Point de courses en direct : Des parieurs scotchés malgré la suspension des courses hippiques françaises
Par Oumar DIAKITE Bamako, 27 mars (AMAP) Le Pari mutuel urbain (PMU-Mali) a basculé des courses françaises aux sud-africaines et anglaises. En raison de la pandémie du Covid-19 ou coronavirus, les courses de chevaux sont suspendues en France, depuis le mardi 17 mars jusqu’au 15 avril 2020. Certes, l’affluence des turfistes s’est réduite dans les Points de courses en direct (PCD), mais des indécrottables sont-là. La Direction générale du (PMU-Mali) a, à cet effet, fait de telle sorte que les joueurs puissent continuer à prendre leurs paris, tous les jours, dans les PCD sur les courses sud-africaines et anglaises. Alors que les courses françaises attiraient davantage les parieurs dans les points de courses en direct à Bamako, les premières courses, après ce transfert, ont eu lieu, jeudi 19 mars 2020, dans les PCD du Mali. Ce jour, vers 9 heures 50mn, notre équipe de reportage est arrivée au PCD, au Dibidani. La grande salle des jeux est presque vide. Les cinq personnes, quatre hommes et une dame, tiennent chacun un programme des courses de la journée. « Il n’y a pas de courses aujourd’hui ? », nous nous adressons à eux. « Evidemment ! Les courses se disputent. Le départ de la première course est prévu à 10heures 25mn », réplique la bonne dame, sans lever la tête, très concentrée sur son programme de courses et en pleines discussions avec un homme assis à côté d’elle. Tout à coup, un monsieur faisant des va-et-vient nous indique les programmes. « Voilà les programmes déposés sur la table, vous pouvez vous servir », dit-il, en désignant du doigt les piles de documents. Au mur, sont fixés deux écrans de télévision, sur lesquels passe la retransmission de la préparation des chevaux de course. Après des indications, nous nous dirigeons vers le bureau du chef de l’agence du point de courses en direct. Nous toquons à la porte. Sans réponse. La porte d’un autre bureau. C’est celle de la salle VIP, climatisée et réservée aux parieurs de première classe. Trois personnes s’y trouvent. La dame qui gère les ventes de tickets et le paiement des gains, un homme et une autre dame. Nous avons décliné notre identité à la guichetière assise dans un coin aménagé. Elle nous fait savoir que le chef d’agence viendra un peu tard. De leurs côtés, les deux autres turfistes se montrent discrets. « Nous ne nous exprimons pas sur les courses. On a rien à vous dire sur la suspension des courses françaises », nous lancent-ils sur un ton de dédain. Pour sa part, la guichetière choisit, aussi, le silence radio, notamment sur l’absence d’affluence dans la salle de courses en direct. Quelques turfistes font leur arrivée à notre sortie de cette agence. Nous coïncidons avec la première course de la journée, au PCD du siège du Pari mutuel urbain du Mali. Il y a de l’ambiance ici. Du brouhaha. Plus d’une cinquantaine de mordus de courses en direct sont dans la salle. Vieux, hommes et femmes tentent leur chance. Si certains parieurs se tiennent debout, d’autres ont pris place sur les bancs et quelques-uns se faufilent entre les allées. Au même moment, il y a des joueurs devant les guichets. Sur cinq tableaux, les écrans plats fixés au mur pour la projection des courses en direct, deux sont fonctionnels. Un bandeau, en rouge, affiche le message de la Direction générale du PMU-Mali : « Nous sommes désolés de vous informer que, suite à l’épidémie de Coronavirus, les courses françaises ont été suspendues jusqu’à ce que la situation s’améliore. Nous espérons vous retrouver très vite ! ». Des groupes, suivant leurs affinités, animent la salle en se taquinant. « On vous a dit que les courses en direct sont fermées non ? », s’adresse un jeune, dans la trentaine, à homme, en tendant de lui arracher le programme. La réplique de l’autre ne se fait attendre : « Comment peut-on fermer les points de courses en direct alors que notre survie en dépend ? ». Un peu plus loin, deux vieillards aux cheveux blancs, plaisantent. « Hé dogo ! », dit le premier au second, avec l’intention de tirer son boubou. Et au dernier de s’exclamer : « Qui est ton dogo ! Tu as une fuite de mémoire, je pense». ABSENCE D’INFORMATIONS –Soudain, c’est le grand silence. Tous les regards se dirigent sur les deux écrans émetteurs de la course en direct. C’est le démarrage de la course. Suspense, qui traduit, probablement, la nouveauté avec les courses sud-africaines et anglaises. Les numéros gagnants de cette première course de la journée à Turffontein, Afrique du Sud, sont en ordre d’arrivée : 10-7-8. Ce qui fait gagner 363 000 Fcfa. Visiblement, il n’y a pas beaucoup de gagnants dans la salle. Ça bourdonne par-ci, par-là. « J’ai gagné au placé numéro 10, je n’ai eu que 1000 Fcfa alors que j’ai misé 1200 Fcfa », confie un parieur, à la mine moins serrée que d’autres dans la salle. Il ajoute qu’il a eu peur de jouer sinon qu’il allait gagner plus d’argent. Un autre joueur se lamente au fond de la salle. « Le problème est qu’on ne maîtrise pas les courses sud-africaines. C’est ma première fois de jouer à ces courses. Je suis contraint de tenter ma chance », argue-t-il. Malgré le reproche de la non maitrise des méthodes de calcul des courses non françaises qui est évoqué par tous, rien ne prouvait que ces parieurs videraient la salle. Mieux, elle se remplissait au fur et à mesure. « Les commentaires dans le programme des courses en Afrique du Sud ne contiennent pas d’informations auxquelles on peut se fier pour faire les calculs. Très généralement, aussi, ce sont de jeunes chevaux qui courent dans ce pays, contrairement en France. Moi je ne joue pas jusqu’à la reprise des courses françaises », dit un parieur. La Direction générale du PMU-Mali estime que c’est trop tôt pour s’exprimer sur la rentabilité des courses hippiques sud-africaines et anglaises. « C’est aujourd’hui (Ndlr, jeudi) que se tiennent les premières courses hippiques dans les PCD, après la suspension de celles de France. C’est peut être après un temps qu’on pourra être édifié », dit la responsable médias à la Direction générale du
Bars et boîtes de nuit : La fermeture durement ressentie par les promoteurs
Bamako, 25 mars (AMAP) Depuis le dimanche dernier, les forces de sécurité patrouillent dans la capitale pour faire respecter la mesure gouvernementale de fermeture des bars et boîtes de nuits, dans le cadre de la prévention contre le covid19. Le Mali, qui n’entend pas baisser la garde face au coronavirus, a pris la décision de fermer les bars, boîtes de nuit et autres espaces de loisir pour éviter une éventuelle propagation de cette maladie. Cette mesure conservatoire a conduit certains opérateurs économiques privés à réduire leur personnel, voire à les mettre en chômage technique. Un tour à l’espace de loisir «Petit coin» sur la route de Niamana, nous a permis de noter la grande morosité des lieux. Une jeune serveuse, assise à retourner les pouces, ne pouvait cacher sa frustration. «Je pense que le gouvernement pouvait prendre d’autres mesures au lieu de fermer les bars et autres espaces de loisirs», dit-elle. Cette fermeture est durement ressentie par les propriétaires de bars, discothèques et autres espaces de détente qui vivent au jour le jour. C’est le cas de Moussa Théra, propriétaire d’un bar à Tabakoro. Désespéré de ne plus faire d’entrées d’argent, depuis que la mise en vigueur de la mesure d’interdiction, il ne compte que sur l’aide de l’Etat pour tenir le coup et pouvoir subvenir aux besoins de sa famille. Le propriétaire du bar-restaurant «Bafing», Ibrahim Souleymane Tounkara, commente la situation avec une pointe de désespoir. «Je n’ai jamais vu ce genre de crise. Nous sommes obligés de respecter les mesures du gouvernement pour éviter la propagation du virus, mais nous avons des charges à assumer. J’emploie 15 personnes et je suis obligé de payer leur salaire à la fin du mois. Et on ne sait pas quand cette interdiction prendra fin», s’inquiète le propriétaire du «Bafing». Lui aussi souhaite des mesures d’accompagnement du gouvernement pour surmonter les difficultés. La fermeture des boîtes de nuit est une réalité dans la capitale. Au niveau du night-club «Ibiza», nous n’avons trouvé aucun interlocuteur. Un jeune trentenaire«maquisard», qui a requis l’anonymat, explique que c’est le chaos. Avant le night-club «Ibiza», notre interlocuteur s’était déjà rendu à la «rue princesse» à Hippodrome et au niveau d’autres boîtes de nuit, mais tout était fermé. On peut dire que les propriétaires de ces espaces de détente sont conscients des risques liés au coronavirus. Cependant, les propriétaires de certains bars et boîtes de nuit de Bamako ont maintenu leurs activités. Ils ont été contraints par les forces de sécurité à fermer. En effet, depuis la nuit du dimanche au lundi 23 mars dernier, le ministère de la Sécurité et la Protection civile a entamé une vaste opération pour faire respecter les mesures de prévention du Covid-19. A Bamako, la descente des forces de sécurité (police et gendarmerie) a permis d’interpeller des contrevenants, notamment des propriétaires de bars et discothèques. AS/MD (AMAP)
Produits de première nécessité : Le niveau des stocks rassure
Par Aminata Dindi SISSOKO & Lassana NASSOKO Bamako, 24 mars (AMAP) Le coronavirus a ébranlé les habitudes sociales, culturelles, cultuelles, économiques, etc. Cela, à cause des mesures prises par les Etats pour faire face à ce «mal». Afin de limiter la propagation du virus, certains pays ont suspendu les vols internationaux. D’autres, comme la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, deux pays limitrophes du Mali, ont annoncé la fermeture des frontières terrestre, maritime et fluviale. Ces décisions pourraient avoir des effets négatifs sur la chaine d’approvisionnement de notre pays en produits manufacturés. Surtout que l’essentiel des produits que consomment les Maliens sont importés et passent par les corridors ivoirien et sénégalais. Des pays déjà infectés par le Covid-19. Le marché bamakois est-il suffisamment ravitaillé en denrées de première nécessité pour faire face aux mesures de restrictions consécutives au coronavirus ? Comment faire pour assurer l’approvisionnement régulier du pays en produits de première nécessité ? Sont, entre autres, questions qui taraudent l’esprit de nos concitoyens. Pour rassurer les uns et les autres, le ministre de l’Industrie et du Commerce, a rendu public un communiqué, le 19 mars dernier, qui indique : «A la date d’aujourd’hui, les stocks des denrées de consommation courante disponibles sur le marché sont supérieurs aux seuils d’alerte et les prix à la consommation n’ont pas été touchés par les effets de la crise sanitaire». Le communiqué ajoute que des mesures sont en cours pour garantir un approvisionnement régulier du pays en produits de première nécessité, notamment en prélude au mois de ramadan et de la période de soudure. Pour le directeur général adjoint du commerce, de la consommation et de la concurrence, Monzon Koné, il n’y a pas à s’inquiéter. «Les stocks de denrées de consommation courante disponibles sur le marché sont supérieurs aux seuils d’alerte», réaffirme M. Koné, tout en précisant que le stock disponible est reparti comme suit : 43.874 tonnes de riz pour un mois, 100.000 tonnes de sucre pour environ quatre mois, 4.000 tonnes de lait pour environ deux mois, 11.402 tonnes de farine pour trois mois, 6.679 tonnes d’huile alimentaire pour un mois. «Ce sont là des stocks disponibles chez les grossistes, les industriels et sous douane. Il y a aussi des stocks d’intervention de l’Etat, de sécurité et ceux de la CEDEAO», ajoute Monzon Koné. ACCOMPAGNEMENT DU GOUVERNEMENT – Interrogé, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, Youssouf Bathily, confirme que les commerçants n’ont pas encore commencé à réellement sentir les effets de cette crise sanitaire. Car, il a été demandé aux importateurs d’éviter les pays touchés par le virus et de choisir d’autres destinations. Cependant, Youssouf Bathily reconnaît que la fermeture des ports de Dakar, Abidjan, Guinée, Ghana, Cotonou, Lomé et Nouakchott pourrait poser des problèmes aux commerçants maliens. C’est pourquoi il sollicite l’accompagnement du gouvernement en cette période difficile. Au niveau des marchés, l’on se veut également rassurant. Un tour au marché Dabanani, l’un des points d’approvisionnement des commerçants et des ménages, suffit pour s’en convaincre. En plein cœur de ce haut lieu des échanges situé au quartier Bozola, en Commune II, une camionnette remplie de sacs de sucre est garée devant une boutique. Des jeunes sont en train de la décharger. Mamadou Diarra, commerçant, supervise les travaux. «Avancez tout droit. Ne vous précipitez pas. Suivez-moi », crie-t-il, guidant les porte-faix vers un couloir qui donne sur un magasin. Pensez-vous que le marché soit suffisamment approvisionné pour couvrir les besoins dans ce contexte de coronavirus et durant le ramadan ? Mamadou dit ne pas être en mesure de donner une réponse claire à cette question. Il est, par contre, sûr d’une chose. «Pour le moment, il n’ya aucune pénurie. Les prix des marchandises demeurent inchangés auprès des fournisseurs malgré le contexte», rassure le négociant. « On ne nous a pas dit si dans les jours ou mois à venir, ce ne sera plus le cas. Espérons que ça reste comme tel», ajoute-t-il. A quelques encablures de là se trouve une boutique de lait et de sucre. Karim Tangara en est le gérant. Il faisait ses ablutions au moment de notre arrivée. Chapelet au cou, Karim se prête à nos questions après avoir fini ses ablutions. Son visage souriant se mue en un regard inquiet lorsqu’il entend le mot coronavirus. Il répond : «aucun manque n’est à déplorer ici. Même hier, on a déchargé ici quatre tonnes de sucre. Jusqu’au mois de ramadan, je ne manquerai de rien». Par ailleurs, le jeune homme dit avoir constaté que les prix ont commencé à grimper. Il en veut pour preuve, le prix du sac de lait qui a augmenté d’au moins 2.500 Fcfa, il y a environ deux semaines de cela. « Peut-être que c’est une simple coïncidence et que cela n’a rien à voir avec le coronavirus », nuance Karim Tangara. Qui se dit tout de même inquiet, «même si les autorités assurent qu’aucun danger ne se profile à l’horizon et que le marché a de quoi satisfaire les demandes de la population». SOLIDARITE – Plus loin, trois hommes sont en grande discussion sur un banc. A côté, une théière posée sur un fourneau rempli de braises répand une odeur agréable. Madou Coulibaly est l’un d’eux. D’un ton railleur, il n’hésite pas à dénoncer ce qu’il appelle la course à l’accumulation des stocks à laquelle s’adonnent certains commerçants du marché Dabanani. « Ils (les spéculateurs) pensent que bientôt il y aura un manque des produits. Ils achètent tout : sucre, lait, farine. En grande quantité», confie-t-il. A l’en croire, cette stratégie commerciale est utilisée, en prévision d’une situation de pénurie en denrées de première nécessité. Madou Coulibaly redoute une telle éventualité. Pour lui, les commerçants n’hésiteront pas à augmenter les prix des marchandises qu’ils ont obtenues auparavant à des prix bas. « Nous n’allons pas nous livrer à ce jeu. Entre Maliens, on doit être solidaires. Surtout dans les moments difficiles», conseille Madou. Contacté, l’ancien directeur général du commerce à la retraite, Modibo Keïta, affirme que ces mesures prises vont perturber la chaîne d’approvisionnement. Il faudra,
Pandémie de coronavirus : L’inquiétude monte chez les commerçants maliens
Reportage de Lassana NASSOKO Bamako, 18 mars (AMAP) Jusque-là, le Mali n’a enregistré aucun cas de coronavirus, mais plus les jours passent, plus l’inquiétude monte chez les commerçants. Pour s’en convaincre, il suffit de faire un tour au marché Dabanani où, nombre de vendeurs craignent l’épuisement de leurs stocks, alors qu’ils ne peuvent pas se rendre en Chine, en ce moment, à cause du Covid-19. Ici, les négociants que notre équipe de reportage a rencontrés, lundi, sont unanimes : la pandémie du coronavirus commence à se faire sentir dans le monde des affaires. Aujourd’hui, une question est sur toutes les lèvres au marché Dabanani : que se passera-t-il, dans deux ou trois mois, si cette maladie pandémique n’est pas maîtrisée ? Pour l’heure, comme d’habitude, au centre commercial de Bamako, on constate l’affluence. Des clients massés devant des articles dans des charrettes ou devant des magasins. Partout, les mouvements incessants des commerçants ambulants qui vantent la qualité de leurs marchandises. Devant une boutique de téléphones, des jeunes discutent. Boubacar dit ‘Chinois’ est l’un d’eux. Ce jeune homme, la trentaine révolue, a fait plusieurs fois le voyage en Chine, bien avant l’apparition et la propagation fulgurante du coronavirus. Lui et trois camarades ne cachent pas leur inquiétude. Depuis janvier, ils sont sans nouvelle de la cargaison de batteries qu’ils ont commandée. La raison ? La pandémie du Covid-19 a paralysé le fonctionnement des usines de fabrication. Les mesures de confinement des populations, prises par les autorités chinoises, ont plombé la production industrielle. «Nous savons que les activités ont maintenant repris timidement en Chine, mais la demande dépasse largement l’offre», explique ‘Chinois’. PRIERES – Assis sur une chaise haute, Diagouraga, vêtu d’une chemise wax, vend des panneaux solaires et des ventilateurs. Que pense-t-il du Covid-19 ? Le quadragénaire commence d’abord par des prières. «Quelle maladie destructrice qu’est le coronavirus !», s’exclame-t-il, la mine et la voix exprimant son inquiétude. Son souci est qu’il ne parvient plus à se procurer des ventilateurs de type TMC qu’il importait de Chine et d’autres pays asiatiques. «Regardez dans ma boutique, il n’y a plus cette marque depuis un mois. Et c’est introuvable sur le marché. Pour la majorité des clients, c’est la meilleure qualité en période de chaleur», se lamente le commerçant. A quelques mètres de là, une autre boutique. Là, on ne vend que des motos Djakarta. Des caisses contenant des motos en pièces détachées sont superposées les unes sur les autres dans le magasin. Derrière un comptoir, un homme au regard vif. Sous couvert de l’anonymat, il se dit être tout simplement anxieux. « Comment ne pas l’être si vous peinez à faire des commandes ? », s’interroge-t-il. A côté de lui, un autre commerçant ne semble pas s’intéresser à la conversation, absorbé par ses comptes. L’homme plonge le nez dans un registre qu’il n’arrête pas de feuilleter. Plus loin, deux jeunes proposent des marchandises exposées sur des charrettes. Ce sont des vendeurs de chaussures. Ils redoutent aussi la diminution des stocks. A les entendre, ils n’ont plus de nouveautés à offrir ou à montrer aux clients. Ils ont remarqué que depuis plus d’un mois, leurs fournisseurs chinois ne viennent plus au marché. Du coup, ils assistent, impuissants, à l’épuisement progressif de leurs stocks. Là où le bât blesse, c’est que les deux vendeurs constatent que les prix de certaines chaussures augmentent, légèrement, auprès de certains fournisseurs locaux qui ont en leur possession une grande quantité mais préfèrent tirer profit de la situation de pénurie qui se dessine, actuellement, sur le marché. LN/MD (AMAP)
Douanes : Saisie de basin caché parmi des effets personnels
Bamako, 17 mars (AMAP) Les douaniers de la Brigade mobile d’intervention (BMI) de Bamako ont saisi, dans la nuit du lundi au mardi dernier, 54 pièces de basin de qualité « Getzner » dans deux fûts en plastiques cachés parmi des effets personnels venus d’Europe. Sur le marché local, ces pièces que transportait un camion chargés d’objets divers, valent une vingtaine de millions de Francs Cfa. A la découverte de la marchandise importée en contrebande, le chef de la BMI, l’inspecteur des douanes Toumani Diallo, a instruit son équipe de conduire le camion au bureau, à Faladiè, pour une fouille approfondie. La fouille a permis de découvrir une importante quantité de produits pharmaceutiques dont plusieurs boites sont déjà ouvertes et d’autres colis contenant des bouteilles de liqueur. En dehors des basins, des médicaments et des bouteilles d’alcool, la cargaison contient, également, des produits alimentaires variés qui ne sont accompagnés d’aucun certificat dûment délivré par les services compétents « Nous sommes en présence d’un cas emblématique de fraude et commerce illicite de produits dangereux pour l’homme », a expliqué l’agent des douanes en charge du dossier. Généralement rassemblés dans une barrique plastique ou dans des cartons bien emballés, ces effets personnels sont censés être sans grande valeur marchande. A ce titre, les droits de douane sont calculés sur la base d’un forfait, et au gabarit du contenant. Les services de répression ont constaté que ce mode de transport d’effets personnels est utilisé par de contrebandiers professionnels qui transportent, ainsi, des marchandises à forte taxation douanière pour échapper à la réglementation douanière. Cette saisie de basin, intervient quelques mois après une autre saisie de basin d’une valeur de plus de 200 millions de Fcfa. AC/MD (AMAP)
Poisson fumé ou séché : La sécurité sanitaire sujette à caution
Par Anne-Marie KEITA Bamako, 12 mars (AMAP) Les conditions de transformation et de conservation du poisson fumé ou séché laissent à désirer. L’hygiène est le cadet des soucis de nombre des acteurs de la filière. Pour ne rien arranger, il y a aussi l’utilisation de produits chimiques non homologués.Un tour sur les différents marchés de Bamako a permis de constater les conditions de vente de ce produit alimentaire tant sollicité par nos ménagères. Au Grand marché de condiments de Bamako, le poisson fumé et séché est exposé dans les cartons et à même le sol pour attirer la clientèle. Un peu partout, dans ce marché, les vendeurs installés en rangs dispersés vous propose un produit dont eux-mêmes ne maîtrisent pas la qualité. On note, rapidement, les mauvaises conditions de conservation et de vente du produit. Interrogé sur la conservation, Adama Diallo explique que sa marchandise provient de Mopti, mais, ignore pratiquement les conditions de transport. A ses dires, le poisson fumé arrive déjà infesté d’insectes et dans un état perceptible de dégradation. « Pour ne pas perdre notre bénéfice, nous le vendons tel quel », affirme-t-il. Non loin de ce vendeur, se trouve installé une dame. Elle s’appelle Alima Koné, également vendeuse de poisson fumé. On remarque, à vue d’œil, l’état poussiéreux de son produit avec les larves d’insectes. Fataliste, elle affirme ne rien maîtriser de la transformation et de la conservation du poison fumé et estime que la poussière et les infestations n’ont pas d’effets sur la santé puisque le poisson est d’abord cuit avant sa consommation. Spécialiste du fumage, Ramatou Bagayoko exerce ce métier depuis plus d’une dizaine d’années. Cette dame explique que le fumage et le séchage du poisson passent par plusieurs processus. Selon elle, pour avoir un bon poisson fumé et séché, il faut d’abord disposer de moyens adéquats de transformation tels que des fours, des séchoirs et accessoires. Aussi, il faut que le poisson à fumer soit de bonne qualité et non pas à l’état de putréfaction. Notre interlocutrice regrette que, très généralement, certains pêcheurs ou personnes chargées du fumage choisissent les poissons en état de putréfaction. Et certains utilisent des produits non conformes à la règlementation au plan national. Le poisson de mauvaise qualité, même bien fumé et séché, n’aura pas un goût agréable, ni de valeur nutritive et ne peut pas être conservé plus longtemps. Notre spécialiste affirme avoir reçu une formation dans le domaine. Elle explique que le séchage est une technique qui vise l’élimination de l’eau du poisson par évaporation en vue de réduire le taux d’humidité et baisser les chances de survie des bactéries. Quant au fumage, il consiste à réduire l’humidité du poisson par un feu et l’entretenir dans la fumée pour être séché. Ramatou Bagayoko explique qu’au cours de la transformation et de la conservation ou la mise sur le marché, le poisson peut subir les détériorations majeures de sa qualité nutritive et commerciale. Des infestations par les larves d’insectes, dont les mouches et les coléoptères, peuvent causer des pertes colossales sur la valeur marchande du poisson fumé et séché. Cette thèse est soutenue par notre premier interlocuteur Adama Diallo. La plupart des transformatrices et vendeurs interrogés sur la transformation et la conservation du poisson, ignorent que des produits comme des pesticides sont utilisés sur le poisson fumé et séché. Mais tous ont conscience qu’un pesticide peut avoir des effets préjudiciables sur la santé humaine. Selon une enquête réalisée par l’Association des consommateurs du Mali (ASCOMA), en 2015, sur la conservation du poisson fumé et séché, et dont nous nous sommes procurés une copie, le marché du District est approvisionné à partir des marchés d’autres régions particulièrement celle de Mopti, mais, aussi à partir des marchés de Dakar et de la Mauritanie en ce qui concerne le poisson de mer. Selon le même rapport, pour 20% des enquêtées, la méthode la plus courante de préservation du produit passe par un traitement du stock. 69% pensent que le poisson fumé est la catégorie la plus attaquée par les parasites. 76% des réponses fournies mettent en évidence la méconnaissance des produits chimiques utilisés dans la conservation du poison transformé. Cette méconnaissance des effets nocifs de l’utilisation des pesticides dans cette filière est source de danger pour le consommateur. La pratique des techniques traditionnelles de transformation du poisson frais en poisson fumé et séché s’explique, selon le directeur national adjoint de la pêche, Alhousséyni Sarro, par la nature périssable du produit, l’absence d’une chaîne de froid (glace, chambre froide), la lenteur des moyens de déplacement, l’enclavement des zones de production et le manque de moyens de conservation. « Ce sont là, autant de facteurs qui obligent le pêcheur à recourir à la transformation par le séchage et le fumage », a-t-il ajouté. La transformation est une alternative de premier choix pour remédier au problème de conservation du poisson frais. « Le poisson qu’on arrive pas à vendre frais, on le transforme rapidement en poisson fumé et séché pour pouvoir le vendre », a expliqué M. Sarro. Pour lui, la problématique du poisson transformé vient du fait que les producteurs ne respectent pas certaines normes d’hygiène. C’est à cause de cela que les avaries sont plus fréquentes. A ces difficultés, s’ajoutent le manque de formation des acteurs à mieux transformer et le manque d’équipements. Le directeur national adjoint de la pêche, pense que pour avoir une bonne qualité de poisson fumé et séché conservable, il faut d’abord former les acteurs de la chaîne de transformation, fournir des moyens adéquats de transformation et de conservation (fours et séchoirs adaptés). Pour la conservation de longue durée, Alhousséyni Sarro, ingénieur vétérinaire d’élevage, a souligné qu’il existe des produits homologués, par le ministère de la Santé et celui de l’Elevage et de la Pêche, pour que le poisson ne soit pas infesté par les insectes. La structure d’encadrement appelée « Opération pêche » s’occupait de ce processus. Ces produits pour le traitement du poisson fumé et séché autorisés par l’arrêté interministériel n°89-2459/MEE/MSPAS sont le K-Othrine 25 mg, et l’Actellic 50 mg. M. Sarro indique
Sous-produits d’abattage : Un business rentable
Reportage : Marian F. DIABATE Bamako, 05 mars (AMAP) Sur un grand espace longeant la Route nationale (RN7), à quelques kilomètres du grand virage de Sirakoro Méguetana, Moussa Sow, 35 ans, semble s’accommoder parfaitement de l’odeur infecte des restes d’abattage et des essaims de mouches qui pullulent. Après tout, c’est son lieu de travail. Ici, des queues de vaches suspendues à des structures en bois surplombent des monticules de cornes qui jonchent le sol. Sa journée de travail commence par un geste simple : dévoiler les «collines de cornes» recouvertes de bâches. Si le décor est fait d’une hygiène répugnante, à cause de l’odeur nauséabonde et les nuées de mouches, l’activité, elle, d’un point de vue «économique» est assez rentable. Ce n’est certainement pas Sow qui soutiendra le contraire. Depuis deux décennies, il exploite les cornes, poils de queues, mâchoires… Un business qui lui permet de relever le défi du chômage. « C’est dans le commerce de cornes que je suis connu. Il n’y a pas de sot métier», affirme-t-il, occupé à vérifier l’état d’un amas de cornes se distinguant des autres par sa couleur blanche. Le commerce de sous-produits d’abattage pour ce trentenaire est une activité à laquelle il était prédestiné, lui qui est fils de boucher. «Un beau jour, nous raconte-t-il, sur son lieu de travail, un ami qui m’a emmené des étrangers qui avaient besoin de cornes en quantité ». « Je suis fils de boucher, c’est la seule raison pour laquelle, on m’avait présenté ces Blancs», ironise-t-il. Mais à l’époque, notre interlocuteur n’avait aucune idée de ce qu’on pouvait gagner dans le commerce de cornes. C’était il y a 20 ans. «Je suis allé à l’abattoir de Sabalibougou-Courani. A l’époque, les cornes ne se vendaient pas, mais, dès que j’ai parlé de mon projet, ils m’ont vendu un tas à 50.000 Fcfa. Sa revente m’a rapporté un gros bénéfice. C’est après cela que, j’ai pris goût à l’activité», nous explique-t-il. Depuis ce jour, Moussa, natif de Mopti s’approvisionne en cornes à l’abattoir de Sabalibougou où il achète les deux types de cornes : les fraîches qui datent de peu de temps et les pourries. «On me cède la paire de cornes fraîches à 175 Fcfa», confie-t-il, ajoutant qu’il revend la même paire à 400 Fcfa, alors que celle en décomposition est cédée entre 200 et 250 Fcfa. Aux grossistes, il écoule le chargement de moto tricycle à 20.000 Fcfa, alors qu’un chargement de minibus-sotrama coûte 75.000 Fcfa. Si Sow est un fin connaisseur des cornes fraîches, il n’en sait pas autant sur les «décomposées» auxquelles il s’est intéressé, il y a seulement trois ans. Il affirme être un peu novice en ce qui concerne les «décomposées». «Je ne les achète pas au même prix que les cornes fraîches. Je préfère, d’ailleurs, les acheter à l’état frais. J’assure la décomposition, en les arrosant, matin et soir, pendant 15 jours durant la saison sèche, mais, pendant l’hivernage, deux pluies suffisent pour les décomposer», explique-t-il Qui sont les clients et à quoi servent ces produits, dont peu de personnes connaissent l’importance ? Pour Moussa, ce sont des Maliens. «Ils s’en servent comme engrais dans les champs et les vergers. Mes clients soutiennent que les cornes procurent un goût spécial aux fruits. En marge du commerce des cornes, notre trentenaire s’intéresse également au business des testicules de bœufs qu’il appelle «kôti-kôti» (animelles ou rognon blanc), aux queues de bœufs et d’autres abats, qu’il achète à l’abattoir de Sabalibougou-Courani. Pour le «kôti-kôti», l’unité coûte 150 Fcfa. Cet abat est prisé, selon lui, par les restaurants togolais, béninois, nigérians, camerounais et même maliens. Sow leur cède l’unité entre 200 et 350 Fcfa. «J’achète, également, la queue de bœuf à 600 Fcfa. J’enlève la viande et fais sécher les poils que je revendrai entre 125 et 200 Fcfa le kilo», nous explique-t-il. Ajoutant que la queue est utilisée comme un instrument traditionnel de nettoyage dans les boutiques. Quant aux autres os comme les mâchoires, le contenu des cornes et bien d’autres, le commerçant de sous-produits d’abattage affirme qu’il les brûle avant de les vendre. «Réduits en poudre, ils servent d’ingrédients pour la fabrication d’aliment bétail et de craie», indique-t-il. Il vend le sac de 100 kg à 1000 Fcfa. Pour Moussa Sow, l’un des défis de ce métier est le manque de fonds surtout au démarrage de l’activité. «J’ai souffert le martyr à cause des difficultés liées au processus de décomposition des cornes. Cela nécessite qu’on achète des équipements, des produits qui sont chers. Il vaut mieux y être préparé avant de se lancer», conseille-t-il. Moussa Sow nous confie qu’il vit de ce métier. «C’est grâce à cela que je me suis marié, que je nourris ma famille. Et j’ai pu acheter une terrain et construire ma propre maison», témoigne-t-il, en rendant gloire à Dieu. Dans l’avenir, notre interlocuteur ambitionne de créer son entreprise. Il souhaite embaucher les jeunes sans emploi, afin de relever le défi du chômage au Mali. Pour Moussa Fané, un de ses employés, ce métier est sa seule passion. Il est infatigable. C’est la motivation de son patron qui l’a incité à faire ce travail. MFD/MD (AMAP)
La CEDEAO à la recherche d’une énergie durable et abordable pour la Région
Bamako 04 mars (AMAP) Les ministres en charge de l’Energie et des Finances de six Etats membres de la Communauté économique des Etat de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont tenu, mardi, à Bamako, une réunion sur la sécurisation des échanges transfrontaliers d’énergie électrique dans le cadre du marché régional de l’électricité avec pour l’objectif principal d’échanger sur les nouveaux outils proposés et adoptés par les ministres sectoriels. «Ces instruments visent à assurer la solvabilité financière des sociétés d’électricité importatrices et exportatrices et à améliorer les échanges transfrontaliers avec pour effet de réduire les prix des tarifs. Les ministres des Finances devront tout particulièrement nous apporter l’éclairage nécessaire pour l’opérationnalisation de ces instruments dans les meilleurs délais», a expliqué le commissaire chargé de l’Energie et des Mines de la CEDEAO, Sediko Douka. Il a ajouté que l’organisation régionaleattend beaucoup de ces assises afin de renforcer le marché régional de l’énergie en Afrique de l’Ouest et faciliter l’accès des populations à une énergie durable, disponible et bon prix. Le commissaire chargé de l’Energie et des Mines de laCEDEAOa, ensuite, rappelé que l’un des handicaps majeurs au développement socio-économique dans l’espace commun aux 15 Etats, demeure l’insuffisance de l’offre d’électricité et le faible accès à cette ressource vitale. Malgré l’énorme potentiel énergétique de la région, le taux régional d’accès à l’électricité est de seulement 45% et des tarifs élevés. PRIORITÉS DE LA RÉGION – Les échanges transfrontaliers d’énergie électrique ne représentent que 8%.« Or, a souligné M. Douka, aucun développement économique durable ne peut se faire sans une énergie abondante, disponible, durable et abordable ». La Commission de la CEDEAO, en vue d’apporter une réponse durable à ce défi, a très tôt placé l’accès à l’énergie et la réduction du prix du kwh au rang des priorités de la Région. Dans cette optique, l’organisation régionale a axé sa stratégie sur la création d’un marché de l’électricité ouvert et compétitif, le développement des interconnexions et des échanges d’énergie électrique entre les États membres, la valorisation du gaz naturel pour accroitre l’offre de production d’électricité et la promotion des énergies renouvelables. Concernant le commerce de l’énergie au sein de la Région, le commissaire Energie et Mines a indiqué quedes actions concrètes ont été entreprises. Au rang desquelles, le lancement, en juin 2018, du marché régional de l’électricité et l’adoption, la même année, des textes communautaires notamment la Directive sur la sécurisation des échanges transfrontaliers d’énergie électrique du marché régional de l’électricité. Il a, aussi, souligné que la mise en œuvre de cette Directive est plus que nécessaire dans cette phase ultime de préparation du marché régional de l’électricité. Il a espéré ensuite que l’utilisation de l’aide budgétaire dans les Etats membres consacrera une part substantielle au secteur de l’énergie. Ce qui est d’ailleurs une des recommandations et souhaits exprimés par les ministres de l’Energie lors de la rencontre d’Abidjan. De son côté, la directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali, Soukeyna Kane,s’est réjouie des améliorations notables accomplies en matière d’accès à l’énergie en Afrique de l’Ouest, avec environ 50% de la population qui a accès à l’électricité. « Cependant, a-t-elle déploré, les taux d’accès restent encore trop faibles, particulièrement, dans les pays du Sahel ». Pour Soukeyna Kane, les défis du secteur restent nombreux, avec notamment une demande en forte augmentation, de 8 à 10% annuelle, une dépendance encore forte aux combustibles fossiles, coûteux pour la production d’électricité et volatile. Elle a réitéré l’engagement de la Banque mondiale à accompagner les acteurs du secteur de l’énergie au Sahel et dans la sous-région, pour répondre aux défis du secteur et accompagner les réformes entreprises par les différents pays. APPUI BUDGÉTAIRE – Dans ce cadre, l’institution financière prévoit d’accorder un appui budgétaire régional pour six pays : le Mali, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone, dans un échéancier assez court, pour supporter les reformes visant à sécuriser le commerce d’électricité inspirées de la Directive de la CEDEAO. Aussi, la Banque mondiale envisage la création d’un Fonds renouvelable de soutien aux liquidités (LERF), qui permettrait aux exportateurs d’électricité d’avoir accès à des liquidités en cas de non-respect des dispositions contractuelles des importateurs d’électricité et vice-versa. Pour sa part, le Premier ministre, Dr Boubou Cissé, qui a présidé la cérémonie d’ouverture, a indiqué que la tenue de cette réunion est un témoignage supplémentaire de l’engagement de la CEDEAO à apporter des réponses concrètes aux problèmes posés pour l’amélioration des conditions de vie de nos populations. Dr Boubou Cissé a, par ailleurs, souligné que la lutte contre la pauvreté, la quête du bien-être quotidien pour les populations et la prospérité économique des Etats ne pourraient aboutir sans que des jalons importants ne soient posés dans des secteurs cruciaux comme celui de l’énergie. Le chef du gouvernement s’est réjoui que la Cedeao ait porté le secteur de l’Energie au centre des priorités de la Communauté et compris la nécessité d’accroitre la coopération régionale dans ce secteur, à travers la mise en commun des ressources énergétiques et la commercialisation de l’électricité. Dr Boubou Cissé ajoutera qu’il compte sur l’extrême diligence des ministres pour éviter tout retard qui sera préjudiciable au processus en cours et qui pourrait mettre en péril l’accès à une électricité fiable et à moindre coût. ADS/MD (AMAP)
Digitalisation des opérations bancaires : L’équation de la sécurité
Par Aminata Dindi Sissoko Bamako, 04 mars (AMAP) La troisième révolution industrielle continue de chambouler nos habitudes, en rendant possible ce que l’on croyait jusque-là irréalisable. La révolution numérique, après avoir supprimé les distances, promet de briser les liens physiques, qui existent encore, entre administrateurs et usagers, en dématérialisant tous les services de base. A partir de son Smartphone, nous pouvons accéder aux services de base nécessaires, depuis son bureau ou son domicile. Par ailleurs, tel un poison et son antidote, des cybercriminels développent des savoir-faire similaires visant à faire sauter les garde-fou et autres mesures de sécurisation pensées et mises en place par les établissements financiers. En effet, le digital banking, fruit de la révolution numérique, qui participe davantage à l’atteinte de l’inclusion financière, en permettant à chaque citoyen, là où il se trouve, d’avoir accès aux services financiers, se réinvente en permanence. Afin de sécuriser les opérations, s’adapter aux besoins nouveaux de la clientèle et la rassurer, par la même occasion, sur la fiabilité des services. Pour satisfaire ces exigences, de nombreuses structures bancaires implantées au Mali migrent vers le numérique. Résultats : UBA mobile banking App, Bim express, Internet banking, E-Banking, Cauris web sont entre autres services digitaux bancaires que proposent certaines structures bancaires maliennes. Les banques maliennes ont, ainsi, embarqué dans le train de la révolution numérique en développant de nombreuses possibilités de transactions en ligne. Grâce à ces produits, il est possible, aujourd’hui, de faire des transactions financières. Cela, grâce à un partenariat entre des institutions bancaires et des services de transfert d’argent, comme Orange Money. Coopération qui permet au client d’interconnecter ses comptes bancaires et Orange Money pour ainsi faire des transactions, régler ses factures d’électricité et d’eau, et même renouveler ses abonnements télé. TRANSFERT – La Banque de développement du Mali (BDM) est à la pointe de cette mutation technologique, selon sa directrice chargée du marketing et du digital. «Il s’agit, pour le client, d’être domicilié à la BDM mais aussi d’avoir un compte Orange Money. Une fois que vous souscrivez, vous pouvez à travers les menus Orange Money avoir votre solde bancaire, le mini révélé. Vous pouvez, également, transférer de l’argent de votre compte bancaire vers votre compte Orange Money et vice versa. Cette solution permet d’avoir accès à votre argent depuis votre quartier. Etant donné qu’il n’y a pas d’agences bancaires dans tous les coins de rue, mais il y a des kiosques Orange Money », explique Mme Doucouré Assan N’Diaye. Elle souligne que la BDM travaille sur ce chantier depuis plus de cinq ans et que ces projets ont connu un essor à partir de 2017. « En plus des transactions via le mobile, la banque met à la disposition de ses clients d’autres offres. Certaines sont conçues pour toute la clientèle, d’autres pour une clientèle ciblée comme les grandes entreprises ou des particuliers », spécifie-t-elle. Conçu pour les grandes entreprises, le « E-Banking » est, par exemple, dédié exclusivement à la consultation et à l’édition de coordonnées de compte. Le e-payement, lui, permet à une entreprise d’ordonner un virement à partir de son bureau. « Il n’y a plus de papiers qui circulent, plus de longue file d’attente pour pouvoir déposer des ordres de virement et attendre qu’ils soient exécutés. Depuis leur bureau, les clients peuvent télécharger les états de virement et, automatiquement, c’est intégré au niveau de la BDM », commente Mme Doucouré Assan N’Diaye. Les particuliers ne sont pas oubliés. « Une fois que vous avez des cartes bancaires, vous êtes automatiquement enrôlés sur Cauris web qui est comme un guichet automatique ambulant dans votre poche, à travers votre téléphone. Grâce à Cauris web, vous pouvez avoir accès à plusieurs transactions. Comme consulter vos soldes et avoir des mini-relevés, ou activer et désactiver votre compte», explique Mme Doucouré. Notre interlocutrice précise que sa structure considère cette année comme celle de la digitalisation. De ce fait, d’autres produits innovants seront lancés. Ils permettront à ceux qui n’ont pas de compte à la BDM d’avoir accès à certains services bancaires, à travers un portemonnaie électronique. A la question de savoir si ces offres ont un coût, elle répond : « Toute offre a des coûts qu’on le dise ou pas. Mais, ces coûts sont bien étudiés pour permettre au maximum de clients de les supporter ». CULTURE DU CASH – Toutefois, le défi est la familiarisation des clients avec ces offres. « Nous sommes dans une culture du cash, du contact physique. C’est toute une sensibilisation qui sera faite pour que le client comprenne l’importance de la digitalisation qui est un processus auquel on ne peut pas échapper. Ou vous êtes dans le train ou vous restez derrière les autres », soutient-elle. La Banque internationale pour le Mali(BIM) est, elle aussi, entrée de plain-pied dans la numérisation. « Depuis quelques temps, nous avons le SMS banking qui permet de consulter son compte via le mobile et permet de consulter le solde du compte en temps réel. A chaque fois qu’il y a une opération de débit ou de crédit, le client reçoit instantanément une alerte lui spécifiant qu’une opération est en cours sur son compte », dit le directeur adjoint des marchés des particuliers et des productions libérales à la BIM et chargé du volet formation E-banking et SMS banking, Daouda Sissoko. Et d’ajouter : « Nous avons, également, Adria ou BIM net qui permet de consulter son compte via internet. Cette offre est mieux adaptée aux entreprises. Ces deux offres permettent, également, de télécharger l’extrait de compte en formant PDF par mois pendant douze mois. Ils fonctionnent 24 heures sur 24 tant que le réseau fonctionne normalement ». Ces innovations, somme toute nécesssaires, ne ne serviraient à rien si les banques ne disposaient pas de mesures de sécurité visant à protéger les clients et les opérations.La digitalisation a comme corollaire la multiplication des attaques informatiques contre les banques, le développement de la cybercriminalité. Attaques malveillantes contre lesquelles les banques ont l’obligation de trouver des parades. A ce propos, Mme Doucouré assure que les solutions numériques de la BDM sont protégées par plusieurs niveaux de validation. « Les
Points de course en direct : folle ambiance au royaume des parieurs !
Reportage : Oumar DIAKITE Bamako, 02 mars (AMAP) Au Point de courses en direct (PCD) de Djikoroni Para, on trouve des personnes de toutes les couches sociales de la population malienne. Les cris des turfistes, leurs commentaires sur les différents chevaux susceptibles d’être parmi les numéros gagnants, animent les PCD. Si certains parieurs ont tiré profit des courses en direct, en faisant des réalisations notoires, d’autres turfistes acharnés courent toujours derrière la chance. Ce mercredi, du début de mois de février 2020, est un jour de course pour le quinté+ dans les PCD du Pari mutuel urbain qui enregistrent une affluence inhabituelle. Déjà, à 12 heures 30 mn, le parking motos, à l’entrée des lieux déborde d’engin. Ceux qui arrivent à la dernière minute prennent le soin de garer leurs motos de l’autre voie de la route, côté fleuve. Une vendeuse de brochettes, tout près de l’entrée de la cours, mène son business. A première vue, la cour du PCD en dit long sur l’atmosphère de la salle. Des groupuscules se sont formés, ici et là, selon les affinités. Ils ne parlent que de numéros. On rencontre toutes les catégories socioprofessionnelles de la population malienne. Des militaires en tenue correcte, des mécaniciens habillés aux habits tachés d’huile noire, d’autres personnes en costume se faufilent par-ci, par-là. Tout porte à croire que certains ont déserté leur bureau pour venir tenter leur chance. Il n’y a pas que des désœuvrés qui fréquentent le site. Dans la cour jonchée de mégots de cigarette, les fumeurs dévissent, chacun parle de sa base, de ses chevaux favoris. A 12 heures 55 mn, tout le monde afflue vers la salle de course. C’est une salle remplie comme un œuf. On y trouve des hommes (jeunes et vieux) et quelques femmes. Ici, c’est à la limite du confort. Certains jeunes ne se gênent pas pour fumer. Les regards tendus sur les écrans plats fixés au mur, sur fond de bourdonnements. « Le 11 va lâcher ! Vas-y, le cheval numéro 2 ! Eeeh, le 3 recule ! » les parieurs supportent de la voix leur combinaison. Ils se sont tous levés des quatre bancs métalliques fixés au sol dans la salle. Ils se tiennent débout. Un vieux au fond de la salle, la soixantaine révolue, ne tient plus sur place. On dirait un jockey, ses gestes et mouvements sont accompagnés de cris d’encouragement. Tout d’un coup : « Ho, ça nous a massacré… ! » lâche-t-il, désappointé. C’est la fin de la course du quinté+. Parallèlement, des turfistes, de hauts cadres, suivaient la course dans une salle VIP, différente de celle réservée au grand public. L’atmosphère y est plus feutrée. Les numéros gagnants s’affichent sur les écrans : 11-2-4-13-12. Tout d’un coup, la salle se vide des parieurs. Sur les visages, on lit qu’il y a eu moins de gagnants. Des figures froissées, des yeux rouges, les perdants ne manquent pas de mots pour justifier leur manque de pot du jour. « C’est toi qui m’a conseillé le cheval numéro 8 au détriment de mon numéro 2 », un homme d’une trentaine d’années accuse son compagnon. A peine quelques minutes, plus tard, les rapports de la course du quinté+ s’affichent sur les écrans et sont disponibles chez les guichetiers. le gagnant dans l’ordre, touche gros : 18.370.400 Fcfa contre 79.500 Fcfa pour les gagnants dans le désordre. Le bonus a fait gagner 5.300 Fcfa. Ainsi de suite…. ATTRAYANTE CAGNOTTE – Selon la cheffe d’agence de Djikoroni Para, Nana Touré, l’affluence de la course du mercredi 5 février 2020 est due à la mise en jeu d’une cagnotte. « La cagnotte dépend de la course précédente. S’il n’y a pas eu de gagnant dans l’ordre, le gain sera remis pour la prochaine course. Il n’y a eu aucun gagnant dans l’ordre au quinté + du lundi dernier, c’est pourquoi on avait une cagnotte aujourd’hui. Ce sont des cas imprévisibles», nous explique-t-elle après la course. Les courses en direct commencent à 8 heures du matin jusqu’à 18 heures du soir, sur différents Hippodromes. Selon les précisions de la première responsable de l’agence de Djikoroni Para, elles sont intercalées de 30 minutes, des fois de 15 minutes. Les courses en direct rapportent de l’argent rapide. « Et les mises vont de 500 Fcfa à des millions », révèle Mme Touré. La paie se fait sur place, en moins d’une heure. Ce paiement spontané attire les turfistes qui sont présents à tout moment et, ce, tous les jours. « On effectue les paiements, quelques minutes après les rapports finaux de chaque course, du matin au soir. Nos clients sont des personnes des deux sexes (des majeures) et de différentes catégories des couches sociales. Certains parieurs passent toute la journée ici. Ils jouent jusqu’au soir…Nous, on aime ça », dit Mme Touré. Elle ajoute que seuls les guichetiers ont leur jour de repos. Les difficultés ont trait aux agissements de certains parieurs. « Des fois, certains joueurs attendent la dernière minute. Si le guichetier ou la guichetière fait un erreur, bonjour les grossièretés, les injures…sans même chercher à comprendre nos agents », se plaint la chef d’agence. DES FORTUNES DIVERSES – Les turfistes en parlent. C’est les deux extrémités. Depuis leur introduction par le PMU, il y a plus de dix ans, les courses en direct au Mali ont fait des heureux parmi certains acharnés des salles de jeux. D’autres, au contraire, ont été ruinés. Aujourd’hui, on compte plus d’une vingtaine de PCD beaucoup de quartiers de la capitale, Bamako. Les parieurs, notamment les malheureux en jeu, parlent mais dans l’anonymat. « J’ai commencé à jouer dans les points de courses en direct, il y a à peine 5 ans. Je suis de ceux dont la vue a été changée par les PCD. Grâce aux courses en direct, j’ai eu un chez-moi. Je me suis procuré un lot d’habitation avant de le construire en étages », dit Abdoulaye Coulibaly, policier de son état. Il affirme avoir remporté des millions de francs CFA à deux reprises. « J’ai gagné 18 millions dans un premier, avant de ramasser 5 millions de francs CFA. Personne ne peut me déconseiller de miser

