Exploitation pétrolière ou gazière : Le gouvernement du Mali opte pour le partage de production

Bamako, 15 juin (AMAP) Le gouvernement du Mali n’acceptera plus de contrat de concession mais plutôt celui de partage de production en cas d’éventuelles exploitations pétrolière, gazière ou d’hydrogène dans son sous-sol, a appris l’AMAP, jeudi, à Bamako. Le taux de partage va de 20 à 40% pour l’Etat, selon cette décision validée par un Conseil de cabinet tenu à la Primature et qui a porté sur des dossiers de recherche et d’exploitation pétrolière, gazière ou d’hydrogène, présentés par le ministre des Mines, de l’énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, s.  Au sortir du Conseil, le chef du département s’est montré satisfait « en attendant l’exploitation pétrolière ou gazière au Mali ». Depuis l’éclatement de la crise en 2012, Le Mali n’a signé aucun contrat de recherche. Pis, toutes les sociétés étrangères se sont retirées, en invoquant un cas de force majeure. En 2015, il y a eu une réforme de la loi pétrolière mais qui n’a pas suffi à attirer les investisseurs. De cette date à nos jours, aucun contrat de recherche pétrolière ou gazière n’a été signé au Mali.  En tenant compte de cette situation et dans la perspective de relancer le secteur pétrolier, selon le ministre Traoré, « le gouvernement de Transition, à la suite de la rectification, a procédé à la relecture de la loi pétrolière ». Ce qui a abouti à modifier la loi pétrolière pour adapter son décret d’application et le contrat type de partage adopté en juin 2022. Cette réforme a commencé à porter ses fruits. « Parce que nous avons eu déjà trois manifestations d’intérêts de trois sociétés, toutes maliennes. Cela est un bonheur, car les retombées seront essentiellement maliennes, après la découverte des richesses», s’est réjoui le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau.  « Il s’agissait pour nous,  a-t-il précisé, d’examiner et de faire en sorte que le contrat type de partage qui va être signé avec ces sociétés puisse permettre d’apporter de meilleures retombées possibles au pays. En cas de découverte de pétrole, de gaz ou d’hydrogène et lorsque l’exploitation va commencer ».  Autrement dit, le gouvernement a opté pour le contrat de partage de productions, conformément au décret type déjà validé en Conseil des ministres, qui accorde des facilités pour la recherche. « Mais, aussi, qui assure à notre pays les meilleures retombées en cas de découverte du pétrole ou lorsque l’exploitation va commencer », a poursuivi le ministre.  Lamine Seydou Traoré a expliqué que le Mali a prévu deux options pour ce faire. La première consiste à faire payer les sociétés une redevance sur leur chiffre d’affaires dès l’exploitation du pétrole, du gaz ou de l’hydrogène. «Le plafond exigé par la loi est de 15%», a-t-il précisé. Déjà, le gouvernement est parvenu à faire accepter à tous les investisseurs que cela soit le taux plafond applicable.  « En plus de cela, a ajouté le ministre Traoré, l’Etat a décidé de ne plus évoluer dans le contrat de concession mais plutôt celui de partage de production. «Le taux de partage va de 20 à 40% pour l’état», a révélé Lamine Seydou Traoré. OD/MD (AMAP)

Trafic ferroviaire : Le train-test arrive, dans la joie à Kita

Par Mohamed Fabrice Kita, 14 juin (AMAP) Une immense foule a pris d’assaut la gare ferroviaire de Kita ce 13 juillet. Ces hommes et femmes, adultes, adolescents et enfants, en une marée humaine diverse, variée et bigarrée, se sont rassemblés sur le site pour voir de leurs « propres yeux » leur train de voyageurs Bamako-Kayes, de nouveau sur les rails ! Un évènement que nul Kitois ne voulait et ne pouvait manquer, pour rien au monde. La ligne de chemin de fer était à l’arrêt depuis plusieurs années.  A 14h30 minutes, le « cheval de fer » est arrivé à Badinko, pour s’immobiliser net à 15h30 minutes, à la gare transrail de Kita où l’attendaient la population aussi nombreuse que joyeuse. A l’escale de Badinko où les autorités régionales ont effectué le déplacement pour le premier accueil de ce train-test comme à la gare de Kita, l’ambiance était celle des grands jours. Les populations, dans une effervescence totale, n’avaient que cette prouesse à la bouche : « les promesses des autorités du pays quant au redémarrage du trafic ferroviaire sont presque tenues », selon elles. Une ambiance de joie ou s’entremêlent hymne national, chants et symphonies puisés dans le terroir. Et des selfies comme s’ils en pleuvaient, sur fond de l’engin avec comme décor la gare ! Certains brandissaient des drapeaux et des banderoles à l’effigie du président de la transition et du Premier ministre. Partout, c’était des éloges, la fête et des manifestations de joie, comme chacun pouvait. « Que le train qui vient de redémarrer soit le début de notre bien-être social. Nous sommes fiers de nos autorités surtout du président de la transition Assimi Goïta. La population le long des rails soutient la transition pour toujours », affirme, avec émotion, Brin Diallo, du quartier Kita-gare où se trouve la gare de train. « Notre train a redémarré. C’est notre centre commercial, notre marché. Avec le train, nous faisons nos commerces pour soutenir nos maris et pour subvenir aux besoins de nos familles. Si Dieu nous a gratifie d’un tel jour, tout le monde doit en saluer le gouvernement », se réjouit la présidente des femmes de Kita, Mme Macalou Aissata Sacko. « Merci Assimi et allez lui dire de se serrer, encore plus, la ceinture. Nous sommes toutes derrière lui pour la réussite de la transition », lance-t-elle. Mme Sidibé Sira Diallo, du quartier de Badenko, se souvient du bon vieux temps de la grosse activité du trafic ferroviaire. « En effet, se rappelle-t-elle, les échanges commerciaux se faisaient dans un cadre social et sur la base de la confiance. On prenait la marchandise à l’arrivée du train et les règlements se faisaient, sans problèmes, au prochain voyage ». « Merci Assimi Goïta ! Avec le train remis en circulation, vous allez recoudre le tissu social », dit-elle.  « Partout, où nous sommes passés, pour cet essai, nous avons vu le grand engouement des populations riveraines du rail. Ce qui prouve, si besoin en était, que le train n’est pas seulement une question économique. Il est, aussi, une question sociale. Cela permet de désenclaver toutes ces localités, le long des rails», indique le directeur général de la Société de patrimoine ferroviaire au Mali (SOPAFER), Ibrahim Maiga.  Le Dg de la SOPAFER a demandé aux populations de croire toujours en nos autorités quant à la reprise de l’activité ferroviaire. « Un plan d’urgence de reprise de l’activité ferroviaire est en phase d’exécution » a-t-il souligné à Kita.. Pour le trajet de 30 km, Badinko-Kita, le gouverneur Daouda Maiga a pris place aux côtés du Dg de la SOPAFER. Au regard de la mobilisation générale des communautés, les autorités disent avoir bien noter l’espoir des populations de voir la réouverture effective de ce tronçon. Elles ont soutenu que la question demeure au cœur des préoccupations des plus hautes autorités du pays. Elles se disent conscientes que les rails, source de revenus, sont essentiels pour les populations riveraines qui l’attendent avec patience. Après 30 minutes de stationnement à Kita, le train-test s’est lancé pour Kayes, sous les ovations des populations, satisfaites de le revoir siffler encore, après plusieurs années d’interruption. MF/MD (AMAP)

Trafic ferroviaire : Le chemin de fer entre Bamako et Kayes reprend vie

Par Oumar SANKARE Bamako, 14 juin (AMAP) Mercredi 13 juillet 2002, le soleil se lève doucement sur la gare ferroviaire de Bamako, la capitale malienne. C’est le grand jour pour les cheminots et l’ensemble des travailleurs des chemins de fer. Les préparatifs de la reprise du trafic ferroviaire arrivent, enfin, à une phase cruciale. La Société de patrimoine ferroviaire du Mali (SOPAFER) procède à « l’essai blanc » du train de transport-voyageurs entre Bamako et Kayes (Ouest). Le rêve est en passe de devenir réalité pour les travailleurs des chemins de fer, sans activité depuis belle lurette pour cause d’arrêt du trafic ferroviaire. On peut aisément imaginer le soulagement des populations et localités riveraines du chemin de fer et les travailleurs de la SOPAFER.  L’événement ne passe pas inaperçu dans la capitale. Curieux, automobilistes et piétons sont alertés par le train qui se remet à siffler. Il faut dire que les Bamakois avaient perdu l’habitude d’entendre le sifflement des trains. Alors que la foule de curieux grossit, les cheminots s’affairent pour le lancement de « l’essai blanc ».  Pour l’occasion, du beau monde est réuni à la gare ferroviaire de Bamako. De la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, au directeur général de la SOPAFER, Ibrahim Maïga, en passant par plusieurs autres responsables des chemins de fer.  Makan Sissoko est électricien à bord du train. Sourire aux lèvres, il discute des derniers réglages avec d’autres agents, mécaniciens, maintenanciers, tous vêtus d’un uniforme bleu (chemise et pantalon). « Le train est à l’arrêt depuis 2018 et c’est avec un grand plaisir que nous reprenons le travail aujourd’hui », dit-il. Et d’ajouter que ce sont des emplois qui sont créés avec le redémarrage du train, en plus des recrutements et des formations à venir. « Le train a été remis sur pied grâce à l’expertise malienne, rien n’est venu de l’extérieur », se félicite notre interlocuteur.  Quant à Moussa Keita Yao, coordinateur des syndicats et associations des cheminots, il se dit satisfait des démarches entreprises par les autorités. « Après tant de détresse, nous sommes rentrés en possession de tous nos arriérés de salaire et un convoi de locomotive est mise en ligne même si c’est une phase d’essai », se réjouit-il. NOUVELLES LOCOMOTIVES – Plusieurs activités ont déjà été réalisées pour la mise en marche du train. Il s’agit de la réhabilitation de 19 gares, de Bamako à Kayes, la réhabilitation des ateliers centraux de Korofina (dans la capitale malienne)  et de Kayes, l’acquisition partielle d’équipements mécaniques et outillages pour les travaux de la voie, les travaux de traitement des points critiques de la voie entre Bamako et Kayes, la pose des traverses en bois sur les ouvrages d’art, de Bamako à Diboli (frontière avec le Sénégal) et les travaux de confortement des ponts de Galougo, Mahina et Toukoto.  Prenant la parole, la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, a expliqué que les essais en blanc au cours  des semaines à venir avec les deux locomotives CC2205 et CC2207, réhabilitées par les techniciens maliens, « permettront de relever, entre autres, les anomalies sur le matériel roulant et sur la voie ferrée ». Après la relance du trafic ferroviaire, suivra l’exploitation commerciale avec des sources de financement déjà identifiées. Mme Dembélé Madina Sissoko a ajouté : « En plus d’une voie métrique, nous disposerons d’une voie standard, entre Bamako et Kayes ainsi que l’acquisition de 3 locomotives avec la société russe STM ». A cet effet, le gouvernement a signé un mémorandum d’entente avec la société russe STM pour réhabiliter d’autres locomotives se trouvant dans les ateliers centraux de Korofina. Les partenaires russes, qui sont attendus à Bamako dans les jours à venir, vont aider à réaliser l’étude de migration de la voie métrique vers la voie standard. Concernant, l’aspect économique des chemins de fer, la ministre des Transports et des Infrastructures a dit : « ce sont des villes entières qui revivront grâce au train. Egalement, le Mali étant un pays enclavé, ceci est une aubaine pour le transport des marchandises ».  Aspect très important de la reprise du trafic ferroviaire : toutes les activités sont financées par le budget national. A cet égard, la ministre a salué l’engagement du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, pour la réalisation de la relance du trafic ferroviaire. Elle a indiqué que c’est grâce à l’engagement des plus hautes autorités que les techniciens maliens ont réparé entièrement deux locomotives et les voitures voyageurs.  Pour ce voyage d’essai, le train sera conduit par Mme Gouaillé Alima Coura Mariko, conductrice depuis 14 ans sur la ligne Bamako-Kayes. Elle sera assistée par d’autres cheminots qui font le voyage comme passagers. C’est la locomotive CC-2207, avec 7 voitures-voyageurs, qui a pris le départ hier à 8h45 à la gare ferroviaire de Bamako à destination de Kayes. Le retour est prévu à Bamako aujourd’hui, jeudi.  OK/MD (AMAP)

Levée de l’embargo de laCEDEAO :  La vie d’après à Kayes, dans l’Ouest du Mali

Par Bandé Moussa SISSOKO Kayes, 11 juin (AMAP) La grande partie des importations du Mali transite par le Port de Dakar et passe par Kayes (Ouest). La réouverture des frontières est une bouffée d’oxygène pour les populations de la Cité des rail, très soulagées par la levée des sanctions de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).  Dans la banlieue de Kayes, se trouve le poste de sécurité de Alahina. En ce mercredi 6 juillet, on observe une grande file de gros porteurs en provenance de Dakar, capitale du Sénégal. Chacun attend son tour pour remplir les formalités de douane et de police.  C’est le même scénario entre la direction régionale de la douane, où se trouve le scanner, et le village de Kamankolé. Sur cet axe Kayes-Dakar, notre équipe de reportage a croisé quelques camions-remorques et autres véhicules venant de la frontière sénégalaise. Arrivé poste de sécurité de Alahina, notre équipe de reportage constate que les différentes forces de sécurité et structures intervenant dans le transport routier sont à pied d’œuvre. Un agent de la sécurité s’active pour rendre la circulation fluide à l’entrée du village. Non loin de lui, un jeune soulève la barrière aux couleurs rouge et blanche afin de d’ouvrir la voie aux véhicules.  Avant d’atteindre le bâtiment abritant les postes de contrôles, on aperçoit à droite un groupe de chauffeurs, d’apprenti-chauffeurs et de syndicalistes en train de discuter à l’ombre d’un arbre. Parmi eux, Mahamadou Kéïta, membre du syndicat des transporteurs routiers de Kayes. «Nous sommes très contents de la levée de l’embargo. Les chauffeurs, de même que les propriétaires de véhicules, souffraient beaucoup des sanctions de la CEDEAO. Certains avaient même cessé de travailler. Le prix du carburant a augmenté. Les passagers, aussi, n’avaient pas suffisamment d’argent pour faire face aux tracasseries à la frontière et d’autres postes de contrôle», soutient Mahamadou Kéïta. Il demande au gouvernement de subventionner encore plus les prix du carburant (essence, gaz-oil) pour alléger les souffrances des usagers de la route. Selon lui, le prix de 5 litres de ce carburant oscille entre 25.000 et 30.000 Fcfa contre 15.000 auparavant. VIE CHÈRE – Selon ce syndicaliste, la vente de billets pour le trajet Kayes-Dakar avait cessé. Mais, la navette était assurée par les taxis et véhicules de 7 places qui débarquaient les passagers à Diboli, frontière Mali-Sénégal. Ils devaient traverser le pont à pied ou emprunter les pirogues pour rallier la ville sénégalaise de Kidira qui se trouve sur la rive gauche du fleuve Falémé. Mais, ce calvaire a pris fin avec la levée des sanctions qui a été décidée le dimanche 3 juin 2022 à Accra (Ghana) lors de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO. Ces sanctions avaient été prises dans la capitale du ghanéenne, en janvier dernier, pour contraindre le Mali à revenir à une vie constitutionnelle normale. «Les bus et autres véhicules de transport en commun ont repris le trafic le mardi 5 juillet 2022. Le 1er car wolof (véhicule sénégalais) est arrivé hier (mardi) nuit », annonce ce syndicaliste. «L’embargo a rendu la vie chère. L’Etat doit penser aux populations, notamment les chauffeurs dont la situation est précaire», souligne Mahadi Konaté, un autre membre du syndicat. Le chauffeur de taxi, Mamadou Diarra, félicite les autorités de la Transition dont les efforts ont permis de réduire les tracasseries sur l’axe. Il se plaint du fait que chaque passager paye 3.000 Fcfa si sa carte d’identité est périmée alors que la contravention est, selon lui, estimée à 500 Fcfa et 1.000 Fcfa si l’intéressé perd sa pièce d’identité. Au niveau de Diboli, il affirme que les Maliens, tout comme les étrangers, payent 10.000 Fcfa. Dans la matinée de ce mercredi vers 10 heures, le mouvement est timide sur l’axe Dakar-Kayes-Bamako, précisément au niveau du poste de surveillance située dans la Commune rurale de Khouloum. Mais la situation ne tardera pas à changer. «La levée de l’embargo nous a beaucoup plu. Nous dépendons du Sénégal. A cause des sanctions, le prix de la tonne de ciment sénégalais a atteint 120.000 Fcfa et celui d’une tonne de ciment local à 92.500 Fcfa. Je pouvais attendre deux mois pour avoir mes marchandises», affirme Ibrahim Ilo Sissoko, commerçant-détaillant, au carrefour des logements sociaux de Kayes, qui abritait l’ancien poste. BMS/MD (AMAP) 

Dossier mouton de Tabaski : Le pourquoi de la hausse des prix

Par N’Famoro KEITA Bamako, 07 juin (AMAP) Le «Chaba Terrain» à Lafiabougou, Commune IV du District de Bamako, la capitale malienne, est transformé momentanément en aire de vente de moutons. Ce marché grouille de monde, de jour comme de nuit, en cette veille de fête de Tabaski. Les vendeurs rivalisent d’adresse pour attirer les acheteurs. Ce 1er juillet, l’ambiance était morose mais le temps clément à cause de la pluie abondante de la veille qui avait arrosé la ville. À l’entrée du site, des vendeuses de fourrage bloquent le passage. Des feuilles d’arbres fraîches et d’arachide séchées sont étalées par terre. Les bêlements des bêtes sont assourdissants. Difficile d’accéder à l’aire de vente. Notre équipe de reportage a dû se frayer un chemin pour accéder à cette cour. Les visiteurs qui arrivent soupèsent du regard les troupeaux de bœufs, de moutons et de chèvres disséminés. Devant un troupeau de moutons, Abdoulaye Coulibaly discute avec un client du prix d’un bélier. Sans accord sur le prix,  le potentiel acheteur prend congé du commerçant et se dirige vers un autre vendeur. À la question de savoir pourquoi le client s’est retiré, Abdoulaye Coulibaly explique que le marché de cette année est différent de celui des années précédentes, à cause du prix élevé de l’aliment bétail.  Malgré cela, le quadragénaire se réjouit d’avoir vendu quelques têtes depuis son  arrivée du village de Tatla, dans la Région de Ségou (Centre). Il ne précise pas le nombre exact de moutons vendus. Abdoulaye Coulibaly indique que le prix de ses animaux varie entre 60 000 et 150 000 Fcfa. À quelques mètres sous un petit hangar, Amadi N’Diaye est allongé et observe ses bêtes. Le regard sérieux, le natif de Banamba admet la morosité du marché.  Contrairement au précédent interlocuteur, N’Diaye trouve que le marché est trop lent. En réponse aux clients qui leur font porter le chapeau de la cherté des bêtes, il justifie ce désagrément par plusieurs raisons. Notre interlocuteur explique que le sac de tourteau qui était vendu à 5 000 Fcfa, est aujourd’hui cédé à 17 500 Fcfa.  Le son de maïs est vendu à 15 000 Fcfa le sac. L’année dernière, il était cédé à 2 500 Fcfa.  N’Diaye dénonce les effets néfastes de l’homme sur la forêt rendant difficile l’alimentation des animaux. «Nous n’avons plus de pâturage à cause des feux de brousse. Nous sommes obligés d’acheter cette nourriture pour assurer la survie de nos ovins. Nous pouvons dépenser 500 000 Fcfa dans leur alimentation, sans compter le transport de notre village à Bamako», déplore-t-il. ATTAQUES RÉPÉTÉES – Selon Abdoulaye N’Diaye, le transport d’un mouton qui coûtait 500 Fcfa s’élève aujourd’hui à 3 000 Fcfa. À ces difficultés, il ajoute les tracasseries de certains agents des postes de contrôle qui exigent le paiement de 5 000 Fcfa au passage.  Ces facteurs sont à l’origine de la hausse des prix. Cet habitué du marché du mouton de Tabaski compte 15 ans d’expérience dans cette activité. Abdoulaye vend cette année ses béliers entre 75 000 Fcfa et 300 000 Fcfa.  Nous arrivons vers 11 heures, au «garbal» de Lafiabougou kôda, toujours en Commune IV du District de Bamako. Il est très animé. Les clients se promènent troupeau à troupeau, à la recherche du mouton de leur choix.  Le vendeur Salif Belem est un natif du Cercle de Koro, dans la Région de Bandiagara (Centre). Il réside à Bamako depuis quelques années. Des propriétaires, de son village, lui envoient des animaux. L’homme au visage serein, qui s’apprêtait déjà pour la prière du vendredi, raconte son calvaire : «Nous sommes confrontés aux difficultés de transfert des animaux vers le Sud du pays. Les attaques sont régulièrement perpétrées par les terroristes contre les véhicules transportant les forains».  Le vendeur Salif Belem, triste, raconte que les bandits confisquent les animaux et les biens. Et, souvent, il y a même mort d’hommes. À cause de la hausse  du prix du carburant, les bêtes sont transportées à 4 000 Fcfa par tête. Par ailleurs, Salif Belem est nostalgique du marché fructueux des années passées.  Il se souvient qu’autrefois, un client pouvait acheter 15 à 20 têtes en une seule fois. «Mais, cette année, nous avons du mal à avoir trois achats par jour», révèle le marchand de moutons, reconnaissant que les prix du bétail ont augmenté.  «Tous les béliers qu’on pouvait acheter à 75 000 et 100 000 Fcfa sont aujourd’hui cédés à 125 000 voire 150 000 Fcfa», confie Salif. Il invite les clients à comprendre les motifs qui  ont conduit à cette situation.  Bourama Keïta habite Sébénicoro, Commune IV du District de Bamako. Il a déjà acheté deux béliers à Djicoroni-Para,  respectivement, à 80 000 et 110 000 Fcfa. Il est heureux en déclarant : «J’ai eu mon choix et je n’ai pas de regret». Il est content d’avoir accompli son devoir de père de famille. NK/MD (AMAP) 

Les fleuristes-paysagistes éclosent à Bamako, la capitale malienne   

Aboubacar TRAORE Bamako, 07 juil (AMAP) À Bamako, les espaces publics se transforment de plus en plus en pépinières pour les jardiniers et fleuristes. Ces derniers vendent sur ces espaces des fleurs ou des pieds de plantes d’ornement ou fruitières. Si la présence de ces fleuristes et jardiniers arrange bon nombre de nos concitoyens qui font des achats pour leurs besoins multiples, certains se plaignent également de la prolifération de ces sites qui peuvent servir de repaires pour des individus malintentionnés pour commettre leurs forfaits. Cela, à cause de la végétation de ces sites qui rend difficile la visibilité. Pourtant, l’installation de ces paysagistes est règlementée par des textes sauf que la loi n’est pas respectée par les utilisateurs. Ou plutôt, est ignorée par ces derniers et la clientèle.  Moussa Daou, chef de poste de la Direction urbaine du bon ordre et de la Protection de l’Environnement (Dupope) à la mairie de la Commune VI où le phénomène connait de l’ampleur, explique les conditions d’installation des jardiniers sur l’espace public. L’agent municipal indique que pour occuper un espace vert, le paysagiste doit adresser une demande d’occupation au maire de la commune concernée. Après réception de la demande, les services compétents de la mairie (Dupope), de l’Urbanisme, de l’Assainissement et des Eaux et Forêts effectuent une visite de terrain. Une fois autorisé par le maire sur approbation des services techniques, le jardiner doit s’acquitter des frais d’installation qui s’élèvent à 100 000 Fcfa par espace. Et après installation, il doit payer régulièrement la taxe municipale de 18 000 Fcfa par an. Selon le dernier recensement, réalisé il y a trois ans, il existe une trentaine de pépiniéristes en Commune VI, dont près de la moitié occupe illégalement les sites. « Mais la mairie, étant un service social, se montre très souvent indulgente avec les fleuristes », explique Moussa Daou. Ajoutant qu’en plus de leur contribution à l’embellissement de la ville, les pépiniéristes participent également à l’hygiène et à la préservation de l’environnement contre certains phénomènes comme la transformation des espaces vides en dépotoirs d’ordures ou autre usage répréhensible. Selon notre interlocuteur, la mairie de la Commune VI travaille en étroite collaboration avec la coopérative des horticulteurs. DÉFENSE DES INTÉRÊTS – Pour défendre leurs intérêts, les paysagistes se sont constitués en regroupement dénommé Union des sociétés coopératives des horticulteurs et pépiniéristes du District de Bamako (USCHPB). Créée en 2017, l’organisation compte environ 300 pépiniéristes repartis en coopératives entre les six Communes du District de Bamako. Selon son président, El Hadji Maïga, les fleuristes occupent les domaines publics (espaces verts) pour le besoin d’aération de la ville de Bamako. «Nous travaillons généralement sur la base de contrats avec les maries et la Direction nationale des Eaux et Forêts pour aménager les endroits et nous nous acquittons des taxes municipales», assure le fleuriste. « Les difficultés interviennent généralement lorsque des opérateurs économiques passent par les autorités pour acheter ces espaces et faire déguerpir les pépiniéristes qui opèrent sur les lieux depuis des années, voire des décennies », déplore M. Maïga. Il évoque le cas d’une dizaine de jardiniers de la Commune IV qui travaillaient sur des sites situés non loin du Palais des Sports Salamatou Maïga, à Djicoroni-Para et vers Woyowayanko. El Hadji Maïga précise que ces fleuristes ont été déguerpis par voie d’huissiers par les nouveaux acquéreurs qui se sont présentés avec des titres fonciers. Face à cette situation, l’USCHPB a entamé des démarches auprès des autorités concernées, notamment le gouverneur du District de Bamako, le ministre en charge des Domaines et des Affaires foncières, le Premier ministre, ainsi que la direction générale de l’Agence de cessions immobilières (ACI). Cette dernière est disposée à proposer une régularisation des déguerpis. Le premier responsable de l’USCHPB lance un cri du cœur à toutes les bonnes volontés pour aider les pépiniéristes de la capitale à mettre fin à ces deguerpissements qui ont déjà mis plusieurs chefs de famille au chômage. El Hadj Maïga estime que Bamako, de façon générale, et l’ACI 2000, en particulier, a aujourd’hui plus que jamais besoin de ces espaces verts pour l’épanouissement des populations, notamment la couche juvénile. Un avis que partage l’administrateur provisoire de l’ACI, Amadou Maïga, qui a rencontré les responsables de la faitière des paysagistes concernant notamment l’aménagement de la Bande verte en espace vert. Après avoir expliqué que « certains espaces verts appartenant au domaine public de l’État ont fait l’objet de changement de vocation, à travers des ré-morcèlements suivis de ventes dans la zone ACI 2000 en 2015 », Amadou Maïga a révélé que la direction de l’ACI cherche des solutions pour reclasser les nouveaux acquéreurs des espaces concernés, afin de permettre aux pépiniéristes de continuer à aménager ces endroits qui constituent des équipements de confort pour le quartier. « Toute chose qui, souligne-t-il, confère à l’ACI toute la justification de son label ». Cependant, le responsable de l’Agence indique ne pas avoir connaissance de cas de deguerpissements récents de fleuristes dans la zone ACI 2000.  UN MÉTIER QUI NOURRIT SON HOMME – Les pépinières géantes sont reconnaissables de loin par leur végétation développée et on en trouve presque sur tous les grands axes de Bamako. Des abords de la route menant à l’Aéroport international président Modibo Keïta-Sénou, en passant par les alentours des échangeurs des ponts des Martyrs et du Roi Fahd, jusqu’au rond-point Kwamé Nkrumah en face du cimetière d’Hamdallaye, il y a de véritables petites forêts partout. On y trouve des fleurs et des arbres d’une variété impressionnante. Sur les sites en face de la Pyramide du Souvenir et de la Maison des Jeunes de Bamako, sont installés plusieurs groupes de paysagistes. Vieux Traoré partage un espace d’environ un demi hectare avec cinq autres jardiniers. Sur place, ces derniers ensemencent les graines. Ils apportent les soins nécessaires au plein épanouissement des plantes et connaissent toutes les espèces végétales. Le travail des pépiniéristes consiste, également, à nourrir les plantes en les irriguant, en mettant parfois de l’engrain et en les protégeant contre les maladies et les mauvaises herbes.  Ce natif de Kolokani, qui a

e-Impôt : A l’ère du paiement numérique des obligations fiscales au Mali

Bamako, 05 juin (AMAP) La Chambre de commerce et d’Industrie du Mali (CCIM), en collaboration avec la DGI, a initié, jeudi dernier, dans ses locaux, une journée d’information et de sensibilisation des opérateurs économiques, entrepreneurs et contribuables, pour mieux comprendre les fonctionnalités du e-Impôt. « C’est une bonne initiative de la part de la CCIM, car nous avons besoin d’être informés et sensibilisés sur les différentes fonctionnalités du e-impôt en tant qu’opérateurs», a dit la présidente des femmes entrepreneurs du Mali, Mme Simpara Assista Keïta.  Selon elle, cette initiative est salvatrice car les usagers ne sont plus obligés de se déplacer pour payer leurs impôts. «Pour être en phase avec le commerce international, il nous faut ce genre d’initiative. Il faudrait songer aussi au secteur informel afin que tous soient bien informatisés», a-t-elle suggéré.   La direction générale des impôts (DGI), dans le cadre de la modernisation de son système d’information et de paiement, a mis en place un service en ligne ou télé service dont l’objectif est d’aider les usagers à accomplir leurs formalités administratives et obligations fiscales par voie électronique. Au lancement de ce nouvel outil, le chef cellule télé services fiscaux à la DGI, Gaoussou Fofana, a expliqué que son service, dans sa stratégie d’offrir une meilleure prestation aux contribuables et d’améliorer le climat des affaires, a lancé en janvier 2019 la plateforme E-Impôt. Cet outil offre aux contribuables l’opportunité d’effectuer leurs opérations fiscales en ligne. Selon M. Fofana, l’objet de la digitalisation est d’introduire les nouvelles technologiques dans la gestion des impôts. «Ce système offre de nouvelles fonctions parmi lesquelles la dématérialisation des procédures liées aux obligations fiscales à travers l’implantation de la plateforme de télé services fiscaux», a-t-il précisé. Quant au directeur de l’Agence de la communication Spirit, Sidi Danioko, il a salué l’initiative. Pour lui, l’outil va décharger significativement certains travaux qui se font de façon physique ou manuelle au niveau des services.  « C’est un partenariat très fécond que nous entendons à instaurer entre les impôts et l’ensemble des opérateurs économiques, notamment, les industriels et les différents services pour faciliter la transition électronique », a assuré le secrétaire général de la CCIM, Cheick Oumar Camara. « En tant qu’acteurs, on ne pouvait rester en marge de cette nouvelle technologie qui consiste à dématérialiser les procédures liées aux obligations fiscales à travers l’implication de la plateforme des télé services fiscaux « e-Impôt », a fait savoir M. Camara. Il a exhorté tous les partenaires à s’y s’intéresser. YT/MD (AMAP) 

Le président de la Guinée Bissau, Umaro Embalo Sissoco, nouveau président en exercice de la CEDEAO

Bamako, 03 juin (AMAP) Le président de la Guinée Bissau, Umaro Embalo Sissoco, est le nouveau président de l’Autorité de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour la prochaine année, a-t-on appris de sources au Sommet des Chefs d’Etat de la CEDEAO du 3 juillet 2022,  Il a été élu lors du sommet d’Accra, ce dimanche, pour succéder au ghanéen, Nana Akufo-Addo, qui a occupé ce poste pendant près de deux ans. Le Gambien Omar Alieu Touray a été installé dans la fonction de président de la Commission de la CEDEAO, en remplacement de l’Ivoirien Jean-Claude Kassi Brou, qui a occupé le poste pendant quatre ans.  M. Brou est le nouveau Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). MD (AMAP)

Ségou : Mouton de Tabaski attend clients, désespérément

Par Aminata Dindi SISSOKO Ségou, 1er juil (AMAP) Le Mali,  à l’instar de la communauté musulmane, s’apprête à fêter l’Aïd el-Kébir, l’une des plus importantes fête de l’islam. La présence de vendeurs ambulants de bétail dans les rues, fait sentir déjà l’atmosphère de fête dans la capitale des balanzans, Ségou. Certains vendeurs ont, simplement, assiégé les alentours de la route l’An 2000, attendant en vain des preneurs. A Ségou, les différents marchés à bétail que nous avons sillonnés, sont approvisionnés même si les clients se font toujours attendre, d’après plusieurs vendeurs.  En cette matinée peu ensoleillée, Oumar Diallo se promène dans les environs de l’hôpital Nianancoro Fomba avec une dizaine de béliers. Quelques bêtes récalcitrantes ne lui facilitent pas la tâche sur cette voie fréquentée par les charretiers. Notre véhicule de reportage se gare non loin du troupeau. Le quadragénaire se précipite vers nous, laissant le soin à son fils de surveiller ses bêtes. «Approchez, j’ai de gros béliers. Venez apprécier vous-mêmes. Celui-là, je le cède à 200 000 Fcfa mais on peut marchander. Si vous trouvez ce prix cher, il y en a également pour 160 000 Fcfa. Le dernier prix, c’est 125 000 Fcfa », dit-il en essayant de nous convaincre.  Nous jugeons ses prix élevés. Le vendeur estime que le mouton, cette année, est plus abordable que l’année dernière : « L’année dernière, en cette période, il fallait débourser plus pour trouver des béliers du même gabarit. Nous ne cherchons pas beaucoup de bénéfice cette année, vu la situation qui prévaut dans le pays », assure-t-il.  Un quinquagénaire de passage se joint à notre conversation. Il se renseigne sur les prix et n’y va pas avec le dos de la cuillère. « Les moutons sont chers dans la ville de Ségou. Il faut aller dans les villages voisins pour acheter sa bête. C’est là-bas que ces vendeurs s’approvisionnent pour nous revendre plus chers.  Chaque année, je vais au marché de Konodimini pour acheter mon mouton de sacrifice », explique cet enseignant. Plus loin, Abdoulaye Konta, un vendeur de bétail a élu domicile aux alentours de la voie l’An 2000. Une manière d’attirer les usagers de cette voie principale. Il est occupé au téléphone. « Je t’envoies tout de suite les images. S’ils te conviennent ,dès demain je les envoies par le premier car à destination de Bamako », assure-t-il à un client de la capitale, au bout du fil.  A peine, a-t-il décroché qu’il se dirige vers nous. « Vous avez besoin de bélier ? Faites votre choix. On tombera d’accord sur le prix. Je cède mes bêtes entre 72 500 Fcfa et 252 500 Fcfa », nous informe-t-il. Konta fait ce commerce avec son grand frère depuis plus de 20 ans. « Nous achetons notre bétail lors des marchés hebdomadaires des villages environnants, notamment Niono, Dougabougou, Séribala, Boussain, Gara, Ntona, Konodimini », explique-t-il. Il juge que les prix ne sont pas trop élevés cette année. Mais se plaint de la rareté des clients. « Par jour, nous vendons une ou deux bêtes. Beaucoup de clients se limitent à se renseigner sur les prix. Mais l’espoir est permis. D’ici à la fin de la semaine, nous espérons faire beaucoup de ventes », dit-il.  Oumar Traoré, vendeur de bétails au marché à bétail de Médine, lui aussi, espère que la semaine prochaine,  les ventes s’accéléreront. Se désolant de l’absence de clients, il soutient : «  Souvent, on peut passer une journée sans vendre la moindre tête. Même hier ça a été mon cas ».  Cela est-il dû à la cherté des prix ? Pour lui, les prix ne sont pas élevés. Il explique que beaucoup de clients attendent la dernière minute pour acheter leur mouton de sacrifice. Egalement, avec la situation qui prévaut dans le pays, beaucoup n’ont pas d’argent.  Ici, au marché à bétail de Médine, les prix oscillent entre 65 000 et 125 000 Fcfa. Quelques rares béliers qui ont de l’embonpoint coûtent entre 300 000 et 350 000 Fcfa.  A côté de l’échangeur, se dresse le grand marché à bétail de Ségou. Le site compte plus d’une soixantaine de vendeurs. Samedi dernier, notre équipe de reportage y a fait un tour. Mamadou Tangara, un client se promenait d’un vendeur à un autre, pour se faire une idée des prix.  Pendant que des vendeurs essaient de le convaincre à l’achat. « Vraiment, je trouve que les prix sont élevés. Les vendeurs parlent de 75 000 Fcfa mais je pense que pour avoir un bon bélier il faut débourser à partir de 125 000 Fcfa », nous a-t-il indiqué.    Aguibou Dagnon, un vendeur met en avant quelques difficultés auxquelles les vendeurs font face cette année, notamment le coût élevé de l’aliment bétail, l’insécurité, la hausse du prix du carburant : « Nous partons dans les différents marchés hebdomadaires à Fangasso, Dougabougou, Fatiéna, Gara pour acheter nos animaux. Les frais de transport d’une tête coûtait entre 250 et 500 Fcfa. Aujourd’hui, c’est entre 1 000 Fcfa et 1 500 Fcfa », dit notre interlocuteur. Il ajoute acheter le sac de 50kgs de tourteau à  175 000 Fcfa et le son à 8 000 Fcfa ». « Egalement, on a dû renoncer a nous rendre en certains endroits, à cause de l’insécurité. Or, on trouvait le bétail moins chers sur ces sites là », détaille-t-il. Et de souligner que nonobstant ces difficultés, les prix à leur niveau oscillent entre 75 000 Fcfa et  300 000 Fcfa. « Le marché est bien approvisionné, comme vous pouvez le constater. Les bêtes sont bien nourries. Mais, pour le moment il n’y a pas de vente. Les clients se font rares», déplore-t-il. Lui et ses collègues misent sur la semaine de la fête pour écouler plus de bêtes. ADS/MD (AMAP)

Campagne agricole à Sikasso (Sud) : L’équation de l’engrais chimique subventionné

Par Mariam F. DIABATE Sikasso, 30 juin (AMAP) L’hivernage a commencé à s’installer à Sikasso, dans la cCité verte du Kénédougou. La campagne agricole a débuté au mois de mai et prendra fin en octobre. Quant à l’installation des cultures, elle a également démarré au mois de mai. Cependant, les producteurs ne réunissent pas tous les facteurs de production au nombre desquels l’engrais subventionné.  Les paysans sont attachés aux engrais minéraux pour leurs effets fertilisants évidents. Mais il se trouve que ces derniers ne sont pas disponibles en quantité suffisante. L’alternative des engrais organiques ne les enchante pas beaucoup. En effet, les producteurs se plaignent de l’insuffisance de la quantité d’engrais chimiques subventionnée. Comme le dit la sagesse rurale, « l’hivernage une fois amorcé n’attend pas ». Certains paysans sont contraints de recourir aux engrais organiques pour fertiliser leurs parcelles. Mais cette « solution palliative » selon eux, n’est pas aussi rapide et efficace que les effets des engrais chimiques. «Hier (Ndlr, mercredi dernier) tout près, j’ai été obligé d’acheter 4 sacs d’engrais chimiques (urée) pour une somme de 152.000 Fcfa, soit 38.000 Fcfa le sac à cause de l’insuffisance d’engrais subventionnés. Je ne suis même pas sûr que cela suffira pour mon champ», se désole Hamidou Ballo, cultivateur au village de Bamadougou. Il a ajouté que lors de la campagne précédente, il avait également utilisé de l’engrais organique dans son champ de maïs pour près de 100.000 Fcfa. «Je n’ai même pas pu récolter 1 hectare de maïs. C’était vraiment décevant. On ne sait plus que faire pour enrichir nos sols en vue d’un bon rendement de nos champs», se plaint Ballo. Mamadou Sanogo de Danderesso se voit obligé de se rabattre sur l’engrais organique. «J’ai tout récemment commandé une benne d’engrais organique pour mon champ de 5 hectares », a-t-il dit. Comme alternative, Mamadou Sanogo envisage de mélanger les graines de coton aux matières fécales. Ce qui, selon sa propre conviction, ferait de l’engrais de bonne qualité.  Le chef de la division conseil et vulgarisation agricole de la direction régionale de l’agriculture (DRA), Aboubacar Traoré, conseille l’utilisation des matières fécales dans les champs. « Ces dernières, selon lui, ne doivent pas avoir d’impacts négatifs sur les cultures vivrières car les plantes absorbent les éléments nutritifs tels que le calcium, le potassium, le magnésium et le phosphore ». Il invite les producteurs à privilégier les cultures intensives, d’une part et, d’autre part, à s’adapter à l’utilisation des engrais organiques, notamment le compostage dans les champs. Djibril Mariko et Chaka Konaté sont tous fournisseurs d’engrais au grand marché de Sikasso. Ils évoluent dans le domaine depuis plus de 30 à 40 ans. Ils confirment que la présente campagne a débuté avec des difficultés d’accès à l’engrais chimique. «Cette année, mes fournisseurs sont en train d’approvisionner la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT). Cette situation a affecté mes commandes», explique Chaka Konaté. Toutefois, a-t-il souligné, il ne vend pas les engrais subventionnés. «J’ai arrêté la vente des engrais subventionnés depuis 2017, car l’Etat tardait trop à payer mon argent», raconte-t-il. Siriman Théra est l’un des clients fidèles de Chaka Koné. Il était venu acheter deux sacs d’urée. «L’accès à l’engrais chimique subventionné est très difficile cette année. Chaque fois que je me rends à la DRA, on me fait faire des aller et retour», se plaint-il.        Nous avons approché la direction régionale de l’agriculture pour en savoir davantage sur la disponibilité des engrais subventionnés. Le chef du bureau statistique et suivi évaluation de la DRA, Moussa Dembélé a expliqué que l’Etat a mis à la disposition de la Région de Sikasso (Cercles de Sikasso et de Kadiolo) 16.456 tonnes d’engrais subventionnés.  Sur cette quantité, le Cercle de Sikasso dispose de 1.139 tonnes d’engrais chimiques, 11.200 tonnes d’engrais organiques, 8 tonnes de bio stimulant et 16 tonnes de semences pour le maïs hybride. Cette prévision ne représente que 11% des besoins exprimés par la région. « 90% des engrais subventionnés pour la Région de Sikasso sont constitués d’engrais organiques industriels et les 10% l’engrais minéral », précise Moussa Dembélé.  Rappelons que le prix subventionné de l’engrais minéral est de 12.500 Fcfa le sac de 50 kg. Le prix du complexe céréales non subventionné varie entre 31.000 et 37.750 Fcfa. Selon le chef Secteur Agriculture de la DRA, Bréhima Keita, l’affluence au niveau de la distribution de l’engrais est très timide. «Du début des opérations de distribution (le 8 juin dernier) à aujourd’hui, nous n’avons enregistré que 600 producteurs», raconte-t-il. Toutefois, a fait remarquer le technicien, les producteurs ne sont guère enthousiastes à se procurer de l’engrais organique disponible dans nos magasins. Ils assurent toujours qu’ils en ont déjà et tournent le dos. Ils préfèrent nettement les engrais chimiques aux organiques. Or, il se trouve que la quantité d’engrais organiques subventionnés est supérieure à celle de l’engrais chimique.  Par ailleurs, la distribution de l’engrais chimique subventionné n’a pas démarré car beaucoup de fournisseurs ne se sont pas encore engagés dans le processus de subvention.  « L’insuffisance de la quantité de l’engrais minéral subventionné est due à sa cherté sur le marché international », argumente le technicien. Mais d’ores et déjà, l’hivernage presse et les producteurs sont bien obligés de faire face aux besoins de fertilisation de leurs parcelles. A défaut d’engrais chimiques subventionnés en grande quantité, la seule alternative qui s’offre, dans l’immédiat, est l’engrais organique pour satisfaire les besoins de leurs plantes. MFD/MD (AMAP)