Assurances : Deux séminaires au profit des cadres des sociétés d’assurance de la zone CIMA

Bamako, le 16 juin (AMAP) La Compagnie commune de réassurance des États membres (CICA-RE) de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA)) organise, à Bamako, au Mali, ce lundi 16 juin 2025, deux séminaires destinés aux cadres des sociétés d’assurance de la zone CIMA et des administrations de contrôle des assurances dans les États membres, a constaté l’AMAP sur place. Ces rencontres (le séminaire non vie et le séminaire vie), interviennent en prélude à la 43e Assemblée générale, dans la capitale malienne, le 20 juin 2025. Le premier, qui porte sur la  « Couverture des violences politiques et terrorisme, et gestion des cessions légales est suffisamment évocateur. Le Directeur des assurances du Mali, Allaye Karembé, a rappelé que notre pays, à l’instar d’autres en Afrique, « est victime d’une guerre imposée qui se traduit, le plus souvent, par des morts d’hommes et la destruction de biens matériels individuels et collectifs ». D’où, selon lui, la nécessité de promouvoir des initiatives comme ce séminaire qui comprend non seulement les risques liés aux violences engendrées par le terrorisme. Mais, aussi, de maîtriser les conditions d’assurance de ces risques, en vue de proposer des couvertures d’assurance adaptées aux besoins des assurés. Le thème séminaire vie, intitulé : « Pratique de la réassurance vie », se révèle également d’une importance capitale aux yeux des organisateurs. « Il ressort que les concepts de base en réassurance vie, les fondements des Traités de réassurance vie, la mise en cause des cessions légales et la gestion des Affaires facultatives ne sont pas suffisamment maîtrisés par tous les acteurs de nos marchés », a fait noter Allaye Karembé. Il a ajouté que la formation permanente des cadres des entreprises permet d’accroître en continu leur performance et de les adapter à un environnement évolutif et exigeant. Selon le Directeur général de la CICA-RE, Karim Diarassouba, la structure interafricaine vise le renforcement des capacités techniques des compagnies d’assurances sur un marché en pleine mutation. « En mettant l’accent sur le volet pratique de la formation, il permettra aux participants d’acquérir des outils concrets pour mieux structurer la gestion de leur programme de réassurance et de gérer plus efficacement les risques associés », a indiqué le M. Diarassouba. OD/MD (AMAP)

Atelier RéZo : La coopération transfrontalière en ligne de mire

Kayes, 15 juin (AMAP) L’atelier régional de présentation et de planification du programme « Renforcement de la résilience des zones frontalières (RéZo) » au Mali et au Sénégal, et la Guinée, tenu à Kayes, du 12 au 14 juin 2025, a recommandé le renforcement de la coordination et de la synergie entre les composantes et les acteurs. Les participants ont aussi recommandé, entre autres, une agriculture durable, le développement des chaînes de valeur et la promotion de l’entrepreneuriat vert afin de privilégier des activités génératrices de revenus durables et adaptées au climat. L’accent est aussi mis sur la maximisation de l’impact de la coopération transfrontalière, notamment le soutien aux Groupements locaux de coopération transfrontalières (GLCT), l’identification et la promotion des projets transfrontaliers concrets et l’harmonisation des cadres règlementaires. Sur un autre plan, l’atelier mise, également, sur un suivi-évaluation rigoureux et adaptatif pour définir des indicateurs clairs et mesurables, mettre en place un système de collecte de données robuste, réaliser des évaluations intermédiaires et finales et favoriser l’apprentissage continu. La session était organisée par le Programme RéZo, en partenariat avec les structures nationales en charge de la gestion des frontières du Mali et du Sénégal, grâce au soutien de l’Union européenne (UE) et de la Coopération allemande à travers le GIZ. Cette session avait pour objectif de renforcer la résilience socio-économique des communautés transfrontalières du Mali, du Sénégal et de la Guinée et de soutenir le développement dans les zones concernées et de renforcer la coopération transfrontalière.      Pendant trois jours, les participants, venus de Bamako, des cercles d’Ambidédi et de Sadiola, ainsi que des délégations de la Région de Tambacounda (Sénégal), ont suivi des exposés sur le programme ; le renforcement de la disponibilité des services économiques de base et l’amélioration des opportunités de dialogue social et la disponibilité des services sociaux de base. Les cérémonies d’ouverture et de clôture ont eu lieu dans la salle de conférence du Gouvernorat, sous la présidence du général de brigade Moussa Soumaré, gouverneur de la Région de Kayes, en présence de son homologue sénégalais Guédj Diouf, gouverneur de la Région de Tambacounda, frontalière de la 1ère région administrative du Mali. Cet atelier a permis, non seulement de faire l’état des lieux, mais aussi d’identifier les activités à mener pour l’atteinte des objectifs du programme, ainsi que les acteurs et les outils nécessaires pour les mettre en œuvre. Ce processus participatif est fondamental pour garantir une appropriation collective du projet et en assurer la durabilité. « Les défis sont certes nombreux, mais avec une coordination efficace, une synergie entre les acteurs, et surtout une implication continue des collectivités territoriales et des communautés de base, nous pouvons relever ces défis ensemble », a declaré le chef de l’exécutif régional de Kayes Selon lui, « Il est impératif de mutualiser nos efforts afin de développer des synergies entre les différents acteurs de part et d’autre des frontières pour renforcer la gouvernance, la cohésion sociale et le développement économique de nos territoires frontaliers », Il s’est réjoui du fait que les travaux de cet atelier aient débouché sur une stratégie cohérente pouvant amener nos trois pays à faire de nos zones frontalières un havre de paix, de coexistence pacifique, d’entraide et de développement durable. De son côté, son homologue sénégalais, Guédj Diouf, a mis en exergue les défis multidimensionnels (changement climatique, sécurité alimentaire) dont font face nos deux peuples. S’exprimant au nom des structures nationales chargées de la gestion des frontières entre nos deux pays, Mahamadou Koné de la Direction générale des frontières du Mali, s’est réjoui des résultats atteints et a insisté sur une mise en œuvre du plan d’opération. Quant à Katrin Gerhard, chef composante du projet RéZo, celle-ci a insisté sur la nécessité de traduire les objectifs et programmes en actions concrètes adaptées aux réalités de nos territoires. BMS/MD (AMAP)  

Mali : Le FMI salue la résilience économique et soutient la Vision 2063 (Communiqué)

Bamako, 15 juin (AMAP) L’économie malienne affiche une résilience face à des défis multiples, avec une croissance estimée à 4,7 % en 2024, selon le Fonds monétaire international (FMI), à l’issue de sa mission de consultation, menée du 9 au 13 juin 2025 à Bamako. « L’économie malienne a fait preuve d’une certaine résilience, malgré les crises auxquelles le pays fait face », a déclaré Mme Wenjie Chen, cheffe de la mission du FMI citée par un communiqué de l’institution. Malgré l’insécurité alimentaire, les menaces sécuritaires, les chocs climatiques et les contraintes de financement extérieur, le Mali maintient une trajectoire économique positive, selon même source. La croissance du Produit intérieur brut (PIB) réel devrait atteindre 5,0 % en 2025 et 5,4 % en 2026, sous réserve d’une reprise des activités minières. Le déficit budgétaire, ramené à 2,6 % du PIB en 2024 grâce à une forte mobilisation des recettes et une maîtrise des dépenses, devrait toutefois atteindre 3,4 % en 2025, en raison des dépenses liées aux inondations. Les autorités maliennes ont réaffirmé leur engagement à maintenir le déficit budgétaire autour de 3 %, conformément aux objectifs de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). « La politique budgétaire devrait donner la priorité à la viabilité des finances publiques », a souligné Mme Chen, insistant sur l’élargissement de l’assiette fiscale, notamment dans le secteur minier et l’amélioration de l’efficience des dépenses. Le FMI a salué la Vision 2063 et la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD) 2024-2033, un plan ambitieux pour une croissance inclusive. Son succès repose sur des politiques macroéconomiques saines et des réformes structurelles, notamment en matière de gouvernance budgétaire et de surveillance des entreprises publiques, comme Énergie du Mali. « Renforcer les cadres réglementaires transparents est essentiel pour attirer l’investissement étranger », a ajouté Mme Chen dont la mission du FMI a rencontré le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, le ministre de la Justice, Mamoudou Kassogué, le directeur national de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO, Baréma Bocoum, ainsi que des cadres ministériels, des partenaires au développement et le secteur privé. OS/MD (AMAP)

Mali : Soutien du Royaume d’Espagne aux personnes vulnérables à travers le PAM

Bamako, 12 juin (AMAP) Le Royaume d’Espagne a remis au Programme alimentaire mondial (PAM), ce jeudi à Bamako, un chèque de 3 millions d’Euros, soit 1 967 871 000 de Fcfa, destinés à aider plus de 65 000 personnes, les plus vulnérables à l’insécurité alimentaire a trvaers le Mali, , a constaté l’AMAP. Cette nouvelle contribution, selon les organisateurs de la cérémonie de remise, « permet d’apporter une aide alimentaire et nutritionnelle vitale à des milliers de personnes vulnérables à travers le Mali ». Dans cette dynamique, le ministre commissaire à la Sécurité alimentaire, Redouwane Ag Mohamed Ali, a souligné que le PAM, dans « le cadre de sa Réponse intégrée aux crises alimentaires et nutritionnelles, utilisera judicieusement ce financement pour mettre en oeuvre un paquet d’activités multisectorielles visant à répondre aux besoins immédiats, tout en renforçant la résilience des populations vulnérables au Mali. » Le ministre commissaire qui a présidé la cérémonie, a précisé que « le PAM, à travers son Programme d’aide alimentaire d’urgence, disposera des moyens adéquats pour soutenir, pendant une année entière, plus de 65 000 personnes, les plus touchées par l’insécurité alimentaire et les conflits dans certaines régions du Mali. » Il a, aussi, ajouté que « ce soutien s’articulera autour de cinq volets complémentaires qui sont l’assistance alimentaire d’urgence, l’assistance nutritionnelle d’urgence, les cantines scolaires, la nutrition communautaire, ainsi que le relèvement et le renforcement de la résilience et des moyens d’existence. » Pour sa part, la directrice adjointe du PAM, Jacqueline Flentge, a déclaré, s’adressant au donateur, que cette cérémonie, bien plus qu’un simple protocole, « est le reflet de la valeur inestimable de votre soutien et de votre engagement envers les familles maliennes affectées par l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. » « Aujourd’hui, nous sommes particulièrement émus de recevoir une nouvelle contribution significative du Royaume d’Espagne. Cette générosité renouvelée envers les programmes de réponse à l’insécurité alimentaire du PAM n’est pas qu’un appui financier. C’est un investissement essentiel pour l’avenir du Mali. Ce partenariat repose sur des valeurs fondamentales et communes de solidarité et d’humanité », a-t-elle indiqué. La directrice adjointe a ajouté que ce financement permet de répondre aux besoins immédiats et de renforcer la résilience des populations touchées, « à travers une intervention intégrée, couplant réponse d’urgence et renforcement de la résilience des communautés vulnérables à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. » Enfin, l’ambassadeur du Royaume d’Espagne, Antonio Guillen Hildago, a rappelé que la sécurité alimentaire est une question universelle qui appelle à la responsabilité. « C’est pourquoi, la coresponsabilité doit amener à être généreux envers ceux qui se trouvent dans le besoin », a-t-il dit Il a conclu, en affirmant que « c’est dans cet esprit et grâce à la cohérence de la coopération espagnole que ce don a été fait. » MMD/MD (AMAP)

Zone Uemoa : Comment financer le développement autrement ?

Envoyé spécial Cheick Moctar TRAORE Lomé, 12 juin (AMAP) La 1ère édition des BOAD development days, qui se tient du 12 au 13 juin, démarré, jeudi, à Lomé sous le thème : «Le financement de la transition énergétique et de l’agriculture durable : défis, opportunité et solutions». Dans la capitale togolaise, professionnels, leaders et experts dans les domaines de l’agriculture et de l’énergie discutent des défis, opportunités et solutions pour l’accès universel à l’électricité face aux exigences de la transition énergétique. Ils se penchent aussi sur le rôle de l’agro-industrie comme levier de souveraineté alimentaire dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). « Parmi les défis auxquels nos pays sont confrontés, figurent les chocs externes, les défis climatiques, la crise sécuritaire, la sécurité alimentaire, l’accès à l’énergie, l’industrialisation et la création d’emplois décents pour une jeunesse de plus en plus nombreuse », a fait noter le ministre togolais de l’Economie et des Finances, Essowè Georges Barcola. Après avoir souhaité la bienvenue aux 200 délégués des huit pays de notre zone à cet rencontre inédite, M. Barcola a, pour espérer relever ces défis, attiré l’attention sur l’urgence « d ’innover, de collaborer et de mutualiser nos efforts. » « Cela, a-t-il insisté, conformément à l’objectif de ces journées : créer un espace de dialogue constructif entre les gouvernements, le secteur privé, la société civile et les partenaires au développement. » Véritablement il s’agit de repenser les modèles de financement du développement, d’identifier des solutions innovantes et d’opportunités de financement dédiées à la sécurité alimentaire et à la transition énergétique. En la matière, le président de la BOAD a préconisé d’impliquer davantage le secteur privé dans l’offre de produits alimentaires et d’énergie. Cela compte tenu, selon lui, des besoins importants d’investissement de nos Plans nationaux de développement. Concernant les Institutions financières de développement (IFD) et les Banques multilatérales de développement (BMD), Serge Ekué a suggéré de leur permettre de jouer pleinement leur rôle contra-cyclique et catalytique, etc. Il a préconisé de promouvoir de nouvelles approches de financement, ainsi que les partenariats et les bonnes pratiques. Pour les États membres, il a demandé de poursuivre l’assainissement du cadre macroéconomique à travers notamment la mise en oeuvre de mesures et réformes incitatives visant une plus grande attraction de l’investissement privé dans l’agriculture et l’offre d’énergie. L’ancien Premier béninois, Lionel Zinzou, a, lui, expliqué comment « financer le développement autrement ». Selon lui, l’Afrique subsaharienne doit profiter de ses performances économiques qui sont parmi les meilleures au monde. Il s’agit, notamment, du taux de croissance, de la faible inflation, de la valorisation croissante de son foncier, de la jeunesse de sa population… « En effet, a-t-il argumenté, le mode d’octroie de crédit en vigueur dans nos pays exclut le secteur privé dont le niveau de financement tourne autour de 11% du Produit intérieur brut (PIB), contre plus de 100% en Chine et 60% en Europe. » Il a insisté sur le financement des logements des ménages. L’ancien Chef du gouvernement du Bénin a demandé de financer la production de l’énergie fossile au regard du fait que la contribution du continent à la pollution mondiale est marginale. Pour lui, le secteur bancaire mérite d’être soutenu avec des financements locaux surtout avec « le départ de certains partenaires qui ne veulent plus rester ». « Avoir des institutions financières qui prennent leurs décisions à Bamako, Lomé, à Cotonou est extrêmement important », a insisté Lionel Zinzou. Avant de demander de mettre à profit la digitalisation du cadastre, des factures… pour imposer le secteur informel qui représente près de 50% de notre Pib. Les ministres maliens chargés de l’Energie, Boubacar Diané et de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema, prennent part aux travaux. Ce dernier interviendra demain en qualité d’expert. CMT/MD (AMAP)  

Transformation économique de nos Etats : La BOAD prône de faire de l’énergie le secteur moteur

Envoyé spécial Cheick Moctar TRAORE Lomé, 12 juin (AMAP) La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) promet de faire de l’accès des populations à l’énergie durable et moins chère (toutes sources confondues) le moteur de la transformation économique de notre sous-région, a annoncé, mercredi, à Lomé, Serge Ekué, le président de l’institution de financement du développement dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). M. Ekué intervenait, au siège de la Banque, lors d’une conférence de presse avec les journalistes du Club de la presse de laBOAD et des confrères togolais, en prélude de l’ouverture de la 1ère édition de « BOAD Development Days», qui se tient dans la capitale togolais, du jeudi 12 au vendredi 13 juin 2025. Selon lui, « l’objectif est de faciliter et accélérer la transformation des produits agricoles et les matières premières de la sous-région, afin d’assurer l’autosuffisance alimentaire, d’ajouter de la valeur, de créer des millions d’emplois pour les jeunes et des recettes pour les Etats, à travers taxes et impôts générés. » Le portefeuille qui était alloué à l’énergie devrait alors croître considérablement de 25 à 50%. Ce changement de cap, selon Serge Ekué, très volontaire, fait suite à une prise de conscience. « Un mauvais diagnostique avait, a-t-il déploré, amené la sous-région a considéré l’énergie comme un secteur parmi tant d’autres. » « Quelle erreur ! L’énergie n’est pas un secteur. On ne peut pas mettre l’énergie au même niveau que les autres secteurs », a insisté le président de la BOAD qui a motivé ce choix : « L’énergie, c’est la mère de toutes les batailles. « Il ne peut y avoir d’agriculture sans énergie. Il ne peut y avoir d’immobilier ou d’infrastructures de mobilité sans énergie. Il ne peut y avoir de santé ni d’éducation sans énergie. Donc, l’énergie, c’est l’Alpha et l’Oméga de tout », a-t-il soutenu. D’où la volonté de la Banque de développement sous régionale, selon lui, de faire de la question énergétique « le cœur de (son) action ». Toute chose qui justifie le choix du thème de cette rencontre de deux jours : « le financement de la transition énergétique et de l’agriculture durable : défis, opportunités et solutions ». « Pour y arriver, a déclaré M. Ekué, il s’avère important de dépasser le débat relatif aux sources d’énergie afin de recentrer la réflexion et les financements sur les mécanismes à explorer pour améliorer l’accès des populations à l’énergie et à l’électricité. » « Une fois de plus, quand on sait que la moitié de nos concitoyens n’ont pas accès à la moindre source d’énergie, vous comprendrez que la priorité n’est pas la source d’énergie. La priorité, c’est l’accès à l’énergie », a-t-il argumenté. Une fois ce préalable réussi, la question de la transition, celle de la croissance durable, de l’énergie renouvelable suivront, a expliqué le patron de la BOAD, précisant que tout sera mis en œuvre pour trouver le juste équilibre entre « le brune et le vert » en vue de l’atteinte du mixte énergétique. L’énergie brune ou « brown power » est un terme inventé pour décrire l’énergie produite à partir de sources polluantes, par opposition à l’énergie verte issue de sources renouvelables et non polluantes. DEFIS ENERGETIQUES – La BOAD prévoit, pour ce faire, une enveloppe conséquente dont le montant est en cours de validation, selon ses experts. Son président promet, également, de mobiliser tous les partenaires et financements verts disponibles pour soutenir nos Etats et le secteur privé dans le cadre du partenariat public-privé. Cette réorientation de la politique de développement intervient dans un contexte de découverte ou de mise en service d’abondantes sources énergiques dans la sous-région, notamment du pétrole et du gaz au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Niger… « Au même moment nos pays sont confrontés à des défis énergétiques et alimentaires sans précédent. » Aussi les tarifs pratiqués dans la sous-région sont parmi les plus élevés en Afrique et au monde. Ce changement de cap peut alors être un tremplin pour le Mali pour résoudre durablement la question énergique qui est en train de plomber tous les efforts et acquis en matière de développement. Ces questions ont été récemment abordées entre le Premier ministre du Mali et le président de la BOAD, lors d’une visite à Bamako le 9 mai dernier. Les échanges avec le général de division Abdoulaye Maïga ont porté sur la vision « Mali kura 2063 » ainsi que la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD) 2024-2033, qui s’inscrivent dans les objectifs de la Banque. Il s’agit, notamment, de l’Autosuffisance alimentaire, de la Santé, de l’Education, et surtout de l’Energie, avec une volonté d’accélérer les efforts dans ce secteur stratégique. Quant à l’Agriculture qui occupe plus de 60% de la population active, les interventions ont porté sur sa professionnalisation qui, selon les experts, est nécessaire pour réussir une transformation durable afin d’assurer l’autosuffisance alimentaire. En la matière, la gestion et la maitrise de l’eau sont essentielles. Toute chose qui permettra de mettre en valeur les millions de terres arables dont regorgent le continent et la sous-région. La sensibilisation et la formation des paysans et des entrepreneurs agricoles sont indispensables. À ce jour, le portefeuille actif de la BOAD au Mali comprend 22 projets pour un montant total, en termes d’accords signés, de 377,147 milliards de Fcfa. Ces projets concernent, principalement, le secteur des Infrastructures routières avec six projets pour un montant engagé de 109,647 milliards de F Cfa, celui de l’Energie et de l’Eau avec sept projets pour un montant engagé de 124,500 milliards de Fcfa, le secteur de l’Agriculture avec huit projets pour un montant engagé de 118 milliards de Fcfa, et le secteur des Logements sociaux avec un projet pour un montant engagé de 25 milliards de Fcfa. CMT/MD (AMAP)        

Mali : Lancement d’une formation de formateurs pour renforcer l’employabilité des jeunes

Bamako, 11 juin 2025 (AMAP) La ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Oumou Sall Seck, a présidé, le 10 juin 2025, au Centre de formation professionnelle de Sénou, l’ouverture d’une session de formation de 40 formateurs dans le cadre du Programme régional de formation professionnelle (PROFOR), annonce un communiqué du département en charge de l’Emploi. « Cette formation s’inscrit dans la vision du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, pour améliorer les conditions de vie des Maliens à travers une meilleure employabilité », a déclaré la ministre citée par la même source. Organisée du 10 au 12 juin 2025 sous le thème « Renforcement des capacités didactiques et pédagogiques », cette session vise à doter 40 formateurs, issus de centres publics, privés et d’établissements techniques, de compétences en conception de séquences pédagogiques. Ce programme s’appuie sur un partenariat avec la Haute école fédérale de la formation professionnelle (HEFP) de Lausanne, en Suisse, représentée par Sophie Murat. Cette dernière a salué la formation préalable de sept formateurs maliens à Grand-Bassam, en Côte d’Ivoire, qui encadrent désormais cette session. La ministre a rappelé les objectifs du Plan d’action du gouvernement 2025-2026, visant à former 7 516 jeunes dans des métiers porteurs et à placer 1 700 autres déscolarisés ou non scolarisés en apprentissage. « Ces initiatives ambitionnent de renforcer la compétitivité des entreprises et de réduire le chômage », a dit Mme la ministre. Elle a exhorté les formateurs « à faire preuve de rigueur et les participants à s’impliquer activement. » Le président du Conseil d’administration du Fonds d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage (FAFPA) et le représentant de la mairie de la Commune VI, Modibo Coulibaly, étaient présents à la cérémonie qui s’est conclue par la remise de certificats aux sept formateurs maliens formés à Grand-Bassam. OS/MD (AMAP)

Tabaski : Après la fête, la gueule-de-bois et la galère

Par Moussa M. Dembélé Bamako, 11 juin (AMAP) Les lendemains de fête laissent un arrière-goût amer dans… le portefeuille que le compte en banque, pour ne pas dire un état de gueule-de-bois financier !!! La fête de Tabaski, l’un des événements religieux les plus budgétivores pour les chefs de famille, en particulier, n’échappe pas à la règle du réveil douloureux et du retour à la réalité du quotidien. Comme des lendemains qui déchantent un peu ou beaucoup, après les victuailles de la célébration, beaucoup ont de la peine à joindre les deux bouts, surtout si la fête arrive au début du mois, comme ce fut le cas, le 6 juin 2025. Si certains s’endettent pour passer la fête, d’autres se contentent simplement du peu qu’ils ont. Après la fête, les arguments sont diversement partagés. Rencontré ce lundi 9 juin 2025, aux environs de 14 heures, à Badalabougou, en Commune V du District de Bamako, Lamine Doucouré est vendeur ambulant d’accessoires de téléphone. Articles sur le bras, la fatigue sur le visage, il n’a rien vendu depuis le matin. Selon, lui, les clients n’ont plus d’argent, car ils viennent de faire de grosses dépenses lors de la fête de Tabaski. « Pas de temps à perdre maintenant. Nous venons de dépenser tout qu’on avait à l’occasion de la fête. C’est pour cette raison que, depuis le lendemain de la fête, j’ai repris mon activité », confie-t-il. Avant d’ajouter que la fête a été célébrée dans un moment difficile. « Les gens n’avaient pas d’argent mais malgré tout, ils se sont efforcés pour faire face aux dépenses », explique-t-il. DES INQUIETUDES – Lassina Diarra, vendeur de friperies à Magnambougou, en Commune VI du district de Bamako, abonde dans le même sens que notre précédent interlocuteur. « Après la fête, c’est la galère. Pour nous retrouver financièrement, il nous faut plus d’un mois. Le commerce est une chaîne. Les clients doivent avoir de l’argent pour acheter. Quand ils sont dans des difficultés financières, nous les commerçants, nous le ressentirons automatiquement », dit-il. « J’ai fait trop de dépenses cette année lors de la fête. Je suis parti au village avec mon épouse. À cela s’ajoute d’autres dépenses imprévues. La vie à Bamako coûte déjà chère, s’il faut ajouter d’autres problèmes financiers, ce sera compliqué », s’inquiète Ibrahim Diallo, commerçant au Grand marché de Bamako. Ceux qui s’endettent pour fêter, sont souvent dans l’impasse. Ils ont du mal à payer les dettes contractées. Un fonctionnaire, qui a requis sous l’anonymat, nous explique les difficultés financières auxquelles il fait face après la fête. « Le seul espoir de revenu régulier pour un fonctionnaire, c’est son salaire. Pendant les fêtes, cet argent ne suffit pas pour les dépenses. C’est pour cette raison, qu’on s’endette. Cette année, j’ai pris une dette que je dois rembourser pendant de trois mois. Ce qui va impacter sur d’autres projets en cours », dit avec une pointe de regret dans la voix. Certains pensent que célébrer une fête ne nécessite pas d’aller au-delà de ses moyens mais plutôt faire en fonction de ses capacités financières. En tout cas, c’est ce qu’avance Siaka Diamoutènè, enseignant de collectivité. « C’est l’une des fêtes de Tabaski les plus difficiles de l’histoire. L’insécurité grandissante plus la pauvreté, auxquelles s’ajoute la cherté de la vie. J’ai fêté avec mes maigres moyens en évitant de m’endetter. Car la fête passe, mais les dettes restent », a -t-il conclu. MMD/MD (AMAP)

Niono : la filière pomme de terre bat de l’aile 

Par Mahamadou SAMAKE  Niono 29 mai (AMAP) Les terres de l’Office du Niger (ON) sont favorables à la culture de nombreuses spéculations parmi lesquelles le coton, le riz, la canne à sucre, les produits maraîchers (l’oignon, la pomme de terre). Selon Frédéric Coulibaly et Aissata Coulibaly tous responsables Promotion des Organisations Paysannes (POP) dans la zone de production de Niono, les tests effectués par l’Institut polytechnique rurale de Katibougou, en son temps, ont été concluants pour la culture de la pomme de terre. « Ainsi, l’introduction de la culture de la pomme de terre à l’ON se fera à partir de 2012 dans le cadre de la diversification des cultures mais, également, pour l’autosuffisance alimentaire », ont-ils dit. Un Programme Etat-Office du Niger a été mis en place pour soutenir la culture de la pomme de terre. Il a formé des producteurs et procédé à la distribution d’intrants. Le programme a enregistré de bons rendements avec la mise en place de coopératives, d’unions, toutes affiliées à l’interprofession. Selon nos interlocuteurs, à la fin du programme, la culture de la pomme de terre en zone Office du Niger connaît une phase décroissante. Les coopératives, les unions sont peu fonctionnelles. Les producteurs y font face avec les moyens de bord. Pour la campagne agricole 2024-2025, la zone ON de Niono a fait une prévision de 165,5 hectares, le tout a été réalisée avec une production de 5 794,5 tonnes. Les membres de l’Union que nos interlocuteurs ont rencontrés, ont surtout évoqué des difficultés d’ordre organisationnel et économique. Ils soutiennent que l’Union n’est pas suffisamment outillée pour nouer des partenariats gagnant-gagnant avec d’autres acteurs, fournir des services aux membres pour mieux produire et organiser la conservation et la commercialisation. Sur le plan économique, l’Union manque de ressources financières pour approvisionner ses membres en intrants de qualité, en quantité et à temps. Autres difficultés : l’accès au crédit au près des institutions financières et le coût élevé des semences 37 500 Fcfa pour un sac de 25 kilogrammes. « La filière pomme de terre serait prometteuse en zone Office du Niger » disent les membres de l’Union « si l’Office s’impliquait dans la chaîne en appuyant les producteurs dans les maillons de production, de conservation et de commercialisation. » Selon eux, un partenariat avec l’opérateur Modibo Keita serait profitable aux producteurs pour l’accès aux semences. MS/MD (AMAP)  

Sikasso : Démantèlement de plusieurs dragues à Misseni sur le fleuve Bagoé

Par Mariam F. DIABATE Sikasso, 07 juin (AMAP) Une mission des directions régionales de l’Assainissement, de la Géologie et des Mines, de l’Environnement, des Eaux et Forêts et de l’Hydraulique s’est rendue, le 28 mai dernier,  à Misséni, dans la Commune rurale de Fourou, dans le Sud du Mali pour une identification des dragues à Kadiolo, avant de procéder à leur démantèlement. Ces interventions en application des dispositions de la loi 2023-040 du 29 août 2023 portant Code minier, vise à contrecarrer la destruction des cours d’eaux et de l’écosystème (flore et faune) dans les zones minières. Toute chose qui contribuera au bien-être de la population, à la protection de l’environnement et de l’écosystème. Au passage de la délégation régionale dans la Commune rurale de Fourou, le chef de village de Alhamdoulilaye, Hamidou Coulibaly, a affirmé que le phénomène les a causés énormément d’ennuis. Dans cette zone aurifère où le dragage est pratiqué, il a confié que leurs animaux sont confrontés à un problème d’abreuvement et de nourriture. L’eau du cours d’eau est devenue impropre à la consommation pour les êtres humains. « Aujourd’hui, nous craignons de consommer l’eau de nos puits car ceux-ci peuvent être contaminés par l’eau souillée de ce cours d’eau », a-t-il indiqué avant d’ajouter qu’ils ont, une fois, brulé trois dragues… Pour sa part, le directeur régional de l’Assainissement, du contrôle des pollutions et des nuisances (DRACPN) de Sikasso, Moussa Ballo, a mis un accent particulier « sur l’impact du dragage sur le fleuve et sur la qualité de l’eau. » « La pratique impacte négativement les berges du fleuve, la consommation de l’eau, le mouvement des pirogues et la vie des animaux aquatiques », a-t-il expliqué, soulignant l’importance de préserver le cours d’eau. Moussa Ballo a dit que les services techniques ont besoin d’équipements adaptés pour la réussite de cette activité. Il a surtout insisté sur la sensibilisation des communautés. De son point de vue, « il faut donner le pouvoir aux autorités locales pour qu’elles puissent saisir toutes les dragues. » « Nous sommes sérieusement engagés à combattre le dragage », a-t-il affirmé avant d’appeler toutes les régions, où les cours d’eaux sont utilisés pour la recherche de l’or, à imiter l’initiative des autorités régionales de Sikasso. « S’il y’a une synergie d’action entre les régions, on pourra belle et bien circonscrire ce fléau », a-t-il indiqué. Le code minier, selon lui, condamne formellement la pratique. Selon le conseiller à la sécurité et à la protection civile de la gouverneure, le contrôleur général-major de police Tiantio Diarra, la pollution et la dégradation de la nature au Mali « sont devenues des dangers pour la vie de la population et celle des animaux aquatiques. » C’est la raison pour laquelle. la mission a été initiée par la gouverneure de la région. Selon lui, une première mission a été effectuée en février passé pour identifier les points qui ont le maximum de dragues. C’est à la suite de cela que le site de Kadiolo a été détecté. « Cette opération doit être dissuasive pour tous ceux qui ont des dragues. Ils doivent comprendre que l’activité est illicite et qu’il faut l’abandonner… », a indiqué le contrôleur général-major de police. Il a souligné que l’opération se poursuivra « car le fleuve Bagoé constitue une ressource naturelle appartenant à nos ancêtres et il doit être préservé. » En outre, Tiantio Diarra a dit que cette initiative est l’illustration de la détermination des autorités du Mali « pour le bien-être de la population. » Ainsi, les dragues extraites du fleuve Bagoé dans la localité de Misseni seront amenées au gouvernorat de Sikasso. « L’équipe de démantèlement a pu saisir 16 dragues. Il y reste une centaine », a affirmé la gouverneure de la Région, Mme Kanté Marie Claire Dembélé. Elle a révélé que la mission n’avait pas de moyen adéquat, sinon les machines « costaud » pour extraire le reste des dragues. A cet effet, la cheffe de l’exécutif régional a saisi l’opportunité pour saluer la CMDT et les autres partenaires qui ont facilité la réalisation de l’opération de démantèlement. Pour l’heure, les 16 dragues sont gardées au gouvernorat de la 3ème région. Par ailleurs, elle a sollicité le soutien de tous car seules, les autorités régionales ne peuvent pas mener cette lutte. « Il faut une conjugaison des efforts de différents départements ministériels, dont ceux chargés de l’Environnement et de la s\Sécurité », a-t-elle insisté. Et de préciser que ceci appuiera l’équipe régionale quant à l’extraction et la sécurisation des dragues. « Nous allons poursuivre l’opération dans d’autres localités et instruire à tous les préfets de prendre des dispositions pour éviter la réinstallation des dragues extraites », a-t-elle promis. Elle a assuré que des mesures seront prises contre ceux qui s’adonnent à la pratique. Elle a remercié le Premier ministre, ministre de l’Administration territoriale et le ministre de l’Economie et des Finances qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour soutenir la mission de démantèlement. Le dragage consiste à extraire des matériaux qui se trouvent en profondeur de l’eau. Le cas du fleuve Bagoé consiste à extraire de l’or dans les fin fonds du fleuve. MFD/MD (AMAP)