Pénurie de carburant à Bamako : 24 heures pour une goutte d’or noir
Par Anta CISSE Bamako, 31 oct (AMAP) Il est mardi 28 octobre à 10h15 quand je quitte la maison avec mon frère Makan, déterminés à trouver du carburant. La mission s’annonçait simple. Elle durera finalement près de vingt-quatre heures. Dans l’une des stations service de Baco djicoroni Golf, la file s’étend à perte de vue. Des voitures immobiles, des visages aux traits tirés et cette lente avancée, mètre par mètre, puis deux par deux, avant de s’arrêter à nouveau. Les plus impatients n’hésitent pas à se faufiler devant, provoquant parfois des tensions vite apaisées par un mot, un sourire ou un arrangement improvisé. Entre résignation et solidarité, chacun trouvait sa manière de patienter. Vers 13h, les « demi-dieux », comme on surnomme les gérants et les pompistes, annoncent la fin du service, Il n y’a plus de carburant. La station ferme. Soupirs, colère, découragement. Trois heures plus tard, les pompes rouvrent, mais pour peu de temps à 19h, nouveau rideau car les gens, fatigués de les voir remplir des centaines de bidons sous leurs yeux, ont commencé à riposter de peur que l’essence ne finisse avant leur tour. Il est clair que beaucoup passeront la nuit sur place. Ces bidons de 20l seront revendus à 80 000 ou 100 000 FCFA. La nuit tombe, et la station devient un petit village. Certains allument du charbon pour le thé, d’autres sortent du lait ou des biscuits. Quelques-uns dorment dans leur voiture, d’autres sous moustiquaire à même le sol, guettant le moindre mouvement à l’avant de la file. Les feux arrière des voitures deviennent des lueurs d’espoirs, ça avance, un peu, lentement, mais ça avance quand même. Comme on le dirait si bien, l’hospitalité malienne s’est manifestée : des tapis de prière et des bouilloires pour les ablutions sont partagés entre qui voulait prier. Les familles environnantes, elles, laissaient leurs portes ouvertes pour les besoins naturels, un geste simple mais profondément humain. C’est d’ailleurs là, entre deux klaxons et trois bâillements, que j’ai accueilli mon nouvel an et mon anniversaire du 29 octobre. Pas dans une salle de fête, mais dans une voiture, à la recherche d’essence. Vers minuit et demi, tout le monde a compris : impossible de rentrer sans essence au risque de repartir à zéro et passer par pertes et profits l’effort fourni jusque-là. Les liens se créent, la confiance s’installe. On se relaie, on garde la place des autres. Avec mon jeune frère, nous gérons deux véhicules, une pratique devenue courante face à la rareté du carburant. Il rentre vers 23h pour se reposer et revenir plus tard. Épuisée, je décide à mon tour de rentrer, confiant nos deux voitures à un voisin rencontré sur place, pour ne pas perdre place et notre chance d’avancer quand l’occasion se présenterait. À 6h, retour à la station service, prête pour le travail, habillée pour le bureau, essence ou pas, il faudra y aller. Le gérant avait promis une reprise à 6h. Ils le feront mais uniquement pour servir les porteurs d’uniformes qui ont rempli 40 bidons de 20 litres derrières leur pick-up et le gérant a aussi fait de même avec le même nombre devant nous autres curieux, hébétés et impuissants qui faisaient les va et vient à la pompe. Et ce n’est qu’à 8h44 que les pompes se remettent en marche après avoir attendu les forces de l’ordre pour remettre l’ordre, dégager ceux qui tenaient des bidons afin de faciliter la distribution (ceux-ci se sont regroupés devant la boutique « Bonjour » déterminés à avoir leurs bidons remplis. Cachés dans la boutique, ils venaient même réclamer aux pompistes qui leur demandait d’attendre au risque de voir la foule s’énerver à nouveau et de leur demander de quitter l’enceinte de la station. Enfin, le mercredi 29 octobre à 9h44, près de vingt-quatre heures d’attente, le précieux liquide coule dans les réservoirs. Mais impossible de faire le plein. La direction de la station rationne à 10 000 francs CFA par véhicule, pour « donner un peu plus à chacun ». Une règle frustrante, mais compréhensible dans le contexte. Ce jour-là, plus que du carburant, on aura trouvé un peu d’humanité. AC/MD (AMAP)
Mali : Plaidoyer pour la valorisation et le développement du lait local
Bamako, 30 oct (AMAP) Les membres du réseau Mali Missiw nono ont organisé, jeudi, à Bamako, un déjeuner-débat et plaidoyer avec les ministères chargés de l’Agriculture, de l’Elevage et du Commerce en faveur de la valorisation et le développement du lait local équitable et la création de la marque de commercialisation dénommé « Fairema », a constaté AMAP sur place. Les participants ont recommandé, entre autres, de mettre en application le plan d’action de la stratégie par une partie du Fonds national d’appui à l’agriculture (FNAA), de respecter les conventions de gestion des terroirs avec l’accompagnement des services techniques et les autres acteurs et actrices, d’assurer la disponibilité du lait en toute période de l’année avec un prix compétitif pour les producteurs, de renforcer la complémentarité entre les ministères chargés de l’Elevage, de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce autour de la production et de la valorisation du lait local et équitable, selon le président du réseau Mali missiw nono, Amidou Berthé. Il a rappelé que l’objectif visé, à travers cette rencontre est, de plaider auprès des autorités, notamment les ministères de l’Elevage et de la Pêche, de l’Industrie et du Commerce ainsi que le Conseil national de Transition (CNT) pour leur appui à la création de la marque de commercialisation du lait local et équitable « Fairema ». Selon M. Berthé, « le secteur de l’élevage est l’un des piliers de l’économie malienne derrière l’or et le coton ». « II joue un rôle déterminant dans la production de richesses et la lutte contre la pauvreté », a-t-il affirmé. « La production laitière en est une filière importante avec plus d’un million de tonnes de litre de lait cru local par an alors que les importations de lait en poudre représentent 80 à 90% du marché des consommations de lait au Mali », a dit Amidou Berthé. « Le potentiel laitier national est évalué à plus de 2,55 millions de tonnes de lait, dont 1,12 millions tonnes sont jugées exploitables (Rapport DNPIA 2024) », a indiqué M. Berthé. Pour lui, l’heure est venue d’accorder une attention particulière à la filière lait local et équitable fortement impactée par une concurrence déloyale des poudres de lait ou de substituts de lait aux huiles végétales qui coûtent à l’Etat près de 30 milliards de francs CFA par an. « Ces poudres créent un obstacle réel au développement des filières locales grâce à des importations importantes et croissantes », a dit le président du réseau du Maali Missiw nono. Il a ajouté que la valorisation de la filière lait local permettra de créer de milliers d’emplois et impliquera davantage les femmes et les jeunes dans l’industrie laitière locale et nationale à travers tous les maillons : production, collecte, transformation, commercialisation et consommation et contribuera à la souveraineté alimentaire et à l’équilibre social au Mali. ST/MD (AMAP)
Mali-Financement : La Société financière internationale octroie 40 M USD à la BNDA pour les Petites et moyennes entreprises
Bamako, 30 oct (AMAP) La Société financière internationale (SFI), dédiée au financement du secteur privé dans le Groupe de la Banque mondiale, a signé jeudi à Bamako une convention de financement de 40 millions de dollars (environ 23,341 milliards Fcfa) avec la Banque nationale de développement agricole (BNDA). Ce prêt vise à renforcer le programme de crédits de la BNDA aux petites et moyennes entreprises (PME), en priorité celles dirigées par des femmes, aux PME agricoles et aux projets de financement durable. Il devrait générer entre 8 600 et 14 200 emplois directs et indirects sur cinq ans et augmenter de près de 90 % le portefeuille de financements verts de la banque. Au moins 25 % du montant seront destinés aux femmes entrepreneures ou aux entreprises qu’elles détiennent. Une facilité additionnelle de 10 millions USD est prévue pour le financement du commerce international, afin de soutenir l’import-export de biens essentiels. « Cette convention symbolise la reconnaissance de la solidité, du professionnalisme et du potentiel transformateur de la BNDA », a déclaré Badra Aliou Coulibaly, directeur général de la BNDA. « C’est la deuxième opération du genre avec une banque de développement agricole en Afrique depuis 2006 », a souligné, pour sa part, Aliou Maiga, directeur Afrique de la SFI, saluant « la transparence et la gouvernance » de l’établissement bancaire malienne. Le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, qui a présidé la cérémonie, en présence de Partenaires techniques et financiers du Mali, a salué en la BNDA une banque d’État exemplaire, soulignant son accréditation récente au Fonds Vert pour le Climat, depuis le 21 octobre 2024. Elle est la seule banque malienne accréditée au Fonds Vert pour le Climat. Créée en 1981, la BNDA compte 50 agences, 85 GAB et a injecté plus de 432 milliards FCFA dans l’économie malienne en 2024. La SFI a engagé 71,7 milliards USD dans les pays en développement en 2025, dont 3,5 milliards USD en Afrique. Membre du Groupe de la Banque mondiale, la SFI est une organisation internationale qui se concentre sur le développement du secteur privé dans les économies émergentes. Sa mission est de soutenir des entreprises et des institutions financières pour créer des emplois, stimuler la croissance et améliorer la vie des gens OS/MD (AMAP)
Cybersécurité : 3e édition des Journées nationales
Bamako, 28 oct (AMAP) Les 3° Journées nationales de la cybersécurité (JNC) 2025, ont démarré mardi, au Centre international de conférence de Bamako (CICB), sous le thème : Résilience numérique des États du Sahel face aux cyber-attaques : sauvegarde des valeurs communautaires dans le cyberespace de l’AES. » Le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, qui a présidé la cérémonie d’ouverture, était accompagné, de son collègue des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, en présence des responsables du Burkina Faso et du Niger. Selon Alhamdou Ag Ilyène, « cet événement traduit notre volonté commune de bâtir un espace numérique sûr, équitable et respectueux des valeurs qui fondent nos sociétés. » Le ministre en charge de la Communication a fait noter qu’à « l’heure où notre pays, le Mali, comme l’ensemble de la Région sahélienne, fait face à des défis sécuritaires multiples, la résilience numérique devient un pilier essentiel de notre souveraineté et de notre stabilité nationale. » Pour lui, « dans un contexte marqué par la recrudescence des menaces hybrides où les attaques terroristes et les offensives numériques se nourrissent mutuellement, la cyber-sécurité n’est plus une simple question technique », a dit le ministre Al hamdou Ag Ilyène. Il a ajouté dit que la cybersécurité constitue, désormais, un enjeu stratégique pour la défense de nos institutions, la protection de nos données et la préservation de notre cohésion sociale. » Le ministre a indiqué que « le cyberespace, véritable agora moderne, offre des opportunités inédites pour le développement mais, expose également nos sociétés à des vulnérabilités nouvelles : désinformation, manipulations, espionnage économique et sabotage des infrastructures critiques. » Le président de l’Autorité malienne de régulation des télécommunications, des technologies de l’information et de la communication et des postes (AMRTP), Saidou Pona Sangaré, a, pour sa part, expliqué que le thème des Journées, traduit la volonté des pays de l’AES de bâtir une nation capable de défendre ses intérêts dans le cyberspace mondial, d’assurer par la même occasion, la sécurité de ses citoyens. » D’où la présence de confrères du Burkina Faso et du Niger. La projection d’une vidéo récapitulative des 1ère et 2ème éditions des Journées nationales de la cyber-sécurité a été l’un des temps fort de l’événement. Ces journées prendront fin samedi. ST/MD (AMAP)
Région de Kayes : Pas de Pénurie d’hydrocarbures
Kayes, 26 oct (AMAP) La Région de Kayes, dans l’Ouest du Mali, frontalier avec le Sénégal, ne connait pas de pénurie de carburant, a conclu la réunion hebdomadaire du Comité de gestion de crises et catastrophes tenue le 24 octobre 2025 dans la salle de conférence du gouvernorat, sous la présidence du Général de brigade Moussa Soumaré, Gouverneur de la Région. Le Mali traverse une situation critique à Bamako, la capitale, et dans d’autres régions, à cause de la rareté des hydrocarbures. Globalement, la situation est stable au niveau de la 1ère région administrative du Mali car, les indicateurs sont au vert, d’après les statistiques fournis par la Direction régionale du commerce, de la consommation et de la concurrence. Cette structure travaille, en collaboration avec les services compétents, notamment la douane, les forces de défense et de sécurité pour qu’il n’y ait pas de pénurie de carburant dans la 1ère région administrative du Mali. Dans cette partie, située à l’Ouest du pays, le prix du litre d’essence oscillait entre 675 Fcfa à Diamou et 775 Fcfa à Yélimané à la date du 23 octobre 2025. La ville de Yélimané est suivie des villes de Kéniéba (741,92) et de Kayes (723,39). S’agissant du gaz-oil, le litre varie entre 725 Fcfa à Yélimané et 663,46 Fcfa à Kéniéba. « Nous avons un rôle à jouer : suivre l’évolution de la situation des hydrocarbures (respect des prix, acheminement, approvisionnement, sécurisation des aires de stationnement, sécurisation des chauffeurs et citernes) », a dit le gouverneur. « La situation n’est pas alarmante mais, normale. Mais, nous déplorons la crise qui frappe les autres localités du pays », a ajouté le général de brigade Moussa Soumaré. Il a loué les efforts des chauffeurs qui, en dépit des conditions très difficiles, transportent ces hydrocarbures. Il a invité les acteurs à œuvrer davantage pour une gestion judicieuse des stocks dans les différents cercles de la région afin d’éviter tout rupture ou insuffisance. L’accent a été mis sur la sécurisation des aires de stationnement et des convois. Certains citoyens, notamment les ménagères craignent que cette pénurie n’entraîne une hausse de prix des condiments et autres denrées de première nécessité provenant d’autres régions, notamment celles de Sikasso. BMS/MD (AMAP)
Kangaba : pré consultation pour la mine de la Société Zendha Yi Yuan Mining Sarl
Kangaba, 24 oct (AMAP) Une rencontre d’information et de sensibilisation s’est tenue, dans la salle de conférence du Cercle de Kangaba (Ouest), ce vendredi 24 octobre 2025 dans le cadre de l’installation de la mine de la société Zendha Yi Yuan Mining Sarl, a constaté l’AMAP sur place. Cette rencontre, présidée par le préfet Abou Dao et qualifiée de pré consultation par le consultant du bureau Volontaire pour l’environnement, Mamadou Traoré, vise à expliquer aux participants le nouveau contexte de la mine. La société Zendha Yi Yuan Mining est propriétaire d’un permis qui s’étend sur 100 kilomètres carrés, à cheval sur la Commune rurale de Benkadi, la Commune rurale de Minidian et la Commune urbaine de Karan, dans le Cercle de Kangaba. Après les recherches, la Direction nationale de la géologie et des mines a attribué à Zendha Yi Yuan Mining un permis d’exploitation d’une petite mine, après l’obtention du permis environnemental et la licence d’exploitation. Au moment de commencer l’exploitation, un regard rétrospectif a montré que les réserves sont très importantes et sont estimées à plus de 50 tonnes d’or. C’est ainsi que l’Etat malien a autorisé l’installation d’une grande mine sur le permis. Ce qui conduit à changer le dossier pour avoir le permis environnemental et la licence d’exploitation pour une grande mine. Expliquant l’organisation de cette pré consultation qui a permis au consultant d’expliquer de fond en comble tout le processus. Traoré a invité le préfet à s’accorder, avec tous les acteurs, une date pour la tenue d’une consultation publique d’envergure afin de commencer les travaux. Le préfet, pour sa part, a invité les populations à l’entente « car l’installation de cette mine sera bénéfique (pour elles) et pour le pays tout entier. » Ont pris part à la rencontre, les chefs de village, les maires et la jeunesse des trois communes. SD/MD (AMAP)
Crise du carburant : La mairie la Commune urbaine de Kati multiplie les efforts
Kati, 23 oct (AMAP) Une réunion d’information et de sensibilisation avec les gérants des stations-service, les forces de sécurité et la société civile sur la gestion de carburant dans la Commune urbaine de Kati, s’est tenue mercredi, à la mairie de Kati, a constaté l’AMAP. L’objectif de la rencontre, présidée par Zanga Dao, le secrétaire général de la mairie de Kati, chargé d’expédier les affaires courantes de la Commune, était de trouver une solution pour l’approvisionnement équitable de la population en produits pétroliers, en ce moment de crise. Lors de la rencontre, occasion d’un débat direct et franc, M, Dao a informé les gérants des stations-service de Kati du contenu du communiqué du préfet du Cercle de Kati en date du mardi 21 octobre 2025. Pour mener à bien cette mission de gestion de la crise dans la Commune urbaine de Kati, il sera procédé à la délivrance d’autorisation d’achat pour le ravitaillement à partir des bidons auprès des stations-service et des points de vente de la ville. A cet effet, il est demandé aux gérants des stations-service et des points de vente de servir les usagers munis d’autorisations délivrées par le préfet du Cercle de Kati. Un recensement des détenteurs de groupes électrogènes et tous autres appareils à moteur est déjà en cours à la mairie de Kati. Par conséquent, tout approvisionnement à partir de bidons sans autorisation est interdit jusqu’à nouvel ordre. Le secrétaire général de la mairie a conclu, en invitant les gérants des station-service de procéder à leur niveau « à la sensibilisation des revendeurs de carburant à venir se faire recenser à la mairie. » ALK/MD (AMAP)
La « Journée du Mali » au Parc de technologies et d’innovations
Bamako, 23 oct (AMAP) La « Journée du Mali » au Parc de technologies et d’innovations agricoles (PTA), s’est ouverte, jeudi, au Centre régional de la recherche agronomique dans la cour de l’Institut d’économie rurale (IER) de Sotuba, à Bamako, sous le thème « Gestion intégrée des sols ». Cette journée, sous la présidence du ministre malien de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema, en compagne de son collègue de l’Elevage et de la Pêche, Youba Ba, s’inscrit dans le cadre de la 5ème édition du Marché des innovations et technologies agricoles (MITA) 2025. Le ministre Kelema a indiqué que le MITA constitue une opportunité de rencontres entre la recherche, les secteurs privé et publie avec les utilisateurs potentiels des technologies et innovations. De ce fait, il crée une situation où des technologies éprouvées sont exposées à des « acheteurs potentiels » avec des espaces de rencontres et d’échanges, a dit M. Kelema. « Depuis sa création, le MITA a permis à plus d’une centaine de technologies, entre autres, des semences, des machines agricoles, des savoir-faire et pratiques agricoles de traverser les frontières et d’améliorer significativement les conditions de vie de milliers d’actrices et d’acteurs de la profession agricole », a-t-il fait savoir. Il a regretté que la dégradation des sols, accentuée par les effets du changement climatique, menace dangereusement la productivité de nos exploitations et la résilience de nos systèmes agricoles. « C’est pourquoi, la promotion de technologies climato-intelligentes de gestion intégrée de la fertilité des sols, sensibles au genre et aux besoins nutritionnels, s’impose comme une priorité absolue pour garantir des récoltes durables et assurer la sécurité alimentaire de nos populations », a-t-il dit. Avant d’ajouter que cette Journée du Mali sera marquée par le choix des meilleures innovations et technologies agricoles qui seront distinguées à travers le Prix de l’Innovation agricole du Mali. Le directeur exécutif du Centre ouest africain pour la recherche et le développement agricole (CORAF), Moumini Savadogo a, pour sa part, exprimé, le « devoir pour (son) organisation d’accompagner la recherche et le développement agricoles dans les différents pays » En créant « une bonne coordination » de cette recherche pour la cohérence au niveau régional, la complémentarité, l’efficacité « en réduisant les duplication et d’aider au renforcement de capacité ainsi qu’à la mise en ouvre des différents technologies », a souligné M. Savadogo. Après la cérémonie d’ouverture, les officielles ont visité les technologies de l’IER, du CORAF, des Institutions internationales de recherche partenaires mais, également, des acteurs du secteur privé malien, présents au PTA sur des parcelles de démonstration. ST/MD (AMAP)
Manque de carburant à Bamako : La population déterminée, malgré tout
Par Baya TRAORE Bamako, 23 oct (AMAP) La circulation bamakoise était assez fluide, ce mardi 22 octobre. De Kalaban Coura à Sabalibougou, en passant par Daoudabougou, sur la rive droite du fleuve Djoliba, pour rejoindre le centre-ville, sur la rive gauche, par le pont Fahd, aucune affluence sur le trajet. Alors que, généralement, c’est la croix et la bannière, aux heures de pointe sur ce tronçon. Cause de cette fluidité inhabituelle, la pénurie de carburant. En effet, la majeure partie des usagers de la circulation de la capitale malienne, Bamako, souffre de la rareté du liquide précieux et rare. Ces derniers jours, ce beau monde s’agglutine dans les stations-service où de longs rangs sont devenus le quotidien des automobilistes et motocyclistes. Certains se mettent en fille la veille. Dans une station d’essence situé à Kalaban coura, la file d’attente est interminable. Les automobilistes. les motocyclistes ainsi que les conducteurs de tricycles, très nombreux, s’impatientent dans un charivari indescriptible, nécessitant parfois la présence de la police pour mettre un peu d’ordre et régler la circulation. Habillée en robe rose et jaune assortie d’un grand foulard sur la tête, le bébé sur le dos, Oumou Dia, la trentaine révolue, comptable de son état, tenant sa moto, fait la queue. Il est 8h 50mn. Elle affirme être dans le rang depuis vers 7 heures du matin. Après d’une heure d’attente, elle demeure stoïquement patiente, attendant d’être servie. Selon elle, « il faut coûte que coûte, faire le plein. Ce, malgré le retard qu’elle accuse pour se présenter à son service. Pour la comptable, cette situation ne l’a pas découragée d’aller au travail car elle est convaincue que le Mali va sortir de cette épreuve. Elle trouve que cette situation n’est pas la fin du monde et que « c’est Dieu qui a voulu que notre pays passe par ces moments difficiles. » Malgré tout, notre interlocutrice dit avoir « toujours confiance en nos dirigeants » et appelle la population « à être sereine et confiante. » Un peu plus loin à Bamako Coura, nous rencontrons Ousmane Traoré, chef d’entreprise. Selon lui, à part le retard des travailleurs, son entreprise gère un peu mieux la situation, car il avait déjà installé des panneaux solaires depuis la construction de son entreprise. En plus, elle dispose d’un groupe électrogène. Mais face à cette situation, notre entrepreneur appelle la population « à l’unité nationale et à la patience » car selon lui, aucun pays n’a connu de bonheur sans passer par des moments de difficulté. Dans la cour de l’hôpital Gabriel Touré, Saran Touré, en blouse de nettoyage, un balai à la main droite et un seau à la main gauche. Elle nous explique que tous les jours, elle vient au travail à 4 heures du matin. Mais à cause de cette crise de carburant, elle vient en retard. Car d’habitude, elle vient en auto stop ou elle emprunte des Sotroma (véhicules de transport en commun). Mais avec cette crise, elle dit avoir passé ces derniers jours, des heures avant de trouver une voiture car selon elle, il y a peu de véhicules qui circulent. Enfin, notre interlocutrice soutient que le manque de carburant ne l’empêchera pas de venir travailler même si elle doit marcher, car selon elle, « si chacun reste à la maison et refuse de venir travailler, cela va aggraver la situation et fera plaisir à l’ennemi. » Saran Touré prie pour que nos autorités aient la force de gérer cette situation et appelle tout le monde au calme. Assis sur sa moto, en face de la route, en entendant des clients, Oumar Doumbia est conducteur de moto taxi. Il témoigne qu’il est parti chercher du carburant depuis 6 heures du matin et c’est à 11 heures qu’il a pu trouver de l’essence. Oumar Doumbia dit que malgré tout ce temps passé dans l’attente, il n’a pas pu avoir le plein d’essence pour sa moto. Selon lui, à cette allure, les prix de transport des mototaxis vont augmenter. Les transporteurs ne pourront pas faire beaucoup de courses. Notre interlocuteur poursuit, fataliste : « Seul Dieu peut aider notre pays à sortir de cette situation qui n’est ni bonne pour les autorités, ni pour la population elle-même ». Dans une autre station bondée au Quartier du fleuve, il est 11 heures. Dans la file des motocyclistes, habillé en jean noir et d’une chemise bleue, Sidy Gouanlé, commerçant tient sa moto, tout en sueur. Pour lui, cette situation est difficile mais ce sont « les épreuves de la vie. » Selon le jeune commerçant, les autorités font de leur mieux pour la gestion de la crise. Pour cela, Sidy Gouanlé demande à la population d’être derrière les autorités, les soutenir car « elles se battent pour le bonheur de la population. » Il exhorte les Maliens à être forts et à rester soudés « car c’est le moment de montrer son patriotisme. » Devant une autre station d’essence, assis dans sa voiture, habillé en boubou marron, Moussa Touré, fonctionnaire de son état, fait la queue comme tout le monde depuis plus de 2 heures. Visiblement découragé, il nous a confié que sa journée est perdue, car il a laissé son travail pour venir chercher du carburant. Selon Moussa Touré, le travail ne doit pas s’arrêter malgré cette panne sinon, cela va jouer sur l’économie du pays. « Ce qui est encore plus pire », trouve-t-il. Face à cette situation, il pense que les gens doivent utiliser les moyens disponibles comme les transports en commun pour aller travailler et laisser les voitures à la maison pour gérer cette situation. Moussa Touré soutient que cela va alléger la situation au niveau des stations d’essence. Notre interlocuteur a ajouté que « les autorités doivent laisser les transporteurs gérer avec les groupes armés car, selon lui, c’est parce que l’armée escorte les camions citernes qu’il y a des attaques. » Aussi, propose-t-il que « les autorités trouvent une solution politique » pour gérer cette situation. Enfin Moussa Touré appelle la population à garder son calme et à être disciplinée dans les stations d’essence. BT/MD (AMAP)
Lancement du concept « Rencontres PME-Banques » pour faciliter l’accès au financement des Petites et moyennes entreprises (PME) maliennes
Bamako, 22 oct (AMAP) Le concept « Les Rencontres PME-Banques » a été officiellement lancé, mercredi, à Bamako, en vue de favoriser un rapprochement entre les Petites et moyennes entreprises (PME) maliennes et les institutions financières, d’améliorer l’accès au financement et de stimuler la création d’emplois, a constaté l’AMAP sur place. Financé par l’ambassade du Royaume des Pays-Bas au Mali et porté par le cabinet NextP Consulting, ce programme « ambitieux vise à créer un espace de dialogue structuré entre les PME et les banques, pour surmonter la méfiance mutuelle et aligner l’offre et la demande en matière de financement. » L’événement a réuni une centaine d’acteurs de l’écosystème dont des représentants de banques, d’institutions de microfinance, de structures d’appui aux PME, d’incubateurs et de cabinets de conseil. La deuxième secrétaire de l’ambassade des Pays-Bas, Hannah Zevenbergen, en charge de l’emploi des jeunes, du développement du secteur privé et des affaires humanitaires, a souligné l’importance de ce projet : « Ce programme a un objectif simple mais, ambitieux : créer un espace de compréhension mutuelle entre les institutions financières et les PME, afin de mieux aligner l’offre et la demande en matière de financement. » « Il s’agit d’écouter, de dialoguer et, surtout, d’apprendre les uns des autres. Nous savons que les PME sont les moteurs de la croissance économique et de la création d’emplois à valeur ajoutée. », a-t-il ajouté. « Toutefois, leur développement est souvent entravé par un accès limité au financement. De l’autre côté, les banques font face à des défis dans l’évaluation des risques liés aux PME. D’où l’importance d’un dialogue structuré et constructif », a expliqué Hannah Zevenbergen. Selon le consultant principal de NextP Consulting, Hamidou Dicko, « les PME peinent à accéder aux financements en raison d’une méconnaissance réciproque. » « D’une part, les PME ne comprennent pas bien les offres de financement des banques, les procédures et les conditions. D’autre part, les banques ont du mal à bien comprendre les réalités des PME. » « Il y a une sorte de méfiance entre les deux, et c’est un manque à gagner pour l’écosystème, surtout face au défi du chômage des jeunes que les PME pourraient absorber si elles accédaient plus facilement au financement », a expliqué M. Dicko. Le programme prévoit l’organisation de dix sessions mensuelles, de novembre 2025 à août 2026. À chaque rencontre, une dizaine de PME seront sélectionnées sur des critères (comme un chiffre d’affaires minimum initialement fixé à 20 millions de FCFA mais, potentiellement, abaissé à 10 millions suite aux recommandations des participants), et une ou deux institutions financières (banques ou microfinances) présenteront leurs offres, conditions et procédures. Au total, une centaine de PME bénéficieront de contacts directs et 50 d’entre elles recevront un accompagnement individuel pour renforcer leur structuration administrative, organisationnelle et financière, afin de mieux répondre aux exigences bancaires. Sidi Sidibé, représentant de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Mali (APBF Mali) et de la Banque atlantique, a insisté sur le rôle éducatif de l’initiative : « Cette rencontre va permettre aux entreprises de comprendre les mécanismes de fonctionnement des banques et les conditions pour être éligibles à un crédit. Les banques accompagnent déjà les PME mais, l’informel reste un handicap majeur. Nous profitons de cette initiative pour encourager les entreprises à se formaliser, tandis que les banques créent des services dédiés aux PME et TPE, avec des produits adaptés », a expliqué Sidi Sidibé. Les initiateurs soulignent que ce programme s’inscrit dans un engagement plus large pour soutenir l’écosystème entrepreneurial malien, en vue d’un développement inclusif et résilient. Bien que n’étant pas une solution miracle à tous les problèmes de financement, il est perçu comme un élan pour renforcer la communication et la confiance entre les acteurs. OS/MD (AMAP)

