Assises nationales sur le coton : Pour donner un second souffle à la filière
Bamako, 19 Janv (AMAP Le Premier ministre, Moctar Ouane, a lancé, lundi, les Assises nationales sur le coton qui visent à contribuer à la relance de la culture cotonnière en vue de la rendre résiliente, compétitive, rentable et durable. Ces Assises représentent un rendez-vous important en ce qu’elles doivent permettre l’analyse des voies et moyens susceptibles de favoriser une véritable relance de la culture du coton à partir de la campagne 2021/2022, caractérisée par la rentabilité et la compétitivité de la filière cotonnière du Mali, a déclaré le chef du gouvernement. Le chef du gouvernement a souligné l’importance particulière que son équipe accorde à la tenue de ces assises nationales sur le coton, initiées par le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche. Moctar Ouane a indiqué que nul n’ignore la place centrale qu’occupe la filière coton dans l’économie malienne. Outre la création et la redistribution de revenus sûrs et importants aux producteurs de coton, elle contribue à la sécurité et à l’autosuffisance alimentaire, au financement d’infrastructures sociales de base dans les zones d’intervention de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) et de l’Office de la Haute vallée du Niger (OHVN), à la dynamisation de multiples branches de l’économie nationale, a soutenu le Premier ministre. Il a rappelé que la filière coton contribue substantiellement aux recettes fiscales et douanières, aux bilans des banques, à la stimulation de l’activité hôtelière, du petit commerce ambulant et à la création d’emplois. Au total, plus de 4 millions de personnes bénéficient de la culture du coton comme source de moyens d’existence. Le secteur contribue à hauteur de 15% à la formation du Produit intérieur brut (PIB) et occupe la seconde place, après l’or, au plan des recettes d’exportation. « L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a retenu la culture du coton comme l’une des cinq filières prioritaires devant bénéficier d’un développement soutenu », a rappelé le chef du gouvernement. « En dépit de cette position hautement stratégique dans l’économie nationale, la filière coton reste très fragile face aux fluctuations du cours mondial de la fibre et du prix des intrants agricoles », a relevé M. Ouane. De même, le faible niveau de productivité et de transformation au niveau national ainsi que les nombreux dysfonctionnements dans la gouvernance du secteur obèrent les efforts de développement de la filière. À titre d’exemple, la filière coton a, de 2000 à nos jours, connu quatre crises majeures. « Celle de 2020 aura été la plus emblématique en raison de ses graves conséquences négatives sur l’économie et la sécurisation des moyens d’existence des populations vulnérables. Le tout dans un contexte de changement climatique et de Covid-19 », a illustré Moctar Ouane. Saluant les producteurs de coton pour leurs efforts inlassables visant à hisser haut le pays et préserver son rang de leader dans une filière hautement concurrentielle, il a remercié les Partenaires techniques et financiers pour leur soutien. De son côté, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Mahmoud Ould Mohamed, a expliqué que l’organisation de ces Assises nationales s’inscrit dans l’axe 2 du Programme d’actions du gouvernement de Transition (PAG), à savoir la promotion de la bonne gouvernance. « Car la filière coton est la colonne vertébrale de notre économie, mais confrontée à des crises récurrentes », a insisté Mahmoud Ould Mohamed. « Tout se passe au rythme des fréquentes contreperformances, comme si nous étions dans la fameuse spirale de la pauvreté tant décrite par les économistes. Briser ce cycle infernal est indispensable », a dit le chef du département de l’Agriculture. Cela, conformément aux instructions fermes données par le chef de l’État, Bah N’Daw. Par ailleurs, suite aux différentes crises qui ont ébranlé le secteur du coton, des réflexions stratégiques impliquant les différents acteurs ont été faites, donnant lieu à de nombreuses recommandations, a dit le ministre en charge de l’Agriculture. Les présentes assises doivent, selon lui, répondre à plusieurs questions : quelles sont les leçons apprises des différentes crises et pourquoi les solutions envisagées n’ont-elles pas fonctionné ? Quelles sont les actions de relance de la culture du coton recommandées à partir de la campagne 2021/2022 ? Pour ce faire, le ministre Mahmoud Ould Mohamed s’est engagé à travailler, sans relâche, pour sortir la filière de ce cercle vicieux afin de l’inscrire, dans le plus bref délai, dans un cercle vertueux. À cet effet, il a invité les acteurs de la filière à renforcer la cohésion en leur sein. Le but est de promouvoir la bonne gouvernance et d’en faire une réalité tangible. La rencontre a eu lieu en présence du président directeur général de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), Dr Nango Dembélé et des acteurs du secteur du coton. ADS/MD (AMAP)
Mali : Les assises nationales sur le coton lancées lundi, à Bamako
Bamako, 19 janvier (AMAP) La cérémonie d’ouverture du lancement des assises nationales sur le Coton, a été présidée lundi à Bamako par le Premier ministre, Moctar Ouane, sous le thème « Ensemble, mettons en valeur l’or blanc malien », a constaté l’AMAP. C’était en présence du Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, M. Mohamed Ould Mahmoud, des responsables de la CMDT et des représentants des organisations faitières de production du secteur cotonnier. Le Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Mohamed Ould Mahmoud a, dans son allocution, rappelé que « la filière coton est la colonne vertébrale de notre économie ». Le Chef du Gouvernement a, pour sa part, souligné l’Importance particulière de ces Assises avant de déclarer que l’objectif en est de trouver des solutions afin de contribuer à la relance de la culture cotonnière et d’assurer la résilience et le développement durable de cette filière coton dans notre pays. En rappel, la filière du coton qui occupe une partie importante de la population malienne traverse, ces dernières années; des crises majeures dont le refus des producteurs de certaines zones de cultiver le coton suite à des dissensions sur le prix avec le gouvernement. KM (AMAP)
Jardinage en milieu urbain : Ces potagers qui rapportent gros
Par Makan SISSOKO Bamako, 10 Déc (AMAP) La daba à la main en train de biner des planches, la ménagère Fatoumata Traoré est une femme battante qui a aménagé une parcelle à Kalaban-coura pour en faire un jardin potager. Dans ce petit jardin, elle cultive la menthe, la salade, la carotte, le piment, l’oignon et de nombreuses plantes culinaires pour soutenir sa famille. Elle n’est pas la seule à pratiquer cette activité pour joindre les deux bouts. Les maraichers font pousser de la salade, de la tomate, du gombo, du concombre, de l’aubergine… en plusieurs endroits dans la périphérie de la capitale. Ils contribuent ainsi à l’approvisionnement de la ville en légumes et en tirent des revenus substantiels. Dans plusieurs quartiers périphériques de la capitale, le jardinage est un business lucratif pour de nombreux ménages. Hommes et femmes s’adonnent principalement à la culture et à la vente des produits pour subvenir à leurs dépenses quotidiennes. Et cela depuis des années. A Niamakoro «Kôda» en Commune V du district de Bamako, le jardinage occupe une place de choix. Nombre d’habitants, avec leurs maigres moyens, s’adonnent corps et âme à l’entretien de jardins potagers. A quelques encablures d’un marigot, se trouve le jardin de Oumar Timbiné. L’espace est clôturé avec des manguiers et d’autres arbres, notamment l’anacardier pour le protéger contre les animaux errants. Le quinquagénaire, père de 7 enfants, exploite à Niamakoro plus d’un ha de jardin potager, contenant plusieurs types de laitues, notamment des salades des feuilles vertes, tomates et gombos. En franchissant le seuil de cet immense jardin, on aperçoit une nature verdoyante et le visiteur se retrouve entièrement plongé dans un calme bienfaiteur. Des manguiers, des bananiers et des papayers plantés dans les parages font de ce jardin un paradis sur terre. A notre arrivée aux environs de 17 heures, l’arrosage des plantes battait son plein. Visiblement très épuisé, Oumar Timbiné se reposait sous un manguier. Pendant qu’un jeune homme d’environ 17 ans s’occupait à faire le tour entre deux mares aménagées pour arroser les plantations. Équipé de deux arrosoirs bien remplis d’eau, le jeune homme, fils ainé de Oumar Timbiné, assiste constamment son père dans cette activité. Avec enthousiasme, Oumar Timbiné explique qu’il pratique le jardinage depuis plus de deux décennies. Une activité dans laquelle, il parvient à tirer son épingle du jeu. « Dans ce travail, je trouve de quoi manger. Chaque matin, je viens dans le jardin et je retourne à la maison vers le crépuscule. Dans ce pays, il n’y a pas de travail, je me suis lancé dans le jardinage pour m’épanouir financièrement. Après quelques années, les affaires ont prospéré et je me suis entièrement consacré à ce travail jusqu’à ce jour », indique-t-il. Pour lui, l’activité de jardinage nourrit son homme mais reste très pénible. Il sollicite plus d’attention pour les jardiniers, en termes de formation sur les nouvelles pratiques et techniques culturales enfin de mieux rentabiliser leurs revenus. Au côté de ces jardiniers, les femmes viennent s’approvisionner en légumes frais, notamment en carottes, en tomates, en piments et d’autres fruits tels que la papaye et la banane pour ensuite les revendre en ville et dans différents marchés de la capitale. Rencontrée, dans le jardin de Oumar Timbiné, Fatoumata Coulibaly ménagère était venue cueillir des feuilles culinaires et des papayes. Elle confie être dans cette activité depuis plus de 10 ans. « Chaque soir, je quitte Sirakoro, pour venir m’approvisionner en légumes et en fruits dans les jardins pour ensuite les revendre au marché de Sénou et dans la ville de Sirakoro», explique Fatoumata Coulibaly. Pour qui, le marché est actuellement moins florissant. Sur la route de l’aéroport, en direction de Kalaban-coura, de nombreuses femmes portaient sur leurs têtes des sacs et des seaux remplis de légumes frais et de feuilles vertes provenant des jardins situés à proximité de l’aéroport. Kadiatou Diarra, l’une de ces femmes, explique qu’elles reviennent de la cueillette pour le marché du lendemain. Plus loin, dans la zone aéroportuaire vers Gouana, le jardinage est une véritable aubaine pour les habitants de cette localité. Cette zone difficile d’accès à cause des tas de déchets déversés partout sur les voies, est considérée par nombre de personnes comme le fief des jardiniers. Des familles y sont installées depuis plus de 20 ans. Et cela, uniquement à cause des travaux de jardinage. Selon de nombreux témoignages recueillis sur place, le jardinage est pratiqué dans cette localité depuis plus de quinze décennies. Amara Koné habite dans cette localité avec son frère ainé et sa famille. « Autrefois, mon grand frère était le seul qui venait dans le jardin après le décès de notre père. J’ai remarqué que c’est un travail pénible pour une seule personne. Nous avons hérité de ces espaces de notre défunt père qui pratiquait le jardinage bien avant que nous ne soyons de ce monde. À travers le jardinage, nous arrivons à nous nourrir », souligne Amara Koné. Dans ce jardin de plus de deux ha, Amara et son frère possèdent deux machines de pompage, installées dans des puits à grand diamètre pour faciliter l’arrosage des plantations. L’utilisation de ces machines peut souvent coûter plus de 5 à 6 litres d’essence par jour. Concernant les difficultés, il a souligné le manque d’eau qui survient généralement en saison sèche. Il a aussi signalé la mauvaise qualité de certaines semences qui n’arrivent pas à germer. Notre interlocuteur se rappelle récemment, d’une énorme perte qu’ils ont subie à cause de l’utilisation d’une mauvaise qualité de semence de carotte qui a coûté plus de 150.000 Fcfa. Un peu plus loin, dans le même alignement, nous sommes dans le jardin de la famille Sangaré. Cette famille détient plus de 5 ha. Selon le patriarche de la famille, Moussa Sangaré, bien avant l’aménagement de l’aéroport, ces terres étaient exploitées par leur défunt père. Pour lui, le jardinage est un travail de tous les jours, qui demande beaucoup d’efforts d’entretien des plantes. Cependant, il ajoute que les efforts sont rentabilisés une fois que les plantations arrivent
Société des mines d’or de Syama : Grève de 5 jours des travailleurs
Bamako, 10 Déc (AMAP) Le comité syndical de la Société des mines d’or de Syama (SOMISY), dans la Région de Sikasso (Sud), a exprimé, mercredi, son inquiétude face à la décision de la direction générale de l’entreprise de licencier 90 travailleurs maliens, à partir du 14 décembre prochain, en raison de difficultés économiques liées à la Covid-19. Le comité syndical observe une grève de 5 jours, depuis le 7 décembre dernier pour dénoncer ce que le secrétaire général du comité syndical de la SOMISY, N’Fa Doumbia, a qualifié de « méchanceté » de l’administration de l’entreprise. Dans sa déclaration préliminaire, lors d’une conférence de presse à la Bourse du travail, le secrétaire général du comité syndical de la SOMISY, N’Fa Doumbia juge d’« abusive » cette décision. Les travailleurs exigent le retour effectif et progressif des employés nationaux sur le site, le respect de la liberté syndicale, le droit de grève, l’implication, la prise en compte de l’avis du syndicat dans toutes les décisions concernant les travailleurs. Faisant la genèse de la situation et M. Doumbia a relaté les péripéties des négociations avec l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) sur la question. Et de rappeler que les années 2015 à 2017 ont été très agitées avec des débrayages de travailleurs pour réclamer de meilleures conditions de vie. Ils revendiquaient le rétablissement de l’Assurance maladie de 80 à 100%, l’instauration de la prime de rendement, la formation professionnelle, la mise en place d’un plan social pour les travailleurs licenciés pour des motifs économiques au niveau du bureau de Bamako. Une entente était intervenue entre la direction et les travailleurs sur l’arrêt de la vente parallèle des avaries par la direction, l’augmentation des salaires, de certaines primes de risque et de logement et l’octroi des fûts de 1.000 et de 200 litres aux travailleurs. Nonobstant ces accords de principe, l’administration de la SOMISY a maintenu son plan de licenciement. C’est ainsi que le comité syndical a déposé un préavis de grève de 5 jours, le 18 novembre 2020, demandant l’annulation de la décision de licenciement. En dépit de la menace de débrayage, la direction générale de la SOMISY n’a pas bougé d’un iota dans sa décision de réduire le personnel. « Des notifications de licenciement ont été transmises, parfois, dans des conditions pathétiques comme le cas de Mamadou Sanogo, un agent malade qui a reçu sa notification de licenciement sur son lit d’hôpital, avant de décéder quelques jours après », a déploré N’Fa Doumbia. « Les employés sont décidés à poursuivre leur action par des méthodes et procédures légales. Toute résistance ou opposition à cette action ne fera que renforcer notre détermination », a-t-il prévenu. Après avoir souligné que les travailleurs sont ouverts au dialogue social pour la satisfaction de leurs revendications, le secrétaire général du comité syndical de la SOMISY, a aussi appelé les autorités de la Transition, notamment le président Bah N’Daw, afin qu’elles s’impliquent auprès de l’entreprise afin qu’elle renonce à sa décision de licenciement. La SOMISY, qui existe depuis 1990, emploie près de 2.000 travailleurs, dont près de 650 Maliens. Selon N’Fa Doumbia, au cours du premier semestre de l’année, l’entreprise a généré 36 millions de dollars, soit environ 18 milliards de Fcfa de bénéfices. Et le syndicat de la SOMISY, « dans sa lutte pour de meilleures conditions de vie des travailleurs », a obtenu une augmentation entre 200 à 400.000 Fcfa sur les salaires du personnel SYW/MD (AMAP)
Bamako : Coup d’accélérateur aux travaux du tronçon Pont de l’Amitié-tour de l’Afrique
Par Babba B. COULIBALY Bamako, 10 Déc (AMAP) Depuis le passage du ministre des Transports et des Infrastructures, Makan Fily Dabo, en octobre dernier, l’entreprise adjudicatrice du marché met les bouchées doubles pour livrer, en février 2021, le chantier du tronçon Pont de l’Amitié-tour de l’Afrique. Le taux de réalisation des travaux d’aménagement en 2×2 voies de ce tronçon reliant le 3è pont de Bamako à la Route nationale (RN6) d’une longueur de 3,26 km, y compris la construction d’un échangeur et la réhabilitation de la section Tour de l’Afrique-Yirimadio (6,5 km) était estimé à près de 50%, à la date du 22 octobre dernier. Alors que le délai imparti avait été consommé à hauteur de 90%. Le constat amer avait été établi, ce jour-là par le ministre des Transports et des Infrastructures, juste après sa prise de fonction. Face à la situation, M. Dabo avait demandé à l’entreprise d’avancer sur les travaux. Il s’était, par ailleurs, montré ferme quant au respect du délai contractuel initialement prévu à la fin du mois de février 2021. Prévenant qu’il veillera au respect de cette date, le chef du département avait annoncé des visites inopinées pour s’assurer de l’avancement normal des travaux. Qu’en est-il un mois après le passage du ministre lors duquel le ton utilisé et la méthode avaient été appréciés ? Sur le terrain, on constate que les choses bougent malgré des difficultés. En effet, les travaux de bitumage ont beaucoup évolué en plusieurs endroits. La cadence a été accélérée concernant la réalisation des collecteurs et des « garde-fous ». En outre, les travaux pour la construction du viaduc ont débuté. Le terrassement est en cours au niveau de la section allant du 13è arrondissement à Yirimadio. Partout, les équipes de l’entreprise Razel, chargée de l’exécution des travaux pour un délai initial de 18 mois, sont à la tâche, sous la supervision des agents de la mission de contrôle confiée au bureau d’études CIRA. Ibrahim Ouane, un des agents de contrôle, fait des allers-retours entre les différentes sections du projet. « Actuellement, les travaux avancent normalement. L’occupation des emprises par les réseaux des concessionnaires Energie du Mali (EDM) Société malienne du patrimoine de l’eau potable (SOMAPEP), Orange Mali, Malitel, Société Malienne de Transmission et de Diffusion (SMTD) et certaines propriétés privées retardaient les travaux. Certaines emprises ont été libérées, d’autres non », explique-t-il. Cette remobilisation de la troupe est appréciée par la population riveraine et d’autres usagers. Alassane Touré habite Niamana ATT-bougou. Il emprunte cette voie tous les jours pour se rendre au travail. Au volant de sa voiture, cet usager confirme que les travaux progressent à un rythme appréciable. « Depuis quelques jours, nous avons constaté que les choses commençaient à bouger. L’entreprise se donne à fond. Nous avons reçu les échos de la visite surprise du ministre qui semble donner un coup d’accélérateur aux travaux », confie notre interlocuteur. Yaya Bagayoko fait le même constat. De l’avis de cet habitant de Missabougou (Commune VI), l’entreprise en charge des travaux a mis les bouchées doubles et les ouvriers sont de plus en plus actifs. « Ces derniers temps, ils travaillent de nuit comme de jour (y compris les dimanches) sur le chantier du viaduc (passerelle) au niveau du marché de Yirimadio, à la descente du 3è pont », fait-il observer. Harouna Doumbia, qui habite Yirimadio, est du même sens. Rencontré à l’entrée du marché de ce quartier, il confirme que les travaux de construction du viaduc et du tronçon passant devant le marché de Yirimadio ont bel et bien commencé. LIBERATION DE L’EMPRISE – Ces avancées remarquables sont confirmées par le directeur national des routes. « Certains riverains, qui ont compris l’intérêt du projet pour eux et pour la population, ont commencé à libérer l’emprise en attendant leur indemnisation. Le tronçon, qui posait des problèmes, commençait à partir du viaduc où l’entreprise a également débuté les travaux », explique Abdoulaye Daou, rencontré à son bureau à Darsalam. Ici, l’entreprise travaille en demi-chaussé, c’est-à-dire tout le trafic est basculé sur le côté gauche en allant à Ségou, en attendant de terminer les travaux sur l’autre côté. Cette situation temporaire crée parfois des tensions entre usagers et policiers au niveau de l’entrée du marché. « Nous savons que c’est contraignant, mais nous demandons leur indulgence, le temps de finir les travaux », plaide le responsable. Toutefois, des difficultés persistent, à en croire le directeur national des routes. « Il y a eu des avancées, mais on n’en a pas fini avec les concessionnaires. Nous remarquons que la plupart n’ont pas un plan de récolement de leurs installations souterraines. Souvent, nous tombons sur des installations : fibres optiques, conduites d’eau. Cela démontre qu’ils ne maîtrisent pas leurs réseaux », déplore Abdoulaye Daou. Il invite les concessionnaires à mettre leurs plans de réseaux à la disposition de la direction nationale des routes afin d’éviter des surprises désagréables qui retardent l’exécution des travaux routiers. Certains concessionnaires se portent en faux contre les accusations à leur encontre. « Depuis le montage de ce projet, l’entreprise savait bien qu’il y aurait des installations des concessionnaires dans l’emprise et que le déplacement de ces installations était à sa charge. Donc, sachant que le coût de ce déplacement est élevé, l’entreprise Razel veut rejeter la faute du retard des travaux sur les concessionnaires », indique-t-on au niveau de la SOMAPEP. « Nous avons commencé à déplacer nos installations qui étaient dans l’emprise du projet avant même le début des travaux. Il ne reste que 500 mètres et le blocage à ce niveau incombe à l’entreprise Razel qui refuse de nous montrer le niveau zéro de canalisation au niveau du virage de Wara », confie Dougnon Keneko Albert, responsable de la communication de la SMTD. Moussa Sacko, directeur de la communication institutionnelle d’Orange Mali, que nous avons joint au téléphone, fait savoir que son entreprise n’a aucune installation, à ce jour, dans les emprises de ce projet. Nos tentatives pour recueillir la réaction de l’EDM-SA ont été vaines. BBC/MD (AMAP)
Bamako : Des jeunes ruraux ont trusté le métier de tailleur ambulant
Par Aminata Dindi SISSOKO Bamako, 09 Déc (AMAP) À bicyclette ou à pied, ils sillonnent les quartiers de la capitale malienne à longueur de journée. Ils sont d’une grande utilité pour les clients qui, sans se déplacer, veulent raccommoder des habits usagés. Ousmane Diakité, un jeune homme trapu sur un vélo d’un autre âge, fait partie de ces tailleurs raccommodeurs ambulants. Sur son porte-bagages est attachée une machine à coudre. Le cycliste signale sa présence dans la rue par les cliquetis de ses ciseaux. Une façon pour lui d’alerter d’éventuels clients. Sa stratégie ne tarde pas à faire son effet. Tout d’un coup, un garçonnet l’interpelle. Il rebrousse chemin. Une dame de la quarantaine lui propose des habits d’enfant à recoudre. Ils conviennent du prix. Le jeune tailleur, visiblement dynamique, se met à la tâche avec entrain. Il n’est pas le seul à faire ce métier pour s’assurer une autonomie financière. Après l’hivernage, pour certains et les récoltes, pour d’autres, Bamako et les différents centres urbains du Mali accueillent ces jeunes gens. Communément « Togolotogolo », ils sillonnent les rues, toute la journée en faisant claquer leurs paires de ciseaux pour attirer les clients. Si certains circulent à vélo, d’autres sont à pied, la machine à coudre sur l’épaule. Ousmane Diakité, la trentaine, vient du village de Chi, dans le Cercle de San, dans le Centre du Mali. Il nous apprend qu’il pratique ce métier depuis 2012. «J’aime bien la couture. Je l’ai apprise au village avant de venir à Bamako », explique le garçon qui révèle qu’à ses débuts, il pouvait gagner entre 2.500 et 10.000 Fcfa par jour. Ces dernières années, on assiste à une ruée des jeunes ruraux vers ce métier. « Nous quittons nos villages, chaque année, après les récoltes pour Bamako. Moi, j’habite à Kalaban-coura. Chaque jour, je sillonne les rues de ce quartier jusqu’au petit soir. J’économise mes recettes pour acheter du bétail, une fois de retour au village », explique le tailleur ambulant. Si les affaires ne marchent pas à Bamako, il compte tenter sa chance à Nioro du Sahel, Diéma ou Kayes, dans l’Ouest. Il ambitionne, à terme, d’ouvrir un atelier de couture. CLIENTS GÉNÉREUX – Madou Tangara, originaire de Woletona, dans la Région de Ségou (Centre), est tailleur ambulant depuis seulement trois ans. Nous l’avons rencontré aux environs de 18 heures sur son vélo pour rentrer chez lui. «Je suis revenu du village il y a près d’un mois. Cela fait trois ans que je viens à Bamako après les travaux champêtres. Je sillonne deux quartiers et je peux gagner entre 3.500 à 4.000 Fcfa par jour», confie-t-il. Cela non sans difficultés. «Nous rentrons très épuisés à la maison. En outre, nous avons parfois des incompréhensions avec des clients. Certains refusent de payer quand ils ne sont pas satisfaits de la qualité du service », dit le jeune tailleur. En dépit de ces problèmes, certains réussissent à fidéliser la clientèle. C’est le cas de Madou Konaté qui dit avoir plusieurs clients fidèles dans différents quartiers. «Au début, ce n’était pas facile. Mais quand j’ai eu un portable, j’ai commencé à fidéliser les clients. Certains m’appellent pour me donner rendez-vous. D’autres me demandent de passer chaque deux samedi ou dimanche », explique celui qui a derrière lui une dizaine d’années métier. Certains clients très généreux lui donnent parfois jusqu’à 3.000 Fcfa pour sa prestation. Qu’en pensent les clients ? «Il faut reconnaître que ces tailleurs sont d’une grande utilité. Les couturiers expérimentés refusent le raccommodage. Tu leur donnes un habit pour une petite réparation, ils peuvent le garder 10 jours sans le réparer. Alors qu’en un clin d’œil, ces tailleurs ambulants font le travail et à bas prix », témoigne Mah Fomba, soulignant que ces jeunes gens font bien leur travail. Aïssatou pense que ce sont les plus expérimentés parmi ces tailleurs ambulants qui donnent satisfaction aux clients. «Il y a beaucoup de jeunes dans le domaine actuellement qui ne se sont pas donné assez de temps pour bien apprendre le métier. Si tu leur donnes un habit, ils font du n’importe quoi et après ils te réclament de l’argent », déplore-t-elle. ADS (AMAP)
Mali : Un important lot de stupéfiants et de médicaments incinérés
Bamako, 03 Déc (AMAP) La Commission de destruction des produits pharmaceutiques et des stupéfiants a procédé, mercredi, dans la Commune de Dio, dans le Cercle de Kati, près de Bamako, à l’incinération d’un important lot de stupéfiants estimé à un peu plus de 1,92 milliard de Fcfa et de produits pharmaceutiques d’une valeur de plus de 2,508 milliards de Fcfa. Le lot est composé de 958 kg de chanvre indien, soit 479 briques et de 1.275 cartons de produits pharmaceutiques. «Tout ce qui n’est pas du domaine médical n’est pas autorisé à entrer et ne doit pas entrer dans notre pays. Nous pensons que cet évènement est à salue, tout comme les efforts des collaborateurs », a dit le directeur général de la Pharmacie et du médicament, Dr Yaya Coulibaly qui avait à ses côtés le directeur du renseignement et des enquêtes douanières, Ahmadou Sanogo. « Aujourd’hui, le médicament est un secteur que tout le monde veut intégrer même ceux qui ne sont des professionnels du domaine », a soutenu Dr Coulibaly. Il a, aussi, apprécié les efforts des services des douanes qui se battent nuit et jour pour saisir des médicaments impropres à la consommation. Et d’expliquer que les professionnels doivent apporter un coup de main à la lutte contre ce phénomène. Et les populations, aider les services de douanes et tous les autres services en charge de la lutte contre les faux médicaments et autres stupéfiants. Enfin, Dr Yaya Coulibaly a remercié les services des douanes pour la collaboration constante avec la Direction de la pharmacie et des médicaments dans le cadre de la destruction des produits impropres à la consommation et des stupéfiants. Quant au directeur du renseignement et des enquêtes douanières, il a indiqué que la loi prévoit l’incinération des produits prohibés. Selon M. Sanogo, cette activité offre l’occasion de faire passer un message à ceux qui ont décidé de violer la réglementation pour des intérêts personnels. Pour lui, ces contrebandiers trouveront en face d’eux des agents engagés à protéger la population, la santé animale et l’environnement. Ahmadou Sanogo explique que ces produits ont été saisis au cours des missions de patrouille sur le terrain, aux postes de contrôle et, surtout, grâce aux renseignements. Il a ajouté que ces substances interdites étaient dissimulées à bord de véhicules spécifiquement aménagés pour ça. Ces saisies ont été opérées par la direction du renseignement et des enquêtes douanières et la nouvelle direction régionale des douanes de Koutiala. FC/MD (AMAP)
Lutte contre la corruption : Nécessaire application des principes de Bangalore sur la déontologie judiciaire
Par Bembablin DOUMBIA Bamako, 02 Déc (AMAP) Dans la lutte contre la corruption, de nombreux mécanismes ont été mis en place par les autorités au Mali, notamment la Cellule d’appui aux structures de contrôle de l’administration (CASCA), le Contrôle général des services publics, le Bureau du Vérificateur général (BVG). Malgré ces efforts consentis, le secteur de la justice est toujours indexé. Il fait l’objet de nombreuses récriminations de la part des citoyens. Comme le démontre une étude, réalisée par la Fondation Friedrich Ebert en 2017, selon laquelle « environ 78% de la population adulte pense que la justice malienne est corrompue ». Afin de nettoyer ce cliché moins reluisant, un atelier de formation est ouvert, depuis lundi à Bamako, à l’attention des acteurs de l’appareil judiciaire. L’événement est initié par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), en partenariat avec le ministère de la Justice. L’ouverture de la rencontre était présidée par le représentant du ministre de la Justice, Boubacar Touré, en présence de la représentante de la MINUSMA, Pauline Baranes. D’autres personnalités ont participé par visio-conférence à l’ouverture de cet événement dont le thème est : « l’application au Mali des principes de Bangalore sur la déontologie judiciaire ». Cet atelier de formation, qui prend fin ce mercredi, vise à promouvoir l’intégrité judiciaire à travers une meilleure application de l’article 11 de la Convention des Nations unies contre la corruption (CNUCC) qui met l’accent sur le rôle crucial du système judiciaire dans la lutte contre la corruption. Il entend, également, initier une réflexion quant au potentiel renforcement du code de déontologie judiciaire au Mali. Dans son intervention, le représentant du ministre de la Justice a rappelé que la lutte contre la corruption est un défi cher aux « plus hautes autorités » de la Transition. Elle s’inscrit, selon Boubacar Touré, dans la droite ligne de la vision du chef de l’État, Bah Daw, qui dans son discours d’investiture, en septembre dernier, a promis une lutte implacable contre le phénomène, à travers l’objectif « zéro impunité ». « Cette vision, a-t-il poursuivi, s’est d’ailleurs traduite dans la feuille de route assignée au gouvernement dont l’axe 2 instruit en lettre impérative le renforcement et l’accentuation de la lutte contre la corruption ». Pour le représentant du ministre de la Justice, cette rencontre n’est pas qu’un atelier de formation, elle se veut un espace de communion pour un réarmement moral contre la corruption. À cet égard, il a invité les participants à développer et à affermir en eux la fibre intellectuelle et psychique, ainsi que l’élévation d’esprit et les caractères nécessaires pour résister et faire résister à toutes épreuves, à la tentation du phénomène. « Il s’agit de cette valeur supérieure que constitue l’intégrité judiciaire », a indiqué Boubacar Touré. Rappelant que le Mali fait partie de la CNUCC, il a souligné que la déontologie est un complément essentiel au statut des magistrats. Il ajoutera qu’elle est gage de succès pour la justice. « Sans elle, toute action de lutte contre la corruption et la délinquance financière serait vouée à l’échec », a-t-il estimé. « Votre appropriation de la déontologie et votre conscience de l’intégrité judiciaire permettront de bâtir un service public de la justice efficace, de qualité à même de restaurer la confiance des citoyens », a déclaré Boubacar Touré. BD/MD (AMAP)
Moto-taxi : La nouvelle vogue gagne Sikasso
Par Mariam F. DIABATE Sikasso, 1er Déc (AMAP) « Pour moi, l’arrivée des mototaxis a apporté un confort total. Je fais toutes mes courses facilement. Sans ce moyen de locomotion, j’allais marcher du quartier Bougoula-ville à Lafiabougou, sur une quinzaine de kilomètres, car il n’y a pas d’autres moyens de déplacement sur cette voie», lance une fidèle cliente des mototaxis à Sikasso. Les propos de cette cliente illustrent, ainsi, la nouvelle ère du transport urbain sikassois, avec l’arrivée de ces engins. Il est 11 heures à Sikasso. Sous un arbre, à l’intersection du boulevard de l’Union africaine (UA) et de la Route nationale (RN7), de grosses motos de couleurs jaunes, attirent l’attention des passants. «Où voulez-vous partir, madame ? Venez, nous allons partir…», demandent les conducteurs aux clients. Leurs cheveux, blousons, gants et cache-nez… sont couverts de poussière. Quand ils ne conduisent pas un client, les conducteurs discutent des comportements de clients, des frais de déplacement, de la distance entre les quartiers, des disputes avec les policiers et d’autres transporteurs. Adama Dembélé est le chef d’équipe des conducteurs de mototaxis. Il revendique 9 mois d’activités au compte de sa société à Sikasso. «Les jours de fête, de baptême et de mariage, nos motos sont très sollicitées par les femmes», affirme-t-il, souriant. « Durant ces rassemblements, poursuit-il, je peux gagner entre 5000 et 6000 Fcfa en une journée ». Se prononçant sur la tarification des mototaxis, M. Dembélé explique que de l’intersection du boulevard de l’UA à la route de Koutiala, il faut payer 200 Fcfa. Le même prix est retenu pour se rendre à Wayerma. «Nous demandons 300 Fcfa pour Hamdallaye et 500 Fcfa à 700 Fcfa pour Mamassoni, Sanoubougou et Sirakoro», détaille-t-il. Cependant, tout n’est pas rose dans ce métier. Malgré l’engouement de la population pour les mototaxis, notre interlocuteur précise que son activité rencontre des difficultés. Il s’agit, entre autres, de la mésentente persistante avec les conducteurs de transport en commun, notamment les « dourouni » et les taxis. Il pointe, aussi, la propension de certaines clientes à ne pas payer les tarifs convenus, en prétextant qu’elles sont veuves ou qu’elles sont pauvres. «On dirait que la mototaxi est venue uniquement pour me soulager. Je prépare les repas lors des cérémonies. Pour ce faire, je sors tôt et rentre tard. C’est avec les mototaxis que je fais mes courses», témoigne Mamou Traoré, une cliente régulière. Elle choisi ce moyen de transport car, selon elle, les conducteurs vous déposent jusqu’à la destination finale sans rechigner. «L’autre jour, la mototaxi a transportées mon amie et moi au quartier Sanoubougou II à 750 Fcfa. Si c’était le taxi, nous allions payer près de 2000 Fcfa», témoigne-t-elle, souhaitant l’expansion des lignes aux points d’arrêt, dans chaque quartier de la ville. Le coordinateur du projet de mototaxi, Yacouba Diarra, explique que cela s’inscrit dans le cadre de la collaboration avec l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE). En outre, il souhaite avoir l’appui des autorités régionales afin de pouvoir contribuer à réduire le taux de chômage des jeunes. Par ailleurs, le coordinateur souhaite bénéficier d’une exonération des impôts. Au commissariat du 1er arrondissement de Sikasso, le responsable en charge de la voie publique, le major Aliou Sidi Diallo, déplore le fait que, de façon générale, les Sikassois ne maîtrisent pas le Code de la route et, surtout, les conducteurs des mototaxis. « Ces derniers, relève-t-il, ne bénéficient pas de formation en circulation routière ». De plus, le major Diallo appelle les conducteurs de mototaxis à ne pas en faire un moyen de transport inter urbain. «En plus des déplacements urbains, très souvent ces conducteurs transportent les clients de Sikasso à Zégoua, de Sikasso à Niéna», déplore le policier qui pointe, aussi, certaines mauvaises pratiques des conducteurs comme l’excès de vitesse, la surcharge, le support à trois, le non-respect des feux de signalisation et même le dépassement dangereux. Le major Aliou Sidi Diallo invite les conducteurs de mototaxis à passer le permis de conduire. S’adressant aux autorités régionales et au promoteur, il conseille d’organiser des séries de formation à l’intention des conducteurs afin de minimiser les cas d’accidents. MFD/MD (AMAP)
Route Banconi-Dialakorodji-Safo Nossombougou : Le ministre Dabo ordonne la relance rapide des travaux
Bamako, 1er Déc (AMAP) Le ministre des Transports et des Infrastructures, Makan Fily Dabo, a ordonné la relance des travaux de construction et de bitumage de la route Banconi-Dialakorodji-Safo- Nossombougou, longue de 57,845 km, qui accusent un retard énorme à cause de l’occupation de l’emprise du projet en zone urbaine. A ce jour, le taux de réalisation est estimé à 56% pour un délai consommé de 90%, a constaté, samedi, Makan Fily Dabo qui venait s’enquérir de l’état d’avancement du chantier,, accompagné du directeur national des routes, Abdoulaye Daou, et des techniciens du ministère des Affaires foncières, de l’Urbanisme et de l’Habitat. Ce retard s’explique par la libération tardive et non encore totale des emprises des travaux, selon les responsables de l’entreprise. Certaines emprises sont encore occupées par les conduites d’eau de la Société malienne du patrimoine de l’eau potable (SOMAPEP S.A), les lignes électriques de la Société nationale d’énergie (EDM) et des propriétés privées. Toute chose qui empêcherait l’entreprise d’évoluer conformément à son planning, notamment dans la section urbaine de Banconi et Dialakorodji. Cette situation semble préoccuper les populations bénéficiaires de l’infrastructure. Elles ont, par la voix du maire de la Commune de Dialakorodji, Oumar Guindo, jugé réconfortant la visite du ministre. Avant de plaider pour la reprise et l’accélération des travaux pour le bien être des populations. Leur cri du cœur a été entendu, surtout que les raisons évoquées pour justifier le retard ne sauraient expliquer le retard accusé. «L’emprise qui reste occupée est moins de 5 km», a souligné le chef du département des Transports et des Infrastructures. M. Dabo a, au regard de cette réalité, instruit l’entreprise à effectuer immédiatement les travaux sur l’ensemble des emprises déjà libérées. Il a réitéré la détermination de l’Etat à terminer ce chantier dans un délai raisonnable et rassurer les habitants dont les biens ont été impactés par les travaux. «Nous rassurons les populations des zones d’influence du projet que les travaux vont être réalisés dans de très bonnes conditions. C’est pourquoi nous avons fait passer, la semaine dernière, un avenant en Conseil des ministres pour proroger le délai dans le but de permettre à l’entreprise de réaliser les travaux conformément au nouveau délai fixé par le gouvernement», a annoncé le chef du département. Parlant des désagréments causés, le ministre Dabo a rappelé que la décision de démolition des biens qui sont dans l’emprise a été prise par le gouvernement parce que les travaux ont été déclarés d’utilité publique. « C’est ainsi que toutes ces propriétés situées dans l’emprise des travaux ont été identifiées et vont être détruites, a-t-il insisté, précisant que leurs propriétaires seront indemnisés conformément aux textes en vigueur. En réponse aux exigences du ministre, les responsables de Cogeb international se sont engagés à accélérer la cadence des travaux. La route en chantier va du croisement avec la Route nationale (RN27), à partir de Banconi station Shell, au croisement avec la RN3 (Nossombougou). Les travaux sont exécutés par l’entreprise Cogeb international pour un délai d’exécution de 15 mois hors saison des pluies. Ils ont démarré le 20 avril 2017 pour un coût de réalisation évaluée à 27.729.986.552 de Fcfa, financé entièrement sur budget national. Cette route qui aura une emprise minimale de 30 m, sera réalisée en 2×2 voies sur 10 km dans la section urbaine de Banconi à Safo et en 1×2 voies sur 47 km de Safo à Nossombougou. L’objectif du projet est de relier la Route nationale (RN3) Bamako-Kati-Kolokani-Diéma-Nioro» à la RN27 Bamako-Koulikoro, en passant par les localités de Banconi, Dialakorodji, Safo, Dabani, Nossombougou, etc. La finalité est de faire basculer une grande partie du trafic en contournant le centre ville d’une part, et relier les routes nationales RN7 Bamako-Bougouni-Sikasso, RN6 Bamako-Fana-Ségou, RN27 Bamako-Koulikoro-Banamba et RN3 Bamako-Kati-Kolokani-Djidiéni, en passant par le 3è pont, d’autre part. Il s’agira d’éviter aux gros porteurs d’emprunter la route de Samé, de décongestionner le trafic à l’intérieur de la ville de Bamako et d’améliorer la qualité du cadre de vie des populations. BBC/MD (AMAP)

