Koutiala : La nouvelle direction régionale des douanes opérationnelle

Koutiala, 15 juin (AMAP) Les douanes du Mali ont une nouvelle direction régionale a Koutiala qui a été inaugurée, samedi, lors d’une cérémonie présidée par le préfet, représentant le Gouverneur de région, a constaté l’AMAP. Cette cérémonie a été, aussi, l’occasion du lancement des activités de la nouvelle structure et l’installation de son directeur, Mohamed Coulibaly, en présence du 1er vice-président du Conseil de cercle, du maire de la Commune urbaine de Koutiala, des députés, du directeur général des douanes du Mali, des opérateurs économiques et de plusieurs autres personnalités. Dans son discours de bienvenue, le maire, Oumar Bah Dembélé, a remercié et félicité les autorités nationales pour avoir doté sa localité d’une telle structure qui va, non seulement, contribuer à sécuriser l’économie, mais aussi les personnes et leurs biens. Quant au directeur général des Douanes, Mahamet Doukara, il a expliqué que la mise en service  d’une nouvelle direction douanière dont celle de Koutiala, est une réponse à l’obligation de bonne gouvernance prônée par les hautes autorités du pays mais, aussi, aux multiples défis auxquels fait face la douane malienne. Il a cité, au nombre de ces défis, la simplification et la facilitation des procédures offertes aux usagers. Le choix de Koutiala pour abriter une direction régionale de la douane n’est pas fortuit, selon son premier responsable. « Ville industrielle, Koutiala compte plusieurs unités industrielles, d’égrenage de coton, huileries, d’aliments bétail, savonneries. Par sa position de carrefour, la ville est devenue, au fil des années, un très grand centre d’échanges où le commerce et le transport sont florissants, grâce au dynamisme de ses opérateurs », a dit M. Doukara. La nouvelle direction est constituée du bureau principal des douanes de Koutiala ouvert à toutes les opérations de dédouanement, à l’exclusion de celles réservées au bureau spécialisé. Le bureau secondaire de Koury, à la frontière avec le Burkina Faso, ouvert à l’exportation sans limitation de valeurs, à l’importation pour les opérations de droits communs, d’une valeur inférieure ou égale à trois millions de Fcfa. Il est, par contre, fermé à tous les régimes suspensifs à l’exception du transit. Le poste gérant une recette de Boura, dans le Cercle de Yorosso, dont l’opérationnalisation ne saurait tarder. Il est ouvert à l’exportation et à l’importation pour les opérations de droit commun d’une valeur inférieure ou égale à 250 mille Fcfa. La brigade mobile d’intervention de Koutiala dont la création est en cours et aura pour vocation de surveiller les intervalles entre les bureaux, de rechercher et d’intercepter et de réprimer la fraude dans la région. La direction régionale compte deux divisions comprenant quatre sections dont la section recherche et intervention. Toutes ces structures sont animées par une quarantaine d’agents des douanes, tous grades confondus, équipés d’une dotation renforcée en matériels et véhicules grâce à l’appui du départ. Selon le DG de la douane, « ce dispositif, devrait permettre de rehausser la contribution de la Région, dans la réalisation des recettes au profit du Trésor public. De renforcer la protection des industries nationales, de mieux lutter contre la fraude et la criminalité transnationales ». Bref, de promouvoir un meilleur environnement des affaires, propice à la création des richesses. « La nouvelle direction dont nous célébrons l’opérationnalisation, travaillera sous le leadership du Gouverneur, en synergie avec les autres services de l’Etat et en partenariat avec toutes les organisations faitières de la Région, notamment avec la représentation de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali », a conclu Mahamet Doukara. Le préfet de Koutiala, Youssouf Niaré, représentant le Gouverneur de Région, a relevé que l’opérationnalisation de la région douanière de Koutiala va donner un coup d’accélérateur très important à l’opérationnalisation des autres services régionaux. Youssouf Niaré a rappelé que l’opérationnalisation des nouvelles régions du Mali a été instruite en priorité absolue du gouvernement du Mali. Car elle « demeure l’une des recommandations majeures du Dialogue national Inclusif, qui a regroupé l’ensemble des Forces vives de la nation, en décembre 2019 ». Le préfet s’est réjoui de la mise en place progressive des services régionaux pour le grand bonheur des populations de Koutiala. Il a rassuré le DG de la douane que tout sera mis en œuvre pour une parfaite opérationnalisation de cette structure stratégique, non seulement pour la mobilisation des ressources nécessaires à l’Etat, mais aussi pour sa contribution qualitative dans la sécurisation des personnes et de leurs biens sur toute l’étendue du territoire régional de Koutiala. IB/MD (AMAP)

Classement 2020 des villes les plus chères: Bamako est 22è en Afrique et 142è mondiale

Bamako, 13 juin (AMAP) Bamako est la 22è ville la plus chère en Afrique, sur 42 capitales africaines, selon le 26è rapport du cabinet américain Mercer, spécialisé dans le classement des villes du monde entier, en termes de coût de la vie pour les expatriés. La capitale malienne arrive juste après Cotonou, la capitale béninoise 21è (140è mondiale), et avant Lomé la capitale du Togo, 21è (154è mondiale) et se classe 142è sur 209 cités évaluées au plan mondial. Elle gagne ainsi 18 places par rapport au classement précèdent où elle occupait la 124è position mondiale. Dans ce classement 2020, publié récemment, indique que Victoria, la capitale des Seychelles est la ville la plus chère en Afrique, occupant la 14è place mondiale. A l’autre extrême, se trouve Tunis, la capitale tunisienne classée, comme l’année précédente, capitale la moins chère au monde pour les expatriés. Dans le Top 10 africains des villes les plus chères, N’Djamena, la capitale tchadienne (15e mondiale), Lagos au Nigeria (18e mondiale). Ensuite viennent la capitale subsaharienne comme Kinshasa en RDC (24e mondiale), Libreville au Gabon (33e mondiale), Abidjan en Côte d’Ivoire (36e mondiale), et Brazzaville au Congo (44e mondiale). Les villes de Bangui, capitale Centrafricaine (49e mondiale), Yaoundé au Cameroun (56e mondiale) et Accra au Ghana (57e mondiale) sont respectivement les 8è, 9è et 10è villes les plus chères sur le continent. Sur le plan mondial, trois villes asiatiques se classent comme les plus chères du monde: Hong Kong en Chine, la ville la plus chère au monde, suivie d’Achgabat au Turkménistan (2è mondiale) et Tokyo au Japon (3è mondiale). Suivent d’autres villes comme Zurich en Suisse (4è mondiale), New York au Etats-Unis (6è mondiale) ou encore Pékin en Chine 10è mondiale. La ville de Londres au Royaume-Uni se classe 19è, Moscou la capitale russe est 21è mondiale. Washington, la capitale fédérale américaine se place 32è tandis que la capitale française Paris se place 50è au classement mondial. Pour établir son classement, le cabinet Mercer indique qu’il se base sur de nombreux critères, entre autres, le coût du logement, du transport, de l’alimentation, de l’habillement, des articles ménagers ou encore le divertissement dans les villes étudiées. MT/MD (AMAP)  

Couvre tête de la nouvelle mariée : Un habillement traditionnel très prisé

Par Bandé Moussa SISSOKO Kayes, 12 juin (AMAP) «Cet homme recherche des informations sur le couvre tête pour femme, foulard ou « counabiri » en bamanakan. Veut-il en acheter pour sa nouvelle mariée » ? Ces propos tenus par Mme Koné Fatoumata Camara, lorsque sa fille lui a annoncé notre arrivée dans sa maison, trahissent l’objet de notre visite dans la famille Koné, à Lafiabougou-Nord, un quartier populaire de la ville de Kayes, dans l’Ouest du Mali. En effet, le « kayeska fini » ou tissu kayésien attire de plus en plus les femmes de notre pays, surtout celles de Bamako, la capitale. Ce pagne traditionnel sert à couvrir la tête de la nouvelle mariée pour la différencier des autres filles. Ce tissu fait la fierté de la Région de Kayes, depuis belle lurette et est source de revenus pour plusieurs femmes. On utilise ce tissu en coton pour couvrir la tête et le visage de la femme, nouvellement mariée, qui s’apprête à rejoindre son foyer conjugal, après avoir passé une journée chez ses parents. Il est fait en bandes de cotonnade raccommodées et teintées à l’indigo. La ville de Kayes est, en effet, réputée pour la grande variété de pagnes de qualité qui sont, souvent, les plus beaux du pays. Pour la fabrication de ce tissu, il faut un pagne ou bande d’étoffe qu’on achète chez le tisserand, puis des fils et aiguilles en vente à la Compagnie malienne des textiles (COMATEX). « Souvent, le tisserand fait le premier pas en commandant du fil et de l’aiguille à la COMATEX. Quant à nous, les femmes, nous rassemblons ces fils à l’aide d’une aiguille pour avoir 6 bandes d’étoffe « kono woro (en langue malinké). Nous y dessinons des figures géométriques variées à l’aide des fils blancs ou bleus pour rendre le produit plus attractif et joli. Il y a plusieurs modèles de tissus dont le ‘lifi’ et le ‘thioboli’ », a indiqué Mme Koné. La quinquagénaire explique que pour confectionner ce tissu, les femmes achètent un fil spécial dont le rouleau ou le paquet coûte 3.000 Fcfa. Ensuite, le tisserand transforme ce fil en pagnes ou bandes d’étoffe. La largeur du pagne lors du racolage peut varier (6 à 7 bandes racolées), en fonction de la taille du client. « Après le tisserand, nous remettons le pagne à la teinturière. Je débourse une somme oscillant entre 1100 et 1250 Fcfa pour un pagne de 2 mètres ou plus », poursuit notre interlocutrice. La troisième phase du processus de fabrication du pagne consiste pour ces dames à enlever les fils un à un, puis à tremper le pagne dans l’eau en vue de le dépouiller des impuretés. Le dernier travail incombe aux ’empeseurs’ qui rendent le ou les tissus plus fins et lisses à raison de 150 Fcfa l’unité. Après cette dernière étape, le produit fini est livré au client moyennant des prix variant entre 12.000, 12.500 et 15.000 Fcfa. A propos de l’utilisation du couvre tête, Mme Koné Fatoumata Camara explique : « A sa sortie de la chambre nuptiale le 7è jour, la nouvelle mariée porte ce pagne pour se rendre chez elle, tôt le matin, dans le but d’y passer la journée. Avant de regagner son domicile conjugal, sa mère lui couvre la tête avec le pagne». La nouvelle mariée porte le même tissu, lorsque ses belles-sœurs veulent la conduire dans la belle-famille et les proches pour les visites coutumières. Après la cérémonie de mariage, la nouvelle mariée peut garder le tissu ou l’offrir à une autre personne comme cadeau ». Le « kayes ka fini » peut être transformé en vêtement. « Le port du couvre tête est obligatoire dans notre société, surtout traditionnelle. C’est pour faire la différence entre la nouvelle mariée et la fille célibataire. Le pagne la rend encore plus coquette », commente-elle. Mme Koné n’exerce plus cette activité. « J’ai passé le témoin à ma belle-fille, depuis trois ans », explique-t-elle. « Nous avons des problèmes pendant l’hivernage car, ceux qui confectionnent les pagnes (les tisserands) retournent dans leurs villages pour travailler dans les champs. De ce fait, nos activités sont au ralenti pendant cette période », affirme-t-elle. DEPOSITAIRES D’UNE TRADITION – Niéba Konaté jouit d’une grande réputation comme teinturière. Elle exerce son métier dans la grande maison conjugale du quartier Liberté. « J’ai débuté ma carrière dans la famille en 1997. J’ai trouvé qu’ici, les femmes pratiquaient déjà la teinture. Nous sommes quatre femmes à faire ce travail. Certaines (nos enfants) viennent de Lafiabougou pour nous aider », assure-t-elle. « Fatoumata Diakité et Sitan Soukho étaient les premières à mener cette activité dans notre famille. Ces dames, qui ne vivent plus, ont transmis leur savoir à leurs enfants qui sont, aujourd’hui, âgés de 80 à 100 ans », révèle notre interlocutrice. « Nous vivons de cette activité. Souvent, je gagne 3 500 Fcfa de bénéfice, par jour, quand les affaires marchent. Les tisserands confectionnent des tissus qu’ils nous apportent pour la teinture à raison de 1 500 Fcfa par pagne. Et puis, nos espoirs reposent principalement sur le Sénégal où nos produits s’écoulent facilement », a commenté Mme Konaté. Il nous confie mettre en teinture 60 à 100 pagnes par jour, lorsque la commande est forte. « Nous payons la teinture qui provient d’Allemagne. Nous importons de la potasse de la Chine. Nous achetons nos produits chez un teinturier installé à Bamako. Nous payons le baril de poudre de potasse à 225.000 Fcfa. Le kilo de la teinture traditionnelle nous revient à 250 Fcfa », dit-elle. « Nous sommes confrontés à un problème de marché. C’est un travail saisonnier. D’octobre à juillet, la teinture marche. Pendant l’hivernage, nous menons d’autres activités comme le commerce de boissons locales », souligne-t-elle. Les gens n’aiment pas, tellement, pas la teinture traditionnelle. C’est la clientèle au Sénégal qui nous encourage dans la production à travers sa forte demande », affirme la vieille Niéba Konaté. Kadiatou Camara, l’une de ses assistantes se réjoui de cette activité : « Nous remercions Dieu. Nous gagnons tout dans cette activité. La vieille s’occupe bien de nous ». En effet, Niéba Konaté est assistée dans sa tâche par 4 à 5 filles.

Elevage et Covid-19 : La période de vaches maigres

Par Dramane COULIBALY Mopti, 11 juin (AMAP) Sous un soleil de plomb, ce mardi 9 juin, jour de foire hebdomadaire à Fatoma, situé à 15 km de Sévaré, sur la Route nationale (RN) 6, le vieux Ousmane Kane Diallo, président du comité de gestion du parc à bétail, assis sur un pan d’un abreuvoir, visiblement soucieux, a accueilli l’équipe de reportage de l’AMAP. Ici, un des grands centres de regroupement, les usagers ne se soucient pas de mesures barrières contre la Covid-19. Si certaines personnes utilisent le turban pour se couvrir la tête et une bonne partie du visage, la plupart ne porte pas de masque. Le premier constat, en ce grand lieux de rassemblement où les personnes et les animaux sont en contact direct, est l’absence total de kits de lavage de mains au savon et de gel hydro alcoolique. « Depuis environ cinq ans, nous souffrons avec l’insécurité, les enlèvements de bétail, les engins explosifs qui détruisent les troupeaux et la forte réduction de la mobilité des animaux. Voyez, vous-mêmes le parc, il y a plus de personnes que de bêtes. On nous a tous volé », nous confie le président. « A ce sombre tableau est venu se joindre la maladie du Coronavirus qui nous a totalement asphyxié. Du fait de la Covid-19, avec la fermeture des frontières, les acheteurs potentiels qui nous viennent des pays voisins subissent le confinement », a-il poursuivi. Selon le président Ousmane Kane Diallo, le parc, qui recevait plus de 2.000 têtes de bœufs par foire, n’enregistre actuellement qu’environ 600 animaux. Cela, parce que la zone exondée qui couvre les cercles de Douentza, Bandiagara, Bankass et Koro n’ont plus accès au marché du fait de l’insécurité. « En termes de taxes de sortie et d’embarquement fixée à 150 F par animal, le parc générait environ 200.000 Fcfa par foire contre au plus 60 000 Fcfa maintenant », a déploré M. Diallo. Rien ne va plus dans cette infrastructure structurante où tous, enfants avec boite de peinture pour le marquage à 25 Fcfa chaque animal payé, les vendeuses d’eaux fraiches et de boissons sucrées trouvaient leur compte. « Tout le monde sait que les éleveurs de la région paient un lourd tribut aux conflits. Nous souffrons. Cependant, nous n’avons pas encore reçu d’accompagnement de l’Etat pour lutter contre la maladie. Nous avons besoin de kits de protection contre la pandémie et d’appui pour soulager les victimes d’enlèvements et de vol de bétails », a plaidé le président du comité. Bien plus qu’une crise sanitaire, la pandémie de la Covid-19 a frappé de plein fouet le sous-secteur de l’élevage au Mali, à l’image des autres segments du développement a déclaré le directeur régional des productions et industries animales de Mopti, Hamadi Kane Diallo, dans un entretien avec l’AMAP. Ce sous-secteur de l’élevage, qui faisait la gloire de la Région de Mopti, avec son potentiel de contribution à la sécurité alimentaire et de création de richesse, à travers la filière bétail-viande et lait, est aujourd’hui à la croisée des défis du changement climatique, avec la dégradation et le rétrécissement des parcours pastoraux, la recrudescence de l’insécurité, du vol de bétail, l’accès difficile aux zones de pâturage conjugués avec la pandémie de la Covid-19. Le sous-secteur de l’élevage est un des piliers essentiels de l’économie de la région de Mopti qui a une vocation agro-sylvo-pastorale. Selon les statistiques nationales, le sous-secteur contribue à près de 19% du PIB soit la troisième source de revenu pour le pays après l’or et le coton. Pour la campagne 2018-2019, l’exportation du bétail sur pied au Mali a généré près de 88 milliards de Fcfa de valeur monétaire et procuré de l’emploi à près de 8,2 millions personnes avec une contribution de premier plan de la région de Mopti qui abrite plus de 19% de l’effectif des bovins et 28% du cheptel ovin et caprin du pays. Selon le technicien, la mise en application des mesures barrières comme le couvre-feu a longtemps impacté la cueillette, la transformation des produits laitiers et le mouvement des consommateurs, entrainant une baisse drastique de revenus chez les producteurs. En matière d’élevage, nos exportations de bétail sur pied sont destinées à des pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Ghana. Du fait des différentes mesures de restriction de la circulation et de fermeture des frontières, le marché extérieur est à l’arrêt.  Les exportateurs de bétail, les transporteurs et les intermédiaires sont tous au chômage. Une véritable période de vaches maigres pour des milliers de chefs de famille qui tirent leur revenu du secteur. Dans le cadre de la lutte contre la pandémie de la Covid-19 et la protection des acteurs du secteur, la Direction régionale des productions et industries animales (DRPIA) « en collaboration avec les services vétérinaires et de santé, a initié une vaste campagne d’information des éleveurs sur la maladie du Coronavirus et les mesures barrières édictées », a indiqué M. Diallo. DC/MD (AMAP)  

Coopération Mali-USA : L’USAID apporte au Gouvernement un appui de plus de 54 milliards

Bamako, 09 juin (AMAP) Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Tiébilé Dramé et l’ambassadeur des États Unis d’Amérique au Mali, Dennis Hankins ont signé, mardi, le 19ème amendement à l’Accord d’objectif de développement entre les deux pays, d’un montant de plus de 1 300 000 de Fcfa, a appris l’AMAP de source officielle. Selon le Bureau de l’information et de la Presse du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (MAECI), cet amendement d’un montant exactement de 1.378.230.650 Fcfa “complète ainsi la série des mises à disposition objet des amendements 17 et 18 portant sur un montant total de 54.954.317.920 Fcfa”. Sur cette enveloppe, plus de 16 milliards de Fcfa sont destinés au secteur de la santé pour faire face à la Covid-19. “Les autres domaines bénéficiaires sont l’éducation, l’agriculture, les droits humains, la bonne gouvernance, la lutte contre le terrorisme etc.”, ajoute la même source. Dans leurs interventions, le ministre Dramé et le diplomate américain se sont réjouis de l’exemplarité de la coopération entre les deux pays. La cérémonie de signature s’est déroulée en présence du ministre de la Santé et des Affaires sociales Michel Hamala Sidibé. MD (AMAP)  

Filière coton : le Premier ministre annonce une subvention exceptionnelle de 35 milliards

Bamako, 07 juin (AMAP) Le gouvernement malien va accorder une subvention exceptionnelle de 35 milliards de Fcfa à la filière coton, sous la forme d’un bonus de 50 Fcfa sur chaque kilogramme de coton produit et vendu à la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT), a appris l’AMAP de source officielle. Selon le service de communication de la Primature, à l’issue d’une rencontre, dimanche, avec les acteurs de la filière coton présidée par le Premier ministre, Dr Boubou Cissé, le Gouvernement a, également, décidé de maintenir les prix d’achats pour la campagne 2020-2021. L’Etat, à travers la CMDT, s’engage à acheter au producteur chaque kilogramme de coton à 250 Fcfa pour le premier choix et 225 Fcfa pour le second choix. Les engrais seront cédés à prix coûtants. Outre le ministre de l’Agriculture, Moulaye Ahmed Boubacar, étaient présents les membres de la Confédération des sociétés coopératives des producteurs de coton, les représentants des quatre syndicats de la filière coton (SYCOV, SYVAC, SYPAM, SPCK), les représentants de la CMDT, de l’OHVN et des députés élus dans la zone cotonnière. AC/MD (AMAP)

Club de Paris : le Mali bénéficie d’une suspension temporaire du service de sa dette pour 23 milliards de Fcfa.

Bamako, 20 mai (AMAP) Le Club de Paris a approuvé la suspension du service de la dette du Mali envers les pays créanciers membres du Club de Paris, du 1er mai au 31 décembre 2020, permettant d’économiser 23 milliards de Fcfa dont le paiement sera échelonné sur quatre ans, à partir de la fin de la suspension du service de la dette, a appris mardi l’AMAP de source officielle. Dans un communiqué, le ministère malien de l’Economie et des Finances indique que « si tous les autres créanciers bilatéraux du Mali adhéraient à l’initiative, le montant total du report de paiement serait de 33,2 milliards de Fcfa ». Ce report de paiement intervient au titre de l’initiative du G-20 relatif au moratoire sur le service de la dette, selon la même source. « Cet accord intervient dans le cadre de la facilité accordée par les pays du Club de Paris et du G-20 à 77 des pays les plus pauvres du monde pour leur permettre de faire face à la crise de Covid-19 », explique ministère malien de l’Economie et des Finances. « Grâce à la réactivité des services du ministère de l’Économie et des Finances, le Mali est avec la République de Dominique, les deux premiers pays à bénéficier de cette mesure, qui soulage, à sa juste valeur, la trésorerie de l’Etat ». MD (AMAP)  

Ramadan : Les produits alimentaires toujours chers

Par Lassana NASSOKO Bamako, 15 mai (AMAP) Les prix de certains produits alimentaires ont grimpé en ce mois de ramadan. Cela, au grand dam des ménages les plus démunis dans ce contexte de marasme économique consécutif à la pandémie du coronavirus. C’est ce qui résulte du tour qu’on a effectué dans certains marchés de la capitale. Le souk de Bagadadji a été la première étape de notre visite. En cette matinée, il est le théâtre d’une grande animation. Des vendeurs ont les yeux rivés sur leurs marchandises et sur la foule qui passe et repasse. Moussa Dicko, boucher, est l’un d’eux. Sous un hangar, il découpe avec une hache la viande de bœuf. Sa main s’abat de façon fracassante sur la table qui vibre. Un client ne le quitte pas des yeux au moment où il dépose des morceaux sur une balance qui bascule aussitôt. « Deux kilos », ordonne ce dernier en tendant un billet de 5.000 Fcfa au boucher. Interrogé sur l’état du marché pendant le carême, le boucher Moussa reconnaît que les prix ont changé. « Avant le ramadan, on vendait le kilo de la viande à 2.100 Fcfa. Maintenant, nous le prenons à 2.150 à l’abattoir et le revendons à 2.200 Fcfa », se désole-t-il. Non loin de là, une voix dissonante. Celle de Madou Berthé. Lui aussi est boucher. Pour cet homme, cette hausse est due au fait que le bœuf coûte cher maintenant au Mali. Son prix varie entre 300.000 et 400.000 Fcfa. C’est ce qui explique cette légère fluctuation, un nécessaire réajustement permettant de satisfaire tous ceux qui dépendent de cette activité. C’est-à-dire, ceux qui abattent les animaux, ceux qui le dépècent et ceux qui le transportent et les distribuent dans les différents marchés, précise-t-il. MEVENTE – Kadi Diallo, tête voilée, marche en tenant un pan de son burnous. Dans nos échanges, la trentenaire, tout sourire, informe qu’elle est venue acheter un kilogramme de viande pour le dîner. Mais, après examen de son porte-monnaie, elle devra changer de stratégie. Faute de moyens, la voilà obligée de se limiter à un demi kilogramme. « Mon mari m’a dit que les temps sont durs. On ne peut plus se permettre certaines dépenses », explique-t-elle. A quelques marches de là, une vendeuse d’huile de palme « N’tentulu ». Chez elle, les prix n’ont pas changé. Un litre de cette huile est toujours vendu à 1.150 Fcfa. Mais, elle affirme être confrontée à la mévente au quotidien. « Parfois, je me décide à rester à la maison. Mais ce n’est pas possible. Il faut que je vienne au marché. Même si maintenant il n’y a rien », fait-elle savoir. Après nous avons visité le marché de Djélibougou, un quartier de la commune I. Là aussi, c’est le même décor. Une forte affluence. Les commerçants rivalisent d’ardeur pour attirer la clientèle. Seydou Dolo est un des négociants de ce marché. Dans sa boutique, des sacs de pomme de terre, des sacs de riz, des sacs de haricots, sont superposés les uns sur les autres. A côté des cartons de pâte alimentaire « macaroni ». Chez lui aussi, le même son de cloche persiste. Les prix ont pris l’ascenseur en cette période importante du calendrier musulman. Ainsi, le kilo de la pomme de terre, qui était vendu à 250 Fcfa, voire 300, est fixé maintenant à 350 Fcfa. Le kilo du gingembre, autrefois vendu à 500 Fcfa, est cédé actuellement à 650 Fcfa. L’oseille de Guinée (dableni) se vend aujourd’hui à 750 Fcfa et même 1.000 Fcfa dans certains endroits, ajoute-t-il. Résultats : faible clientèle, maigres activités journalières et bénéfices jugés insuffisants. Il est convaincu d’une chose : à part le riz, tous les produits alimentaires connaissent une augmentation au niveau des prix. Quant à Mamadou Traoré, vendeur de pâtes alimentaires, il confirme aussi que le marché est devenu cher. Ainsi, le carton de certaines marques de macaroni spaghetti (Douba), qui coûtaient 5.000 Fcfa, se vend désormais à 5.100 Fcfa. Pour lui, la raison en est que les frontières avec certains pays sont fermées. Du coup, le marché est moins ravitaillé en ces produits comestibles. Les commerçants, qui en possèdent des stocks importants, se permettent de les vendre à des prix exorbitants. Sac en bandoulière, seau d’eau vide en main, cette clientèle mécontente de la cherté des prix clame sa colère. Trop, c’est trop, déclare-t-elle. A ses yeux, au Mali, ramadan est synonyme de cherté. Cela est connu de tous. Il est temps qu’on arrête de torturer les Maliens. Surtout dans ce contexte de vaches maigres où les choses tournent au ralenti. LN/MD (AMAP)  

Filière apicole : Les acteurs misent sur une meilleure promotion

Par Anne-Marie KEÏTA Bamako, 15 mai (AMAP) Le Mali dispose d’une flore abondante et diversifiée qui permet aux abeilles de s’approvisionner en nectar et pollen et de produire un miel de qualité. En outre, les producteurs de miel du pays disposent, aujourd’hui, de nouvelles techniques pouvant leur permettre d’accroitre et d’améliorer leur production. L’apiculture offre des opportunités à saisir pour résoudre le problème d’emplois, améliorer les revenus des ménages et assurer la sécurité alimentaire. Elle est, selon ses acteurs, une activité d’intérêts multiples, notamment, économique, écologique, alimentaire et thérapeutique. C’est pourquoi, le gouvernement accorde beaucoup d’importance à cette filière émergente. Déjà, les objectifs de production de miel pour les campagnes agricoles 2019, 2020, 2021 sont estimés, respectivement à 850, 1.520 et 1.670 tonnes de miel (9è session du Conseil supérieur de l’agriculture, mars 2019, ndlr). Selon ces prévisions, on peut affirmer que l’apiculture est une filière qui se professionnalise et qui figure déjà en bonne place parmi les filières émergentes, grâce à l’engagement des autorités et aux soutiens des partenaires techniques et financiers. Pour accroître la production et améliorer la qualité du miel et de la cire, le gouvernement, à travers le ministère de l’Elevage et de la Pêche, a mis l’accent sur l’amélioration des techniques de production, de récolte, de transformation et de conditionnement du miel et l’équipement des apiculteurs. L’accès des producteurs à la formation et l’acquisition des kits d’apiculture ont permis aux apiculteurs d’augmenter la production de miel et la qualité, répondant ainsi aux normes standard pour l’exportation. Les apiculteurs ont, désormais, entre leurs mains toute la technologie qui leur permettra de fournir un produit labélisé, qui pourra être vendu dans les supermarchés des plus grandes villes. Avec ces équipements, ils peuvent produire plus de miel et de cire tout en préservant les colonies d’abeilles qui étaient auparavant exterminées par le feu du fait de l’extraction traditionnelle du miel. L’acquisition des équipements offerts par l’Etat a permis à Seydou Dolo de produire plus de miel que d’habitude. Ce producteur écoule sur le marché local plus de 50 litres de miel par jour. L’activité constitue pour lui une véritable source génératrice de revenus pour toute sa famille. Les effets positifs de la consommation du miel ne sont plus à démontrer. « Mais, cet aliment nutritif fait souvent l’objet de fraudes qui le dénaturent, notamment par ajout de sucre par les revendeurs », fait remarquer Assétou Diarra, une revendeuse. Pour Boubacar Ballo, un autre revendeur, les lignes sont en train de bouger puisque notre pays est très avancé dans l’exportation du miel vers les pays européens. «L’apiculture a un lendemain meilleur, car, il y a la volonté d’aller de l’avant et dans l’intérêt de beaucoup de producteurs», dira-t-il, avant d’ajouter que le secteur peut être mieux valorisé, s’il bénéficie d’investissements adéquats et d’une bonne organisation des acteurs. Pour améliorer la production, certains producteurs s’organisent en groupement, association et coopérative. Ces différents groupements créent des réseaux de distributions dans les alimentations et grandes boutiques à travers la ville de Bamako. Avec l’implication de toutes les parties prenantes, l’appui du Bureau interafricain des ressources animales de l’Union africaine (UA-BIRA), à travers le projet «Abeilles», a permis au Mali de mettre en place une plateforme apicole nationale. Cette plateforme a pour objectif de contribuer au développement de l’apiculture pour faciliter la mobilisation des acteurs, la mise en œuvre des décisions de la Plateforme apicole africaine. Elle pourra, aussi, rassembler et coordonner les actions et les intérêts des parties prenantes, en tant que mécanisme national. Malgré ces atouts de la filière apicole, les professionnels évoquent certaines difficultés. Selon Bouba Diarra, les producteurs de miel sont désorganisés et cette mauvaise organisation joue sur le développement de la filière. A cela s’ajoute le manque de financement des projets apicoles. Bouba Diarra explique que pour faire de l’apiculture, il faut disposer de moyens nécessaires et suivre une formation professionnelle. Or, l’accès à ce financement est très difficile et ce, malgré les efforts du ministère de l’Elevage et de la Pêche. « Aussi, souligne-t-il, la filière apicole n’a pas beaucoup de partenaires techniques et financiers ». Bouba Diarra demande le soutien des autorités pour inciter les jeunes à faire la filière apicole. Une chose est de produire et une autre est de tirer des bénéfices de la production. Ainsi, les acteurs évoquent également des contraintes liées à la commercialisation, les produits apicoles n’étant pas bien commercialisés. Selon Mamadou Fomba, producteur de miel, le secteur apicole fait face à un problème d’organisation des acteurs impliqués dans la production. «Chacun agit de son côté et vend à son prix. Certains vendent le litre à 1500 Fcfa, d’autres à 1000 Fcfa, toute chose qui ne permet pas aux producteurs de profiter de leur activité. Et d’ajouter que les autorités et les partenaires techniques et financiers doivent en tenir compte afin d’y apporter des solutions. Mais ces difficultés, renchérira Mamadou Fomba, l’apiculture malienne a des lendemains meilleurs. AMK/MD (AMAP)

Campagne agricole 2020/2021: Le prix du kg de coton est de 200 Fcfa (PDG de la compagnie cotonnière)

Dioila, 15 mai (AMAP) Le président directeur général de la Compagnie malienne de développement du textile (CMDT), Baba Berthé, a annoncé le prix de base du coton de la campagne agricole 2020/2021 qui est de 200 Fcfa. M. Berthé, en visite à Dioila et Fana, dimanche dernier, pour expliquer aux acteurs la conjoncture économique mondiale qui a influencé le prix du coton, a indiqué que cette baisse de prix est due à la situation mondiale difficile en raison des guerres commerciales et de la pandémie du Coronavirus. « Cette nouvelle situation difficile est, tout simplement, liée aux cours mondiaux du coton, eux-mêmes liés à la maladie du Covid-19 », a-t-il dit. En compagnie de plusieurs membres de son service et certains responsables des producteurs de coton, Baba Berthé a, également, annoncé que l’engrais ne sera plus subventionné. L’État va aider les cotonculteurs à hauteur de dix milliards de Francs cfa. Cette somme, selon M. Berthé, a permis aux responsables de majorer le prix du kilo du coton à 215 Fcfa. Comme moyens de sortir la tête de l’eau, M. Berthé a proposé aux paysans d’augmenter le rendement à l’hectare. Le PDG de la CMDT a invité les cotonculteurs « à garder espoir ». Les cotonculteurs, qui ont promis de continuer la production du coton au Mali, ont sollicité une augmentation de la subvention de dix milliards de l’État. En réponse, le premier responsable de la CMDT a promis de transmettre la requête des cotonculteurs. La rencontre présidée par le premier adjoint au préfet de Dioila, Adama Togola, avait été précédée par une visite de courtoisie aux autorités coutumières de la ville. DF/MD (AMAP)