Dossier Presse écrite au Mali (1) : Plus de 250 titres à parution régulière et irrégulière
Par Oumar DIAKITE Bamako, 30 avr (AMAP) Depuis une dizaine d’années, les organes de presse écrite prolifèrent au Mali. En plus du quotidien du service public, ‘L’Essor’, le Mali compte neuf quotidiens, près de deux-cents hebdomadaires, une quinzaine de bi-hebdomadaires, un bimensuel, vingt-sept mensuels, un bimestriel. Officiellement, ce sont les titres enregistrés à l’Association des éditeurs de la presse écrite (ASSEP) ou au Groupement patronal de la presse écrite (GROUPE), deux grandes structures syndicales regroupant la presse écrite au Mali. Selon Modibo Diaby, secrétaire à l’information du GROUPE constitué de plus d’une quinzaine de journaux de la presse privée, parmi ces publications, il y a quatre quotidiens, deux bi-hebdomadaires et des hebdomadaires. « Les quotidiens, précise-t-il, sont ‘Les Echos’, ‘L’Indépendant’, ‘Info-Matin’, et ‘Le Républicain’. Alors que les bi-hebdomadaires sont ‘Le Challenger’ et ‘Le journal 22 Septembre’. Ces journaux arrivent à respecter la périodicité de leur parution, contrairement à d’autres membres du Groupement patronal, à l’image de Bamako-Hebdo. De son côté, l’ASSEP refuse des titres aujourd’hui. Selon son secrétaire à l’information, Ousmane Dao, plus d’une trentaine de journaux attendent que la Commission d’adhésion statue sur leur cas. « Nous avons plus d’une trentaine de demandes d’adhésion à l’étude au niveau de l’ASSEP », dit M. Dao. Selon lui, c’est le nombre élevé d’adhérents qui a certainement abouti a l’adoption de certains critères dont le respect condition l’adhésion à l’ASSEP. Car, aujourd’hui selon ses statistiques, l’Association faitière compte plus de deux-cents journaux membres dont cinq quotidiens, onze bi-hebdomadaires, plus de cent cinquante six hebdomadaires, un bimensuel, vingt-sept mensuels et un bimestriel. Selon son secrétaire à l’information, les journaux quotidiens affiliés à l’ASSEP sont, entre autres, ‘Le Pays’, ‘L’Indicateur du Renouveau’, ‘Le Combat’, ‘Nouvel Horizon’ et ‘Soir de Bamako’. ‘L’Investigateur’ est un bimensuel alors que le bimestriel est Protection sociale de l’Association des éditeurs de la presse écrite. La liste est loin d’être exhaustive. Il faut noter que parmi ces nombreux titres affiliés à l’ASSEP, seulement une quarantaine arrive à se maintenir et à paraître régulièrement. Les autres paraissent, au gré des évènements, de leurs possibilités financière et, surtout, lorsqu’ils ont, ce qu’on appelle ici, « un marché ». « Quoiqu’il en soit, ces journaux paraissent quelques fois dans l’année pour bénéficier du paiement de rares contrats d’assistance média ou d’abonnement qu’ils arrivent à négocier », indique notre interlocuteur. PROLIFERATION IMPOSEE ! « Cela a été comme une révolution. Et a commencé sous le régime de l’ancien président, Ibrahim Boubacar Kéita. C’est une véritable prise de conscience. Les jeunes journalistes ont réalisé qu’ils sont exploités par les différents patrons de presse. Il fallait se libérer de ce joug d’exploitation des aînés… », dit Daouda Konaté, directeur de publication d’un hebdomadaire de la place, pour tenter d’expliquer la prolifération des organes de presse écrite au Mali. Notre interlocuteur pointe du doigt les premiers directeurs de publication pour n’avoir pas correctement rémunéré leurs journalistes ou, du moins en leur imposant un traitement de misère. Chaque journaliste, sachant qu’il peut décrocher un contrat de partenariat de plus deux millions de Fcfa par an, a voulu voler de ses ailes, en lançant son propre titre. « Même des stagiaires créent leur journal. Je peux vous citer certains de ces directeurs de publications qui n’ont pas fait trois ans de pratique du métier de journalisme avant de lancer leur propre organe », peste Mme Coulibaly, promotrice d’un journal quotidien qui peine à respecter la périodicité de sa parution « par manque de personnel ». Ses journalistes l’ayant quitté pour être leur propre patron. En effet, pour créer son propre journal, il faut juste quelques pièces à fournir qui ne demandent pas trop de dépenses financières particulières. La loi demande un casier judiciaire, un diplôme d’étude supérieure, une attestation prouvant que le demandeur est journaliste, une demande de création de titre adressée au procureur du tribunal où le siège du journal sera installé, entre autres. L’ancien vice-président de la Maison de la presse du Mali et non moins directeur de publication du bi-hebdomadaire ‘Mali Tribune’, Alexis Kalambry, impute la prolifération des organes presse écrite aux hommes politiques. M. Kalambry estime, d’abord, que les politiques ont soutenu le boom des journaux, en n’oubliant pas de l’exploiter à leur profit afin de mieux défendre leurs intérêts et atteindre leurs objectifs. « Ce sont les hommes politiques qui, n’ayant pas réussi à instrumentaliser les premiers journaux, ont encouragé la création de titres », accuse-t-il. Ajoutant que « la 2ème raison est la facilité de la création d’un journal au Mali ». L’ancien vice-président de la Maison de la presse indique que la troisième raison du fléau est à rechercher dans notre histoire politique récente. « Puisque, justifie Alexis Kalambry, le quotidien national ‘L’Essor’ est resté longtemps le seul titre. « Avec l’ouverture démocratique, la création de titre est devenue un acte démocratique qu’il fallait faciliter le plus possible», analyse-t-il pour expliquer les raisons qui ont vraiment conduit les titres à proliférer. OD/MD (AMAP)
Commémoration du 26 mars Mali: L’AMAP pose «un regard sur le passé» en photos
Bamako, 26 mars (AMAP) L’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP), dans le cadre de la commémoration du 26 mars au Mali, propose une exposition de photographies sous le thème «Regards sur le passé», dont le vernissage a été lancé jeudi, au Musée national de Bamako, par le Premier ministre, Moctar Ouane. À ce vernissage, aux côtés du Premier ministre Ouane, étaient présents les ministres de la Communication et de l’Économie numérique, Dr Hamadoun Touré, et son collègue de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Kadiatou Konaré. Il y avait, également, des anciens ministres et directeurs généraux de l’AMAP. L’AMAP apporte, ainsi, une contribution de taille dans la construction d’une mémoire collective sur les douloureux événements du 26 mars 1991. Les photographies reconstituent le film du coup d’État qui a abouti au renversement de Moussa Traoré au pouvoir depuis 23 ans et la mise en place du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) dirigée par Amadou Toumani Touré. « Un regard sur le passé », serait ouvert au public, au Musée national, du 25 au 31 mars 2021 Après une semaine au Musée national, l’exposition entamera une phase itinérante qui la conduira dans les établissements scolaires et universitaires, afin de faire mieux connaître ce pan important de notre histoire aux élèves et étudiants. Pour le directeur général de l’AMAP, Bréhima Touré, l’exposition «Un regard sur le passé» est une véritable école qui permet aux jeunes de revisiter l’histoire démocratique du Mali. Elle offre, également, une opportunité aux acteurs du Mouvement démocratique et au grand public de revenir sur les grands événements de mars 1991. L’événement est initié dans le cadre de la célébration du 30è anniversaire des événements douloureux de mars 1991 ayant abouti à l’instauration de la démocratie et du multipartisme au Mali. Trente ans après le soulèvement populaire qui a mis fin au régime du général Moussa Traoré, l’AMAP entend faire revivre ces événements marquants à travers son fonds photographique. Ainsi, une soixantaine d’images seront exposées pour marquer les différentes étapes de la lutte pour la démocratie et la liberté au Mali. L’exposition consiste à raviver les émotions fortes que nos concitoyens ont ressenties pendant cette période spécifique de la vie de la nation. Les événements de mars 1991 ont marqué d’une pierre blanche l’Histoire du Mali. A ce titre, cette date demeure pour les Maliens un moment de recueillement mais aussi de dévouement pour la promotion de la démocratie et des droits de l’Homme. Elle mérite d’être célébrée afin que les futures générations sachent que la démocratie et certaines libertés ont été arrachées au prix du sang de beaucoup de nos compatriotes. Cette exposition de photographies, proposée par l’Amap, est un devoir de mémoire et une contribution à une prise de conscience de l’importance de cette étape dans l’Histoire de notre pays. Il s’agit pour cette exposition photographique, selon le directeur général de l’AMAP, de faire renaître l’esprit de mars 1991, de faire connaître les différentes étapes de la lutte pour la démocratie et les libertés, de sensibiliser la population au respect des monuments historiques et de cultiver un esprit de paix et de cohésion sociale. Cette exposition est entièrement réalisée avec le fonds photographique de l’AMAP, qui illustre les grands événements socio-politiques et culturels du Mali de l’indépendance à nos jours. AC/AS/MD (AMAP)
Exposition photos : l’AMAP invite à un regard sur le 26 mars 1991
Bamako, 24 mars (AMAP) L’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) organise une exposition-photos sur le thème « Un regard sur le passé », au Musée national, du 25 au 31 mars 2021 dont le vernissage est prévu, jeudi, sous la présidence du Premier ministre Moctar Ouane. Pour le directeur général de l’AMAP, Bréhima Touré, l’exposition «Un regard sur le passé» est une véritable école qui permet aux jeunes de revisiter l’histoire démocratique du Mali. Elle offre, également, une opportunité aux acteurs du Mouvement démocratique et au grand public de revenir sur les grands événements de mars 9191. Après une semaine au Musée national, l’exposition entamera une phase itinérante qui la conduira dans les établissements scolaires et universitaires, afin de faire mieux connaître ce pan important de notre histoire aux élèves et étudiants. L’événement est initié dans le cadre de la célébration du 30è anniversaire des événements douloureux de mars 1991 ayant abouti à l’instauration de la démocratie et du multipartisme au Mali. Trente ans après le soulèvement populaire qui a mis fin au régime du général Moussa Traoré, l’Amap entend faire revivre ces événements marquants à travers son fonds photographique. Ainsi, une soixantaine d’images seront exposées pour marquer les différentes étapes de la lutte pour la démocratie et la liberté au Mali. L’exposition consiste à raviver les émotions fortes que nos concitoyens ont ressenties pendant cette période spécifique de la vie de la nation. Les événements de mars 1991 ont marqué d’une pierre blanche l’Histoire du Mali. A ce titre, cette date demeure pour les Maliens un moment de recueillement mais aussi de dévouement pour la promotion de la démocratie et des droits de l’Homme. Elle mérite d’être célébrée afin que les futures générations sachent que la démocratie et certaines libertés ont été arrachées au prix du sang de beaucoup de nos compatriotes. L’activité photographique proposée par l’Amap est un devoir de mémoire et une contribution à une prise de conscience de l’importance de cette étape dans l’Histoire de notre pays. Il s’agit pour cette exposition photographique, selon le directeur général de l’AMAP, de faire renaître l’esprit de mars 1991, de faire connaître les différentes étapes de la lutte pour la démocratie et les libertés, de sensibiliser la population au respect des monuments historiques et de cultiver un esprit de paix et de cohésion sociale. Cette exposition est entièrement réalisée avec le fonds photographique de l’AMAP, qui illustre les grands événements sociopolitiques et culturels du Malide l’indépendance à nos jours. AS/MD (AMAP)
Mali : Amadou Sanogo, l’artiste qui revivifie les traditions par la peinture
Par Moussa BOLLY Bamako, 18 mars (AMAP) Le public a découvert ou a redécouvert cet artiste-peintre atypique à l’occasion de «Ségou’Art 2021» (format créatif du Festival sur le Niger) que la Cité des Balanzans a abrité du 4 au 7 février 2021. A cette occasion, en partenariat avec BamakoArtGallery (BAG), le jeune talent était au cœur d’une exposition exceptionnelle avec l’illustre Cheick Diallo, le père du design malien. Les deux artistes ont travaillé de concert sur une même œuvre. Une première dans l’histoire de la BAG. Une collaboration qui a confirmé Amadou Sanogo comme « l’un des artistes peintres maliens les plus influents » dans le monde. Questionner la société, l’humanité ! C’est la philosophie qui se dégage des œuvres d’Amadou Sanogo. Des œuvres teintées de l’impact de la technique traditionnelle du bogolan qui influence sa démarche artistique. Diplômé des arts plastiques de l’Institut national des arts (INA) de Bamako en 2003, Amadou s’est fait une place au soleil à travers les ateliers de formation. Une expérience qui, reconnaît-il, lui a permis de « rencontrer le monde », chez-lui, avant de sortir pour aller vers le reste du monde. Comme artiste, son inspiration se nourrit beaucoup de son éducation communautaire. « Ma base de réflexion est surtout axée sur les questionnements sur l’homme au sein de la société et son devoir envers celle-ci », déclare-t-il dans un document de présentation réalisé par BamakoArtGallery (BAG) à l’occasion de «Ségou’Art 2021». Et de poursuivre, « le bogolan a eu un impact sur ma façon de travailler et surtout ma façon de voir les choses. C’est l’une de mes premières expériences artistiques. C’est un art que j’ai parfaitement maîtrisé un moment. Et comme c’était du bogolan traditionnel, on ne m’a pas appris à tricher avec les techniques et les matières ». Aujourd’hui, a déploré l’artiste, « il y a beaucoup de tricherie avec le bogolan, surtout que l’effort n’est pas récompensé. Naturellement, tout est traditionnel dans le bogolan. Traditionnellement, le blanc ne s’obtient pas par exemple avec l’eau de Javel comme on le voit aujourd’hui ». Toujours est-il que « les techniques du bogolan m’ont beaucoup facilité la peinture ». Cette expérience artistique lui a permis de maîtriser et de raffermir les techniques de la peinture et à imposer son style. AU PRIX DE L’OBSTINATION – Né à Ségou (Centre), le 1er juillet 1977, Amadou Sanogo a poussé l’obstination jusqu’à se forger un destin autre que celui tracé par ses parents. « Après le Certificat d’études primaires (CEP), ma famille a voulu que j’étudie la comptabilité, mais au bout de deux ans, j’ai choisi de passer le concours de l’Institut national des arts (INA). Cela a été mal perçu, car dans ma famille et, cela d’autant plus que pour mes parents, un noble comme moi n’avait pas le droit de pratiquer l’art destiné aux hommes de caste. Il n’y a que ma mère qui me soutenait, en m’envoyant en secret de la nourriture pendant mes études », a-t-il confié à la presse, lors d’un de ses nombreux entretiens avec la presse française. Très tôt fasciné par le dessin, Amadou Sanogo a été initié au bogolan (technique de teinture végétale et motifs d’argile sur coton) par son professeur à l’école fondamentale. Il a, par la suite, découvert la gouache, l’aquarelle, puis l’acrylique qu’il a choisi depuis 2005. Jusqu’en 2012, il a bénéficié du mécénat de Séiba Kéita, propriétaire d’un café fréquenté de la capitale. «Il me disait : je veux que tu peignes sans souci financier », se souvient l’artiste. En 2011, il est repéré par le célèbre galériste d’art contemporain africain, le Français André Magnin. « Il y a eu un énorme changement dans ma vie grâce à lui. Il veut garder tout ce que je produis pour les montrer dans les grandes rencontres… Désormais, je vis à 100 % de la peinture et je peux faire vivre ma famille », assure l’atypique peintre heureux de vivre de son talent. PROVERBES BAMBARA – « Humaniste et libre-penseur », comme l’écrit un critique à son propos, Amadou Sanogo se nourrit de la tradition qu’il utilise comme source de connaissances, de sagesse et d’inspiration. C’est ainsi qu’il a récemment fait une exposition (La Criée, Centre d’Art Contemporain à Rennes, France) avec des tableaux inspirés des proverbes bambara que l’artiste considère comme « essentiels à la compréhension de la culture malienne dans toute sa diversité ». Ses œuvres drainent du monde dans ses expos à l’Institut français du Mali (IFM-Bamako) à l’Alliance franco-malienne de Mopti, à Paris, Rennes, Bordeaux, Londres, Bruxelles, Marrakech, Ouagadougou avec des thèmes atypiques comme «De Paroles en paraboles, on se sert», «Les points de l’individu», «L’homme du présent», «Le Reflet», «Le trait»… L’an dernier (2020), ses toiles de grand format (une quinzaine) inspirées de proverbes du Mali avaient fait sensation en Europe, en France notamment, avec des animaux ou des silhouettes humaines qui se découpent sur des aplats de couleurs tendres ou vives, et racontent la politique, la vie en société, et la vie artistique. « Chacune de ses acryliques fait référence à un proverbe bambara… Le personnage, par sa posture, et certains détails comme les mains gantées, synonymes de violence, évoquent un adage : il est difficile de se battre contre soi-même ou la malédiction pousse la volaille à se transformer en vendeur de couteau », commente un critique d’art. « Je suis né à Ségou, la capitale du royaume bambara où les proverbes n’ont plus de secrets. On vit et on dort avec. Lorsque je suis arrivé à Bamako pour étudier à l’Institut national des arts (INA), j’ai mesuré l’ampleur de la richesse de ces proverbes et j’ai choisi de travailler sur ce thème. », dit Amadou. Cette quête d’originalité qu’il ne trouve plus de nos jours dans le bogolan, cette volonté de créer l’inséparable passerelle entre ses œuvres et les traditions de son terroir est au cœur de sa vision de l’art. «Je me pose beaucoup de questions sur les paroles bambara, le système de fermeture social malien et même international qui sont
Mariétou Mariette Dicko : Le combat pour les étoffes africaines
Par Youssouf DOUMBIA Bamako, 18 mars (AMAP) Mariétou Mariette Dicko est une créatrice de mode malienne à succès. Sa réussite lui a valu d’être nommée ambassadrice des textiles et de la mode par le ministère en charge de l’Artisanat, depuis 2008. Mariétou Mariette Dicko est une artiste accomplie, maîtrisant tous les domaines de la création : depuis le filage du coton, savoir-faire transmis par sa grand-mère, jusqu’à la couture grâce à sa mère, en passant par la broderie et le tricotage, appris à l’école des bonnes sœurs où elle était scolarisée. La styliste au talent reconnu au-delà de nos frontières fait de la valorisation de nos tissus traditionnels son cheval de bataille. Fondatrice de la marque “Traditions Mode Africaine” depuis avril 2000 et du salon de coiffure et esthétique “Renée Coiffure” au Mali, Mariétou Mariette Dicko est, aussi, la présidente du projet culturel “MADI” (Mode arts développement international). Commerciale de formation, elle devrait faire carrière dans le milieu des assurances et de la gestion des supermarchés. Parfaite bilingue (Français et Anglais), Mariétou Mariete Dicko a été fonctionnaire des Nations unies, pendant 16 ans, au Mali puis en France. Elle est, depuis 2000, consultée par le ministère de la Culture et de l’Artisanat du Mali pour l’organisation des foires et salons à l’international. Et, justement, pour la réussite des événements, dans ce secteur, elle propose un style tradi-moderne en décoration pour les stands des salons, foires et autres expositions et bureaux. Elle a fait ses débuts dans la couture à l’âge de 17 ans, afin d’aider financièrement sa famille, tout en poursuivant ses études. Une fois diplômée, elle a travaillé dans les assurances, ainsi que pour une compagnie pétrolière. Sa carrière a également été marquée par 16 années passées aux Nations unies, dans les agences de l’Unesco et de l’Unicef. C’est en 2000 qu’elle a fait le choix de revenir à sa passion, la mode, en présentant son premier défilé de mode à Bamako. En créant ainsi sa griffe : Traditions Mode Africaine, elle a rendu hommage à sa grand-mère qui lui a donné la passion des étoffes maliennes. Parallèlement, désirant promouvoir la culture malienne à l’international, elle a monté le projet culturel MADI. Il y a des péripéties incroyables dans ce projet de galerie. En 2004, elle l’a proposé au ministre de l’Artisanat et du Tourisme, N’Diaye Bah, à l’époque. « Ce dernier a aussitôt compris son opportunité. Il m’a aidée à le réaliser, en collaboration avec la collectivité de Montreuil », dit Mariétou. « La réalisation de cette galerie a permis de balayer tous les a priori qu’on se faisait sur notre artisanat. Nos deux usines, Comatex et Batexi, ont montré, aussi, un intérêt pour le projet », souligne-t-elle. VISIBILITE – La galerie a été une aubaine, une opportunité pour de nombreux compatriotes qui ont pu y exposer. La galerie a permis également à la mode malienne d’être plus visible. « Il est temps que le Mali s’impose côté mode, sur le plan international, surtout à Paris et pourquoi pas à Milan (Italie), Londres (Grande-Bretagne) en Allemagne à Dusserldorf où ont lieu de grands défilés de mode. Notre pays aussi a pu fêter, en 2010, la fête de l’artisanat à Bonn », dit Mariéto. Rien d’étonnant alors qu’elle soit consacrée par le ministère en charge de l’Artisanat ambassadrice des textiles et de la mode. Ce nouveau statut lui a donné l’opportunité de voyager dans différents pays, pour représenter l’artisanat de son pays en participant à des salons internationaux. Dans ces lieux d’expression et d’échanges, elle a animé des conférences, notamment sur le thème des femmes chefs d’entreprise dans l’artisanat et dans l’agriculture, avec la culture du coton. Ces déplacements à l’étranger sont, aussi, l’occasion d’exporter l’artisanat malien, symbole de la culture du pays. Grâce aux ventes générées lors de ces événements, elle apporte son soutien à l’économie locale. En effet, selon elle, le Mali se développera par son textile. Poursuivant son objectif d’exporter en représentant au mieux la culture malienne, elle est, récemment, devenue l’ambassadrice du Mali à l’Organisation mondiale de la gastronomie. Depuis quelques années, elle a décidé de se battre pour « la promotion de l’étoffe africaine ». Car, pour elle, la sauvegarde des droits économiques et culturels passe par là. « Les étoffes africaines, diverses et riches, naturelles et artisanales, industrielles et chimiques, avec des motifs ancestraux ou créatifs doivent être et rester africaines », explique-t-elle. « Nos étoffes africaines doivent être fabriquées, portées, et utilisées, tout d’abord, par les Africaines en tous lieux, en toutes circonstances et au quotidien pour soutenir le développement économique effectif de nos pays africains et de notre continent », plaide Mariétou. Toutes ces étoffes africaines peuvent être utilisées comme vêtements. Selon notre interlocutrice, le rôle des métiers de la mode est de propulser, sur le plan économique, les étoffes en confectionnant dans différents styles modernes, tradi-modernes ou traditionnels. « Il est, donc, essentiel de suggérer des styles convenant aux autres cultures dans nos étoffes. Utiliser des mélanges d’étoffes traditionnelles africaines est importante pour prouver la réussite du brassage culturel. Maintenir l’authenticité des styles africains dans les créations protège notre identité culturelle », argumente la styliste. Toutes ces étoffes peuvent être utilisées dans la décoration : les tentures, la literie, l’art de table, les objets de décoration, au goût de tous de différentes cultures. Pour elle, il faut un véritable plan de développement des étoffes africaines avec des politiques de promotion. Toute chose qui permettra de donner une visibilité élargie et ainsi faire évoluer les mentalités. Elle propose « de porter régulièrement nos vêtements pendant toutes les rencontres africaines, de décorer nos salles de réunions avec nos étoffes, d’habiller nos hôtesses avec les étoffes ». Il faudrait, aussi, penser à l’instauration d’une exposition-vente des étoffes africaines pendant toutes les rencontres dans les pays africains et à l’extérieur du continent africain, de créer des espaces d’expressions des étoffes africaines, systématiquement, à travers les foires, salons et expositions. L’organisation de conférences-débats et de défilés de mode autour des étoffes africaines dans les grandes écoles et universités avec des élèves/étudiants est pédagogique et
Exposition Photos de l’AMAP à l’occasion du 30ème anniversaire du 26 mars 1991 sous le thème « Un regard sur le passé »
Pratiques coloniales: La déportation, l’internement et la mort de Aline Sitoé Diatta en 1944
Par Dr Ibrahim MAIGA Bamako, 16 mars (AMAP) A seulement 24 ans, le destin de Aline Sitoé Diatta s’est accompli à Tombouctou en 1944. Elle y avait été condamnée à purger une peine d’internement de dix ans. Elle n’a pas tenu un an, victime du scorbut. A Tombouctou, la mémoire locale n’a pas gardé d’elle beaucoup de souvenirs. Par contre, au Sénégal, le débat sur le rapatriement de ses restes est encore d’actualité dans un contexte où l’engagement mémoriel toise la lecture politique. Dans la mouvance du 8 Mars, nous vous proposons l’histoire de cette résistante à la domination coloniale. On en sait beaucoup sur Gbéhanzin, Samori, Chérif Hamahoullah, tous capturés et brandis comme des fauves de foire avant d’être déportés dans des territoires aux conditions climatiques rudes, en Martinique, en Guinée, en Côte d’Ivoire, en Mauritanie, au Gabon, à Madagascar, au Soudan français… S’y ajoute le flot d’assignation à l’intérieur de chacun des territoires colonisés par la France, la grande nation des droits de l’Homme. C’était l’époque des « camps d’internement », des « camps d’enfermement administratif » et même des « camps de concentration » sous les tropiques, dans l’ombre de la deuxième guerre mondiale ! Aline Sitoé Diatta, elle, a été « affectée » au Soudan français. D’armes, elle n’avait que son intelligence. De munitions, elle n’avait que son charisme, et son verbe ! Elle n’a pas été jugée par un tribunal, car l’administration n’a jamais pu réunir contre elle des preuves. Elle a, cependant, été condamnée à un « internement administratif à titre préventif » parce que son engagement en faveur de l’autonomie et de la renaissance de son peuple dérangeait. Mue par une force intérieure propre à l’univers animiste des Diolas de la Casamance, Aline était tout simplement un leader. Elle avait des pouvoirs mystiques. Le lieutenant-colonel Sajous, commandant du cercle de Ziguinchor, à l’époque des faits, donne un portrait de Aline en ces termes : « Servie par le prestige d’avoir procuré aux Diolas un hivernage très pluvieux, gage d’une excellente récolte de riz et succédant à une année 1941 sèche, elle prescrivait à son entourage de féticheurs de ne pas obéir aux Blancs, de leur refuser les hommes pour le service militaire, de ne pas accepter les achats obligatoires de paddy, de ne pas entretenir les routes » (Archives d’outre-mer d’Aix-en-Provence, 14 MI 1835 2G 42, Rapport politique du Sénégal). Ce court extrait résume la volonté du colonisateur d’en finir avec elle. Ces propos seront confortés par Christian Roche, le dernier proviseur français du lycée de Ziguinchor, dans un article intitulé : « Chronique casamançaise. Le cercle de Ziguinchor au Sénégal pendant la guerre de 1939-1945 » (Revue des Outremers, revue d’histoire, 1986). D’après Roche, parce que justement Aline avait une aura et un discours nationaliste, qui débouchait sur une sorte de subversion, le lieutenant-colonel Sajous a décidé de « de frapper les imaginations ». Pour le militaire français, Aline Sitoé pouvait être considérée comme « l’inspiratrice des troubles ». Cette déduction était suffisante pour justifier qu’il se rende en mission dans la zone d’évolution de Aline. Il est d’une grande barbarie. Il tue, frappe et menace de mettre le feu à tous les villages. Pour couper court à cette barbarie qui s’abattait sur des innocents, Aline préfère se rendre. Roche précise que cet évènement a lieu le 31 janvier vers midi. « … la jeune prophétesse, appuyée sur des cannes en raison d’une infirmité congénitale, vint se livrer aux Français afin d’éviter toute effusion de sang », rapporte l’historien. Mais Sajous n’est pas content. Il veut humilier la nationaliste et la gifle. Captive désormais, elle prend la direction de Ziguinchor en même temps que certains de ses proches, entre 20 et 23 personnes. Elle sera condamnée à la déportation. Dans un premier temps, elle est à Kayes. Elle finira à Tombouctou. Pour Roche, Aline a été condamnée parce qu’elle tenait un « message religieux qui préconisait un retour au riz rouge, au lieu du riz blanc recommandé par les Français, par sa prédiction que les Blancs partiraient un jour… ». L’historien sénégalais Papis Comakha Fall qui a travaillé sur les mêmes faits « Automne-hiver 2020 » (page 19, n° 9-10), insiste sur le caractère pacifique de la lutte engagée par Aline Sitoé Diatta. Malgré tout, l’armée française avait décidé de la réduire au silence avec la consigne suivante : « faire respecter les ordres, arrêter les rebelles et mettre fin par la force, à toute tentative de rébellion jusqu’à la soumission complète ». (Télégramme lettre n° 31 adressée au gouverneur général de l’AOF, Saint Louis, 22 janvier 1943). Dès lors, les mobiles ne devaient plus être compliqués. Ils seront condensés en trois points : « mensonges, escroquerie et rébellion », en vertu de l’application d’un décret colonial datant du 15 novembre 1924. La volonté qui sous-tendait l’invocation de ce texte de tous les abus était qu’ « il importe au plus haut point pour le retour de la tranquillité dans le pays que la visionnaire Aline Sitoe Diatta et ses adeptes soient écartés pour longtemps des lieux où ils ont exercé leur emprise ». (Rapport d’ensemble tendant à faire interner la dame de Kabrousse, Aline Sitoe Diatta et ses principaux adeptes, 1943). L’autorité coloniale parle de la « rébellion d’Effok et des villages environnants qui croient, à la lettre, aux promesses que (Aline) leur avaient faites » (Archives Nationales du Sénégal, Rapport d’interrogatoire du 15 mars 1943). Elle est coupable donc. Sur la condamnation même de Aline Sitoé, nous n’avons pas trouvé meilleure source que Papis Fall. Il écrit que Aline Sitoe a été condamnée le 15 juin 1943, par un Arrêté général du Gouverneur. Le prononcé de son jugement précise qu’il s’agit d’une peine de « dix ans de réclusion à passer dans le cercle de Kayes ». (Procès-verbal d’interrogatoire du 15 mars 1943). On retrouve donc la trace de Aline à Kayes, mais pour quelques temps seulement. L’administration a soudainement pris la décision de durcir les conditions de détention de la prisonnière, en l’envoyant à Tombouctou. Le 27 août 1943, est pris l’arrêté qui fixe désormais son lieu de détention à Tombouctou. (Histoire d’Aline Sitoe : mourir à Tombouctou, Soleil, mardi 11 octobre 1983, p.2). On sait maintenant que le
Mali: Sur les notes du balafon minianka à Bla (Centre)
Par Moussa OUERE Bla, 15 mars (AMAP) Le balafon des communautés Minianka (Minianka bala) a son icône dans la Commune de Somasso, à 25 km de Bla, dans le Centre du Mali. Il s’agit de Zagan Dao dit Zampèrè, grand balafoniste traditionnel de la Région de Ségou, après feu Dougakoro Diarra de Sinèni. Natif de Somasso, Zampèrè, un quinquagénaire marié à deux femmes et père de neuf enfants, a hérité le balafon de son défunt père. « J’ai appris le balafon avec mon père, aujourd’hui décédé. Je suis devenu le roi du balafon traditionnel dans la Région de Ségou, après le décès de mon grand frère. J’ai plus de trente ans de carrière comme balafoniste », dit fièrement Zampèrè, Zagan Dao nous révèle que son surnom ‘Zampèrè’ que lui a été donné sa grand-mère a supplanté son vrai nom de Seydou après qu’il a été converti à l’islam. « J’étais très petit et très mince, c’est pour cela que ma grand-mère m’appelait Zampèrè, en Minianka. Certains m’appellent Zampèrè, d’autres Seydou », dit-il. « Depuis mes dix ans, j’imitais mes parents à jouer le balafon. Quand les autres travaillaient sur le balafon, moi, j’utilisais de vieilles jantes de vélos que j’alignais sur mes pieds pour reproduire des rythmes du balafon », se souvient Zampèrè. Le balafon, également appelé bala ou balani est un instrument de percussion idiophone mélodique que l’on retrouve dans plusieurs régions de l’Afrique. L’instrument produit seize à vingt-sept notes à travers des lames de bois que l’on percute avec des baguettes et dont le son est amplifié par des calebasses disposées en dessous. C’est une sorte de xylophone, pentatonique ou heptatonique. On retrouve le balafon dans beaucoup de pays d’Afrique tels que le Mali, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et la Guinée. Au Mali, il y a différents sortes de balafon : le balafon des communautés Miniankas, Sénoufos, Bobos et Malinkés. En milieu Minianka, le balafon est présenté comme l’instrument de musique le plus « diabolique ». N’importe qui ne peut devenir un grand et populaire balafoniste, sans avoir certains pouvoirs occultes. Le balafon contribue beaucoup à la consolidation de la cohésion sociale et à l’intégration des communautés dans les Régions de Ségou, San (Centre) et Sikasso (Sud). C’est un instrument qui rassemble du monde dans toutes ces régions. « Je suis cultivateur, mais tous mes revenus et biens, aujourd’hui, proviennent du balafon », dit-il avant d’ajouter qu’au village, on ne peut s’adonner uniquement à un seul métier ou travail. « On est obligé de suivre les ancêtres dans la culture de la terre, sinon le balafon est mon activité principale », poursuit le musicien qui estime que cet instrument de musique peut nourrir son homme. « Mais, prévenir vaut mieux que guérir », conseille-t-il. « Je joue avec un balafon de dix-neuf lames de bois percutées avec des baguettes qui produit plus de vingt-sept notes. Ce balafon des communautés Minianka est notre histoire, notre identité culturelle c’est pour cela que je tiens à garder toujours la même gamme traditionnelle Minianka. » « J’achetais le balafon avec les fabricants, comme mes prédécesseurs l’ont fait (mes grand-père, père et grand frère). Mais, après avoir accumulé une bonne expérience dans le domaine et mes recherches très approfondies, à travers le monde et auprès de personnes plus âgées, moi-même je fabrique le balafon, aujourd’hui », dit Zampèrè. En fait, il n’est pas donné à n’importe qui de fabriquer un balafon qui donne un bon son. « Il y a beaucoup de choses sécrètes pour y parvenir », dit l’artiste, plus énigmatique que jamais. Et d’ajouter : « Etre le roi du balafon, aussi, dans une localité n’est pas fortuit. Cependant, je suis toujours un apprenant, car on ne finit pas d’apprendre ». Zampèrè dirige une équipe de dix personnes composée de danseurs, chanteurs et balafonistes. « Auparavant, on se déplaçait sur des motos. Aujourd’hui, j’ai eu un véhicule 4×4, don d’une personne de bonne volonté. Mon fils ainé me suit, pas à pas, pour me dépasser, un jour…’, dit encore notre interlocuteur. Du début de sa carrière à nos jours, il a sillonné toutes les dix-sept communes du Cercle de Bla à maintes reprises. « Nous avons été appelés à jouer en dehors du Mali, en Côte d’Ivoire et dans beaucoup de localités au Mali, comme Bamako, Sikasso, Ségou, lors des fêtes nationales du 22 septembre à Bla,. « Nous nous produisons lors de cérémonies traditionnelles et aussi culturelles à l’image du Nampou de Diaramana, Bèlèni de Somasso, de festivals comme le Festrako de Korodougou Nampasso, lors de cérémonies de mariage, baptême, etc.) ou encore des inaugurations, etc. MO/MD (AMAP)
Musée de Sikasso : L’antre de la culture senoufo
Mariam F. DIABATÉ Sikasso, 9 mars (AMAP) Aider à la sauvegarde et à la promotion de la culture sénoufo, aider le monde sénoufo à s’ouvrir à d’autres perspectives socioculturelles susceptibles de contribuer à son rayonnement, œuvrer à la rencontre et au dialogue avec les différentes expressions confessionnelles et culturelles tels sont, entre autres, les objectifs primordiaux du Centre culturel sénoufo de Sikasso. Le Centre dispose de près de 1.200 objets répartis entre ses deux salles d’exposition et ses deux salles de stockage. Parmi les collections du Centre, on peut noter des statues et statuettes en bois, bronze et en terre cuite qui sont parfois sacrées et dont l’usage est réservé aux initiés, les masques de culte et de réjouissances, les instruments de musique, les mobiliers notamment les chaises, tabourets, lits traditionnels, lits mortuaires et les sculptures. L’importance de ces objets culturels a amené les autorités à accompagner ce haut lieu de la culture senoufo. Dans le cadre de la mise en œuvre de son projet de développement, une mission d’experts en muséologie conduite par le directeur national du patrimoine culturel Modibo Bagayogo a été reçue au centre culturel. La mission comprenait, entre autres, l’ancien directeur adjoint du Musée national, Salia Mallé et l’ancien directeur de l’école du patrimoine culturel africain (EPA), dont le siège est au Bénin, Fallo Babba Keita. Cette mission visait à renforcer les capacités du personnel en techniques de conservation, de sécurisation, de classification, de nettoyage et de sauvegarde des objets du musée. Ces activités qui ont regroupé outre le personnel du Centre sénoufo, les représentants du musée régional, de la direction régionale de la culture et de la mission culturelle, prendront fin au mois de mai. Dans la cour du musée, une vingtaine d’étagères en cimaise et une dizaine de supports de vitrine sont déposés un peu partout. De nombreuses statues et autres objets y sont également étalés. Les agents du Musée, habillés de la tenue de leur structure, font des va-et-vient pour évacuer les objets d’une salle à une autre. Certains techniciens travaillent sur les cimaises et d’autres sur les supports de vitrine. Depuis l’entrée, on constate des maçons qui s’affairent à la construction de la salle d’accueil. Le responsable du Centre, le père Bruno Ssennyondo indique que la Mission est soutenue par l’ambassade de la République fédérale d’Allemagne. Il salue l’initiative qui est venue à point nommé car les objets du Centre, au fil du temps, allaient se détériorer sans aucun accompagnement. Selon l’ancien directeur adjoint du Musée national, Salia Mallé, la Mission a priorisé trois principaux objectifs. Primo, l’amélioration du cadre de vie des objets. Ce qui consiste à faire un diagnostic du bâtiment où sont stockés les objets pour savoir s’il n’y a pas d’infiltration d’eau, des problèmes de sécurité et la confection des structures. Secundo, révèle-t-il, la mission reprendra les anciennes expositions qui étaient en place. «Nous allons faire en sorte que les objets soient la vitrine du musée», précise-t-il ajoutant qu’ils vont mettre en place deux salles d’exposition. La première sera réservée aux activités économiques notamment les objets destinés à la chasse, la cueillette, l’agriculture et l’artisanat. La deuxième salle sera basée sur la vie religieuse notamment l’initiation, la musique, la danse, la gestion de la terre et les funérailles. Tertio, le renforcement des capacités de tout le personnel du Musée sur les techniques de gestion et de documentation des objets. Une exposition est prévue en fin mai. Par ailleurs, Mallé révèle qu’à présent ils ont trois proposions de titre pour l’exposition des objets du Centre qui aura lieu à la fin de leurs activités. Il s’agit, entre autres, de «Sénoufo : de terre et d’esprit», «Sénoufo : par la terre et par l’esprit» et enfin «Sénoufo : Dieu, la terre et les esprits». Pour l’ancien directeur de l’école du patrimoine culturel africain (EPA) au Bénin, Fallo Babba Keita, la mission consiste à réhabiliter les collections du Centre tout en conservant ses objets. Pour ce faire, poursuit-il, on doit organiser l’ensemble des locaux pour qu’ils correspondent à l’éthique du musée et qu’ils soient un espace fonctionnel. «Nous tiendrons également compte de la sécurité des collections, des prévisions contre les catastrophes naturelles, les incendies et les malveillances», souligne-t-il. Il ajoute aussi qu’ils chercheront des solutions aux problèmes d’éclairage et de surveillance de la structure. «L’aboutissement, c’est pour la mise en valeur des collections pour qu’elles puissent participer à l’éducation des enfants», précise-t-il. Keita affirme qu’ils ambitionnent de monter une exposition qui parlera non seulement de la culture sénoufo mais qui illustrera aussi beaucoup de textes, d’audiovisuels et d’animations basés sur la culture senoufo. Arouna Sanogo est stagiaire au Musée régional de Sikasso. Il a suivi la formation théorique de la mission des experts en muséologie. Il a souligné que la formation la édifié sur les techniques de conservation et de gestion des objets. «Les objets doivent être conservés et entretenus dans un endroit bien approprié tel que les vitrines», dit-il. Il appelle les jeunes à promouvoir et valoriser leur culture car, c’est cela qui permet de se connaitre soi-même. MFD (AMAP)
Mali: Une semaine pour célébrer la mémoire du grand artiste Balla Moussa Keita
Bamako, 4 mars (AMAP) Le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme organise une semaine culturelle de commémoration de la disparition de Balla Moussa Keita, décédé le 6 avril 2001, a annoncé, mercredi, le secrétaire général du département, Aman Demba Cissé, président de la commission d’organisation. Pendant cette semaine dont l’ouverture officielle est prévue pour le vendredi prochain, dans la salle qui porte le nom de Balla Moussa Keita au Centre international de conférences de Bamako (CICB), « nous allons parler de l’homme, en passant partout où il a laissé ses empreintes, à travers son talent d’homme de radio, de cinéma et de culture », a dit M. Cissé, lors d’une conférence de presse. Expliquant les raisons de la commémoration, il a indiqué que cette semaine culturelle a pour objectif de rappeler aux bons souvenirs des Maliens les œuvres et le talent du grand artiste, Balla Moussa Keita, qui est « un modèle et une référence dans le monde de la culture malienne ». Ce sera l’occasion d’une découverte pour la jeune génération « car Balla Moussa mérite d’être connu et sa vie enseignée dans les écoles », a ajouté. En plus de la célébration de cette année, le département en charge de la culture entend retenir le 6 mars, chaque année, comme date de la commémoration de la disparition de Balla Moussa Keita. « L’événement est organisé par le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme à travers le Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM). Il sera co-présidé par la ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme Mme Kadiatou Konaré et son collègue de la Communication et de l’Economie numérique Dr Hamadoun Touré », a expliqué Aman Demba Cissé. Selon les conférenciers, l’organisation de cette semaine se justifie par la grandeur de l’homme, son humilité et son savoir-faire. « Désormais une Rue portera le nom de Balla Moussa Keita pour immortaliser l’homme », a annoncé le président de la commission d’organisation. Durant la semaine, plusieurs activités sont au programme, a dévoilé le directeur général du CNCM et point focal de l’événement, Modibo Souaré. Il est prévu des projections de films dans les quartiers de Lafiabougou et Bagadadji. Des débats seront organisés, aussi, à la télévision nationale pour parler de l’homme ainsi que de son parcours dans le cinéma, le théâtre et à la radio. Le programme prévoit, également, deux masters classes à l’Institut national des arts de Bamako (INA) et au Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté. Ces cours seront animés par d’imminents cinéastes maliens, notamment, Souleymane Cissé et Cheick Oumar Sissoko qui ont beaucoup travaillé avec Balla Moussa. Le fils de l’illustre disparu, Bouba Keita, a salué l’initiative du gouvernement de célébrer la mémoire de son père. Il a dit que la relève sera assurée. Pour le cinéaste Salif Traoré, Balla Moussa Keita est une référence et cette semaine d’hommage, a-t-il ajouté, « permettra aux jeunes de découvrir l’homme de radio inimitable, le comédien hors pair ». AS/MD (AMAP)

