Zone UEMOA : Le taux directeur de la BCEAO passe de 2,25% à 2,50% (Communiqué)

Bamako, 16 sept (AMAP) Le taux directeur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), augmente de de 0,25%, passant de 2,25% à 2,50%, à compter de ce vendredi, 16 septembre 2022, a décidé son Comité de politique monétaire (CPM) Selon un communiqué rendu public, mercredi, par le président de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, cette augmentation s’inscrit dans le cadre des efforts pour contenir l’impact de la fièvre actuelle des prix des produits sur, notamment, les ménages et les entreprises, agents économiques déjà affectés par les effets pervers de la Covid-19. La hausse attendue du taux sur la base duquel la BCEAO prête de l’argent aux banques commerciales et qui oblige celles-ci à vendre l’argent plus cher à leur clientèle pourrait, ne peut être suffisante, au regard du niveau actuel de l’inflation établie à 8,1% ,au mois de juillet dernier. Lorsque la BCEAO augmente son taux directeur, les banques commerciales répercutent à la clientèle (ménages et entreprises) pour préserver leur marge, en augmentant le prix de vente de l’argent (prêts notamment). Ces derniers, par effet d’entraînement, se voient obligés de réduire leur consommation pour préserver leur porte-monnaie. La demande en produits baisse. Et, conformément, à la loi du marché, les prix se stabilisent ou baissent lorsque l’offre des produits est égale ou supérieure à la demande. Statutairement, la mission principale de la BCEAO est de lutter contre l’inflation. Cette décision fait suite à la première hausse des taux intervenue en juin. Elle vise à ramener, progressivement, le taux d’inflation (hausse des prix) dans l’intervalle cible de la Banque centrale (1% à 3%) sur le moyen terme, confirme le communiqué. La hausse des prix est consécutive, essentiellement, à la baisse de la production vivrière durant la campagne agricole 2021-2022, aux difficultés d’approvisionnement de plusieurs marchés du fait de l’insécurité dans certaines zones, à l’augmentation des cours des produits énergétiques et des produits alimentaires importés. Ainsi, les prix ont progressé de 7,0% au deuxième trimestre 2022, après 6,4% au premier trimestre 2022. En juillet 2022, le taux d’inflation a atteint 8,1%. Les prix  devraient baisser à partir du dernier trimestre, «avec l’arrivée des premières récoltes de la campagne vivrière 2022-2023 qui s’annoncent meilleures que la précédente», prédit la BCEAO. TAUX SOUS-ESTIMÉ – Ce relèvement du taux directeur de la BCEAO était devenu inévitable, une nouvelle fois. Et ce pour, au moins, deux raisons principales, tranchent des économistes. La première a trait au taux d’inflation dans la zone Union monétaire ouest-africaine (UMOA) qui est en moyenne de 8%. Au regard des réalités observées sur les marchés, beaucoup d’analystes estiment que ce taux est largement sous-estimé. En cause, « la fiabilité des données collectées et la complétude des indicateurs de mesure», soutiennent-il. La seconde raison est que la Banque centrale européenne (BCE), qui gère la monnaie ancre des francs CFA (XOF et XAF), a relevé de 0,75 ses taux directeurs et, ce à partir du 14 septembre 2022. C’est la plus forte hausse dans l’histoire de l’institution en deux décennies d’existence. La mesure paraît tout de même insuffisante pour contrer les pressions inflationnistes observées dans tous les pays de la zone Union monétaire ouest-africaine (UMOA), selon des analystes. Ceux-ci invitent à s’attendre à un nouveau tour de vis pour décembre 2022. Option que l’institution communautaire semble déjà intégrée. «Au cours des mois à venir, le Comité de politique monétaire de la BCEAO prendra, si nécessaire, les mesures idoines pour assurer la stabilité monétaire», annonce-t-elle dans son communiqué. CMT/MD (AMAP)  

Le barrage de Gouina et le projet de façade maritime pour le Mali au menu d’une audience à Koulouba

Bamako, 15 sept (AMAP) Le président en exercice du Conseil des ministres de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) et ministre sénégalais de l’Eau et l’Assainissement, Serigne Mbaye Thiam, a déclaré, mercredi à Bamako, avoir abordé, avec le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, des sujets d’importance pour le Mali. A sa sortie d’audience au palais de Koulouba, où il était venu faire le point des activités réalisées par l’OMVS au président Goïta, président en exercice de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation, M. THiam a indiqué que les premiers kilowatts d’électricité du barrage de Gouina ont été injectés, le 21 mars dernier, dans le réseau au bénéfice des populations malienne, mauritanienne et sénégalaise. Quant au projet de navigation du fleuve Sénégal, « il permettra au Mali d’avoir un accès à une façade maritime, a ajouté Serigne Mbaye Thiam qui a fait remarquer que « l’une des réalisations majeures de cette année a été la mise en production du barrage hydroélectrique de Gouina ». Le barrage de Gouina est situé dans l’arrondissement de Diamou, à 45 km de Kayes, dans l’Ouest du Mali. La capacité de cet ouvrage est de 140 mégawatts (MW). Le projet, dont le coût global est estimé à 201 milliards de Fcfa, est financé à hauteur de 85% par un prêt de la China Eximbank. Les travaux sont executés par le groupe chinois Sinohydro. Le barrage de Gouina est le quatrième ouvrage majeur de l’OMVS après le barrage hydro-électrique Manantali, au Mali, qui produit 200 MW, du barrage anti-sel de Diama, au Sénégal, et de la centrale hydro-électrique de Félou dont la capacité s’élève à 60 MW. M. Thiam a indiqué que le 21 mars dernier, les premiers kilowatts d’électricité de ce barrage ont été injectés dans le réseau au bénéfice des populations malienne, mauritanienne et sénégalaise. Selon lui, il y a eu, aussi, des avancées sur le projet de navigation. À ce sujet, il a relevé qu’en 2019, l’OMVS a signé un contrat commercial de réalisation avec une société indienne. « Ce projet, a-t-il assuré, permettra au Mali d’avoir un accès à une façade maritime par le port fluvio-maritime de Saint Louis, depuis Ambidédi (Région de Kayes). Les échanges entre les deux personnalités ont, également, porté sur le renouvellement du mandat du haut-commissaire de l’OMVS. Ce mandat tournant est d’une durée de 4 ans. Le Malien Hamed Diane Semega, ancien ministre en charge de l’Energie, occupe actuellement ce poste. Le président en exercice du Conseil des ministres de l’OMVS a confié que le chef de l’Etat a donné des orientations sur l’ensemble de ces questions. «On pense qu’après les consultations qu’il (le président de la Transition) va avoir avec ses homologues, ces orientations seront partagées et transmises au Conseil des ministres et au commissariat pour exécution», a expliqué Serigne Mbaye Thiam. L’audience s’est déroulée en présence du ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré. BD/MD (AMAP)

Tiandougou-coura : Un sorgho à double usage, fruit de la recherche agronomique du Mali  

Par N’Famoro KEITA Bamako, 15 sept (AMAP) L’agriculture, nourrir tous les Maliens, doit relever un double défi : accroître la production et la productivité et l’intégrer à l’élevage. Les chercheurs du Mali, notamment ceux du programme sorgho au Centre régional de recherche agronomique (CRRA) de l’Institut d’économie rurale (IER) de Sotuba travaillent sur ces questions. Fruit de leur recherche : Tiandougou-coura, une variété hybride, est un sorgho à double usage : ses grains sont utilisés pour la consommation humaine et les pailles (tiges, feuilles) qui sont jugées riches en fer, zinc, calcium et protéine, servent d’aliment pour le bétail. Le but visé est de réussir l’intégration de l’agriculture et de l’élevage. Cela à travers la mise au point de variétés de sorgho combinant le haut potentiel de rendement grain, la qualité de grain et une bonne qualité de paille plus digestible pour les animaux. Mardi 30 août dernier. Un soleil doux berce la cour de l’IER à Sotuba, en Commune I de la capitale, Bamako. D’une superficie de 264 hectares, cette quasi-forêt classée embaume les lieux de son odeur. Son climat doux et humide attire des oiseaux qui gazouillent sans discontinuer. Chercheur et chef au programme sorgho de l’IER, Dr Abdoulaye Diallo, et son équipe se dirigent vers les parcelles destinées aux différents types de sorgho à double usage. Sous un ombrage dense, s’entrecoupent plusieurs pistes parsemées de flaques d’eaux. Elles mènent chacune à une parcelle de culture. Ces variétés de sorgho à double usage ont été améliorées par les chercheurs de l’IER. Leur état végétatif est impressionnant, à tout point de vue. Parmi elles, le Tiandougou-coura est le plus convoité par les cultivateurs. Le chercheur basé au CRRA de Sotuba explique le centre détient actuellement 4 hectares de semences de base de Tiandougou-coura, une variété photosensible de taille réduite (2,5 m) par rapport aux variétés locales (4 à 5 m). « Ce qui, précise Dr Abdoulaye Diallo, lui confère une résistance à l’averse contrairement aux variétés de haute taille ». « Sa paille renferme plus de protéines brutes et moins de cellulose que les variétés locales. Donc plus digestible par les animaux que les variétés locales », ajoute-t-il. DES TONNES DE PAILLES PAR HECTARE – Selon lui, son rendement est, tout aussi, intéressant. Tiandougou-coura produit 2,5 tonnes de graines et 15 tonnes de paille par hectare. « Elle n’est cultivée que dans les conditions pluviales entre les isohyètes (lignes de même pluviosité) 800 et 1000 mm », explique Dr Abdoulaye Diallo. Il précise la floraison de cette espèce a lieu entre fin septembre et début octobre quelle que soit la date de semis. «La variété résiste à la sècheresse post florale», assure le chercheur en agro-pastoralisme. « C’est pourquoi elle continue de gagner du terrain depuis son homologation en 2012 », sourit le chercheur. « Les agriculteurs l’apprécient également grâc, notamment, à sa qualité culinaire, sa résistance à la sécheresse, au striga et à sa qualité fourragère», renchérit-il. Les paysans sont unanimes que la consommation de ses grains est bénéfique pour les femmes allaitantes et les personnes atteintes de diabète. Tiandougou-coura est une variété caractérisée par son trait «stay green» c’est-à-dire la majorité de ses feuilles restent vertes jusqu’à la maturité physiologique lui conférant ainsi le caractère de double usage. « Pour conserver son fourrage, conseille-t-il, les pailles (tige et feuilles) récoltées sont séchées soit à l’ombre ou étuvées puis stockées dans un endroit sec ». «Pour alléger la charge des producteurs contre la flambée des prix de l’engrais, on améliore un système de 45 kg d’engrais par hectare, ce qui fait 2 grammes par poquet», explique le chercheur. « Pour éviter les petits problèmes, ajoute-t-il, il est demandé aux paysans d’avoir un ou un voire trois pieds de plants par poquet ». Le sarclage est fait trois fois, tous les 15 jours. « Après la récolte, indique notre interlocuteur, ses grains doivent être séchés au soleil avant de les garder dans un endroit propre ».   RICHES EN NUTRIMENTS – « Plusieurs recettes, développées en collaboration avec le Laboratoire de technologie alimentaire de Sotuba sont faites à base Tiandougou-coura », s’émerveille Diallo. Il cite la brisure de sorgho aux légumes, du couscous de sorgho malté, Soral instant (sorgho-arachide-lait), le pain de sorgho aux légumes et la bouillie de sorgho aux arachides. Le chercheur sexagénaire estime que ces recettes qui sont riches en nutriments, peuvent constituer une source de revenus pour les femmes. Autant d’atouts qui lui valent l’appréciation des producteurs. Djanko Coulibaly cultive Tiandougou-coura à Kéniéroba, Commune de Boudofo, Région de Kita. Joint au téléphone, il confirme avoir cultivé 1,5 hectare de sorgho à double usage. Pour l’entretien de son champ, il recourt au service d’ouvriers qu’il paie à 1 500 voire 2 000 Fcfa par jour. Le travail dure de 8 à 16 heures. «Il pousse robustement sur notre sol. Ma production est de 2 à 4 tonnes par hectare selon la façon d’aménager le lopin de terre», indique-t-il, attestant que son fourrage est très nutritif pour le bétail. Et depuis deux ans, Djanko Coulibaly nourrit ses ovins avec du fourrage de Tiandougou-coura, avant de les vendre à la veille de la fête de Tabaski. « Grâce à l’utilisation de l’engrais organique, se réjouit-il, la parcelle donne un bon rendement ». «Je peux, souvent, décharger 400 charretées dans le champ», explique le sexagénaire. Il invite les cultivateurs à suivre les conseils utiles des spécialistes et à choisir la variété céréalière améliorée. Depuis une trentaine d’année, Djanko Coulibaly collabore avec l’IER qu’il a connu grâce à son père. Conseiller d’agriculteur et vendeur de semences à Dioïla, près de Bamako, Yalali Traoré, nous confirme au téléphone que de nombreux producteurs achètent la semence de Tiandougou-coura dans sa localité. Il ajoute que « ces agriculteurs font de bonnes productions et arrivent à assurer leur approvisionnement en aliment bétail ». Outre Tiandougou-coura, les chercheurs de l’IER ont amélioré d’autres variétés mais peu connues du grand public : Sassilon, le Double usage 17 (U-17) et le Soubatami, etc. NK/MD (AMAP)

Immatriculation des motocycles, vélomoteurs et tricycles : En demie teinte

Par Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 14 sept (AMAP) Plus de 1.500 cartes grises délivrées sur une prévision d’au moins 15.000, quelque 9.402 personnes ont obtenu leur permis de conduire sur 11.390 candidats présentés. Tel est le bilan de la phase initiale de l’opération spéciale d’immatriculation des motocycles, vélomoteurs et tricycles et de délivrance de permis de conduire. Lancée le 15 novembre 2021, elle a pris fin le 15 août dernier. L’objectif était de créer des conditions pour que de nombreux usagers puissent se mettre en règle. A l’heure du bilan de cette phase initiale, les attentes ne sont pas comblées. Des voix s’élèvent pour demander une prolongation. Le directeur national des transports terrestres, maritimes et fluviaux, Mamadou Sow, plaide pour la prolongation jusqu’à la fin de l’année, au regard des difficultés constatées durant ces 9 mois d’activités. Beaucoup de Maliens se souviennent encore des souffrances endurées, notamment dans la cour de la Direction régionale des transports du District de Bamako, ex-Office national des transports (ONT), qui abritait l’un des trois centres d’examen de l’opération dans la capitale. Un interlocuteur anonyme, qui a obtenu son permis de conduire, raconte : «J’ai passé plusieurs mois sans obtenir la carte grise. Ils te demandent de déposer une copie de l’acte de dédouanement de l’engin et d’attendre le temps de retrouver l’original dans les archives de la douane ». « J’ai attendu quatre mois sans être appelé. J’ai changé de moto entre-temps. Il y a moins d’un mois, j’ai été voir si les choses avaient évolué mais rien de nouveau», déplore notre interlocuteur. Il regrette le non-respect par les autorités de la promesse de l’adoption de nouvelles mesures pour éviter les désagréments que causent la recherche des actes de dédouanement originaux. Si lui, comme de nombreux Maliens, s’est plié en quatre pour les avoir, d’autres ne se sont pas donnés de la peine. Tidiane, la trentenaire, fait partie de ceux-ci. «Faute de moyens», ce résident de Djicoroni-Para ne dispose ni de carte grise, ni de permis de conduire. «J’aimerais vraiment me mettre en règle, mais c’est l’argent qui me manque. Je le ferai si l’opération se prolongeait», dit cet usager qui dit avoir acheté sa première moto, il y a plus de 10 ans. DIFFICULTÉS – Faman Kéita, un autre motocycliste, explique qu’une urgence survient chaque fois qu’il décide de se mettre en règle. «Ainsi, j’utilise l’argent que j’avais mis de côté pour me procurer ces pièces», confie-t-il, l’air visiblement gêné. Ladji Sanghanta pensait, plutôt, que l’opération concernait uniquement les mototaxis et les tricycles (Katakatani). Cependant, le jeune électricien admet qu’il est bon de se mettre en règle. Le président du Syndicat national des mototaxis (Synamota) abonde dans le même sens. «Cette immatriculation permet de nous sécuriser aussi bien que nos clients. Elle empêche, également, le vol de motos. La réduction des  coûts des différents documents, a été un soulagement pour nous», commente M. Traoré. Il déplore la lenteur administrative au niveau des douane et le manque d’information comme difficultés majeures, lors de cette première phase. Selon lui, la douane a, par exemple, des difficultés à délivrer aux motocyclistes le Certificat de mise à la consommation (CMC) exigé pour avoir la carte grise. « Les activités d’information et de sensibilisation devraient se poursuivre du début jusqu’à la fin de l’opération », souligne le syndicaliste, ajoutant que de nouvelles motos sont mises en circulation tous les jours. À cet égard, Adama Traoré invite les autorités à proroger l’opération jusqu’à la fin de l’année et retirer le dédouanement de la procédure d’immatriculation. « Car, pense-t-il, il constitue à ce stade le plus grand obstacle à l’accomplissement de l’opération. » En effet, lors de cette première phase, « les engins à deux roues et les tricycles sont immatriculés à 7.500 Fcfa contre 22.750 Fcfa. Et le permis de conduire coûte 5.000 Fcfa contre 15.200 Fcfa », rappelle le directeur national des transports terrestres, maritimes et fluviaux. « En la matière, l’accès au CMC est un casse-tête pour les motocyclistes », reconnaît Mamadou Sow. Cela au regard, selon lui, de la nature de l’opération. «C’est une opération spéciale caractérisée par la proposition de paiement de frais forfaitaires. Le système douanier a été vraiment ignoré parce qu’il devrait intégrer la somme de 5.000 Fcfa non prévue par les paramètres», argumente Mamadou Sow. « Durant les neuf mois d’activités, précise-t-il, 22.856 CMC ont été reçus sur la base du tarif plein contre 751 sur la base des 5.000 Fcfa forfaitaire. Au plan régional, la Région de Bougouni a délivré le plus de CMC avec 325 CMC au tarif promotionnel de 5.000 Fcfa, 212 au tarif normal. Elle est suivie, respectivement ,par San (169) et Sikasso (94). » IMPLICATION FORTE – Quant à la direction régionale des douanes du District de Bamako, « elle n’a traité aucun CMC à 5.000 Fcfa, souligne-M. Sow. Selon lui, l’implication forte et formelle de la Direction générale des douanes est nécessaire pour faire avancer les choses dans le sens souhaité. « Si un propriétaire d’engin dispose de ces documents, on est habilité à lui accorder un numéro d’immatriculation en lui fournissant une carte grise et en apposant une plaque d’immatriculation sur l’engin », soutient le directeur national. «Nous avons saisi la direction générale des douanes sur instruction de la ministre en charge des Transports pour pouvoir proroger le délai. Avec des changements, nous espérons que les usagers pourront être satisfaits», indique M. Sow. Pour ce faire, un rapport partiel a été envoyé à la hiérarchie, en attendant de finir l’élaboration du rapport final. M. Sow ajoute : «Nous avons tenu une réunion qui est allée dans le sens de la prolongation de la date de l’opération», assure-t-il. Une réunion de restitution aura lieu dès que le rapport final sera disponible. « Au cours de cette rencontre, explique Mamadou Sow, les participants décideront de proroger ou non l’opération jusqu’au 31 décembre ». En attendant, ce n’est plus l’affluence des grands jours dans la cour de l’ex-ONT. Les mouvements bruyants des conducteurs de moto venus passer leur examen de conduite a cédé la place à l’ambiance monotone ordinaire du quotidien. AG/MD

Tontine en troc : Un bon investissement

Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 09 sept (AMAP) Une nouvelle forme de tontine, organisée autour d’articles divers comme le savon, les pagnes et même l’or, fait fureur chez les femmes.  «À l’origine, la tontine est une manière pour les femmes de s’entraider ou de se rencontrer pour discuter de leurs problèmes, payer chacune une somme d’argent qu’elles octroient aux membres de l’association à tour de rôle », explique d’Awa Soumaoro, retraitée domiciliée à Sébénikoro, un quartier de Bamako, la capitale malienne. « Aujourd’hui, la tontine a beaucoup évolué et tend à devenir un vrai business entre des groupes de personnes», ajoute Awa Soumaoro Notre interlocutrice sait de quoi elle parle, elle qui a été, pendant de longues années, membre de ce qu’on appelle «Ton» en bambara. Fatoumata Diaby, dite Faty est «Ton Ba» (responsable de tontine). Elle et les autres adhérentes cotisent, depuis quatre ans, pour s’acheter de l’or. «Je fais la tontine de l’or parce que la demande est là. Cette tontine permet, par exemple d’avoir des bijoux en métal jaune qui coûtent très cher sur le marché», sourit la jeune fille qui gère un magasin de vente de bijoux en or, à Boulkassoumbougou, un quartier de Bamako. Cette femme d’affaire est membre ou responsable de plusieurs tontines. «Je fais également le business tontine qui consiste à récolter du matériel que les membres veulent vendre par exemple »,dit-elle. L’objectif est d’aider les adhérentes « à lancer leur commerce parce que ce n’est pas facile d’économiser soi-même de l’argent pour pouvoir acheter des produits ou articles nécessaires pour ce faire», explique Faty, qui précise que généralement, elle connait les membres. « Le réseau, s’empresse-t-elle d’ajouter, est ouvert à tout le monde ». «Aux personnes désireuses d’adhérer à l’association, j’exige une copie de la carte d’identité en cours de validité.  La personne paie aussi une caution égale à la contribution mensuelle et signe un engagement personnel devant l’officier de police ». « Ainsi, nous pouvons avoir l’autorisation de saisir les biens des mauvais payeurs pour éponger les impayés», ajoute Faty. Concernant la tontine pour l’or, chacun paye 100 000 Fcfa par mois pour avoir l’équivalent d’un million de Fcfa en métal jaune. Celles qui payent la moitié perçoivent l’or d’une valeur de 500 000 Fcfa. «Le cours de l’or varie. Le gramme vaut actuellement 38 000 Fcfa. Le poids pour chaque membre est fonction du prix de l’or sur le marché. L’or que je vends vient de Dubaï», nous explique Fatoumata Diaby. GRAMMES D’OR – Notre interlocutrice a créé un groupe WhatsApp qui lui permet d’envoyer la photo des bijoux à celles qui en font la commande. «On passe la commande et je conduis l’intéressé à la boutique à Boulkassoumbougou pour récupérer son bijou contre une facture d’achat», précise Faty. Elle ajoute que l’objectif visé est de permettre aux femmes d’avoir ce qu’elles veulent et leur permettre de faire des investissements. La commerçante assure ne recevoir aucune rémunération en échange. Les attentes des adhérentes sont-elles comblées ? À en croire Fanta Diallo, membre de la tontine de Faty, la réponse est oui. «La tontine m’a permis d’avoir 27 grammes d’or dont une chaine, des boucles d’oreille et une bague pour ma fille qui va bientôt se marier :, dit-elle. « Sans la tontine, je ne sais pas comment j’allais obtenir un tel trésor», témoigne Fanta, sourire aux lèvres. Comme Faty, plusieurs autres femmes initient des tontines. Détentrice d’une licence en agroéconomie de l’Institut polytechnique rural (IPR) de Katibougou, Aminata Soumano est entrepreneuse. Elle tient une boutique à Hamdallaye ACI, en Commune IV du District de Bamako. «Je fais des tontines de savons, wax, draps et de basin Getzner», dit la jeune dame de 30 ans dont les activités se passent de façon virtuelle. GROUPE WHATSAPP – La date de démarrage de la tontine est annoncée en ligne via les plateformes de réseaux sociaux. «Quand les membres atteignent le nombre souhaité, je crée un groupe WhatsApp pour les répertorier. Le canal de communication établi, les membres sont informés à chaque fois qu’une personne paye sa cotisation», confie l’agronome. Elle précise que la tontine dure environ un an. La cotisation de la tontine pour les pagnes wax qui compte dix membres, est de 8 000 Fcfa, soit un montant total de 80 000 Fcfa. «Je peux avoir les pagnes à 7 500 Fcfa avec les grossistes, soit une remise de 500 Fcfa par pièce :, explique noyre interlocuteur. Les photos des adhérents sont envoyées sur le groupe. Le choix des pagnes est fait en fonction de la marque. Il y a des pagnes qui viennent de la Chine, d’Inde et de la Turquie. À leur arrivée, les pagnes sont livrés par un coursier. Et, après réception du colis, la photo est partagée sur le groupe pour permettre à tout le monde de s’assurer de l’arrivée de la commande. Pour adhérer, «il faut juste être sérieux», souligne Aminata, en précisant que la photo de chaque membre est publiée sur le groupe. Membre de la tontine, Rabia Cissé, 22 ans, avoue qu’au début elle s’en méfiait parce qu’elle ne connaissait pas l’initiatrice. «Mais la tontine de wax dont je suis membre s’est bien déroulée», confirme-t-elle assurant avoir intégré le groupe pour aider sa mère à constituer son trousseau de mariage. Fatoumata Diané est initiatrice d’une tontine de chaussures, de hijabs, d’abaya (longue robe noire portée par les femmes musulmanes) et de foulards. Elle dit avoir choisi ces articles pour faciliter l’achat de ses marchandises et fidéliser la clientèle. «J’organise cette tontine entre les étudiants de mon université. Nous sommes dix personnes. Chaque membre paye 2 000 Fcfa par semaine pour un total de 20 000 Fcfa. Libre à eux de choisir ce qu’ils veulent : hijabs, foulards, chaussures ou abaya. Elle a créé un groupe WhatsApp à travers lequel elle envoie les photos de ses marchandises pour attirer davantage les membres de la tontine, mais aussi de nouveaux clients. Et d’assurer que pour le moment, elle ne se plaint pas. FMS/MD (AMAP)

Perturbation des réseaux téléphoniques : La galère des usagers

Par Mohamed TOURÉ  Bamako, 07 sept (AMAP) Des appels téléphoniques interrompus en pleine conversation ou encore des signalisations d’indisponibilité. Telles sont, entre autres, les perturbations de réseaux téléphoniques signalées par les clients de différents opérateurs. Dr Adama Traoré, président Réseau malien des consommateurs de téléphonie mobile (REMACOTEM) s’indigne de la situation qu’il juge «dramatique» pour les consommateurs. «On n’arrive pas à joindre son correspondant parce que les réseaux sont dégradés», regrette le défenseur des droits des consommateurs. Le problème pénalise doublement les usagers qui sont obligés de payer pour le répondeur parce que le réseau du correspond n’est pas bon. Le responsable associatif pointe du doigt une insuffisance de la couverture du réseau. Ce qui provoque des perturbations à quelques 20 ou 30 kilomètres de Bamako. Il dénonce des manquements aux cahiers des charges de la part des opérateurs qui doivent assurer la couverture entière du territoire national. Du côté des opérateurs Orange-Mali et Moov Africa Malitel, on assure qu’il n’y a pas de problème de réseau. «À la date d’aujourd’hui, il n’y a pas de cas général de perturbation du réseau. Nous n’avons reçu aucune plainte à ce sujet», assure Amadou Niang, chef de service pilotage de l’optimisation à Orange-Mali, joint au téléphone. Le technicien souligne que son entreprise dispose de voies pour faire remonter les plaintes des clients. « Aucun problème de ce genre n’a été pas signalé », assure-t-il. Qu’est-ce qui peut donc expliquer des problèmes récurrents de réseaux ? A cette question, Amadou Niang dit qu’il y a plusieurs facteurs. Selon le technicien, la qualité du réseau, notamment en matière de connexion internet, peut dépendre de la performance de l’appareil de l’utilisateur. Son entreprise, Orange-Mali donne une performance haute gamme, à l’en croire. « Ceux qui n’ont pas des téléphones 4G 4è génération ou 3G, vont se limiter à une connexion 2G qui donne un débit limité par rapport à la 3G », explique-t-il. Les délestages de courant électrique sur le site d’une antenne d’un opérateur peuvent, également, occasionner des perturbations, s’il n’y a pas de groupe électrogène. Cela entraine la mise hors service de l’antenne et la perturbation du réseau dans sa zone de couverture. Pour palier ce genre d’aléas, Amadou Niang assure que son entreprise utilise des panneaux solaires dans les zones où il y a pénuries de carburant. «Même dans les zones d’insécurité dans le Centre et dans le Nord du pays, nous approvisionnons nos antennes en carburant», souligne le technicien qui évoque aussi des probables problèmes techniques liés aux appareils électroniques. MUTUALISER LES INSTALLATIONS – Il y a aussi le fait que les opérateurs organisent des maintenances pour faire l’entretien du matériel et remplacer les pièces défaillantes. Il relève également la possibilité d’avarie sur les fibres optiques lors de travaux routiers. «Cela peut impacter les clients le temps que la panne soit résolue», fait-il remarquer. Quant à l’extension du réseau, le technicien reconnait qu’il peut y avoir des problèmes de couverture. «Nous faisons des campagnes de mesures pour connaitre la couverture et les différents services de réseau. L’Autorité malienne de régulation des télécommunications, des tics et des postes (AMRTP) fait un audit au plan national», explique-t-il. Cependant, Amadou Niang assure qu’il n’y a pas de zone en périphérie de Bamako non couvert par le réseau. «Il peut y avoir des zones non couvertes à cause de l’éloignement. Mais, nous faisons aussi des réajustements de couverture pour les clients dans ces situations», indique-t-il. «La qualité du réseau est en train de baisser», alerte Dr Alioune Badara Traoré, ingénieur en télécommunication et ancien cadre de la Société des télécommunications du Mali (SOTELMA) et de l’AMRTP. Cet expert ne croit pas que des raisons techniques puissent expliquer la mauvaise qualité du réseau. Il pense même que « ce sont des défaillances qui peuvent être résolues ». L’ingénieur explique qu’il peut y avoir des problèmes liés à la rupture de l’alimentation électrique, des câbles coupés, aux installations. Des défaillances auxquelles, il pense que des solutions peuvent être trouvées. «Mais est-ce qu’on est prêts pour dépenser de l’argent afin de corriger ce problème», se demande-t-il. Il est plutôt convaincu d’un manque de suivi de la qualité du réseau. Dr Alioune Badara Traoré trouve que la couverture du réseau dynamique est difficile à évaluer en terme de qualité. Il attire l’attention sur la pertinence d’un plan d’installation globale du réseau sur l’ensemble du  pays. C’est-à-dire une mutualisation des tronçons d’installation des fibres optiques des différents opérateurs et de l’Agence de gestion du fonds d’accès universel (AGEFAU). Pour le spécialiste, un tel projet permettrait aux opérations d’évoluer, par exemple, en colocation des bornes. Ce qui, selon lui, diminuerait les coûts de communication pour le Malien lambda et permettra d’avoir une visibilité globale de la couverture du pays par le réseau. Il souligne que la couverture dans certaines zones où la démographie n’est pas importante est du ressort de l’AGEFAU,  car non rentable pour les opérateurs. LES BOOSTERS EN CAUSE ? – Certaines perturbations du réseau seraient dues à l’utilisation de types d’appareils particuliers censés améliorer les signaux. Les opérateurs et l’Autorité de régulation voient dans l’utilisation de ces appareils qui ont fleuri, notamment dans les marchés, des grands facteurs de dégradation du réseau. Cependant, l’hypothèse ne fait pas l’unanimité. «Le client prend le booster pourquoi ? Si l’installation dont vous disposez ne vous permet pas de bénéficier du service alors vous cherchez des moyens alternatifs. Le marché est le centre des affaires et est connecté au monde entier», estime Dr Adama Traoré. Pour le Dr Traoré, la part des boosters dans la mauvaise qualité du réseau n’est pas considérable. Au contraire, il note même qu’ils connaissent leur succès parce que la qualité du réseau est mauvaise. Pour sa part, le technicien d’Orange-Mali, assure que tant que les boosters resteront allumés, le problème ne sera pas résolu. Amadou Niang affirme que le problème des boosters est au niveau de l’autorité de régulation. «Nous avons déployé des nouveaux sites au marché. C’est au tour du régulateur de prendre des mesures de sensibilisation pour que les commerçants éteignent les boosters», préconise-t-il. Il n’est pas à exclure que

Les engrais en zones CMDT et OHVN conformes, selon l’Institut d’économie rurale (IER)   

Par Fadi CISSÉ Bamako, 06 sept (AMAP) Une analyse sur 151 échantillons d’engrais prélevés par la Direction nationale de l’agriculture (DNA), effectuée par le laboratoire de l’Institut d’économie rurale (IER) a conclu à un taux de conformité de 100% pour le complexe coton, 98,5% pour le complexe céréale, 87,5% pour l’urée. Les résultats d’analyse chimiques, réalisées à partir de ces échantillons d’engrais prélevés en zone Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT) et Office de la haute vallée du Niger (OHVN), dont nous avons reçu une copie, révèlent qu’au titre de la Campagne agricole 2022, «les engrais complexe céréale et ceux du coton ne présentent pas de déficience ». Concernant le complexe coton, 100% des échantillons d’engrais analysés par le laboratoire de l’IER sont conformes aux normes en vigueur. Quant au complexe céréale, 98,5% des échantillons d’engrais analysés par le laboratoire de l’IER sont conformes aux normes en vigueur. En ce qui concerne l’urée, 87,5% des échantillons d’engrais analysés sont conformes aux normes exigées. À ce niveau, un léger déficit azoté a été, par exemple, constaté. « Cette déficience est essentiellement liée aux conditions de transport et de manutention», expliquent les analystes. «Les résultats sont satisfaisants en termes de teneur en éléments nutritifs et d’état physique qui ne compromettent pas l’atteinte des objectifs de production agricole de la campagne», conclut la DNA. Concernant les paramètres physiques, il ressort que les poids des sacs sont entièrement conformes à 50 kg à la norme requise (règlement C/Reg.13/12/12) selon laquelle le poids du sac ne doit pas être inférieur à 49,5 kg. L’équipe de contrôle « n’a pas constaté de prises en masse sur les trois types d’engrais contrôlés (complexe coton, complexe céréale et urée) ». La granulométrie (étude de la répartition des différents grains d’un échantillon de granulats) « est conforme aux normes en vigueur pour les trois types d’engrais contrôlés (complexe coton, complexe céréale et urée). » Les sacs sont étiquetés conformément à la norme requise (règlement C/Reg.13/12/12) selon laquelle les informations suivantes doivent être inscrites sur les sacs : nom du type d’engrais, formule chimique, poids du sac, nom du fabricant, nom du distributeur ou du revendeur, campagne agricole de production, présence de l’emballage double, etc.) Quant aux analyses chimiques, les paramètres contrôlés ont surtout porté sur les teneurs en éléments nutritifs (phosphore, azote, potassium, soufre, bore). Pour parvenir à ce résultat, la DNA a prélevé des échantillons d’engrais effectués par une de ses équipes. Avant de les faire analyser au laboratoire de l’IER. Ces prototypes ont concerné le complexe coton, céréale et l’urée. L’échantillonnage a concerné toutes les filiales cotonnières : Sud (Bougouni, Koumantou, Sikasso et Kadiolo), Nord-Est (Koutiala, Karangana et Kimparana), Centre (Fana, Dioila, Ouéléssébougou) et Ouest (Kita) ainsi que les magasins de l’OHVN à Bamako. Le nombre total d’échantillons d’engrais prélevés est de 59 pour le complexe coton, 62 pour le complexe céréale et 30 pour l’urée. Ce qui fait un total de 151 échantillons d’engrais prélevés. Le contrôle a priori de la qualité des engrais s’avère nécessaire et même vital pour le secteur. Cette tâche d’inspection et de contrôle est confiée à la DNA. C’est dans ce cadre qu’elle organise, chaque année, sous l’égide du département en charge de l’Agriculture, des missions de contrôle de qualité. Objectif : garantir la qualité des engrais et leur mise à la disposition des producteurs en zone CMDT/OHVN. Cela, en vérifiant la conformité des engrais aux normes en vigueur, en prélevant des échantillons d’engrais au niveau des magasins CMDT/OHVN pour les transmettre au laboratoire pour analyse. FC/MD (AMAP)    

Le Mali lève plus de 200 milliards de Fcfa d’emprunt obligataire (Ministère de l’Economie et des Finances)

Bamako, 03 sept (AMAP) Le Mali vient de clôturer le processus de mobilisation de plus de 200 milliards de Fcfa à travers un emprunt obligataire sur le marché financier de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), a annoncé, vendredi, le ministère de l’Economie et des Finances (MEF)., Dans un communiqué, le MEF souligne que l’opération a « permis au Trésor Public de mobiliser deux cent sept milliards cinq cents millions de Fcfa  (207,5 milliards Fcfa), soit un taux de souscription de près de 104% ». « Cette opération a été réalisée par la Société de gestion et d’intermédiation (SGI) Mali, arrangeur et chef de file du syndicat de placement, avec comme co-chefs de file : SGI Togo, Global Capital et CIFA Bourse », explique le MEF. « Cet emprunt obligataire, lancé le 15 août 2022 sur le marché financier de l’UMOA pour un montant de 200 milliards Fcfa, un taux de 6,20% et une maturité de 10 ans, a été clôturé le 31 août 2022 », précise la même source. Le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, s’est réjoui « de l’accompagnement des partenaires pour le financement des projets structurants de développement économique et social du Mali. » Cette opération est consécutive aux 277,371 milliards Fcfa levés sur  le Marché des titres publics UMOA,  il y a trois semaines. MT/MD (AMAP)

A Dio, près de Bamako, les fermes poussent comme des champignons 

Par Rokiétou MAÏGA Bamako, 27 août (AMAP) Située à Magnambougou, village de la Commune rurale de Dio-Gare, Cercle de Kati et Région de Koulikoro, la ferme de Ousmane Diakité offre depuis 13 ans une gamme variée de produits agricoles. Avec le phénomène de «fermage» qui se développe de plus en plus autour de la capitale malienne, notamment à Baguinéda et périphérie, la Commune rurale de Dio, à 40 kilomètres seulement de Bamako, accueille  un chapelet de fermes. Aménagée sur une superficie de 15 hectares, la ferme de Diakité est le résultat de son amour pour le travail de la terre. Fils d’agriculteur, sa passion pour l’agriculture n’a pas tardé à éclore. «Mes frères et moi travaillions au champ, et de fil en aiguille, j’ai pris du plaisir à gratter la terre», explique Ousmane. La ferme est composée en grande partie d’orangers de variétés différentes, d’un hectare de papayers et de melons encore à l’état brut. Les variétés d’orangers s’étalent tout le long de la ferme. Les 2 000 à 3 000 pieds d’agrumes constituent son patrimoine. Le sol gravillonnaire de la zone s’adapte à tout type de cultures. Dans la ferme et aux environs, il cultive de la vigne, le pommier, ce qui peut surprendre, ou encore l’avocatier. L’orange du Mali «lemourouba», «le tengelo », de son nom scientifique citrux-tengelo, ou encore «le niva» qui a sa pulpe rouge, sont autant de variétés qui sur l’exploitation. Le choix de cette production agricole s’explique par la rentabilité du produit qui, une fois planté, génère des bénéfices à long terme. «Après leur implantation, au bout de deux ans à deux ans et demi, ils commencent à donner les premiers fruits. Et cela est valable pour toutes les saisons», se réjouit Diakité. Avec un investissement personnel et des prêts auprès de deux banques de la place, l’exploitation agricole de Diakité a débuté en 2009. Pour les cinq ouvriers qui y travaillent et le gardien, le travail de la ferme n’est pas de tout repos. Arrosage et désherbage par-ci, cueillette des fruits par-là, l’effectif est insuffisant, mais cela se comprend aisément. L’arrivée de l’hivernage fait que beaucoup d’entre eux rentrent chez eux pour les travaux champêtres en famille. L’ensemble des produits de la ferme sont écoulés sur place. Un groupe de cinq hommes sont venus acheter chacun un kilo d’oranges à 350 Fcfa. Tous enseignants de la localité, ils préfèrent acheter directement à la ferme pour le prix car chez les revendeurs, il s’élève à 750 FCFA voire plus. Et en même temps, ils viennent profiter de l’air frais et pur que dégagent les plantes en harmonie avec la nature. «À la saison des fruits, c’est un véritable marché qui règne là», commente le gardien Kariba Diarra. Électromécanicien de formation, Ousmane Diakité fait remarquer qu’il fait face à beaucoup de difficultés : la commercialisation des produits sur le marché avec la redoutable concurrence des importations, le manque de main d’œuvre qualifiée et la non-maitrise de l’activité agricole. RM/MD (AMAP)

Campagne agricole : La promesse de pluies régulières 

Par Anne-Marie KEITA Bamako, 25 août (AMAP) L’hivernage atteint sa vitesse de croisière. Caractérisée par de longues périodes sèches au début, la pluie est de plus en plus régulière et abondante. À vue d’œil, les parcelles sont bien entretenues. À l’Office du périmètre irrigué de Baguinéda (OPIB),pres de Bamako, la capitale malienne,  les cultures ont amorcé leur phase de maturité. L’aspect végétal des champs de riz, de maïs et de sorgho est prometteur. À condition que «les paysans maintiennent la cadence quant à l’entretien des champs et les traitements phytosanitaires, indispensables au bon développement des plantes». Baguinéda est une ville et une commune, dans la sous-préfecture du Cercle de Kati, dans la Région de Koulikoro. Située à 30 km de Bamako sur le fleuve Niger, cette commune rurale qui regroupe 32 villages, abrite plus de 3.000 hectares aménagés en maîtrise totale d’eau par l’OPIB. Créée en janvier 1998, cette structure est la plus grande zone de production agricole de notre pays, après l’Office du Niger (ON). Elle est chargée du développement intégré, de promouvoir le développement des principales cultures vivrières de base et maraichères. En plus des activités agricoles possibles en saison des pluies, les paysans de Baguinéda pratiquent aussi la culture de contre-saison. Celle-ci est une activité agricole consistant à faire le maraîchage et des cultures céréalières pendant la saison sèche. Elles s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre de la Politique nationale de développement de l’État. Le but étant de mettre un accent particulier sur les aménagements de terres agricoles au profit des producteurs et de combler le déficit céréalier du Mali. Paysan à l’OPIB depuis plus de 15 ans, Mahamadou Diarra, œuvre pour l’atteinte de ces objectifs. Il trouve que la campagne évolue bien. Arguant qu’il pleut en abondance, le cultivateur prédit : «Cette année, la campagne sera meilleure que l’année dernière car les paysans ont commencé à semer à l’OPIB depuis le mois de juin. Alors que l’année dernière, les semis ont débuté en juillet». « Cela à condition qu’il n’y ait pas une fin précoce de la pluie comme cela a été le cas l’année dernière », ajoute M. Diarra qui exploite un hectare de riz, deux hectares de maïs et un demi-hectare de gombo. Son collègue Bakary Doumbia est producteur à Kognimba, dans la Commune de Baguinéda. Il détient à l’OPIB un champ de riz et de maïs d’une superficie d’un hectare chacun. De l’avis de celui qui accumule 22 ans d’expérience dans l’agriculture, le niveau satisfaisant des pluies présage d’un bon rendement et d’une bonne campagne. Le directeur général de l’OPIB, Mamadou Togola, partage les constats de des producteurs. M. Togola estime que l’allure que présentent les champs permet d’espérer que les objectifs de production pour cette année pourraient être atteints. Ils sont, a-t-il dit, estimés à 24.419 tonnes pour les céréales, dont 17.722 pour le riz, 6.300 pour le maïs et 299 tonnes pour le mil et le sorgho. Concernant les cultures maraîchères, les objectifs sont évalués à 27.995 tonnes, toutes spéculations confondues. En la matière, le niveau de réalisation est de 104% pour le mil, 86% pour le sorgho, 82% pour le maïs. Pour le riz cultivé en maîtrise totale d’eau (riz repiqué dans le périmètre), la réalisation est de 70% pour une superficie de 1.935 hectares. « Les emblavures se poursuivent en ce qui concernent le riz et sont à un niveau satisfaisant », assure le premier responsable de l’OPIB. Il faut ajouter qu’à l’OPIB, l’Adny 11 est la variété de riz la plus cultivée. Son cycle est de 120 jours. En matière de cultures sèches, c’est le Sotubaka, une variété de maïs dont le cycle est de 90 jours. Elle arrive à boucler son cycle pendant la période d’hivernage sans un grand souci de sècheresse. À propos des équipements agricoles, Mamadou Togola a dit que le taux d’exploitation est également acceptable. « La situation phytosanitaire, elle, est jugée calme. Les produits phytosanitaires sont disponibles », assure-t-il. « Néanmoins, des problèmes existent », nuance le patron de l’OPIB. Selon lui, la difficulté principale concerne l’acquisition des engrais minéraux, une situation générale liée au conflit en Ukraine. Autres difficultés, selon lui, l’insécurité dans la zone OPIB, l’insuffisance des ressources financières, les besoins en matériels agricoles pour les producteurs, le manque de main-d’œuvre. Sur les difficultés d’acquisition des engrais minéraux, il estime que les sols sont si pauvres qu’il faut des appoints. Le paysan Mahamadou Diarra, natif de Kobalacoro, Commune de Baguinéda, déplore également le problème d’accès aux intrants surtout les engrais minéraux. «En attendant la mise à disposition de la subvention de l’État, nous achetons le sac d’engrais entre 35.000 et 40.000 Fcfa», explique-t-il. «Nous sommes toujours en attente de l’engrais minéral. À part ce problème qui nous inquiète un peu, la campagne agricole est rassurante cette année car il pleut suffisamment», confirme Rokia Samaké, exploitante d’un demi-hectare de riz à l’OPIB. « L’État a déjà fait des acquisitions avec certains fournisseurs qui ont été déjà mises à la disposition de certaines structures agricoles’, annonce le directeur général de l’OPIB qui assure que les objectifs seront atteints si la pluie maintenait la même cadence. AMK/MD (AMAP)