Dégradation des routes : Le ministre des Transports et des Infrastructures invite les chauffeurs de gros porteurs au civisme
Bamako, 30 Nov (AMAP) Le ministre des Transports et des Infrastructures, Makan Fily Dabo, a invité, lundi, inviter les chauffeurs de gros porteurs et autres moyens de transport à adopter un comportement citoyen pour préserver les routes. Le chef du département, qui a visité les travaux de construction et de bitumage de la route Banconi-Dialakorodji-Safo-Nossombougou très en retard, à cause de l’occupation de l’emprise du projet en zone urbaine, a, au passage sa délégation, constaté un gros porteur en panne, garé sur la chaussée. «Nous avons toujours dénoncé ces pratiques. A peine les routes sont terminées, ils commencent à les détruire. Ils font fi des milliards investis pour la réalisation d’une route», a déploré le ministre Dabo. Il a expliqué au conducteur que l’huile est l’un des pires ennemis de la route. Le chef du département en charge des Transports et des Infrastructures a saisi l’occasion pour exhorter les conducteurs de gros porteurs et autres usagers à un comportement citoyen sur la route. « Cela, pour éviter de contribuer à la destruction, prématurément, de nos routes ». Comme les eaux de ruissellement, les gros porteurs contribuent à la dégradation prématurée des voies, à cause de l’incivilité de certains conducteurs routiers. Outre la surcharge, ils stationnent leurs engins, en panne, au beau milieu de la route, versant au passage de l’huile du moteur sur le bitume. Une pratique «nuisible» et «intolérable» que le ministre des Transports et des Infrastructures a dénoncé lors de sa visite. BBC/MD (AMAP)
Artisanat : La poterie résiste bien à la crise
Par Amadou SOW Bamako, 30 Nov (AMAP) La crise sécuritaire au Mali, en 2012, a porté un coup rude à l’artisanat, s’accordent à admettre les observateurs. Les artisans, dont le savoir-faire constitue une fierté nationale, vivent des jours difficiles du fait de l’absence de touristes. Or ceux-ci représentent une proportion importante de leur clientèle. Les artisans assistent, impuissants, à une baisse de leurs revenus et prient pour la relance des activités. Le secteur a besoin de retrouver un second souffle même si la situation n’est pas aussi désespérée qu’on pourrait le croire. Parce que le sous-secteur de la poterie arrive à se tirer d’affaire. Les potières et les femmes, qui vivent du commerce des objets en terre cuite, arrivent à joindre les deux bouts, malgré le contexte économique difficile. Les potiers continuent d’être présents dans notre quotidien à travers leurs productions qui ornent nos salles de conférences, salons de thé, bureaux, voire l’intérieur de nos maisons et autres édifices publics. Nonobstant la crise sécuritaire, les lieux de vente d’objets en terre cuite pour la décoration sont légion dans les rues de Bamako, les marchés, sur les abords des grandes artères et au niveau des ronds-points de la ville. Cette activité semble survivre à la crise. Et les jeunes s’intéressent, de plus en plus, à la poterie qui devient pourvoyeuse d’emplois par ce qu’elle apporte économiquement. Daouda Keïta, archéologue et directeur du Musée national, explique que la poterie a existé au Soudan (Mali d’avant l’indépendance), depuis le néolithique. Maïni Camara, originaire de Siby, est vendeuse d’objets en terre cuite, notamment des jarres au marché de N’Tabacoro. Pour elle, la poterie est la plus noble activité qui puisse exister mais aussi l’une des plus anciennes. Dans le temps, elle était réservée, au Mali, aux seules femmes de la caste des forgerons. «C’est une pratique très ancienne qui a laissé ses marques dans toutes les familles maliennes», explique la quinquagénaire. Comme pour apporter la preuve de l’utilité de la poterie, la vendeuse indique que jusque dans un passé récent, tous les ustensiles de cuisine étaient en terre cuite ou en bois dans nos campagnes. «Je m’approvisionne, chaque semaine, auprès des potiers et j’arrive à écouler très rapidement. Mais, il y a un énorme risque lié au transport de ces objets. Lorsqu’ils se cassent, les pertes peuvent être considérables», explique Maïni Camara, avant de rappeler qu’elle évolue dans ce commerce depuis plus de 20 ans et emploie même deux personnes : un jeune garçon et sa propre fille. Elle arrive donc à joindre les deux bouts et à subvenir aux besoins de sa fille. Tout comme elle, bien d’autres femmes exercent ce commerce et s’en sortent assez bien. L’Association des femmes pour la promotion des produits artisanaux a créé en 2008 un centre de poterie à Darsalam sur financement de partenaires espagnols. La présidente de l’Association, Mme Assitan Traoré, souligne que son centre a toujours fonctionné à plein régime même pendant l’hivernage où l’approvisionnement en matière première devient un peu délicat. « Nous utilisons de l’argile qui nous provient des rives du fleuve Djoliba aux environs de Kabala. Le chargement d’une benne de 7 m 3 est cédé à 120.000 Fcfa et pendant l’hivernage, les choses se compliquent, explique la potière. Après notre installation, nous avons commencé à produire des objets avec une finition exceptionnelle parce que nous disposons d’un outillage moderne. Malgré les années de crise on a continué à produire des pots de fleurs, des canaris et autres objets de décoration », témoigne la responsable de l’association qui évoque aussi des difficultés liées au transport des objets, notamment leur acheminement sur les sites de vente. A ce niveau, explique-t-elle, on peut enregistrer des pertes importantes. La quinquagénaire, Mme Awa Keïta, indique avoir 25 ans de vécu dans la poterie. Installée la capitale à quelques encablures du rond-point de Daoudabougou, elle explique vivre de son commerce d’objets en terre cuite. «Nos objets proviennent majoritairement de Kalabougou, dans la Région de Ségou, précisément d’un centre de conception et de fabrication des produits argileux. «Nous faisons l’expression des besoins et la commande est livrée dans les meilleurs délais. Je travaille avec ma progéniture (deux garçons). Ce que nous gagnons leur permet de vivre décemment», dit Awa. Nos compatriotes apprécient les objets décoratifs en argile. De plus en plus, ces objets sont faits avec des designs attractifs. La délicatesse du transport de ces objets en terre cuite influe sur les prix parfois fixés en fonction des pertes enregistrées pour compenser. Ce qui explique que certains objets sont hors de portée de la bourse du Malien moyen. La décoratrice Oumou Diallo relève qu’avant, les objets fabriqués en terre cuite étaient généralement utilisés dans les villages et dans certaines familles conservatrices. Mais avec les améliorations apportées dans la conception et la réalisation, il y a eu un regain d’intérêt pour ces œuvres d’art en terre cuite. La production locale n’a rien à envier à celle d’autres pays. Quant à Mariama Sanogo, secrétaire dans une banque de la place, elle explique être venue acheter un pot pour décorer la salle de réunion de son lieu de travail. Pour elle, il est difficile de vivre aujourd’hui sans ces objets qui font partie de nos us et coutumes. Les gens se servent des encensoirs (Woussoulan daga) pour bien parfumer leur maison. Ces dernières décennies, la poterie a connu une ère nouvelle avec une touche de modernisation. Les œuvres en terre cuite sont plus stylées et diversifiées. Nos potiers n’entendent pas rater le train du progrès. Ils ont modernisé leurs productions (jarres, écumoires, vases d’ornement et encensoirs). Ces objets sont pratiquement devenus indispensables pour la femme malienne. Il est aussi fréquent dans notre société de mettre ces objets dans le trousseau de mariage. AS (AMAP)
Désenclavement rural : Quelques 572 KM de pistes rurales en cours de réalisation à Koulikoro et Sikasso (Sud)
Synthèse de Cheick M. TRAORÉ Bamako, 27 Nov (AMAP) Le milieu rural est par essence la principale zone de production agricole de notre pays. Il est malheureusement très enclavé avec des pistes rurales qui sont souvent impraticables surtout en période d’hivernage. Cette situation rend difficile l’écoulement des productions agricoles de ces contrées et l’accès des populations aux denrées de première nécessité et aux services sociaux de base. Dans le but de rendre nos pistes pastorales cyclables en toutes saisons afin de conjurer ces difficultés, le gouvernement a initié le Projet d’amélioration de l’accessibilité rurale dénommé (PAAR). Cela à travers le ministère des Transports et des Infrastructures avec l’appui de la Banque mondiale. Le PAAR est à sa seconde phase d’intervention pour une durée de cinq ans (2017-2022). Période durant laquelle, il prévoit l’aménagement d’un total de 1.700 km de pistes rurales dans les Régions de Koulikoro et Sikasso. Cela en traitant par exemple des points critiques en vue de faciliter l’accès des populations aux marchés, aux services de santé, aux écoles et aux communes voisines. Ainsi, après l’aménagement des 445 km de pistes rurales de la phase I du projet, les travaux d’aménagement des 571,49 km de pistes de la phase II du Paar sont en cours dans les deux régions bénéficiaires du Projet. Dans la Région de Koulikoro, un linéaire total de 202 km de pistes rurales est en cours de réalisation dans les cercles de Banamba et Dioïla. Dans la circonscription de Banamba, trois pistes sont en construction. Il s’agit des pistes Kiban-Toukoroba-Tamani-Ségala-Nyamina sur une distance de 77 km, Sirakorola-Tougouni-Nyamina longue de 72 km et Sirakorola-Toubacoura pour un total de 28 km. Le Cercle de Dioïla compte une piste en aménagement : Fana-Nangola-Sorokoro-Bèlèko-Mèna, longue de 115 km Les cercles concernés par les travaux dans la Région de Sikasso sont Bougouni, Kadiolo, Kolondièba, et Yorosso. Ils concernent un total de 238 km repartis entre quatre circonscriptions. La seule piste en aménagement dans le Cercle de Bougouni est celle reliant Siobougou-Wola-Falani-Sanso/Bretelles : Wola-Dionkala sur une distance de 58 km. Le tronçon Loulouni-Nirouani-Ouattarasso-Kambo-Kadiolo, longue de 37 km, est en cours dans le Cercle de Kadiolo. Le Cercle de Kolondiéba bénéficie d’une piste en aménagement notamment l’axe Tiendaga-Fakola-Kotla-Sama-Dani-frontière RCI et bretelle Fakola-Soukourani-Togodaba-frontière RCI, longue de 116 km. Quant au Cercle de Yorosso, il compte également une piste en aménagement : Koury-Ngorola, longue de 27 km. Les travaux ont débuté en novembre 2019. La réception provisoire de la piste Fana-Nangola-Sorokoro-Bèlèko-Mèna dans la Région de Koulikoro a eu lieu au mois de juillet 2020. Cela en tenant compte des réserves formulées pour améliorer la qualité des travaux. Dans cette région, l’insécurité a impacté négativement le bon déroulement des travaux de certaines pistes de la phase II du Paar au niveau des cercles de Koulikoro et Banamba. Des dispositions sont en cours d’être prises pour la reprise et la finalisation des travaux d’aménagement des pistes concernées. Les travaux, dans la Région de Sikasso ont également débuté en novembre 2019. La réception provisoire des différentes pistes a lieu en juillet 2020 sous réserves. Les tâches du pont de Ziguéna sont presque terminées. La finalisation de la piste Koutiala-Konséguéla-Konina, activité de la phase I du PAAR, est en cours. Le lancement du Dossier d’appel d’offres (DAO) des travaux des trois ponts de N’Tiobougou, Faniéna et Djoungoula (phase 1 du projet) est imminent. L’aménagement de 50 km de pistes rurales de Konna avait été sollicité par les autorités dans le cadre du G5 Sahel. Les travaux avaient démarré avant de connaître des difficultés liées à l’inondation de la zone. Des dispositions sont prises pour le redémarrage des travaux après l’hivernage vu que la zone est inondée. Dans le cadre des travaux d’urgence initiés par le gouvernement dans les Régions de Mopti et du Nord du Mali, le Paar a été chargé de la réalisation de certaines infrastructures en dehors de sa zone habituelle d’intervention (Koulikoro et Sikasso). Il s’agit de la réalisation des travaux d’urgence de 16 km de digues à Ténenkou et Macina où la remise de site est effective. Les travaux préliminaires sont en cours. Les études pour la réalisation de la gare routière à Bankass sont presque finalisées. Le projet réalise également des infrastructures connexes ou socioéconomiques au bénéfice de chaque village riverain des pistes aménagées. Chaque bourgade bénéficie ainsi d’une infrastructure communautaire prioritaire en matière de développement local. à cet effet, un linéaire de 202 km de pistes rurales est en aménagement dans la Région de Koulikoro. Les installations connexes en cours d’études au niveau de la région sont au nombre de 39, dont six blocs de trois salles, soit 18 salles de classe équipées, 17 points d’eau, sept réhabilitations d’infrastructures de santé, huit périmètres maraîchers et un magasin de stockage. à Sikasso, 265 km de pistes rurales sont en cours d’aménagement. Les aménagements connexes de la phase II qui sont au stade des études techniques, sont au nombre de 43 et se composent de 15 blocs de trois salles de classes soit 45 salles de classes équipées, dix points d’eau, dix réhabilitations d’infrastructures de santé, cinq clôtures d’école, deux clôtures de Centres de santé communautaire (CSCOM) et un magasin de stockage. Pendant que les travaux de la phase II sont en cours de réalisation, les activités liées aux phases III et IV qui ont été combinées, sont également en cours. Les pistes à aménager ont été déjà choisies par les collectivités territoriales des deux régions avec un linéaire de 683 km. Les aménagements connexes prioritaires des 107 villages riverains des pistes à aménager, ont été également choisis par les populations bénéficiaires.
Aviculture à domicile : Une filière en pleine expansion
Par Makan SISSOKO Bamako, 26 Nov (AMAP) L’aviculture, une activité qui requiert une attention accrue de la part du promoteur, semble avoir, aujourd’hui, le vent poupe au Mali. Le secteur est en pleine expansion depuis quelques années. Devenu un refuge pour de nombreux diplômés sans emplois, elle offre de réelles opportunités d’affaires. Beaucoup de ceux qui s’y adonnent,, notamment à Bamako, s’activent dans l’aviculture domestique. Certains aménagent, à cet effet, un coin de la maison familiale. D’autres, exploitent, faute d’espace, les toits des habitats, où ils fabriquent des enclos recouverts entièrement de tôles. C’est le cas de Chiaka Dembélé. Diplômé de la Faculté des sciences juridiques et politiques de Bamako, il vit avec sa femme et ses enfants chez ses parents à Kalaban-coura, en commune V du district de Bamako. L’élevage de poussins est, depuis deux ans, au cœur des activités de ce jeune diplômé sans emploi pour pouvoir joindre les deux bouts. Sur son toit, Chiaka Dembélé a aménagé un espace. Il y élève des poussins qu’il revend au bout de 40 jours. Cette activité est, certes, laborieuse mais elle nourrit son homme. Il doit veiller sur la qualité de l’alimentation et de l’habitat des sujets en terme de confort et d’assainissement. Toute négligence peut lui coûter cher. «C’est un travail qui demande de la constance et du courage en permanence pour espérer obtenir de bons résultats», dit le volailleur. « Les poulets de chair, dit-il, subissent un long processus de formation qui dure près de deux mois. Au cours de laquelle, ils ont besoin de meilleures conditions d’hygiène, d’alimentation et d’un suivi médical approprié en termes de vaccination ». «Depuis que j’ai commencé cette activité, je n’ai pas d’autre vie ni d’autres occupations. Je consacre tout mon temps et toute mon énergie à leur entretien. C’est un travail pénible qui demande un suivi régulier. Les poulets de chair mangent et boivent toute la journée : matin et soir. Un instant d’oubli peut-être souvent fatal», relate-t-il. Ils sont importés de pays voisins, notamment du Sénégal et d’Europe, tels que l’Angleterre et l’Espagne. Pour s’adapter aux conditions climatiques du Mali, il leur faut de l’éclairage en permanence et du chauffage pour pouvoir survivre, ajoute l’aviculteur. REVENU APPRECIABLE – Une somme d’expériences qu’il a acquise après avoir trébuché. «Au début, je prenais 100 à 140 poussins. Sur ce nombre, seulement 60 à 70 arrivaient à terme. Je commence à m’adapter. Actuellement, je suis à 400 poussins qui sont presque arrivés à maturité. Pour leur alimentation, j’achète cinq à six sacs de concentré, en raison de 35.000 Fcfa par unité. Pour le moment, je n’ai pas enregistré de perte», s’est réjoui le jeune diplômé. Evoquant son chiffre d’affaires, Chiaka Dembélé indique qu’il peut avoir, après les dépenses, un revenu variant entre 150.000 à 175.000 Fcfa après chaque vente, en raison de 2.000 Fcfa par poulet. «Je vends la majorité de mes poulets aux hôteliers. L’élevage de poussins coûte énormément cher, mais je parviens à couvrir mes dépenses familiales et à subvenir à mes besoins en attendant de trouver mieux, c’est-à-dire un emploi salarié correspondant à mon profil », a-t-il dit. Tout comme lui, Soumaïla Traoré est aviculteur. Ce jeune homme âgé de 32 ans, en chômage technique depuis près d’un an, s’y est lancé pour subvenir à ses besoins. «L’aviculture locale est mon loisir préféré depuis l’adolescence. Je l’exerce actuellement pour gagner un peu d’argent, en entendant la reprise de mon travail», répond Soumaïla. Dans sa cour à Garantiguibougou, il a construit un vaste enclos en étage où il garde des pigeons et des poulets. Debout au milieu de la basse-cour, dans sa main une calebasse remplie de céréales dont il jetait le contenu par terre pour inviter la volaille à sortir. En un laps de temps, il se retrouve entouré de volaille. «J’ai acheté 200 poussins de chair dans l’espoir de les revendre à l’occasion de la fête de fin d’année pour pouvoir faire un peu de profit. J’ai déjà eu des commandes pour la fête du 31 décembre. Cette fois-ci, si les affaires marchent pour moi, j’espère rester dans le secteur avicole», lance Traoré. Qui dit se faire aider par son jeune frère de 15 ans pour l’entretien de ses oiseaux. « Car, soutient-il, l’aviculture locale est une activité prenante, donc difficile à concilier avec d’autres métiers ». «Les poulets de chair sont fragiles à la différence des locaux. Leur avantage est qu’ils ont une croissance rapide qui permet de les écouler assez vite», précise notre interlocuteur. À l’approche de la Saint-Sylvestre, communément appeler « fête des poulets », Abdoulaye Guindo, un jeune étudiant, s’active. A Kalaban coura ACI où il habite, il a été initié à l’aviculture par son frère ainé. Ce dernier élevait des poussins en famille et réalisait énormément de profit. En se lançant, Abdoulaye Guindo s’est servi des équipements, notamment le poulailler de son aîné. «Je viens de démarrer les activés avec seulement 100 poussins, à raison de 600 Fcfa l’unité, plus un sac d’aliment qui coûte 35.000 Fcfa. En fin de compte, si tout marche bien, je pourrais avoir un bénéfice allant de 75.000 à 80.000 Fcfa», pronostique Guindo. Qui compare l’aviculture à un jeu de loterie : entre chance et malchance, on peut ne pas obtenir le résultat escompté. « Cela, compte tenu de la fragilité des poussins de chair », soutient-il. CONSEILS ET ASTUCES – « Des difficultés surmontables », estime Fousseiny Bougoudogo, agent commercial au sein d’un groupe spécialisé dans la distribution de poussins et la vente de produits et matériels avicoles. Cette société travaille avec plusieurs couvoirs à l’intérieur comme l’extérieur du Mali, notamment les incubateurs locaux et ceux du Sénégal spécialisés dans la production, l’amélioration et la vente de produits avicoles au Sénégal et dans la sous-région. Ce spécialiste prodigue des conseils et quelques astuces pour réussir dans cette activité. Selon lui, les aviculteurs doivent tenir compte des difficultés liées à l’importation des poussins : le trajet Dakar Bamako est pénible pour les poussins, surtout en période de forte chaleur. En la matière, les poussins importés sont généralement, transportés par avion ou
La BAD signe avec le Mali 9 accords pour plus de 50 milliards
Bamako, 22 Nov (AMAP) Le ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou, et la responsable pays du Groupe de la Banque africaine de Développement (BAD), Mme Haly Louise Djoussou-Lorng, ont signé, jeudi, à Bamako, neuf accords de 50,82 milliards de Fcfa pour financer cinq projets, annonce un communiqué du ministère de l’Economie et des Finances (MEF). Ces Accords, en dons et en prêts, financent le Programme d’appui en réponse à la crise de la COVID-19 dans les pays du G5Sahel (Parc COVID-19 – G5 Sahel) sous forme d’appui budgétaire, le Programme de développement de la zone spéciale de transformation agro-industrielle des Régions de Koulikoro et péri-urbaine de Bamako (PDZSTA-KB), le Programme d’adhésion de la République du Mali à l’Agence pour l’assurance du commerce en Afrique (ACA). Ces opérations de la BAD financent, également, le Projet d’urgence exceptionnel en faveur des pays à faible revenu, membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de Renforcement des systèmes de santé de la Gambie, du Mali et du Niger pour lutter contre la Pandémie de COVID-19 ainsi que le projet de soutien au développement de l’écosystème entrepreneurial des MPME/MPMI. « La cérémonie qui nous réunit, aujourd’hui, revêt un caractère particulier car elle s’inscrit dans le cadre de la signature d’une série d’Accords de financement suite à la pleine reprise de la riche et fructueuse coopération entre la Banque africaine de développement, notre Institution commune, et le Gouvernement de Transition du Mali », a déclaré le Ministre malien de l’Economie et des Finances. M. Sanou a réaffirmé l’engagement et disponibilité des autorités de la Transition malienne “à poursuivre, à renforcer davantage les relations de coopération riche et dynamique” avec la BAD. À travers ces projets, la BAD souhaite réaffirmer son engagement “à soutenir les nouvelles autorités maliennes dans la réalisation de leur mission”, a indiqué la responsable pays de la BAD, Mme Haly Louise Djoussou-Lorng. “La signature de ces accords de financement intervient à un moment crucial et déterminant pour le Mali, à savoir le début d’une transition visant à créer de nouvelles bases pour un Mali plus inclusif et réengagé”, a-t-elle déclaré. MD (AMAP)
Koutiala : Lancement de la campagne de régénération du Parc à karité
Koutiala, 13 Nov (AMAP) La campagne nationale 2020 de régénération du Parc à karité, qui prevoit de planter plus de 8.400 karité dans les zones d’intervention du Projet appui à l’autonomisation économique des femmes dans la chaîne de valeur karité a été lancée, mercredi, à Kaniko, dans la Commune rurale de Sinsina, dans le Cercle de Koutiala (Sud). Financé par l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID) et mis en œuvre par le ministère de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la Famille (MFEF), en partenariat avec Association conseil pour le Développement (ACOD) Nietaaso, ce projet intervient dans les Communes de Sinsina et Nafanga, dans le Cercle de Koutiala, et dans la Commune rurale de Loulouni, dans le Cercle de Kadiolo. Il vise à apporter un appui à la protection, la préservation, la régénération et l’amélioration de la ressource karité. Ces activités visent à produire un changement de comportement des communautés vis à vis de la ressource karité et, surtout, de promouvoir un modèle de gestion durable du Parc à karité. Pour y arriver, le projet collabore avec les services techniques de la conservation de la nature. Une collaboration qui a permis aux productrices et aux communautés d’accéder à des formations techniques d’installation de pépinières, d’entretien et de régénération du Parc à karité. Dans son allocution, lors du lancement, le maire de la Commune de Sinsina, Chaka Coulibaly, a salué l’engagement et la détermination des femmes de Kaniko à s’impliquer davantage dans la lutte contre la pauvreté et la sauvegarde de l’environnement, à travers la transformation de la noix de karité et de la protection de l’arbre karité. Le directeur exécutif de projet, Élysé Sidibé, a rassuré les bénéficiaires que son ONG mettra tout en œuvre pour préserver et promouvoir le Parc à karité. Le conseiller technique en charge des questions de développement et de l’autonomisation de la femme au MFEF, Sayon Doumbia, qui a présidé la cérémonie, a souligné, dans son intervention que cette initiative « contribue, sans nul doute, à la valorisation de la filière karité, l’une des plus dynamiques de notre pays qui constitue une importante source de revenus pour une frange importante de la population rurale, à savoir les femmes, durement touchées par le phénomène de la pauvreté ». Ibrahim DEMBÉLÉ AMAP-Koutiala
Signature de conventions Mali-UEMOA : Une nouvelle phase du projet régional de mise en valeur des terres de l’Office du Niger
Bamako, 13 Nov (AMAP) Le ministère de l’Agriculture de l’Élevage et de la Pêche et la Commission de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) ont signé, mercredi, un «contrat de bail emphytéotique entre l’Office du Niger et la Commission de l’UEMOA, pour les parcelles de Kandiourou et de Touraba» et «l’Accord de rétrocession des travaux de réhabilitation et de renforcement de l’Abattoir de Sabalibougou à l’État malien». Le premier contrat, qui s’inscrit dans le cadre de la mise en valeur des terres de l’Office du Niger a été signé entre le président de la Commission de l’UEMOA, Abdallah Bouréima, et le président directeur général de l’Office du Niger, Abdel Karim Konaté. Quant au second contrat, il a été signé entre le président de la Commission de l’UEMOA, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche et le directeur général de l’Agence d’execution des travaux des travaux d’infrastructures et d’équipements ruraux (AGETIER), Zana Coulibaly, en tant que maître d’ouvrage délégué. L’État malien a, par décret, attribué à la Commission de l’UEMOA les parcelles de Kandiourou et de Touraba sur 11.288 hectares, en zone Office du Niger, sous forme de bail emphytéotique d’une durée de 50 ans renouvelables. Le second volet de cette cérémonie concernait la signature de l’Accord de rétrocession au ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, des travaux de réhabilitation et de renforcement de l’Abattoir de Sabalibougou, à Bamako. Elle porte sur un montant global de 300 millions de Fcfa et s’inscrit dans la dynamique de développement de la filière bétail-viande, l’une des cinq filières agricoles prioritaires de l’UEMOA. Les travaux portent sur la réhabilitation du bâtiment et le renforcement des équipements de saignée, d’abattage, d’habillage et de découpe de l’abattoir, du renforcement de la chambre froide et l’installation de nouvelles chambres froides dans les marchés de Niamakoro et de Kalaban Coura y compris l’achat d’un camion frigorifique et la connexion au réseau d’eau potable. Il s’agit, aussi, de la construction de bureaux, de vestiaires et de toilettes pour le service d’inspection vétérinaire, de la construction de vestiaires et de toilettes pour le personnel d’abattage et la construction d’un box d’inspection avec lave-mains à pédale stérilisation, tables, chaises et armoires pour les inspecteurs vétérinaires. « Avec cette évolution, nous pouvons affirmer que le projet régional de mise en valeur des terres de l’Office du Niger dans le cadre de l’UEMOA entre dans une nouvelle phase tout en restant fidèle à son objectif initial de contribution à la sécurité alimentaire et de renforcement de l’intégration régionale», a soutenu le président de la Commission de l’UEMOA, Abdallah Bouréima, parlant de la première convention. En ce qui concerne, la convention relative à l’Abattoir de Sabalibougou, M. Bouréima a indiqué qu’en décidant d’apporter cet appui, la Commission de l’UEMOA a voulu accompagner le Mali dans ses efforts pour un meilleur respect des règles d’hygiène et des normes sanitaires. Concernant l’accord de rétrocession des travaux de réhabilitation et de renforcement de l’abattoir de Sabalibougou, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Mahmoud Ould Mohamed, a reconnu que c’est une infrastructure de type régional améliorée. «Elle a atteint, aujourd’hui, des records d’abattage de 200 bovins par jour. Ce rythme d’abattage a soumis à rude épreuve les équipements et a créé une situation sanitaire peu reluisante à cause de l’absence d’eau potable, de vestiaires, de toilettes», a expliqué le chef du département. AG/MD (AMAP)
Mine souterraine de Gara : Voyage dans l’autre monde des miniers
Par Fadi CISSE Bamako, 12 Nov (AMAP) Il est presque 11 heures, ce lundi matin, à Loulo, Région de Kayes, Cercle de Kéniéba, dans l’Ouest du Mali. Une équipe de journalistes participe au traditionnel média briefing qu’organise la compagnie Barrick Gold Corporation. Visiblement enthousiastes, les hommes de médias franchissent le seuil de la mine d’or de Gara. Tout sourire, le chargé de sécurité, de taille moyenne, est à l’accueil. Abdoul Aziz Ouattara, c’est son nom, nous conduit dans une chambre isolée où seront données les orientations sur les modalités de la visite de cette mine souterraine. Les consignes strictes et explications fournies à cet effet révèlent l’intérêt et l’importance que la compagnie minière accorde au respect des mesures de sécurité. En la matière, cette zone, qui regorge d’un trésor immense, est placée sous haute surveillance 24h/24h. Pour y accéder, travailleurs et visiteurs se soumettent à un protocole de sécurité. Il faut, par exemple, passer par le poste de contrôle tenu par des agents de sociétés de gardiennage. Le port de la ceinture de sécurité, du casque équipé d’une torche pour faciliter la communication à l’intérieur, des bottes pour se protéger contre les inondations en certains endroits, est obligatoire. Employés comme visiteurs doivent porter des lunettes pour se protéger de la poussière et être munis d’une bouteille de gaz à oxygène pour faciliter la respiration. Ceux qui supportent mal le bruit se protègent le tympan à l’aide de bouchons. Il est interdit de fumer dans le secteur. Et au fur et à mesure que l’on s’approche de la mine, la peur semble gagner les rangs. L’angoisse cédera, peu à peu le pas, à la curiosité. Notre guide fait tout pour nous rassurer. Il explique que la compagnie a mis en place de nombreux systèmes de contrôle afin de réduire tout danger. «Certains de ces risques sont liés aux mouvements des engins lourds, aux éboulements, aux incidents, aux explosions, à la forte sonorisation, aux inondations, sans oublier le gaz qui se dégage en certains endroits», énumère le chargé de sécurité de la zone. Qui ajoute qu’un test de dépistage d’alcool et de drogue est en place pour tous les employés, les entrepreneurs et les visiteurs de la Société des mines d’or de Loulo (SOMILO). ROTATION- Après ce bref éclairage, intervient le moment décisif : descendre dans la mine souterraine. Avant cette étape, les visiteurs enfilent des combinaisons (pantalon de couleur bleue et chemise rouge). Après cette formalité, nous nous dirigeons vers des voitures 4X4, garées non loin de l’entrée de la mine. Où des bouts de caoutchouc numérotés sont déposés dans un coffre. Ceux-ci permettront, à la sortie, au chargé de sécurité de savoir que tout le monde est présent. Car, «chacun remettra sa clé à la sortie». A 13 heures, nous sommes dans la mine souterraine de Gara. Des jeux de lumière scintillent un peu partout. Les routes qui vont dans tous les sens, sont empruntées par des camions, des engins lourds et des petites voitures. Le respect strict du code de la route est de rigueur, notamment au niveau des virages. La circulation y est rythmée à coups de klaxon. Dans ce sous-sol de Gara, Barrick dispose d’équipements à la pointe de la technologie. La compagnie utilise des méthodes modernes d’exploitation minière : forage de développement avec jumbo, forage, dynamitage de production, chargement et camionnage, forage d’échantillonnage, système de gestion d’eau et de ventilation, etc. Des bureaux y sont aménagés avec toutes les commodités nécessaires (frigo bien garni, salle de repos, dispensaires etc. «Rien ne nous manque ici. Nous travaillons 12h/12h selon un système de rotation. Chaque équipe travaille durant quatre jours et observe quatre jours de repos. Le travail dans la mine souterraine demande beaucoup d’efforts», explique Abdoul Aziz Ouattara. A l’intérieur de la mine, impossible de recevoir des appels téléphoniques. Comment les agents qui y travaillent parviennent-ils à communiquer entre eux et avec l’extérieur, interrogent les journalistes. «Nous disposons de radios dans chaque véhicule. Tous les travailleurs en possèdent. Souvent quand la radio fonctionne mal, la torche sert de moyen de communication. Le bruit tout comme la lumière, révèlent une présence humaine», répond le guide. 400 M DE PROFONDEUR– Pendant ce temps, des camions transportent le minerai vers un concasseur mesurant environ 50 cm et qui alimente le tapis. A côté, se trouve une radio permettant aux miniers de saisir le fonctionnement du broyeur afin de parer à toute interruption de travail. De l’autre côté, est installé le cracheur. Les camions pouvant transporter entre 16 à 45 tonnes de minerai descendent à 400 m de profondeur pour transporter le gisement à la surface de la terre. Sur des roches issues des ruines d’explosions, brillent des pépites d’or. «Pouvons-nous partir avec un petit morceau», demande un confrère. «Non, c’est interdit même aux travailleurs de la mine», r4pond un guide, en souriant. Il explique que c’est au terme de tout ce processus que les minerais sont amenés à l’usine pour traitement, afin d’en extraire l’or brut qui sera vendu sur le marché. De retour à la surface, nous sommes éblouis par les rayons solaires. Une envie soudaine de retourner sous le sol remonte en nous. Chacun se frotte les yeux pour pouvoir mieux voir. Les brouillards ainsi dégagés, nous mettons le cap sur le champ solaire de Gounkoto. Il est presque 14 h. L’ingénieur–électricien, Mamadou Guissé, et son équipe composée d’hommes et de femmes, sont à l’accueil. Installé sur une superficie de 56 ha avec une puissance de 20 MW, ce champ solaire réduit considérablement la part du fuel dans la production d’électricité. «Le champ solaire de Loulo compte environ 53.360 panneaux solaires d’une durée de vie de 25 ans et qui se déplacent en fonction du soleil», explique-t-il. Il emploie 30 personnes et est connu comme étant les 3è et 4è sites dans toute l’Afrique, avec une économie de 10 millions de litres de gasoil par an dont 40 tonnes de COD. Diminuant ainsi considérablement les coûts d’exploitation et de production. Qu’est-ce qui explique l’absence du personnel féminin dans la mine
Pr Baba Berthé, PDG de la CMDT : «C’est une année vraiment catastrophique»
Sur une prévision initiale de 810.000 hectares, moins de 200.000 sont consacrés au coton cette année. Pour le géant de l’Or blanc, le manque à gagner peut être estimé à plusieurs dizaines de milliards de Fcfa L’Essor : Monsieur le Président directeur général, pouvez-vous nous édifier sur les causes du malentendu qui a abouti au refus de nombreux paysans de cultiver le coton ? Pr Baba Berthé : Il y a eu un élément déclencheur pour que nous assistions au boycott massif de la culture du coton. Tout est parti de deux évènements. L’un qui était un peu antérieur à l’avènement de la Covid-19. Il s’agit de la guerre commerciale que se livre la Chine et les États-Unis d’Amérique. Cette guerre avait tiré les cours mondiaux du coton vers le bas de sorte que déjà à la fin de l’année 2019, nous avions assisté à une contraction des cours mondiaux. Lorsque la maladie à coronavirus a fait son apparition, cela a eu une incidence sur le niveau de la demande. Car, la pandémie a occasionné la fermeture des unités industrielles de textiles, de filatures, les unités de tissage, d’impression principalement dans les pays asiatiques. Or, la première destination du coton du Mali ce sont les pays asiatiques dont les usines ont fermé. Corrélativement puisque le coton n’est pas consommé, il y avait des stockages. Les ports aussi ont fini par fermer, donc l’offre et la demande n’avaient pas de cohérence de sorte que les cours ont baissé. Le coton a perdu au moins le tiers de sa valeur sur le marché mondial. Ce que nous pouvons signaler à ce niveau, c’est que, ce que la CMDT ne gagne pas comme ressource de commercialisation de la fibre de coton sur le marché mondial, elle ne peut pas donner aux producteurs. La CMDT paie le coton à partir des ressources générées par la commercialisation de la fibre et si le cours baisse, cela veut dire que les ressources de la CMDT baissent et la CMDT n’a pas le choix que de venir expliquer aux producteurs voilà le niveau des cours mondiaux. Ce n’est pas la CMDT qui détermine le prix, c’est une commission prix de l’Interprofession du coton présidée par les producteurs qui fixe le prix d’achat de base du coton graine à partir des éléments qui sont donnés à savoir les ventes, les cours et les tendances des cours. Cette commission prix de l’Interprofession du coton a déterminé le prix à 200 Fcfa. Mais, parallèlement, il se trouve que depuis quatre campagnes, il y avait quelques difficultés de remboursement de la subvention des engrais. L’état depuis la campagne 2009 – 2010 avait décidé aussi de subventionner les engrais du système coton et depuis quatre ans, l’état éprouve quelques difficultés à rembourser à la CMDT l’équivalent de la subvention des engrais. Au regard de ces difficultés, les acteurs de la filière à savoir les producteurs, la CMDT, l’OHVN se sont mis d’accord pour transférer la subvention de l’engrais au coton graine. C’est-à-dire le prix d’achat du coton graine plus le bonus. Le niveau du bonus dépend de la somme que l’état met à la disposition des cotonculteurs pour subventionner la filière. Le montant qui était indiqué dans le plan de campagne pour appuyer les cotonculteurs, ce montant était de dix milliards qui, rapportés sur une production de 700 000 tonnes, donnaient environ 15 Fcfa/kg. Ce bonus a été ajouté au prix du coton pour donner 215 Fcfa/kg. La subvention étant transférée sur le prix d’achat du coton, alors les engrais devraient être cédés à leur prix coûtant. Quand les paysans ont vu cela, premièrement, ils ont fait une comparaison par rapport à ce qu’ils ont gagné l’année dernière pour la campagne précédente 2019-2020. Ils avaient reçu par kilo 275 Fcfa. Parallèlement, l’engrais leur a été cédé à 11.000 Fcfa. Cette année, ils se disent qu’ils vont recevoir pour chaque kg de graine vendu 200 Fcfa plus 15 Fcfa correspondant à la subvention de l’état. Cela fait 215 Fcfa mais corrélativement, l’engrais leur serait cédé à son prix coûtant. C’est là que ça a commencé à grincer. Deuxièmement, ils ont vu qu’au Burkina Faso, il y a eu un prix de base fixé à 240 Fcfa et parallèlement, l’engrais était cédé aux producteurs burkinabé à 14.000 Fcfa contre un peu plus de 18.400 Fcfa dans notre cas pour le complexe et quelque 16.000 Fcfa l’urée. Ils ont dit qu’habituellement, les conditions du producteur malien sont plus favorables que celles du burkinabé et donc ils ont dit qu’ils ne feront pas de coton parce qu’ils ne gagnent pas. Nous avons organisé des campagnes de sensibilisation à travers la zone cotonnière. Par la suite, l’état a fait un effort à partir du 7 juin 2020. Les réactions des producteurs qui allaient dans le sens de l’amélioration du prix d’achat du coton et des efforts à faire pour baisser le prix de cession des intrants ont été consignées dans un rapport qui a été transmis au gouvernement. Ils ont demandé un effort supplémentaire à l’état, estimant que leur revenu est négativement impacté par les conséquences de la Covid-19. C’est à la suite de ce rapport que le gouvernement a accepté ce bonus. Ainsi, le prix d’achat du coton graine est passé de 215 Fcfa/kg à 250 Fcfa/kg. Malgré cet effort, il y a eu quelques contradictions entre les producteurs. D’autres ont dit qu’ils feront du coton pendant que d’autres ont indiqué qu’ils ne le feront pas pour des raisons internes aux coopératives. Voilà comment ils ont décidé de boycotter le coton. La deuxième explication qu’il faut ajouter est que quand bien même on a réuni toutes les conditions pour que les producteurs aillent faire du coton, les pluies se sont arrêtées. Dans la zone cotonnière, il n’y a pas eu de pluie entre le 15 juin et le 7 juillet 2020. Quand vous demandez à des producteurs de Koutiala, de Sikasso, de Fana de semer du coton au delà du 30 juin, ils estiment que c’est un gros risque. Ils
Ségou : Le bras de fer continue à la COMATEX
Par Mamadou SY Amap-Ségou Ségou 30 Oct (Oct) Sans rémunération depuis le 3 août, date de la fermeture de l’usine, les 1.300 travailleurs de la Compagnie malienne des textiles (COMATEX), traversent des moments difficiles. La fermeture de cette usine, inaugurée en 1968 et qui constitue le poumon économique de la Région de Ségou, a brutalement plongé dans le désarroi des milliers de salariés. Pour justifier la fermeture de l’usine, la direction invoque des difficultés financières et le non renouvellement de la subvention et des contrats de performance. À la suite de plusieurs négociations sans suite, le comité syndical de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) de la société, profondément préoccupé par la situation, a décidé de saisir le Tribunal de grande instance de Ségou. Le délibéré de ce procès intenté par les travailleurs sera vidé mercredi prochain. Le syndicat estime que la direction a envoyé les travailleurs au chômage technique, sans tenir compte des normes du Code du travail. Depuis plusieurs semaines, les machines, qui résonnaient dans l’usine, sont totalement réduites au silence et les mauvaises herbes ont poussé dans la cour de la société, attirant des reptiles. Drapé dans un grand boubou, le visage mangé par une barbe de plusieurs jours et un foulard noué, délicatement, autour du cou, Mody Kéita, travailleur à la section filature de l’usine a, à son actif, 26 ans d’expérience. Selon lui, cela fait des années que la direction de la COMATEX tente, par tous les moyens, de fermer l’usine, afin de procéder à des licenciements. Il ajoute que, fort heureusement, cette idée n’a pas pu aboutir parce que le tandem syndicat-travailleurs veillait au grain. Avec cette mise en chômage, les milliers de travailleurs de l’usine peinent à joindre les deux bouts. Beaucoup se sont retrouvés sans ressources, du jour au lendemain. «Nous n’avons aucun sou pour subvenir à nos besoins. Nos réserves de vivres sont épuisées, notamment le mil, le riz. Nous n’avons rien à se mettre sous la dent», s’inquiète Mody Keita. «Nous sommes obligés de quémander auprès de nos familles et ceux qui sont en mesure de nous aider. Certains travaillent en tant que fabricant de briques, d’autres comme maçons, puisatiers, vidangeurs, afin de tenir la baraque », ajoute-t-il, fataliste. Marié et père de 4 enfants, Oumar H. Dembélé travaille à l’usine comme chauffeur depuis 1994. Il gagne moins de 100.000 Fcfa par mois et estime que la fermeture de la société ne fait que plonger les travailleurs dans la précarité et raviver un foyer d’anxiété. « Les Chinois ne peuvent plus, qu’ils laissent la direction de l’usine à d’autres partenaires ! » C’est la phrase que l’on entend, de plus en plus, chez les ouvriers écœurés par la mauvaise gestion. Mais, il serait injuste de jeter la pierre aux dirigeants de l’entreprise. Oumar H. Dembélé déplore également la passivité du gouvernement qui les a abandonnés à leur triste sort. Cet employé de l’usine raconte que dans leur détresse, les travailleurs de la COMATEX n’ont obtenu aucune aide, ni bénéficier des mesures sociales annoncées par l’ancien chef de l’État. S’agissant des informations qui ont circulé sur un éventuel cas de Covid-19 à la COMATEX, Adama Traoré, le délégué du personnel, dit qu’il n’en est rien. En effet, l’agent de sécurité et de gardiennage soupçonné d’être malade de coronavirus, a été testé négatif et Adama Traoré voit, à travers cette affaire, un moyen pour la direction de licencier les travailleurs. Bintou Fatoumata, une employée de l’usine indique que la COMATEX permet à de nombreuses familles de faire face aux charges qui pèsent sur leurs épaules. Elle nourrit le vœu de voir les 1.300 travailleurs reprendre le chemin de l’usine, tout comme Zakaria Coulibaly, un autre employé qui se souvient des années fastes de la COMATEX. «Avant que l’entreprise ne soit privatisée, on produisait des tissus koba, des basins, des tenues militaires… Depuis qu’elle a changé de statut pour devenir une société anonyme (SA), nous ne produisons que des fils à tisser et tissus en pagne », regrette-t-il. Notre interlocuteur évoque les cars de l’entreprise reconnaissables par leur couleur rouge et qui assuraient le transport des ouvriers matin, midi et soir. Ces cars auraient disparu en 2017 du parc auto où il n’y a plus qu’un camion pour le transport des ouvriers. Pour Zakaria Coulibaly, la mauvaise gestion et le non-respect des lois du travail expliquent la situation plus que jamais déplorable dans laquelle se trouve l’entreprise. Abdoulaye Diakité, le secrétaire général du comité syndical de l’UNT martèle, sans ambage,s que la direction a illégalement mis les travailleurs de l’usine en chômage technique au motif que l’entreprise traverse une crise financière. Il affirme que la direction s’est basée sur l’article 35 du nouveau code du travail qui stipule que « lorsque, pour des raisons d’ordre économique, commandées par des nécessités de l’entreprise ou résultant d’événements imprévisibles présentant le caractère de force majeure, l’employeur décide de mettre en chômage temporaire tout ou partie de son personnel, l’inspecteur du travail doit, au préalable, en être informé ». Selon Abdoulaye Diakité, en temps normal, les travailleurs de la COMATEX partent en congé annuel à partir du mois d’août. Cette fois, à cause du cas suspect de coronavirus, les congés ont débuté le 1er juin pour finir le 30 juin. « A la fin de ce mois, la direction a affiché une seconde notification de suspension de travail. Ensuite, elle a publié un autre avis concernant la mise en chômage technique des travailleurs à partir du 3 août », a-t-il expliqué. Abdoulaye Diakité a soutenu que ni les textes, ni le code du travail n’ont été respectés. Et d’ajouter que la direction s’est contentée juste de placarder une affiche à la porte pour annoncer la fermeture de l’entreprise, sans en informer, préalablement, le comité syndical. De sa privatisation en 1994 à aujourd’hui, la COMATEX bénéficie d’une subvention, en plus des contrats de performance, mise en place en 2009 par l’ex-président Amadou Toumani Touré, une mesure incitative qui vise à soutenir les entreprises industrielles. Ayant pris fin au mois de mai, les deux contrats n’ont pas pu être renouvelés comme d’habitude. Ce qui a provoqué

