Bamako, 3 septembre (AMAP) Affairées autour de leur commerce, ces braves dames attirent la clientèle sur des motos, dans des véhicules ou à pied en leur proposant leurs produits à savoir du poisson local frais de tous gabarits.
Ce commerce, depuis belle lurette est florissant et occupe une grande majorité de citoyens composés d’adolescents, d’adultes et de personnes âgées tant bien qu’homme que femme.
Le commerce du poisson local se porte bien, affirment les vendeuses installées sur le site désormais connu sous le nom de « Sélingué place », une zone située au quartier du fleuve à côté du centre de santé de la mutuelle de la Santé, faisant face à l’imposant immeuble de la BCEAO. Plus d’une cinquantaine de commerçantes y ont désormais installé des frigos pour conserver leurs produits et vendre des variétés locales issues de plusieurs régions du pays.
Avant d’occuper ce site riverain, ces vendeuses exerçaient au marché Dibidani, puis au site Somalibo, situé à quelques mètres du marché Dibidani. Elles s’approvisionnent aujourd’hui dans les régions de Gao, Mopti, Dioïla, Ségou et dans des localités comme Macina, Sélingué et Markala.
Les espèces commercialisées comprennent le capitaine ou « salen », la carpe ou le « « tèben, « Wouloudièkè », ou encore le silure, la carpe, le capitaine et l’anguille. Les prix à la vente au kilo varient entre 3 500 et 3 750 FCFA, expliquent ces commerçantes.
Pour la plupart, la vente de poisson est une activité familiale transmise de mère en fille. Sokona Dicko, 45 ans, raconte qu’elle fréquente ce marché depuis l’âge de 9 ans. « Toute ma vie est consacrée à cette activité : je suis née dedans, j’ai grandi dedans et j’y mourrai, incha Allah », dit-elle. Ses journées peuvent voir partir plus de quinze paniers, certains pesant plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de kilogrammes, qui lui donne dès fois des bénéficies considerableé. Elle vend à la fois aux grossistes et aux revendeurs de quartiers comme Sabalibougou, Daoudabougou, Kalabancoro, Niamakoro et Ouolofobougou.
Transporteurs et clients donnent leurs avis
Les transporteurs à vélo, dans les taxis ou des mini bus sont rémunérés en fonction de l’entente directe. Bakary Fomba, avec un gros panier sur son vélo dont le porte bagages est modifié par les ferrailleurs, est satisfait de son travail qui lui permet d’assurer ses dépenses. Selon lui son vélo peut transporter les 50 kg de poisson ou même plus, car certains poissons peuvent atteindre les 20 kg.
Halima Sissoko, une fonctionnaire, non loin de ce point de vente, s’approvisionne régulièrement à Sélingué Place. Elle nous a affirmé qu’elle achète depuis plusieurs années du bon poisson frais, en ce lieu devenu un grand centre commercial de vente du poisson local.
Mohamed Traoré, un habitué du coin est du même avis. Il dit acheter du poisson depuis longtemps pour sa famille à un prix abordable, défiant toute concurrence. L’intérêt c’est qu’ici on ne vend pas du poisson importé.
Difficultés rencontrées
Malgré la rentabilité, les commerçantes rencontrent plusieurs difficultés. Le paiement différé pratiqué par certains revendeurs crée des tensions : « Dans les localités où nous nous approvisionnons, on paye sur le champ. Mais ici, certains prennent la marchandise et ne paient qu’après quelques jours, voire mettent longtemps à payer », explique Mme Dicko. Le site lui-même manque d’aménagements qui permettraient de meilleures conditions de vente. Avec l’arrivée de la saison des pluies, la situation devient d’autant plus inconfortable.
Le manque de glace sur les lieux d’achat, avec la crise depuis 2012, notamment dans la région de Gao, représente une autre source de préoccupation. « Si nos fournisseurs n’ont pas assez de glace, nous risquons des pertes importantes, des deux côtés », signale Fatoumata Samaké, 42 ans, qui explique vendre certains jours l’équivalent de tonnes de poisson. Elle estime son bénéfice journalier entre 50. 000 et 100 000 FCFA les bons jours, et entre 30 000 et 60 000 FCFA les jours plus faibles.
Un commerce qui rapporte
Pour certaines de ces vendeuses, ce commerce constitue une source de revenus stable et respectée. Kadiatou Samaké, active depuis l’âge de 25 ans, confie : « Alhamdoulilahi, je ne me plains pas du tout. Ce commerce me permet de vivre dignement et de subvenir à mes besoins. » Les revenus tirés du commerce ont permis à un bon nombre de réaliser des projets personnels, même si l’activité n’a pas toujours suffi à financer de grosses acquisitions comme une maison ou une voiture.
Les vendeuses demandent des améliorations du site de vente et un meilleur encadrement pour sécuriser les paiements et l’approvisionnement en glace, surtout, au niveau de la Région de Gao. Selon elles, des aménagements simples (points d’eau, abris, capacité de stockage réfrigéré) contribueraient à renforcer la filière locale du poisson et à réduire les risques liés aux intempéries et à la conservation des produits
ST/KM (AMAP)

