La BOAD soutient la campagne cotonnière 2024-2025 au Mali par un prêt de 15 milliards de francs CFA
Bamako, 1er avr (AMAP) La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a approuvé un prêt de 15 milliards de francs CFA au profit de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) pour la campagne cotonnière 2024-2025 au Mali, a appris, mardi, l’AMAP dans un communiqué de l’institution sous régionale de financement du developpement. « Cette opération vise à financer la collecte et l’égrenage d’environ 600 000 tonnes de coton graine, contribuant ainsi à préserver les moyens de subsistance de plus de 4 millions de personnes et à générer 1 500 emplois permanents et 3 000 emplois saisonniers », précisé la même source. Réunie fin mars à Dakar sous la présidence de Serge Ekué, la BOAD a, également, approuvé 15 nouvelles opérations d’un montant total de 391,923 milliards de francs CFA, destinées à soutenir des projets d’infrastructures et les économies de ses pays membres. Parmi ces financements, un prêt de 15 milliards de francs CFA a été octroyé à la société Atlantic Cocoa Corporation Côte d’Ivoire SA pour l’acquisition de 30 000 tonnes de fèves de cacao dans le cadre de la campagne cacao 2024-2025, sécurisant les moyens de subsistance de 6 millions de personnes et consolidant 1 500 emplois. D’autres projets incluent un prêt de 20 milliards de francs CFA pour moderniser le système de communication des forces de sécurité intérieure au Burkina Faso, couvrant 32 localités et générant 200 emplois, ainsi qu’un prêt de 30 milliards de francs CFA à Air Côte d’Ivoire pour l’achat de deux avions, ouvrant la voie à des vols long-courriers et à la création de plus de 2 160 emplois. Au Bénin, 30 milliards de francs CFA financeront l’aménagement de la route Ouidah-Hillacondji (58,5 km), avec à la clé plus de 1 550 emplois. Depuis 1976, les engagements de la BOAD s’élèvent désormais à 9 480,5 milliards de francs CFA, consolidant son rôle dans le développement des huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) qui sont le Bénin, la Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. OS/MD (AMAP)
Mali-Guinée : Interdiction de transhumance à partir du 15 avril
Bamako, 1er avr (AMAP) Le gouverneur de Kankan, le colonel Moussa Condé, a instruit aux préfets de sa juridiction, de prendre les dispositions nécessaires pour faire partir les animaux maliens du territoire guinéen, a appris l’AMAP dans une lettre en date du 28 mars 2025 et signée du colonel Condé. « Tous les animaux surtout Zébus maliens doivent quitter d’ici mardi, le 15 avril 2025, délai de risquer », indique la lettre adressée aux préfets de Kankan, Kouroussa, Kérouané, Mandiana et Siguiri. Et de poursuivre : « en cas de récidive, le coupable s’exposera à des sanctions plus sévères ». Dans le cadre des clauses de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la Guinée et le Mali ont ratifé un protocole Inter-état pour réglementer la transhumance. « Ce protocole est mis en cause compte tenu des difficultés rencontrées de part et d’autre », affirme le colonel Moussa Condé. En conséquence, le gouverneur de Kankan instruit aux Préfets « de l’interdiction formelle de toutes opérations de transhumance jusqu’à nouvel ordre ». OS/MD (AMAP) .
La Confédération des États du Sahel instaure une taxe de 0,5% sur les importations pour financer son intégration régionale
Bamako, 30 mar (AMAP) Le Collège des chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES), réunissant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a adopté le 28 mars une mesure instaurant un Prélèvement confédéral (PC-AES) de 0,5% sur la valeur en douane des marchandises importées de pays tiers, selon une copie de la décision parvenue à l’AMAP. L’objectif principal « est de mobiliser des ressources durables pour financer les projets d’intégration régionale, le fonctionnement des institutions et les initiatives de solidarité entre États membres. » La décision du 28 mars 2025 du Collège des chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES) instituant ce prélèvement, indique que cette taxe, entrée en vigueur dès sa signature, s’applique aux importations hors AES, selon les règles du GATT. Cependant, elle exempte plusieurs catégories, notamment « les produits originaires de la Confédération, les aides humanitaires, les hydrocarbures tiers ou encore les effets personnels des voyageurs. » Les fonds collectés seront versés dans un compte spécial, géré sous la supervision des ministres des Finances et dédiés « en priorité à des projets structurants (infrastructures, sécurité, développement), à la Banque confédérale d’Investissement et aux dépenses opérationnelles », selon la décision du Collège des chefs d’État. Concrètement, « les douanes nationales assureront la liquidation et le recouvrement du prélèvement, avec un reversement mensuel sous 15 jours. Un audit annuel par un cabinet indépendant garantira la transparence de la gestion. » Cette décision est présentée comme pouvant renforce « l’autonomie financière de l’AES, marquant une étape décisive dans la coopération sahélienne, bien que les importateurs devront ajuster leurs coûts à cette nouvelle charge. » OS/MD (AMAP)
Le président du Faso remet 900 engins pour bitumer 5 000 km de route par an
Bamako, 28 mar (AMAP) Le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a procédé jeudi matin à la remise d’un premier lot de plus de 900 engins dans le cadre de l’Initiative présidentielle Faso Mêbo, visant à révolutionner les infrastructures routières du Burkina Faso, rapporte l’Agence d’information du Burkina (AIB). Ce lot, comprenant des pick-up 4×4, bulldozers, pelles hydrauliques, niveleuses, camions bennes, bétonnières et autres engins, représente la première phase d’un investissement de 200 milliards de Fcfa. Selon le chef de l’État, « l’objectif est de bitumer entre 3 000 et 5 000 km de routes par an pour désenclaver les villes et les campagnes, soutenir les forces combattantes dans la reconquête du territoire et faciliter les activités des producteurs, transporteurs et commerçants. » « Si de petits pays sans ressources bitument leurs routes, il n’y a pas de raison que le Burkina Faso n’y arrive pas », a déclaré le capitaine Traoré qui a inspecté les machines. Le matériel a été confié au commandant Zoodnoma Ahmed Sakandé, coordonnateur national de l’initiative qui a reçu des consignes strictes « pour une mise en œuvre rapide et rigoureuse des travaux », dont le lancement marque la prochaine étape. Lancée en octobre 2024 et rattachée au Bureau national des grands projets, l’Initiative Faso Mêbo ambitionne de transformer le réseau routier et de promouvoir un urbanisme durable au Burkina Faso. OS/MD (AMAP)
Mali : nouveaux prix plafonds des produits pétroliers applicables dès le 26 mars 2025
Bamako, 26 mar (AMAP) De nouveaux prix indicatifs plafonds à la pompe des produits pétroliers, qui entreront en vigueur à partir du mercredi 26 mars 2025, à zéro heure, ont été publiés, mardi, par le secrétariat permanent de la Commission de suivi du mécanisme de taxation des produits pétroliers, sous l’égide du ministère de l’Économie et des Finances, indique une source officielle. Selon un communiqué signé par Modibo Gouro Diall, Président directeur général de l’Office malien des produits petroliers (OMAP) et Secrétaire permanent de la commission, parvenu à l’AMAP, ces tarifs, basés sur les prix fournisseurs du mois de mars 2025, fixent le supercarburant sans plomb à 775 Fcfa par litre, le gasoil et le Distillat Diesel Oil (DDO) à 725 Fcfa par litre et le fuel-oil 180 à 600 Fcfa par litre. Les prix du pétrole lampant et du Jet A1 restent, quant à eux, libres. Concernant le gaz butane, le prix non subventionné du kilogramme demeure inchangé à 1 179 Fcfa. Ainsi, la bouteille de 2,75 kg est vendue à 3 245 Fcfa, et celle de 6 kg à 7 075 Fcfa. Ces nouveaux tarifs, applicables dès minuit dans la nuit du 25 au 26 mars 2025, ont été communiqués pour une large diffusion et aux opérateurs pétroliers, qui sont invités à prendre les dispositions nécessaires. OS/MD (AMAP)
Production du premier bidon d’huile du Complexe agro-alimentaire de Kalassa (Siby)
Bamako, 25 mar (AMAP) Le Complexe agro-alimentaire de Kalassa, dans la Commune de Siby, a produit le week-end dernier son premier bidon d’huile d’arachide, un mois après l’inauguration de l’usine par la ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Oumou SALL SECK, le jeudi 20 février 2025. Dans un communiqué, la Cellule de communication du ministère indique qu’«outre une Unité de transformation d’arachide en huile, ce complexe comprend également un parc animalier et une aire d’abattage. » Ces nouvelles infrastructures sont réalisées par la Fondation allemande Klaüs Tschira. « Cet engagement de nos amis allemands s’inscrit en parfaite cohérence de la vision de Son Excellence le général d’Armée, Assimi Goïta, président de la Transition, chef de l’État, qui a instruit le Gouvernement de toujours placer les besoins des populations au cœur des décisions », a rappelé Mme la Ministre, lors de l’inauguration du Complexe. Selon le Coordinateur national du Centre agro-alimentaire à Siby (CAAS), M. Salaha Baby, « le CAAS vise l’autosuffisance alimentaire et l’autonomisation des femmes. » Ce centre intervient dans le domaine de la formation et du secteur agroalimentaire. MD (AMAP)
Vente promotionnelle de bovins pour la fete du Ramadan : Plus de 4 000 têtes sur le marché
Bamako, 25 mar (AMAP) L’objectif de la 17è édition de l’opération des ventes promotionnelles de bovins à l’occasion de la fête de Ramadan, est de mettre sur le marché près de 4 180 têtes dont 2 000 dans le District de Bamako, a appris lundi, l’AMAP, lors du lancement de l’opération, le même jour, par le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba sur le terrain Shaba de Lafiabougou en commune IV du District de Bamako Les animaux sont classés suivant trois fourchettes de prix qui varient de 200.000 Fcfa à 350 000 Fcfa pendant cette opération qu’organise, du 20 au 28 mars prochain, le département en charge de l’élevage dénommée « Opération Ramadan » se déroulera à Bamako et dans les capitales régionales. Pour cette édition, placée sous le thème « Accès inclusif à la viande bovine pour la fête de Ramadan », les animaux viennent des périmètres pastoraux et des zones pastorales des régions de Nioro (Nioro, Diéma), de Ségou (Niono, Sokolo, Diabaly) et de Nara. L’opération des ventes promotionnelles de bovins se présente comme un véritable levier de la solidarité intercommunautaire qui permet d’assurer l’approvisionnement des populations des grands centres de consommation en animaux de boucherie à des prix abordables, et d’améliorer les revenus des organisations d’éleveurs et d’agro-éleveurs. Selon le ministre de l’Élevage et de la Pêche, l’organisation des ventes promotionnelles d’animaux de boucherie traduit aussi l’engagement de notre gouvernement à fédérer les ressources et les synergies afin de promouvoir les filières de productions animales et de répondre aux besoins de consommation des populations en produits animaux. À ce titre, il a remercié les groupements et organisations d’éleveurs et d’agro éleveurs qui, encore cette année, ont sacrifié à la tradition en accompagnant le gouvernement dans cette opération malgré le contexte assez difficile. L’organisation des ventes promotionnelles des bovins, dénommée « Opération Ramadan », consiste à mettre les producteurs en relation directe avec les consommateurs avec des avantages comparatifs comme l’approvisionnement en animaux dans un rapport qualité/prix très avantageux. Et l’acquisition par les populations de bovins de bonne qualité bouchère et à un coût relativement conforme à leur pouvoir d’achat, la régulation du prix des animaux dans l’offre globale en bétail, la garantie des revenus des pasteurs et des agro-pasteurs et la sécurité des opérations de ventes. MS/MD (AMAP)
Gao : la pénurie du carburant persiste
Par Abdourhamane TOURE Gao, 22 mar (AMAP) Dans la Cité des Askia, Gao, dans le Nord du Mali, le baril de 200 litres d’essence, en provenance de l’Algérie coûte à 280 000 voire 300 000 Fcfa dans les garages des arabes et le litre est vendu entre 1 600 et 2000 Fcfa dans les bouteilles chez les petits revendeurs. Il est de notoriété publique que la Région de Gao est approvisionnée en carburant par les deux pays voisins (l’Algérie et le Niger). Et le commerce de ce liquide précieux en provenance de l’Algérie et du Niger reste toujours dans l’informel. Malgré son importation illégale par les commerçants, son prix reste toujours inaccessible pour les clients alors que courant 2015 et 2016, il a été vendu à 400 Fcfa le litre dans toutes les stations d’essence à Gao. Chaque année, à l’approche de mois béni de Ramadan, le prix des denrées alimentaires, en particulier le carburant, prend l’ascenseur sur le marché de Gao. Cette situation est devenue une habitude chez les commerçants de Gao. Naturellement, le carburant semble être le produit dont la hausse du prix tire automatiquement vers le haut celui de tous les autres sur le marché. Le correspondant de l’AMAP, a pu noter qu’actuellement, dans la ville de Gao, la station d’essence de la société Néma et frère (SONEF) est la seule qui vend le litre d’essence à la pompe à 850 Fcfa. Son responsable de Gao, Ibrahim Moussa, a déclaré que la société dispose à la pompe d’un ancien stock de carburant qu’elle continue à vendre à 850 Fcfa le litre. Selon lui, la quantité disponible ne pourra pas tenir longtemps parce que la demande est forte. « Malgré la crise de l’essence dans la ville, notre société continuera à céder le litre de l’essence à 850 Fcfa aux populations de Gao », a-t-il promis. Pour lui, si les autorités veulent que le prix du carburant à la pompe reste stable, ils doivent interdire la sortie de l’essence de la ville de Gao. Dans les jours à venir, si la mesure d’interdiction de sortie du liquide précieux n’est pas appliquée, la pénurie d’essence sera pire et le litre d’essence à la pompe pourra atteindre 3 000 Fcfa. Selon le responsable de la station d’essence de la SONEF, si le baril d’essence de 200 litres se vend à Gao à 350 000 Fcfa, la même quantité est revendue à une trentaine de kilomètres de la ville à 500 000 Fcfa. Abdoul Wahab, rencontré à la station d’essence de la SONEF, tenant les guidons de son engin à deux roues, comme beaucoup d’autres clients en file indienne, sous un soleil ardent, est à la recherche du carburant. Il dit être venu acheter de l’essence ici parce que c’est moins cher par rapport à d’autres points de vente où le litre d’essence est cédé à 1 500 voire 2 000 Fcfa. PENURIE ET INSECURITE – Abass Maiga dit Saramaya est un revendeur-détaillant de carburant, en face de l’Assemblée régionale de Gao. Il affirme avoir acheté le baril de 200 litres d’essence à 280 000 Fcfa pour vendre au détail dans les bouteilles, à raison de 1 500 Fcfa. « Souvent, le baril ne vaut pas 200 litres », se plaint-il. Il explique la pénurie de carburant par l’insécurité. « Parce que, souvent, les terroristes interceptent les chauffeurs de camions-citernes, les tuent et brûlent les leur véhicule. » Le revendeur détaillant estime que la seule solution pour l’approvisionnement de la ville de Gao en carburant, est de libérer l’axe Gao-Sévaré et Gao-Niger. Le directeur régional de la Société des télécommunications du Mali à Gao, Issa Dembélé, pense que la flambée du prix du carburant est due aux conditions (insécurité) de ravitaillement de la région. Aguissa Touré, un agent du gouvernorat de Gao soutient que, chaque année, à la veille du mois de Ramadan, le prix du carburant à la pompe, comme au dépôt, augmente sur le marché de Gao. Le président du Conseil communal de Gao, Aguissa Cissé, rappelle que chaque année à la même période, le prix du carburant prend l’ascenseur. « C’est pourquoi, nous avons décidé de trouver, à l’amiable, un point d’accord avec les vendeurs de carburant », a-t-il dit. Selon le président des jeunes dans la commune, il s’agit de vendre le litre d’essence à la pompe à 1000 Fcfa quelques soient les difficultés. « Cette année, le même phénomène s’est répété mais la hausse du prix du carburant a été signalé depuis l’Algérie. C’est pourquoi le baril de 200 litres d’essence coûte à Gao 340 000 Fcfa », a révélé M. Cissé. « Nous continuons à négocier avec les commerçants arabes qui approvisionnent la ville en carburant et les revendeurs pour que le prix du litre ne dépasse pas 1 500 Fcfa », a dit le président du Conseil communal de Gao. Le président de la société civile de Gao, Soumaïla Soumaré, explique que les commerçants doivent respecter les règles du négoce. Pour lui, « c’est inadmissible que le prix du carburant monte, à chaque approche du mois de carême alors que le prix d’achat a beaucoup diminué, suite à l’arrêt des activités de certaines organisations non gouvernementales dans la région », Et d’annoncer : « Avec l’ensemble des forces vives de la région, des dispositions sont en cours pour rabaisser le prix du carburant. ». Le directeur régional du Commerce, de la Concurrence et de la Consommation, Mansa Coulibaly, a dit que toute la chaine de ravitaillement et de vente du carburant sur les deux axes Niger-Gao et Algérie-Gao est dans l’informel. Selon lui, tous ceux qui vendent du carburant dans les barils, au niveau des dépôts (garage) et dans les bouteilles « sont appelés dans notre jargon des délinquants. » La vente du carburant dans les bouteilles est illégale, soutient M. Coulibaly qui précise que le carburant doit être vendu à la pompe (la station d’essence) et cette vente, elle-même, obéit à des normes. « En effet, la flambée de prix du carburant est dû au fait que le pays voisin, le Niger, qui ravitaille la région de Gao,
Concertation secteurs public-privé : le PM exhorte le privé à poursuivre son engagement aux côtés du gouvernement
Bamako, 20 mar (AMAP) Le Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, a exhorté, jeudi, les acteurs du secteur privé à poursuivre leur engagement aux côtés du gouvernement sur des sujets d’intérêt national tels l’approvisionnement correct et régulier du pays en denrées de première nécessité notamment, en cette période du mois béni de ramadan pour la communauté musulmane et de la période de Carême pour la communauté chrétienne. Le chef du gouvernement présidait, à la Primature, la 4ème réunion mensuelle de concertation entre les secteurs public et privé dans ce cadre instauré pour traiter des sujets d’intérêt national, visant à renforcer le partenariat entre les deux parties afin de mieux répondre à leurs préoccupations de développement économique et social du Mali. Le général de division Abdoulaye Maïga a souligné que, depuis sa mise en place, ce cadre de concertation a permis des avancées notables, notamment la priorisation de la satisfaction des besoins fondamentaux des populations, à travers l’adoption et la mise en œuvre d’un plan d’action sur le court terme, de la prise en compte des préoccupations du secteur privé par les ministres sectoriels concernés ainsi que de l’élaboration en cours d’un plan d’action relatif aux réformes structurelles de l’économie nationale. Il a encouragé les acteurs du secteur privé à maintenir leurs efforts pour atteindre les objectifs fixés dans la lettre de cadrage, notamment en matière de satisfaction des besoins élémentaires des populations et d’apaisement du climat social. L’événement s’est tenu en présence de plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, ainsi que plusieurs acteurs du secteur privé. Le ministère en charge de l’Industrie a fait le point sur l’état de mise en œuvre du plan d’action pour la satisfaction des besoins fondamentaux de la population ainsi la présentation des résultats des travaux de la Commission technique sur les mesures de réformes structurelles. « Nous avons constaté avec l’évaluation qui a été faite devant le Premier ministre que l’ensemble des 14 points a connu des dénouements ou sont en cours d’exécution. On le voit très rapidement dans l’approvisionnement correct du marché, la maitrise de l’inflation », a indiqué M. Diallo. Concernant le second point, qui vise à renforcer la base productive de l’économie et à faire du secteur privé le moteur de la croissance, le ministre Diallo a précisé que 34 organisations professionnelles ont soumis deux propositions de réformes chacune. « Ces propositions ont été présentées au Premier ministre et plusieurs ministères interviendront dans leur mise en œuvre », a-t-il ajouté. La réunion a également permis d’aborder diverses préoccupations soulevées par les représentants du secteur privé. Le Premier ministre a insisté sur l’importance de maintenir un dialogue permanent entre les départements ministériels et les organisations professionnelles et faîtières. « Je vous invite, également, à sauvegarder ou à créer, s’il n’en existe pas, des cadres de concertations entre vos départements et les organisations professionnelles et faîtières du secteur privé de vos domaines d’intervention », dit le chef du gouvernement. Il a appelé à davantage de cohésion au sein des organisations du secteur privé, soulignant qu’aucune action de développement économique et social « ne saurait se réaliser sans l’union sacrée au sein des organisations faitières du secteur privé, des organisations professionnelles et des organisations patronales. » Cette quatrième réunion mensuelle de concertation entre le secteur public et privé marque ainsi une nouvelle étape dans la consolidation du dialogue entre l’État et les acteurs économiques, en vue d’un développement harmonieux et durable de notre pays. AG/MD (AMAP)
Maladies animales : Des conséquences multiples
Par Anne-Marie KEITA Bamako, 20 mar (AMAP) La contribution économique de l’élevage dans notre pays n’est plus à démontrer. Selon les données de l’Institut national de la statistique (INSAT), l’élevage constitue la principale source de subsistance pour plus de 30 % de la population malienne. Il contribue pour 15% au Produit intérieur brut (PIB), 24% à la production du secteur rural, environ 80% aux revenus des populations rurales et près de 20% aux recettes d’exportation. Ce sous-secteur fait face aujourd’hui, à des difficultés dues aux maladies animales, entrainant ainsi d’importantes répercutions sur la productivité, la santé animale, la santé et le bien-être de l’homme. En effet, les maladies animales génèrent des coûts directs pour le secteur de l’élevage qui se traduisent par la mort d’animaux, une productivité amoindrie et des frais occasionnés par la lutte contre ces maladies. Ces maladies concernent tous types d’animaux, à savoir le gros bétail et les petits ruminants, les volailles locales et exotiques ou importées, et l’élevage traditionnel et moderne. Ousmane Cissé est un jeune éleveur. Son troupeau compte plus de 200 têtes de bœufs. Dans l’année, il peut en perdre plus d’une vingtaine à cause des maladies. Parlant des conséquences sur la production, il explique que quel que soit le type de maladie, quand une vache est malade, sa production laitière diminue et, par ricochet, l’éleveur perd beaucoup en terme de revenus. À l’en croire, les éleveurs subissent de plein fouet les conséquences des maladies animales à cause du coût élevé du vaccin. Selon Cheickna Dianka, agroéconomiste de son état, ces maladies ont plusieurs causes, notamment l’insuffisance de la couverture vétérinaire des exploitations d’élevage, le coût relativement élevé des produits vétérinaires en matière de prévention et de traitement en cas de maladies localisées ou d’épidémies, l’insuffisance des connaissances en matière de bonnes pratiques d’élevage, l’inadaptation des infrastructures en matière d’habitat (étables, bergeries, poulaillers). «Les maladies animales ont des incidences négatives au sein des systèmes de production agro-sylvo-pastoraux au plan productif, économique, nutritionnel et de la sécurité sanitaire des aliments issus des différentes chaînes de valeurs», dit-t-il. Ajoutant qu’au plan productif, ces maladies contribuent à la diminution du cheptel disponible à cause des pertes plus ou moins élevées au niveau de toutes les espèces animales et notamment au niveau des volailles pour lesquelles les maladies se propagent à une vitesse très rapide. Aussi, explique-t-il, les maladies animales touchant les animaux reproducteurs ou servant à la multiplication, peuvent gravement perturber la multiplication et le renouvellement des effectifs. À ce propos, il estime que les chaînes d’approvisionnement peuvent être aussi fortement perturbées et les fortes mortalités peuvent occasionner la baisse de l’offre potentielle d’animaux sur les marchés. Sur le plan économique, Cheichna Dianka soutient que les maladies animales contribuent à la perte de revenus dans les exploitations d’élevage et affaiblissent la chaine de commercialisation des produits d’origines animales, tels que la viande, le lait et les œufs. «En plus de ces pertes de revenus, elles ralentissent et entravent les investissements et les réinvestissements dans les différentes filières et chaînes de valeurs», dit l’agronome. Et au Dr Modibo Ongoïba, vétérinaire à la direction nationale des services vétérinaires, de renchérir : «En cas de maladies, les animaux produisent moins et maigrissent et on ne trouve pas assez de viande, de lait, ni d’œuf. Si un animal tombe malade, il faut forcément payer des médicaments, trouver un vétérinaire pour les prestations et dépenser pour des mesures de bio sécurité pour se protéger. Tout cela génère des coûts, donc des pertes économiques chez les éleveurs», affirme le docteur vétérinaire. À ces pertes, s’ajoutent des difficultés de commercialisation aux plans national et international, car dans un pays où il y a la grippe aviaire par exemple, l’importation des produits avicoles est interdite. QUANTITÉ ET QUALITÉ – En outre, les maladies animales peuvent constituer des risques financiers lorsque les activités mobilisent des ressources financières importantes investies par les exploitants et à travers des ressources externes (dons, subventions, emprunts bancaires ou privés), indique l’agroéconomiste. Cheichna Dianka rappelle que la recrudescence des maladies est accentuée par l’absence d’un système de couverture des risques garantis offerts par une assurance agricole, indemnisations institutionnelles de l’État. Au plan nutritionnel, Chéichna Dianka souligne que les maladies animales, en affectant l’offre sur les marchés, entravent l’accès des consommateurs aux produits issus des filières et chaînes de valeur du sous-secteur de l’élevage en termes de quantité et de qualité. Il explique que la diminution de l’offre sur les marchés de consommation des produits frais et transformés est un facteur d’augmentation des coûts de production et des prix de vente au niveau de l’ensemble du circuit de collecte et d’approvisionnement. Toute chose qui provoque des phénomènes de spéculation. Pour lui, la diminution de l’offre peut constituer des difficultés pour atteindre les seuils de consommation recommandés ou observés dans d’autres pays. À titre d’exemple, au Maroc, la consommation de viande de volailles est estimée à 12 kg par habitant, moins de 5 kg en Côte d’Ivoire. Au Mali, ce seuil semble se situer entre 1,5 et 2 kg par habitant. Chéichna Dianka note que l’utilisation des produits vétérinaires pour la prévention ou le traitement des maladies de façon abusive ou non conforme aux normes d’emploi, peut constituer un risque de santé, notamment lorsque les dates limites avant consommation ne sont pas respectées. Parlant des impacts sur la santé publique, Dr Modibo Ongoïba précise que certaines maladies génétiques se transmettent de l’animal à l’homme comme la rage, la grippe aviaire, la tuberculose, le charbon bactéridie… On les appelle les zoonoses. Selon lui, les personnes les plus exposées à ces zoonoses sont les exploitants, les vétérinaires et autres individus travaillant dans le domaine de l’élevage. Aussi, le docteur vétérinaire attire l’attention sur le fait que la sécurité alimentaire peut être menacée par ces maladies animales qui peuvent entraîner des intoxications alimentaires. Lors du lancement de la campagne nationale de vaccination 2025 du cheptel à Konobougou en décembre dernier, le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, affichait l’ambition de son département d’augmenter la

