Pénurie de gazole à Bamako : Les déboires de Chaka, le taximan
Par Amadou CISSE Bamako, 18 mai (AMAP) Trois grosses gouttes de sueur dégoulinent le long de ses mâchoires alors que Chaka, chauffeur de taxi de son état, ne voit pas le bout du tunnel. « Depuis 5 heures du matin, je cherche du carburant. Jusqu’à présent rien », confie l’automobiliste, au fond de son taxi. Il est bientôt midi. Les stations-service ne sont que peu fréquentées. Les véhicules qui carburent à l’essence n’ont aucun problème d’approvisionnement. Pour le moment. Les voitures à gazole, elles, rencontrent des difficultés qui commencent à paralyser les transports, le commerce et même le service public. A l’entame de la montée de Samé, en Commune III de Bamako, la capitale malienne, un chapelet de stations de carburant s’aligne. Position très stratégique du fait du passage à flux tendu des camions qui partent et reviennent du port de Dakar. Mêmes les géants (Total, Shell et Oryx) s’y sont installés. PAS D’EMBARGO – Malgré le nombre de stations-service, Chaka n’a pas de gazole. Le tableau de bord de sa vieille allemande affiche le rouge : le réservoir est à sec. « Tu vois non ? L’aiguille est au rouge. Depuis le matin, de bonne heure, je suis planqué là, dans l’espoir d’avoir un peu de carburant pour la journée. Vraiment, si c’est comme ça la Transition, nous les pauvres, on a rien compris », balbutie le désespéré. En vérité, la pénurie de carburant n’est pas imputable aux sanctions de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) contre le Mali. Mais, plutôt à la guerre menée sur le sol ukrainien par la Russie. Chaka « s’en fout » de cette conjoncture internationale. Il veut juste un peu de gazole pour travailler et assurer le minimum vital à sa famille nombreuse. La quarantaine bien sonnée, Chaka a deux épouses. Chacune d’entre elles a plusieurs « bouts de bois de Dieu ». Pour lui, fataliste jusqu’au bout, Dieu donne toujours à l’homme les moyens de nourrir sa progéniture. « Pour ce faire, il faut tout de même arriver à travailler », poursuit le chauffeur. LA force de galérer, il est devenu philosophe. Stationné à l’angle nord-est de la station Yara Service, il attend encore la livraison annoncée de gazole. « C’est vrai que nous attendons une citerne qui prend du retard. Sinon ,nous sommes l’une des rares stations à servir du gazole », se tape la poitrine le pompiste. En attendant, Chaka prend son mal en patience. Une heure plus tard, le réservoir du tacot est toujours vide, selon le chauffeur. Un peu plus loin, dans le vieux quartier de Badialan, la station Total est fermée. Quelques policiers assurent la sécurité. Le personnel est en grève pour protester contre le niveau bas de leur salaire. Même atmosphère chez Shell, au quartier du fleuve et Oryx sur la route de Sébéninkoro. CRISE MONDIALE – Il y a quelques semaines, la structure des prix fixée par l’Office nationale des produits pétroliers (ONAP) annonce une augmentation du coût des hydrocarbures à la pompe. « Le problème n’est pas le prix. La difficulté réside au niveau de l’approvisionnement », se plaint un automobiliste qui craint le pire dans les jours à venir. Lui, comme beaucoup de nos compatriotes, préfèrent les véhicules diesel à l’essence, à cause de la consommation. La guerre entre la Russie et l’Ukraine est surtout une guerre pour un nouvel ordre mondial avec le pétrole au cœur des rapports de force. Le Mali, n’étant pas encore producteur de pétrole est obligé de jouer sur différents tableaux pour s’approvisionner. En recevant une cinquantaine de citernes de gazole la semaine dernière, les responsables des Douanes, de l’ONAP et de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) ont promis de tout faire pour éviter le chaos. Avec une consommation journalière de plus d’un million de litres, le Mali aura du mal à joindre les deux bouts. « La crise est mondiale. Avec ou sans l’embargo, la guerre et les sanctions internationales contre la Russie conduisent forcément à une crise mondiale du pétrole », commente un responsable du Ministère de l’Economie et des Finances. AC (AMAP)
Mali-Union européenne (UE) : Plus de 32 milliards de Fcfa pour lutter contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle
Bamako, 17 mai (AMAP) Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop et l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) au Mali, Bart Ouvry, ont signé, lundi, au ministère des Affaires étrangères, la convention de financement du nouveau programme «Résilience et développement durable au centre du Mali», annonce la page Facebook du diplomate européen. D’un montant de 50 millions d’euros (32,8 milliards de Fcfa) pour une durée de 5 ans, ce nouveau programme servira, « en particulier à améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations vulnérables, prévenir la malnutrition et renforcer les capacités de résilience et de gestion des risques des institutions nationales, locales et des communautés », indique la même source . Egalement, le programme intégrera le Plan national de réponse (PNR) du Commissariat à la sécurité alimentaire (CSA), en particulier, pour les aspects d’assistance alimentaire et les activités d’appui aux moyens d’existence. « Il s’inscrit dans la continuité des engagements que l’UE a pris vis-à-vis du gouvernement pour soutenir ses efforts afin de garantir à tous les Maliens l’accès à une nourriture suffisante et de qualité, condition indispensable de l’équité sociale et du développement du Mali ». Selon l’ambassadeur de l’UE au Mali, «cette cérémonie traduit, une fois encore et en actes concrets, les engagements de l’Europe (Institutions et États membres) à accompagner le Mali dans ses efforts pour le développement, la sécurité et la paix». M. Ouvry a souhaité la poursuite de cette bonne coopération avec le gouvernement du Mali et l’ensemble des partenaires « dans un esprit de dialogue ouvert ». MD (AMAP)
Transports et Infrastructures au Mali : Des résultats malgré le contexte difficile
Par Babba COULIBALY Bamako, 16 mai (AMAP) Le gouvernement compte redémarrer le trafic ferroviaire et continue de faire des efforts pour achever des travaux routiers à travers le pays, a déclaré Mme Dembélé Madina Sissoko, la ministre des Infrastructures et des Transports. La ministre des Infrastructures et des Transports, dans l’émission «Mali kura taasira» de la Télévision nationale, a promis de relancer le transport ferroviaire national, en arrêt total depuis 2018 et cela, dès fin décembre 2022. Elle a assuré qu’à ce jour, les 19 gares, de Bamako à Kayes, ont été entièrement réhabilitées. Les travaux d’entretien de la voie ferrée (curage des fossés, décapage, désherbage et débroussaillement) ont été exécutés de Bamako à Diboli, les ateliers centraux de Korofina et de Kayes ont été réhabilités et les rails défectueux entre Bamako et Kayes, remplacés. Parlant du réseau routier, Mme Dembélé Madina Sissoko s’est réjouie de la réalisation de plusieurs projets. Il s’agit, entre autres, de l’aménagement en 2×2 voies de la traversée de Sikasso et les voies connexes, des travaux d’aménagement en 2×2 voies de la voie reliant le 3è pont de Bamako à la RN6 (3,26 km), y compris la construction d’un échangeur au croisement. Les travaux de réhabilitation de la section Tour de l’Afrique-Yirimadio de la RN6 (6,5 km) ont été réceptionnés le 24 février dernier, l’aménagement de la voie de Kouloubléni, longue de 5 km environ, dans la Commune rurale de Kalabancoro, Cercle de Kati, est terminé et a été réceptionnée le 11 avril. Quant aux travaux de construction et de bitumage de la bretelle-Katélè-Kadiolo-Zégoua et l’aménagement de 4 km de voiries urbaines dans la ville de Kadiolo (Sud), la réception ne devrait plus tarder. S’agissant des travaux d’entretien routiers et des travaux d’urgence, Mme Dembélé a fait savoir que, contrairement aux autres années, ces travaux sont en cours depuis janvier 2022. Ce programme d’entretien des routes nationales, d’un montant de plus de 18 milliards de Fcfa, porte sur un linéaire total de 9.226 km, dont 5.449 km (59,06 %) de routes revêtues et 3.777 km, soit 40,94% de routes en terre et pistes. Concernant les routes interurbaines, les travaux sont déjà terminés. « Quant aux travaux d’entretien des routes régionales, locales et communales, d’un montant de près de 4 milliards de Fcfa, ils ont porté sur un linéaire total de 4.416 km, dont 351 km, soit 7,95 % de routes revêtues et 4.065 km, soit 92,05% de routes en terre et pistes rurales », a précisé la ministre. Au titre des travaux d’urgence d’entretien de certains axes routiers du District de Bamako, elle a rappelé que dans le cadre de son programme d’urgence sociale, le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a accordé un montant de 5 milliards de Fcfa pour les actions de sauvegarde du patrimoine routier prioritaire du District de Bamako, afin d’améliorer le niveau de service des routes. Le programme porte essentiellement sur les travaux de réparation des dégâts d’hivernage, le redimensionnement de certains ouvrages, ainsi que l’entretien et la réhabilitation de certains tronçons. Il s’étend sur 16 axes routiers, à travers le District de Bamako, dont 9 sur la Rive droite et 7 sur la Rive gauche. Selon Mme Dembélé Madina Sissoko, les perspectives de l’année 2022 porteront essentiellement sur l’achèvement des travaux routiers en cours, le démarrage de certains travaux routiers et de certaines études routières. Il s’agit du programme spécial des travaux d’entretien routier dans les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Mopti et du District de Bamako. Ce programme, d’un montant de 15 milliards de Fcfa, porte sur un linéaire de 216 km de routes bitumées et 14 km de routes en terre. Dans ce programme de constructions routières, on retient l’achèvement de la tranche ferme des travaux de construction et de bitumage de la route Banconi-Dialakorodji-Safo-Dabani-Nossombougou (56 km); les travaux de construction d’un d’échangeur et l’aménagement de 10 km de voiries à Sikasso; les travaux de construction et de bitumage de la route Goma Coura-Tombouctou. BBC/MD (AMAP)
Une délégation qatarie au Mali : Les projets futurs au menu des échanges
Bamako, 16 mai (AMAP) Le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a reçu, samedi, une délégation du Qatar comprenant Nawaf Abdulla Ah Al-Hammadi, directeur des opérations internationales et du partenariat de Qatar Charity en séjour au Mali. Conduite par le chargé d’affaires de l’ambassade du Qatar au Mali, Hamad Jaber Al Khayarine, la délégation était venue échanger avec les autorités sur les projets futurs à mettre en œuvre ensemble. Dans ses propos liminaires, le chef du gouvernement malien s’est réjoui de l’accueil chaleureux qui lui a été réservé lors de sa visite à Doha, il y a quelques semaines. Selon Dr Choguel Kokalla Maïga, cette visite au Qatar a suscité beaucoup d’espoir chez les Maliens qui estiment qu’elle marque un nouveau départ pour la coopération entre le Mali et le Qatar. Prenant la parole, le chargé d’affaires de l’ambassade du Qatar au Mali a indiqué qu’ils ont suivi la visite du Premier ministre où il a brillamment participé au Forum de Doha. Hamad Jaber Al Khayarine a souligné que cette visite augure de belles perspectives pour la coopération entre les deux Etats et espéré qu’elle ouvre de nouveaux horizons pour ladite coopération. Il s’est dit confiant qu’à partir de cette visite, les jalons d’une nouvelle ère de la coopération entre les deux pays ont été posés. Pour sa part, le directeur des opérations internationales et du partenariat de Qatar Charity a exprimé la volonté de son organisation de renforcer sa coopération avec le Mali. Selon Nawaf Abdulla Ah Al-Hammadi, sa visite au Mali rentre dans le cadre d’un échange avec les autorités sur les éventuels projets à mener ensemble. «Nous sommes conscients de la particularité des moments que le Mali traverse et nous sommes avec le Mali dans ces moments difficiles», a déclaré le directeur des opérations internationales et du partenariat de Qatar Charity. Il a rappelé que son organisation travaille au Mali depuis des années et a financé de nombreux projets. « Au cours du mois de ramadan, a-t-il dit, il y a eu une mobilisation de fonds pour le financement de nombreux projets dans les mois à venir. Nawaf Abdulla Ah Al-Hammadi a promis que la coopération entre le Mali et son organisation ira crescendo. Il a demandé que certaines régions ou zones soient identifiées avec le gouvernement où ils vont financer des projets pendant cinq ans. L’objectif étant de faire en sorte que leurs actions aient un impact dans la société malienne. Il a soumis aux autorités maliennes un certain nombre de doléances pour faciliter le travail de l’organisation dans le pays, notamment des exonérations douanières et la mise à disposition d’un terrain pour la réalisation du siège de Qatar Charity. En réponse, le Premier ministre leur a demandé de saisir le gouvernement officiellement pour ces demandes. Avant d’inviter les ministres conviés à énumérer les besoins urgents du Mali dans leurs domaines respectifs. Sur place, le chef du gouvernement a fait savoir aux partenaires de Qatar Charity que le Mali a des besoins urgents d’aide humanitaire. Il a, aussi, souligné des besoins dans le domaine de la jeunesse, de la construction citoyenne, de l’emploi, de la formation professionnelle, de l’appui aux arabophones, etc. Avant de proposer à ses hôtes d’échanger avec les ministres concernés pour élaborer un document sur les projets à mettre en œuvre. Après la rencontre avec le Premier ministre, la délégation qatarie a eu une séance de travail avec plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne Mossa Ag Attaher, le ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes, Mahamadou Koné, le ministre de l’Entreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Bakary Doumbia, de la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Wadidiè Founè Coulibaly, et le ministre délégué auprès du ministre de la Santé et du Développement social, chargé de l’Action humanitaire, de la Solidarité, des Refugiés et des Déplacés, Oumarou Diarra. DD/MD (AMAP)
Produits pétroliers : Les prix restent inchangés au Mali
Bamako, 13 mai (AMAP) Les prix indicatifs plafonds, à la pompe des produits pétroliers liquides en vigueur restent inchangés. annonce la Commission de suivi du mécanisme de taxation des produits pétroliers Dans un communiqué rendu public, mercredi, la commission précise que la décision a été prise sur la base des prix fournisseurs de mai 2022. Ainsi, les prix en vigueur sont de 762 Fcfa/litre pour le supercarburant sans plomb, 760 Fcfa/ litre de gasoil et du Distillat Diesel Oil (DDO). Quant au Fuel-oil 180, il est de 588 Fcfa/litre. Les prix du litre du pétrole lampant et du Jet A1 sont libres. Le communiqué ajoute que le prix subventionné du kilogramme de gaz butane est de 485 F Fcfa. Par conséquent, le prix de vente de la bouteille de 2,75 kilogrammes est de 1.335 Fcfa et celui de la bouteille de 6 kilogrammes est de 2.910 F cfa. Quant au prix non subventionné du kilogramme de gaz butane, il reste à 985F cfa. MD (AMAP)
Approvisionnement en produits pétroliers : Livraison de 2 millions de litres de gaz-oil
Bamako, 13 mai (AMAP) Un convoi de 48 camions citernes, parti du port de Conakry a été réceptionné, jeudi, à Kourémalé, à la frontière de la Guinée, par les autorités maliennes. C’était aux environs de 12 heures 30, sous un soleil de plomb que la délégation a réceptionné le premier convoi de 48 citernes sur 52 prévues. Cette cargaison, représentant la moitié de la quantité prévue, est destinée à Energie du Mali (EDM), la compagnie publique d’électricité, pour renforcer ses stocks Le carburant transportée par la Société malienne de produits pétroliers (SOMAPP) de la Guinée Conakry a été réceptionné sur le territoire malien par le directeur général des Douanes, Amadou Konaté, celui de l’Office national des produits pétroliers (ONAP), Modibo Gourou Diall, et du président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Youssouf Bathily. Plusieurs autorités politiques et administratives de la localité étaient présentes. Cette livraison fait suite aux commandes que les autorités maliennes ont faites, le 28 avril dernier, auprès de la Guinée. À cet effet, une mission de haut niveau conduite par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, s’est rendue dans la capitale guinéenne. La délégation comprenait, également, le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, la ministre des Transport et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, le président de la CCIM et le directeur général de l’ONAP. Selon le président de la CCIM, la délégation a pu échanger avec les autorités guinéennes pour voir dans quelle mesure le Mali peut trouver la quantité de produits pétroliers afin de renforcer la capacité du stock national. «Les autorités guinéennes avaient promis de nous donner 4 millions de litres de gazole. Les 2 millions de litres sont arrivées ce matin (Ndlr hier). 48 camions sont déjà arrivés à Kourémalé sur les 52 chargés. Les autres arriveront ce vendredi», a expliqué Youssouf Bathily. SATISFAIRE LES BESOINS – En ce qui concerne la rareté du carburant, constatée ces deux jours, au Mali, le président de la CCIM a dit que cette situation n’est pas liée à la crise mais à une grève déclenchée par les syndicats du groupement professionnel du pétrole qui est composé des multinationales. Youssouf Bathily a assuré que toutes les dispositions sont prises pour satisfaire les besoins des populations en carburant. «Toutes les dispositions sont prises pour ravitailler le pays en produits pétroliers par le secteur privé et l’État qui se sont engagés à trouver des moyens très rapidement avec les pays amis », a-t-il soutenu. Pour sa part, le directeur général des Douanes a rassuré les opérateurs économiques maliens que l’État prend toutes les dispositions pour que l’axe Bamako-Conakry soit le corridor le plus sécurisé du pays. «J’invite les opérateurs économiques à emprunter le corridor Conakry-Bamako. C’est le corridor le plus sûr», a déclaré l’inspecteur général Amadou Konaté, insistant sur la solidité des relations entre la Guinée et le Mali. « Quand il y a eu la pandémie d’Ebola en Guinée, le Mali n’a pas fermé ses frontières à la Guinée. Et quand il y a eu l’embargo contre le Mali, la Guinée est restée ouverte au Mali », a rappelé Amadou Konaté. Le port de la Guinée étant le plus proche du Mali, il faudrait, selon lui, que nos opérateurs économiques réorientent leurs activités vers ce port. En marge de la cérémonie de réception, la délégation a rendu une visite de courtoisie au chef de village de Kourémalé. AG/MD (AMAP)
Gao : Succès du tissu artisanal « Dali Fini »
Par Abdourhamane TOURE Gao, 11 mai (AMAP) A Gao, la Cité des Askia, dans le Nord du Mali, les commerçants n’arrivent plus à satisfaire la forte demande du pagne «Dali fini». Le pagne «Dali fini» en langue nationale Bamanan est un tissu artisanal en coton tissé par nos artisans. Ce tissu est originaire de la Région de Ségou. Si dans notre pays on l’appelle «Dali fini», au Burkina, c’est le «Faso fani». Actuellement, il est très prisé sur le marché de Gao. Ce regain d’intérêt pour le made in Mali peut être attribué au Premier ministre Choguel Kokalla Maïga qui porte constamment ce tissu. À Gao, s’en vêtir est devenu un phénomène de mode. «Je vendais avant ce tissu «Faso fani» et pouvais passer des mois sans en écouler le moindre mètre. Mais depuis que le Premier ministre le porte, les clients se sont ruées là-dessus. Malheureusement, il y a une rupture», explique la commerçante Hawa Traoré, originaire du Burkina Faso. Elle dit avoir beaucoup de commandes non encore satisfaites. «J’achète mes tissus au Burkina Faso à trois endroits différents, notamment chez les revendeurs, les tisserands et au niveau des associations féminines burkinabè. Souvent, j’achète 2 pagnes à 6.000 Fcfa et les revends à 15.000 Fcfa. Il y a aussi un autre motif dont les 2 pagnes coûtent 18.000 Fcfa. On revend ce modèle à 25.000 Fcfa», explique la commerçante. La clientèle de Hawa Traoré est majoritairement constituée de femmes qui en achètent pour leurs époux, en guise de présents. Ce tissu a une valeur culturelle ancestrale parce quon le retrouve dans le trousseau de mariage. Mais, la différence réside dans le motif choisi en fonction des ethnies. Au Mali, le «Dali fini» est produit dans les Régions de Koutiala, Ségou, Sikasso et Bamako. «Même avec toutes ces productions, on n’arrive pas à satisfaire les commandes, autrement dit à approvisionner le marché suffisamment», confie un responsable du Centre de développement artisanal des textiles. Selon lui, ce tissu coûte 4.000 Fcfa l’unité à Bamako, la capitale, alors qu’à Gao, les trois pagnes sont cédés à 25.000 Fcfa. Dans la boutique de la société Adama Maïga et Frères, on trouve des pagnes de toutes les qualités (wax, bogolan) à l’exception du «Dali fini» ou «Faso fani». Le gérant de la société, Modibo Kane Maïga, oriente les clients qui cherchent le «Dali fini» vers la commerçante Hawa Traoré. Mme Sidibé Kadia Maïga, fraichement mariée, confie être venue chez «Maïga et Frères» pour acheter du bogolan parce qu’elle a déjà dans son trousseau de mariage trois pagnes de «Dali fini». L’opérateur économique Albouhari Alhousseini déclare que s’habiller avec du «Dali fini» est une reconnaissance des efforts de nos cultivateurs, mais aussi un acte de panafricanisme et d’affirmation de l’indépendance du Mali. Quant à l’enseignant à la retraite, Youssouf Maïga, il estime que le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, assure bien la promotion du Made in Mali, avant d’ajouter : «Si nous voulons notre souveraineté, nous devons consommer ce que nous produisons». Le directeur régional de l’artisanat de Gao, Sékou Diakité, relève qu’hier le «Dali fini» n’était pas à la portée de tout le monde parce que, selon lui, c’était le mode vestimentaire des plus nantis. Aujourd’hui, il est accessible à tous. Il recommande aux autorités de développer des industries textiles pour davantage vulgariser ce tissu. AT/MD (AMAP)
Exportation du coton du Mali : Le chemin mène au port de Conakry
Bamako, 10 mai (AMAP) Une trentaine de camions chargés de fibre de coton pour environ 1.000 tonnes a quitté, vendredi dernier, Kourémalé, pour la capitale guinéenne, Conakry. Ces camions de fibre de coton de la production 2021/2022, qui part de la frontière Mali-Guinée, transitera par le Port de Conakry. Le top départ de ce premier convoi a été donné par le ministre du Développement rural. Modibo Keïta était accompagné de ses collègues en charge des Infrastructures et des Transports, Mme Dembélé Madina Sissoko, et de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Oud Mohamed. C’était en présence du directeur général du Port autonome de Conakry, Mamadou Biro Diallo, du directeur général adjoint de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), Cheick Oumar Tidiane Doucouré, des responsables des douanes et opérateurs économiques des deux pays. Le gouvernement malien est résolu de faire du Port autonome de Conakry, concédé à la société de droit turc Albayrak, géré par sa filiale guinéenne Alport Conakry, le principal débouché du Mali sur la mer pour son commerce extérieur. Redynamisée à cet effet, suite à l’embargo imposé au Mali par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la coopération économique et commerciale entre Bamako et Conakry continue de se renforcer. « C’est après la rénovation des magasins et des aires de stockage conformément aux exigences de stockage du coton que ce premier convoi quitte Kourémalé », a précisé le ministre du Développement rural. Des missions de prospection commerciale de la CMDT ont séjourné en Guinée de janvier à avril 2022. Elles ont défini tous les contours de cette opération qui doit se dérouler dans les meilleures conditions de transport, de transit, de chargement sur bateaux et d’expédition. Cette opération s’inscrit dans le cadre de la matérialisation de la volonté de diversification des voies d’exportation des produits maliens. «Dans le cadre de la diversification de l’accès à la mer, le Mali a signé avec l’ensemble des pays frontaliers des Accords de coopération en matière de transport et transit maritime. Aujourd’hui, nous sommes sur le corridor Bamako-Conakry, le corridor le plus proche du Mali (environ 900 km) comparé aux ports que nous fréquentons», a expliqué la ministre des Infrastructures et des Transports Mme Dembélé Madina Sissoko, Elle a exhorté l’ensemble des opérateurs économiques à œuvrer pour la redynamisation de ce corridor qui, selon elle, n’avait reçu un trafic de ce genre depuis plus de 23 ans, c’est-à-dire l’exportation de produit essentiel du Mali qui est l’or blanc. INVESTISSEMENTS – « Produit essentiel car le coton est le principal produit d’exportation de notre pays après l’or, il reste un espoir sûr pour le Mali au regard du rôle important qu’il joue dans le développement économique, politique, social et culturel du pays », a souligné le ministre Modibo Keïta. Selon lui, la transformation locale du coton étant encore peu significative, seule son exportation reste, pour le moment, la solution de sa valorisation. « Il importe alors de transcender notre continentalité pour diversifier les voies et moyens de faciliter l’accès de notre coton au marché international», a dit le ministre Modibo Keïta. L’exploitation du corridor Conakry-Bamako, jusqu’à une date récente, était restée timide. Elle a commencé à se développer grâce aux efforts d’investissements routiers de la partie guinéenne. Des investisseurs étrangers tel que le turc Albayrak font l’effort de mettre en valeur ce corridor pour diversifier les ports de desserte du Mali et faciliter le transit des marchandises à l’importation et à l’exportation. Toute chose qui justifie l’ouverture à Bamako de la représentation d’Alport Conakry au Mali. Cet élan s’est renforcé suite à la déclaration des autorités de Conakry de ne pas fermer leurs frontières terrestres et aériennes au Mali, au lendemain de l’embargo imposé au Mali par les chefs d’État de la CEDEAI. Cela en raison non seulement des liens historiques qui lient la Guinée et le Mali mais aussi, et surtout, en reconnaissance du fait que notre pays est le seul à n’avoir pas fermé ses frontières aux citoyens guinéens pendant l’épidémie de la maladie à virus Ebola. COOPÉRATION – Les autorités portuaires guinéennes ont confirmé leur engagement par des efforts énormes d’investissements. Ce qu’a illustré le directeur général du Port autonome de Conakry, Mamadou Biro Diallo, en citant la reconstruction complète de la route Lankan-Conakry, des échangeurs de désengorgement à Kagbelen et km 36, et la construction de la pénétrante routière de 4,2 km au Port de Conakry avec un parking de stationnement de 1.200 camions dont un espace dédié spécialement aux camions maliens. Autres acquis, de l’avis du directeur du Port de Conakry, la construction de quais supplémentaires et l’aménagement des aires de dépotage pour les marchandises maliennes, la modernisation des installations du terminal à conteneurs du Port de Conakry, l’acquisition des portiques et des grues mobiles permettant d’améliorer la cadence de déchargement des conteneurs à 60 EVP/heure. Pour la sécurité des biens et marchandises, le dispositif d’éclairage public et de vidéo surveillance des installations portuaires a été renforcé. S’y ajoutent, selon M. Diallo, la mise aux normes de sécurité des magasins dédiés au coton malien et la fonctionnalité du Port de Conakry 24/24 et 7/7. Les autorités maliennes ont demandé aux chauffeurs de camions et autres accompagnateurs du convoi de respecter les lois et réglementations du pays d’accueil pour préserver la bonne image du Malien et les relations exemplaires qui ont toujours existé entre nos deux États. Interrogé à la fin de la cérémonie, le directeur général adjoint des douanes du Mali, Ahmed Ag Boya, a assuré que toutes les mesures sont prises pour éviter les tracasseries au cours de cette opération. BBC/MD (AMAP)
La Chambre de commerce du Mali et le Port autonome de Conakry main dans la main
Bamako, 09 mai (AMAP) Le directeur général du Port autonome de Conakry, Mamadou Biro Diallo, a rassuré les opérateurs économiques maliens que toutes les précautions sont prises par la Guinée pour leur donner plus de satisfaction, notamment sur le plan des infrastructures portuaires et de la praticabilité de l’axe Bamako-Conakry. M. Diallo intervenait lors d’une séance de travail qu’il a eue, vendredi dernier, avec les responsables de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM). Avec le président de la CCIM, Youssouf Bathily, et des opérateurs économiques maliens, le directeur général du Port autonome de Conakry, entouré de spécialistes du domaine, a expliqué aux partenaires maliens les efforts de son pays dans ce sens et ceux en cours. Mamadou Biro Diallo a révélé qu’en la matière, les douanes maliennes et guinéennes sont à pied œuvre pour faciliter les opérations de dédouanement. Le président de la CCIM a, pour sa part, souligné que les opérateurs économiques du Mali, sont attentifs aux engagements des autorités guinéennes relatifs à l’amélioration des conditions d’accès au Port. Selon M. Bathily, ceci permettra une meilleure exploitation du Port de Conakry, « le plus proche de Bamako ». Pour ce faire, «nous exhortons les autorités portuaires à mettre un accent particulier sur la communication à l’international afin de contribuer à la sensibilisation des armateurs et autres traders à l’amélioration des conditions d’accès et des installations logistiques au niveau du Port», a préconisé Youssouf Bathily. Les hommes d’affaires maliens avaient rappelé des difficultés relatives à la praticabilité des eaux et des capacités logistiques du Port de Conakry, à l’insuffisance des infrastructures d’accès à la plateforme portuaire, à l’insuffisance des infrastructures routières et autres équipements marchands tout le long du corridor. S’y ajoutent, les questions de sécurité et les tracasseries douanières de part et d’autre. OD/MD (AMAP)
Kidal : Les donateurs du Fonds fiduciaire des Nations Unies venus constater des réalisations dans la Région
Kidal, 06 mai (AMAP) Une délégation de pays contributeurs au Fonds fiduciaire des Nations Unies pour la paix et la sécurité au Mali, a effectué pour la toute première fois, une mission de trois jours à Kidal (dans le Nord du Mali), du 25 au 27 avril 2022. Les représentants de l’Allemagne, du Canada et du Royaume-Uni étaient venus constater la concrétisation de différents projets qu’ils ont financée dans la région à travers ce Fonds. Une visite qui survient en prélude à la Journée internationale des Casques bleus célébrée tous les 29 mai et dont le thème de l’édition 2022 est «Le partenariat, clef du progrès». «C’est la première fois que nous conduisons une mission avec les bailleurs du Fonds fiduciaires à Kidal. Les donateurs ont pu voir les réalisations et échanger directement avec les autorités locales et les bénéficiaires. C’était aussi une excellente occasion pour nous-mêmes et nos partenaires de comprendre les défis et les opportunités sur place», a expliqué Loubna Benhayoune, la Directrice de la section chargée de la stabilisation et du relèvement à la Minusma, qui a coordonné ce «déplacement inédit des donateurs» vers la capitale de l’Adrar des Ifoghas. «Nos échanges ont porté sur des préoccupations concernant la précarité dans plusieurs domaines et dans cette région en particulier. Il était question du retour des déplacés qui reviennent, partis à cause des conflits, et du retour des services sociaux de base et de la réhabilitation des services techniques pour que les fonctionnaires qui arrivent soient dans de bonnes conditions de travail», a indiqué Colonel Fodé Malick Sissoko, gouverneur de Kidal, après avoir rencontré la délégation. «Parmi les points sensibles pour Kidal cette année, il y a les déplacés qui sont venus de Ménaka et la sécheresse qui frappe la région», a complété Hassane Ag Fagaga, président de l’autorité intérimaire à Kidal. Après avoir échangé avec la coordination de la société civile, les trois bailleurs se sont rendus sur le chantier de la piste d’atterrissage et ont fait l’état des lieux des travaux, tout en rappelant l’importance de ce projet pour le désenclavement de la région. «C’est une bonne opportunité de rencontrer les populations de Kidal, de visiter les projets que nous avons appuyé au travers du Fonds fiduciaire et d’apprécier le travail de la Minusma dans la région. Nous avons eu des échanges fructueux avec les autorités locales. La rencontre avec la société civile était une bonne opportunité pour comprendre comment travailler ensemble», a expliqué Julien Brisson, second secrétaire politique à l’ambassade du Canada au Mali. Les donateurs du Fonds fiduciaire ont également visité le barrage d’Iklahine, (à 15 km au sud-est de la ville). Sur place, représentants de la communauté et l’ONG locale Aford, ont présenté cet ouvrage de 43m de long. « Nous sommes très heureux de cette réalisation qui va alimenter la nappe phréatique et nos puisards. Ce barrage va alléger le fardeau de ces communautés nomades et d’éleveurs qui ne vont plus se déplacer pour chercher de l’eau dans les autres sites», a témoigné Souleymane Ag Ahmed, chef du secteur (subdivision d’un quartier) d’Iklahine. Avec une capacité de retenue d’environ 22 000 litres d’eau, ce barrage peut alimenter en eau quelque 2 500 personnes et leurs cheptels et ce, jusqu’à six mois après l’hivernage. Une réalisation rendue possible grâce à un financement du Royaume-Uni de plus de 53 millions de Fcfa. « À côté du déploiement de nos militaires au sein de la Minusma, nous finançons des projets à travers le Fonds fiduciaire pour soutenir la stabilisation du Mali. Les représentants de la société civile de Kidal ont évoqué la nécessité de la maitrise de l’eau dans la région. Le gouvernement du Royaume-Uni a pu aider à ce niveau avec la construction de ce barrage souterrain pour que l’eau puisse stagner et bénéficier à la population locale», a expliqué Fraser Campbell, représentant de l’Ambassade du Royaume-Uni au Mali lors de cette première visite à Kidal. Un autre financement du Royaume-Uni a permis d’installer 105 lampadaires solaires dans les 11 quartiers de Kidal dont la remise officielle aux autorités a coïncidé avec la visite de la délégation des bailleurs, le 26 avril. Il s’agit de la seconde étape d’un projet d’installation de 200 lampadaires solaires dans la ville financée par le Royaume-Uni. La première a été réalisée grâce à une contribution du Danemark par le biais du au Fonds de consolidation de la paix. La délégation a aussi visité les trois radiers, points de passage dans les quartiers d’Aliou et de Tazargaf, financés par le Canada. La matinée s’est terminée au camp du 72 Régiment d’infanterie motorisée des FAMa à Kidal. Une rencontre a eu lieu avec les officiers du bataillon, en plus d’une visite guidée des bâtiments rénovés grâce au financement de l’Allemagne. La délégation a également parcouru l’infirmerie construite et équipée grâce à un projet à impact rapide de la Minusma et qui a été complété à travers des ressources du Fonds fiduciaire. Avant leur retour à Bamako, les donateurs ont rencontré les responsables de la Force et de la Police des Nations Unies dans la région, tout comme les équipes civiles de la Mission pour aborder, entre autres, le rôle de la Minusma dans la protection des civils. AMAP avec la MINUSMA

