Ségou : L’histoire de Biton attire des touristes maliens

Par Aminata Dindi SISSOKO Ségou, 05 aout (AMAP)   Situé à une dizaine de kilomètres de Ségou (Centre), sur la route de Bamako, Sékoro est aujourd’hui un bourg cosmopolite habité par les Bambara, les Bozos et les Somono, les Peulhs, les Maures, les Dogons et les Sonrhaï. Le village dont l’appellation fait l’objet de plusieurs interprétations, entre Sékôrô, l’ancien pouvoir  et Cheick kôrôbakadugu, village du vieux Cheick (marabout qui s’installa sur les lieux en construisant une mosquée), fut la première capitale du royaume bamanan de Ségou fondé par Biton Mamari Coulibaly, entre 1712 et 1755. Jadis appelé «Yirikourounjiè», il serait fondé par Cheick kôrôbaka qui serait venu avec ses talibés, se serait installé au bord du fleuve et fit construire la première mosquée qui prit son nom. De nos jours Sékoro recèle encore un patrimoine culturel important au nombre desquels l’on peut citer la tombe de Biton Mamary Coulibaly, premier roi Bamanan de Ségou, les sept vestibules (Biton Blon) reconstruits à côté de la sépulture de l’illustre homme, la mosquée de Ba Sounou Sacko ou la mosquée de la mère de Biton et la première mosquée construite par Cheick Marouf (Syrien) le fondateur du village. La tombe de Biton Mamary Coulibaly jouxte le «Biton blon». Cet impressionnant bâtiment de style soudano-sahélien servait à accueillir les conseils du trône pour la prise des grandes décisions et les hôtes de marque. Pour accéder au site, le visiteur doit passer par le chef de village qui le fait accompagner d’un guide. Il n’y a pas de prix fixe pour la visite. Selon une source, elle se fait à la tête du client entre 2000 Fcfa, 5000 Fcfa et 10.000 Fcfa. Selon le guide Amadou Traoré, à l’instar des autres sites du village, les visiteurs viennent également visiter la tombe de Biton Coulibaly. «Il y en a qui viennent dans l’intention de visiter les sept vestibules. On les fait visiter également la tombe. Il y en a qui viennent uniquement pour la tombe mais doivent forcément traverser les vestibules avant d’accéder à la tombe» relève-t-il. Comme pour dire que la tombe et le «Biton blon» sont indissociables. PÔLE TOURISTIQUE– D’après lui, des gens viennent sur la tombe pour exprimer leurs vœux. Car, selon les croyances, les vœux sont généralement exaucés. «Ceux qui ont des difficultés à se marier, à avoir du boulot, les couples qui n’arrivent pas à enfanter, ou ceux qui ont d’autres soucis viennent à la tombe exprimer leurs vœux. En retour, si leurs vœux sont exaucés, ils viennent avec des présents qu’ils déposent soit sur la tombe soit ils les donnent au chef du village», explique-t-il. Les visiteurs maliens sont de plus en plus nombreux à se rendre à Sékoro, pres de Ségou (Centre) pour visiter la tombe et les 7 vestibules de l’illustre fondateur du royaume bambara. Mais les nationaux n’arrivent pas à combler entièrement le vide laissé par les visiteurs étrangers qui se font rares actuellement, à cause de la situation sécuritaire Amadou rappelle que la tombe aussi bien que les autres sites de Sékoro étaient une destination pour de nombreux touristes étrangers et nationaux. Mais avec la situation sécuritaire actuelle, le nombre des visiteurs étrangers a drastiquement baissé. «On était débordé par les visites et on gagnait beaucoup d’argent. Mais cela n’est plus le cas aujourd’hui», confie-t-il. Et de souligner que les nationaux constituent actuellement le gros des visiteurs. «Nous recevons des étudiants, des écoliers. Les missionnaires en transit profitent pour visiter. Certains nationaux quittent expressément Bamako pour visiter les lieux. D’autres profitant de leur séjour à Ségou pour un mariage ou un baptême viennent également visiter nos sites. Des fois, on peut atteindre une soixantaine de personnes par jour. Parfois, on ne dépasse pas 10. Souvent, on n’atteint même pas ce nombre», dit-il, soulignant que quelques rares étrangers viennent de temps à autre. Le directeur régional du tourisme et de l’hôtellerie, Gaoussou Fofana nous confie que la tombe de Biton tout comme les autres sites de Sékoro constitue un pôle touristique. «Sékoro est un site qui contribue à la promotion du patrimoine culturel. Il regorge beaucoup de potentialités en matière de tourisme mais malheureusement on n’arrive pas à les valoriser à hauteur de souhait faute de ressources financières», déplore-t-il. S’exprimant au sujet de la tombe de Biton, il explique que la sépulture fait partie des produits touristiques de Sékoro. Elle immortalise l’illustre roi qui est le fondateur du célèbre royaume bambara. «Des visiteurs viennent pour vénérer la tombe. Certains viennent pour prendre des photos», confie Gaoussou Fofana qui confirme que la crise a fait chuter le nombre des visiteurs étrangers. Cependant, se réjouit-il, elle a permis de changer de fusil d’épaule en matière de politique. «On avait une politique orientée vers les étrangers. La crise nous a permis de changer la politique en nous tournant vers les Maliens. De plus en plus de Maliens s’intéressent à nos produits», se réjouit le professionnel du tourisme. L’année dernière on a reçu des colonies de vacances venant de Sikasso, de Djenné. » Même s’il n’existe pas de statistiques sur le nombre de visites, on peut constater, pour le moment, que les nationaux visitant les sites sont loin d’atteindre le nombre des étrangers que la capitale des Balanzans accueillait. Du coup, des difficultés de mobilisation des ressources financières se font jour et rendent plus difficiles les travaux d’entretien. ADS (AMAP)          

​Festival africapitales, Bamako à Paris : La capitale malienne sous les feux e l’actualité culturelle et artistique

Par Moussa BOLLY Bamako, 05 aout (AMAP) Durant tout le mois de mars 2022, le festival «Africapitales, Bamako à Paris» a donné la parole aux acteurs culturels pour faire découvrir la culture malienne sous toutes ses formes et dans son immense diversité. A partir de la Goutte-d’Or, le Mali artistique et culturel s’est ainsi déployé sur six lieux partenaires du 18è Arrondissement de Paris, en France, entre le 1er et le 31 mars 2022. Organisé par Zakariae Heddouchi (auteur, interprète chanteur et musicien multi-instrumentiste…), ce festival fut pour les passionnés d’art et de culture une belle occasion de découvrir ou de redécouvrir la création malienne contemporaine considérée à juste titre comme l’une des plus riches d’Afrique voire du monde. Permettre aux publics de différents horizons (artistes, chercheurs, acteurs privés, promoteurs de spectacles et autres entrepreneurs culturels…) de découvrir une culture à travers différents «cocktails d’évènements» ! Tel est l’objectif principal du festival «Africapitales». Une initiative originale visant à mettre une capitale africaine sous les projecteurs de l’actualité culturelle et artistique. Et c’est Bamako qui, du 1er au 31 mars 2022, a  inauguré ce nouveau cycle de programmation du «Lavoir Moderne Parisien» (LMP) sous le nom de : «Africapitales, Bamako à Paris». Un événement qui s’est déployé sur tout un mois pour célébrer la créativité d’artistes et d’acteurs culturels maliens reconnus ou méconnus, créant du coup un pont entre le Djoliba et la Seine. Des expositions, des concerts, des projections de films, du théâtre, des expositions, des conférences, des ateliers, des défilés, des boutiques éphémères… des «Hyper-Rencontres» qui ont fait du «Lavoir Moderne Parisien» (35 rue Léon) une éblouissante vitrine de la fascinante créativité culturelle et artistique malienne. L’organisateur principal, Zakariae Heddouchi, a conçu l’événement comme «une vitrine de la scène artistique et culturelle malienne» afin de susciter «un éveil citoyen grâce aux industries créatives». Ce festival est le fruit de plus de six mois de réflexion grâce à la ténacité d’un comité d’experts parmi lesquels le comédien dramaturge Adama Traoré de «Acte Sept».  DIALOGUE ENTRE LES ESPACES – «La Banque mondiale met en place des programmes pour des villes africaines données, en délimitant des espaces, en créant des zones résidentielles pour l’économie, mais en oubliant parfois la place des écoles, des théâtres, etc. Il y a une réflexion à mener sur l’occupation de l’espace. Nous sommes partis de ce manque», a confié ce dernier à nos confrères de  «Jeune Afrique» en amont du festival. «Il faut en finir avec la notion de Françafrique parce que la France n’est pas un continent et l’Afrique n’est pas un pays. Nous avons travaillé pendant six mois pour repenser le dialogue entre les espaces, en mettant volontairement des villes en avant…»,  a précisé dans le même entretien le Marocain Khalid Tamer, président de la compagnie «Graines de soleil» et membre du Comité d’experts. Ce festival va au-delà d’une simple promotion culturelle en faisant de la place au débat sur la crise politique et sécuritaire du Mali qui impacte négativement tous les secteurs de la vie du pays. C’est ainsi que le 12 mars dernier, l’Union des ambassadeurs franco-maliens était à l’honneur pour échanger, apporter des outils et des pistes de réflexion sur la question de la coopération. «Le débat ne doit pas se faire qu’avec les politiques. Il y a toute une frange de la population malienne, en interne ou issue de la diaspora, qui aimerait se faire entendre. Il faut donner la possibilité à la jeunesse de s’exprimer dans ces espaces de rencontres pour qu’elle puisse défendre sa culture et se réaliser», a justifié Adama Traoré. «Aujourd’hui, la guerre et le terrorisme ont envahi le débat public. On ne parle plus de cette richesse culturelle qui pourrait redonner une vision au Mali… On espère interpeller la diaspora pour qu’elle participe à la construction de la démocratie avec les Maliens», a ajouté Khalid Tamer. «La culture, les arts, le sport ou les débats d’idées constituent une stratégie de soft power qui attire les talents et organise leur influence, c’est-à-dire l’addition des liens noués ici et là pour co-construire un avenir avec la jeunesse. S’inscrivant dans cette logique, l’Association internationales des maires francophones (AIMF) ne pouvait qu’apporter son soutien concret à cette initiative (Paris-Bamako), en ces moments cruciaux de la relation entre le Mali et la France», a également souligné M. Pierre Baillet, Secrétaire permanent l’AIMF. «Africapitales, Bamako à Paris» est un voyage en aller/retour. C’est ainsi que le festival va se déplacer à Bamako courant octobre/novembre 2022 avec des artistes, des intellectuels et de nouveaux spectacles. La diaspora du quartier de la Goutte d’Or sera aussi de la fête. «Petit à petit, nous parviendrons à créer une Afrique-monde», espère le comité d’experts. «C’est entre les éditions que la réflexion se poursuivra. Nous continuerons ce travail de structuration. Africapitales peut servir d’exemple pour lancer de bonnes pratiques avant la deuxième édition qui se concentrera sur une autre ville africaine», conclut Adama Traoré. MB/MD (AMAP) 

Mali : Lancement de la remise des symboles d’autorité aux légitimités traditionnelles 

Bamako, 19 juil (AMAP) Quelque 10.000 chefs de village, 664 chefs de fraction et 8.223 chefs de quartier recevront des insignes, symbole d’autorités, en vue de renforcer davantage leur rôle dans la gestion des affaires publiques de base, dans le cadre d’une imitative dont le lancement officiel a eu lieu, lundi, au Centre international de conférence de Bamako (CICB).  Lors de la remise symbolique de drapeau national, des insignes et des certificats aux chefs de village, de fraction et de quartier du District de Bamako, le chef de l’État, le colonel Assimi Goita, qui a présidé la cérémonie, a exprimé sa reconnaissance à ces autorités et légitimités traditionnelles pour leur soutien à la Transition. Cette remise symbolique, qui a concerné une soixantaine de chefs de villages et de quartiers de Bamako, a pour objectif de valoriser les fonctions des légitimités traditionnelles et de raffermir leur ancrage dans la société. Les attributions et rôles des chefs de village, de fraction et de quartier sont adossés aux dispositions législatives et réglementaires qui consacrent la prééminence de nos us et coutumes dans les conditions de désignation de ces autorités. Le statut relatif à la création et l’administration des villages, des fractions et des quartiers est régi par la loi n° 06-023 du 28 juin 2006. Le décret n° 2022-0128 /PT-RM du 4 mars 2022 instituant la Journée nationale des légitimités traditionnelles, le 11 novembre, renforcer le rôle de ces représentants des différentes communautés. C’est pourquoi, conformément aux dispositions de l’arrêté n° 2018-2279/MATD-SG du 5 juillet 2018, le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisations a confectionné pour les chefs de village 10.000 insignes et 10.000 certificats. Le département de tutelle a fait 664 insignes et 5.000 certificats pour les chefs de fraction. Il est prévu 8.223 insignes et 10.000 certificats pour les chefs de quartier. Le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation compte organiser des cérémonies similaires dans les 19 régions du Mali. Ainsi, les gouverneurs, les préfets et les sous-préfets procéderont, dans leurs circonscriptions administratives  respectives, à la remise symbolique du drapeau national, des insignes et des certificats aux légitimités.  La cérémonie solennelle a eu lieu en présence du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, du président du Conseil national de Transition (CNT), Malick Diaw, et d’autres présidents d’institutions de la République. Elle a enregistré aussi la présence des ambassadeurs accrédités au Mali et plusieurs autres personnalités.  RETOUR DE L’ETAT – Le président de la Transition a remercié les chefs de village, de fraction et de quartier pour le rôle qu’ils jouent dans la gestion des structures administratives de base. « En tant que relais de l’administration, ils aident dans la gestion des affaires publiques, » a expliqué le président Goïta avant de dire qu’ « ils sont aussi le garant de la cohésion sociale, de la stabilité et du vivre ensemble ». Dans le cadre de la prévention et de la gestion des conflits dans nos différentes localités, le colonel Assimi Goïta a dit que ces « autorités interviennent beaucoup pour apaiser les cœurs et les esprits ». Il a témoigné sa reconnaissance à ces chefs traditionnels, surtout, pour leur assistance à la population, à travers les sensibilisations pendant l’embargo. «Cette cérémonie est consacrée dans le cadre de la refondation de notre Etat et dont l’un des objectifs majeurs est la valorisation de nos légitimités traditionnelles et culturelles », a fait savoir le chef de l’Etat avant d’ajouter que cette remise symbolique des insignes, des certificats et du drapeau national « traduit à suffisance le début de la valorisation » de ce secteur. Le président de la Transition les a exhortés ensuite « à plus d’engagement non seulement pour soutenir tous les efforts du gouvernement dans le cadre de la refondation mais, surtout, le retour de notre Etat dans les différentes localités ». Parlant toujours de ces légitimités, Assimi Goïta a insisté sur leur le rôle de relais entre l’administration et la population.  Convaincu de l’importance que ces représentants occupent au sein de nos communautés, le colonel Assimi Goïta leur demande « de faire plus afin de juguler les défis liés à la sécurité et ceux liés à la crise politique »,  promettant de les soutenir pour accomplir leurs missions. Pour sa part, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye Maïga, a souligné que cette remise symbolique s’inscrit en droite ligne des recommandations des Assises nationales de la refondation (ANR) qui font de la valorisation des légitimités traditionnelles et coutumières un élément du Malikura (Mali nouveau). Selon lui, cela dénote une vision politique dont l’un des objectifs est de trouver un équilibre harmonieux entre la tradition et la modernité. Le ministre Maïga a ajouté que ces chefs traditionnels sont chargés d’une mission d’intérêt public à savoir la représentation de la communauté auprès des pouvoirs publics et celui de l’administration aux côtés de leurs communautés. « Ils appuient l’Etat, a-t-il dit, pour le recouvrement des impôts et des taxes. S’y ajoutent la mobilisation des populations à l’occasion des recensements, des campagnes de vaccination, de dépistage de maladies, de soins collectifs et de calamités ». « En retour, avec cette reconnaissance de la République, ces légitimités traditionnelles bénéficient d’une indemnité de fonction et de déplacement. Elles ont droit aussi à la réduction de leurs frais d’hospitalisation.  NK/MD (AMAP)

Cérémonies de mariage : Le sel en passe de détrôner la cola

Par Mariétou KOITE    Bamako, 18 juil (AMAP) Nous sommes le deuxième dimanche de mai, il est 12h 20 et le soleil répandait encore ses rayons sur les peaux humaines. Malgré la chaleur insupportable, la famille Coulibaly est en fête à Hamdallaye, en Commune IV du District de Bamako. Elle célèbre la cérémonie de fiançailles de l’une de ses filles. Des chants de griottes, accompagnés parfois des applaudissements, animaient la cour. Parallèlement à cette ambiance, certaines femmes, assises sur une natte, faisaient de petits sachets de sel qui seront ensuite distribués. Adam Traoré, venue pour la circonstance, est surprise de voir ce produit utilisé dans la célébration du mariage. «Le sel est en train de voler la vedette à la cola lors de nos cérémonies de fiançailles», murmure-telle.  Effectivement, après plusieurs décennies de règne sans partage, la cola est en train de perdre sa place au profit du sel lors des cérémonie mariage. Ce phénomène s’explique par le fait que le panier de la noix de cola devient de plus en plus cher. «Le choix du sel par les femmes lors des cérémonies de fiançailles n’est pas un hasard. Il est dû à la hausse du prix du panier de cola», explique Mariam Diallo, une mère de famille. Pour la sexagénaire, le fruit de colatier n’est plus prisé dans notre société comme auparavant. Alors le sel devient beaucoup plus accessible et moins cher. En plus, il est utilisé par les femmes dans diverses tâches quotidiennes comme la cuisine. «Le sac de sel est vendu à 2500 Fcfa et c’est pour cette raison que nous le choisissons», ajoute la vieille dame. Si notre première interlocutrice se plaint de la cherté du panier de cola, Aminata Coulibaly, elle, met l’accent sur le prix de la dot de mariage. Selon elle, la dot ne dépasse pas 200 000 Fcfa et si l’on doit acheter le panier de cola à 75 000 Fcfa dans cet argent, il ne restera plus 125 000 Fcfa, «une somme largement insuffisante pour payer les ustensiles de cuisine et autres cadeaux pour la future mariée». Aissata Maiga a un avis différent sur la question. Pour elle, le sel ne peut, en aucun cas, remplacer la noix de cola lors des cérémonies de fiançailles. «La cola est donnée pour être croquée, ce qui n’est pas le cas du sel. Il faut respecter la tradition, parce que nos parents n’ont pas choisi la cola par hasard», dit-elle, avant de renchérir : «le sel peut même jeter un mauvais sort sur le foyer».  Au marché de colas, communément appelé «Woro courou», le panier de cola est cédé entre 55 000 et 75 000 Fcfa. Adama Keita, vendeur de cola depuis plus de 20 ans, indique que le prix du panier varie en fonction de sa source de provenance (Côte d’Ivoire ou Guinée). Pour lui, la hausse du prix du panier de cola s’explique aussi par les tracasseries routières. Avant, le panier était vendu à 30 000 Fcfa, a révélé le commerçant.  LA SAVEUR DANS UN FOYER – Pour un interlocuteur, la cola a un goût particulier qui représente l’union, la paix et la cohésion. Aussi, estime-t-il, le fruit marque des moments de solennité dans la vie de l’homme. «Partager le sel pour sceller une union sème beaucoup de zizanie dans un couple», affirme notre interlocuteur, ajoutant que l’utilisation de cet épice est à la source de conflits entre les époux, pouvant aboutir au divorce. « Fruit du colatier avec ses multiformes et plusieurs couleurs (blanche, rouge), la noix de cola a beaucoup de vertus », assure un homme habitué des démarches de mariage.  Selon lui, l’utilisation de la cola lors des cérémonies de mariage renforce le lien entre l’homme et la femme et fait d’eux des noix de cola difficiles à séparer. Quant à la symbolique du sel, elle annonce la saveur dans un foyer, soutient notre interlocuteur. A chacun son interprétation.  MK/MD (AMAP) 

Pêche collective dans le Mandé : Un grand rituel

Par N’Famoro KEITA Bamako, 14 juin (AMAP) Au Mandé, dans une zone située à cheval entre le Mali et la Guinée, la pêche collective est un rendez-vous immanquable. Elle mobilise toutes les tranches d’âge avec des outils de pêche modernes et rudimentaires. Certains pêcheurs sont munis de paniers (soussou) en manding, de harpons (massaka). D’autres se contentent simplement d’utiliser de vieux sacs de céréale vides, des baignoires voire des bidons. Tous y viennent dans l’espoir de réaliser une bonne pêche. Au Mandé, tous les villages riverains du fleuve Niger  (ou presque) disposent d’un ou de plusieurs mares destinées à la pêche collective. À l’occasion, le village hôte invite les voisins à prendre part à ce rituel. Les invitations sont envoyées une semaine avant le grand jour déterminé en fonction des mares et des considérations locales. La pêche collective qui est profondément ancrée dans les pratiques est un vecteur de paix et de cohésion sociale entre les communautés. Elle est perçue comme ce facteur de renforcement de la paix et de la cohésion sociale entre les communautés. Cet événement mobilise toutes les tranches d’âge.  GRANDE MOBILISATION – Nous sommes un lundi du mois d’avril. La Commune de Nouga (dans le Cercle de Kangaba), à environ 4 km du territoire guinéen, lance sa saison de pêche collective. Tôt le matin, les pêcheurs préparent les filets et autres pièges à jeter dans les eaux de la mare, située à près de 3km du village. Ils arrivent, en grand nombre, à pied, dans des charrettes à traction animale, mais aussi sur des motos et des vélos. Les sentiers menant à la mare grouillent de monde. C’est la grande mobilisation autour de cette activité de pêche. Tous sont prêts et attendent le coup d’envoi de ce rituel, parce que tant que les autorités coutumières ne donnent pas le top départ, personne n’a le droit de pêcher dans la mare.  En attendant, les pêcheurs amassés autour de la mare, affutent leurs outils. Quelques instants après, le clap de départ est donné. On entend des cris de joie : «an ka ta», on y va, en français. Sur ces entrefaites, on aperçoit une personne se dirigeant avec son filet au milieu de l’eau, c’est le libérateur du jour. Il plonge son filet dans l’eau, et tout d’un coup la mare est envahie par de nombreux pécheurs. Chacun y va de sa «science» de la pêche pour avoir une bonne collecte. Dans un brouhaha général, on se bouscule et s’invective parfois. Certains lancent des «i bô n’a jô kônô», prosaïquement retire toi de mon périmètre. À ce stade, la panique s’empare de la faune aquatique qui s’y trouve, car au-delà du poisson, il y a d’autres espèces qui y vivent. GROS SILURE – Quand un gros poisson est pris dans les mailles d’un filet, dans un piège, on s’extasie. Mme Hawa Magassouba, la trentenaire, trébuche dans l’eau et aperçoit un gros silure dans les mailles de son filet de pêche. Elle appelle à l’aide pour ne pas perdre cette grosse prise.  Avec l’aide d’autres pêcheurs, elle arrive facilement à extirper le poisson des mailles de son filet. Elle se réjouit de sa moisson et explique avoir l’intention de préparer un repas copieux pour son époux avec ce gros silure. Daouda Keïta est aussi heureux de sa collecte du jour. «Cette moisson va permettre au moins d’améliorer un petit temps l’ordinaire», explique-t-il à qui veut l’entendre, avec une pointe de bonne humeur. Par contre, Adama Keïta avait toutes les raisons d’être triste avec une collecte désastreuse. Il prend les choses avec philosophie et explique que ce n’est pas forcement à toutes occasions qu’on réalise une bonne pêche. D’autres pêchent avec des harpons. Ceux-ci collectent généralement les plus gros poissons tandis que d’autres se retrouvent avec du menu fretin. Après quelques heures de pêche, la fatigue se fera sentir chez beaucoup de pêcheurs. Ils retournent heureux pour la plupart avec des collectes intéressantes.  La pêche collective au Mandé est un événement périodique qui se tient, en général, au mois d’avril et peut s’étendre jusqu’au mois de juin.  NK/MD (AMAP)  Legde : L’événement mobilise toutes les tranches d’âges  avec des outils de pêche modernes et rudimentaires Djenné : RESTAURER LA COHÉSION ENTRE ÉLEVEURS ET AGRICULTEURS   Pour restaurer la cohésion sociale entre les communautés d’éleveurs et d’agriculteurs du Cercle de Djenné au centre du Mali, un projet intégré de gestion du pastoralisme y a été lancé en septembre 2021. Son objectif est de contribuer de façon significative à la stabilité de cette zone par la construction d’infrastructures pastorales et l’aménagement de parcours pastoraux au profit de près de 36 000 ménages.  La Minusma a investi près de 495 millions de Fcfa grâce à une contribution du Royaume-uni au Fonds fiduciaire pour la paix et la sécurité. La zone ciblée comprend plusieurs communes du Cercle de Djenné. Elles ont été identifiées de manière participative et inclusive, avec le consentement des autorités et des communautés locales. Parmi les activités spécifiques du projet, figurent la cartographie, la démarcation et la réhabilitation de 225 kilomètres de pistes et d’infrastructures pastorales, la construction de trois forages, la distribution de 700 kilogrammes de semences fourragères, la régénération d’un espace pastoral de 70 hectares, la production de cartes pastorales et l’établissement de mécanismes de gestion de pistes pastorales et des infrastructures. Le projet prévoit également une série de séances publiques et de campagnes radiophoniques d’information sur le fonctionnement des Commissions foncières (CoFo) et la résolution des conflits. En 2021, à travers un projet séparé, la MINUSMA avait facilité l’établissement et la revitalisation des CoFo dans les 12 communes et 145 villages du Cercle de Djenné. Trois axes principaux de chemins de transhumance, appelés localement « bourtol », avaient été identifiés, et depuis le début du projet, 75 km de pistes pastorales ont été délimités, le forage de trois puits pastoraux a commencé et des campagnes de sensibilisation ont été menées dans 10 villages. Dans ces localités, des comités de gestion des projets ont également été mis en place. Ils ont facilité les discussions

Cinéma : « Twist à Bamako », les années 60 dans la capitale malienne

Bamako, 05 juin (AMAP) Dans le cadre de la  programmation du film en bambara (sous titré en français) intitulé : «Twist à Bamako», Blonba a organisé, lundi dernier dans ses locaux à Baco Djicoroni, une conférence de presse pour annoncer son projet «Nyanadjè Taama » et la projection de l’avant-première du film «Twist à Bamako» de Robert Guédiguian. A côté de Siriki Mété de Magic Babemba et de Robert Guédiguian, Alioune Ifra N’Diaye de Blonba, a présenté le réalisateur du film qui compte à son actif une vingtaine de films. Selon lui, c’est un réalisateur de grosse pointure qui a décidé de faire un film sur le Mali des années 1960, «Twist à Bamako».  Robert Guédiguian a dit ses motivations et son amour pour les images du photographe Malick Sidibé pour expliquer ce qui a sous-tendu «Twist à Bamako». « C’est à partir du titre d’une exposition photographique de feu Malick Sidibé dont les clichés retracent la vie socio-culturelle et économique de la jeunesse malienne des années 1960 que j’ai décidé de  faire un film sur le Mali du président Modibo Keïta », a-t-il dit. Le film a été réalisé au Sénégal avec des acteurs africains et produit par Marc Bordure. «C’est un film qui vous questionne», a indiqué le réalisateur. En fait, c’est une histoire d’amour entre Samba, fils d’un commerçant bien installé à Bamako et Lara qui refuse d’obéir à ses parents. Elle fuguera pour éviter d’être mariée de force. Ainsi, elle découvre une nouvelle vie à Bamako. Les deux amoureux se retrouvent un soir dans un club de danse dans la capitale et jurent de ne plus jamais se quitter. Mais les contingences de la vie vont en décider autrement. Le responsable de Magic cinéma, Siriki Mété, a donné l’assurance que toutes les dispositions son prises pour une bonne diffusion. Cette projection est co-organisée avec Angèle Diabang (Sénégal), Agat Films (France), le Magic Babemba (Mali), les Instituts français de la Côte d’Ivoire et du Mali. Un film à regarder absolument pour se replonger dans la belle époque des années 1960. Alioune Ifra N’Diaye a, pour sa part, expliqué le projet «Nyanajè Taama» qui consiste à faire des projections de films dans les Régions de Bougouni, Sikasso, Koutiala (Sud), San, Ségou (Centre), Dioïla, près de Bamako, Nioro du Sahel, Diéma et Kita (Ouest). Cette initiative a été imaginée dans le cadre du Programme star financé par la coopération suisse et mis en oeuvre par Blonba. Et M. N’Diaye d’ajouter que c’est la salle Blonba qui a prévu un itinéraire pour la projection des films retenus. AS/MD (AMAP)     .     

Mali : La 14è conférence de l’Union Francophone de l’Audit Interne se déroulera au mois d’octobre à Bamako

Bamako, 20 juin (AMAP) L’Association des Contrôleurs, Inspecteurs et Auditeurs du Mali a organisé une conférence de presse le weekend dernier dans un hôtel de la place pour annoncer la 14ème Conférence de l’Union Francophone de l’Audit Interne, prévue les 10 et 11 octobre prochain à Bamako, a constaté l’AMAP. La conférence était animée par son président Moussa Diakité qui avait à ses cotés le président de la commission d’organisation Samba Soumaré et plusieurs autres membres de l’association. Les objectifs de cette rencontre internationale sont entre autres, comprendre et promouvoir l’audit interne au Mali, apporter des réponses aux défis multiformes auxquels l’audit interne fait face aujourd’hui, sensibiliser les hautes autorités sur la contribution de l’audit interne dans la bonne gouvernance et la création des services d’audit interne dans les structures publiques. Il s’agit également d’encourager les auditeurs tant dans le secteur privé que le secteur public ainsi que permettre aux aspirants de démontrer leurs compétences en s’inscrivant dans un processus d’obtention de qualification professionnelle et contribuer à redorer l’image du pays à travers l’organisation d’un tel évènement international. Le président de l’association, Moussa Diakité a présenté son association qui a été créée en 1988 à l’initiative de l’Institut Français de l’Audit et du Contrôle Internes (IFACI). Elle a pour vocation de promouvoir et de développer la pratique professionnelle de l’audit interne dans les pays totalement ou partiellement d’expression française, en regroupant les associations d’auditeurs internes de ces pays. Le président de la commission d’organisation, Samba Soumaré a, pour sa part,  expliqué que toutes les dispositions sont prises pour la bonne marche de la conférence malgré le contexte de crises que notre pays fais fasse. Il a rassuré que les dispositifs sécuritaires seront bien établis et les commissions sont déjà à pied d’oeuvre pour rendre la rencontre agréable. Il a laissé entendre que plus de 400 professionnels sont attendus à Bamako pour échanger sur des sous thèmes comme la gestion administrative pendant la période de la crise, le terrorisme, les crises sanitaire. Cette année, une vingtaine de conférenciers venant du Mali, des pays de l’UEMOA, de la Suisse, de la France, des Etats Unis, du Maroc et de la Tunisie animera les plénières et ateliers programmés. Il est également prévu des visioconférences pour ceux qui n’arriveront pas à effectuer le déplacement AS/KM (AMAP)

Sanké-Mô 2022 : Un rite pluri-centenaire sous le signe de la réconciliation nationale et de la paix 

Envoyé spécial Oumar DIAKITÉ San, 17 juin (AMAP)  Symbole de l’unité et de la solidarité de toute une région, la 622è édition de la pêche collective, Sanké-Mô, s’est tenue, jeudi, à San *dans le Centre du Mali. Le thème, cette année, de la traditionnelle pêche collective est : «Sanké-Mô : facteur de réconciliation nationale, de cohésion sociale et de paix». La pêche collective «Sanké-Mô» se tient depuis 622 ans. Ni les guerres ni les épidémies ni même la colonisation n’ont pu avoir raison de la volonté des habitants de la contrée d’organiser cet événement rituel. C’est pour saluer cette persévérance et cette ténacité que les autorités de la Transition ont voulu donner un cachet particulier, cette année, au Sanké-Mô, dont le parrain était le chef de l’État. Le colonel Assimi Goïta s’est fait représenter à San par le chef du gouvernement, accompagné du ministre en charge de la Culture, Andogoly Guindo. Sur le site, la célébration rituelle a commencé par le sacrifice de deux coqs blancs et des offrandes aux esprits de l’eau qui habitent la mare Sanké. Ce rituel a été suivi de la prestation au bord de la mare de danseurs traditionnels coiffés de chapeaux ornés de cauris et de plumes. Soutenant que son déplacement à San n’était pas anodin, le Premier ministre a cité le président Assimi Goïta selon qui « aucune construction durable et stable de l’Etat ne peut se faire sans s’appuyer sur notre culture, nos traditions et valeurs de civilisation ». Pour le chef du gouvernement, cela traduit la volonté du président de la Transition et du gouvernement de mettre la culture au centre de la refondation de l’REtat malien. « C’est pourquoi, a-t-il expliqué, tous les événements culturels d’envergure sont d’une grande importance pour l’État malien ». «C’est la culture qui fait un peuple. Les populations de San peuvent être fières de ce qu’elles ont donné et de ce qu’elles donnent au peuple malien», a souligné le Premier ministre.  CULTURE LOCALE – Le Sanké Mô a été lancé par les autochtones de San, il y a plus de six siècles. Et c’est en 2009 que l’évènement a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Occasion pour Dr Choguel Kokalla Maïga de remercie r les ancêtres ayant initié cette cérémonie qui constitue, aujourd’hui, une référence pour l’humanité entière.  Le Sanké-Mô est, aussi, « une boussole vers l’enracinement de la souveraineté et de la dignité », a estimé le Premier ministre, ajoutant que « le gouvernement de la Transition n’a d’autre ambition que de restaurer la dignité, l’honneur, l’indépendance et  la souveraineté de l’État malien ». «Nous voulons qu’à la fin de cette Transition, tout Malien, de quelques bord et région qu’il soit, puisse dire, en âme et conscience, que ces hommes ont écrit avec nous une des pages les plus glorieuses de notre histoire», a soutenu Dr Choguel Kokalla Maïga.  Le rite Sanké-Mô marque traditionnellement le début de l’hivernage. C’est, aussi, une expression de la culture locale à travers l’art et l’artisanat, les connaissances et le savoir-faire attachés à la pêche et aux ressources en eau Il renforce les valeurs collectives de cohésion sociale, de solidarité et de paix entre les communautés locales. Ce qui a incité le Premier ministre à solliciter la bénédiction des initiateurs. A cet effet, il a demandé aux anciens, aux légitimités traditionnelles et à l’ensemble de la population de San de prier pour une bonne pluviométrie au Mali, cette année. Moment privilégié de retrouvailles, l’édition de cette année a permis aux Sanois (habitants de la localite de San)  de fêter dans la communion. OD/MD (AMAP)

La culture malienne s’expose en Allemagne au 15è Festival Documenta

Bamako, 16 juin (AMAP) L’art et la culture du Mali, à travers le Festival sur le Niger, s’exporte dans la localité de Kassel, en Allemagne,  dès ce samedi 18 juin, où se déroule la 15è édition de le Festival la Documenta, annonce un communiqué. Cette rencontre, l’un des plus grands festivals,  rassemble plusieurs centaines d’artistes du monde entier qui  travaillent dans tous les domaines de la création, sur une longue période soit une centaine de jours. Il a lieu tous les cinq ans. Le directeur, Mamou Daffé, et son équipe, vont déployer un véritable échantillon du Festival sur le Niger. Ils ont rassemblé les grands noms comme le célèbre plasticien Abdoulaye Diabaté, le marionnettiste Yaya Coulibaly, l’organiste et interprète Cheick Tidiane Seck. Ainsi, « la Fondation Festival sur le Niger, en tant que membre du collectif international Lumbung, présentera une série de projets artistiques en résonance avec les pratiques sociales qui influencent le changement dans la société malienne », explique le communiqué de presse publié par la Fondation Festival sur le Niger. Ces propositions artistiques sont présentées dans le concept de «Maaya Bulon/Vestibule Maaya», nom donné à une pièce spécifique de l’architecture des maisons traditionnelles maliennes où se prennent les décisions familiales ou communautaires.  C’est le lieu où se pratique l’hospitalité (accueil, discussion, échange avec l’hôte), notion centrale au Mali. Le travail de la Fondation Festival sur le Niger est fondé sur la philosophie traditionnelle Maaya. Le Maaya est un concept intégral de l’humanité qui parle de la relation entre l’individu et la communauté. Elle est fondée sur des valeurs telles que le respect de l’autre, la solidarité, la générosité, l’hospitalité, la connaissance de soi, la limitation de soi et l’humour.  Pour cette édition de la Documenta, le Festival a invité des artistes de son écosystème à collaborer et à se réunir dans le concept du «Maaya-Bulon». Le Maaya Bulon célèbre la façon dont l’art et le Maaya sont enchevêtrés dans la pratique artistique traditionnelle et contemporaine. Il s’agit d’une interaction entre le travail des artistes tels que Abdoulaye Konaté, Losso Marie-Ange Dakouo, Lassana Koné et Seydou Camara, une forêt sacrée et les marionnettes de Yaya Coulibaly, ainsi que des activations par une grande variété d’artistes de la scène et de la musique.  Plusieurs œuvres font référence au Kôrèûdugaw, une société qui pratique des rites dans l’esprit Maaya, alliant humour, esprit et sagesse, et représentant l’étape suprême du savoir dans la culture Bamanan au Mali. Dans le Maaya Bulon, il y aura des soirées thématiques de spectacles de théâtre, de contes, de danse, de musique, notamment à travers le spectacle Maaya ni Dambé, par les artistes de l’écosystème de la Fondation Festival sur le Niger et les metteurs en scène, comme Lamine Diarra, Mama Koné et N’Dji Yacouba Traoré.  A l’entrée du Maaya Bulon, une tente touarègue et un toguna. Le toguna, ou togouna, ou shônan, est une construction ouverte érigée en général au centre des villages dogons se trouvant le long de la falaise de Bandiagara. Elles sont d’une hauteur insuffisante pour se tenir en position debout de façon à obliger les participants à s’asseoir. L tente et le tigana lors de cette exposition accueillent des rassemblements et des débats, rappelant les liens entre les différents peuples du Mali. YD/MD (AMAP)

Alimentation : « Allabadja « , plat des grands jours dans le Nord du Mali 

Par Mohamed GAKOU Gourma Rharous, 15 juin (AMAP) « Alllabadja » est une spécialité culinaire que partagent toutes les communautés, dans le Nord du Mali, nomades comme sédentaires. La confection de ce plat repose sur un rituel. Il est fait à base de riz du cru, de préférence, de viande de mouton ou de boeuf, rayée de strates de graisse et agrémentée de beurre de vache conditionné dans les règles de l’art. Le riz est cuit dans l’eau, avec juste un soupçon de sel et la viande, en bouillon, tout aussi modérément salé. C’ est la première phase de préparation du plat. Cette tâche est généralement dévolue aux femmes. Quand la viande est cuite à point, on en prélève quelques filets gras destinés à être pilés dans un mortier jusqu’à les transformer en fines nervures de chair. Cette opération revient, aussi, aux femmes. La dernière phase de préparation requiert de la force et de l’endurance. C’est à cette étape que les hommes entrent en jeu. Ce sont généralement des forgerons ou autres hommes de caste. Le riz cuit à point, est mis dans un grand bol en bois. Un homme robuste commence à le malaxer, à la force des muscles des deux bras, dans un mouvement giratoire, à l’aide d’une grosse louche en bois ou un petit pilon  Le plat est tenu sur les deux bords par un autre homme qui, de façon intermittente, arrose la mixture de riz, avec de grosses louches de bouillon fait des filets prélevés, pilés et retournés dans une quantité raisonnable de jus de cuisson. Au fur et à mesure que l’opération se poursuit, le riz prend un aspect pâteux et moelleux, incrusté de fils de chair très fins. Le plat est prêt. Miam miam !!! Il est servi dans des plats moyens en bois taillés dans des essences particulières qui donnent au contenu un parfum capiteux et gourmand. La pâte est tassée dans les plats avec un trou aménagé au milieu, qui servira à contenir le beurre de vache, « la cerise sur le gâteau » ! Tout autour de l’excavation, de gros morceaux de viande dégoulinant de graisse sont disposés. « Allabadja » se déguste avec des petites cuillères en bois finement ouvragés. Ce plat est accompagné par un thé nature légèrement corsé et de lait caillé ou frais coupé d’eau, selon les milieux. En dehors du plaisir que cette spécialité gastronomique procure aux papilles gustatives, elle symbolise, aussi, l’art de l’hospitalité chez toutes les communautés dans le Nord du Mali. On le prépare, à l’occasion des fêtes religieuses, des réjouissances sociales ou pour accueillir et régaler un hôte de marque. Ce plat, qui tient la première place dans la culture gastronomique des communautés dans le Nord de notre pays, est pourtant peu valorisé, lors des rencontres dédiées aux arts culinaires.  MG/MD (AMAP)