Mali : Le mot d’ordre de grève des banquiers levé
Bamako, 26 juil (AMAP) Le Syndicat national des banques, assurances, établissements financiers et commerces (SYNABEF) et la Fédération nationale du pétrole, commerces, assurances et banques (FENPECAB) ont décidé, mercredi, de lever leur mot d’ordre de grève de 72 heures. Par conséquent, les syndicats « invitent leurs militants à reprendre le travail dès ce mercredi 26 juillet 2023. » Le comité syndical a déposé un préavis de grève de 72 heures à partir du 26 au 28 juillet 2023 au ministère du Travail suite à une résolution prise lors de l’Assemblée générale extraordinaire des travailleurs le 24 mai dernier. Cela, avec la possibilité de prolonger la grève de 96 heures, à partir du 31 juillet si leurs demandes « ne sont pas satisfaites. » Le syndicat exige « la satisfaction de la totalité de sa plateforme revendicative » qui tourne essentiellement autour de la régularisation des employés intérimaires dans le secteur du commerce et de la microfinance, l’application des accords signés par les entreprises pétrolières, le respect de la liberté syndicale. Les syndicalistes ont également demandé « la cessation des abus judiciaires contre les banques et les banquiers, la libération des collègues détenus par Orabank, l’arrêt du paiement de la part patronale de l’AMO et le remboursement des paiements indûment effectués par les banques et les assurances. » Ils réclament le respect des dispositions légales concernant le fonds social, la révision de la Convention collective des Systèmes financiers décentralisés (SFD), la mise en place et la révision des accords d’établissements, la restitution des droits sur les conditions de prêts au personnel à la Bank Of Africa. Sans oublier la demande de mise en œuvre des protocoles d’accord signés avec le comité syndical par la direction générale de la BCI, la réintégration des travailleurs licenciés illégalement ou rétrogradés pour des raisons syndicales, et la mise en place de la Convention collective des industries pharmaceutiques. SS/MD (AMAP)
Projet brigade verte pour l’emploi et l’environnement : Des résultats encourageants
Bamako, 22 juil (AMAP) Le taux d’exécution financière Projet brigade verte pour l’emploi et l’environnement (PBVE), au 30 juin 2023, est de 33,75 %3 et les réalisations physiques enregistrées sont de 26.4% et 86% de temps consommé sur la durée du projet, a annoncé, jeudi, le Commissaire à la sécurité alimentaire, Redouwane Ag Mohamed Ali. Il s’exprimait lors de la 3ème session extraordinaire du comité national de pilotage du PBVE, en présence du coordinateur national intérimaire du projet, Mamadou Tomoda, et du directeur régional de l’Agence italienne pour la coopération au développement, Marco Falcone qui est intervenu en virtuel depuis Dakar. Le PBVE a été confronté à un certain nombre de difficultés qui ont eu des impacts négatifs sur sa mise en œuvre normale, notamment l’absence de document d’évaluation préalable du projet, la pandémie de la Covid-19 et la situation économique mondiale difficile. S’y ajoutent l’enlèvement de son Coordinateur national par des groupes terroristes, les sanctions économiques et financières imposées par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA). «En dépit de ces contraintes, le PBVE a enregistré des résultats tangibles, comme la réception et l’opérationnalisation du site pilote de Kayes, dans la Commune de Liberté Dembaya, l’achèvement en cours des travaux d’aménagement du site pilote de Nioro, dans la Commune de Guetema et la réalisation des études de faisabilité et d’impact environnemental et social des sites du Projet », a expliqué Redouwane Ag Mohamed Ali. Il y a eu, aussi, le choix des entreprises pour la réalisation des travaux d’aménagement des 23 sites restants, la réalisation d’actions sociales (périmètre maraichers pour les regroupements de femmes, forages équipés. S’agissant de la demande de prolongation de la phase pilote, Ag Mohamed Ali a fait savoir que son acceptation parait fort judicieuse, compte tenu des retards accumulés dans la mise en œuvre du projet. Il a remercié l’Italie pour son appui technique et financier qui a permis au projet d’atteindre les résultats auxquels il est parvenu malgré les multiples contraintes. Il a également exhorté l’Unité de gestion du projet (UGP) à redoubler d’ardeur pour répondre aux attentes des populations bénéficiaires. Le Commissaire à la sécurité alimentaire a, également, rappelé que le PBVE a une durée limitée de 36 mois, allant du 2 décembre 2020 au 1er décembre 2023. Dans son intervention, Marco Falcone a dit que le projet d’aménagement de 3 000 ha dans les régions de Kayes et Nioro du Sahel (Ouest), phase pilote, veut concilier le respect et la tutelle de l’environnement et le développement économique et humain à travers une approche inclusive, équitable et durable. Cette initiative veut, ains,i contribuer à la création d’emplois dans les zones rurales d’intervention qui puissent fournir des alternatives économiques viables pour la population et soutenir la stabilité, indique le directeur régional de l’Agence italienne pour la coopération au développement. Selon lui, cette session extraordinaire du CNP doit analyser et décider sur deux points spécifiques du projet, à savoir la révision du plan financier et la prolongation de la durée d’exécution des activités de 18 mois. Marco Falcone a fait remarquer que le projet a pu terminer le site pilote de Kayes et celui de Nioro malgré quelques difficultés mentionnées dans le dernier CNP. «Les études de faisabilité et conception des travaux d’aménagement des 23 sites restants sont presque terminés et on prévoit de lancer les appels d’offres dans les prochains mois», a-t-il dit, ajoutant que d’autres activités concernant la création des coopératives et la formation des bénéficiaires sont en cours d’exécution. «Afin de mettre en œuvre les activités prévues, il est nécessaire de remanier le plan financier du projet de manière contenue pour prendre en compte certaines augmentations des coûts des matériaux et des travaux d’aménagement causés par les évènements mondiaux», a suggéré le directeur régional de l’Agence italienne pour la coopération au développement. Pour lui, le projet se trouve dans la nécessité de prolonger la durée d’exécution des activités au-delà de la date du 1er décembre 2023 et cette prolongation ne demande pas d’autres ressources financières supplémentaires pour les activités. Déjà, l’Italie a contribué à hauteur de 9 millions d’euros. N’Famoro KEITA
Filière bétail-viande : Une étude en cours sur la labélisation de la viande rouge et ses dérives
Bamako, 22 juil (AMAP) L’étude de faisabilité de la marque collective et de développement d’un label viande rouge et ses dérivés au Mali pour la filière bétail/viande a été lancée jeudi, par le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, dans les locaux de son département. La rencontre, organisée par le Projet d’appui à la compétitivité de l’Afrique de l’Ouest-Mali (PACAO-Mali), en partenariat avec l’Interprofession de la filière bétail-viande du Mali (IFBV), visait à informer davantage les acteurs de la filière bétail-viande et l’opinion publique du démarrage de cette étude, qui sera menée par la Société d’ingénierie pour le développement (SID), pour une durée de 6 mois. À la fin de cette étude, les acteurs de la filière bétail/viande avec l’appui du Bureau SID feront le dépôt du label et son règlement d’usage auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) à travers le Centre malien de promotion de la propriété industrielle (CEMAPI) afin qu’il soit enregistré comme marque collective. Selon le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, la réalisation de cette étude vient à point nommé au moment où son département est engagé dans la recherche de solutions visant à créer des opportunités d’affaires et développer des partenariats régionaux ou internationaux. Sa mise en œuvre, selon Youba Ba, « permettra de concrétiser l’initiative ‘Un pays, un produit prioritaire’ du Fonds pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) » à laquelle le Mali a souscrit entièrement. «De nos jours, la question de promotion des produits mis sur le marché doit être un axe prioritaire pour chaque pays. Elle est, en général, menée autour des signes distinctifs tels que les labels comme la marque collective, qui permettent aux consommateurs d’identifier les produits et de justifier leur choix», a-t-il expliqué. Le ministre a ajouté que ces signes distinctifs (marque collective) permettent d’organiser une forme de partenariat entre plusieurs personnes (groupement ou association) « qui souhaitent renforcer leur visibilité, leur compétitivité et leur profitabilité en adoptant une stratégie commune de vente. » Soulignant l’importance économique, sociale et culturelle de la filière bétail- viande au Mali, le ministre Youba Ba a estimé que plus de 30% de la population rurale tirent exclusivement leurs revenus de l’élevage qui constitue le 3ème secteur d’exportation du Mali, après l’or et le coton et contribue à plus de 15% au produit intérieur brut (PIB) du Mali. «De ce fait, il y a lieu de renforcer cette position en mettant sur le marché des produits avec l’assurance de la traçabilité de leur provenance», a expliqué le ministre de l’Élevage et de la Pêche. Youba Ba a rassuré l’ensemble des acteurs sur la volonté du gouvernement à soutenir cette initiative qui permettra aux acteurs de la filière bétail-viande de développer et de disposer de marque ou tout autre signe distinctif. Cela leur permettra d’approvisionner le marché national et international avec des produits de qualité, d’une part, et de conquérir des parts du marché régional en viande rouge, d’autre part. Le chef du Projet PACAO Mali, Souleymane Bassolé, a souligné qu’avec la mise en place de la Zone de libre-échange économique (ZLECAF), il importe que le Mali « participe pleinement tant par la quantité que par la qualité, aux échanges commerciaux de produits locaux à forte valeur ajoutée et jouissant d’une réputation répondant à l’aspiration du marché. » «Pour mettre en valeur les potentialités du Mali, il y a lieu, pour les acteurs des filières agricoles et plus précisément celle de la filière bétail-viande, de fédérer leurs efforts afin de renforcer leur visibilité et leur compétitivité. En général, les groupements utilisent des instruments de propriété intellectuelle tels que la marque collective», a conseillé M. Bassolé. Le PACAO est un programme régional couvrant les 15 pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Mauritanie qui entre dans le cadre du Programme indicatif régional (PIR) 11ème FED Union européenne-Afrique de l’Ouest. Son objectif est de renforcer la compétitivité des acteurs des aautre filières cibles (mangue, embouche bovine, karité et horticulture). MS/MD (AMAP)
Fin de la brouille entre opérateurs économiques et le directeur régional des douanes de Gao (Nord)
Gao, 21 juil (AMAP) Le directeur général des douanes du Mali, l’inspecteur général Amadou Konaté, en visite de travail à Gao, mardi dernier, a réussi à faire taire les incompréhensions entre le directeur régional et les opérateurs économiques de Gao (Nord). À la tête d’une délégation comprenant des membres de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), les discussions avec les opérateurs économiques de la Cité des Askia ont abouti à des solutions visant à mettre fin aux tracasseries routières auxquelles ceux-ci sont confrontés sur le tronçon Gao-Niger. Au terme de ces échanges houleux mais courtois, les opérateurs économiques ont accepté d’enterrer la hache de guerre. La délégation régionale de la CCIM de Gao a, le 24 juin, adressé une correspondance au gouverneur de région pour dénoncer «le mauvais comportement et les propos inappropriés du directeur régional des douanes de Gao vis-à-vis de certains opérateurs économiques de la circonscription». Elle avait demandé le départ pur et simple de la région du responsable local des douanes. Une situation devenue de plus en plus tendue. Pour y faire face, cette mission conjointe, direction générale des douanes et CCIM a été initiée. Outre le Dg des douanes, elle comprenait la vice-présidente, Mme Cissé Djitta Dem, et le secrétaire général de la CCIM, Mamadou Sanogo. La rencontre tenue à cet effet a eu lieu dans la salle de conférence de la CCIM de commerce de Gao. Les interventions des membres de la délégation régionale de la CCIM ont porté sur les difficultés économiques qu’ils vivent à cause de l’insécurité, les tracasseries douanières sur le territoire nigérien lors du transit des marchandises et les difficultés de collaboration avec le directeur régional. Concernant la demande de départ du directeur régional formulée par les hommes d’affaires de Gao, le directeur général des douanes leur a fait comprendre qu’opérateurs économiques et douaniers travaillent tous pour le développement du Mali. Tout en exprimant son opposition à cette requête, l’inspecteur général Amadou Konaté a insisté sur le rôle de la douane en matière de mobilisation de recettes qui, selon lui, sont indispensables pour le développement de notre pays. Les Régions dans le Nord du Mali étaient considérées comme une sorte de «zone franche» de 2012 à 2021, à cause de l’insécurité, c’est-à-dire que les opérateurs économiques de cette zone étaient exempts du paiement des frais de dédouanement. C’est en 2022, à la faveur de la relative amélioration de la situation sécuritaire, que la douane a décidé de faire son grand retour dans la Région de Gao. Cette année-là, elle a mobilisé 92,7 millions de Fcfa au profit du budget de l’État. «Et au premier semestre 2023, la région est à 358,6 millions de Fcfa», a salué le directeur général de la douane. Une manière pour l’inspecteur général Amadou Konaté de dire que l’insécurité actuelle ne saurait être un obstacle au dédouanement des marchandises rentrant au Mali par le tronçon Gao-Niger. Concernant les faux frais perçus au Niger et au Mali, il a informé que les autorités nigériennes ont été alertées afin de mettre fin aux tracasseries douanières. Quant aux cas de faux frais au Mali, «nous allons travailler pour minimiser cela», a promis le patron des douanes du Mali. Dans son introduction, le secrétaire général de la CCIM a expliqué que sa structure envisage d’initier des programmes de formation à l’intention des opérateurs économiques de la région. « Il s’agit, a précisé Mamadou Sanogo, des rencontres sectorielles sur le commerce de détaille et la formation des élus consulaires. » Il a évoqué, également, l’interdépendance et la complémentarité entre la Chambre de commerce et la douane. La vice-présidente de la Chambre de commerce et d’industrie du Mai, Mme Cissé Djitta Dem a demandé à ses collègues « de revenir à de meilleurs sentiments en acceptant la main tendue du directeur général des douanes du Mali. » AT/MD (AMAP)
Bafoulabé : De plus en plus de jeunes filles apprennent le métier de tailleur
Par Boubacar MACALOU Bafoulabé, 21 juil (AMAP) Dans le Cercle de Bafoulabé, dans l’Ouest du Mali, le métier de tailleur attire beaucoup la couche juvénile, filles comme garçons. Le secteur est pourvoyeur d’emplois en cette période de crise et de manque de perspectives. Les apprentis suivent une formation initiale auprès de maître-tailleurs de la place, à l’image d’Alboukadri Touré, qui forme beaucoup de jeunes filles, depuis une décennie. Il a installé son atelier de couture dans la Commune de Mahina, à 5 km de Bafoulabé, le chef-lieu de Cercle. A Mahina, chef-lieu de commune, on rencontre plusieurs jeunes filles encadrées, pour la plupart par Alboukadri Touré. Les apprenantes, une fois leur formation achevée, ont du mal à s’installer à leur propre compte à cause des problèmes de financement et d’équipements. Ces jeunes en appellent aux bonnes volontés pour les équiper, notamment en machines à coudre afin de faciliter leur insertion socioprofessionnelle Depuis sa période d’apprentissage, M. Touré avait compris que beaucoup d’artisans de Mahina perdaient leurs clients du simple fait qu’ils ne respectaient pas leur rendez-vous. Ainsi, à peine installé à son compte au marché de la ville, il n’a pas oublié les conseils de ses encadreurs. “Accomplir le travail avec conscience “, dit le maître-tailleur à ses stagiaires. C’est pourquoi, d’après une cliente, Alboukadri ravit la vedette aux autres tailleurs de la contrée, “par son savoir, son savoir-faire et son savoir être.” Même si le bonhomme trouve que la transmission du savoir en ce 21ème siècle, “n’est pas du tout une tâche facile.” “J’ai commencé a être sollicité pour former les jeunes filles en 2013. Tout a commencé avec une jeune fille, Assa Diallo, qui a abandonné les bancs de l’école. Deux mois après, sa mère est venue me la confier ”, se souvient le tailleur. “Au départ, j’ai eu des difficultés de communication avec les filles débutantes. Mais, au fil du temps, nous nous sommes compris », raconte avec fierté, Abdoulkadri Touré. L’encadreur, qui dit en être à sa 4ème promotion, forme actuellement 12 jeunes filles chez lui. Pourquoi, ce métier suscite tant d’engouement chez beaucoup de filles ? “L’homme est le boulanger de sa vie”, nous lance Mariam Dembélé, porte-parole des élèves-tailleurs de Abdoulkadri Touré. “Il n’y a pas de sot métier, il n’y a que de sottes personnes”, ajoute la porte-parole des stagiaires.. “Nous n’avons pas été loin dans les études. Au lieu d’être une charge pour nos parents, nous avons préféré venir nous confier à Alboukadri Touré pour apprendre le métier de tailleur afin d’assurer notre autonomie”, poursuit Mariam. Elle invite “toutes les jeunes filles qui ont abandonné l’école et, même, celles qui ne sont pas scolarisées, à exercer un métier pour être indépendantes financièrement.” “On voyait d’un mauvais oeil d’avoir choisi un métier d’homme. Nous avons toujours répondu qu’il n’y a pas de métier d’homme, que tout métier que l’homme exerce, peut aussi l’être par la femme », dit cette dame. “Nous aimons ce métier”, plaident Mariam Dembélé et ses camarades stagiaires qui soutiennent avoir “beaucoup appris auprès de leur patron.” En à peine une année et demie de formation, les auditrices soutiennent pouvoir confectionner n’importe quel modèle. BC/MD (AMAP)
Campagne agricole dans la zone de Manantali (Ouest du Mlai) : Les paysans attendent les engrais subventionnes
Par Makan SISSOKO Bamako, 20 juil (AMAP) La campagne agricole s’annonce prometteuse dans la zone de Manantali, dans l’Ouest du Mali, grâce au démarrage précoce de l’hivernage. Une opportunité que les producteurs ont saisie pour commencer rapidement les travaux champêtres par le nettoyage et le labour. Dans certains champs, les jeunes plants ont commencé à grandir. Dans d’autres, les producteurs sont au stade de labour, de semis, de l’installation des pépinières et de préparation de grands champs. C’est le constat général qui se dégage dans cette zone située dans la Région de Kayes (Ouest) traversée par le fleuve Sénégal. Les travaux agricoles sont au cœur des activités de cette zone essentiellement constituée d’agropasteurs. L’hivernage s’est installé et les producteurs de la zone de Manantali n’attendent plus pour ne pas être les derniers. Ils sont motivés dans les travaux champêtres en attendant l’approvisionnement des intrants agricoles afin de favoriser la productivité de la zone. L’Agence de développement rural de la vallée du fleuve Sénégal (ADRS) de la zone de Manantali est subdivisée en deux secteurs. Celui de Manantali et de Bafoulabé. Cette zone est constituée de plusieurs types d’aménagements dont deux grands périmètres à savoir, le périmètre B de Manantali avec une superficie totale de 682 hectares et le périmètre G/H de Mahina d’une superficie de 880 hectares. Boubacar Sidiki Dao, ingénieur d’agriculture et du génie rural, est le chef de zone basé à Manantali. Il explique que la campagne a démarré dans sa localité dans des conditions sociales, économiques et sanitaires très difficiles avec la pénurie alimentaire, le faible niveau du pouvoir d’achat des producteurs ainsi que la rareté des denrées. Mais au-delà, il se réjouit du démarrage précoce des pluies. L’ingénieur d’agriculture et du génie rural estime que sa zone a enregistré du début de la campagne à maintenant plus de 200 mm de pluie. Le département en charge de l’Agriculture a déjà procédé à la restitution du plan de campagne au niveau de toutes les structures du développement rural, les directions régionales, les agences et les offices. Pour le moment, l’ADRS de Manantali travaille pour répartir ce plan de campagne entre ses différents secteurs et les agents de terrain. PLUS DE 6 000 TONNES – Pour cette campagne agricole 2023-2024, Boubacar Sidiki Dao explique que la zone ADRS de Manantali prévoit de mettre en valeur plus de 2 372 hectares pour toutes céréales confondues notamment, le riz, le mil, le sorgho, le maïs et le fonio. En objectif de production céréalière, la zone projette une production de plus de 6 417 tonnes. En ce qui concerne les cultures maraîchères, l’objectif de production est plus de 1 200 tonnes sur les petits aménagements à savoir, les Périmètres irrigués villageois (PIV) et les Petits périmètres maraîchers des femmes (PPM) exploités par les producteurs en plusieurs cultures dans les deux secteurs de la zone sur une superficie moyenne de 76 hectares, précise l’ingénieur. Par rapport à la gestion des engrais, le chef de zone assure que déjà, des commissions de réception et de distribution des engrais ont été mises en place. Selon Boubacar Sidiki Dao, la direction générale de son Agence a présentement un quota de 1 325 tonnes d’engrais minéral et organique qui doivent être répartis entre les différentes zones de l’ADRS en fonction des niveaux de production. Pour la zone de Manantali, c’est le riz et le maïs qui sont concernés par la subvention d’engrais. Par rapport à cela, le besoin en engrais minéral subventionné s’élève à 381 tonnes pour une superficie de 1 597 hectares concernés par la subvention. Le besoin de la zone en engrais organique est estimé à 1 113 tonnes pour le riz et 968 tonnes pour le maïs. Ce qui fait un besoin global en engrais minéral et organique de 2 081 tonnes pour une superficie totale évaluée à 1.597 hectares. «Mais pour le moment, le quota de l’ADRS n’est pas encore reparti entre ses différentes zones et la mise en place des engrais n’a pas commencé. Après la répartition des engrais, la zone de Manantali aura le quota le plus élevé, car c’est elle qui comptent les plus grandes superficies», précise l’ingénieur d’agriculture. Sur les difficultés de la campagne, Boubacar Sidiki Dao souligne les problèmes de sous équipement des producteurs, le retard habituel dans la disponibilité des engrais et le chevauchement des deux campagnes : la saison et la contre saison. «À présent, certains producteurs n’ont pas fini de récolter la contre saison et les pépinières sont installées pour la saison. Et cela mettra la campagne nouvelle en retard», déplore le technicien. MISE EN PLACE DES ENGRAIS – Par rapport à la gestion des intrants agricoles pour cette campagne, les producteurs de la zone de Manantali veulent la mis en place, sans délais, de l’engrais subventionnés. Et aussi de mettre à leurs dispositions les documents de gestion. Cependant, le chef de zone ADRS de Manantali souhaite une gestion efficiente pour que l’engrais mis à disposition soit exclusivement destiné aux producteurs. Il prône également la mise en place d’une commission de supervision pour la réception et la distribution de l’engrais. Dans le secteur de Bafoulabé, « la pluviométrie est, pour le moment, jugée bonne contrairement à l’année précédente où il y a eu quelques poches de sécheresse en début de saison », souligne Sambou M. Sissoko, producteur de riz au périmètre G/H de Mahina.La maîtrise de l’eau dans ce périmètre, favorise les cultures de contre saison. À présent, quelques paysans n’ont pas bouclé les récoltes pour cette période. Sambou M. Sissoko produit en contre saison et en saison pluvieuse. Il détient un demi-hectare de champ dans le périmètre G/H de Mahina sur lequel, il cultive du riz durant cette phase. Au-delà de ce périmètre, il cultive d’autres céréales comme le maïs et le mil sur un autre champ d’environ un hectare à Dioubedala, village situé à 2 kilomètres de la ville de Mahina. Le producteur est en avance car, il a vite fini les récoltes de contre-saison, en attestent les pieds de maïs qui
Bancarisation du secteur informel au Mali : Que de chemin à faire !
Par Oumar SANKARÉ Bamako, 19 juil (AMAP) Téléphone portable à l’oreille, Bakary Bamba Kébé donne des instructions à un agent de sécurité au bout du fil. La vingtaine révolue, ce jeune homme de teint noir est peu loquace. Il gère au quotidien sa petite entreprise, «Mandé immobilier», depuis son «Grin» (groupe informel de discussions entre amis). Il dispose d’une dizaine d’appartements meublés qu’il loue aux particuliers et joue, quelquefois, les intermédiaires pour des ventes de maisons et de terrains nus. «Jamais, je n’ai songé à avoir un soutien d’une banque soit pour commencer ou étendre mon business. Le soutien des banques n’est qu’un mythe pour des gens comme moi», dit-il. Entre deux gorgées de thé à la menthe, Karim, membre du Grin, soutient qu’il est plus facile de se faire financer par une Organisation non gouvernementale (ONG) ou une institution de microfinance qu’une banque au Mali. Le trentenaire, qui évolue dans les domaines de l’élevage et de l’immobilier, a tenté à plusieurs reprises d’avoir un financement. Sans succès ! Il en déduit que les produits bancaires proposés ne correspondent pas aux besoins des jeunes entrepreneures. «Un agriculteur, un éleveur, un restaurateur ou encore ceux qui sont dans les domaines du numérique, de l’agroalimentaire… doivent tous avoir des produits adaptés à leurs besoins. On ne sait pas si le système est contre nous mais une chose est sûre, ce système n’est pas fait pour nous», renchérit Karim. « Il y a une corruption endémique dans le système», regrettent unanimement les membres du Grin. Chacun a une anecdote. «Les banques croulent sous de fausses garanties et titres fonciers qui n’ont aucune valeur. Des documents trafiqués par leurs experts en complicité avec des banquiers eux-mêmes », affirme l’un d’entre eux. Un autre affirme que des «projets avec des business plans bien élaborés traînent des mois, parce que les banquiers en charge de ces projets veulent leurs parts». «Des projets sont rejetés et paradoxalement repris par des proches des banquiers», enchaine un membre du Grin. Une voix incrimine l’Etat qui n’aurait « rien fait pour protéger le business modèle de la star up Telimani. Voici comment on tue l’innovation et la créativité». SOUS LES RADARS – S.T et H.B sont des hommes d’affaires réputés dans leur cercle. Ils sont respectivement dans le domaine des pierres précieuses et l’exportation de bétail dans la sous-région. Ils brassent des centaines de millions de Fcfa en marge du système bancaire. «Je ne pense pas à formaliser mes affaires. L’informel me convient parfaitement. Je suis sous les radars», explique S.T qui avouera plus tard qu’il a été témoin de la «destruction» de certains de ses pairs. «Certains princes du jour exigent de nous de contribuer à leur campagne politique ou alimenter leur bureau. Gare à toi si tu refuses. Les impôts et taxes seront utilisées pour te détruire», confie-t-il. Le terme bancarisation désigne un processus mené par les banques, qui consiste à ouvrir des comptes bancaires aux ménages, aux particuliers et aux entreprises dans un pays. Cette démarche vise un double objectif. D’abord, celui pour les banques d’élargir leurs ressources et leurs clientèles en vue d’optimiser et développer leurs activités financières. Pour les autorités publiques, la bancarisation permet de contrôler et gérer la création de monnaie ainsi que les différents mouvements monétaires. Elle donne, également, un indice sur le niveau de développement d’un pays. Une entreprise informelle, d’après Sanou Sarr, président du Réseau des petites et moyennes entreprises (REMAP) est une entreprise qui n’est pas connue de la fiscalité, du registre de commerce et de la fiscalité, d’aucune structure étatique ni consulaire. Ce sont des entreprises qui évoluent sans paiement de taxes, sans être connues des banques.Toutefois, il y a des entreprises informelles qui ont des comptes bancaires, précise-t-il. Quant à la structure formelle, elle possède un Numéro d’identification fiscal (NIF), un numéro de registre de commerce, un numéro NINA, un compte bancaire et peut postuler aux marchés publics. Une entreprise, qu’elle soit formelle ou informelle est une PME (Petite et moyenne entreprise) dont le chiffre d’affaires est compris entre 1 Franc et 1 milliard de Fcfa. ENTREPRISE CRÉDIBLE – Pour le conseiller en investissement, Cheick Oumar Soumano, le financement est un processus : de la création de l’entreprise jusqu’à la possibilité pour elle de prouver que le financement va se diluer de lui-même à travers les opérations normales. En d’autres termes, c’est l’activité qui justifie le financement. Cela suppose que l’entreprise est crédible du point de vue financier (impôts, taxes, assemblées des actionnaires, réunion du conseil d’administration). Ces indicateurs permettent à la banque de mesurer le risque qu’elle va prendre. «Dès l’instant que la banque n’est pas en possession de ces éléments, elle ne va jamais vouloir accompagner l’entreprise», explique Cheick Oumar Soumano. Toute entreprise qui n’est pas formelle est donc exclue du champ d’action des banques. Et cette exclusion, selon le conseiller en investissement, ressort dans les textes règlementaires de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO). En effet, les banques sont soumises à un contrôle de la BCEAO à travers la commission bancaire. Chaque financement doit obligatoirement être justifié par un certain nombre d’éléments techniques, juridiques et financiers. Et Hamidou Dicko, responsable du département partenariats et stratégies du Fonds de garantie pour le secteur privé (FGSP-Sa), de reconnaitre : «Beaucoup de nos micro-entreprises ont du mal à fournir des documents et informations pertinents pour convaincre la banque, car elles évoluent dans l’informel qui favorise l’asymétrie d’information». Selon les statistiques de l’Institut national de la statistique (INSTAT) de 2022, 98% des entreprises maliennes et 96% des PME opèrent dans l’informel. Le directeur national des PME, Dr Boubacary Cissé, en se référant au rapport du conseil d’administration du 5 avril 2022 de la Bank of Africa (BOA) Mali, rapporte que « le taux de bancarisation est faible, moins de 6%, avec une économie informelle qui échappe toujours à la bancarisation». « Malheureusement, analyse-t-il, beaucoup pensent qu’être informel leur permet de grandir et d’échapper au fisc. » Et M. Sarr de renchérir : « en réalité, les gens ont peur de
Présidence de l’OMVS : Le président Goïta passe la main au chef de l’Etat mauritanien
Bamako, 19 juil (AMAP) Le président sortant de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), le colonel Assimi Goïta, a remis, mardi, le témoin au nouveau président en exercice, le Mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, à l’occasion de la 19è session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation, tenue en mode virtuel. Parmi les défis à relever, auxquels le président entrant va certainement s’atteler, figurent en bonne place la navigation et la réalisation d’autres infrastructures communes. Au regard de l’urgence de concrétisation des grands projets suscités, en raison des besoins pressants de nos populations en services de transport fluvial, d’énergie et de sécurité alimentaire, le colonel Assimi Goïta, a demandé au Haut-commissariat de l’organisation sous régionale d’accélérer l’élaboration, en cours, d’une stratégie de mobilisation de financements et sa mise en œuvre diligente. En plus du colonel Assimi Goïta, les chefs d’État de la Mauritanie, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et de la Guinée, le colonel Mamady Doumbouya, ont participé à cette rencontre virtuelle. Le président sénégalais, Macky Sall, s’est fait représenter par le Premier ministre Amadou Bah. Les membres du Conseil des ministres, dont la ministre de l’Énergie et de l’Eau, Mme Bintou Camara, ont également été associés à cette réunion qui intervient après celle de Bamako, tenue en décembre 2019. PROJET NAVIGATION – Le président de la Transition a fait le bilan de l’état d’avancement des activités depuis sa présidence à la tête de l’Organisation, avant de passer le flambeau au chef de l’État de la Mauritanie, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Tout d’abord, le colonel Assimi Goïta a déploré l’ampleur des contraintes qui ont marqué son mandat. L’Organisation a fait face à de profondes crises dont la plus importante, liée à la pandémie à Covid-19 survenue en début 2020, a secoué l’économie mondiale et bouleversé la mise en œuvre des projets de l’OMVS. Le projet de navigation, pilier manquant dans la réalisation du programme d’infrastructure régional, qui avait fait l’objet de signature d’un contrat commercial en octobre 2019, est buté à quelques contraintes financières. « Fort heureusement, a apprécié le chef de l’État, la Société de gestion et d’exploitation de la navigation (SOGENAV) a su proposer un schéma alternatif de phasage des activités d’exécution du projet. La première phase de ce projet est basée sur une stratégie de navigation rapide qui vise à rendre navigable le fleuve Sénégal, entre Saint-Louis (Sénégal) et Ambidédi (Mali), à partir de juin 2024. «À cet effet, il importe de diligenter le financement de cette stratégie, assortie d’un coût de 35 milliards de Fcfa, en guise de preuve d’engagement aux yeux des partenaires qui ne tarderont pas, j’en suis certain, à joindre leurs efforts aux nôtres», a dit le colonel Goïta. Par ailleurs, la mise en service, en décembre 2022, du barrage hydroélectrique sur le site de Gouina a rehaussé la puissance installée de l’OMVS à 400 mégawatts, avec une capacité additionnelle de 140 mégawatts d’énergie propre et bon marché. Du reste, la capacité de transport en sera fortement améliorée, avec les lignes du projet Manantali 2 qui feront de l’OMVS une véritable plaque tournante de l’énergie en Afrique de l’Ouest, « en réelle traduction de la volonté exprimée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) d’interconnecter les réseaux électriques de la sous-région. Selon le colonel Assimi Goïta, cela concerne la ligne biterne 225 kilo-Volt (kV) Kayes-Tambacounda, financée par la Banque mondiale et la mise en service en octobre 2022, permettant une interconnexion avec la Guinée, à travers le réseau de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG). Il s’agit, également, de la ligne 225 kV Kayes-Yélimané-Tintane-Kiffa-Aïoun « dont la recherche de financement est en bonne voie, qui rapprochera des réseaux maghrébin et européen. » À LA CROISÉE DES CHEMINS – S’agissant de la portion guinéenne du bassin, toutes les études préalables à la construction du barrage de Koukoutamba sont réalisées. Aussi, « depuis la tenue, le 19 janvier 2021, de la 62è session extraordinaire du Conseil des ministres, les actions de recherche de financement se poursuivent pour nos trois projets prioritaires (Navigation, Koukoutamba et Gourbassi) », a annoncé Assimi Goita. Le président de la Transition au Mali a relevé que les diligences requises ont été faites auprès de nos partenaires de la Chine, au point que «nous espérons mobiliser bientôt la plus grande partie (85%) du financement du projet de Koukoutamba» « Quant au projet de barrage de Gourbassi, a-t-il poursuivu, la recherche de financement se poursuit avec le transfert du projet à la Société de gestion et d’exploitation de Manantali (SOGEM) qui a engagé les études préalables de faisabilité et d’impact environnemental et social. » «Vous conviendrez avec moi, au regard du tableau de mise en œuvre des projets structurants, que l’OMVS reste à la croisée des chemins», a estimé le chef de l’État malien. « Car, a-t-il renchéri, 50 ans, hormis la mise en service de quatre barrages, l’Organisation n’arrive pas à faire de la navigation une réalité et le potentiel agricole disponible reste pour moitié inexploité. » Au terme de la rencontre, la Conférence a pris acte du bilan présenté par le président du Conseil des ministres. Elle a, ensuite, donné des orientations et instructions engageant l’OMVS « à maintenir et renforcer la dynamique visant la poursuite des réalisations des infrastructures communes. » La Conférence a engagé le Conseil des ministres, en collaboration avec le Haut-commissariat de l’OMVS, de diligenter une équipe technique pour la mise en œuvre du projet du nouveau président. Le nouveau président de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’OMVS, tout en mesurant l’ampleur de la responsabilité qui lui a été confiée, entend s’impliquer « davantage pour la navigabilité du fleuve Sénégal et le développement des activités visant à renforcer la sécurité alimentaire. » OD/MD (AMAP)
Les «Zarma» de Gourma Rharous : Une intégration réussie
Par Mohamed GAKOU Gourma Rharous, 19 juil (AMAP) Le «Zarma» se définit comme un groupe de dialectes parlés sur les rives du fleuve Niger, depuis Djenné, au Mali, jusqu’au pays Bariba, dans le Nord du Bénin. Les principaux dialectes de ce groupe sont le Sonhraï parlé au Mali, le Zarma au Niger et le Dendi au Bénin. Tous les Nigériens qui vivent à Rharous sont appelés «Zarma», en référence à l’ethnie qui parle ce dialecte au Niger, malgré le fait que certains d’entre eux ne le soient pas. Cette migration sous régionale a pris de l’essor, à partir des années 2010, même si, une colonie embryonnaire de commerçants nigériens a déjà pris racine ici, avant l’indépendance du Mali. Les «Zarma» sont visibles aujourd’hui, en grand nombre, sur tous les marchés hebdomadaires de la localité et même plus loin. Ils vivent et mènent leurs activités de commerce, en parfaite entente avec les populations locales. La trentaine révolue, teint noir anthracite, habillé d’une longue tunique blanche, Adamou est assis sur un banc, devant l’échoppe de son ami cordonnier, dans le quartier de Boya, à Rharous. Les traits réguliers de son visage semblent être taillés au burin. D’un regard presque absent, l’homme observe le mouvement de la rue, en égrenant nonchalamment un long chapelet d’une main, pendant que l’autre fouraille dans sa barbichette bien taillée. Il est arrivé ici, à peine sorti de l’adolescence, au sein d’un groupe de compatriotes, tous camelots, dans les années 2010. Aujourd’hui, il a épousé une femme autochtone qui lui a donné trois enfants et a bâti une grande maison, différente de la petite pièce de ses débuts quand ils dormaient à quinze ou plus, parfois. Avant, il retournait dans son village, au Niger, dès les premières pluies, pour aider à cultiver les champs familiaux. Aujourd’hui, il ne le fait plus. De son propre aveu, il dit se sentir bien ici. Il explique ce sentiment par l’hospitalité de ses hôtes, la communauté de langue avec ceux-ci et la prospérité de son commerce. Il ne manque jamais d’ajouter, un brin coquin que, c’est ici, qu’il a rencontré l’âme sœur. Ses rares voyages dans son pays d’origine consistent à aller, quelques fois, auprès de son fournisseur, à Niamey, pour se ravitailler en marchandises ou participer à quelques grands événements familiaux. FINS NEGOCIATEURS – Il passe le plus clair de l’année à Rharous, auprès de son épouse et ses enfants ou à parcourir les foires des localités environnantes, juché sur sa moto chinoise chargée de marchandises. Adamou est le prototype même du Zarma. Les témoignages des populations locales sur ces commerçants venus d’ailleurs sont flatteurs. Ils sont unanimement reconnus comme des personnes pacifiques, courageuses pas avares en effort, travailleuses, conciliantes, patientes et de pieux musulmans. À ces qualités, il faut ajouter leur talent commun de fins négociateurs en affaires et d’habiles joueurs, sachant toujours tirer leur épingle du jeu. Ce sont tous ces traits de caractère et de conduite qui ont permis leur intégration et la prospérité de leur commerce. Ils font leurs affaires dans des domaines distinctifs : articles ménagers et de décoration d’intérieur, habillement, médicaments et verroterie. Tout ce qu’ils vendent est estampillé «Made» in China, India, Hong Kong, Singapour et Nigeria. Ce commerce d’articles de bas de gamme s’aligne parfaitement avec le pouvoir d’achat des populations locales et crée un échange gagnant-gagnant. On peut difficilement évaluer cette population de migrants dont le nombre croit, chaque année. Ce sont des familles entières qui sont arrivées ici, durant ces dix dernières années. Le chef de famille s’installe en premier, crée les conditions d’accueil et fait venir femmes et enfants. Parmi ces derniers, nombreux ont débuté leur scolarité ici à Rharous. Cependant, jusqu’aujourd’hui, cette importante colonie nigérienne n’arrive pas à créer une association formelle qui permettra de connaître leur nombre, en les recensant et, aussi, répondre à la réglementation en vigueur, en matière d’immigration. La brigade territoriale locale de gendarmerie se réserve de donner un nombre. À la mairie de la Commune rurale de Rharous, l’édile affirme que la création et la formalisation d’une association est en cours. Parmi les membres de la colonie, certains n’hésitent pas à avancer le chiffre de plus de 400 familles. MG/MD (AMAP)
Assemblage de PC/tablettes et téléphones : Des appareils made in Mali sur le marché
Bamako, 18 juil (AMAP) Le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, a inauguré, lundi, l’usine d’assemblage de PC/tablettes et téléphones de la société Danew Talla Electronics, avec un investissement initial de 550 600 000 Fcfa, à Niaréla, un quartier au centre de Bamako. Cet investissement sera porté à deux milliards Fcfa à l’horizon 2026, traduisant ainsi la volonté des promoteurs de doter l’usine d’équipements de dernière génération utilisant une technologie de pointe dans la production de matériels de téléphonie et d’informatiques. Son président, Renaud Amiel, a rappelé qu’il y a un an, en présence de plusieurs membres du gouvernement, la société Danew Talla Electronics s’était engagée à mettre en place une plateforme technique pour le développement du numérique au Mali, comprenant l’installation d’une usine d’assemblage de PC, de tablettes et de téléphones, la création d’un réseau de réparation et de maintenance couvrant tout le pays et l’appui aux grands projets de digitalisation du pays. Le tout devant correspondre à la création de près de 1 300 emplois d’ici fin 2025. «Au 1er juin, une première ligne d’assemblage de 18 mètres opérationnelle a été installée dans nos locaux à Niaréla, nous avons recruté 50 personnes dont 39 employés pour la ligne d’assemblage. En termes de production, ce sont près de 4 000 tablettes, PC ou Smartphones qui ont déjà été assemblés, reconditionnés ou customisés sur la ligne d’assemblage. En ce qui concerne le réseau national de réparation et de maintenance de Danew Talla Electronics, il sera composé de 1000 jeunes formés par nos soins», a expliqué M. Amiel. Le président de la société Danew Talla Electronics a encore rappelé qu’en septembre dernier, le CEDEX, un centre de formation spécialisé dans la formation aux métiers du numérique, a été créé en étroite collaboration avec le ministère en charge l’Entreprenariat national et celui de l’Économie numérique. La première formation en réparation et maintenance de matériels informatiques et de téléphonie a démarré le 1er novembre 2022 avec une promotion de 47 jeunes venant des régions de Ségou, Mopti (Centre) Tombouctou, Gao (Nord), et du district de Bamako, la capitale malienne. «Aujourd’hui, nous en sommes à la 4è promotion de 56 jeunes qui viennent de démarrer leur formation le 3 juillet, principalement des jeunes déplacés du Mali, et des jeunes réfugiés au Mali venant d’Afrique centrale. D’ici fin août, plus de 180 jeunes auront été formés au CEDEX», a-t-il souligné. RETOMBÉES – Pour donner quelques éléments sur le développement du CEDEX, un nouveau cursus de formation, «Diagnostic automobile numérique», sera lancé au quatrième trimestre avec deux promotions de 25 jeunes. Aussi un grand projet de «Digitalisation des coopératives dans la filière Karité» avec un premier pilote de 80 coopératives de 3 000 membres (toutes des femmes) de la Région de Ségou est en préparation pour la fin de l’année. Selon le président de la société Danew Talla Electronics, les prévisions et engagements, pris devant le Premier ministre en juin 2022, sont atteints sinon dépassés. Dr Choguel Kokalla Maïga, en présence de plusieurs membres du gouvernement, a indiqué que, « la technologie de pointe utilisée dans cette usine permet d’affirmer, sans risque de se tromper, qu’elle est en parfaite adéquation avec la Politique de développement industriel de notre pays, qui encourage la création de nouvelles unités industrielles et l’utilisation des meilleures idées, technologiques, techniques et méthodes en s’appuyant sur les actifs de la propriété intellectuelle. » Selon le Premier ministre, cette unité contribuera, également, à l’atteinte des objectifs de la politique des 3D : (Défense, Diplomatie et Développement). Et son exploitation participera à l’atteinte de la vision du président de la Transition, à savoir : le respect de la souveraineté du Mali, le respect des choix stratégiques et des choix de partenaires opérés par le Mali et la prise en compte des intérêts vitaux du peuple malien dans les décisions prises. «D’ores et déjà, l’usine a créé 49 emplois permanents dont 11 femmes et 120 contractuels. Ce nombre sera porté à 300 permanents et 1 000 contractuels à l’horizon 2025. Ce qui cadre avec les politiques nationales du gouvernement en matière de création d’emplois, de formation professionnelle et d’amélioration des conditions de vie des Maliennes et des Maliens, conformément au Plan d’action du gouvernement», a indiqué le chef du gouvernement. Le Premier ministre a dit qu’ « en plus de la création d’emplois, cette unité industrielle aura des retombées significatives sur les populations et l’économie malienne. » Cela en termes de paiement d’impôts, taxes et droits, de paiement de cotisations sociales à l’Institut national de prévoyance sociale (INPS), de réduction des importations de matériels informatiques et de sorties de devises, à travers la production sur place de 100.000 appareils informatiques et de téléphonie, dès la première année et 500.000 à l’horizon 2025. BBC/MD (AMAP)

