Lait et viande de dromadaire : Que de vertus et de vitamines !
Par Abdourhamane TOURE Gao, 18 oct (AMAP) « Le dromadaire est très utile. Son utilité ne se limite pas seulement au transport des bagages. Ce que beaucoup de gens ignorent, c’est que le lait et la viande du dromadaire ont des vertus et sont très riches vitamines A et C», révèle le directeur du Centre régional de recherche agronomique (CRRA) et représentant de l’Institut d’économie rurale (IER) à Gao, le Dr Mohomodou Moussa. Selon le directeur du CRRA, qui a soutenu sa thèse de doctorat sur l’évaluation de la production et de la productivité du dromadaire en zone subhumide et sahélienne, assure que le lait du dromadaire contient du cholestérol digestif qui n’a pas d’inconvénient sur la santé. « Le lait du dromadaire est très digestif, il contient beaucoup d’insulines et peut aider à traiter le diabète. Un litre de lait du dromadaire peut contenir jusqu’à 5,8 unités d’insulines », indique-t-il. Ce n’est pas tout, notre interlocuteur ajoute que le lait du dromadaire « est également très efficace dans le traitement des maladies métaboliques notamment l’hypertension artérielle et peut être utilisé dans le traitement de l’arthrose. » Selon Dr Mohomodou Moussa qu’il n’existe pas de chameaux au Mali, mais plutôt des dromadaires dont le nom scientifique est «camelus dromaderus». Le dromadaire a seulement une bosse. Le Mali compte environ 1,2 million de têtes de dromadaire, grand mammifère domestique du genre camelus, selon les statistiques de 2015 de la Direction nationale des productions et industries animales (DNPIA). «En fonction des localités, notre pays possède plusieurs espèces de dromadaires : le dromadaire de Tamasna, de Dossahak , du Sahel, de Berebiche, de l’Adrar des Ifogas et le dromadaire de Timitrine de Gao», précise-t-il. VERTUS THERAPEUTIQUES – Selon Dr Mohomodou Moussa, la direction du CRRA a déjà lancé des projets de recherche pour la production de fromages et de yaourts à base de lait de dromadaire mélangé avec de la papaye. La structure a également initié l’élevage des dromadaires au centre, à l’IER de Bamako et Niono. Le président de la Coopérative des éleveurs de dromadaires du Sahel de Gao, Mohamed Ag Hamati, indique que le regroupement est constitué de 80 éleveurs. Elle compte des hommes et des femmes et dispose d’un point de vente de lait qui peut collecter 20 litres de lait par jour. La vente du lait de dromadaire est lente, parce que les populations de Gao ne sont pas friandes de ce lait. Ce sont surtout les nomades qui consomment le lait de cet animal. Ils achètent un à trois litres chaque semaine à raison de 1 500 Fcfa le litre. « Le problème principal de la coopérative, explique Mohamed Ag Hamati, c’est le manque de vétérinaires et le fait que l’animal ne peut pas être élevé en ville ». Le directeur général de l’hôpital de Gao, Dr Youssouf Touré, se souvient que que durant son enfance, ses parents lui donnaient à boire le lait de dromadaire pour étancher sa soif. A cette époque-là, les puits n’étaient pas nombreux dans la brousse. «A cause de la rareté de l’eau, souvent nous constations sur le passage des ossements de bergers ou de voyageurs morts de soif. » CINQ TÊTES PAR JOUR – Dr Touré ne cite pas de documents scientifiques sur le dromadaire au Mali, mais il se souvient que ses parents utilisaient l’urine, l’estomac et les bouses du dromadaire pour traiter des maladies comme le paludisme, l’ulcère, le hoquet etc. La viande du dromadaire a les mêmes vertus que le lait de l’animal. L’estomac du dromadaire est utilisé dans le traitement traditionnel de l’hémorroïde, de l’ulcère gastrique et de l’asthme. Certaines personnes traitent le rhumatisme avec les os de l’animal. Médecin nutritionniste à la Direction régionale de la santé de Gao, Dr Isaac Kodio affirme que la viande de dromadaire diffère de la viande bovine. Boucher de son état, Hado vend la viande de dromadaire au marché de Gao depuis près d’une trentaine d’années. «Avant la crise (Ndlr, sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA), je pouvais abattre cinq têtes par jour. Sur le marché de Wabaari, le prix d’achat d’un dromadaire varie entre de 600.000 à 650.000 Fcfa. Un kilo de viande du dromadaire sans os coûte 3 000 Fcfa contre 2 500 Fcfa pour la viande avec os ». « La viande du dromadaire est meilleure que celle de la vache», tranche le boucher qui ajouter «La viande du dromadaire, la peau, l’estomac et même les sabots de l’animal sont utilisés dans le traitement de plusieurs maladies. Quant à son urine, elle sert pour le traitement du paludisme». Harber Maiga est routier entre Gao et le Ghana. Lui aussi connaît bien la viande de dromadaire et ne tarit pas d’éloges sur l’animal. Selon lui, la plupart des médecins traditionnels conseillent la viande de l’animal aux personnes du troisième âge à la place du boeuf, du mouton ou de la chèvre. Harber Maiga assure que la consommation de la viande du dromadaire peut guérir de nombreuses maladies. « Quand on y goûte une fois, on ne peut plus s’en passer », affirme-t-il. AT/MD (AMAP)
Mali mode show se tiendra du 3 au 6 novembre à Bamako (Organisateur)
Bamako, 12 oct (AMAP) La 3è édition du Mali mode show se tiendra, dans l acpitale malienne, Bamako, du 3 au 6 novembre prochains, a annoncé le fondateur de l’Association Mali mode, Ibrahim Guindo alias Akim Soul, le week-end dernier. «Cet événement est dédié à la mode, à l’esthétique mais aussi au lifestyle. Il essaie de réunir amateurs et professionnels de ces différents domaines afin de démontrer leur savoir-faire», a expliqué Ibrahim Guindo. Le fondateur de l’Association a ajouté que l’objectif « est d’accompagner la créativité made in Mali et de mettre à disposition des plateformes de rencontre, de formation et d’échanges au service des acteurs de la mode et du monde de lifestyle. Cela, afin qu’ils puissent montrer leurs compétences. » C’est aussi une occasion pour les créateurs de présenter leur collection au grand public. Selon Ibrahim Guindo alias Akim Soul, la réussite des deux précédentes éditions a donné plus d’ampleur à cette 3è édition. « Aujourd’hui, cet événement se positionne comme l’un des rendez-vous, les plus huppés au Mali, en termes de participation de personnalités publiques et d’actualité de la vogue. Le Mali mode show, c’est aussi l’opportunité de développer et élargir des relations professionnelles », a-t-il dit. Au menu de cette édition, il y aura, le rendez-vous business dont l’objectif est d’inciter à des échanges autour de la créativité, le dialogue entre différents univers professionnels en présence d’éminents acteurs de la société. Il est, aussi, prévu le défilé Made in Mali, exclusivement dédié aux marques locales. Une dizaine de créateurs maliens présenteront leurs dernières créations au public. Il y aura, également, le défilé de clôture qui se fera avec 15 créateurs de mode ouest-africaine dont les collections seront présentées par une cinquantaine de mannequins. Enfin, la boucle sera bouclée par une vente de marques. Ibrahim Guindo a invité le public à assister à l‘évènement pour en faire un grand moment de magie. Et de rappeler que la vente des tickets a débuté. La présidente d’honneur de l’Association, Fatou Faye, et de plusieurs acteurs de la mode ont assisté au cocktail d’annonce dans un restaurant de la capitale malienne. Depuis 2011, l’Association Mali mode s’est engagée en faveur de la mode et du design à travers des initiatives novatrices. Elle sert de vitrine à la créativité des professionnels et constitue un véritable tremplin pour le développement et la valorisation des métiers de la mode au Mali. NS/MD (AMAP)
Rencontres de Bamako : La 13è édition se déroulera du 8 décembre 2022 au 8 février 2023
Bamako, 26 septembre (AMAP) La 13è édition des Rencontres de Bamako se déroulera du 8 décembre 2022 au 8 février 2023 sous le thème : «Maa ka Maaya ka ca a yere kono», a appris, lundi, l’AMAP lors de la cérémonie officielle de lancement de ce rendez-vous photographique qui s’est déroulée au Musée national. «En dépit du contexte difficile, marqué par de multiples crises, le gouvernement de Transition tient à maintenir ce rendez-vous culturel majeur », a déclaré Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo, qui a présidé le lancement. Il a réitéré l’engagement du gouvernement à maintenir cette principale manifestation internationale consacrée à la photographie contemporaine et aux nouvelles images en Afrique. « Elle est célébrée dans notre capitale, faisant de Bamako la capitale africaine de la photographie », ajouté le ministre en charge de l’Artisanat. Cette 13è édition était initialement prévue en 2021. Selon les organisateurs, cette édition mettra l’accent sur la multiplicité, la différence, le devenir et l’héritage. Les Rencontres de Bamako sont une plateforme de découvertes, d’échanges et de visibilité qui réunit régulièrement à Bamako, les photographes venus du continent et ceux de la diaspora, mais aussi les collectionneurs, les galéristes, les managers et autres professionnels de l’image fixe. Cette cérémonie s’est déroulée en présence du délégué général de l’événement, Cheick Diallo, de l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) au Mali, Bart Ouvry, et du chef de la Coopération suisse au Mali, Patrick Etienne. On y notait aussi la participation des représentants des ambassades, de l’Unesco et des artistes photographes. « La nomination de Cheick Diallo, architecte et designer de son état, en qualité de délégué général est un choix bien mûri, car il s’appuie sur le parcours de l’homme mais, également, sur son expérience avérée dans le monde de la création artistique contemporaine et sur son engagement personnel à défendre les causes nobles pour notre pays», dit le ministre Guindo. Il a salué les partenaires, notamment l’UE, les ambassades de France, des Etats-Unis, la Suisse, le Royaume du Maroc, entre autres. Pour sa part, Cheik Diallo a expliqué l’engouement de l’Association rencontres des arts qui entend donner une nouvelle impulsion aux Rencontres de Bamako en en faisant « un véritable espace socioéconomique et artistique ». Malgré le contexte difficile, la prochaine édition attend environ 30.000 visiteurs, 75 artistes exposants, 200 professionnels, 50 journalistes internationaux. Il est prévu, également, un catalogue d’exposition et plus de 200 articles de presses seront publiée lors cet événement. Des récompenses et des programmes de médiation à destination des établissements scolaires de Bamako. «Le défi est de créer un lien entre toutes les disciplines artistiques, l’appropriation de l’événement par la population, le renforcement du partenariat et l’institutionnalisation des Rencontres», a dit le délégué général, avant d’expliquer que l’événement poursuit la construction socioéconomique et la création des conditions pour la vulgarisation des rencontres de Bamako. Il a décortiqué le thème proposé par le directeur artistique, Bonaventure Soh Benjeng Ndikung «Maa ka Maaya ka ca a yere kono» se traduit par «les personnes de la personne sont multiples dans la personne». Il a rappelé que les rencontres de Bamako ont permis de découvrir plus de 500 photographes africains. Bart Ouvry a assuré de l’engagement de l’UE à soutenir la culture et les Rencontres de Bamako. «L’UE accompagne la culture parce que nous y croyons», a-t-il dit. Le diplomate a, aussi, mis l’accent sur le partenariat dans la promotion de la culture malienne, notamment avec l’ambassade de France qui est un partenaire potentiel des Rencontres de Bamako. Il a aussi annoncé que l’UE a mis en place un programma Awa pour soutenir les activités culturelles au niveau de la Région Afrique. Patrick Etienne a, aussi, exprimé l’engagement de la Coopération suisse et son soutien pour les des arts et la culture, avant de saluer le partenariat entre son pays et le Mali. AS/MD (AMAP)
Projection de « Kunu », une histoire du Mali indépendant
Bamako, 26 sept (AMAP) La projection d’une série de trois films documentaires sur l’évolution historique de la vie socio-politique du Mali, intitulée : «Kunu», hier en bambara, s’est déroulée, jeudi dernier, jour anniversaire de la fête de l’Indépendance, au Cinéma Magic (ex-Babemba). Cette projection, organisé par le Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM), dans le cadre de la célébration du 62è anniversaire de l’indépendance de notre pays (22 septembre1960-22 septembre 2022), Elle s’est en présence du directeur général du CNCM, Fousseni Maïga, des réalisateurs, cinéastes, acteurs et d’autres invités de marque. Plus de 2 heures durant, le public avait les yeux rivés sur le grand écran. Il a fait un voyage dans le temps, notamment dans le Mali d’hier qui se caractérise par l’amour de la patrie, l’engagement des autorités pour la défense de l’intérêt général et le sacrifice pour la cause nationale. Ainsi, les cinéphiles ont revisité les temps forts de l’évolution politique du Soudan d’alors et de la République du Mali à travers cette projection cinématographique. Selon les initiateurs du projet, l’objectif est d’inscrire le cinéma dans la dynamique de la célébration de la fête de l’indépendance au Mali. Mais, aussi, de développer un mécanisme innovant de coproduction locale autour de projets citoyens afin de sensibiliser, informer et éduquer le public. «Kunu» raconte l’histoire sociopolitique du Soudan depuis la période précoloniale jusqu’à l’histoire récente du Mali, en passant par la création et dissolution de la Fédération du Mali. La réalisation du projet vise à créer une mémoire cinématographique sur la date historique du 22 septembre 2022. Il y a des films à savoir : «Le train de retour», un long métrage de 85 minutes, des courts métrages de 35 minutes «Elles y étaient» et «Les enfants de l’indépendance». Les trois documentaires ont été réalisés respectivement par Omar N. Sinenta, Moustaphe Diallo et Jonas Sagon. «Le train de retour» relate les aventures du président Modibo Keita au Sénégal après l’accession à l’indépendance, les différentes phases de la création de la Fédération du Mali ainsi que les raisons de son éclatement. C’est un vrai récit de la période précoloniale et des différents mouvements politiques entrepris par les dirigeants soudanais avant, pendant et après l’accession du Mali à la souveraineté nationale. «Elle y étaient» est un documentaire qui évoque les rôles que les femmes ont joué depuis très longtemps. La lutte pour l’indépendance a aussi concerné les femmes. Ce film met en évidence leur mobilisation et le rôle qu’elles ont joué dans l’émergence de la Ière République. Ces images restituent les sacrifices des femmes dans la quête d’équité et d’égalité dans la gestion du pays. Enfin le documentaire intitulé : «Les enfants de l’indépendance» porte un regard sur ceux qui sont nés le 22 septembre 1960. Ces enfants de l’Indépendance y font des témoignages sur les différents régimes à savoir celui de Modibo Keïta, fondé sur le socialisme et le pouvoir autoritaire des milices qui ont été la cause principale de sa chute. Ces témoins atypiques racontent leur vision de l’évolution du Mali, depuis leur naissance. Le Mali contemporain est passé en revue sous le prisme de leur vécu personnel. Le public a appris sur l’histoire, notamment la lutte pour l’indépendance, le départ du dernier soldat français, la Fédération du Mali, l’avènement de la démocratie et les témoignages des enfants de l’indépendance. Pour le cinéaste Abdoulaye Ascofare, c’est une initiative salutaire de la nouvelle génération. «Bravo ! C’est une belle chose qui permet de faire connaître les hommes et femmes qui se sont distingués par leur dévouement pour la cause commune», s’est rejoui M. Ascofare. Le coffret des 3 films est en vente à l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) et au CNCM AS/MD (AMAP)
Spécial 22 septembre 2022-Textile malien : Retour en grâce du «Made in Mali»
Par Amadou SOW Ce grand essor des tissus traditionnels maliens est perçu comme un symbole de fierté nationale et une expression de patriotisme. Mais surtout de soutien à la volonté de s’extraire du joug de la domination extérieure L’affirmation de notre identité passe-t-elle aussi par le textile malien ? Beaucoup répondent par l’affirmative au regard des actions de promotion de nos tissus traditionnels par les autorités de la Transition. Ainsi, celles-ci ont fait du développement du coton local, leur cheval de bataille. La valorisation des habits à base de cotonnade est un grand pas dans ce sens. Le processus remonte aux premières heures de l’indépendance de notre pays. Bien que l’état a réussi des actions comme la création d’usines, de centres de formation, l’organisation des foires et l’adoption de textes relatifs à la promotion et la vulgarisation du textile malien, le chemin à parcourir pour imposer le made in Mali à une plus grande échelle reste long et plein d’embûches. Le «Mali Kura» doit se nourrir d’une gouvernance vertueuse, de la volonté de retourner à certains fondamentaux. Il doit aussi reposer sur la mise en valeur de nos tissus «Malifiniw». C’est dans cette vision que les nouvelles autorités ont entrepris de mettre en exergue le label malien. Un accent particulier a été mis sur la production locale afin d’imposer la marque du pays. PLUS DE 42% DE LA POPULATION – Le directeur général du Centre de développement de l’artisanat textile (CDAT), Ousmane Coulibaly, rappelle les efforts de relance du textile à travers le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme. Et l’adoption par le gouvernement de la Politique nationale de l’artisanat qui intègre le textile. Notre interlocuteur évoque aussi les mécanismes de production et de consommation du textile malien, l’organisation de la 3è édition du Salon international de l’artisanat du Mali (Siama) qui traduit la volonté du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, de répondre à l’aspiration profonde de faire de l’artisanat un moteur de croissance, de développement, de création d’emplois et de richesses. Ce secteur occupe plus de 42% de la population et contribue significativement au Produit intérieur brut (PIB) du pays. Ousmane Coulibaly parle également des initiatives privées comme les Journées textiles du Mali à l’initiative de l’Alliance des journalistes pour le développement de la culture (AJDE). Le développement de la filière coton qui a servi de stimulant à la relance des usines et unités de fabrique de tissus, l’appui institutionnel aux faitières, la création de la route du textile (Bamako-Ségou-Markala), de plateformes promotionnelles du textile, entre autres, sont à mettre à l’actif des autorités. L’Etat a aussi relancé la Compagnie malienne de Textile (COMATEX) en injectant une première tranche de plus de 600 millions de Fcfa. Il y a eu aussi l’organisation d’un atelier national intitulé : «Vision concertée dans le secteur de l’industrie textile», la formation des acteurs de la chaine, l’augmentation de la production à travers la validation d’un programme quinquennal du CDAT. Toutes ces actions ont permis à notre pays de retrouver son leadership dans la production du coton. Environ 2% seulement sont transformés. D’où la nécessité d’œuvrer à la promotion du made in Mali. Cela implique la disponibilité de ressources humaines qualifiées, la revitalisation des structures de formation comme le Centre de recherche et de formation pour l’industrie textile (Cerfitex) de Ségou. ADHÉSION – «Oui, le textile malien a connu un grand essor pendant la Transition», constate le promoteur de Biotex, Moussa Bagayoko. Le sexagénaire rappelle que jadis, un tissu traditionnel à base de cotonnade était offert au marié par sa belle-mère qui confectionnait elle-même la matière première (le fil). Avec ce tissu, le beau-fils devait coudre un grand boubou. Aujourd’hui la population adhère à la valorisation du textile malien. Tisserands, revendeurs, tailleurs et autres acteurs des métiers connexes se frottent les mains. Ce boom du made in Mali est perçu comme un symbole de fierté nationale et une expression de patriotisme et de soutien à la volonté de s’extraire du joug de la domination étrangère. Premier ministre, membres du gouvernement et présidents des institutions s’habillent fièrement de tissus maliens. On se souvient du passage du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga à la tribune des Nations unies en septembre 2021, vêtu de son grand boubou en tissu de cotonnade. Aussi des millions de Fcfa ont été injectés dans des projets de relance d’usines de fabrique de tissus ou de fils. Le gouvernement et ses partenaires entendent convenablement approvisionner le marché en matière première. Un projet de labélisation du textile malien est actuellement en cours en vue de permettre à nos compatriotes de consommer malien. Aïchatou Dembélé, styliste et promotrice de Farafina Design, souligne les difficultés à accéder aux matières premières : «l’accès aux matières premières est toujours difficile alors que la demande augmente». Oumarou Tamboura, tisserand à Daoudabougou, confie que sa profession reprend des couleurs. Elle se réjouit du fait que l’accompagnement du ministère en charge de l’Artisanat y est pour quelque chose. Précisons que le CADT a été créé en 2012 grâce au projet Tissuthèque initié par le gouvernement et l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel, avec l’appui financier du Japon. La structure a pour mission la transformation artisanale des textiles produits localement. AS (AMAP)
Vieux Farka Touré : L’album du retour aux sources
Par Moussa BOLLY Bamako, 16 sept (AMAP) Après avoir exploré plusieurs pistes et expérimenté des genres musicaux afin de se faire une identité musicale propre, Vieux Farka Touré semble désormais décidé à suivre les traces de son illustre père en s’abreuvant aux racines du blues. Et cela avec un album bien nommé : «Les Racines». Une œuvre de dix titres produite sous le label World Circuit et qui est disponible sur toutes les plateformes depuis le 10 juin 2022. «Revenir aux racines de cette musique est un nouveau départ pour moi et je n’ai jamais passé autant de temps ou travaillé aussi dur sur un album. Je savais que ça devait être profond, durable et puissant. J’ai donc pris beaucoup de temps pour réfléchir à comment le faire et le mettre ensemble». C’est la confession faite par Vieux Farka (de son vrai nom Bouréima Touré) à la presse, à la veille de la sortie de son nouvel opus, «Les Racines». Même si son talent est incontestable, le jeu de guitare et les arrangements des œuvres de Vieux Farka Touré s’apparentaient, jusque-là, à un bruyant rock ‘n’ roll (Rock and Roll) qu’aux envoûtantes mélodies des monstres sacrés du blues, comme son père, feu Ali Farka Touré. Au début de sa carrière, l’ambition du jeune artiste était sans doute de s’affranchir de la notoriété de son charismatique et légendaire papa, en s’ouvrant sa propre voie vers la célébrité. Et, il y est parvenu avec plus ou moins de succès avec ses différents albums. Il s’agit notamment de «Vieux Farka Touré» (Modiba/World Village ; 2006), «Fondo» (Six Degrees Records, 2009), «The Secret» (Six Degrees Records, 2011), «Mon Pays» (Six Degrees Records ; 2013) et «Samba» (Six Degrees Records, 2017). Des œuvres qui lui ont quand même ouvert les portes du showbiz mondial. Et cela à travers un genre atypique défini par certains critiques comme «un syncrétisme musical à base de blues, funk et reggae, agrémenté de tradition malienne». Et cela avec des sources majeures d’influence comme Jimmy Hendrix, James Brown, Michael Jackson, Bob Marley… Ce qui fait que les fanatiques du blues l’écoutaient beaucoup plus par reconnaissance que par admiration. Aujourd’hui, le jeune virtuose de la guitare semble avoir pris conscience de toute sa responsabilité en tant qu’héritier, en tant que fils d’un terroir qui s’est toujours ouvert au brassage, sans jamais y laisser son âme. «Quoi que tu fasses, quel que soit l’endroit où tu pars, quel que soit le domaine où tu évolues, à un moment, tu dois retourner chez toi… Il faut savoir regarder en arrière, vers nos ancêtres», déclare Vieux pour justifier son retour aux sources. SUR LES TRACES DU PERE – Selon des critiques, les dix titres de «Les Racines» dégagent l’exquis parfum d’un «desert blues» pur et accrocheur. «Ça, c’est vraiment la musique que je dois faire. C’est la musique de chez moi, de là où je suis né, de là où j’ai grandi», a-t-il reconnu devant des confrères de la presse internationale. Ce nouvel album marque certainement un tournant décisif dans la carrière de ce talent jovial et taquin. Il propulse sa carrière dans une autre dimension avec des titres captivant comme «Gabou Ni Tie». En plus de le ramener aux racines du blues, reconnaissent des critiques, «ce titre propulse aussi Vieux Farka dans la dynamique de l’engagement artistique» de son regretté père. «Dans mon pays, le Mali, l’éducation traditionnelle est très importante pour remplir par la suite ses fonctions d’adultes. Il s’agit ici d’une jeune fille qui ne veut pas suivre cette éducation ancestrale. Elle passe tout son temps à vagabonder, elle n’écoute pas les conseils de ses parents et ne fait que des mauvaises fréquentations. Là, on lui demande de revenir dans le rang parce qu’on a des valeurs coutumières à respecter. Tu dois respecter tes parents et toute la communauté pour la conservation de nos valeurs traditionnelles», raconte le fils d’Ali Farka à propos de ce titre dans lequel il doit, sans doute, se reconnaître en partie. Quant au titre «Les Racines», il le réconcilie avec la musique songhaï que des critiques qualifient de «desert blues». Un genre atypique rendu célèbre par le regretté Ali Farka Touré. Une légende qui a su brillamment relever le défi de prouver que les racines du blues sont Afrique, notamment sur les berges du Djoliba (fleuve Niger). Et pour ce virage dans sa carrière, Vieux ne pouvait mieux trouver que «World circuit», une maison de production qui a été le tremplin du rayonnement mondial de son défunt et illustre père. Une première ! «C’est compliqué de travailler avec Nick Gold parce que ce n’est pas n’importe qui : c’est un père pour moi», confesse Vieux. Et d’ajouter, «il a voulu attendre que je fasse d’autres projets avant de collaborer. Pour ce disque, c’est comme si Ali était avec moi, donc c’était une très grosse pression pour moi de travailler avec lui. Nick est très exigeant… Le jour où j’ai enfin soufflé, c’est quand il m’a appelé pour me féliciter pour l’album. C’était comme si Ali Farka venait me dire : mon fils, tu as bien travaillé» ! Un soulagement d’autant plus que, reconnaît le jeune artiste, «quand tu viens d’un monde musical de rock et de pédales… et, soudain, revenir à la tradition, à ce monde de savoir, ce n’est pas facile, surtout quand tu sais que Nick Gold est le producteur. C’était vraiment marcher dans les pas de mon père, sans aucun artifice». Le guitariste virtuose suit également les traces de son père en collaborant sur cet album avec des stars comme Amadou Bagayoko (Gabou Ni Tie) et Madou Sidiki Diabaté (Les Racines). QUETE D’UNE SONORITE ATYPIQUE – Absent des bacs depuis 2017 (l’album Samba), Vieux Farka Touré, a profité du coup d’arrêt imposé par la pandémie du Coronavirus pour faire le point de sa carrière et penser à l’avenir. «J’avais envie de faire un album plus traditionnel depuis très, très longtemps. C’est important pour moi et pour le peuple malien de rester connecté à nos racines et à notre histoire», reconnaît-il. «C’est toute une réflexion qui me travaille depuis très
Le théâtre pour enseigner la citoyenneté dans la Commune de Massigui
Par Youssouf DOUMBIA Bamako, 16 sept (AMAP) Le théâtre de sensibilisation ou théâtre utile a de beaux jours devant lui, surtout dans un pays frappé par une crise multidimensionnelle comme le Mali. Deux pièces de théâtre pour sensibiliser la jeunesse et les populations à la citoyenneté de dix villages de la Commune rurale de Massigui, dans la Région de Dioïla, pas loin de Bamako, la capitale malienne. Voilà la dédicace du comédien Seydou Doumbia. «Jeunesse et cohésion sociale» et «San bèna k’a ko to ngomi yé» ou « Après la pluie, c’est la rosée» des œuvres écrites et mises en scène par un duo bien connu dans le théâtre malien, Aguibou Dembélé et Issa Coulibaly. La pièce «Jeunesse et cohésion sociale» est jouée par onze personnages. Ce sont deux groupes de jeunes issues de mouvements politiques différents, les jeunes du même bord que les autorités communales convient à une réunion avec le camp adverse, initiée par le secrétaire général de la jeunesse communale, pour parler de travaux d’utilité publique qui rentrent dans le cadre de la citoyenneté. Au départ, il y avait la réticence du camp adverse qui pensait que toute personne qui ne milite pas dans le même parti que les autorités ne doit pas contribuer au développement communautaire. Par finir, l’entente revient au sein de la jeunesse, pour le bonheur de la commune. Quant à la deuxième pièce, elle regroupe six personnages et parle d’une incompréhension entre la jeunesse et les personnes âgées aux commandes des affaires communales. Les jeunes pensent que les ainés ne veulent pas aller à la retraite pour céder la place. Chaque partie a des arguments à avancer mais. à travers une initiative prise par les jeunes pour le développement communautaire, les ainés finissent par faire confiance aux jeunes pour préparer la relève. C’est à travers une tournée populaire très suivie que les 17 jeunes, de la Commune qui venaient d’être initiés à l’art dramatique par Seydou Doumbia, lui-même, ont, non seulement, égayé les populations mais, également les ont sensibilisées sur les enjeux de la citoyenneté. Une tournée qui a eu lieu du 13 au 30 août dernier. En effet, dans le cadre du projet de sensibilisation avec pour thème : « Jeunesse et participation citoyenne au développement communautaire de Massigui », financé par l’ambassade royale du Danemark à travers le Famoc, la troupe a eu des représentations dans dix localités : Massigui, Ndjissembougou, Sérimanbougou, Falla Massara, Toukoro, Sanankoro, Séribala, Togo et Baba. La troupe Sigida est composée de Oumar Thiero dans le rôle de Barou, Monzon Dembélé dit Jean, Nah Doumbia, Djénébou Coulibaly, Nana Konaté, Boubacar Diossé Doumbia, Maimouna Thiero, Karia Koné, Bintou Sangaré, Mahawa Coulibaly, Drissa Dramé, Konimba Coulibaly, Bakary Coulibaly, Moustapha Doumbia et Drissa Coulibaly. Malgré la saison des pluies qui bat son plein, les populations ont tenu à montrer leur enthousiasme par rapport à un tel évènement. L’initiateur, originaire de Massigui, en était le premier surpris. « A chaque étape, le public est sorti massivement pour envahir les différentes places publiques qui recevaient les représentations. Les enfants, les femmes, les adultes, malgré la fatigue des travaux champêtres de la journée tenaient à venir se faire plaisir à travers les deux pièces de théâtre que nous leur avons proposées, témoigne notre interlocuteur. Le spectacle a eu un tel succès que les 43 autres localités de la Commune de Massigui nous ont sollicité. Malheureusement, le projet ne permettait pas de couvrir ces derniers. » Le projet a pour but de renforcer le degré d’implication et de participation des jeunes à leur propre développement au niveau local. Il consiste à amener la jeunesse à devenir les vrais acteurs du développement de la commune de Massigui. Il doit permettre de renforcer l’engagement de la jeunesse dans l’exercice du leadership et de la citoyenneté. Au cours de la formation, qui a regroupé 90 jeunes, l’accent a été mis sur le leadership des jeunes. Ils doivent être les acteurs du développement local et du bien-être social. Vingt jeunes dont dix filles, y compris les personnes marginalisées, ont suvi la formation dramatique. YD/MD (AMAP)
Amadou Sanogo : Le peintre qui fait voyager le Mali
Par Youssouf DOUMBIA Bamako, 16 sept (AMAP) Le week-end dernier, du 9 au 12 septembre, la célèbre Foire internationale d’art de New York dénommée «Armory Show» a donné l’occasion au Malien Amadou Sanogo de présenter six de ses récentes œuvres au monde entier : Le voyage, Le boubou, Les charmeurs, Le flou, Le maître et Récoltes sombres. Toutes issues de la collection Courtesy Galerie Magnin-A de Paris. « Malgré les rumeurs d’une récession imminente et l’anniversaire du 11 septembre 2001, un grand nombre d’exposants de cette foire ont affiché des résultats spectaculaires », indique Le Quotidien de l’art. Organisé dans le Javit Center, l’Armory Show, qui couvre un espace de 23 mille kilomètres carrés, a reçut 90 exposants de plus que l’an dernier. C’est l’une des plus grandes foires au monde avec plus de 250 mille visiteurs par jour. Notre compatriote, le peintre Amadou Sanogo, dont les œuvres parcourent le monde et font connaître le Mali aux quatre coins de la planète, doit sa présence à cette foire importante à l’originalité de ses créations, à sa célébrité et, en partie à la Galerie Magnin-A de Paris. Une structure reconnue au niveau international. Cette forme de reconnaissance s’explique en partie, d’après l’artiste lui-même, par le fait que nombreuses de ses œuvres sont dans des collections américaines comme The West Collection de Pennsylvania et The Pizzuti Collection de l’Ohio. Et, de plus en plus de professionnels américains de l’art s’intéressent, depuis quelques temps, à son travail. Amadou Sanogo est né au Mali, à Ségou (Centre) en 1977 et vit à Bamako. Il est diplômé de l’Institut national des arts (INA) à Bamako, une école des Beaux-Arts réputée en Afrique de l’Ouest. Dans ses œuvres, Amadou Sanogo raconte l’histoire du Mali, tout autant que des évènements plus récents ou ses expériences de vie. C’est un artiste qui s’exprime avec des symboles d’apparence simples mais qui évoquent des thèmes d’une grande profondeur comme les identités au sein de nos sociétés. SINGULARITÉ – Amadou Sanogo a exposé dans diverses biennales dont Dak’art ainsi que dans de nombreuses foires dont 1.54, Foire d’art contemporain à Londres et à New York ou encore AKAA Foire d’art contemporain à Paris. Ses travaux ont voyagé à travers le monde (Portugal, Sénégal, Belgique, Côte d’Ivoire, France, Maroc, Burkina Faso, Grande-Bretagne). «Je me pose beaucoup de questions sur les paroles bambara, le système de fermeture social malien et même international qui sont des handicaps pour notre développement. Je me demande comment faire pour arrêter cette fermeture». Amadou Sanogo évoque volontiers ses origines : « pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient ». Il est l’héritier de cette terre d’histoire, symbole de résistance et dotée d’un riche patrimoine artistique. Obstiné, Amadou Sanogo a trouvé sa voie en dehors de celles qu’on lui avait tracées. On le voulait ingénieur, il a préféré l’INA. Alors « qu’un noble ne doit pas se permettre des activités de griots », il se forme à la technique du Bogolan, tissu emblématique de la culture malienne, avant de se tourner vers la peinture. Contrarié par l’enseignement académique, Amadou Sanogo décide de poursuivre ses recherches plastiques et développer son propre langage. Sa singularité l’amène à collaborer en 2006 avec Simon Njami et Pascale Marthine Tayou. L’artiste, Abdoulaye Konaté, ancien directeur du Conservatoire des arts et métiers, multimédia Balla Fassé Kouyaté (CAMM-BFK) lui apporte son soutien. Humaniste et libre-penseur, il se nourrit également de la tradition qu’il utilise comme source de connaissances, de sagesse et d’inspiration. Il s’intéresse aux proverbes bambara qu’il considère comme essentiels à la compréhension de la culture malienne dans toute sa diversité. Dès son plus jeune âge, il est respecté par tout son entourage pour sa capacité d’écoute et son objectivité. Engagé et fédérateur, il crée en 2014 l’Atelier Badialan où il accueille des jeunes artistes. Pour la première fois à Bamako, sans chercher d’aide, des artistes financent leur propre atelier, vivent et travaillent ensemble, créent dans l’émulation, en toute liberté et mettent leurs connaissances au service du public. YD/MD (AMAP)
Culture : La chanteuse Nabintou Diakité est décédée dimanche à Fana à l’âge de 44 ans
Bamako, 5 septembre (AMAP) L’artiste chanteuse Nabintou Diakité est décédée ce dimanche 04 septembre 2022 à Fana, 120 km de Bamako sur l’axe de Ségou, dès suite d’une longue maladie à l’âge de 44 ans, a appris l’AMAP de plusieurs sources proches de sa famille. Nabintou Diakité, découverte par le grand public aux côtés de la Diva du Wassoulou Oumou Sangaré, a été l’une des voix marquantes de la scène musicale nationale des années 2000. Elle est auteure de trois albums dont le dernier intitulé «Dunia » est sorti en décembre 2021. Elle a débuté plus tard son aventure professionnelle à proprement dite, avec le lancement de l’Album « Na Diara Minyé », sorti en 1999 sous la houlette du maestro Massambou Wélé Diallo. Cinq ans après le succès remarquable de ce coup d’essai, elle concoctera son 2è album signé « Ma Ouléni», en 2004 cette fois-ci sous le label MBD Production, du réalisateur malien M’Baye Boubacar Diarra. Nabintou Diakité vient de lancer « Dunia », son 3è album, produit par Bertin Coulibaly. Ce troisième album comprend 10 chansons dont Denko, Nani Nani, Diarabi… Les obsèques de l’artiste chanteuse Nabintou Diakité ont eu lieu dimanche au domicile de son époux à Fana. AT/KM (AMAP)
Mali : Exposition de plus de 200 objets culturels issus de fouilles, pillages et de trafic illicite
Bamako, 24 août (AMAP) Une exposition de biens culturels, issus de fouilles, de l’inventaire, du pillage et du trafic illicite, intitulée «Protégeons nos bien culturels pour les générations futures» se tient au Musée national depuis lundi jusqu’au 30 septembre prochain. Cette exposition de plus de 200 objets est aussi virtuelle et offre l’opportunité à d’autres continents de découvrir les merveilles de la civilisation malienne. Elle est organisée par le département en charge de la Culture dans le cadre de la mise en oeuvre du projet : «Sensibilisation, éducation à la lutte contre le trafic illicite et exposition des biens culturels». L’exposition est financée par l’ambassade américaine dans le cadre d’un accord, signé le 19 septembre 1993 entre les gouvernements des Etats-Unis et du Mali. Cet accord est relatif à l’imposition de restrictions à l’importation de certaines catégories de biens archéologiques et ethnologiques, en provenance du Mali et a été renouvelé, lundi, pour la 7è fois. La signature de ce document a été l’un des temps forts de la cérémonie. Les objets exposés sont constitués de canaris, terres cuites, masques, bracelets et autres objets d’une valeur inestimable. L’exposition met en exergue ces objets archéologiques saisis par la douane américaine et retournés au Mali dans le cadre de l’Accord bilatéral. Elle se compose d’artéfacts issus de fouilles scientifiques et du pillage des sites archéologiques et ambitionne de contraster les résultats et de montrer que seules les fouilles réalisées dans un contexte scientifique, permettant d’apporter des informations complémentaires à la connaissance de notre histoire. Le vernissage a été présidé par le ministre de l’Artisanat, de la Culture de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo, en présence de l’ambassadeur des États-Unis au Mali, Dennis B. Hankins, et du chef du Bureau de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Edmond Mukala. Le ministre Guindo a rappelé la réception de 900 objets restitués au Mali, le 7 décembre 2021, sous la présidence du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga. Selon Andogoly Guindo, le pillage inconsidéré des sites archéologiques prend l’allure d’une véritable catastrophe pour nos compatriotes, légitimement soucieux de connaître les traces laissées par leurs ancêtres, depuis des millénaires. PILLAGE – Face au danger que représente le pillage, le Mali a entrepris une politique de protection de son patrimoine archéologique, en adoptant des textes législatifs et règlementaires, en ratifiant des conventions internationales et en concluant des accords. C’est dans cette optique, que le Mali et les Etats-Unis ont signé un accord le 19 septembre 1993 relatif à l’imposition de restrictions à l’importation de certaines catégories de biens archéologiques et ethnologiques en provenance de notre pays. À en croire le ministre Guindo, l’exposition en cours est un bel exemple de mise en œuvre de cet accord. Elle permettra à de nombreux Maliens d’être informés sur « leur héritage, de percevoir sa richesse, de renforcer sa protection et de prendre conscience des effets négatifs du pillage et du trafic illicite des biens culturels ». Enfin, il a invité la société civile à œuvrer pour la préservation et la promotion du patrimoine culturel et à se réapproprier les biens culturels issus du pillage et du trafic illicite. Le diplomate américain a exprimé l’engagement des Etats-Unis à œuvrer pour la protection et la sauvegarde du patrimoine culturel. Il a souligné l’excellence des relations entre Washington et Bamako, avant de rappeler la crise de 2012 qui a entrainé une insécurité résiduelle. Le phénomène du trafic illicite des biens culturels, bien qu’ancien, a pris, au cours des cinq dernières années, une dimension toute particulière dans les pays du Sahel. Et Dennis B Hankins de signaler qu’une étude effectuée dans les années 1990 indique que 80 à 90% des sites du Delta intérieur du Niger furent touchés par le pillage. Certains d’entre eux furent totalement détruits donc définitivement perdus pour la recherche. «L’assistance culturelle du gouvernement des États-Unis au Mali est conçue pour promouvoir l’héritage culturel du Mali», a conclu le diplomate américain. AS/MD (AMAP)

