Le Mali lève plus de 200 milliards de Fcfa d’emprunt obligataire (Ministère de l’Economie et des Finances)

Bamako, 03 sept (AMAP) Le Mali vient de clôturer le processus de mobilisation de plus de 200 milliards de Fcfa à travers un emprunt obligataire sur le marché financier de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), a annoncé, vendredi, le ministère de l’Economie et des Finances (MEF)., Dans un communiqué, le MEF souligne que l’opération a « permis au Trésor Public de mobiliser deux cent sept milliards cinq cents millions de Fcfa  (207,5 milliards Fcfa), soit un taux de souscription de près de 104% ». « Cette opération a été réalisée par la Société de gestion et d’intermédiation (SGI) Mali, arrangeur et chef de file du syndicat de placement, avec comme co-chefs de file : SGI Togo, Global Capital et CIFA Bourse », explique le MEF. « Cet emprunt obligataire, lancé le 15 août 2022 sur le marché financier de l’UMOA pour un montant de 200 milliards Fcfa, un taux de 6,20% et une maturité de 10 ans, a été clôturé le 31 août 2022 », précise la même source. Le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, s’est réjoui « de l’accompagnement des partenaires pour le financement des projets structurants de développement économique et social du Mali. » Cette opération est consécutive aux 277,371 milliards Fcfa levés sur  le Marché des titres publics UMOA,  il y a trois semaines. MT/MD (AMAP)

A Dio, près de Bamako, les fermes poussent comme des champignons 

Par Rokiétou MAÏGA Bamako, 27 août (AMAP) Située à Magnambougou, village de la Commune rurale de Dio-Gare, Cercle de Kati et Région de Koulikoro, la ferme de Ousmane Diakité offre depuis 13 ans une gamme variée de produits agricoles. Avec le phénomène de «fermage» qui se développe de plus en plus autour de la capitale malienne, notamment à Baguinéda et périphérie, la Commune rurale de Dio, à 40 kilomètres seulement de Bamako, accueille  un chapelet de fermes. Aménagée sur une superficie de 15 hectares, la ferme de Diakité est le résultat de son amour pour le travail de la terre. Fils d’agriculteur, sa passion pour l’agriculture n’a pas tardé à éclore. «Mes frères et moi travaillions au champ, et de fil en aiguille, j’ai pris du plaisir à gratter la terre», explique Ousmane. La ferme est composée en grande partie d’orangers de variétés différentes, d’un hectare de papayers et de melons encore à l’état brut. Les variétés d’orangers s’étalent tout le long de la ferme. Les 2 000 à 3 000 pieds d’agrumes constituent son patrimoine. Le sol gravillonnaire de la zone s’adapte à tout type de cultures. Dans la ferme et aux environs, il cultive de la vigne, le pommier, ce qui peut surprendre, ou encore l’avocatier. L’orange du Mali «lemourouba», «le tengelo », de son nom scientifique citrux-tengelo, ou encore «le niva» qui a sa pulpe rouge, sont autant de variétés qui sur l’exploitation. Le choix de cette production agricole s’explique par la rentabilité du produit qui, une fois planté, génère des bénéfices à long terme. «Après leur implantation, au bout de deux ans à deux ans et demi, ils commencent à donner les premiers fruits. Et cela est valable pour toutes les saisons», se réjouit Diakité. Avec un investissement personnel et des prêts auprès de deux banques de la place, l’exploitation agricole de Diakité a débuté en 2009. Pour les cinq ouvriers qui y travaillent et le gardien, le travail de la ferme n’est pas de tout repos. Arrosage et désherbage par-ci, cueillette des fruits par-là, l’effectif est insuffisant, mais cela se comprend aisément. L’arrivée de l’hivernage fait que beaucoup d’entre eux rentrent chez eux pour les travaux champêtres en famille. L’ensemble des produits de la ferme sont écoulés sur place. Un groupe de cinq hommes sont venus acheter chacun un kilo d’oranges à 350 Fcfa. Tous enseignants de la localité, ils préfèrent acheter directement à la ferme pour le prix car chez les revendeurs, il s’élève à 750 FCFA voire plus. Et en même temps, ils viennent profiter de l’air frais et pur que dégagent les plantes en harmonie avec la nature. «À la saison des fruits, c’est un véritable marché qui règne là», commente le gardien Kariba Diarra. Électromécanicien de formation, Ousmane Diakité fait remarquer qu’il fait face à beaucoup de difficultés : la commercialisation des produits sur le marché avec la redoutable concurrence des importations, le manque de main d’œuvre qualifiée et la non-maitrise de l’activité agricole. RM/MD (AMAP)

Campagne agricole : La promesse de pluies régulières 

Par Anne-Marie KEITA Bamako, 25 août (AMAP) L’hivernage atteint sa vitesse de croisière. Caractérisée par de longues périodes sèches au début, la pluie est de plus en plus régulière et abondante. À vue d’œil, les parcelles sont bien entretenues. À l’Office du périmètre irrigué de Baguinéda (OPIB),pres de Bamako, la capitale malienne,  les cultures ont amorcé leur phase de maturité. L’aspect végétal des champs de riz, de maïs et de sorgho est prometteur. À condition que «les paysans maintiennent la cadence quant à l’entretien des champs et les traitements phytosanitaires, indispensables au bon développement des plantes». Baguinéda est une ville et une commune, dans la sous-préfecture du Cercle de Kati, dans la Région de Koulikoro. Située à 30 km de Bamako sur le fleuve Niger, cette commune rurale qui regroupe 32 villages, abrite plus de 3.000 hectares aménagés en maîtrise totale d’eau par l’OPIB. Créée en janvier 1998, cette structure est la plus grande zone de production agricole de notre pays, après l’Office du Niger (ON). Elle est chargée du développement intégré, de promouvoir le développement des principales cultures vivrières de base et maraichères. En plus des activités agricoles possibles en saison des pluies, les paysans de Baguinéda pratiquent aussi la culture de contre-saison. Celle-ci est une activité agricole consistant à faire le maraîchage et des cultures céréalières pendant la saison sèche. Elles s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre de la Politique nationale de développement de l’État. Le but étant de mettre un accent particulier sur les aménagements de terres agricoles au profit des producteurs et de combler le déficit céréalier du Mali. Paysan à l’OPIB depuis plus de 15 ans, Mahamadou Diarra, œuvre pour l’atteinte de ces objectifs. Il trouve que la campagne évolue bien. Arguant qu’il pleut en abondance, le cultivateur prédit : «Cette année, la campagne sera meilleure que l’année dernière car les paysans ont commencé à semer à l’OPIB depuis le mois de juin. Alors que l’année dernière, les semis ont débuté en juillet». « Cela à condition qu’il n’y ait pas une fin précoce de la pluie comme cela a été le cas l’année dernière », ajoute M. Diarra qui exploite un hectare de riz, deux hectares de maïs et un demi-hectare de gombo. Son collègue Bakary Doumbia est producteur à Kognimba, dans la Commune de Baguinéda. Il détient à l’OPIB un champ de riz et de maïs d’une superficie d’un hectare chacun. De l’avis de celui qui accumule 22 ans d’expérience dans l’agriculture, le niveau satisfaisant des pluies présage d’un bon rendement et d’une bonne campagne. Le directeur général de l’OPIB, Mamadou Togola, partage les constats de des producteurs. M. Togola estime que l’allure que présentent les champs permet d’espérer que les objectifs de production pour cette année pourraient être atteints. Ils sont, a-t-il dit, estimés à 24.419 tonnes pour les céréales, dont 17.722 pour le riz, 6.300 pour le maïs et 299 tonnes pour le mil et le sorgho. Concernant les cultures maraîchères, les objectifs sont évalués à 27.995 tonnes, toutes spéculations confondues. En la matière, le niveau de réalisation est de 104% pour le mil, 86% pour le sorgho, 82% pour le maïs. Pour le riz cultivé en maîtrise totale d’eau (riz repiqué dans le périmètre), la réalisation est de 70% pour une superficie de 1.935 hectares. « Les emblavures se poursuivent en ce qui concernent le riz et sont à un niveau satisfaisant », assure le premier responsable de l’OPIB. Il faut ajouter qu’à l’OPIB, l’Adny 11 est la variété de riz la plus cultivée. Son cycle est de 120 jours. En matière de cultures sèches, c’est le Sotubaka, une variété de maïs dont le cycle est de 90 jours. Elle arrive à boucler son cycle pendant la période d’hivernage sans un grand souci de sècheresse. À propos des équipements agricoles, Mamadou Togola a dit que le taux d’exploitation est également acceptable. « La situation phytosanitaire, elle, est jugée calme. Les produits phytosanitaires sont disponibles », assure-t-il. « Néanmoins, des problèmes existent », nuance le patron de l’OPIB. Selon lui, la difficulté principale concerne l’acquisition des engrais minéraux, une situation générale liée au conflit en Ukraine. Autres difficultés, selon lui, l’insécurité dans la zone OPIB, l’insuffisance des ressources financières, les besoins en matériels agricoles pour les producteurs, le manque de main-d’œuvre. Sur les difficultés d’acquisition des engrais minéraux, il estime que les sols sont si pauvres qu’il faut des appoints. Le paysan Mahamadou Diarra, natif de Kobalacoro, Commune de Baguinéda, déplore également le problème d’accès aux intrants surtout les engrais minéraux. «En attendant la mise à disposition de la subvention de l’État, nous achetons le sac d’engrais entre 35.000 et 40.000 Fcfa», explique-t-il. «Nous sommes toujours en attente de l’engrais minéral. À part ce problème qui nous inquiète un peu, la campagne agricole est rassurante cette année car il pleut suffisamment», confirme Rokia Samaké, exploitante d’un demi-hectare de riz à l’OPIB. « L’État a déjà fait des acquisitions avec certains fournisseurs qui ont été déjà mises à la disposition de certaines structures agricoles’, annonce le directeur général de l’OPIB qui assure que les objectifs seront atteints si la pluie maintenait la même cadence. AMK/MD (AMAP)

Coopération: Bamako et Téhéran renforcent leurs relations bilatérales

Bamako, 24 août (AMAP) Les ministres en charge des Affaires etrangeres du Mali, Abdoulaye Diop, et d’Iran, Dr Hossein Amir-Abdollahian, ont cooprésidé la première session de la Commission mixte de coopération Mali-Iran, mardi, à Bamako. Le ministre des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran, Dr Hossein Amir-Abdollahian, à la tête d’une forte délégation, séjourne au Mali, depuis lundi dernier, dans le cadre du renforcement de la coopération économique, commercial surtout de la lutte contre le terrorisme. Cette session, qui s’est tenue au département des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a été précédée par la réunion des experts, les 21 et 22 août 2022, au cours de laquelle les deux délégations ont fait le tour d’horizon des dossiers de coopération bilatérale. Le ministre Abdoulaye Diop a rappelé les liens historiques d’amitié et de fraternité entre les peuples et les gouvernements des deux pays. À ce propos, le chef de la diplomatie malienne s’est félicité que le Mali soit le premier pays visité, durant la tournée officielle en Afrique du Dr Hossein Amir-Abdollahian, depuis sa nomination à ce poste. Au plan politique, M. Diop a exprimé « la très haute appréciation des autorités de la Transition concernant la lecture lucide et pragmatique que le gouvernement iranien a toujours faite de la complexité de la crise au Mali ». À cet égard, il a entretenu la partie iranienne des efforts entrepris par le gouvernement malien pour la pacification et la sécurisation du territoire national. Il a, aussi, souhaité que la présente session soit l’occasion de dégager les voies et moyens permettant de contribuer au renforcement et à la diversification de la coopération bilatérale entre le Mali et la république islamique d’Iran, notamment dans les domaines prioritaires comme la défense, la sécurité, l’enseignement supérieur et la recherche scientifique. Les deux parties envisagent d’élargir leur coopération au développement rural, aux mines, à l’énergie et à l’eau, à la santé, aux transports et infrastructures, à l’industrie, au commerce, à l’habitat, l’urbanisme, la culture et au tourisme, à la communication et à l’économie numérique. Dr Hossein Amir-Abdollahian, a, quant à lui, relevé la parfaite convergence de vues entre le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, et celui de la République islamique d’Iran, Seyyed Ebrahim Raïssi, sur les questions de paix, de sécurité, de développement, de souveraineté et sur les différentes crises que connaît le monde. Le ministre des Affaires étrangères d’Iran a présenté sa présence à cette réunion comme « l’expression de la volonté des autorités iraniennes à développer les relations et la coopération bilatérale ». Il a expliqué que la tenue de la Commission mixte de coopération globale est un mécanisme approprié pour organiser la coopération économique visant à dynamiser les échanges commerciaux. Ainsi, Dr Hossein Amir-Abdollahian a souligné « la nécessité de mettre en œuvre les accords et de poursuivre les réunions périodiques ». Les deux ministres ont ensuite invité les deux délégations à faire l’état des lieux de la coopération entre les le Mali et l’Iran et à entreprendre les actions nécessaires en vue de relancer, consolider et diversifier cette coopération, conformément aux orientations des deux chefs d’État. C’est ainsi qu’il a été décidé de créer un comité de suivi de la mise en œuvre des décisions et recommandations issues de la première session de la Commission mixte. En marge de cette session, les ministres Abdoulaye Diop et Dr Hossein Amir-Abdollahian ont « eu des échanges approfondis sur les questions bilatérales, sous régionales, régionales et internationales. La deuxième session de la Commission mixte de coopération entre les deux pays est prévue en 2024 (1403) à Téhéran, en République islamique d’Iran, à une date qui sera fixée d’accord partie par voie diplomatique. Auparavant, le ministre des Affaires étrangères d’Iran a annoncé l’organisation d’une exposition technologique à Bamako. Aussi, la République islamique d’Iran prévoit-elle de créer un centre technologique dans la capitale malienne. Évoquant le sujet du terrorisme lors du point de presse conjoint, Dr Hossein Amir-Abdollahian a promis que son pays fera profiter au Mali de son expérience dans le cadre de la lutte contre ce phénomène. «Les efforts du Mali pour préserver son indépendance sont une approche positive. C’est pour cela que nous soutenons cette Transition», a-t-il déclaré. Une séance de travail a également réuni les opérateurs économiques maliens et iraniens. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, a assuré la partie iranienne de rendre le climat des affaires entre les deux pays très propice et profitable. Mahmoud Ould Mohamed a précisé que le Mali est intéressé par le développement de l’agro-industrie qui est créatrice de valeur ajoutée. Il a relevé que le Mali est le deuxième pays de la zone ouest africaine dans le domaine du cheptel et premier producteur de coton en Afrique au sud du Sahara. Et d’assurer de la disponibilité de son département à faciliter les démarches administratives. OD/MD (AMAP)  

A Diéma (Ouest), le baobab est un patrimoine familial

Par Ouka BA Diéma août (AMAP) Le baobab, cet arbre aux multiples vertus est, surtout, entretenu à cause de ses feuilles, que les femmes réduisent en poudre pour la préparation de la sauce du tô, ou pour rendre malléable le couscous. Dans le Cercle de Diéma, dans l’Ouest du Mali, particulièrement dans les localités à dominance soninké, le baobab est considéré comme un patrimoine familial, exploité généralement par les femmes. Chaque matin, quand le chef de famille sort du grenier la quantité de mil pour le plat du jour, en plus de la mesure de sel, il puise dans la réserve de poudre de feuilles de baobab, appelé « namougou fing ». Une fois que le maître de la maison réunit ces conditions, il est exempté de prix de condiments. C’est à la femme de se « débrouiller »  seule pour trouver le reste des ingrédients et préparer à manger pour les membres de la famille. Parfois, si le plat n’est pas du goût d’une belle-sœur ou d’un beau-frère, celle-ci ou celui-ci ne se prive de le faire savoir à la cuisinière du jour, à travers sarcasmes et propos blessants pour la pauvre ménagère, du genre : « Même un âne ne peut digérer un tel met ! » Ici, comme un peu partout dans la zone, les feuilles du baobab sont beaucoup consommées. C’est pourquoi, à cause de l’importance de cet arbre, le propriétaire d’une parcelle de terrain, avec même un seul pied de baobab, n’accepterait jamais de la vendre, que ce soit une transaction en droit coutumier ou non. L’essence restera au compte de sa famille qui l’exploitera à sa guise. « Le jour où le propriétaire d’un terrain où se trouvent des baobabs décide de le vendre, forcément, les arbres feront partie de la transaction », estime, pour sa part Fousseiny Sissoko, un conseiller au chef de village, qui trouve absurde le contraire. Mahéta Sacko est imam à Diéma. Il soutient que tout est une question d’accord et de consensus. « Si celui qui vend sa parcelle de terrain, avec un ou plusieurs pieds de baobab, accepte de céder à l’acheteur ses arbres, il n’y aucun inconvénient. Il faut faire en sorte qu’aucune des deux parties ne soit lésée lors de la transaction :, explique-t-il.  « L’Islam est bâti sur la paix et la cohésion sociale », commente le religieux. Selon Aïssata Konté, domiciliée à Diéma, « le baobab appartient surtout aux femmes. On en trouve généralement dans chaque maison. Les feuilles du baobab jouent un rôle important dans l’économie  familiale car elles permettent de réduire parfois les dépenses des hommes. » « Pendant l’hivernage, on prépare souvent pour les cultivateurs  de la boisson à base de poudre de pain de singe associée à la pâte d’arachide avec un peu de sucre. Une fois qu’ils consomment ce mélange, ils retrouvent la force et le courage et travaillent à cœur joie. C’est une boisson qui permet d’atténuer les effets des rayons solaires, si bien qu’à la fin de la journée, les travailleurs sentent moins de fatigue », révèle Aïssata. La présidente de l’Association de santé communautaire (ASACO) de Fassoudébé, Coumba Dia, affirme que dans leur village, les femmes plantent leurs propres pieds de baobabs dans leurs périmètres maraichers et les entretiennent comme les autres arbres fruitiers. Elles utilisent uniquement les feuilles de baobab et s’intéressent moins aux fruits. La dame poursuit : « Ce sont nos voisins maures qui en tirent le plus de profit. Ils font la cueillette du  pain de singe et confectionnent des cordes  avec les écorces qu’ils commercialisent. » Seibane Dicko, un maure habitant à Dabaye-Laklal, entretient quotidiennement le jeune pied de baobab qui se trouve devant sa case. Il empêche les animaux de l’effeuiller, lorsqu’ils se rendent aux pâturages ou en reviennent. Oumar Cissé est bourrelier. Superstitieux, il déclare  que le baobab est un arbre qui porte-malheur. « La présence de cet arbre, dans une maison, dit-il, attire la détresse sur ses occupants ». Un homme aurait été obligé d’abandonner la maison qu’il louait, à cause d’un incendie survenu à plusieurs reprises. L’infortuné a vite fait de lier les sinistres à répétition à la présence dans la maison d’un grand baobab, vieux de près d’un siècle. Cet engouement des femmes pour le baobab contribuera à mieux sauvegarder cette espèce en voie de disparition. Une disposition sur laquelle l’Etat et ses partenaires peuvent miser pour soutenir davantage de projets de reboisement dans cette partie de la bande sahélienne, en proie à la désertification et l’avancée du désert. OB/MD (AMAP)  

Le boom de la livraison de colis à Bamako

Par Kadiatou OUATTARA Bamako, 17 aout (AMAP La livraison connait un boom grâce au développement des ventes et des commandes en ligne. Jeunes hommes et femmes livrent nourritures, habits, chaussures, accessoires… Sogona Nanakassé est de ceux-ci. Âgée de 38 ans, elle est divorcée et mère d’un enfant. Dotée d’un physique imposant, débordante d’énergie, elle a opté pour ce métier. Officiellement conductrice de taxi-moto «Telimani», elle est également dans la livraison de colis depuis novembre 2020. Résidente de Moribabougou, Sogona Nanakassé fait la navette entre différents quartiers de Bamako, la capitale du Mali. Elle s’est achetée une moto de seconde main pour mener à bien son activité. La brave dame livre très souvent les colis des vendeuses «d’Abaya» et les commandes de «Mali Buru», de la pâtisserie «Artisan boulanger». « Les débuts n’étaient pas faciles, car j’ai  commencé avec une moto de plus petite cylindrée pas très adaptée à ces activités », confie-t-elle en souriant. Son statut de femme posait aussi problème à certains tandis que d’autres en ont font une grande source de crédibilité. « C’est un travail qui ne me permet pas de subvenir à tous mes besoins, mais ça me permet de me nourrir, de payer la scolarité et les cours privées de mon enfant », se réjouit notre interlocutrice. Atteinte de sinusite, ce qui l’empêche, souvent, de travailler et de faire certains activités, Nanakassé s’accroche malgré sa santé fragile. Si Nanakassé évolue en solo, il existe aujourd’hui des sociétés spécialisées dans la livraison de colis. Kadialy Deka Diabaté est l’un des promoteurs de «I ka Tchiden, ton coursier». Créée en octobre 2020, cette société basée à Hamdallaye ACI 2000, emploie une dizaine de personnes, toutes des salariées. «On fait plusieurs types de livraisons», explique Diabaté. Il s’agit de livraisons de colis, de dépôts de courriers pour les structures, etc. « Nous faisons également les courses domestiques et les paiements de factures pour les clients », indique-t-il. À ces prestations, s’ajoutent les services de recouvrement et la livraison de colis pour les sites de vente en ligne. Le service « I ka Tchiden» est accessible grâce à des numéros de téléphone. « La coordination avec le livreur est faite à la demande du client. Les tarifs varient entre 1 000 et 3 000 Fcfa, selon la distance à parcourir », explique le patron. Cependant, ce métier n’est pas sans difficultés. La hausse du prix du carburant due au contexte économique international difficile impacte énormément les affaires des entreprises de livraison. Une autre difficulté est liée à la nature des produits livrés. « Des cas d’interpellations sont souvent enregistrés à cause du fait de la simple livraison de certains colis », confie un livreur qui souhaite garder l’anonymat. Il raconte avoir passé une nuit dans une cellule de prison à Kati. «Souvent, on nous fait livrer des colis sans qu’on sache ce qu’il contient», explique ce dernier. CONNEXION IMMÉDIATE – Pour s’en rendre compte, nous avons accompagné un livreur durant une journée, au cours de laquelle il a effectué une série de livraisons. Cheickna Samaké, c’est son nom. Diplômé en électricité, niveau Certificat d’aptitude professionnel (CAP), il est livreur pour la société « I ka Tchiden », depuis à sa création. Il se dit passionné par ce métier. Nous sommes vendredi. Il est 13 heures. Par un temps nuageux suivi d’une forte pluie, j’enfourche la moto de livraison du jeune homme, pour une immersion d’une journée. Il roule à grande vitesse pour arriver vite à destination. Du Quartier du fleuve à Djélibougou, en passant par Bozola, Niarela, Hippodrome, Korofina, il se faufile entre les véhicules pour éviter les bouchons. Une quinzaine de minutes plus tard, nous voici devant «La Croix Rouge malienne» à Djelibougou. Cheickna appelle le client au téléphone et lui livre son colis : un appareil «power bank» pour recharger les téléphones qui avait été commandé dans une boutique de vente en ligne. Après vérification, le client paye la commission du livreur. Direction Moribabougou, pour la seconde livraison. Arrivé à Titibougou, surgit une grosse tempête. On s’accroche à la moto. À présent à Moribabougou Tiônonkono, il pleut abondamment. On se met à l’abri dans une station service d’essence bondée de monde. Tous attendent la fin de la forte pluie pour vaquer à leurs occupations. Salimata Samaké, vendeuse de produits de beauté et d’accessoires, explique que ce métier de livreur lui est d’une grande utilité. Selon elle, les livreurs assurent la connexion immédiate entre le vendeur et son client. Surtout que le livreur peut retourner avec le colis pour l’échanger si le client n’est pas satisfait. Salimata soutient vivement ce métier car, c’est un pourvoyeur d’emplois pour les jeunes. Elle déplore les fluctuations quant aux prix de la livraison de la part de certains livreurs. « La mauvaise humeur de certains d’entre eux fait souvent fuir la clientèle », dénonce-telle. Dans tous les cas, ce métier est une alternative crédible au chômage massif des jeunes. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes (généralement diplômés) qui passaient la journée, assis au «Grin» à se tourner les pouces, sont en contact avec des sites de vente en ligne et autres prestataires de services. À l’aide de leur moto, ils livrent des colis à la demande des clients. Ils peuvent revenir s’installer au «Grin» en attendant, les yeux rivés sur le téléphone portable, le prochain appel pour une nouvelle livraison. KO/MD (AMAP)        

La douane malienne saisit 159,5 kg de cocaïne à Kouremalé, frontière avec la Guinée

Bamako, 16 août (AMAP) Le bureau des douanes de Kouremalé, à la frontière du Mali avec la Guinée, a saisi pour près de 8 milliards de Fcfa de drogues, réalisant l’une des plus importantes opérations des douanes maliennes, selon les responsables de ce service Ce sont en tout 145 briquettes de cocaïne dissimulées dans un véhicule 4×4, en provenance de la Guinée sur lesquelles les soldats de l’économie ont mis la main. Le chef de bureau des douanes de Kouremalé a expliqué que cette importante saisie  est intervenue suite à l’interception, le 7 août dernier, d’un véhicule  en provenance de Guinée dont le conducteur sollicitait « un laisser-passer touristique ». Une demande à laquelle les douaniers n’ont pas accédé malgré l’insistance du suspect qui est « revenu à la charge avec d’autres pièces », selon le douanier. Ce n’est que cinq jours plus tard, après que l’individu a abandonné son véhicule que les douaniers ont procédé à sa fouille. En plus de quelques affaires personnelles du suspect, ils découvrent 145 briquettes de cocaïne « pure » dissimulées dans une cache aménagée sur sous le toit de la voiture. Le grand coup des éléments du bureau des douanes de Kouremalé a été salué par leur hiérarchie. Le directeur régional des douanes de Koulikoro, le lieutenant-colonel Mohamed Coulibaly, a félicité ses hommes pour le travail accompli. « Ce type de saisies représente beaucoup dans la mission de protection des populations contre le trafic de produit illicite que mène la douane », a indiqué le directeur régional des douanes de Koulikoro. Sur la question, le Directeur général des Douanes, l’inspecteur Général Amadou Konaté qui a félicité ses agents, a rassuré que les soldats de l’économie renforcent la vigilance à un moment où le corridor Guinée-Mali prend du volume. « Sur l’axe, nous travaillons à créer des mesures de facilitation, de célérité mais aussi de sécurité » a-t-il indiqué. MT/MD (AMAP)

Les douanes maliennes s’installent à Conakry, en Guinée

Par Ahmadou CISSÉ Bamako, 16 août (AMAP) L’ouverture d’une représentation des Douanes maliennes à Conakry, s’inscrit dans la perspective de l’accroissement du trafic commercial entre le Mali et la Guinée. Douaniers maliens et guinéens sont satisfaits de la coopération et entendent travailler conformément aux instructions des autorités politiques de faire de Conakry, port naturel, et le plus proche du Mali. Ce rapprochement permet à l’Administration douanière malienne de sécuriser les recettes et de faciliter la chaine logistique. Le directeur général des Douanes, l’inspecteur général Amadou Konaté, qui a séjourné à Conakry, en Guinée, a procédé à l’ouverture officielle de la représentation des Douanes maliennes au Port autonome de Conakry, vendredi dernier. Lors de cette à cérémonie organisée devant les locaux réhabilités dans l’enceinte du Port autonome de Conakry, l’inspecteur général Amadou Konaté, qui était accompagné à Conakry de quelques proches collaborateurs, a également installé dans ses fonctions le nouveau représentant qu’il a nommé à ce poste depuis peu. Dans la capitale guinéenne, dans l’enceinte des Entrepôts maliens en Guinée (EMAGUI), Maliens et Guinéens ont ainsi célébré une nouvelle dimension dans la coopération douanière. Le patron des Douanes maliennes, qui n’a pas caché sa fierté de voir concrétiser une instruction forte des autorités des deux pays, a été reçu par le Premier ministre guinéen par intérim qui a magnifié la grande qualité des rapports fraternels qui lient les deux parties. «A titre de rappel, l’implantation d’une représentation des Douanes maliennes en Guinée est une des recommandations fortes de la Grande commission mixte de coopération entre le Mali et la Guinée, tenue à Bamako les 27 et 28 avril 2017 derniers. Cette préoccupation, nous l’avons réitérée lors de nos travaux des 2è et 3è rencontres bilatérales qui ont lieu, respectivement, à Kourémalé-Guinée et à Bamako, les 11 et 12 août 2016 et les 8 et 9 février 2022», a rappelé le directeur général des Douanes maliennes, dans son intervention. » «Nos deux administrations douanières, conformément à la volonté affichée de nos plus hautes autorités, ont été instruites de travailler ensemble pour faire de Conakry, port naturel du Mali, le corridor le plus rentable. Nous disposons, si heureusement, de tous les instruments de coopération pour traduire dans les faits cette volonté clairement affichée de nos autorités pour le bonheur de nos populations. L’ouverture de la représentation des Douanes du Mali à Conakry en est une illustration», a-t-il dit. L’inspecteur général Amadou Konaté a insisté sur la nécessité de créer, de part et d’autre, les conditions nécessaires au basculement du trafic au profit des ports de Guinée. Son homologue des Douanes de la Guinée a annoncé que les recommandations des rencontres bilatérales connaissent un niveau de mise en œuvre satisfaisant avec plus de 10 points satisfaits sur les 21. « C’est le lieu de réitérer notre ferme volonté à poursuivre les efforts conformément aux instructions des plus hautes autorités guinéennes », a-t-il dit. En marge de cette inauguration du bâtiment logé dans l’enceinte des EMAGUI, la délégation malienne a visité les installations portuaires, notamment les portiques, les scanners, le parc automobile et les centres d’interprétation des images de scan. Du grand navire où les conteneurs et les engins sont en cours de déchargement, aux scanners, entrepôts et aires de stationnement, en passant par les salles d’imagerie, le responsable des Douanes maliennes a tout visité. A tous les niveaux, les opératifs du port ont rassuré sur la fiabilité des mesures de sécurité prises pour rendre compétitif le port de Conakry qui est en cours d’extension à 100% de sa capacité actuelle. AC/MD (AMAP)

Mali :  Le gouvernement étale ses efforts contre la vie chère

Bamako, 12 août (AMAP) Les ministres maliens en charge du Commerce et des Finances ont rappelé, jeudi, à Bamako, les mesures gouvernementales contre la flambée des prix de certaines denrées de première nécessité. Au cours d’une conférence de presse, qu’ils ont co-animée, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, et son collègu de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou, ont indiqué que les efforts consentis par l’État pour la stabilisation des prix des denrées de base ont été, souvent malmenés par des pratiques spéculatives. Ils ont annoncé des sanctions contre le non-respect des prix subventionnés convenus. Face à la vie chère caractérisée par la hausse des prix de certains produits de première nécessité, notamment sur le marché national, le ministre de l’Industrie et du Commerce a précisé que ces augmentations constatées ne sont « ni spécifiques ni particulières » au Mali, assurant que tout sera mis en œuvre pour stabiliser les prix. Il a rappelé que l’inflation vertigineuse au Mali  a encore augmenté avec le début de la crise ukrainienne et les sanctions illégales et injustes prises par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) contre notre pays. Qui, selon lui, était confronté à la double crise sécuritaire et sanitaire liée à la Covid-19. « Pandémie qui est à l’origine de la hausse des prix de la plupart des produits sur le marché international », a soutenu le chef du département en charge du Commerce. Pour preuve, il a précisé que selon les données de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’ouest (BCEAO), l’indice des prix des produits importés par les pays de l’UEMOA, a augmenté de 48,6% au mois de juin 2022 par rapport à son niveau de la même période de 2021. Cet indice, a-t-il poursuivi, a accéléré par rapport à mai 2022 où il avait enregistré une hausse de 46,2%. « Les hausses les plus importantes sont notées au niveau du blé (plus de 73,1%), du riz (plus de 44,8%), des huiles (plus de 39,6%) et du sucre (plus de 24,2%) », a expliqué le ministre Ould Mohamed. Selon lui, les cours du pétrole brut sur les marchés internationaux (moyenne WTI, Brent, Dubaï), exprimés en dollars US, ont enregistré une progression de 55,7%, en glissement annuel, en juin 2022, après une hausse de 62,8% au mois de mai 2022. Concernant le Mali, la situation aurait été plus compliquée si des mesures d’atténuation n’avaient pas été prises par les autorités. Par exemple, le prix de la tonne de blé est passé de 177.000 Fcfa en novembre 2021 à 262.000 Fcfa en avril 2022, soit une hausse de 48%. Au même moment, a déploré le conférencier, le prix du sac de 50 kg de la farine boulangère est passé 22.500 à 25.000 Fcfa soit une augmentation de 11%. Quant aux prix fournisseurs du sucre, ils sont passés de 275.000 à 445.000 Fcfa, soit 62%. Selon le ministre Mahmoud Ould Mohamed, cette performance enregistrée par notre pays a été rendue possible grâce aux concertations engagées par son département avec les industriels, les importateurs et les commerçants détaillants. Qui, à leur tour, ont accepté de renoncer à une part substantielle de leur marge commerciale.   LES PRÉCISIONS DU MEF – Le ministre de l’Economie et des Finances a insisté sur les efforts déployés par le gouvernement de la Transition pour assurer l’approvisionnement correct du pays en produits de première nécessité à un prix maîtrisé. Ces efforts rentrent dans le cadre du soutien direct aux ménages et en termes d’appui au pouvoir d’achat de ces derniers. Il s’agit, concernant l’approvisionnement du pays, de la réduction de 50% de la base taxable à l’importation de 300.000 tonnes de riz, 60.000 tonnes de sucre et 30.000 tonnes d’huile alimentaire. À ces efforts s’ajoute l’administration des prix des produits alimentaires pour éviter les augmentations injustifiées et le renforcement des brigades de contrôle des prix. Le ministre Alousséni Sanou a, aussi, souligné les subventions à l’énergie du Mali, à hauteur de 63 milliards de Fcfa en 2021 et 30 milliards de Fcfa en 2022 pour continuer à assurer une distribution continue de l’énergie à un tarif fixe. Selon lui, le gouvernement veillera à la suspension de la perception de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les importations et les achats locaux de graines de coton, le maintien du prix à la pompe malgré une augmentation moyenne de plus de 40% des prix des produits pétroliers. Sans ces subventions, les prix à la pompe seraient de 1.136 Fcfa pour le gasoil et 1.139 Fcfa pour le super carburant. Egalement, le maintien de la subvention du gaz butane jusqu’en mai 2022. En conséquence, sur la période du 1er janvier au 31 juillet 2022, les manques à gagner au cordon douanier sur les produits subventionnés par l’Etat s’établissent à 115,684 milliards Fcfa dont : 11,882 milliards de Fcfa sur les produits alimentaires, 100,956 milliards de Fcfa sur les produits pétroliers, 2,846 milliards de Fcfa sur les graines de coton. Au total, sur la période du 1er janvier 2021 au 31 juillet 2022, ces manques à gagner sont estimés à 154,786 milliards de Fcfa. Toujours dans l’optique de soulager la souffrance des populations, le gouvernement, au titre du soutien direct aux ménages, a poursuivi la politique de subvention en matière de santé. Ainsi, plus de 15 milliards de Fcfa par an ont été engagés pour assurer le financement de la gratuité de certains services de santé notamment la césarienne, la lutte contre le paludisme, le Sida, la tuberculose, le RAMED, les vaccins et certains médicaments. En appui direct aux populations vulnérables à travers le programme gouvernemental de transfert monétaire, 39 milliards de Fcfa ont été distribués, pour l’instant, à 366.964 ménages, soit 90.000 Fcfa par ménage. LIQUIDATION D’ARRIÉRÉS – Au plan de l’appui au pouvoir d’achat des ménages, le gouvernement a amélioré les conditions salariales à travers, entre autres, l’unification de la grille à un indice plafond de 1.382 Fcfa pour le personnel relevant des statuts des

Conseil national des prix : Les clarifications du ministre Mahmoud Ould Mohamed

Bamako, 11 août (AMAP) Le ministre malien de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, a partagé avec la presse, mercredi, les conclusions du Conseil des ministres extraordinaire de dimanche dernier sur «la vie chère» et la hausse des prix des produits de base, a constaté l’AMAP. Le ministère en charge de l’Industrie veut mettre fin à l’anarchie dans la fixation des prix de certaines denrées de base (sucre, huile alimentaire et riz brisure) et qui serait à l’origine, depuis un moment, de la «hausse injustifiée» des prix de ces produits. Cela à travers la vérification obligatoire de la fixation des prix, le contrôle du respect des conventions et règlements en vigueur. Un Conseil national des prix tenu à cet effet dans les locaux du département a été présidé par le ministre Mahmoud Ould Mohamed. C’était en présence des commerçants importateurs, grossistes et détaillants de toute la chaine de distribution des produits de première nécessité. «Nous avons constaté que sur les produits subventionnés, il y a eu une certaine augmentation des prix sans au préalable passer par le Conseil national des prix. Il s’agit de l’huile alimentaire, du riz brisé à 50% et du sucre. L’État a accepté de laisser tomber près de 14 milliards de Fcfa pour que ces produits soient accessibles aux populations », a dit le ministre. «Le Conseil national des prix et nous, intervenons pour faire en sorte que cette politique puisse être poursuivie et exécutée normalement sur le marché dans le respect des engagements des uns et des autres », a-t-il poursuivi. « L’ensemble des acteurs qui ont souscrit à cette activité ont signé un cahier de charges dans lequel il était consigné un prix plafond. Le sucre a connu une hausse vertigineuse qui ne se justifie pas», a rappelé le ministre en charge du Commerce. Face à la situation, le Conseil des ministres extraordinaire de dimanche a pris des décisions pour endiguer le phénomène. Ces dispositions avaient trait, entre autres, à la vérification obligatoire de la fixation des prix, le contrôle du respect des conventions et règlements en vigueur. Le communiqué du Conseil des ministres  invite, également, la population à dénoncer les cas d’augmentation des prix et à renforcer les fréquences des contrôles des brigades de contrôle. « Pour y arriver, a promis Mahmoud Ould Mohamed, les brigades de contrôle du respect des cahiers de charges signés entre le ministère de l’Industrie et du Commerce et les grands importateurs vont sévir pour exiger le respect des prix plafonds consensuels fixés pour certaines denrées de première nécessité ». Cela, en intensifiant le contrôle sur toute la chaine de distribution et en mettant en place un comité interministériel qui s’assurera que toutes les décisions prises lors du Conseil ont été exécutées. Il s’agit, par exemple, de l’obligation d’affichage des prix, de l’évaluation de la situation du sucre et de l’huile alimentaire. « Car, a estimé le ministre en charge du Commerce, il est inacceptable que des prix soient fixés unilatéralement par des acteurs et appliqués sur le marché sans passer par le Conseil national des prix». Reconnaissant que c’est grâce au secteur privé que le Mali a pu tenir l’embargo pendant les six mois derniers, Mahmoud Ould Mohamed a invité les membres de la chaine de distribution « à se donner la main pour contrôler le secteur en vue de soulager la population ». FC/MFD (AMAP)