Mine d’or de Sadiola : Visite du ministre malien des Mines et son homologue d’Ethiopie
Envoyé spécial Babba B. COULIBALY Bamako, 22 fév (AMAP) «Le nombre d’expatriés dans l’organigramme de la direction générale tourne au tour de 30 à 35%. Ce chiffre me semble élevé. Nous n’accepterons pas que des mines en exploitation, depuis une trentaine d’années, continuent d’employer un nombre élevé de personnel non malien », a dit le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, qui souhaite que la mine recrute plus de travailleurs nationaux. M. Traoré intervenait, mardi, à la Société d’exploitation des mines d’Or de Sadiola (Semos S.A) où il a accompagné la ministre d’Etat, ministre des Mines et du Pétrole d’Ethiopie, Mme Semegne Wube, venue visiter cette mine reprise en décembre 2020 par la société «Allied Gold» qui opère également en Ethiopie. « J’ose espérer que c’est juste en tant que nouveau repreneur que ces gens sont envoyés pour s’assurer que les travailleurs locaux, qui étaient là dans le temps, ont une maitrise parfaite de la situation. Si ce n’est pas le cas, en tant qu’actionnaire (l’Etat est propriétaire de 20% des actions), nous verrons avec eux comment mettre en place un pacte d’actionnaires qui régule tout cela», a déclaré le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau. Le ministre Traoré a apprécié l’état de mise en œuvre des innovations induites par le Code minier de 2019 et s’est imprégnédu rythme d’implantation du nouvel acquéreur de la mine de Sadiola. Situé à 80 km de Kayes, la mine de Sadiola opère à ciel ouvert. La première étape de la visite a concerné la carrière principale. Elle contient 4 millions de m3 d’eau de pluie et souterraine. Leur pompage pourrait durer deux ans. La partie la plus profonde mesure 270 m en dessous du niveau zéro de la mer. Elle sera exploitée durant 12 ans pour atteindre une profondeur de 500 m depuis la surface de la terre. Selon Amadou Diarra, géologue à la mine de Sadiola qui guidait la visite, cette mine était en abandon depuis plus de 10 ans. Les raisons de cet arrêt étaient d’ordre économique et technique. «Les minerais à exploiter contiennent du sulfuré dont l’exploitation demande une technique spécifique de traitement. « La carrière sera rouverte, creusée, excavée pour accéder à l’or. Les études d’exploration réalisées ont montré qu’elle contient près 4 millions d’onces d’or. Pour atteindre le minerai, un autre projet a été mis en place. Il est en train de voir le jour», a expliqué le géologue. En attendant, les efforts étaient concentrés sur le traitement du minerai oxydé, «très facile à traiter et moins couteux en termes d’investissement», a précisé le spécialiste. «Nous avons maintenant atteint le sulfuré. Son traitement exige des techniques appropriées inexistantes à l’usine de Sadiola. Il fallait faire un autre projet pour construire une nouvelle usine pour pouvoir exploiter le minerai et l’acheminer à l’usine», a détaillé le géologue, interrogé sur le site. Ce préalable réalisé, la production reprendra. Car il était nécessaire de reprendre l’activité minière, a confirmé le directeur général de la Société d’exploitation de Semos-SA. André Straydom a rêvélé qu’il est prévu la production de 130.000 onces (environ 3,7 tonnes d’or) au titre de 2021. «Avec la construction de la nouvelle usine de traitement des minerais sulfurés, il est possible de produire plus de 300.000 onces (plus 8,5 tonnes d’or) par an», a ajouté l’administrateur général. La ministre d’Etat, ministre des Mines et du Pétrole de l’Ethiopie a dévoilé ses attentes au terme de ce périple. «Il n’y a pas de mines industrielles en Ethiopie. La production est artisanale. En plus du partage d’expériences, cette visite a consisté à faire en sorte qu’Allied Gold, qui est en phase d’exploration en Ethiopie, puisse arriver à construire une mine industrielle profitable à notre pays», a expliqué Mme Semegne Wube. La seconde phase de la visite a conduit la délégation ministérielle à l’usine de traitement des minerais où les hôtes ont visité la salle de contrôle. Avant de regagner Bamako, la mission a rendu une visite de courtoisie aux autorités traditionnelles de Sadiola. BBC/MD (AMAP)
Pratiques coloniales : Les affres du travail forcé à l’Office du Niger
Par Dr Ibrahim MAÏGA Bamako, 12 fév (AMAP) Dans l’accumulation du capital qui a servi à la mise en valeur de l’Office du Niger, le « prix » de la force du travail des populations locales n’a jamais été évalué. Ici, comme ailleurs, la richesse s’est bâtie sur le sang et la sueur d’abord, et la vie des Africains, ensuite. Il importe de faire connaître l’histoire de l’Office du Niger. L’ingénieur Bélime avait tout conçu. Son idée avait une double détente. La première portait sur la culture du coton, pour les besoins de la métropole. La deuxième portait sur la riziculture, pour que les Noirs n’aient plus faim. Sur ses propositions techniques et celles de plusieurs autres experts, le coût, pour l’ensemble des aménagements (le pont-barrage de Markala, les canaux d’irrigation, les digues, les casiers…) a été estimé à 262 millions de francs. Ce chiffre représentait, pour l’époque, une somme colossale qui va être mobilisée par l’état français par le bief d’une loi d’emprunt votée en février 1931. Par un jeu subtil, l’Office du Niger passera dans les livres des grands investissements de l’état en tant que projet du Programme d’investissement des colonies. Bélime et ses soutiens vont alors faire vite. En 1932, l’Office du Niger voit sa création « régularisée » en tant que fait accompli. CONSECRATION DE L’ARBITRAIRE – Dans les faits, la mobilisation de la main d’œuvre locale sera une œuvre d’une grande brutalité, sous l’œil des commis et des sergents recruteurs. Dans son livre monumental, « Papa-Commandant a jeté un grand filet devant nous. L’Office du Niger 1902-1962 » (Maspéro, 1978), Amidou Magassa a rendu compte de cette inhumanité. Magassa a fait le terrain. Il a eu le mérite de faire parler les derniers témoins de l’installation de l’Office du Niger. à ce titre, il reste une source unique de documentation sur le travail forcé, ce travail qui était accompli en dehors de tout consentement du travailleur. Tant que c’était sous les tropiques, l’opinion publique française ne s’en offusquait pas beaucoup. Elle découvre la réalité quand les nazis ont implémenté le même système dans l’Hexagone, sous l’étiquette du Service du Travail Obligatoire, le « STO ». Cheibane Coulibaly consacrera également une grande partie de son travail de recherche à l’analyse des politiques à l’Office du Niger en mettant le doigt sur les pesanteurs et les inadéquations qui ont fait de l’Office du Niger une officine de mythes. Pour l’implantation du barrage de Markala, les administrateurs coloniaux vont faire comme si les ouvriers à mobiliser étaient des soldats. Dans les faits, ils l’étaient. Le phénomène est suffisamment documenté dans la littérature écrite et orale. Les hommes valides, après avoir été mis en file indienne, étaient classés en deux catégories, « deux portions du contingent », pour être plus précis. Dans la première portion, se retrouvaient tous ceux qui pouvaient porter les armes. Ils seront des « tirailleurs ». Dans la deuxième portion, se trouvaient les hommes de faible condition ou de faible constitution physique. Elle sera la main d’œuvre sur tous les grands chantiers coloniaux comme les routes, les ports, les chemins de fer, les lignes téléphoniques, les ponts, les bâtiments… Un de nos grands-pères, décédé dans les années 80, n’a retenu, au terme de son séjour à Markala, rien d’autre de la langue bambara que « I Biri », « courbe-toi » ou « baisse-toi » sous les coups de cravache, au départ et à l’arrivée d’une prestation. Dans « La migration vers les pays de la Côte » (école Nationale de la FOM, 72p, 1956-1957), Yemdaogo Dominique Kaboré, donne une description de la conscription en ces termes : « Les contingents de manœuvres étaient fixés chaque année pour chaque cercle qui assurait la répartition par provinces, cantons et villages », indique-t-il. Il ajoute que « l’organisation sociale du village, la soumission de ses habitants aux chefs traditionnels, la densité relative de la population, étaient des facteurs favorables à la levée des hommes que l’on envoyait par milliers cheminant à pied ou entassés dans des camions en direction du sud », ferait le reste. L’Office du Niger entrait dans cette expression des besoins à satisfaire. SELON LA QUALIFICATION – Mais il ne s’agit pas d’une mobilisation à la belle étoile. L’alliance entre le capital financier et le pouvoir politique fut d’un tel cynisme que pour simplifier les procédures et avoir la main facile sur la marchandise, la colonie de la Haute Volta a tout simplement été rattachée au Soudan en 1932 ! Ce n’était qu’une des facettes de la déstructuration de cette colonie, tantôt reliée au Soudan, tantôt au Niger et tantôt à la Côte d’Ivoire. Dans les « Actes du troisième congrès international des historiens africains », tenu à Bamako, en 2001, Samuel Salo, de l’Université de Ouagadougou, pense que les colonisateurs étaient informés sur les capacités intellectuelles et le savoir des hommes. Dans sa communication intitulée « Les Voltaïques sur les chantiers coloniaux (1895-1960) », il soutient que le colonisateur a procédé par un tri rigoureux. Il écrit : « ….ainsi, les Mossis du Yatenga avaient été sélectionnés pour leur génie d’agriculteurs. C’est en qualité d’experts qu’ils étaient, obligatoirement certes, transportés sur les chantiers de l’Office du Niger. » Il dira que c’était le même cas pour les Minianka et les dogons du Soudan. Cette explication dans la mobilisation des hommes est un angle sur lequel il faut encore travailler. Il trouve déjà une justification dans la prise en compte de la dimension du « savoir local » des populations autochtones, des populations qui, contrairement à la pensée des premiers colons, ont leur maîtrise et leur technicité. C’est bien, un point sur lequel insiste Pierre Viguier, le quatrième des six directeurs généraux français de l’Office du Niger. Il s’est particulièrement intéressé aux connaissances en pédologie des bambaras. (1947). Auguste Chevalier (agronome et botaniste) revient sur le même sujet et met en lumière tout « le trésor de savoir à découvrir lorsqu’il conseille à l’encadrement d’aller à l’école du paysan (1900, 1911, 1921). » « C’est donc
Coopération Mali-Chine : 4,5 milliards de fcfa pour financer des projets
Bamako, 10 fév (AMAP) Le gouvernement chinois s’engage à mettre à la disposition du Mali, à titre de don, un montant de 4,5 milliards de Fcfa destiné à financer des projets qui seront déterminés ultérieurement par les deux parties. L’accord de coopération économique et technique a été signé, mardi, au ministère malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Zeïni Moulaye, et l’ambassadeur de la République populaire de Chine au Mali, Zhu Liying. La signature de cet accord de coopération économique et technique est la mise en œuvre des huit initiatives du dernier sommet du Forum de coopération sino-africain (Focac), tenu à Beijing les 3 et 4 septembre 2018. Selon le diplomate chinois, l’utilisation de ce montant sera définie, de commun accord, par les parties, de telle sorte qu’il soit bénéfique au développement économique et social du Mali et au renforcement de la capacité de ses institutions. Pour Zhu Liying, c’est un nouveau fruit de l’amitié et de la coopération sincères entre les deux grands pays. L’ambassadeur chinois a, par ailleurs, rassuré que son pays se tiendra toujours aux côtés du Mali. « À tout moment et en toutes circonstances, nous nous prêtons compréhension et soutien mutuels sur tous les dossiers fondamentaux : la sauvegarde de l’unité nationale, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, le maintien de la paix et de la stabilité et le renforcement du développement économique et social », a détaillé Zhu Liying. De son côté, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a déclaré que le peuple et le gouvernement maliens sont heureux d’avoir un partenaire constant et soucieux du développement socioéconomique du Mali. « La signature de cet accord de don, a-t-il indiqué, magnifie les excellentes relations de coopération entre la République du Mali et celle populaire de Chine ». Le chef de la diplomatie malienne est persuadé que cet accord ouvrira davantage la voie à d’autres. « Il vient à point nommé et intervient à un moment de crise et de baisse des revenus de l’État dans un contexte marqué par la maladie à coronavirus », a expliqué Zéïni Moulaye, avant d’assurer que le gouvernement veillera à une utilisation rationnelle de cette importante enveloppe. Le ministre Zéïni Moulaye a remercié le gouvernement chinois pour ses nombreux appuis en faveur du Mali, notamment dans le cadre de la lutte contre la pandémie de la Covid-19 mais, aussi, son apport à la stabilisation du pays. OD/MD (AMAP)
Le ministre Mahmoud Ould en charge de l’Agriculture à l’écoute des acteurs de la Région de Tombouctou (Nord)
Envoyés spéciaux Aminata Dindi SISSOKO Bounama MAGASSA Bamako, 9 fév (AMAP Le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Mahmoud Ould Mohamed, s’est rendu, jeudi dernier, dans les localités de Tintelout et Niafunké où il s’est imprégné des préoccupations des paysans, éleveurs et pêcheurs, après l’étape de Tombouctou. Il était accompagné de son collègue commissaire à la Sécurité alimentaire, Redouwane Ag Mohamed Mali et du gouverneur de région, le commissaire divisionnaire de police, Bakoum Kanté. La première étape de cette immersion a ete le périmètre dénommé Inalkari de Tintelout, à 35 km à l’Ouest de Tombouctou, dans la Commune rurale d’Alafia. La délégation, qui a constaté l’impact des inondations sur l’ensemble du périmètre, a visité le magasin de stockage de la localité d’une capacité de 500 tonnes. Les producteurs ont jugé nécessaires la réhabilitation de la digue de ceinture, des équipements, l’appui en intrants et l’accompagnement des victimes en vivres. De ce champ, le ministre Mahmoud Ould Mohamed a mis le cap sur Niafunké où il a visité le Centre de traitement et de conditionnement de poisson. Réalisée dans le cadre du Projet d’appui au développement de la pêche continentale (Padepeche), l’infrastructure est la propriété de l’Office de développement de la pêche et de l’aquaculture dans le Delta intérieur du Niger (ODPA-Din). Elle est bâtie en remblai, partiellement dans le lit du fleuve, sur un hectare. En phase d’achèvement, les travaux ont été stoppés en 2012 suite à l’insécurité. Elle a été occupée par les terroristes, avant d’être pillée. Le talus a été dégradé par le courant d’eau. Sa réhabilitation, est évaluée à 238.449.525 Fcfa. De cette infrastructure, le visiteur s’est rendu sur le chantier de construction du magasin de stockage de Ousmane Macinanké et ses stocks à l’Opam. Au terme de ce périple, le ministre a rencontré les paysans et autres acteurs du Cercle de Niafunké. Prenant la parole, le maire de la Commune de Soboundou, Samba Bah, a déploré le manque d’infrastructures et de surfaces aménagées. L’édile a sollicité l’aménagement de certaines mares, l’installation d’étangs piscicoles et des appuis en équipements pour faciliter le développement de la circonscription. Le préfet Namakan Touré, quant à lui, a établi un bilan sommaire de la campagne agricole marquée, selon lui, par une pluviométrie jugée assez satisfaisante mais mal répartie dans l’espace et dans le temps. «181 ménages soit 1.086 personnes touchées par les inondations provoquées par la pluie. 55,5 hectares ont été infectés durant la campagne», a révélé l’administrateur civil. Le porte-parole des agriculteurs, Boubacar Tangara, a insisté sur les pertes dues aux inondations, au niveau notamment des périmètres en maîtrise totale d’eau. « D’où la nécessité de la poursuite des aménagements hydro agricoles pour sécuriser les productions agricoles, de la consolidation des digues de ceinture, de la réalisation d’infrastructures, l’équipement des organisations paysannes, de l’exécution des actions de résilience, du développement de l’irrigation d’appoint pour minimiser les effets de la sécheresse, a préconisé M. Tangara. Le représentant de l’Union des éleveurs, Moustaphe Ouane, a sollicité la construction d’un abattoir semi-moderne, d’une unité de lait à Niafunké et à Léré ainsi que la réhabilitation des pâturages dunaires (cram-cram). En réponse, le ministre a assuré avoir pris bonne note des doléances soumises. Il a ajouté qu’il faut trouver des solutions, dans la mesure du possible, à certains problèmes pour accroître dans l’immédiat la production et la productivité. Cela dans toutes les régions du pays où le potentiel existe. ADS/MD (AMAP)
Office Riz Mopti : 13.720 tonnes de riz supplémentaires pour la consommation
Mopti, 9 fév (AMAP) La production a dégagé un excédent de 13.720 tonnes dans la zone de l’Office Riz Mopti (ORM), au regard de la population encadrée, estimée à 747.410 habitants et de leurs besoins de consommation en riz évalués à 56.055 tonnes, a appris l’AMAP, en marge de la 31è session ordinaire du Conseil d’administration (CA) de l’Office Riz Mopti (ORM) tenue, vendredi. La production obtenue a été de 130.781 tonnes, soit 69% des prévisions. Pour le riz paddy, la production est de 99.678 tonnes, soit 69,82% des prévisions. Pour les cultures sèches, il ressort un déficit de 77.452 tonnes dans la zone ORM qui sera couvert par la production en zone exondée. le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Lassine Dembélé, qui a présidé cette session, dans la salle de conférence de la direction régionale de l’agriculture de Mopti, a cependant souligné que l’ORM a réalisé ces performances dans un contexte très difficile marqué, entre autres, par l’installation tardive des pluies, la montée rapide de la crue au niveau des fleuves Niger et Bani, la persistance de l’insécurité, la pandémie de la Covid-19. La dégradation des infrastructures et des réseaux hydrauliques, la vétusté des moyens de déplacement de l’encadrement, le sous-équipement des producteurs et le faible niveau de la subvention des intrants agricoles par l’état sont aussi des facteurs qui ont limitant les performances de l’ORM. La 31è session ordinaire du CA de l’ORM, en présence du directeur général de l’ORM, Yaya Amadou Téssougué, a arrêté, le budget prévisionnel de 2021 à environ 1,849 milliard contre 1,599 milliard Fcfa l’exercice précédent, soit un taux d’accroissement de 15,62%. Les administrateurs ont, également, planché sur le programme d’activités. Ils ont examiné le procès-verbal de la 30è session, l’état d’exécution des recommandations et des tâches de la précédente et adopté le rapport d’activités, le niveau d’exécution du budget de l’exercice 2020. Les administrateurs ont apprécié le soutien de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), du Commissariat à la sécurité alimentaire et de la coopération allemande (GIZ) aux producteurs, à travers la mise à leur disposition de 100,3 tonnes de semences certifiées de riz, 6 tonnes d’engrais organique (Fertinova), 500 g de semence de tomate et 5 kg de gombo. L’objectif recherché au titre de la campagne agricole 2020/2021 est de produire, à terme, 188.355 tonnes de céréales toutes spéculations confondues, dont 143.013 tonnes de riz paddy. Pour l’atteinte de cet objectif, les mesures envisagées sont la recherche de financement pour les travaux d’urgence, la mise en œuvre des bonnes pratiques agricoles notamment le SRI et le PPU et le renforcement de la collaboration avec l’ensemble des acteurs impliqués dans la mise en œuvre du plan de campagne agricole. « Pour ce faire, l’Office aura besoin d’un budget prévisionnel de 1,849 milliard Fcfa contre 1,599 milliard pendant l’exercice précédent, soit un taux d’accroissement de 15,62% », a indiqué le président du CA, Lassine Dembélé. Le directeur général de l’ORM, Yaya Amadou Téssougué, a expliqué cette augmentation par le financement des travaux d’aménagement de 250 hectares en maîtrise totale d’eau de la plaine de Togobéré, dans le casier de Sofara, Cercle de Djenné. DC/MD (AMAP)
Exportation et réexportation du bois transformé : Règlementation du secteur
Bamako, 9 fév (AMAP) La ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Mme Bernadette Keïta a animé, vendredi dernier, un point de presse sur la réglementation de l’exploitation des forêts et des massifs forestiers, la promotion, la valorisation et la commercialisation des produits forestiers. Cette session d’information, en présence du directeur national des Eaux et Forêts du Mali, l’Inspecteur général Ousmane Sidibé, et du président de la Fédération des exploitants forestiers du Mali, Moussa Koné, a eu lieu à l’Agence de l’environnement et du développement durable (AEDD). Elle s’inscrit dans le cadre de l’application de l’arrêté interministériel n°2021-0079/MEADD-MEF-MICPI-SG du 1er février 2021, déterminant les modalités d’exportation et de réexportation du bois transformé. En effet, l’article 4 du cet arrêté précise que peuvent faire l’objet d’exportation « les bois transformés sous forme de frises, parquets, planches, chevrons, meubles, parquets contrecollés, papier, carton, porte », a expliqué l’Inspecteur général Ousmane Sidibé Pour lui, « l’exploitation de nos forêts se faisait de façon anarchique ». « Cet arrêt permettra de valoriser nos produits », a ajouté le directeur national des Eaux et Forêts du Mali. En la matière, les exploitants forestiers ne pourront plus exporter le bois à l’état brut. Ils vont devoir le transformer sur place, en installant au Mali des usines qui transformeront le bois pour produire des poteaux, plots, planches… « Aussi, l’exploitant doit-il avoir un agrément pour l’exportation et déposer une caution de 100 millions de Fcfa », a précisé l’Inspecteur général Ousmane Sidibé, assurant que les exploitants forestiers seront d’abord sensibilisés avant l’entrée en vigueur de ces mesures. Toute chose qui permettra de protéger nos forêts. En effet, « l’analyse de l’évolution des surfaces boisées au Mali montre une diminution drastique et continue du couvert végétal », avait, d’entrée de jeu, souligné la cheffe du département en charge de l’Environnement. « Cette situation est consécutive à la coupe abusive de bois, au surpâturage, à l’orpaillage, aux défrichements incontrôlés, à la persistance des feux de brousse, à l’occupation illicite des domaines forestiers classés et des aires de conservation de la biodiversité », a décrit Mme Bernadette Keïta Conséquence : le Mali perd, chaque année, plus de 100.000 hectares de forêts, selon des études. « Ainsi, sur les 32 millions d’hectares de forêts recensées au Mali, en 1985, il reste environ 17,4 millions hectares actuellement », a-t-elle déploré. Cette situation est, selon elle, aggravée par l’exploitation du bois d’œuvre destiné à l’exportation et l’exécution incorrecte des divers plans d’aménagement et de gestion par les titulaires des contrats d’exploitation. « Le remplacement des quotas prélevés n’est pas également assuré », a déploré la ministre en charge de la Protection de l’environnement. « Des pratiques qui constituent une véritable menace pour nos écosystèmes sahéliens connus pour leur grande vulnérabilité », a-t-elle prévenu. Ces fléaux constituent une menace pour notre pays, en ce sens qu’ils risquent de détruire nos écosystèmes qui sont des moyens de subsistance pour nos communautés, faire perdre à notre pays son statut de puits de carbone, c’est-à-dire pays émettant moins de gaz à effet de serre. Ils remettent ainsi en cause notre crédibilité auprès de nos partenaires régionaux et internationaux, a alerté la ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable. Pour elle, il urge alors de prendre les dispositions idoines nécessaires pour préserver les acquis et conforter notre position. BBC/MD (AMAP)
Mine d’or de Loulo-Gounkoto : Une vision axée sur le développement des entreprises locales
Par Yacouba TRAORÉ Bamako, 9 fév (AMAP) « Nous sommes venus dans la mine de Loulo pour prendre part au conseil d’administration, faire part au président directeur général du groupe Barrick Gold Corporation (ancienne société RandGold), Mark Bristow, du soutien du gouvernement, rappeler l’espoir que fonde l’État sur le secteur minier et visiter les installations », a expliqué le ministre des Mines, l’Énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, en visite de terrain, samedi dernier, sur le site. Il était 10h environs lorsque l’avion du ministre et sa délégation a atterri à Loulo. Les visiteurs du jour ont été contraints de faire le test Covid-19 avant d’entamer la visite. Le ministre a commencé par le parc à résidus, situé à 7 km de la mine. Ce dispositif d’une capacité de 80.000 mètres cubes est bâti sur une superficie de 500 ha. Il sert à recycler l’eau. Un système de pompage permet aux trois usines de la mine de drainer leurs eaux usées vers cette station pour les recycler (elles sont ensuite réutilisées). Le ministre a également visité le champ solaire qui s’étend sur 32 ha. L’usine émet plus de 40 kilotonnes de dioxyde de carbone (CO2) par an. Cependant ces 18.000 panneaux solaires constitués en bloc tournent ensemble. L’objectif est de réduire le CO2. Les spécialistes ont expliqué que cela permet de faire une économie de près de 10 millions de litres de carburant (du diesel) Le responsable des opérations Afrique de l’Ouest, Chaka Berthé, a expliqué qu’en plus de la préservation de l’environnement, il y a le développement communautaire parce qu’à la fin de l’exploitation de la mine, il y aura un plan d’utilisation pour cette infrastructure qui est facile à transférer à la communauté. En effet, le coût de maintenance est beaucoup plus faible que celui des centrales thermiques. La mine d’or de Loulo, située à 500 km de Bamako, a produit 8 millions d’onces en 2019. Selon Chaka Berthé, la société aurifère Barrick fait, depuis plusieurs années, du développement des capacités des nationaux une priorité. Il a relevé que la société a, au cours des 23 dernières années, énormément apporté à l’économie nationale à travers les taxes mais aussi les salaires des nationaux et le règlement des factures des fournisseurs locaux. « Les mines de Loulo et Gounkoto, a soutenu le responsable des opérations Afrique de l’Ouest, profitent le plus à la population locale ». Pour lui, le Mali, avec une production totale de 50 tonnes onces d’or est, aujourd’hui, classé 2è producteur d’or en Afrique et la mine d’or de Loulo, elle seule, produit 20 tonnes d’or par an. Il a aussi expliqué qu’en 2012, une année noire pour l’économie malienne, pendant que les sociétés minières et autres ONG se retiraient, le groupe Barrick a accompagné le Mali avec une contribution de près de 10% au budget national. Ce qui a permis d’apporter une réelle bouffée d’oxygène à l’économie du pays. Le ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau a expliqué qu’il était important pour lui de venir échanger avec Mark Bristow en tant que 1er complexe minier au Mali qui produit autour de 20 à 22 tonnes d’or par an. Lamine Seydou Traoré s’est dit heureux de savoir qu’aujourd’hui, l’exploitation souterraine de l’or est plus qu’une réalité au Mali et cela augure, selon lui, d’une augmentation future de la production minière dans notre pays. Des réflexions ont débouché sur un nouveau Code minier qui a été finalisé en septembre 2019 avec un décret d’application qui a été pris par les autorités de la Transition. « Il s’agit maintenant de faire en sorte que toutes les innovations contenues dans ce Code soient appliquées», a dit le ministre. «Pour que l’or brille pour le Mali, il faut mettre en relief la chaîne de valeur, réfléchir à la mise en place d’une agence qui s’occupera de la gestion du patrimoine minier qui va utiliser des ressources humaines qualifiées et des outils pour mieux comprendre le secteur et lever des fonds pour aider les entreprises locales», a-t-il ajouté. « Une stratégie d’appui aux entreprises maliennes intervenant dans la mine a été élaborée », a relevé le directeur général de la mine de Loulou, Abbas Coulibaly. Il a, aussi, indiqué que la société minière a élaboré un programme d’incubateur où on sélectionne les entreprises pour une formation afin qu’elles puissent faire des prestations en dehors du Mali. « Mark Bristow, en plus de la contribution qu’il donne à l’État et aux collectivités, veut marquer de son empreinte le développement des capacités nationales », a declaré M. Coulibaly. « Certaines préoccupations ont été abordées avec le ministre en charge des Mines, notamment les défis liés à la sécurisation des permis. Nous comptons beaucoup sur l’État afin de relever ces défis », a encore dit Abbas Coulibaly. (AMAP)
Fin des Assises nationales sur le coton : De fortes recommandations
Bamako, 9 fév (AMAP) Les Assises nationales sur le coton, qui ont pris fin, lundi, à Bamako, ont recommandé de valoriser la production nationale par le renforcement des capacités des unités de production existantes. Réunis au Centre international de conférences de Bamako (CICB), les acteurs de la filière coton, ont également proposé de construire de nouvelles unités de transformation et d’accompagner les tisserands traditionnels. Les Assises nationales sur le coton ont pour objectif de contribuer à la relance de la culture du coton au Mali, en vue de la rendre plus résiliente, compétitive et durable. Les travaux ont, également, retenu, pour la gouvernance des organisations, de séparer les fonctions des syndicats de celles des unions de coopératives, d’accorder une importance particulière aux activités de soutien à la filière cotonnière, de prendre en compte l’Office de la haute vallée du fleuve Niger (OHVN) au niveau de l’Inter Profession Coton (IPC), d’adopter une nouvelle clé de répartition du supplément de rémunération et des frais de fonctionnement du coton graine des structures coopératives au bénéfice des producteurs à la base. Concernant le mécanisme d’approvisionnement et de financement des intrants et la subvention de l’Etat aux producteurs de coton, les participants ont recommandé, notamment, le maintien de la subvention sur les engrais sous sa forme actuelle (subvention sur le prix des engrais) pour relancer la production cotonnière dès la campagne agricole 2021/2022. Ils ont retenu le transfert de la subvention sur le prix à la production, à partir de la campagne agricole 2022/2023, le transfert à la CMDT, de la fonction d’approvisionnement en intrants de qualité sur une période de deux ou cinq ans, au regard des insuffisances actuelles du GIE et de l’ampleur des questions de gouvernance qui ont contribué à détériorer le climat de confiance entre les producteurs. Désormais, les organisations de producteurs seront impliquées dans le processus d’acquisition et veilleront à la transparence des opérations, ont recommencé les participants. Ils ont exhorté le gouvernement à s’impliquer, davantage, dans le contrôle de la subvention des intrants agricoles. Pour la relance de la culture du coton les participants ont proposé, entre autres, de fixer un prix incitatif au kilogramme de coton graine et diminuer, autant que possible, le prix des intrants et des matériels agricoles, rendre gratuites les semences de coton aux producteurs, promouvoir la culture du coton bio pour répondre aux exigences de l’évolution du marché mondial, mobiliser des ressources nécessaires au financement des mesures d’adaptation et d’atténuation auprès du fonds climat, du fonds vert climat et d’autres partenaires techniques et financiers pour renforcer la résilience des producteurs de coton aux effets néfastes des changements climatiques. Au regard de leur pertinence, les participants ont, aussi, exhorté le gouvernement à la mise en place d’une commission de suivi des recommandations des assises régionales. Le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Mohamed Ag Mahamoud, a souligné que l’originalité de ces assises réside surtout dans l’inclusivité de la démarche « qui a consisté à faire remonter les propositions de solutions de sorties de crises de la base au sommet ». Le Ministre, qui avait à ses côtés le Président directeur général de la CMDT, Dr Nango Dembélé, a dit l’engagement de son département à mettre en œuvre les recommandations, en rapport avec l’ensemble des acteurs de la filière et avec l’accompagnement politique des autorités du pays. « Le coton malien peut et doit reconquérir sa place de leader au niveau sous régional et en Afrique. Le secteur coton doit se surpasser et aider le Mali à briser le cercle vicieux de la pauvreté et de la précarité », a dit le chef du département de l’Agriculture. Et d’affirmer que l’investissement dans la promotion d’un secteur de coton résilient, compétitif et durable est un levier fort pour l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD-1 et 2) à l’horizon 2030. Dans son allocution, le Chef du gouvernement, Moctar Ouane représentant du Président de la transition, Bah N’Daw, a salué la bonne organisation des travaux et la qualité des contributions des uns et des autres. Il s’est surtout réjoui de l’esprit constructif qui a présidé tout au long de l’exercice. « Les présentes assises ont révélé, de nouveau, la centralité de la filière coton dans l’Economie malienne, à travers son apport dans la création et la redistribution de revenus sûrs et importants aux producteurs de coton, la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations, le financement d’infrastructures sociales de base dans les zones d’intervention de la CMDT et de l’OHVN ainsi que dans la dynamisation de multiples branches de l’économie nationale » a-t-il dit. Moctar Ouane a salué l’engagement des partenaires techniques et financiers dans la mise en œuvre de projets et programmes. Il a donné l’assurance que le gouvernement continue d’accorder un ordre de priorité élevé à la filière coton, dans le cadre de la réalisation « de nos politiques et stratégies définies dans la Loi d’orientation agricole, le Cadre stratégique pour la relance et le développement durable (CREDD 2019-2023) et la Politique nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle (POLNSAN) ». ADS/MD (AMAP)
Denrées alimentaires: La baisse du prix de la farine et du pain en négociations
Par Cheick M. TRAORÉ Bamako, 8 fév (AMAP) Depuis près d’une semaine, les Bamakois paient la miche de pain de 300 g à 300 Fcfa, contre 250 Fcfa habituellement, soit une augmentation de 50 Fcfa. La baguette de 150 g qui coûtait 125 Fcfa, est désormais cédée à 150 Fcfa. Cette hausse, jugée excessive par les ménages, a été orchestrée par la Fédération syndicale des boulangers et pâtissiers du Mali (FSBPM) et affiliés. Certains d’entre eux avaient même observé un arrêt de travail de 48 heures, la semaine dernière, pour manifester leur mécontentement face à la hausse du prix du sac de farine. «Depuis 2011, nous avons convenu avec le gouvernement que lorsque le prix du sac de 50 kg de la farine de blé reste entre 18.000 et 22.500 Fcfa le prix du pain est fixé à 300 Fcfa pour la baguette de 300 g et 150 Fcfa pour la baguette de 150 g», nous avait expliqué le secrétaire général de la FSBPM, Ahmed Dembélé, lors de la grève de deux jours. Et il est constaté une augmentation progressive du cours du blé sur le marché mondial depuis le 3è trimestre 2020. Le prix du blé tendre ou froment, matière première de la farine boulangère, s’est établi à 280 euros (environ 182.000 Fcfa) la tonne, contre 164 euros (environ 107.000 Fcfa) la tonne au mois de mars 2020. «Cette tendance devra se poursuivre jusqu’à la prochaine récolte prévue le mois de juillet 2021», analysent les services en charge du Commerce au Mali. Les industriels ont, selon ces structures, évoqué, entres autres, la hausse des frais de transport terrestre et maritime, et des frais financiers auprès des banques maliennes. Ils se disent, en conséquence, dans l’obligation de décider de la hausse du prix de la farine locale de 17.500 Fcfa à 19.000 Fcfa voire 20.000 Fcfa. Cela il y a deux semaines. Face à cette situation le cadre de concertation de la filière blé/farine/pain a également enclenché la présente hausse du prix de la baguette de pain. Pour faire face à la situation, le ministre en charge du Commerce et son collègue de l’Economie et des Finances ont rencontré les acteurs de la filière. Objectif : rechercher des solutions équilibrées pour stabiliser les prix. «Après avoir écouté les acteurs, les membres du gouvernement, entourés de leurs proches collaborateurs, ont promis d’examiner tous les leviers économiques et fiscaux pour atténuer les effets de l’augmentation des prix mondiaux du blé sur la farine produite localement et par ricochet celui du prix du pain afin d’éviter l’enlisement des prix», assure une note du ministère en charge du Commerce. Il précise qu’une rencontre avec les secteurs des finances est programmée à cet effet. En ce sens, le gouvernement entend faciliter l’accès de nos industries (il en existe au moins quatre) à la matière première qu’elles transformeront sur place pour permettre aux boulangers et commerçants d’avoir la farine made in Mali à un coût abordable. Cette proposition salutaire prend à contre-pieds les stratégies classiques et taillées sur mesure visant à encourager, en de pareille circonstance, l’importation de farine (produit fini), en renoncer à des taxes au niveau du cordon douanier notamment. Elle permettra, sans doute, de booster l’économie à travers les impôts payés à l’Etat, la production locale, créer des emplois pour les jeunes… Ainsi dans les jours à venir, les consommateurs pourraient «retrouver leur baguette de pain, respectant les normes de qualité, à un prix compatible avec leur pouvoir d’achat». Le ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion des Investissements, Harouna Niang, a rencontré, en fin de semaine dernière, les boulangers et livreurs de pain dans ce sens, en présence des membres du Cadre de concertation pour la commercialisation du pain en vue de trouver des solutions à la hausse des prix de la farine boulangère et du pain, assure ledit département. Il précise que «des efforts ont été demandés à chaque partie du maillon de la filière pour atténuer les effets de l’envolée du prix du blé sur le marché international.» Toutefois, la solution définitive passera indéniablement par la création d’unités industrielles à mesure de réponde à la forte demande. Notre pays dispose de terres arables en abondance. Des opérateurs économiques se sont déjà lancés dans la production de blé, notamment la Société M3. Il reste la volonté politique pour faire de notre pays l’un des principaux producteurs de blé sur le continent.
Bamako : Transports en commun perturbés
Bamako, 4 fév (AMAP) De nombreux habitants de Bamako, la capitale malienne, n’ont pas pu se déplacer, mercredi, à cause de l’arrêt de travail qu’observent certains syndicats de transports en commun. Cette perturbation des transports urbains suite à ce mouvement d’humeur syndical est consécutive à l’entrée en vigueur du paiement de la redevance de péage par passage, qui était initialement prévue pour le 1er février 2021 et reportée au 17 février prochain. Une décision du ministre des Transports et des Infrastructures qui n’est pas du goût des transporteurs. Le mouvement a eu pour conséquence que se déplacer a été un vrai casse-tête pour bon nombre de Bamakois. Par endroits, on assistait à des scènes de chaos. Au quartier de Garantibougou où nous nous sommes rendus, des apprentis-chauffeurs avaient barricadé certaines voies pour empêcher la circulation. D’autres arrêtaient les minibus Sotrama et taxis pour faire descendre brutalement leurs clients. Du côté de Niamana, on assistait aux mêmes scènes de désordre. Certains jeunes apprentis, par zèle, avaient coupé la route aux cars de transport et même aux véhicules personnels, créant ainsi des embouteillages monstres dans le secteur. Tous les jours ouvrables, Mohamed Coulibaly emprunte un «Sotrama» pour se rendre au service. Mercredi, à sa surprise, il a appris que les transporteurs ont déclenché leur mouvement. «Depuis la première heure de la journée, je suis là. Je viens d’apprendre que les Sotrama et les taxis sont en grève», a déploré le jeune travailleur. «Ce qui s’est passé est un arrêt de travail et non une grève. Dans la soirée du mardi, les chauffeurs se sont réunis à Médina-Coura pour prendre cette décision d’arrêt de travail, suite au communiqué annonçant le paiement du péage par passage », a dit le vice-président du Syndicat national des transporteurs routiers urbains, interurbains internationaux du Mali (SYNTRUI-Mali), Chiaka Diakité. Il a précisé que c’est l’ordre de stationner les véhicules qui a été donné à tous les chauffeurs lors de la réunion. Selon notre interlocuteur, cette mesure pose énormément de problème aux transporteurs. « Nous avons l’habitude de payer le péage sur 24 heures, avec cette décision les taxes des véhicules seront multipliées», a-t-il fait savoir, pour expliquer le bien-fondé de ce mouvement. Cependant le vice-président du SYNTRUI-Mali est opposé aux actes d’indiscipline constatés ça et là. « Il n’a été demandé à personne de barricader ou de faire sortir les passagers des véhicules de transport. Nous condamnons ces actes», a-t-il dit, ajoutant que cet arrêt de travail consiste à signaler au gouvernement que sa décision n’arrange pas les transporteurs. Souleymane Diallo secrétaire général de la Coordination des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali, syndicat affilié à l’Union nationalae des transporteurs du Mali (UNTM), a assuré, pour sa part, que cet arrêt de travail allait prendra à minuit mercredi. Les activités reprendront normalement sur l’ensemble du territoire ce jeudi. «Nous attendons les reactions de notre département pendant 24 heures. Au-delà de ça, nous allons déposer un prévis de grève », a prévenu Souleymane Diallo. Du côté du ministère des Transports et des Infrastructures, nos tentatives de recouper certaines informations sont restées vaines. BC/MD (AMAP)

