Mossadeck Bally : « La crise oblige les investisseurs à l’attentisme »

Propos recueillis par Babba B. COULIBALY Bamako, 05 juil (AMAP) Dans cette interview exclusive qu’il nous a accordée, Mossadeck Bally, président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), dévoile la vision de son équipe. Il évoque également les conditions pour une relance économique rapide, le rôle des différents acteurs, les efforts du gouvernement dans le secteur et la résilience du peuple malien. L’AMAP : Comment se porte aujourd’hui le monde des affaires ? Mossadeck Bally : Le monde des affaires est dans l’expectative. On ressent une sorte d’attentisme. Notre pays traverse une crise très profonde qui est à la fois sécuritaire, institutionnelle, sanitaire et internationale avec la guerre. Tout ceci fait que l’économie est très éprouvée même si elle montre des signes de résilience. Le Fonds monétaire international (FMI) l’a mentionné dans le rapport de sa dernière mission récente. Donc, nous avons une économie résiliente mais à la croisée des chemins. Le monde des affaires et des investisseurs est dans cet attentisme. Ils attendent d’avoir un peu de visibilité pour reprendre leurs projets d’investissements. C’est ce qui caractérise aujourd’hui le monde des affaires au Mali. L’AMAP : Quelle analyse faites-vous de la crise économique du pays ? Et quels sont les enseignements à en tirer ? MB : C’est une crise profonde. Quand un pays est installé dans une crise depuis plus d’une décennie, forcément cela joue sur l’économie. Et lorsque l’économie est impactée, ça joue sur la population parce que ce sont des emplois qui ne sont pas créés. Il y a des entreprises qui ont dû fermer suite à cette longue crise, certaines à cause de la pandémie, d’autres ont été obligées de se restructurer. Tout ceci montre que notre économie, malgré sa résilience, souffre. Les priorités du pays sont d’ordre sécuritaire. L’État investit énormément dans la sécurité, ce que nous comprenons parce que nous sommes en guerre contre le terrorisme. Il y a un effort à faire pour reconstruire l’appareil sécuritaire, ce qui fait qu’il n’y a pas d’investissements dans les autres domaines. Et quand il n’y a pas d’investissements ça veut dire que la commande publique diminue considérablement et les entreprises en pâtissent. Celles qui arrivent à travailler, vu que les efforts financiers sont faits sur l’appareil sécuritaire, ne sont payées à temps. Les enseignements qu’on peut tirer de cette longue crise c’est que, dans un pays où il n’y a pas de sécurité et de stabilité institutionnelle, c’est difficile dans ce pays d’attirer des investissements. Donc, ce pays restera toujours un pays où on fait du court terme. On fait essentiellement de l’importation et de la distribution. Et pour tous les investissements d’envergures, structurants, on a tendance à les laisser en attendant de voir la crise passée. Mais nous avons tiré d’autres enseignements à savoir que nous avons une économie qui est résiliente, des chefs d’entreprises performants, patriotes qui ont fait en sorte que la machine continue à tourner malgré l’embargo que la Cedeao et de l’Uemoa nous ont imposé. Les chefs d’entreprises maliennes sont vraiment à la hauteur. Ils se sont battus pour que les marchés restent ravitaillés, pour que les impôts soient payés pour faire fonctionner l’État. Imaginez-vous, depuis presque trois ans l’État n’a plus d’appuis budgétaires. Ce sont les impôts payés par les contribuables et les entrepreneurs qui permettent de soutenir l’État. Voilà les grands enseignements que nous avons tirés mais il faudrait éviter de rester longtemps dans toute crise. L’AMAP : La relance économique demeure un objectif. Pensez-vous que toutes les parties (secteur privé, État et partenaires) jouent véritablement leur rôle ? MB : Je dois avouer que chacun fait de son mieux. L’État fait de son mieux avec les priorités qui sont les siennes, essentiellement rebâtir l’appareil sécuritaire, puisque nous sommes en guerre. Le secteur privé a largement joué sa partition. N’eut été le secteur privé malien, je pense qu’on aurait eu un pays qui serait dans des difficultés énormes. Le secteur privé a affronté l’embargo, la crise sanitaire, l’insécurité pour permettre au pays de continuer de tourner. On ne peut parler de relance économique que lorsque nous aurons la sécurité et la stabilité institutionnelle. Aujourd’hui, le CNPM joue son rôle en temps qu’interlocuteur privilégié de l’État, qui nous écoute. Le dialogue public privé est en train de s’améliorer parce que le rôle du CNPM, c’est de faire en sorte que le dialogue public-privé soit de haute qualité et constant. Ce dialogue qui avait été rompu à un moment donné avec la crise que nous avons connu de 2020 à 2022, a été rétabli par le nouveau bureau. Donc, les acteurs jouent leurs rôles avec les moyens dont ils disposent. L’AMAP : En tant que entrepreneur expérimenté, quels sont les arguments à mettre en avant pour remettre en confiance les investisseurs? MB : La psychologie est très importante chez un investisseur. Il s’assure qu’il investit dans un environnement sécurisé où il y a la visibilité institutionnelle et à partir de là, il regarde la rentabilité et la faisabilité de son projet et voir s’il peut disposer de tous les facteurs de production dans ce pays. Cette psychologie vient essentiellement de l’État de ce pays. Et nous, pour assurer et rassurer les investisseurs, il nous faut vraiment un État régalien, visionneur, stratège, neutre, arbitre qui respecte et fait respecter les lois, les règlements à tous les acteurs de l’économie. Ces qualités doivent être une réalité visible au niveau de l’administration publique pour attirer les investisseurs nationaux et étrangers. Il faudrait que l’on sache quel genre d’État nous voulons et dont nous avons besoin pour valoriser ce formidable potentiel économique que nous avons mais que nous n’arrivons pas à exploiter en 62 ans d’indépendance. C’est possible mais ça ne peut se faire que le jour où on aurait les qualités endogènes citées ci-haut. L’AMAP: La transformation structurelle de notre économie reste un défi majeur qui peine à voir le jour. Quelle est la vision du Patronat en la matière? MB : L’économie du Mali est une économie extravertie. C’est-à-dire une économie qui est essentiellement

Colloque sur le secteur minier : Pour que l’or brille pour les populations

Bamako, 04 juil (AMAP) «Nul n’ignore que le Mali dispose d’un riche sous-sol qui doit être exploité au bénéfice de la population», a déclaré, lundi, le secrétaire général du ministère des Mines, Soussourou Dembélé. «Ces richesses qui sont des opportunités pour le Mali l’obligent à faire face aux défis importants dont, notamment disposer de l’arsenal juridique, technologique et des compétences requises pour une gestion efficace et à long temps de l’ensemble de ces richesses, trouver les mécanismes appropriés pour que les populations en particulier celles vivants à proximité des sites d’exploitation puissent bénéficier des retombées de ces ressources minières et préserver l’environnement», a poursuivi M. Dembélé. Le secrétaire général du ministère des Mines intervenait lors d’un colloque sur le secteur minier organisé par le Centre d’étude et de réflexion au Mali (CERM) sur le thème de « L’exploitation des ressources minières au Mali : comment assurer un partage juste et équitable pour la majorité de Maliens ?» Ce débat proposé, selon la vice-présidente du CERM, Assétou Founé Samaké, « a pour objectif principal de faire, à partir de l’état des lieux du secteur, des propositions pertinentes pour que chaque acteur soit gagnant dans l’exploitation des ressources minières au Mali. » Soussourou Dembélé a estimé que c’est une occasion pour les acteurs miniers « de débattre sans tabou, de manière constructive sur les défis qui se posent sur la gestion des ressources minières au Mali sur les plans socio-économiques, environnementaux et politiques et améliorer le partenariat gagnant-gagnant. » Le président de la Chambre des mines du Mali, Abdoulaye Pona, a fait savoir que sa conviction profonde est que « le chemin qui mène vers un Mali émergent et prospère passe infailliblement par une exploitation minière efficiente, par une exploitation juste et équitable du fruit de nos immenses richesses minières et minérales. » « À cet effet, la chambre des mines du Mali, a-t-il dit, a pour vocation de servir de catalyseur entre d’une part, les intérêts de l’Etat et d’autres part ceux des investisseurs privés. » D’ores et déjà, sa structure a adressé aux autorités un mémorandum détaillé de proposition pour la bonne marche du secteur minier. Aux noms des communautés proches des zones d’exploitation, Tiédé Fané, représentant le maire de Sadiola, a dit que « l’or, considéré comme le premier produit d’exportation, génère entre 250 à 300 milliards de Fcfa par an. » Toutefois, il regrette que malgré «cette contribution significative, plusieurs rapports sur le secteur de l’or au Mali (Rapport ITIE, rapport du Vérificateur général…) font ressortir que les retombées de l’exploitation minière sont en deçà de ce qu’elles pourraient être sans compter les plaintes multiples des communautés ». Cependant, Tidié Fané reste optimiste. Pour que l’or brille pour le Mali, il a suggéré « l’implication des plus hautes autorités à tous les niveaux, un suivi rigoureux du code minier par l’Etat, une gestion judicieuse des revenus tirés des mines, donner un contenu minimum au Plan Développement Communautaire prévu par le code minier en cohérence avec le Plan de développement économique et social (PDESC). Par ailleurs, il a invité « les autorités à valoriser le contenu local et appuyer la commune rurale de Sadiola à mieux organiser l’orpaillage à travers la mise en place de comptoirs d’achat. » OS/MD (AMAP)

La douane malienne interdit les importations de la MINUSMA (officiel)

Bamako, 27 juin (AMAP) Le ministère malien de l’Economie et des finances a pris des mesures contre la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations-unies pour stabilisation au Mali (MINUSMA), suite à l’officialisation de la demande de « retrait sans délai », de la Mission onusienne par les autorités maliennes. Dans une correspondance datée de ce mardi 27 juin 2023, le directeur général des Douanes maliennes, l’Inspecteur général Amadou Konaté a instruit tous les directeurs, chefs de bureaux et des représentations des douanes à l’extérieur « d’interrompre immédiatement les importations de tous matériels à destination de la mission onusienne jusqu’à la date de son retrait définitif du territoire du Mali », Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, lors de son intervention devant le Conseil de sécurité des Nations unies, à l’occasion de la présentation du rapport trimestriel de l’organisation sur la situation au Mali, a demandé « le retrait sans délai » de la MINUSMA. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit, en principe, se réunir le 29 juin pour statuer sur la demande de retrait formulée par le Mali. AT/MD (AMAP)

Mouton de Tabaski : Encore et toujours le casse-tête du prix

Par Fadi CISSÉ Bamako, 27 juin (AMAP) Sous un ciel couvert, les jeunes Aliou et Amadou Dicko transpirent à force de marcher. Coiffés de turbans et munis d’un petit bidon d’eau en bandoulière, les deux frères ressortissants de la Région de Tombouctou, dans le Nord du Mali, sillonnent les rues de la ville aux trois caïmans, la capitale malienne, Bamako, avec leurs moutons qu’ils souhaitent vendre en cette veille de Tabaski. Comme eux, ils sont nombreux les vendeurs qui parcourent les quartiers avec les moutons ou qui s’installent aux abords des voies pour attirer l’attention des chefs de famille n’ayant pas encore acheté de moutons pour la Tabaski. Les prix vont de 90 000 Fcfa à 250 000 Fcfa. De nos jours, le mouton n’est pas donné à cause d’une conjoncture marquée principalement par l’insécurité et la hausse des prix du transport et de l’aliment bétail. À quelques heures de la fête, des chefs de familles sont dans le désarroi à cause de la cherté des prix des moutons. Les enfants en rajoutent au stress à chaque fois qu’ils interpellent leur père en ces termes : « Papa, quand est-ce que tu vas nous apporter le mouton pour la fête ? » Des vendeurs, qui exercent ce métier depuis plus de 10 ans, confirment la cherté et en donnent des explications. «Les gens trouvent que les prix ont grimpé contrairement aux années précédentes. Mais, on n’y peut rien car à notre niveau également, tout est devenu cher : la nourriture et les frais de transport des moutons. L’acheminement d’un mouton sur Bamako coûte en moyenne 5 000 Fcfa. Sans compter les frais de transport des bêtes de la gare vers les sites de vente», se défendent-ils. « Il faut, également, noter que les éleveurs exportent une bonne partie des moutons vers les pays de la sous-région », ajoute un vendeur. A notre passage, nos deux vendeurs ambulants proposaient onze béliers. Certaines de ces bêtes sont venues des villages et d’autres, des garbal (parc à bétail) de la ville de la Bamako. « C’est pourquoi, nous ne pouvons pas vendre nos animaux au même prix», se défendent-ils, précisant que ceux des garbals sont les plus chers. Aux dires d’Amadou, le plus âgé, ils préfèrent vendre dans les rues plutôt que d’être dans un garbal, car « c’est la mafia là-bas ». «Si tu ne fais pas partie de leur réseau de vente, il sera difficile pour toi de vendre même un seul mouton. Par contre, dans la rue, tu peux vendre jusqu’à trois moutons par jour», affirme-t-il. Alors qu’on échangeait avec les vendeurs, un client se présente et s’intéresse au plus gros mouton. Sans une longue discussion, il propose de l’acheter si les vendeurs acceptent de lui faire une réduction de 20 000 Fcfa. Proposition acceptée et le mouton est vendu à 200 000 Fcfa, donnant tout de suite le sourire aux vendeurs. Ali (nom d’emprunt du client) a sillonné plusieurs garbal avant de « tomber, par coup de chance, sur ce mouton». Boureima Tolo, un autre client qui a assisté à la scène, semble impressionné par le pouvoir d’achat d’Ali. Il trouve que les prix ne sont pas abordables cette année. Cependant, il affirme que les vendeurs ambulants sont « moins chers que ceux des garbal». En plus, dit-il, «j’adore les moutons proposés par les vendeurs ambulants car la majeure partie vient du Nord. Leur viande est très tendre. » Oumar Ongoïba est vétérinaire de formation. A l’approche de chaque fête de Tabaski, ce ressortissant de Mopti vient à Bamako pour vendre les moutons qu’il a élevés lui-même. « Mais après cette année, je ne viendrai plus vendre de moutons car on perd plus qu’on ne gagne », se plaint le trentenaire. Le jeune vendeur, que nous avons rencontré à Sébénicoro, entonne la même trompette que nos deux précédents interlocuteurs. Il soutient l’idée de ne pas aller au garbal. « Ici, je vends librement, comme je veux et au prix que je veux, sans intermédiaire ni coxeur à qui que je paie une commission », dit-il. Ses bêtes sont vendues entre 75 000Fcfa et 200 000Fcfa. Oumar a amené 40 moutons de la Région de Mopti (Centre). Mais il n’a en encore écouler que cinq. «Les gens n’ont pas d’argent en ce moment. Ils veulent que nous rendions abordables les prix, or nous nous avons beaucoup investi dans ces béliers », confie notre interlocuteur qui se dit prêt à ramener ses moutons au village plutôt que de les vendre à perte. FC/MD (AMAP)  

Agence nationale pour l’emploi : 1 900 placements sur 4 000 demandes d’emplois en 2022

Bamako, 26 juin (AMAP) L’Agence nationale pour l’emploi (ANPE) a pu exécuter son Plan de travail (PTA) 2022 à hauteur de 75,5%, en réalisant 1 900 placements sur 4 000 demandes d’emplois enregistrés et 3.000 entrées en formation a appris l’AMAP de source officielle. Le président du Conseil d’administration de l’ANPE, Issa Bengaly, lors de la 46è session de l’organe, vendredi, au siège de l’Agence, a précisé que « l’essentiel des activités menées sont liées à la promotion de l’emploi, à l’intermédiation, à l’emploi rural et à l’emploi féminin. » Parlant des résultats obtenus, il a ajoute que « singulièrement, diverses actions ont été initiées en faveur des personnes en situation de handicap, conformément aux missions assignées à l’Agence. » M. Bengaly a salué la synergie d’actions en place. À ce sujet, il faut rappeler qu’en novembre 2022, l’ANPE a signé une convention quadripartite avec l’Observatoire national de l’emploi et de la formation (ONEF), l’Association des écoles privées d’enseignements supérieurs (AEPES) et le forum des patriciens en gestion des ressources humaines au Mali. L’objectif est de mener une étude d’élaboration de fiches des postes et des emplois les plus récurrents dans les entreprises. Selon le président du Conseil d’administration, « cette étude contribuera à la résolution de certaines distorsions sur le marché du travail et permettra d’établir des référentiels aux besoins des employeurs. » Il favorisera, aussi, l’insertion professionnelle des demandeurs d’emplois. Issa Bengaly s’est réjoui de l’accompagnement constant des autorités auprès du secteur privé, pourvoyeur d’emplois. Il a félicité la direction générale, tout en leur demandant de maintenir le cap. Pour sa part, le directeur général de l’ANPE, Ibrahim Ag Nock, a énuméré des difficultés auxquelles la structure a été confrontée. Elles sont d’ordres sécuritaire et financier. Sur le plan sécuritaire, l’Agence a été confrontée à l’immobilité des agents sur l’ensemble du territoire national à cause de l’insécurité. Concernant le plan financier, l’année 2022 a été difficile en termes de mobilisation des ressources financières au niveau du secteur privé et des partenaires techniques et financiers. «En ce qui concerne les perspectives, nous sommes toujours en droite ligne de la mise en œuvre du Plan stratégique de développement (PSD) 2021-2025. La portion de 2024-2025 sera étrillée et corrigée pour permettre l’’atteinte de résultats significatifs», a annoncé M. Bengaly. Les administrateurs de l’ANPE ont examiné d’importants documents au titre de l’exercice 2022. Il s’agit des rapports sur l’état d’exécution des activités programmées, financier et celui du commissaire aux comptes sur la certification des états financier au titre de l’exercice écoulé. KO/MD (AMAP)

Les acteurs maliens des énergies renouvelables identifient les contraintes

Bamako, 23 juin (AMAP) La Fédération malienne de l’électricité, énergie, énergies renouvelables et nouvelles (FENEM) a organisé, jeudi, une table ronde avec comme thème «Energie durable au Mali: enjeux, défis et perspectives pour le secteur privé ». Cette rencontre a rassemblé les acteurs du secteur de l’énergie pour caractériser les enjeux, les défis et les actions pratiques de l’intensification du rôle moteur du secteur privé dans l’accès universel à l’énergie et à la transition énergétique au Mali. Au cours de la rencontre, les participants ont abordé trois questions identifiées comme prioritaires. Il s’agit de l’amélioration des aspects règlementaires, la prise en compte du rôle central de l’énergie comme catalyseur du développement et l’inclusion financière. «Les défis liés à l’accès à l’énergie sont nombreux dans notre pays. Coupures intempestives de courant, délestages, dépendance aux produits pétroliers importés, coûts élevés de l’électricité, dégradation des forêts sont autant de problématiques qui minent nos économies et le développement global du pays», a déploré le président de la FENEM, Dadié dit Amadou Sankaré. Selon M. Sankaré, le Mali regorge de nombreux acteurs privés qui proposent des solutions visant à rehausser le taux d’accès à l’énergie et contribuer à la transition énergétique à l’échelle nationale. « Les 160 entreprises membres de la FENEM sont autant d’exemples concrets d’un marché en plein essor et d’opportunités croissantes pour répondre aux divers besoins énergétiques», a-t-il déclaré. Ces acteurs privés font, cependant, face à de multiples facteurs bloquant l’évolution de leurs activités. Parmi les contraintes, Dadié dit Amadou Sankaré a mentionné l’accès aux financements (nationaux et internationaux) et aux marchés publics et à l’importation des équipements d’énergies renouvelables. Autres défis soulignés par le président de la FENEM sont le manque de ressources humaines qualifiées, l’insuffisance des incitations et les réglementations spécifiques en place ainsi que leur mise en œuvre effective. «Notre volonté est que cette table ronde constitue une base pour des synergies futures dynamiques et structurantes pour le pays», a-t-il laissé entendre. Le président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Mossadeck Bally, a souligné que « l’énergie est au centre de presque tous les défis majeurs, mais aussi des perspectives prometteuses qui se présentent au monde aujourd’hui. » Qu’il s’agisse d’emplois, de sécurité, de changement climatique, de production de nourriture ou d’accroissement des revenus, l’accès pour tous à l’énergie est essentiel. « Le Mali dispose d’un important potentiel inexploité de développement des énergies renouvelables», a aussi fait remarquer Mossadeck Bally. Le représentant de la coopération de l’ambassade Suédoise, Richard Bomboma, de rappeler que son pays soutient plusieurs programmes et projets des énergies renouvelables au niveau national et régional en vue de contribuer à l’atteinte des objectifs de développement durable (OOD7). Le secrétaire général du ministère des Mines, de l’Énergie et l’Eau, Soussourou Dembélé, qui a présidé l’ouverture de l’atelier, a assuré que le gouvernement s’est engagé à relever ces défis à travers des efforts concrets déjà consentis. En effet, l’Etat a créé un cadre législatif et institutionnel adéquat, développé des projets d’énergies renouvelables, élaboré des plans et des stratégies, suscité l’intérêt des investisseurs privés… «La vision du gouvernement est une contribution décisive du sous-secteur des énergies renouvelables dans la réduction de la pauvreté et le développement durable par une approche intégrée des politiques, stratégies et programmes d’investissements», a expliqué M. Dembélé. BBC/MD (AMAP)

L’État malien alloue 28,5 milliards de Fcfa pour soutenir le secteur privé

Bamako, 23 juin (AMAP) Le Fonds de garantie pour le secteur privé (FGSP-Sa) et l’État du Mali, représenté par le ministre de l’Économie et des Finances, ont signé une convention pour l’octroi d’une allocation de 28,5 milliards de Fcfa, a appris l’AMAP de source officielle. Selon une note d’information du FGSP-Sa déposée à notre rédaction, cette convention intervient dans le cadre du « soutien à la résilience économique des entreprises privées. « Son impact sur le financement du secteur privé pourrait, à terme, atteindre 600 milliards de Fcfa », poursuit la même source. Elle vient conforter la dynamique impulsée par le gouvernement en soutien au secteur privé afin de l’aider à faire face aux effets pervers de la pandémie de Covid-19. Suite à cette crise sanitaire, 20 milliards de Fcfa ont été affectés au FGSP-Sa par l’État pour une durée de deux ans, dans le but de soutenir, par l’accès au financement, les entreprises impactées. Selon la note du FGSP-Sa, «l’impact de cette dotation a été jugé suffisamment satisfaisant». En témoignent les résultats opérationnels obtenus : 161 milliards de Fcfa de garanties émises en face d’un objectif initial de 100 milliards de Fcfa, 471 milliards de Fcfa de financements mobilisés contre un objectif de départ de 125 milliards de Fcfa. S’y ajoutent 10 050 entreprises accompagnées contre un objectif initial de 2 000 et enfin 60 298 emplois sauvegardés contre un objectif initial de 12 000. À travers la convention signée, l’État renouvelle sa confiance au FGSP-Sa. L’institution remercie les autorités pour lcette confiance et «s’engage à mettre en œuvre cette initiative qui s’inscrit en droite ligne de la vision stratégique », des autorités nationales. Par conséquent, le FGSP-Sa invite toutes les parties prenantes (entreprises, institutions de crédit et partenaires au développement) à œuvrer pour «l’émergence d’une synergie propre à la concrétisation des objectifs de ce programme. » Le FGSP-Sa a été créé en 2014, à l’initiative de l’État malien, en collaboration avec le secteur privé, conformément à la Loi d’orientation de ce secteur. Il a, essentiellement, pour objectifs de faciliter l’accès du secteur privé au financement, de contribuer à son développement mais, aussi, « à la création d’emplois et de valeur ajoutée grâce à des mécanismes incitatifs de partage de risque. » AC/MD (AMAP)

Production agricole : La semence certifiée augmente les rendements de 30 à 40%, a dit le PM Choguel Kokalla Maiga

Bamako, 23 juin (AMAP) La semence certifiée contribue pour 30 à 40% à l’augmentation des rendements des cultures, a révélé le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, à l’ouverture, jeudi, du Forum de Bamako sur les semences certifiées (FOSEB). Au cours de cette rencontre, couplée à la 11è édition de la Bourse des semences, qui s’est déroulée au Centre international de conférences de Bamako (CICB), les acteurs de la filière semencière au Mali étaient invité à faire la démonstration de leur savoir-faire en vue de contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Le chef du gouvernement, Choguel Kokalla Maïga, a indiqué que différentes études ont montré que la semence certifiée joue un rôle important dans l’amélioration de la production et de la productivité agricoles. Organisé par l’Association des semenciers du Mali (ASSEMA) et placé sous le thème central : «La relance économique par les semences certifiés», le FOSEB a pour objectif de contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle sur toute l’étendue du territoire national. Des résultats probants ont été obtenus aussi bien dans le domaine de la production, de la productivité que dans celui de l’organisation des professionnels du secteur rural. Cependant, pour l’ASSEMA), un des maillons stratégiques comme les semences, particulièrement celles certifiées, mérite une attention toute particulière par rapport au taux de couverture en termes de besoins et de disponibilité. Le chef du gouvernement a rappelé que la filière semencière a connu une évolution intéressante ces cinq dernières années. En témoignent l’élaboration et la validation de la politique semencière, la création de plusieurs coopératives semencières, la commercialisation d’une plus grande quantité de semences par le privé, les renforcements du laboratoire des semences pour la certification… Ces succès ne doivent cependant pas cacher les difficultés auxquelles se heurte la promotion de la filière semencière. Dr Choguel Kokalla Maïga a regretté l’insuffisance de ressources pour réaliser, de façon efficace, les activités de contrôle au champ et de certification, le faible pouvoir d’achat des producteurs, la faible surface financière de certaines coopératives et l’éloignement des sites de dépôt des semences. Des difficultés qui ne facilitent pas la commercialisation des semences et l’accès des petits exploitants aux intrants d’intensification. Le Premier ministre a assuré que la production et la productivité « seront améliorées de façon significative pour permettre au pays d’atteindre l’un des objectifs majeurs des autorités, à savoir la sécurité alimentaire et nutritionnelle. » Il a invité les acteurs intervenant dans le domaine à envisager des mesures fortes permettant de lever les contraintes. Le chef du gouvernement a relevé que les autorités accordent une grande importance aux aspects «qualité» des intrants agricoles. À cet égard, il a invité les fournisseurs à mettre à la disposition des producteurs des intrants de qualité (engrais, semences, pesticides) pour booster la production et la productivité agricoles et préserver la santé des populations. Le président de l’ASSEMA, Drissa Coulibaly, a sollicité l’accompagnement politique en faveur du secteur semencier malien, maillon important dans les composantes du domaine de l’agriculture dans sa pratique et dans sa performance. «Les semences sont d’une importance capitale pour tout système d’exploitation agricole qui se veut performant, car les semences garantissent le rendement et la productivité agricole à hauteur de 30 à 40 %», a soutenu M. Coulibaly. L’ASSEMA est une organisation professionnelle dédiée au développement de l’industrie semencière au Mali. Créée en 2002, elle rassemble les acteurs semenciers, les organisations paysannes et les partenaires engagés dans le domaine des semences. Son objectif est de créer un cadre propice à l’échange d’informations et d’expériences dans les domaines de la technologie, de la sélection, de la production et du commerce des semences. AMK/MD (AMAP)    

Route Bancoro-Dioro (Centre) : lancement des travaux de construction et de bitumage par Assimi Goita

Ségou, 14 juin (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a donné, mardi, le coup d’envoi des travaux de construction et de bitumage de la route Banacoro-Dioro à Nérèkoro, à quelques kilomètres de la ville de Ségou, dans le Centre du Mali, a constaté l’AMAP. Après un accueil populaire sur le site, le colonel Assimi Goïta a procédé au lancement des travaux de ce tronçon long de 45 km par un coup de lame symbolique de la niveleuse. D’un coût total de 23,8 milliards de Fcfa, entièrement financés par le budget national, la réalisation de cette route s’inscrit dans le cadre de la vision des autorités qui entendent lutter contre la pauvreté à travers le désenclavement des zones rurales et urbaines. La route sera conçue conformément aux standards des normes admises pour les routes communautaires de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Communauté économique des Etats de l’Afriaue de l’Ouest (CEDEAO). Il est également prévu l’éclairage public dans les traversées d’agglomération, la signalisation horizontale et verticale ainsi que les équipements de la route (balises, glissières de sécurité, bornes penta kilométriques). L’assainissement longitudinal et transversal de la route est assuré par des caniveaux, des fossés en terre, des dalots. « Le projet prévoit, au titre des mesures environnementales et sociales, la remise en état des emprunts, la réalisation de forages équipés en pompe à motricité humaine », a expliqué la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko. La route Banankoro-Dioro a été construite en terre moderne dans les années 1970, dans le cadre de l’aménagement des casiers rizicoles de Dioro par l’Opération riz Ségou (ORS). En dépit des investissements consentis dans le cadre des programmes annuels d’entretien routier, elle se trouve constamment, dans un état de dégradation très avancé. Pour Mme Dembélé Madina Sissoko, ce projet de construction et de bitumage de la route Banankoro-Dioro s’inscrit dans ce processus irréversible. «Cette route est un des axes principaux d’approvisionnement de notre pays en céréales sèches et bétail. Sa réalisation permettra d’assurer le désenclavement d’une zone d’agriculture et d’élevage par excellence, conformément au plan d’actions du gouvernement, approuvé par le Conseil national de Transition », a-t-elle dit Madina Sissoko a invité l’entreprise et le bureau de contrôle à mériter la confiance placée en eux par l’autorité contractante, en assurant une bonne exécution des travaux dans le respect strict des montants et des délais contractuels. Le tronçon Banankoro-Dioro fait partie de la Route nationale n°34 (RN34) qui est longue d’environ 244 km et passe par Banankoro, Dioro, Saye, Djenné. La RN34 traverse la zone de l’inter-fleuve, comprise entre la rive droite du fleuve Niger et la rive gauche de l’affluent Bani. Elle traverse également le Bani à Sanouna pour rejoindre le carrefour de Djenné à l’embranchement avec la Route nationale 6 (RN6). En visite dans la Région de Ségou, le colonel Assimi Goïta a mené plusieurs activités le chef de l’État. Il a été reçu sur le site des travaux de construction et de bitumage de la route Banacoro-Dioro à Nérèkoro, aux environs de 9 heures, par les autorités régionales et une population en liesse. Tandis que certains scandaient le nom du président, d’autres brandissaient des pancartes sur lesquelles pouvait-on lire notamment «vive la Transition», «nous votons OUI au référendum». C’était en présence du président du Conseil national de Transition (CNT), Malick Diaw et de plusieurs membres du gouvernement ADS/MD (AMAP)  

Lutte contre le travail des enfants : Une responsabilité partagée

Par Jessica K. DEMBÉLÉ Bamako, 12 juin (AMAP) Il est 5 heures 30 minutes, ce jeudi, à Kalanbancoura. A.S, jeune fille de 14 ans est déjà debout pour effectuer ses travaux ménagers quotidiens. Pas le temps d’une petite toilette, elle attaque directement la journée en mettant du charbon de bois dans un fourneau et allume le feu. Encore engourdie de somnolence, elle attise le feu, étant la première et la seule debout dans la famille en ce début de journée. Après une dizaine de minutes d’attente, elle pose une marmite remplie d’eau sur le feu. «Mon travail consiste à m’occuper de la maison, laver les vêtements de mes patrons et de leurs enfants, faire la cuisine et la vaisselle», confie-t-elle en balayant la cour. A.S est une jeune fille, non scolarisée, qui a quitté son village à l’âge de 12 ans pour venir habiter chez sa tante à Bamako. Dès son arrivée, sa tante lui a trouvé un travail dans une famille voisine, avec l’accord de ses parents. La jeune fille est payée à 15 000 Fcfa par mois. «Je travaille tellement que parfois, je ne sens plus mes jambes. Les seules fois où je me repose c’est quand je termine rapidement mes travaux de la journée», fait savoir l’adolescente. A.S n’est malheureusement pas le seul enfant dans cette situation dans la capitale malienne. Vendredi 2 juin, il est 10 heures au marché «Wonida» de Bozola, en Commune II. À peine y avons-nous mis les pieds que nous voyons des enfants déambuler dans tout le marché. Certains nous approchent, des sacs en plastique de couleur bleu à la main, demandant inlassablement : «Voulez-vous qu’on porte votre panier Madame ?». Ahmed S. est l’un de ces enfants. Il n’a aucune de son âge. Par contre, il connait bien le goût de l’argent. Vêtu d’habits délavés, le garçonnet se dit porteur de paniers. Ce qu’il fait cela depuis longtemps, selon lui. Des propos confirmés par son grand-frère de dix ans, debout à ses côtés. Fréquentant l’école coranique, les deux gamins se rendent au marché ‘Wonid’ chaque vendredi avec l’accord de leurs parents. «Je peux gagner 1 000 Fcfa par jour», confie-t-il. Un peu plus loin, nous avons trouvé Alou. D. 9 ans qui n’a jamais été à l’école. Il parcoure le marché portant un panier rempli de concombres qu’il vendait à 500 Fcfa. Chaque jour, le petit garçon quitte, tôt le matin, sa famille à Badalabougou. «Je travaille pour une dame, Tantie Mah. Elle me donne ses légumes que je vends toute la journée. Je suis payé à 1 000 Fcfa par jour», nous a-t-il confié. Alou. D. explique qu’il peut vendre plusieurs paniers de légumes durant la journée. Néanmoins, ce n’est pas pour autant que sa paye augmente. Nous avons cherché à rencontrer «Tantie Mah» dont Alou. D n’est pas le seul employé. Nous avons trouvé la bonne dame détendue sur une chaise, plusieurs légumes frais entreposés devant elle. Elle nous confirme qu’elle emploie des jeunes garçons qui déambulent avec sa marchandise dans le marché et au bord de la route. A la question si elle est consciente que l’emploi des enfants est une violation de la Convention internationale des Droits de l’enfant adoptée depuis 1989, elle nous répond que c’est plutôt leurs parents qu’il faut sanctionner. «J’ai juste eu pitié d’eux quand ils se sont présentés à moi cherchant du travail. Je les nourris puis je les paye, c’est tout», se justifie-t-elle. 2, 5 MILLIONS D’ENFANTS – Sur les statistiques mondiales, il y a 130 millions d’enfants qui travaillent dans le monde et la majorité se trouve en Asie et en Afrique. Parmi ces enfants, certains sont exposés aux pires formes de travail. Au Mali, de nos jours, sur les sept millions d’enfants âgés de 5 à 7 ans, il y a en moyenne 2,5 millions qui sont victimes du travail des enfants. Ces chiffres sont fournis par l’Institut national de la statistique (INSTAT) à travers son Enquête modulaire et permanente auprès des ménages (EMOP). Dans le cadre de la Journée mondiale contre le travail des enfants, nous avons approché le directeur de la Cellule nationale de lutte contre le travail des enfants (CNLTE), Amadou Thiam. A l’instar d’autres pays, le Mali célèbre cette Journée. Le thème de cette année est : «La justice sociale pour tous, éliminons le travail des enfants». Le directeur de la CNTLE nous apprend que dans son Code du travail, le Mali n’autorise pas le travail des enfants avant leurs 15 ans. Et au-delà de 15 ans, « ils peuvent travailler mais sous certaines conditions car il y a aussi les pires formes de travail qui sont interdites au moins de 18 ans. », explique-t-il. Thiam indique qu’en cas de travail d’un enfant, c’est l’employeur qui est sanctionné par la loi. Et cela, peu importe son statut envers l’enfant (parent ou tuteur). «Des textes juridiques sont là. Lorsque vous les violez, vous vous exposez à des sanctions comme des amendes ou l’emprisonnement», insiste-t-il. Cependant, Amadou Thiam explique qu’ils ne sont pas arrivés au niveau des sanctions.  Sauf pour les cas avérés que nous avons identifiés lors de nos missions. « Là on peut saisir les autorités judiciaires qui vont interpeller la personne pour la sanctionner», précise-t-il. Le directeur de la CNTLE souligne, toutefois, que dans certains cas, l’enfant s’occupe de petits travaux, comme aider ses parents dans les tâches familiales à condition qu’elles n’interfèrent pas sur sa scolarisation. «On appelle cela des travaux socialisants», précise-t-il. Selon Amadou Thiam, le travail des enfants est un frein considérable au développement durable. Malgré la Convention de 1989 interdisant cette pratique, il trouve « malheureux de constater que le phénomène persiste en plusieurs endroits et dans plusieurs pays du monde. » D’après lui, une enquête nationale menée sur le travail des enfants a révélé que l’effectif d’enfants travailleurs au Mali se concentre plus au niveau de l’agriculture et de l’orpaillage. Ces deux secteurs représentent plus de danger pour les enfants. « Et pour cause, les sites d’orpaillage, qui sont des tombeaux ouverts, exposent les enfants aux produits