Barrage de Taoussa : Le gouvernement mobilise 5 milliards pour relancer les travaux
Bamako, 2 mars (AMAP) Le gouvernement malien a mobilisé plus de 5 milliards de Fcfa pour l’équipement et le déploiement des Forces armées et de sécurité, la protection des bases vie, des biens et des personnes du projet d’aménagement de Taoussa, a appris l’AMAP, lundi, de source officielle. « En termes d’efforts, l’État malien a mobilisé plus de 5 milliards de Fcfa pour l’équipement et le déploiement des Forces armées maliennes et de sécurité ainsi que la prise en charge des prestations de la société de sûreté (ADES), et la mise en œuvre des mesures de sûreté issues du plan d’action », a annoncé le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou. Le ministre, qui s’exprimait au cours d’une table ronde virtuelle des Partenaires techniques et financiers du Projet d’aménagement de Taoussa, à l’hôtel des Finances, a précisé : « Ces mesures concernent la protection des bases vie et l’organisation nécessaire pour la protection des biens et des personnes ». Cette rencontre intervient 11 ans et 23 jours, après la pose de la première pierre du barrage par les autorités du Mali, le 6 février 2010, à Taoussa (site du barrage). En initiant cette table ronde, les autorités entendent faire le point de l’état d’avancement de l’exécution de la feuille de route issue d’une autre rencontre tenue en 2018. Aussi les participants échangent-ils sur les stratégies de redémarrage des travaux du barrage, avant d’explorer les voies et moyens permettant le recrutement d’une nouvelle entreprise capable de travailler dans les conditions actuelles de la zone. Cela pour réaliser les travaux de la route d’accès Gao-Bourem-Taoussa. La rencontre a examina, également, la question du recrutement des experts de l’Unité d’exécution du projet (UEP). On rappelle que le financement du Projet d’aménagement de Taoussa est l’expression d’un effort financier conjoint : État malien-partenaires techniques et financiers. Le coût de sa réalisation s’élève à 167,930 milliards de Fcfa. Le gouvernement malien intervient pour plus de 41 milliards de Fcfa dont plus de 8 milliards déjà mobilisés. Dans la perspective du démarrage des travaux du Projet, le ministre de l’Économie et des Finances a assuré les Partenaires techniques et financiers concernés de la détermination du gouvernement à travailler ardemment à l’amélioration des conditions sécuritaires dans la zone d’intervention du Projet. Concernant le volet construction de la route Gao-Bourem-Taoussa, le ministre Sanou a rappelé que le marché relatif aux travaux attribués à l’entreprise Covec-Mali a été résilié. Le financement du marché était assuré par le Fonds saoudien de développement, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et le Budget national. Le taux d’avancement global (pour tout le Projet) était estimé à 13,90% pour un délai consommé de 169%, avant l’arrêt des travaux, a-t-il ajouté. Selon le ministre, il urge alors de presser le pas afin de booster le développement des zones concernées par le Projet. Surtout que le bassin du fleuve Niger, avec ses potentialités, constitue un enjeu majeur de développement socio-économique de la sous-région en général, et du Mali en particulier, notamment la partie nord de notre pays. « Il est impérieux d’y engager d’importants programmes d’aménagement pour inverser les tendances actuelles de dégradation, justifiant du coup la pertinence et la nécessité du Projet d’aménagement de Taoussa dont les impacts positifs attendus feront des régions du nord un véritable pôle de développement », a plaidé Alousséni Sanou. Il a ajouté que la réalisation de l’ouvrage et celle de ses travaux connexes se traduiront, selon les estimations, « par l’absorption de la quasi-totalité de la main d’œuvre de la zone, l’assurance de l’autosuffisance alimentaire dans la zone et l’augmentation des revenus monétaires annuels des populations, une croissance de près de 3% du cheptel, la production de 7.800 tonnes de poissons par an et de 118 GWh/an pour couvrir une partie des besoins en énergie de la zone ». À cet égard, le ministre de l’Économie et des Finances a indiqué que la réalisation de cet important projet est un facteur de paix et de cohésion sociale dans le Nord du Mali, socle de tout développement durable. Insufflant, ainsi, « une nouvelle dynamique qui fera du Sahel un havre de paix où les communautés vont retrouver le bonheur du vivre ensemble mais surtout la transformation des régions du Nord du Mali en un véritable pôle de développement », a-t-il prédit. Pour sa part, le ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, a insisté sur l’espoir que les populations, notamment celles des régions du Nord et du Centre de notre pays et bien au-delà des frontières, placent en la réalisation de ce projet. « C’est pourquoi, il figure parmi les projets prioritaires du gouvernement et a été présenté aux acteurs signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger comme la contribution majeure du gouvernement à la stratégie de développement des régions du Nord du Mali », a relevé Lamine Seydou Traoré. L’ouverture des travaux a eu lieu en présence, également, des ministres de la Réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué, de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara. Il y avait aussi le directeur général de l’Autorité pour l’aménagement de Taoussa, Chirfi Moulaye Haïdara. AG/MD (AMAP)
La sécurisation booste le business du sable à Gao, dans le Nord du Mali
Par Abdourhamane TOURE Gao, 01 mars (AMAP) Aujourd’hui, dans la ville de Gao, dans le Nord du Mali, le sable est un matériau recherché parce qu’il est utilisé dans la sécurisation des alentours des camps militaires, des check points des forces de sécurité maliennes et de leurs partenaires, Barkhane et Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), ainsi que de maisons individuelles. Après la crise de 2012, plusieurs bâtiments administratifs ont été détruits par l’occupation des terroristes et leurs alliés et il fallait les réhabiliter ou les reconstruire. En plus, la ville de Gao est en plein chantier. Du jour au lendemain, de riches commerçants achètent des terrains ou des bâtiments en banco, au centre-ville. Ceux-ci construisent à la place de grands buildings en béton. Tous ces facteurs font que le business du sable est devenu l’une des principales activités de certains chefs de famille de la Commune urbaine de Gao. Deux groupements se partagent l’activité du sable. Il s’agit de l’association des propriétaires de bennes et celle de « Kel-Pélou » (en Tamashek et qui signifie en français les propriétaires des pelles). Le sol de Gao est constitué de sable. Mais ce n’est pas tout sable qui peut être utilisé comme matériau pour les infrastructures ou les habitations en béton. Deux carrières sont les plus connues pour l’extraction du sable fin ou du gros grain. Il s’agit de la carrière du 7ème quartier, à une quinzaine de kilomètres de la ville, et celle du Quartier château qui a été abandonnée, à cause de l’extension de la ville et de la dégradation du site due au creusement. Abdoulaye Ag Zeïnou est président de l’Association des « Kel-Pélou ». « Notre groupement est constitué de 150 membres. Notre travail consiste à extraire le sable, à le charger dans des camions-bennes. Le prix d’un chargement de sable varie entre 16 000 et 30 000 Fcfa », explique-t-il. Chaque camion-benne est accompagné de cinq chargeurs. Les cinq chargeurs sont payés à 4000 Fcfa, à raison de cinq chargements. Chaque fin du mois, les membres de l’association « Kel-Pélou » cotisent 1500 Fcfa. Cette cotisation finance la prise en charge des adhérents en cas de problème majeur. « La cotisation mensuelle est la meilleure chose de notre association parce que, souvent, certains empruntent auprès de l’Association quand ils sont dans le besoin », a expliqué le président du groupement de « Kel-Pélou ». Selon lui, l’association, dont des copies de documents de création ont été déposées au niveau de certains services publics à toutes fins utiles, a besoin du soutien de l’Etat parce que ses membres. Le doyen Askiou Ag Assaid est l’un des premiers membres de l’association « Kel-Pélou ». Selon lui, avant la crise de 2012, l’activité d’extraction et de chargement du sable pouvait nourrir son homme. « C’est avec le revenu de ce travail que je me suis marié. J’ai eu des enfants que je continue à nourrir, Cependant, je n’ai pas construit et j’habite encore dans une case en paille », a déclaré le vieux Askiou. Il se souvient, nostalgique, de la belle époque où ils chargeaient en gravier un camion-benne à 25 000 Fcfa et en sable à 10 000 Fcfa. « Actuellement, le métier rapporte peu », se désole Askiou qui réclame des clients de camions-bennes d’augmenter le prix du sable. Mme Diallo Safia Alassane est vendeuse de repas à la carrière de sable. « Depuis trois ans, je vends de la nourriture aux manœuvres et chauffeurs de la carrière. Mes recettes journalières varient entre 15 000 à 20 000 Fcfa », a dit Mme Diallo. Abdoulatif Almouner Maiga dit Doula, est chauffeur et porte-parole des chauffeurs de camions-bennes. Selon, lui le nombre de chauffeurs dépend de nombre de bennes. Il y a plus de 200 véhicules qui ont adhéré à l’Association des camions-bennes mais beaucoup sont en panne. Les conducteurs de camions-bennes gagnent entre 500 à 2.250 Fcfa par voyage. « Nous sommes confrontés à un manque de carrière parce que les autorités communales nous font déguerpir, souvent », se plaint Doula. Selon Ibrahim Abdramane, président de l’Association des propriétaires de camions-bennes, qui signale exercer ce métier, depuis 1985, c’est en 2018 que le groupement des propriétaires de camions-bennes a été officiellement créé. Plus de deux cent propriétaires de camions-bennes en sont membres. « Chaque membre possède une carte qui coûte 2.000 Fcfa et est renouvelable chaque année », nous apprend Ibrahim Abdramane. « Le prix officiel d’un chargement de sable destiné au mortier coûte 30 000 Fcfa et le banco 16 000 Fcfa mais la location, par jour, du même camion-benne s’élève à 60 000 Fcfa si le carburant est à la charge du client’, explique le président des propriétaires de camions-bennes. « L’association joue un rôle très important, non seulement, pour les propriétaires de bennes, les chauffeurs mais, aussi, pour l’association des «Kel-Pélou» parce qu’en cas d’accident grave ou mortel causé par un chauffeur, c’est l’association qui répare les dommages. Elle vient, aussi, en aide à la famille du chauffeur », poursuit Ibrahim Abdramane. « Souvent, elle gère, aussi, certaines situations sociales des propriétaires de bennes et même de leurs chauffeurs », ajoute le président du groupement. Il cite, également, de bonnes initiatives de l’association dans la Commune urbaine de Gao (ramassage des ordures dans le quartier château, remblayage d’espaces publics et de cimetières envahis par les eaux stagnantes…) Le bureau régional de l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (ANPEJ) contracte avec le groupement qui en espère autant avec la ville de Gao. « Dans les conditions normales, la mairie peut nous confier le ramassage des ordures et le curage des caniveaux de la Commune urbaine de Gao », suggère Ibrahim Abdramane. Il plaide pour un soutien des autorités régionales et nationales à leur groupement qui est une jeune association. Le sable est une matière solide granulaire constituée de petites particules provenant de la dégradation de matériaux d’origine minérale essentiellement des roches. Cette matière est, quotidiennement, utilisée comme matériau dans la construction des bâtiments et d’autres infrastructures. Le sol des régions dans le Nord du Mali et, en particulier, de la Région de Gao, est constitué de sable. Gao est considéré comme le port du sable.
Mali : Le deuxième pont de Kayes (Ouest) ouvert à la circulation
Envoyés spéciaux Cheick M. TRAORE Habib KOUYATE Kayes, 27 fév (AMAP) Le Premier ministre, Moctar Ouane, a inauguré, samedi, le deuxième pont de Kayes et a ouvert, ainsi, à la circulation l’infrastructure et ses voies d’accès, en coupant le ruban symbolique, en présence de plusieurs membres du gouvernement dont le ministre en charge des transports, Makan Fily Dabo. D’un coût global de 58 milliards de Fcfa toutes taxes comprises, l’infrastructure a été entièrement financée sur le budget national. Il va contribuer au désenclavement intérieur et extérieur de la capitale de la première région administrative du Mali et ses environs, tout en améliorant la fluidité du trafic. Le premier pont, seul en service jusqu’ici, a été construit en 1997 et mis en service en 1999. « Il a enregistré 80% du trafic poids lourds soit 1.000 camions par jour, depuis le basculement sur ce corridor à la faveur de la crise ivoirienne », a expliqué le ministre Makan Fily Dabo. Le nouveau pont était une demande forte de la jeunesse de Kayes. Elle avait, lors de sa marche dite citoyenne, organisée en 2016, interpelé le président de la République d’alors à cet effet. Ibrahim Boubacar Keïta avait, comme réponse, promis la réalisation, devenue aujourd’hui une réalité. La concrétisation de cette aspiration profonde des Maliens déterminés à vaincre l’adversité, marque ainsi la consolidation de «l’encrage de la ville de Kayes dans un développement irréversible », a déclaré le Premier ministre dans son discours d’inauguration. « Car, a insisté Moctar Ouane, ce second pont est le prolongement de la route qui relie Kayes au reste du pays, en renforçant sa contribution au développement économique et social de notre pays ». Il constitue, à cet effet «un vecteur puissant de communication et de désenclavement», s’est réjoui le chef du gouvernement. Assurant que le gouvernement va continuer de porter une attention particulière au développement du pays, M. Ouane a annoncé le démarrage de projets similaires dans les jours à venir. Et comme pour joindre l’acte à la parole, le Premier ministre a engagé le ministre Makan Fily Dabo a initier les démarches nécessaires pour lever toutes les entraves à la relance du chemin de fer. Une doléance forte et chère aux Kayésiens qui a été rappelée dans toutes les interventions. Juste après la coupure du ruban symbolique, le chef du gouvernement a rallié l’autre rive, à Daigalé (Kayes N’Di) où l’attendait une foule nombreuse venue témoigner son soutien et sa solidarité au gouvernement. CMT/MD (AMAP)
Deuxième pont de Kayes : Le rêve devient réalité
Par Bandé Moussa SISSOKO Kayes, 27 fév (AMAP) Le nouveau pont de Kayes, qui sera inauguré ce samedi 27 février 2021, par le Premier Ministre Moctar Ouane, est un joyau qui donne un nouveau visage à la Cité des rails. Le financement des travaux de construction du 2è pont sur le fleuve Sénégal et ses routes d’accès a été entièrement pris en charge par le budget national pour un coût global de 58.156.143.751 Fcfa. S’étendant sur une longueur de 541,30 mètres et une largueur de 26 mètres, ce nouveau pont est situé à Kamankolé, Commune de Hawa Dembaya. Le site de cet ouvrage avait été officiellement remis aux entreprises chargées respectivement des travaux de construction de l’ouvrage et de ses voies d’accès, le 19 janvier 2017. Le pont mixte acier-béton repose sur une fondation de 68 pieux forés de 10 à 20 mètres de profondeur. Il dispose d’une chaussée de 2X7,00 mètres de large, des pistes cyclables larges de 2X2,00 mètres et des trottoirs de 2X1,50 mètre de large. La construction de ces infrastructures s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des actions prioritaires du plan d’actions 2015-2019 de la Politique nationale des transports, des infrastructures de transport et du désenclavement (PNTITD), adoptée par le Conseil des ministres du 28 octobre 2015. La réalisation du projet se justifie essentiellement par la nécessité de trouver une alternative durable à l’ancien pont de la ville qui, de par sa conception et son âge, ne répond plus aux sollicitations du trafic actuel sur le corridor Bamako-Dakar par le nord. Elle constitue également une réponse aux attentes des populations de la Région de Kayes. Cet ouvrage contribuera à l’atteinte des objectifs fixés dans le Cadre stratégique pour la relance économique et du développement durable (CREDD) 2019-2023 au niveau de l’axe stratégique n°3 «Croissance inclusive et transformation structurelle de l’économie». Qui vise spécifiquement à développer et améliorer l’efficacité des infrastructures de transport. L’objectif global du projet est de contribuer au désenclavement intérieur et extérieur de notre pays et de booster la croissance économique. Ainsi, le pont permettra d’assurer la continuité du trafic sur le corridor Bamako-Dakar par le nord ; de décongestionner le trafic à l’intérieur de la ville et de réduire le délai de parcours au niveau de la traversée de ladite ville. Il contribuera aussi à l’amélioration de la sécurité routière et au confort des usagers et du cadre de vie des populations. Ce pont, qui fait la fierté des populations de Kayes, va également favoriser le développement de la recherche et l’extraction des ressources minières dans la région, l’exécution des travaux d’assainissement urbain de la ville de Kayes et la création des activités pérennes génératrices d’emplois. Ces œuvres permettent à la Cité des rails, ancienne capitale du Soudan français, de retrouver sa coquetterie d’antan. L’éclairage public du pont, outre l’embellissement de la ville de Kayes, permet d’assurer la sécurité des usagers de la route et des riverains. La réalisation du pont a permis la réalisation des ouvrages de protection des berges sur les deux rives avec des matériaux locaux afin de lutter contre l’érosion régressive au droit du pont. On note, aussi, la construction de trois exutoires sur la voie n°3 pour diriger les eaux de pluies vers le fleuve Sénégal, une manière pour les initiateurs du projet de contribuer à l’assainissement du quartier de Kayes N’Di situé sur la rive droite du pont et à l’aménagement de la rivière Kamankolé sur 700 mètres qui a sauvé de nombreuses habitations contre l’érosion régressive. Les populations de Kayes sont fières de ce pont qui n’a rien à envier à ceux de Bamako. Même s’il ne débouche pas sur des échangeurs. Certains pensent qu’avec ces infrastructures, il y aura moins d’accident de circulation et l’espoir est permis pour une sécurisation de la ville. «Le rêve est devenu une réalité aujourd’hui. Nous devons montrer notre joie, notre reconnaissance aux autorités. Que l’évènement soit marqué dans l’histoire. Soyons unis pour que cet évènement soit à la hauteur des attentes», avait déclaré le gouverneur de la Région de Kayes, le colonel Moussa Soumaré lors d’une rencontre avec les chefs de services régionaux et les forces vives de Kayes. Le directeur régional des routes, Moustapha Sissoko, et ses agents ne se ménagent pas pour faire de la fête une réussite. Idem pour la mairie, dont les agents nettoient régulièrement les grandes rues de la ville. Les agents d’Énergie du Mali (EDM) s’activent, également, pour réparer les ampoules sur le premier pont, situé à côté de la chaussée submersible. Au-delà de son caractère festif, la mise en service de ce pont et de ses voies d’accès suscite des inquiétudes, notamment chez les transporteurs et chauffeurs. En effet, ces derniers se plaignent de l’étroitesse des quatre carrefours, dont trois sont situés sur la rive droite du fleuve. Les usagers sont exposés à des risques d’accidents et à des chutes de véhicules. Et, la voie réservée aux gros porteurs mérite un entretien permanent car, elle est souvent salie par des déchets d’animaux. Dans la note technique, le ministre des Transports et des Infrastructures invite les usagers de la route au respect strict du code de la route et du règlement 14/2005/CM/UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) relatif à l’harmonisation des normes et des procédures du contrôle du gabarit, du poids et de la surcharge à l’essieu des véhicules poids lourds de transport de marchandises dans les États de la communautaire BMS (AMAP)
Pratiques coloniales : l’Office du Niger, une longue histoire d’argent public
Par Dr Ibrahim MAIGA Bamako 27 fév (AMAP) L’entreprise, constituée sur la base de capitaux civils, a été, d’un bout à l’autre, en réalité un service militaire affublé d’une énorme bureaucratie parasitaire. La non prise en compte du facteur humain explique en partie les déboires de ce géant de notre système agricole. Est-on seulement sûr que les décideurs actuels ont tiré profit des leçons d’hier ? Pourtant, différentes et successives études ont très rapidement mis le doigt sur les graves insuffisances d’une entreprise qui ne va jamais pouvoir se passer de l’argent public : le budget de l’Afrique occidentale française, les fonds publics métropolitains, le budget du Soudan, les réparations allemandes et l’aide du plan Marshal. à l’indépendance, l’état malien va aussi y injecter des ressources. Dans ce financement, il ne faut jamais oublier la part inestimable du travail forcé imposé aux populations locales. Vittorio Morabito a posé le diagnostic très précis de ce gouffre financier. Dans « L’Office du Niger au Mali, d’hier à aujourd’hui », paru dans le « Journal des africanistes », (1977, pp. 53-82) il écrit que « … pour comprendre l’Office du Niger, il faut le considérer comme la dernière création bureaucratique de l’administration dans la catégorie des compagnies de concessions territoriales pour l’exploitation économique des colonies. Ce côté public explique les pressions politiques et les renseignements, filtrés, qu’on trouve dans les cinq cents publications sur l’Office. » Alors, pourquoi soutenir à bout de bras, une création moribonde devenue monstrueuse ? Contre tous les critères de rationalité, l’état français a, jusqu’en 1960, malgré tout, toujours gardé un œil condescendant sur cette structure. Les évaluateurs ont constamment attiré l’attention sur la gestion de l’Office. En 1975, Morabito a mis le doigt sur l’existence de deux comptabilités, une commerciale et une administrative. «Nonobstant les conseils de six commissions comptables spéciales en trente ans (1937, 1948, 1955, 1964, 1969, 1974), elle n’a pas bien démarré et également ne réussit pas à donner une vision des situations financières complexes des activités de l’Office», a-t-il observé. Il est encore plus incisif quand il soutient que « …depuis 1964, l’Office fonctionne sans bilan, ce qui conduit certains à dire qu’il est géré comme une « boutique libanaise »… de 2 milliards de francs de chiffre d’affaires par an [8 : 84]. (L’Office du Niger, d’hier à aujourd’hui). Vincent Joly (Schreyger (Emil) : L’Office du Niger au Mali. 1932 à 1982. La problématique d’une grande entreprise agricole dans la zone du Sahel, Année 1988) rapporte d’après Robequain (Problèmes de l’économie rurale en A.O.F. », Annales de Géographie, 1937, p. 159) que Bélime lui-même demandait un pas de temps de 50 ans pour juger de son entreprise. Le constat est la grande disproportion entre les efforts consentis et les résultats obtenus. Et, Joly ajoute : « …. quels que soient les temps et les régimes, les mêmes problèmes persistent, entre autres : le statut foncier des colons, leur endettement, leur accès au marché, la lourdeur de la bureaucratie, etc ». Quelques chiffres tirés du rapport de Amselle (1985) renseignent sur l’ampleur du trou béant. Les effectifs pléthoriques font partie du tableau. En 1955, l’Office comptait un total de 7 000 employés ; ce qui équivalait au ratio d’un employé pour quatre colons. Cette tendance ne va pas s’inverser. En 1984, l’entreprise comptait 4 000 employés fixes et 5 000 saisonniers pour 5 500 colons. En 1942, soit dix ans après son démarrage, l’entreprise n’avait pu emblaver que 5 000 hectares de coton, exploités par 6 000 paysans. En 1943, il a été produit 2 000 tonnes de coton et 10 000 tonnes de riz. De 1936 à 1960, les rendements ont oscillé entre 1,3 tonne et 1,9 tonne à l’hectare, toujours d’après l’évaluation de Amselle. Ce n’est donc pas une surprise, si en 1955, l’état français a réduit de moitié les subventions allouées. Un an après, l’Office connaissait ses premières initiatives de réajustement. En 1959, les pertes ont été maîtrisées mais non les dettes, les avances et les découverts bancaires. Résultats médiocres, gestion opaque – Plusieurs facteurs expliquent ces résultats médiocres. Paul Viguier, l’un des six Directeurs Généraux, a essayé de comprendre cette problématique. En plus de sa casquette d’administrateur, Viguier était surtout un Ingénieur d’une grande capacité. Dans « Situation des terres irriguées de l’Office du Niger », un article paru dans le «Journal d’agriculture traditionnelle et de botanique appliquée » (1947). Il constate, pour ce qui est de l’exploitation des terres aménagées que « les résultats obtenus jusqu’ici n’ont pas atteint le niveau que l’on était en droit d’espérer ». « Alors qu’il est techniquement prouvé que les rendements peuvent atteindre pour le cotonnier facilement 10 quintaux de coton-graine et pour le riz 20 quintaux de paddy à l’hectare les moyennes obtenues dans l’ensemble des centres de colonisation ne s’élèvent qu’à 6 à 7 quintaux pour le coton et 14 à 16 quintaux pour le paddy », rien de consistant n’a pu être fait. Ces résultats sont juste supérieurs à ce que les populations locales obtenaient sur leurs parcelles. En réalité, a compris Viguier, c’est la défaillance de « l’élément humain » qui est en cause. Les concepteurs, dans leur optimisme avaient parié sur les « facultés d’adaptation du paysan noir aux techniques nouvelles. ». Ce qui n’a pas été le cas, car « on ne passe pas ainsi brusquement d’une agriculture traditionnelle largement extensive à des méthodes d’agriculture intensive. » « En réalité, retient-il, le colon installé sur les terres irriguées conserve instinctivement ses conceptions agricoles primitives et ne se plie que difficilement aux méthodes d’agriculture rationnelle ». Cependant, tempère Viguier, les paysans ne sont pas seuls responsables de cet échec. Ils n’ont pas reçu les moyens nécessaires à l’exercice d’une « agriculture rationnelle ». Le colon indigène, fait-il constater, n’était pas outillé pour résoudre des problèmes réels comme la « préparation correcte du sol en temps voulu pour effectuer les semis à la date convenable ; le maintien de la fertilité du sol ; la production vivrière suffisante,
Le Japon octroie 6,5 milliards de Fcfa au Mali
Bamako, 24 fév (AMAP) Le Mali et le Japon ont signé, mercredi, deux échanges de notes relatifs au financement de deux programmes de coopération économique non-remboursable en faveur de notre pays La cérémonie de signature a eu lieu au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale entre le ministre Zeïni Moulaye et l’ambassadeur du Japon au Mali, Daisuke Kuroki. Les deux échanges de notes concernent le Programme de développement économique et social visant la Covid-19 d’environ 1,5 milliard de Fcfa et le Projet d’amélioration des équipements pour les établissements de formation technique et professionnelle à Bamako à hauteur de 5 milliards de Fcfa. Selon l’ambassadeur du Japon au Mali, son pays a rapidement préparé ce Programme de développement économique et social visant la Covid-19. Il va permettre de fournir des équipements médicaux pour la plupart fabriqués au Japon. Cet appui va servir, non seulement, à renforcer les capacités opérationnelles des établissements sanitaires récipiendaires, mais, aussi, à les doter d’équipements médicaux. Auparavant, a rappelé Daisuke Kuroki, le Japon avait autorisé, le 4 mai dernier, le financement d’une requête de soutien au Mali dans la lutte contre l’expansion de la maladie à Coronavirus sur le fonds de contrepartie de l’assistance alimentaire japonaise. Il s’agit d’«un don non-remboursable pour un montant total de 1,17 milliard de Fcfa, afin d’assister les mesures prises par le ministère de la Santé et des Affaires sociales d’alors», a-t-il révélé. Le second projet, portant sur l’Amélioration des équipements des établissements de formation technique et professionnelle dans le district de Bamako, vise à doter d’équipements, de dernière génération, l’Ecole centrale pour l’industrie, le commerce et l’administration (ECICA), le Lycée technique de Bamako, le Centre de formation professionnelle Soumaoro Kanté (CFP/SK) et l’Institut de formation professionnelle Sonni Ali Ber (IFP-SAB). Selon le diplomate nippon, son pays « a été, reste et demeurera aux côtés du gouvernement et du peuple maliens dans leurs efforts déployés, y compris ceux en vue de l’accomplissement du processus de la Transition ». Pour le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, la fréquence des retrouvailles, les audiences et cérémonies de signature de notes entre les deux pays sont une preuve du dynamisme de leurs relations. Dans les circonstances actuelles de crise multidimensionnelle, le ministre Zeïni Moulaye a souhaité la mise en œuvre de tous les leviers de la coopération existant entre les deux pays. Il s’agit, notamment, des micro-projets en direction des collectivités locales, de donner du sens à leurs relations, en favorisant les projets et programmes à impact direct et indirect sur les populations dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’eau et de l’assainissement. OD/MD (AMAP)
Le Mali obtient un décaissement immédiat du FMI de 31, 09 milliards de Fcfa (Communiqué)
Bamako, 23 fév (AMAP) Le Mali a obtenu, lundi, un accord pour le décaissement de 57,6 millions de dollars US, soit environ 31,09 milliards de Fcfa, du Fonds monétaire international (FMI) afin de soutenir son programme de réforme économique, annonce un communiqué du ministère de l’Economie et des Finances. Cet accord est intervenu, à Washington, aux Etats-Unis, à l’issue du Conseil d’Administration du FMI dont les membres ont salué les réformes mises en œuvre par le gouvernement malien, “orientées vers la lutte contre la crise sanitaire du Covid-19 et ses conséquences sur le plan économique et social, la réduction des dépenses non prioritaires, la stabilité macroéconomique à court terme et la viabilité budgétaire à moyen terme ainsi que les mesures favorables à la croissance et à la lutte contre la pauvreté”, ajoute le communiqué Le renforcement de la mobilisation des recettes internes à travers les téléprocédures (télédéclaration et télépaiement), la poursuite de la mise en œuvre du Compte unique du Trésor, l’aide aux ménages pauvres et vulnérables, conformément au Plan d’action du gouvernement (PAG) adopté par le Conseil national de transition (CNT) sont, entre autres, des réformes qui ont retenu l’attention des administrateurs du FMI. Ce financement arrive au terme de la conclusion des 2ème et 3ème revues du programme économique et financier avec le FMI soutenu par une Facilité élargie de crédit (FEC) approuvé par le Conseil d’administration du FMI, le 28 août 2019. “Il permettra de soutenir les efforts du gouvernement pour faire face aux besoins de financement du pays, de soutenir les dépenses sociales et la relance économique post-pandémique”, indique le communiqué. Cette approbation pourrait décider d’autres partenaires techniques et financiers pour le décaissement de leur appui budgétaire, estime-t-on côté malien. MD (AMAP)
Mine d’or de Sadiola : Visite du ministre malien des Mines et son homologue d’Ethiopie
Envoyé spécial Babba B. COULIBALY Bamako, 22 fév (AMAP) «Le nombre d’expatriés dans l’organigramme de la direction générale tourne au tour de 30 à 35%. Ce chiffre me semble élevé. Nous n’accepterons pas que des mines en exploitation, depuis une trentaine d’années, continuent d’employer un nombre élevé de personnel non malien », a dit le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, qui souhaite que la mine recrute plus de travailleurs nationaux. M. Traoré intervenait, mardi, à la Société d’exploitation des mines d’Or de Sadiola (Semos S.A) où il a accompagné la ministre d’Etat, ministre des Mines et du Pétrole d’Ethiopie, Mme Semegne Wube, venue visiter cette mine reprise en décembre 2020 par la société «Allied Gold» qui opère également en Ethiopie. « J’ose espérer que c’est juste en tant que nouveau repreneur que ces gens sont envoyés pour s’assurer que les travailleurs locaux, qui étaient là dans le temps, ont une maitrise parfaite de la situation. Si ce n’est pas le cas, en tant qu’actionnaire (l’Etat est propriétaire de 20% des actions), nous verrons avec eux comment mettre en place un pacte d’actionnaires qui régule tout cela», a déclaré le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau. Le ministre Traoré a apprécié l’état de mise en œuvre des innovations induites par le Code minier de 2019 et s’est imprégnédu rythme d’implantation du nouvel acquéreur de la mine de Sadiola. Situé à 80 km de Kayes, la mine de Sadiola opère à ciel ouvert. La première étape de la visite a concerné la carrière principale. Elle contient 4 millions de m3 d’eau de pluie et souterraine. Leur pompage pourrait durer deux ans. La partie la plus profonde mesure 270 m en dessous du niveau zéro de la mer. Elle sera exploitée durant 12 ans pour atteindre une profondeur de 500 m depuis la surface de la terre. Selon Amadou Diarra, géologue à la mine de Sadiola qui guidait la visite, cette mine était en abandon depuis plus de 10 ans. Les raisons de cet arrêt étaient d’ordre économique et technique. «Les minerais à exploiter contiennent du sulfuré dont l’exploitation demande une technique spécifique de traitement. « La carrière sera rouverte, creusée, excavée pour accéder à l’or. Les études d’exploration réalisées ont montré qu’elle contient près 4 millions d’onces d’or. Pour atteindre le minerai, un autre projet a été mis en place. Il est en train de voir le jour», a expliqué le géologue. En attendant, les efforts étaient concentrés sur le traitement du minerai oxydé, «très facile à traiter et moins couteux en termes d’investissement», a précisé le spécialiste. «Nous avons maintenant atteint le sulfuré. Son traitement exige des techniques appropriées inexistantes à l’usine de Sadiola. Il fallait faire un autre projet pour construire une nouvelle usine pour pouvoir exploiter le minerai et l’acheminer à l’usine», a détaillé le géologue, interrogé sur le site. Ce préalable réalisé, la production reprendra. Car il était nécessaire de reprendre l’activité minière, a confirmé le directeur général de la Société d’exploitation de Semos-SA. André Straydom a rêvélé qu’il est prévu la production de 130.000 onces (environ 3,7 tonnes d’or) au titre de 2021. «Avec la construction de la nouvelle usine de traitement des minerais sulfurés, il est possible de produire plus de 300.000 onces (plus 8,5 tonnes d’or) par an», a ajouté l’administrateur général. La ministre d’Etat, ministre des Mines et du Pétrole de l’Ethiopie a dévoilé ses attentes au terme de ce périple. «Il n’y a pas de mines industrielles en Ethiopie. La production est artisanale. En plus du partage d’expériences, cette visite a consisté à faire en sorte qu’Allied Gold, qui est en phase d’exploration en Ethiopie, puisse arriver à construire une mine industrielle profitable à notre pays», a expliqué Mme Semegne Wube. La seconde phase de la visite a conduit la délégation ministérielle à l’usine de traitement des minerais où les hôtes ont visité la salle de contrôle. Avant de regagner Bamako, la mission a rendu une visite de courtoisie aux autorités traditionnelles de Sadiola. BBC/MD (AMAP)
Pratiques coloniales : Les affres du travail forcé à l’Office du Niger
Par Dr Ibrahim MAÏGA Bamako, 12 fév (AMAP) Dans l’accumulation du capital qui a servi à la mise en valeur de l’Office du Niger, le « prix » de la force du travail des populations locales n’a jamais été évalué. Ici, comme ailleurs, la richesse s’est bâtie sur le sang et la sueur d’abord, et la vie des Africains, ensuite. Il importe de faire connaître l’histoire de l’Office du Niger. L’ingénieur Bélime avait tout conçu. Son idée avait une double détente. La première portait sur la culture du coton, pour les besoins de la métropole. La deuxième portait sur la riziculture, pour que les Noirs n’aient plus faim. Sur ses propositions techniques et celles de plusieurs autres experts, le coût, pour l’ensemble des aménagements (le pont-barrage de Markala, les canaux d’irrigation, les digues, les casiers…) a été estimé à 262 millions de francs. Ce chiffre représentait, pour l’époque, une somme colossale qui va être mobilisée par l’état français par le bief d’une loi d’emprunt votée en février 1931. Par un jeu subtil, l’Office du Niger passera dans les livres des grands investissements de l’état en tant que projet du Programme d’investissement des colonies. Bélime et ses soutiens vont alors faire vite. En 1932, l’Office du Niger voit sa création « régularisée » en tant que fait accompli. CONSECRATION DE L’ARBITRAIRE – Dans les faits, la mobilisation de la main d’œuvre locale sera une œuvre d’une grande brutalité, sous l’œil des commis et des sergents recruteurs. Dans son livre monumental, « Papa-Commandant a jeté un grand filet devant nous. L’Office du Niger 1902-1962 » (Maspéro, 1978), Amidou Magassa a rendu compte de cette inhumanité. Magassa a fait le terrain. Il a eu le mérite de faire parler les derniers témoins de l’installation de l’Office du Niger. à ce titre, il reste une source unique de documentation sur le travail forcé, ce travail qui était accompli en dehors de tout consentement du travailleur. Tant que c’était sous les tropiques, l’opinion publique française ne s’en offusquait pas beaucoup. Elle découvre la réalité quand les nazis ont implémenté le même système dans l’Hexagone, sous l’étiquette du Service du Travail Obligatoire, le « STO ». Cheibane Coulibaly consacrera également une grande partie de son travail de recherche à l’analyse des politiques à l’Office du Niger en mettant le doigt sur les pesanteurs et les inadéquations qui ont fait de l’Office du Niger une officine de mythes. Pour l’implantation du barrage de Markala, les administrateurs coloniaux vont faire comme si les ouvriers à mobiliser étaient des soldats. Dans les faits, ils l’étaient. Le phénomène est suffisamment documenté dans la littérature écrite et orale. Les hommes valides, après avoir été mis en file indienne, étaient classés en deux catégories, « deux portions du contingent », pour être plus précis. Dans la première portion, se retrouvaient tous ceux qui pouvaient porter les armes. Ils seront des « tirailleurs ». Dans la deuxième portion, se trouvaient les hommes de faible condition ou de faible constitution physique. Elle sera la main d’œuvre sur tous les grands chantiers coloniaux comme les routes, les ports, les chemins de fer, les lignes téléphoniques, les ponts, les bâtiments… Un de nos grands-pères, décédé dans les années 80, n’a retenu, au terme de son séjour à Markala, rien d’autre de la langue bambara que « I Biri », « courbe-toi » ou « baisse-toi » sous les coups de cravache, au départ et à l’arrivée d’une prestation. Dans « La migration vers les pays de la Côte » (école Nationale de la FOM, 72p, 1956-1957), Yemdaogo Dominique Kaboré, donne une description de la conscription en ces termes : « Les contingents de manœuvres étaient fixés chaque année pour chaque cercle qui assurait la répartition par provinces, cantons et villages », indique-t-il. Il ajoute que « l’organisation sociale du village, la soumission de ses habitants aux chefs traditionnels, la densité relative de la population, étaient des facteurs favorables à la levée des hommes que l’on envoyait par milliers cheminant à pied ou entassés dans des camions en direction du sud », ferait le reste. L’Office du Niger entrait dans cette expression des besoins à satisfaire. SELON LA QUALIFICATION – Mais il ne s’agit pas d’une mobilisation à la belle étoile. L’alliance entre le capital financier et le pouvoir politique fut d’un tel cynisme que pour simplifier les procédures et avoir la main facile sur la marchandise, la colonie de la Haute Volta a tout simplement été rattachée au Soudan en 1932 ! Ce n’était qu’une des facettes de la déstructuration de cette colonie, tantôt reliée au Soudan, tantôt au Niger et tantôt à la Côte d’Ivoire. Dans les « Actes du troisième congrès international des historiens africains », tenu à Bamako, en 2001, Samuel Salo, de l’Université de Ouagadougou, pense que les colonisateurs étaient informés sur les capacités intellectuelles et le savoir des hommes. Dans sa communication intitulée « Les Voltaïques sur les chantiers coloniaux (1895-1960) », il soutient que le colonisateur a procédé par un tri rigoureux. Il écrit : « ….ainsi, les Mossis du Yatenga avaient été sélectionnés pour leur génie d’agriculteurs. C’est en qualité d’experts qu’ils étaient, obligatoirement certes, transportés sur les chantiers de l’Office du Niger. » Il dira que c’était le même cas pour les Minianka et les dogons du Soudan. Cette explication dans la mobilisation des hommes est un angle sur lequel il faut encore travailler. Il trouve déjà une justification dans la prise en compte de la dimension du « savoir local » des populations autochtones, des populations qui, contrairement à la pensée des premiers colons, ont leur maîtrise et leur technicité. C’est bien, un point sur lequel insiste Pierre Viguier, le quatrième des six directeurs généraux français de l’Office du Niger. Il s’est particulièrement intéressé aux connaissances en pédologie des bambaras. (1947). Auguste Chevalier (agronome et botaniste) revient sur le même sujet et met en lumière tout « le trésor de savoir à découvrir lorsqu’il conseille à l’encadrement d’aller à l’école du paysan (1900, 1911, 1921). » « C’est donc
Coopération Mali-Chine : 4,5 milliards de fcfa pour financer des projets
Bamako, 10 fév (AMAP) Le gouvernement chinois s’engage à mettre à la disposition du Mali, à titre de don, un montant de 4,5 milliards de Fcfa destiné à financer des projets qui seront déterminés ultérieurement par les deux parties. L’accord de coopération économique et technique a été signé, mardi, au ministère malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Zeïni Moulaye, et l’ambassadeur de la République populaire de Chine au Mali, Zhu Liying. La signature de cet accord de coopération économique et technique est la mise en œuvre des huit initiatives du dernier sommet du Forum de coopération sino-africain (Focac), tenu à Beijing les 3 et 4 septembre 2018. Selon le diplomate chinois, l’utilisation de ce montant sera définie, de commun accord, par les parties, de telle sorte qu’il soit bénéfique au développement économique et social du Mali et au renforcement de la capacité de ses institutions. Pour Zhu Liying, c’est un nouveau fruit de l’amitié et de la coopération sincères entre les deux grands pays. L’ambassadeur chinois a, par ailleurs, rassuré que son pays se tiendra toujours aux côtés du Mali. « À tout moment et en toutes circonstances, nous nous prêtons compréhension et soutien mutuels sur tous les dossiers fondamentaux : la sauvegarde de l’unité nationale, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, le maintien de la paix et de la stabilité et le renforcement du développement économique et social », a détaillé Zhu Liying. De son côté, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a déclaré que le peuple et le gouvernement maliens sont heureux d’avoir un partenaire constant et soucieux du développement socioéconomique du Mali. « La signature de cet accord de don, a-t-il indiqué, magnifie les excellentes relations de coopération entre la République du Mali et celle populaire de Chine ». Le chef de la diplomatie malienne est persuadé que cet accord ouvrira davantage la voie à d’autres. « Il vient à point nommé et intervient à un moment de crise et de baisse des revenus de l’État dans un contexte marqué par la maladie à coronavirus », a expliqué Zéïni Moulaye, avant d’assurer que le gouvernement veillera à une utilisation rationnelle de cette importante enveloppe. Le ministre Zéïni Moulaye a remercié le gouvernement chinois pour ses nombreux appuis en faveur du Mali, notamment dans le cadre de la lutte contre la pandémie de la Covid-19 mais, aussi, son apport à la stabilisation du pays. OD/MD (AMAP)

