Concertation secteurs public-privé : le PM exhorte le privé à poursuivre son engagement aux côtés du gouvernement
Bamako, 20 mar (AMAP) Le Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, a exhorté, jeudi, les acteurs du secteur privé à poursuivre leur engagement aux côtés du gouvernement sur des sujets d’intérêt national tels l’approvisionnement correct et régulier du pays en denrées de première nécessité notamment, en cette période du mois béni de ramadan pour la communauté musulmane et de la période de Carême pour la communauté chrétienne. Le chef du gouvernement présidait, à la Primature, la 4ème réunion mensuelle de concertation entre les secteurs public et privé dans ce cadre instauré pour traiter des sujets d’intérêt national, visant à renforcer le partenariat entre les deux parties afin de mieux répondre à leurs préoccupations de développement économique et social du Mali. Le général de division Abdoulaye Maïga a souligné que, depuis sa mise en place, ce cadre de concertation a permis des avancées notables, notamment la priorisation de la satisfaction des besoins fondamentaux des populations, à travers l’adoption et la mise en œuvre d’un plan d’action sur le court terme, de la prise en compte des préoccupations du secteur privé par les ministres sectoriels concernés ainsi que de l’élaboration en cours d’un plan d’action relatif aux réformes structurelles de l’économie nationale. Il a encouragé les acteurs du secteur privé à maintenir leurs efforts pour atteindre les objectifs fixés dans la lettre de cadrage, notamment en matière de satisfaction des besoins élémentaires des populations et d’apaisement du climat social. L’événement s’est tenu en présence de plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, ainsi que plusieurs acteurs du secteur privé. Le ministère en charge de l’Industrie a fait le point sur l’état de mise en œuvre du plan d’action pour la satisfaction des besoins fondamentaux de la population ainsi la présentation des résultats des travaux de la Commission technique sur les mesures de réformes structurelles. « Nous avons constaté avec l’évaluation qui a été faite devant le Premier ministre que l’ensemble des 14 points a connu des dénouements ou sont en cours d’exécution. On le voit très rapidement dans l’approvisionnement correct du marché, la maitrise de l’inflation », a indiqué M. Diallo. Concernant le second point, qui vise à renforcer la base productive de l’économie et à faire du secteur privé le moteur de la croissance, le ministre Diallo a précisé que 34 organisations professionnelles ont soumis deux propositions de réformes chacune. « Ces propositions ont été présentées au Premier ministre et plusieurs ministères interviendront dans leur mise en œuvre », a-t-il ajouté. La réunion a également permis d’aborder diverses préoccupations soulevées par les représentants du secteur privé. Le Premier ministre a insisté sur l’importance de maintenir un dialogue permanent entre les départements ministériels et les organisations professionnelles et faîtières. « Je vous invite, également, à sauvegarder ou à créer, s’il n’en existe pas, des cadres de concertations entre vos départements et les organisations professionnelles et faîtières du secteur privé de vos domaines d’intervention », dit le chef du gouvernement. Il a appelé à davantage de cohésion au sein des organisations du secteur privé, soulignant qu’aucune action de développement économique et social « ne saurait se réaliser sans l’union sacrée au sein des organisations faitières du secteur privé, des organisations professionnelles et des organisations patronales. » Cette quatrième réunion mensuelle de concertation entre le secteur public et privé marque ainsi une nouvelle étape dans la consolidation du dialogue entre l’État et les acteurs économiques, en vue d’un développement harmonieux et durable de notre pays. AG/MD (AMAP)
Maladies animales : Des conséquences multiples
Par Anne-Marie KEITA Bamako, 20 mar (AMAP) La contribution économique de l’élevage dans notre pays n’est plus à démontrer. Selon les données de l’Institut national de la statistique (INSAT), l’élevage constitue la principale source de subsistance pour plus de 30 % de la population malienne. Il contribue pour 15% au Produit intérieur brut (PIB), 24% à la production du secteur rural, environ 80% aux revenus des populations rurales et près de 20% aux recettes d’exportation. Ce sous-secteur fait face aujourd’hui, à des difficultés dues aux maladies animales, entrainant ainsi d’importantes répercutions sur la productivité, la santé animale, la santé et le bien-être de l’homme. En effet, les maladies animales génèrent des coûts directs pour le secteur de l’élevage qui se traduisent par la mort d’animaux, une productivité amoindrie et des frais occasionnés par la lutte contre ces maladies. Ces maladies concernent tous types d’animaux, à savoir le gros bétail et les petits ruminants, les volailles locales et exotiques ou importées, et l’élevage traditionnel et moderne. Ousmane Cissé est un jeune éleveur. Son troupeau compte plus de 200 têtes de bœufs. Dans l’année, il peut en perdre plus d’une vingtaine à cause des maladies. Parlant des conséquences sur la production, il explique que quel que soit le type de maladie, quand une vache est malade, sa production laitière diminue et, par ricochet, l’éleveur perd beaucoup en terme de revenus. À l’en croire, les éleveurs subissent de plein fouet les conséquences des maladies animales à cause du coût élevé du vaccin. Selon Cheickna Dianka, agroéconomiste de son état, ces maladies ont plusieurs causes, notamment l’insuffisance de la couverture vétérinaire des exploitations d’élevage, le coût relativement élevé des produits vétérinaires en matière de prévention et de traitement en cas de maladies localisées ou d’épidémies, l’insuffisance des connaissances en matière de bonnes pratiques d’élevage, l’inadaptation des infrastructures en matière d’habitat (étables, bergeries, poulaillers). «Les maladies animales ont des incidences négatives au sein des systèmes de production agro-sylvo-pastoraux au plan productif, économique, nutritionnel et de la sécurité sanitaire des aliments issus des différentes chaînes de valeurs», dit-t-il. Ajoutant qu’au plan productif, ces maladies contribuent à la diminution du cheptel disponible à cause des pertes plus ou moins élevées au niveau de toutes les espèces animales et notamment au niveau des volailles pour lesquelles les maladies se propagent à une vitesse très rapide. Aussi, explique-t-il, les maladies animales touchant les animaux reproducteurs ou servant à la multiplication, peuvent gravement perturber la multiplication et le renouvellement des effectifs. À ce propos, il estime que les chaînes d’approvisionnement peuvent être aussi fortement perturbées et les fortes mortalités peuvent occasionner la baisse de l’offre potentielle d’animaux sur les marchés. Sur le plan économique, Cheichna Dianka soutient que les maladies animales contribuent à la perte de revenus dans les exploitations d’élevage et affaiblissent la chaine de commercialisation des produits d’origines animales, tels que la viande, le lait et les œufs. «En plus de ces pertes de revenus, elles ralentissent et entravent les investissements et les réinvestissements dans les différentes filières et chaînes de valeurs», dit l’agronome. Et au Dr Modibo Ongoïba, vétérinaire à la direction nationale des services vétérinaires, de renchérir : «En cas de maladies, les animaux produisent moins et maigrissent et on ne trouve pas assez de viande, de lait, ni d’œuf. Si un animal tombe malade, il faut forcément payer des médicaments, trouver un vétérinaire pour les prestations et dépenser pour des mesures de bio sécurité pour se protéger. Tout cela génère des coûts, donc des pertes économiques chez les éleveurs», affirme le docteur vétérinaire. À ces pertes, s’ajoutent des difficultés de commercialisation aux plans national et international, car dans un pays où il y a la grippe aviaire par exemple, l’importation des produits avicoles est interdite. QUANTITÉ ET QUALITÉ – En outre, les maladies animales peuvent constituer des risques financiers lorsque les activités mobilisent des ressources financières importantes investies par les exploitants et à travers des ressources externes (dons, subventions, emprunts bancaires ou privés), indique l’agroéconomiste. Cheichna Dianka rappelle que la recrudescence des maladies est accentuée par l’absence d’un système de couverture des risques garantis offerts par une assurance agricole, indemnisations institutionnelles de l’État. Au plan nutritionnel, Chéichna Dianka souligne que les maladies animales, en affectant l’offre sur les marchés, entravent l’accès des consommateurs aux produits issus des filières et chaînes de valeur du sous-secteur de l’élevage en termes de quantité et de qualité. Il explique que la diminution de l’offre sur les marchés de consommation des produits frais et transformés est un facteur d’augmentation des coûts de production et des prix de vente au niveau de l’ensemble du circuit de collecte et d’approvisionnement. Toute chose qui provoque des phénomènes de spéculation. Pour lui, la diminution de l’offre peut constituer des difficultés pour atteindre les seuils de consommation recommandés ou observés dans d’autres pays. À titre d’exemple, au Maroc, la consommation de viande de volailles est estimée à 12 kg par habitant, moins de 5 kg en Côte d’Ivoire. Au Mali, ce seuil semble se situer entre 1,5 et 2 kg par habitant. Chéichna Dianka note que l’utilisation des produits vétérinaires pour la prévention ou le traitement des maladies de façon abusive ou non conforme aux normes d’emploi, peut constituer un risque de santé, notamment lorsque les dates limites avant consommation ne sont pas respectées. Parlant des impacts sur la santé publique, Dr Modibo Ongoïba précise que certaines maladies génétiques se transmettent de l’animal à l’homme comme la rage, la grippe aviaire, la tuberculose, le charbon bactéridie… On les appelle les zoonoses. Selon lui, les personnes les plus exposées à ces zoonoses sont les exploitants, les vétérinaires et autres individus travaillant dans le domaine de l’élevage. Aussi, le docteur vétérinaire attire l’attention sur le fait que la sécurité alimentaire peut être menacée par ces maladies animales qui peuvent entraîner des intoxications alimentaires. Lors du lancement de la campagne nationale de vaccination 2025 du cheptel à Konobougou en décembre dernier, le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, affichait l’ambition de son département d’augmenter la
Vaccination du cheptel : C’est indispensable
Par Makan SISSOKO Bamako, 20 mar (AMAP) À Kalaban Coura, au cœur de la Commune V du District de Bamako, Cheick Oumar Sissoko est un éleveur discret mais déterminé. À son domicile, des lapins, poulets et pigeons s’épanouissent grâce à ses soins. Il achète des vaccins dans les pharmacies vétérinaires sans consulter de vétérinaire. Ce mardi 3 mars 2025, alors que le soleil commence à se coucher, Cheick Oumar Sissoko s’affaire dans sa cour. « J’achète des vaccins dans les points de vente, mais je n’ai jamais consulté un vétérinaire pour mes animaux. Cela me semble suffisant », confie-t-il. Pourtant, l’année dernière, Oumar a perdu une dizaine de ses sujets à cause d’une maladie virale dont il ignore jusqu’à présent les raisons. Éleveur et marchant de bétail, depuis plusieurs années, Adama Bah est tout simplement réticent à la vaccination de son cheptel. En effet, les animaux qu’il élève, ne sont pas vaccinés. « Depuis que je m’occupe du bétail, je m’intéresse pas aux produits vétérinaires car mes animaux sont en bonne santé », assure-t-il, fière.ment. Et il ose même mettre en doute l’efficacité des vaccins. « On nous dit que ça protège contre certaines maladies, mais on ne voit pas les résultats sur le terrain », explique-t-il. En décembre 2024, le gouvernement a lancé la campagne nationale de vaccination du cheptel, visant à vacciner et prémunir 81 millions d’animaux contre diverses maladies animales et zoonotiques. Cette initiative vise à renforcer la protection sanitaire du cheptel national et à contrôler des maladies telles que la peste des petits ruminants, la péripneumonie contagieuse bovine, la maladie de Newcastle, le charbon bactérien et symptomatique et surtout la rage. Malgré la disponibilité de vaccins subventionnés et l’encouragement des autorités à faire vacciner les animaux, de nombreux éleveurs, comme Oumar, continuent d’acheter des vaccins sans prescription vétérinaire. Le vaccin qu’il utilise, sans avis médical, pourrait être inefficace ; ou pire, s’il est mal administré, il pourrait causer la perte de son cheptel. Pourtant, l’État a mis à disposition des vétérinaires pour accompagner les éleveurs et garantir une couverture sanitaire optimale et sécurisée. MANDATAIRES SANITAIRES – En la matière, pour encadrer la vente et l’utilisation des médicaments vétérinaires, la loi n°028 du 14 juillet 2011 institue le contrôle des denrées alimentaires d’origine animale et des aliments pour animaux, stipulant que les agents des services vétérinaires sont habilités à accéder aux documents liés aux activités de production et à effectuer des prélèvements pour analyses. Cependant, la vente de médicaments vétérinaires sans ordonnance persiste, ce qui complique le contrôle de la qualité et de l’efficacité des vaccins utilisés. Pour améliorer la situation, l’Association nationale des vétérinaires mandataires du Mali (ANAVEM) mise sur la sensibilisation des éleveurs, sur l’importance de consulter les vétérinaires pour la vaccination et le traitement de leurs animaux. Son président, Mady Keïta, rappelle qu’avant le mandat sanitaire, c’est l’État qui vaccinait les animaux à travers les vétérinaires publics. « Depuis un certain moment, explique-t-il, l’État s’est désengagé pour confier la vaccination aux vétérinaires appelés mandataires sanitaires. » « Dans les localités où ces vétérinaires privés ne sont pas présents, l’État assure la vaccination des animaux pour combler le vide », ajoute M. Keïta, Aujourd’hui, ils sont au nombre de 159 vétérinaires titulaires du mandat sanitaire repartis sur l’ensemble du territoire qui, chaque année, mobilisent les éleveurs pour la vaccination du cheptel. « À ce titre, chaque titulaire du mandat sanitaire se fixe un objectif par rapport à l’effectif de son cheptel dans la localité qu’il couvre, en se donnant une prévision pour faire le bilan à la fin de la campagne », explique le président de l’ANAVEM qui apprécie, globalement, la vaccination à mi-parcours comme satisfaisante. Par ailleurs, Mady Keïta souligne la faible mobilité des agents dans certaines localités du pays comme dans les Régions de Mopti, Bandiagara (Centre) et une partie de Gao, Kidal, Tombouctou et le Cercle d’Ansongo, dans le Nord du Mali. Mais, aussi, dans la bande sahélienne comme Nara, Nioro, Troungoumbé où le déplacement du vétérinaire en moto devient difficile à cause de l’insécurité. Parlant de l’acquisition des vaccins, il précise qu’il existe un seul circuit d’approvisionnement à travers le Laboratoire central vétérinaire (LCV) qui fabrique des produits vétérinaires. Les vaccins de ce laboratoire sont subventionnés par l’État au prix fixe de 30 Fcfa pour les vétérinaires titulaires de mandats sanitaires. « Si les vaccins appelés morts sont disponibles chez les grossistes, seuls les titulaires de mandats sanitaires ou les vétérinaires étatiques ont accès aux vaccins vivants utilisés contre la peste des petits ruminants et la péripneumonie contagieuse bovine. Ils doivent être impérativement gardés dans la glace », argumente le président de l’ANAVEM. Il précise que la vaccination n’est pas gratuite et la prestation du vétérinaire est payée en fonction des localités. VACCINATION OBLIGATOIRE – Outre les difficultés liées à l’insécurité, Mady Keïta souligne la problématique de la vente illicite des vaccins vivants qui sont à la portée de tout le monde. « Ce qui, estime-t-il, rend le travail difficile. » « Quand un vaccin passe par la main d’un non professionnel, dans des conditions de conservation qui ne sont pas respectées, cela affecte l’efficacité du produit », regrette-t-il. Le vétérinaire appelle les éleveurs à aller vers les bons produits en approchant des spécialistes assermentés pour protéger la santé humaine et le cheptel. Le chef de la section surveillance épidémiologique à la Direction nationale des services vétérinaires (DNSV), Dr Boundiala Sissoko, explique que la campagne de vaccination est planifiée en fonction de la mobilité et de l’effectif du cheptel dans chaque zone. Par exemple, pendant que les animaux du Nord migrent vers le Sud à la recherche de pâturages et d’eau, la vaccination commence au Sud pour finir vers le Nord. Aujourd’hui, la vaccination contre la péripneumonie contagieuse bovine se chiffre à 776 000 têtes vaccinées contre 831 000 têtes pour la peste des petits ruminants (moutons et chèvres) et 1 909 410 de volailles vaccinées contre la maladie de Newcastle. Le vaccin contre la rage n’est pas subventionné ce qui fait que la vaccination à
Les syndicats des pharmaciens d’officine et des laboratoires d’analyses lèvent le préavis de suspension des services AMO (Communiqué)
Bamako, 19 mar (AMAP) Les syndicats des pharmaciens d’officine (SYNAPPO) et des laboratoires d’analyses biomédicales privés (SYNAPHARM) ont annoncé, mercredi, dans un communiqué daté du 19 mars 2025, la levée de leur préavis de suspension des prestations de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) dans les pharmacies et les laboratoires conventionnés à travers le Mali. Cette décision intervient après une commission paritaire d’urgence tenue le vendredi 14 mars 2025 et les jours suivants. Les syndicats saluent « le soutien massif des pharmaciens au préavis transmis au ministre de la Santé et du Développement social », qui prévoyait une suspension des services AMO, « en raison des retards de remboursement des factures échues » par la Caisse nationale d’assurance maladie (CANAM). « Nous partageons pleinement les difficultés liées à l’approvisionnement, aux retards de remboursement par la CANAM et au respect des engagements contractés auprès des grossistes répartiteurs », précisent les syndicats dans leur communiqué. La levée du préavis, effective à compter de ce mercredi 19 mars 2025, repose sur plusieurs éléments : « le niveau actuel du remboursement des factures échues », « les dispositions annoncées par la CANAM et les Organismes de gestion déléguée (OGD) », ainsi que « l’engagement des plus hautes autorités à procéder, dans un bref délai, au remboursement de toutes les factures AMO échues ». Les syndicats soulignent également « l’intérêt supérieur de la population » comme facteur clé dans leur décision. Malgré cette désescalade, le SYNAPPO et le SYNAPHARM exhortent la CANAM et les OGD à redoubler d’efforts pour assurer « le remboursement effectif des factures AMO en respectant les délais conventionnels », « la tenue régulière des commissions paritaires » et « l’examen et la résolution des préoccupations liées aux services AMO ». Parmi les problèmes persistants figurent « le contrôle de droit des assurés AMO » et « les nombreux rejets injustifiés de fiches de soins », qui continuent de peser sur les professionnels. Cette reprise marque le retour temporaire à la normale, tout en maintenant une pression sur les autorités pour des améliorations structurelles. OS/MD (AMAP)
Koro/Bandiagara : Restrictions sur le flux des camions-citernes de carburant
Koro/Bandiagara, 19 mar (AMAP) La Région de Bandiagara et les cercles de Koro et Bankass, dans le Centre du Mali, font l’objet de restrictions du transport de carburant par décision des autorités d’arrêter momentanément le flux des citernes de carburant vers destinations, qui reçoivent plusieurs citernes dans la semaine, en attendant de voir clair dans la vente du carburant,, a constaté l’AMAP Les stations-services de Koro, font ainsi face, depuis trois jours, à une difficulté d’approvisionnement en essence à la suite de cette décision, qui, selon une source locale, de est destinée à comprendre la ou les destinations du carburant transporté par ces nombreuses citernes Concernant ces restrictions sur le transport du carburant, le gouverneur de la Région de Bandiagara, le colonel-major Olivier Diassana, a, pour sa part, expliqué qu’ « il ne s’agit nullement d’une mesure arbitraire, mais plutôt d’une stratégie de lutte contre le terrorisme qui affecte gravement la Région. » Intervenant, mardi, devant les légitimités traditionnelles et religieuses dans le cadre de la sensibilisation sur les taxes sur les recharges téléphoniques et les transferts monétaires, ainsi que les mesures de sécurité visant à limiter l’afflux massif du carburant dans la région, le gouverneur a mis « en garde contre toute forme de complicité avec les groupes armés » et a appelé les populations à faire preuve de vigilance et de collaboration avec les forces de sécurité. » A Koro, à la suite de la difficulté d’approvisionnement en carburant, presque toutes les stations-services de la ville, une quinzaine, ont déclaré être en rupture de stocks d’essence, provoquant une pénurie dans la ville. De cette situation a fait le lit d’un business de vente de carburant pour les petits revendeurs et les revendeurs de circonstance, qui pratiquent des prix variant de 1 500 Fcfa à 2 500 Fcfa le litre par endroits. Le samedi, jour de foire de Koro, de nombreux forains, se sont retrouvés bloqués dans la ville, faute de carburant. Les spéculateurs en ont profité pour vendre le litre à des prix exorbitants. Après avoir examiné la situation, le Conseil communal de la jeunesse de Koro, dirigé par Ousmane Edem Niangaly et les forces vives de Koro, ont publié un communiqué « pour attirer l’attention des promoteurs et des revendeurs de carburant sur la hausse abusive des prix du carburant dans la ville. » « Une augmentation de prix qui vient alourdir davantage le coût de la vie et considéré comme un acte criminel contre une population éprouvée par les effets de la crise sécuritaire », selon les termes du communiqué. Par ailleurs, le communiqué signé par le chef de village de Koro, les président du Conseil communal de la jeunesse, de la société civile, de la Chambre locale de commerce, des transporteurs routiers et la présidente de la Coordination des associations et organisations féminines (CAFO), précise que « toute personne qui se permettra de vendre de l’essence à un prix supérieur au prix officiel, sera interpellée et traduite devant les autorités compétentes. » Un comité de veille a été mis en place pour sillonner la ville, dans le but de vérifier les prix du litre d’essence auprès des revendeurs. Quant au gouverneur de Bandiagara , lors de sa rencontre et sur le sujet de la taxation des recharges téléphoniques et des transferts monétaires, il expliqué que la mesure s’inscrit « dans une dynamique de souveraineté économique, telle que voulue par les plus hautes autorités du pays. » Il a insisté sur le caractère civique de cette contribution, soulignant qu’elle participera au développement socioéconomique de la nation. En conclusion, cette rencontre a permis un échange constructif entre les autorités régionales et les représentants des légitimités traditionnelles et religieuses qui ont réitéré leur engagement à soutenir ces initiatives. Le Gouverneur a appelé à une prise de conscience collective pour assurer la stabilité et le développement de la région de Bandiagara. MN/OG/MD (AMAP)
UEMOA :« l’économie de l’UEMOA a enregistré une croissance de 6,2 % en 2024, contre 5,3 % en 2023 » (Président de la Commission)
Bamako, 18 mar (AMAP) Le président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), Abdoulaye Diop, a affirmé, mardi, à Bamako, que « l’économie de l’UEMOA a enregistré une croissance de 6,2 % en 2024, contre 5,3 % en 2023. » Abdoulaye Diop , qui intervenait lors de la présentation du rapport annuel sur le fonctionnement et l’évolution de l’institution sous régionale, a précisé que « cette croissance est liée aux conditions climatiques favorables et à la mise en œuvre d’infrastructures structurantes. » « Le taux d’inflation annuel moyen s’est établi à 3,8 %, tandis que le déficit budgétaire a été réduit à 5,3 % du PIB (contre 5,9 % en 2023), grâce à une hausse des recettes publiques », a-t-il fait noter. Avant de préciser que le taux d’endettement a légèrement progressé, passant de 59,7 % à 60,3 % du PIB. Par ailleurs, il a souligné que la balance des paiements s’est améliorée, avec un déficit du compte courant à 6,3 % du PIB (contre 9,6 % en 2023), et les réserves couvrent désormais 3,6 mois d’importations. Malgré ces avancées, M. Diop a reconnu des contraintes majeures à savoir la persistance de l’insécurité due aux attaques terroristes dans certains États membres, les répercussions des crises russo-ukrainienne et moyen-orientale, ainsi que le ralentissement du reversement du Prélèvement communautaire de solidarité (PCS), principale source de financement des organes de l’Union. Ce dernier point a entraîné des problèmes de trésorerie, soulignés lors de la session. Cette session, présidée par Abdoulaye Diop, président de la Commission de l’UEMOA, se tient devant les membres du Comité interparlementaire (CIP-UEMOA), en présence du président par intérim du CIP, Fononna Cheick Ahmed Coulibaly. Conformément aux articles 26 et 36 du Traité de l’UEMOA, cette présentation annuelle offre un bilan des activités de l’Union et ouvre un espace d’échanges avec les 40 députés, représentant les 8 États membres (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo). Le CIP, organe de contrôle démocratique de l’Union, joue un rôle clé dans l’orientation des politiques communautaires. Sur le plan de l’intégration, 2024 a vu des progrès notables. La surveillance multilatérale des indicateurs macroéconomiques s’est poursuivie malgré la suspension temporaire du Pacte de convergence. Des actions ont été menées pour renforcer l’Union douanière, avec un avant-projet de règlement sur les procédures simplifiées de dédouanement. La Commission a également avancé sur l’opérationnalisation du Visa unique, avec quatre projets de textes en cours de finalisation et a renforcé la facilitation des échanges commerciaux, notamment via la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF). Dans le domaine des infrastructures, le Programme d’actions communautaires a permis le contrôle régional de la charge à l’essieu, des études sur les corridors routiers et la relance de la boucle ferroviaire Abidjan-Ouagadougou-Niamey-Cotonou-Lomé, avec une nouvelle liaison Lomé-Ouagadougou en discussion. Le président par intérim du CIP, Fononna Cheick Ahmed Coulibaly a, pour sa part, salué les initiatives de la Commission, notamment l’adoption de la Vision UEMOA 2040 et du Plan stratégique 2025-2030 sous la direction d’Abdoulaye Diop. Il a également évoqué le dispositif de suivi des recommandations parlementaires, mis en place en collaboration avec la Commission, comme un acquis majeur pour répondre aux préoccupations des populations. Cependant, le CIP a exprimé des inquiétudes face aux problèmes de trésorerie liés au PCS. Une résolution sera adoptée lors de cette session pour exhorter les autorités nationales à assurer son reversement. Par ailleurs, l’insécurité persistante dans certains États a été identifiée comme une menace majeure. M. Coulibaly a plaidé pour « une réponse globale, impliquant une coordination communautaire, régionale et internationale. » Les échanges qui suivront la présentation devraient aborder ces défis et les orientations pour 2025, notamment le respect des procédures d’exécution des dépenses publiques et le renforcement de la régulation du marché. Cette session s’annonce comme un tournant décisif pour consolider l’intégration économique de l’UEMOA face aux incertitudes globales. OS/KM (AMAP)
Taxes sur les transferts monétaires et les télécommunications : Deux ministres sensibilisent les acteurs du monde rural
Bamako, 15 mar (AMAP) Les ministres de l’Agriculture, Daniel Siméon Kéléma et de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, ont donné, samedi, des explications au monde rural sur les prélèvements pour alimenter un fonds de soutien aux projets d’infrastructures de base et de développement social du Mali, au cours d’une Assemblée générale d’information et de sensibilisation, au Centre international de conférence de Bamako (CICB), a constaté l’AMAP. Le ministre Youba Ba a rappelé que c’est dans la perspective d’une transformation structurelle de l’économie nationale et d’un développement humain inclusif et durable que les autorités de la Transition ont pris l’ordonnance du 07 février 2025 portant création du Fonds de soutien aux projets d’infrastructures de base et de développement social d’une part, et d’autre part, le décret du 07 février 2025 fixant l’organisation et les modalités de gestion de ce fonds. « Ce fonds sera utilisé pour faire face aux déficits énergétiques, d’infrastructures de base, aux inégalités sociales et les insuffisances du système productif national », a-t-dit. Il a ajouté que les taxes de 1 et 10 % sont respectivement prélevées sur les services de mobile money et de rechargements de crédits de téléphone et d’abonnements de téléphone fixe et d’internet sont à la charge des consommateurs. « Le calcul, réalisé sur la base des prélèvements de 1 et 10 % sur les réalisations cumulées de l’année 2023 au niveau des services susvisés par les trois opérateurs de téléphonie du pays, notamment, Orange, Sotelma et Atel S.A donne un montant annuel de 109,66 milliards de Francs cfa pour le fonds », a expliqué le ministre de l’Élevage et de la Pêche. Selon l’explication donné par ce membre du gouvernement, le Fonds de soutien aux projets d’infrastructures de base et de développement social sera logé à la présidence de la République. Il sera géré par un comité de pilotage de onze membres dont des ministres dûment mentionnés dans le décret du 07 février 2025 fixant son organisation et ses modalités de gestion. La présidence du comité est assurée par le secrétaire général de la Présidence. Justifiant l’ordonnance et le décret sur la nouvelle taxation, le ministre Daniel Siméon Kéléma a expliqué que la mise en application des nouvelles orientations politiques par les autorités de la Transition s’est notamment traduite par le retrait d’un nombre important de partenaires au développement et la suspension de la coopération avec certains pays. « Aussi, la création de la Confédération des États du Sahel (AES) et la sortie de nos États de la CEDEAO marquent un tournant décisif dans notre histoire et affirme notre volonté à prendre en main notre destin. » « Notre rôle à nous c’est de faire la sensibilisation sur le terrain pour que les gens comprennent pourquoi ces prélèvements, dans quel but et à quoi ils vont servir », a fait savoir le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Sanousi Bouya Sylla. Il a déclaré que l’APCAM et tous les acteurs du monde rural s’engagent à faire ce travail de sensibilisation. « Aujourd’hui nous sommes, tous les Maliens, à l’heure du sacrifice, parce que si on parle de souveraineté, d’indépendance et de développement endogène, on parle surtout de sacrifice », a également précisé le président de l’APCAM. Selon lui, il n’existe pas de grande nation au monde qui n’est pas passée par ce chemin. « Au-delà de ces prélèvements sur les transactions monétaires et de télécommunication, il faut que les Maliens se mettent dans la tête que nous allons faire face à des jours difficiles. » Mais, comme le dit notre hymne national : « Nous sommes résolus de mourir pour le Mali », a rappelé M. Sylla. Il a assuré que le réseau de son organisation s’attellera à la sensibilisation du monde rural pour qu’il comprenne le pourquoi. Il faut rappeler que ces mesures sont entrées en vigueur le mercredi 05 mars dernier. ST/MD (AMAP)
Le Mali se dote d’un Fonds des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transports
Bamako, 13 mar (AMAP) Le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, a décidé de doter le Mali d’un Fonds de réalisation des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transports, annonce un décret présidentiel en date du 11 mars 2025 fixant l’organisation et les modalités de fonctionnement de ce Fonds, Le décret présidentiel fixe l’organisation et les modalités de fonctionnement du Fonds de réalisation des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport. Le texte précise que « les recettes perçus au titre du Fonds sont versées dans un compte dénommé Fonds de réalisation des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport » ouvert dans les livres du Trésor public. Le ministre chargé des Finances est l’ordonnateur principal du Fonds et peut déléguer son pouvoir d’ordonnateur, conformément à la réglementation en vigueur. A ce titre, il est chargé « de définir les orientations stratégiques du Fonds, d’approuver le budget et d’assurer le suivi de son exécution, d’approuver les programmes et projets soumis au financement du Fonds, d’approuver l’arrêt des comptes, d’assurer le suivi de l’exécution correcte des programmes annuels. » Un comité de pilotage, présidé par le ministre chargé des Finances ou son représentant, est mis en place avec des membres fournis par des départements ministériels concernés par le Fonds. Selon le décret, ce comité de pilotage est tenu de fournir chaque année le rapport annuel d’activités et de gestion du Fonds de l’exercice clos, au plus tard le 30 juin de l’année en cours. Et le rapport est transmis au président de la République. Dans son article 10, le décret dispose : « Sous réserve des pouvoirs des autorités de tutelle, le comité de pilotage est habilité à prendre toute décision concernant les objectifs, l’organisation, la gestion et le fonctionnement du Fonds. » Le décret indique que le Payeur général du trésor est le comptable assignataire de ce Fonds. A ce titre, il produit, à la fin de chaque exercice budgétaire, un compte de gestion du Fonds. Les opérations sur le Fonds sont prévues, autorisées et exécutées dans les mêmes conditions que celles du budget de l’Etat. L’article 13 du décret dit que l’utilisation des ressources du Fonds fait l’objet d’un rapport annuel produit par le comité de pilotage et soumis au contrôle des structures compétentes de l’Etat. Sur ce point, un arrêté du ministre chargé des Finances fixe, au besoin, les modalités particulières d’exécution des opérations du Fonds. S’agissant des dispositions finales, les ministres en charge de l’Economie et des Finances, des Mines, de l’Energie et de l’Eau, des Transports et des Infrastructures, de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population sont chargés, « chacun en ce qui le concerne », de l’exécution du décret. OD/MD (AMAP)
Bamako : Rentable ? L’agriculture périurbaine
Par Moussa M. DEMBELE Bamako, 13 mar (AMAP) La culture des céréales sèches, le maraîchage, l’élevage et la pisciculture, sont entre autres, des activités menées par de nombreux Bamakois. Parmi ceux-ci, figurent des fonctionnaires en activité ou à la retraite, des agents du secteur privé et des commerçants. La plupart de ces personnes vont au champ, juste pour meubler leur temps de loisirs et non par nécessité. Ces producteurs périurbains sont majoritairement confrontés au manque de manœuvres, d’ouvriers agricoles et de financement, parmi tant d’autres. A ces difficultés, s’ajoutent les défis du changement climatique. « Le champ ne nous rapporte rien. On ne fait que gaspiller notre argent. J’exerce cette activité juste par passion sinon, je n’en tire aucun bénéfice. Or, avec l’argent que j’ai investi dans mon champ, je pourrais faire d’autres choses », nous raconte cet ingénieur des mines, qui a pris sa retraite anticipée pour se convertir dans l’agriculture périurbaine. Nous lui avons rendu visite dans son champ où il nous a briefé sur la situation de ses six hectares, situés sur la route de Ségou, à quelques kilomètres de Kasséla. S’exprimant sous anonymat, ce « paysan de circonstance » précise qu’il a été victime de plusieurs cas de vols orchestrés par ou avec la complicité de ses ouvriers. À en croire notre interlocuteur et bien d’autres, cette forme d’agriculture n’est pas rentable en dépit de la passion qu’elle suscite chez ces cadres ou salariés. À moins d’une heure de route, notre équipe de reportage arrive à destination. À travers une visite guidée des lieux, le propriétaire nous explique les difficultés qu’il rencontre dans son entreprise. « Vous voyez l’espace, c’est une superficie de six hectares. J’ai investi plusieurs millions de Fcfa dans l’exploitation. Cependant, je ne peux pas dire que le champ m’a rapporté des bénéfices ou fait gagner telle somme », affirme-t-il. Et d’ajouter que, dans l’avenir, ce champ peut lui servir d’habitation. Mamadou Dao abonde dans le même sens que ce vieux retraité. « J’ai été élevé dans une localité où l’agriculture est la principale activité. D’où mon intérêt pour cette activité », confie-t-il. Ce natif de la Région de Sikasso est un économiste de formation qui évolue actuellement dans l’agriculture, depuis 1997, à N »Golobougou, situé à quelques kilomètres de la ville de Bamako. Dans cette localité proche de la Cité universitaire de Kabala, dans la Commune de Kalaban-Coro, M. Dao possède environ cinq hectares. Selon lui, l’État doit revoir sa politique d’aide aux agriculteurs pour assurer l’autosuffisance alimentaire. « Aujourd’hui, je pense que les autorités doivent valoriser l’agriculture pour aider les familles à vaincre la faim, la misère et promouvoir le développement local. Après les récoltes, l’État doit nous aider à vendre nos produits à des prix raisonnables ou rentables, sinon les commerçants gagnent plus que nous les producteurs », fait savoir Mamadou Dao. Cette activité n’est qu’une passion pour lui. Il estime qu’à la fin du mois, après les dépenses, il ne gagne pas de bénéfice. « Je fais l’agriculture juste par plaisir. En fin compte, ce que je dépense par mois, dans l’exploitation de mon champ et les frais de déplacement, est minime par rapport à ce que je gagne », précise-t-il. Dans la même dynamique, Mamadou Dembélé pratique l’agriculture périurbaine depuis 2020. Il cultive de l’arachide et fait aussi le maraîchage. Ce natif de Koutiala regrette d’avoir investi dans un champ parce que, soutient-il, il n’y trouve pas son compte en retour. « Quand j’achetais mon champ, j’étais vraiment motivé pour contribuer à l’autosuffisance alimentaire. Après cinq ans d’activité, je me rends compte que c’est une entreprise très compliquée et moins rentable. Par mois, je peux dépenser 150 000 Fcfa pour le déplacement ainsi que pour la main d’oeuvre. Alors que je n’ai jamais fait une production de cette valeur, même après quatre mois d’activité », confie-t-il à l’AMAP. Le nouveau producteur envisage de s’engager dans un business différent de l’agriculture. Pour aider ces exploitants à faire face aux problèmes l’agriculture périurbaine et à défendre leurs intérêts, un collectif des acteurs a été créé en 2024 dans le but de collaborer avec l’État pour développer le secteur. Le trésorier général de la coopérative, Ousmane Sylla, explique que ce « collectif rassemble les agriculteurs, éleveurs et pisciculteurs pour favoriser le secteur afin que tout le monde puisse avoir satisfaction ». « Le but principal de cette association est, selon lui, de trouver une solution durable aux difficultés (problème de ressources humaines et de commercialisation). » Le regroupement compte collaborer avec l’État pour lutter contre l’insécurité alimentaire, notamment, en misant sur l’agriculture périurbaine. Contrairement à ces producteurs, d’autres affirment que l’agriculture pratiquée dans les environs de Bamako est une bonne affaire mais qui exige « un don de soi. » L’agriculture est une activité lucrative qui prend en compte plusieurs facteurs. « Lorsque vous vous engagez dans ce secteur, avec une volonté bien affichée, un projet bien établi, vous avez la possibilité d’y faire progresser rapidement votre entreprise agricole. Car, l’agriculture aujourd’hui, n’est plus de subsistance mais plutôt un business », explique Bréhima Sogoba. Ce journaliste, qui parvient à se tirer d’affaires est, lui-même, son propre manœuvre. « La difficulté dans l’agriculture, est la gestion des ressources humaines. Dans toute entreprise, lorsque vous avez des difficultés majeures liées à cette question, vous aurez du pain sur la planche. Cela freine la réussite de beaucoup de personnes dans ce domaine », dit-il. « En plus de la cherté du matériel ou des équipements agricoles, l’accès au financement est difficile », argumente notre confrère. Malgré l’existence des structures d’accompagnement, cet interlocuteur estime que l’accès au financement reste toujours limité. À ce propos, M. Sogoba accuse : « si certaines catégories de personnes continuent de bénéficier de fonds, les vrais acteurs n’en trouvent pas. » HUIT MILLIONS DE CHIFFRES D’AFFAIRES – Conscient qu’aujourd’hui, l’agriculture est l’une des activités les plus prometteuses, un commerçant qui a voulu garder l’anonymat, avoue avoir abandonné le commerce au profit de l’agriculture dans la périphérie de Bamako. « Avec un chiffre d’affaires de huit millions de Francs Cfa par campagne », cet entrepreneur de renom savoure son succès,
Bamako : La saison des mangues est ouverte
Par Makan SISSOKO Bamako, 12 mar (AMAP) Les mangues sont très appréciées des consommateurs pour leur saveur. D’où l’affluence autour des vendeurs et vendeuses des marchés et coins de rue que l’on observe a l’ouverture de la saison de ce fruit. Chaque année, lorsque la saison des mangues arrive, les marchés et les rues de la capitale prennent de nouvelles couleurs. Dès les premiers jours de la campagne de récolte, les étals sur les abords des routes se remplissent de ces fruits jaunes, verts ou rouges, agréable au regard comme au gouter. Un tour sur ces marchés improvisés, vous constaterez que la mangue, bien plus qu’un simple fruit, est au centre d’une véritable effervescence commerciale. L’ambiance du côté des vendeurs, acheteurs et transformateurs est particulière autour de ce fruit considéré comme l’or vert du Mali. À l’entrée du marché de Sabalibougou, quartier situé en Commune V de la capitale Bamako, il y a de l’agitation. Des paniers en plastique et des caisses en bois débordent de mangues fraîches, allant des variétés locales comme la «Kent» – particulièrement appréciée pour sa douceur et sa texture -, à la variété «Irwin» dont le nom vernaculaire est «Den bléni». « C’est déjà la saison des mangues et c’est ce que tout le monde attendait », assure Roukiayatou Diarra, une vendeuse de mangues dans un coin de rue. Assise sous un abri de fortune, elle regarde passer les clients, les saluant d’un geste amical. « Les mangues sont très bonnes cette année, il y en a pour tous les goûts et les prix sont relativement abordables », dit-elle pour séduire les clients. À ses côtés, un homme âgé vêtu d’un boubou blanc assorti d’un bonnet rougeâtre posé sur sa tête, trie les mangues dans un panier rempli avant d’acheter. « Maintenant, les mangues commencent à arriver sur le marché, mais les prix ne sont pas du tout abordables. Ici, à Bamako, la mangue n’est pas juste un fruit, elle fait partie de nos traditions », dit-il en souriant. Les mangues sont vendues non seulement sur les marchés, mais aussi aux abords des voies de grande circulation, là où les passants/clients peuvent facilement s’arrêter. Chaque coin de rue semble être propice pour les vendeurs, installés sous des parasols ou des bâches, pour proposer leurs produits à côté d’autres fruits très prisés en ce mois béni de Ramadan comme la banane, l’orange, le melon etc. « Nous sommes là depuis 6 heures du matin et les clients ne manquent pas », confie Moussa Traoré, un jeune vendeur qui dispose ses mangues sur le trottoir du quartier de Kalaban Coura, près du marché. « Les acheteurs viennent tous les jours, et certains arrivent même de loin, juste pour avoir de bonnes mangues », explique-t-il. DES PRIX VARIABLES – Les mangues de Moussa proviennent principalement de la Région de Koulikoro (près de Bamako). Le revendeur soutient qu’en début de campagne, c’est le coût du transport et la rareté du fruit qui expliquent la cherté du fruit sur le marché. « Ce qui fait qu’au-delà de l’ambiance qui se crée autour des étals, souvent certains clients viennent juste pour négocier les prix pour ensuite repartir sans rien acheter », dit-il. Ses prix varient entre 500 et 1 000 Fcfa le tas de 3 à 5 mangues et l’unité entre 200 et 300 Fcfa, voire 500 Fcfa en fonction des qualités. Aux abords de la route principale menant à l’aéroport international Président Modibo Keïta Sénou, les points de vente se multiplient. Là, la scène est plus cordiale. Un groupe de jeunes femmes installées sous un arbre, propose des mangues aux automobilistes et passants. Les clients sont nombreux, mais chacun semble prendre son temps pour discuter, échanger des recettes ou des astuces pour choisir la mangue parfaite. Cet endroit de la capitale est réputé pour la vente de fruits frais en toute saison de l’année. « Chez nous, en famille, dès que la mangue arrive, c’est la fête. À chaque descente de travail, les enfants n’attendent que ça à la maison », raconte Fatoumata, une mère de famille, habillée en tenue de sport qui vient de garer sa voiture. Elle espère que les récoltes seront excellentes cette année pour que les prix des mangues deviennent abordables. Ce qui constitue un point de discussions avec les acheteurs. « Pour le moment, les mangues sont plus chères cette année, contrairement aux autres années », fait savoir Bintou Diarra, une autre ménagère qui estime que la situation est consécutive à l’état d’approvisionnement du marché. Pour certains, cette hausse reste acceptable, car la mangue est une source de plaisir gustatif incontournable de la saison. « Le prix a augmenté, mais la qualité aussi. Il faut reconnaître que les mangues proposées à la vente sont récoltées sur l’arbre où elles ont subi un processus de mûrissement naturel. Et pour cela, les clients sont prêts à payer un peu plus », affirme un autre vendeur de la même place, tout en ajustant une pile de mangues. À mesure que la campagne progresse, la mangue continuera d’occuper une place prépondérante dans l’économie du pays. Au fil des jours, les rues de Bamako arboreront de couleurs vives de ce fruit juteux. Les mangues vendues actuellement proviennent essentiellement des localités de la Région de Koulikoro, de la Commune rurale du Mandé (Ouest) ainsi que de la Région de Sikasso (Sud). Des localités comme Siby, vers la frontière de la République de Guinée, sont particulièrement connues pour leur production précoce de mangues. Les premières mangues qui apparaissent sur le marché, dès début février, proviennent souvent de cette localité, située à environ 60 km de Bamako sur la route nationale RN5 et les localités environnantes (Bancoumana, Karan, Naréna, Samaya etc.) MS/MD (AMAP)

