Ibrahim Ballo : Un plasticien idéaliste
Par Youssouf DOUMBIA Bamako, 11 fer (AMAP) Imaginez deux cent petites flammes dans une chambre éclairée à moitié par la lumière du jour. Des mèches ou morceaux d’étoffe imbibés de beurre de karité placés dans des minuscules morceaux de fer constituent ces lampes. (Lire suite : http://lessor.ml)
18è édition de Ségou’Art Festival sur le Niger : Focus sur nos valeurs culturelles
Ségou 07 fév (AMAP) Le grand rendez-vous de la Capitale des Balanzans constitue non seulement un cadre de brassage culturel et d’échanges mais aussi un levain pour l’économie locale. L’édition de cette année, compte tenu du contexte, est une preuve de la résistance des Maliens contre l’invasion terroriste et contre toutes les menées visant à vassaliser notre pays (Lire la suite ; http://lessor.ml)
L’architecture traditionnelle en voie de disparition à Mopti, la Venise malienne
Par Amadou SOW Bamako, 07 fév (AMAP) Les maisons en banco au charme sauvage faisaient la beauté de la Venise malienne. Ce style architectural soudanais résiste de moins en moins à la modernité parce que les constructions en ciment et dans le style contemporain poussent comme des champignons. (Lire suite : http://lessor.ml)
Culture : Lancement d’un projet pour les textiles de Bandiagara et de Djenné (Centre)
Bamako, 18 déc (AMAP) Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo, a lancé, jeudi, au Mémorial Modibo Keita, le « Projet de conservation, de revitalisation et de valorisation des textiles dans les localités de Bandiagara et de Djenné », dans le Centre du Mali. Ce projet est financé par le gouvernement américain à travers le Fonds des ambassadeurs pour la préservation du patrimoine culturel (AFCP). Il permettra d’inventorier, de documenter et de conserver les compétences, les outils et pratiques associés à la production et à l’utilisation de textiles et d’objets connexes dans les contextes culturels des communautés peule et dogon du Centre du Mali. Le projet entre dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord bilatéral sur les restrictions à l’importation d’objets archéologiques de la vallée du Niger et des Falaises de Bandiagara, signé le 19 septembre 1993, entre le Gouvernement des États-Unis d’Amérique et le Gouvernement de la République du Mali. La cérémonie s’est déroulée, en présence de l’ambassadeur des Etats-Unis au Mali, Dennis B. Hankins. Elle a, également, enregistré la présence de la Représentante du Centre du patrimoine culturel au Département d’Etat américain, Dr Anne Compton, spécialiste de l’Histoire de l’Afrique de l’Ouest, du Président de la Commission Education, Culture, Artisanat et Tourisme, Communication et Nouvelles Technologies du Conseil national de la Transition 9CNT), Magma Gabriel Konaté, du Rreprésentant du chef du Bureau de l’UNESCO à Bamako et de nombreux invités du monde de la Culture. OS/MD (AMAP)
Le M’bolon du Mali inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité de l’UNESCO
Bamako, 17 déc (AMAP) Instrument de musique traditionnelle emblématique en milieu manding, le M’bolon a été inscrit, mercredi dernier, au patrimoine immatériel de l’humanité par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Le M’Bolon est utilisé dans plusieurs milieux traditionnels au Mali pour encourager les agriculteurs lors des travaux champêtres ou encore galvaniser les guerriers en période de conflit. Cet instrument à percussion est composé d’une grande caisse de résonance faite d’une calebasse recouverte de cuir de vache, surmontée d’un manche en bois arqué muni de cordes. Selon Moussa Cissé, conseiller auprès de la délégation du Mali à l’UNESCO, le M’bolon dont les origines remontent à Mandé Boukary, au 13è siècle est, de nos jours, menacé de disparition. Son inscription au Patrimoine mondial par l’UNESCO vise à le sauvegarder en « toute urgence et permettre la transmission aux générations actuelles et futures de sa conception et de tout le rituel de son utilisation ». En plus du M’bolon, plusieurs symboles de la culture africaine ont été inscrits par l’UNESCO au patrimoine immatériel de l’humanité, lors de sa 16è session du comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel. Il s’agit notamment du Ceebu jën, plat sénégalais, fait à base de darne de poisson, de brisures de riz, de poisson séché, de mollusques, etc. L’UNESCO a, également, inscrit sur cette liste la Rumba congolaise, genre musical et danse que se partagent la République démocratique du Congo et le Congo Brazzaville. MT (AMAP)
Les Etats-Unis remettent au Mali plus de 900 objets archéologiques saisis par les douanes US
Bamako, 07 dec (AMAP) Plus de 900 objets archéologiques et ethnographiques maliens saisis par les autorités douanières américaines et retournés au Mali ont été symboliquement accueillis, mardi, par le Premier Ministre malien, Choguel Kokalla Maiga, qui s’est joint à l’ambassadeur américain, Dennis B. Hankins. « La plupart de ces objets avaient été pillés illégalement sur des sites archéologiques au Mali et exportés illégalement vers les États-Unis entre 2008 et 2011 », explique un communiqué de l’ambassade des Etats-Unis au Mali qui loue la coopération américano-malienne en matière de protection du patrimoine culturel du Mali. « Parmi les objets figurent de grandes urnes funéraires, un vaisseau funéraire Dogon, une coupe cérémonielle unique, des haches en pierre, des poteries et des bracelets », précise la représentation diplomatique américaine au Mali. Les douanes américaines ont utilisé les informations fournies par les autorités maliennes qui ont permis de retrouver des biens culturels ayant déjà fait l’objet d’un trafic vers les États-Unis. Les agents des douanes américaines ont, aussi pu déceler des objets suspects et les ont saisis avant qu’ils ne rentrent aux Etats-Unis. Les États-Unis ont financé le retour des objets au Mali. « Afin de sensibiliser le public à la menace que représente le trafic illicite pour le patrimoine culturel du Mali, les États-Unis ont également fourni des fonds aux autorités Maliennes pour organiser une exposition au Musée national du Mali des objets retournés après que des spécialistes aient eu le temps de les étudier correctement», annonce l’ambassade US. Les États-Unis ont conclu des accords bilatéraux avec 23 pays pour protéger leur patrimoine culturel en réduisant l’incitation au pillage et en mettant fin au trafic illicite. Le Mali est le seul pays d’Afrique sub-saharienne bénéficiaire de cette coopération culturelle. « Les spécialistes maliens ont fait preuve d’un grand leadership pour devenir l’un des premiers pays au monde à signer un accord sur les biens culturels avec les États-Unis. La coopération entre les deux pays est considérée comme un modèle à suivre pour les autres », selon le communiqué. Depuis 1993, les États-Unis restreignent l’importation d’objets archéologiques et ethnologiques provenant des falaises de Bandiagara et de la vallée du fleuve Niger. Et depuis près de 30 ans, les États-Unis travaillent avec les Maliens pour sauvegarder ce patrimoine. En 2017, le Mali et les États-Unis ont ajouté à l’accord la protection des manuscrits du 12e au 20e siècle. MD (AMAP)
Culture : L’UE accompagne le Mali dans la préservation et la promotion des manuscrits anciens
Bamako, 2 décembre (AMAP) Un cocktail dinatoire organisé, mercredi dans la soirée, par l’Union européenne (EU), a eu lieu au domicile de son représentant, Bart Ouvry, sis à Badalabougou, sur les enjeux des manuscrits anciens du Mali, a constaté l’AMAP. C’était en présence du ministre de l’Artisanat, de la Culture et de l’Industrie Hôtelière, Andogoly Guindo, du représentant du ministre de l’Enseignement supérieur, du représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU au Mali, El-Ghassim Wane, du chef de bureau de l’UNESCO au Mali, Edmond Mounkala, des ambassadeurs de France, de la Suisse, de la Norvège, de l’Espagne, du président de l’ONG Savama (Sauvegarde et valorisation des manuscrits anciens du Mali), Abdel Kader Haïdara, et de plusieurs invités de marque parmi lesquels des musiciens, des artistes et de écrivains. Dans son mot de bienvenue, l’Ambassadeur de l’UE, Bart Ouvry a souhaité la plus chaleureuse des bienvenues à ses hôtes avant de déclarer que le Mali est un pays de culture et qu’il a quelque chose à partager avec l’Humanité. Bart Ouvry a salué les liens entre l’Europe et le Mali qui, selon lui sont très forts avant d’affirmer que le vieux continent s’engage pour accompagner notre pays dans plusieurs domaines dont la préservation et la promotion des manuscrits anciens, après leur destruction par des forces obscurantistes suite aux évènements de 2012 avec l’occupation des régions du Nord. Il expliquera par la suite que le but de la rencontre est de faire vivre les manuscrits et que les artistes sont très utiles dans ce processus. L’ambassadeur a affirmé que nous allons travailler ensemble pour le Mali et pour l’héritage de l’Humanité. Le représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU, responsable de la MINUSMA, El-Ghassim Wane a saisi l’occasion pour remercier tous les partenaires qui accompagnent le Mali. Il a affirmé que les manuscrits de Tombouctou constituent plusieurs thèmes qui valorisent les savoirs endogènes. M. El-Ghassim WANE a déclaré par ailleurs que le Mali qui regorge de plusieurs talents dans de nombreux domaines et qui a connu les plus grands empires du Monde, parviendra, à surpasser la crise et retourner à ses valeurs d’antan. « Croyons à la puissance de la Culture. Le Mali n’a pas qu’un passé oral ; les manuscrits sont là pour prouver notre passé patrimoine culturel dense dans la diversité tant matérielle qu’immatérielle. » a déclaré le ministre de l’Artisanat, de la Culture et de l’Industrie Hôtelière, Andogoly Guindo. Le ministre Guindo a saisi l’occasion pour déclarer qu’en 2012, le patrimoine culturel a été durement éprouvé avec la destruction de cette richesse précieuse appartement non pas au Mali seulement mais à l’Humanité. Il a affirmé que pendant l’occupation, 4000 manuscrits ont été détruits ou subtilisés et qu’avec l’amour des communautés et des bonnes volontés près de 800.000 manuscrits ont été exfiltrés et sauvegardé. Il a salué les partenaires notamment l’UE, les ambassades du Royaume d’Espagne, de la Norvège, de la Suisse et l’ONG Savana pour leur accompagnement dans la protection, la préservation et la promotion des manuscrits anciens. Le Chef de bureau de l’UNESCO au Mali, Edmond Mounkala a salué le partenariat entre son institution et le Mali et a assuré de son accompagnement dans la préservation et la promotion des manuscrits. IL a affirmé qu’il manque au Mali un cadre de protection des manuscrits et pour les rendre accessibles. Au cours du diner, un film sur les manuscrits a été projeté pour permettre aux invités de comprendre les actions menées par les partenaires pour la préservation des manuscrits ainsi que les difficultés rencontrées. Dr Bazoumana Traoré, consultant et expert en gestion et valorisation des manuscrits a fait une présentation sur « les enjeux, défis et perspectives des manuscrits anciens du Mali ». Le conférencier a tout d’abord défini le manuscrit qui selon lui, est un document écrit à la main ayant une valeur culturelle, scientifique et historique pour une nation. Il précisera que dans le contexte malien, il s’agit des écrits en caractères arabes, qu’ils soient d’expression arabe ou d’expression issue de langues nationales maliennes. Il a souligné les caractéristiques ,l’importance, la situation générale des manuscrits au Mali, les menaces, la cartographie, la quantité estimative des manuscrits dans les centres, bibliothèques et familles (511.032), avant de plancher sur les enjeux, les défis et les perspectives. Dans sa conclusion, il a affirmé que l’adoption et la mise en œuvre d’une politique nationale de sauvegarde et de gestion des manuscrits anciens du Mali se justifient aujourd’hui. Il a proposé, entre autres, le renforcement des mesures juridiques et règlementaires pour la protection, la conservation et la diffusion des manuscrits anciens, le renforcement des mesures institutionnelles dans le domaine et la création de meilleures conditions d’exploitation de potentiels apports culturels, scientifiques et économiques de manuscrits anciens. Enfin, au cours de la rencontre des participants ont recommandé la numérisation des manuscrits anciens, leur traduction dans les langues nationales et leur introduction dans les programme d’enseignement. L’Ambassadeur de l’UU a, dans son mot de clôture, affirmé que cette rencontre est un enjeu au niveau de la préservation des manuscrits anciens, un défi dans le domaine de l’éducation et celui de la mobilisation des ressources. La rencontre a pris fin sur des notes d’espoir, notamment l’engagement des autorités et des partenaires pour la préservation, la protection et la promotion des manuscrits anciens du Mali. KM (AMAP)
Tombouctou : « Wakya tein», un habit paré de mille vertus et secrets
Par Moulaye SAYAH Tombouctou, 19 nov (AMAP) Dans la culture vestimentaire de Tombouctou, dans le Nord du Mali, il y a plusieurs habits qui ont des noms d’origine maghrébine, fruit du brassage culturel. Au-delà du vêtement, certains ont de la valeur. Il en est ainsi du « wakya tein» qui est un boubou brodé à la main. Sa confection peut durer plus d’un an. Il n’est pas permis à tout le monde de le broder à la main. Dans le passé, ce sont les marabouts qui faisaient ce travail. Les ateliers de broderie sont connus et répertoriés dans la ville. Dans un temps récent, il y avait sept grands ateliers de broderie à la main. De nos jours, seul un résiste encore à la concurrence des machines à broder modernes. C’est celui d’Oumar Alkoye dans le quartier Djingareyber. Pour enfiler le «wakya tein » il faut vraiment avoir une certaine surface financière et être d’une classe sociale assez élevée, car le coût peut atteindre environ 600 000 de nos francs. Prohibitif ! En plus, pendant tout le temps que prendra la confection de l’habit, celui qui en a fait la commande entretient quotidiennement l’artisan-brodeur commis à la tâche. Comme matériaux, il faut des bandes d’étoffe en cotonnade, du fil, de la soie provenant de Fez (Maroc) et comme outils, une paire de ciseaux, un dé, une aiguille. L’apparition de cet habit dans la ville remonte aux XVème et XVIème siècles, selon Salem Ould Elhaj, un historien chercheur de la ville. Il affirme qu’à cette époque, le travail du boubou était réservé aux professeurs de la célèbre Université de Sankoré de Tombouctou. Il explique que sur ce vêtement, il y a des figures géométriques et des cases qui correspondent aux 99 noms de Dieu, d’où son importance au plan religieux. Mahalmoudou Baba est un tailleur très en vue de la place. Il raconte : « Par le passé, il a été constaté que les gens portaient des bagues et les talismans pour se protéger et à d’autres fins alors que ces objets contiennent des secrets tirés de noms Dieu. Entrer dans les toilettes avec des gris-gris de ce type n’est pas convenable, au regard de la grandeur des noms de Dieu. C’est ainsi que les ulémas, les marabouts et les professeurs de l’époque ont convenu de transposer ces noms de Dieu sur le boubou ». « Là, au moins on est sûr que celui, qui porte cet habit, va l’ôter afin de ne pas s’encombrer dans les toilettes », explique notre interlocuteur. SECRETS ET CROYANCES – Selon lui, le boubou cache beaucoup d’autres secrets. Selon lui, le «wakya tein » protège contre tous les mauvais sorts. « Quelle que soit l’assemblée dans laquelle tu te trouves, tu parais bien aux yeux des gens. Tu es écouté et respecté », soutien Mahalmoudou Baba. Il va plus loin, en soutenant que cet habit, lorsqu’il se trouve dans une maison, un voleur peut tout emporter sauf le boubou. « Quand il y a incendie, il ne brûlera pas. Lorsqu’une embarcation chavire, la valise dans laquelle se trouve le ‘wakya tein’ flottera », poursuit le tailleur, renforçant une croyance populaire. Mahalmoudou me fait comprendre que seul le vrai «wakya tein » a ces pouvoirs. Le boubou aux si vastes vertus existe en modèle pour hommes et celui pour dames également. Un vieux boucher de la place, Hamèye, m’a raconté que dans l’héritage d’une famille, il y avait un «wakya tein ». Tous les héritiers voulaient l’avoir. Il n y a pas eu de consensus, Finalement, c’est une tierce personne, étrangère à la famille mais connaissant la valeur de l’habit, qui a déboursé la somme de 300 000 Fcfa, pour l’acquérir. Ce dernier a dit à ses amis que c’est un cadeau du ciel. Les habitants d’ici s’en souviennent encore. En 1994, un vieux a exposé, au cours d’une soirée culturelle à Tombouctou, en présence du ministre Bakary Traoré « Pionnier » un boubou « Wakya tein » qui avait 100 ans. Des personnalités de l’époque ont proposé jusqu’à 900 000 Fcfa mais le propriétaire a décliné l’offre. Il y a encore des familles de Tombouctou qui en ont dans les maisons, jalousement gardés et qui ne supportent plus les déplacements ou les manipulations. Avec l’avènement des machines à broder et le basin riche, le «waky atein » est dévalué au détriment de pâles copies qui ne coûtent que 125 000 Fcfa. Ils n’ont pas les mêmes valeurs et propriétés que ceux brodés à la main. Compte tenu du coût, beaucoup de Tombouctiens s’habillent avec ces créations contrefaites. Beaucoup de personnes (marabouts, imams, notables, chefs coutumiers, des personnes âgées) que nous avons approchées en savent peu sur l’habit. D’autres répondent, à vos questions, par un sourire sibyllin, comme pour ne pas dévoiler un secret. Ici tout le monde s’accorde à dire que le «wakya tein » n’est pas un boubou ordinaire. Même cousu dans le basin riche, il est porté pendant les grands jours (fêtes religieuses) et jours exceptionnels (mariages baptêmes, réceptions), entre autres. MS (AMAP)
27è édition du Fespaco: l’Étalon d’or attribué à un film du Somalien Ahmed Khadar
Bamako, 24 oct (AMAP) L’Étalon d’or de la 27e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) a été décerné, samedi, au jeune réalisateur Somalien de 40 ans, Ahmed Kadhar, également de nationalité finlandaise et dont le film a été tourné à Djibouti, selon l’Agence de presse française (AFP). Il n’a pas pris part à la cérémonie de clôture du festival tenu, dans la capitale burkinabè, cette année du 16 au 23 octobre pour raison de Covid-19 « Pour tout cinéaste africain, c’est le plus beau prix qu’on puisse avoir. C’est toute une fierté », a déclaré le président du jury qui lui a décerné le prix, le Mauritanien Abderrahmane Sissako. Né à Mogadiscio, Ahmed Khadar, également écrivain, immigré en Finlande à l’âge de 16 ans avec sa famille, a un statut de réfugié. Il réalise son premier court métrage, Me ei vietetä joulua, en 2014, puis deux autres en 2017, Yövaras, et 2018, The Killing of Cahceravga. Présenté en juillet au festival de Cannes dans le cadre de la Semaine internationale de la critique, « La femme du fossoyeur » avait reçu un bon accueil. Le film qui traite de l’histoire d’amour d’un couple vivant avec leurs fils dans un quartier pauvre de Djibouti, a également remporté le prix de la meilleure musique. L’Étalon d’argent a récompensé « Freda », de la Haïtienne Gessica Geneus et l’Étalon de bronze va à « une histoire d’amour et de désir » de la Tunisienne Leyla Bouzid. Le bronze est revenu à la réalisatrice. Le Mali était représenté à cette messe du cinéma africain par 08 films dont 02 longs métrages : « Le dernier refuge » et « Marcher sur l’eau », respectivement, de Ousmane Samassekou et d’Aïssa Maïga, la sénégalo-malienne. Aucun n’est monté sur le podium. Les trophées ont été remis au Palais des sports de Ouaga 2000 par les présidents burkinabè Roch Marc Christian Kaboré et sénégalais Macky Sall, dont le pays était l’invité d’honneur du 27è Fespaco. Se réjouissant d’avoir réussi au cours du festival la projection de « 500 œuvres au profit de 150.000 festivaliers » venus de 64 pays, malgré l’adversité liée à l’insécurité et à la Covid-19, le délégué général du Fespaco, Moussa Alex Sawadogo, a donné rendez-vous du 25 février au 4 mars 2023 à Ouagadougou pour la 28e édition du festival. AT/MD (AMAP)
27è édition du Fespaco : Le président kaboré donne le clap de début
Par Youssouf DOUMBIA Envoyé spécial Ougagadougou, 18 oct (AMAP) Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, s’est réjoui de la tenue de la 27ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) ouverte samedi au Palais des sports, au quartier Ouaga 2000, dans ka capitale burkinabè. «La tenue de cette édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), malgré la double crise sanitaire, due à la pandémie de la Covid-19, et sécuritaire à laquelle les pays du Sahel sont confrontés est la preuve de la résilience du peuple burkinabé». Cette importante manifestation culturelle se tient sous le thème: «Cinéma d’Afrique et de la Diaspora: nouveaux regards, nouveaux défis». Le plus grand rendez-vous africain du cinéma et de la télévision se déroulera pendant une semaine. 239 films africains et de la diaspora de plus de 50 pays seront projetés pour des cinéphiles, des festivaliers et des professionnels du 7è art dans une dizaine de salles de cinéma. Pour la circonstance, des réalisateurs, distributeurs, critiques, comédiens et journalistes sont à Ouagadougou pour jauger l’évolution du cinéma africain. Le président Kaboré était visiblement satisfait de ce qu’il venait de voir au cours de la cérémonie qui a duré deux tours d’horloge. Il a aussi salué la manifestation de solidarité de son homologue sénégalais, Macky Sall, dont le pays est l’invité d’honneur de l’édition de cette année. Si le président sénégalais est annoncé à Ouaga pour la cérémonie de clôture et les remises de prix, il a envoyé le ministre en charge de la Culture, Abdoulaye Diop, à la tête d’une forte délégation de cinéastes, d’artistes musiciens et bien sûr des journalistes. Notre ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo, a aussi pris part à la cérémonie d’ouverture. Il est accompagné d’une délégation dont des réalisateurs, comédiens, techniciens du cinéma, étudiants du Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté et artisans. Ces derniers profitent de ce grand rendez-vous à travers des stands qu’ils détiennent sur place à Ouaga. Des confrères maliens de la presse écrite, radio et télévision sont aussi présents. C’est une ardoise géante de couleur jaune qu’a utilisée, cette fois-ci, le président Kaboré pour donner le clap de l’ouverture officielle de la 27è édition du Fespaco. Un geste symbolique à l’image des coups d’envoi de tournage de films. Pour le délégué général du Fespaco, Alex Moussa Sawadogo, en plus des salles conventionnelles, cette édition se déportera comme lors des précédentes dans les espaces publics de la capitale et dans des villes de l’intérieur. Le clou de la cérémonie d’ouverture était deux spectacles. Un ballet à thème concocté par le danseur et chorégraphe burkinabé, Serge Aimé Coulibaly, assisté par Aristide Tarnagda, à la mise en scène, Odile Sankara, Mouna Ndiaye, Didier Awadi et Smokey sur scène. L’œuvre commence d’abord par nous rappeler le travail de Soundjata Keïta, fondateur de l’empire du Mandé. Puis, elle nous conduit jusqu’à Thomas Sankara, le président du Burkina Faso assassiné en le 17 octobre 1987 et qui avait montré la voie de la libération contre le néocolonialisme et pour le développement. Elle se termine par la résistance au terrorisme et à toutes les forces occultes qui tentent de diviser et de divertir nos populations sur notre œuvre de développement. Pour cette création, plus de deux cent chanteurs et danseurs ont été mobilisés. Un spectacle haut en couleurs, en sons et en images. Car des images d’archives ont été projetées sur le fond de la scène tout au long de la prestation. Puis c’est le «Dandélégnol» ou le «Mathioudo» Baba Maal et son groupe du Sénégal qui ont clôturé le spectacle par une magnifique prestation musicale. YD/MD (AMAP)

