Mali : Un important lot de stupéfiants et de médicaments incinérés
Bamako, 03 Déc (AMAP) La Commission de destruction des produits pharmaceutiques et des stupéfiants a procédé, mercredi, dans la Commune de Dio, dans le Cercle de Kati, près de Bamako, à l’incinération d’un important lot de stupéfiants estimé à un peu plus de 1,92 milliard de Fcfa et de produits pharmaceutiques d’une valeur de plus de 2,508 milliards de Fcfa. Le lot est composé de 958 kg de chanvre indien, soit 479 briques et de 1.275 cartons de produits pharmaceutiques. «Tout ce qui n’est pas du domaine médical n’est pas autorisé à entrer et ne doit pas entrer dans notre pays. Nous pensons que cet évènement est à salue, tout comme les efforts des collaborateurs », a dit le directeur général de la Pharmacie et du médicament, Dr Yaya Coulibaly qui avait à ses côtés le directeur du renseignement et des enquêtes douanières, Ahmadou Sanogo. « Aujourd’hui, le médicament est un secteur que tout le monde veut intégrer même ceux qui ne sont des professionnels du domaine », a soutenu Dr Coulibaly. Il a, aussi, apprécié les efforts des services des douanes qui se battent nuit et jour pour saisir des médicaments impropres à la consommation. Et d’expliquer que les professionnels doivent apporter un coup de main à la lutte contre ce phénomène. Et les populations, aider les services de douanes et tous les autres services en charge de la lutte contre les faux médicaments et autres stupéfiants. Enfin, Dr Yaya Coulibaly a remercié les services des douanes pour la collaboration constante avec la Direction de la pharmacie et des médicaments dans le cadre de la destruction des produits impropres à la consommation et des stupéfiants. Quant au directeur du renseignement et des enquêtes douanières, il a indiqué que la loi prévoit l’incinération des produits prohibés. Selon M. Sanogo, cette activité offre l’occasion de faire passer un message à ceux qui ont décidé de violer la réglementation pour des intérêts personnels. Pour lui, ces contrebandiers trouveront en face d’eux des agents engagés à protéger la population, la santé animale et l’environnement. Ahmadou Sanogo explique que ces produits ont été saisis au cours des missions de patrouille sur le terrain, aux postes de contrôle et, surtout, grâce aux renseignements. Il a ajouté que ces substances interdites étaient dissimulées à bord de véhicules spécifiquement aménagés pour ça. Ces saisies ont été opérées par la direction du renseignement et des enquêtes douanières et la nouvelle direction régionale des douanes de Koutiala. FC/MD (AMAP)
Lutte contre la corruption : Nécessaire application des principes de Bangalore sur la déontologie judiciaire
Par Bembablin DOUMBIA Bamako, 02 Déc (AMAP) Dans la lutte contre la corruption, de nombreux mécanismes ont été mis en place par les autorités au Mali, notamment la Cellule d’appui aux structures de contrôle de l’administration (CASCA), le Contrôle général des services publics, le Bureau du Vérificateur général (BVG). Malgré ces efforts consentis, le secteur de la justice est toujours indexé. Il fait l’objet de nombreuses récriminations de la part des citoyens. Comme le démontre une étude, réalisée par la Fondation Friedrich Ebert en 2017, selon laquelle « environ 78% de la population adulte pense que la justice malienne est corrompue ». Afin de nettoyer ce cliché moins reluisant, un atelier de formation est ouvert, depuis lundi à Bamako, à l’attention des acteurs de l’appareil judiciaire. L’événement est initié par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), en partenariat avec le ministère de la Justice. L’ouverture de la rencontre était présidée par le représentant du ministre de la Justice, Boubacar Touré, en présence de la représentante de la MINUSMA, Pauline Baranes. D’autres personnalités ont participé par visio-conférence à l’ouverture de cet événement dont le thème est : « l’application au Mali des principes de Bangalore sur la déontologie judiciaire ». Cet atelier de formation, qui prend fin ce mercredi, vise à promouvoir l’intégrité judiciaire à travers une meilleure application de l’article 11 de la Convention des Nations unies contre la corruption (CNUCC) qui met l’accent sur le rôle crucial du système judiciaire dans la lutte contre la corruption. Il entend, également, initier une réflexion quant au potentiel renforcement du code de déontologie judiciaire au Mali. Dans son intervention, le représentant du ministre de la Justice a rappelé que la lutte contre la corruption est un défi cher aux « plus hautes autorités » de la Transition. Elle s’inscrit, selon Boubacar Touré, dans la droite ligne de la vision du chef de l’État, Bah Daw, qui dans son discours d’investiture, en septembre dernier, a promis une lutte implacable contre le phénomène, à travers l’objectif « zéro impunité ». « Cette vision, a-t-il poursuivi, s’est d’ailleurs traduite dans la feuille de route assignée au gouvernement dont l’axe 2 instruit en lettre impérative le renforcement et l’accentuation de la lutte contre la corruption ». Pour le représentant du ministre de la Justice, cette rencontre n’est pas qu’un atelier de formation, elle se veut un espace de communion pour un réarmement moral contre la corruption. À cet égard, il a invité les participants à développer et à affermir en eux la fibre intellectuelle et psychique, ainsi que l’élévation d’esprit et les caractères nécessaires pour résister et faire résister à toutes épreuves, à la tentation du phénomène. « Il s’agit de cette valeur supérieure que constitue l’intégrité judiciaire », a indiqué Boubacar Touré. Rappelant que le Mali fait partie de la CNUCC, il a souligné que la déontologie est un complément essentiel au statut des magistrats. Il ajoutera qu’elle est gage de succès pour la justice. « Sans elle, toute action de lutte contre la corruption et la délinquance financière serait vouée à l’échec », a-t-il estimé. « Votre appropriation de la déontologie et votre conscience de l’intégrité judiciaire permettront de bâtir un service public de la justice efficace, de qualité à même de restaurer la confiance des citoyens », a déclaré Boubacar Touré. BD/MD (AMAP)
Moto-taxi : La nouvelle vogue gagne Sikasso
Par Mariam F. DIABATE Sikasso, 1er Déc (AMAP) « Pour moi, l’arrivée des mototaxis a apporté un confort total. Je fais toutes mes courses facilement. Sans ce moyen de locomotion, j’allais marcher du quartier Bougoula-ville à Lafiabougou, sur une quinzaine de kilomètres, car il n’y a pas d’autres moyens de déplacement sur cette voie», lance une fidèle cliente des mototaxis à Sikasso. Les propos de cette cliente illustrent, ainsi, la nouvelle ère du transport urbain sikassois, avec l’arrivée de ces engins. Il est 11 heures à Sikasso. Sous un arbre, à l’intersection du boulevard de l’Union africaine (UA) et de la Route nationale (RN7), de grosses motos de couleurs jaunes, attirent l’attention des passants. «Où voulez-vous partir, madame ? Venez, nous allons partir…», demandent les conducteurs aux clients. Leurs cheveux, blousons, gants et cache-nez… sont couverts de poussière. Quand ils ne conduisent pas un client, les conducteurs discutent des comportements de clients, des frais de déplacement, de la distance entre les quartiers, des disputes avec les policiers et d’autres transporteurs. Adama Dembélé est le chef d’équipe des conducteurs de mototaxis. Il revendique 9 mois d’activités au compte de sa société à Sikasso. «Les jours de fête, de baptême et de mariage, nos motos sont très sollicitées par les femmes», affirme-t-il, souriant. « Durant ces rassemblements, poursuit-il, je peux gagner entre 5000 et 6000 Fcfa en une journée ». Se prononçant sur la tarification des mototaxis, M. Dembélé explique que de l’intersection du boulevard de l’UA à la route de Koutiala, il faut payer 200 Fcfa. Le même prix est retenu pour se rendre à Wayerma. «Nous demandons 300 Fcfa pour Hamdallaye et 500 Fcfa à 700 Fcfa pour Mamassoni, Sanoubougou et Sirakoro», détaille-t-il. Cependant, tout n’est pas rose dans ce métier. Malgré l’engouement de la population pour les mototaxis, notre interlocuteur précise que son activité rencontre des difficultés. Il s’agit, entre autres, de la mésentente persistante avec les conducteurs de transport en commun, notamment les « dourouni » et les taxis. Il pointe, aussi, la propension de certaines clientes à ne pas payer les tarifs convenus, en prétextant qu’elles sont veuves ou qu’elles sont pauvres. «On dirait que la mototaxi est venue uniquement pour me soulager. Je prépare les repas lors des cérémonies. Pour ce faire, je sors tôt et rentre tard. C’est avec les mototaxis que je fais mes courses», témoigne Mamou Traoré, une cliente régulière. Elle choisi ce moyen de transport car, selon elle, les conducteurs vous déposent jusqu’à la destination finale sans rechigner. «L’autre jour, la mototaxi a transportées mon amie et moi au quartier Sanoubougou II à 750 Fcfa. Si c’était le taxi, nous allions payer près de 2000 Fcfa», témoigne-t-elle, souhaitant l’expansion des lignes aux points d’arrêt, dans chaque quartier de la ville. Le coordinateur du projet de mototaxi, Yacouba Diarra, explique que cela s’inscrit dans le cadre de la collaboration avec l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE). En outre, il souhaite avoir l’appui des autorités régionales afin de pouvoir contribuer à réduire le taux de chômage des jeunes. Par ailleurs, le coordinateur souhaite bénéficier d’une exonération des impôts. Au commissariat du 1er arrondissement de Sikasso, le responsable en charge de la voie publique, le major Aliou Sidi Diallo, déplore le fait que, de façon générale, les Sikassois ne maîtrisent pas le Code de la route et, surtout, les conducteurs des mototaxis. « Ces derniers, relève-t-il, ne bénéficient pas de formation en circulation routière ». De plus, le major Diallo appelle les conducteurs de mototaxis à ne pas en faire un moyen de transport inter urbain. «En plus des déplacements urbains, très souvent ces conducteurs transportent les clients de Sikasso à Zégoua, de Sikasso à Niéna», déplore le policier qui pointe, aussi, certaines mauvaises pratiques des conducteurs comme l’excès de vitesse, la surcharge, le support à trois, le non-respect des feux de signalisation et même le dépassement dangereux. Le major Aliou Sidi Diallo invite les conducteurs de mototaxis à passer le permis de conduire. S’adressant aux autorités régionales et au promoteur, il conseille d’organiser des séries de formation à l’intention des conducteurs afin de minimiser les cas d’accidents. MFD/MD (AMAP)
Route Banconi-Dialakorodji-Safo Nossombougou : Le ministre Dabo ordonne la relance rapide des travaux
Bamako, 1er Déc (AMAP) Le ministre des Transports et des Infrastructures, Makan Fily Dabo, a ordonné la relance des travaux de construction et de bitumage de la route Banconi-Dialakorodji-Safo- Nossombougou, longue de 57,845 km, qui accusent un retard énorme à cause de l’occupation de l’emprise du projet en zone urbaine. A ce jour, le taux de réalisation est estimé à 56% pour un délai consommé de 90%, a constaté, samedi, Makan Fily Dabo qui venait s’enquérir de l’état d’avancement du chantier,, accompagné du directeur national des routes, Abdoulaye Daou, et des techniciens du ministère des Affaires foncières, de l’Urbanisme et de l’Habitat. Ce retard s’explique par la libération tardive et non encore totale des emprises des travaux, selon les responsables de l’entreprise. Certaines emprises sont encore occupées par les conduites d’eau de la Société malienne du patrimoine de l’eau potable (SOMAPEP S.A), les lignes électriques de la Société nationale d’énergie (EDM) et des propriétés privées. Toute chose qui empêcherait l’entreprise d’évoluer conformément à son planning, notamment dans la section urbaine de Banconi et Dialakorodji. Cette situation semble préoccuper les populations bénéficiaires de l’infrastructure. Elles ont, par la voix du maire de la Commune de Dialakorodji, Oumar Guindo, jugé réconfortant la visite du ministre. Avant de plaider pour la reprise et l’accélération des travaux pour le bien être des populations. Leur cri du cœur a été entendu, surtout que les raisons évoquées pour justifier le retard ne sauraient expliquer le retard accusé. «L’emprise qui reste occupée est moins de 5 km», a souligné le chef du département des Transports et des Infrastructures. M. Dabo a, au regard de cette réalité, instruit l’entreprise à effectuer immédiatement les travaux sur l’ensemble des emprises déjà libérées. Il a réitéré la détermination de l’Etat à terminer ce chantier dans un délai raisonnable et rassurer les habitants dont les biens ont été impactés par les travaux. «Nous rassurons les populations des zones d’influence du projet que les travaux vont être réalisés dans de très bonnes conditions. C’est pourquoi nous avons fait passer, la semaine dernière, un avenant en Conseil des ministres pour proroger le délai dans le but de permettre à l’entreprise de réaliser les travaux conformément au nouveau délai fixé par le gouvernement», a annoncé le chef du département. Parlant des désagréments causés, le ministre Dabo a rappelé que la décision de démolition des biens qui sont dans l’emprise a été prise par le gouvernement parce que les travaux ont été déclarés d’utilité publique. « C’est ainsi que toutes ces propriétés situées dans l’emprise des travaux ont été identifiées et vont être détruites, a-t-il insisté, précisant que leurs propriétaires seront indemnisés conformément aux textes en vigueur. En réponse aux exigences du ministre, les responsables de Cogeb international se sont engagés à accélérer la cadence des travaux. La route en chantier va du croisement avec la Route nationale (RN27), à partir de Banconi station Shell, au croisement avec la RN3 (Nossombougou). Les travaux sont exécutés par l’entreprise Cogeb international pour un délai d’exécution de 15 mois hors saison des pluies. Ils ont démarré le 20 avril 2017 pour un coût de réalisation évaluée à 27.729.986.552 de Fcfa, financé entièrement sur budget national. Cette route qui aura une emprise minimale de 30 m, sera réalisée en 2×2 voies sur 10 km dans la section urbaine de Banconi à Safo et en 1×2 voies sur 47 km de Safo à Nossombougou. L’objectif du projet est de relier la Route nationale (RN3) Bamako-Kati-Kolokani-Diéma-Nioro» à la RN27 Bamako-Koulikoro, en passant par les localités de Banconi, Dialakorodji, Safo, Dabani, Nossombougou, etc. La finalité est de faire basculer une grande partie du trafic en contournant le centre ville d’une part, et relier les routes nationales RN7 Bamako-Bougouni-Sikasso, RN6 Bamako-Fana-Ségou, RN27 Bamako-Koulikoro-Banamba et RN3 Bamako-Kati-Kolokani-Djidiéni, en passant par le 3è pont, d’autre part. Il s’agira d’éviter aux gros porteurs d’emprunter la route de Samé, de décongestionner le trafic à l’intérieur de la ville de Bamako et d’améliorer la qualité du cadre de vie des populations. BBC/MD (AMAP)
Dégradation des routes : Le ministre des Transports et des Infrastructures invite les chauffeurs de gros porteurs au civisme
Bamako, 30 Nov (AMAP) Le ministre des Transports et des Infrastructures, Makan Fily Dabo, a invité, lundi, inviter les chauffeurs de gros porteurs et autres moyens de transport à adopter un comportement citoyen pour préserver les routes. Le chef du département, qui a visité les travaux de construction et de bitumage de la route Banconi-Dialakorodji-Safo-Nossombougou très en retard, à cause de l’occupation de l’emprise du projet en zone urbaine, a, au passage sa délégation, constaté un gros porteur en panne, garé sur la chaussée. «Nous avons toujours dénoncé ces pratiques. A peine les routes sont terminées, ils commencent à les détruire. Ils font fi des milliards investis pour la réalisation d’une route», a déploré le ministre Dabo. Il a expliqué au conducteur que l’huile est l’un des pires ennemis de la route. Le chef du département en charge des Transports et des Infrastructures a saisi l’occasion pour exhorter les conducteurs de gros porteurs et autres usagers à un comportement citoyen sur la route. « Cela, pour éviter de contribuer à la destruction, prématurément, de nos routes ». Comme les eaux de ruissellement, les gros porteurs contribuent à la dégradation prématurée des voies, à cause de l’incivilité de certains conducteurs routiers. Outre la surcharge, ils stationnent leurs engins, en panne, au beau milieu de la route, versant au passage de l’huile du moteur sur le bitume. Une pratique «nuisible» et «intolérable» que le ministre des Transports et des Infrastructures a dénoncé lors de sa visite. BBC/MD (AMAP)
Artisanat : La poterie résiste bien à la crise
Par Amadou SOW Bamako, 30 Nov (AMAP) La crise sécuritaire au Mali, en 2012, a porté un coup rude à l’artisanat, s’accordent à admettre les observateurs. Les artisans, dont le savoir-faire constitue une fierté nationale, vivent des jours difficiles du fait de l’absence de touristes. Or ceux-ci représentent une proportion importante de leur clientèle. Les artisans assistent, impuissants, à une baisse de leurs revenus et prient pour la relance des activités. Le secteur a besoin de retrouver un second souffle même si la situation n’est pas aussi désespérée qu’on pourrait le croire. Parce que le sous-secteur de la poterie arrive à se tirer d’affaire. Les potières et les femmes, qui vivent du commerce des objets en terre cuite, arrivent à joindre les deux bouts, malgré le contexte économique difficile. Les potiers continuent d’être présents dans notre quotidien à travers leurs productions qui ornent nos salles de conférences, salons de thé, bureaux, voire l’intérieur de nos maisons et autres édifices publics. Nonobstant la crise sécuritaire, les lieux de vente d’objets en terre cuite pour la décoration sont légion dans les rues de Bamako, les marchés, sur les abords des grandes artères et au niveau des ronds-points de la ville. Cette activité semble survivre à la crise. Et les jeunes s’intéressent, de plus en plus, à la poterie qui devient pourvoyeuse d’emplois par ce qu’elle apporte économiquement. Daouda Keïta, archéologue et directeur du Musée national, explique que la poterie a existé au Soudan (Mali d’avant l’indépendance), depuis le néolithique. Maïni Camara, originaire de Siby, est vendeuse d’objets en terre cuite, notamment des jarres au marché de N’Tabacoro. Pour elle, la poterie est la plus noble activité qui puisse exister mais aussi l’une des plus anciennes. Dans le temps, elle était réservée, au Mali, aux seules femmes de la caste des forgerons. «C’est une pratique très ancienne qui a laissé ses marques dans toutes les familles maliennes», explique la quinquagénaire. Comme pour apporter la preuve de l’utilité de la poterie, la vendeuse indique que jusque dans un passé récent, tous les ustensiles de cuisine étaient en terre cuite ou en bois dans nos campagnes. «Je m’approvisionne, chaque semaine, auprès des potiers et j’arrive à écouler très rapidement. Mais, il y a un énorme risque lié au transport de ces objets. Lorsqu’ils se cassent, les pertes peuvent être considérables», explique Maïni Camara, avant de rappeler qu’elle évolue dans ce commerce depuis plus de 20 ans et emploie même deux personnes : un jeune garçon et sa propre fille. Elle arrive donc à joindre les deux bouts et à subvenir aux besoins de sa fille. Tout comme elle, bien d’autres femmes exercent ce commerce et s’en sortent assez bien. L’Association des femmes pour la promotion des produits artisanaux a créé en 2008 un centre de poterie à Darsalam sur financement de partenaires espagnols. La présidente de l’Association, Mme Assitan Traoré, souligne que son centre a toujours fonctionné à plein régime même pendant l’hivernage où l’approvisionnement en matière première devient un peu délicat. « Nous utilisons de l’argile qui nous provient des rives du fleuve Djoliba aux environs de Kabala. Le chargement d’une benne de 7 m 3 est cédé à 120.000 Fcfa et pendant l’hivernage, les choses se compliquent, explique la potière. Après notre installation, nous avons commencé à produire des objets avec une finition exceptionnelle parce que nous disposons d’un outillage moderne. Malgré les années de crise on a continué à produire des pots de fleurs, des canaris et autres objets de décoration », témoigne la responsable de l’association qui évoque aussi des difficultés liées au transport des objets, notamment leur acheminement sur les sites de vente. A ce niveau, explique-t-elle, on peut enregistrer des pertes importantes. La quinquagénaire, Mme Awa Keïta, indique avoir 25 ans de vécu dans la poterie. Installée la capitale à quelques encablures du rond-point de Daoudabougou, elle explique vivre de son commerce d’objets en terre cuite. «Nos objets proviennent majoritairement de Kalabougou, dans la Région de Ségou, précisément d’un centre de conception et de fabrication des produits argileux. «Nous faisons l’expression des besoins et la commande est livrée dans les meilleurs délais. Je travaille avec ma progéniture (deux garçons). Ce que nous gagnons leur permet de vivre décemment», dit Awa. Nos compatriotes apprécient les objets décoratifs en argile. De plus en plus, ces objets sont faits avec des designs attractifs. La délicatesse du transport de ces objets en terre cuite influe sur les prix parfois fixés en fonction des pertes enregistrées pour compenser. Ce qui explique que certains objets sont hors de portée de la bourse du Malien moyen. La décoratrice Oumou Diallo relève qu’avant, les objets fabriqués en terre cuite étaient généralement utilisés dans les villages et dans certaines familles conservatrices. Mais avec les améliorations apportées dans la conception et la réalisation, il y a eu un regain d’intérêt pour ces œuvres d’art en terre cuite. La production locale n’a rien à envier à celle d’autres pays. Quant à Mariama Sanogo, secrétaire dans une banque de la place, elle explique être venue acheter un pot pour décorer la salle de réunion de son lieu de travail. Pour elle, il est difficile de vivre aujourd’hui sans ces objets qui font partie de nos us et coutumes. Les gens se servent des encensoirs (Woussoulan daga) pour bien parfumer leur maison. Ces dernières décennies, la poterie a connu une ère nouvelle avec une touche de modernisation. Les œuvres en terre cuite sont plus stylées et diversifiées. Nos potiers n’entendent pas rater le train du progrès. Ils ont modernisé leurs productions (jarres, écumoires, vases d’ornement et encensoirs). Ces objets sont pratiquement devenus indispensables pour la femme malienne. Il est aussi fréquent dans notre société de mettre ces objets dans le trousseau de mariage. AS (AMAP)
Désenclavement rural : Quelques 572 KM de pistes rurales en cours de réalisation à Koulikoro et Sikasso (Sud)
Synthèse de Cheick M. TRAORÉ Bamako, 27 Nov (AMAP) Le milieu rural est par essence la principale zone de production agricole de notre pays. Il est malheureusement très enclavé avec des pistes rurales qui sont souvent impraticables surtout en période d’hivernage. Cette situation rend difficile l’écoulement des productions agricoles de ces contrées et l’accès des populations aux denrées de première nécessité et aux services sociaux de base. Dans le but de rendre nos pistes pastorales cyclables en toutes saisons afin de conjurer ces difficultés, le gouvernement a initié le Projet d’amélioration de l’accessibilité rurale dénommé (PAAR). Cela à travers le ministère des Transports et des Infrastructures avec l’appui de la Banque mondiale. Le PAAR est à sa seconde phase d’intervention pour une durée de cinq ans (2017-2022). Période durant laquelle, il prévoit l’aménagement d’un total de 1.700 km de pistes rurales dans les Régions de Koulikoro et Sikasso. Cela en traitant par exemple des points critiques en vue de faciliter l’accès des populations aux marchés, aux services de santé, aux écoles et aux communes voisines. Ainsi, après l’aménagement des 445 km de pistes rurales de la phase I du projet, les travaux d’aménagement des 571,49 km de pistes de la phase II du Paar sont en cours dans les deux régions bénéficiaires du Projet. Dans la Région de Koulikoro, un linéaire total de 202 km de pistes rurales est en cours de réalisation dans les cercles de Banamba et Dioïla. Dans la circonscription de Banamba, trois pistes sont en construction. Il s’agit des pistes Kiban-Toukoroba-Tamani-Ségala-Nyamina sur une distance de 77 km, Sirakorola-Tougouni-Nyamina longue de 72 km et Sirakorola-Toubacoura pour un total de 28 km. Le Cercle de Dioïla compte une piste en aménagement : Fana-Nangola-Sorokoro-Bèlèko-Mèna, longue de 115 km Les cercles concernés par les travaux dans la Région de Sikasso sont Bougouni, Kadiolo, Kolondièba, et Yorosso. Ils concernent un total de 238 km repartis entre quatre circonscriptions. La seule piste en aménagement dans le Cercle de Bougouni est celle reliant Siobougou-Wola-Falani-Sanso/Bretelles : Wola-Dionkala sur une distance de 58 km. Le tronçon Loulouni-Nirouani-Ouattarasso-Kambo-Kadiolo, longue de 37 km, est en cours dans le Cercle de Kadiolo. Le Cercle de Kolondiéba bénéficie d’une piste en aménagement notamment l’axe Tiendaga-Fakola-Kotla-Sama-Dani-frontière RCI et bretelle Fakola-Soukourani-Togodaba-frontière RCI, longue de 116 km. Quant au Cercle de Yorosso, il compte également une piste en aménagement : Koury-Ngorola, longue de 27 km. Les travaux ont débuté en novembre 2019. La réception provisoire de la piste Fana-Nangola-Sorokoro-Bèlèko-Mèna dans la Région de Koulikoro a eu lieu au mois de juillet 2020. Cela en tenant compte des réserves formulées pour améliorer la qualité des travaux. Dans cette région, l’insécurité a impacté négativement le bon déroulement des travaux de certaines pistes de la phase II du Paar au niveau des cercles de Koulikoro et Banamba. Des dispositions sont en cours d’être prises pour la reprise et la finalisation des travaux d’aménagement des pistes concernées. Les travaux, dans la Région de Sikasso ont également débuté en novembre 2019. La réception provisoire des différentes pistes a lieu en juillet 2020 sous réserves. Les tâches du pont de Ziguéna sont presque terminées. La finalisation de la piste Koutiala-Konséguéla-Konina, activité de la phase I du PAAR, est en cours. Le lancement du Dossier d’appel d’offres (DAO) des travaux des trois ponts de N’Tiobougou, Faniéna et Djoungoula (phase 1 du projet) est imminent. L’aménagement de 50 km de pistes rurales de Konna avait été sollicité par les autorités dans le cadre du G5 Sahel. Les travaux avaient démarré avant de connaître des difficultés liées à l’inondation de la zone. Des dispositions sont prises pour le redémarrage des travaux après l’hivernage vu que la zone est inondée. Dans le cadre des travaux d’urgence initiés par le gouvernement dans les Régions de Mopti et du Nord du Mali, le Paar a été chargé de la réalisation de certaines infrastructures en dehors de sa zone habituelle d’intervention (Koulikoro et Sikasso). Il s’agit de la réalisation des travaux d’urgence de 16 km de digues à Ténenkou et Macina où la remise de site est effective. Les travaux préliminaires sont en cours. Les études pour la réalisation de la gare routière à Bankass sont presque finalisées. Le projet réalise également des infrastructures connexes ou socioéconomiques au bénéfice de chaque village riverain des pistes aménagées. Chaque bourgade bénéficie ainsi d’une infrastructure communautaire prioritaire en matière de développement local. à cet effet, un linéaire de 202 km de pistes rurales est en aménagement dans la Région de Koulikoro. Les installations connexes en cours d’études au niveau de la région sont au nombre de 39, dont six blocs de trois salles, soit 18 salles de classe équipées, 17 points d’eau, sept réhabilitations d’infrastructures de santé, huit périmètres maraîchers et un magasin de stockage. à Sikasso, 265 km de pistes rurales sont en cours d’aménagement. Les aménagements connexes de la phase II qui sont au stade des études techniques, sont au nombre de 43 et se composent de 15 blocs de trois salles de classes soit 45 salles de classes équipées, dix points d’eau, dix réhabilitations d’infrastructures de santé, cinq clôtures d’école, deux clôtures de Centres de santé communautaire (CSCOM) et un magasin de stockage. Pendant que les travaux de la phase II sont en cours de réalisation, les activités liées aux phases III et IV qui ont été combinées, sont également en cours. Les pistes à aménager ont été déjà choisies par les collectivités territoriales des deux régions avec un linéaire de 683 km. Les aménagements connexes prioritaires des 107 villages riverains des pistes à aménager, ont été également choisis par les populations bénéficiaires.
Aviculture à domicile : Une filière en pleine expansion
Par Makan SISSOKO Bamako, 26 Nov (AMAP) L’aviculture, une activité qui requiert une attention accrue de la part du promoteur, semble avoir, aujourd’hui, le vent poupe au Mali. Le secteur est en pleine expansion depuis quelques années. Devenu un refuge pour de nombreux diplômés sans emplois, elle offre de réelles opportunités d’affaires. Beaucoup de ceux qui s’y adonnent,, notamment à Bamako, s’activent dans l’aviculture domestique. Certains aménagent, à cet effet, un coin de la maison familiale. D’autres, exploitent, faute d’espace, les toits des habitats, où ils fabriquent des enclos recouverts entièrement de tôles. C’est le cas de Chiaka Dembélé. Diplômé de la Faculté des sciences juridiques et politiques de Bamako, il vit avec sa femme et ses enfants chez ses parents à Kalaban-coura, en commune V du district de Bamako. L’élevage de poussins est, depuis deux ans, au cœur des activités de ce jeune diplômé sans emploi pour pouvoir joindre les deux bouts. Sur son toit, Chiaka Dembélé a aménagé un espace. Il y élève des poussins qu’il revend au bout de 40 jours. Cette activité est, certes, laborieuse mais elle nourrit son homme. Il doit veiller sur la qualité de l’alimentation et de l’habitat des sujets en terme de confort et d’assainissement. Toute négligence peut lui coûter cher. «C’est un travail qui demande de la constance et du courage en permanence pour espérer obtenir de bons résultats», dit le volailleur. « Les poulets de chair, dit-il, subissent un long processus de formation qui dure près de deux mois. Au cours de laquelle, ils ont besoin de meilleures conditions d’hygiène, d’alimentation et d’un suivi médical approprié en termes de vaccination ». «Depuis que j’ai commencé cette activité, je n’ai pas d’autre vie ni d’autres occupations. Je consacre tout mon temps et toute mon énergie à leur entretien. C’est un travail pénible qui demande un suivi régulier. Les poulets de chair mangent et boivent toute la journée : matin et soir. Un instant d’oubli peut-être souvent fatal», relate-t-il. Ils sont importés de pays voisins, notamment du Sénégal et d’Europe, tels que l’Angleterre et l’Espagne. Pour s’adapter aux conditions climatiques du Mali, il leur faut de l’éclairage en permanence et du chauffage pour pouvoir survivre, ajoute l’aviculteur. REVENU APPRECIABLE – Une somme d’expériences qu’il a acquise après avoir trébuché. «Au début, je prenais 100 à 140 poussins. Sur ce nombre, seulement 60 à 70 arrivaient à terme. Je commence à m’adapter. Actuellement, je suis à 400 poussins qui sont presque arrivés à maturité. Pour leur alimentation, j’achète cinq à six sacs de concentré, en raison de 35.000 Fcfa par unité. Pour le moment, je n’ai pas enregistré de perte», s’est réjoui le jeune diplômé. Evoquant son chiffre d’affaires, Chiaka Dembélé indique qu’il peut avoir, après les dépenses, un revenu variant entre 150.000 à 175.000 Fcfa après chaque vente, en raison de 2.000 Fcfa par poulet. «Je vends la majorité de mes poulets aux hôteliers. L’élevage de poussins coûte énormément cher, mais je parviens à couvrir mes dépenses familiales et à subvenir à mes besoins en attendant de trouver mieux, c’est-à-dire un emploi salarié correspondant à mon profil », a-t-il dit. Tout comme lui, Soumaïla Traoré est aviculteur. Ce jeune homme âgé de 32 ans, en chômage technique depuis près d’un an, s’y est lancé pour subvenir à ses besoins. «L’aviculture locale est mon loisir préféré depuis l’adolescence. Je l’exerce actuellement pour gagner un peu d’argent, en entendant la reprise de mon travail», répond Soumaïla. Dans sa cour à Garantiguibougou, il a construit un vaste enclos en étage où il garde des pigeons et des poulets. Debout au milieu de la basse-cour, dans sa main une calebasse remplie de céréales dont il jetait le contenu par terre pour inviter la volaille à sortir. En un laps de temps, il se retrouve entouré de volaille. «J’ai acheté 200 poussins de chair dans l’espoir de les revendre à l’occasion de la fête de fin d’année pour pouvoir faire un peu de profit. J’ai déjà eu des commandes pour la fête du 31 décembre. Cette fois-ci, si les affaires marchent pour moi, j’espère rester dans le secteur avicole», lance Traoré. Qui dit se faire aider par son jeune frère de 15 ans pour l’entretien de ses oiseaux. « Car, soutient-il, l’aviculture locale est une activité prenante, donc difficile à concilier avec d’autres métiers ». «Les poulets de chair sont fragiles à la différence des locaux. Leur avantage est qu’ils ont une croissance rapide qui permet de les écouler assez vite», précise notre interlocuteur. À l’approche de la Saint-Sylvestre, communément appeler « fête des poulets », Abdoulaye Guindo, un jeune étudiant, s’active. A Kalaban coura ACI où il habite, il a été initié à l’aviculture par son frère ainé. Ce dernier élevait des poussins en famille et réalisait énormément de profit. En se lançant, Abdoulaye Guindo s’est servi des équipements, notamment le poulailler de son aîné. «Je viens de démarrer les activés avec seulement 100 poussins, à raison de 600 Fcfa l’unité, plus un sac d’aliment qui coûte 35.000 Fcfa. En fin de compte, si tout marche bien, je pourrais avoir un bénéfice allant de 75.000 à 80.000 Fcfa», pronostique Guindo. Qui compare l’aviculture à un jeu de loterie : entre chance et malchance, on peut ne pas obtenir le résultat escompté. « Cela, compte tenu de la fragilité des poussins de chair », soutient-il. CONSEILS ET ASTUCES – « Des difficultés surmontables », estime Fousseiny Bougoudogo, agent commercial au sein d’un groupe spécialisé dans la distribution de poussins et la vente de produits et matériels avicoles. Cette société travaille avec plusieurs couvoirs à l’intérieur comme l’extérieur du Mali, notamment les incubateurs locaux et ceux du Sénégal spécialisés dans la production, l’amélioration et la vente de produits avicoles au Sénégal et dans la sous-région. Ce spécialiste prodigue des conseils et quelques astuces pour réussir dans cette activité. Selon lui, les aviculteurs doivent tenir compte des difficultés liées à l’importation des poussins : le trajet Dakar Bamako est pénible pour les poussins, surtout en période de forte chaleur. En la matière, les poussins importés sont généralement, transportés par avion ou
La BAD signe avec le Mali 9 accords pour plus de 50 milliards
Bamako, 22 Nov (AMAP) Le ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou, et la responsable pays du Groupe de la Banque africaine de Développement (BAD), Mme Haly Louise Djoussou-Lorng, ont signé, jeudi, à Bamako, neuf accords de 50,82 milliards de Fcfa pour financer cinq projets, annonce un communiqué du ministère de l’Economie et des Finances (MEF). Ces Accords, en dons et en prêts, financent le Programme d’appui en réponse à la crise de la COVID-19 dans les pays du G5Sahel (Parc COVID-19 – G5 Sahel) sous forme d’appui budgétaire, le Programme de développement de la zone spéciale de transformation agro-industrielle des Régions de Koulikoro et péri-urbaine de Bamako (PDZSTA-KB), le Programme d’adhésion de la République du Mali à l’Agence pour l’assurance du commerce en Afrique (ACA). Ces opérations de la BAD financent, également, le Projet d’urgence exceptionnel en faveur des pays à faible revenu, membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de Renforcement des systèmes de santé de la Gambie, du Mali et du Niger pour lutter contre la Pandémie de COVID-19 ainsi que le projet de soutien au développement de l’écosystème entrepreneurial des MPME/MPMI. « La cérémonie qui nous réunit, aujourd’hui, revêt un caractère particulier car elle s’inscrit dans le cadre de la signature d’une série d’Accords de financement suite à la pleine reprise de la riche et fructueuse coopération entre la Banque africaine de développement, notre Institution commune, et le Gouvernement de Transition du Mali », a déclaré le Ministre malien de l’Economie et des Finances. M. Sanou a réaffirmé l’engagement et disponibilité des autorités de la Transition malienne “à poursuivre, à renforcer davantage les relations de coopération riche et dynamique” avec la BAD. À travers ces projets, la BAD souhaite réaffirmer son engagement “à soutenir les nouvelles autorités maliennes dans la réalisation de leur mission”, a indiqué la responsable pays de la BAD, Mme Haly Louise Djoussou-Lorng. “La signature de ces accords de financement intervient à un moment crucial et déterminant pour le Mali, à savoir le début d’une transition visant à créer de nouvelles bases pour un Mali plus inclusif et réengagé”, a-t-elle déclaré. MD (AMAP)
Koutiala : Lancement de la campagne de régénération du Parc à karité
Koutiala, 13 Nov (AMAP) La campagne nationale 2020 de régénération du Parc à karité, qui prevoit de planter plus de 8.400 karité dans les zones d’intervention du Projet appui à l’autonomisation économique des femmes dans la chaîne de valeur karité a été lancée, mercredi, à Kaniko, dans la Commune rurale de Sinsina, dans le Cercle de Koutiala (Sud). Financé par l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID) et mis en œuvre par le ministère de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la Famille (MFEF), en partenariat avec Association conseil pour le Développement (ACOD) Nietaaso, ce projet intervient dans les Communes de Sinsina et Nafanga, dans le Cercle de Koutiala, et dans la Commune rurale de Loulouni, dans le Cercle de Kadiolo. Il vise à apporter un appui à la protection, la préservation, la régénération et l’amélioration de la ressource karité. Ces activités visent à produire un changement de comportement des communautés vis à vis de la ressource karité et, surtout, de promouvoir un modèle de gestion durable du Parc à karité. Pour y arriver, le projet collabore avec les services techniques de la conservation de la nature. Une collaboration qui a permis aux productrices et aux communautés d’accéder à des formations techniques d’installation de pépinières, d’entretien et de régénération du Parc à karité. Dans son allocution, lors du lancement, le maire de la Commune de Sinsina, Chaka Coulibaly, a salué l’engagement et la détermination des femmes de Kaniko à s’impliquer davantage dans la lutte contre la pauvreté et la sauvegarde de l’environnement, à travers la transformation de la noix de karité et de la protection de l’arbre karité. Le directeur exécutif de projet, Élysé Sidibé, a rassuré les bénéficiaires que son ONG mettra tout en œuvre pour préserver et promouvoir le Parc à karité. Le conseiller technique en charge des questions de développement et de l’autonomisation de la femme au MFEF, Sayon Doumbia, qui a présidé la cérémonie, a souligné, dans son intervention que cette initiative « contribue, sans nul doute, à la valorisation de la filière karité, l’une des plus dynamiques de notre pays qui constitue une importante source de revenus pour une frange importante de la population rurale, à savoir les femmes, durement touchées par le phénomène de la pauvreté ». Ibrahim DEMBÉLÉ AMAP-Koutiala

