n’est pas normal que le Mali ne soit pas doté d’un instrument aérien qui puisse renforcer son intégration», a souligné Tahir N’Diaye, ajoutant que Sky-Mali répond aux besoins des autorités qui œuvrent pour qu’il y ait un brassage et une intégration nationale. FC/ MD (AMAP)
Bamako : Grève de certains boulangers
Bamako, 1er fév (AMAP) Certaines boulangeries et pâtisseries de Bamako, la capitale malienne, ont entamé, lundi, une grève de 48 heures pour protester contre la hausse du prix de la farine de blé qui est passé de 17.000 à 20.000 Fcfa. Cependant, la Fédération syndicale des boulangers et pâtissiers du Mali (FSBPM) se désolidarise de ce mouvement qu’il considère comme «sauvage». Devant la boulangerie «Djon Gourba», à Bamako Coura, un quartier de la capitale, l’ambiance était morose lundi matin. Les portes et les guichets de vente étaient fermés. Les tables des boulangers vides, les caisses de transport de pain posées à l’écart. Les motocyclettes des livreurs étaient au parking. Trois d’entre eux étaient assis devant la boulangerie. C’est clair et net : pas de travail ce jour. Le regard dans le vide, Seydou Diallo, en compagnie d’autres collègues, se tourne le pouce. « Je suis revendeur ambulant de pain. Depuis 5 heures du matin, nous sommes devant la boulangerie, mais il n’y a pas grand-chose. Nous n’allons sûrement pas travailler aujourd’hui », lance le sexagénaire, affirmant avoir appris la nouvelle de la grève tard dans la nuit. Les clients de la boulangerie ont été obligés de rebrousser chemin, en apprenant qu’il n’y avait pas de pain. Même constat à la boulangerie «Nassiroulaye» à Hamdallaye. À l’intérieur de la fabrique, les étagères sont vides, les machines et fours à l’arrêt. Un groupe d’ouvriers était présent mais certains dormaient. «Vous voyez, on ne travaille pas aujourd’hui ! Les employés qui travaillent à la vente ne sont même pas venus. Depuis hier, après la réunion, le patron nous a informés de la grève de deux jours», explique Ousmane Diallo, un ouvrier rencontré sur place. «On nous a expliqué que le débrayage est dû à la cherté du prix de la farine. J’espère qu’on va vite trouver une solution, sinon cette cessation de travail ne nous arrange nullement», poursuit le jeune employé de la boulangerie, l’air inquiet. Plus loin se trouve la boulangerie «Ba Djelika». À l’image des précédentes boulangeries, ici les rideaux sont baissés et les clients repartent les mains vides, visiblement frustrés de n’avoir pas pu se procurer du pain chaud. Là également, un groupe d’employés est installé autour du thé. Daouda Camara, boulanger en chef, explique que son équipe a arrêté le travail, conformément au mot d’ordre de grève de 48 heures décrété par le syndicat. «Nous avons constaté, depuis plus de deux semaines, une augmentation du prix du sac de farine, passant de 17.000 Fcfa à 20.000 voire 20.500 Fcfa en certains endroits. Cette hausse ne nous arrange pas. Pour éviter une augmentation du prix du pain, nous avons préféré observer une grève», souligne le boulanger. Il indique que le syndicat a demandé à l’Etat une subvention de la farine pour éviter une augmentation du prix de la baguette de pain. Dans le même quartier, une tout autre ambiance règne dans une autre boulangerie-pâtisserie. Celle-ci n’observe pas visiblement la grève. L’odeur du pain et des viennoiseries embaume l’air. Un rang interminable de clients à l’entrée. On se bouscule pour se procurer du pain, devenu précieux. En l’absence de leur patron, les employés des lieux n’ont pas souhaité s’exprimer sur la grève. Dehors, un client très content, vient d’acheter deux miches de pain. «Je ne savais qu’il y avait une grève des boulangers. Je l’ai appris quand j’ai voulu acheter un sandwich », lance-t-il. « Je consomme du pain chaque jour, heureusement, j’ai pu m’en procurer. J’espère qu’une solution sera bientôt trouvée au problème», ajoute-t-il. Joint au téléphone, le secrétaire général de la FSBPM, Ahmed Dembélé, est formel : «Notre syndicat n’a pas appelé à la grève ce lundi. Depuis 2011, nous avons convenu avec le gouvernement que lorsque le prix du sac reste entre 18. 000 et 22.500 Fcfa, le prix du pain est fixé à 300 Fcfa pour la baguette de 300 g et 150 Fcfa pour la baguette de 150 g», explique le leader syndical. Selon Ibrahim Cissé, secrétaire général adjoint du Syndicat patronal des boulangers, aussi membre de la Fédération, aucune grève n’a été décrétée. Mais les boulangeries observent un arrêt de la livraison du pain aux revendeurs pour 48 heures, selon lui. « Cette décision, explique-t-il, est due à l’augmentation du prix du sac de farine, qui est vendu entre 19.000 et 20.000 Fcfa depuis décembre. Pour lui, les consommateurs peuvent s’approvisionner directement auprès des boulangeries ouvertes au prix de 300 Fcfa la baguette de 300 g et de 150 Fcfa celle de 150 g ». Il ajoute que les boulangeries qui ont fermé, l’ont fait parce qu’ils ne peuvent pas travailler dans les conditions actuelles, c’est-à-dire livrer le pain aux revendeurs au prix de 270 Fcfa la baguette de 300 g. La semaine dernière, un communiqué de la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCCC) a assuré que le département en charge du commerce avait entamé des discussions avec les acteurs de la chaine d’approvisionnement du Mali afin de parvenir à des prix consensuels. « Car, le prix fournisseur du sac de farine avait aussi augmenté durant la semaine », révèle la DGCCC qui indique que cette hausse est consécutive à l’envolée du prix du blé sur le marché international. Pour éviter que ce renchérissement du prix de la farine ne se répercute sur celui du pain, des concertations avec les partenaires du cadre de concertation de la filière blé/farine/pain ont été organisées, rappelle le communiqué. Ces négociations devraient permettre de parvenir à un prix consensuel du sac de farine, conformément au protocole signé entre le gouvernement et le cadre de concertation de la filière. MT/MD (AMAP)
Diéma : La vie du monde interlope du quartier Razel
Par Ouka BA Diéma, 01 fév (AMAP) Le quartier Razel, zone commerciale de la ville de Diéma, doit son nom à l’entreprise de BTP qui a effectué les travaux du tronçon Diéma-Sandaré, sur la route de Kayes, dans l’Ouest du Mali. Le quartier est situé à l’intersection des routes Bamako-Diéma-Nouakchott et Diéma-Kayes-Dakar. A l’absence de taxis et de transports en commun, du genre Sotrama, ce sont des mototaxis qui assurent, quotidiennement, la liaison entre le Razel et les quartiers à l’intérieur de la ville, distant de plus d’un kilomètre. Dans cette partie nord de la ville, il existe des boutiques, des magasins, des logements sociaux, des stations-services, le Centre de santé de référence (CSRéf), des bars, des restaurants, des compagnies de transport, des pharmacies privées, la nouvelle gare routière, le marché à bétail, la centrale hydro-électrique, ainsi que plusieurs autres services. C’est là que se trouve le site du futur aéroport. Malgré la situation sanitaire qui prévaut actuellement au Mali, l’ambiance au Razel reste festive. De jour comme de nuit, des gens déambulent, certains, sans destinations précises. Avec la réalisation de différents corridors de transport, on peut affirmer aujourd’hui, sans risque de se tromper, que le Cercle de Diéma est un important centre pour le désenclavement. La route, selon les spécialistes, est cruciale pour le développement, car elle permet de renforcer les échanges commerciaux, d’attirer des investisseurs et, surtout, de favoriser le brassage des populations. Comme le soutient Hady Coulibaly, géographe. Pour lui, « Sans route, aucun développement digne de ce nom n’est envisageable. « Si certains disent : sans eau, pas de vie. Moi, je dirais plutôt, sans route, pas de vie », renchérit l’homme. Plusieurs gros porteurs, en provenance de Dakar, passent la nuit à Diéma avant de rallier Bamako avec leurs cargaisons de marchandises. On dénombre des dizaines de gros porteurs qui obstruent la voie, rendant difficile la circulation. En se rendant dans son champ, sur sa bicyclette, Bouné Keita peine souvent à se frayer un chemin entre des véhicules stationnés dans le désordre. Au Razel, tout coûte cher. Un article à 500 Fcfa en ville, ici, fait le double du prix. « C’est à prendre ou à laisser », s’emporte Mariétou, répondant à un client qui l’a traitée de « téfé » (personne qui cherche à réaliser de grande marges sur ses marchandises). La pomme cannelle importée du Maroc, n’est pas à la portée de tous, de même que les légumes. Selon certains, cette cherté s’explique par le coût du fret que certains commerçants répercutent, selon leurs humeurs, sur le prix de leurs marchandises. Le prix est ainsi à la tête du client. Surtout si celui-ci est un étranger, il hérite d’un prix exorbitant. Au Razel, chacun trouve son compte, Commerçants, entremetteurs, transporteurs, soudeurs, vulcanisateurs, mécaniciens, réparateurs de motos, marchands de bétail, gargotières, vendeurs de café, de thé, vendeuses de « dégué », vendeurs de viande grillée, petits cireurs, tenanciers de débits de boissons, locatrices de chambres de passe, etc. Les mendiants, aussi, gagnent leur pitance. Deux d’entre eux en sont venus aux mains, un jour, pour un billet de banque qu’un généreux passager leur a jeté, en montant dans le bus. Leurs petits camarades ont accouru. Chacun voulait s’accaparer du billet. Ils se tiraillaient. Il a fallu que le donateur les départage. Les malades mentaux ne meurent pas de faim au Razel. Ha ! Tout sauf ça. Ils trouvent de quoi se régaler avec des restes d’aliments qu’ils ramassent ou reçoivent de personnes de bonne volonté. Souleymane Cissé, dit Haoussa numéro 1, qui tient une dibiterie au Razel, exerce son métier depuis 2003. Ce père de 8 enfants se plaint de la cherté des moutons qu’il abat quotidiennement. Il parcourt des kilomètres pour se rendre à la foire hebdomadaire de Fassoudébé pour acheter ses moutons. A l’en croire, il s’acquitte régulièrement de ses taxes d’abattage. Peu de clients se dirigent vers la dibiterie de Bourama Diarra. Des fois, il est désœuvré, « Chacun a sa chance », se résigne-t-il. Il préfère abattre des brebis, car, d’après lui, elles ont plus de chair et coûtent moins chères. « Aujourd’hui, je n’ai rien trouvé à égorger », regrette-t-il, devant son thé sur un fourneau qu’il surveille. Yacouba Sanogo, conducteur de mototaxi égrène quelques difficultés de son métier. Premièrement, la cherté de la vignette. Pour un engin de 2m de long, il faut une vignette de 47 500 Fcfa. La vignette de celui d’une longueur de 1m 70 cm, fait 32 000 Fcfa. Deuxièmement, le prix de la course. Pour faire déplacer spécialement une mototaxi, de la ville au Razel, et inversement, on prenait 1.000 Fcfa avec les clients. Actuellement, beaucoup n’acceptent plus ce tarif », dit-il, en prenant place sur son engin amorti. Lorsque les travaux de la nouvelle gare routière seront terminés, Yacouba Sanogo et ses collaborateurs espèrent obtenir une place pour le stationnement de leurs engins. Cet autre conducteur, Oumar Konaté, se plaint de la multiplicité des motos taxis, qui amenuise ses recettes journalières. « Sinon, dit-il avec insistance, je pourrais gagner plus que ces maigres sous que j’ai en ce moment ». Karamoko Coulibaly, routier, explique qu’à cause de l’état calamiteux de la route, entre Kayes et Dièma, beaucoup de conducteurs préfèrent passer la nuit ici pour se reposer et reprendre des forces. Sur ces mots, l’homme reprend son long et pénible trajet. Une tasse de café, sans pain, chez Adama Traoré, coûte 200 Fcfa. Sa « cafétéria » lui rapportait une recette assez correcte. Mais, avec la pandémie du coronavirus, ses clients se font rares. Makan Dicko, propriétaire de dépôt de boissons au Razel, se frotte les mains. Il peut vendre par jour 80.000 à 100.000 Fcfa. Beaucoup de gens y viennent passer commande. La boisson en canette de 12 unités coûte 7.000 Fcfa, alors que la douzaine en bouteille est vendue à 2.000 Fcfa. Le restaurant de Bavieux Koumaré est bondé de clients. Lorsque les passagers des différents bus débarquent, c’est l’affluence. Ces cinq employés sont débordés. A ce rythme, il compte augmenter le nombre de serveurs. Seydina Diop est routier. Il dit éviter d’acheter de la viande grillée des rôtisseries (Dibissogo), en cours de voyage, « pour ne pas, explique-t-il, avoir des problèmes
Le Mali 129e dans le classement 2020 de Transparency international
Bamako, 31 Janv (AMAP) Le Mali occupe le 129è rang sur 180 pays, dans le classement 2020 de Transparency international, contre la 130è place au classement de 2019, indique le rapport de l’ONG internationale de lutte contre la corruption publié le 28 janvier dernier. Dans le classement des pays africains, dont les efforts de lutte contre la corruption ont été évalués, en 2020, le Mali vient à la 29ème place sur les 54 candidats. Les quatre premiers champions de la lutte contre la corruption en Afrique sont les Seychelles, le Botswana, le Cap-Vert et le Rwanda. Le Sénégal est 8ème, le Burkina Faso 14e et la Côte d’Ivoire 20e . A travers l’Indice de perception de la corruption (l’IPC), l’ONG Transparency international classe 180 pays et territoires, en fonction du niveau de corruption dans le secteur public, tel qu’il est perçu par les experts et les hommes d’affaires. L’Indice utilise une échelle de zéro à 100 dans laquelle zéro correspond à un système très corrompu et 100 à un système très faiblement corrompu. Selon Transparency international, les données de 2020 montrent qu’en dépit de certains progrès, la plupart des pays ne parviennent toujours pas à lutter efficacement contre la corruption. Le Mali marque un score de 30 sur l’IPC. Les pays en tête du classement mondial de l’IPC, ceux qui ont un niveau de corruption très faible, ont un score de 88. Il s’agit du Danemark et la Nouvelle-Zélande suivis par la Finlande, Singapour, la Suède et la Suisse, avec un score de 85 chacun. Les pays en bas du classement sont le Soudan du Sud et la Somalie, suivis par la Syrie, le Yémen et le Venezuela. MDD/MD (AMAP)
Mali : Le Conseil national de transition adopte un accord de financement en faveur de l’Energie
Bamako, 31 Janv (AMAP) Le Conseil national de transition (CNT) a adopté, samedi, le projet de loi autorisant la ratification de l’accord de financement entre le gouvernement et l’Association internationale de développement (IDA) relatif au programme de financement de la politique de développement du commerce régional de l’énergie en Afrique de l’Ouest-Mali. Par cet accord, l’IDA accorde au gouvernement malien un financement d’un montant de dix-huit milliards cent quatre millions quatre cent treize mille deux cent (18.104.413 200) Fcfa. Le financement est assorti d’un don de 16,5 milliards de Fcfa. Les membres du Conseil national de transition présents et par procurations, en séance plénière, dans la salle Djéli Baba Sissoko, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), ont accordé, à 101 voix pour, zéro contre et zéro abstention, leur quitus au gouvernement en faveur de ce financement destiné à assurer aux populations la fourniture de l’énergie. L’adoption de cet accord est intervenue après la demande de la Commission du développement rural, de l’environnement, de l’assainissement, de l’eau et de l’énergie et des explications détaillées fournies par le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré. Aux termes de leurs discussions, les membres du CNT ont, ainsi, adopté le projet de loi ratifiant l’accord de financement entre le gouvernement malien et l’IDA, le guichet du Groupe de la Banque mondiale pour les pays à faible revenu. Ce projet de loi, initié par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a été adopté par le Conseil des ministres le 21 janvier dernier. Le projet vise le remboursement du marché régional de l’électricité au niveau de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). En effet, dans le cadre de la recherche de solutions aux problèmes de paiement de factures d’électricité, en tant qu’importateur, ou de non fourniture de la puissance électrique, une directive de la CEDEAO a été créée et est relative à la sécurisation des échanges transfrontaliers d’électricité. Pour la mise en œuvre de cette directive, la Banque mondiale a proposé deux instruments : la mise en place d’un programme d’aide budgétaire régional d’un montant de 300 millions de dollars et la création d’un Fonds renouvelable de soutien aux liquidités (FRSL) axé sur le commerce de l’électricité dans la région, afin de renforcer la liquidité des acteurs. Le remboursement de ce prêt va s’étaler sur une période de trente-deux ans, après un délai de grâce de six ans. OD/MD (AMAP)

