Mali : Baisse des prix sur les marchés de production (Office des marchés agricoles)
Bamako, 1er nov (AMAP) Les prix sur les marchés de production sont majoritairement dans une tendance à la baisse, sur la période du 20 au 26 octobre, annonce l’Office des marchés agricoles dans un communiqué. « Par contre, sur les marchés de consommation, les prix au détail restent globalement stables », ajoute le communiqué. Ainsi, sur les marchés de production, les prix collectés, au cours de la semaine du 20 au 26 octobre 2022, sont en baisse pour 54%, en hausse pour 8% et stables pour 38%. Pour ce qui concerne les marchés de consommation, les prix de cette semaine sont stables pour 69%, en baisse pour 26% et en hausse pour 5%. Selon la même source, les variations de prix observées sur les marchés durant la semaine du 20 au 26 octobre 2022 sont surtout des baisses. La tendance à la baisse des fluctuations de prix observées sur les marchés provient, essentiellement, de l’amélioration progressive de l’offre avec la vente des nouvelles récoltes, surtout de céréales sèches et de riz local. Avec la levée des sanctions des organisations intergouvernementales ouest-africaines, les échanges de produits agricoles entre le Mali et ses clients et les fournisseurs régionaux et internationaux continuent de s’améliorer. « Toutefois, ces échanges souffrent du renchérissement de leurs coûts, causé par la dépréciation de l’Euro face au dollar ». En ce dernier mois de la campagne de commercialisation 2021/2022, la demande céréalière reste supérieure à l’offre. « Cette situation provient des conséquences de plusieurs facteurs qui sont la faiblesse des stocks finaux de cette campagne de commercialisation, la timide poursuite des récoltes, la mise en marché économe des anciens stocks par les producteurs encore détenteurs. » D’autres facteurs tiennent à l’augmentation de la précarité en relation avec la Covid-19, la persistance de l’insécurité et des conflits inter et intra-communautaires en plusieurs endroits du Mali. Les mesures prises par le gouvernement pour améliorer la disponibilité céréalière sur les marchés, restent toujours la suspension, depuis le 6 décembre 2021, des exportations des mil, sorgho, maïs et riz local, l’autorisation des importations commerciales de riz à taxes réduites de moitié, jusqu’à hauteur de 300.000 tonnes et la détermination de l’État d’importer jusqu’à 180.000 tonnes de riz et d’acheter 20.000 tonnes de riz locaux. AC/MD (AMAP)
Journée mondiale des villes : Un Malien sur deux sera citadin en 2024 (Ministre)
Bamako, 1er nov (AMAP) «Compte tenu du rythme d’accroissement des villes maliennes en général (5,1%) et de la capitale, Bamako, en particulier (5,4%, l’un des plus élevés en Afrique), on estime qu’un Malien sur 2 habitera dans les villes en 2024 », a déclaré lundi, à Bamako, le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population, Bréhima Kaména. M. Kamena, qui a présidé l’ouverture des travaux de commémoration de la Journée mondiale des villes, a expliqué « tout ce que cela comporte en matière de développement urbain durable : emplois urbains, infrastructures, services urbains, protection de l’environnement. » « Malgré une relative faiblesse de l’urbanisation, a-t-il affirmé, les villes jouent un rôle moteur dans le développement économique à l’échelle nationale et régionale dans la mesure où, avec moins du 1/3 de la population nationale, elles produisent 50 % des richesses nationales ». « Elles pourraient, selon Bréhima Kaména, en produire davantage si les problèmes posés par leur développement sont maîtrisés. » Le Mali a commémoré cette journée, à travers une journée portes ouvertes dans les locaux de la direction nationale de l’urbanisme et de l’habitat, à Darsalam, dans la capitale, Bamako. Le thème international de la Journée, célébrée chaque année à la date du 31 octobre, est «Agir localement pour devenir global». La Journée mondiale des villes vise à promouvoir l’intérêt de la communauté internationale pour l’urbanisation mondiale durable, à faire avancer la coopération entre les pays et les villes pour saisir les opportunités, à relever les défis de l’urbanisation et contribuer au développement urbain durable dans le monde. Elle est, aussi, une occasion pour les pouvoirs publics et la société civile d’informer et de sensibiliser par l’organisation d’activités sur les enjeux majeurs comme les droits fondamentaux, le développement durable ou la santé. Au Mali, les activités commémoratives se sont étalées du 3 octobre au 31 octobre 2022, à travers plusieurs activités notamment la tenue de journées de concertation entre les acteurs du secteur du foncier, de l’habitat, de l’urbanisme. SERVICES DE BASE – Le ministre en charge de l’Urbanisme a rappelé que la Politique nationale de la ville (PONAV) a été initiée pour, notamment, « rendre les villes maliennes conviviales et harmonieuses, renforcer les économies locales pour améliorer les capacités d’autofinancement des villes et favoriser l’expression des diversités socioculturelles. Et d’indiquer que le principal outil de mis en œuvre de cette politique est le programme décennal de développement des villes. Parmi les perspectives, le ministre Kaména a cité la tenue prochaine de la 7ème édition du Salon de l’habitat de Bamako en 2023, la mise en œuvre de la troisième phase du Programme participatif de l’amélioration des bidonvilles (PPAB), la mise en œuvre du Projet de résilience urbaine de Bamako (PRUBA) ainsi que la poursuite de l’élaboration des profils urbains des villes du Mali. S’y ajoutent aussi la poursuite de la réalisation des programmes de logements sociaux, l’amélioration de la mobilité urbaine au niveau de nos grandes villes, la sécurisation et la conservation des espaces publics par leur aménagement et le rapprochement des services sociaux de base de nos populations. Pour sa part, le directeur de l’Observatoire national des villes (ONAV), Moussa Tamba Diakité, a énuméré quelques défis du domaine urbain. Il s’agit, entre autres, de l’accès à l’eau potable, à la santé, à la sécurité, la mobilité urbaine, l’étalement urbain et les constructions illicites. Par rapport à l’évolution de la population de la ville et en zone urbaine, il dira qu’en 1800, 5% de la population mondiale vivaient dans les villes, qui évolue aujourd’hui à 50%. Selon les estimations des Nations-unies, ces chiffres doivent aller de 65 à 70%. «La population nationale a augmenté ce qui fait que cette transformation démographique rapide est source de défis mais, aussi, d’opportunité et de chance à saisir », a dit M, Diakité. C’est pour cela qu’aujourd’hui, le ministère en charge de l’Urbanisme et de l’habitat, à travers l’ONAV, « est en train de développer un système beaucoup plus numérique, qu’on appelle les villes connectées, les villes intelligentes qui est aujourd’hui à la mode dans le monde urbain », a indiqué Moussa Tamba Diakité. Selon lui, ce système numérique permet de faciliter l’accès aux services urbain de base, de réduire les coûts et un moyen très efficace de contrôler et de diminuer drastiquement l’insécurité urbaine. MS/MD (AMAP)
Intrants agricoles et produits de première nécessité : Le gouvernement compte sur le secteur privé
Bamako, 28 oct (AMAP) Le gouvernement malien a mis en place, jeudi, un cadre de concertation de haut niveau, secteur privé-Etat afin de renforcer le rôle des opérateurs privés pour assurer un approvisionnement correct du pays en intrants agricoles et denrées de première nécessité, a appris l’AMAP. La décision a été prise lors de la première rencontre de ce cadre de concertation sur la question de l’approvisionnement correct et régulier du pays, tenue à la Primature, en présence des représentants du secteur privé et des départements ministériels concernés. Lors de cette rencontre entre le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, et les représentants du monde des affaires au Mali, le colonel Maïga a demandé à ses interlocuteurs de lui faire parvenir par écrit, au plus tard le 1er novembre 2022, leurs attentes, suggestions et recommandations pour une meilleure collaboration entre l’Etat et les opérateurs privés. L’objectif du cadre de concertation de haut niveau est de coordonner et suivre toutes les initiatives visant à faciliter l’approvisionnement correct et régulier du Mali en intrants agricoles et produits de première nécessité. Le Premier ministre par intérim a, en cette occasion, félicité et remercié le secteur privé pour son « inestimable contribution dans la mise en œuvre de l’action gouvernementale à un moment crucial de l’histoire de notre pays ». Il a rappelé les sanctions injustement imposées au Mali par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) durant plusieurs mois auxquelles le secteur privé a pu faire face malgré les difficultés d’accéder aux crédits et aux débouchés extérieurs. «Les temps sont durs. L’accès aux denrées de première nécessité comme l’approvisionnement en intrants agricoles sont devenus des sujets de préoccupation majeurs des maliens», a fait constater le chef du gouvernement par intérim. Il a regretté que certains « n’hésitent pas à rendre la transition responsable de cette situation ». Le Premier ministre par intérim a assuré que face à cette situation, le gouvernement ne saurait rester sans agir. Ainsi, une commission interministérielle a été créée pour lutter contre la hausse des prix, faciliter l’approvisionnement en produits de première nécessité et assurer l’approvisionnement des intrants agricoles. Cette commission a débuté ses travaux sous la présidence du Premier ministre avec le concours des ministres chargés de l’Economie et des Finances, du Commerce et de l’Industrie, du Développement rural, de l’Elevage et de la Pêche et ainsi que le ministre Commissaire en charge de la Sécurité alimentaire. Pour plus d’efficacité, la commission a choisi d’associer les secteurs privés à ses travaux. RELANCE – Cette rencontre a été l’occasion pour les acteurs du secteur privé d’exprimer les difficultés auxquelles ils font face. Selon, le vice-président délégué du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Sidi Dagnoko, il est temps de ramener l’économie au rang des priorités nationales. Dans cette perspective, M. Dangoko a souhaité la mise en place d’un comité mixe Etat-secteur privé basé sur la relance de l’économie. Et d’ajouter que le sujet est beaucoup plus global et va au-delà de la seule problématique de l’approvisionnement du Mali en intrants et denrées de première nécessité. « Notre pays a besoin d’investissements, de croissance économique, de confiance au niveau au secteur privé, de la relance de la création d’emplois pour favoriser le travail du secteur privé par rapport sa productivité. Au nom de l’interprofession bétail-viande, Mamadou Abdoulaye Diallo a évoqué le manque d’espaces pastoraux aménagés pour le bétail. Il a souhaité de ce fait, l’aménagement d’espaces pastoraux qui permettra une plus grande rentabilité du secteur de l’élevage. Concernant l’approvisionnement du pays en denrées de première nécessité, beaucoup de difficultés ont été évoquées. Le président du groupe Grand distributeur céréalier au Mali (GDCM) a invité les autorités à collaborer avec les commerçants pour assurer, en toute urgence, l’approvisionnement du Mali en denrées de première nécessité, notamment le riz et le sucre, en vue d’éviter une rupture. Quant à la représentante de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers, (APBEF), Mme Sidibé Aïssata Koné, elle a rappelé que les banques maliennes ont traversé des périodes très difficiles mais sont restées debout pour accompagner les commerçants dans l’importation des denrées de première nécessité et dans l’approvisionnement des intrants agricoles. À la fin des travaux, le Premier ministre par intérim s’est dit très heureux de recevoir les différentes contributions, réflexions et recommandations. Le colonel Abdoulaye Maïga a dit avoir pris note et réaffirmé le soutien du gouvernement à satisfaire les doléances du secteur privé dans la mesure des ressources disponibles. «Nous avons besoin de votre aide et de votre accompagnement pour trouver des réponses à certaines interrogations et pour atteindre les l’objectifs assignés par le président de la Transition», a conclu le Premier ministre par intérim. AMK/MD (AMAP)
Apiculture : Comment organiser la production du miel au Mali
Par N’Famoro KEITA Bamako, 27 oct (AMAP) Liquide compact de couleur marron à l’état raffiné, le miel est un produit alimentaire naturel, obtenu à partir du nectar. Le nectar est la matière première indispensable à sa fabrication. Le miel est récolté par les abeilles butineuses aux alentours de la ruche pour le remettre aux abeilles receveuses dans la ruche. Chimiquement, le nectar est composé d’eau et de saccharose. Ce sont ces deux éléments qui vont subir des transformations à travers un processus mystérieux pour donner du miel. Ce «miracle de la nature» est reconnu médicalement comme un régulateur de la glycémie pour les diabétiques. Il réduit le stress métabolique et favorise la récupération du sommeil. Il traite la constipation et améliore la fonction cérébrale. Le miel est employé dans le traitement des acnés et les dermatites (inflammations de la peau). Il panse les blessures, les brûlures, les ulcères et hydrate la peau. Compte tenu de ces multiples vertus thérapeutiques, le miel est une denrée de première consommation au Mali. Au-delà de cette réalité, le marché du miel est toujours informel et mal organisé. Son exploitation et sa commercialisation au Mali demeurent le parent pauvre des activités agricoles. Sur la question, Amadou Diarra, apiculteur à Djoulafoundo, un petit village de la Commune de Nouga dans le Cercle de Kangaba, témoigne. Ce cultivateur de céréales s’est reconverti dans l’exploitation et la vente de miel brut. Il dispose dans son entreprise locale d’une cinquantaine de ruches et récolte entre 40 et 50 litres de miel brut par an. Il revend sa récolte à 2.500 Fcfa le litre. Pour l’instant, il perd au change, en termes de pécules (les céréales lui apportaient un peu plus), mais garde espoir de prospérer un jour s’il arrive à bien organiser son entreprise. Il pense que c’est une activité qui peut bien nourrir son homme. La nécessité d’un accompagnement se fait de plus en plus pressante chez lui. Aujourd’hui, il a besoin de se renforcer en matériels de production pour intensifier sa productivité et d’avoir un marché organisé où, il peut tirer un meilleur profit. «Chaque apiculteur doit avoir sa petite unité de raffinage, ne serait-ce qu’artisanale, pour vendre du miel en l’état. ça apporte de la valeur ajoutée», estime-t-il. Malheureusement, ce rêve qu’il caresse est encore loin d’être une réalité à Djoulafondo. produit d’exportation – L’apiculture offre des opportunités, notamment en termes de créations d’emplois, mais aussi d’amélioration des revenus des ménages et de sécurité alimentaire. Elle représente, selon ceux qui officient dans la production de miel, une activité aux intérêts multiples, notamment économique, écologique, alimentaire et thérapeutique. C’est pourquoi, le gouvernement accorde beaucoup d’importance à cette filière émergente. Lors de la 9è session du Conseil supérieur de l’agriculture, tenue en mars 2019, une attention particulière a été accordée à la filière. Ainsi, il a été décidé de professionnaliser l’apiculture et de mieux l’organiser, afin de créer une plus-value pour conquérir le marché international. En d’autres termes, faire du miel, un des produits d’exportation du Mali. Malgré cette volonté politique affichée, le rêve est loin d’être une réalité pour l’apiculteur de Djoulafondo. Cependant, il garde espoir de le voir se concrétiser, un jour, avec les initiatives et les actions de l’Association pour le développement de l’apiculture moderne (ADAM). L’objectif de cette association, selon son président, Mamadou Ba Keïta dit Mamoutou, est de promouvoir la filière apicole au Mali à travers la formation, l’encadrement et l’équipements des professionnels. Pour asseoir cette dynamique, l’ADAM a installé une unité de raffinage et de transformation des produits dérivés du miel (savon, pommade, bougie, crème de cheveux et cirage). L’Association dispose d’un comptoir de vente de matériels et d’équipements apicoles pour la modernisation de l’activité dans le but d’obtenir une importante production. Quelques difficultés liées l’emploi abusif des pesticides et herbicides dans les champs qui sont des réservoirs de nectar pour les abeilles. Cette situation affecte considérablement les productions, souligne le président de l‘ADAM. Les pouvoirs publics semblent avoir pris bonne note de cette situation. Car, l’une des recommandations de la 9è session du Conseil supérieur de l’agriculture (CSA) est l’inscription de la filière apiculture dans les priorités de valorisation des produits agricoles à valeur ajoutée. Un vaste programme de modernisation des infrastructures et d’équipements sera mis en œuvre. Ceci permettra d’introduire de nouvelles technologies avec l’installation de ruches améliorées, d’enfumoirs et de presses-miel, etc… De grandes zones à forts potentiels de production avec une flore abondante et diversifiée seront créées pour permettre aux abeilles de s’approvisionner en nectar et pollen et de produire un miel de qualité. NK (AMAP)
Entretien routier : Les contrats des entreprises défaillantes seront résiliés
Bamako, 28 oct (AMAP) Les autorités maliennes ont décidé que les services techniques vont entreprendre la résiliation des contrats des entreprises dont les défaillances sur les chantiers d’entretien routier ont été dûment constatées, a appris l’AMAP. Le ministère des Transports et des Infrastructures a lancé, en 2022, deux programmes d’entretien routier, à savoir le Programme spécial 2021 des travaux d’entretien routier dans les Régions de Kayes (Ouest), Koulikoro (près de Bamako), Sikasso (Sud), Mopti (Centre) et le District de Bamako (la capitale) pour un montant de 15 milliards de Fcfa, et le Programme des travaux d’entretien des routes d’intérêt national dont le financement s’élève à 20 milliards de Fcfa. Ces travaux consistent à prévenir ou réduire les risques d’inondations dans ces villes et atténuer la souffrance des usagers de la route. Plusieurs mois après l’attribution des marchés et malgré la disponibilité des ressources, l’exécution des deux programmes n’est pas satisfaisante. Aujourd’hui, le constat est alarmant sur certains axes du District de Bamako, avec des routes dégradées et des voies fermées à la circulation. Les usagers subissent des restrictions de circulation parce que les travaux n’avancent plus. À ce jour, l’état d’avancement des travaux est estimé à seulement 10%, pour un délai consommé de 90% pour certaines entreprises engagées sur le Programme spécial. Pourtant, les ordres de démarrage des travaux ont été émis dès le mois de juin 2022. Quant au Programme d’entretien des routes d’intérêt national, il ressort du document d’information qu’au niveau des régions, les remises de site ont débuté fin juillet 2022. Et à la date du 30 septembre 2022, aucune mobilisation d’entreprises n’a été constatée sur le terrain alors que le délai consommé est estimé à 60%. SOUFFRANCE DES POPULATIONS – « C’est dans ce contexte que le département des Transports et des Infrastructures a fait une communication verbale sur la question en Conseil des ministres, le 12 octobre dernier », indique le directeur général des routes, Mamadou Samaké. «C’est compte tenu de l’urgence de terminer ces travaux et d’abréger la souffrance des populations que les services techniques du ministère des Transports et des Infrastructures ont été engagés à appliquer les dispositions coercitives prévues par le Code des marchés publics et des délégations de service public », a-t-il poursuivi. « Les services techniques vont entreprendre notamment la résiliation des contrats des entreprises dont les défaillances sur les chantiers ont été dûment établies par constat d’huissier», explique M. Samaké. Selon notre interlocuteur, les dispositions seront prises pour confier d’urgence l’exécution des travaux à d’autres entreprises qui ont montré leurs capacités, conformément aux procédures fixées par le Code des marchés publics et des délégations de service public. En réaction au tollé autour de la communication verbale du département des Infrastructures, le directeur général ajoute : «l’administration n’a fait que rappeler les dispositions coercitives prévues par le Code des marchés publics et de délégations de service public, contre tout prestataire défaillant, en vue de préserver l’intérêt public». FIN DE LA RECRÉATION – Mamadou Samaké assure que les entreprises chargées d’exécuter les travaux ont été interpellées en réunions de chantier, en réunions techniques, par des lettres de mise en demeure, pour résorber le retard accusé au fur et à mesure que les délais s’écoulaient. Malheureusement, ces interpellations n’ont pas été suivies d’effet. «Des demandes de mise en demeure ont été adressées à certaines entreprises dont les défaillances ont été dûment établies par constat d’huissier. Les bureaux d’ingénieurs recrutés par l’AGEROUTE pour assurer le contrôle et la surveillance des travaux d’entretien routier n’ont pas comblé les attentes», précise Mamadou Samaké. Selon lui, il y a eu des manquements au niveau des bureaux de contrôle. Ces infractions sont, entre autres, le faible niveau et le manque d’expérience du personnel mobilisé sur les chantiers, le laxisme dans l’accomplissement de la mission et l’incapacité à affirmer l’autorité sur les entreprises. «Les vieilles habitudes ont la vie dure, la vraie raison du tapage des entreprises sanctionnées, c’est le fait que les autorités aient sifflé la fin de la récréation, du laisser-aller et du laxisme», martèle le directeur général des routes. Selon Mamadou Samaké, par la faute de certaines entreprises et conformément aux principes de la programmation budgétaire, des milliards mis à disposition devront être retournés au Trésor public par le ministère des Transports et des Infrastructures, alors que le besoin d’entretien routier est réel. «Les entreprises n’ont pas été à la hauteur, un point c’est tout», tranche le directeur général des routes. « Si tel est le cas et conformément aux cahiers de charge, le gouvernement pourrait poursuivre en justice les entreprises défaillantes pour réclamer des dommages et intérêts pour les préjudices subis », rappelle-t-il. BBC/MD (AMAP)
Intrants agricoles : Le ministre du Développement rural apporte des précisions sur la gestion de la subvention
Par Moriba COULIBALY Bamako, 25 oct (AMAP) Le ministre du Développement rural, Modibo Kéita, a accordé, lundi, un entretien exclusif à L’Essor dans lequel il a apporté des éclairages sur la gestion de l’approvisionnement des producteurs en fertilisants au titre de la campagne agricole en cours. « Le gouvernement a décidé lors du dernier Conseil supérieur de l’agriculture, présidé par le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, d’apporter une subvention de 17 milliards de Fcfa à la production agricole », a dit le ministre Modibo Kéita. « 60% de ce montant sont destinés à l’achat d’engrais organiques (soit un peu plus de 10 milliards de Fcfa) et les 40% restants aux engrais chimiques notamment le DAP, l’urée et le NPK (soit une enveloppe de plus de 6 milliards de Fcfa) », a-t-il précisé. « La subvention supporte, en réalité, les 15% des besoins d’approvisionnement en engrais et les producteurs doivent supporter les 85% restants », a fait remarquer le ministre. Depuis plus d’une dizaine d’années (plus précisément, la campagne agricole 2008-2009) le gouvernement à travers le département du Développement rural apporte une subvention financière à la production agricole en vue de booster la productivité agricole. Pour la présente campagne agricole, qui ne fait pas exception à la règle, les cultures vivrières comme le riz, le maïs, le mil, le sorgho et le blé sont concernés et le coton pour les zones cotonnières. La clé de répartition de cette subvention a été décidée en fonction de la conjoncture internationale marquée par la guerre en Ukraine. Or, il se trouve que l’Ukraine, avec la Russie, sont les plus grands pays producteurs d’engrais minéraux. La pandémie de la Covid-19 a aussi perturbé d’une part les productions et les transactions d’engrais et, d’autre part le transport maritime par lequel les pays acheteurs s’approvisionnent. Tous ces facteurs exogènes ont amené le gouvernement à privilégier la démarche qui consiste à apporter une grande part de la subvention aux engrais organiques qui sont disponibles sur place et génèrent de l’emploi local et des ressources pour les industries locales productrices. « La part de l’engrais organique dans l’amélioration de la fertilisation des sols a aussi été démontrée par les spécialistes », a assuré le ministre Keita. PRIX REPÈRES – Si l’approvisionnement des zones cotonnières est géré par les structures habilitées à savoir la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) et l’Office de la haute vallée du Niger (OHVN), celui des zones hors coton est géré et surveillé de près par la direction nationale de l’agriculture, sous la conduite du département du Développement rural. Expliquant la démarche qui a été mise en place pour assurer un approvisionnement adéquat des producteurs en engrais subventionnés pour les zones hors coton, le ministre du Développement rural, a rappelé que le gouvernement a arrêté le prix subventionné de l’engrais chimique à 12.500 Fcfa le sac de 50 kg et celui de l’engrais organique à 2500 Fcfa le sac de 50 kg. En dehors de ces prix subventionnés, le département a jugé utile de convenir avec les fournisseurs de prix repères, soit 33.750 Fcfa pour le sac de 50 kg d’urée, 42.375 Fcfa pour le sac de 50 kg de DAP, 32 500 Fcfa pour le sac de 50 kg de NPK et 5 500 Fcfa le sac de 50 kg pour les engrais organiques. Il y a une majoration de 1 000 Fcfa pour le transport des engrais aux points de distribution. Ces prix repères ont été déterminés et fixés par le ministère de l’Economie et des Finances. Les fournisseurs historiques ont proposé 55 000 Fcfa comme prix repères et ont ensuite posé des conditions qui se sont avérées difficiles à accepter par le département. Ils ont posé comme conditions le paiement intégral des arriérés que l’État leur doit, l’accompagnement de l’État pour obtenir des garanties bancaires et l’achat au comptant des engrais. Ils ont campé sur leur position en dépit de multiples rencontres avec le département. « Pour éviter le blocage, a souligné le ministre Kéita, le département a démarché d’autres partenaires qui ont accepté les prix repères arrêtés et n’ont pas posé de conditionnalités pour satisfaire les commandes ». Le ministre Modibo Kéita a rappelé, ensuite, que l’État accorde la subvention au producteur qui achète l’engrais au prix convenu et le reliquat est remboursé au fournisseur qui doit se présenter aux structures du ministère de l’Économie et des Finances avec la caution mentionnant les quantités livrées aux paysans. Le département en charge du Développement rural doit veiller à la moralité de la procédure d’acquisition des engrais subventionnés par les paysans. L’État n’est pas fournisseur d’engrais. Il veille juste à ce que la procédure mise en place au bénéfice des paysans soit respectée dans les règles de l’art. « Le département du Développement rural n’est nullement impliqué dans la gestion financière des engrais subventionnés », a précisé Modibo Kéita. Le suivi est aussi assuré, à la base, à travers une commission de réception et de distribution des engrais subventionnés qui est présidée par le représentant de la chambre d’agriculture et, avec comme membres, les présidents des interprofessions riz et maïs et l’agent d’encadrement des directions régionales et locales de l’agriculture. Selon le ministre du Développement rural, les services techniques de son département ont assuré le suivi régulier de l’approvisionnement des producteurs en engrais à travers le travail de la commission. Modibo Kéita a assuré avoir « veillé à ce que les producteurs ne soient pas grugés par les fournisseurs ». MC/MD (AMAP)
Gares routières de Bamako : Profession « coxeurs »
Par Amadou SOW Bamako, 24 oct (AMAP) «Sikasso, Kadiolo, Ségou Markala, Mopti, Douentza», hurlent de jeunes garçons devant le portail de la gare routière de Sogoniko, a Bamako, la capitale malienne. Ils invitent les éventuels voyageurs à rejoindre les cars des différentes compagnies de transport qui desservent ces localités. Ce sont des intermédiaires, appelés dans un langage argotique les «coxeurs». Ces démarcheurs ont pignon sur rue et font la loi dans plusieurs secteurs d’activités. On les retrouve dans les locations et ventes de maisons, de terrains à usage d’habitation, de véhicules, mais aussi d’articles divers. Le spécialiste en sociologie de la jeunesse et directeur des études de l’Institut national de la jeunesse, Dr Youssouf Karembé, explique que le phénomène existe depuis des lustres. Selon lui, les « coxeurs » se définissent comme des facilitateurs. Certaines personnes estiment que c’est une catégorie de jeunes sans formation et généralement analphabètes qui, en quête de leur pitance, interviennent dans les ventes et dans les activités de marketing pour intéresser la clientèle. Les intermédiaires sont aujourd’hui lésion. Cette situation s’explique par le manque d’opportunités d’emplois pour les jeunes sans qualification professionnelle. En plus, ils officient dans le secteur informel avec une prédominance du sexe masculin. Des femmes aussi jouent le même rôle dans le transport de sable ou de graviers vers les grands chantiers de construction. Pour Dr Karembé, le fait que ces facilitateurs évoluent dans le secteur informel rend quasi impossible la collecte de statistiques fiables. Il souligne, aussi, la mauvaise réputation « à tort ou juste raison » de ceux qui évoluent dans ce segment d’activité. Certains d’entre eux développent une addiction aux stupéfiants dangereux pour la santé humaine et finissent par avoir « des comportements indignes dans l’exercice de cette profession informelle ». Aujourd’hui, de nombreuses personnes, y compris des spécialistes des questions de jeunesse et d’autres acteurs intervenant dans l’éducation des jeunes, s’accordent sur « la nécessité d’une organisation de ce métier, au moins l’encadrer pour permettre à certains d’exprimer leur talent de fin négociateur. » Notre équipe de reportage a sillonné quelques gares routières de Bamako à la rencontre de coxeurs. Sur notre insistance sous une pluie fine, Moussa Coulibaly, intermédiaire dans une gare routière de la capitale accepte de parler de son travail. «Je pratique ce métier depuis 7 ans. Avant, j’étais jardinier dans le champ d’un haut fonctionnaire sur la route de Kangaba. Après y avoir passé quelques temps, je me suis reconverti coxeur», explique le garçon qui semble sous l’effet d’un psychotrope. Et de poursuivre : «Nous sommes parfois chassés par la police lors des patrouilles. » TAUX FORFAITAIRE – Il explique être à la cherche de la somme nécessaire à l’établissement de son permis de conduire. Selon lui, une fois qu’il obtiendra le permis de conduire, il abandonnera ce travail informel. Son coéquipier Oumar Konaré soutient que c’est une période de vaches maigres pour eux. La crise multiforme que vit le Mali est passée par là. Il explique que de nombreux « coxeurs » cherchent aussi à se caser comme vigiles, notamment devant les maquis. Par contre, le gestionnaire d’une grande compagnie de transport, sous anonymat, explique clairement que la collaboration avec ces jeunes ne lui a jamais traversé l’esprit. Mamadi Sidibé, chauffeur de bus, reconnaît que ces intermédiaires travaillent avec d’autres transporteurs. Ils ont un taux forfaitaire en fonction de la destination. Par exemple sur 30.000 Fcfa, le « coxeur » gagne entre 1.000 et 2000 Fcfa par personne. Par contre Bengaly Kondé soutient que le transport ne peut s’épanouir sans les jeunes « coxeurs ». Cet ancien chauffeur reconverti « coxeur », en raison d’une santé fragile, officie à la gare de Djicoroni Para. Il estime que les intermédiaires sont indispensables dans les gares même si des responsables de certaines compagnies pensent le contraire. En effet, le chef de gare routière de Sogoniko, Siaka Sangaré, représentant le Syndicat national des transporteurs routiers urbain interurbain du Mali (SYNTRUI-Mali) déplore les conditions de travail de ces jeunes facilitateurs et la manière dont ils guident les voyageurs. Il en existe de toutes les nationalités. «C’est regrettable de les voir mentir aux voyageurs», souligne le syndicaliste. « Nous avons tenté d’assainir le milieu en mettant en place une structuration, soutenue à l’époque par un projet américain en collaboration avec d’autres partenaires nationaux. Un numéro d’identification et une tenue avaient été donnés à chaque « coxeur ». Au-delà, on avait aussi organisé deux séances de formation à l’attention de 50 jeunes. Malheureusement, ce projet a été anéanti par les turbulences enregistrées dans notre pays. », dit Sangaré. Oumar Kamaté, dit «Bob» est un jeune intermédiaire qui pratique cette activité depuis bientôt 10 ans à la même gare. «Etre intermédiaire est une question de choix. C’est un travail comme tout autre qui s’exerce dans l’informel, mais qui nous permet de vivre des revenus de nos efforts», d-it-il. Et de rappeler que la recette journalière d’un « coxeur » oscille entre 5 000 et 12 500 Fcfa. Aïssata Soumounou, accompagnée de ses deux enfants, est en partance pour Kadiolo. Elle juge ces intermédiaires utiles. «Ils nous aident à prendre nos bagages gratuitement», dit la trentenaire. Les points de vue sur l’utilité des « coxeurs » continue. Les avis sont nettement tranchés sur ces « coxeurs ». Eux, continuent de faire régner la loi dans les gares routières. AS/MD (AMAP)
Mali/Agriculture : Des nuisibles dans les champs inquiètent les producteurs
Par Makan SISSOKO Bamako, 20 oct (AMAP) La campagne agricole est prometteuse dans plusieurs zones de productions agricoles du Mali. Le maïs, le riz sont arrivés à maturité. Le mil et le sorgho sont en épiaison, le coton est en fructification. Cependant, des paysans craignent les conséquences des invasions de nuisibles, ennemis des cultures. Issa Koné est cultivateur de coton dans le secteur de Garalo, Région de Bougouni (Sud). En plus du coton, il cultive du gombo, de l’arachide et du maïs. Depuis juin dernier, des nuisibles envahissent ses champs. «L’évolution des cultures était bonne et normale. L’apparition précoce des nuisibles a changé la tendance», regrette le paysan, contacté au téléphone. Deux des sept hectares qu’il possède ont été infestés par les ravageurs. Ils mangent les feuilles des plantes jusqu’à la sève, entraînant l’arrêt de leur croissance. «Tous les trois jours, je traite mon champ, mais les nuisibles résistent aux produits. J’ai investi plus de 250 000 Fcfa dans l’achat de pesticides. Depuis la campagne agricole de 2007, les attaques de nuisibles n’ont pas été aussi précoces et féroces», se rappelle M. Koné. Son collègue Yaya Ballo est cotonculture dans la zone de Konséguela, Région de Koutiala (Sud). Il déplore l’inefficacité des solutions apportées jusqu’ici. «Nous avons appelé les agents de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) qui, après des passages, peinent à nous trouver des solutions. Ils soutiennent que ces infestations sont causées par des nuisibles », dit Ballo. « Nous connaissons ces insectes qui apparaissent chaque année. Nous pensons que cette maladie est simplement liée à la pluviométrie», soutient le paysan dont les 34 hectares de coton sont affectés. Il implore les techniciens agricoles de trouver des solutions à ce fléau et sollicite le soutien des autorités du Mali. L’Office de protection des végétaux (OPV) est spécialisé en la matière. « Des nuisibles ont fait récemment irruption dans certaines zones de production de coton et d’autres cultures vivrières notamment, le gombo, le da, le riz, le maïs, etc. dans plusieurs bassins de productions », confirme le chef de division surveillance alerte et intervention à l’OPV, Adama Mallé. « Les céréales ne sont pas touchées pour le moment », rassure le technicien. Les spécialistes en protection des végétaux de l’OPV aident les producteurs à lutter contre ces ravageurs qui impactent fortement le rendement. SPECIFICITÉ – Au Mali, il existe plusieurs types de ravageurs des cultures : les criquets sont fréquents dans la bande sahélienne, les chenilles sur les cultures dont les tomates les concombres et les melons. Sans oublier les mouches de fruits, les coléoptères, les acariens blanches, termites et les maladies végétales. Il existe des nuisibles et maladies spécifiques à chaque zone de culture. À l’Office du Niger (ON) par exemple, « il y a eu des problèmes de rongeurs sur les cultures. Les rats, les souris et les oiseaux granivores font des dégâts sur le mil, le riz, le sorgho et les cultures maraîchères », explique le spécialiste. « La situation des nuisibles, poursuit le chef de division surveillance alerte et intervention à l’OPV, est moins préoccupante cette année malgré quelques menaces ». «De façon générale, nous disons que la situation des nuisibles est relativement calme. Nous n’avons pas enregistré de cas d’infestations majeurs», rassure-t-il. Adama Mallé précise qu’il a été constaté, au niveau des champs de coton, l’arrivée précoce d’un ravageur sur le cotonnier : Jassides, piqueurs suceurs. Ce ravageur a affecté beaucoup de zones de production de coton et d’autres cultures maraîchères. Selon lui, ce ravageur qui existe sur place n’est pas nouveau. « Sa forte pullulation a surpris beaucoup de producteurs et même l’encadrement », ajoute-t-il, soulignant que des cas d’infestations ont été signalés sur des cotonniers à Kadiolo et dans plusieurs localités du Mali. JASSIDES – Concernant ce ravageur, le technicien révèle qu’il s’agit des Jassides appelés Jacobiella facialis. «Avec les responsables de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), nous avons mené une mission d’inspection dans les filiales de Kadiolo, Bougouni et de Sikasso. Dans ces zones-là, nous avons vu le ravageur sur le cotonnier et il a fait aussi des dégâts. Nous sommes en train d’analyser les facteurs qui ont entrainé cela», explique M. Mallé. En attendant, le chef de division surveillance alerte et intervention à l’OPV encourage les producteurs de continuer à intensifier le traitement des champs pour pouvoir venir à bout du destructeur. La nature du ravageur étant connu, il demande aux paysans de ne pas céder à la paniquer. « À l’instar des piqueurs suceurs (pucerons, jassides, acariens, etc.), d’autres ravageurs notamment, la chenille légionnaire d’automne se signalent », indique Adama Mallé. Introduite en Afrique en 2016, à partir du Nigeria, cette chenille originaire des États Unis d’Amérique apparaît au Mali en 2017, en s’attaquant au maïs de contre saison. Comparé aux années précédentes, certes, elle a été moins vorace sur le maïs cette année. «Mais, elle existe toujours. Nous sommes en train de la gérer de façon efficace et efficiente», explique Adama Mallé. Selon lui, la situation est relativement calme dans l’ensemble. Le technicien ajoute que la campagne agricole est même prometteuse dans plusieurs zones de productions agricoles du pays, grâce à la bonne pluviométrie enregistrée. Pour prévenir l’expansion des ravageurs, le chef de division surveillance alerte et intervention à l’OPV invite les producteurs à mettre l’accent sur le traitement des champs. Il leur demande de signaler rapidement à son service toute présence de nuisibles. «Nous disposons d’un stock important de bio pesticides, depuis 2019. Les producteurs ne viennent pas souvent s’en approprier. Ces produits sont subventionnés par l’État et donnés gratuitement aux paysans pour le traitement de leur champ en cas d’infestations», explique Adama Mallé. En attendant, le paysan Issa Koné, lui, redoute une chute de son rendement. Et se demande comment il va faire pour rembourser les prêts qu’il a contractés chez les fournisseurs publics et privés. MS/MD (AMP)
Gestion des intrants agricoles : Concertation gouvernement-fournisseurs pour aplanir les problèmes
Bamako, 20 oct (AMAP) Le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, a rencontré, mercredi, le Collectif des fournisseurs d’intrants agricoles pour des discussions sur les problèmes relevés dans l’approvisionnement du Mali en fertilisants chimiques cette année, a constaté l’AMAP. Au cours des échanges, le chef du gouvernement par intérim et ses interlocuteurs ont largement évoqué ces difficultés dans la satisfaction des besoins des producteurs en intrants agricoles lors de la présente campagne. La principale difficulté est le volume des intrants agricoles subventionnés par l’État estimée à seulement 15% cette année. Ce quota est largement insuffisant pour satisfaire les besoins des paysans, notamment les producteurs de coton. Ces derniers comptent beaucoup sur les engrais subventionnés pour booster leur rendement afin de permettre au Mali de maintenir son statut de grand producteur cotonnier en Afrique. Les gros fournisseurs connus de la place étaient presque tous présents dans la salle : Seydou Nantoumé de Toguna agro-industrie, Dadié Bah de la Société Gnoumani SA, Ibrahima Doucouré de Doucouré partenaires agro-industries (DPA) et Youssouf Coulibaly qui est, d’ailleurs, le président du Collectif. DES OPERATEURS INEXPERIMENTES – À l’issue de la rencontre, le Collectif des fournisseurs des intrants agricoles, par la voix de son président, a déclaré que les échanges avec le Premier ministre par intérim avaient pour but d’apporter des pistes de solutions pour un meilleur approvisionnement du Mali en intrants agricoles. Youssouf Coulibaly est revenu sur les difficultés rencontrées cette année, tout en déplorant le fait que les marchés d’approvisionnement du Mali en intrants agricoles soient attribués à des personnes n’ayant aucune expérience dans le domaine. À ce propos, M. Coulibaly a dit que le Collectif ne s’oppose pas à la libéralisation du secteur mais qu’il faudra alors confier les commandes aux opérateurs qui sont capables d’honorer leurs engagements. Par ailleurs, le président du Collectif a évoqué la lenteur dans la prise de décisions concernant, notamment l’ouverture des appels d’offres pour permettre aux fournisseurs de s’exécuter à temps. Le Collectif des fournisseurs a assuré de son « engagement à approvisionner le Mali en intrants agricoles au profit des paysans comme il a l’habitude de le faire par le passé. » En outre, le Collectif s’est réjoui de la mise en place d’une Commission sur la vie chère par le Premier ministre par intérim. « Cette commission, a indiqué Youssouf Coulibaly, travaillera à résoudre la problématique liée à l’approvisionnement de notre pays en intrants agricoles. » La gestion des intrants agricoles, notamment les engrais chimiques subventionnés par l’État, a été très décriée pendant de la campagne agricole en au cours. Le ministre en charge du Développement rural a donné des explications sur cette gestion mais l’opinion publique n’est pas satisfaite des argumentaires avancés. Le Front populaire contre la vie (FPCVC) était monté au créneau pour réclamer des comptes. Dans un communiqué largement diffusé par la presse, le FPCVC a exigé des autorités, l’ouverture d’une enquête sur ce qu’il appelle «l’affaire des intrants de la campagne agricole 2021-2022». C’est dans ce contexte un peu délétère que le Premier ministre par intérim a rencontré hier au ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Collectif des fournisseurs d’intrants agricoles. La rencontre s’est déroulée en présence du ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, et du ministre délégué auprès du ministre du Développement rural chargé de l’Élevage et de la Pêche, Youba Bah. OD/MD (AMAP)
Légumes : Valse des prix à Bamako
Par Fatoumata M. SIDIBE Bamako, 19 oct (AMAP) Assise sur une chaise, Kia Diarra appelant les clients du geste et de la voix. La vendeuse de tomate installée sur le bitume, à l’entrée du marché Wonida, propose des grands et petits paniers de tomates. Elle explique se frotter les mains depuis quelques jours. Or, les prix ont baissé sur le marché. Pour le marché de tomates, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes pour les marchandes de t. «Les prix ont diminué en cette période. Il y a 15 jours, le grand panier était cédé à 20 000 Fcfa, aujourd’hui, on peut l’avoir à 15 000 Fcfa. Par contre, le prix du petit panier de tomates varie de 500 Fcfa à 1 000 Fcfa», souligne-t-elle. Et de préciser qu’à l’approche de la saison froide, la tomate sera encore plus abondante sur le marché et coûtera encore moins cher. Non loin de la vendeuse de tomates, se trouve Maïmouna Fofana. Autour d’elle, on aperçoit les céleris et les persils étalés par terre. Pour elle, le marché des légumes est maintenant acceptable. Les feuilles sont de bonnes qualités et peuvent faire 2 à 3 jours sans se faner. Elle dit acheter les tas de feuilles de céleris à 25 F au champ pour les vendre entre 100 et 250 Fcfa. Assétou Sow est de passage pour emprunter un véhicule de transport en commun. «Quand j’ai vu le tas de céleri, j’ai décidé d’en acheter pour le conserver dans mon frigo. Je trouve le marché Wonida moins cher que les marchés du quartier», explique Assétou Sow, qui vient d’en acquérir pour 1 000 Fcfa. A l’intérieur du marché, Assétou Niaré, est assise sur un tabouret, Elle arrose les poivrons et les aubergines avec de l’eau. Elle souligne que les prix des poivrons et des aubergines n’ont pas baissé pour le moment, mais qu’avec le changement de saison, les prix chuteront. Selon elle, le sac de poivrons, qui était cédé à 9 000 F cfa est vendu à 11 000 Fcfa aujourd’hui. «Ici, le tas est cédé entre 250 Fcfa et 500 Fcfa. Quant aux aubergines, les tas sont vendus à partir de 250 Fcfa», fait-elle noter. Quant à Mme Dramé Maman Touré, elle vend de la carotte, des choux et de l’ail. Tout en arrangeant ses marchandises, elle précise que le sac de carottes coûte un peu cher, même s’il a connu une baisse ces derniers temps. Le sac de carotte est obtenu à 35 000 Fcfa aujourd’hui contre 28 000 Fcfa précédemment. Le carton de l’ail est obtenu à 10 000 Fcfa au lieu de 11 000 Fcfa. Le sac de chou à 25 000 Fcfa contre 15 000 F cfa auparavant et le détail oscille entre 500 et1 000F cfa. Entouré de sacs d’oignon rouge et blanc et de pommes de terres dans des paniers et des sacs de 100 kg, Mamadou Traoré rappelle qu’il évolue dans ce domaine depuis dix ans. Il dit que ses oignons viennent du Maroc. Le sac coûte 12 250F cfa. Il fait noter qu’en cette période, les oignons du Mali se font rares et plus chers. Le kg d’oignon est vendu, de nos jours, à 550 Fcfa contre 700 Fcfa, il y a un mois. Djènèba Diarra est venue se ravitailler en oignon. Elle relève que l’oignon et la pomme de terre ne sont pas accessibles à toutes les bourses. Selon elle, il y a des périodes où on achète le kg de l’oignon à 250 ou 300 Fcfa et la pomme de terre ne dépasse pas 400 Fcfa le kg. Elle espère que les prix vont bientôt baisser. La ménagère se réjouit du fait que le gombo est moins cher, car il est passé de 10 000F à 7 500F cfa le sac. Selon elle, le petit seau varie de 750 à 1 000 Fcfa. Le piment est aussi très abondant sur le marché en ce moment. FMS/MD (AMAP)

