Produits de première nécessité : Le riz, le sucre et l’huile seront subventionnés (gouvernement)

Bamako, 12 nov (AMAP) Le conseil des ministres du mercredi dernier a décidé de subventionner certains produits de grande consommation, notamment le riz, le sucre et l’huile alimentaire, pour atténuer les effets de la flambée des prix des produits de première nécessité,. D’après le communiqué du Conseil, cette subvention se traduira par la réduction de la base taxable de 50% sur l’importation de : 300 mille tonnes de riz, 60 mille tonnes de sucre, 30 mille tonnes d’huile alimentaire. Pour certains de nos compatriotes, cette décision vient à point nommé. «Il était temps que le gouvernement prenne une décision. On espère que cette subvention-là va faire baisser les prix. Car, ce n’est souvent pas le cas, Si le gouvernement a pris cette décision, on ne peut que le remercier. Car, faut-il encore le rappeler, la vie reste chère », estime Ibrahim Traoré, un maître d’école. « La Covid-19 a fait que beaucoup de personnes ont perdu leur emploi. Si dans cette condition, les citoyens doivent faire face à la vie chère, ce n’est pas chose facile. On espère que très bientôt, on verra l’effet de la subvention sur les prix !», s’exclame la présidente de l’Association des consommateurs du Mali (ASCOMA), Mariam Diarra qui juge cette décision salutaire. «S’il y a une subvention en vue d’atténuer les effets de la flambée des prix des produits de première nécessité, on ne peut que s’en réjouir, remercier le gouvernement et l’encourager à tenir compte du pouvoir d’achat des citoyens», dit Mme Diarra. La présidente du Front populaire contre la vie chère (FPCVC), Mme Mariam Koné, se montre prudente. «À chaque fois qu’on commence à subventionner, les prix baissent quelques jours avant de grimper», déplore-t-elle. Elle suggère la mise en place du comité de veille pour le respect des prix subventionnés. La hausse des prix des denrées de première nécessité constitue, de nos jours, une préoccupation majeure pour les chefs de famille et les ménagères. Au Mali, depuis quelques temps, les prix de certains produits de première nécessité ont pris l’ascenseur et tardent à revenir à la normale. «Le kg de la viande avec os était vendu à 2 200 Fcfa et celui sans os à 2 500 Fcfa. Mais depuis plusieurs mois, nous achetons la viande avec os à 2 800 Fcfa et celle sans os à 3 300 Fcfa. Quand tu enlèves cette somme du prix de condiment combien reste-t-il pour l’achat des autres ingrédients ? Le bidon d’huile de 5 litres qu’on achetait entre 4 000, 4 250 Fcfa est cédé à 6 000 Fcfa. Il est temps que les autorités agissent. Car, c’est tout le monde qui se plaint», fustige la ménagère Penda Keïta. Face à la flambée des prix de certains produits de grande consommation, le FPCVC avait organisé, le 10 juillet dernier, un sit-in au Monument de la paix «contre la souffrance des populations à cause de l’augmentation des prix des denrées alimentaires». Le Conseil national de Transition (CNT) a interpellé le gouvernement, le 1er juillet 2021, pour s’expliquer sur la situation. Nonobstant ces interpellations et quelques mesures prises par le gouvernement, les Maliens se plaignent toujours de la flambée des prix et de la cherté de la vie. ADS/MD (AMAP)    

Controverse autour du prix du pain au Mali

Bamako, 11 nov (AMAP) Des boulangers maliens ont décidé d’observer, mercredi, un arrêt de travail jusqu’à ce que la baguette de 300 g soit vendue au consommateur à 300 Fcfa au lieu de 250 Fcfa exigé par le gouvernement. Cette décision des boulangers, à la suite d’une assemblée générale, mardi après-midi, à la Chambre de commerce et d’industrie du Mali,  a obligé, hier, beaucoup de Bamakois à prendre leur petit déjeuner sans le pain. Dans la plupart des boutiques et des boulangeries de la capitale, ce produit très consommé n’était pas disponible. «A partir de ce matin (Ndlr, mercredi), nos portes restent fermées parce que nous sommes dans l’impossibilité de produire le pain. On ne peut pas acheter un sac de farine à 21.000 Fcfa pour faire des baguettes de pain qui seront vendues à 250 Fcfa. Ce sera une perte pour nous», a expliqué le président de l’Union des boulangers du Mali, Ahmed Dembélé. Et de préciser : «Nous ne sommes pas en grève, nous sommes en arrêt de travail. Nous sommes une entreprise et nous ne pouvons travailler à perte». M. Dembélé a invité le gouvernement à négocier avec l’ensemble des boulangers afin de parvenir à un compromis profitable à toutes les parties. Lors de sa rencontre, mardi dernier, avec les acteurs du secteur, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, constatant les désagréments causés par la grève sauvage des boulangers la semaine dernière, a clairement indiqué que le prix du pain «reste inchangé». Contacté par nos soins, un responsable dira que la position du ministère n’a pas varié. Il a tenu à préciser qu’aucune augmentation du prix du pain par les boulangers n’est envisageable. Même fermeté du côté de la direction générale du commerce et de la concurrence, chargée de veiller au respect strict des mesures gouvernementales en la matière. Le directeur général du DGCC, Boukadary Doumbia, que nous avons pu contacter, a précisé que certaines boulangeries continuent à travailler. «Ce qui importe, c’est le maintien des prix du pain et nous avons pris des dispositions pour cela. En effet, nous avons mis en place des brigades de surveillance qui sillonnent la ville», a-t-il expliqué, ajoutant que l’Etat ne peut pas obliger «les gens à travailler». Allusion faite aux boulangers qui sont en arrêt de travail. Le directeur général du commerce et de la concurrence espère que ces derniers reviendront vite à de meilleurs sentiments. FC/MD (AMAP)    

Transport terrestre au Mali : Interdiction de la surcharge à compter du 15 novembre

Bamako, 10 nov (AMAP) Le Mali va mettre en œuvre le Règlement n°14 de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), relatif à la surcharge à l’essieu, avec une tolérance de 15%, à compter du 15 novembre prochain, a annoncé, mardi après-midi, la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Dembélé, lors d’une rencontre d’information avec les acteurs concernés. Cette décision fait suite aux recommandations du Conseil des ministres du 5 octobre dernier, tenu sous la présidence du chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, pour l’application de cette mesure de l’UMOA déjà en vigueur dans les autres pays membres, depuis janvier dernier. La rencontre d’échanges avec les acteurs, en présence également des ministres de la Sécurité et de la Protection civile, le colonel-major Daoud Aly Mohammedine, de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, et de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, visait à partager avec les acteurs les défis à relever en vue de lutter contre la surcharge des véhicules sur nos routes. La démarche, qui préconise une application progressive du Règlement n°14, vise à préserver le patrimoine routier, réduire les coûts d’entretien des routes, augmenter la durée de vie des véhicules, diminuer les coûts d’exploitation des véhicules : carburant, pneumatique, maintenance, augmenter le nombre de rotations des véhicules par mois et améliorer la sécurité routière. « La surcharge des véhicules impacte la performance du secteur des transports au Mali. Pays dont les principales denrées de première nécessité sont acheminées par la route », a expliqué la ministre des Transports et des Infrastructures.. Selon Mme Dembélé Madina Sissoko, « au moins, 50 milliards de Fcfa sont perdus tous les ans sur les corridors routiers,» du fait de la dégradation prématurée des routes qui disparaissent sous les poids insupportables des véhicules hors normes, les coûts des accidents graves imputables à la surcharge et la détérioration des véhicules de transport commercial. Les ministres chargés des Infrastructures et des Transports routiers de l’UEMOA, du Ghana et de la Guinée se sont retrouvés en septembre 2017, à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Ils y ont adopté une démarche commune permettant une application concomitante et progressive du règlement. À ce jour, a noté Mme Dembélé Madina Sissoko, cette démarche a été suivie d’effet parce que l’extrême surcharge, définie comme un taux de surcharge de plus de 40% du poids total autorisé en charge du véhicule (PTAC), a été entièrement éradiqué dans tous les États membres de l’UEMOA. « En 2018, a-t-elle poursuivi, les taux de surcharge dans tous les États étaient au plus estimés à 20%. MS/MD (AMAP)    

Mali : Les prix du pain inchangés

Bamako, 10 nov (AMAP) Le pain reste disponible sur le marché au prix de 250 Fcfa la baguette de 300 g et 125 Fcfa celle de 150 g, a réaffirmé, mardi, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, au sortir d’une rencontre avec les acteurs de la filière pain dans son département. L’objectif de la rencontre était de s’assurer du respect des prix en vigueur et s’imprégner des problèmes que rencontrent les boulangers afin de trouver des solutions adaptées. Au terme de ces échanges, les meuniers ont décidé de ne pas augmenter le prix de la farine. À l’unanimité, les acteurs de la filière sont d’accord sur la structure actuelle du pain et sur le prix en vigueur. « En principe, il n’y aura pas de rupture de farine sur le marché ni une hausse du prix de la farine », a assuré le ministre en charge de l’Industrie. Le directeur général du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC), Boucadary Doumbia, a souligné que l’analyse de toute la chaîne de la filière, de l’achat de la farine à sa consommation, a permis aux acteurs de comprendre par eux-mêmes que le prix du pain ne peut connaître une hausse. À cet égard, «le prix ne connaitra pas une augmentation et il n’y aura plus de grève liée à cette situation», a fait savoir M. Doumbia. En perspectives, le gouvernement envisage d’organiser des assises afin de vider définitivement les discussions autour du prix du pain. «Nous allons bientôt élaborer les Termes de référence pour aller vers les états généraux du pain pour examiner les questions structurelles auxquelles les boulangeries font face et les questions conjoncturelles pour essayer d’apporter des solutions et voir comment aller vers leur professionnalisation», a annoncé le ministre Mahmoud Ould Mohamed. Ce qui pourrait permettre d’éviter les situations désagréables que les consommateurs ont vécues la semaine dernière. Des boulangers avaient décidé «de façon unilatérale» d’augmenter le prix de la miche de pain en «violation» du protocole d’accord qui lie meuniers, boulangers et gouvernement. Et sans requérir l’avis favorable du cadre de concertation État et acteurs de la filière. Mettant ainsi les consommateurs devant le fait accompli. En réaction, le département en charge du Commerce a exigé et obtenu le maintien des prix à leur état initial. FC/MD (AMAP)      

Lutte contre la déforestation : La COP26 sonne la charge

Par Cheick Amadou DIA Bamako, 04 nov (AMAP) La 26è Conférence des Nations unies sur le climat, deux jours seulement après son ouverture à Glasgow en Ecosse, est parvenue, mardi, à la signature, par plus de 100 pays abritant 85% des forêts mondiales, d’une déclaration commune pour enrayer la déforestation d’ici 2030. Il s’agit du «plus grand pas en avant dans la protection des forêts mondiales en une génération», s’est enthousiasmé Boris Johnson, le Premier ministre britannique, hôte du sommet, lors de la signature du document. L’initiative est essentielle pour parvenir à l’objectif de limiter le réchauffement climatique à +1,5 °C, selon les organisateurs de la conférence. Ces formidables écosystèmes fourmillants, «cathédrales de la nature», sont les poumons de notre planète. Ils absorbent une grande partie du gaz carbonique rejeté dans l’atmosphère, responsable du réchauffement climatique. Malgré leur rôle essentiel dans notre survie même, les forêts disparaissent à un rythme alarmant correspondant à l’équivalent de 27 terrains de football, 291.600 m2 par minute, selon les estimations de l’Organisation des Nations unies (ONU). L’accord prévoit de mobiliser 19,2 milliards de dollars pour la protection et la restauration des forêts. La France et 11 autres pays riches, s’engagent à mobiliser, conjointement, 10,3 milliards d’euros de fonds publics, entre 2021 et 2025, pour lutter contre la déforestation. À cette somme devraient s’ajouter 6,24 milliards d’euros d’investissements privés. Parmi ces fonds, 1,3 milliard de dollars seront investis pour protéger le bassin du Congo qui abrite la deuxième plus grande forêt tropicale du monde après l’Amazonie. Par ailleurs, les patrons de plus de 30 institutions financières, représentant plus de 8.700 milliards de dollars d’actifs mondiaux, se sont aussi engagés à éliminer les investissements dans les activités liées à la déforestation. Selon l’ONG WWF, les engagements clés de cette déclaration comprennent, notamment, la conservation des forêts et autres écosystèmes terrestres, ainsi que l’accélération de leur restauration. L’accord prévoit, également, la promotion de la production et de la consommation durables de produits de base qui n’entraînent pas la déforestation et la dégradation des terres ou encore, la réduction de la vulnérabilité des communautés qui vivent dans ces territoires. «C’est une bonne nouvelle pour nous», déclare le président de l’ONG malienne, Mali-Folckecenter Nyetaa qui participe aux travaux. Avec le changement climatique, la grande exploitation agricole, la surpopulation et les déplacements des populations dus aux conflits, une forte pression est exercée sur les forêts, selon Dr Ibrahim Togola. Ces différentes actions font que la déforestation prend, de plus en plus, de l’ampleur au Mali. Selon la Politique forestière nationale de 2017, chaque année, environ 500.000 hectares de forêts disparaissent dans au Mali. Si dans les années 1960, le Mali disposait de plus de 4.400.000 hectares de superficies forestières, aujourd’hui il n’en reste que près de 800.000 hectares, soit une perte de plus de 80%. Les responsables du Système d’information forestier (SIFOR) expliquent cela par le fait que le bois et le charbon occupent 80% des besoins de la population en énergie. Face aux différences crises climatiques, la population doit sa résilience aux forêts. « Le bois énergie est une denrée de première nécessité au même titre que le riz, l’huile, le sucre, la farine, etc. », fait remarquer Dr Togola. « Le secteur apporte plus de 100 milliards de Fcfa à l’économie, chaque année », souligne-t-il. Le président de Mali-Folckecenter Nyetaa affirme, également, que les deux grands facteurs de déforestation sont l’énergie et l’agriculture. « La diversité des acteurs dans l’exploitation et la gestion forestière pose, également, un problème fondamental », analyse Dr Souleymane Diallo, professeur à l’Institut polytechnique rural (IPR) de Katibougou. « Les recherches sur les espèces d’arbres ne sont pas développées dans notre pays. Si c’est le cas, elles ne sont pas appliquées », déplore le chercheur, avant de regretter qu’elles soient méconnues par les acteurs. Face à cette déforestation galopante, il faut aller vers l’application stricte des normes de gestion durable des forêts, estime Dr Ibrahim Togola. Les informations liées à la forêt doivent être disponibles pour tous les acteurs ainsi que pour les populations. Il faut, également, aller vers la mise en place des forêts destinées aux bois d’œuvre. Du côté de la recherche et de la formation, les écoles comme l’IPR doivent être appuyées pour une formation de qualité. Enfin, les acteurs forestiers doivent être bien identifiés pour aller vers une coopération publique privée dans la gestion durable des forêts. C’est en tout cela que le Mali doit tirer bénéfice de cet accord obtenu à la COP26, selon cet acteur de la société civile. Cependant, le coordinateur de campagne de l’ONG Canopée, qui œuvre pour la protection des forêts mondiales, estime qu’il existe une interrogation quant à la signature d’un certain nombre de pays dont on peut légitimement douter de la bonne foi. Sylvain Angérand cite, notamment, la République démocratique du Congo (RDC) qui s’apprête à lever un moratoire sur l’exploitation forestière d’une superficie équivalente à celle de la France, mais aussi le Brésil qui a battu des records de déforestation depuis trois ans. Sous le feu des critiques pour sa politique environnementale, le Brésil a annoncé lundi, à l’ouverture de la COP26, des objectifs plus ambitieux en matière de réduction des émissions de CO2 et de lutte contre la déforestation. Il prévoit de baisser ses émissions de 50% d’ici 2030 et d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Selon plusieurs études récentes, la déforestation en Amazonie brésilienne a transformé ce puits de carbone fondamental pour la planète en émetteur net de CO2 en 2020. Des experts de l’ONG autrichienne, All Rise, estiment ainsi que le rythme de cette déforestation s’est accru de 88% depuis l’arrivée au pouvoir du président Jair Bolsonaro, représentant une perte de quelque 4.000 km2 de forêt amazonienne chaque année. Ce nouvel engagement contre la déforestation fait écho à la Déclaration de New York sur les forêts de 2014. À l’époque, de nombreux pays s’étaient engagés à diviser par deux la déforestation en 2020 et d’y mettre fin en 2030. CAD (AMAP)

Mali :  Les syndicats des banques suspendent leur grève

Bamako, 04 nov (AMAP) Le Syndicat des banques, assurances, micro-finances et commerce (SYNABEF) a décidé, mercredi, de suspendre son mot d’ordre de grève, après un débrayage de trois jours reconduit en début de semaine. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le secrétaire général du SYNABEF, Hamadoun Bah, a expliqué que « même s’il n’y a pas eu de satisfaction sur tous les points de revendications, le syndicat a tout de même décidé de suspendre sa grève pour le pays et les clients». Il a précisé que sur les trois points de doléances, le SYNABEF a pu avoir un compromis avec la partie patronale sur la régularisation des employés qui n’ont pas de contrat avec leurs banques, autrement dit les prestataires. Les deux autres revendications qui n’ont pas eu de suite « pour le moment » concernent l’augmention de 15% sur la grille salariale et la gestion du Fonds social. MK/MD (AMAP)  

Crise du pain : Les boulangers reviennent aux prix conventionnels

Bamako, 04 nov (AMAP) La Fédération nationale des boulangers du Mali a décidé mardi de reprendre la production de pain et de vendre la miche de 300 g à 250 Fcfa et celle de 150 g à 125 Fcfa, après plusieurs heures de discussions avec la Chambre du commerce et d’industrie du Mali (CCIM). «D’ici le mardi prochain, nous allons retourner à la position initiale. Compte tenu de la situation actuelle du pays, nous demandons à tous les boulangers membres de notre Fédération, qui ont suivi notre mot d’ordre, de le suspendre jusqu’à mardi, le temps de régler certains problèmes avec la Chambre», a déclaré le secrétaire administratif de la Fédération nationale des boulangers du Mali, au sortir de la rencontre. En conséquence la baguette de 300 g sera vendu à 250 Fcfa au consommateur, celle de 150 g sera cédée à 125 Fcfa jusqu’à mardi prochain, a précisé Ibrahima Yacouba Cissé. Pour sa part, le président de la CCIM, Youssouf Bathily,  a révélé que le ministère en charge de l’Industrie et du Commerce s’est engagé à organiser une rencontre, mardi prochain, avec l’ensemble des acteurs du secteur. L’objectif recherché est de voir dans quelle mesure il sera possible de fixer, de façon définitive, le prix du pain au Mali. BBC/MD (AMAP)

Prix du pain : Opération de respect de l’ordre commercial à Bamako

Bamako, 03 nov (AMAP) Les autorités maliennes ont fermé, mardi, des guichets, des boutiques et des points de vente de pain qui refusent de se conformer aux prix conventionnels de cette denrée. De nombreux Bamakois ont sillonné, hier, sans succès, plusieurs quartiers à la recherche du pain, beaucoup consommé dans la capitale malienne. Mme Diawara Alima Doumbia, cette habitante de Kalabancoro plateau (rive droite du fleuve Niger à Bamako), après avoir acheté des œufs, est devant le fait accompli. «Il n’y a pas de pain», lui ont lancé plusieurs boutiquiers du coin. Même constat chez un célèbre vendeur de foie au Quartier du fleuve, rive gauche. Hambé dit avoir parcouru plusieurs quartiers à la recherche de pain. En vain ! Il s’est vu obligé de vendre du foie sans pain aux clients qui en ont fait la demande. Les raisons de cette pénurie de pain ? Des boulangeries ont refusé d’en produire. Pourtant, suite à des négociations, lundi, avec le gouvernement, le président de l’Union des boulangers du Mali, Ahmed Dembélé, s’est engagé à maintenir le prix de la baguette de 300g à 250 Fcfa et celle de 150g à 125 Fcfa. Malgré cet accord, les Bamakois ont constaté, stupéfaits, l’arrêt de la production de pain par des boulangeries. Celles qui ont fait tourner les machines ont cédé la miche de 300g à 300 Fcfa et celle de 150g à 150 Fcfa. Il y a des boulangeries qui ont continué à vendre aux prix convenus avec les autorités. Contacté par téléphone, le président de l’Union des boulangers du Mali confirme avoir signé un communiqué, à la demande des autorités, au terme des négociations. « Les boulangers se sont concertés après et ont décidé de fermer toutes les boulangeries de la ville », explique Ahmed Dembélé. Le motif évoqué est qu’ils ne peuvent pas respecter cet accord alors que les boulangeries modernes vendent la baguette de pain de 300g à 300 Fcfa. «Toutes les boulangeries resteront fermées jusqu’à preuve du contraire sauf si le gouvernement accepte de trouver un consensus avec l’ensemble des boulangers», tranche le président de l’Union des boulangers du Mali. De son côté, le gouvernement affiche sa détermination à mettre fin à la pratique consistant à augmenter de façon inopinée les prix des produits au nom du libéralisme. Les autorités entendent exiger le respect des prix négociés avec les patrons des boulangeries. C’est dans ce cadre que des brigades économiques des structures de la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC) ont fermé, hier, les guichets de toutes les boulangeries, boutiques et points de vente de pain ne respectant pas les prix consensuels du pain. L’action musclée est annoncée par un communiqué publié sur la page Facebook de la DGCC. Le texte précise que des procès-verbaux d’infractions ont été dressés contre les récalcitrants sur la base desquelles des amendes ont été recouvrées et versées au Trésor public. La DGCC assure que « les opérations de maintien de l’ordre commercial se poursuivront matin et soir jusqu’à la stabilisation effective de la situation ». Elle invite les consommateurs à signaler à ses équipes les éventuels manquements au protocole d’accord sur les prix consensuels du pain. FC/MD (AMAP)  

Apprentis chauffeurs : En attendant le permis de conduire

Par Oumar SANKARE Bamako, 03 nov (AMAP) Le soleil darde ses premiers rayons du ciel d’un lundi matin. Une centaine de camions citernes fait la queue dans les alentours de l’Office nationale des produits pétroliers (ONAP) à Faladié. Certains passent au bureau des douanes, pour des formalités, d’autres attendent, impatiemment, de reprendre la route ou sont en réparation dans les nombreux garages installés dans la zone. La providence a fait se croiser le destin d’un groupe de jeunes qui, aujourd’hui, forment une famille. Venus tous du Mali profond, leur objectif est de réussir à Bamako afin de s’occuper de leurs parents restés au village. Assis sous un hangar en paille, qui leur sert de terrasse, leurs sacs et objets personnels cohabitent avec quelques pièces de rechange de camion, dans un kiosque métallique rouge. Les six garçons sont assis, deux sur des chaises et deux autres se partagent un lit pliable. Seul, Adama Sangaré, 28 ans, le plus âgé du groupe est sur sa chaise et prépare du thé, l’infusion préférée au Mali. A la radio, un titre populaire du rappeur Master Soumy passe en boucle, musique qui se mêle aux coups de marteau et vrombissements de moteur de camions en réparation. A côté, des poules gloussent, grattent et picorent des graines visibles d’elles seules. Ils viennent de Ségou, Bamako, Sikasso, Loulouni, Fana, Baraoueli et espèrent devenir, un jour, des chauffeurs de poids lourds. Moulaye Konta, Oumar Seck, Mamoutou Berthé, Mamadou Diabaté et Gaoussou Diarra sont, tous, « apprentis », pour le moment. Bien que le métier soit rude, avec des revenus dérisoires, ils l’aiment. En effet, grâce à leur travail, ils voyagent dans différents pays de la sous-région, rencontrent de nouvelles personnes, découvrent d’autres cultures, d’autres mets, d’autres réalités mais, aussi, de mauvaises expériences, des attaques de bandits armés et des accidents mortels qui les marquent à vie. Moulaye Konta, 23 ans, a réussi à l’examen du baccalauréat, il y a deux ans. Après 6 mois sur les bancs de l’université de Ségou, il rejoint Bamako sur instruction de son père. Ce dernier, le confie à un chauffeur de camion-citerne. Un peu réservé, le seul rêve de Moulaye est de devenir aménagiste. En attendant que son père réunisse les moyens pour financer ses études, il se rend utile et espère gagner un peu d’argent pour le soutenir. Pour son premier voyage, il se rend au Ghana avec son patron pour transporter du carburant au retour. « Un choc de culture !!! Ce voyage m’a beaucoup marqué. Accra, la capitale est tellement propre que je me croyais dans une ville européenne, comme on les voit dans les films », se remémore-t-il avec un large sourire. « Nulle part à Accra, on ne voit de déchets. Un peu partout, il y a des poubelles. Les taxis, sont propres et en bon état. Pas comme les nôtres qui sont sales et vieux », raconte Moulaye. Dans les régions de Téma, Takoradi et Cape Coast qu’il a pu visiter, « les universités sont immenses. Pas comme chez nous ». « En fait, ce sont des villes dans les villes où il faut des bus et taxis pour se déplacer à l’intérieur, tellement elles sont grandes », ajoute Adama Sangaré. Certains confient avoir vu des agents de police ghanéens verbaliser des étrangers pour avoir jeté des déchets à tout va. Mamoutou Berthé, 25 ans, abonde dans le même sens et dit à quel point il a été émerveillé, lors de son premier séjour à Abidjan. « Les gratte-ciels à perte de vue, les transports en commun ultra modernes, la mer et, surtout, la nourriture qui coûte moins chère ». Mais, aussi, voir tous ceux qui roulent à moto, porter un casque, une chose inimaginable pour ces jeunes apprentis. Souvent, après de longs séjours, de découvertes et de belles rencontres avec des apprentis d’autres pays, le chemin du retour est souvent semé d’embûches. « A l’aller, le voyage est en général calme », confie Adama Sangaré, le plus âgé des apprentis. Les difficultés interviennent au retour, lorsque les citernes et autres camions sont chargés de marchandises. Il y a, très fréquemment, les cas de pannes qui peuvent, souvent prendre jusqu’à deux ou trois semaines avant d’être réglées. « Dans ces cas, on se trouve en plein milieu de nulle part. Pour trouver un mécanicien ou des pièces de rechanges, on fait de l’auto-stop pour rallier la ville la plus proche », relate Mamadou Diabaté. UNE VIE DURE – Certains chauffeurs donnent gentiment de l’eau à boire et, souvent, quelques provisions. Il y a une grande solidarité, sur la route, les chauffeurs ghanéens, ivoiriens, togolais, béninois et autres ne manquent jamais d’apporter assistance et c’est réciproque. Il arrive que certains chauffeurs laissent l’apprenti se débrouiller en pleine campagne mais cela reste des cas rares car la marchandise transportée est sous sa responsabilité. En plus de cela, il y a les cas d’attaques par les bandits armés, friands de camions chargés de marchandise. Il y a deux mois, un camion en route pour le Mali a été attaqué sur la route de Bouaké (Côte d’Ivoire). La cabine a été criblée de balles. L’apprenti a reçu deux projectiles, un au bras et l’autre à la hanche. « Il est, aujourd’hui, hors de danger », confie Mamadou Diabaté. Il y a eu une attaque similaire au Ghana, plus précisément à Wale-Wale, au cours de laquelle la cabine du camion a reçu quatre impacts de balle, deux sur le pare-brise et deux autres, un peu au-dessus de la roue arrière gauche. Enfin, il y a les cas d’accidents mortels, aussi horribles les uns que les autres. « Une fois au Burkina Faso, l’une des roues d’une citerne était enfoncée dans un trou. Avec d’autres personnes, nous leur avons porté notre aide, », relate Oumar Seck, entre deux gorgées de thé à la menthe. Un camion grue est venu assister, mais pendant plusieurs heures il n’y avait pas d’évolution. « On ne sait comment, le camion a pris feu », raconte le jeune apprenti. « Nous avons dû prendre nos distances de la scène. Le carburant, la citerne, la grue et un autre véhicule ont tous brulé », dit-t-il.

Banques et établissements financiers du Mali : La grève se poursuit pour la détresse des clients

Bamako, 02 nov (AMAP) Après une grève de 72 heures largement suivie par les banques et établissements financiers, les stations-services, la semaine dernière, le Syndicat national des banques, assurances, micro finances, établissements financiers et commerces du Mali (SYNABEF), a entamé depuis, hier lundi, un nouveau débrayage de 72 heures. Ce mouvement fait suite à un préavis déposé le 7 octobre dernier, annonçant la reconduction de l’arrêt du travail si aucun compromis n’était trouvé. En conséquence, seuls les guichets automatiques des banques concernées étaient en service hier. La Banque de développement du Mali (BDM SA) et la Banque sahélo-saharienne pour l’investissement et le commerce (BSIC) se sont désolidarisées de la grève. Quant à la Bank of Africa (BOA), son comité syndical n’est pas membre du SYNABEF. Les points de revendication du SYNABEF portent sur le départ du directeur général de la BDM, Brahima Haïdara, à l’affaire de Mme Kané Djénaba Sall (convaincue de détournement), à la transposition et la relecture de la Convention collective. La reconduction de la grève est insoutenable pour de nombreux clients, privés d’opérations aux guichets. Beaucoup de personnes n’arrivent pas à toucher leur salaire. Rencontré à l’ACI 2000 devant une banque de la place, Mamadou Danfaga, agent de police, était venu pour une opération bancaire. «Franchement, cette situation est inadmissible. Les grévistes doivent tenir compte de la situation actuelle du pays», a-t-il dénoncé, avant d’attirer l’attention des grévistes sur le fait que certains parents qui doivent payer les fournitures scolaires pour leurs enfants, n’ont pas encore touché leur salaire, à cause de ces arrêts consécutifs du travail dans certaines banquiers. Moussa Dembélé, un autre client, a invité les protagonistes à la retenue. « Ils doivent, selon lui, faire passer l’intérêt des clients qui traversent déjà des périodes très difficiles à cause de la situation du pays, devant leurs intérêts personnels». Dimanche dernier, les syndicalistes étaient autour de la table de négociations avec l’Association des banques et établissements financiers (APBEF) et le Comité des compagnies d’assurances (CCA) au ministère du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, de 17h à 02h du matin, en présence du ministre de l’Économie et des Finances. Mais aucun point des revendications concernant le SYNABEF n’a été accepté par l’APBEF et le CCA. « Autrement dit, les patrons de banques restent sur leur position », a regretté le secrétaire administratif du SYNABEF, Cheick Oumar Diakité. Selon les grévistes, seules les requêtes relatives aux conditions de vie et de travail des pompistes des stations services Shell, Total et Oryx et des agents du Pari mutuel urbain (PMU), ont été acceptées. « Quitus a été également donné pour la régularisation de ceux qui travaillaient en gestion déléguée », a encore ajouté le syndicaliste. « Le gouvernement, dans son rôle d’arbitre, s’est beaucoup impliqué dans les négociations », a reconnu notre interlocuteur. « Soucieux de la situation du pays, le SYNABEF a retiré devant le ministre en charge du Travail, les points relatifs au directeur général de la BDM, Bréhima Haïdara, à Mme Kané Djénaba Sall et à la transposition et la relecture de la Convention collective », a détaillé Cheick Oumar Diakité. « Ces concessions n’ont pas pu faire fléchir la position des patrons de banques », a-t-il regretté, menaçant de poursuivre la grève si les doléances ne sont pas satisfaites. Une source à l’APBEF indique que les parties vont se retrouver, à nouveau, autour de la table de négociations afin de parvenir à un compromis. «Faute de satisfaction, la grève sera reconduite pour 72h», avait menacé la semaine dernière, le secrétaire général du SYNABEF, Hamadoun Bah. Il avait rappelé que son organisation exige, entre autres, le retour à la BDM de Mme Kane Djénébou Sall, «arbitrairement licenciée», la relecture de la convention sur la grille salariale pour une augmentation de 30% qui, selon la convention, doit se faire tous les trois ans. Le syndicat réclame, aussi, de remettre dans leurs droits les 45 travailleurs d’Ecobank-Mali licenciés pour motif économique. Hier, la direction générale de la Banque nationale de développement agricole (BNDA) et Ecobank ont assuré un service minimum, une manière de répondre aux cris de détresse  de leurs clients. Les grévistes vont-ils entendre les cris de détresse de leurs clients ? Pas si sûr. Les syndicalistes semblent déterminés à faire aboutir leur lutte. Ils montaient hier la garde dans les cours des banques concernées pour s’assurer du suivi strict du mot d’ordre de grève. À la Banque malienne de solidarité (BMS S.A), le secrétaire administratif du Synabef et ses camarades assuraient le piquet de grève. BBC/MD (AMAP)