Interdiction des points de vente improvisés : Le temps de l’incertitude pour les vendeurs de moutons
Par Jecolia DAKOUO & Makan SISSOKO Bamako, 05 juin (AMAP) À veille de la Tabaski, les vendeurs ambulants de moutons à Bamako peinent à écouler leurs animaux. Les clients se comptent sur les doigts de la main et l’interdiction de vente en ville tombe sur eux comme une chape de plomb. Jeudi dernier, vers 11 heures, au marché de Bozola communément appelé «Wonida», en Commune III de Bamako, l’ambiance est morose. Assis sur un triangle de béton, Mohamadou Coulibaly garde six moutons en main, deux autres couchés à ses pieds. Son compagnon, un petit bâton à la main, se repose à côté, près d’un poteau. Chaque jour, tous les deux quittent le quartier Sans-Fil en Commune II en espérant « écouler » leurs bêtes. Celui qui engrange plus de 20 ans d’exercice dans ce métier juge particulièrement difficile cette année. «Les clients n’ont pas d’argent, les moutons sont chers, leur alimentation aussi, et la marche nous épuise», se plaint Mohamadou Coulibaly. Vendeur ambulant quinquagénaire, il affirme vendre parfois toutes ses bêtes, mais il lui arrive aussi de rentrer sans rien avoir écoulé. Ses moutons viennent de Ségou à un prix de transport oscillant entre 2.500 et 3.000 Fcfa par tête. Il les revend entre 150.000 et 200.000 Fcfa, pour un bénéfice de 2.500 à 5.000 Fcfa par tête. Les animaux sont nourris avec des feuilles sèches ramassées au sol. Pour Mohamadou, cette activité est vitale. «J’ai entendu qu’on veut interdire la vente ambulante, mais je n’ai pas le choix. C’est ce métier qui fait vivre ma famille. Je me confie à Dieu», se résigne-t-il. Le même jour, Issa Coulibaly traverse le marché avec dix moutons. Il vient du même quartier que Mohamadou en direction de Tomikorobougou. Il confie que la vente en itinérance permet d’écouler plus vite les bêtes, même si elle est plus éprouvante. Vendeur depuis six ans, il achète ses moutons entre 100.000 et 300.000 Fcfa. Il s’inquiète lui aussi. «L’interdiction de la vente ambulante tombe mal, c’est bientôt la Tabaski. Il faut que je me batte pour nourrir ma famille». À Djelibougou, en Commune I de Bamako, au bord de la route, Issouf Traoré discute avec un collègue devant ses bêtes. «La mairie vient nous déranger tout le temps. Maintenant, ils nous demandent de quitter les abords de la route et parlent d’interdire la vente en ville», s’alarme celui qui semble ignorer la décision du gouverneur du District de Bamako. Éleveur depuis neuf ans, il achète ses bêtes à Mopti. Ses moutons coûtent entre 80.000 et 500.000 Fcfa. «Ce travail m’a permis d’être indépendant. Mais aujourd’hui, on nous prend pour des bandits», regrette-t-il. La mévente et la fatigue se lisent sur les visages des marchants ambulants. À Sabalibougou en Commune V du District de Bamako, trois jeunes garçons se promènent avec une dizaine de moutons à l’aide de bâtons. L’un d’eux explique que depuis deux jours, ils n’arrivent pas à écouler les animaux. «Les décisions de déguerpissement et l’interdiction de la vente improvisée ont fortement affecté le marché des moutons de cette fête. Et aussi, les gens n’ont pas d’argent pour acheter les moutons à cause de leur prix un peu élevé avec le coût du transport et de l’aliment bétail», déplore-t-il. Ajoutant craindre une possible interpellation par les autorités en se promenant par rapport à l’interdiction de la vente improvisée. Du côté des clients, la situation est tout aussi tendue. Mardi dernier, au petit marché de Nafadji, Ousmane Kanté, père de huit enfants, se dit dépassé. «L’année dernière, on trouvait des têtes à 50.000 Fcfa. Aujourd’hui, elles sont à 75.000 Fcfa et ce sont des petits moutons», explique-ce client. Il évite les points de vente fixes, à cause des intermédiaires qui gonflent les prix. Ouvrier du bâtiment, il espérait acheter au village, mais faute de moyens, il n’a rien pu ramener. «Jusqu’à présent, je n’ai pas acheté de mouton», regrette-t-il. JD/MS/MD (AMAP)
Mali : L’orpaillage suspendu du 15 juin au 30 septembre 2025 (Ministre des Mines)
Bamako, 2 juin (AMAP) Le ministre des Mines, Amadou Keïta, a annoncé, jeudi 29 mai 2025, la suspension des activités d’orpaillage sur l’ensemble du territoire malien, du 15 juin au 30 septembre 2025, conformément à l’Arrêté interministériel du 1er juillet 2015. Dans un communiqué officiel, rendu public le 3 juin 2025 sur la page Facebook du ministère, M. Keita a appelé les autorités administratives des districts miniers, les chefferies coutumières, les organisations de presse et les exploitants des localités concernées « à collaborer pour assurer le respect strict de cette disposition pendant la période indiquée. » OS/MD (AMAP)
Cercle de Kangaba : Mission de l’ANPE pour la mise en œuvre de l’intermédiation et de promotion de l’auto emploi
Kangaba, 02 juin (AMAP) Une mission de la Direction régionale de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi (ANPE) de Koulikoro, conduite par son Directeur, Ibrahima Garango, a effectué une visite de terrain et de prospection dans la Commune rurale de Nouga, dans le Cercle de Kangaba (Ouest), dans le cadre de la mise en œuvre des activités de l’intermédiation et de promotion de l’auto emploi du Plan de travail annuel 2025 de la Direction régionale de l’ANPE. Accompagné par ses chefs de service de l’intermédiation et de la promotion de l’emploi, le Directeur régional s’est rendu, précisément à Samaya et Niaouléni, sur la rive droite du fleuve Niger et à Banankoro sur le site minier de la société minière de Bagama Mining. situé sur la rive droite. A Samaya et à Niaouléni, deux localités d’orpaillage par excellence, les visiteurs ont échangé avec les autorités locales et les orpailleurs sur leurs outils de travail, les offres de services, le mécanisme de financement des projets, les revenus et les difficultés. A Banankoro, sur le site minier de Bagama Mining, le Directeur régional et sa suite ont été reçus par le chef des Ressources humaines de l’entreprise. Les échanges ont porté sur l’immatriculation des employés de la mine, le partage d’informations relatives au recrutement et les propositions sur un éventuel accompagnement dans la réalisation d’Activités génératrice de revenus (AGR) au profit des femmes et des jeunes. En organisant cette visite de prospection dans le Cercle de Kangaba, la Direction régionale de l’ANPE de Koulikoro souhaite reprendre la main dans le dispositif de l’intermédiation dans la Région. Il s’est agi de faire connaître d’avantage l’ANPE et ses missions, d’identifier et recenser les besoins des entreprises en vue de leur satisfaction, d’acquérir des offres d’emploi au profit des demandeurs d’emploi, de convaincre les entreprises sur les assises juridiques et administratives de l’intermédiation des travailleurs de l’ANPE, de communiquer sur les offres de services de l’ANPE et d’expliquer l’importance des statistiques sur l’aide à la prise de décision par les autorités compétentes. A l’issue de la visite de prospection le chef de mission et sa suite se sont dit pleinement satisfait. Selon M. Garango, cette mission a permis aux structures visitées de mieux comprendre la nouvelle vision de la Direction régionale de l’ANPE, de créer un nouveau partenariat entre l’ANPE et les entreprises nouvellement créées. Elle a permis, aussi, de pérenniser les liens de bonne collaboration avec les entreprises déjà existantes, d’identifier les différentes entreprises de la localité, d’échanger avec différents promoteurs sur leurs besoins en formation, en main d’œuvre et éventuellement en stagiaires. SD/MD (AMAP)
L’OCLEI : 63 dossiers de corruption sur un total de 100, représentant un montant de 32 milliards de francs CFA (Président de l’Office)
Bamako, 31 mai (AMAP) L’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI a traité 63 dossiers de corruption sur un total de 100, représentant un montant de 32 milliards de francs CFA, ainsi que l’identification de 500 biens immobiliers liés à une quarantaine de personnes, a révélé, vendredi, son président, Moumouni Guindo, rapporte la Cellule de communication de la Primature. En fin de mandat, M. Guindo a présenté son rapport au Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga, au cours d’une audience pendant laquelle, le président de l’OCLEI a exprimé sa « reconnaissance aux autorités de la Transition » et ses remerciements au Premier ministre pour son « accompagnement et (sa) solidarité à l’égard des activités de l’Office. » Pendant huit ans, l’équipe a œuvré à la promotion de l’OCLEI. « Nous l’avons structuré, doté d’outils pour œuvrer à la prévention de l’enrichissement illicite. Nous avons entrepris des investigations et développé la coopération aux niveaux national et international », a affirmé le président de l’OCLEI. Dans sa présentation, Moumouni Guindo, a fait noter l’implication de toutes les couches de la nation, notamment les confessions religieuses, les jeunes à travers des centres et des clubs. Au niveau opérationnel, l’OCLEI « a mené des actions de sensibilisation, organisé des conférences, et conduit des campagnes médiatiques. » L’Office a également participé, activement, à l’élaboration de la Constitution du 22 juillet 2023. Sur le plan international, l’OCLEI a porté la voix du Mali en signant des protocoles d’accord avec douze pays, dans le but de contrôler les investissements à l’étranger issus de l’enrichissement illicite au Mali. Il a également mobilisé des ressources extérieures à hauteur de 15 milliards de francs CFA, au bénéfice des services de l’État. Il a conduit sept études et a traité 2 000 déclarations de biens, contre seulement 43 avant la création de la structure, dans le cadre d’un protocole d’accord établi avec la Cour suprême. En termes de difficultés, le président de l’Office a relevé l’absence du terme « corruption » dans son intitulé, dans les textes fondateurs de l’OCLEI. Il a recommandé une harmonisation avec les normes internationales, afin d’élargir le champ d’action de l’OCLEI, notamment vers le secteur privé. Le Premier ministre, en réponse, a assuré que « la lutte contre l’enrichissement illicite demeure une priorité dans la lettre de cadrage » du président de la Transition. Il a félicité le président de l’OCLEI pour son bilan qu’il a qualifié d’« élogieux ». Il a, également, formulé ses « remerciements pour le travail accompli au service de la Nation. » OS/MD (AMAP)
Istanbul : Deuxième Sommet mondial de l’économie islamique
Istanbul, 31 mai (AMAP) Les travaux du 2e Sommet mondial de l’économie islamique, organisé par le Forum Al Baraka sur trois jours, ont débuté vendredi, à Istanbul, en Turkiye et se poursuivront jusqu’à ce dimanche, rapporte, l’Union des agences de presse de l’Organisation de la coopération islamique. L’événement se tient en présence du président turc Recep Tayyip Erdoğan, avec la participation d’un groupe d’élites, de penseurs économiques et de personnalités intellectuelles et économiques de renom venus de divers pays du monde. « Les grandes capitales du monde arabe et islamique connaissent une dynamique de développement remarquable, reflétant une évolution institutionnelle et une véritable volonté de contribuer à la construction de l’avenir de l’économie mondiale, à travers un modèle alliant valeurs et efficacité », a affirmé, dans son discours d’ouverture, le président du Conseil des fiduciaires du Forum Al Baraka pour l’économie islamique, Abdullah Saleh Kamel. Il a souligné que les mutations économiques observées dans de nombreux pays arabes illustrent » la capacité des capitales du monde islamique à adopter un modèle économique moderne, fondé sur des principes solides et proposant des solutions concrètes aux défis du développement et de la stabilité financière. » M. Kamel a ajouté que « l’économie islamique ne représente pas une simple alternative théorique, mais constitue un système financier intégré ayant prouvé son efficacité dans les domaines du financement et de l’investissement, grâce à des outils tels que le waqf, la zakât, le takaful et les sukuk, qui peuvent être activés dans des cadres réglementaires modernes et responsables. » Il a poursuivi, en affirmant que « le monde islamique dispose de richesses humaines, de ressources naturelles et de bases intellectuelles lui permettant de bâtir un modèle économique compétitif. » Il a insisté sur le fait que la prochaine étape exige un élargissement des partenariats entre les pays, les institutions et les sociétés, ainsi qu’une transformation des expériences réussies en modèles évolutifs à l’échelle internationale. La vision de M. Abdullah Saleh Kamel traduit un engagement stratégique en faveur de la conduite d’un mouvement économique global, en harmonie avec les exigences de l’époque tout en préservant ses racines éthiques, positionnant ainsi le monde islamique sur la voie du leadership dans l’économie mondiale contemporaine. À noter que le Forum Al Baraka pour l’économie islamique est une plateforme intellectuelle indépendante à but non lucratif, dont les premières rencontres ont été organisées à Médine en 1981. Le forum vise, depuis la tenue de ses réunions annuelles, à rassembler les experts et les décideurs pour développer une vision globale de l’économie islamique, enrichir la recherche et renforcer l’infrastructure du savoir dans ce domaine. HA/MD (AMAP)
Diéma : Des moutons hors de prix !
Par Ouka BA AMAP Diéma, 30 mai (AMAP) La fête de Tabaski se tiendra, cette année, dans un contexte économique et sécuritaire difficile. A Diema, les prix des moutons dépassent largement les bourses. Les moutons coûtent excessivement cher dans cette partie de la Bande sahélienne où l’élevage est en pleine expansion, malgré les cycles de sécheresse répétés, liés généralement à l’insuffisance et la mauvaise répartition des pluies dans l’espace et dans le temps. Aujourd’hui, à Diéma, pour se procurer un bélier moyen, il faut débourser jusqu’à 110 000 Fcfa voire plus ! La question qui taraude tous les esprits est de savoir ce qui a occasionné la flambée des prix des moutons dans le Kaarta cette année. A propos, plusieurs raisons sont avancées. Certains pensent que les commerçants sénégalais n’étant pas venus cette année pour se ravitailler, on ne peut parler de rareté des moutons sur les marchés. De l’avis général, les causes sont liées à la cherté de la vie et, surtout, à l’insécurité qui sévit dans la zone. Ce qui empêche beaucoup d’éleveurs ont peur de conduire leur troupeau sur des marchés sous la menace terroriste. DE LA CUPIDITE – Sur la place occupée par les marchands de moutons, au Razel, juxtaposée à l’emplacement de compagnies de transport, se déroulent, du lever au coucher du soleil, des transactions. Vendeurs, acheteurs, revendeurs et coxeurs, chacun y trouve son compte. On y assiste, quotidiennement, à un véritable tohu-bohu. En provenance de Tinkaré, Dioby Macoulmack, est à la recherche d’un client pour son bélier qu’il désire vendre à 160 000 Fcfa, un prix non négociable, d’après lui. Avec ses cinq béliers corpulents, aux cornes pointues, Lassana Konaté, espère tirer de son mouton la faramineuse somme de 750 000 Fcfa. Il s’arme de patience pour attendre les clients les plus audacieux. Le revendeur Adama Boly, n’est pas avide d’argent. S’il parvient à gagner sur chaque mouton un bénéfice de 1 000 Fcfa, cela est suffisant. A en croire, Bassékou Gambi, venu de Koromba Kouroumba, il existe toutes sortes de prix. Il suffit d’avoir un peu d’argent pour obtenir un mouton qui répond aux critères de l’animal de sacrifice. Mamadou Diallo, éleveur, a fait un tour au Sénégal pour écouler ses moutons. En ce moment, il est venu aider son ami dans la vente. Gaoussou Diarra, domicilié à Fangouné Massassi, s’est déplacé personnellement, malgré son âge avancé, pour venir acheter des béliers pour sa famille. Il trouve que les enfants sont souvent inexpérimentés dans le marchandage. De l’imprudence chez Samba Traoré, qui dit attendre le jour même de la fête, juste avant la prière collective, pour chercher un mouton. « Car, explique-t-il, le visage décrispé, cela trouvera que tout le monde a eu son mouton. » « Alors certains marchands bazardent leurs troupeaux », espère-t-il. DE LA MODESTIE – N’ayant pas assez d’argent pour se procurer un bélier, un homme qui préfère garder l’anonymat, vient d’acheter une chèvre de 6 mois à 25 000 Fcfa, qu’il compte immoler le jour de la fête. Que dire de cet autre, qui laisse sa brebis pour chercher un bélier, afin de répondre à une exigence des membres de sa famille. Mahamadou Sissoko, releveur de compteurs Energie du Mali (EDM), est obligé d’acheter, cette année, son mouton de Tabaski. Durant les années antérieures, il pratiquait l’élevage. Son activité avait beaucoup prospéré. Mais, par la suite, une maladie a décimé son troupeau. Interrogé sur le sujet, le chef du service local des productions et des industries animales, Oumar Maïga, a indiqué que c’est de la pure surenchère. Il rapporte que le fait que beaucoup de gens soient impliqués dans le circuit (vendeurs, acheteurs, revendeurs, coxeurs), forcément les prix des moutons prennent l’ascenseur, « car chacun veut en tirer profit. » « Dans cette affaire, poursuit-il, ce sont généralement les propriétaires d’animaux qui sont les grands perdants. » Il a aussi évoqué le problème d’insécurité, qui rend souvent difficile l’approvisionnement des différents marchés. Le service local des productions et des industries animales assure correctement les rôles, qui lui incombent, afin de parvenir à une bien meilleure promotion de ce secteur dans le Cercle de Diéma. OB/MD (AMAP)
Kangaba : Consultation publique autour du projet minier de Jin Yuan SARL à Diourka-nord
Kangaba, 30 mai (AMAP) Une consultation publique sur l’Étude d’I]impacts environnemental et social (EIES) du projet d’exploitation de la petite mine d’or de la société Jin Yuan SARL s’est tenue, jeudi 29 mai 2025, dans la salle de délibération de la mairie de Banankoro, chef-lieu de la Commune rurale de Nouga, cercle de Kangaba. Présidée par le 2e adjoint au préfet, Drissa Konaré, la rencontre a réuni des représentants des villages de Danga et Tombola, ainsi que des autorités traditionnelles et des forces vives. « Cette consultation vise à garantir que le projet respecte les normes environnementales et sociales, tout en impliquant les communautés locales », a déclaré M. Drissa Konaré, soulignant l’importance de la transparence dans ce processus. Pour se conformer à la réglementation, Jin Yuan SARL a mandaté un consultant indépendant, Tiémoko Coulibaly, spécialiste en évaluation environnementale. « Notre objectif est d’identifier et d’évaluer les impacts positifs et négatifs du projet sur l’environnement et les populations », a expliqué M. Coulibaly. Il a détaillé les ambitions de la société, qui incluent la recherche et l’exploitation minière, le commerce général, l’import-export et le BTP. L’EIES vise à prévenir la dégradation de l’environnement, à intégrer les enjeux climatiques et à réduire les impacts négatifs des activités minières. « Nous voulons optimiser l’équilibre entre développement économique, social, culturel et environnemental, tout en associant les populations à chaque étape du projet », a ajouté le consultant. Un programme de suivi et de gestion environnementale et sociale sera également élaboré pour accompagner l’exploitation de la mine, qui couvre une superficie de 25 km² à Diourka-nord. En clôture, le 2ème adjoint au préfet a exhorté les communautés à cultiver l’entente et la solidarité pour maximiser les bénéfices du projet. « Cette mine peut être une opportunité pour le développement local si nous travaillons ensemble », a-t-il conclu. SD/OS/MD (AMAP)
Le nouveau président de la BAD, Sidi Ould Tah, engage l’institution au travail
Bamako, 30 mai (AMAP) Le nouveau président de la Banque africaine de développement (BAD), Sidi Ould Tah, après son élection, jeudi 29 mai 2025, a engagé au travail l’équipe de l’institution de financement panafricain du develoeppemrnt face aux défis du continent, rapporte l’agence de presse Apanews. Figure du développement économique et financier en Afrique, le Mauritanien Sidi Ould Tah a été élu, au troisième tour de scrutin, avec 76,18 % des voix dont 72,37% de suffrages pour les membres régionaux, devant le Zambien Samuel Munzele (20,26%) et le Sénégalais Amadou Hott (3,55%). Il succède au Nigérian Akinwumi Adesina, devenant ainsi le 9ᵉ président de l’institution panafricaine pour un mandat de cinq ans. Face à quatre autres candidats du continent, Sidi Ould Tah s’est imposé par son expérience et sa vision stratégique. Ancien ministre mauritanien des Affaires économiques et du Développement, il dirigeait jusqu’ici la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), un poste dans lequel il a consolidé sa réputation de fin gestionnaire et de fervent défenseur de l’intégration économique africaine. Avec plus de 30 ans d’expériences dans les finances publiques, l’économie, le développement rural, la coopération internationale et le développement, son élection intervient dans un contexte où la BAD est attendue sur plusieurs fronts à savoir, le financement des infrastructures, la lutte contre le changement climatique, le soutien à la souveraineté alimentaire, et la mobilisation de ressources pour les économies en transition. Le nouveau président devra également maintenir la crédibilité de la banque sur les marchés internationaux, tout en renforçant son ancrage auprès des pays membres régionaux. Depuis 2015, il est à la tête de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), qu’il a profondément réformée pour en faire un acteur clé de l’architecture financière du continent Âgé de 60 ans, Sidi Ould Tah succède au Nigérian Akinwumi Adesina. Son élection a été saluée par de nombreux chefs d’État et dirigeants africains comme un choix de continuité et d’efficacité. Sidi Ould Tah a remercié le président mauritanien, Mohamed Ould El-Ghazouani, qui a porté sa candidature et « fourni des efforts inlassables » pour son élection, ainsi que tous ses « frères et sœurs Mauritaniens » et « Africains pour l’élan de solidarité » qui a accompagné sa campagne, « Je voudrais faire une mention spéciale pour ma team qui a fait un travail remarquable, depuis le début jusqu’à la fin », a-t-il affirmé, sous des salves d’applaudissements, les appelant à trouver ici l’expression de sa profonde reconnaissance. « J’ai le devoir aussi de remercier tous ceux qui ont appuyé ma candidature de près ou de loin que je ne pourrais tous citer dans ces circonstances. Mettons-nous au travail, je suis prêt », a déclaré le nouveau président de la BAD. LES DEFIS DE LA CROISSANCE – Sidi Ould Tah prend les rênes de la BAD dans un contexte mondial, où les conflits, l’intensification des phénomènes climatiques, le resserrement des commissions financières, la baisse de l’aide publique au développement ainsi que les tensions commerciales contribuent à créer un environnement instable. Ces évolutions risquent de fragiliser davantage les pays en développement et particulièrement les économies africaines en accentuant les pressions inflationnistes et les risques de surendettement, les déséquilibres macro-économiques, et l’injustice sociale. Dans ce contexte délicat, les perspectives économiques mondiales restent modestes et incertaines, tandis que celles de l’Afrique, en légère amélioration demeurent insuffisantes pour répondre aux besoins de transformation du continent. UN ECONOMISTE CHEVRONNE – Le parcours académique de Sidi Ould Tah témoigne de son attachement à la rigueur scientifique et à l’expertise technique. Il est titulaire d’un doctorat en économie du développement de l’Université de Nice-Sophia Antipolis (France), d’un diplôme d’ingénieur agronome de l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II de Rabat (Maroc), ainsi que d’un diplôme de troisième cycle en gestion de projets de l’Université Paris-Dauphine (France). Ce triptyque formation – agriculture, gestion de projets, économie est le reflet d’un profil polyvalent, apte à comprendre les enjeux multisectoriels du développement africain, des plus locaux aux plus globaux. Avant de diriger la BADEA, Sidi Ould Tah a occupé plusieurs postes de responsabilité au sein de l’État mauritanien, notamment ministre de l’Agriculture puis ministre de l’Économie et du développement rural. Il a été conseiller économique du Premier ministre et du président de la République. Directeur général de plusieurs institutions nationales, en charge de la planification et du financement du développement rural, il s’est illustré par sa capacité à concevoir et à mettre en œuvre des politiques publiques axées sur la transformation structurelle, la sécurité alimentaire et la lutte contre la pauvreté. Depuis sa nomination à la BADEA en 2015, Sidi Ould Tah a insufflé une dynamique nouvelle à cette institution panafricaine créée par les pays membres de la Ligue arabe pour soutenir le développement en Afrique subsaharienne. Son bilan est marqué par : Il a opéré une augmentation significative des engagements financiers de la banque avec la mise en œuvre d’un nouveau plan stratégique (2020–2030) aligné sur les Objectifs de développement durable (ODD) et l’Agenda 2063 de l’Union africaine, Sous sa direction, la BADEA est devenue un partenaire stratégique des États africains et des institutions continentales, grâce à une approche fondée sur le respect de la souveraineté, la solidarité Sud-Sud et l’efficacité dans l’action. VISION ET AMBITIONS – Sidi Ould Tah porte une vision claire et ambitieuse pour la Banque africaine de développement : faire de la BAD une institution encore plus proche des États, plus agile, plus innovante et pleinement alignée sur les priorités des Africains. Sa candidature s’appuie sur des convictions fortes : l’urgence d’accélérer l’industrialisation du continent, le renforcement des infrastructures de base et le soutien massif au secteur privé, et l’approfondissement de l’intégration régionale. Homme de consensus et de dialogue, il sait conjuguer rigueur technocratique et sens politique. Parfaitement trilingue (arabe, français, anglais), il incarne cette nouvelle génération de dirigeants africains, capables de bâtir des passerelles entre les différentes régions du continent et avec les partenaires du Sud comme du Nord. Le nouveau président de la BAD, Sidi Ould Tah, est le 9e président de l’institution financière panafricaine. Il succède au Nigérian Akinwumi Adesina qui a fait deux
Le Mali mise la coopération public-privé pour stimuler l’économie et répondre aux besoins fondamentaux
Bamako, 29 mai (AMAP) Le Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga, a présidé, ce jeudi, à la Primature, la sixième réunion mensuelle de concertation entre les secteurs public et privé dont il a souligné l’importance pour répondre aux préoccupations des acteurs économiques et sociaux, a constaté l’AMAP. « Notre objectif est de nouer un partenariat fécond entre les secteurs public et privé pour une prise en charge effective des préoccupations de chaque partie prenante », a déclaré le Chef du gouvernement. Le Premier ministre a salué l’engagement des participants, notant que leur présence massive témoigne de « l’intérêt grandissant pour la nouvelle dynamique créée ». Cette rencontre, visant à consolider le partenariat pour le développement économique et social du Mali, a permis d’évaluer les avancées des plans d’action et d’aborder les défis structurels, notamment en matière d’investissement et d’infrastructures. Depuis sa création, ce cadre a permis des avancées significatives : sept des quatorze mesures du plan d’action pour les besoins fondamentaux des populations sont exécutées, quatre sont en cours, et trois restent en attente. Par ailleurs, un plan de réformes structurelles de l’économie a été adopté, et les préoccupations du secteur privé sont prises en compte par les ministères concernés. PRIORITES AUX BESOINS ET A LA CROISSANCE ECONOMIQUE – Le général Maïga a appelé à maintenir cette dynamique pour atteindre les objectifs fixés par le président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, notamment dans la satisfaction des besoins élémentaires et l’apaisement du climat social. « Je vous exhorte à un examen approfondi et à des débats ouverts, dans un esprit de fraternité et de respect mutuel », a-t-il insisté, soulignant l’importance d’une croissance économique durable et réductrice de pauvreté. Le Premier ministre a également réitéré l’appel aux acteurs du secteur privé pour garantir l’approvisionnement en denrées de première nécessité, en intrants agricoles de qualité, et pour faciliter la libre circulation des personnes et des biens au sein de la Confédération des États de l’AES. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a mis en lumière les obstacles à l’investissement, notamment les coûts élevés de l’électricité et les insuffisances des infrastructures de base. « Le coût de l’électricité explose les charges d’exploitation des usines, qui fonctionnent souvent sur des groupes électrogènes », a-t-il expliqué. Il a illustré ses propos par l’exemple du secteur du ciment, où ramener le prix de la tonne en dessous de 90 000 Fcfa mettrait en péril les unités de production.« Sans infrastructures de base et des réformes structurelles, il sera très compliqué d’attirer les investissements », a-t-il ajouté. Moassadeck Bally, président du Conseil national du patronat malien (CNPM), a abondé dans ce sens, pointant le manque d’énergie comme un frein majeur. « Certains investisseurs, comme Diamond Ciment Mali, passent au solaire, mais les fours à clinker ne peuvent pas fonctionner ainsi », a-t-il déclaré, exprimant ses doutes sur une baisse des prix du ciment face à ces contraintes. Le ministre Diallo a insisté sur la nécessité de réformes structurelles pour améliorer le climat des affaires, renforcer la base productive et favoriser les investissements. « Ces réformes, proposées par le secteur privé et intégrées dans une matrice, permettront de consolider l’économie pour une émergence du Mali dans les cinq à dix prochaines années », a-t-il affirmé. Il a également évoqué des mesures souveraines, comme l’interdiction d’exporter certaines matières premières agricoles (arachides, soja, sésame) pour garantir leur disponibilité aux industries locales. Le Premier ministre a conclu en saluant l’adoption unanime par le Conseil national de Transition du Plan d’action du gouvernement 2025-2026. OS/MD (AMAP)
Mali Digital Awards 2025 : C’est parti pour la fête du numérique au cœur du développement
Bamako, 29 mai (AMAP) La 5ᵉ édition des Mali Digital Awards (MDA) a commencé, jeudi, sous le thème : « Transformation digitale et industrialisation inclusive : Le Pari de l’Afrique », après l’ouverture officielle par le Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga, a annoncé la Cellule de communication de la Primature. « Les Mali Digital Awards constituent un levier de développement économique, d’autonomisation des jeunes et d’insertion professionnelle dans un monde en perpétuel changement », a déclaré Ada Ouologueme, coordinatrice de l’événement. Elle a souligné que les MDA récompensent les Maliens dont l’engagement contribue à l’essor du numérique dans le pays. Pendant trois jours, des conférences, ateliers et débats exploreront des thématiques clés telles que le financement des entreprises numériques, l’intégration des jeunes femmes dans le secteur, l’intelligence artificielle appliquée à la santé, la cybersécurité et le développement web. Dans son allocution, le Premier ministre a affirmé : « Le numérique est un levier de transformation, d’inclusion et de souveraineté pour notre pays. » Il a rappelé l’engagement du président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, qui, le 22 juin 2024, à Sikasso, a déclaré : « La digitalisation de l’Administration publique est un vecteur essentiel de développement et de modernisation des services publics. » Cette vision s’est concrétisée avec le lancement, le 19 juillet 2024, de la digitalisation des moyens de paiement de l’État. « Cette initiative envoie un signal fort à la jeunesse malienne, à notre diaspora et au monde : le Mali est debout, tourné vers l’avenir et prêt à jouer sa partition dans l’Afrique digitale », a ajouté le chef du gouvernement. Il a encouragé les initiateurs à transformer leurs idées en solutions concrètes. « Nous continuerons à investir dans l’infrastructure numérique, à soutenir les écosystèmes d’innovation, à renforcer les compétences digitales des jeunes et à simplifier l’environnement des affaires pour les start-up et entrepreneurs technologiques », a promis Abdoulaye Maiga. Le Premier ministre et le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration ont été distingués pour leur engagement en faveur du numérique au Mali. OS/MD (AMAP)

