Discours du Premier Ministre à la cérémonie de lancement du calendrier d’émission des titres publics de l’année 2020 (Bamako, le 27 février 2020)

Mesdames et Messieurs les Ministres ; Monsieur le Directeur National de la BCEAO pour le Mali ; Monsieur le Représentant résident du FMI ; Monsieur le Directeur de l’Agence UMOA-Titres ; Mesdames et Messieurs les Dirigeants des Etablissements de crédit et des Compagnies d’assurances ; Messieurs les Directeurs des Organismes de Sécurité Sociale ; Messieurs les Présidents des Chambres du Mali ; Mesdames et Messieurs ; Honorables invités. C’est un réel plaisir pour moi d’être parmi vous, aujourd’hui, pour présider le lancement du calendrier d’émission des titres publics du Mali pour l’année 2020. Votre présence de qualité à cette cérémonie illustre de manière éloquente l’importance que vous accordez au développement socio-économique du Mali notamment en termes d’accroissement et d’amélioration de l’offre de financement visant à soutenir les grands projets de développement économique du pays. Pour mémoire, le cadre stratégique pour la relance économique et le développement durable (CREDD 2019-2023) prévoit une croissance économique moyenne de 6,5% sur la période allant de 2019 à 2023. Dans ce cadre, je voudrais vous faire remarquer que l’objectif de croissance sera mené à bien par le développement de l’industrialisation afin de diversifier les leviers de croissance et de diminuer la dépendance de l’économie vis-à-vis du secteur primaire, vulnérable aux chocs externes. Cette croissance serait dominée principalement par les branches de l’industrie notamment l’électricité-eau, l’agro-alimentaire et les BTP. Ces performances seront liées à la mise en œuvre des réformes du secteur coton, aux investissements prévus aux niveaux des infrastructures (routes, ponts, constructions, aménagements hydroagricoles…), l’électrification, etc. Ainsi, le soutien à l’économie nationale passe indéniablement par la mobilisation de ressources intérieures, notamment fiscales, mais également par la mobilisation des fonds sur le marché financier régional. Mesdames et Messieurs ; Honorables invités. L’Etat du Mali, à travers la Direction Nationale du Trésor et de la Comptabilité Publique réalise des émissions de bons et obligations du Trésor sur le Marché Financier Régional, avec le concours de l’Agence UMOA-Titres et des Sociétés de Gestion et d’Intermédiation (SGI). Ainsi, pour l’année 2019, le Trésor public a poursuivi la mise en œuvre de son approche innovante consistant à intervenir sur le marché avec une fréquence régulière. Celle-ci a donné des résultats satisfaisants avec un montant mobilisé de 544 milliards de FCFA sur une prévision de 520 milliards de FCFA. Par ce résultat remarquable, je voudrais féliciter les investisseurs, ici présents, qui ont tenu leur promesse d’accompagner le Trésor public dans la mobilisation, sur le marché régional, des ressources nécessaires à la couverture du besoin de financement de l’Etat. Mesdames et Messieurs ; Honorables invités. La gestion efficiente des finances publiques a toujours été une préoccupation constante des autorités maliennes. Ainsi, pour renforcer la crédibilité de la politique budgétaire et la confiance des investisseurs à l’économie nationale, notre pays s’est fait noter à l’échelle régionale et internationale, respectivement par Bloomfield Investment et Moody’s Corporation. A l’issue des premières notations, publiées début 2019, le Mali a obtenu avec Bloomfield Investment la note BBB à long terme et A3 à court terme avec perspective stable. S’agissant de la notation avec Moody’s, celle-ci a affiché B3 en monnaie locale et en devises avec perspective stable. Les revues annuelles de ces notations viennent d’être bouclées. Au demeurant, il y a lieu de retenir qu’en dépit de la situation sécuritaire difficile de notre pays et ses impacts négatifs sur les finances publiques, la résilience de l’économie malienne et la solidité de nos finances publiques ont été toujours reconnues par nos partenaires. Mesdames et Messieurs ; Honorables invités. J’ose espérer, pour ce qui concerne le programme d’émissions des titres publics de 2020, que vous continuerez à nous appuyer dans nos efforts de développement économique et financier, en souscrivant significativement aux bons et obligations du Trésor public pour un montant global de 667 milliards de FCFA. Je demeure convaincu, en outre, que cette rencontre renforcera davantage la confiance entre les acteurs du marché, que vous êtes, et le Trésor public, afin de faire des émissions des titres publics du Mali pour l’année 2020, un véritable succès. Je voudrais saisir cette opportunité pour remercier le Directeur de l’Agence UMOA-Titres pour sa présence et son accompagnement. Mes remerciements vont également à l’endroit de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers, et à son Président, au Comité des compagnies d’assurances du Mali et à son président, ainsi qu’au Directeur général de la SGI-Mali, pour leur participation à nos émissions de titres publics. Enfin, je remercie l’ensemble des investisseurs institutionnels notamment l’INPS, la CANAM et les Compagnies d’assurance qui ont contribué à la réussite des opérations du Mali sur le marché financier régional. Je souhaite plein succès pour les émissions de titres publics de l’année 2020. Je vous remercie pour votre aimable attention. Le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Ministre de l’Economie et des Finances. Dr. Boubou CISSE Grand Officier de l’Ordre National  

Vie en zone aurifère : L’envers du décor 

Reportage : Ahmadou CISSE Bamako, 20 février (AMAP) Le soleil se lève sur la grosse bourgade de Kéniéba. Le vent frais du petit matin apporte les premières vagues de poussière de la journée. Les mines ne sont pas loin et la longue journée de travail commence bientôt. Ceux qui y sont employés savent que le retard n’est pas toléré. Comme à l’école des temps anciens, les chefs d’équipe font l’appel, avant de rappeler les objectifs de la journée. Avant le regroupement des miniers, les habitants du quartier de Lafiabougou et ceux du quartier I s’activent, après une courte nuit dans les mains de Morphée. Ils sortent un à un de leurs logements. On dirait que chaque habitant possède une moto. Les habits sont déjà couverts de poussière. Le travail est rude dans les mines. Si le salaire est attractif, il faut bien le mériter. Le temps passe vite. Il faut se hâter à avaler le petit déjeuner. Abdoul Aziz, moniteur d’engins lourds vient d’opter pour le pain à la mayonnaise, avec du café au lait. Dans le quartier, les uns cherchent de quoi réveiller l’estomac, les autres courent rejoindre leur poste de travail. Les bus et mini bus passent et repassent. Des hommes en tenue de chantier grimpent à chaque arrêt. « Mon car est arrivé, je dois y aller. Au revoir monsieur le journaliste » lâche Abdoul qui ferme derrière lui la porte coulissante du bus surmonté d’un gyrophare. Un morceau de tissus jaune flotte au bout d’une tige fixée sur le pare-choc avant du véhicule. Ce jeudi matin de janvier, il fait légèrement frais. Un vent de poussière continue à lessiver les visages. D’autres 4×4 activent les gyrophares. Avant 6 heures du matin, tous doivent être au poste. L’or n’attend pas. Les enjeux sont gros. Les sociétés minières mettent le paquet pour gagner le maximum. C’est la règle du jeu. Karamoko, lui, s’est dirigé tout droit chez un autre vendeur de café au lait. Comme tous les matins, il est au rendez-vous. Même heure, même menu. C’est son rituel. « On a pas le choix » lance le maintenancier avant de s’adresser au tenancier de la cafétéria du bord de la route. En peu de mots, il lance sa commande. Il honore quelques minutes, plus tard, sans ménagement, la miche de pain à la mayonnaise, avant de l’arroser d’un verre de café au lait bien chaud. La journée peut démarrer en toute sérénité avec un ventre en béton. Comme tous les camarades de sa génération, il possède une grosse moto de marque asiatique qu’il a achetée, quelques mois plutôt. Plus qu’un moyen de déplacement, la moto est un signe de réussite sociale et individuelle. Généralement, avec le revenu des premiers grammes d’or écoulés sur le marché noir, c’est la moto et le téléphone portable tactile qu’il faut acheter. Le reste peut bien attendre. Ceux à qui l’or a davantage souri vont jusqu’à l’Apache, une moto de tendance réputée robuste et « bling bling ». Son coût frôle le million. Le jeune homme enfourche sa bécane. Il grimpe l’engin d’un trait. Direction : la broussaille. Nous l’y avons accompagné pour comprendre les techniques d’exploitation des sites d’orpaillage traditionnel. Deux systèmes existent dans notre pays: le dragage fluvial et les puits. Le premier se pratique sur les cours d’eau et le second sur la terre ferme Karamoko est une célébrité locale étonnante. A chaque virage, son nom sonne dans la bouche d’un passant. Kara est en effet d’un commerce agréable. Philosophe, il aime répéter que la vie n’est rien. « An be gnogon bolo », cette phrase usée à l’ivresse dans le milieu juvénile est devenu son leitmotiv. La moto chinoise crache du feu. Kara la poussa à la lisière de ses capacités motrices. Derrières des buissons, se cache l’industrie locale d’extraction d’or. Les moyens sont rudimentaires certes mais leur efficacité ne souffre d’aucun doute. Rudimentaires ? C’est peut-être trop dire. En vérité, les sites orpaillage rivalisent d’ingéniosité pour aller plus vite et plus loin. Tout est pratiquement mécanisé. Ils utilisent des moteurs de type Mercedes pour remonter la boue qui sera traitée par une autre machine pour en extraire le métal jaune. COMME A LA LOTERIE – Karamoko est à la tête d’une petite équipe de jeunes prêts à tout donner pour extraire l’or des entrailles de la terre. Volontiers, il explique comment c’est fait. « Nous sommes très nombreux ici à venir d’ailleurs. Beaucoup d’entre nous sont venus depuis plus d’un mois. Il faut avoir deux éléments essentiels pour travailler: la machine de concassage et les produits chimiques. Certains possèdent des puits. Eux, ce sont les patrons. Ils font travailler des gens et ils sont payés au prorata des gains ». Interrogé sur ses gains, Kara se montre volontairement évasif. « Vous savez, dit-il, c’est Dieu qui donne. On peut gagner des centaines de grammes ou ne rien gagner du tout. C’est une question de chance ». En vérité, notre jeune orpailleur n’est pas à son coup d’essai. Depuis quelques années, il sillonne les sites sans jamais tomber sur un filon. Comme à la loterie, il creuse sans jamais pouvoir améliorer les conditions de vie de sa famille. Sa fiancée l’attend toujours dans son village. Les cérémonies du mariage n’attendent que l’or qu’il n’a pas encore trouvé. « Je continue à tout donner. C’est Dieu qui sait », confie Kara, fataliste. Sur l’utilisation des produits frappés de prohibition partielle (cyanure) ou cannabis (totale), il est également peu bavard. Pourtant, il est quasiment impossible de tirer profit de cette activité sans utiliser le cyanure pour extraire l’or de la boue et le cannabis pour motiver les jeunes à se surpasser. Le service des douanes installé sur la route, à Kita, s’est fait un nom dans la saisie de ces produits interdits. Le cannabis se transporte par paquets de 2 kg chacun. Sur le terrain, le paquet est décomposé en doses vendables à ces nouveaux accros. Quant au cyanure, les convoyeurs le met dans des sacs et bien cachés dans les soutes des bus. Selon un chimiste d’une mine croisé dans le célèbre restaurant d’un des deux hôtels

Orpaillage traditionnel : Péril sur l’environnement

Reportage : Ahmadou CISSE Kéniéba, 19 février (AMAP) A un jet de pierre de la piste d’atterrissage précaire des avions miniers qui font la navette, deux fois, toutes les semaines, il y a un gros site d’orpaillage. Ici, jeunes femmes et hommes travaillent côte à côte. Les uns concassent la pierre, les autres vendent des aliments ou tamisent la terre brute. Une centaine de puits sont alignés sur un filon découvert depuis peu. La grosse bourgade de Kéniéba est à moins d’un kilomètre, à vol d’oiseau. Les questions environnementales liées à l’exploitation de l’or ne préoccupent guère les orpailleurs. De l’or, de l’or et de l’or ! De gros tas de troncs d’arbres sont stockés çà et là. Les arbres sont coupés jusqu’à la racine pour sécuriser les parois de ces puits profonds de plus de 100 mètres pour certains. Les produits chimiques utilisés par les orpailleurs restent dans les eaux boueuses formant un marécage. «Nous payons de l’argent au service des eaux et forêts pour utiliser les troncs d’arbre et pour creuser nos puits», affirme un jeune orpailleur, se présentant comme le chef d’une équipe qui dispose d’une machine à broyer et quelques outils entretenus par un forgeron délocalisé sur le site. «Il fait de bonnes affaires ici. Les pelles, pioches et marteaux sont réparés chez lui», confie Seydou, un ressortissant guinéen. Les critiques les moins acerbes avancent que la rivière Falémé montre des signes de toxicité alarmants. C’est peu dire pour qui a déjà visité certaines zones aurifères dans notre pays. Les sites se sont multipliés à la faveur d’un laxisme dans le contrôle et la gestion des nuisances. Au fond, tous les orpailleurs le diront : les fonctionnaires de l’Etat en charge de l’application de la réglementation entretiennent un échange de bons procédés avec les chercheurs d’or, majoritairement, de pays voisins. «Quand la gendarmerie nous interpelle, nous payons et nous recommençons», chuchote un orpailleur. A la préfecture, on évoque le manque d’effectif et de moyens pour permettre aux forces de l’ordre d’arrêter les dérives aux orpailleurs. Sur le plan de la gestion de l’environnement, le préfet Idrissa Kané ne cache pas son inquiétude. Il sait que les arbres sont illégalement coupés. Il sait, aussi, que les terres sont polluées par les mines. Le chef de l’exécutif local dénonce, à demi mot, la complicité de certaines notabilités qui encouragent la coupe du bois et l’utilisation des produits dangereux pour la santé humaine. Pour l’administrateur, il est impératif que les populations comprennent que l’avenir de tous dépend de notre comportement d’aujourd’hui. Qu’elles sachent que « le fait de couvrir les activités illégales peut rendre riche mais grève l’avenir des jeunes générations ». Le préfet prend l’exemple des opérations ponctuelles de lutte contre le dragage sur les cours d’eau. «Il se trouve que les leaders communautaires, eux-mêmes, avertissent les contrevenants des missions», regrette-t-il. MANQUE DE MOYENS – Pour le capitaine Modibo Sountoura, chef de cantonnement des Eaux et Forêts, il n’y a pas de soucis majeurs. Les premiers ennemis de la forêt, de son point de vue, sont la coupe du bois, l’exploitation du charbon de chauffe et l’incendie. La chasse n’est pas très développée. « Or, poursuit-il, la coupe du bois et la vente de charbon n’intéressent personne dans cette zone où l’on roule sur l’or ». Cette structure de répression est, paradoxalement, dépourvue de moyens. Pas un seul véhicule de patrouille. Une épave de 4×4 est sur cale depuis belle lurette, après de très longues années de bons et loyaux services. Depuis, rien. Les agents des eaux et forêts ne s’alarment pas sur l’état de la faune et de la flore. « Dans la brousse, note le capitaine, on trouve encore beaucoup de singes dont une partie a été délocalisée par les mines, tout comme les phacochères, les antilopes et les hippopotames ». Dans la famille des reptiles, il cite les boas, les varans, les caïmans. Côté oiseaux, il note la présence de pintades sauvages, de perdrix, des outardes et des calaos. La plupart de ces animaux migrent entre le Mali et les pays voisins, comme le Sénégal et la Guinée. Contrairement au gardien de la forêt, le 3è adjoint au maire de la Commune de Kéniéba, Idrissa Bah, tire la sonnette d’alarme. Il explique qu’une bonne partie de la forêt est occupée par des sites d’orpaillage et qu’aucune mesure de préservation de l’environnement n’est respectée. Les arbres sont, quotidiennement, abattus pour la cuisine ou encore pour les besoins de fixation des parois des mines artisanales. «Les produits utilisés sont interdits mais les services de répression n’ont pas les moyens humains nécessaires pour faire appliquer la loi», regrette l’élu local. Du côté des mines régulières, on assure que la situation est sous contrôle. Elles ont des montagnes de déchets, stockées à ciel ouvert. Les mares artificielles d’eaux contaminées sont protégées par des barbelés. Les populations craignent que la nappe souterraine ne soit déjà contaminée. Mais à ce jour, aucune étude scientifique n’a prouvé le niveau de pollution des eaux. Les mines, qui font le défrichement, payent des taxes et compensent les dégâts en reboisant. Donc, rien de vraiment alarmant à ce niveau, selon le chef local des eaux et forêts. AC/MD (AMAP)

Développement en zone aurifère : L’or ne brille pas pour tous

Reportage : Ahmadou CISSE Bamako, 20 février (AMAP) « Tout ce qui brille n’est pas de l’or ». Cette expression, bien que galvaudée, de nos jours sied au Tambaoura, zone géographique riche en or où convergent des milliers de jeunes en quête de fortune. L’Eldorado tant miroité se trouve être, bien des fois, une aventure ambiguë. Le contraste est saisissant. Tous les villages sont quasiment assis sur le métal jaune. Les compagnies multinationales se bousculent à leurs portes, attirées comme des mouches sur le miel, par un sous-sol riche. Pas moins de cinq grandes mines opèrent dans cette partie du Mali. Autour de Kéniéba, mère Nature saigne de toute part. La terre prend l’apparence d’un corps humain criblé de balles. Avec des plaies béantes. Les grosses machines creusent frénétiquement à la recherche de filons. Des mastodontes dégagent, au même moment, des montagnes de remblais pour alimenter de gourmandes machines de traitement d pour en sortir le métal jaune tant convoité. Dans chaque mine, les compartiments sont distincts. La zone d’extraction est séparée de l’usine. La base vie est légèrement écartée de ces deux blocs. Ici, toutes les commodités sont réunies : électricité, supermarchés, stades de football et autres terrains de sport, réfectoire, centre de soins … et mêmes des établissements de loisir pour les miniers. Les aliments et les produits de consommation sont livrés par des avions qui font la navette. Certains produits sont commandés de l’extérieur du pays pour garantir une qualité de service sans reproche et un niveau de vie au standard européen. Le confort est presqu’insolent. Tels des oasis, au milieu du désert, ces bases vies regardent les villages environnants qui manquent de tout. Ou presque. Les plus aisés utilisent des panneaux solaires expédiés de Chine alimentant des ampoules qui éclairent à peine leur environnement immédiat. Les hangars se succèdent, quelques fois entrecoupés de quelques concessions en banco. Rien de vraiment glorieux. L’or ne brille pas pour tous dans cette contrée où la poussière impose son diktat. Pourtant, les dirigeants des différentes sociétés minières jurent, la main sur le cœur, que leurs entreprises sont citoyennes et profondément attachées au développement local. Des centaines de millions de nos francs seraient versés aux populations autochtones pour l’amélioration de leur cadre de vie. Cette manne financière serait confiée aux municipalités, sous la bonne garde des maires. Fort de ce renseignement, quoi de mieux que de toquer la porte de M. le maire ? Une porte en bois s’ouvre sur l’élu local. Idrissa Bah, 3emaire est confortablement installé derrière un bureau sur lequel sont posés un ordinateur portable, un calendrier et une pile de cachets. Le drapeau national flotte sur son bureau de travail, surplombé de la photo officielle du président de la République. Entre deux signatures de copies d’extrait d’acte de naissance, il précise que sa commune abrite trois mines d’or à savoir Endeavour, Goungoto et B2 Gold. « Nous avons deux types de relation avec ces mines : la patente rétrocédée aux collectivités par l’Etat et le développement communautaire directement piloté par le sous préfet. Le plan de développement est géré en bonne intelligence avec les villages. Nous sollicitons les sociétés minières sur des urgences de la localité. Nous avons initié les cartes d’orpaillage pour pouvoir les identifier. A ce jour, la mairie ne tire aucun bénéfice de l’orpaillage » défend l’élu. En 2019, la Commune a bénéficié d’une enveloppe d’un milliard 300 millions, au titre de la patente de deux mines industrielles. « Comme toutes les autres communes, nous intégrons ce fonds dans le budget de la commune. Budget constitué de deux éléments : fonctionnement et investissement. Nous construisons des salles de classe et les équipons, des Centres de santé communautaire (et évacuations de malades), des forages, aménageons des pistes et des périmètres maraîchers … », précise le maire. Il tient à ajouter que sa commune apporte un appui à tous les services de l’Etat. « Quand la tâche est immense, les citoyens pensent qu’on ne fait rien. L’an passé, nous avons réalisé 38 forages dans les 28 villages de la communes», insiste Idrissa Bah qui se dresse contre l’orpaillage. « J’ai peur pour l’avenir des miens. Les forêts sont détruites à la faveur de l’orpaillage traditionnel. Quand les mines fermeront, il faut que les procédures soient respectées », s’inquiète l’élu. Il se rappelle avoir participé à une formation au cours de laquelle il a été clairement indiqué que les mines doivent créer un compte approvisionné, chaque année, pour préparer la fermeture du site. « Hélas ! Cette disposition n’est pas observée », dit-il. Selon le maire, pas grand-chose n’est fait pour l’après mines. « Cela me désole beaucoup » ajoute-t-il. Il poursuit : « Kéniéba est envahi. Nous avons plus de 40 nationalités ici. Ceux qui gagnent réellement de l’argent, parce qu’ils maîtrisent mieux les techniques, sont les étrangers. Les autochtones sont en train de se retirer de l’or au profit de l’agriculture et le commerce ». Pour le moment, seuls quelques chanceux tirent leur épingle du jeu. « Globalement, nous sentons un ralentissement des activités dû en partie à la pression démographique », analyse le maire qui prédit une année difficile pour sa localité. Le préfet du cercle, Idrissa Kané, lui, est plus optimiste. Il donne quelques exemples en commençant par cherté de la vie. Malgré cela, les populations arrivent à acheter les produits sur le marché. De son point de vue, cela est un indicateur important. Il ajoute que chaque famille dispose d’au moins 4 motos. Un jeune travaillant dans les mines est payé à plus d’un demi million. D’autres dépassent le seuil du million, au grand bénéfice de leur famille. « Donc, l’or profite bel et bien aux populations locales d’ici qui ont un niveau de vie plus élevé que les autres localités de notre pays », conclue le préfet qui admet que le niveau de vie souhaité n’est pas atteint. Les mines, selon lui, contribuent au développement local en finançant des activités génératrices de revenus, des centres de santé, des écoles et mêmes des pistes rurales. M. Kané rappelle que certaines activités ne sont pas inscrites dans les conventions minières. C’est justement pourquoi, les

Produits périmés : Bon prix, mais dangereux pour la santé

Reportage d’Anne Marie KEITA Bamako, 20 février (AMAP) Vendre un produit dont la date limite de consommation a expiré est interdit et réprimé par la loi malienne. Pourtant, nos marchés sont inondés de produits alimentaires impropres à la consommation. Ces produits sont vendus à vil prix par certains commerçants peu soucieux du danger qu’ils font courir aux consommateurs. La santé du consommateur malien est, donc, constamment menacée, surtout quand on sait que les commerçants ont les moyens de modifier la date de péremption des produits et souvent même, les emballages. Il suffit de faire un tour au grand marché de Bamako pour se convaincre que les produits périmés sont vendus partout et même prisés par les consommateurs. C’est làque la plupart des commerçants s’approvisionnent en produits périmés. Certains clients aussi. Des magasins existent, également, dans d’autres marchés et dans certains quartiers. La prolifération de ces magasins inquiète Ibrahima Diallo, gérant d’une boutique d’alimentation au marché «Dabanani». Pour lui, certains commerçants disposent aujourd’hui de machines leur permettant de falsifier les dates sur les emballages des produits périmés. « Le prix de ces produits défie toute concurrence, ce qui attire forcément la clientèle », souligne notre interlocuteur. Aminata Coulibaly est vendeuse de petit pois en conserve et pattes alimentaires et bien d’autres produits de consommation. Ici, la boîte de petit pois est cédée à 300 Fcfa, alors que le prix normal est de 500 Fcfa. L’explication est simple : parce que le produit est périmé. Si certains clients savent que ce sont des produits périmés et les achètent à leur risque et péril, d’autres non. C’est le cas de Rokia Diarra que nous avons rencontrée dans un marché et qui nous a confié : «J’ai acheté les boîtes de petits pois parce que c’était bon prix, mais je ne savais pas que le produit était périmé». « Lorsque j’ai ouvert la première boite, la dégradation du produit crevait les yeux, c’est à ce moment que j’ai vérifié la date de péremption et c’était écrit à consommer avant le 20/11/2019», a témoigné Rokia Diarra. Dans le même marché, nous avons suivi un livreur de marchandises. Son pousse-pousse rempli de cannettes de boissons et d’autres produits attirait les regards. Abordé, le jeune livreur se montre peu bavard. «Ces produits ne m’appartiennent pas, je me contente de les livrer», lâche-t-il. Le propriétaire, Baba Sylla que nous rencontrerons, plus tard, a expliqué que certains de ses produits alimentaires sont périmés mais que cela ne veut pas dire qu’ils sont impropres à la consommation. Le commerçant a ajouté qu’il n’a jamais enregistré de plaintes de ses clients. «Nous les vendons à bon prix pour ne pas perdre nos bénéfices», a expliqué Baba Sylla. Les services de la Direction générale du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence (DGCC), n’ont pas souhaité parler, mais on peut s’autoriser à dire qu’il ne se passe pas un seul mois sans qu’ils ne  saisissent des produits impropres à la consommation, à Bamako comme à l’intérieur. Parmi les produits périmés qui inondent les marchés, on peut citer lesboissons,l’huile et les pâtes alimentaires, le lait,  les boîtes de sardine et de petit-pois, les pâtes dentifrices. QUE DIT LA LOI ? Il existe une loi interdisant la vente des produits périmés sur le territoire malien. Il s’agit de la loi n° 2015-036 du 16 juillet 2015 portant protection du consommateur, qui, dans son article 48, stipule qu’il est interdit d’exposer, de détenir en vue de la vente, de mettre en vente, de vendre ou d’utiliser comme matière première tout bien avarié périmé, falsifié ou contaminé. L’article 49 stipule que la détention en vue de la vente, la vente ou l’utilisation de biens toxiques nocifs ou dangereux pour la santé du consommateur, en dehors des dispositions règlementaires, sont interdites. Malheureusement, on constate que, dans la plupart des cas, les agents des services chargés du contrôle se contentent simplement de retirer ces produits dangereux et de les brûler. L’Association des consommateurs du Mali (ASCOMA) met surtout l’accent sur la sensibilisation de la population sur les conséquences de la vente et de la consommation des produits  périmés et impropres. Pour sa présidente, Mme Coulibaly Salimata Diarra, le consommateur doit être protégé contre ces produits et l’ASCOMA a déjà entrepris plusieurs actions dans ce sens. Des investigations approfondies sur l’utilisation du bromate de potassium et la collecte d’éléments irréfutables sur sa dangerosité, des enquêtes sur le terrain et des analyses de laboratoire des aliments de rue pour évaluer leurs qualités et les règles et normes d’hygiène appliquées, sont quelques actions qui ont été menées, ces dernières années, par l’ASCOMA. AMK/MD (AMAP)  

Gaz butane subventionné: Le prix a-t-il baissé chez les revendeurs ?

Reportage d’Amadou B. MAÏGA Bamako, 20 février (AMAP) La Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC) a, récemment, annoncé que les prix indicatifs plafonds du gaz butane subventionné sont fixés à 2.910 Fcfa pour la bonbonne de 6 Kg et à 1.335 Fcfa pour celle de 2,75 Kg. Ce qui correspond, respectivement, précise un communiqué de la Commission de suivi du mécanisme de taxation des produits pétroliers, à une baisse de 590 Fcfa et de 270 Fcfa. Rappelons que la bouteille de 6 kg était vendue à 3.500 Fcfa, contre 1.605 Fcfa pour la bouteille de 2,75 Kg. Cette réduction du prix du combustible domestique survient après une crise entre opérateurs gaziers et le gouvernement. Les importateurs de gaz, qui réclamaient des impayés, avaient décidé de rompre toute collaboration avec l’Etat. Conséquence : les prix avaient flambé, au grand dam des consommateurs. C’est pourquoi la DGCC a, dès l’entrée en vigueur de cette décision, invité les consommateurs à signaler auprès de ses structures déconcentrées, les cas de non-respect des prix plafonds indiqués. «Les manquements seront sanctionnés conformément à la règlementation en vigueur», a indiqué le communiqué dont nous avons reçu copie. Qu’en est-il véritablement sur le terrain ? Dimanche 16 février, l’horloge affiche 10 heures. L’air frais matinal dégagé par le fleuve Djoliba souffle sur Badalabougou, un quartier de la Commune V du district de Bamako. Une ballade au marché nous conduit chez Moussa Dicko, revendeur de gaz butane et de divers produits. Assis devant sa boutique, son fils Mohamed s’occupe des clients. Interrogé, notre interlocuteur affirme sans transiger que le prix indicatif plafond fixé par le gouvernement ne marchera pas. D’après lui, ces tarifs sont mal pensés. Il dit payer à 3.000 Fcfa la bouteille de 6 Kg. «Quelqu’un qui achète une marchandise à 3.000 Fcfa, est-ce qu’il peut la revendre à 2.910 Fcfa ? Ce n’est pas possible», dit le commerçant. Après un long moment de discussion, une dame vient payer une bouteille de 6 Kg, sans poser de problème. Elle semble plutôt heureuse d’avoir le gaz. «Il y a quelques semaines, j’achetais la bombonne de 6 Kg à 5.000 Fcfa voire plus souvent. A un moment donné, je ne parvenais plus à en trouver sur le marché», confie-t-elle. Lundi 17 février. En cet après-midi, le marché Dibida grouille de monde. Boutiquiers, vendeurs ambulants et autres usagers se démènent pour se frayer un chemin. La chaleur est suffocante. Là, la quasi-totalité des revendeurs interrogés affirment céder la bouteille de 6 kg à 3.500 Fcfa au lieu de 2.910 Fcfa fixés comme prix indicatif plafond par la DGCC. Pour eux, le prix de 2.910 Fcfa est un faux prix, car il ne prend pas en compte les difficultés d’accès à ce produit. Amadou Kida, l’un d’eux, révèle avoir acheté la bombonne de 6 kg à 3.000 Fcfa chez Sodigaz. « Avant la fixation des prix indicatifs plafonnés », précise le négociant. Pour espérer m’en sortir « je suis obligé de revendre une bouteille à 3.500 Fcfa», avance-t-il. Au même marché de Dibida, le revendeur Birama Diarra est le seul qui cède la bouteille de 6 Kg à 3.000 Fcfa au lieu de 3.500 Fcfa. Arrondissant ainsi les 2.910 Fcfa à 3.000 Fcfa. Cela, précise celui dont la marchandise s’arrache, « dans le but d’éviter le souci de jeton qui risque de se poser avec les 2.910 Fcfa. En attendant l’arrivée de nouveaux stocks, il promet de maintenir ce prix jusqu’à nouvel ordre. Contacté à ce propos, le directeur général de Sodigaz, Oudiari Diawara, a expliqué, lundi, qu’au niveau de sa société, la bombonne de 6 Kg est vendue entre 2.450 Fcfa à 2.500 Fcfa aux distributeurs. Précisons que ce sont ces intermédiaires (les distributeurs) qui revendent le gaz aux revendeurs qui ont alors la charge de céder à 2.910 Fcfa la bouteille de 6 Kg et à 1.335 Fcfa celle de 2,75 Kg. Pour le patron de Sodigaz, la réduction des prix du gaz subventionné risque d’augmenter la subvention de l’Etat qui s’élève cette année à près 7 milliards de Fcfa. Alors qu’il n’a pas encore, à l’en croire, payé tous les arriérés de 2019. Pour s’assurer que les prix fixés sont respectés par les revendeurs, la direction régionale du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence a mis à la disposition du public des numéros verts que les utilisateurs peuvent appeler pour signaler tout manquement à cette directive. Il s’agit pour la Commune I du numéro 66 81 04 59, Commune II, 16 49 22 91, Commune III, 76 13 50 47, Commune IV, 66 71 79 57, Commune V, 66 46 42 80 et Commune VI, 76 45 01 69. ABM/MD (AMAP)                                                

Le Directeur général chargé des Opérations de la Banque mondiale reçu par le PM

Bamako, 18 février (AMAP) Le Directeur général chargé des Opérations de la Banque mondiale, Axel Van Trosenbourg en visite au Mali a été reçu lundi à la Cité administrative, par le Premier Ministre, Dr Boubou Cissé, a constaté l’AMAP Le Chef du Gouvernement et son hôte ont échangé sur entre autres, le renforcement du partenariat entre le Mali et la Banque mondiale, les enjeux et les priorités de développement aux niveaux national et régional en perspective de la 19ème phase de reconstitution des ressources de l’IDA-19 au titre du nouveau cycle de trois ans pour la période allant du 1er juillet 2020 au 31 juillet 2022. Les entretiens entre les deux personnalités ont également porté sur l’organisation du Dialogue politique national et la mise en œuvre de la nouvelle stratégie de gestion de la crise dans les régions du centre. Dr Boubou Cissé a saisi l’occasion pour exposer les projets prioritaires du Mali en matière de développement notamment dans les domaines de l’Energie, l’eau, les infrastructures routières, le transport ferroviaire et l’agriculture. Le Directeur général des Opérations a confirmé la détermination de l’institution à accompagner le Mali dans ses efforts de développement. Le portefeuille actif de la Banque mondiale au Mali, à la date du 03 février 2020,  compte 31 opérations finançant 27 projets dont 19 à caractère national et 8 à caractère régional, pour un montant total engagé de 1 684,55 millions de dollars US soit environ 999,81 milliards de FCFA. L’engagement financier total en faveur des projets nationaux est de 1 354,05 millions de dollars US (80,38%) et celui en faveur des projets régionaux s’établit à 330,50 millions de dollars US (19,62%). Le Mali, malgré la crise persistante qu’il traverse, arrive à assainir le cadre macroéconomique avec un taux de croissance robuste de 5% en moyenne depuis 2013. Étaient présents à la rencontre, le ministre de l’Energie et de l’Eau, son homologue de l’Agriculture, le ministre de l’Energie et du Pétrole, le chef du département des Infrastructures et du Désenclavement, le ministre délégué Chargé du Budget et la Directrice Mali des Opérations de la Banque Mondiale. KM (AMAP)

Le PM lance la 31ème édition des Journées annuelles du club des dirigeants de banques et établissements de crédit d’Afrique

Bamako, 14 février (AMAP) La cérémonie de lancement de la 31ème édition des journées annuelles du Club des dirigeants de banques et établissements de crédit d’Afrique, a été  présidée jeudi à Bamako, par le Premier Ministre, Dr Boubou Cissé,  sous le thème : « les banques africaines face aux nouvelles contraintes réglementaires », a constaté l’AMAP. Dr Boubou Cissé a déclaré que le financement de l’économie nationale dans le nouveau contexte réglementaire reste une grande préoccupation des pouvoirs publics et des autorités monétaires qui, par ailleurs, œuvrent inlassablement au quotidien, pour susciter l’accroissement des financements bancaires et, par ricochet, une inclusion financière durable des populations.. S’adressant aux membres du Club, le Premier Ministre a  soutenu qu’il appréciait fortement les efforts déployés par le système bancaire africain, dont ils sont les porte-étendards dans le cadre de l’inclusion financière à travers l’extension de leurs réseaux de distribution. Et cela, en dépit des difficultés et des insuffisances d’infrastructures constatées dans les lieux de leurs implantations. La Présidente du Club,  Mme Aissata Koné Sidibé, dirigeante de Coris Bank,  a déclaré que 90% des entreprises africaines bénéficient de financements bancaires pour la réalisation de leurs opérations avant de préciser que la fonction de financier est de plus en plus limitée par le respect des nouvelles règles émises par le régulateur. Le directeur national de la BCEAO, Konzo Traoré a, pour sa part,  affirmé que son institution a entrepris des réformes dans le cadre d’une démarche participative impliquant l’ensemble des acteurs. « Des structures de concertations, comprenant à la fois le régulateur et les banques de la zone, ont ainsi été mises en place » a indiqué Konzo Traoré avant de soutenir que malgré les contraintes induites, les réformes introduites étaient nécessaires dans un monde en perpétuel changement. KM (AMAP)

Economie : Une délégation du Mouvement des entreprises de France à la Primature

Bamako, 12 février (AMAP) Une délégation du Mouvement des entreprises de France (MEDEF) et de business France, conduite par le président du Conseil des chefs d’entreprises France-Afrique de l’Ouest, Bruno Mettling, a été reçue en audience ce mardi par le Premier Ministre, Dr Boubou Cissé à la Cité administrative, a constaté l’AMAP. Le Chef du Gouvernement et ses hôtes ont échangé sur entre autres, la coopération entre le Mali et le MEDEF et les opportunités d’investissements économiques au Mali. Dr Boubou Cissé a rassuré ses interlocuteurs pour les garanties que l’Etat offre au secteur privé pour s’épanouir avant d’inviter ses hôtes à investir au Mali. Le MEDEF  qui est l’interlocuteur privilégié du gouvernement français pour la définition  et la mise en place de mesures sociales et économiques, est la principale organisation des employeurs en France avec 173. 000 adhérents représentant 10 millions de salariés en France et à l’international, 123 représentations territoriales et 77 fédérations de tous les secteurs. La cérémonie s’est déroulée en présence du président du patronat malien, Mamadou Sinsy Coulibaly, des représentants de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali et des établissements financiers et bancaires . KM (AMAP)

Sous les mains des artistes du tatouage au henné

Par Fadi CISSE Bamako, 7 février (AMAP) Ce jeudi matin, une foule de jeunes filles crée une atmosphère de fête autour de la tatoueuse au henné, Fatim Sidibé. Ces jeunes célibataires et futures mariées font la queue pour se faire tatouer les mains et les pieds. Nous sommes arrivés vers 10h30mn, au quartier de Djicoroni-Para chez l’artiste. Elle est installée sous un hangar dont l’intérieur est éclairé par des rayons de soleil qui transpercent le toit. Il y fait chaud et le thermomètre marque 30 degrés. Les clientes sont impatientes d’être prises en main par l’artiste. Elles seront belles demain lors du mariage ou le baptême. Le tatouage moderne au henné indien exige de la praticienne beaucoup de dextérité, contrairement au produit traditionnel. La jeune cliente, d’une vingtaine d’années, à la taille fine, Aminata Kebé, prépare le baptême de l’enfant d’une amie. La fête aura lieu ce dimanche. Elle veut en mettre plein la vue aux autres filles invitées. Tout le monde doit sentir, à travers son tatouage cher, qu’elleest proche des parents du nouveau-né. Elle attire les regards des autres femmes, lors des cérémonies de mariage ou de baptême de tous ses proches, de mariage ou de baptême, en apparaissant dans des parures dont la qualité est rehaussée par l’éclat des tatouages au henné malien. Comme elle, les femmes mariées et les filles célibataires ornent leurs pieds et leurs mains en utilisant la poudre magique. Certaines personnes utilisent d’autres produits qui s’apparentent au henné naturel local. Il est vraiment difficile, pour une profane, de faire la différence entre le vrai et le faux henné. Selon la tatoueuse Fatim, autrefois, seules les nouvelles mariées et les femmes adultes se tatouaient avec le henné. Autrefois, les valeurs culturelles étaient respectées dans tous les terroirs. L’enfant qui n’avait pas l’âge de faire le tatouage, n’osait pas en parler à ses parents. « De nos jours, déplore Fatim, les mamans encouragent les petites, en leur achetant la poudre de henné ». « Mais, nous avons l’impression de vivre dans un monde à l’envers, avec une nouvelle génération qui fait fi de nos traditions », déplore la dame. A une certaine époque, aujourd’hui révolue, selon nos coutumes africaines, seules les femmes mariées, et les jeunes filles fiancées, prêtes à convoler en noces étaient autorisées à utiliser la pâte de henné. Elles l’étalaient, de façon artistique, sur les pieds et les mains pour les tatouer. Cette tradition est encore observée lors des grands événements : mariages, baptêmes, fêtes religieuses et voyages. Mais, de nos jours, le caractère sacré, qui justifiait l’interdit aux pucelles, aux adolescentes, aux femmes célibataires endurcies, a disparu. Les femmes de tout âge utilisent aujourd’hui le henné pour le simple plaisir de se faire belle. Rien de surprenant ou d’étonnant, « car même les mères ne se souviennent plus de nos anciennes coutumes, encore moins de les transmettre à l’enfant », se désole la vieille Aminata Oueleguem, marraine d’une future mariée. « Il est du devoir des parents d’expliquer nos us et coutumes à l’enfant, afin de lui donner des bonnes normes et valeurs sociétales », ajoute-elle. Chez Fatim, les prix des modèles varient entre 1.500 et 15 000 Fcfa. « Ce métier est difficile, depuis mes débuts, à plus forte raison maintenant. Je suis courbée, toute la journée, pour dessiner sur des dizaines de pieds et de mains. C’est un travail éreintant », avoue-t-elle. Fatim tatoue une dizaine de clientspar jour, sauf le dimanche. A la fin de la journée, elle rentre tard à la maison, souffrant de courbatures et d’autres douleurs sur tout son corps. La flore du Mali renferme des arbustes aux multiples vertus esthétiques. C’est le cas du henné ou « lawsonia inermis ». Le dictionnaire français le décrit comme un arbuste de la famille des lythracées. De par la disposition de ses feuilles, le henné ressemble à un buisson. Les petites feuilles vertes de cet arbuste sont très riches en molécules actives. Ces feuilles cueillies, elles seront séchées au soleil avant d’être pilées. La poudre recueillie est mélangée à une certaine quantité d’eau dans une calebasse ou tout autre récipient pour obtenir une pâte colorante. L’ocre du départ se transforme en une sorte de noir brillant agréable au regard. Les élégantes femmes s’en servent pour colorer leurs pieds et leurs mains. Certaines dessinent des figures artistiques sur ces parties de leur corps. D’après certains récits très anciens, les femmes égyptiennes, les premières, ont intégré l’usage du henné dans leurs rituels de beauté. A présent, il existe plusieurs variétés de poudre sous cette appellation. En Bambara, la poudre de henné est connue sous des appellations populaires. Les vendeuses proposent le « indou diabi » importé et/ou la variété locale, le « farafin diabi ». La palette de choix va du henné indien au henné traditionnel de chez nous. FC/MD (AMAP)