Journées d’hommage à Souleymane Cissé à Bamako les 13 et 14 juin 2025

Bamako, 03 juin (AMAP) La Fédération nationale du cinéma et de l’audiovisuel du Mali (FENACAM), en collaboration avec la famille Cissé, et sous le patronage du président de la Transition et du ministre en charge de la Culture, organise les premières Journées d’hommage à Souleymane Cissé les 13 et 14 juin 2025 à Bamako, a appris, mardi, l’AMAP de source officielle. « Ces journées célèbrent la mémoire du cinéaste malien, décédé le 19 février 2025, et son œuvre majeure (Baara, Finyè, Yeelen, Waati), qui a marqué le cinéma africain par son engagement et son universalité », indique un communiqué parvenu à l’AMAP. Au programme : des projections de films, exposition de photographies et trophées, conférences-débats, dont une sur la contribution de M. Cissé au cinéma malien et africain, ainsi qu’un grand débat télévisé sur Office de radiodiffusion et télévision (ORTM) 1. Une projection en plein air aura lieu à Bozola, quartier natal de l’artiste. Ces activités visent à « honorer la mémoire, l’œuvre et l’engagement de Souleymane Cissé, pionnier du cinéma africain engagé, et inspirer les générations futures à poursuivre son combat artistique et culturel », ajoute le communiqué. Il s’agit, précisément de valoriser l’héritage cinématographique à travers projections, conférences et témoignages ; créer un cadre de réflexion sur l’avenir du cinéma malien et africain ; encourager les jeunes talents à s’inspirer de son engagement pour un cinéma libre ; promouvoir le dialogue interculturel à travers son œuvre. « Nous sommes fiers de cette initiative de la FENACAM et de la famille de Souleymane, qui vise à reconnaître l’important travail qu’il a réalisé pour le Mali et pour l’Afrique », a indiqué Mamou Daffé, ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme. Le ministre estime que ces Journées d’hommage épousent parfaitement l’esprit de l’Année de la culture décrétée par le Président de la Transition le Général d’Armée Assimi Goïta. OS/MD (AMAP)

Sikasso : Le festival international triangle du balafon prévu les 9, 10 et 11 octobre 2025(Ministère chargé de de la Culture)

Sikasso, 03 juin (AMAP) Une délégation du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, a annoncé la tenue de la 9ème édition du Festival international triangle du balafon à Sikasso, les 9, 10 et 11 octobre prochains, dates provisoires. En séjour, la semaine dernière, dans la Cité verte du Kénédougou, la délégation, composée du directeur national de l’action culturelle, Alamouta Danioko et du Conseiller technique du ministre de la culture, Abdoulaye Diombana, a également expliqué les enjeux et les attentes par rapport à cette grande compétition de balafongistes du Mali, Burkina Faso, de la Côte d’ivoire et d’ailleurs. « Notre motivation, c’est l’année de la Culture. C’est donc la vision du président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta », a affirmé le conseiller technique Abdoulaye Diombana. Les autorités, selon lui, ont décidé de faire revivre le Festival triangle balafon dans la Région de Sikasso. Il a invité la population de Sikasso « au bon accueil et à tout faire pour que ce festival soit une réussite. » Pour sa part, le directeur national de l’action culturelle, Alamouta Danioko a précisé que Sikasso est considéré comme « la capitale du balafon. » Le balafon, à ses dires, reste l’identité de la région. A cet effet, il a rappelé la construction du monument du balafon sur la route de Bobo-Dioulasso (Burkina Faso) dans la ville de Sikasso. Toute chose qui fait de la région, la capitale du balafon. Selon lui, Sikasso est sous les projecteurs depuis l’annonce du festival. Faisant le point des préparatifs de l’évènement, Alamouta Danioko a dit que les termes de références ont été élaborés. Ils sont à pied d’œuvre pour bien mener le reste des préparatifs. De son côté, le président du Conseil régional de Sikasso, Yaya Bamba,a indiqué que la population avait la nostalgie du Festival international triangle du Balafon dont la dernière célébration date de 2017. « C’est un honneur pour la Région de reprendre le festival. On fera de notre mieux pour que l’évènement soit à la hauteur des souhaits », a confié M. Bamba. Et d’inviter toute la population ainsi que tous les balafonistes à s’impliquer davantage pour la réussite de la fête. « Nous préparons cet évènement avec beaucoup de patriotisme et de fierté. Sikasso est déjà dans les activités de l’année de la Culture. Le Testival international triangle du balafon ne viendra que renforcer cela », a souligné le directeur de cabinet du gouverneur, Bernard Coulibaly. A l’issue des échanges, les préoccupations des participants ont porté sur les critères de sélection des pays participants, la construction du balafon, le dispositif sécuritaire etc. La réunion de la délégation avec les acteurs culturels a été présidée par le directeur de cabinet du gouverneur, Bernard Coulibaly. Ont pris part à la rencontre le président du Conseil régional, Yaya Bamba, le représentant du maire de la Commune urbaine de Sikasso, Oumar Goïta et des forces vives de Sikasso. MFD/MD (AMAP)      

Maliwood : Une ambition nationale pour relancer le cinéma malien

Bamako, 02 juin (AMAP) L’ancien ministre malien de la Culture et cinéaste, Cheick Oumar Sissoko, a émis lundi, le vœu que des productions maliennes soient vues sur les écrans maliens, lors de la Journée de réflexion sur le document-cadre du programme Maliwood, au Centre international de conférences de Bamako, a constaté l’AMAP. « Dans cette perspective, il devient impératif de proposer d’autres contenus sur nos écrans, en rupture avec les images venues d’ailleurs, porteuses de valeurs incompatibles avec nos repères culturels », a précisé l’auteur de « Guimba ».Cette réunion avait pour objectif d’examiner les moyens de création d’un Maliwood, afin de structurer une véritable industrie cinématographique nationale. Le chef du cabinet  du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Nohan Sow, a  indiqué que cette initiative est issue des Assises nationales de l’Artisanat et de la Culture. En effet, pour M. Sow, il s’agit « de mettre en place un cinéma malien à l’image de Hollywood et d’autres pays, afin de créer une véritable chaîne de valeur autour du cinéma et de l’audiovisuel. » Par ailleurs, l’ouverture de cet atelier permettra d’examiner les voies et moyens à mobiliser pour y parvenir. Pour sa part, Cheick Oumar Sissoko, a souligné que cette rencontre constitue une opportunité pour les cinéastes « de réfléchir sur leur présent et leur devenir. » « Ainsi, il sera possible d’évaluer ce qu’il adviendra des programmes qui seront élaborés et soumis au ministre », a-t-il ajouté « Cette initiative est d’autant plus salutaire que, selon le cinéaste, les Maliens le savent, nous sommes actuellement dans le creux de la vague. » « Autrefois premier, le cinéma malien traverse aujourd’hui une crise profonde, se retrouvant dans le peloton de queue », a-t-il regretté. L’actuel ministre en charge de l’Artisanat, Mamou Daffé, ambitionne la création d’un Maliwood, un projet qui sera discuté lors de cette journée. Si de grandes perspectives existent, force est de constater que l’État reste encore en deçà du soutien attendu. « À titre d’exemple, une subvention de 6 milliards de Fcfa promise depuis 2016 n’a toujours pas été concrétisée, alors que d’autres pays, en soutenant activement leur cinéma, parviennent à se faire connaître à travers leur art » a-t-il conclu. Selon la secrétaire générale de la Fédération nationale du cinéma et de l’audiovisuel du Mali, Salimata Tapily, l’année 2025 a été décrétée Année de la Culture par le président de la Transition, Assimi Goïta. Ainsi, cette décision, à la fois historique et symbolique, inscrit la Culture au rang de priorité nationale. Elle a rappelé que « la Culture ne constitue pas un simple ornement de l’identité malienne, mais représente le socle même de la souveraineté. Par conséquent, il s’agit d’une invitation à se recentrer sur l’essentiel : être un peuple de mémoire, de création et de transmission. » Le chef du cabinet du ministère chargé de l’Artisanat, Nohan Sow, qui a présidé la séance avait à ses côtés, l’ancien ministre de la Culture, Cheick Oumar Sissoko et la secrétaire générale de la Fédération nationale du cinéma et de l’audiovisuel du Mali, Salimata Tapily. AC/MD (AMAP)

Mali : Les interdits dans la société pour l’équilibre et la cohésion sociale

Par Siné S. TRAORE                                                                     Au Mali, les interdits sociaux sont omniprésents dans toutes les ethnies et sous toutes les facettes de la vie traditionnelle. Mais, à l’ère de la modernité sans frein, ces interdits revêtent-ils encore une valeur sacrée aux yeux de la jeune génération ? Bamako, 02 juin (AMAP) Une mère déconseille à son fils de se marier avec une jeune fille. Le garçon transgresse l’interdit. Quinze ans de mariage, le couple n’a toujours pas d’enfant. La société a vite fait de mettre cela sur le compte des conséquences de l’interdit qui a été franchi ! Dans une discussion sur le sujet, un grand-frère sociologue a fait noter que depuis des siècles, au Mali, les communautés, les rites et la culture vivent au rythme d’un certain nombre d’interdits sociaux codifiés par la tradition. Ces interdits, qui régulent, pour ainsi dire, le fonctionnement même de la communauté, sont si ancrés dans les croyances et les comportements, qu’ils sont considérés comme un héritage de valeurs sacrées léguées par les aïeux. De Kayes  (Ouest) à Kidal (Nord), dans les vestibules des villages du Mandé ou sous les tentes accueillantes des Arabes de Tombouctou, il y a une réalité qui frappe tout visiteur, un tant soit peu observateur. Cette réalité, héritée des us et coutumes transmis de génération en génération : les interdits sociaux rythment la vie des populations. Etablis par les ancêtres, afin d’atteindre l’équilibre et la cohésion sociale, ces règles non écrites sont comme une boussole de la personnalité de l’Homme malien dans ses rapports avec ses prochains, avec la nature. Parmi ces interdits, on peut citer : « le fait de parler la bouche pleine » ; « fixer un aîné dans les yeux lorsque vous lui parlez » ; « trainer dans la rue au crépuscule »; « enjamber son époux » ; « balayer la nuit », « répondre étant dans les toilettes » etc. En passant la société malienne à la loupe, l’on se rend compte que, s’il y a quelques interdits qui semblent communs à presque toutes les cultures, la plupart du temps, chaque aire culturelle a ses interdits spécifiques. Ainsi, selon que l’on soit chez les Dogon, les Minianka, les Bwa ou les Soninké etc. ; ce qui relève de l’ordre de l’interdit absolu aux yeux d’une ethnie, peut être appréhendé comme une pratique tolérée aux yeux d’une autre. D’ailleurs, il est fréquent de voir que des interdits sont liés à une famille, à un clan, à une tribu, à un village ou une ville. FAIS-ÇI, FAIS-ÇA, FAIS SEULEMENT – Selon le Pr Mohamed Tounkara, qui enseigne la psychologie à l’École normale supérieure (ENSup), les interdits sont là comme des signaux d’alerte pour empêcher quiconque d’outrepasser ses droits et de tomber dans une forme de chaos comportemental. Il cite, par exemple, « la consommation d’œufs de poule par les enfants », « le coït entre un homme et une femme dans la brousse, en milieu Bwa », « le bain corporel au crépuscule pour une femme enceinte », ou encore « la consommation de la viande de rat par une femme en état de grossesse ». Le spécialiste affirme que les interdits jouent carrément un rôle de garde-fous destinés à préserver les valeurs morales de la société. « Un des avantages des interdits est de protéger la société et ses acquis mais, aussi, d’assurer un certain équilibre ou cohésion sociale, ainsi que le respect des normes et des valeurs », fait-il remarquer. Poussant plus loin dans ses explications, le Pr Tounkara analyse certains interdits comme de simples astuces dont le but est d’empêcher certains abus et non comme des émanations liées au sacré. Il revient, à ce propos, sur l’interdiction faite aux enfants de s’approprier des œufs. « Faire croire aux enfants qu’ils ne doivent pas consommer les œufs de poule n’a d’autre signification que de permettre aux poules d’élever leurs poussins. Les anciens ont ainsi imaginé cette menace pour freiner la voracité des enfants et laisser le temps aux poules d’éclore leurs œufs », explique-t-il. Mais, posons-nous une question ! Qu’advient-il si un interdit est allégrement violé par un membre de la société ? Le Pr Tounkara souligne que des sanctions sont souvent prises. Par exemple, cite-t-il, « pour le cas du coït entre un homme et une femme dans la brousse, en milieu Bwa ; les présumés fautifs sont punis publiquement, le jour de foire du village. » Et Tounkara d’ajouter : « Ils, les fautifs, peuvent aussi être contraints d’amener un bouc ou une chèvre que les sacrificateurs égorgeront pour en extraire la graisse. Cette graisse sera fondue sur du feu puis le liquide graisseux brûlant sera déversé sur les parties intimes des deux coupables. » « Cette pratique punitive, nous dit Tounkara, permettra de soulager les « dieux » de la brousse ou de la nature, car ceux-ci auront été offensés et la nature également souillée. » « Sans cela, précise le Pr Tounkara, les Bwa prédisent que l’hivernage risque de se passer sous de mauvais augure et ne sera pas très pluvieux ». UNE CONSTRUCTION HUMAINE – Cependant, peut-on situer avec exactitude l’origine des innombrables interdits qui ponctuent la vie sociale malienne ? Pour le Dr Fodé Moussa Sidibé, enseignant-chercheur et traditionnaliste, les interdits naissent, en réalité, à partir de l’observation des habitudes sociales. Dans leur démarche d’observateurs mais, aussi, de gardiens de la cohésion sociale, les ancêtres ont alors pris l’habitude de frapper d’interdiction toute attitude qu’ils jugeaient dangereuse pour l’harmonie du vivre-ensemble. « Tous les interdits ont été institués selon l’expérience de vie de la communauté. Leur but ? Maintenir le vivre-ensemble et tisser des liens entre les uns et les autres », révèle Dr Fodé Moussa Sidibé. Selon lui, en principe, tous les interdits ont des conséquences directes ou indirectes, qu’on n’y croit ou pas, selon la tradition. « Parce que dans plusieurs cas, quand on dit que telle chose est interdite, les gens posent la question. « Mais pourquoi c’est interdit ? » Souvent, on ne répond pas parce que ce sont des lois non écrites de la société auxquelles on doit se plier, si nous voulons être un élément central de la société », explicite-t-il. « Les interdits, souligne, le traditionnaliste Sidibé, ont ceci de positif qu’ils servent, très souvent, aussi, à préserver

Mali : Une Nuit de l’intégration africaine en apothéose de la Semaine nationale  

Bamako, 01 juin (AMAP) La Semaine nationale de l’intégration africaine (SNIA), qui a commencé le 25 mai, sous le thème « Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine, grâce aux réparations », a été clôturée, samedi 31 mai, par une soirée culturelle africaine ou « Nuit de l’intégration africaine », à l’esplanade du Centre international de conférences de Bamako (CICB), a constaté l’AMAP. L’Afrique était représentée dans sa diversité culturelle, à travers des stands et des mets, notamment des communautés de la Cote d’Ivoire, du Bénin, du Sénégal, du Burkina Faso, de la République de Guinée, du Niger, de la Zambie, du Maroc, de la Mauritanie. « Chaque 25 mai, nous nous souvenons du rêve de nos pères fondateurs de l’Indépendance de l’Afrique, réunis en 1963 à Addis- Abeba, pour créer l’Organisation de l’unité africaine (OUA), devenu Union africaine (UA), en juillet 2000, à Durban, en Afrique du Sud », a rappelé la doyenne des ambassadeurs africains au Mali, Kalzeubé Néldikingar Madjimta, de la République du Tchad. « Ce rêve, a-t-elle dit, toujours vivant et d’actualité est celui d’un continent uni, souverain, prospère et en paix, tourné vers le progrès et ancré dans les valeurs de solidarité, de dignité et de justice ». La diplomate tchadienne a souligné que le thème résonne et nous interpelle. « Il fait écho à des siècles de souffrances, de discrimination, de spoliation et d’injustice infligées aux peuples africains et à leurs descendants », a, aussi, expliqué l’ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire du Tchad au Mali. « Ce thème n’est pas une revendication tournée vers le passé, mais un appel à la reconnaissance, à la mémoire, à la vérité et à la justice », a signalé Kalzeubé Néldikingar Madjimta. « Il s’agit de réparer les séquelles d’un système colonial qui a profondément marqué nos sociétés et qui, malheureusement, continue sous d’autres formes, à freiner notre épanouissement collectif », a-t-elle regretté. Le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’intégration africaine, Mossa Ag Attaher, a adressé ses remerciements à tous les partenaires qui se sont mobilisés pour la réussite des différentes activités de la SNIA. Il s’agit du Groupe des ambassadeurs africains au Mali, la Fédération des communautés africaines, l’Organisation panafricaine des femmes, la Jeunesse de l’Union africaine « pour leur précieuse contribution à l’organisation de la soirée et des différentes activités de la semaine. » « Votre implication illustre la vitalité de notre coopération et notre engagement partagé pour faire avancer le projet d’une Afrique intégrée et solidaire », a-t-il dit Le défilé des communautés des pays africains au Mali a été l’un des temps forts de la soirée. ST/MD (AMAP)    

Bamako : « Maa, i tè sabali ! », un spectacle engagé pour la planète au Complexe Blonba

Bamako, 31 mai (AMAP) La compagnie Naama a présenté, vendredi soir, au Complexe Blonba, à Bamako, le spectacle Maa, i tè sabali ! (« Humain, il faut avoir de la mesure ! »), une performance théâtrale et chorégraphique portée par une trentaine d’artistes, interpellant l’humanité sur sa responsabilité face à la nature et à la paix. Dirigée par Alioune Ifra Ndiaye, cette œuvre mêle masques géants, marionnettes et musique contemporaine. « J’ai voulu une pièce qui parle à la jeunesse urbaine, avec le numérique et la musique, tout en réfléchissant à la préservation de la planète », a déclaré Alioune Ifra Ndiaye, directeur artistique de la compagnie Naama. Inspiré du sogobo, théâtre ancestral des Bozo, Bamana et Malinké inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO, ce conte moderne met en scène un tribunal symbolique où le lion et l’hyène jugent l’humain pour ses excès. Sur scène, 21 danseurs, des masques dogon conçus par Yacouba Magassouba et des marionnettes manipulées avec expertise captivent le public. La musique électronique de Zack Prod et les chants de Diamy Sacko, soutenus par la mise en scène de Salif Berthé et la chorégraphie de Bazoumana Kouyaté TOM, créent une fresque visuelle et sonore. Le body painting, dirigé par Bintou Alexandra Diarrah dans un style novateur appelé monopainting, fusionne tradition et modernité. « Les danseurs ont été maquillés pour incarner cette rencontre entre passé et présent », a précisé Ndiaye. Le spectacle dure 1h05 et délivre un message universel. « C’est une invitation à la prise de conscience face aux défis mondiaux, notamment la relation entre l’humain et la nature », a dit Moctar Ouane, ancien Premier ministre, présent dans la salle. La spectatrice Loubna Benhayoune a ajouté : « C’est magnifique, avec des marionnettes extraordinaires et un message fort sur notre responsabilité de destructeurs de la nature. » Pour Fanta Niamakolo Dembélé, danseuse, l’expérience est unique : « Cette pièce parle des changements climatiques. C’est un message que nous transmettons en tant qu’humains. » Fruit d’un an de travail et d’une équipe de près de cent personnes, « Maa, i tè sabali ! » a été créé au Festival des masques et marionnettes de Markala, puis présenté à Ségou  (Centre)et au Centre international de conférence de Bamako (CICB). « Entre l’écriture, les répétitions et la fabrication des masques, c’est un travail titanesque », a souligné Ndiaye. Ce spectacle incarne une vision dynamique de la culture. « La culture, ce n’est pas regarder en arrière, mais créer pour répondre aux enjeux d’aujourd’hui », a insisté M. Ndiaye. Il a, toutefois, alerté sur les défis du secteur : « L’équipe technique de Blonba est au chômage depuis plus de deux ans. Nous luttons pour rouvrir ce lieu et programmer régulièrement. » Moctar Ouane a conclu en appelant à un soutien institutionnel : « Il faut encourager et valoriser de telles initiatives pour renforcer la culture malienne. » OS/MD (AMAP)  

Projet culturel Mali Kó : Faire célébrer l’héritage par la jeunesse malienne en 2025

Bamako, 31 mai (AMAP) Africa scène et le Complexe culturel BlonBa, dans le cadre de l’année de la Culture décrétée pour 2025 par le président Assimi Goïta, lancent Mali Kó (Le Mali dit), un projet ambitieux de 150 millions de Fcfa visant à revisiter 19 chansons emblématiques du Mali de 1960 à 2000 dans 11 régions. « Mali Kó est une célébration de notre histoire musicale et un moyen de transmettre des valeurs de paix et de cohésion à travers la nouvelle génération », a déclaré Abou Guitteye, directeur d’Africa Scène. « Ces chansons intemporelles, réinterprétées, vont raviver des moments clés de l’histoire malienne et inspirer les jeunes. » Porté par cinq jeunes artistes maliens, ce projet comprend un album, un spectacle de 2h30 et une tournée dans 11 villes, avec pour objectif de promouvoir l’héritage culturel et la citoyenneté auprès de la jeunesse malienne. Le projet se déploie en trois phases. La première consiste en la production d’un album regroupant 19 chansons classiques, comme Mali Twist de Boubacar Traoré, Bi furu d’Oumou Sangaré ou Dimanche à Bamako d’Amadou et Mariam, réinterprétées par des artistes prometteurs : Malakey, Young BG, Dr Keb, Black AD, Fama Diabaté et Lah Diabaté. La deuxième phase verra la création d’un spectacle de 2h30, dirigé par un directeur artistique à Lyon, intégrant son, lumière et danse. Enfin, une tournée itinérante présentera ce spectacle dans 11 villes maliennes, de Tombouctou à Bamako, en passant par Sikasso, Kayes et Ségou, visant à toucher 150 000 spectateurs directs. « Ce projet est une passerelle entre notre passé et notre avenir. Nous voulons montrer que le Mali culturel tient toujours et que la jeunesse est capable de produire des œuvres d’exception », ajoute Abou Guitteye. « La mission de Mali Kó, c’est transformer chacune de ces 11 villes en capitale culturelle pendant une semaine, en portant des messages d’éducation civique et de vivre-ensemble », a expliqué Alioune Ifra N’Diaye, directeur du Complexe BlonBa. Une téléréalité accompagnera le projet, avec 40 émissions hebdomadaires de 26 minutes et 10 émissions mensuelles de 90 minutes, diffusées pour atteindre 3 millions de téléspectateurs et 1 million de vues en ligne. Black AD, de son vrai nom Awa Diallo, s’enthousiasme : « Ce projet montre que le Mali possède une valeur culturelle exceptionnelle. Je vais y apporter mon originalité pour faire vibrer le public et montrer que le Mali est fier ! » Mali Kó s’inscrit dans une démarche éducative et citoyenne, répondant aux défis de la jeunesse malienne, comme la consommation de drogue ou l’attrait pour le complotisme. En s’appuyant sur les pratiques culturelles urbaines et numériques des jeunes, le projet vise à renforcer l’identité nationale et à promouvoir une citoyenneté moderne. À travers la musique, il ambitionne de raviver la mémoire collective, valoriser les talents émergents et faire rayonner la culture malienne à l’échelle nationale et internationale. OS/MD (AMAP)

Marraine de mai de l’année de la Culture : Dr Aminata Dramane Traoré parle du Mali de demain

Bamako 31 mai (AMAP) La marraine du mois de mai du projet « Culture Mali 2025 », l’écrivaine Dr Aminata Dramane Traoré, a animé, ce samedi, au centre Amadou Hampaté Bâ, à Missira, une conférence sur le thème « Demain le Mali : culture, éthique, esthétique, paix et réconciliation à l’échelle locale », a constaté l’AMAP. « C’est difficile de parler de cette thématique, sans situer cette dynamique dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel. Il s’agit, pour nous, acteurs culturels et intellectuels, artistes, de contribuer à l’écriture de cette nouvelle page », a déclaré la marraine, qui avait à ses côtés le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, du gouverneur de Bamako, Abdoulaye Coulibaly et le représentant de l’UNESCO au Mali, Ali Mohamed Sinane. Dr Aminata Dramane Traoré, a évoqué, devant l’audience, les valeurs fondamentales de la société malienne et partagé son parcours en tant qu’une défenseure de la culture du Mali. « Ce qui se passe dans le cadre de cette année de la Culture, participe justement des dynamiques qui vont au-delà de nos frontières. Cette initiative de nos autorités doit être soutenue par l’ensemble des citoyens », a-t-elle estime. « Le concept du parrain ou marraine du mois consiste à désigner chaque mois une personnalité du monde de la Culture et des arts du Mali comme parrain(e) des événements, apportant son prestige et son rayonnement pour célébrer l’année de la Culture et renforcer la visibilité et l’attractivité des événements parrainés », a rappelé le ministre Mamoun Daffé. Et d’ajouter : « La marraine d’aujourd’hui a toujours contribué au développement de la culture malienne, donc, elle mérite d’être honorée. » Cette initiative du ministère chargé de l’artisanat, en partenariat avec celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, s’inscrit dans l’année de la Culture décrétée par le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta. MMD/MD (AMAP)

« Faso baro kene » à Sikasso : Echanges pour réveiller la fibre patriotique des citoyens  

Sikasso, 31 mai (AMAP) La 3ème édition du débat citoyen « Faso baro kene » s’est deroulée, jeudi, dernier, dans la salle du Cicaara de Sikasso, apres celles de Koulikoro et Mopti, présidée par la gouverneure, Mme Kanté Marie Claire Dembélé. « Faso Baro Kene, ce n’est pas seulement un cadre de débat, c’est avant tout un creuset d’échanges, de transmission des savoirs et de reconnexion avec nos valeurs fondamentales », a déclaré la gouverneure Mme Kanté Marie Claire Dembélé. Elle a salué l’initiative avant de souligner que « Faso Baro Kene » entend nous replonger dans les profondeurs du Maaya, « cette sagesse millénaire qui structure notre rapport à la communauté et à notre environnement. » Selon elle, à travers ce dialogue intergénérationnel et interculturel, « nous pouvons mieux comprendre notre passé, nous interroger sur notre présent et construire ensemble un avenir commun. » Par ailleurs, elle a ajouté qu’ « à l’heure où nous parlons de refondation, de souveraineté et de reconstruction nationale, il est essentiel que chaque malienne et malien retrouve en lui-même cette fibre patriotique, cette dignité, ce sens du devoir et de la solidarité qui font la grandeur de notre peuple. » Mme Kanté Marie Claire Dembélé a, d’une part, formulé le vœu que « Faso baro kene » devienne un pilier durable de la cohésion sociale dans notre région et dans tout le pays, et d’autre part, encouragé toutes les collectivités, les leaders communautaires, les jeunes et les femmes à s’approprier pleinement cet espace. Quant à Daha Niasse, représentant du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, il a salué la bonne organisation de l’évènement avant de rappeler qu’il s’inscrit dans le cadre de l’année de la Culture (une initiative du président de la Transition). « L’initiative permettra de matérialiser la volonté du Président de la Transition. Quant à l’espace, celui-ci, permettra d’interpeller les jeunes sur la détérioration de nos valeurs et mœurs », a dit le représentant du ministre en charge de l’Artisanat. Il souhaité que a jeunesse s’approprie « nos valeurs ancestrales car c’est eux qui doivent véhiculer la vraie réforme du Mali et prendre la relève. »  « On ne peut pas être souverain dans la culture d’autrui… », a-t-il conclu. La conférence-débat basée sur « maaya et danbé pour une culture du Mali kura » était animée par le spécialiste du N’go, le Dr Mari Keita, le traditionnaliste Bakoroba Diabaté, le Pr Ibrahim N’Diaye. « Faso baro kene », s’emploie à transmettre nos valeurs sociétales, nos savoirs et savoir-faire endogènes à la jeune génération afin de former la colonne vertébrale d’un nouveau type de citoyen malien (maliden kura) pétri de qualités exceptionnelles de bâtisseurs. Il se propose de promouvoir un échange permanent entre les composantes de la société, en vue de valoriser notre culture et nos traditions, de mettre l’Homme au cœur du développement socio-économique et culturel par le biais de l’éducation et de la citoyenneté. Il vise notamment à contribuer à l’éveil de conscience et à l’engagement citoyen, à développer la fibre patriotique chez les jeunes et les adultes, à favoriser la transformation sociale ainsi que le changement de comportement durable à travers la formation du « maliden kura » profondément ancré dans nos traditions et ouvert au monde. Les conférenciers ont apporté des éclaircissements aux différentes préoccupations soulevées par l’assistance. L’hymne national, la prestation des koredugaw et la pièce théâtrale de la troupe yeelen ont marqué l’évènement. L’année 2025 a été décrétée année de la culture par le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta. C’est dans ce cadre que le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme a initié l’espace « faso baro kene » (débat citoyen). L’initiative intervient dans le cadre de la mise en œuvre du projet culture Mali 2025. La rencontre est organisée à la fin de chaque mois avec des thématiques bien choisies. L’espace utilise le cadre d’échanges « maaya ni danbe kene » créé au niveau des gouvernorats dans toutes les régions du Mali par le ministère de l’administration territoriale en collaboration avec ceux de la jeunesse et des sports, de la réconciliation et de la culture. La session de Sikasso a eu lieu en présence du directeur national du tourisme et de l’hôtellerie Mamary Diarra, du préfet du Cercle de Sikasso, Amadou Gassambé ainsi que du 2ème vice-président du Conseil régional, Samba Diallo. Etaient aussi présents, le représentant du maire de la Commune urbaine de Sikasso Adama Ballo et plusieurs invités. MFD/MD (AMAP)  

Journée internationale des musées : Les jeunes s’imprègnent du rôle des musées

Bamako, 29 mai (AMAP) Le Conseil international des musées (ICOM-Mali) a organisé, jeudi, une conférence-débat à la Faculté d’histoire et de géographie sur le thème :  « L’avenir des musées au sein des communautés en constante évolution» et dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des Musées (JIM). L’évènement est organisé par ICOM-Mali, en partenariat avec le ministère de l’Artisanat de la Culture de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, la Faculté d’histoire et de géographie. Elle était animée par Dr Samuel Sidibé, président d’honneur de ICOM-Mali, ancien directeur général du Musée national du Mali et Modibo Bagayoko spécialiste en patrimoine et gestion du Projet de l’UNESCO. Le Conseiller technique au ministère de l’Artisanat de la Culture de l’Industrie hôtelière et du Tourisme Dr Mamadou Cissé, représentant le ministre, qui a présidé la cérémonie officielle, a exprimé sa satisfaction pour le choix de la thématique qui cadre avec la vision du département, en cette Année de la culture, décrétée par le président de la Transition, le général d’armée Assimi  Goïta. « La JIM est une opportunité pour lancer un appel solennel aux institutions culturelles et numériques innovantes ou conduire des campagnes de proximité pour mettre en avant le rôle essentiel des musées dans un monde en pleine mutation », a dit M. Cissé. Il a ajouté que les musées sont des espaces de préservation et de valorisation des biens culturels matériels et immatériels. « Ils (lesmusées) participent activement à la création de communautés durables et inclusives. Le thème de cette année s’aligne sur les trois objectifs de développements durables (ODD) à savoir soutenir les économies locales, en créant des opportunités d’emploi et en proposant des programmes éducatifs qui autonomisent les communautés, encourager la créativité et en adoptant les avancées technologiques, le développement urbain durable en agissant comme des pôles culturels qui favorisent l’inclusion, la résilience et la préservation du patrimoine culturel. Les conférenciers ont tous soutenu le rôle des musées dans le développement de la communauté, leurs impacts dans la cohésion sociale, la lutte contre le chômage des jeunes et son rôle dans la protection de l’environnement. Il s’agissait pour les conférenciers d’attirer l’attention des jeunes sur l’importance des musées dans la promotion socio-économique et culturelle de la communauté. Dans sa communication, Samuel Sidibé a tout d’abord exprimé sa satisfaction de voir en face de lui des jeunes pour échanger sur le rôle des musées ausein de la communauté. Il a souhaité éclairer les jeunes sur le Conseil international des musées et ses attributs dans le développement du patrimoine culturel et les institutions muséologiques. C’est un forum des professionnels qui donnent leur avis sur les grandes préoccupations des musées. Depuis 1997, chaque année, le 18 mai, ICOM célèbre la JIM   Et il urge de sensibiliser le public universitaire sur l’importance des musées en tant qu’espace d’échange culturel, d’enrichissement des cultures et développement de la compréhension mutuelle, de la coopération et de la paix entre les peuples. Il a invité les jeunes à s’investir pour faire des musées une opportunité de s’épanouir et participer à la promotion de son environnement. Pour sa part, M. Bakayoko a mis l’accent sur le rôle des musées dans la formation et l’apprentissage des jeunes. Il a, aussi, parlé de l’importance des musées dans les mutations   technologiques et sociales ainsi que leur contribution dans la cohésion sociale, en qualité de gardien du passé. Etaient présents le vice-doyen de l’Université des sciences sociales et de gestion de Bamako, Dr El hadji Ousmane Boré, Baba Keita de l’UNESCO, spécialiste du patrimoine culturel, Plusieurs enseignants chercheurs et étudiants ainsi quedes professionnels du musée ont assisté à la conférence-débat. AS/MD (AMAP)