Mali : La Douane saisit quatre tonnes de résine de cannabis

Bamako, 06 mai (AMAP) La douane a saisi, mardi matin, 3 tonnes 745 kg de résine de cannabis dont la valeur marchande est estimée à 4,5 milliards de Fcfa, ont indiqué le service des enquêtes douanières. Selon Salifou Traoré, chef de la patrouille des enquêtes douanières à la direction générale des douanes, cette saisie fait «suite à une information reçue, très tôt mardi matin, faisant état d’un déchargement frauduleux à Djicoroni coura ». « C’est dans le magasin d’un opérateur économique connu de nos services que nous avons procédé à cette saisie». Dans un premier temps, il y a eu un manque de coopération, ce qui a poussé les douaniers à saisir la police judiciaire afin de pénétrer dans l’entrepôt. Une fois à l’intérieur du magasin, des parties climatisées ainsi qu’un lot d’objets minutieusement emballés ont attiré l’attention des soldats de l’économie », a explique M. Traoré. « Le trafiquant a d’abord prétendu que c’était du petit cola, ensuite du tabac pour chicha », précise notre source. «Nullement convaincue par ces différentes allégations, l’équipe d’investigation a saisi la cargaison, déballé le contenu pour être fixée. «C’est après un test au laboratoire que nous avons été fixés sur la nature du produit», ajoute Salifou Traoré. Le haschich était conditionné en plaquettes ou en blocs semblables à des savonnettes. Le produit se compacte assez facilement, ce qui permet aux trafiquants d’en cacher des quantités importantes dans des volumes restreints. Ensuite, les plaquettes sont emballées dans quatre couches différentes de cellophane et films plastiques pour rendre l’emballage hermétique à l’eau et à l’air. S’y ajoute une dernière couche d’emballage de sac de riz. Salifou Traoré a expliqué qu’un tel dispositif peut passer inaperçu même sous le nez des équipes cynophiles et des instruments de détection, car ils sont enduits de produits pour brouiller les pistes. Le haschich ou résine de cannabis est issu d’une extraction de la résine des fleurs femelles de cannabis et peut être mélangé à des matières à moindre coût pour augmenter sa masse et donc sa rentabilité. Pour le directeur du renseignement et des enquêtes douanières, le lieutenant-colonel Ahmadou Sanogo, ce qui est inquiétant aujourd’hui c’est la nature de ce produit qui est destiné à une certaine clientèle. En effet, a précisé le lieutenant-colonel Sanogo, la résine de cannabis est vendue à 1.318.000 Fcfa/kg. Par ailleurs, le douanier a attiré l’attention sur la nocivité de cette drogue. «Contrairement à l’herbe, le haschich est un produit transformé. Les dangers pour la santé restent les mêmes que ceux du cannabis. Il peut accélérer les effets négatifs sur la santé mentale des individus et conduire à la schizophrénie», révèle l’officier supérieur. En outre, selon lui, qu’il est important de se demander si le Mali a quitté l’état de pays de transit de drogue pour devenir un pays de grande consommation. Le trafiquant avait pris la fuite, mais il est actuellement aux arrêts et mis à la disposition du procureur de la République. Il risque une peine de prison pouvant aller de trois mois à trois ans et une pénalité pouvant aller jusqu’au triple de la valeur saisie. En ce qui concerne les produits, « une commission se réunira pour procéder à son incinération », a assuré le directeur du renseignement et des enquêtes douanières. Ahmadou Sanogo a félicité l’équipe qui a mené la saisie, avant d’exhorter la population à davantage de collaboration avec ses services, en continuant à leur donner les informations nécessaires. Car, a-t-il soutenu, les autorités ne peuvent tout savoir et être partout. OS/MD (AMAP)    

Mali : Flambée des prix pendant le Ramadan

Par Maïmouna SOW Fatoumata A KONÉ Bamako, 05 mai (AMAP)  Quelques jours avant le début du mois de Ramadan, le gouvernement a fixé les prix plafonds de certaines denrées alimentaires les plus consommées. Les produits concernés par cette mesure sont, entre autres, l’huile, le sucre, le lait et la viande. Des numéros verts ont même été mis à la disposition des consommateurs pour dénoncer les commerçants véreux et récalcitrants. Sur le terrain, le constat est tout autre. Le prix de la viande a presque doublé. Malgré les mesures édictées par les autorités, les consommateurs achètent plus chers certains produits de grande consommation. Les commerçants invoquent, comme d’habitude, la hausse des prix fournisseurs Ce mardi matin, au marché «Dibidani», les étals des bouchers sont bien achalandés : viande avec ou sans os, filet, foie, cœur, rognon, abats, pieds, etc. Dès 8 heures du matin, le marché est animé comme d’habitude. Clients et vendeurs s’activent. Les mines graves, la démarche rapide, très peu de clients discutent les prix. Ils passent directement leurs commandes. «Un kilo et demi de filet de bœuf», demande Amadou Maïga. «Ça fait 6.000 Fcfa», répond le vendeur qui sert aussitôt le client. En temps normal, avec cette somme, on a 2 kg de viande. Amadou ne semble pas surpris, car il sait que chaque mois de Ramadan, les prix montent en flèche. «Quand j’ai envie de manger quelque chose, je vais au marché moi-même. Je constate une flambée des prix de la viande et du poisson, mais que faire ?», grimace-t-il. L’ambiance et la réaction sont autres quand il s’agit des femmes. Mme Diallo Massan va de table à table, observant les différentes qualités de viande proposée. Les prix annoncés semblent hors de sa portée. Le kilo de viande sans os se vend à 3.000 Fcfa, contre 2.500 Fcfa il y a quelques mois. «Le cœur que l’on achetait à 2.500 est cédé à 4.000 Fcfa aujourd’hui», s’indigne-t-elle, tout en poursuivant sa ronde pour dégoter les meilleurs morceaux au meilleur prix. Elle s’arrête devant le vendeur de foie et de rognon. Celui-ci l’informe que le kilo du foie qui était vendu à 3.000 Fcfa, coûte aujourd’hui 4.000 Fcfa. Le rognon, lui, est passé de 1.000 à 1.500 Fcfa. La jeune maman tourne en rond. Elle achète finalement du rognon à 1.500 Fcfa. «Je m’en remets à Dieu. Que faire ? On ne va quand même pas rester sans rien manger à la rupture. Je suis obligée de faire avec», se lamente-t-elle, en confiant qu’elle n’a que 2.500 Fcfa comme argent de la popote. Aminata Haïdara, la trentaine, a sa stratégie pour éviter la hausse des prix durant le mois de Ramadan. « Puisque chaque année, c’est le même scénario : la flambée de prix. À l’approche du mois béni, j’achète certains condiments tels que le sac d’oignon, le bidon d’huile, un carton d’ail. C’est ce qui m’évite le stress du marché », confie-t-elle. Aujourd’hui tout ce qui est indispensable pour faire un bon repas : poisson, viande, huile est hors de prix.. De leur côté, les bouchers donnent une explication à la hausse du prix du kg de la viande. Bachaka Sangaré est vendeur de foie, de rognon et de cœur. « Quel que soit le prix auquel l’on nous vend les marchandises, on le revend avec un gain de 200 Fcfa. Nous ne pouvons pas nous priver de cela quand même», souligne-t-il. PAS INFORME – Le grand boucher Bourama Diarra abat chaque jour un bœuf. Il assure que, depuis des mois, ses pertes atteignent 50.000 à 60.000 Fcfa sur chaque bœuf. «Avant, on nous cédait les animaux entre 200.000 et 250.000 Fcfa. Maintenant, c’est dans les 400.000 Fcfa. Dans ces conditions, on est obligé d’augmenter le prix. Ce qui ne suffit pas pour combler l’écart», déplore-t-il, précisant que la hausse a commencé vers la fin du régime de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta. Quand en est-il des mesures prises par les autorités ? « Nous ne sommes pas au courant de cette mesure », réplique-t-il, en précisant que ce sont les syndicats qui les informent sur les décisions de réduction des prix. « Cette fois, ils ne nous ont rien dit », soutient-il. Comme la viande, d’autres produits comme la pomme de terre, l’oignon, le gingembre connaissent également une flambée des prix. Vendeuse de pomme de terre au marché d’Hamdallaye, Awa propose trois paniers remplis. « Nous avons celles de Sikasso, de Kati et d’autres nous viennent du Sénégal. Le prix a augmenté depuis trois semaines », explique la commerçante. Le prix du kg de la pomme de terre est passé de 200 Fcfa à 300 voire 350 Fcfa. «Je viens d’acheter la pomme de terre à 300 Fcfa le kg. Chez d’autres vendeurs, le kg coûte 350 Fcfa, alors que la dernière fois, je l’avais eu à 200 Fcfa. Le prix de l’oignon a aussi augmenté», déplore Salimata Sylla, une cliente venue s’approvisionner au marché d’Hamdallaye. Rokia Diarra vend des condiments au marché d’Hamdallaye. Elle tient depuis des années une table bien garnie d’épices, de poivre, de poissons séchés, de pate de tomate, etc. À côté d’elle, deux grands paniers remplis d’oignons. L’un contient de l’échalote, l’autre le gros oignon. Le petit oignon est cédé à 250 Fcfa contre 175 à 200 Fcfa pour le kg du gros oignon. Le prix du litre de l’huile ne fait pas exception à cette hausse. Avant le Ramadan, le bidon de 20 litres d’huile était cédé à 16.500 Fcfa contre 16.750 Fcfa présentement. Celui de 5 litres est toujours vendu à 5.000 Fcfa. Boutiquier à Hamdallaye, Moussa Koné, explique. «Cette année est différente des autres. Avant, on nous donnait les 20 litres à 16.500 Fcfa, maintenant on nous les donne à 16.750 Fcfa. Par contre, le prix du litre qui s’élève à 1.000 Fcfa n’a pas connu de changement», précise-t-il. Selon Souleymane Traoré, vendeur au Grand marché de Bamako, le gingembre se fait rare. Ce qui fait monter son prix puisqu’il est beaucoup consommé pendant ce mois. «En ce moment, le kg

Diéma : Le pain de singe aux multiples vertus

Par Ouka BA AMAP-Diéma Diéma, 04 mai (AMAP) En milieu soninké, rares sont les habitations ou les champs qui n’ont pas, au moins, un baobab. Cet arbre historique et nourricier, constitue un patrimoine, un bien commun pour la famille. Lorsqu’une parcelle de terrain compte, même un seul baobab, le jour où son propriétaire décide de la vendre, l’arbre ne fera pas partie de la transaction. Il restera au compte du premier propriétaire du terrain, sauf s’il trouve un compromis pour le céder à l’acheteur. Le baobab, qui donne le pain de singe, est une essence précieuse qui peuple la quasi-totalité de la Bande sahélienne. Dans le Cercle de Diéma, dans l’Ouest du mali, on  en retrouve dans toutes les quinze communes, avec une présence plus accrue dans les localités de Dianguirdé, Madiga Sacko, Lakamané, Sansankidé, Diéoura et Doumara. Les Communes de Béma et Diéma, en comptent très peu. La cueillette et la commercialisation du pain de singe sont devenues une affaire de tous, aujourd’hui, dans le Cercle de Diéma. Ce ne sont plus les seuls Maures qui exercent cette activité lucrative. Dans la pure tradition maure, on accueille l’étranger avec du thé, naturellement, avant de lui donner à boire du « zirigui », une boisson traditionnelle à partir de poudre de pain de singe et de lait, avec une dose raisonnable de sucre. Pour mieux se rafraîchir, certains ajoutent de la glace au « zirigui ». Chez les Maures, le « zirigui ». est autant apprécié que le thé. Il facilite la digestion et « nettoierait » le ventre. D’autres trouvent que la consommation abusive du pain de singe provoque la constipation.. VERTUS ET QUALITES – Le baobab, qui peut vivre plusieurs siècles, occupe une place de choix dans l’économie familiale. Aucune partie du gigantesque arbre ne se jette. Ses écorces sont utilisées pour fabriquer des cordes, ses feuilles vertes entrent dans la préparation de la sauce de pâte d’arachide « Ziraboulou nan » et autres mets, la poudre de ses feuilles sèches « namougoufing » est associée au couscous pour le rendre plus gluant et facile à avaler. Le pain de singe entre dans la préparation de la bouillie de mil, à défaut du citron. Ce fruit sauvage est recommandé dans les cas de diarrhées, ainsi que l’ulcère gastrique Pour faire la sauce du « tô » (pâte de mil), certains préfèrent la poudre de feuilles de baobab au gombo. Aussi, pour donner du poids à leurs femmes et leurs filles, les Maures mettent-ils de la poudre de feuilles de baobab dans l’eau, mélangent minutieusement la mixture, et  leur font  boire constamment cette solution. La personne peut rendre ce qu’elle ingurgite, on lui fera quand même avaler toute la quantité préparée. Une pratique proche du gavage appelée « Ka Bellehé ». Selon certaines croyances, pour avoir le pouvoir, accéder à un poste de responsabilité ou même devenir « Mansa » (Chef), il faut bouillir la gousse vide du pain de singe et se laver avec la décoction, une fois par jour, pendant une semaine. Le résultat serait immédiat, à condition de n’avoir jamais entretenu de relations intimes avec la femme ou l’homme d’autrui. Pendant l’hivernage, au moment de cultiver, certains préparent le pain de singe pour donner à leurs enfants, afin d’atténuer les effets du soleil et étancher leur soif. « Enfant, je me souviens que de retour de la brousse, sous un soleil ardent, ma mère me donnait à boire du jus de pain de singe. Aussitôt, je me sentais soulagé », nous dit un homme. SAISON DES AFFAIRES – La traite du pain de singe a véritablement démarré dans le Cercle de Diéma. Des exploitants, aux  acheteurs, en passant par des revendeurs et des transporteurs, chacun y trouve son compte. Les Maures arrivent de la Mauritanie voisine pour charger leurs camions de pain de singe. Généralement, ils troquent leurs produits contre des céréales. Ils en vendent, aussi, pour se procurer du thé, du sucre, du tabac et pour régler d’autres petits problèmes. Le pain de singe est vendu dans les différentes foires hebdomadaires du Cercle de Diéma. Des stocks importants sont acheminés vers divers horizons, notamment, Kayes, Nioro du Sahel et Dakar, au Sénégal, où le produit, le plus souvent,  est transformé en jus, bonbons et autres pâtes alimentaires. Abdrahamane Konaté, notable à Fatao, indique que ce sont les Maures qui ravitaillent en  pain de singe leur commune et celle de Lambidou. Ils troquent leurs marchandises contre le mil et l’arachide. Rarement, sur ce marché, ils vendent pour de l’argent. « Nous, les Soninkés, on s’intéresse peu au pain de singe. Ce qui compte pour nous, c’est surtout le travail de la terre. Elle, qui, comme disait mon défunt grand-père, ne ment pas », dit-il, avec une pointe de fierté. Baye Sidibé, producteur agricole à Fangouné Bambara, entretient depuis une dizaine d’années, un périmètre de vingt baobabs qui produisent, chaque année, près 500 kg de pain de singe. Il  vend une partie de sa production, consomme une autre et en offre, volontiers, à des amis, voisins et proches. Dans ce village bambara, beaucoup de producteurs s’intéressent plus aux feuilles du baobab qu’à son fruit. M. Sidibé explique qu’il s’était rendu à Ségou, en voyage d’études, initié par une ONG internationale, à l’intention de certains producteurs, dans le cadre de la vulgarisation du sésame. Il en est revenu avec un pied de baobab greffé, âgé d’environ un an. Il l’a transplanté dans son périmètre. Mais Baye est confronté à la rareté de l’eau sur sa parcelle. Ce qui, souvent, l’oblige, lui et ses enfants, à la corvée d’eau. De tous ses arbres, il apprécie le plus le baobab qui résiste à la sècheresse et demande peu de soins pour vivre. En provenance de Fatao, Mme Hatouma Sylla, avoue avoir toujours détesté le pain de singe. « Depuis que je suis petite, quand ma mère me donnait à boire le jus de ce fruit, j’avais la nausée », déclare la dame. Mady Camara, ancien migrant, trouve que les conditions de conservation de ce produit laissent à désirer. D’où son refus d’en consommer. « Une fois qu’on extrait les grains de leurs enveloppes, on ne prend plus le soin de

Aéroport international président Modibo Keita de Bamako : Au rythme des crises et de la Covid-19

Reportage : Oumar SANKARE Bamako, 28 avr (AMAP) Il est 20h, la circulation routière habituellement dense à cette heure, est fluide. De la route quittant Kalaban à l’Aéroport international président Modibo Keita- Sénou de Bamako, la capitale malienne, des boutiques se préparent à fermer et un groupe de sportifs de début de soirée marchent à pas rapides le long de la route. A quelques kilomètres de là, sur un édifice, une espèce d’arche, suspendu sur la 2 x 2 voies de l’aéroport est inscrit « Bienvenu à Bamako», en différentes langues. Tout au long de la route, des groupuscules de marcheurs, coureurs ou autres personnes soulevant des altères s’affairent et transpirent. Au check-point, une petite file d’attente, les voitures, après inspection, sont autorisées à accéder à l’aéroport. Le vent souffle de tous les côtés. Une ou deux voitures se suivent dans le plus grand calme jusqu’au parking. L’aéroport dispose de trois parkings. Un premier réservé aux personnalités et diplomates. Le deuxième, pour le personnel et les taxis partenaires de l’aéroport. Et le troisième, destiné aux voyageurs et leurs accompagnateurs. A la sortie de chaque parking, se trouve un grand dispositif de lavage des mains avec savon liquide à profusion. Les différents parkings sont presque vides. Le parking numéro 3, c lui des voyageurs et accompagnateurs, d’ordinaire rempli ne compte qu’une vingtaine de voitures, ce soir. « D’habitude, on accueillait une centaine de voitures. Très souvent, on manquait de places et on avait de la peine à caser le flot de véhicules », dit un agent de la sécurité des stationnements. L’aéroport international président Modibo Keita-Senou comprend deux terminaux. Le Terminal qui, jadis, recevait les vols civils, est aujourd’hui destiné aux services militaires de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Le Terminal 2, nouvellement construit, reçoit tous les vols et frets civils. A l’entrée des deux terminaux, des groupes de personnes, qui pour accompagner, qui pour accueillir, un proche, attendent, On discute, on échange. Quelques rires par-ci, par-là, D’autres s’embrassent et sautent dans les bras des uns les autres. Ce spectacle fait presque oublier les mesures barrières. Au milieu de cette effervescence, des militaires européens poussent leur charriot. Ce sont des militaires de la MINUSMA, ou de l’opération française « Barkhane » et autres. Notre autorisation de visite concerne uniquement le Terminal 2. Cependant, chaque voyageur est tenu de faire peser ses bagages et les faire filmer au Terminal 1, avant de se rendre au Terminal 2. A l’entrée de Départ du Terminal 2, des voyageurs, en file indienne, présentent leur test covid, obligatoire, aux agents de santé. Après vérification de ce sésame, l’un des agents prend la température à l’aide d’un thermomètre en forme de pistolet, suivi de l’usage du gel hydro alcoolique. Chaque voyageur suit obligatoirement cette procédure. Selon Sory Ibrahima Diarra, agent de l’Aéroport du Mali (ADM), le test covid obligatoire « est source de dispute, très souvent ». « De nombreux passagers perdent leur test avant d’arriver ici. Nous sommes obligés de les renvoyer chez eux, Seuls ceux ou celles qui possèdent leur test valide sont autorisés à passer », explique-t-il. Il arrive, aussi, que certains essayent de tricher le avec le système. Pour faire face à de tels cas, l’ADM, reçoit des données de l’Institut national de recherche en santé publique (INSP), ce qui permet de filtrer et détecter les fraudeurs. En plus, du dispositif Covid-19, une disposition Ebola et d’autres maladies épidémiques, sont en place, avec l’aide des services sanitaires, depuis la découverte du premier cas en République de Guinée. Chaque lundi, une réunion covid, dirigée par le coordinateur Mohamed Lamine Diabaté, se tient avec les partenaires de l’aéroport. Au même-moment, le commandant Moulaye A. Haidara, de la police de l’Aéroport, s’approche d’un groupe de personnes. Le ton s’élève. Il calme la situation, après quelques échanges. Plus tard, Il dira qu’il s’agissait d’un diplomate européen. Ce dernier refuse de porter son masque, d’où son interpellation par la sécurité. Le diplomate, enlève un masque bleu PPE d’un carton de son sac à main, comme pour montrer qu’il en possède plusieurs. Après avoir porté le masque, il est autorisé à poursuivre la procédure. Les voyageurs sont, ensuite, guidés vers le deuxième point de contrôle. Cette fois-ci, il s’agit de contrôle des documents de voyages. Sur le sol, à distance respectable, des points sont marqués à chaque mètre. Ces points rouges sur lesquels sont inscrits « Respectons les mesures barrières », indiquent où chacun doit se tenir, afin de passer, à tour de rôles, aux box de vérification. Ici, aussi, le commandant Moulaye A Haidara, interpelle deux voyageurs et leur indique où se tenir. « Certains ne savent pas lire et on est obligé de les suivre à chaque étape. D’autres refusent de coopérer et disent qu’on les dérange. Pire, certains disent ne pas croire à l’existence du coronavirus». Le Mali traverse une crise multidimensionnelle (politico-sécuritaire) depuis 2012 marquant le pays au rouge sur les cartes dans les différentes Chancelleries. Certaines déconseillent fortement la destination Mali à leurs citoyens, d’autres, comme l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique, émettent fréquemment des messages d’alertes pour signaler les risques d’attentats terroristes. De quoi décourager touristes et investisseurs. A cela, s’ajoute, depuis un an, la pandémie de coronavirus qui a paralysé l’économie mondiale. Les avions, de part le monde, sont restés cloués au sol. L’aéroport International président Modibo Keita de Bamako a aussi vu ses activités baisser. « L’aéroport Du Mali est resté fermé du 20 mars 2019 au 25 juin 2020 pour raison de Covid », rappelle Sory Ibrahima Diarra. Cependant, les vols de rapatriements d’étudiants et travailleurs maliens coincés à l’étranger étaient autorisés. Ces retours ont été obligatoirement suivis d’isolement dans un hôtel. Les vols entre le Maroc et le Mali sont suspendus, depuis le 24 mars, pour raison de cas élevés de contamination au Maroc. Cette suspension devrait être levée le 12 avril. Le troisième point de contrôle, est le Poste d’inspection filtrage (PIF). Ici, on passe à travers un détecteur de métaux, en enlevant ceintures, chaussures, montres… Pour le commandant Haidara, ce contrôle est nécessaire, pour s’assurer qu’aucun objet

Campagne agricole 2021 : Prometteuse

Par Cheick M. TRAORÉ Bamako, 15 avr (AMAP) Après une campagne agricole 2020 en demi-teinte marquée, notamment, par diverses crises au plan social, politique, sécuritaire, sanitaire et économique, le Mali dévoile ses prévisions de productions pour la nouvelle campagne agricole. Lancée mardi 30 mars 2021 par le président de la Transition, Bah N’Daw, à la faveur du Conseil supérieur de l’Agriculture, cette campagne, qui s’ouvre pourrait être, pour le Mali, celle de la reconquête de sa place légendaire, en matière de production cotonnière, de consolidation des acquis concernant les cultures céréalières. En la matière, le ton est donné par le département en charge du Développement rural qui place cette campagne sous le signe de la reprise de la production cotonnière après le coup d’arrêt, suite au mouvement de boycott dans toutes les zones de production. Pour y arriver, la production nationale pour la campagne 2021 est estimée à 820.000 tonnes de coton graines pour une superficie de 810.000 hectares. Ce qui correspond à un rendement moyen de 1.012 kg/ha. Au Mali, les parcelles de coton représentent environ 31% de l’ensemble des superficies des cultures du système coton pour une norme recommandée de 33%. Cela permettra d’accroître les superficies coton sans compromettre l’équilibre entre les cultures. Le coût de l’intensification du système coton pour cette campagne est estimé à 135.709.746.000 Fcfa. Ce coût est calculé sur la base des prix de cession des intrants au comptant en vigueur depuis la campagne 2020. A rappeler que pour la filière coton, la production totale a été évaluée à 147.200 tonnes en 2020, dont 11.300 en zones Office de la haute vallée du Niger (OHVN), soit une baisse de production de 77% et de superficies de 78%, par rapport à 2019. Cette chute historique est due à la baisse du prix d’achat du coton graine aux producteurs, au transfert de la subvention de l’Etat des engrais au prix d’achat du coton graine, à la contestation relative au renouvellement des instances, au retard constaté dans l’installation des pluies et à la mauvaise répartition de la pluie dans le temps et dans l’espace. Quant à la production céréalière attendue au terme de la campagne 2021, elle est estimée à 11.300.776 tonnes, en hausse de 10,43% par rapport à celle de 2020. Une légère baisse de 0,3% des superficies est toutefois constatée par rapport 2020. Cette réduction serait due à la baisse des objectifs d’emblavures de maïs et de riz par rapport aux prévisions de 2020. Les quantités de céréales produites en 2020 ont été estimées à 10.217.286 tonnes. Elles sont en baisse de 2,39% par rapport à 2019. Le bilan céréalier au sortir de 2020 dégage un excédent apparent de 3.627.060 tonnes pour les céréales sèches et 205.440 tonnes pour le riz. Le blé enregistre un déficit de 182.390 tonnes. Les quantités d’engrais nécessaires pour couvrir les besoins de la campagne sont estimées à 254.601 tonnes pour un montant de 85.110.703.587 Fcfa. Par rapport au prix de la subvention des engrais, la part des producteurs revient à 51.562.135.490 Fcfa. Il se dégage un écart de 33.548.568.097 Fcfa. Le montant accordé pour la subvention des intrants par l’Etat est de 15,6 milliards de Fcfa correspondant à 124.616 tonnes d’engrais. Cette quantité couvrira, selon la direction nationale de l’Agriculture, 49% des besoins globaux en engrais de la campagne agricole 2021. La gestion de la subvention avait porté en 2020 sur 12.907,25 tonnes d’Urée, 4.948,18 tonnes de DAP et 633.243 tonnes de NPK pour 498.529 bénéficiaires pour un montant total de 10,3 milliards de Fcfa. La promotion des filières gomme arabique et karité fait partie des priorités du gouvernement. La filière gomme arabique apparaît comme la plus importante source de revenus pour les populations démunies des zones arides. Elle est donc un moyen de lutte contre la pauvreté et de croissance pour le pays. Pour ce faire, il est, au titre de la campagne agricole 2021, attendu une production de 10.888 tonnes. Les superficies nécessaires à cet effet sont estimées à environ 75.000 hectares. Quant au karité, les objectifs de la campagne 2021 sont de 188.480 tonnes d’amandes de karité pour une transformation moyenne de 70.680 tonnes de beurre de karité. Le rendement à la transformation se situe entre 35 et 40% du produit brut. En la matière, le Mali est l’un des principaux producteurs mondiaux avec un potentiel estimé à 250.000 tonnes d’amandes. 125.000 tonnes sont réellement exploitées et 53.000 tonnes d’amandes sont exportées. Dans le cadre de la promotion des cultures fourragères, 100.400 kg de semences (différentes espèces fourragères) seront mises en place pour toutes les régions. Il sera également installé 110.000 boutures de l’herbe à éléphant Giant King Grass. Il faut rappeler que le bilan fourrager global calculé en comparant les besoins globaux théoriques du cheptel résident de toutes les régions sont estimés à 25.564.677 TMS. Le disponible fourrager (réel) est évalué à 37.056.243 TMS. Ce qui fait ressortir un excédent fourrager global de l’ordre de 11.491.566 TMS. Une bonne réserve pour engraisser les bêtes. En matière de santé animale et de santé publique vétérinaire, les actions porteront sur la vaccination de 67.398.263 têtes en 2021 (animaux et volailles) contre diverses maladies. Elles consisteront aussi à la réduction de 95% de la densité apparente de glossine dans la zone de lutte, l’acquisition de 180.000 doses de vaccins contre la fièvre aphteuse, la production de 43 millions de doses de vaccins pour toutes valences confondues, le contrôle de 40.000 boutiques, 1.900 foires et marchés. Elles viseront également l’inspection des viandes au niveau de 12 abattoirs et 702 aires d’abattage. Les objectifs de productions contrôlés de viande rouge pour 2021 sont de 110.032 tonnes, soit environ une hausse de 18% par rapport aux réalisations de 2020. 2020 où la production de poissons était en progression de 1,15% par rapport à 2019. L’exportation de poissons a connu une baisse surtout au niveau du port de pêche de Mopti pour raison d’insécurité. Toutefois, à Gao et Ménaka il y a une nette amélioration avec la reprise du trafic entre

Moulin : utile, mais nuit à la santé

Par Souleymane SIDIBÉ Bamako, 15 avr (AMAP) Le mois de ramadan est celui de la consommation, par excellence, de denrées en tous genres. A l’occasion, les habitudes alimentaires connaissent un bouleversement quasi total : les mets préférés et les plus succulents étant réservés pour la rupture du jeûne. L’un des repas les plus prisés en cette période est la bouillie à base de farine de mil ou d’autres céréales. Nécessaires, piler et moudre ces graminées, jadis à la main à coup de pilon par les ménagères, sont aujourd’hui réalisés par le moulin. Cette machine électrique aux bruits assourdissants destinée pour adoucir la souffrance de nos épouses, pullule dans les quartiers de Bamako à la grande satisfaction des femmes. Un mercredi de mars dernier, à la meunerie de Bourama Dembélé, près du marché de Taliko, en Commune IV du District de Bamako. Le soleil s’éclipse peu à peu. Mais la température y reste suffocante. L’atmosphère polluée : ronflement du moteur, insalubrité et accumulation de poussières autour des machines. Dans cet environnement, le minotier versait les derniers grains dans un entonnoir en bois. C’était vers le crépuscule. Après cette manœuvre, il éteint la machine, avant de commencer à faire son entretien comme d’habitude. Cela consiste à vérifier et à passer à la règle les dents des lames pour situer les parties usées afin de pouvoir les réajuster. L’engin dispose de deux broyeurs. L’un sert à briser les céréales, l’autre les noix de karité. Le minotier Bourama Dembélé étonne par sa maîtrise du moulin, dont les composantes (moteur, mortiers, décortiqueuse, alternateur), n’ont aucun secret pour lui. Depuis 10 ans, il officie en ce lieu et tous les jours, de 8 à 20 heures. Au fil des ans, il a assisté, impuissant, à la prolifération de machines à moudre dans le quartier. «Le marché est très tendu. Aujourd’hui, tout le monde est devenu meunier. Cela a beaucoup affecté notre chiffre d’affaires et nos revenus», confirme-t-il, préférant taire le montant de sa recette journalière. Il explique que le poids des céréales (le riz, le mil, le sorgho) est déterminé à l’aide d’une boîte de conserve vide. Le kilo coûte 40 Fcfa. Les sacs de riz ou de mil de 50 à 100 kilos sont respectivement moulus à 750 et 1.500 Fcfa, détaille le meunier. Le mercredi est pour Bourama Dembélé le «jour le plus lucratif». « C’est le jour où les vendeuses de beignets (Takoula) vendues les vendredis devant les mosquées, abondent au moulin, » explique-t-il. Tout en sueur, il déplore la cherté de l’électricité. «Ce travail dépend essentiellement de l’électricité. Pendant la saison chaude, le délestage et la volatilité du prix constituent des obstacles au développement de la meunerie», interpelle Bourama. Une aide-ménagère, debout devant la porte de la minoterie, prend son récipient rempli de farine de mil. Elle confie que cette machine a réduit considérablement sa charge de travail quotidien. A côté d’elle, une vieille dame qui se souvient de l’époque où les femmes formaient un cercle autour d’un grand mortier pour piler les noix de karité. «Les jeunes épouses d’aujourd’hui sont paresseuses. Car, elles ne savent pas utiliser le mortier et le pilon», taquine-t-elle. Qu’est-ce qui explique cet abandon ? Rencontrée un samedi de mars dernier dans la maison familiale, Awa Traoré est vendeuse de condiments au marché de Taliko. Assise devant sa cuisine, cette femme au foyer tamise de la farine de mil à l’aide d’un tamis aux mailles très fines. Selon elle, «piler dans un mortier est une pratique qui demande beaucoup d’énergie et empêche souvent de s’adonner aux autres activités». DECHETS TOXIQUES – C’est pourquoi, elle préfère le moulin au mortier. La commerçante Awa conseille, par ailleurs, à ses sœurs d’enlever toutes les impuretés avant la cuisson. « Ceux qui mangent généralement les aliments à base de céréales broyées au moulin sont souvent malades », spécule la ménagère. «Cela est dû, selon elle, à des impuretés venant du moulin ou de grains mal nettoyés». « Ces saletés (cailloux, poussières, pailles, etc.) qui doivent être enlevées, sont si fines et légères qu’on a du mal à les repérer tout de suite », insiste-t-elle. Or, ajoute Awa Traoré, « beaucoup de cuisinières manquent de courage pour faire le nécessaire afin d’enlever ces impuretés de la farine ». A quelques mètres de la maison d’Awa, se trouve «Coulibaly-là (La famille Coulibaly) ». Où discutent, autour du thé, deux coépouses et l’épouse de leur beau-frère, devant la cuisine. «L’utilisation du mortier et du pilon est très pénible, ça enfle la main et donne des maux de dos», répond la femme du beau-frère. Si son mari préfère cette ancienne pratique, la jeune dame est pour l’utilisation du moulin pour transformer les graines de céréales en farine. Abdoulaye Maïga, lui, opte pour les céréales transformées industriellement ou précuites. «Il est mieux d’acheter les farines à base de céréales vendues dans les commerces. Ces produits sont dans les bonnes conditions d’hygiène. On les retrouve en poudre très fine ou en semoule emballés dans les sachets plastiques», conseille-t-il. Joint au téléphone sur ce sujet, le Dr Ibrahim Nientao, spécialiste en endocrinologie, maladies métaboliques et vitamines à la Clinique Salomon, confirme que ces outils, comme le moulin, peuvent laisser des déchets toxiques dans les aliments, notamment des métaux comme le fer, le zinc ou le cuivre. Ces métaux provoquent des «problèmes digestifs graves», ajoute le spécialiste, précisant que certains sont suspectés d’être à l’origine de certaines formes de cancer, surtout digestifs. « S’y ajoutent des problèmes d’accumulation au niveau sanguin pouvant occasionner l’apparition de formes de calcul rénal, etc. », souligne le spécialiste. Les aliments préparés contenant un ou plusieurs grains dans son entièreté sont qualifiés de produits de «grains entiers», selon l’expert. Pour lui, ils regorgent de fibres, de protéines, de vitamines et de minéraux qui aident à rester rassasié et en bonne santé. «Quand on parle des machines, on parle de chaleur. Donc, les grains sont écrasés sous la chaleur. Celle-ci peut aussi avoir un impact sur certaines vitamines thermosensibles qui sont toutes dissoutes sous l’effet de la chaleur dégagée par la machine», insiste le spécialiste.

Office du Niger à Niono : Sensibilisation des exploitants agricoles sur le paiement de la redevance eau

Niono 27 mars (AMAP) Les acteurs de l’Office du Niger (ON) de la zone de Niono ont participé, vendredi, dans la salle de conférence du cercle à une rencontre d’information et de sensibilisation. L’objet de la rencontre était de sensibiliser les exploitants agricoles à privilégier le dialogue pour la résolution du problème de paiement de la redevance eau dont le délai est fixé au 31 mars de chaque année. Le non paiement, à cette date, entraîne l’éviction de l’exploitant de sa parcelle. Cette rencontre organisée par la préfecture a réuni les autorités administratives et politiques, les responsables de l’Office du Niger de la zone de Niono, les exploitants agricoles, les représentants des forces de défense et de sécurité, de la société civile. Suite à l’inondation des parcelles, le manque d’intrants agricoles (engrais), et l’insécurité, le Syndicat national des exploitants agricoles du Mali (SYNEXPAM) a sollicité les autorités pour la  prise en charge de la redevance eau de la campagne écoulée.  La non satisfaction, pour le moment, de cette demande a conduit ce syndicat à envisager, dans les jours à venir, une grève et une désobéissance civile dans les zones de production de l’ON. A l’issue des échanges dans la salle et avec le président directeur général de l’ON, le SYNEXPAM a décidé de privilégier le dialogue pour faire aboutir sa requête. Il a invité, également, les exploitants agricoles à s’acquitter de la redevance eau. La 2e adjointe au préfet, Mme Diassana Fatou Daou, a exprimé toute sa satisfaction et a remercié le syndicat pour sa bonne compréhension. MS/MD (AMAP)

Mali : Le maraîchage bio hors sol gagne du terrain

Par Oumar SANKARÉ Bamako, 25 mars (AMAP) Le soleil s’est couché laissant place à un ciel bleu dégagé. Aminata Diallo est sur le toit de sa maison à Faladié, en Commune IV. Une petite daba à la main, elle remue le compost dans un bac. Sous un hangar aménagé, est confortablement assis son mari. Ousmane Oumarou Sidibé profite de la vue prenante sur Bamako, du ronronnement des véhicules qui passent et du gazouillement des oiseaux dans le ciel. Il soutient l’initiative de son épouse visant à consommer bio. Alignées soigneusement, l’un à côté de l’autre, une dizaine de palettes faisant office de bacs à substrat contiennent divers semis. De chaque palette transformée en bac à substrat déborde un tuyau qui permet d’évacuer l’excès d’eau (au-delà de 10 cm) après arrosage. Des pneus de voiture, d’anciens pots de fleur, une vieille baignoire, d’anciennes bassines, brouettes, barriques et seaux, sont réaménagés pour servir de bacs à substrat. Semés dans ces récipients, les légumes ou fruits comme le gombo, la tomate, la menthe, le céleri, le persil, les oignons, les fraises, la goyave, la papaye verdissent sur le toit. Juriste à la retraite, Aminata Diallo s’occupe en faisant du maraîchage hors sol. Depuis bientôt cinq ans. Elle a acquis les rudiments du maraîchage en hauteur lors d’une formation d’une dizaine de jours dispensée par l’entreprise éléphant Vert au Centre Père Michel (un centre de formation professionnelle) en 2013. Cette formation visait à appuyer les associations de femmes péri-urbaines. La lecture et les leçons tirées des échecs lui ont permis de renforcer ses connaissances. «Quand je commençais, je travaillais encore. Je me réveillais à 4h pour arroser les plantes. à 6h, je partais au bureau. Au retour, entre 17h et 18h, j’allais directement dans le jardin, souvent sans me changer» rappelle-t-elle. Pour la sexagénaire, le jardin est un petit mari qui a besoin d’entretien. « La forte chaleur tue certaines variétés comme la tomate, les carottes. Trop d’eau pourrit les racines des persils. Le manque d’eau tue d’autres comme les melons », conseille la passionnée de maraîchage, précisant que la meilleure saison pour réussir cette activité va de septembre à mars. Période durant laquelle elle récolte souvent 50 kg de tomate. Il faut aussi choisir les variétés qui résistent à la chaleur (piment, gombo, persil, salade). La maraîchère soutient que les va-et-vient pour arroser les plantes sont une activité physique et sportive pour elle. Pendant qu’elle arrose son jardin un microclimat doux et frais se développe sur le toit. Comme elle, Aïssata Niaré, biologiste, a aménagé le toit de sa maison où elle pratique le maraîchage hors sol. En activité depuis bientôt 5 ans, l’idée lui est venue après un séjour au Sénégal où plusieurs personnes font le maraîchage en hauteur. «Je le fais pour manger bio afin d’éviter tout ce qui contient les engrais et autres produits chimiques. Tout ce que je récolte, est consommé en famille et partagé entre mes voisins», ajoute-elle. Au-delà du plaisir qu’elle en tire, elle le fait pour son père qui n’aime que les produits bios qu’elle lui envoie. Sa sœur qui dispose d’une surface large fait du maraîchage dans sa cour et sur son toit. PRODUITS BIOS LUCRATIFS – Comme toute activité, le maraîchage hors sol est confronté à certaines contraintes majeures dont l’approvisionnement en eau. Surtout dans un pays où la distribution d’eau dans les canalisations fait défaut. « Souvent, il faut se réveiller entre 1h-2h du matin pour faire des réserves d’eau », déplore Aminata Diallo. « Des insectes attaquent et détruisent, aussi, certaines plantes comme le piment et le gombo. Sans compter les risques d’infiltration d’eau à partir du toit », ajoute-t-elle. Si ces personnes pratiquent le maraîchage hors sol par plaisir, c’est un véritable business pour d’autres. Le maraîchage hors sol est basé sur du bio, sans utilisation d’engrais chimiques. Les produits issus du maraîchage bio hors sol sont très prisés par les consommateurs et rapportent gros. Aujourd’hui, il existe un grand engouement pour les produits bio au Mali, confirme Amadou Sékou Nimaga, un jeune entrepreneur dans le domaine du maraîchage hors sol. Rencontré à la laverie auto-moto d’un de ses amis, ce trentenaire explique avoir abandonné ses études universitaires en deuxième année hôtellerie et tourisme, au Maroc, pour rentrer au pays. «J’étais convaincu que ces études n’allaient rien me rapporter. Je savais que c’est l’agriculture, la terre que j’aime», relate-t-il. Après avoir travaillé dans l’informel pendant deux ans, il formalise son entreprise. Constatant une demande de plus en plus croissante en produits bio de la part de certaines familles et clients, il se lance dans le maraîchage hors sol en 2013. Très vite, le succès est au rendez-vous. Sous l’impulsion de Sandrine, une ressortissante française qui ne nourrissait sa fille qu’avec des fruits et légumes sans engrais, un marché bio est établi à Bacodjicoroni. De cette initiative naîtra quatre autres marchés destinés aux produits bio. Certains adeptes de ces produits évoquent surtout la saveur et le goût, l’accès à un produit exempt de pesticides et d’OGM, le soutient au marché local, l’encouragement des pratiques culturales plus respectueuses de l’environnement. Les produits bios (fruits et légumes) qui se conservent plus longtemps et mieux coûtent, souvent, le double du prix des produits issus de l’agriculture conventionnelle qui utilise les engrais chimiques et les pesticides. Un kilogramme de tomate bio est cédé à 1.000 F cfa, contre 400 Fcfa/kg pour la pomme de terre bio. La même quantité de variété d’orange «Tangelo» est vendue à 800 Fcfa. Pour Amadou Sékou Nimaga, on peut bien vivre du maraîchage bio hors sol. Malgré la cherté des prix, «les gens ont compris qu’ils doivent se nourrir de produits sains pour préserver leur santé. Les commandes ne s’arrêtent pas. Certains font des réservations via nos plateformes numériques. D’autres se rendent à nos domiciles pour s’approvisionner», assure le jeune entrepreneur. « Les jours de marchés, certains clients dépensent en moyenne 30.000 à 40.000 Fcfa en fruits et légumes bios », révèle-t-il. Fort de plusieurs années d’expérience dans le domaine, Amadou Sékou Nimaga est, aujourd’hui, sollicité par d’autres personnes

Le Premier ministre au port de pêche de Konna, dans le Centre du Mali

Bamako, 20 mars(AMAP) Le Chef du Gouvernement, Moctar Ouane, a visité, samedi, le port de pêche de Konna, dans le Centre du Mali, après sa réhabilitation, informent les services de communication de la Primature. Bâtie en remblai sur 2,85 ha et financé à hauteur de 1,304 milliards de francs par la Banque Mondiale, l’infrastructure comprend notamment un canal d’accostage curé sur une longueur de 3,5 km avec une largeur au plafond de 10 m, un hangar équipé de douze fours destiné aux activités de (re) fumage du poisson, deux hangars (188 m2, chacun) destinés à abriter les activités de commerce du poisson frais (marché de poissons). Dans son discours, toujours selon la même source, le Premier ministre a rappelé que le Gouvernement est « engagé et déterminé à poursuivre le programme de relance économique» de cette localité. En 2013, l’infrastructure avait fait les frais de l’attaque terroriste dans la ville qui avait été le terrain d’une confrontation entre les forces françaises, appuyant celles du Mali, pour stopper l’avancée des djihadistes. La bataille de Konna se déroule du 9 au 17 janvier 2013. Elle marque le début de l’intervention de l’armée française au Mali avec le lancement de l’Opération Serval. La bataille débute le 9 janvier par une offensive des djihadistes qui aboutit le 10 à la prise de la ville de Konna. AC/MD (AMAP)  

Mali : démarrage des travaux de construction du tronçon routier Sevaré-Mopti (Centre)

Bamako, 20 mars (AMAP) Le Premier ministre, Moctar Ouane, a officiellement lancé, samedi, les travaux de construction de la route Sévaré-Mopti qui comportement l’aménagement de dix km de voiries dont cinq dans la ville de Mopti et cinq dans la ville de Sévaré, annoncent les services de la primature. Il est, également, prévu la construction d’une voie de contournement de l’aéroport de Mopti Ambodédjo et la réalisation d’éclairage public sur les voies concernées, ajoute la même source. Selon la Primature, la réalisation de ces travaux coûte 32.601.687.065 Fcfa financés à la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et le budget national. Ces infrastructures permettront, entre autres, de décongestionner le trafic à l’intérieur de Mopti et de Sevaré. Sans oublier la création d’emplois et la promotion d’activités commerciales au bénéfice des populations. «Le lancement de ces travaux est la traduction de l’engagement du Gouvernement tel que instruit par le Président de la Transition Bah N’Daw » a déclaré le Chef du Gouvernement, selon son service de communication. AC/MD (AMAP)