Coopération: Bamako et Téhéran renforcent leurs relations bilatérales
Bamako, 24 août (AMAP) Les ministres en charge des Affaires etrangeres du Mali, Abdoulaye Diop, et d’Iran, Dr Hossein Amir-Abdollahian, ont cooprésidé la première session de la Commission mixte de coopération Mali-Iran, mardi, à Bamako. Le ministre des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran, Dr Hossein Amir-Abdollahian, à la tête d’une forte délégation, séjourne au Mali, depuis lundi dernier, dans le cadre du renforcement de la coopération économique, commercial surtout de la lutte contre le terrorisme. Cette session, qui s’est tenue au département des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a été précédée par la réunion des experts, les 21 et 22 août 2022, au cours de laquelle les deux délégations ont fait le tour d’horizon des dossiers de coopération bilatérale. Le ministre Abdoulaye Diop a rappelé les liens historiques d’amitié et de fraternité entre les peuples et les gouvernements des deux pays. À ce propos, le chef de la diplomatie malienne s’est félicité que le Mali soit le premier pays visité, durant la tournée officielle en Afrique du Dr Hossein Amir-Abdollahian, depuis sa nomination à ce poste. Au plan politique, M. Diop a exprimé « la très haute appréciation des autorités de la Transition concernant la lecture lucide et pragmatique que le gouvernement iranien a toujours faite de la complexité de la crise au Mali ». À cet égard, il a entretenu la partie iranienne des efforts entrepris par le gouvernement malien pour la pacification et la sécurisation du territoire national. Il a, aussi, souhaité que la présente session soit l’occasion de dégager les voies et moyens permettant de contribuer au renforcement et à la diversification de la coopération bilatérale entre le Mali et la république islamique d’Iran, notamment dans les domaines prioritaires comme la défense, la sécurité, l’enseignement supérieur et la recherche scientifique. Les deux parties envisagent d’élargir leur coopération au développement rural, aux mines, à l’énergie et à l’eau, à la santé, aux transports et infrastructures, à l’industrie, au commerce, à l’habitat, l’urbanisme, la culture et au tourisme, à la communication et à l’économie numérique. Dr Hossein Amir-Abdollahian, a, quant à lui, relevé la parfaite convergence de vues entre le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, et celui de la République islamique d’Iran, Seyyed Ebrahim Raïssi, sur les questions de paix, de sécurité, de développement, de souveraineté et sur les différentes crises que connaît le monde. Le ministre des Affaires étrangères d’Iran a présenté sa présence à cette réunion comme « l’expression de la volonté des autorités iraniennes à développer les relations et la coopération bilatérale ». Il a expliqué que la tenue de la Commission mixte de coopération globale est un mécanisme approprié pour organiser la coopération économique visant à dynamiser les échanges commerciaux. Ainsi, Dr Hossein Amir-Abdollahian a souligné « la nécessité de mettre en œuvre les accords et de poursuivre les réunions périodiques ». Les deux ministres ont ensuite invité les deux délégations à faire l’état des lieux de la coopération entre les le Mali et l’Iran et à entreprendre les actions nécessaires en vue de relancer, consolider et diversifier cette coopération, conformément aux orientations des deux chefs d’État. C’est ainsi qu’il a été décidé de créer un comité de suivi de la mise en œuvre des décisions et recommandations issues de la première session de la Commission mixte. En marge de cette session, les ministres Abdoulaye Diop et Dr Hossein Amir-Abdollahian ont « eu des échanges approfondis sur les questions bilatérales, sous régionales, régionales et internationales. La deuxième session de la Commission mixte de coopération entre les deux pays est prévue en 2024 (1403) à Téhéran, en République islamique d’Iran, à une date qui sera fixée d’accord partie par voie diplomatique. Auparavant, le ministre des Affaires étrangères d’Iran a annoncé l’organisation d’une exposition technologique à Bamako. Aussi, la République islamique d’Iran prévoit-elle de créer un centre technologique dans la capitale malienne. Évoquant le sujet du terrorisme lors du point de presse conjoint, Dr Hossein Amir-Abdollahian a promis que son pays fera profiter au Mali de son expérience dans le cadre de la lutte contre ce phénomène. «Les efforts du Mali pour préserver son indépendance sont une approche positive. C’est pour cela que nous soutenons cette Transition», a-t-il déclaré. Une séance de travail a également réuni les opérateurs économiques maliens et iraniens. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, a assuré la partie iranienne de rendre le climat des affaires entre les deux pays très propice et profitable. Mahmoud Ould Mohamed a précisé que le Mali est intéressé par le développement de l’agro-industrie qui est créatrice de valeur ajoutée. Il a relevé que le Mali est le deuxième pays de la zone ouest africaine dans le domaine du cheptel et premier producteur de coton en Afrique au sud du Sahara. Et d’assurer de la disponibilité de son département à faciliter les démarches administratives. OD/MD (AMAP)
A Diéma (Ouest), le baobab est un patrimoine familial
Par Ouka BA Diéma août (AMAP) Le baobab, cet arbre aux multiples vertus est, surtout, entretenu à cause de ses feuilles, que les femmes réduisent en poudre pour la préparation de la sauce du tô, ou pour rendre malléable le couscous. Dans le Cercle de Diéma, dans l’Ouest du Mali, particulièrement dans les localités à dominance soninké, le baobab est considéré comme un patrimoine familial, exploité généralement par les femmes. Chaque matin, quand le chef de famille sort du grenier la quantité de mil pour le plat du jour, en plus de la mesure de sel, il puise dans la réserve de poudre de feuilles de baobab, appelé « namougou fing ». Une fois que le maître de la maison réunit ces conditions, il est exempté de prix de condiments. C’est à la femme de se « débrouiller » seule pour trouver le reste des ingrédients et préparer à manger pour les membres de la famille. Parfois, si le plat n’est pas du goût d’une belle-sœur ou d’un beau-frère, celle-ci ou celui-ci ne se prive de le faire savoir à la cuisinière du jour, à travers sarcasmes et propos blessants pour la pauvre ménagère, du genre : « Même un âne ne peut digérer un tel met ! » Ici, comme un peu partout dans la zone, les feuilles du baobab sont beaucoup consommées. C’est pourquoi, à cause de l’importance de cet arbre, le propriétaire d’une parcelle de terrain, avec même un seul pied de baobab, n’accepterait jamais de la vendre, que ce soit une transaction en droit coutumier ou non. L’essence restera au compte de sa famille qui l’exploitera à sa guise. « Le jour où le propriétaire d’un terrain où se trouvent des baobabs décide de le vendre, forcément, les arbres feront partie de la transaction », estime, pour sa part Fousseiny Sissoko, un conseiller au chef de village, qui trouve absurde le contraire. Mahéta Sacko est imam à Diéma. Il soutient que tout est une question d’accord et de consensus. « Si celui qui vend sa parcelle de terrain, avec un ou plusieurs pieds de baobab, accepte de céder à l’acheteur ses arbres, il n’y aucun inconvénient. Il faut faire en sorte qu’aucune des deux parties ne soit lésée lors de la transaction :, explique-t-il. « L’Islam est bâti sur la paix et la cohésion sociale », commente le religieux. Selon Aïssata Konté, domiciliée à Diéma, « le baobab appartient surtout aux femmes. On en trouve généralement dans chaque maison. Les feuilles du baobab jouent un rôle important dans l’économie familiale car elles permettent de réduire parfois les dépenses des hommes. » « Pendant l’hivernage, on prépare souvent pour les cultivateurs de la boisson à base de poudre de pain de singe associée à la pâte d’arachide avec un peu de sucre. Une fois qu’ils consomment ce mélange, ils retrouvent la force et le courage et travaillent à cœur joie. C’est une boisson qui permet d’atténuer les effets des rayons solaires, si bien qu’à la fin de la journée, les travailleurs sentent moins de fatigue », révèle Aïssata. La présidente de l’Association de santé communautaire (ASACO) de Fassoudébé, Coumba Dia, affirme que dans leur village, les femmes plantent leurs propres pieds de baobabs dans leurs périmètres maraichers et les entretiennent comme les autres arbres fruitiers. Elles utilisent uniquement les feuilles de baobab et s’intéressent moins aux fruits. La dame poursuit : « Ce sont nos voisins maures qui en tirent le plus de profit. Ils font la cueillette du pain de singe et confectionnent des cordes avec les écorces qu’ils commercialisent. » Seibane Dicko, un maure habitant à Dabaye-Laklal, entretient quotidiennement le jeune pied de baobab qui se trouve devant sa case. Il empêche les animaux de l’effeuiller, lorsqu’ils se rendent aux pâturages ou en reviennent. Oumar Cissé est bourrelier. Superstitieux, il déclare que le baobab est un arbre qui porte-malheur. « La présence de cet arbre, dans une maison, dit-il, attire la détresse sur ses occupants ». Un homme aurait été obligé d’abandonner la maison qu’il louait, à cause d’un incendie survenu à plusieurs reprises. L’infortuné a vite fait de lier les sinistres à répétition à la présence dans la maison d’un grand baobab, vieux de près d’un siècle. Cet engouement des femmes pour le baobab contribuera à mieux sauvegarder cette espèce en voie de disparition. Une disposition sur laquelle l’Etat et ses partenaires peuvent miser pour soutenir davantage de projets de reboisement dans cette partie de la bande sahélienne, en proie à la désertification et l’avancée du désert. OB/MD (AMAP)
Le boom de la livraison de colis à Bamako
Par Kadiatou OUATTARA Bamako, 17 aout (AMAP La livraison connait un boom grâce au développement des ventes et des commandes en ligne. Jeunes hommes et femmes livrent nourritures, habits, chaussures, accessoires… Sogona Nanakassé est de ceux-ci. Âgée de 38 ans, elle est divorcée et mère d’un enfant. Dotée d’un physique imposant, débordante d’énergie, elle a opté pour ce métier. Officiellement conductrice de taxi-moto «Telimani», elle est également dans la livraison de colis depuis novembre 2020. Résidente de Moribabougou, Sogona Nanakassé fait la navette entre différents quartiers de Bamako, la capitale du Mali. Elle s’est achetée une moto de seconde main pour mener à bien son activité. La brave dame livre très souvent les colis des vendeuses «d’Abaya» et les commandes de «Mali Buru», de la pâtisserie «Artisan boulanger». « Les débuts n’étaient pas faciles, car j’ai commencé avec une moto de plus petite cylindrée pas très adaptée à ces activités », confie-t-elle en souriant. Son statut de femme posait aussi problème à certains tandis que d’autres en ont font une grande source de crédibilité. « C’est un travail qui ne me permet pas de subvenir à tous mes besoins, mais ça me permet de me nourrir, de payer la scolarité et les cours privées de mon enfant », se réjouit notre interlocutrice. Atteinte de sinusite, ce qui l’empêche, souvent, de travailler et de faire certains activités, Nanakassé s’accroche malgré sa santé fragile. Si Nanakassé évolue en solo, il existe aujourd’hui des sociétés spécialisées dans la livraison de colis. Kadialy Deka Diabaté est l’un des promoteurs de «I ka Tchiden, ton coursier». Créée en octobre 2020, cette société basée à Hamdallaye ACI 2000, emploie une dizaine de personnes, toutes des salariées. «On fait plusieurs types de livraisons», explique Diabaté. Il s’agit de livraisons de colis, de dépôts de courriers pour les structures, etc. « Nous faisons également les courses domestiques et les paiements de factures pour les clients », indique-t-il. À ces prestations, s’ajoutent les services de recouvrement et la livraison de colis pour les sites de vente en ligne. Le service « I ka Tchiden» est accessible grâce à des numéros de téléphone. « La coordination avec le livreur est faite à la demande du client. Les tarifs varient entre 1 000 et 3 000 Fcfa, selon la distance à parcourir », explique le patron. Cependant, ce métier n’est pas sans difficultés. La hausse du prix du carburant due au contexte économique international difficile impacte énormément les affaires des entreprises de livraison. Une autre difficulté est liée à la nature des produits livrés. « Des cas d’interpellations sont souvent enregistrés à cause du fait de la simple livraison de certains colis », confie un livreur qui souhaite garder l’anonymat. Il raconte avoir passé une nuit dans une cellule de prison à Kati. «Souvent, on nous fait livrer des colis sans qu’on sache ce qu’il contient», explique ce dernier. CONNEXION IMMÉDIATE – Pour s’en rendre compte, nous avons accompagné un livreur durant une journée, au cours de laquelle il a effectué une série de livraisons. Cheickna Samaké, c’est son nom. Diplômé en électricité, niveau Certificat d’aptitude professionnel (CAP), il est livreur pour la société « I ka Tchiden », depuis à sa création. Il se dit passionné par ce métier. Nous sommes vendredi. Il est 13 heures. Par un temps nuageux suivi d’une forte pluie, j’enfourche la moto de livraison du jeune homme, pour une immersion d’une journée. Il roule à grande vitesse pour arriver vite à destination. Du Quartier du fleuve à Djélibougou, en passant par Bozola, Niarela, Hippodrome, Korofina, il se faufile entre les véhicules pour éviter les bouchons. Une quinzaine de minutes plus tard, nous voici devant «La Croix Rouge malienne» à Djelibougou. Cheickna appelle le client au téléphone et lui livre son colis : un appareil «power bank» pour recharger les téléphones qui avait été commandé dans une boutique de vente en ligne. Après vérification, le client paye la commission du livreur. Direction Moribabougou, pour la seconde livraison. Arrivé à Titibougou, surgit une grosse tempête. On s’accroche à la moto. À présent à Moribabougou Tiônonkono, il pleut abondamment. On se met à l’abri dans une station service d’essence bondée de monde. Tous attendent la fin de la forte pluie pour vaquer à leurs occupations. Salimata Samaké, vendeuse de produits de beauté et d’accessoires, explique que ce métier de livreur lui est d’une grande utilité. Selon elle, les livreurs assurent la connexion immédiate entre le vendeur et son client. Surtout que le livreur peut retourner avec le colis pour l’échanger si le client n’est pas satisfait. Salimata soutient vivement ce métier car, c’est un pourvoyeur d’emplois pour les jeunes. Elle déplore les fluctuations quant aux prix de la livraison de la part de certains livreurs. « La mauvaise humeur de certains d’entre eux fait souvent fuir la clientèle », dénonce-telle. Dans tous les cas, ce métier est une alternative crédible au chômage massif des jeunes. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes (généralement diplômés) qui passaient la journée, assis au «Grin» à se tourner les pouces, sont en contact avec des sites de vente en ligne et autres prestataires de services. À l’aide de leur moto, ils livrent des colis à la demande des clients. Ils peuvent revenir s’installer au «Grin» en attendant, les yeux rivés sur le téléphone portable, le prochain appel pour une nouvelle livraison. KO/MD (AMAP)
La douane malienne saisit 159,5 kg de cocaïne à Kouremalé, frontière avec la Guinée
Bamako, 16 août (AMAP) Le bureau des douanes de Kouremalé, à la frontière du Mali avec la Guinée, a saisi pour près de 8 milliards de Fcfa de drogues, réalisant l’une des plus importantes opérations des douanes maliennes, selon les responsables de ce service Ce sont en tout 145 briquettes de cocaïne dissimulées dans un véhicule 4×4, en provenance de la Guinée sur lesquelles les soldats de l’économie ont mis la main. Le chef de bureau des douanes de Kouremalé a expliqué que cette importante saisie est intervenue suite à l’interception, le 7 août dernier, d’un véhicule en provenance de Guinée dont le conducteur sollicitait « un laisser-passer touristique ». Une demande à laquelle les douaniers n’ont pas accédé malgré l’insistance du suspect qui est « revenu à la charge avec d’autres pièces », selon le douanier. Ce n’est que cinq jours plus tard, après que l’individu a abandonné son véhicule que les douaniers ont procédé à sa fouille. En plus de quelques affaires personnelles du suspect, ils découvrent 145 briquettes de cocaïne « pure » dissimulées dans une cache aménagée sur sous le toit de la voiture. Le grand coup des éléments du bureau des douanes de Kouremalé a été salué par leur hiérarchie. Le directeur régional des douanes de Koulikoro, le lieutenant-colonel Mohamed Coulibaly, a félicité ses hommes pour le travail accompli. « Ce type de saisies représente beaucoup dans la mission de protection des populations contre le trafic de produit illicite que mène la douane », a indiqué le directeur régional des douanes de Koulikoro. Sur la question, le Directeur général des Douanes, l’inspecteur Général Amadou Konaté qui a félicité ses agents, a rassuré que les soldats de l’économie renforcent la vigilance à un moment où le corridor Guinée-Mali prend du volume. « Sur l’axe, nous travaillons à créer des mesures de facilitation, de célérité mais aussi de sécurité » a-t-il indiqué. MT/MD (AMAP)
Les douanes maliennes s’installent à Conakry, en Guinée
Par Ahmadou CISSÉ Bamako, 16 août (AMAP) L’ouverture d’une représentation des Douanes maliennes à Conakry, s’inscrit dans la perspective de l’accroissement du trafic commercial entre le Mali et la Guinée. Douaniers maliens et guinéens sont satisfaits de la coopération et entendent travailler conformément aux instructions des autorités politiques de faire de Conakry, port naturel, et le plus proche du Mali. Ce rapprochement permet à l’Administration douanière malienne de sécuriser les recettes et de faciliter la chaine logistique. Le directeur général des Douanes, l’inspecteur général Amadou Konaté, qui a séjourné à Conakry, en Guinée, a procédé à l’ouverture officielle de la représentation des Douanes maliennes au Port autonome de Conakry, vendredi dernier. Lors de cette à cérémonie organisée devant les locaux réhabilités dans l’enceinte du Port autonome de Conakry, l’inspecteur général Amadou Konaté, qui était accompagné à Conakry de quelques proches collaborateurs, a également installé dans ses fonctions le nouveau représentant qu’il a nommé à ce poste depuis peu. Dans la capitale guinéenne, dans l’enceinte des Entrepôts maliens en Guinée (EMAGUI), Maliens et Guinéens ont ainsi célébré une nouvelle dimension dans la coopération douanière. Le patron des Douanes maliennes, qui n’a pas caché sa fierté de voir concrétiser une instruction forte des autorités des deux pays, a été reçu par le Premier ministre guinéen par intérim qui a magnifié la grande qualité des rapports fraternels qui lient les deux parties. «A titre de rappel, l’implantation d’une représentation des Douanes maliennes en Guinée est une des recommandations fortes de la Grande commission mixte de coopération entre le Mali et la Guinée, tenue à Bamako les 27 et 28 avril 2017 derniers. Cette préoccupation, nous l’avons réitérée lors de nos travaux des 2è et 3è rencontres bilatérales qui ont lieu, respectivement, à Kourémalé-Guinée et à Bamako, les 11 et 12 août 2016 et les 8 et 9 février 2022», a rappelé le directeur général des Douanes maliennes, dans son intervention. » «Nos deux administrations douanières, conformément à la volonté affichée de nos plus hautes autorités, ont été instruites de travailler ensemble pour faire de Conakry, port naturel du Mali, le corridor le plus rentable. Nous disposons, si heureusement, de tous les instruments de coopération pour traduire dans les faits cette volonté clairement affichée de nos autorités pour le bonheur de nos populations. L’ouverture de la représentation des Douanes du Mali à Conakry en est une illustration», a-t-il dit. L’inspecteur général Amadou Konaté a insisté sur la nécessité de créer, de part et d’autre, les conditions nécessaires au basculement du trafic au profit des ports de Guinée. Son homologue des Douanes de la Guinée a annoncé que les recommandations des rencontres bilatérales connaissent un niveau de mise en œuvre satisfaisant avec plus de 10 points satisfaits sur les 21. « C’est le lieu de réitérer notre ferme volonté à poursuivre les efforts conformément aux instructions des plus hautes autorités guinéennes », a-t-il dit. En marge de cette inauguration du bâtiment logé dans l’enceinte des EMAGUI, la délégation malienne a visité les installations portuaires, notamment les portiques, les scanners, le parc automobile et les centres d’interprétation des images de scan. Du grand navire où les conteneurs et les engins sont en cours de déchargement, aux scanners, entrepôts et aires de stationnement, en passant par les salles d’imagerie, le responsable des Douanes maliennes a tout visité. A tous les niveaux, les opératifs du port ont rassuré sur la fiabilité des mesures de sécurité prises pour rendre compétitif le port de Conakry qui est en cours d’extension à 100% de sa capacité actuelle. AC/MD (AMAP)
Mali : Le gouvernement étale ses efforts contre la vie chère
Bamako, 12 août (AMAP) Les ministres maliens en charge du Commerce et des Finances ont rappelé, jeudi, à Bamako, les mesures gouvernementales contre la flambée des prix de certaines denrées de première nécessité. Au cours d’une conférence de presse, qu’ils ont co-animée, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, et son collègu de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou, ont indiqué que les efforts consentis par l’État pour la stabilisation des prix des denrées de base ont été, souvent malmenés par des pratiques spéculatives. Ils ont annoncé des sanctions contre le non-respect des prix subventionnés convenus. Face à la vie chère caractérisée par la hausse des prix de certains produits de première nécessité, notamment sur le marché national, le ministre de l’Industrie et du Commerce a précisé que ces augmentations constatées ne sont « ni spécifiques ni particulières » au Mali, assurant que tout sera mis en œuvre pour stabiliser les prix. Il a rappelé que l’inflation vertigineuse au Mali a encore augmenté avec le début de la crise ukrainienne et les sanctions illégales et injustes prises par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) contre notre pays. Qui, selon lui, était confronté à la double crise sécuritaire et sanitaire liée à la Covid-19. « Pandémie qui est à l’origine de la hausse des prix de la plupart des produits sur le marché international », a soutenu le chef du département en charge du Commerce. Pour preuve, il a précisé que selon les données de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’ouest (BCEAO), l’indice des prix des produits importés par les pays de l’UEMOA, a augmenté de 48,6% au mois de juin 2022 par rapport à son niveau de la même période de 2021. Cet indice, a-t-il poursuivi, a accéléré par rapport à mai 2022 où il avait enregistré une hausse de 46,2%. « Les hausses les plus importantes sont notées au niveau du blé (plus de 73,1%), du riz (plus de 44,8%), des huiles (plus de 39,6%) et du sucre (plus de 24,2%) », a expliqué le ministre Ould Mohamed. Selon lui, les cours du pétrole brut sur les marchés internationaux (moyenne WTI, Brent, Dubaï), exprimés en dollars US, ont enregistré une progression de 55,7%, en glissement annuel, en juin 2022, après une hausse de 62,8% au mois de mai 2022. Concernant le Mali, la situation aurait été plus compliquée si des mesures d’atténuation n’avaient pas été prises par les autorités. Par exemple, le prix de la tonne de blé est passé de 177.000 Fcfa en novembre 2021 à 262.000 Fcfa en avril 2022, soit une hausse de 48%. Au même moment, a déploré le conférencier, le prix du sac de 50 kg de la farine boulangère est passé 22.500 à 25.000 Fcfa soit une augmentation de 11%. Quant aux prix fournisseurs du sucre, ils sont passés de 275.000 à 445.000 Fcfa, soit 62%. Selon le ministre Mahmoud Ould Mohamed, cette performance enregistrée par notre pays a été rendue possible grâce aux concertations engagées par son département avec les industriels, les importateurs et les commerçants détaillants. Qui, à leur tour, ont accepté de renoncer à une part substantielle de leur marge commerciale. LES PRÉCISIONS DU MEF – Le ministre de l’Economie et des Finances a insisté sur les efforts déployés par le gouvernement de la Transition pour assurer l’approvisionnement correct du pays en produits de première nécessité à un prix maîtrisé. Ces efforts rentrent dans le cadre du soutien direct aux ménages et en termes d’appui au pouvoir d’achat de ces derniers. Il s’agit, concernant l’approvisionnement du pays, de la réduction de 50% de la base taxable à l’importation de 300.000 tonnes de riz, 60.000 tonnes de sucre et 30.000 tonnes d’huile alimentaire. À ces efforts s’ajoute l’administration des prix des produits alimentaires pour éviter les augmentations injustifiées et le renforcement des brigades de contrôle des prix. Le ministre Alousséni Sanou a, aussi, souligné les subventions à l’énergie du Mali, à hauteur de 63 milliards de Fcfa en 2021 et 30 milliards de Fcfa en 2022 pour continuer à assurer une distribution continue de l’énergie à un tarif fixe. Selon lui, le gouvernement veillera à la suspension de la perception de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les importations et les achats locaux de graines de coton, le maintien du prix à la pompe malgré une augmentation moyenne de plus de 40% des prix des produits pétroliers. Sans ces subventions, les prix à la pompe seraient de 1.136 Fcfa pour le gasoil et 1.139 Fcfa pour le super carburant. Egalement, le maintien de la subvention du gaz butane jusqu’en mai 2022. En conséquence, sur la période du 1er janvier au 31 juillet 2022, les manques à gagner au cordon douanier sur les produits subventionnés par l’Etat s’établissent à 115,684 milliards Fcfa dont : 11,882 milliards de Fcfa sur les produits alimentaires, 100,956 milliards de Fcfa sur les produits pétroliers, 2,846 milliards de Fcfa sur les graines de coton. Au total, sur la période du 1er janvier 2021 au 31 juillet 2022, ces manques à gagner sont estimés à 154,786 milliards de Fcfa. Toujours dans l’optique de soulager la souffrance des populations, le gouvernement, au titre du soutien direct aux ménages, a poursuivi la politique de subvention en matière de santé. Ainsi, plus de 15 milliards de Fcfa par an ont été engagés pour assurer le financement de la gratuité de certains services de santé notamment la césarienne, la lutte contre le paludisme, le Sida, la tuberculose, le RAMED, les vaccins et certains médicaments. En appui direct aux populations vulnérables à travers le programme gouvernemental de transfert monétaire, 39 milliards de Fcfa ont été distribués, pour l’instant, à 366.964 ménages, soit 90.000 Fcfa par ménage. LIQUIDATION D’ARRIÉRÉS – Au plan de l’appui au pouvoir d’achat des ménages, le gouvernement a amélioré les conditions salariales à travers, entre autres, l’unification de la grille à un indice plafond de 1.382 Fcfa pour le personnel relevant des statuts des
Conseil national des prix : Les clarifications du ministre Mahmoud Ould Mohamed
Bamako, 11 août (AMAP) Le ministre malien de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, a partagé avec la presse, mercredi, les conclusions du Conseil des ministres extraordinaire de dimanche dernier sur «la vie chère» et la hausse des prix des produits de base, a constaté l’AMAP. Le ministère en charge de l’Industrie veut mettre fin à l’anarchie dans la fixation des prix de certaines denrées de base (sucre, huile alimentaire et riz brisure) et qui serait à l’origine, depuis un moment, de la «hausse injustifiée» des prix de ces produits. Cela à travers la vérification obligatoire de la fixation des prix, le contrôle du respect des conventions et règlements en vigueur. Un Conseil national des prix tenu à cet effet dans les locaux du département a été présidé par le ministre Mahmoud Ould Mohamed. C’était en présence des commerçants importateurs, grossistes et détaillants de toute la chaine de distribution des produits de première nécessité. «Nous avons constaté que sur les produits subventionnés, il y a eu une certaine augmentation des prix sans au préalable passer par le Conseil national des prix. Il s’agit de l’huile alimentaire, du riz brisé à 50% et du sucre. L’État a accepté de laisser tomber près de 14 milliards de Fcfa pour que ces produits soient accessibles aux populations », a dit le ministre. «Le Conseil national des prix et nous, intervenons pour faire en sorte que cette politique puisse être poursuivie et exécutée normalement sur le marché dans le respect des engagements des uns et des autres », a-t-il poursuivi. « L’ensemble des acteurs qui ont souscrit à cette activité ont signé un cahier de charges dans lequel il était consigné un prix plafond. Le sucre a connu une hausse vertigineuse qui ne se justifie pas», a rappelé le ministre en charge du Commerce. Face à la situation, le Conseil des ministres extraordinaire de dimanche a pris des décisions pour endiguer le phénomène. Ces dispositions avaient trait, entre autres, à la vérification obligatoire de la fixation des prix, le contrôle du respect des conventions et règlements en vigueur. Le communiqué du Conseil des ministres invite, également, la population à dénoncer les cas d’augmentation des prix et à renforcer les fréquences des contrôles des brigades de contrôle. « Pour y arriver, a promis Mahmoud Ould Mohamed, les brigades de contrôle du respect des cahiers de charges signés entre le ministère de l’Industrie et du Commerce et les grands importateurs vont sévir pour exiger le respect des prix plafonds consensuels fixés pour certaines denrées de première nécessité ». Cela, en intensifiant le contrôle sur toute la chaine de distribution et en mettant en place un comité interministériel qui s’assurera que toutes les décisions prises lors du Conseil ont été exécutées. Il s’agit, par exemple, de l’obligation d’affichage des prix, de l’évaluation de la situation du sucre et de l’huile alimentaire. « Car, a estimé le ministre en charge du Commerce, il est inacceptable que des prix soient fixés unilatéralement par des acteurs et appliqués sur le marché sans passer par le Conseil national des prix». Reconnaissant que c’est grâce au secteur privé que le Mali a pu tenir l’embargo pendant les six mois derniers, Mahmoud Ould Mohamed a invité les membres de la chaine de distribution « à se donner la main pour contrôler le secteur en vue de soulager la population ». FC/MFD (AMAP)
Mesures gouvernementales pour faire respecter les prix plafonds des denrées
Bamako, 10 août (AMAP) Un Conseil des ministres extraordinaire tenu, dimanche, à Koulouba sous la présidence du chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, a pris certaines décisions face à la flambée injustifiée des prix. Le gouvernement a, ainsi, décidé de « réaffecter les quantités subventionnées non exécutées au cordon douanier, représentant au moins un mois et demi de consommation à d’autres opérateurs économiques’, annonce le communiqué sanctionnant le Conseil des ministres extraordinaire. « Cependant, cette réaffectation, en ce qui concerne le sucre, pourra être accompagnée éventuellement par l’allocation d’une quantité supplémentaire correspondant à environ un mois de consommation’, ajoute le communiqué. Outre la vérification de l’affichage obligatoire des prix des différents produits dans les lieux de commerce, le contrôle du respect des conventions et règlements en vigueur, « le gouvernement exhorte la population à dénoncer systématiquement les cas de violation des prix des produits subventionnés, en appelant aux numéros mis à sa disposition à cet effet. » « A cet égard, très prochainement un numéro vert pour la dénonciation des cas de violation des prix des produits subventionnés, sera mis en place », annonce le gouvernement. Le renforcement de la fréquence des contrôles, l’augmentation de la taille des brigades de contrôle des prix en y adjoignant des éléments des Forces de sécurité sont des mesures de dissuasion, également, envisagées. Tout comme le contrôle sera intensifié à tous les niveaux de la chaine de distribution et un comité interministériel de suivi de la mise en œuvre des mesures prises sera mis en place. Depuis la levée de l’embargo contre le Mali, l’on assiste une augmentation spectaculaire et injustifiée des prix sur certains produits de première nécessité. Cette flambée soudaine est d’autant plus sauvage qu’elle a fait monter proportionnellement un mécontentement de la population qui subit de plein fouet cette poussée d’adrénaline. « Les ménages ne savaient plus où donner de la tête et tournaient tout naturellement le regard vers les autorités pour arrêter l’hémorragie financière. Fort heureusement, le gouvernement a pris la mesure de la grogne et a pris les dispositions pour rappeler à l’ordre les commerçants qui bénéficient des allègements fiscaux’, dit le communique du Conseil des ministres de dimanche. « C’est ainsi que le Conseil national des prix avait convenu des prix planchers à respecter en avril dernier et qui sont toujours en vigueur », a rappelé le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed. À titre d’exemple, le prix du sucre importé fixé à 600 Fcfa le kg, prix plafond détaillant, est cédé de manière injustifiée à 800 Fcfa. Pourtant, pour atténuer l’impact des différentes crises sur les populations, notamment la maladie à coronavirus, aggravé par les sanctions illégitimes et illégales de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) contre le Mali, le gouvernement a accordé 14 milliards de Fcfa de subvention. Une subvention qui a abouti à la fixation des prix, conformément aux dispositions de l’Arrêté n°2022-0865/MIC-SG du 06 avril 2022 portant administration des prix de certaines marchandises parmi lesquelles le sucre dont le kg est cédé à un prix plafond de 600 Fcfa. BBC/MD (AMAP)
Marché Woonida à Bamako : La bonne affaire des écoliers petits porteurs d’occasion
Par Nahawa SANGARÉ Bamako, 10 aout (AMAP) Au marché «Woonida», vous ne pouvez pas les manquer !!! Les porteurs de bagages de circonstance. De jeunes écoliers qui portent les bagages ou des paniers de condiments des clientes et clients vers leur véhicule contre une petite rétribution. Ils s’imposent parfois par leur «agressivité». Le marché «Woonida» est devenu la zone de prédilection de ces jeunes écoliers porteurs en période de vacances. Ils se promènent dans le marché et proposent leurs services aux clients du marché. Pendant les vacances scolaires, le phénomène prend une autre dimension parce que ces jeunes écoliers s’essaient à cette activité, en vue de préparer la prochaine rentrée pour certains ou de subvenir à leurs petits besoins pour d’autres. En tout cas, ils sont nombreux à porter les bagages dans ce marché réputé pour ces condiments accessibles à toutes les bourses et où bien de personnes s’approvisionnent. Comme en ce premier jour du mois d’août. Il est environ 10h, sous un ciel un peu nuageux et dans un brouhaha ambiant, Moussa Diallo se faufile entre les clients et propose ses services à qui veut bien y recourir. Il répète à l’envi en bambara : «doni be taa», (Avez-vous quelque chose à faire porter). Il s’époumone parfois avant de reprendre son souffle et de poursuivre une cliente. La vieille dame, qui venait d’arriver accepte de se faire accompagner par le jeune porteur de bagages. A la fin des courses, celui-ci achemine le panier de condiments dans la voiture de la cliente qui lui tend, généreusement, un billet de 500 Fcfa. Le garçon de 14 ans nous a confié qu’il est élève en 8è année dans un établissement scolaire à Sébénicoro, en Commune V du District de Bamako. Il exerce cette activité pendant les vacances. «Je suis au marché à partir de 8h pour retourner à la maison aux environs de 18h. J’essaie de servir au mieux la clientèle afin d’avoir un peu d’argent pour aider ma famille à faire face à certaines petites dépenses mais, aussi, à assurer mes petits besoins», déclare le jeune écolier. Il dit laisser les clients lui payer ses services à leur convenance. Certains lui donnent des pièces (200, 300 voire 400 Fcfa), d’autres des billets de 500 ou 1 000 Fcfa. Il ne parle pas de sa recette journalière mais, tout porte à croire qu’il arrive à tirer son épingle du jeu. C’est aussi le cas de Nouhoum Traoré, un autre jeune élève qui habite au quartier Banconi. Il aussi porte le panier de condiments, les bagages des clients. Il pense pouvoir, avec le peu d’argent qu’il gagne au quotidien, soutenir sa mère et s’acheter des fournitures scolaires pour la prochaine rentrée des classes. «L’année dernière, j’ai payé moi-même mes fournitures grâce à ce travail de bagagiste», souligne-t-il. Contrairement aux deux premiers interlocuteurs, Samba Guindo a abandonné les bancs. Il pratique cette activité depuis deux ans maintenant. «Ce travail me permet de gagner dignement ma vie depuis que j’ai quitté l’école. Je ne sais rien faire d’autre que ça. Et ça me nourrit, même si certains ne perçoivent pas notre importance et nous agressent verbalement en nous traitant de voyous», relève le jeune homme de 19 ans. Il s’empresse, aussi, de préciser que tous ne sont pas pareils. « Certains clients sont très généreux avec nous », ajouteNS-t-il. Oumou Saye est une cliente. Elle se dit satisfaite des services des jeunes porteurs de bagages. « J’y ai recours chaque fois que j’arrive au marché. C’est une façon d’encourager la socialisation des enfants et de les préserver de la déviance », explique succinctement la dame. A la différence d’autres, une autre cliente déplore le phénomène et pense plutôt que ça devrait même préoccuper la société et interroger sur l’avenir de ces enfants. Elle invite « la communauté à veiller à l’éducation de nos enfants afin de leur garantir un avenir plus radieux ». Pour elle, « il est grand temps de sortir du schéma de la débrouillardise et de penser au bonheur des enfants ». NS/MD (AMAP)
Mali : Le Conseil de cabinet revoit à la baisse le budget 2022
Bamako, 10 août (AMAP) Le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, a présidé, mardi, dans la salle de conférence de la Primature, un conseil de cabinet consacrée à l’examen de l’avant-projet de loi portant modification de la loi des finances pour l’exercice 2022, annonce le ministère de l’Economie et des Finances (MEF). « La crise ukrainienne et les sanctions illégales et injustes prises par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) contre notre pays déjà confronté à la double crise sécuritaire et sanitaire liée à la Covid-19 ont eu un impact négatif sur l’économie nationale en provoquant un ralentissement des activités économiques et, par extension, une diminution des recettes de l’État », explique le MEF dans un communiqué. « Ce qui fait que notre équilibre budgétaire risque d’être rompu, car les recettes que nous attendons et qui sont liées au commerce, risquent de ne pas être atteintes», a expliqué, au terme de la rencontre, le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou. «Comme ces objectifs ne seront pas atteints, nous avons estimé que nous risquons de perdre à peu près 190 milliards de Fcfa de recettes. Donc, il fallait nécessairement revoir comment redistribuer les dépenses», a indiqué le chef du département en charge des Finances. Dans cette situation de une baisse de recettes budgétaires, il faut prendre en compte deux facteurs importants, selon le ministre. «L’année dernière, le gouvernement a eu une discussion avec les syndicats qui a abouti à une unification de la grille salariale au niveau de la fonction publique. Ce qui devait avoir un effet complémentaire sur cet exercice qui n’était pas forcément budgétisé au début. Donc, nous avons vu qu’on a une dépense supplémentaire en salaire de 66 milliards de Fcfa qu’il fallait mettre dans le budget, mais aussi, celle liée à la sécurisation de tout le territoire», a expliqué le ministre de l’Économie et des Finances. A ce propos, Alousséni Sanou a soutenu que 113 milliards de Fcfa ont été engagés dans ce sens, notamment au niveau des ministères de la Défense et de la Sécurité. Les deux montants qui font environ 179 milliards de Fcfa, viendront augmenter les dépenses. «Il s’agira de réduire de 318 milliards de Fcfa les dépenses des autres ministères afin de pouvoir avoir un budget plus ou moins équilibré et ressortir avec des taux de déficit budgétaire similaires au déficit initial qui était prévu dans la loi de finances». Ainsi, dira le ministre Sanou, «nous avons les recettes budgétaires qui passent de 2.130 milliards de Fcfa à 1.982 milliards de Fcfa. Et les dépenses budgétaires qui passent de 2.748 milliards de Fcfa à 2.647 milliards de Fcfa». Selon lui, le déficit budgétaire qui était attendu (4,7%), est passé à 5,2%. «Donc, on a un creusement de déficit de 47 milliards de Fcfa lié aux impacts de toutes les évolutions que nous avons connues dans l’environnement», a conclu le premier responsable de l’hôtel des Finances. BD/MD (AMAP)

