Mesures gouvernementales pour faire respecter les prix plafonds des denrées

Bamako, 10 août (AMAP) Un Conseil des ministres extraordinaire tenu, dimanche, à Koulouba sous la présidence du chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, a pris certaines décisions face à la flambée injustifiée des prix. Le gouvernement a, ainsi, décidé de « réaffecter les quantités subventionnées non exécutées au cordon douanier, représentant au moins un mois et demi de consommation à d’autres opérateurs économiques’, annonce le communiqué sanctionnant le Conseil des ministres extraordinaire. « Cependant, cette réaffectation, en ce qui concerne le sucre, pourra être accompagnée éventuellement par l’allocation d’une quantité supplémentaire correspondant à environ un mois de consommation’, ajoute le communiqué. Outre la vérification de l’affichage obligatoire des prix des différents produits dans les lieux de commerce, le  contrôle du respect des conventions et règlements en vigueur, « le gouvernement exhorte la population à dénoncer systématiquement les cas de violation des prix des produits subventionnés, en appelant aux numéros mis à sa disposition à cet effet. » « A cet égard, très prochainement un numéro vert pour la dénonciation des cas de violation des prix des produits subventionnés, sera mis en place », annonce le gouvernement. Le renforcement de la fréquence des contrôles, l’augmentation de la taille des brigades de contrôle des prix en y adjoignant des éléments des Forces de sécurité sont des mesures de dissuasion, également, envisagées. Tout comme le contrôle sera intensifié à tous les niveaux de la chaine de distribution et un comité interministériel de suivi de la mise en œuvre des mesures prises sera mis en place. Depuis la levée de l’embargo contre le Mali, l’on assiste une augmentation spectaculaire et injustifiée des prix sur certains produits de première nécessité. Cette flambée soudaine est d’autant plus sauvage qu’elle a fait monter proportionnellement un mécontentement de la population qui subit de plein fouet cette poussée d’adrénaline. « Les ménages ne savaient plus où donner de la tête et tournaient tout naturellement le regard vers les autorités pour arrêter l’hémorragie financière. Fort heureusement, le gouvernement a pris la mesure de la grogne et a pris les dispositions pour rappeler à l’ordre les commerçants qui bénéficient des allègements fiscaux’, dit le communique du Conseil des ministres de dimanche. « C’est ainsi que le Conseil national des prix avait convenu des prix planchers à respecter en avril dernier et qui sont toujours en vigueur », a rappelé le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed. À titre d’exemple, le prix du sucre importé fixé à 600 Fcfa le kg, prix plafond détaillant, est cédé de manière injustifiée à 800 Fcfa. Pourtant, pour atténuer l’impact des différentes crises sur les populations, notamment la maladie à coronavirus, aggravé par les sanctions illégitimes et illégales de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) contre le Mali, le gouvernement a accordé 14 milliards de Fcfa de subvention. Une subvention qui a abouti à la fixation des prix, conformément aux dispositions de l’Arrêté n°2022-0865/MIC-SG du 06 avril 2022 portant administration des prix de certaines marchandises parmi lesquelles le sucre dont le kg est cédé à un prix plafond de 600 Fcfa. BBC/MD (AMAP)

Marché Woonida à Bamako : La bonne affaire des écoliers petits porteurs d’occasion

Par Nahawa SANGARÉ Bamako, 10 aout (AMAP) Au marché «Woonida», vous ne pouvez pas les manquer !!! Les porteurs de bagages de circonstance. De jeunes écoliers qui portent les bagages ou des paniers de condiments des clientes et clients vers leur véhicule contre une petite rétribution. Ils s’imposent parfois par leur «agressivité». Le marché «Woonida» est devenu la zone de prédilection de ces jeunes écoliers porteurs en période de vacances. Ils se promènent dans le marché et proposent leurs services aux clients du marché. Pendant les vacances scolaires, le phénomène prend une autre dimension parce que ces jeunes écoliers s’essaient à cette activité, en vue de préparer la prochaine rentrée pour certains ou de subvenir à leurs petits besoins pour d’autres. En tout cas, ils sont nombreux à porter les bagages dans ce marché réputé pour ces condiments accessibles à toutes les bourses et où bien de personnes s’approvisionnent. Comme en ce premier jour du mois d’août. Il est environ 10h, sous un ciel un peu nuageux et dans un brouhaha ambiant, Moussa Diallo se faufile entre les clients et propose ses services à qui veut bien y recourir. Il répète à l’envi en bambara : «doni be taa», (Avez-vous quelque chose à faire porter). Il s’époumone parfois avant de reprendre son souffle et de poursuivre une cliente. La vieille dame, qui venait d’arriver accepte de se faire accompagner par le jeune porteur de bagages. A la fin des courses, celui-ci achemine le panier de condiments dans la voiture de la cliente qui lui tend, généreusement, un billet de 500 Fcfa. Le garçon de 14 ans nous a confié qu’il est élève en 8è année dans un établissement scolaire à Sébénicoro, en Commune V du District de Bamako. Il exerce cette activité pendant les vacances. «Je suis au marché à partir de 8h pour retourner à la maison aux environs de 18h. J’essaie de servir au mieux la clientèle afin d’avoir un peu d’argent pour aider ma famille à faire face à certaines petites dépenses mais, aussi, à assurer mes petits besoins», déclare le jeune écolier. Il dit laisser les clients lui payer ses services à leur convenance. Certains lui donnent des pièces (200, 300 voire 400 Fcfa), d’autres des billets de 500 ou 1 000 Fcfa. Il ne parle pas de sa recette journalière mais, tout porte à croire qu’il arrive à tirer son épingle du jeu. C’est aussi le cas de Nouhoum Traoré, un autre jeune élève qui habite au quartier Banconi. Il aussi porte le panier de condiments, les bagages des clients. Il pense pouvoir, avec le peu d’argent qu’il gagne au quotidien, soutenir sa mère et s’acheter des fournitures scolaires pour la prochaine rentrée des classes. «L’année dernière, j’ai payé moi-même mes fournitures grâce à ce travail de bagagiste», souligne-t-il. Contrairement aux deux premiers interlocuteurs, Samba Guindo a abandonné les bancs. Il pratique cette activité depuis deux ans maintenant. «Ce travail me permet de gagner dignement ma vie depuis que j’ai quitté l’école. Je ne sais rien faire d’autre que ça. Et ça me nourrit, même si certains ne perçoivent pas notre importance et nous agressent verbalement en nous traitant de voyous», relève le jeune homme de 19 ans. Il s’empresse, aussi, de préciser que tous ne sont pas pareils. « Certains clients sont très généreux avec nous », ajouteNS-t-il. Oumou Saye est une cliente. Elle se dit satisfaite des services des jeunes porteurs de bagages. « J’y ai recours chaque fois que j’arrive au marché. C’est une façon d’encourager la socialisation des enfants et de les préserver de la déviance », explique succinctement la dame. A la différence d’autres, une autre cliente déplore le phénomène et pense plutôt que ça devrait même préoccuper la société et interroger sur l’avenir de ces enfants. Elle invite « la communauté à veiller à l’éducation de nos enfants afin de leur garantir un avenir plus radieux ». Pour elle, « il est grand temps de sortir du schéma de la débrouillardise et de penser au bonheur des enfants ». NS/MD (AMAP)  

Mali : Le Conseil de cabinet revoit à la baisse le budget 2022

Bamako, 10 août (AMAP) Le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, a présidé, mardi, dans la salle de conférence de la Primature, un conseil de cabinet consacrée à l’examen de l’avant-projet de loi portant modification de la loi des finances pour l’exercice 2022, annonce le ministère de l’Economie et des Finances (MEF). « La crise ukrainienne et les sanctions illégales et injustes prises par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) contre notre pays déjà confronté à la double crise sécuritaire et sanitaire liée à la Covid-19 ont eu un impact négatif sur l’économie nationale en provoquant un ralentissement des activités économiques et, par extension, une diminution des recettes de l’État », explique le MEF dans un communiqué. « Ce qui fait que notre équilibre budgétaire risque d’être rompu, car les recettes que nous attendons et qui sont liées au commerce, risquent de ne pas être atteintes», a expliqué, au terme de la rencontre, le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou. «Comme ces objectifs ne seront pas atteints, nous avons estimé que nous risquons de perdre à peu près 190 milliards de Fcfa de recettes. Donc, il fallait nécessairement revoir comment redistribuer les dépenses», a indiqué le chef du département en charge des Finances. Dans cette situation de une baisse de recettes budgétaires, il faut prendre en compte deux facteurs importants, selon le ministre. «L’année dernière, le gouvernement a eu une discussion avec les syndicats qui a abouti à une unification de la grille salariale au niveau de la fonction publique. Ce qui devait avoir un effet complémentaire sur cet exercice qui n’était pas forcément budgétisé au début. Donc, nous avons vu qu’on a une dépense supplémentaire en salaire de 66 milliards de Fcfa qu’il fallait mettre dans le budget, mais aussi, celle liée à la sécurisation de tout le territoire», a expliqué le ministre de l’Économie et des Finances. A ce propos, Alousséni Sanou a soutenu que 113 milliards de Fcfa ont été engagés dans ce sens, notamment au niveau des ministères de la Défense et de la Sécurité. Les deux montants qui font environ 179 milliards de Fcfa, viendront augmenter les dépenses. «Il s’agira de réduire de 318 milliards de Fcfa les dépenses des autres ministères afin de pouvoir avoir un budget plus ou moins équilibré et ressortir avec des taux de déficit budgétaire similaires au déficit initial qui était prévu dans la loi de finances». Ainsi, dira le ministre Sanou, «nous avons les recettes budgétaires qui passent de 2.130 milliards de Fcfa à 1.982 milliards de Fcfa. Et les dépenses budgétaires qui passent de 2.748 milliards de Fcfa à 2.647 milliards de Fcfa». Selon lui, le déficit budgétaire qui était attendu (4,7%), est passé à 5,2%. «Donc, on a un creusement de déficit de 47 milliards de Fcfa lié aux impacts de toutes les évolutions que nous avons connues dans l’environnement», a conclu le premier responsable de l’hôtel des Finances. BD/MD (AMAP)

Energie du Mali réceptionne des groupes électrogènes pour améliorer la fourniture de l’électricité  

Bamako, 06 août (AMAP) Energie du Mali (EDM) a réceptionné, vendredi, à Kati un premier lot de 25 nouveaux groupes électrogènes pour augmenter sa capacité de production de l’électricité de 180 mégawatts sur une période d’un an. Cette opération s’inscrit dans le cadre d’un programme d’acquisition de 48 groupes électrogènes qui seront installés à Kati, Kalaban Coro et Darsalam à Bamako et à Sikasso (Sud). Le directeur de EDM, Koureissi Konaré, a donné le coup d’envoi symbolique de l’installation des 25 nouveaux groupes d’une capacité de production de 50 mégawatts. Le directeur général adjoint pôle technique d’EDM, Mahamadou Guindo, a indiqué qu’ « une telle capacité de production est considérable et va améliorer la déserte des populations en électricité ». Le responsable du pôle technique d’EDM a précisé que projet d’acquisition de ces groupes était sur les rails depuis plusieurs mois, avant d’assurer que la production de 180 mégawatts, qui sera atteint à terme, « permettra de résorber les déficits connus ces dernières années dans fourniture d’électricité ». MT/MD (AMAP)

Services des impôts : Grève suspendue

Bamako, 2 août (AMAP) Le Syndicat national des travailleurs des impôts du Mali (SYNTIM) a décidé de suspendre son mot d’ordre de grève de 72 heures qui devait débuter lundi, à la suite d’un protocole d’accord avec le ministère de l’Économie et des Finances, a appris l’AMAP de source syndicale. « Le motif de ce débrayage dont le préavis a été déposé le 14 juillet dernier a trait à l’amélioration des conditions de travail des employés des impôts », a expliqué le secrétaire général par intérim du SYNTIM, Moussa Sissoko. «La direction générale des impôts, est première structure pourvoyeurs de recette, mais nous travaillons dans des conditions misérables. Ici, souvent, neuf agents partagent une salle», a déploré le syndicaliste. Selon notre interlocuteur, le protocole d’accord porte sur la relecture de l’arrêté n°2016-4017/MEF-SG du 03 novembre 2016 sur les intéressements des agents, la construction du siège de la direction générale des impôts et la direction des grandes entreprises (DGE) ainsi que les Centres des impôts des moyennes entreprises (CIME 1 et 2). Autres point d’accords entre l’hôtel des finances et le SYNTIM, la construction de la direction des impôts du District (DID), et les directions régionales des impôts de Kayes, Koulikoro et Sikasso, la mise à disposition des Codes sources de la version «3.0 de SIGTAS»  et l’équipement de toutes ces structures en moyens de déplacement. À cet égard un Comité paritaire de suivi sera mis en place, au plus tard le 05 août prochain, par décision du ministre de l’Économie et des Finances. BBC/MD (AMAP)

Production du pain : La hausse du prix du blé entraîne des perturbations

Bamako, 2 août (AMAP) Des boulangeries de Bamako, au Mali, ont connu, lundi, une perturbation dans la production du pain en raison de la hausse du prix du sac de farine de 50 kg qui, selon les boulangers, est passé de 25.000 Fcfa à 27.500 voire 28.000 Fcfa. Pour rappel, la miche de 250 grammes était vendue à 270 Fcfa et celle de 300 grammes à 300 Fcfa. Dans certains points de vente, le pain, s’il était disponible, était vendu un peu plus cher que les prix habituellement convenus. « Nos efforts pour rencontrer le département afin de trouver une solution au problème sont restées vains. Alors face à cette situation où tout est cher à savoir l’huile et le carburant, on ne peut pas continuer à produire du pain », lance le secrétaire général de la Fédération syndicale des boulangers et pâtissiers du Mali, Ahmed Dembélé, pour expliquer les raisons de cet arrêt de travail. Le syndicaliste précise que ce mouvement est plutôt un arrêt de travail et non une grève. Joint au téléphone, un responsable du département de l’Industrie et du Commerce a assuré ne pas être au courant de la publication dimanche du communiqué du Cadre de concertation de la filière portant sur la suspension de la production du pain à partir du lundi 1er août 2022. Dans ce communiqué, le président du Cadre de concertation de la filière pain, Mohamed Lamine Haïdara, a annoncé la levée du mot d’ordre de grève et a invité, en conséquence, les boulangers à continuer à produire le pain. Il a précisé que cette levée du mot d’ordre fait suite à une invitation du gouvernement pour une rencontre prévue aujourd’hui (Ndlr, mardi) à 15 heures dans la salle de conférence du ministère de tutelle « afin de discuter des difficultés que rencontre la filière pain ». En attendant cette rencontre, des consommateurs ont parcouru, lundi, plusieurs boutiques ou boulangeries sans obtenir le précieux pain. A la boulangerie «Ami», à Samanko II, dans la Commune du Mandé, le personnel avait déserté les lieux. Seuls quelques livreurs de pain étaient présents. Ceux-ci se plaignaient de la fermeture du point de vente. « Comment vais-je faire désormais pour gagner mon prix de condiments ? », ne cessait de fulminer Youssouf Katilé, livreur de pain. Certaines boulangeries ont produit mais en quantité très réduite comparativement à leur production habituelle. C’est le cas à la boulangerie «Nourah» de Sébénicoro. Les travailleurs ont fermé boutique très tôt car ils n’avaient pas de quoi satisfaire la forte demande. Evoquant les raisons de ce mouvement spontané, le directeur des opérations de l’usine Amawai, Emmanuel Poudiougou, a expliqué que la hausse du prix du sac de farine est due à l’augmentation de celui du blé à l’international et à la cherté de la vie actuellement. La tonne du blé est passé de 300 à 495 Euros (soit de 196.800 à 324.720 Fcfa). « Tout ce qui est lié à la production a fait l’objet d’une augmentation. Aujourd’hui, on se débrouille pour pouvoir alimenter l’usine et éviter l’arrêt complet. Mais on ne peut pas vendre à perte », a dit M. Poudiougou. « Avec la nouvelle campagne, le prix du blé commence à baisser sur le marché mondial. Peut-être dans les semaines à venir, le prix va baisser dans notre pays », a espéré le directeur des opérations de l’usine Amawai. Le directeur général du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC), Boucadary Doumbia, a assuré ne pas être au courant d’un mot d’ordre de grève qui devait être observée lundi. A l’en croire, la production du pain n’a pas été perturbée à Bamako. FC/MD (AMAP)

Bamako – Conakry par la route : L’odyssée vaut le détour 

Reportage  Ahmadou CISSÉ Bamako, 20 juil (AMAP) Les lumières ne sont pas éteintes dans les bureaux des Douanes. Il est pourtant 22 heures passées de quelques minutes à Kouremalé. Cette frontière entre le Mali et la Guinée est des plus cocasses. Les deux pays se partagent, à part égale, le même village. Cela arrache un brin de sourire : certaines familles sont installées sur la ligne frontalière qui cherche en vain à diviser le Mali et la Guinée. En bonne intelligence, on dit : Kouremalé Mali et Kouremalé Guinée. L’arbre qui marquait la frontière est tombé sous le poids de l’âge. Dès lors, une borne en béton prit la relève. Dans le bâtiment vieillissant et fort exiguë des soldats de l’économie, tout le monde est à son poste. Les dossiers entassés par dévers lui, le chef du bureau les évacue comme il peut. Un travail de forçat pour un inspecteur des douanes de près de deux décennies de carrière au compteur. «Nous n’avons même plus de vie de famille. Le douanier, c’est aussi ça ! », lâche-t-il.  La frontière, c’est deux barrières de sécurité. Les services des douanes et de sécurité des deux pays contrôlent et filtrent les passages. Entre les deux, il y a une bande neutre d’une centaine de mètres qui sert d’aire de stationnement. Pour la petite histoire, les véhicules à destination du Mali sont orientés vers Bamako. Ceux en partance pour la Guinée sont tournés vers ce pays. Dès lors, nul n’est censé ignorer cette règle. Les formalités de passage sont faites même aux heures tardives. Seulement, il faut mettre la main à la poche. Une espèce d’échange de bons procédés. Il ne faudrait pas en dire davantage. Les relations bilatérales entre les deux pays sont au beau fixe du fait, essentiellement, de la similarité de la situation politique. NATURE GÉNÉREUSE – Après Kankan, plus en profondeur des terres guinéennes, une très longue route se déroule devant le voyageur. Par le passé, le tronçon Dabola-Kouroussa a tiré sa célébrité de l’état cahoteux du bitume. Même la beauté du paysage ne peut faire oublier l’enfer de cette piste rouge et serpentée, aujourd’hui, devenue agréable à emprunter. Une forte pluie matinale a arrosé Kankan, la ville natale du chef de l’État guinéen, Mamadi Doumbouya. De même, la quasi-totalité du pays a bénéficié de la générosité divine, le même jour. La Guinée cumule les bienfaits de la mer généreuse, de la forêt abondante et d’un sous-sol gorgé de minerais précieux et de terres rares. Mais le développement du pays ne reflète pas cette surabondance naturelle de richesses. La chaussée est carrossable de Bamako à Conakry. Les Guinéens ont mis une bonne dizaine d’années pour réaliser cette route dans un relief très accidenté. Autant de ponts que de kilomètres, serait-on tenté de dire. Mais au bout du chemin, ils ont pu doter le corridor de la meilleure route de la sous-région. Les ingénieurs et les ouvriers sont encore à la tâche, à mettre les dernières touches à l’ouvrage. «Vraiment, pour la route, rien à dire. Auparavant, nous passions des journées sur une route qui casse nos camions et nos reins avec. Aujourd’hui, on l’avale d’un trait. Seulement, les autorités guinéennes et (même) maliennes doivent travailler à calmer les ardeurs financières des policiers et des gendarmes sur la route», confie le vieux chauffeur Abdoulaye Sogoba, confortablement installé dans la cabine de son camion. BLO, LE ROUTIER – Il connaît le moindre virage de l’axe pour l’avoir fréquenté pendant plus d’une décennie. Bonnet couleur chocolat qui cache à peine ses cheveux blancs, Blo prend la vie du bon côté. «Tant qu’on avance, on finira par arriver», c’est son leitmotiv. Sur la route, il est reconnu par son camion blanc-rouge sur lequel il est inscrit une sagesse : «Dieu seul sait !». Cette écriture côtoie la «Chahada» manuscrite en arabe. Lui-même chétif, nez sévèrement aplati qui surplombe de généreuses lèvres. La cola qu’il ne cesse de mâcher, a légèrement abîmé ses dents. Il est jovial, fait toujours un jet de phare pour saluer les automobilistes qu’il croise. Blo sourit aux agents de sécurité et il lui arrive même de lever la main aux troncs d’arbres lorsqu’il conduit la nuit. Il y a aussi ses grosses lunettes noires à la Chuck Norris. Un beau temps berce Dabola, situé à environ 400 km de la capitale. Le vent frais qui s’échappe des collines environnantes est mortelle. La montée des collines abruptes commence ici. Un spectacle saisissant que personne ne peut rater : la traversée des nuages en voiture. Une chimie de la nature qui place de couches épaisses de nuages sur les cimes de la montagne enrobée d’une verdoyante couche d’arbustes. A une centaine de kilomètres de Mamou, l’enthousiasme est timoré par l’état dégradé de la route sur un segment de hautes montagnes.  Certains chauffeurs surchauffés y laissent fréquemment des plumes. Les véhicules «CH» qui viennent d’Europe, en transit, pour notre pays, sont très souvent défigurées ou très endommagées. Les mauvaises langues racontent partout que des chauffeurs renforcent leurs capacités par des produits dopants. Ces comprimés bon marché en Guinée les aident, semble-t-il, à tenir le coup et les chocs. Seulement, plus tard, ils deviennent dépendants, le corps affaibli, l’esprit flottant et bonjour les dégâts ! CHAUFFARDS – Pour une course normale, le circuit prend 24h. Les casse-cous le réussissent en bien moins. C’est pendant la nuit que Conakry se montre. Avec ses barrages militaires, taxis motos et surtout le tintamarre des klaxons. Mais une ville d’une coquetterie particulière qui se construit petit à petit. Les gratte-ciels sont de plus en plus nombreux. Conakry s’est même fait deux tours jumelles. Que dire de plus ? Si ce n’est dénoncer avec gravité le comportement « cochon » de certains conducteurs de taxi. A la faveur de la nouvelle route, les jeunes chauffeurs se livrent à une course folle, alors que leurs véhicules sont agonisants. Il est arrivé, au sortir d’un village, entre Sindia et Mamou, que deux véhicules de transport en commun fassent le rodéo comme dans

La Banque mondiale a levé la suspension des décaissements pour les projets du Mali (Ministère de l’Économie et des Finances).

Bamako,19 juil (AMAP) Le groupe de la Banque mondiale a levé la suspension des décaissements pour les projets et programmes qu’il finance au Mali, a annoncé le ministère de l’Économie et des Finances, citant une correspondance du vice-président de la Région Afrique de l’Ouest et du Centre de la Banque, Ousmane Diagana. « […] Nous avons le plaisir de vous informer que la Banque mondiale a reçu tous les paiements en retard mentionnés dans l’avis de suspension et tous les autres paiements dus par le Pays membre et l’Emprunteur et échus depuis la date de suspension mentionnée dans ledit avis. Le Pays Membre et l’Emprunteur sont donc à jour de tous les paiements qu’ils doivent à la Banque au titre des prêts suspendus », a annoncé M. Diagana, dans cette correspondance datée du 18 juillet 2022 et adressée au ministre malien de l’Économie et des Finances, Alouséni Sanou. « Par conséquent, la suspension des retraits au titre des prêts suspendus a été levée à compter du 18 juillet 2022 » a précisé le vice-président de la Banque mondiale dans sa correspondance, à la suite du paiement par le Mali « de ses échéances dus à la Banque mondiale dès la levée des sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA ». « Cette diligence du ministère de l’Economie et des Finances permettra ainsi, dans les plus brefs délais, le déblocage des paiements en souffrance des entreprises concernés et, également, la relance immédiate des activités desdits projets et programmes », ajoute le département en charge de l’Economie et des Finances. MD (AMAP)

Bamako : Les restaurants ambulants ont le vent en poupe

Par Fatoumata M. SIDIBE Bamako, 19 juillet (AMAP) A Bamako, la capitale malienne, on rencontre, surtout aux endroits de forte concentration humaine, de plus en plus, de restaurants ambulants, un véhicule aménagé pour vendre des plats d’un emplacement à un autre et équipé pour la cuisson, la préparation et la vente de nourritures.  «Kalaman» qui signifie plats chauds en français en fait partie. Ce nouveau service «Fast Food mobile» est installé à l’ACI 2000. Nous avons rencontré son promoteur Kassim Sidibé, en train de cuire un tacos. Ce diplômé en agro alimentaire a ouvert son restaurant mobile en janvier 2022.  « Je travaille avec six employés pour le moment. J’ai choisi la zone ACI 2000 parce que c’est le centre des affaires à Bamako.  Ici, nous ciblons les écoliers, les travailleurs,  les passants. Nous vendons des sandwiches, des tacos, des paninis, des chawarmas», explique Kassim Sidibé, dont les prix vont de 1 000 à 3 500 Fcfa Le jeune restaurateur et son équipe peuvent vendre 100 à 150 repas par jour. «Nous avons obtenu de la mairie un permis de stationnement et une autorisation d’occupation. Nous travaillons de 7h à 18h, du lundi au vendredi. Nous faisons également des livraisons à domicile», confie le patron du restaurant «Kalaman». Mana Fatima est une cliente rencontrée sur place. Elle avoue être séduite par ce restaurant mobile. «C’est grâce à Facebook que j’ai découvert ce restaurant mobile. Les plats sont bons et les prix sont raisonnables. Aujourd’hui, je suis venue acheter des sandwichs au poulet», dit la jeune cliente. «Je peux venir ici 2 fois par semaine. Le repas est vite servi. La commande est aussi possible en ligne», se réjouit-elle.  Il est 12 heures au «Resto Mobile Siby Center». Des chawarmas, hamburgers, nems, sandwiches, patés, KFC Chickens, brochettes sont déjà disponibles. Amadou Sanogo, le cuisiner principal, finit de nettoyer son matériel. Le jeune homme qui dispose déjà d’un restaurant fixe à Djicoroni, a choisi d’agrandir son business avec un restaurant mobile. «Nous avons ouvert ce camion-restaurant en décembre dernier. Il fonctionne bien. Certains clients se plaignent souvent des prix de la nourriture, mais ça ne les empêche pas de revenir», dit-il. Lors des grands événements comme Bama Art, Amadou Sanogo fait de bonnes affaires. «On peut vendre plus de 100 plats en quelques heures. Les prix vont de 500 Fcfa à 2 500 Fcfa. À l’avenir, nous envisageons d’ajouter les rafraîchissements», dit-il.  MANGER SAIN – Alassane Togo est le promoteur du «Resto mobile Mandé volaille». Sa camionnette aux couleurs bleue et blanche est stationnée non loin du boulevard de l’Indépendance. Nous l’avons trouvé en train de découper  des pommes de terre. Il précise que les poulets sont venus directement de sa ferme à Yirimadjio. «Nous avons choisi ce lieu, car il est situé en plein cœur de Bamako. Nous commençons le service à 15h jusqu’à 2h du matin. Les clients aiment beaucoup nos poulets grillés», fait-il savoir. Le restaurant-camion d’Alassane Togo fonctionne depuis des années. Il a obtenu son autorisation à la mairie de la Commune III. La policière Fatoumata Traoré travaille au commissariat de Sébénikoro. Malgré la distance, elle est l’une des clientes fidèles du «Resto mobile Mandé volaille». «Chaque fois que je viens ici, mes collègues me donnent l’argent pour acheter leur plat. Aujourd’hui, je suis venue acheter 3 poulets à 6 000 Fcfa l’unité», raconte celle qui fréquente ce restaurant depuis cinq ans.  FMS/MD (AMAP)

Après la levée des sanctions de la CEDEAO : Le port de Dakar annule les frais de magasinage des marchandises du Mali

Bamako, 15 juin (AMAP) Une mission de la direction générale du Port autonome de Dakar (PAD), qui séjourne, depuis mercredi, au Mali, a rencontré jeudi les opérateurs économiques maliens au Conseil national du patronat du Mali (CNPM). L’objectif de cette rencontre avec les opérateurs économiques maliens était d’échanger sur les mesures annoncées par le PAD pour la reprise du transit malien et les moyens de renforcer le partenariat stratégique entre les deux parties. Ces mesures portent, notamment, sur l’annulation des frais de magasinage des marchandises maliennes en transit au PAD. « Cette décision (…) prend effet à compter du début d’entrée en vigueur de l’embargo contre le Mali (9 janvier 2022) jusqu’au 3 juillet 2022 date de la levée de celui-ci », a expliqué le directeur commercial et expérience client du PAD, Papa Ibrahim Sow. Selon représentant du directeur général du PAD à la rencontre, ce sont des centaines de milliers de marchandises (conventionnelles) du transit malien qui sont concernés par « cette importante décision » de l’autorité portuaire sénégalaise.  « Par note circulaire du 05 juillet 2022, le directeur général du Port autonome de Dakar engage les opérateurs des terminaux à décider un examen bienveillant concernant les demandes de nos partenaires maliens en ce qui concerne les délais de franchise et la durée de séjour des marchandises », a expliqué le directeur commercial.  Dans ce cadre, le responsable commercial du PAD a annoncé que des missions des opérateurs économiques sénégalais sont attendues très bientôt, à Bamako, la capitale malienne. « Et pour la définition de la stratégie nationale portuaire du Sénégal, la direction du Port autonome de Dakar a associé de façon inclusive les partenaires maliens à la préparation du document », a-t-il assuré. Évoquant l’assistance des acteurs sur le corridor pendant l’embargo, M. Sow, a rappelé, qu’outre les différentes instructions données pour assurer une plus grande fluidité des marchandises (produits alimentaires, pétroliers et intrants agricoles) non concernés par l’embargo, le directeur général du port a plaidé auprès des responsables au plus haut niveau en faveur des partenaires maliens et des populations.  Pour sa part, le président de l’administration provisoire du Conseil malien des chargeurs (CMC), Souleymane Baba Traoré, a remercié la direction générale du PAD pour avoir annulé à 100% tous les frais de magasinage au niveau du port. « Toutefois, dans le cas de force majeur et pour éviter une double sanction, les opérateurs économiques maliens savent compter sur votre suivi et investissement personnel auprès des autres acteurs portuaires pour l’annulation et le remboursement des frais de magasinage de stationnement et de surestaries », a plaidé le président du CMC.  Il a estimé qu’un avis favorable à cette demande rendra justice aux opérateurs économiques maliens qui sont étrangers à cette situation. « Et accéder à cette demande constitue un acte d’humanisme à l’endroit de la population malienne qui vit une situation socio-économique et sanitaire complexe », a ajouté M, Traoré.  Le président du CMC a ajouté que dans le cadre de la relance économique, les opérateurs maliens comptent sur le corridor Dakar-Bamako pour un approvisionnement régulier et à moindre coût de notre pays. « Ceci est d’autant plus justifié qu’en raison du partage de la même aire culturelle, le Port de Dakar est l’un des ports stratégiques du Mali », a-t-il dit. La rencontre a eu lieu en présence du président de la Chambre du commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Youssouf Bathily, du président de l’Administration provisoire du CNPM, Soya Golfa. BBC/MD (AMAP)