Distribution en cours de l’engrais subventionné à Sikasso : Le soulagement des producteurs

Par Mariam F. DIABATE  Sikasso, 04 août (AMAP) Les producteurs de Sikasso, dans le Sud du Mali, ont accueilli avec soulagement la mise à disposition des fertilisants subventionnés par l’État même s’ils estiment que les quantités disponibles sont en deçà des besoins. L’insuffisance des quotas alloués provoque, souvent, l’ire et l’incompréhension des producteurs de la 3è Région administrative du Mali. Depuis juin dernier, les producteurs de Sikasso prennent d’assaut la cour de la Direction régionale de l’agriculture (DRA) où se déroulent les opérations de distribution, dans l’espoir de s’approvisionner en engrais subventionnés par l’État. Lundi 24 juillet dernier, il est 10 heures dans la cour de la DRA. Le ciel est couvert de nuage. À l’entrée, l’ambiance est bon enfant. L’opération de distribution d’engrais subventionnés se déroule devant la section agriculture dont la devanture est bondée de monde. De nombreux producteurs, venus de différentes contrées de Sikasso, y sont campés avec leurs motos. Ils sont là depuis le petit matin. Chacun tient à être servi. IMPATIENCE – L’un d’eux, visiblement en colère, explique les raisons de cette impatience. «La subvention de l’engrais est une bonne initiative de la part du gouvernement. Cette année, mon village met en valeur des champs d’une superficie de 81 ha de maïs et 85 ha pour la culture du riz. Je suis là pour récupérer le quota d’engrais subventionnés destiné à mon village», explique Diakalia Bengaly. L’envoyé du village de Pengafolasso est convaincu qu’il n’aura pas le quart du besoin exprimé par son village. Conscient qu’il faudra se contenter de ce qu’il aura, notre interlocuteur déplore les va-et-vient incessants entre son village et la DRA pour remplir des formalités. «Pour l’instant, nous sommes dans l’attente», a dira M. Bengaly qui invite l’État à penser à décentraliser la distribution de l’engrais subventionné pour rapprocher les sites des producteurs. «Toute chose qui permettra aux producteurs de s’approvisionner dans leurs communes», suggère-t-il. Harouna Traoré et Alhassane Ouattara ont été délégués par Kalfabougou et Sayaga. Ces deux villages possèdent, respectivement, des champs de maïs d’une superficie de 70 ha et 90 ha ainsi que des champs de riz s’étendant sur 30 et de 40 ha. Leurs représentants souhaitent obtenir la quantité d’engrais pouvant couvrir l’ensemble des superficies cultivées. Nos deux interlocuteurs exhortent les autorités à augmenter la quantité d’engrais subventionné allouée à la région de Sikasso. Également rencontrée sur place, Adjaratou Diamouténé estime que l’accès à l’engrais est très difficile pour les coopératives des femmes. « C’est la raison pour laquelle, explique la quadragénaire, nombres de femmes abandonnent la lutte. » Les inquiétudes de ces producteurs et productrices sont-elles fondées ? «Cette année, la quantité d’engrais subventionnés accordées à la DRA de Sikasso par l’État s’élève à 17 932 tonnes. Pour l’heure, 7 333,9 tonnes d’engrais (tous types confondus) ont été distribués», détaille le chef du bureau statistique et suivi évaluation de la DRA, Moussa Dembélé. Selon ljui, cette quantité ne représente que 12% des besoins de la région. DIX JOURS SUPPLEMENTAIRES – « La distribution a démarré le 12 juin pour l’engrais organique et le 3 juillet pour l’engrais minéral », explique le directeur régional de l’agriculture, Alkassoum Barka. Il précise que 1.535 tonnes d’urée dont 38 tonnes de DAP et 863 tonnes de NPK, 15.488 tonnes d’engrais organiques, 8 tonnes de fertilisant (ovalis) et 6 tonnes de maïs hybride ont été mises à la disposition de la DRA au profit des cercles de Sikasso et de Kadiolo. Les prix subventionnés sont de 14 000 Fcfa le sac de 50 kg pour l’engrais minéral, 3 000 Fcfa le sac de 50 kg de l’engrais organique, 17 500 Fcfa pour l’ovalis et la semence de maïs hybride coûte 1 500 Fcfa. Quant aux prix non-subventionnés des engrais, il est de 27 000 Fcfa pour l’urée, 31 000 Fcfa le sac de DAP et 29 000 Fcfa pour le NPK. Le sac de 50 kg de l’engrais organique est cédé à 6 000 Fcfa, contre 3 000 Fcfa pour la semence de maïs hybride à et à 35.000 Fcfa pour l’ovalis. Sikasso, la cité verte du Kénédougou, est l’une des principales régions nourricières du Mali. Zone de production par excellence de légumes, de tubercules, de fruits, de céréales et de coton, la région doit son essor économique aux investissements massifs (financiers et humains) de ses fils dans l’agriculture. Productions agricoles qui continuent de croître grâce à l’accès des paysans aux intrants notamment les fertilisants subventionnés par le l’État. Malheureusement, cette année encore, des retards sont constatés dans la mise en place de ces engrais chimiques. Dans la zone de l’Office du Niger, dans le centre du Mali, des lourdeurs administratives entravent les activités. En visite cette semaine dans cette zone, le ministre de l’Agriculture, Lassine Dembélé, a, au regard des difficultés d’approvisionnement, invité les fournisseurs à plus d’efforts pour une mise en place rapide des engrais. «Nous avons adressé une lettre à tous les fournisseurs pour leur accorder dix jours supplémentaires afin qu’ils puissent honorer leurs engagements. Passé ce délai, leurs reliquats seront attribués à d’autres fournisseurs disposant de l’engrais», a-t-il prévenu. Il a révélé que l’opération de distribution, dans cette zone, connaît un léger retard à cause du nombre important de signataires et le fait qu’il n’y ait qu’un seul contrôleur financier à Niono qui doit signer les cautions techniques de cinq zones de production (Niono, Molodo, N’Débougou, Kouroumari et M’Béwani.) « Cette tâche, selon lui, n’est pas du tout aisée, car il s’agit de milliers de documents à signer. D’où le retard dans la délivrance des cautions techniques aux producteurs agricoles. » Quant aux zones de production de Kolongo et de Ké-Macina, un contrôleur financier doit signer leurs documents. «C’est une lourdeur que nous allons signaler au département de l’Économie et des Finances», a assuré le ministre Dembélé. Parlant des défis à relever, le directeur régional de l’agriculture de Sikasso, Alkassoum Barka, a évoqué, entre autres, l’insuffisance de l’engrais minéral subventionné, le dérèglement climatique, l’insuffisance du personnel d’encadrement ainsi que l’intensification de la production de la fumure organique. Il a invité les producteurs à alerter les autorités en

Le poulet métissé Wassa chè, une aubaine pour les aviculteurs

Par Fatoumata TRAORE Bamako, 03 août (AMAP) La viande de volaille, particulièrement de poulet, occupe une place de choix dans la gastronomie malienne. Elle se retrouve dans nos assiettes lors de cérémonies et de fêtes religieuses, de mariage, de baptême ou autres rencontres festives. Des grands hôtels aux plus petites gargotes, en passant par les restaurants et les rôtisseries, la consommation de poulet atteint des proportions difficiles à estimer. Ce qui rend la demande plus forte sur le marché. L’élevage des poules comme toutes autres activités économiques, répond à des normes scientifiques, sanitaires et commerciales. Elle s’appuie sur des résultats de recherches scientifiques au plan nutritionnel, sanitaire mais, aussi, génétique pour se développer. La hantise de tout aviculteur vient des maladies aviaires. C’est la principale cause des échecs dans les élevages. « Pour pallier cette contrainte, les chercheurs de l’Institut d’économie rural (IER) ont mis au point une technique qui permet de croiser la race de poulet locale métissée avec une race exotique appelée le «Rhode Island red», pour obtenir un degré de sang à ¼ de la première et à ¾ de la seconde », explique Dr Amindi Moussa Dolo, chef de programme au Centre de recherche de Sotuba. Le fruit de ce croisement est dénommé ¾ ou «Wassa chè» en bambara qui veut dire : un poulet qui répond aux attentes. De nombreux aviculteurs ne jurent plus que par cette race hybride. Il se caractérise par sa capacité à produire des œufs fécondables, en même temps que de la chair. En plus, il résiste aux maladies aviaires. Selon le chercheur, c’est un sujet qui, grâce à son gène local, s’adapte à l’environnement rural. Il est moins gourmand en nourriture et très productif en œufs (180 en moyenne par an), contre 80 à 90 pour la race locale. En terme de croissance, il présente le double avantage de mettre moins de temps que le poulet local et d’avoir une durée de vie plus longue que la race exotique. Fort de ce potentiel, le « Wassa chè » est devenu une aubaine pour les producteurs maliens. Moussa Maguiraga, président de la Coopérative « Wassa chè » du Mali confime et confie que grâce à cette technique, « les aviculteurs maliens peuvent sortir de la pauvreté et faire du sous-secteur un moteur de l’économie malienne tout en contribuant à la sécurité alimentaire des populations. » FOURNIR LES PAYS VOISINS– Aujourd’hui, à en croire M. Maguiraga, l’activité se porte bien, même s’il met une réserve quant à la vulgarisation du « Wassa chè » qui n’a pas encore atteint les résultats escomptés. On rappelle que le gouvernement, à travers ces travaux de recherche de l’IER, a voulu faire de l’aviculture un moyen de lutte contre la pauvreté en milieu rural. Car, l’activité pourrait être génératrice de revenus pour de nombreuses familles qui vivent dans la précarité et l’insécurité alimentaire. « Cependant, dans les grandes agglomérations comme Bamako, l’activité réussit à beaucoup d’acteurs », reconnaît l’aviculteur. Ce qui permet au Mali de fournir les pays voisins en poulets. Par exemple, cette année, sa coopérative a exporté 5 000 sujets en Guinée, 3 000 au Niger et à peu près 1 500 au Burkina Faso. Lassine Doumbia, entrepreneur avicole à Banankabougou, confirme cette performance. C’est en 2010 qu’il s’est « lancé dans cette activité », nous confie-t-il. Après avoir acquis une expérience solide et une maîtrise du domaine, il forme les jeunes et les aide à s’installer à leur compte. Aujourd’hui, il a initié 125 jeunes qui sont en pleine activité. Quand le « Wassa chiè » atteint sa maturité, il peut peser environ 4 kilogrammes. Ce qui est une bonne source d’approvisionnement en viande de poulets. Leur différence avec les races exotiques et les poulets de chair, est leur capacité à produire des œufs fécondables, en même temps que de la chair, contrairement à la race locale qui a moins de poids et pond moins, En outre, les œufs et la chair de la race exotique ne sont destinés qu’à la consommation. Pour notre interlocuteur, la différence entre un poulet local amélioré et un poulet de chair se situe au niveau de leur cycle de vie. Le cycle de vie d’un poulet de chair ne dépasse pas 45 jours au maximum ou 2 mois, sinon il meurt par engraissement. Quant au poulet griffé, son cycle de vie peut aller jusqu’à plusieurs mois voire 2 ans. « On les appelle les rigoureux », selon lui. Le jeune entrepreneur, Moussa Dembélé promoteur de la ferme Dem à Djoliba, soutient que ce métissage permet l’amélioration génétique et accroît la marge de rentabilité d’un éleveur en un temps de record. Ce qui, selon lui, « attire la jeunesse à venir dans le secteur avicole. » Il est convaincu que la promotion de cette race permettra de lutter contre le chômage des jeunes, la pauvreté en milieu rural et l’atteinte de la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Mali. FT/MD (AMAP)

Mise en garde du gouvernement aux spéculateurs sur le prix du sucre au Mali (Communiqué)

Bamako, 02 août (AMAP) Les autorités maliennes en charge du commerce et de la concurrence ont mis en garde, mercredi, contre la spéculation sur le prix du kilogramme de sucre importé vendu entre 700 et 800 Fcfa, par endroits, notamment sur les marchés de Bamako et environs. Dans un communiqué, le directeur général du Commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC) en appelle « à la responsabilité collective » après avoir constaté que « certains opérateurs économiques violent les dispositions du cahier de charges déterminant les conditions d’importation et distribution du sucre, notamment le respect des prix indicatifs plafonds fixés. » Le directeur général en charge du Commerce, a rappelé « aux commerçants détaillants et aux consommateurs que les prix de vente plafonds du sucre importé demeurent ce comme suit : le prix de gros à 30.000 Fcfa le sac de 50kg et le prix de détail à 650 Fcfa le kilogramme », précise le communiqué. À cet effet, le DGCC invite les revendeurs et les consommateurs à signaler tout manquement aux numéros verts 33 088 et 33 099. Il a averti que « les brigades de contrôle de la DGCC restent mobilisées sur le terrain en vue de s’assurer du respect des prix indicatifs plafonds fixés. » AT/MD (AMAP)

Mali : Le gouvernement opte pour le maïs contre la pénurie de farine de blé

Bamako, 1er aout (AMAP) Les opérateurs économiques privés et le gouvernement maliens ont décidé de miser sur la transformation de nos produits agricoles afin d’apporter des solutions appropriées aux problèmes de pénurie de farine au Mali, a appris l’AMAP, lundi, à Bamako. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, qui a dirigé, dans les locaux de son département, une réunion technique avec les meuniers, a indiqué que son département est en concertation avec les ministères de l’Agriculture et de l’Économie et des Finances afin d’assurer la production de 10 millions de tonnes de maïs. «Aujourd’hui, le maïs est la production agricole qui peut nous permettre d’assurer la couverture nationale de nos besoins en farine. Nous avons la capacité de produire 10 millions de tonnes de maïs», a-t-il signalé. Cette céréale peut être transformée en farine par les usines maliennes, selon le ministre qui a ajouté avoir eu un échange «franc et constructif» avec l’ensemble des industriels dans le domaine de la farine. Moussa Alassane Diallo a exprimé la volonté du gouvernement de prendre toutes les mesures pour assurer un soutien aux industries maliennes. Il a, également, assuré de la disponibilité des autorités à prendre des mesures pour lutter contre la fraude et la concurrence déloyale qui causent des préjudices à nos industries « en terme de crédibilité. » «Après la bataille sécuritaire et diplomatique, le temps de la bataille économique est arrivé. Les industries y jouent un rôle extrêmement important», a expliqué le ministre Diallo, ajoutant que « ce sont les industries qui créent la richesse et qui redistribuent les revenus. » « Pour cela, a-t-il affirmé, son département est actuellement dans la relecture pour la refondation de toutes nos politiques industrielles qui reposent essentiellement sur la transformation des produits locaux, notamment dans le domaine de l’Agriculture. » Moussa Alassane Diallo a estimé que toutes les difficultés que le Mali a, aujourd’hui, sur la farine « sont des problèmes structurels auxquels une réponse conjoncturelle par le biais de l’importation a toujours été apportée. » «C’est cela le vrai problème que nous devons regarder en toute transparence», a dit M. Diallo, ajoutant que notre pays n’a jamais été autosuffisant en farine et en sucre. Il a promis des échanges s entre le gouvernement et les opérateurs économiques, « dans les prochains jours », pour trouver des mécanismes et des actions en vue de réformes structurelles dans le secteur du sucre et de la farine. « Cela, a-t-il fait savoir, pour que notre pays puisse sortir définitivement de cette spirale de pénurie sur nos marchés. » Il s’agit assurer afin  la production de 10 millions de tonnes de maïs par an « de façon et de transformer cette céréale en farine par nos usines et consommée par les Maliens. « Cette dynamique permettra, selon Moussa Alassane Diallo, de sortir notre pays de la dépendance vis-à-vis de l’extérieur en production de farine. » MS/MD (AMAP)

Saint Pétersbourg : Le président de la transition rencontre la communauté malienne en Russie

Envoyé spécial Moriba COULIBALY Saint-Pétersbourg, 30 juil (AMAP) Le chef de l’État malien, le colonel Assimi Goïta, a rencontré les Maliens résidant en Russie avec lesquels il a dressé la situation du Mali et a exhorté les étudiants à retourner au pays pour faire bénéficier de leurs connaissances. S’adressant à la communauté, en langue nationale bamanankan, le président de la Transition a s’est réjoui du soutien réaffirmé de ses compatriotes en Russie aux autorités maliennes. Il leur a demandé de respecter les lois du pays d’accueil qui « est plus qu’un ami et un partenaire exemplaire et fiable. » Il a encouragé les étudiants maliens à être assidus aux cours, « surtout à retourner au pays en vue d’apporter leurs pierres à la construction de l’édifice national, en mettant leurs connaissances au service de la Nation. » Ces derniers ont souhaité que l’État fasse un effort pour augmenter le complément de leur bourse d’études (la contrepartie que l’État verse aux étudiants boursiers de l’extérieur) qui est présentement de 100 000 Fcfa par trimestre. Cette somme ne leur permet pas de faire face à leurs dépenses. Le chef de l’État a souligné qu’il a compris les difficultés financières des étudiants. Reconnaissant la justesse de leur revendication, le président Goïta a précisé que « les études riment très souvent avec des contraintes financières. » Il a révélé son cas, alors qu’il était un homme marié, il ne touchait que 25 000 Fcfa par mois pour s’acquitter des frais de la mutuelle qui s’élèvent à 10 000 Fcfa. Le restant, tout naturellement, ne pouvait guère suffire pour ses besoins. «Cela ne signifie pas que vous ne méritez pas ce que vous demandez, c’est qu’il faut toujours se mettre en tête que la vie rime avec difficultés», a souligné le chef de l’Etat. Toutefois, il a exhorté les étudiants à plus de résilience compte tenu du contexte actuel du Mali, notamment la situation d’insécurité que le pays vit. Il a, aussi, rappelé que pendant l’embargo et après, le pays s’est attelé à assurer sa sécurité, en cherchant des « partenaires sûrs qui peuvent l’aider et à assurer la survie de l’Etat. « Dans ce contexte, notre pays a rencontré beaucoup de difficultés, des partenaires traditionnels avec lesquels nous sommes en délicatesse nous ont tourné le dos et ont employé tous les moyens pour décourager ou dissuader d’autres qui peuvent nous venir en aide. », a-t-il dit. « Quand j’ai envoyé des émissaires en Russie, notamment le ministre de la Défense et des Anciens combattants, et ceux en charge des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, de l’Economie et des Finances, la partie russe a répondu favorablement à nos doléances et elle nous a appuyé pour nous permettre d’obtenir les résultats que nous connaissons aujourd’hui », a révélé le président de la Transition. « Le développement d’un pays ne rime avec le tout sécuritaire, il faut aussi promouvoir l’emploi, les infrastructures et beaucoup d’autres aspects du développement. », a encore dit le chef de l’Etat. Il signalé que lors des interventions militaires sur le terrain, des jeunes qui ont été interpelés et qui sont engagés « aux côtés des ennemis de la Nation » ont expliqué qu’ils sont payés à plus de 150 000 Fcfa par «leurs employeurs» et qu’ils ont rejoint les rangs des terroristes par nécessité. «Je comprends leur détresse. C’est parce qu’ils ont été confrontés aux dures réalités de la vie. Il y a parmi eux ceux qui ont tenté l’aventure de l’émigration mais ont été refoulés dans leur pays et n’ont pas d’emplois ou d’opportunités qui leur permettent de se rendre utiles à la Nation », a expliqué Assimi Goïta.. SOUTIEN AUX ACTIONS DE LA TRANSITION – Néanmoins, s’adressant aux étudiants, il a aussi indiqué que le Mali « compte sur (eux) pour consolider les rangs des bâtisseurs de la République. » « Le pays a besoin de toutes ces intelligences et vous qui avez bénéficié de bourses d’études à l’étranger, la Nation compte, particulièrement, sur vous pour lui faire bénéficier de vos connaissances acquises à l’extérieur», a ajouté le chef de l’Etat. Il a enfin assuré que le ministre de l’Économie et des Finances, Alousseini Sanou, qui l’accompagne, a pris bonne note de les doléance estudiantines. Et,en guise de contribution symbolique, le chef de l’État a remis une enveloppe de 8 000 euros (un peu plus de 5 millions de Fcfa) à la communauté. Il a fait des bénédictions pour les étudiants, la communauté et le pays. Auparavant, Aliou Tounkara et Issa Togo, les représentants de la communauté malienne résidant en Russie ont exprimé leur soutien aux autorités de la Transition. « Nous sommes plus que jamais fiers d’être Maliens ! Notre pays à l’étranger est respecté, admiré et adoubé par beaucoup d’autres nationalités », ont dit les intervenants. Aliou Tounkara a, cependant, précisé que la communauté malienne est confrontée à l’obtention et ou au renouvellement des documents administratifs (passeports et nationalité malienne) pour les enfants nés à l’étranger. Prenant la parole à son tour, le Pr Issa Togo s’est dit « fier et heureux de partager les soucis du pays ». Il a exhorté les autorités à consolider l’enseignement qui est fondamental pour le développement d’un pays. « Une nation non instruite sombre facilement dans le chaos, pour éviter cela l’enseignement doit être au cœur des priorités », a dit l’enseignant qui est chargé de cours à la prestigieuse Université polytechnique de Saint-Pétersbourg et est membre de l’Académie des Sciences de la Fédération de Russie. Un statut qui en fait pour une fierté pour le Mali. Auparavant, l’ambassadeur du Mali en Russie, le colonel major Seydou Kamissoko a rappelé « les relations amicales » avec la Fédération de Russie et les autres pays de sa juridiction. Il a évalué la communauté malienne à un millier de résidents parmi lesquels les étudiants, au nombre de 200, dont 67 boursiers de l’État, le personnel des forces de défense et de sécurité en formation est de 240 personnes. Dans le cadre du renforcement de la coopération bilatérale, la Fédération de Russie a augmenté le quota de bourses d’études octroyées au Mali. Ainsi, ce nombre passera de 35

Mali : Le mot d’ordre de grève des banquiers levé

Bamako, 26 juil (AMAP) Le Syndicat national des banques, assurances, établissements financiers et commerces (SYNABEF) et la Fédération nationale du pétrole, commerces, assurances et banques (FENPECAB) ont décidé, mercredi, de lever leur mot d’ordre de grève de 72 heures. Par conséquent, les syndicats « invitent leurs militants à reprendre le travail dès ce mercredi 26 juillet 2023. » Le comité syndical a déposé un préavis de grève de 72 heures à partir du 26 au 28 juillet 2023 au ministère du Travail suite à une résolution prise lors de l’Assemblée générale extraordinaire des travailleurs le 24 mai dernier. Cela, avec la possibilité de prolonger la grève de 96 heures, à partir du 31 juillet si leurs demandes « ne sont pas satisfaites. » Le syndicat exige « la satisfaction de la totalité de sa plateforme revendicative » qui tourne essentiellement autour de la régularisation des employés intérimaires dans le secteur du commerce et de la microfinance, l’application des accords signés par les entreprises pétrolières, le respect de la liberté syndicale. Les syndicalistes ont également demandé « la cessation des abus judiciaires contre les banques et les banquiers, la libération des collègues détenus par Orabank, l’arrêt du paiement de la part patronale de l’AMO et le remboursement des paiements indûment effectués par les banques et les assurances. » Ils réclament le respect des dispositions légales concernant le fonds social, la révision de la Convention collective des Systèmes financiers décentralisés (SFD), la mise en place et la révision des accords d’établissements, la restitution des droits sur les conditions de prêts au personnel à la Bank Of Africa. Sans oublier la demande de mise en œuvre des protocoles d’accord signés avec le comité syndical par la direction générale de la BCI, la réintégration des travailleurs licenciés illégalement ou rétrogradés pour des raisons syndicales, et la mise en place de la Convention collective des industries pharmaceutiques. SS/MD (AMAP)

Projet brigade verte pour l’emploi et l’environnement : Des résultats encourageants

Bamako, 22 juil (AMAP) Le taux d’exécution financière Projet brigade verte pour l’emploi et l’environnement  (PBVE), au 30 juin 2023, est de 33,75 %3  et les réalisations physiques enregistrées sont de 26.4% et 86% de temps consommé sur la durée du projet, a annoncé, jeudi, le Commissaire à la sécurité alimentaire, Redouwane Ag Mohamed Ali. Il s’exprimait lors de la 3ème session extraordinaire du comité national de pilotage du PBVE, en présence du coordinateur national intérimaire du projet, Mamadou Tomoda, et du directeur régional de l’Agence italienne pour la coopération au développement, Marco Falcone qui est intervenu en virtuel depuis Dakar. Le PBVE a été confronté à un certain nombre de difficultés qui ont eu des impacts négatifs sur sa mise en œuvre normale, notamment l’absence de document d’évaluation préalable du projet, la pandémie de la Covid-19 et la situation économique mondiale difficile. S’y ajoutent l’enlèvement de son Coordinateur national par des groupes terroristes, les sanctions économiques et financières imposées par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA). «En dépit de ces contraintes, le PBVE a enregistré des résultats tangibles, comme la réception et l’opérationnalisation du site pilote de Kayes, dans la Commune de Liberté Dembaya, l’achèvement en cours des travaux d’aménagement du site pilote de Nioro, dans la Commune de Guetema et la réalisation des études de faisabilité et d’impact environnemental et social des sites du Projet », a expliqué Redouwane Ag Mohamed Ali. Il y a eu, aussi, le choix des entreprises pour la réalisation des travaux d’aménagement des 23 sites restants, la réalisation d’actions sociales (périmètre maraichers pour les regroupements de femmes, forages équipés. S’agissant de la demande de prolongation de la phase pilote, Ag Mohamed Ali a fait savoir que son acceptation parait fort judicieuse, compte tenu des retards accumulés dans la mise en œuvre du projet. Il a remercié l’Italie pour son appui technique et financier qui a permis au projet d’atteindre les résultats auxquels il est parvenu malgré les multiples contraintes. Il a également exhorté l’Unité de gestion du projet (UGP) à redoubler d’ardeur pour répondre aux attentes des populations bénéficiaires. Le Commissaire à la sécurité alimentaire a, également, rappelé que le PBVE a une durée limitée de 36 mois, allant du 2 décembre 2020 au 1er décembre 2023. Dans son intervention, Marco Falcone a dit que le projet d’aménagement de 3 000 ha dans les régions de Kayes et Nioro du Sahel (Ouest), phase pilote, veut concilier le respect et la tutelle de l’environnement et le développement économique et humain à travers une approche inclusive, équitable et durable. Cette initiative veut, ains,i contribuer à la création d’emplois dans les zones rurales d’intervention qui puissent fournir des alternatives économiques viables pour la population et soutenir la stabilité, indique le directeur régional de l’Agence italienne pour la coopération au développement. Selon lui, cette session extraordinaire du CNP doit analyser et décider sur deux points spécifiques du projet, à savoir la révision du plan financier et la prolongation de la durée d’exécution des activités de 18 mois. Marco Falcone a fait remarquer que le projet a pu terminer le site pilote de Kayes et celui de Nioro malgré quelques difficultés mentionnées dans le dernier CNP. «Les études de faisabilité et conception des travaux d’aménagement des 23 sites restants sont presque terminés et on prévoit de lancer les appels d’offres dans les prochains mois», a-t-il dit, ajoutant que d’autres activités concernant la création des coopératives et la formation des bénéficiaires sont en cours d’exécution. «Afin de mettre en œuvre les activités prévues, il est nécessaire de remanier le plan financier du projet de manière contenue pour prendre en compte certaines augmentations des coûts des matériaux et des travaux d’aménagement causés par les évènements mondiaux», a suggéré le directeur régional de l’Agence italienne pour la coopération au développement. Pour lui, le projet se trouve dans la nécessité de prolonger la durée d’exécution des activités au-delà de la date du 1er décembre 2023 et cette prolongation ne demande pas d’autres ressources financières supplémentaires pour les activités. Déjà, l’Italie a contribué à hauteur de 9 millions d’euros. N’Famoro KEITA

Filière bétail-viande : Une étude en cours sur la labélisation de la viande rouge et ses dérives

Bamako, 22 juil (AMAP) L’étude de faisabilité de la marque collective et de développement d’un label viande rouge et ses dérivés au Mali pour la filière bétail/viande a été lancée jeudi, par le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, dans les locaux de son département. La rencontre, organisée par le Projet d’appui à la compétitivité de l’Afrique de l’Ouest-Mali (PACAO-Mali), en partenariat avec l’Interprofession de la filière bétail-viande du Mali (IFBV), visait à informer davantage les acteurs de la filière bétail-viande et l’opinion publique du démarrage de cette étude, qui sera menée par la Société d’ingénierie pour le développement (SID), pour une durée de 6 mois. À la fin de cette étude, les acteurs de la filière bétail/viande avec l’appui du Bureau SID feront le dépôt du label et son règlement d’usage auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) à travers le Centre malien de promotion de la propriété industrielle (CEMAPI) afin qu’il soit enregistré comme marque collective. Selon le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, la réalisation de cette étude vient à point nommé au moment où son département est engagé dans la recherche de solutions visant à créer des opportunités d’affaires et développer des partenariats régionaux ou internationaux. Sa mise en œuvre, selon Youba Ba, « permettra de concrétiser l’initiative ‘Un pays, un produit prioritaire’ du Fonds pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) » à laquelle le Mali a souscrit entièrement. «De nos jours, la question de promotion des produits mis sur le marché doit être un axe prioritaire pour chaque pays. Elle est, en général, menée autour des signes distinctifs tels que les labels comme la marque collective, qui permettent aux consommateurs d’identifier les produits et de justifier leur choix», a-t-il expliqué. Le ministre a ajouté que ces signes distinctifs (marque collective) permettent d’organiser une forme de partenariat entre plusieurs personnes (groupement ou association) « qui souhaitent renforcer leur visibilité, leur compétitivité et leur profitabilité en adoptant une stratégie commune de vente. » Soulignant l’importance économique, sociale et culturelle de la filière bétail- viande au Mali, le ministre Youba Ba a estimé que plus de 30% de la population rurale tirent exclusivement leurs revenus de l’élevage qui constitue le 3ème secteur d’exportation du Mali, après l’or et le coton et contribue à plus de 15% au produit intérieur brut (PIB) du Mali. «De ce fait, il y a lieu de renforcer cette position en mettant sur le marché des produits avec l’assurance de la traçabilité de leur provenance», a expliqué le ministre de l’Élevage et de la Pêche. Youba Ba a rassuré l’ensemble des acteurs sur la volonté du gouvernement à soutenir cette initiative qui permettra aux acteurs de la filière bétail-viande de développer et de disposer de marque ou tout autre signe distinctif. Cela leur permettra d’approvisionner le marché national et international avec des produits de qualité, d’une part, et de conquérir des parts du marché régional en viande rouge, d’autre part. Le chef du Projet PACAO Mali, Souleymane Bassolé, a souligné qu’avec la mise en place de la Zone de libre-échange économique (ZLECAF), il importe que le Mali « participe pleinement tant par la quantité que par la qualité, aux échanges commerciaux de produits locaux à forte valeur ajoutée et jouissant d’une réputation répondant à l’aspiration du marché. » «Pour mettre en valeur les potentialités du Mali, il y a lieu, pour les acteurs des filières agricoles et plus précisément celle de la filière bétail-viande, de fédérer leurs efforts afin de renforcer leur visibilité et leur compétitivité. En général, les groupements utilisent des instruments de propriété intellectuelle tels que la marque collective», a conseillé M. Bassolé. Le PACAO est un programme régional couvrant les 15 pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Mauritanie qui entre dans le cadre du Programme indicatif régional (PIR) 11ème FED Union européenne-Afrique de l’Ouest. Son objectif est de renforcer la compétitivité des acteurs des aautre filières cibles (mangue, embouche bovine, karité et horticulture). MS/MD (AMAP)                

Fin de la brouille entre opérateurs économiques et le directeur régional des douanes de Gao (Nord)

Gao, 21 juil (AMAP) Le directeur général des douanes du Mali, l’inspecteur général Amadou Konaté, en visite de travail à Gao, mardi dernier, a réussi à faire taire les incompréhensions entre le directeur régional et les opérateurs économiques de Gao (Nord). À la tête d’une délégation comprenant des membres de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), les discussions avec les opérateurs économiques de la Cité des Askia ont abouti à des solutions visant à mettre fin aux tracasseries routières auxquelles ceux-ci sont confrontés sur le tronçon Gao-Niger. Au terme de ces échanges houleux mais courtois, les opérateurs économiques ont accepté d’enterrer la hache de guerre. La délégation régionale de la CCIM de Gao a, le 24 juin, adressé une correspondance au gouverneur de région pour dénoncer «le mauvais comportement et les propos inappropriés du directeur régional des douanes de Gao vis-à-vis de certains opérateurs économiques de la circonscription». Elle avait demandé le départ pur et simple de la région du responsable local des douanes. Une situation devenue de plus en plus tendue. Pour y faire face, cette mission conjointe, direction générale des douanes et CCIM a été initiée. Outre le Dg des douanes, elle comprenait la vice-présidente, Mme Cissé Djitta Dem, et le secrétaire général de la CCIM, Mamadou Sanogo. La rencontre tenue à cet effet a eu lieu dans la salle de conférence de la CCIM de commerce de Gao. Les interventions des membres de la délégation régionale de la CCIM ont porté sur les difficultés économiques qu’ils vivent à cause de l’insécurité, les tracasseries douanières sur le territoire nigérien lors du transit des marchandises et les difficultés de collaboration avec le directeur régional. Concernant la demande de départ du directeur régional formulée par les hommes d’affaires de Gao, le directeur général des douanes leur a fait comprendre qu’opérateurs économiques et douaniers travaillent tous pour le développement du Mali. Tout en exprimant son opposition à cette requête, l’inspecteur général Amadou Konaté a insisté sur le rôle de la douane en matière de mobilisation de recettes qui, selon lui, sont indispensables pour le développement de notre pays. Les Régions dans le Nord du Mali étaient considérées comme une sorte de «zone franche» de 2012 à 2021, à cause de l’insécurité, c’est-à-dire que les opérateurs économiques de cette zone étaient exempts du paiement des frais de dédouanement. C’est en 2022, à la faveur de la relative amélioration de la situation sécuritaire, que la douane a décidé de faire son grand retour dans la Région de Gao. Cette année-là, elle a mobilisé 92,7 millions de Fcfa au profit du budget de l’État. «Et au premier semestre 2023, la région est à 358,6 millions de Fcfa», a salué le directeur général de la douane. Une manière pour l’inspecteur général Amadou Konaté de dire que l’insécurité actuelle ne saurait être un obstacle au dédouanement des marchandises rentrant au Mali par le tronçon Gao-Niger. Concernant les faux frais perçus au Niger et au Mali, il a informé que les autorités nigériennes ont été alertées afin de mettre fin aux tracasseries douanières. Quant aux cas de faux frais au Mali, «nous allons travailler pour minimiser cela», a promis le patron des douanes du Mali. Dans son introduction, le secrétaire général de la CCIM a expliqué que sa structure envisage d’initier des programmes de formation à l’intention des opérateurs économiques de la région. « Il s’agit, a précisé Mamadou Sanogo, des rencontres sectorielles sur le commerce de détaille et la formation des élus consulaires. » Il a évoqué, également, l’interdépendance et la complémentarité entre la Chambre de commerce et la douane. La vice-présidente de la Chambre de commerce et d’industrie du Mai, Mme Cissé Djitta Dem a demandé à ses collègues « de revenir à de meilleurs sentiments en acceptant la main tendue du directeur général des douanes du Mali. » AT/MD (AMAP)  

Bafoulabé : De plus en plus de jeunes filles apprennent le métier de tailleur

Par Boubacar MACALOU Bafoulabé, 21 juil (AMAP) Dans le Cercle de Bafoulabé, dans l’Ouest du Mali, le métier de tailleur attire beaucoup la couche juvénile, filles comme garçons. Le secteur est pourvoyeur d’emplois en cette période de crise et de manque de perspectives. Les apprentis suivent une formation initiale auprès de maître-tailleurs de la place, à l’image d’Alboukadri Touré, qui forme beaucoup de jeunes filles, depuis une décennie. Il a installé son atelier de couture dans la Commune de Mahina, à 5 km de Bafoulabé, le chef-lieu de Cercle. A Mahina, chef-lieu de commune, on rencontre plusieurs jeunes filles encadrées, pour la plupart par Alboukadri Touré.
Les apprenantes, une fois leur formation achevée, ont du mal à s’installer à leur propre compte à cause des problèmes de financement et d’équipements. Ces jeunes en appellent aux bonnes volontés pour les équiper, notamment en machines à coudre afin de faciliter leur insertion socioprofessionnelle Depuis sa période d’apprentissage, M. Touré avait compris que beaucoup d’artisans de Mahina perdaient leurs clients du simple fait qu’ils ne respectaient pas leur rendez-vous.
Ainsi, à peine installé à son compte au marché de la ville, il n’a pas oublié les conseils de ses encadreurs. “Accomplir le travail avec conscience “, dit le maître-tailleur à ses stagiaires. C’est pourquoi, d’après une cliente, Alboukadri ravit la vedette aux autres tailleurs de la contrée, “par son savoir, son savoir-faire et son savoir être.” Même si le bonhomme trouve que la transmission du savoir en ce 21ème siècle, “n’est pas du tout une tâche facile.” “J’ai commencé a être sollicité pour former les jeunes filles en 2013. Tout a commencé avec une jeune fille, Assa Diallo, qui a abandonné les bancs de l’école. Deux mois après, sa mère est venue me la confier ”, se souvient le tailleur. “Au départ, j’ai eu des difficultés de communication avec les filles débutantes. Mais, au fil du temps, nous nous sommes compris », raconte avec fierté, Abdoulkadri Touré. L’encadreur, qui dit en être à sa 4ème promotion, forme actuellement 12 jeunes filles chez lui.
 Pourquoi, ce métier suscite tant d’engouement chez beaucoup de filles ?
 “L’homme est le boulanger de sa vie”, nous lance Mariam Dembélé, porte-parole des élèves-tailleurs de Abdoulkadri Touré. “Il n’y a pas de sot métier, il n’y a que de sottes personnes”, ajoute la porte-parole des stagiaires.. “Nous n’avons pas été loin dans les études. Au lieu d’être une charge pour nos parents, nous avons préféré venir nous confier à Alboukadri Touré pour apprendre le métier de tailleur afin d’assurer notre autonomie”, poursuit Mariam. Elle invite “toutes les jeunes filles qui ont abandonné l’école et, même, celles qui ne sont pas scolarisées, à exercer un métier pour être indépendantes financièrement.” “On voyait d’un mauvais oeil d’avoir choisi un métier d’homme. Nous avons toujours répondu qu’il n’y a pas de métier d’homme, que tout métier que l’homme exerce, peut aussi l’être par la femme », dit cette dame. “Nous aimons ce métier”, plaident Mariam Dembélé et ses camarades stagiaires qui soutiennent avoir “beaucoup appris auprès de leur patron.” En à peine une année et demie de formation, les auditrices soutiennent pouvoir confectionner n’importe quel modèle. BC/MD (AMAP)