Mali: Tendance haussière des prix des produits céréaliers

Par Fadi CISSE Bamako, 17 mars (AMAP) Labass Coulibaly est commerçant au Grand marché de Bamako. Devant son magasin situé à proximité de la Grande mosquée, des femmes tamisent différentes variétés de céréales. Visiblement insensibles à ce brouhaha qui meuble leur quotidien, certaines remplissent des sacs de graines de céréales criblées. Des vendeurs en gros et en détail, et des acheteurs négocient les prix de ces denrées. Le marchandage semble durer. Le négociant essaie, tant bien que mal, de convaincre son client d’intégrer la hausse des prix de la presque totalité des céréales. En effet, informe Labass Coulibaly, le kilo du riz local Gambiaka qui était cédé à 340 Fcfa se vend à 360 Fcfa, soit une hausse de 10 Fcfa. Rétrocédé contre paiement de 16.500 Fcfa, il y a deux semaines, le sac de 50 kg est monnayé à 18.000 Fcfa, explique le jovial cinquantenaire, père de cinq enfants. «Vendu à 36.000 Fcfa, le prix du sac de 100 kg est stable depuis trois mois. C’est à prendre ou à laisser», insiste le commerçant. S’adressant au client Hassane Traoré, venu sonder les prix, le magasinier Labass Coulibaly précise : «Le sac de 100 kg du super Gambiaka (tamisé), jadis cédé à 37.500 Fcfa (375 Fcfa/kg), est vendu à 40.000 Fcfa (400 Fcfa le kilo).» L’air étonné et mécontent, notre acheteur lie cette hausse brusque à la cupidité des commerçants, habitués, selon lui, à augmenter les prix à l’approche du mois de ramadan, période de grande consommation. Comme lui, une ménagère, vendeuse de jus à base de farine de mil se dit inquiète face à cette flambée des prix. «Avant, j’achetais le sac de 100 kg à 15.000 Fcfa. Maintenant, il vaut 17.000 Fcfa», regrette notre interlocutrice âgée d’une quarantaine d’années. Préférant garder l’anonymat, elle achète deux sacs de 100 kilos de mil à raison de 17.000 Fcfa l’unité. Le maïs ne semble pas résister à cette tendance haussière des prix. Son kilo qui était cédé à 300 Fcfa, est vendu à 375 Fcfa. Le sac de 100 kg est passé de 30.000 Fcfa à 37.500 Fcfa, indique le commerçant Souleymane Camara. VARIATIONS DE 10 À 25 FCFA LE KILO – Ces tendances haussières constatées à Bamako, confirment la tendance générale des prix des céréales à travers tout le pays. Durant la semaine allant du 25 février au 3 mars, l’Observatoire du marché agricole a constaté des fluctuations de prix, majoritairement des hausses, aussi bien sur les marchés de production que sur ceux de consommation. «Sur les marchés de production, les prix collectés cette semaine ont baissé pour seulement 22% et des hausses pour 78%. Il en est de même sur les marchés de détail, où les prix enregistrés sont des baisses pour 18% et des hausses pour 81%. Les amplitudes, les plus fréquemment observées pour les variations de prix cette semaine sont de 10 Fcfa le kilo sur les marchés de production et de 25 Fcfa le kilo sur les marchés de détail», précise l’Oma, dans un communiqué déposé à L’Essor. Ainsi, illustre la note, les prix à la consommation, restés presque stables dans le District de Bamako comparé à la semaine dernière, ont été de 200 Fcfa le kilo pour le mil, le sorgho et le maïs, 250 pour les mil/sorgho/maïs pilés, 375 pour le riz importé brisé, les riz importés RM40 thaïlandais et vietnamien et pour le riz local Gambiaka, 450 pour le niébé et 500 Fcfa le kilo pour le fonio. Le sac de 100 kilos a coûté 14.500 Fcfa pour le sorgho, entre 16.000 et 16.500 pour le mil, 17.000 pour le maïs, entre 32.500 et 33.000 pour le riz RM40 importé, 33.000 pour le riz BB importé thaïlandais et 35.000 Fcfa pour le riz local Gambiaka (tout venant). Dans les capitales régionales, ajoute la note, les tarifs pratiqués par les détaillants ont été à Kayes Centre de 250 Fcfa le kilo pour le mil, le sorgho et pour le maïs, 300 pour les sorgho/maïs pilés, 350 pour le riz brisé importé et pour le mil pilé, 500 pour le niébé et 600 Fcfa le kilo pour le fonio. Dans cette même Cité des rails, le sac de 100 kilos a valu 17.000 Fcfa pour le sorgho, 18.500 pour le mil et pour le maïs et 29.000 Fcfa pour le riz BB importé non parfumé. MOYEN À BON – À Koulikoro Ba, le kilo de mil, sorgho et maïs a valu 200 Fcfa, contre 275 pour les sorgho/mais pilés et 300 Fcfa pour le mil pilé. Le kilo du riz importés brisé et RM40 local Gambiaka ont valu 375. à Sikasso Centre, le kilo de sorgho et de maïs ont coûté 175 Fcfa, 200 pour le mil, 225 pour le maïs pilé, 300 pour le riz étuvé blanc et pour le mil pilé. Les riz importés brisés et RM40 et local Gambiaka ont coûté 375 Fcfa, contre 450 le kilo de niébé et 600 Fcfa celui du fonio. Au centre de la mythique Cité des Balanzan, les mil, sorgho et maïs ont gagné 175 Fcfa le kilo. Les kilos de mil/sorgho/maïs pilés ont coûté 250 Fcfa, contre 375 pour le riz local Gambiaka, 400 pour le niébé et 500 Fcfa pour le fonio. Les mêmes prix ont été pratiqués à Mopti Digue, à l’exception des mil et maïs (200 Fcfa), mil pilé (275) et le riz local Gambiaka (350 Fcfa). Le kilo du paddy a mérité 153 Fcfa à Tombouctou, contre 245 pour le maïs, 260 pour le sorgho et 275 Fcfa pour le mil. à Gao, le kilo du riz BG et du niébé a gagné 130 Fcfa (comparé à Tombouctou) en s’établissant à 450 Fcfa, contre 425 pour le riz local Gambiaka. Les prix y ont été de 225 Fcfa le kilo pour le maïs, 250 pour le sorgho et le maïs pilé, 275 pour le mil, 300 pour les mil/sorgho pilés et 700 Fcfa le kilo pour le fonio. Cette propension haussière des prix s’explique par plusieurs facteurs, analyse l’Oma. En la

Le ministre en charge des Transports insiste sur le paiement de la redevance péage par passage

Bamako, 15 mars (AMAP) Le ministre des Transports et des Infrastructures, Makan Fily Dabo, a réitéré, samedi, l’exigence du paiement de la redevance péage par passage et invité tous les assujettis à s’acquitter de leur devoir. S’exprimant en marge de sa visite des travaux de réhabilitation et de renforcement du tronçon Kati-Didiéni, sur 150 km, il a indiqué que dans tous les pays du monde, il existe, aujourd’hui, deux sources de revenus pour l’entretien routier. «La première, c’est la redevance des produits pétroliers. Tout litre consommé doit être payé pour entretenir la route. La seconde ressource, c’est le péage. La politique d’entretien routier est basée sur la commercialisation de la route. C’est-à-dire la route nous rend un service, en retour, il nous faut payer ce service rendu. Chacun de nous doit le faire», a argumenté le ministre Dabo, qui s’est acquitté de ses droits au poste de péage de Kati, près de Bamako. «C’est une règle internationale, africaine et communautaire. Les ressources collectées à partir de ces péages sont utilisées pour entretenir nos routes et tout le monde a le souci d’avoir des routes de qualité. Ces ressources sont prévues dans les textes organiques et de création de l’Autorité routière», a précisé le ministre en charge des Transports. Le ministre Dabo a rappelé qu’aujourd’hui, «le parc automobile du Mali compte 500.000 véhicules, tous assujettis au payement de la redevance de péage, à l’exception de trois catégories : les convois militaires, les corbillards et les ambulances». Il a aussi rappelé que le payement se fait par passage. BBC/MD (AMAP)

Chantier Kati-Didiéni : L’exigence de qualité

Bamako, 15 mars (AMAP) Les travaux de réhabilitation et de renforcement du tronçon Kati-Didiéni, sur 150 km, avancent normalement, a constaté, samedi, le ministre des Transports et des Infrastructures, Makan Fily Dabo, qui a effectué une visite partie du poste de péage de Kati. Cette route a une épaisseur de 14 cm (9 cm pour la couche de base en grave de bitume sur toute la plateforme et le revêtement en béton bitumineux est de 5 cm d’épaisseur pour la chaussée). Le ministre a apprécié la qualité des travaux qui, selon lui, répondent aux standards internationaux et qui permettront au corridor Bamako-Dakar, par le Nord, de résister pendant plusieurs années sans entretien. «Je repars à Bamako satisfait. Cette route est en train d’être construite selon les standards internationaux. La qualité des travaux que j’ai vue me rassure. Le chantier est bien approvisionné en matériaux», s’est-il réjoui. Exhortant l’entreprise à persévérer dans cette dynamique, le ministre Dabo s’est montré très regardant sur la qualité des travaux, conformément à la vision préconisée par les autorités. «Depuis l’adoption de la Politique en matière des infrastructures de transports et de désenclavement, en octobre 2015, nous avons dit que toutes les routes vont être, dorénavant, construites selon les normes internationales, afin de faire 15 à 20 ans sans être entretenues», a rappelé le chef du département en charge des Transports, avant d’inviter l’entreprise à rattraper rapidement le retard constaté. «Le retard est dû au montage du projet initialement prévu pour un délai de 30 mois, mais compte tenu de l’état de dégradation très avancé de la route en son temps, nous avons procédé, assez rapidement, à un entretien lourd. Ce qui a fait qu’au lieu de 30 mois, les travaux vont durer 42 mois», a expliqué Makan Fily Dabo. L’entreprise «Sogea Satom» s’est engagée à respecter le délai contractuel, avant de corroborer la thèse soutenue par le ministre. «Le projet a démarré en 2018, nous avons passé 14 mois à travailler pour rendre la route carrossable, afin d’assurer le confort des usagers. C’est après cet entretien lourd qu’on a démarré réellement les travaux qui vont prendre fin en mai 2022», a promis Mahamadou Sacko, responsable de l’entreprise «Sogea Satom», précisant qu’il est possible de finir en avril, si les efforts financiers fournis jusque-là par l’Etat se poursuivaient. L’objectif de ce projet est de réhabiliter, renforcer et améliorer le niveau du service sur le tronçon Kati-Didiéni. Tout en œuvrant pour la réduction de la pauvreté par l’acheminement des productions agricoles des populations riveraines vers les centres urbains. Il vise, entre autres, à assurer la continuité du trafic sur le corridor Bamako-Dakar, par le Nord, réduire le délai et le coût du transport mais, aussi, les accidents de la route. BBC/MD (AMAP)

Le G5 Sahel plaide pour une restructuration totale de la dette de ses pays membres

Bamako, 15 mars (AMAP) Les cinq pays membres du G5 Sahel appellent à une restructuration profonde de leur dette afin de leur permettre de continuer à répondre aux attentes urgentes et légitimes de leurs populations, en matière de sécurité et de développement. Le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad ont exprimé cette demande, dans un rapport dévoilé, vendredi, à Abidjan, lors d’une cérémonie virtuelle marquee, notamment, par des échanges de haut niveau entre le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Dr Akinwumi A. Adesina, et le prix Nobel d’économie, Pr Joseph Stiglitz. Dans une déclaration adoptée, après leur 7e Sommet des 15 et 16 février 2021. à N’Djamena, la capitale du Tchad, les cinq pays sahéliens estiment que le moratoire sur la dette des pays les plus pauvres décidé, en avril 2020, par le G20 n’est pas suffisant. « Les chefs d’État du G5 Sahel, préoccupés quant à la capacité des pays d’Afrique subsaharienne à supporter le poids de leur dette en raison des conséquences de la pandémie de Covid-19 et du poids des dépenses sécuritaires, appellent à la mobilisation de toutes les parties prenantes pour une restructuration profonde de la dette des pays du G5 Sahel », insiste la déclaration ad hoc sur la dette. Les pays du G5 Sahel consacrent entre 17 et 30% de leur budget aux dépenses militaires et sécuritaires, fait remarquer la Déclaration. Partenaire stratégique des pays du G5 Sahel et première institution de financement du développement en Afrique, la BAD a consacré, cette année, son rapport phare, « Perspectives économiques en Afrique 2021 » à la question de l’endettement sur le thème « De la résolution de la dette à la croissance économique : une feuille de route pour l’Afrique ». De nombreux enjeux tels la reprise économique post-Covid-19, les systèmes de gouvernance économique en Afrique et la gestion prudente de la dette ont été abordés par le président Adesina et le Pr Stiglitz auxquels se sont joints, lors d’un panel, Lesetja Kganyago, gouverneur de la Banque centrale d’Afrique du Sud, Ernest Kwamina Yedu Addison, gouverneur de la Banque centrale du Ghana, Aia Eza Nacilia Gomes da Silva, secrétaire d’État au Budget et aux Investissements publics de l’Angola ainsi que Masood Ahmed, président du Centre for Global Development. Le rapport Perspectives économiques en Afrique dresse, chaque année, un état des lieux de l’économie africaine et fait des développements sur les forces et faiblesses de chacune des cinq régions du continent : Afrique australe, Afrique centrale, Afrique de l’Est, Afrique du Nord et Afrique de l’Ouest. Cette publication emblématique de la BAD dissèque, à travers une fiche-pays, la situation économique de chacun des 54 pays membres régionaux. La publication annuelle des Perspectives économiques en Afrique est très attendue par les États, le monde universitaire, les milieux d’affaires et les partenaires au développement, qui y voient une solide référence en matière d’analyse et de mise en perspective des économies africaines. SS/MD (AMAP)

Regain d’intérêt pour le maraîchage  à Diéma, dans l’Ouest du Mali 

Par Ouka BA Diéma 13 mars (AMAP) Depuis quelques années, les activités de maraîchage se développent dans le Cercle de Diéma. Cette activité  de contre saison, contribue aujourd’hui, à l’autosuffisance alimentaire dans cette bande sahélienne où la réussite de la campagne est tributaire des aléas climatiques. Le maraîchage est surtout pratiqué par des femmes et des jeunes. Dès que les pluies s’arrêtent, à partir du mois d’octobre, ils  s’adonnent, à cœur joie, au maraîchage. De grands périmètres, les alentours des habitations,  jusqu’aux  recoins des maisons, sont aménagés pour la pratique du maraîchage dont les bénéfices touchent directement de nombreux foyers. Du fumier organique issue des parcs d’animaux est utilisé pour accroitre les rendements. Les puits, les forages, les mares servent de sources d’eau pour le maraîchage.  L’activité permet à de nombreuses femmes de s’épanouir. Les légumes  qu’elles récoltent, quotidiennement, leur permettent d’enrichir leurs rations alimentaires et, du coup, de prendre en charge une bonne partie des frais  de condiments. Surtout, si l’on sait que dans certains milieux soninkés, c’est la femme qui « se débrouille », le plus souvent, pour avoir des ingrédients et faire sa cuisine. L’essentiel, pour le mari, c’est de puiser dans le grenier, chaque matin, la mesure de mil, de sel et de poudre de feuilles de baobab qu’il faut pour préparer le repas. Les plus généreux associent à ces produits, quelques cubes alimentaires pour relever la sauce. C’est une question de dignité, même s’il lui faut aller quémander, la femme prépare pour les membres de la famille dont certains ne manquent pas de mots pour l’apprécier ou la déprécier selon la qualité de ses mets. Mais, toutes les productions maraîchères des femmes n’entrent pas dans la marmite. Dès fois, elles en utilisent pour régler leurs petits besoins ou assurer l’entretien de leur progéniture. PLUVIOMETRIE FAVORABLE – Interrogé,  le chef du secteur de l’Agriculture de Diéma, Aguibou Bah,  explique que le cumul des pluies au cours de la campagne 2020 a été excédentaire. La quantité de pluie enregistrée au niveau du secteur de l’agriculture de la localité s’élève à 797, 5 mm en 49 jours, en 2020, contre 506,45 mm en 48 jours, en 2019. La campagne de contre saison 2020 a démarré avec un léger retard, à cause des récoltes. Le niveau des cours d’eau est bon dans l’ensemble. Les nappes phréatiques ont été bien alimentées, « compte tenu de la bonne pluviométrie avec une bonne répartition dans le temps et dans l’espace ». La situation phytosanitaire est relativement calme. Toutefois, des cas d’attaques de chenilles, pucerons, acariens ou araignées rouges, mouches blanches et autres nuisibles ont été constatées sur des légumes, des feuilles et des fruits.  « Aucun dégât majeur n’est à déplorer pour le moment », assure le technicien. Grâce aux semences et équipements  fournis à certains maraichers par des projets et programmes, les activités de production évoluent normalement. L’aspect végétatif des cultures est satisfaisant, que ce soit au niveau des périmètres collectifs ou individuels. Ainsi, cette année, la production de la pomme de terre, a connu une augmentation d’environ 20%, selon des chiffres provisoires. Sur une prévision de 120 tonnes, la production en cours a en atteint 125. Avant de conclure, comme il se plait à le dire, le chef du secteur de l’Agriculture, Aguibou Bah, a insisté sur  la réalisation de points d’eau permanents, équipés d’un système d’irrigation adéquat en vue de donner un nouveau souffle au maraîchage dans le cercle de Diéma. « Des techniques innovantes doivent être à tout moment enseignées aux producteurs pour mieux renforcer leurs capacités », conseille-t-il. GROS PRODUCTEURS – Le président, fraîchement élu à la tête de la Délégation locale de la chambre d’agriculture (DLCA), Boubou Traoré, indique que la culture  de la pomme de terre dans le Cercle de Diéma, est en pleine expansion. Le kilogramme de pomme de terre, vendu à 600 Fcfa, a été ramené à 400 Fcfa. Avant, la pomme de terre était importée de Sikasso (Sud) et de Kati (près de Bamako). Actuellement, le cercle de Diéma en produit une quantité importante.  M. Traoré compte, en début de mandat, s’attaquer au problème crucial de l’eau pour faciliter les activités des producteurs maraîchers. La dotation des maraîchers en intrants, ainsi que le renforcement de  leurs capacités, figurent dans les objectifs du nouveau président, qui tire lui-même du maraîchage des bénéfices. Massiga Diawara, maraîcher, réside à Lattakaf, dans la Commune rurale de Lakamané. Il est marié et père de dix-huit enfants. Il exerce cette activité depuis plusieurs décennies. Il exploite un périmètre de deux hectares et demi. Il est parvenu à acheter trois motopompes, dont une solaire, une à moteur diésel et une à l’essence, pour plus de trois millions de Francs Cfa afin de faciliter l’arrosage des ses parcelles par ses femmes et enfants. M. Diawara produit divers légumes, notamment l’aubergine, la tomate, la laitue, l’échalote, le chou, le gombo, la carotte, la pomme de terre. Il fait, également, de la riziculture et de l’arboriculture. Sa production en pomme de terre, cette année, avoisine les 30 tonnes. Il se rend dans les différentes foires hebdomadaires de Lakamané, Diéoura, Sansankidé, Diangounté Camara, etc. pour écouler ses fruits et ses légumes. Il vend le kilogramme de  pomme de terre à 400 Fcfa. Il a besoin de quatre employés pour l’aider à entretenir son vaste périmètre mais, « le genre  de manœuvres que je cherche, n’existe pas sur le marché… », se désole l’homme. Le président de l’Association des producteurs d’oignons, à Fangouné Kagoro, Tiéssama Fofana, a mis en terre le contenu de plusieurs caisses de pommes de terre importées  de Sikasso (Sud). « Dès leur arrivée, les jours de foire de Diéma, les clients raflent les paniers de pomme de terre des femmes de notre village. La culture de la pomme de terre commence à se vulgariser dans le Cercle de Diéma », raconte l’homme. « Dans quelques années, on ne fera, certainement, plus recours à Sikasso ou Kati. Nos propres productions pourront nous nourrir.  C’est un projet qui nous aide dans la culture de la pomme de terre », déclare-t-il. Après sa retraite, Mamadou Diallo, conseiller pédagogique, s’est consacré au maraîchage. Son verger, d’un hectare, est au Sud-Est de la ville, non loin du barrage. Un puits à grand diamètre doté d’une pompe

Un nouveau Code minier pour booster le secteur au Mali

Par Babba B. COULIBALY Bamako, 10 mars (AMAP) La nouvelle législation de 2019 remplace celui de 2012. Promulgué en novembre 2020, son adoption met ainsi fin à la coexistence de plusieurs textes régissant le domaine minier au Mali. La nouvelle législation définit les conditions de détention, de recherche et d’exploitation des ressources minières au Mali. Elle précise, également, les relations entre l’activité minière et les administrations impliquées dans la gestion minière (ministères des Finances, de l’Environnement, de la Santé, de la Sécurité, en collaboration avec celui chargé des Mines). Elle apporte des innovations majeures dont l’application rigoureuse devrait permettre une meilleure gestion des revenus engendrés par le secteur. L’or contribuant à près de 10% au Produit intérieur brut (PIB), 20% au budget national et 70% des produits d’exportation du Mali. Au total, 19 innovations ont été adoptées pour corriger les lacunes constatées, renforcer l’attractivité du pays et booster l’économie nationale et locale. Ces nouvelles directives permettront «une amélioration de la gestion des revenus de la mine, l’augmentation des revenus de l’Etat (certaines exonérations sont limitées), des populations, de donner une part importante aux fournisseurs maliens. En un mot, « faire en sorte que l’or brille pour tous les Maliens», développe le chef de cabinet du ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Alexis Dembélé. Au cours d’un entretien dans son bureau, celui qui est, aujourd’hui, considéré comme l’un des plus grands spécialistes des questions minières au Mali précise que ces innovations se rapportent à la réduction de la durée de la période de stabilité qui passe de trente à vingt ans. « Il s’agit là, explique l’expert en géologie, de la période pendant laquelle les dispositions fiscales sont stables ». Donc impossible, selon lui, de les changer même si une nouvelle loi fiscale venait à être adoptée. « Le nouveau Code redéfinit le nombre de titres miniers par la suppression de l’autorisation de prospection, la clarification des concepts de sous-traitants, prestataires, sociétés affiliées, fournisseurs, en passant par l’extension des obligations de protection de l’environnement à la phase de recherche et le réaménagement des groupes de substances minérales afin de promouvoir la diversification », détaille Lamine Alexis Dembélé. Selon lui, la nouvelle législation clarifie, également, le domaine de l’exploitation artisanale mécanisée, à petite échelle, la suppression de l’autorisation d’exploitation par dragage, l’interdiction du dragage et toute autre forme d’exploitation dans les lits des cours d’eau. 20% DES REVENUS – La nouvelle charte minière innove avec l’introduction de la possibilité d’attribution des titres miniers par appel d’offres. « Elle précise, aussi, les dispositions concernant les obligations sociétales des entreprises minières par la création d’un Fonds minier de développement local alimenté à hauteur de 20% des revenus tirés des mines et 0,5% du chiffre d’affaires des sociétés minières », indique le chef de cabinet. Il ajoute que le nouveau texte introduit, également, de nouvelles dispositions régissant l’approvisionnement local, l’emploi et la sous-traitance. L’exonération de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pendant la phase de production (souvent à l’origine d’incompréhensions entre les parties), est supprimée, tout comme les avantages douaniers et fiscaux liés aux investissements portant sur les infrastructures et installations d’hébergement, de restauration, d’éducation, de santé et de loisirs. Autres nouveautés apportées au secteur minier national, le paiement des droits de douanes au taux de 5% et de la taxe intérieure sur les produits pétroliers à partir du démarrage de la production et la suppression de l’exonération sur les machines, les équipements, les outillages, les pièces de rechange et les matériaux à partir du démarrage de la production, ajoute le géologue senior. Il précise que le nouveau Code prévoit, également, la création d’un Fonds de réhabilitation, de sécurisation des sites miniers artisanaux et de lutte contre l’usage des produits chimiques prohibés. Il introduit, aussi, un nouveau dispositif relatif à l’arbitrage des différends. En matière de gouvernance et redevabilité, le nouveau Code fait une part belle aux principes de transparence, tels que l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) et le Processus de Kimberley (PK). Il innove avec l’introduction d’une disposition relative à la mise en place d’un compte séquestre pour garantir l’après-mine. Les modalités de taxation des plus-values de cession ou de transmission réalisées directement ou indirectement, et de surproduction y sont, également. définies. L’article 19 du nouveau Code minier stipule que l’activité minière sur les substances soumises au régime des mines, est autorisée en vertu d’un titre minier délivré conformément aux dispositions du présent Code. à cet effet, les titres miniers prévus par le présent Code sont : l’autorisation d’exploration, le permis d’exploitation artisanale, ceux d’exploitation semi-mécanisée et de recherche et le permis d’exploitation de petite mine et de grande mine. S’agissant des infractions, l’article 194 précise que sont punis d’un emprisonnement allant de onze jours à deux ans et d’une amende d’un à cinq millions de Fcfa ou de l’une de ces deux peines seulement, les auteurs de fausses déclarations pour obtenir un titre minier. Ceux qui s’opposent, de quelque manière que ce soit, à l’occupation d’un périmètre minier par le titulaire du titre minier sont assujettis aux mêmes sanctions. Il vise, également, les titulaires miniers qui effectuent l’analyse des échantillons en dehors du Mali sans l’autorisation préalable de la direction générale des mines et ceux qui acceptent de faire travailler les enfants sur leur chantier. L’article 195 indique que sont punis d’un emprisonnement d’un mois à trois ans et d’une amende d’un à cinq millions de Fcfa ou de l’une de ces deux peines seulement, ceux qui se livrent à des travaux de recherche ou d’exploitation de substances minérales soumises au régime des mines sans détenir de titre approprié. Sont punis des mêmes peines ceux qui, au sens des dispositions du Code pénal, apportent aide et assistance aux prospecteurs et aux exploitants clandestins ou qui ne déclarent pas l’arrêt définitif des travaux relatifs à la réhabilitation du site. BBC (AMAP)  

Sikasso : L’abondance de pomme de terre fait chuter les prix

Par Mariam F. DIABATE Sikasso, 5 mars (AMAP) A Sikasso, dans le Sud du Mali, le premier trimestre de chaque année est consacré au commerce de la pomme de terre. Cette année, l’accès à une quantité suffisante de semences a créé une surproduction de ce tubercule. Cette situation pousse plusieurs producteurs à brader leurs productions. Tout compte fait, les acteurs du domaine se frottent les mains. Un tour dans le marché des fruits et tubercules de Médine, à Sikasso nous a permis d’éclairer davantage nos lanternes. Actuellement, il est très difficile de passer une journée sans rencontrer les vendeurs de pomme de terre à Sikasso. Même si on ne descend pas en ville, les vendeuses ambulantes n’épargnent aucune maison et ce, chaque matin et soir. Dans la proximité des petits marchés, c’est la pomme de terre qui ravit la vedette à tous les autres produits agricoles et se vend le plus. Les commerçants ambulants cèdent, souvent, le kilo à moins de 150 Fcfa. C’est tout simplement à cause de la surabondance. Ce samedi matin, il est 10 heures au marché de Médine, plus connu sous le nom de «Sougounicoura» pour les natifs de la région, Ça et là des caisses en plafond et en plastique noir sont disposées, de gros paniers, des sacs de 50, 80 et 100 kg, des tricycles… tous remplis de pommes de terre. Dans certains coins, des coffres de voiture sont entr’ouverts, en attendant l’arrivée des sacs de pomme de terre. L’animation atteint son point culminant dans un concert de bruits et de voix. Les conversations portent sur le négoce. Les causeries sur la pomme de terre. On voit aussi de l’argent. Les commerçants de pomme de terre ne cessent de compter les billets. «Ayé na pomme terre san », «kilo ye bissaba ni dourouye», «fou fou fana bala», en langue française «Venez acheter de la pomme de terre, le kilo fait 175 Fcfa. Je vous en donnerai gratuitement aussi», s’écrie. à l’endroit des passants, Rokia Ba, de forte corpulence. Elle qui fréquente ce marché depuis des années trouve le marché pas assez intéressant. Elle s’approvisionne chez les grossistes du marché de Médine et y écoule également ses marchandises. «Cette année, il y a trop de pommes de terre, C’est pourquoi les prix ont chuté», affirme-t-elle. Elle précise qu’elle achète le kilo à 160 Fcfa et le cède à 175 Fcfa, donc un bénéfice de 15 Fcfa par kilogramme. Le point de vente de Madou se trouve au beau milieu du marché. Il est grossiste et détaillant à la fois. Notre interlocuteur s’approvisionne chez des grossistes à Ziansso, Zankaradougou, Bamadougou, Bokotieri et Doumanaba. Les grossistes lui vendent le kilogramme de gros tubercules de pomme de terre à 175 Fcfa et 125 Fcfa pour les moyens. A son tour, Madou cède le kilo des gros tubercules à 200 Fcfa et les moyens à 175 Fcfa. Notre interlocuteur estime que le marché est florissant. « Les samedis, je peux écouler 150 sacs de 80 kg de pomme de terre. Je cède le sac à 18.000 Fcfa », explique-t-il, ajoutant qu’il vend aussi au détail. La plupart des clients de notre interlocuteur viennent de Bamako, Gao, Mopti et Ségou. En termes de défis, tout comme la précédente interlocutrice, Madou évoque également la grande quantité et variétés des semences de pomme de terre. Ce qui a créé une surproduction du tubercule. « Présentement, nous n’avons même pas fini d’écouler le tiers des pommes de terre des champs », révèle-t-il, soulignant que c’est le même facteur qui crée la concurrence entre eux et leurs grossistes. « Ils nous vendent, non seulement, la pomme de terre mais, aussi, ils viennent encore nous concurrencer au marché pour écouler leurs produits. Le comble, c’est qu’ils vendent moins cher que nous, parce qu’ils sont producteurs et commerçants », explique-t-il. Egalement, des dames s’approvisionnent chez les grossistes du marché et revendent sur place. Oumou Sangaré fait partie de ce lot. « Ici, les grossisses me vendent le kilo à 160 Fcfa et je revends à 175 Fcfa. Compte tenu de la surproduction du tubercule, je ne me plains pas de mon bénéfice de 15 Fcfa», souligne-t-elle. La cliente Mariam Kané ne cesse de regarder les différents paniers (remplis de pomme de terre) des commerçantes. « Je cherche la bonne qualité car je dois les envoyer à mes parents à Kayes », lance-t-elle, ajoutant qu’elle adore les pommes de terre. En cette période, les propriétaires d’instruments de pesées et les tricycles tirent aussi leur épingle du jeu. Oumar Diarra gère bien son affaire. Le teint noir, le masque sur le nez, assis derrière sa machine, M. Diarra n’a presque même pas le temps de répondre à nos questions. Chaque client veut que son sac soit pesé. « De l’aube jusqu’au petit soir, je suis là. Je peux peser près d’une centaine de sacs de 50, 80 et 100 kg de tubercule les samedis », indique-t-il, précisant qu’il pèse la tonne à 500 Fcfa et le sac à 50 Fcfa. Quant aux conducteurs de tricycles, le jeu en vaut la chandelle. Adama Koné est conducteur, il soutient qu’il transporte les sacs dans les gares routières pour Bamako, San, Mopti etc. «Je transporte le sac de 50 kg à 50 Fcfa et celui du 100 kg à 75 Fcfa», explique-t-il. \Dans les auto gares, il y a beaucoup de sacs de pomme de terre. De nombreux natifs de la région profitent de cette campagne pour envoyer ces tubercules à d’autres parents à l’intérieur du pays. Sur ce point, certains transporteurs sont stricts. Ils transportent le sac à condition que le propriétaire soit un passager car, ils craignent la surcharge. Les frais de transport varient d’une compagnie à une autre. Ils se situent entre 1.000 et 2000 Fcfa par sac. MD (AMAP)

Commerce de chou pomme : Au bonheur de braves vendeuses

Par Yacouba TRAORÉ Bamako, 4 mars (AMAP) Samedi 20 février au marché «Sougounicoura» de Médina Coura (Commune II). Le ciel brumeux réduit la visibilité. Des commerçantes sont installées de part et d’autre de la voie principale qui traverse le marché. Le marchandage et les discussions sont nourris entre commerçantes et clientes. Trois minibus de transport en commun, ‘Sotrama’, tous chargés de sacs de choux, d’aubergines et de paniers de tomates, stationnent là. Les cris et brouhaha des femmes font l’ambiance du marché. Les marchandises sont étalées à même le sol, en pleine chaussée et devant des boutiques qui n’ont pas encore ouvert leurs portes. Des sacs de 50 kg contenant des légumes sont superposés sur des planchers posés sur des caniveaux et servant de passage. Entre les paniers remplis d’aubergines, de tomates, de salades et de sacs de chou, déambulent des dizaines de vendeuses de choux au détail. Celles-ci séparent les bons légumes des mauvais. Parmi tous les légumes proposés à ces braves commerçantes, le chou a la cote. Les marchandes s’arrachent les sacs de ce légume qui entre dans les préparations culinaires des ménages. «La campagne du chou pomme bat son plein au Mali. Elle s’étend de septembre à fin mars», lance la quinquagénaire Djénéba Traoré, vendeuse de laitues et de légumes au marché de Médina Coura. La vente de cette plante potagère de la famille des crucifères génère des revenus importants pour de nombreuses femmes comme elle. Le marché de Médina Coura est considéré comme le lieu principal d’approvisionnement pour de nombreuses vendeuses. Il est approvisionné par les producteurs des villages environnants de Bamako. Et en cette période, le prix du chou pomme est abordable. Le sac de 50 kg est cédé entre 3.500 Fcfa et 4.000 Fcfa, confirme Mme Coulibaly Aminata Kamaté, commerçante au marché de Médina Coura. AVANT L’AUBE – Pour satisfaire la clientèle, les vendeuses de gros se lèvent très tôt, le matin. Elles sont déjà présentes au marché avant l’aube (4 h 30). L’activité exige cette contrainte afin que les clientes (les détaillantes) qui viennent des différents marchés de proximité puissent être approvisionnées avant le lever du soleil. Rencontrée sur place, Fatoumata Sidibé est l’une de ces commerçantes détaillantes. Celle qui vend des légumes au marché de Lafiabougou-Kôda (Commune IV) achète sept sacs de choux à raison de 4.000 Fcfa le sac. Pendant ce temps, sa collègue Mme Diakité Oumou Cissé, engage un marchandage serré avec les grossistes. Ayant échoué à convaincre son fournisseur de baisser de quelques francs le prix du sac, elle achète finalement cinq sacs. La transaction conclue, Fatoumata Sidibé et Mme Diakité Oumou Cissé regardent tout autour d’elles en quête de moyens de transport pour acheminer la marchandise au marché de Lafiabougou-Kôda. L’une d’elle aperçoit des tricycles trainer dans le coin. D’un pas alerte, elle se précipite pour apostropher le propriétaire de l’engin. D’autres commerçantes, qui ont déjà fini leurs achats, ont pu négocier des porteurs de bagages et des chauffeurs de taxis pour transporter leurs colis. Le marchandage fini, le conducteur du tricycle charge les marchandises des deux braves dames à l’arrière de son engin. Elles prennent place à côté du conducteur. Direction : le marché de Lafiabougou. Où elles revendent le tas de trois choux pommes à 500 Fcfa, soit 150 Fcfa ou 200 Fcfa l’unité (selon la taille). Comme ces détaillantes, « les grossistes se frottent, également, les mains », corrobore Nabitou Konaté, commerçante au marché de Médina Coura. Mère de trois enfants, elle exerce cette activité depuis plus de 20 ans. «Notre activité a beaucoup prospéré ces derniers mois grâce à la vente de choux pommes. Je vends entre cinq et sept sacs par jour. Je fournis des détaillantes. Grâce à cette activité, j’assure toutes les dépenses de la famille à avec les bénéfices que je réalise après chaque vente», se réjouit la grossiste. VERTUS – Mariam Kassé, elle, fait également de bonnes affaires. A la différence de Nabintou Konaté, elle est obligée de héler les usagers qui passent devant elle pour attirer leur attention sur sa marchandise. «Venez ! Venez ! Venez voir ! Il y a de très bons et beaux choux verts à moindre prix», s’écrie-t-elle, le visage couvert de grosses gouttes de sueur. Interrogée, Mariam Kassé pense que c’est le seul moyen d’attirer la clientèle pour espérer gagner sa vie. «Dès fois, je peux gagner 6.000 Fcfa par jour», révèle la vendeuse. Si les commerçantes de ce produit trouvent leur compte, les consommateurs, eux, renforcent les capacités protectionnistes de leurs cellules. « Le chou assure une protection de notre organisme par l’action des fibres alimentaires qui sont des antioxydants, protègent nos organes digestifs contre les cancers et accélèrent le transit intestinal (donc il nous épargne la constipation) et des troubles du transit comme les colopathies fonctionnelles », selon le nutritionniste Dr Mamadou Zié Traoré. Il ajoute que la présence de la vitamine K dans le chou renforce les facteurs de coagulation du sang donc il est très bénéfique pour les personnes souffrant de problèmes de saignement intermittent. « Aussi le chou contribue-t-il beaucoup à la formation et au renforcement des os », explique le praticien. Ce légume participe, également, selon lui, à l’entretien du système nerveux périphérique (entretien des nerfs), à la santé des cartilages, des dents et des gencives. A titre d’exemple, 100 grammes de chou pomme contiennent, principalement, des glucides (4,6 g), fibres alimentaires (3,5 g), calcium (59 mg), iode (moins de 20 micros grammes), les vitamines B1, B2, B5, B6, B9, C, K1 en proportion variable selon la nature et l’espèce de choux. «Il existe les choux blancs, verts et rouges», précise-t-il. Toutefois, le chou est un légume modérément calorique, c’est-à-dire peu énergétique (36,5 Cal/100 g) de par la présence des glucides. Pour le nutritionniste, 100 grammes de chou pomme apportent à l’organisme 36,5 calories à l’homme. « Il faut pourtant 2.000 à 2.500 kilos de calories par jour à un adulte pour assurer son fonctionnement normal », fait remarquer Dr Mamadou Zié Traoré. YT (AMAP)  

Une unité de transformation du lait de chamelle  à Tombouctou, dans le Nord du Mali

Envoyée spéciale Aminata Dindi SISSOKO Bamako, 3 mars (AMAP) Tombouctou, dans le Nord du Mali, dispose, aujourd’hui, de sa première unité de transformation de lait de chamelle. Installée au Quartier Sans fil, sur la route de l’aéroport, cette usine s’inscrit dans le cadre du Projet de pasteurisation et de conditionnement du lait de chamelle dans la ville de Tombouctou. Face à une demande de plus en croissante, la valorisation du lait de chamelle pourrait en faire un levier de croissance économique dans la zone. Des fils de la ville sainte ont, alors, décidé de se lancer dans la transformation du produit. L’initiative est portée par l’Association pour la promotion de l’élevage et la mise en valeur du lait de chamelle (APVLC). Objectif : relancer le développement économique régional. Une première dans la Région, cette unité est un exemple de Partenariat public-privé (PPP). Il est cofinancé par le Conseil régional et l’APVLC. «C’est dans le cadre de l’exécution de son budget 2017 que le Conseil régional de Tombouctou a appuyé la réalisation du Projet de pasteurisation et de conditionnement du lait de chamelle dans la ville de Tombouctou. Cela, pour l’amélioration des revenus et la création de richesses», explique le président de l’Autorité intérimaire de la Région de Tombouctou, Boubacar Ould Hamadi. Pour le président de l’APVLC, Housseine Ghanami, la création de cette unité vise la mise en place d’une filière qui valorisera le lait de chamelle et assurera l’autosuffisance en lait et en produits laitiers. Il s’agit, selon lui, d’approvisionner la population de la Région en lait de qualité et renforcer, par la même occasion, la contribution de la filière lait à l’économie locale. «Les unités industrielles sont presque inexistantes dans la Région de Tombouctou, à part les boulangeries et les mini sociétés d’eau potable. C’est en cela que cette initiative d’unité de transformation du lait à tout son sens. La symbolique est non seulement forte mais, surtout, la distribution du lait pasteurisé qui est un besoin réel des communautés et même des visiteurs», explique-t-il. A l’usine, le traitement du lait de chamelle est effectué par un pasteurisateur d’une capacité de 1.500 litres par jour, un Tank refroidisseur pouvant contenir 500 litres, toutes les deux heures, et une machine de conditionnement d’une capacité de 1.000 paquets emballés par heure. «La capacité d’approvisionnement actuelle est en moyenne de 100 litres par jour. A moyen terme, la laiterie sera approvisionnée par plusieurs éleveurs dans un rayon de 60 km maximum, tout autour de la ville de Tombouctou, avec une capacité de collecte prévue de 700 à 1.000 litre par jour. Un système de collecte pratique et simple sera mis en place afin de faciliter la livraison à temps et dans les meilleures conditions de l’unité», précise Housseine Ghanami. D’après notre interlocuteur, la production se limite actuellement au lait de chamelle pasteurisé. Mais, dans un futur proche, avec l’acquisition de moyens de collecte tout autour de la ville, comme prévu, d’autres gammes seront proposées, notamment le lait fermenté, le ghee et les fromages. Il est, aussi, prévu l’achat de 100 chamelles, dix chameaux et l’aménagement de 20 hectares pour la culture fourragère. La mise en œuvre de cette initiative devrait permettre de solutionner certaines difficultés auxquelles l’unité est confrontée. Il s’agit, notamment, de l’insuffisance de lait de chamelle, faute de système approprié de collecte, du manque de formation en gestion de l’unité de transformation, l’insécurité grandissante entravant la mobilité des collecteurs et le problème crucial d’alimentation des laitières (insuffisance d’espaces pastoraux aménagés). «L’unité reçoit une faible quantité de lait. Présentement, toute la matière première est approvisionnée par la ferme de chamelles située à moins de 5 km de la ville appartenant à l’Association (14 femelles et trois mâles). L’association est en train de négocier avec d’autres éleveurs de chamelles pour collecter dans un rayon de 60 km le lait chamelle», explique-t-il. Et de souligner que l’unité compte, dans les jours à venir, améliorer la production laitière à travers la sélection de chamelles, l’adoption de cultures fourragères pour parer à l’insuffisance alimentaire des laitières, surtout en période de soudure, et l’élargissement du champ d’action (au-delà de la région) en termes de commercialisation. L’Afrique est le premier éleveur mondial de chameaux (terme générique incluant aussi bien le chameau à deux bosses que le dromadaire) avec plus de 14 millions de têtes sur un total de 19 millions à l’échelle mondiale, comptabilise le site du Réseau de recherches et d’échanges sur les politiques laitières (REPOL). Cet animal emblématique des zones sèches est, depuis des millénaires, utilisé par les peuples nomades pour sa capacité d’adaptation et de résistance exceptionnelle aux conditions climatiques dans les zones désertiques, comme les régions dans le Nord du Mali. Où il n’est pas rare de voir des caravanes de chameaux chargés de marchandises ou transportant des forains. Outre ce rôle commercial multiséculaire narré à travers les contes et les récits des explorateurs, le lait de chamelle (la femelle) fait partie du régime alimentaire préféré des bergers et autres tribus nomades, comme ceux de Tombouctou. Dans cette localité dans le Nord du Mali, le lait de chamelle est traditionnellement consommé par la population. Des témoins rapportent que les bergers nomades peuvent survivre jusqu’à un mois, uniquement, avec ce breuvage lorsqu’ils parcourent de longues distances dans le désert avec leurs troupeaux. Ce qui fait de ce liquide un aliment consistant. Des experts estiment qu’il est dix fois plus riche en fer et trois fois plus riche en vitamine C par rapport au lait de vache. «Grâce à sa teneur en potassium, magnésium et vitamine B, le lait de chamelle favoriserait le développement des os, renforcerait la croissance des cheveux et préviendrait leur chute, en plus d’assurer une dentition saine!», soutiennent des spécialistes. D’autres estiment qu’il contient un fort pourcentage de protéine à potentiel anti-microbien élevé, protéine absente du lait de vache ou ne s’y trouvant qu’en quantité infime. Il est alors très prisé par les habitants de la Cité des 333 Saints et autres régions frontalières. ADS/MD (AMAP)

Nouvelle grève des transporteurs contre la redevance péage par passage 

Bamako, 2 mars (AMAP) Les conducteurs routiers, notamment de camions bennes ont annoncé une grève de trois jours, à partir du 23 mars prochain, pour protester contre l’entrée en vigueur, le lundi 1er mars, du paiement de la redevance péage par passage au niveau de tous postes. «Nous avons décidé d’aller en grève à partir du 23 de ce mois. Cette décision a été prise dans l’après-midi du lundi dernier à Médina-Coura (Commune II) suite à l’application de la nouvelle mesure au niveau des péages. Le préavis a été déposé ce mardi. La grève concernera tout le secteur des transports», explique le secrétaire général du Syndicat national des transporteurs routiers urbains, interurbains et internationaux du Mali (Syntrui-Mali), Issihaka Diakité. En attendant, les conducteurs routiers, opposés à l’application du paiement de la redevance péage par passage aux postes, ont exprimé leur colère, lundi, sur certains axes routiers où le trafic de camion était suspendu. «Nous avons décidé de suspendre le trafic des camions bennes sur la route Bamako-Koulikoro et celle de Sébénikoro, parce que cette mesure nous pénalise», indique Issihaka Diakité. Le syndicaliste confirme que le blocage de la circulation au niveau du poste de péage de Kasséla (route de Ségou) est lié à l’application du paiement de la redevance péage par passage. Une source contactée au ministère des Transports et des Infrastructures estime que jusqu’ici, le paiement se déroule normalement au niveau des postes de péage. Elle confirme que les conducteurs des camions bennes refusent de s’acquitter du droit de péage par passage au niveau du poste de Kasséla. D’où le stationnement de plusieurs véhicules, depuis lundi, au niveau de ce poste d’entrée de Bamako. «Le gouvernement reste intransigeant quant à l’application correcte de cette mesure. Ce mode de paiement est pratiqué par les autres pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA)», rappelle notre source qui ajoute qu’un compromis a été trouvé avec les syndicats des Sotrama (minibus de transport en commun) qui vont payer 2.000 Fcfa par 24 heures. BBC/MD (AMAP)