Commerce de chou pomme : Au bonheur de braves vendeuses

Par Yacouba TRAORÉ Bamako, 4 mars (AMAP) Samedi 20 février au marché «Sougounicoura» de Médina Coura (Commune II). Le ciel brumeux réduit la visibilité. Des commerçantes sont installées de part et d’autre de la voie principale qui traverse le marché. Le marchandage et les discussions sont nourris entre commerçantes et clientes. Trois minibus de transport en commun, ‘Sotrama’, tous chargés de sacs de choux, d’aubergines et de paniers de tomates, stationnent là. Les cris et brouhaha des femmes font l’ambiance du marché. Les marchandises sont étalées à même le sol, en pleine chaussée et devant des boutiques qui n’ont pas encore ouvert leurs portes. Des sacs de 50 kg contenant des légumes sont superposés sur des planchers posés sur des caniveaux et servant de passage. Entre les paniers remplis d’aubergines, de tomates, de salades et de sacs de chou, déambulent des dizaines de vendeuses de choux au détail. Celles-ci séparent les bons légumes des mauvais. Parmi tous les légumes proposés à ces braves commerçantes, le chou a la cote. Les marchandes s’arrachent les sacs de ce légume qui entre dans les préparations culinaires des ménages. «La campagne du chou pomme bat son plein au Mali. Elle s’étend de septembre à fin mars», lance la quinquagénaire Djénéba Traoré, vendeuse de laitues et de légumes au marché de Médina Coura. La vente de cette plante potagère de la famille des crucifères génère des revenus importants pour de nombreuses femmes comme elle. Le marché de Médina Coura est considéré comme le lieu principal d’approvisionnement pour de nombreuses vendeuses. Il est approvisionné par les producteurs des villages environnants de Bamako. Et en cette période, le prix du chou pomme est abordable. Le sac de 50 kg est cédé entre 3.500 Fcfa et 4.000 Fcfa, confirme Mme Coulibaly Aminata Kamaté, commerçante au marché de Médina Coura. AVANT L’AUBE – Pour satisfaire la clientèle, les vendeuses de gros se lèvent très tôt, le matin. Elles sont déjà présentes au marché avant l’aube (4 h 30). L’activité exige cette contrainte afin que les clientes (les détaillantes) qui viennent des différents marchés de proximité puissent être approvisionnées avant le lever du soleil. Rencontrée sur place, Fatoumata Sidibé est l’une de ces commerçantes détaillantes. Celle qui vend des légumes au marché de Lafiabougou-Kôda (Commune IV) achète sept sacs de choux à raison de 4.000 Fcfa le sac. Pendant ce temps, sa collègue Mme Diakité Oumou Cissé, engage un marchandage serré avec les grossistes. Ayant échoué à convaincre son fournisseur de baisser de quelques francs le prix du sac, elle achète finalement cinq sacs. La transaction conclue, Fatoumata Sidibé et Mme Diakité Oumou Cissé regardent tout autour d’elles en quête de moyens de transport pour acheminer la marchandise au marché de Lafiabougou-Kôda. L’une d’elle aperçoit des tricycles trainer dans le coin. D’un pas alerte, elle se précipite pour apostropher le propriétaire de l’engin. D’autres commerçantes, qui ont déjà fini leurs achats, ont pu négocier des porteurs de bagages et des chauffeurs de taxis pour transporter leurs colis. Le marchandage fini, le conducteur du tricycle charge les marchandises des deux braves dames à l’arrière de son engin. Elles prennent place à côté du conducteur. Direction : le marché de Lafiabougou. Où elles revendent le tas de trois choux pommes à 500 Fcfa, soit 150 Fcfa ou 200 Fcfa l’unité (selon la taille). Comme ces détaillantes, « les grossistes se frottent, également, les mains », corrobore Nabitou Konaté, commerçante au marché de Médina Coura. Mère de trois enfants, elle exerce cette activité depuis plus de 20 ans. «Notre activité a beaucoup prospéré ces derniers mois grâce à la vente de choux pommes. Je vends entre cinq et sept sacs par jour. Je fournis des détaillantes. Grâce à cette activité, j’assure toutes les dépenses de la famille à avec les bénéfices que je réalise après chaque vente», se réjouit la grossiste. VERTUS – Mariam Kassé, elle, fait également de bonnes affaires. A la différence de Nabintou Konaté, elle est obligée de héler les usagers qui passent devant elle pour attirer leur attention sur sa marchandise. «Venez ! Venez ! Venez voir ! Il y a de très bons et beaux choux verts à moindre prix», s’écrie-t-elle, le visage couvert de grosses gouttes de sueur. Interrogée, Mariam Kassé pense que c’est le seul moyen d’attirer la clientèle pour espérer gagner sa vie. «Dès fois, je peux gagner 6.000 Fcfa par jour», révèle la vendeuse. Si les commerçantes de ce produit trouvent leur compte, les consommateurs, eux, renforcent les capacités protectionnistes de leurs cellules. « Le chou assure une protection de notre organisme par l’action des fibres alimentaires qui sont des antioxydants, protègent nos organes digestifs contre les cancers et accélèrent le transit intestinal (donc il nous épargne la constipation) et des troubles du transit comme les colopathies fonctionnelles », selon le nutritionniste Dr Mamadou Zié Traoré. Il ajoute que la présence de la vitamine K dans le chou renforce les facteurs de coagulation du sang donc il est très bénéfique pour les personnes souffrant de problèmes de saignement intermittent. « Aussi le chou contribue-t-il beaucoup à la formation et au renforcement des os », explique le praticien. Ce légume participe, également, selon lui, à l’entretien du système nerveux périphérique (entretien des nerfs), à la santé des cartilages, des dents et des gencives. A titre d’exemple, 100 grammes de chou pomme contiennent, principalement, des glucides (4,6 g), fibres alimentaires (3,5 g), calcium (59 mg), iode (moins de 20 micros grammes), les vitamines B1, B2, B5, B6, B9, C, K1 en proportion variable selon la nature et l’espèce de choux. «Il existe les choux blancs, verts et rouges», précise-t-il. Toutefois, le chou est un légume modérément calorique, c’est-à-dire peu énergétique (36,5 Cal/100 g) de par la présence des glucides. Pour le nutritionniste, 100 grammes de chou pomme apportent à l’organisme 36,5 calories à l’homme. « Il faut pourtant 2.000 à 2.500 kilos de calories par jour à un adulte pour assurer son fonctionnement normal », fait remarquer Dr Mamadou Zié Traoré. YT (AMAP)  

Une unité de transformation du lait de chamelle  à Tombouctou, dans le Nord du Mali

Envoyée spéciale Aminata Dindi SISSOKO Bamako, 3 mars (AMAP) Tombouctou, dans le Nord du Mali, dispose, aujourd’hui, de sa première unité de transformation de lait de chamelle. Installée au Quartier Sans fil, sur la route de l’aéroport, cette usine s’inscrit dans le cadre du Projet de pasteurisation et de conditionnement du lait de chamelle dans la ville de Tombouctou. Face à une demande de plus en croissante, la valorisation du lait de chamelle pourrait en faire un levier de croissance économique dans la zone. Des fils de la ville sainte ont, alors, décidé de se lancer dans la transformation du produit. L’initiative est portée par l’Association pour la promotion de l’élevage et la mise en valeur du lait de chamelle (APVLC). Objectif : relancer le développement économique régional. Une première dans la Région, cette unité est un exemple de Partenariat public-privé (PPP). Il est cofinancé par le Conseil régional et l’APVLC. «C’est dans le cadre de l’exécution de son budget 2017 que le Conseil régional de Tombouctou a appuyé la réalisation du Projet de pasteurisation et de conditionnement du lait de chamelle dans la ville de Tombouctou. Cela, pour l’amélioration des revenus et la création de richesses», explique le président de l’Autorité intérimaire de la Région de Tombouctou, Boubacar Ould Hamadi. Pour le président de l’APVLC, Housseine Ghanami, la création de cette unité vise la mise en place d’une filière qui valorisera le lait de chamelle et assurera l’autosuffisance en lait et en produits laitiers. Il s’agit, selon lui, d’approvisionner la population de la Région en lait de qualité et renforcer, par la même occasion, la contribution de la filière lait à l’économie locale. «Les unités industrielles sont presque inexistantes dans la Région de Tombouctou, à part les boulangeries et les mini sociétés d’eau potable. C’est en cela que cette initiative d’unité de transformation du lait à tout son sens. La symbolique est non seulement forte mais, surtout, la distribution du lait pasteurisé qui est un besoin réel des communautés et même des visiteurs», explique-t-il. A l’usine, le traitement du lait de chamelle est effectué par un pasteurisateur d’une capacité de 1.500 litres par jour, un Tank refroidisseur pouvant contenir 500 litres, toutes les deux heures, et une machine de conditionnement d’une capacité de 1.000 paquets emballés par heure. «La capacité d’approvisionnement actuelle est en moyenne de 100 litres par jour. A moyen terme, la laiterie sera approvisionnée par plusieurs éleveurs dans un rayon de 60 km maximum, tout autour de la ville de Tombouctou, avec une capacité de collecte prévue de 700 à 1.000 litre par jour. Un système de collecte pratique et simple sera mis en place afin de faciliter la livraison à temps et dans les meilleures conditions de l’unité», précise Housseine Ghanami. D’après notre interlocuteur, la production se limite actuellement au lait de chamelle pasteurisé. Mais, dans un futur proche, avec l’acquisition de moyens de collecte tout autour de la ville, comme prévu, d’autres gammes seront proposées, notamment le lait fermenté, le ghee et les fromages. Il est, aussi, prévu l’achat de 100 chamelles, dix chameaux et l’aménagement de 20 hectares pour la culture fourragère. La mise en œuvre de cette initiative devrait permettre de solutionner certaines difficultés auxquelles l’unité est confrontée. Il s’agit, notamment, de l’insuffisance de lait de chamelle, faute de système approprié de collecte, du manque de formation en gestion de l’unité de transformation, l’insécurité grandissante entravant la mobilité des collecteurs et le problème crucial d’alimentation des laitières (insuffisance d’espaces pastoraux aménagés). «L’unité reçoit une faible quantité de lait. Présentement, toute la matière première est approvisionnée par la ferme de chamelles située à moins de 5 km de la ville appartenant à l’Association (14 femelles et trois mâles). L’association est en train de négocier avec d’autres éleveurs de chamelles pour collecter dans un rayon de 60 km le lait chamelle», explique-t-il. Et de souligner que l’unité compte, dans les jours à venir, améliorer la production laitière à travers la sélection de chamelles, l’adoption de cultures fourragères pour parer à l’insuffisance alimentaire des laitières, surtout en période de soudure, et l’élargissement du champ d’action (au-delà de la région) en termes de commercialisation. L’Afrique est le premier éleveur mondial de chameaux (terme générique incluant aussi bien le chameau à deux bosses que le dromadaire) avec plus de 14 millions de têtes sur un total de 19 millions à l’échelle mondiale, comptabilise le site du Réseau de recherches et d’échanges sur les politiques laitières (REPOL). Cet animal emblématique des zones sèches est, depuis des millénaires, utilisé par les peuples nomades pour sa capacité d’adaptation et de résistance exceptionnelle aux conditions climatiques dans les zones désertiques, comme les régions dans le Nord du Mali. Où il n’est pas rare de voir des caravanes de chameaux chargés de marchandises ou transportant des forains. Outre ce rôle commercial multiséculaire narré à travers les contes et les récits des explorateurs, le lait de chamelle (la femelle) fait partie du régime alimentaire préféré des bergers et autres tribus nomades, comme ceux de Tombouctou. Dans cette localité dans le Nord du Mali, le lait de chamelle est traditionnellement consommé par la population. Des témoins rapportent que les bergers nomades peuvent survivre jusqu’à un mois, uniquement, avec ce breuvage lorsqu’ils parcourent de longues distances dans le désert avec leurs troupeaux. Ce qui fait de ce liquide un aliment consistant. Des experts estiment qu’il est dix fois plus riche en fer et trois fois plus riche en vitamine C par rapport au lait de vache. «Grâce à sa teneur en potassium, magnésium et vitamine B, le lait de chamelle favoriserait le développement des os, renforcerait la croissance des cheveux et préviendrait leur chute, en plus d’assurer une dentition saine!», soutiennent des spécialistes. D’autres estiment qu’il contient un fort pourcentage de protéine à potentiel anti-microbien élevé, protéine absente du lait de vache ou ne s’y trouvant qu’en quantité infime. Il est alors très prisé par les habitants de la Cité des 333 Saints et autres régions frontalières. ADS/MD (AMAP)

Nouvelle grève des transporteurs contre la redevance péage par passage 

Bamako, 2 mars (AMAP) Les conducteurs routiers, notamment de camions bennes ont annoncé une grève de trois jours, à partir du 23 mars prochain, pour protester contre l’entrée en vigueur, le lundi 1er mars, du paiement de la redevance péage par passage au niveau de tous postes. «Nous avons décidé d’aller en grève à partir du 23 de ce mois. Cette décision a été prise dans l’après-midi du lundi dernier à Médina-Coura (Commune II) suite à l’application de la nouvelle mesure au niveau des péages. Le préavis a été déposé ce mardi. La grève concernera tout le secteur des transports», explique le secrétaire général du Syndicat national des transporteurs routiers urbains, interurbains et internationaux du Mali (Syntrui-Mali), Issihaka Diakité. En attendant, les conducteurs routiers, opposés à l’application du paiement de la redevance péage par passage aux postes, ont exprimé leur colère, lundi, sur certains axes routiers où le trafic de camion était suspendu. «Nous avons décidé de suspendre le trafic des camions bennes sur la route Bamako-Koulikoro et celle de Sébénikoro, parce que cette mesure nous pénalise», indique Issihaka Diakité. Le syndicaliste confirme que le blocage de la circulation au niveau du poste de péage de Kasséla (route de Ségou) est lié à l’application du paiement de la redevance péage par passage. Une source contactée au ministère des Transports et des Infrastructures estime que jusqu’ici, le paiement se déroule normalement au niveau des postes de péage. Elle confirme que les conducteurs des camions bennes refusent de s’acquitter du droit de péage par passage au niveau du poste de Kasséla. D’où le stationnement de plusieurs véhicules, depuis lundi, au niveau de ce poste d’entrée de Bamako. «Le gouvernement reste intransigeant quant à l’application correcte de cette mesure. Ce mode de paiement est pratiqué par les autres pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA)», rappelle notre source qui ajoute qu’un compromis a été trouvé avec les syndicats des Sotrama (minibus de transport en commun) qui vont payer 2.000 Fcfa par 24 heures. BBC/MD (AMAP)

Barrage de Taoussa : Le gouvernement mobilise 5 milliards pour relancer les travaux

Bamako, 2 mars (AMAP) Le gouvernement malien a mobilisé plus de 5 milliards de Fcfa pour l’équipement et le déploiement des Forces armées et de sécurité, la protection des bases vie, des biens et des personnes du projet d’aménagement de Taoussa, a appris l’AMAP, lundi, de source officielle. « En termes d’efforts, l’État malien a mobilisé plus de 5 milliards de Fcfa pour l’équipement et le déploiement des Forces armées maliennes et de sécurité ainsi que la prise en charge des prestations de la société de sûreté (ADES), et la mise en œuvre des mesures de sûreté issues du plan d’action », a annoncé le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou. Le ministre, qui s’exprimait au cours d’une table ronde virtuelle des Partenaires techniques et financiers du Projet d’aménagement de Taoussa, à l’hôtel des Finances, a précisé : « Ces mesures concernent la protection des bases vie et l’organisation nécessaire pour la protection des biens et des personnes ». Cette rencontre intervient 11 ans et 23 jours, après la pose de la première pierre du barrage par les autorités du Mali, le 6 février 2010, à Taoussa (site du barrage). En initiant cette table ronde, les autorités entendent faire le point de l’état d’avancement de l’exécution de la feuille de route issue d’une autre rencontre tenue en 2018. Aussi les participants échangent-ils sur les stratégies de redémarrage des travaux du barrage, avant d’explorer les voies et moyens permettant le recrutement d’une nouvelle entreprise capable de travailler dans les conditions actuelles de la zone. Cela pour réaliser les travaux de la route d’accès Gao-Bourem-Taoussa. La rencontre a examina, également, la question du recrutement des experts de l’Unité d’exécution du projet (UEP). On rappelle que le financement du Projet d’aménagement de Taoussa est l’expression d’un effort financier conjoint : État malien-partenaires techniques et financiers. Le coût de sa réalisation s’élève à 167,930 milliards de Fcfa. Le gouvernement malien intervient pour plus de 41 milliards de Fcfa dont plus de 8 milliards déjà mobilisés. Dans la perspective du démarrage des travaux du Projet, le ministre de l’Économie et des Finances a assuré les Partenaires techniques et financiers concernés de la détermination du gouvernement à travailler ardemment à l’amélioration des conditions sécuritaires dans la zone d’intervention du Projet. Concernant le volet construction de la route Gao-Bourem-Taoussa, le ministre Sanou a rappelé que le marché relatif aux travaux attribués à l’entreprise Covec-Mali a été résilié. Le financement du marché était assuré par le Fonds saoudien de développement, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et le Budget national. Le taux d’avancement global (pour tout le Projet) était estimé à 13,90% pour un délai consommé de 169%, avant l’arrêt des travaux, a-t-il ajouté. Selon le ministre, il urge alors de presser le pas afin de booster le développement des zones concernées par le Projet. Surtout que le bassin du fleuve Niger, avec ses potentialités, constitue un enjeu majeur de développement socio-économique de la sous-région en général, et du Mali en particulier, notamment la partie nord de notre pays. « Il est impérieux d’y engager d’importants programmes d’aménagement pour inverser les tendances actuelles de dégradation, justifiant du coup la pertinence et la nécessité du Projet d’aménagement de Taoussa dont les impacts positifs attendus feront des régions du nord un véritable pôle de développement », a plaidé Alousséni Sanou. Il a ajouté que la réalisation de l’ouvrage et celle de ses travaux connexes se traduiront, selon les estimations, « par l’absorption de la quasi-totalité de la main d’œuvre de la zone, l’assurance de l’autosuffisance alimentaire dans la zone et l’augmentation des revenus monétaires annuels des populations, une croissance de près de 3% du cheptel, la production de 7.800 tonnes de poissons par an et de 118 GWh/an pour couvrir une partie des besoins en énergie de la zone ». À cet égard, le ministre de l’Économie et des Finances a indiqué que la réalisation de cet important projet est un facteur de paix et de cohésion sociale dans le Nord du Mali, socle de tout développement durable. Insufflant, ainsi, « une nouvelle dynamique qui fera du Sahel un havre de paix où les communautés vont retrouver le bonheur du vivre ensemble mais surtout la transformation des régions du Nord du Mali en un véritable pôle de développement », a-t-il prédit. Pour sa part, le ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, a insisté sur l’espoir que les populations, notamment celles des régions du Nord et du Centre de notre pays et bien au-delà des frontières, placent en la réalisation de ce projet. « C’est pourquoi, il figure parmi les projets prioritaires du gouvernement et a été présenté aux acteurs signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger comme la contribution majeure du gouvernement à la stratégie de développement des régions du Nord du Mali », a relevé Lamine Seydou Traoré. L’ouverture des travaux a eu lieu en présence, également, des ministres de la Réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué, de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara. Il y avait aussi le directeur général de l’Autorité pour l’aménagement de Taoussa, Chirfi Moulaye Haïdara. AG/MD (AMAP)

La sécurisation booste le business du sable à Gao, dans le Nord du Mali

Par Abdourhamane TOURE Gao, 01 mars (AMAP) Aujourd’hui, dans la ville de Gao, dans le Nord du Mali, le sable est un matériau recherché parce qu’il est utilisé dans la sécurisation des alentours des camps militaires, des check points des forces de sécurité maliennes et de leurs partenaires, Barkhane et Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), ainsi que de maisons individuelles. Après la crise de 2012, plusieurs bâtiments administratifs ont été détruits par l’occupation des terroristes et leurs alliés et il fallait les réhabiliter ou les reconstruire. En plus, la ville de Gao est en plein chantier. Du jour au lendemain, de riches commerçants achètent des terrains ou des bâtiments en banco, au centre-ville. Ceux-ci construisent à la place de grands buildings en béton. Tous ces facteurs font que le business du sable est devenu l’une des principales activités de certains chefs de famille de la Commune urbaine de Gao. Deux groupements se partagent l’activité du sable. Il s’agit de l’association des propriétaires de bennes et celle de « Kel-Pélou » (en Tamashek et qui signifie en français les propriétaires des pelles). Le sol de Gao est constitué de sable. Mais ce n’est pas tout sable qui peut être utilisé comme matériau pour les infrastructures ou les habitations en béton. Deux carrières sont les plus connues pour l’extraction du sable fin ou du gros grain. Il s’agit de la carrière du 7ème quartier, à une quinzaine de kilomètres de la ville, et celle du Quartier château qui a été abandonnée, à cause de l’extension de la ville et de la dégradation du site due au creusement. Abdoulaye Ag Zeïnou est président de l’Association des « Kel-Pélou ». « Notre groupement est constitué de 150 membres. Notre travail consiste à extraire le sable, à le charger dans des camions-bennes. Le prix d’un chargement de sable varie entre 16 000 et 30 000 Fcfa », explique-t-il. Chaque camion-benne est accompagné de cinq chargeurs. Les cinq chargeurs sont payés à 4000 Fcfa, à raison de cinq chargements. Chaque fin du mois, les membres de l’association « Kel-Pélou » cotisent 1500 Fcfa. Cette cotisation finance la prise en charge des adhérents en cas de problème majeur. « La cotisation mensuelle est la meilleure chose de notre association parce que, souvent, certains empruntent auprès de l’Association quand ils sont dans le besoin », a expliqué le président du groupement de « Kel-Pélou ». Selon lui, l’association, dont des copies de documents de création ont été déposées au niveau de certains services publics à toutes fins utiles, a besoin du soutien de l’Etat parce que ses membres. Le doyen Askiou Ag Assaid est l’un des premiers membres de l’association « Kel-Pélou ». Selon lui, avant la crise de 2012, l’activité d’extraction et de chargement du sable pouvait nourrir son homme. « C’est avec le revenu de ce travail que je me suis marié. J’ai eu des enfants que je continue à nourrir, Cependant, je n’ai pas construit et j’habite encore dans une case en paille », a déclaré le vieux Askiou. Il se souvient, nostalgique, de la belle époque où ils chargeaient en gravier un camion-benne à 25 000 Fcfa et en sable à 10 000 Fcfa. « Actuellement, le métier rapporte peu », se désole Askiou qui réclame des clients de camions-bennes d’augmenter le prix du sable. Mme Diallo Safia Alassane est vendeuse de repas à la carrière de sable. « Depuis trois ans, je vends de la nourriture aux manœuvres et chauffeurs de la carrière. Mes recettes journalières varient entre 15 000 à 20 000 Fcfa », a dit Mme Diallo. Abdoulatif Almouner Maiga dit Doula, est chauffeur et porte-parole des chauffeurs de camions-bennes. Selon, lui le nombre de chauffeurs dépend de nombre de bennes. Il y a plus de 200 véhicules qui ont adhéré à l’Association des camions-bennes mais beaucoup sont en panne. Les conducteurs de camions-bennes gagnent entre 500 à 2.250 Fcfa par voyage. « Nous sommes confrontés à un manque de carrière parce que les autorités communales nous font déguerpir, souvent », se plaint Doula. Selon Ibrahim Abdramane, président de l’Association des propriétaires de camions-bennes, qui signale exercer ce métier, depuis 1985, c’est en 2018 que le groupement des propriétaires de camions-bennes a été officiellement créé. Plus de deux cent propriétaires de camions-bennes en sont membres. « Chaque membre possède une carte qui coûte 2.000 Fcfa et est renouvelable chaque année », nous apprend Ibrahim Abdramane. « Le prix officiel d’un chargement de sable destiné au mortier coûte 30 000 Fcfa et le banco 16 000 Fcfa mais la location, par jour, du même camion-benne s’élève à 60 000 Fcfa si le carburant est à la charge du client’, explique le président des propriétaires de camions-bennes. « L’association joue un rôle très important, non seulement, pour les propriétaires de bennes, les chauffeurs mais, aussi, pour l’association des «Kel-Pélou» parce qu’en cas d’accident grave ou mortel causé par un chauffeur, c’est l’association qui répare les dommages. Elle vient, aussi, en aide à la famille du chauffeur », poursuit Ibrahim Abdramane. « Souvent, elle gère, aussi, certaines situations sociales des propriétaires de bennes et même de leurs chauffeurs », ajoute le président du groupement. Il cite, également, de bonnes initiatives de l’association dans la Commune urbaine de Gao (ramassage des ordures dans le quartier château, remblayage d’espaces publics et de cimetières envahis par les eaux stagnantes…) Le bureau régional de l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (ANPEJ) contracte avec le groupement qui en espère autant avec la ville de Gao. « Dans les conditions normales, la mairie peut nous confier le ramassage des ordures et le curage des caniveaux de la Commune urbaine de Gao », suggère Ibrahim Abdramane. Il plaide pour un soutien des autorités régionales et nationales à leur groupement qui est une jeune association. Le sable est une matière solide granulaire constituée de petites particules provenant de la dégradation de matériaux d’origine minérale essentiellement des roches. Cette matière est, quotidiennement, utilisée comme matériau dans la construction des bâtiments et d’autres infrastructures. Le sol des régions dans le Nord du Mali et, en particulier, de la Région de Gao, est constitué de sable. Gao est considéré comme le port du sable.

Mali : Le deuxième pont de Kayes (Ouest) ouvert à la circulation

Envoyés spéciaux Cheick M. TRAORE Habib KOUYATE   Kayes, 27 fév (AMAP) Le Premier ministre, Moctar Ouane, a inauguré, samedi, le deuxième pont de Kayes et a ouvert, ainsi, à la circulation l’infrastructure et ses voies d’accès, en coupant le ruban symbolique, en présence de plusieurs membres du gouvernement dont le ministre en charge des transports, Makan Fily Dabo. D’un coût global de 58 milliards de Fcfa toutes taxes comprises, l’infrastructure a été entièrement financée sur le budget national. Il va contribuer au désenclavement intérieur et extérieur de la capitale de la première région administrative du Mali et ses environs, tout en améliorant la fluidité du trafic. Le premier pont, seul en service jusqu’ici, a été construit en 1997 et mis en service en 1999. « Il a enregistré 80% du trafic poids lourds soit 1.000 camions par jour, depuis le basculement sur ce corridor à la faveur de la crise ivoirienne », a expliqué le ministre Makan Fily Dabo. Le nouveau pont était une demande forte de la jeunesse de Kayes. Elle avait, lors de sa marche dite citoyenne, organisée en 2016, interpelé le président de la République d’alors à cet effet. Ibrahim Boubacar Keïta avait, comme réponse, promis la réalisation, devenue aujourd’hui une réalité. La concrétisation de cette aspiration profonde des Maliens déterminés à vaincre l’adversité, marque ainsi la consolidation de «l’encrage de la ville de Kayes dans un développement irréversible », a déclaré le Premier ministre dans son discours d’inauguration. « Car, a insisté Moctar Ouane, ce second pont est le prolongement de la route qui relie Kayes au reste du pays, en renforçant sa contribution au développement économique et social de notre pays ». Il constitue, à cet effet «un vecteur puissant de communication et de désenclavement», s’est réjoui le chef du gouvernement. Assurant que le gouvernement va continuer de porter une attention particulière au développement du pays, M. Ouane a annoncé le démarrage de projets similaires dans les jours à venir. Et comme pour joindre l’acte à la parole, le Premier ministre a engagé le ministre Makan Fily Dabo a initier les démarches nécessaires pour lever toutes les entraves à la relance du chemin de fer. Une doléance forte et chère aux Kayésiens qui a été rappelée dans toutes les interventions. Juste après la coupure du ruban symbolique, le chef du gouvernement a rallié l’autre rive, à Daigalé (Kayes N’Di) où l’attendait une foule nombreuse venue témoigner son soutien et sa solidarité au gouvernement. CMT/MD (AMAP)

Deuxième pont de Kayes : Le rêve devient réalité

Par Bandé Moussa SISSOKO Kayes, 27 fév (AMAP) Le nouveau pont de Kayes, qui sera inauguré ce samedi 27 février 2021, par le Premier Ministre Moctar Ouane, est un joyau qui donne un nouveau visage à la Cité des rails. Le financement des travaux de construction du 2è pont sur le fleuve Sénégal et ses routes d’accès a été entièrement pris en charge par le budget national pour un coût global de 58.156.143.751 Fcfa. S’étendant sur une longueur de 541,30 mètres et une largueur de 26 mètres, ce nouveau pont est situé à Kamankolé, Commune de Hawa Dembaya. Le site de cet ouvrage avait été officiellement remis aux entreprises chargées respectivement des travaux de construction de l’ouvrage et de ses voies d’accès, le 19 janvier 2017. Le pont mixte acier-béton repose sur une fondation de 68 pieux forés de 10 à 20 mètres de profondeur. Il dispose d’une chaussée de 2X7,00 mètres de large, des pistes cyclables larges de 2X2,00 mètres et des trottoirs de 2X1,50 mètre de large. La construction de ces infrastructures s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des actions prioritaires du plan d’actions 2015-2019 de la Politique nationale des transports, des infrastructures de transport et du désenclavement (PNTITD), adoptée par le Conseil des ministres du 28 octobre 2015. La réalisation du projet se justifie essentiellement par la nécessité de trouver une alternative durable à l’ancien pont de la ville qui, de par sa conception et son âge, ne répond plus aux sollicitations du trafic actuel sur le corridor Bamako-Dakar par le nord. Elle constitue également une réponse aux attentes des populations de la Région de Kayes. Cet ouvrage contribuera à l’atteinte des objectifs fixés dans le Cadre stratégique pour la relance économique et du développement durable (CREDD) 2019-2023 au niveau de l’axe stratégique n°3 «Croissance inclusive et transformation structurelle de l’économie». Qui vise spécifiquement à développer et améliorer l’efficacité des infrastructures de transport. L’objectif global du projet est de contribuer au désenclavement intérieur et extérieur de notre pays et de booster la croissance économique. Ainsi, le pont permettra d’assurer la continuité du trafic sur le corridor Bamako-Dakar par le nord ; de décongestionner le trafic à l’intérieur de la ville et de réduire le délai de parcours au niveau de la traversée de ladite ville. Il contribuera aussi à l’amélioration de la sécurité routière et au confort des usagers et du cadre de vie des populations. Ce pont, qui fait la fierté des populations de Kayes, va également favoriser le développement de la recherche et l’extraction des ressources minières dans la région, l’exécution des travaux d’assainissement urbain de la ville de Kayes et la création des activités pérennes génératrices d’emplois. Ces œuvres permettent à la Cité des rails, ancienne capitale du Soudan français, de retrouver sa coquetterie d’antan. L’éclairage public du pont, outre l’embellissement de la ville de Kayes, permet d’assurer la sécurité des usagers de la route et des riverains. La réalisation du pont a permis la réalisation des ouvrages de protection des berges sur les deux rives avec des matériaux locaux afin de lutter contre l’érosion régressive au droit du pont. On note, aussi, la construction de trois exutoires sur la voie n°3 pour diriger les eaux de pluies vers le fleuve Sénégal, une manière pour les initiateurs du projet de contribuer à l’assainissement du quartier de Kayes N’Di situé sur la rive droite du pont et à l’aménagement de la rivière Kamankolé sur 700 mètres qui a sauvé de nombreuses habitations contre l’érosion régressive. Les populations de Kayes sont fières de ce pont qui n’a rien à envier à ceux de Bamako. Même s’il ne débouche pas sur des échangeurs. Certains pensent qu’avec ces infrastructures, il y aura moins d’accident de circulation et l’espoir est permis pour une sécurisation de la ville. «Le rêve est devenu une réalité aujourd’hui. Nous devons montrer notre joie, notre reconnaissance aux autorités. Que l’évènement soit marqué dans l’histoire. Soyons unis pour que cet évènement soit à la hauteur des attentes», avait déclaré le gouverneur de la Région de Kayes, le colonel Moussa Soumaré lors d’une rencontre avec les chefs de services régionaux et les forces vives de Kayes. Le directeur régional des routes, Moustapha Sissoko, et ses agents ne se ménagent pas pour faire de la fête une réussite. Idem pour la mairie, dont les agents nettoient régulièrement les grandes rues de la ville. Les agents d’Énergie du Mali (EDM) s’activent, également, pour réparer les ampoules sur le premier pont, situé à côté de la chaussée submersible. Au-delà de son caractère festif, la mise en service de ce pont et de ses voies d’accès suscite des inquiétudes, notamment chez les transporteurs et chauffeurs. En effet, ces derniers se plaignent de l’étroitesse des quatre carrefours, dont trois sont situés sur la rive droite du fleuve. Les usagers sont exposés à des risques d’accidents et à des chutes de véhicules. Et, la voie réservée aux gros porteurs mérite un entretien permanent car, elle est souvent salie par des déchets d’animaux. Dans la note technique, le ministre des Transports et des Infrastructures invite les usagers de la route au respect strict du code de la route et du règlement 14/2005/CM/UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) relatif à l’harmonisation des normes et des procédures du contrôle du gabarit, du poids et de la surcharge à l’essieu des véhicules poids lourds de transport de marchandises dans les États de la communautaire BMS (AMAP)  

Pratiques coloniales : l’Office du Niger, une longue histoire d’argent public

Par Dr Ibrahim MAIGA Bamako 27 fév (AMAP) L’entreprise, constituée sur la base de capitaux civils, a été, d’un bout à l’autre, en réalité un service militaire affublé d’une énorme bureaucratie parasitaire. La non prise en compte du facteur humain explique en partie les déboires de ce géant de notre système agricole. Est-on seulement sûr que les décideurs actuels ont tiré profit des leçons d’hier ? Pourtant, différentes et successives études ont très rapidement mis le doigt sur les graves insuffisances d’une entreprise qui ne va jamais pouvoir se passer de l’argent public : le budget de l’Afrique occidentale française, les fonds publics métropolitains, le budget du Soudan, les réparations allemandes et l’aide du plan Marshal. à l’indépendance, l’état malien va aussi y injecter des ressources. Dans ce financement, il ne faut jamais oublier la part inestimable du travail forcé imposé aux populations locales. Vittorio Morabito a posé le diagnostic très précis de ce gouffre financier. Dans « L’Office du Niger au Mali, d’hier à aujourd’hui », paru dans le « Journal des africanistes », (1977, pp. 53-82) il écrit que « … pour comprendre l’Office du Niger, il faut le considérer comme la dernière création bureaucratique de l’administration dans la catégorie des compagnies de concessions territoriales pour l’exploitation économique des colonies. Ce côté public explique les pressions politiques et les renseignements, filtrés, qu’on trouve dans les cinq cents publications sur l’Office. » Alors, pourquoi soutenir à bout de bras, une création moribonde devenue monstrueuse ? Contre tous les critères de rationalité, l’état français a, jusqu’en 1960, malgré tout, toujours gardé un œil condescendant sur cette structure. Les évaluateurs ont constamment attiré l’attention sur la gestion de l’Office. En 1975, Morabito a mis le doigt sur l’existence de deux comptabilités, une commerciale et une administrative. «Nonobstant les conseils de six commissions comptables spéciales en trente ans (1937, 1948, 1955, 1964, 1969, 1974), elle n’a pas bien démarré et également ne réussit pas à donner une vision des situations financières complexes des activités de l’Office», a-t-il observé. Il est encore plus incisif quand il soutient que « …depuis 1964, l’Office fonctionne sans bilan, ce qui conduit certains à dire qu’il est géré comme une « boutique libanaise »… de 2 milliards de francs de chiffre d’affaires par an [8 : 84]. (L’Office du Niger, d’hier à aujourd’hui). Vincent Joly (Schreyger (Emil) : L’Office du Niger au Mali. 1932 à 1982. La problématique d’une grande entreprise agricole dans la zone du Sahel, Année 1988) rapporte d’après Robequain (Problèmes de l’économie rurale en A.O.F. », Annales de Géographie, 1937, p. 159) que Bélime lui-même demandait un pas de temps de 50 ans pour juger de son entreprise. Le constat est la grande disproportion entre les efforts consentis et les résultats obtenus. Et, Joly ajoute : « …. quels que soient les temps et les régimes, les mêmes problèmes persistent, entre autres : le statut foncier des colons, leur endettement, leur accès au marché, la lourdeur de la bureaucratie, etc ». Quelques chiffres tirés du rapport de Amselle (1985) renseignent sur l’ampleur du trou béant. Les effectifs pléthoriques font partie du tableau. En 1955, l’Office comptait un total de 7 000 employés ; ce qui équivalait au ratio d’un employé pour quatre colons. Cette tendance ne va pas s’inverser. En 1984, l’entreprise comptait 4 000 employés fixes et 5 000 saisonniers pour 5 500 colons. En 1942, soit dix ans après son démarrage, l’entreprise n’avait pu emblaver que 5 000 hectares de coton, exploités par 6 000 paysans. En 1943, il a été produit 2 000 tonnes de coton et 10 000 tonnes de riz. De 1936 à 1960, les rendements ont oscillé entre 1,3 tonne et 1,9 tonne à l’hectare, toujours d’après l’évaluation de Amselle. Ce n’est donc pas une surprise, si en 1955, l’état français a réduit de moitié les subventions allouées. Un an après, l’Office connaissait ses premières initiatives de réajustement. En 1959, les pertes ont été maîtrisées mais non les dettes, les avances et les découverts bancaires. Résultats médiocres, gestion opaque – Plusieurs facteurs expliquent ces résultats médiocres. Paul Viguier, l’un des six Directeurs Généraux, a essayé de comprendre cette problématique. En plus de sa casquette d’administrateur, Viguier était surtout un Ingénieur d’une grande capacité. Dans « Situation des terres irriguées de l’Office du Niger », un article paru dans le «Journal d’agriculture traditionnelle et de botanique appliquée » (1947). Il constate, pour ce qui est de l’exploitation des terres aménagées que « les résultats obtenus jusqu’ici n’ont pas atteint le niveau que l’on était en droit d’espérer ». « Alors qu’il est techniquement prouvé que les rendements peuvent atteindre pour le cotonnier facilement 10 quintaux de coton-graine et pour le riz 20 quintaux de paddy à l’hectare les moyennes obtenues dans l’ensemble des centres de colonisation ne s’élèvent qu’à 6 à 7 quintaux pour le coton et 14 à 16 quintaux pour le paddy », rien de consistant n’a pu être fait. Ces résultats sont juste supérieurs à ce que les populations locales obtenaient sur leurs parcelles. En réalité, a compris Viguier, c’est la défaillance de « l’élément humain » qui est en cause. Les concepteurs, dans leur optimisme avaient parié sur les « facultés d’adaptation du paysan noir aux techniques nouvelles. ». Ce qui n’a pas été le cas, car « on ne passe pas ainsi brusquement d’une agriculture traditionnelle largement extensive à des méthodes d’agriculture intensive. » « En réalité, retient-il, le colon installé sur les terres irriguées conserve instinctivement ses conceptions agricoles primitives et ne se plie que difficilement aux méthodes d’agriculture rationnelle ». Cependant, tempère Viguier, les paysans ne sont pas seuls responsables de cet échec. Ils n’ont pas reçu les moyens nécessaires à l’exercice d’une « agriculture rationnelle ». Le colon indigène, fait-il constater, n’était pas outillé pour résoudre des problèmes réels comme la « préparation correcte du sol en temps voulu pour effectuer les semis à la date convenable ; le maintien de la fertilité du sol ; la production vivrière suffisante,

Le Japon octroie 6,5 milliards de Fcfa au Mali

Bamako, 24 fév (AMAP) Le Mali et le Japon ont signé, mercredi, deux échanges de notes relatifs au financement de deux programmes de coopération économique non-remboursable en faveur de notre pays La cérémonie de signature a eu lieu au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale entre le ministre Zeïni Moulaye et l’ambassadeur du Japon au Mali, Daisuke Kuroki. Les deux échanges de notes concernent le Programme de développement économique et social visant la Covid-19 d’environ 1,5 milliard de Fcfa et le Projet d’amélioration des équipements pour les établissements de formation technique et professionnelle à Bamako à hauteur de 5 milliards de Fcfa. Selon l’ambassadeur du Japon au Mali, son pays a rapidement préparé ce Programme de développement économique et social visant la Covid-19. Il va permettre de fournir des équipements médicaux pour la plupart fabriqués au Japon. Cet appui va servir, non seulement, à renforcer les capacités opérationnelles des établissements sanitaires récipiendaires, mais, aussi, à les doter d’équipements médicaux. Auparavant, a rappelé Daisuke Kuroki, le Japon avait autorisé, le 4 mai dernier, le financement d’une requête de soutien au Mali dans la lutte contre l’expansion de la maladie à Coronavirus sur le fonds de contrepartie de l’assistance alimentaire japonaise. Il s’agit d’«un don non-remboursable pour un montant total de 1,17 milliard de Fcfa, afin d’assister les mesures prises par le ministère de la Santé et des Affaires sociales d’alors», a-t-il révélé. Le second projet, portant sur l’Amélioration des équipements des établissements de formation technique et professionnelle dans le district de Bamako, vise à doter d’équipements, de dernière génération, l’Ecole centrale pour l’industrie, le commerce et l’administration (ECICA), le Lycée technique de Bamako, le Centre de formation professionnelle Soumaoro Kanté (CFP/SK) et l’Institut de formation professionnelle Sonni Ali Ber (IFP-SAB). Selon le diplomate nippon, son pays « a été, reste et demeurera aux côtés du gouvernement et du peuple maliens dans leurs efforts déployés, y compris ceux en vue de l’accomplissement du processus de la Transition ». Pour le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, la fréquence des retrouvailles, les audiences et cérémonies de signature de notes entre les deux pays sont une preuve du dynamisme de leurs relations. Dans les circonstances actuelles de crise multidimensionnelle, le ministre Zeïni Moulaye a souhaité la mise en œuvre de tous les leviers de la coopération existant entre les deux pays. Il s’agit, notamment, des micro-projets en direction des collectivités locales, de donner du sens à leurs relations, en favorisant les projets et programmes à impact direct et indirect sur les populations dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’eau et de l’assainissement. OD/MD (AMAP)

Le Mali obtient un décaissement immédiat du FMI de 31, 09 milliards de Fcfa (Communiqué)

Bamako, 23 fév (AMAP) Le Mali a obtenu, lundi, un accord pour le décaissement de 57,6 millions de dollars US, soit environ 31,09 milliards de Fcfa, du Fonds monétaire international (FMI) afin de soutenir son programme de réforme économique, annonce un communiqué du ministère de l’Economie et des Finances. Cet accord est intervenu, à Washington, aux Etats-Unis, à l’issue du Conseil d’Administration du FMI dont les membres ont salué les réformes mises en œuvre par le gouvernement malien, “orientées vers la lutte contre la crise sanitaire du Covid-19 et ses conséquences sur le plan économique et social, la réduction des dépenses non prioritaires, la stabilité macroéconomique à court terme et la viabilité budgétaire à moyen terme ainsi que les mesures favorables à la croissance et à la lutte contre la pauvreté”, ajoute le communiqué Le renforcement de la mobilisation des recettes internes à travers les téléprocédures (télédéclaration et télépaiement), la poursuite de la mise en œuvre du Compte unique du Trésor, l’aide aux ménages pauvres et vulnérables, conformément au Plan d’action du gouvernement (PAG) adopté par le Conseil national de transition (CNT) sont, entre autres, des réformes qui ont retenu l’attention des administrateurs du FMI. Ce financement arrive au terme de la conclusion des 2ème et 3ème revues du programme économique et financier avec le FMI soutenu par une Facilité élargie de crédit (FEC) approuvé par le Conseil d’administration du FMI, le 28 août 2019. “Il permettra de soutenir les efforts du gouvernement pour faire face aux besoins de financement du pays, de soutenir les dépenses sociales et la relance économique post-pandémique”, indique le communiqué. Cette approbation pourrait décider d’autres partenaires techniques et financiers pour le décaissement de leur appui budgétaire, estime-t-on côté malien. MD (AMAP)