Perturbation des réseaux téléphoniques : La galère des usagers

Par Mohamed TOURÉ  Bamako, 07 sept (AMAP) Des appels téléphoniques interrompus en pleine conversation ou encore des signalisations d’indisponibilité. Telles sont, entre autres, les perturbations de réseaux téléphoniques signalées par les clients de différents opérateurs. Dr Adama Traoré, président Réseau malien des consommateurs de téléphonie mobile (REMACOTEM) s’indigne de la situation qu’il juge «dramatique» pour les consommateurs. «On n’arrive pas à joindre son correspondant parce que les réseaux sont dégradés», regrette le défenseur des droits des consommateurs. Le problème pénalise doublement les usagers qui sont obligés de payer pour le répondeur parce que le réseau du correspond n’est pas bon. Le responsable associatif pointe du doigt une insuffisance de la couverture du réseau. Ce qui provoque des perturbations à quelques 20 ou 30 kilomètres de Bamako. Il dénonce des manquements aux cahiers des charges de la part des opérateurs qui doivent assurer la couverture entière du territoire national. Du côté des opérateurs Orange-Mali et Moov Africa Malitel, on assure qu’il n’y a pas de problème de réseau. «À la date d’aujourd’hui, il n’y a pas de cas général de perturbation du réseau. Nous n’avons reçu aucune plainte à ce sujet», assure Amadou Niang, chef de service pilotage de l’optimisation à Orange-Mali, joint au téléphone. Le technicien souligne que son entreprise dispose de voies pour faire remonter les plaintes des clients. « Aucun problème de ce genre n’a été pas signalé », assure-t-il. Qu’est-ce qui peut donc expliquer des problèmes récurrents de réseaux ? A cette question, Amadou Niang dit qu’il y a plusieurs facteurs. Selon le technicien, la qualité du réseau, notamment en matière de connexion internet, peut dépendre de la performance de l’appareil de l’utilisateur. Son entreprise, Orange-Mali donne une performance haute gamme, à l’en croire. « Ceux qui n’ont pas des téléphones 4G 4è génération ou 3G, vont se limiter à une connexion 2G qui donne un débit limité par rapport à la 3G », explique-t-il. Les délestages de courant électrique sur le site d’une antenne d’un opérateur peuvent, également, occasionner des perturbations, s’il n’y a pas de groupe électrogène. Cela entraine la mise hors service de l’antenne et la perturbation du réseau dans sa zone de couverture. Pour palier ce genre d’aléas, Amadou Niang assure que son entreprise utilise des panneaux solaires dans les zones où il y a pénuries de carburant. «Même dans les zones d’insécurité dans le Centre et dans le Nord du pays, nous approvisionnons nos antennes en carburant», souligne le technicien qui évoque aussi des probables problèmes techniques liés aux appareils électroniques. MUTUALISER LES INSTALLATIONS – Il y a aussi le fait que les opérateurs organisent des maintenances pour faire l’entretien du matériel et remplacer les pièces défaillantes. Il relève également la possibilité d’avarie sur les fibres optiques lors de travaux routiers. «Cela peut impacter les clients le temps que la panne soit résolue», fait-il remarquer. Quant à l’extension du réseau, le technicien reconnait qu’il peut y avoir des problèmes de couverture. «Nous faisons des campagnes de mesures pour connaitre la couverture et les différents services de réseau. L’Autorité malienne de régulation des télécommunications, des tics et des postes (AMRTP) fait un audit au plan national», explique-t-il. Cependant, Amadou Niang assure qu’il n’y a pas de zone en périphérie de Bamako non couvert par le réseau. «Il peut y avoir des zones non couvertes à cause de l’éloignement. Mais, nous faisons aussi des réajustements de couverture pour les clients dans ces situations», indique-t-il. «La qualité du réseau est en train de baisser», alerte Dr Alioune Badara Traoré, ingénieur en télécommunication et ancien cadre de la Société des télécommunications du Mali (SOTELMA) et de l’AMRTP. Cet expert ne croit pas que des raisons techniques puissent expliquer la mauvaise qualité du réseau. Il pense même que « ce sont des défaillances qui peuvent être résolues ». L’ingénieur explique qu’il peut y avoir des problèmes liés à la rupture de l’alimentation électrique, des câbles coupés, aux installations. Des défaillances auxquelles, il pense que des solutions peuvent être trouvées. «Mais est-ce qu’on est prêts pour dépenser de l’argent afin de corriger ce problème», se demande-t-il. Il est plutôt convaincu d’un manque de suivi de la qualité du réseau. Dr Alioune Badara Traoré trouve que la couverture du réseau dynamique est difficile à évaluer en terme de qualité. Il attire l’attention sur la pertinence d’un plan d’installation globale du réseau sur l’ensemble du  pays. C’est-à-dire une mutualisation des tronçons d’installation des fibres optiques des différents opérateurs et de l’Agence de gestion du fonds d’accès universel (AGEFAU). Pour le spécialiste, un tel projet permettrait aux opérations d’évoluer, par exemple, en colocation des bornes. Ce qui, selon lui, diminuerait les coûts de communication pour le Malien lambda et permettra d’avoir une visibilité globale de la couverture du pays par le réseau. Il souligne que la couverture dans certaines zones où la démographie n’est pas importante est du ressort de l’AGEFAU,  car non rentable pour les opérateurs. LES BOOSTERS EN CAUSE ? – Certaines perturbations du réseau seraient dues à l’utilisation de types d’appareils particuliers censés améliorer les signaux. Les opérateurs et l’Autorité de régulation voient dans l’utilisation de ces appareils qui ont fleuri, notamment dans les marchés, des grands facteurs de dégradation du réseau. Cependant, l’hypothèse ne fait pas l’unanimité. «Le client prend le booster pourquoi ? Si l’installation dont vous disposez ne vous permet pas de bénéficier du service alors vous cherchez des moyens alternatifs. Le marché est le centre des affaires et est connecté au monde entier», estime Dr Adama Traoré. Pour le Dr Traoré, la part des boosters dans la mauvaise qualité du réseau n’est pas considérable. Au contraire, il note même qu’ils connaissent leur succès parce que la qualité du réseau est mauvaise. Pour sa part, le technicien d’Orange-Mali, assure que tant que les boosters resteront allumés, le problème ne sera pas résolu. Amadou Niang affirme que le problème des boosters est au niveau de l’autorité de régulation. «Nous avons déployé des nouveaux sites au marché. C’est au tour du régulateur de prendre des mesures de sensibilisation pour que les commerçants éteignent les boosters», préconise-t-il. Il n’est pas à exclure que

Les engrais en zones CMDT et OHVN conformes, selon l’Institut d’économie rurale (IER)   

Par Fadi CISSÉ Bamako, 06 sept (AMAP) Une analyse sur 151 échantillons d’engrais prélevés par la Direction nationale de l’agriculture (DNA), effectuée par le laboratoire de l’Institut d’économie rurale (IER) a conclu à un taux de conformité de 100% pour le complexe coton, 98,5% pour le complexe céréale, 87,5% pour l’urée. Les résultats d’analyse chimiques, réalisées à partir de ces échantillons d’engrais prélevés en zone Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT) et Office de la haute vallée du Niger (OHVN), dont nous avons reçu une copie, révèlent qu’au titre de la Campagne agricole 2022, «les engrais complexe céréale et ceux du coton ne présentent pas de déficience ». Concernant le complexe coton, 100% des échantillons d’engrais analysés par le laboratoire de l’IER sont conformes aux normes en vigueur. Quant au complexe céréale, 98,5% des échantillons d’engrais analysés par le laboratoire de l’IER sont conformes aux normes en vigueur. En ce qui concerne l’urée, 87,5% des échantillons d’engrais analysés sont conformes aux normes exigées. À ce niveau, un léger déficit azoté a été, par exemple, constaté. « Cette déficience est essentiellement liée aux conditions de transport et de manutention», expliquent les analystes. «Les résultats sont satisfaisants en termes de teneur en éléments nutritifs et d’état physique qui ne compromettent pas l’atteinte des objectifs de production agricole de la campagne», conclut la DNA. Concernant les paramètres physiques, il ressort que les poids des sacs sont entièrement conformes à 50 kg à la norme requise (règlement C/Reg.13/12/12) selon laquelle le poids du sac ne doit pas être inférieur à 49,5 kg. L’équipe de contrôle « n’a pas constaté de prises en masse sur les trois types d’engrais contrôlés (complexe coton, complexe céréale et urée) ». La granulométrie (étude de la répartition des différents grains d’un échantillon de granulats) « est conforme aux normes en vigueur pour les trois types d’engrais contrôlés (complexe coton, complexe céréale et urée). » Les sacs sont étiquetés conformément à la norme requise (règlement C/Reg.13/12/12) selon laquelle les informations suivantes doivent être inscrites sur les sacs : nom du type d’engrais, formule chimique, poids du sac, nom du fabricant, nom du distributeur ou du revendeur, campagne agricole de production, présence de l’emballage double, etc.) Quant aux analyses chimiques, les paramètres contrôlés ont surtout porté sur les teneurs en éléments nutritifs (phosphore, azote, potassium, soufre, bore). Pour parvenir à ce résultat, la DNA a prélevé des échantillons d’engrais effectués par une de ses équipes. Avant de les faire analyser au laboratoire de l’IER. Ces prototypes ont concerné le complexe coton, céréale et l’urée. L’échantillonnage a concerné toutes les filiales cotonnières : Sud (Bougouni, Koumantou, Sikasso et Kadiolo), Nord-Est (Koutiala, Karangana et Kimparana), Centre (Fana, Dioila, Ouéléssébougou) et Ouest (Kita) ainsi que les magasins de l’OHVN à Bamako. Le nombre total d’échantillons d’engrais prélevés est de 59 pour le complexe coton, 62 pour le complexe céréale et 30 pour l’urée. Ce qui fait un total de 151 échantillons d’engrais prélevés. Le contrôle a priori de la qualité des engrais s’avère nécessaire et même vital pour le secteur. Cette tâche d’inspection et de contrôle est confiée à la DNA. C’est dans ce cadre qu’elle organise, chaque année, sous l’égide du département en charge de l’Agriculture, des missions de contrôle de qualité. Objectif : garantir la qualité des engrais et leur mise à la disposition des producteurs en zone CMDT/OHVN. Cela, en vérifiant la conformité des engrais aux normes en vigueur, en prélevant des échantillons d’engrais au niveau des magasins CMDT/OHVN pour les transmettre au laboratoire pour analyse. FC/MD (AMAP)    

Le Mali lève plus de 200 milliards de Fcfa d’emprunt obligataire (Ministère de l’Economie et des Finances)

Bamako, 03 sept (AMAP) Le Mali vient de clôturer le processus de mobilisation de plus de 200 milliards de Fcfa à travers un emprunt obligataire sur le marché financier de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), a annoncé, vendredi, le ministère de l’Economie et des Finances (MEF)., Dans un communiqué, le MEF souligne que l’opération a « permis au Trésor Public de mobiliser deux cent sept milliards cinq cents millions de Fcfa  (207,5 milliards Fcfa), soit un taux de souscription de près de 104% ». « Cette opération a été réalisée par la Société de gestion et d’intermédiation (SGI) Mali, arrangeur et chef de file du syndicat de placement, avec comme co-chefs de file : SGI Togo, Global Capital et CIFA Bourse », explique le MEF. « Cet emprunt obligataire, lancé le 15 août 2022 sur le marché financier de l’UMOA pour un montant de 200 milliards Fcfa, un taux de 6,20% et une maturité de 10 ans, a été clôturé le 31 août 2022 », précise la même source. Le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, s’est réjoui « de l’accompagnement des partenaires pour le financement des projets structurants de développement économique et social du Mali. » Cette opération est consécutive aux 277,371 milliards Fcfa levés sur  le Marché des titres publics UMOA,  il y a trois semaines. MT/MD (AMAP)

A Dio, près de Bamako, les fermes poussent comme des champignons 

Par Rokiétou MAÏGA Bamako, 27 août (AMAP) Située à Magnambougou, village de la Commune rurale de Dio-Gare, Cercle de Kati et Région de Koulikoro, la ferme de Ousmane Diakité offre depuis 13 ans une gamme variée de produits agricoles. Avec le phénomène de «fermage» qui se développe de plus en plus autour de la capitale malienne, notamment à Baguinéda et périphérie, la Commune rurale de Dio, à 40 kilomètres seulement de Bamako, accueille  un chapelet de fermes. Aménagée sur une superficie de 15 hectares, la ferme de Diakité est le résultat de son amour pour le travail de la terre. Fils d’agriculteur, sa passion pour l’agriculture n’a pas tardé à éclore. «Mes frères et moi travaillions au champ, et de fil en aiguille, j’ai pris du plaisir à gratter la terre», explique Ousmane. La ferme est composée en grande partie d’orangers de variétés différentes, d’un hectare de papayers et de melons encore à l’état brut. Les variétés d’orangers s’étalent tout le long de la ferme. Les 2 000 à 3 000 pieds d’agrumes constituent son patrimoine. Le sol gravillonnaire de la zone s’adapte à tout type de cultures. Dans la ferme et aux environs, il cultive de la vigne, le pommier, ce qui peut surprendre, ou encore l’avocatier. L’orange du Mali «lemourouba», «le tengelo », de son nom scientifique citrux-tengelo, ou encore «le niva» qui a sa pulpe rouge, sont autant de variétés qui sur l’exploitation. Le choix de cette production agricole s’explique par la rentabilité du produit qui, une fois planté, génère des bénéfices à long terme. «Après leur implantation, au bout de deux ans à deux ans et demi, ils commencent à donner les premiers fruits. Et cela est valable pour toutes les saisons», se réjouit Diakité. Avec un investissement personnel et des prêts auprès de deux banques de la place, l’exploitation agricole de Diakité a débuté en 2009. Pour les cinq ouvriers qui y travaillent et le gardien, le travail de la ferme n’est pas de tout repos. Arrosage et désherbage par-ci, cueillette des fruits par-là, l’effectif est insuffisant, mais cela se comprend aisément. L’arrivée de l’hivernage fait que beaucoup d’entre eux rentrent chez eux pour les travaux champêtres en famille. L’ensemble des produits de la ferme sont écoulés sur place. Un groupe de cinq hommes sont venus acheter chacun un kilo d’oranges à 350 Fcfa. Tous enseignants de la localité, ils préfèrent acheter directement à la ferme pour le prix car chez les revendeurs, il s’élève à 750 FCFA voire plus. Et en même temps, ils viennent profiter de l’air frais et pur que dégagent les plantes en harmonie avec la nature. «À la saison des fruits, c’est un véritable marché qui règne là», commente le gardien Kariba Diarra. Électromécanicien de formation, Ousmane Diakité fait remarquer qu’il fait face à beaucoup de difficultés : la commercialisation des produits sur le marché avec la redoutable concurrence des importations, le manque de main d’œuvre qualifiée et la non-maitrise de l’activité agricole. RM/MD (AMAP)

Campagne agricole : La promesse de pluies régulières 

Par Anne-Marie KEITA Bamako, 25 août (AMAP) L’hivernage atteint sa vitesse de croisière. Caractérisée par de longues périodes sèches au début, la pluie est de plus en plus régulière et abondante. À vue d’œil, les parcelles sont bien entretenues. À l’Office du périmètre irrigué de Baguinéda (OPIB),pres de Bamako, la capitale malienne,  les cultures ont amorcé leur phase de maturité. L’aspect végétal des champs de riz, de maïs et de sorgho est prometteur. À condition que «les paysans maintiennent la cadence quant à l’entretien des champs et les traitements phytosanitaires, indispensables au bon développement des plantes». Baguinéda est une ville et une commune, dans la sous-préfecture du Cercle de Kati, dans la Région de Koulikoro. Située à 30 km de Bamako sur le fleuve Niger, cette commune rurale qui regroupe 32 villages, abrite plus de 3.000 hectares aménagés en maîtrise totale d’eau par l’OPIB. Créée en janvier 1998, cette structure est la plus grande zone de production agricole de notre pays, après l’Office du Niger (ON). Elle est chargée du développement intégré, de promouvoir le développement des principales cultures vivrières de base et maraichères. En plus des activités agricoles possibles en saison des pluies, les paysans de Baguinéda pratiquent aussi la culture de contre-saison. Celle-ci est une activité agricole consistant à faire le maraîchage et des cultures céréalières pendant la saison sèche. Elles s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre de la Politique nationale de développement de l’État. Le but étant de mettre un accent particulier sur les aménagements de terres agricoles au profit des producteurs et de combler le déficit céréalier du Mali. Paysan à l’OPIB depuis plus de 15 ans, Mahamadou Diarra, œuvre pour l’atteinte de ces objectifs. Il trouve que la campagne évolue bien. Arguant qu’il pleut en abondance, le cultivateur prédit : «Cette année, la campagne sera meilleure que l’année dernière car les paysans ont commencé à semer à l’OPIB depuis le mois de juin. Alors que l’année dernière, les semis ont débuté en juillet». « Cela à condition qu’il n’y ait pas une fin précoce de la pluie comme cela a été le cas l’année dernière », ajoute M. Diarra qui exploite un hectare de riz, deux hectares de maïs et un demi-hectare de gombo. Son collègue Bakary Doumbia est producteur à Kognimba, dans la Commune de Baguinéda. Il détient à l’OPIB un champ de riz et de maïs d’une superficie d’un hectare chacun. De l’avis de celui qui accumule 22 ans d’expérience dans l’agriculture, le niveau satisfaisant des pluies présage d’un bon rendement et d’une bonne campagne. Le directeur général de l’OPIB, Mamadou Togola, partage les constats de des producteurs. M. Togola estime que l’allure que présentent les champs permet d’espérer que les objectifs de production pour cette année pourraient être atteints. Ils sont, a-t-il dit, estimés à 24.419 tonnes pour les céréales, dont 17.722 pour le riz, 6.300 pour le maïs et 299 tonnes pour le mil et le sorgho. Concernant les cultures maraîchères, les objectifs sont évalués à 27.995 tonnes, toutes spéculations confondues. En la matière, le niveau de réalisation est de 104% pour le mil, 86% pour le sorgho, 82% pour le maïs. Pour le riz cultivé en maîtrise totale d’eau (riz repiqué dans le périmètre), la réalisation est de 70% pour une superficie de 1.935 hectares. « Les emblavures se poursuivent en ce qui concernent le riz et sont à un niveau satisfaisant », assure le premier responsable de l’OPIB. Il faut ajouter qu’à l’OPIB, l’Adny 11 est la variété de riz la plus cultivée. Son cycle est de 120 jours. En matière de cultures sèches, c’est le Sotubaka, une variété de maïs dont le cycle est de 90 jours. Elle arrive à boucler son cycle pendant la période d’hivernage sans un grand souci de sècheresse. À propos des équipements agricoles, Mamadou Togola a dit que le taux d’exploitation est également acceptable. « La situation phytosanitaire, elle, est jugée calme. Les produits phytosanitaires sont disponibles », assure-t-il. « Néanmoins, des problèmes existent », nuance le patron de l’OPIB. Selon lui, la difficulté principale concerne l’acquisition des engrais minéraux, une situation générale liée au conflit en Ukraine. Autres difficultés, selon lui, l’insécurité dans la zone OPIB, l’insuffisance des ressources financières, les besoins en matériels agricoles pour les producteurs, le manque de main-d’œuvre. Sur les difficultés d’acquisition des engrais minéraux, il estime que les sols sont si pauvres qu’il faut des appoints. Le paysan Mahamadou Diarra, natif de Kobalacoro, Commune de Baguinéda, déplore également le problème d’accès aux intrants surtout les engrais minéraux. «En attendant la mise à disposition de la subvention de l’État, nous achetons le sac d’engrais entre 35.000 et 40.000 Fcfa», explique-t-il. «Nous sommes toujours en attente de l’engrais minéral. À part ce problème qui nous inquiète un peu, la campagne agricole est rassurante cette année car il pleut suffisamment», confirme Rokia Samaké, exploitante d’un demi-hectare de riz à l’OPIB. « L’État a déjà fait des acquisitions avec certains fournisseurs qui ont été déjà mises à la disposition de certaines structures agricoles’, annonce le directeur général de l’OPIB qui assure que les objectifs seront atteints si la pluie maintenait la même cadence. AMK/MD (AMAP)

Coopération: Bamako et Téhéran renforcent leurs relations bilatérales

Bamako, 24 août (AMAP) Les ministres en charge des Affaires etrangeres du Mali, Abdoulaye Diop, et d’Iran, Dr Hossein Amir-Abdollahian, ont cooprésidé la première session de la Commission mixte de coopération Mali-Iran, mardi, à Bamako. Le ministre des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran, Dr Hossein Amir-Abdollahian, à la tête d’une forte délégation, séjourne au Mali, depuis lundi dernier, dans le cadre du renforcement de la coopération économique, commercial surtout de la lutte contre le terrorisme. Cette session, qui s’est tenue au département des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a été précédée par la réunion des experts, les 21 et 22 août 2022, au cours de laquelle les deux délégations ont fait le tour d’horizon des dossiers de coopération bilatérale. Le ministre Abdoulaye Diop a rappelé les liens historiques d’amitié et de fraternité entre les peuples et les gouvernements des deux pays. À ce propos, le chef de la diplomatie malienne s’est félicité que le Mali soit le premier pays visité, durant la tournée officielle en Afrique du Dr Hossein Amir-Abdollahian, depuis sa nomination à ce poste. Au plan politique, M. Diop a exprimé « la très haute appréciation des autorités de la Transition concernant la lecture lucide et pragmatique que le gouvernement iranien a toujours faite de la complexité de la crise au Mali ». À cet égard, il a entretenu la partie iranienne des efforts entrepris par le gouvernement malien pour la pacification et la sécurisation du territoire national. Il a, aussi, souhaité que la présente session soit l’occasion de dégager les voies et moyens permettant de contribuer au renforcement et à la diversification de la coopération bilatérale entre le Mali et la république islamique d’Iran, notamment dans les domaines prioritaires comme la défense, la sécurité, l’enseignement supérieur et la recherche scientifique. Les deux parties envisagent d’élargir leur coopération au développement rural, aux mines, à l’énergie et à l’eau, à la santé, aux transports et infrastructures, à l’industrie, au commerce, à l’habitat, l’urbanisme, la culture et au tourisme, à la communication et à l’économie numérique. Dr Hossein Amir-Abdollahian, a, quant à lui, relevé la parfaite convergence de vues entre le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, et celui de la République islamique d’Iran, Seyyed Ebrahim Raïssi, sur les questions de paix, de sécurité, de développement, de souveraineté et sur les différentes crises que connaît le monde. Le ministre des Affaires étrangères d’Iran a présenté sa présence à cette réunion comme « l’expression de la volonté des autorités iraniennes à développer les relations et la coopération bilatérale ». Il a expliqué que la tenue de la Commission mixte de coopération globale est un mécanisme approprié pour organiser la coopération économique visant à dynamiser les échanges commerciaux. Ainsi, Dr Hossein Amir-Abdollahian a souligné « la nécessité de mettre en œuvre les accords et de poursuivre les réunions périodiques ». Les deux ministres ont ensuite invité les deux délégations à faire l’état des lieux de la coopération entre les le Mali et l’Iran et à entreprendre les actions nécessaires en vue de relancer, consolider et diversifier cette coopération, conformément aux orientations des deux chefs d’État. C’est ainsi qu’il a été décidé de créer un comité de suivi de la mise en œuvre des décisions et recommandations issues de la première session de la Commission mixte. En marge de cette session, les ministres Abdoulaye Diop et Dr Hossein Amir-Abdollahian ont « eu des échanges approfondis sur les questions bilatérales, sous régionales, régionales et internationales. La deuxième session de la Commission mixte de coopération entre les deux pays est prévue en 2024 (1403) à Téhéran, en République islamique d’Iran, à une date qui sera fixée d’accord partie par voie diplomatique. Auparavant, le ministre des Affaires étrangères d’Iran a annoncé l’organisation d’une exposition technologique à Bamako. Aussi, la République islamique d’Iran prévoit-elle de créer un centre technologique dans la capitale malienne. Évoquant le sujet du terrorisme lors du point de presse conjoint, Dr Hossein Amir-Abdollahian a promis que son pays fera profiter au Mali de son expérience dans le cadre de la lutte contre ce phénomène. «Les efforts du Mali pour préserver son indépendance sont une approche positive. C’est pour cela que nous soutenons cette Transition», a-t-il déclaré. Une séance de travail a également réuni les opérateurs économiques maliens et iraniens. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, a assuré la partie iranienne de rendre le climat des affaires entre les deux pays très propice et profitable. Mahmoud Ould Mohamed a précisé que le Mali est intéressé par le développement de l’agro-industrie qui est créatrice de valeur ajoutée. Il a relevé que le Mali est le deuxième pays de la zone ouest africaine dans le domaine du cheptel et premier producteur de coton en Afrique au sud du Sahara. Et d’assurer de la disponibilité de son département à faciliter les démarches administratives. OD/MD (AMAP)  

A Diéma (Ouest), le baobab est un patrimoine familial

Par Ouka BA Diéma août (AMAP) Le baobab, cet arbre aux multiples vertus est, surtout, entretenu à cause de ses feuilles, que les femmes réduisent en poudre pour la préparation de la sauce du tô, ou pour rendre malléable le couscous. Dans le Cercle de Diéma, dans l’Ouest du Mali, particulièrement dans les localités à dominance soninké, le baobab est considéré comme un patrimoine familial, exploité généralement par les femmes. Chaque matin, quand le chef de famille sort du grenier la quantité de mil pour le plat du jour, en plus de la mesure de sel, il puise dans la réserve de poudre de feuilles de baobab, appelé « namougou fing ». Une fois que le maître de la maison réunit ces conditions, il est exempté de prix de condiments. C’est à la femme de se « débrouiller »  seule pour trouver le reste des ingrédients et préparer à manger pour les membres de la famille. Parfois, si le plat n’est pas du goût d’une belle-sœur ou d’un beau-frère, celle-ci ou celui-ci ne se prive de le faire savoir à la cuisinière du jour, à travers sarcasmes et propos blessants pour la pauvre ménagère, du genre : « Même un âne ne peut digérer un tel met ! » Ici, comme un peu partout dans la zone, les feuilles du baobab sont beaucoup consommées. C’est pourquoi, à cause de l’importance de cet arbre, le propriétaire d’une parcelle de terrain, avec même un seul pied de baobab, n’accepterait jamais de la vendre, que ce soit une transaction en droit coutumier ou non. L’essence restera au compte de sa famille qui l’exploitera à sa guise. « Le jour où le propriétaire d’un terrain où se trouvent des baobabs décide de le vendre, forcément, les arbres feront partie de la transaction », estime, pour sa part Fousseiny Sissoko, un conseiller au chef de village, qui trouve absurde le contraire. Mahéta Sacko est imam à Diéma. Il soutient que tout est une question d’accord et de consensus. « Si celui qui vend sa parcelle de terrain, avec un ou plusieurs pieds de baobab, accepte de céder à l’acheteur ses arbres, il n’y aucun inconvénient. Il faut faire en sorte qu’aucune des deux parties ne soit lésée lors de la transaction :, explique-t-il.  « L’Islam est bâti sur la paix et la cohésion sociale », commente le religieux. Selon Aïssata Konté, domiciliée à Diéma, « le baobab appartient surtout aux femmes. On en trouve généralement dans chaque maison. Les feuilles du baobab jouent un rôle important dans l’économie  familiale car elles permettent de réduire parfois les dépenses des hommes. » « Pendant l’hivernage, on prépare souvent pour les cultivateurs  de la boisson à base de poudre de pain de singe associée à la pâte d’arachide avec un peu de sucre. Une fois qu’ils consomment ce mélange, ils retrouvent la force et le courage et travaillent à cœur joie. C’est une boisson qui permet d’atténuer les effets des rayons solaires, si bien qu’à la fin de la journée, les travailleurs sentent moins de fatigue », révèle Aïssata. La présidente de l’Association de santé communautaire (ASACO) de Fassoudébé, Coumba Dia, affirme que dans leur village, les femmes plantent leurs propres pieds de baobabs dans leurs périmètres maraichers et les entretiennent comme les autres arbres fruitiers. Elles utilisent uniquement les feuilles de baobab et s’intéressent moins aux fruits. La dame poursuit : « Ce sont nos voisins maures qui en tirent le plus de profit. Ils font la cueillette du  pain de singe et confectionnent des cordes  avec les écorces qu’ils commercialisent. » Seibane Dicko, un maure habitant à Dabaye-Laklal, entretient quotidiennement le jeune pied de baobab qui se trouve devant sa case. Il empêche les animaux de l’effeuiller, lorsqu’ils se rendent aux pâturages ou en reviennent. Oumar Cissé est bourrelier. Superstitieux, il déclare  que le baobab est un arbre qui porte-malheur. « La présence de cet arbre, dans une maison, dit-il, attire la détresse sur ses occupants ». Un homme aurait été obligé d’abandonner la maison qu’il louait, à cause d’un incendie survenu à plusieurs reprises. L’infortuné a vite fait de lier les sinistres à répétition à la présence dans la maison d’un grand baobab, vieux de près d’un siècle. Cet engouement des femmes pour le baobab contribuera à mieux sauvegarder cette espèce en voie de disparition. Une disposition sur laquelle l’Etat et ses partenaires peuvent miser pour soutenir davantage de projets de reboisement dans cette partie de la bande sahélienne, en proie à la désertification et l’avancée du désert. OB/MD (AMAP)  

Le boom de la livraison de colis à Bamako

Par Kadiatou OUATTARA Bamako, 17 aout (AMAP La livraison connait un boom grâce au développement des ventes et des commandes en ligne. Jeunes hommes et femmes livrent nourritures, habits, chaussures, accessoires… Sogona Nanakassé est de ceux-ci. Âgée de 38 ans, elle est divorcée et mère d’un enfant. Dotée d’un physique imposant, débordante d’énergie, elle a opté pour ce métier. Officiellement conductrice de taxi-moto «Telimani», elle est également dans la livraison de colis depuis novembre 2020. Résidente de Moribabougou, Sogona Nanakassé fait la navette entre différents quartiers de Bamako, la capitale du Mali. Elle s’est achetée une moto de seconde main pour mener à bien son activité. La brave dame livre très souvent les colis des vendeuses «d’Abaya» et les commandes de «Mali Buru», de la pâtisserie «Artisan boulanger». « Les débuts n’étaient pas faciles, car j’ai  commencé avec une moto de plus petite cylindrée pas très adaptée à ces activités », confie-t-elle en souriant. Son statut de femme posait aussi problème à certains tandis que d’autres en ont font une grande source de crédibilité. « C’est un travail qui ne me permet pas de subvenir à tous mes besoins, mais ça me permet de me nourrir, de payer la scolarité et les cours privées de mon enfant », se réjouit notre interlocutrice. Atteinte de sinusite, ce qui l’empêche, souvent, de travailler et de faire certains activités, Nanakassé s’accroche malgré sa santé fragile. Si Nanakassé évolue en solo, il existe aujourd’hui des sociétés spécialisées dans la livraison de colis. Kadialy Deka Diabaté est l’un des promoteurs de «I ka Tchiden, ton coursier». Créée en octobre 2020, cette société basée à Hamdallaye ACI 2000, emploie une dizaine de personnes, toutes des salariées. «On fait plusieurs types de livraisons», explique Diabaté. Il s’agit de livraisons de colis, de dépôts de courriers pour les structures, etc. « Nous faisons également les courses domestiques et les paiements de factures pour les clients », indique-t-il. À ces prestations, s’ajoutent les services de recouvrement et la livraison de colis pour les sites de vente en ligne. Le service « I ka Tchiden» est accessible grâce à des numéros de téléphone. « La coordination avec le livreur est faite à la demande du client. Les tarifs varient entre 1 000 et 3 000 Fcfa, selon la distance à parcourir », explique le patron. Cependant, ce métier n’est pas sans difficultés. La hausse du prix du carburant due au contexte économique international difficile impacte énormément les affaires des entreprises de livraison. Une autre difficulté est liée à la nature des produits livrés. « Des cas d’interpellations sont souvent enregistrés à cause du fait de la simple livraison de certains colis », confie un livreur qui souhaite garder l’anonymat. Il raconte avoir passé une nuit dans une cellule de prison à Kati. «Souvent, on nous fait livrer des colis sans qu’on sache ce qu’il contient», explique ce dernier. CONNEXION IMMÉDIATE – Pour s’en rendre compte, nous avons accompagné un livreur durant une journée, au cours de laquelle il a effectué une série de livraisons. Cheickna Samaké, c’est son nom. Diplômé en électricité, niveau Certificat d’aptitude professionnel (CAP), il est livreur pour la société « I ka Tchiden », depuis à sa création. Il se dit passionné par ce métier. Nous sommes vendredi. Il est 13 heures. Par un temps nuageux suivi d’une forte pluie, j’enfourche la moto de livraison du jeune homme, pour une immersion d’une journée. Il roule à grande vitesse pour arriver vite à destination. Du Quartier du fleuve à Djélibougou, en passant par Bozola, Niarela, Hippodrome, Korofina, il se faufile entre les véhicules pour éviter les bouchons. Une quinzaine de minutes plus tard, nous voici devant «La Croix Rouge malienne» à Djelibougou. Cheickna appelle le client au téléphone et lui livre son colis : un appareil «power bank» pour recharger les téléphones qui avait été commandé dans une boutique de vente en ligne. Après vérification, le client paye la commission du livreur. Direction Moribabougou, pour la seconde livraison. Arrivé à Titibougou, surgit une grosse tempête. On s’accroche à la moto. À présent à Moribabougou Tiônonkono, il pleut abondamment. On se met à l’abri dans une station service d’essence bondée de monde. Tous attendent la fin de la forte pluie pour vaquer à leurs occupations. Salimata Samaké, vendeuse de produits de beauté et d’accessoires, explique que ce métier de livreur lui est d’une grande utilité. Selon elle, les livreurs assurent la connexion immédiate entre le vendeur et son client. Surtout que le livreur peut retourner avec le colis pour l’échanger si le client n’est pas satisfait. Salimata soutient vivement ce métier car, c’est un pourvoyeur d’emplois pour les jeunes. Elle déplore les fluctuations quant aux prix de la livraison de la part de certains livreurs. « La mauvaise humeur de certains d’entre eux fait souvent fuir la clientèle », dénonce-telle. Dans tous les cas, ce métier est une alternative crédible au chômage massif des jeunes. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes (généralement diplômés) qui passaient la journée, assis au «Grin» à se tourner les pouces, sont en contact avec des sites de vente en ligne et autres prestataires de services. À l’aide de leur moto, ils livrent des colis à la demande des clients. Ils peuvent revenir s’installer au «Grin» en attendant, les yeux rivés sur le téléphone portable, le prochain appel pour une nouvelle livraison. KO/MD (AMAP)        

La douane malienne saisit 159,5 kg de cocaïne à Kouremalé, frontière avec la Guinée

Bamako, 16 août (AMAP) Le bureau des douanes de Kouremalé, à la frontière du Mali avec la Guinée, a saisi pour près de 8 milliards de Fcfa de drogues, réalisant l’une des plus importantes opérations des douanes maliennes, selon les responsables de ce service Ce sont en tout 145 briquettes de cocaïne dissimulées dans un véhicule 4×4, en provenance de la Guinée sur lesquelles les soldats de l’économie ont mis la main. Le chef de bureau des douanes de Kouremalé a expliqué que cette importante saisie  est intervenue suite à l’interception, le 7 août dernier, d’un véhicule  en provenance de Guinée dont le conducteur sollicitait « un laisser-passer touristique ». Une demande à laquelle les douaniers n’ont pas accédé malgré l’insistance du suspect qui est « revenu à la charge avec d’autres pièces », selon le douanier. Ce n’est que cinq jours plus tard, après que l’individu a abandonné son véhicule que les douaniers ont procédé à sa fouille. En plus de quelques affaires personnelles du suspect, ils découvrent 145 briquettes de cocaïne « pure » dissimulées dans une cache aménagée sur sous le toit de la voiture. Le grand coup des éléments du bureau des douanes de Kouremalé a été salué par leur hiérarchie. Le directeur régional des douanes de Koulikoro, le lieutenant-colonel Mohamed Coulibaly, a félicité ses hommes pour le travail accompli. « Ce type de saisies représente beaucoup dans la mission de protection des populations contre le trafic de produit illicite que mène la douane », a indiqué le directeur régional des douanes de Koulikoro. Sur la question, le Directeur général des Douanes, l’inspecteur Général Amadou Konaté qui a félicité ses agents, a rassuré que les soldats de l’économie renforcent la vigilance à un moment où le corridor Guinée-Mali prend du volume. « Sur l’axe, nous travaillons à créer des mesures de facilitation, de célérité mais aussi de sécurité » a-t-il indiqué. MT/MD (AMAP)

Les douanes maliennes s’installent à Conakry, en Guinée

Par Ahmadou CISSÉ Bamako, 16 août (AMAP) L’ouverture d’une représentation des Douanes maliennes à Conakry, s’inscrit dans la perspective de l’accroissement du trafic commercial entre le Mali et la Guinée. Douaniers maliens et guinéens sont satisfaits de la coopération et entendent travailler conformément aux instructions des autorités politiques de faire de Conakry, port naturel, et le plus proche du Mali. Ce rapprochement permet à l’Administration douanière malienne de sécuriser les recettes et de faciliter la chaine logistique. Le directeur général des Douanes, l’inspecteur général Amadou Konaté, qui a séjourné à Conakry, en Guinée, a procédé à l’ouverture officielle de la représentation des Douanes maliennes au Port autonome de Conakry, vendredi dernier. Lors de cette à cérémonie organisée devant les locaux réhabilités dans l’enceinte du Port autonome de Conakry, l’inspecteur général Amadou Konaté, qui était accompagné à Conakry de quelques proches collaborateurs, a également installé dans ses fonctions le nouveau représentant qu’il a nommé à ce poste depuis peu. Dans la capitale guinéenne, dans l’enceinte des Entrepôts maliens en Guinée (EMAGUI), Maliens et Guinéens ont ainsi célébré une nouvelle dimension dans la coopération douanière. Le patron des Douanes maliennes, qui n’a pas caché sa fierté de voir concrétiser une instruction forte des autorités des deux pays, a été reçu par le Premier ministre guinéen par intérim qui a magnifié la grande qualité des rapports fraternels qui lient les deux parties. «A titre de rappel, l’implantation d’une représentation des Douanes maliennes en Guinée est une des recommandations fortes de la Grande commission mixte de coopération entre le Mali et la Guinée, tenue à Bamako les 27 et 28 avril 2017 derniers. Cette préoccupation, nous l’avons réitérée lors de nos travaux des 2è et 3è rencontres bilatérales qui ont lieu, respectivement, à Kourémalé-Guinée et à Bamako, les 11 et 12 août 2016 et les 8 et 9 février 2022», a rappelé le directeur général des Douanes maliennes, dans son intervention. » «Nos deux administrations douanières, conformément à la volonté affichée de nos plus hautes autorités, ont été instruites de travailler ensemble pour faire de Conakry, port naturel du Mali, le corridor le plus rentable. Nous disposons, si heureusement, de tous les instruments de coopération pour traduire dans les faits cette volonté clairement affichée de nos autorités pour le bonheur de nos populations. L’ouverture de la représentation des Douanes du Mali à Conakry en est une illustration», a-t-il dit. L’inspecteur général Amadou Konaté a insisté sur la nécessité de créer, de part et d’autre, les conditions nécessaires au basculement du trafic au profit des ports de Guinée. Son homologue des Douanes de la Guinée a annoncé que les recommandations des rencontres bilatérales connaissent un niveau de mise en œuvre satisfaisant avec plus de 10 points satisfaits sur les 21. « C’est le lieu de réitérer notre ferme volonté à poursuivre les efforts conformément aux instructions des plus hautes autorités guinéennes », a-t-il dit. En marge de cette inauguration du bâtiment logé dans l’enceinte des EMAGUI, la délégation malienne a visité les installations portuaires, notamment les portiques, les scanners, le parc automobile et les centres d’interprétation des images de scan. Du grand navire où les conteneurs et les engins sont en cours de déchargement, aux scanners, entrepôts et aires de stationnement, en passant par les salles d’imagerie, le responsable des Douanes maliennes a tout visité. A tous les niveaux, les opératifs du port ont rassuré sur la fiabilité des mesures de sécurité prises pour rendre compétitif le port de Conakry qui est en cours d’extension à 100% de sa capacité actuelle. AC/MD (AMAP)