Mali : Le chef de l’État reçoit le rapport du Forum national de relance économique
Bamako, 09 janv (AMAP) Le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Mandiou Simpara, a remis officiellement, lundi, au palais de Koulouba, le rapport du Forum national de relance économique au chef de l’État, le colonel Assimi Goïta. Dans son rôle de force d’analyse, de diagnostic et de propositions, la CCIM a mobilisé les acteurs économiques les 30 et 31 mars derniers, à Ségou 9Centre), pour se poser les bonnes questions, mener les bonnes réflexions et proposer les vraies solutions à la relance économique post-crise. Cette rencontre a formulé des recommandations qui touchent le cadre institutionnel, la stratégie industrielle, la stratégie opérationnelle des filières, la stratégie d’exploitation des filières, le dispositif de financement, les infrastructures de supports à l’activité économique, le commerce et les collectivités territoriales. Tout en remerciant le président de la Transition pour son accompagnement dans la tenue de ce Forum, Mandiou Simpara a indiqué que la mise en œuvre de ces recommandations permettra au Mali de se donner des chances de réaliser son développement économique. Dans un exposé synthétique sur le Forum, le président du comité stratégique, Mamadou Tiéni Konaté, a identifié, entre autres, la promotion des produits locaux, le soutien au secteur privé pour aller de l’agriculture vivrière à celle industrielle avec à la clé la mise en valeur de plusieurs filières. « C’est pourquoi, nous avons voulu que le secteur privé soit au centre de l’opérationnalisation du Forum », a-t-il soutenu. il a été proposé également l’implication des entreprises nationales dans le domaine minier pour offrir des produits compétitifs dans la sous-région. Bref, en promettant tout accompagnement de la Chambre pour le rayonnement du Mali Kura, le président du comité stratégique du Forum a souhaité que le président de la Transition fasse bon usage du rapport pour l’essor économique du Mali. Selon le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, la présence du Premier ministre à ce rendez-vous à Ségou montre tout l’intérêt que le gouvernement porte au projet. M, Diallo a souligné aussi, qu’en plaçant l’industrialisation au cœur de l’opérationnalisation des filières, les conclusions et les recommandations du Forum de Ségou s’inscrivent parfaitement dans la vision stratégique tracée par le colonel Assimi Goïta. Le ministre Diallo a soutenu que la promotion des petites, moyennes et grandes industries, pour assurer la transformation de la production agricole, la création d’emplois, de richesses et la redistribution de revenus, n’est pas une urgence, mais une exigence. Il a précisé qu’il ne s’agit aucunement d’opposer le secteur du commerce à celui de l’industrie. Mais, plutôt, d’assurer la synergie et la complémentarité entre les deux secteurs pour permettre leur plus grande contribution à la croissance économique de notre pays. Le Forum s’est également penché, notamment, sur la mise en place d’un comité paritaire État/secteur privé pour le suivi des conclusions et recommandations. La cérémonie de remise a enregistré la présence du président du Conseil national de Transition, (CNT), le colonel Malick Diaw, du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, accompagné des membres du gouvernement. Étaient également présents le président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Mossadeck Bally, et d’autres responsables de la CCIM. OD/MD (AMAP)
Diéma : Le Telimani dans la ville !
Par Ouka BA Diéma, 08 janv (AMAP) Dans la ville de Diéma, dans l’Ouest du Mali, le seul moyen de transport urbain se limitait, jusque-là, à des motos-taxi qui vont la navette, quotidiennement, le quartier Razel à l’intérieur de la ville, sillonnant souvent certains villages périphériques. Depuis quelques jours, on constate la présence de deux motos-taxi « Telimani » (Rapide en Bambara), dont le point de stationnement se trouve au Razel, une zone commerciale, faut-il le rappeler, située à l’intersection des routes internationales Bamako-Diéma-Dakar au Sénégal et Diéma-Nioro du Sahel-Nouakchott, en Mauritanie. C’est là que les différentes compagnies de transport stationnent. Le Telimani, une moto généralement de fabrication asiatique, courte, plate, allongée et solide, est surtout sollicitée à cause de sa rapidité et son coût modeste du transport. Cependant, certains conducteurs de ces engins à deux roues font l’objet de critiques. On les accuse surtout de non-respect du code de la route, roulant souvent à tombeau ouvert, comme bon leur semble, occasionnant ainsi des accidents mortels. Oumar Diarra, employé de commerce en séjour dans la localité, avoue que le Telimani convient mieux si on n’a pas de bagages et si on a une course urgente à faire. Pour emprunter un taxi, il faut faire souvent des acrobaties…Tout compte fait, le Telimani reste d’utilité publique surtout dans une localité où les moyens de transport sont limités. « C’est surtout pendant l’hivernage que ce moyen de transport dérange, « car on peut être mouillée par la pluie, à moins d’utiliser un parapluie ou porter un imperméable. », renchérit Kadiatou Traoré, une ménagère intéressée par le débat. Durant ces dernières années, le nombre de Telimani n’a cessé de s’accroître dans la capitale malienne, Bamako, et dans plusieurs autres villes du pays. C’est un phénomène nouveau à Diéma où notre équipe de reportage est allée à la rencontre d’un conducteur de Telimani, dénommé Hamet Konté, âgé de 32 ans, et père de cinq enfants. Il n’a pas voulu braver les eaux de la Méditerranée, comme beaucoup de ses compatriotes, qui continuent de migrer, à leurs risques et périls. Il compte rester au bercail pour soutenir ses parents. Avec sa moto flambant neuf, il dessert la ville, et couvre de nombreuses localités, s’aventurant souvent jusqu’à Nioro du Sahel. Chaque jour, il empoche 4 à 5 000 Fcfa. Si la course est en dehors de la ville, le tarif est revu à la hausse. Il ne connait pas de répit. Toujours à la recherche de clients. Cependant, Hamet regrette le mauvais état des artères de la ville qui ne sont pas bitumées, et qui comportent, par endroits,des nids de poules ou du sable. Cet état désastreux des routes pourrait contribuer à vite amortir son engin. Le conseil prodigué par Mahamadou Sidibé, du Syndicat de transport, n’est pas à prendre à la légère. Il demande aux conducteurs de Telimani de rouler avec beaucoup de prudence et de veiller à l’entretien courant de leur engin, en faisant régulièrement la vidange, en fonction du nombre de kilométrages parcourus. Samba Traoré, vendeur ambulant de thé, apprécie le Telimani mais émet des réserves. L’homme propose que le secteur soit mieux réglementé afin d’éviter des accidents liés, surtout, à la mauvaise conduite. Celui qui a le complexe de monter sur une moto- taxi, c’est bien Issa Doumbia. Il fait désormais recours au Telimani chaque fois qu’il rentre de voyage, pour rejoindre sa famille. C’est avec enthousiasme que Salimata Konaté, vendeuse de têtes de moutons et de galettes de mil, a appris l’arrivée des Telimani dans la ville. La dame se lève tôt chaque matin pour trouver une moto-taxi, afin de se rendre à son lieu de vente. Avec le Telimani, le problème est résolu. Certains de ses clients, des ouvriers en majorité, n’attendront plus longtemps son arrivée sur le site de son activité. La joie est perceptible chez Oumar Niafo, chef du Service local de la Jeunesse et des Sports, qui salue les exploitants de ces motos pour leur bonne initiative. Ce qui permettra, selon lui, « de résorber quelque peu le chômage des jeunes dans le cercle de Diéma. » Il a souhaité que ce genre d’actions se multiplient pour contribuer à diminuer davantage la fuite des bras valides qui s’intensifie, malgré les mesures d’accompagnement de l’État et ses partenaires pour endiguer le fléau. Il a demandé aux conducteurs de Telimani d’éviter l’excès de vitesse, et de ne pas passer par les zones d’insécurité afin de ne pas être victimes de braquages ou de banditisme. Mamoudou Konté, qui dispose déjà d’une moto-taxi, envisage se procurer un Telimani, qu’il juge rapide et moins encombrant. « Surtout, ajoute l’homme, si un parent, un ami ou un proche rentre tardivement de voyage, le Razel étant loin de la ville… Et, aussi, pour ses courses personnelles. « C’est une bonne chose ! « s’exclame le chef de village de Diéma, Fousseiny Sissoko. La rapidité, certes, mais faudrait-il que le transport se fasse dans les règles de l’art. « La présence des Telimani nous arrange beaucoup. J’encourage ce genre d’initiative qui permet de booster le secteur du transport en souffrance dans notre ville », dit-il. Une femme qui requiert l’anonymat dit se garder d’emprunter le Telimani à cause de la jalousie de son époux qu’elle compare à celle du « Dagamé ». Moussa T. Konaté, deuxième adjoint au maire de la Commune rurale de Sansankidé, lorsqu’il arrive au Razel, est obligé d’emprunter la moto d’un ami pour ses courses. Maintenant qu’il y a des Telimani, il se sent plus à l’aise. Mais l’élu recommande que les conducteurs d’engins, à défaut de passer par une auto-école, afin de maîtriser les techniques de conduite. En définitive, l’Etat et ses partenaires doivent réorienter plus de soutiens vers les femmes et les jeunes, afin de mettre un frein à la migration qui vide quotidiennement les villages et hameaux de leurs enfants. OB/MD (AMAP)
Campagne agricole 2022-2023 : La Région de Ségou attend une production céréalière de 1,2 million de tonnes
Ségou, 28 déc (AMAP) Les estimations provisoires de l’ensemble de la Région de Ségou, dans le Centre du Mali, font état de 1.297.653 tonnes de production céréalière sur une prévision de 1.361.454 tonnes soit 95,3% pour la campagne d’hivernage 2022-2023, selon des sources officielles. Le chef de bureau statistique suivi/évaluation et communication à la direction régionale de l’agriculture de Ségou, Lassana Camara, précise qu’à la date du 19 décembre, les évaluations provisoires font état d’une production brute de 250.295 tonnes de mil sur une prévision de 318.095 tonnes et 863.854 tonnes de riz sur une prévision de 946.378 tonnes. En ce qui concerne le fonio, les estimations provisoires tablent sur 4.728 tonnes sur une prévision de 2.362 tonnes. 90.737 tonnes de maïs ont été obtenues sur 70.256 tonnes prévues, contre 88.034 tonnes de sorgho sur une prévision de 24.363 tonnes. Six tonnes de blé ont été également récoltées. « Par ailleurs, a-t-il expliqué, la Région de Ségou n’a pas atteint l’objectif à cause de l’arrêt précoce des pluies au mois de juillet, la mauvaise répartition des pluies dans le temps. » «Ceux qui ont su profiter des premières pluies vont avoir une campagne satisfaisante contrairement à ceux qui n’ont pas su en profiter», a-t-il dit. À cette difficulté d’ordre climatique, se sont ajoutés la cherté des intrants agricoles minéraux, le manque de moyens pour l’encadrement, l’insécurité résiduelle, l’insuffisance d’agents d’encadrement. M. Camara a, aussi, déploré le manque de moyens de déplacement des chefs de secteur et agents, l’insuffisance numérique du personnel d’encadrement, la vétusté des bureaux des secteurs et l’insuffisance de formation continue du personnel. Malgré toutes ces difficultés, a noté Lassana Camara, la région s’attend à un excédent céréalier de 426.739 tonnes. Notre interlocuteur a également évoqué plusieurs tares auxquelles les autorités devraient apporter des réponses pour l’amélioration des performances agricoles au niveau de la Région de Ségou. Il a particulièrement insisté sur les conditions de travail des agents, confrontés à la non-disponibilité d’un support juridique permettant l’accès aux ristournes au niveau du budget, à l’absence de prime de risque liés à la manipulation des pesticides et des engrais, à l’insécurité des agents de contrôle phytosanitaires au niveau des postes de contrôle. Ainsi, il a préconisé de vulgariser, en particulier, l’usage des engrais organiques et les produits bio, doter le secteur d’agents d’encadrement et de moyens de déplacement, mettre les agents dans les conditions idéales pour le suivi de la compagne agricole. La Région de Ségou est une zone de production agricole par excellence. Elle abrite principalement l’Office riz, l’Office du Niger et plusieurs grandes zones de production céréalière s’étendant de l’inter-fleuve (Cercle de Macina) jusqu’au moyen-Bani (Cercle de Bla). Ces zones contribuent fortement à l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire. Les principales cultures sont le mil, le sorgho, le fonio, le riz, le haricot, le maïs, le blé et l’arachide. Cette vaste zone riche de ses terres arables est également réputée très productive. ADS/MD (AMAP)
Énergie électrique : Près de 180 milliards de Fcfa pour interconnecter le Mali et la Mauritanie
Bamako, 27 dec (AMAP) Le Conseil d’administration du Fonds africain de développement (FAD) a approuvé, jeudi dernier, à Abidjan, un financement de 302,9 millions de dollars américains (environ 180 milliards de Fcfa) pour interconnecter le Mali et la Mauritanie, dans le cadre de «l’Initiative Desert to Power». L’initiative contribue à la mise en œuvre du «Projet d’interconnexion électrique de 225 kV Mauritanie-Mali et de développement de centrales solaires associées» dans le cadre de «l’Initiative Desert to Power». Elle devrait permettre d’assurer la disponibilité permanente d’une électricité de qualité et à un coût abordable. Ce qui permettra de renforcer la résilience des populations des localités bénéficiaires, en promouvant le secteur privé, le commerce et la création d’opportunités d’emplois. Ce projet représente une opération d’investissement stratégique qui vise à favoriser l’essor de la production d’énergie solaire et à garantir un accès universel à l’électricité dans ces deux pays du Sahel. Il a pour objectif d’établir une interconnexion électrique haute tension sur 1.373 kilomètres, avec une capacité de transit de 600 mégawatts (MW) entre les deux pays, et de construire une centrale solaire de 50 MW à Kiffa, en Mauritanie, reliée à l’interconnexion. Ce sont 100.000 nouveaux ménages qui seront connectés au réseau électrique dans les localités traversées. En outre, le Projet permettra de créer des opportunités d’entreprenariat agricole et de services pour les jeunes et les femmes. «Au Mali, le projet interviendra dans la Région de Kayes et bénéficiera à 500.000, habitants dont 20.000 ménages répartis dans les 50 localités qui seront raccordées au réseau», selon le responsable du Bureau pays de la Banque africaine de développement (BAD) au Mali, Adalbert Nshimyumuremyi. Opération prioritaire de l’Initiative Desert to Power, ce projet est inscrit dans la feuille de route régionale approuvée en 2021 par les pays bénéficiaires du programme. Il s’agit d’un premier tronçon de la dorsale trans-sahélienne devant relier la Mauritanie au Tchad, en passant par le Mali, le Burkina Faso et le Niger. L’interconnexion permettra de développer de nouvelles centrales d’énergie renouvelable, dont la production sera plus intégrée aux réseaux interconnectés. Sa mise en exploitation facilitera l’accès à une électricité de qualité, à faible teneur en carbone et à un prix abordable. L’appui du guichet concessionnel du Groupe de la BAD comprend 269,6 millions de dollars pour la Mauritanie et 33,3 millions de dollars (environ 19 milliards de Fcfa) pour le Mali. Le reste du financement du projet, d’un coût d’environ 888 millions de dollars, sera fourni par d’autres partenaires et des fonds climatiques. «L’approbation de ce projet montre que l’Initiative Desert to Power se concrétise progressivement à travers les projets structurants qui permettront de développer des moyens de production d’énergie renouvelable dans les deux pays», a déclaré le directeur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique à la Banque africaine de développement, Daniel Schroth. Pour sa part, la responsable du Bureau pays de la Banque en Mauritanie et directrice générale adjointe de la Banque pour la région Afrique du Nord, Malinne Blomberg, a souligné que «la préparation de ce projet était un défi que les autorités maliennes et mauritaniennes et la BAD ont relevé ». « Son approbation consolide le soutien de la Banque au secteur de l’électricité en Mauritanie. Il aura un impact sur la promotion du secteur privé, la promotion du commerce et la création d’opportunités d’emplois . ID/MD (AMAP)
La Ceinture et la route : Des accomplissements précieux et riches d’enseignements
Par Aminata Dindi SISSOKO Envoyée séeciale Beijing, 18 oct (AMAP) Le troisième Forum de la Ceinture et de la Route pour la coopération internationale s’est tenu du mardi au mercredi à Pékin, sous le thème de la « Coopération de haute qualité de la Ceinture et de la Route : Ensemble pour le développement commun et la prospérité ». La cérémonie d’ouverture, au palais de l’Assemblée du peuple, était présidée par le président chinois Xi Jinping. En présence, notamment des présidents russe Vladimir Poutine, indonésien Joko Widodo, argentin Alberto Fernandez et du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, ainsi que du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, Cette année marque le dixième anniversaire de l’Initiative « la Ceinture et la Route ». Le Président Xi Jinping a dressé le bilan devant les représentants de plus de 140 pays et de 30 organisations internationales participant à cette rencontre. Il a souligné que la coopération dans le cadre de l’Initiative « la Ceinture et la Route », basée sur le principe d’amples consultations, de contributions conjointes et de bénéfices partagés, « a transcendé les différences en termes de civilisation, de culture, de système social et de phase de développement, ouvert une nouvelle piste pour les échanges interétatiques et instauré une nouvelle architecture de coopération internationale. » L’initiative incarne le plus grand dénominateur commun qu’est le développement partagé de l’humanité. « Au cours des dix ans écoulés, nous avons œuvré à mettre en place un réseau mondial de connectivité terrestre, maritime, aérien et cyber axé sur des corridors économiques, structuré par des voies de transport majeures et des autoroutes de l’information et fondé sur des chemins de fer, des routes, des aéroports, des ports et des pipelines », a-t-il dit. « Ces efforts ont favorisé effectivement la grande circulation des biens, des capitaux, des technologies et des personnes entre les pays et fait en sorte que l’ancienne Route de la Soie, plusieurs fois millénaire, affiche à l’ère nouvelle une vitalité renouvelée » s’est-il réjoui. A ces résultats, il a ajouté, entre autres, la mise en œuvre de projets d’échanges humains et culturels comme les Ateliers Luban, la Silk Road Community Building Initiative et l’Action Lumière. Le président Xi Jinping a, aussi, indiqué que grâce à la coopération dans le cadre de l’Initiative « la Ceinture et la Route », la porte de la Chine s’est ouverte de plus en plus grande. « Les régions de l’intérieur du pays sont passées de l’arrière à l’avant et les régions côtières ont atteint un niveau plus élevé en matière d’ouverture et de développement. Le marché chinois a ainsi intensifié ses liens avec le marché mondial. » La Chine est aujourd’hui le principal partenaire commercial de plus de 140 pays et régions et le principal investisseur pour de plus en plus de pays. « L’investissement chinois à l’étranger et l’investissement étranger en Chine sont, l’un comme l’autre, un témoignage d’amitié et de coopération et une démonstration de confiance et d’espoir. Nous sommes profondément conscients que seule la coopération gagnant-gagnant permet de réussir de grandes actions dans l’intérêt de tous. Avec la volonté de coopérer et des actions concertées, nous pouvons transformer les passages difficiles en voies dégagées, les pays enclavés en pays connectés et les zones sous-développées en pôles de prospérité », a-t-il-dit. « Nous agissons pour l’interconnexion et le bénéfice de tous, et travaillons au développement partagé et à la coopération gagnant-gagnant. Nous rejetons le clivage idéologique, la rivalité géopolitique et la politique des blocs, et nous nous opposons aux sanctions unilatérales, à la coercition économique, au découplage et à la rupture des chaînes d’approvisionnement » a-t-il-fait savoir. Selon lui, les dix ans écoulés démontrent que la coopération dans le cadre de l’Initiative « la Ceinture et la Route » se tient du bon côté de l’Histoire, s’inscrit dans la logique du progrès de notre temps et représente une bonne voie à suivre. Et de souligner la disponibilité de la Chine à travailler avec différentes parties pour approfondir le partenariat dans le cadre de l’Initiative « la Ceinture et la Route ». Il a indiqué que l’initiative répond à l’aspiration d’une communauté internationale à construire un monde interactif. « La Russie, la Chine et la plupart des pays du monde observe le principe d’égalité et du bénéfice mutuel dans la coopération internationale et nous cherchons un développement durable universel bénéfique pour la population. Nous respectons la diversité des civilisations et le droit autonome des pays de choisir la voie de développement. Cela est inscrit également dans le cadre de l’initiative. Nous sommes également d’avis qu’il faut la circulation des marchandises des capitaux et des personnes pour promouvoir l’intégration et cela correspond également à notre vision de construire une grande Eurasie » a-t-il dit. Le secrétaire général Antonio à la tribune a souligné que ce troisième forum « la Ceinture et la Route » reconnaît une vérité centrale : Sans infrastructure – y compris « l’infostructure » – il ne peut y avoir de développement. Et sans soutien au développement, de nombreux pays en développement seront privés des infrastructures dont ils ont désespérément besoin. Dans son discours, il a estimé que l’initiative « la Ceinture et la Route » « peut apporter une contribution précieuse dans deux domaines d’action clés en favorisant la durabilité économique dans les pays en développement et en faisant progresser la durabilité environnementale. » Il a, aussi, souligné l’importance de la décision du Président Xi Jinping d’aligner l’Initiative sur les Objectifs de développement durable (ODD). ADS/MD (AMAP)
Bafoulabé : La ruée vers… le grenat dans le village de Fansané
Par Boubacar MACALOU Bafoulabé, 26 sept (AMAP) Les zones montagneuses de la Région de Kayes, dans l’Ouest du Mali, regorgent d’énormes potentialités naturelles. Si dans le Cercle de Kéniéba certains sont devenus riches, après avoir ramassé quelque diamant, au cours d’une simple promenade dans la brousse, à Bafoulabé, la chance semble plutôt sourire à ceux qui, sans être des alpinistes, empruntent les sentiers serpentés et accidentés des montagnes. A Fansané, contrée khassonké, regroupant cinq villages et situé dans la Commune rurale de Bafoulabé, à 20 km au nord de son chef-lieu de commune et de cercle, la population extrait des pierres précieuses depuis 1994, derrière les montagnes, près du village de Soria, à 5 km. Cette carrière a été découverte par un fils de la contrée traversée par une montagne qui renfermerait des ressources minières dont les grenats. La population est majoritairement composée de peulhs. Ici, les gens vivent essentiellement de l’agriculture et de la chasse. Dans cette localité, les pierres précieuses sont appelées « grenats et semblent illuminer le paysage par leur éclat. On en trouve derrière les montagnes, au nord du village de Soria. « Il y a trois sortes de grenats : des grenats verts, jaunes et rouges. Le vert a le plus de valeur », explique Cheick Oumar Diallo, revendeur de pierres précieuses et originaire de la Région de Nioro. Tout comme le diamant, le grenat est une pierre précieuse, fine. Elle entre dans la fabrication des bijoux, colliers, vitres et de beaucoup d’autres objets de valeur. Le grenat a été découvert à Fansané par Brema Sidibé, notable du village de Soria en 1994, année où il a quitté pour une autre mine de gemmes de la Commune de Diakon, Cercle de Bafoulabé. « Au cours d’une causerie, j’ai montré un morceau de pierre à mon ami chasseur qui m’a expliqué qu’il voyait ce genre de pierre dans son campement », ajoute Sidibé. Peu de temps après, à l’aide d’un pic, du marteau, de la pelle et du burin, Brema Sidibé a commencé à creuser à la recherche de cette matière appelée grenat mais, sans succès. « Je suis dans cette activité, depuis vingt-neuf ans. Parfois, je peux avoir quelques grammes dont la vente à Bamako peut, souvent, me rapporter 300 000, voire 400 000 Fcfa. Je peux, aussi, passer des années sans trouver aucune pierre », raconte-t-il. La chasse au grenat est devenue une source de revenus pour tous ceux qui espèrent faire fortune. Paradoxalement, la ruée a suscité la colère de certains villageois qui lui attribuent tous les maux. Brema Sidibé qui a repris à son compte cet adage populaire : « Celui qui veut atteindre le sommet, ne doit point se décourager », n’a pas baissé les bras et est parvenu à réaliser une « success story » dans l’exploitation du grenat. « Par la suite, quelques habitants du village m’ont suivi et pratiquent le métier de mineur comme moi. Nous avons maintenu le cap », assure ce notable. Les sites miniers à succès attirent les jeunes, comme c’est le cas à Kéniéba et Sadiola, célèbres pour leur production aurifère. En pareils cas, les nouvelles vont vite surtout dans ce monde interconnecté. Les réseaux sociaux ont vite fait parvenir les échos de ce nouvel « eldorado » à des milliers de jeunes d’horizon divers qui se sont rués vers Fansané pour y tenter leur chance. Cette arrivée massive a suscité l’inquiétude dans certains milieux. Un jeune de Diabesambou, village de Fansané, a extrait trente-huit grammes de grenat vert qui lui ont valu six millions cinq cent mille francs Cfa. « Le prix dépend de la valeur de la matière. A Fansané, il n’y a pas de prix fixe, tout est à discuter », soutient ce revendeur. Les autorités locales, notamment le sous-préfet central, Mme Koné Aïchata Diarra, le maire de la Commune rurale de Bafoulabé, Kandé Doucouré, les légitimités traditionnelles dont le coordinateur des chefs de village de Bafoulabé, Kaba Diallo, et la gendarmerie ont rencontré les autorités coutumières de Fansané, samedi 23 septembre 2023, à Soria. « Cette visite s’inscrit dans le cadre d’un échange pour une meilleure gestion de la carrière compte tenu de l’affluence sur le site. Nous avons appris à travers les réseaux, les nouvelles de Fansané », a dit M. Doucouré qui a présidé la rencontre. « En tant qu’autorités, il est de notre devoir de venir nous imprégner de la situation, d’échanger avec vous pour explorer des pistes de solutions aux problèmes de la localité », a déclaré le maire, Kandé Doucouré. BM/MD (AMAP)
Mali : Des experts proposent des solutions contre la dégradation du réseau routier
Par Babba B. COULIBALY Bamako, 20 sept (AMAP) Les états généraux sur l’entretien routier au Mali, qui se sont déroulés du 14 au 16 septembre dernier, ont recommandé de dissocier la mission de suivi du réseau routier de celle de supervision des travaux d’entretien routier, en mettant à dispositions les ressources nécessaires ainsi que des travaux d’entretien préventifs du programme global d’entretien routier. Les experts ont prôné d’élaborer un vaste programme de réhabilitation du réseau routier et mettre en place un mécanisme plus flexible de mise en œuvre des travaux d’entretien préventifs, Cela afin de permettre d’intervenir dans le délai, renforcer les capacités du personnel de la Direction générale des routes et ses démembrements. Pour maintenir les routes en bon état, les experts suggèrent, outre l’application des dispositions du règlement n°14/2005/CM de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA) du 16 décembre 2005 relatif à l’harmonisation des normes et des procédures du contrôle de gabarit, du poids et de la charge à l’essieu des véhicules lourds de transports de marchandises, d’exiger que le conducteur des travaux désigné dans la soumission soit le personnel présent sur le chantier, visiter les parcs des entreprises avant l’attribution du marché et de délivrer les attestations avec la mention satisfaite ou non satisfaite en fonction de la bonne exécution des travaux. Ils ont jugé nécessaire d’inviter les collectivités à s’approprier de leur patrimoine réseau routier, notamment participer activement à la protection de la voie publique et au suivi du réseau routier. Les spécialistes ont, également, préconisé la relecture de la loi fixant les emprises et les caractéristiques des routes pour les rendre plus applicables dans le contexte actuel. Des analyses faites par eux, il ressort que les travaux d’urgences à exécuter par la Cellule des travaux routiers d’urgence (CETRU) doivent être définis à travers un texte et le certificat de qualification professionnelle de l’Institut national de formation professionnelle pour le bâtiment et les travaux publics (INFP/BTP) dans l’offre des prestataires. RELECTURE DE LA LOI SUR LES EMPRISES – Ils ont recommandé la création d’une commission interministérielle entre les ministères en charge des Transports, de l’Administration territoriale et des Domaines pour la mise en place d’un mécanisme de sécurisation des emprises des routes et l’opérationnalisation de la sous-direction réglementation et contentieux de la direction générale des routes en la dotant de moyens adéquats. Les experts ont insisté sur la poursuite de la vulgarisation des textes relatifs à la protection de la voie publique. Selon eux, « la durabilité de nos routes passe par la protection et la préservation du patrimoine routier, relevant aussi bien de la responsabilité de l’État et des collectivités territoriales que du citoyen lambda. » « À cet égard, pensent-ils, les services compétents doivent disposer de ressources nécessaires à l’accomplissement de leurs missions régaliennes. » Et chaque citoyen a, selon eux, « le devoir de veiller sur le patrimoine routier. » De l’avis des experts avertis du secteur, la réalisation des travaux d’entretien routier se heurte à d’énormes difficultés. Il s’agit, entre autres, des difficultés de mobilisation des ressources financières, l’insuffisance de moyens matériels et humains des directions régionales et des subdivisions des routes, le vieillissement du réseau routier actuel. L’âge moyen des routes au Mali est compris entre 15 et 20 ans. À ces difficultés s’ajoutent l’occupation de la chaussée et de ses dépendances par les riverains, les interventions de concessionnaires du réseau d’utilité public de l’eau, de l’électricité et des télécommunications dans l’emprise de la route, la surcharge généralisée sur les routes et le non-respect de la charge à l’essieu malgré les efforts fournis au niveau national et communautaire. Il y a, également, le non-respect des engagements des missions de contrôle et des entreprises, dû notamment au faible niveau de qualification du personnel déployé pour le contrôle, à l’insuffisance de la logistique et la mauvaise exécution des travaux. Selon les chiffres du département en charge des Transports, en 2022, 25.692 km de routes ont été aménagées sur le réseau classé, dont 6.511 km de routes revêtues, soit 25,34% et 19.180 km de routes en terre moderne et de pistes améliorées, soit 74,66%, 5.936 km de routes revêtues constituées essentiellement de routes nationales dont 2.340 km sont en bon état, soit 39,42%, 2.086 km en état passable (35,14%) et 1.510 km en mauvais état (25,44%). C’est au regard de ces constats majeurs relevés que le ministère des Transports et des Infrastructures, chargé de mettre en œuvre l’action pour la sauvegarde de ce patrimoine routier, a obtenu l’appui du gouvernement pour la tenue des assises de l’entretien routier. Objectifs : échanger, dans un cadre participatif et inclusif, sur les voies et moyens de préserver les routes. BBC /MD (AMAP)
Trajet Bamako-Kayes : Au bout de la fatigue…
Par Moussa Mamoutou DEMBÉLÉ Bamako, 20 sept (AMAP) Ce vendredi 15 septembre, le rendez-vous de 7 heures est respecté à l’auto-gare de Sogoniko. Le billeteur s’assure, une dernière fois, que tous les passagers sont présents, avant de donner le signal de départ. Assise au milieu de la foule et des bagages, une femme s’exclame : «Je sais que nous allons arriver jusqu’à 23 heures, car l’état de la route est mauvais. La semaine dernière, ma belle fille a mis plus de 15 heures sur ce trajet pour se rendre à Kayes». Ses propos provoquent l’inquiétude chez des passagers qui en sont à leur premier voyage pour la Cité des rails. Certains commencent à prononcer des formules incantatoires ou réciter des sourates du Coran en priant le bon Dieu pour qu’ils arrivent à destination sains et sauf. Sur la soixantaine de places disponibles dans le car, seulement une vingtaine est occupée au départ à 8 heures. De la gare routière de Sogoniko (Commune VI du district de Bamako) au Quartier du fleuve, le bus met beaucoup de temps à cause des embouteillages. Au niveau de l’École normale supérieure (ENSUP) de Bamako, l’apprenti-chauffeur met en marche un petit poste téléviseur pour divertir les passagers. Il fait passer le clip «My Darling (ma copine en français)» du chanteur nigérian Ayodeji Ibrahim Balogun dit Wizkid. Au niveau du quartier de Samé, le nombre de passagers avait déjà atteint la quarantaine, majoritairement des femmes. À 9h10 mn, nous arrivons au poste de contrôle de Kati. Les vendeurs ambulants se bousculent aux portes du bus afin d’écouler leurs marchandises. «Acheter de la nourriture, ainsi que de l’eau, le chemin est très long», s’écrient-ils, pour inciter les voyageurs à faire des achats. Après quelques minutes d’arrêt, tous les sièges du bus sont occupés. Le véhicule redémarre en trompe. À cent mètres du poste, un homme d’une trentaine années, entre dans le bus. Il se nomme Nouhoum Diarra et vend des médicaments traditionnels et des pates dentifrices. Pour attirer l’attention des voyageurs sur ses produits, le colporteur taquine les passagers en lâchant : «Je vend des médicaments traditionnels. Je suis marié à deux épouses et père de 15 enfants. Donc, vous êtes oubligés de m’écouter, sinon…» Et grâce à sa publicité et sa capacité à tenir l’auditoire en haleine, il a pu convaincre quelques clients. Nous gagnons Kolokani vers 11 heures. C’est le début du calvaire pour les passagers. Nids de poules et « baignoires d’éléphants » parsèment la voie. Le chauffeur peine à les éviter. Habillé d’un complet de couleur bleue foncée, lunettes sur le nez et écouteurs aux oreilles, le conducteur toujours souriant, conduit son engin à un rythme raisonnable, en fonction de la dégradation de la route. Il y a des tronçons où il n’y a même plus de goudron. Parfois, l’engin roule penché sur un côté pour éviter des nids de poule. À certains endroits, le chauffeur emprunte les déviations à cause des travaux de rénovation sont en cours. AXE DU MAL – À midi et demi, nous sommes à Didiéni. Le bus fait une halte. Les passagers en profitent pour descendre et se soulager ou pour chercher quelque chose (cacahuète, gâteau, viande grillée) à manger. Deux hommes âgés mettent la pause à profit pour passer un savon au chauffeur et son apprenti. Ils les accusent d’avoir projeté des vidéos dont le contenu est contraire à nos us et coutumes. «Dans le bus, il y a des personnes de tout âge. Donc, montrer de telles images n’est pas un signe de politesse. Non seulement, cette musique porte atteinte à la religion musulmane mais aussi, elle n’est pas bonne pour l’éducation des enfants», se plaignent-ils. Le chauffeur fait la sourde oreille, les autres passagers ne pipent mot. Quand nous reprenons la route, la psychose de l’insécurité gagne les esprits. On peut lire l’inquiétude sur le visage de certains occupants du bus. Entre Didiéni et Diéma, les véhicules ont été stoppés aux environs de 15 heures sur instruction des Forces armées maliennes (FAMa), sous une fine pluie, pour des raisons de sécurité. La présence de l’armée a visiblement suffi pour rassurer les passagers. Certains ont commencé à consulter leurs comptes sur les réseaux sociaux. Soudain, des coups de feu retentissent. Une ressortissante de Mopti tente de rassurer ses compagnons de voyage. «Dans la Région de Mopti, nous sommes habitués à ces genres de tirs. Mais les FAMa devraient nous laisser passer, nous ne sommes pas des militaires», explique-t-elle. Les véhicules resteront sur place jusqu’à l’arrivée d’un drone qui procèdera à un balayage de la zone. Visiblement impressionnés par le professionnalisme de nos Forces de défense et de sécurité qui ont su maîtriser la situation en un laps de temps, les passagers sont aussitôt sortis de leur mutisme en scandant : «Vive le président de la Transition, vive nos FAMa.» C’est dans cette ambiance de sérénité et de quiétude que nous arrivons à Diéma, grand carrefour entre Bamako et des localités comme Kayes, Nioro (frontière mauritanienne). Il est déjà 18 heures. Nous faisons une pause de 20 à 40 minutes. À 19 heures, nous quittons Diéma. Il reste environ 350 km à parcourir avant d’arriver à Kayes. L’état de la route ne s’améliore pas. En plus de cela, la vidéo marchait toujours, avec des clips « indécents. » Le vieux et son compagnon reviennent à la charge, en critiquant de nouveau le chauffeur et ses apprentis. Le voyage éprouvant prend fin dans la Cité des rails à une heure du matin. MMD (AMAP)
Visite à la Mine de Goulamina, 5è plus grand gisement de lithium au monde
Bamako, 18 sept (AMAP) Le Mali est en bonne voie pour devenir premier producteur ouest-africain de lithium avec la mine de Goulamina, située à 65 km de Bougouni (Sud) dans la Commune rurale de Danou, classée 5è plus grand gisement d’extraction de ce minerai au monde. A l’initiative des premiers responsables du projet, une équipe d’hommes de média a effectué vendredi dernier, le déplacement à Goulamina pour s’informer du processus d’exploitation, de production et d’exportation du lithium. Le directeur général de la société Lithium du Mali SA (LMSA), Seydou Sémega, a d’abord précisé les mesures de sécurité à respecter. Ensuite, s’en est suivi un long briefing sur le projet de Goulamina au cours duquel, il a relevé que le site utilise un permis d’exploitation d’environ 100 km2 dont 17 exploités à présent. Seydou Sémega a aussi rappelé que les travaux de construction ont débuté en juin 2022. Selon lui, à ce jour le site est à 50% de réalisation avec un pourcentage d’exécution de 61 milliards de Fcfa sur 200 milliards de Fcfa du coût d’investissement du projet sur deux ans. L’exploitation du site est d’une durée de 23 ans et totalement réhabilitable. S’agissant du lithium, le géologue Souleymane Berthé a expliqué qu’il est utilisé dans la fabrication des batteries, véhicules, smartphones et médicaments. Il est contenu dans un minerai appelé spodumène qui est extrait dans un ensemble de roches appelé pegmatite. En ce qui concerne les opérations de Goulamina, le directeur du projet de construction, Bolaji Okobajo, a déclaré que la finition partielle de l’usine commencera en février 2024. Les premières extractions se dérouleront en avril 2024. Et le produit fini sera disponible en juin 2024. Il a, aussi, souligné que 211 millions de tonnes de minerais ont été détectées, soit 1,37% de lithium par tonne pour un total de 2,9 millions de tonnes de lithium avec une extraction de 12 millions de tonnes par an et un traitement de 2,5 millions de tonnes par an. Après les présentations, les visiteurs ont fait faire le tour du site. On pouvait observer des grosses machines, notamment des concasseurs, des broyeurs et des moulins. Les minerais passeront étape par étape dans chacune de ses machines jusqu’à l’obtention du concentré de spodumène. L’ingénieur en génie civil, Moustaph Sidibé, a détaillé les différents processus. Il a précisé que pour une première phase, le produit fini sera exporté vers le port d’Abidjan et de San Pedro, en Côte d’Ivoire, ensuite expédié en Chine. La sécurité des travailleurs reste au centre des préoccupations. Selon ses responsables, le site a une approche bien structurée et contrôlée en ce qui concerne les urgences. Il s’agit d’un numéro vert accessible pour les cas d’accidents et autres risques. Et aussi des équipements de sécurité obligatoires. Créée en mars 2022, la société LMSA emploie 1 312 travailleurs à ce jour sur le site dont 95% sont des Maliens. La population locale représente une grande partie des effectifs. En outre, le directeur général, Seydou Sémega, a confirmé que la dimension environnementale fait partie des préoccupations de son groupe minier. KO/MD (AMAP)
Code minier : Rencontre d’information du ministre Amadou Keita avec les acteurs du secteur
Bamako, 18 sept (AMAP) Le Mali dispose désormais d’un nouveau Code minier et, surtout, d’une loi relative au contenu local. Cette loi accorde une grande importance au développement des entreprises nationales, aux sous-traitants et aux fournisseurs de biens et services afin de faire profiter d’avantage les Maliens de l’exploitation des ressources minières nationales. C’est dans cet esprit que le ministre des Mines, Pr Amadou Keïta, a rencontre, lundi, dans les locaux de son département, de les acteurs du secteur. Il s’agissait de les informer sur les grandes orientations et de recueillir leurs préoccupations. Mais, surtout, de porter à leur connaissance les nouvelles dispositions dans l’exploitation des mines. Au cours des échanges, les participants organisés en regroupement, ont soulevé des préoccupations et des attentes relatives à l’application de la nouvelle loi, la confiance des entreprises minières aux entreprises nationales, le payement des travaux exécutés des entreprises nationales, la gestion des sociétés étrangère au regard de la nouvelle loi . Sans oublier, la mise place d’un programme global entre l’État et les entreprises, mais aussi la question du financement pour permettre aux banques d’accompagner les sociétés nationales. Et, surtout, de savoir les mécanismes dont dispose l’État pour contraindre les sociétés minières à respecter la loi et la prise en charge de la question du genre dans le contenu local. «Nous avons souhaité vous rencontrer, aujourd’hui, pour porter à votre connaissance cette importante loi relative au contenu local. Il était important, après l’adoption de cette loi, que nous nous rencontrons pour faire connaissance et, aussi, pour se mettre en ordre de bataille afin que nous puissions tirer le maximum de profit de cette loi», a, d’entrée de jeu, dit le ministre Amadou Keita. Il a rappelé que l’adoption du nouveau Code minier et de la loi sur le contenu local découle de « la ferme volonté des plus hautes autorités pour que le secteur minier puisse véritablement être intégré à l’économie nationale afin que l’exploitation minière puisse contribuer au développement de notre pays. » Selon le ministre, l’objectif de cette loi est de faire en sorte que les sociétés minières soient obligées de recourir aux entreprises nationales, aux communautés locales et aux produits de fabrication locale dans leurs activités. À ce propos, il a estimé qu’ « il faut aussi préparer ces entreprises, en conséquence, pour être en capacité d’offrir les services selon le standard requis. » POUR QUE L’OR BRILLE POUR TOUS LES MALIENS – Le ministre des Mines a aussi a relevé que le contenu local fera en sorte que les nationaux, en ce qui concerne l’emploi, les entreprises nationales et les communautés locales, puissent avoir la priorité dans toutes les activités minières. Selon lui, son département est en train de travailler sur les aspects juridiques pour donner un contenu réel à cette loi qui renvoie à des décrets d’application. «Si nous disions qu’il faut donner la priorité aux Maliens dans l’emploi, cela veut dire que nous devrons mettre l’accent sur la formation des ressources humaines. C’est pourquoi, nous sommes en train de travailler sur l’écosystème du secteur minier, en essayant de comprendre les différentes activités, les différents acteurs qui interviennent, en termes de fourniture des services, biens, mais aussi de formation de ressources humaines pour maitriser l’ensemble du contour de la question», a assuré le ministre. En réponse à certaines quelques questions, le conseiller technique au ministère chargé des Mines, Lassana Guindo, a précisé que la loi sur le contenu local stipule qu’une société nationale est celle qui est détenue à 51 % par des nationaux. «C’est un souhait que les activités soient exécutées par des sociétés de droit malien, mais il n’est pas dit qu’il est interdit qu’une société étrangère puisse exécuter des activités», a-t-il clarifié. Par rapport à la date d’application de la loi, il a expliqué que cette loi est déjà rentrée en vigueur, depuis sa promulgation le 29 août dernier. «Mais, pour le moment, nous avons des difficultés d’application parce que les décrets d’application ne sont encore pris. Nous avons élaboré ces décrets et nous sommes en train de travailler la dessus», a déclaré le conseiller technique chargé des Mines. Au nom du groupement de l’extraction minière, Yaya Traoré a exprimé sa satisfaction après la rencontre. «Grâce à cette première rencontre de prise de contact, nous les sociétés sous-traitantes de la place avons compris que les autorités sont prêtes à soutenir les structures locales pour que l’or puisse briller pour les Maliens», a-t-il dit. MS/MD (AMAP)

