Les états généraux sur l’entretien routier pour un diagnostic sans complaisance

Bamako, 15 sept (AMAP) Les états généraux sur l’entretien routier se tiennent, ouverts, jeudi, au Centre international de conférences de Bamako (CICB) sont destinés à toucher du doigt les préoccupations liées à l’entretien de nos routes lors d’échanges, dans un cadre participatif et inclusif, sur les voies et moyens de les préserver. Présentant la situation du patrimoine routier, la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, a révélé que le pays a 25 692 km de routes aménagées sur le réseau classé dont 6 511 km de routes revêtues, soit 25,34%. S’y ajoutent 19 180 km de routes en terre moderne et de pistes améliorées, soit 74,66%, et 5 936 km de routes revêtues constituées essentiellement de Routes nationales (RN) dont 2 340 km sont en bon état, 2 086 km en état passable et 1 510 km en mauvais état. «L’entretien routier demeure problématique et le dispositif n’a pas crû en efficacité et en efficience. La réalisation des travaux d’entretien routier se heurte à d’énormes difficultés», a déploré la ministre. Au nombre de ces difficultés, Mme Dembélé Madina Sissoko a cité la mobilisation des ressources financières, l’insuffisance de moyens matériels et humains des services déconcentrés en charge des routes. Il y a, aussi, le vieillissement du réseau routier actuel (l’âge moyen des routes au Mali est compris entre 15 et 20 ans), « l’occupation de la chaussée et de ses dépendances par les riverains, les interventions de concessionnaires du réseau d’utilité public de l’eau, de l’électricité et des télécommunications dans l’emprise de la route. » Autres difficultés : la surcharge généralisée sur les routes, le non-respect des engagements des missions de contrôle et des entreprises, dû notamment « au faible niveau de qualification du personnel » déployé à cet effet et la mauvaise exécution des travaux. C’est au regard de ces constats majeurs que, le ministère des Transports a obtenu l’appui du gouvernement à la tenue des assises de l’entretien routier. «La situation évoquée par la ministre interpelle et justifie amplement la tenue des présentes assises, en vue d’approfondir la réflexion sur le cadre juridique et institutionnel de l’entretien routier issu des réformes et d’évaluer les performances de la stratégie et du système de gestion mis en place », a soutenu le Premier ministre. Dr Choguel Kokalla Maïga, qui a présidé l’ouverture des travaux, a estimé qu’ « il appartient aux participants de poser un diagnostic sans complaisance de l’entretien routier, au prix d’une remise en cause des habitudes néfastes constatées et des acquis engrangés. » Cela « afin de prendre en charge, opportunément, les préoccupations de nos concitoyens qui sont nombreuses et légitimes face à la situation de l’état des routes dans notre pays. » Le chef du gouvernement a insisté sur le rôle de supervision de l’administration, qui est déterminant dans le respect des délais de réalisation des infrastructures routières et la qualité des travaux d’entretien routier exécutés par les entreprises. «Les prérogatives de puissance publique vous sont attribuées par les textes, incluant le cas échéant le pouvoir de sanction des entreprises et des bureaux de contrôle défaillants. Ces prérogatives accroissent votre responsabilité dans la réalisation du service public auquel participent les autres acteurs de l’entretien routier», a-t-il dit. Il a exhorté les entreprises et bureaux de contrôle partenaires dotés d’un statut de droit privé, qui participent, par le biais des marchés et contrats, à l’exécution du service public d’entretien routier, à faire preuve de loyauté et de professionnalisme. « Le gouvernement du Mali entend la «Vox populi» sur les préoccupations nationales et ne ménagera aucun effort pour améliorer l’état des routes dans notre pays et, partant, la sécurité de ses usagers», a assuré Dr Choguel Kokalla Maïga. Dans cette perspective, il a engagé le gouvernement, à travers le ministère des Transports et des Infrastructures, « à mettre en place un dispositif de suivi pour s’assurer de la mise en œuvre des recommandations pertinentes et des propositions concrètes qui seront issues des présentes assises conformément à la vision du président de la Transition. » Plusieurs acteurs prennent part à ce grand débat sur la problématique de l’entretien routier. Ils aborderont, sans complaisance, des thématiques aussi variées que la gestion du réseau routier, le financement de l’entretien routier, la passation des marchés publics et l’exécution des travaux d’entretien routier. BBC/MD (AMAP)

Transparence dans les industries extractives : Le Mali peaufine son rapport annuel d’avancement 2021

Bamako, 15 sept (AMAP) Le comité de pilotage de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE-Mali) a analysé, jeudi, le rapport annuel d’avancement 2021 (RAA 2021) afin d’y apporter des observations pertinentes pour sa validation. Cette 3è session ordinaire au titre de l’année 2023 intervient après un atelier tenu récemment à Bougouni (Sud), où les participants ont procédé à l’auto-évaluation des mesures correctives afin d’entamer la validation du Mali qui commence le 1er octobre prochain. Ils ont alors élaboré un tableau de bord de mise en œuvre des exigences ciblées par cette validation, en l’occurrence celles liées à l’engagement de l’État et de la société civile, à l’octroi des licences… «L’essentiel de nos efforts, durant ces quelques jours qui nous séparent du début des processus de cette validation, doit être focalisé sur la mise en application de ces exigences», a déclaré le secrétaire général du ministère des Mines, Soussourou Dembélé, qui a presidé es travaux dans les locaux du départment. M. Dembélé a, ensuite, évoqué l’analyse et la validation du RAA 2021 comme le principal point inscrit à l’ordre du jour de cette troisième session. Ce document devrait être validé depuis 2022, mais le processus a pris du retard pour des raisons d’amélioration de son contenu. Cette rencontre a donné l’opportunité d’échanger sur les problématiques liées aux impacts environnementaux des exploitations artisanales et autres, d’évaluer les enjeux et les défis pour un meilleur encadrement de ce secteur. Cela a été, également, l’occasion de vérifier l’état des préparatifs de la dissémination des rapports Itie 2020 et 2021. «Le devoir de restitution et d’échange sur les enseignements tirés des rapports Itie nous incite à disséminer avant octobre 2023, les rapports 2020 et 2021 dans les zones minières», a déclaré le secrétaire général du département en charge des Mines. “Cela, a-t-il poursuivi, va accentuer le débat public sur la gestion du secteur extractif et faire remonter les appréhensions des communautés locales sur l’exploitation des ressources minérales. “ Soussourou Dembélé a insisté sur l’objectif ultime de cette session : la réussite de la validation du Mali au terme du processus qui commencera le 1er octobre prochain. L’ITIE est une norme mondiale qui défend l’amélioration de la transparence dans la gestion des revenus et l’obligation de redevabilité dans les secteurs pétrolier, gazier et minier. Le secrétaire général du département des Mines avait à ses côtés, le secrétaire permanent de l’ITIE-Mali, Samou Sidibé, et le directeur général de la Direction nationale de la géologie et des mines, Cheick Fanta Mady Keïta. AD/MD (AMAP)

Aquaculture : La pisciculture remplit nos assiettes

Par Fatoumata TRAORÉ Bamako, 14 sept (AMAP) La pêche est, de plus en plus, infructueuse dans les cours d’eau. Le développement de l’élevage produit les poissons pour notre alimentation. Selon les spécialistes de la santé, Le poisson est une excellente source de protéines animales, de vitamines et de sels minéraux, notamment les vitamines A et D, le phosphore, le magnésium et le sélénium. Ses protéines sont un complément aux protéines alimentaires des céréales et des légumineuses, typiques des régimes de nombreux pays en développement comme le Mali. Il contient un type d’acides gras vital au développement du cerveau humain chez le fœtus et le nourrisson. En général, le poisson occupe une place beaucoup plus importante dans l’alimentation journalière des habitants des pays que dans les pays avancés. Le Mali, bien que regorgeant de cours d’eau poissonneux, est confronté à une crise dans la production de poissons, due aux sécheresses cycliques et les effets néfastes des changements climatiques. Pour pallier cette situation d’insécurité alimentaire, notre pays s’est engagé dans la promotion de la pisciculture. “Ainsi, le gouvernement a accordé une subvention de 30% sur le prix de revient des alevins et de l’alimentation des poisons”, souligne le chef de division aménagement des pêcheries et aquacultures (DAPA) à la direction nationale de la pêche, Baba Coulibaly. Cette subvention de l’État permet d’installer des usines de fabrication d’aliments et des écloseries pour la production d’alevins (jeunes poissons destinés au peuplement). Car, au Mali, les deux contraintes majeures au développement de la pisciculture résident dans l’importation des alevins et de l’aliment poisson. En effet, beaucoup de nos concitoyens investissent, aujourd’hui, dans cette activité lucrative. En la matière, Aboubacar Diallo fait oeuvre de pionnier. Depuis 2010, il a installé une ferme piscicole à Baguinéda, une localité située à 35 kilomètres de Bamako. En une décennie, il est devenu le principal producteur d’alevins et d’aliments poissons au Mali. Selon lui, le marché des alevins est très complexe aujourd’hui à cause du manque de bons techniciens de nationalité malienne. Leurs compétences ne seraient pas à la hauteur des enjeux. «La plupart des techniciens qui sont sur le marché des écloseries au Mali sont des étrangers (Béninois et Burkinabé) qui viennent à l’Institut polytechnique rural (IPR) de Katibougou pour apprendre. Après, ils retournent dans leurs pays et reviennent prendre le marché devant nos techniciens», explique Aboubacar Diallo avec regret. Pour cet opérateur, nos jeunes sont trop pressés. Lorsqu’ils sortent des écoles de formation mises en place par le gouvernement pour accompagner les secteurs de la pêche et l’aquaculture, ils ne «prennent pas souvent le travail au sérieux». Ce qui crée beaucoup d’échecs au niveau de la production des alevins de qualité, souligne-t-il. À ce handicap lié à la disponibilité de techniciens compétents, s’ajoutent les problèmes de souches de poissons et des aliments. En effet, il faut impérativement de bonnes souches de poissons. «Sans quoi, ça ne marchera pas, qu’il s’agisse des tilapias ou d’autres espèces. Et cela va de soit aussi pour l’alimentation des géniteurs. Les poissons qui sont élevés pour le grossissement sont différents de ceux qui sont là pour la reproduction, ceux-ci ont une alimentation spéciale. C’est pourquoi avec les meilleurs géniteurs, sans une bonne alimentation, cela posera toujours la défaillance», explique Aboubacar Diallo.   DES MILLIARDS DANS L’IMPORTATION – L’opérateur soutient que le marché est florissant, car chaque jour, on enregistre de nouveaux producteurs qui viennent s’installer. L’espoir est donc permis dans le domaine. Cependant, la question des aliments poisson demeure cruciale. L’augmentation de leur prix est due à l’importation, ce qui implique des frais de transport et de dédouanement. C’est pourquoi, Aboubacar Diallo en appelle à plus d’accompagnement de l’État dans le sous-secteur de l’aquaculture, afin de réduire les importations qui font sortir des milliards de Fcfa de notre pays. «Avec l’investissement de l’État dans le secteur, il est possible d’effacer petit à petit l’ardoise de l’importation par les opérateurs producteurs du pays», estime le fermier piscicole. «Halla Fish Farm» est une entreprise piscicole moderne, créée par la société coopérative simplifiée agricole Halla (Scoops.A-H) basée à Kassela, à une quarantaine de kilomètres de la capitale. Selon son premier responsable, le marché des alevins se présente toujours avec une demande accrue des alevins tilapias et silures (claras). Et sur ce marché, il y a une forte concurrence des prix, car la disponibilité n’est pas pemanente. “Cela peut se traduire, soutient-il, par la non maitrise des bonnes techniques et matériel de production. Raison pour laquelle, les alevins silures sont très souvent issus des écloseries artisanales.” Notre interlocuteur dénonce, lui aussi, l’augmentation sans cesse du prix des aliments poissons, surtout ceux importés. Ce qui fait que certains pisciculteurs se procurent des machines afin de fabriquer leurs propres aliments poissons pour réduire le coût de la production. Il y a aussi les contraintes liées au transport des alevins qui sont des marchandises vivantes. “C’est-à-dire que quand un producteur de Bamako veut envoyer des alevins à Gao, il doit trouver forcément le moyen de les transporter vivants jusqu’à cette destination”, explique Diallo. «Si les moyens adéquats ne sont pas à sa disposition, on peut tout perdre en un instant», ajoute-t-il. Selon lui, pour améliorer la situation actuelle, il faut les moyens de transport et une alimentation adéquate pour les producteurs d’alevins. Il faut, également, encourager la multiplication des écloseries, spécialement les écloseries modernes qui sont actuellement très peu nombreuses. Le chef de la DAPA souhaite de grands efforts pour la promotion de la pisciculture, car la production de la pêche et la capture naturelle ont atteint leurs limites. “Si une autre alternative comme la pisciculture n’est pas développée, nous ne verrons plus de poissons dans nos assiettes dans l’avenir”, prédit-il. FT/MD (AMAP)  

Goundam (Nord) : Les bandits armés tentent d’entraver le commerce

Goundam, 13 sept (AMAP) Depuis un certain temps, les activités commerciales sont affectées dans le Cercle de Goundam, dans le Bord du Mali. Les paisibles populations sédentaires sont contraintes de limiter leurs déplacements entre les marchés ou foires des villes et villages. Ce qui entrave l’approvisionnement en produits alimentaires, carburant et autres denrées de première nécessité. À Echel, un village situé à 45 km, à l’ouest de Goundam, se tient l’une des foires les plus importantes du Cercle. Dans ce marché, des hommes armés ont menacé de brûler les marchandises des forains s’ils n’arrêtaient pas leurs déplacements. Les transporteurs, aussi, ont été soumis à la même restriction. Les ennemis de la paix ont mis leur menace à exécution. Ils ont saisi et brûlé les marchandises de commerçants qui n’avaient pas obtempéré à leurs injonctions. Ces actes criminels en ont rajouté à la psychose chez les populations, exposées aux exactions des hors-la-loi. Les Forces armées maliennes (FAMa) tentent de faire face à la situation dans le cadre de la protection des populations. Les militaires escortent, souvent, les personnes et leurs biens sur l’axe Tonka-Goundam-Tombouctou. Malheureusement, certains transporteurs enfreignent les consignes et exposent les passagers En plus de l’insécurité, le trafic routier vers la Mauritanie voisine est très difficile compte tenu de l’état défectueux des routes à cause de l’hivernage. Les quelques véhicules de transport sur l’axe Goundam-Tombouctou font voyager les passagers sans le moindre bagage et ceux-ci sont aussi soumis à des interrogatoires sur leut identité réelle. En cette période de crue du fleuve Niger, le Cercle de Goundam est ravitaillé essentiellement par voie fluviale, à partir de Diré et Tonka. C’est pourquoi, la ville de Goundam ne connait aucune pénurie de denrées de première nécessité. Il y a les coupures intempestives d’électricité mais le réseau de communication s’améliore petit à petit à la suite des travaux entrepris ces derniers temps par une compagnie de téléphonie mobile présente ici. Les choses risquent de se compliquer au-delà de septembre s’il n’y a pas d’actions d’envergure de sécurisation. Il y a le risque de rupture de stocks de médicaments. Si le commerce entre les localités continue d’être entravé par les bandits armés, le risque de pénurie de denrées de première nécessité n’est pas à écarter. AMAP

Recrudescence des attaques dans le Nord : Les populations de Gao expriment leur soutien à l’État

Gao, 12 sept (AMAP) Tandis que certains habitants de Gao, dans le Nord du Mali, demandent aux forces de défense et de sécurité de redoubler de vigilance, d’autres pensent que le divorce avec la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, ex-rébellion) est nécessaire pour mieux sécuriser notre territoire. Ici, c’est toujours l’émoi après l’attaque kamikaze qui a visé, vendredi, le camp Firhroun dans la zone aéroportuaire de Gao. Au lendemain de cette incursion terroriste, l’Armée a annoncé qu’un incident s’est produit au nord de la ville impliquant un de ses aéronefs. Selon les explication du chef d’état-major de l’Armée de l’air, le général de brigade Alou Boï Diarra, l’appareil avait effectué « avec succès une mission qui s’est déroulée vers le crépuscule dans des conditions météorologiques très exécrables. » Malheureusement, il y a eu quelques problèmes techniques qui ont obligé l’équipage à s’injecter de l’appareil qui s’est ensuite écrasé, selon l’officier. Ces évènements dramatiques sont intervenus 24 heures après l’attaque terroriste du bateau Tombouctou de la Compagnie malienne de navigation (COMANAV) dans la zone de Gourma Rharous faisant plusieurs morts et blessés. La multiplication des attaques par les terroristes, en complicité avec des groupes signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation, a pour but de créer la psychose au sein des populations. À Gao, certains habitants sont toujours sous le choc après l’attaque du camp Firhroun considéré comme le plus grand et le plus sécurisé dans le Nord du Mali. Il n’y pas longtemps, l’endroit servait de base aussi pour la Force française Barkhane et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Pour mieux renforcer la sécurité dans la Région, le gouverneur de Gao, le général de brigade Moussa Moriba Traoré, a pris de nouvelles mesures comme l’interdiction de circulation des véhicules non immatriculés, des véhicules Land Cruiser et des véhicules teintés entre les villes, villages, hameaux et campement dans la Région de Gao. Seuls les véhicules et autres engins des forces de défense et de sécurité sont autorisés. En plus, un couvre-feu a été instauré dans la Cité des Askia de 20 heures à 6 heures du matin, « à compter du 10 septembre 2023 jusqu’à nouvel ordre. » Ces mesures sont destinées à rassurer les populations de la Région de Gao. Pour Bossou Touré, cadre d’un service administratif à Gao, les mesures sécuritaires prises par le gouverneur « sont salutaires et permettront », selon lui, « de démasquer des personnes mal intentionnées. » Mieux, notre interlocuteur suggère qu’il faut aussi interdire la circulation de tous les pick-up dans la ville de Gao. Il tient pour responsable la CMA qui a décidé « de se retirer du processus pour la paix pour reprendre les hostilités avec ses complices terroristes. » Le retraité Mahamane Maiga a servi à la direction régionale des transports de Kidal. Pour faire face aux agressions des ennemis de la paix, il demande aux forces de défense et de sécurité « de redoubler de vigilance et, surtout, de rester sur le qui-vive pour parer à toute éventualité. » « Si l’Armée riposte vigoureusement aux attaques terroristes comme ça a été récemment le cas avec les attaques du bateau Tombouctou, des camps de Bamba et de Gao », Mahamane Maiga pense qu’elle devrait surtout être agressive dans l’anticipation. Cela pour minimiser les dégâts en termes de vies humaines. «Un Malien qu’il soit civil ou militaire qui meurt sous les balles des terroristes est un mort de trop», dit-il. L’opérateur économique Albouhari Maiga partage le même avis. À l’en croire, on pouvait éviter l’attaque du bateau Tombouctou « si la menace des groupes armés avait été prise au sérieux par les autorités militaires et administratives. » «Il y a aussi un point à ne pas négliger. C’est que les éléments des forces de défense et de sécurité qui escortent les bateaux, ne doivent pas être à l’intérieur de ces bateaux, mais plutôt dans des petits bateaux militaires bien équipés et adaptés», préconise-t-il. AT/MD (AMAP)

Tianjin : Dans la mouvance du 15e anniversaire du développement et de la construction de l’éco-ville

Par Aminata Dindi SISSOKO Envoyée spéciale Beijing, 11 sept (AMAP) Située sur les rives du fleuve Jiyun et de la mer de Bohai, l’éco-ville sino-singapourienne de Tianjin est un projet de coopération majeur entre les gouvernements de la Chine et de Singapour. Il s’agit de la première éco-ville au monde développée dans le cadre d’une collaboration intergouvernementale. Dans la mouvance du 15ème anniversaire de développement et de construction, les hauts responsables de cette ville ont animé, mercredi, dans l’après-midi, une conférence de presse au Musée national maritime. La rencontre a regroupé, outre les médias locaux, les journalistes en séjour en Chine dans le cadre de la phase2 du programme 2023 du Centre International de communication de la presse chinoise (CIPCC). La conférence était animée par le Président du comité administratif de l’Eco ville Chine-Singapour de Tianjin, Wang Guoliang et les vice-présidents Yang Yong et Wang Rui. Important projet de coopération entre les gouvernements chinois et singapourien, l’éco-ville dont la construction a débuté le 28 septembre 2008, possède naturellement un caractère ouvert et inclusif. La Chine et Singapour travaillent ensemble, se concentrant sur des industries telles que les technologies vertes et à faible émission de carbone, les technologies intelligentes, le tourisme culturel, les produits biopharmaceutiques et les services de transport portuaire, et introduisant des projets de haute qualité de Singapour. Faisant le bilan, le Président du comité administratif de l’Eco ville Chine-Singapour de Tianjin, Wang Guoliang, a souligné qu’au cours des quinze dernières années, grâce aux efforts conjoints de la Chine et de Singapour, l’éco-ville est devenue un foyer prospère et durable sur l’ancienne friche saline, incarnant la transition d’une « ville écologique » à une « ville dynamique », d’une « ville planifiée » à une « ville gérée », et d’une « cité-jardin » à une « ville adaptée à la vie, au travail, au tourisme et aux loisirs ». Il a indiqué que cette transition a établi une nouvelle référence pour le développement intégré du port, de l’industrie et de la ville. « Aussi, a-t-il-dit l’éco-ville a fermement établi un système de valeurs écologiques consistant à respecter la nature, à suivre ses voies et à la protéger afin de promouvoir la réduction des émissions de carbone, de réduire la pollution, d’étendre le développement vert et de poursuivre la croissance économique. » « Après 15 ans de développement et de construction, la zone bâtie s’étend sur 22 kilomètres carrés, la zone verte sur 11 millions de mètres carrés et la proportion d’eaux littorales d’excellente qualité atteint 100 %, ce qui lui a valu le titre de base nationale d’innovation pratique pour la transformation des montagnes luxuriantes et des eaux claires en or et en argent, ainsi que le titre de cas exemplaire de « belle baie » » s’est-il réjoui. Par ailleurs, a rappelé Wang Guoliang, l’éco-ville a réussi à équilibrer la relation dialectique entre la préservation de l’environnement et la croissance économique. Elle mené la mise en œuvre d’un projet pilote à Tianjin pour valoriser les produits écologiques, tout en explorant et en exploitant activement les sources d’énergie renouvelables telles que l’énergie solaire, géothermique et éolienne. « L’intensité de ses émissions de carbone par unité de PIB atteint le niveau impressionnant de 145,3 tonnes de CO2 par million de dollars américains, dépassant ainsi les normes internationales » s’est-il félicité. L’éco-ville a construit la ville intelligente à énergie zéro carbone et encouragé l’utilisation de bâtiments préfabriqués et passifs. Elle s’est également fermement engagée dans la voie de la construction d’un système industriel moderne, ce qui a donné naissance à des pôles industriels dominants tels que les services de technologie intelligente, le tourisme culturel et de santé, ainsi que la construction et le développement écologiques. « Le nombre d’entités commerciales a dépassé les 28 000 et la proportion des recettes fiscales industrielles a atteint 76 % ». « Tout au long de son parcours, a-t-il dit, l’éco-ville n’a cessé de progresser, de dessiner de nouveaux plans et de donner l’exemple en tant que pionnière. « À l’aube d’une nouvelle étape historique, la Chine et Singapour soutiendront conjointement la construction de l’éco-ville en tant que zone de premier plan pour une économie verte et à faibles émissions de carbone. Des efforts seront déployés pour renforcer l’introduction de ressources industrielles de haute qualité et créer une version améliorée de la coopération Chine-Singapour qui définisse la direction et le modèle pour un développement futur de haute qualité ». a-t-il-fait annoncé. Wang Guoliang a ajouté qu’au cours de la prochaine phase, l’éco-cité continuera d’accélérer la construction d’une ville verte et écologique, d’une ville intelligente et innovante, d’une ville coopérative et ouverte, et d’une ville dynamique et heureuse, propice à la vie, au travail, au tourisme et aux loisirs. Elle permettra à la coopération Chine-Singapour de franchir de nouvelles frontières et d’atteindre de nouveaux sommets, en vue de devenir un modèle international de développement durable dans la nouvelle ère. En prélude à cette conférence de presse, les hommes et femmes de médias ont visité le centre d’opération de l’éco-ville intelligente sino-singapourienne, la bibliothèque de l’éco-ville et l’exposition du 15 ème anniversaire, le musée national maritime de la Chine. La visite du parc « Tianjin Fantawild adventure » a mis fin aux activités de cette journée. ADS/MD (AMAP)      

Tianjin : Le carrefour terrestre et maritime de « la Ceinture et la Route »

Par Aminata Dindi SISSOKO Envoyée spéciale Beijing, 11 sept (AMAP) Tianjin, la plus grande ville côtière ouverte dans le Nord de la Chine, est l’une des quatre municipalités relevant directement du gouvernement central. Il s’étend sur près de 12 000 kilomètres carrés et compte une population de 13,63 millions d’habitants. Avec plus de 600 ans d’histoire ancrée dans son système de transport fluvial et son ouverture commerciale, Tianjin a la particularité d’être le berceau de l’industrie chinoise moderne et un phare de la Chine moderne dans son ensemble. C’est dans cette ville que des journalistes de la phase2 du programme 2023 du Centre International de communication de la presse chinoise (CIPCC) ont séjourné du 4 au 7 septembre dernier. Arrivés aux environs de 11h30 à Tianjin, les hommes de médias ont abord visité le temple de Dule. Ils ont, également, pu constater les réalisations faites dans le cadre du développement des nouvelles campagnes socialistes dans le village de Xijingyu et visité le musée géographique. Tianjin ne regorge pas que de sites attractifs. Dans le domaine de l’économie, la ville abrite le port Tianjin et la China national offshore oil engineering Co, Ltd. (Société nationale chinoise d’ingénierie pétrolière offshore) qui jouent des rôles importants dans la construction conjointe de « la Ceinture et la Route ». C’est pourquoi leur visite a été inscrite dans l’agenda des journalistes qui ont été suffisamment éclairés à travers des différentes présentations et visites guidées. Le port de Tianjin est le port artificiel en eau profonde de la plus haute qualité au monde, avec un quai de 300 000 tonnes et une profondeur de chenal de -22 mètres. Il peut entretenir des relations maritimes et commerciales avec plus de 800 ports dans plus de 200 pays et régions du monde. En tant que ressource stratégique essentielle de la Chine, le port de Tianjin est non seulement la porte d’entrée maritime de Pékin, Tianjin, Hebei et des trois régions septentrionales mais, aussi, le port le plus proche de la nouvelle zone de Xiong’an. Il est le carrefour terrestre et maritime de « la Ceinture et la Route » et joue un rôle important dans le développement coordonné de Pékin, Tianjin et Hebei, dans la construction conjointe de la ceinture et de la route, dans le déblocage de la circulation intérieure et dans la promotion de la double circulation intérieure et internationale. Le deuxième terminal à conteneurs dont les journalistes ont visité est un front de mer aux sept couleurs visibles à la fois de la terre et de la mer. Le terminal s’étend sur 1 100 mètres le long du rivage, couvre 750 000 mètres carrés et comprend trois postes d’amarrage pouvant transporter chacun jusqu’à 200 000 tonnes et une capacité nominale de 2,5 millions d’EVP. Le rivage est équipé d’un total de 12 grues à quai unique de couleur cyan, tandis que la zone centrale présente 42 grues à portique et 92 robots de transport horizontal ART, tous de couleurs différentes. Quant à la Offshore Oil Engineering Co. dont le siège se trouve dans la nouvelle zone de Binhai, à Tianjin, elle est une société cotée en bourse contrôlée par China National Offshore Oil Corporation. C’est la seule grande entreprise de construction en Chine qui peut gérer la planification, l’achat, la construction, l’installation, les essais et l’entretien des projets d’exploitation du pétrole et du gaz et aussi du gaz naturel liquéfié, de l’énergie éolienne en mer, du raffinage et des projets chimiques. Elle est également l’une des entreprises les plus importantes et les plus compétitives de la région Asie-Pacifique dans le domaine des projets pétroliers et gaziers offshore. Ses activités s’étendent à plus de 20 pays et régions. L’entreprise dispose d’importantes bases de production pour l’ingénierie offshore notamment à Tanggu, dans la ville de Tianjin, à Qingdao, dans la province de Shandong, à Zhuhai, dans la province de Guangdong. Ses capacités d’installation offshore et de pose de conduites sont parmi les meilleures d’Asie. Selon ses responsables, après plus de 40 ans de croissance et de progrès, l’entreprise s’est fixée pour objectif de « créer une société d’ingénierie exceptionnelle avec une identité chinoise distincte et de se concentrer uniquement sur le développement de la capacité EPCI, avec la conception comme principal moteur, et l’amélioration du leadership opérationnel et technologique comme fondement ». La société se donne également pour objectif de progresser dans trois secteurs potentiels l’internationalisation, l’ingénierie en eaux profondes et la nouvelle industrialisation. En plus de ces sociétés, les journalistes ont visité le groupe alimentaire Haihe et l’entreprise « China Africa TEDA investment CO ». ADS/MD (AMAP)  

Ateliers Luban : Pour renforcer les talents techniques le long de la ceinture et la route

ParAminata Dindi SISSOKO Envoyée spéciale Beijing, 11 sept (AMAP) La visite du musée de l’expérience de construction de l’atelier Luban était également inscrite à l’agenda des journalistes en séjour à Tianjin la semaine dernière. L’atelier Luban, un programme de formation professionnelle chinois, est une initiative mise en œuvre par la ville de Tianjin, dans le cadre de la ceinture et la route. Il vise à former des ouvriers hautement qualifiés, professionnels et innovants dans le monde entier. S’inspirant de l’esprit artisanal de Lu Ban, un célèbre charpentier, il partage avec d’autres pays les modèles d’enseignement professionnel et les compétences professionnelles de la Chine et forme des talents locaux compétitifs. Il favorise la coopération entre les écoles chinoises et les établissements d’enseignement étrangers, les entreprises et les gouvernements, ouvrant ainsi une nouvelle voie de développement caractérisée par une contribution conjointe et des avantages partagés. Selon le directeur du Centre International de communication de la presse chinoise (CIPCC), Yu Lei, il existe 21 ateliers luban dans le monde dont 12 en Afrique. Le premier atelier Luban au monde a été fondé en Thaïlande en 2016. « Le Mali figure parmi les pays africains qui disposent d’un atelier Luban. L’Atelier Luban du Mali est le quatrième ouvert en Afrique en 2019 » a-t-il dit. Selon le site de l’Université des Sciences des techniques et des Technologies de Bamako (USTTB), l’atelier Luban du Mali est le fruit de l’accord de coopération signé le 15 octobre 2019 entre les Universités des Sciences des techniques et des Technologies de Bamako (USTTB) et des Lettres et des Sciences Humaines de Bamako (ULSHB) et l’Ecole Supérieur Professionnelle de Médecine de Tianjin, l’Ecole Secondaire Professionnelle Hongxing de Tianjin, en Chine. Il constitue un projet de coopération internationale en matière de formation professionnelle soutenu par la municipalité chinoise de Tianjin. Situé au centre Universitaire de Kabala, ce projet a pour but d’améliorer la formation académique des meilleurs talents techniques et de soutenir l’économie locale par le biais de la formation professionnelle. Il se veut également un cadre de promotion de la collaboration scientifique sino-malienne par la mise en place de programmes de formation et de recherche communes, une intégration harmonieuse de la médecine traditionnelle chinoises et de la médecine traditionnelle malienne et les développements de nouveau produits, en valorisant les plantes médicinales maliennes. Au cours de cette visite, les journalistes ont suffisamment appris sur les ateliers Luban. En effet, Lu Ban, également connu sous le nom de Gongshu Ban, est un célèbre charpentier et inventeur qui a vécu à la fin de la Période des Royaumes combattants de printemps et d’automne. Il est né dans une famille de charpentiers de l’État de Lu et a commencé à apprendre le travail du bois dès son plus jeune âge. Au cours de sa vie, il inventa et perfectionna de nombreux outils de menuiserie, comme la scie et l’équerre. L’atelier Luban, porte le nom de ce maître chinois exceptionnel. A la suite de l’entretien avec les hauts responsables du musée de l’expérience de construction de l’atelier Luban, les hommes de médias ont également pu visiter l’université de technologie et d’éducation de Tianjin, les cinq avenues et le musée d’art numérique de Tianjin. ADS/MD (AMAP)

Unités de production de fer : Le ministre en charge de l’Industrie exige le respect des normes

Bamako, 06 sept (AMAP) Les usines de production de fer qui continueront à ne pas respecter les normes pourraient être fermées, après la deuxième phase de vérification et de sensibilisation menée par les services techniques, a mis en garde, lundi, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, en marge d’une visite sur les sites de l’Industrie du Mali et de fer (IMAFER), à Fougadougou dans la Commune rurale de Tienfala. Le Mali a connu, récemment, l’effondrement d’immeubles construits ou en construction entrainant des dégâts matériels et financiers importants. Dans certains cas, des pertes en vies humaines ont été enregistrées. Le ministère de l’Industrie et du Commerce a, à cet égard, instruit la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC) et l’Agence malienne de métrologie de conduire un vaste programme de contrôle et de vérification du diamètre et de la longueur dans toutes les unités de production de fer sur l’ensemble du territoire national. Le résultat de cet audit mené par les deux structures est sans appel. «Des fers commercialisés sur le marché comme étant du fer 6 ont été contrôlés diamètre 4, des fers 8 présentés et vendus au prix du fer 8 ont été contrôlés au diamètre 6, des fers 10 ont été contrôlés au diamètre 7 et ceux présentés comme des fers 12 et vendus à ce prix ont été contrôlés 9. Les longueurs ne sont pas respectées», a dénoncé Moussa Alassane Diallo. Pour le minsitre en charge de l’Industrie, cette situation est inacceptable pour le gouvernement et insupportable pour les populations. C’est pour cette raison que toutes les unités de production de fer ont été réunies le 22 août dernier pour partager avec elles, les conclusions des études de vérification et de contrôle menées par les services techniques. À l’issue de cette réunion, des recommandations fortes et des décisions ont été prises par le département. La visite terrain du ministre a consisté à vérifier la mise en œuvre effective de ces recommandations et décisions. «Le développement économique inclusif et durable du Mali se fera avec l’industrie ou ne se fera pas. C’est pourquoi, soutenir l’industrie dans notre pays est une exigence pour mon département. L’objectif recherché est de permettre à nos industries de transformer notre production locale, pour que nous puissions assurer nos besoins nationaux par la production nationale», a-t-il expliqué. Selon M. Diallo, nos industries doivent donner des produits de qualité qui respectent les normes. Autrement, il sera difficile de tenir sur la durée les engagements pris par rapport à la politique industrielle du pays. «La conduite de cette politique qui se repose sur la promotion et le développement de l’industrie locale (petite, moyenne et grande) ne peut aller avec la promotion de la médiocrité. Nous devons être meilleurs en matière de production», a-t-il insisté. Cette visite a permis au ministre Diallo de constater qu’il y a un nombre important d’usines qui ne respectent pas les normes. «D’ici octobre prochain, une deuxième vague de contrôles et de vérifications sera enclenchée par mes services. Si nous arrivons aux conclusions qu’il y a encore des unités de production de fer au Mali qui ne respectent pas les normes, nous serons amenés à assumer nos responsabilités et cela pourrait conduire à la fermeture de ces usines», a-t-il averti. Les orientations et exigences du ministère de l’Industrie et du Commerce, ainsi que les mécanismes de suivi-évaluation et de supervision mis en place, à la fois, pour contrôler la qualité et le respect des normes, seront partagés avec les acteurs du secteur pour un développement industriel réussi. Évoquant le problème d’énergie, le ministre Diallo a dit que c’est une donnée permanente. « Dans les réflexions que nous sommes en train de conduire, il s’agira de voir, aussi, comment on peut rendre nos industries moins dépendantes de l’énergie thermique. Pour cela, plusieurs pistes s’offrent à nous, surtout en ce qui concerne le solaire. On a déjà rencontré les promoteurs de l’énergie solaire, des réflexions sont en cours pour concevoir une politique industrielle où nos industries seront moins dépendantes de l’énergie à partir de l’EDM. SA», a-t-il dit. Les responsables des unités industrielles visitées ont salué cette démarche du ministre Diallo qui vise à assainir le secteur. BBC/MD (AMAP)    

Il y a urgence à assainir la production d’eau en sachet plastique

Par Aminata DIARRA Bamako, 06 sept (AMAP) L’unité de conditionnement d’eau en sachet plastique d’Assitan, considérée comme clandestine, est l’illustration parfaite de l’explosion, aussi bien à Bamako qu’à l’intérieur du Mali, de ces fabriques, à la pelle et sans parfois tenir compte des règles élémentaires d’hygiène, de sachets d’eau. Sans passer par aucun dispositif de filtrage, l’eau du robinet est prélevée et directement conditionnée dans des sachets en plastique à l’aide d’une machine. Ici, même les enfants sont mis à contribution pour notamment empaqueter les sachets produits. Ils ne s’encombrent guère de mesures d’hygiène. La ptote affaire d’Assitan n’est pas conneu des services techniques. Elle n’a d’ailleurs jamais cherché à formaliser son activité, de peur qu’elle n’ait à «payer des taxes». Quid du respect des normes édictées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les services nationaux compétents en la matière ? Elle n’en sait rien. Nombreuses sont les petites unités qui, comme celle d’Assitan, évoluent dans la clandestinité, donc en marge des textes régissant le secteur. Elles prélèvent directement l’eau au robinet, des fois avec une forte présence d’éléments étrangers. Certaines utilisent l’eau de forage. Avec la durée, l’eau, contenant du chlore, peut avoir des effets indésirables (saveur, odeur) au contact avec le sachet s’il n’est pas de qualité aux normes. Pour écouler facilement leurs produits, ces unités utilisent de fausses adresses et de faux contacts quand elles ne s’octroient pas tout simplement les références d’une unité connue, se livrant ainsi à une concurrence déloyale. Selon les spécialistes, l’installation d’une unité de mise en sachet d’eau potable doit se faire suivant des normes de sécurité sanitaire en vigueur. «Ce qui garantira que l’eau est propre à la consommation et ne présente aucun risque pour la santé des consommateurs», rappelle Dr Maïga Hamssatou Touré, chef du service assurance qualité et secrétaire permanente de la Commission nationale d’autorisation de mise sur le marché. « Pour obtenir cette autorisation de mise sur le marché (AMM), ajoute-t-elle, le producteur doit approcher le secrétariat afin de s’enquérir des informations et entreprendre les démarches nécessaires. » HORS DE CONTROLE – Aminata Niaré, propriétaire d’une unité clandestine, trouve qu’il n’est pas «facile de respecter les exigences de l’Etat». Pour avoir l’autorisation, dit-elle, il faut des mois. «Ce n’est pas que nous refusons de nous mettre en règle mais nous sommes découragés à cause des attentes assez longues. Le processus, c’est vraiment un parcours du combattant», se justifie la productrice d’eau en sachet. Des unités clandestines continuent ainsi de produire. Les services techniques en charge de la question semblent dépassés par l’ampleur du phénomène. «C’est difficile de reconnaître les unités qui produisent clandestinement, car elles sont très nombreuses et leurs sources de production sont masquées », concède le directeur général adjoint du Laboratoire national de la santé (LNS), Dr Seydou Moussa Coulibaly. L’action de son service et celle du Laboratoire national des eaux (LNE) ne portent que sur les unités répertoriées où des missions de contrôles et de vérifications sont régulièrement effectuées. Le LNE procède à une série d’échantillonnage des eaux en sachet à Bamako et à Kati. « Il ressort des résultats que les paramètres physico-chimiques mesurés au laboratoire sont conformes aux directives de l’OMS », résume une note technique publiée en avril dernier par le ministère de l’Energie et de l’Eau. Cependant, les non-conformités sont constatées souvent au niveau des analyses bactériologiques. Aussi, souligne la même note, «il existe de nombreuses unités clandestines, les mêmes emballages sont utilisés par plusieurs entreprises et également beaucoup de sachets existent avec de fausses adresses». Ces facteurs font que le suivi de la qualité de ces eaux est assez complexe, soutient-on au LNE. Les spécialistes indiquent également que les emballages utilisés peuvent agir sur la qualité des eaux si les indications mentionnées sur les étiquettes ne sont pas respectées. PRÉSERVER LA SANTÉ – Pour Dr Seydou Moussa Coulibaly du LNS, il est du devoir de tout bon citoyen de participer à la préservation de la santé de ses concitoyens, en évitant de mettre sur le marché des produits illégaux et dont la source de production n’est pas connue. «Les personnes qui font ce travail illicite veulent avoir de l’argent au détriment de la santé des autres», dit-il, tout en demandant aux consommateurs de ne payer que des «sachets étiquetés et dont la provenance est connue». Vendeuse d’eau en sachet au marché de Kalaban Koulouba depuis deux ans, Kadia Kouyaté, aide-ménagère, travaille pour le compte de Djénèba Soumaré qui habite non loin du marché du quartier. Sa patronne a découvert le filon, il y a cinq ans. Et depuis, elle en a fait sa principale source de revenus. Djénèba Soumaré dit s’approvisionner auprès d’un distributeur d’eau et avoue n’avoir jamais cherché à savoir ni la provenance ni les conditions de la mise en sachet du liquide. «Ce qui m’intéresse, c’est le profit. Par jour, je gagne entre 2 500 et 3 000 Fcfa», confie-t-elle. Une bonne partie des sachets produits se retrouvent en vente aux carrefours. distribués lors de cérémonies de baptême, de mariage ou encore de funérailles. Toutes choses qui ont favorisé la prolifération des unités de conditionnement. Les prix appliqués (25 à 50 Fcfa) sont à la portée de toutes les bourses. «J’achète les sachets d’eau parce que j’ai pas assez d’argent. L’eau minérale, c’est pour les riches. Je ne peux pas me prononcer sur leur qualité mais il y en a qui sont vraiment désagréables et elles sentent des odeurs bizarres», affirme Sitan Dramé, vendeuse de légumes au marché Woninda. Cette prolifération d’eau en sachet constitue de nos jours un danger pour la santé humaine en raison du mode de prélèvement et de conservation. Selon Mme Maïga Hamssatou Touré, cheffe de service à l’Agence nationale de la sécurité sanitaire des aliments (ANSSA), les eaux en sachets peuvent exposer à la contamination microbiologique, aux virus, aux parasites ou d’autres micro-organismes pathogènes. Elles peuvent être sources de maladies : diarrhée, problèmes liés aux reins, au foie et au système nerveux. «Il est donc essentiel de s’assurer que les eaux que nous consommons sont produites légalement