Conférence inaugurale de Faso Baro Kènè : Koulikoro a donné le ton
Bamako, 25 mar (AMAP) La conférence inaugurale de l’Espace « Faso Baro Kènè » s’est tenue, ce mardi, dans la salle de conférence du gouvernorat de Koulikoro, sous la présidence du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffe qui avait à ses côtés son collègue de l’Enseignement supérieure et de la Recherche scientifique, le Pr. Bouréma Kansaye, annonce le ministère chargé de la Culture sur sa page Facebook. L’espace « Faso Baro Kènè » s’inscrit dans le cadre du projet Culture Mali 2025 initié suite à la décision du président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, de faire de 2025 l’année de la Culture au Mali, dans une dynamique de revitalisation culturelle des territoires (RCT), à travers l’éducation à la citoyenneté (pour inculquer à la jeunesse une culture du Mali Kura). « Faso Baro Kènè » est un espace mensuel de débat citoyen et d’échanges sur des valeurs fondamentales du Maaya (l’humanisme malien) et du Danbe (la dignité et l’honneur), dont l’un des objectifs « est de favoriser la transformation sociale et le changement de comportement durable à travers la formation d’un nouvel individu (Maliden kura) profondément ancré dans nos traditions et ouvert au monde. » Dans son allocution d’ouverture, le ministre Daffé a expliqué l’objectif de l’espace « Faso Baro Kènè » qui, selon lui, ‘contribuera à la gestion de la diversité culturelle, la compréhension mutuelle, la promotion de la paix et du vivre-ensemble et au réveil patriotique des territoires. » Le Maaya et le Danbé, sur lesquelles se fonde cet espace, sont, selon Mamou Daffé, «des valeurs cardinales dans la société malienne et constituent la boussole qui permet d’orienter, de guider l’individu au sein de la société Placée sous le thème : « Maaya Ni Danbe pour une culture de Malikura », cette conférence inaugurale était animée par le ministre Daffé, M. Bourama Soumano, communicateur traditionnel, griot et historien et les professeurs de N’Ko Mamady Keïta et Bakoroba Diabaté. En présence du gouverneur de la Région et le maire de la Commune urbaine de Koulikoro, dans une salle remplie par les populations locales, notamment des adolescents, des jeunes scolarisés, déscolarisés et non scolarisés, des étudiants, des enseignants, des acteurs socioprofessionnels, des légitimités et communicateurs traditionnels, les panélistes ont revisité l’histoire du Mali mais, aussi, des pratiques ancestrales, fondements des sociétés traditionnelles du Mali. Après Koulikoro, une autre région du pays accueillera le deuxième « Faso Baro Kènè » le mois prochain. OS/MD (AMAP)
Jarre d’eau de la mariée : Des vertus et des préceptes
Par Nahawa SANGARE Bamako, 20 mar (AMAP) Le trousseau de la nouvelle mariée comprend beaucoup d’éléments qui sont aussi importants les uns que les autres dans la consolidation du couple, selon les croyances populaires, la culture et les traditions. Et chaque élément constitutif de ce trousseau a un rôle particulier dans le raffermissement des liens conjugaux. La jarre d’eau généralement fabriquée en terre cuite fait partie de cette panoplie d’éléments de trousseau. Son transport, sa disposition et son entretien sont des détails que nulle femme au foyer ne doit négliger au risque de faire face à des conséquences désastreuses, selon toujours les croyances populaires. « La jarre d’eau doit être le premier élément du trousseau installé dans la véhicule qui conduit la nouvelle mariée et ses bagages chez son mar . Lorsqu’elle arrive à destination, ce récipient de terre cuite n’est pas installée par n’importe qui et n’importe comment », informe la conseillère conjugale Fatoumata Koïta. « La mission est confiée à une épouse modèle qui n’a jamais abandonné son foyer. Elle l’installe à droite dans la maison sur une tasse remplie de sable qui a été offerte par la grand-mère de la mariée. Cet acte protège et consolide le foyer de la nouvelle mariée», aoute Fatoumata Koïta. Elle explique que si l’action est exécutée par une épouse qui a l’habitude d’abandonner son foyer, la stabilité du nouveau couple en souffrira. Cette affirmation montre l’importance de ce récipient dans les ménages. « Il apporte, selon notre interlocutrice, la stabilité dans le foyer de la nouvelle mariée, car tous les membres de la famille boivent l’eau de la jarre, tout comme ils partagent le même bol de nourriture. Fatoumata Koïta ajoute que la jarre apporte beaucoup de bonheur à la nouvelle mariée lorsqu’elle est bien entretenue. « Toute femme qui lave et remplit quotidiennement sa jarre, serra aimée par son mari et sa belle-famille. Elle aura la paix du cœur », confie-t-elle « Les moments les plus propices pour remplir la jarre d’eau, qui s‘est vidée, sont le petit matin, avant le lever du soleil ou après le crépuscule, avant la nuit profonde », recommande la conseillère conjugale. La jarre détient des secrets qui peuvent consolider les liens familiaux. Selon toujours Fatoumata Koïta, lorsque deux femmes mariées, vivant sous le même toit, ne s’entendent pas, il suffit de puiser un peu d’eau dans la jarre de l’une et la verser dans celle de l’autre et vice-versa sans qu’elles s’en rendent compte. La conseillère conjugale affirme que ces deux femmes trouveront un terrain d’entente à jamais. Elle conseille aux jeunes mariées de boire souvent l’eau de la jarre et d’habituer leur époux à faire autant. » Cela, soutient-elle, les poussera à être plus tendres et doux avec leurs épouses. » Gare à la femme qui laisse sa jarre vide pendant la nuit. « Nous ne sommes pas les seules à consommer cette eau. Pendant la nuit, les anges, les défunts et autres êtres viennent y boire. S’ils la trouvent vide, ils seront déçus. Cette déception se répercutera sur l’épouse de la maison et sur son foyer », prévient Fatoumata Koïta. Elle ajoute que la femme ne doit jamais partir avec sa jarre, après une dispute ou encore moins la casser sinon le mariage sera brisé. À l’en croire, la même situation se produira si le mari casse la jarre de son épouse. Fatoumata Koïta signale que lorsque « la jarre se brise, sans avoir subi un choc au préalable, cela prédit souvent la fin du couple. » NS/MD (AMAP)
Retrait de la Confédération des États du Sahel (AES) de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF)
Bamako, 19 mar (AMAP) Les ministres des Affaires étrangères de la Confédération des États du Sahel (AES), composée du Burkina Faso, du Mali et du Niger, ont annoncé, dans un communiqué de presse conjoint daté du 18 mars 2025, le retrait de leurs pays de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Le communiqué souligne le rôle historique de ces nations au sein de la Francophonie. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger, « mus par les idéaux de rapprochement des peuples par la coopération multilatérale fondée sur la promotion de la diversité linguistique et culturelle et le dialogue des civilisations, ont participé activement, en qualité de membres fondateurs, au Sommet de Niamey qui a donné naissance, le 20 mars 1970, à l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) ». Cette dernière est devenue l’Agence intergouvernementale de la Francophonie (AIF) en 1998, puis l’OIF en 2005. « Pendant les 55 années d’existence de la Francophonie, ces trois pays qui forment aujourd’hui la Confédération des États du Sahel (AES), ont contribué inlassablement, et de manière significative, à la construction et au renforcement de cette organisation », ajoute le texte. Cependant, les ministres dénoncent un changement d’attitude de l’OIF depuis les transitions politiques dans leurs pays respectifs. « Depuis l’avènement de la transition au Mali, au Burkina puis au Niger, l’OIF, au lieu d’accompagner ces pays dans la réalisation des aspirations légitimes de leurs peuples, conformément à ses objectifs de paix, de coopération et de solidarité, s’est illustrée par l’application sélective de sanctions sur la base de considérations géopolitiques et le mépris pour leur souveraineté », déplore le communiqué, qui accuse l’organisation de s’être transformée en « un instrument politique téléguidé ». En réponse à cette situation, les chefs d’État de l’AES ( le capitaine Ibrahim Traoré, le général d’Armée Assimi Goïta et le général de Brigade Abdourahamane Tiani) « ont décidé en toute souveraineté, du retrait des États membres de la Confédération AES de l’Organisation internationale de la Francophonie », indique le texte. Cette décision, conforme à l’article 10 de la Charte de l’OIF, a déjà été officiellement notifiée par les trois pays. Ce retrait reflète, selon le communiqué, la détermination des leaders de l’AES à rester « fidèles aux aspirations profondes de leurs peuples et résolus à défendre leurs intérêts légitimes ». Signé à Ouagadougou, Bamako et Niamey, ce document marque un tournant dans les relations entre la Confédération des États du Sahel et l’OIF. OS/MD (AMAP)
Ramadan : La tradition du Yogoro et du Sarawalé en perte de vitesse
Bamako, 12 mars (AMAP) – Habillés à la manière de bouffons d’habits faits de vieux sacs de jute, des masques confectionnés dans de vieux cartons, de le visage et d’autres parties du corps enduis de cendre, des enfants se déguisent en marionnettes, appelées « Yogoro », à partir de la claire de lune du mois de ramadan, et ce, jusqu’à la disparition du croissant lunaire du même mois, ils se déplacent de famille en famille pour chanter et recevoir, en retour des étrennes et cadeaux en céréales ou argent. Des groupes de jeunes filles, pour leur part, chacune, une calebasse dans une bassine d’eau en guise d’instrument à musique, font du porte-à-porte pour chanter, le « Sarawalé ». Les filles reçoivent, également, en retour des récompenses en nature, des céréales ou de l’argent. C’est une vieille tradition du mois de ramadan au Mali. Depuis le 10è jour de ce mois sacré, précisément le lundi dernier, après le coucher du soleil, des jeunes garçons et filles arpentent les rues des quartiers de la capitale malienne, Bamako. Ce que les garçons pratiquent s’appelle le « Yogoro. » Ils chantent le « Yogoro » qui signifie la peur. Ainsi, dans leur chanson en bamanan, ces garçons disent « anw ma Yogoro ye wa », Vous ne voyez pas le Yogoro ? pour dire « même pas peur ». Dans ce jeu de marionnettes, tout d’un coup celui qui porte le masque appelé « Dondoni » se met à terre. Une fois le totem/ fétiche à terre, les autres membres groupes font chanter la famille où ils se trouvent. « Le Dondoni est mort ! Il lui faut des céréales ou de l’argent pour rescusiter. » « C’est une pratique qui existe depuis longtemps », se remémore Youssouf Fané, chef de famille à Samè, dans la Commune III du District de Bamako, au passage d’un groupe dans sa famille. « Par contre, selon lui, la pratique commence, depuis quelques années, à avoir de moins en moins d’attrait pour les enfants. « Les enfants ne font plus aussi bien qu’avant cette pratique », dit Moussa Coulibaly, responsable de famille au Badialan III, en Commune III du District de Bamako. Il estime que les chants sont mal interprétés et que les enfants d’aujourd’hui ne savent même pas ce qu’ils disent, encore moins ce qu’ils chantent. OD/MD (AMAP)
Le « Téré » : La simple superstition chemine avec la réalité ?
Par Siné S. TRAORE Bamako, 10 mar (AMAP) Dans la société malienne, la question n’est pas du tout prise à la légère, surtout lorsqu’il s’agit de demander la main d’une fille. De très nombreuses personnes, en effet, qui marchent toujours sur les traces de nos traditions, sont profondément convaincues que chaque individu porte en lui un présage heureux ou malheureux, « téré » en bamanan. D’ailleurs, ne dit-on pas chez les Bambara : « Mogo téré tè i yéré nò yé » pour dire, littéralement, que personne ne décide de la positivité ou de la négativité du présage. Pour mesurer à quel point le présage est ancré de manière indéracinable dans le quotidien d’un nombre important de Maliens, il faut notamment s’intéresser au processus du mariage dans les différents milieux culturels de notre pays. Ainsi, aussitôt qu’une intention de mariage est exprimée chez les Sénoufo ou chez les Soninké, les Dogon, les Bwa, les Bambara, les Sonrhaï etc., procéder à l’observation rigoureuse du téré devient un préalable obligé dont la responsabilité incombe aux parents des deux bords familiaux. Le prétendant de notre fille, a-t-il un téré auréolé d’embellie ? Ou encore, cette fille que notre garçon veut épouser, n’a-t-elle pas un téré qui interdit toute union avec elle ? Ce sont là des interrogations qui assaillent des millions de parents au Mali dès lors que le mot « fiançailles » sort de la bouche d’un des leurs. Le téré, que d’aucuns qualifient de « démarche superstitieuse », est donc une considération à laquelle les Maliens sont viscéralement attachés. Il fait référence aux signes et gestes corporels prédisant des choses positives ou négatives dans la vie d’une personne et qui risquent de rejaillir sur son futur conjoint ou conjointe. Nouhoum Cissé, traditionnaliste et comédien, nous explique : « la question du téré est une réalité qui existe chez les Hommes. » Selon lui, traditionnellement, chaque personne a son présage qui définit son totem. « Il y a des gens qui ne peuvent pas avoir de bonheur au bord du fleuve. En revanche, d’autres n’ont pas intérêt à vivre sur les montagnes. Cela est dû à leur téré. C’est pourquoi, avant de se lancer dans n’importe quelle entreprise, l’Homme doit toujours consulter des traditionnalistes. », poursuit-il. « Avant tout mariage, il faut impérativement consulter les oracles, sinon les futurs époux risquent de fonder un foyer baigné dans le malheur. Ou encore, ils peuvent former un couple qui n’aura pas de bonheur ou ne vivra pas longtemps. Nos aïeux, eux, s’efforçaient de cerner le téré de chaque futur(e) époux et épouse, avant de célébrer l’union de deux personnes », explique M. Cissé. Le traditionnaliste va encore plus loin dans sa description en nous apprenant que « le téré » existe également chez les animaux. Aux dires de M. Cissé, « il est crucial de faire extrêmement attention au choix des animaux que l’on veut élever en famille. « J’ai connu un homme qui possédait un cheval dans sa demeure. Quand j’ai vu l’animal, je lui ai dit d’aller chercher deux litres de lait pour en donner au cheval. L’objectif était de voir si le cheval allait boire ou non le lait. Le but ultime était de savoir si le cheval avait un mauvais ou un bon présage. Ce qui devait arriver, arriva ! Nous avons découvert qu’il était porteur de malheur, tout simplement parce que le cheval a refusé de boire ce lait », narre-t-il. « Après cette découverte, j’avais pressé cet homme de se débarrasser du cheval sans hésiter. Il l’a fait. Et, après quelques jours, il devait voyager à l’étranger par voie aérienne. Le jour de son départ, il a eu un empêchement. Heureusement pour lui, l’avion qu’il devait voyager s’est écrasé et personne n’a survécu », a dit notre interlocuteur. Il en conclut, avec une conviction inébranlable, que « si l’homme ne s’était pas débarrassé du cheval, il aurait perdu la vie également, à cause du mauvais téré du cheval ». Concrètement, comment se manifeste le téré et à quels signes distinctifs faut-il se fier pour le détecter chez quelqu’un ? M. Cissé nous avertit : « Un homme peut se marier avec une femme qui est porteuse de bon présage. Après quelques années de mariage, l’époux peut connaitre le bonheur, notamment en devenant riche. Il va penser à se marier à une deuxième femme mais qui peut lui apporter le malheur dans le foyer. » MAUVAIS PRESAGE – Pourquoi ? « Eh bien ! Parce que la seconde épouse a certainement un mauvais présage. Les hommes doivent tenir compte cela. Nous pouvons également découvrir le présage d’une personne à travers ses démarches, ainsi qu’à travers son visage », nous dit doctement M. Cissé. Le traditionnaliste éclaire notre lanterne sur une confusion très fréquente. « Téré et dolo (étoile) ne doivent pas être confondus », souligne-t-il. Et Cissé de démêler l’affaire : « Le présage est une réalité à ne pas confondre avec le « dolo ». Chaque personne a sa source de création. Certaines personnes sont faites à base du feu, d’autres, à base d’eau, d’autres encore sont conçues à base de terre. Dans ce cas, ce sera difficile pour des gens de source de création différente de faire un couple heureux. » Notre traditionnaliste, en homme attaché aux us et coutumes maliennes, insiste sur l’importance à accorder aux pratiques divinatoires, à chaque fois que l’on doit entreprendre quelque chose. « Je peux dire que toute personne ou encore tout objet peut avoir de mauvais présages, Pour éviter de rencontrer un malheur, il faut toujours faire des consultations traditionnelles, exactement comme le faisaient nos aïeux », fait comprendre Nouhoum Cissé dit Bagnago. Le Dr Fodé Moussa Sidibé, enseignant-chercheur et écrivain, un autre connaisseur du Mali des traditions, nous a fait bénéficier de ses éclairages. Dr Sidibé, un des intellectuels maliens qui s’intéressent énormément aux valeurs du terroir, au risque de contredire les explications communément admises, précise qu’il ne faut pas forcément chercher à faire du mot français « présage » l’équivalent du « téré » bambara. Il s’en explique : « Il ne faut pas obligatoirement traduire certaines de nos valeurs, car elles n’ont pas toujours d’équivalence en langue française. Dans tous les cas, il n’y
Diéma : La pêche collective pour amélioirer l’ordinaire
Par Ouka BA Diéma, 04 mar (AMAP) La pêche collective dans les deux mares de la ville de Diéma (Ouest), appelées, respectivement Lamba Koré (grande mare en langue soninké) et Bakossa Goumba (la mare de Bakossa), s’est déroulée, lundi, sous un soleil au son zénith. Après le signal donné par le chef coutumier, Balla Konaté, une foule bigarrée d’hommes, de femmes, de jeunes et de vieux, originaires de la ville ainsi que des villages environnants, muni chacun, d’une nasse aux dimensions diverses, s’est élancée, à qui mieux mieux, pour la capture des poissons, frétillant dans une eau boueuse. C’était un tohu-bohu interminable, digne d’une ruée vers l’or. Bousculades, cris à gorge déployée. Parfois, en voulant s’infiltrer parmi les grands, les plus petits glissaient et tombaient. Dans ces mares, on trouve généralement du poisson silure et quelques rares carpes. Mahamadou Konté qui attendait tranquillement ses enfants descendus dans la mare, rappelle que la pêche collective se faisait la nuit ou le matin de bonne heure et, que cette année, selon une décision du chef de village, elle a été ramenée à midi. Il renchérit, en raclant la gorge, qu’avant l’autorisation du chef de village, celui qui se hasardait à mettre pied dans l’une mare, pour se saisir de poissons, sera soumis au paiement d’amendes. Djindé Konté, qui prêtait une oreille attentive à l’entretien, soutient qu’il faut le feu vert du chef de village, pour que la pêche collective puisse démarrer. Après la saison des pluies, lorsque les mares sont en decrue, le chef de village délègue, comme le veut la tradition dans ce milieu, le chef coutumier Balla Konaté, pour aller jauger le niveau réel des eaux stagnantes. C’est en fonction de son constat que l’on organise la pêche collective, un événement culturel majeur. On fait passer l’information pour tous, pour éviter ainsi des frustrations. Halimatou Sissoko dont les habits sont lourdement boueux compte améliorer ses plats pour la coupure du jeûne de son époux, avec les poissons qu’elle a pêchés. Elle avoue que la pêche collective est très utile car les poissons qu’on y attrape, contribuent à réduire les frais de condiments. Le petit-fils de Fatoumata Diaby, a pêché beaucoup de poissons. A la question comment les conserver, la grand-mère répond qu’elle les mettra dans le réfrigérateur. Désenchantées, Kotia Djenepo, une femme bozo, et sa fille rentrent bredouille à la maison, même si, selon la légende, la pêche demeure une activité censée appartenir à son ethnie. Allergique au poisson silure, Sambou Diawara, un migrant dont le séjour à Diéma a coïncidé avec l’événement, se poste quelque part, pour satisfaire sa curiosité. Le chef coutumier, Balla Konaté, explique que si la pêche est jugée insuffisante, on transporte le poisson chez le chef de village, pour le repartir, ensuite, entre certaines familles. De l’avis du représentant du chef de village, Fousseny Sissoko, « le but visé par la pêche collective, n’est pas uniquement d’amasser du poisson mais de renforcer la cohésion sociale, à travers des retrouvailles, tout en perpétuant cette pratique ancestrale. » Le chef traditionnel conseille, surtout, la prudence lors de la pêche collective afin d’éviter des incidents et des dommages. Interrogé sur le sujet, le Directeur technique du Centre de santé communautaire (CSCom) de Farabougou, en séjour dans la localité, explique que « les mares contiennent généralement les germes de la bilharziose, qui pénètrent par la peau, au contact de l’eau. » L’homme en blouse blanche conseille de prendre des précautions. OB/MD (AMAP)
Port du foulard : Comme une pièce d’identité
Par Baya TRAORÉ D’aucuns pensent que cette pièce de tissu a vu le jour avec les religions monothéistes. Pourtant, elle a servi notamment d’outil de communication et d’expression des sentiments Il est aux environs de 15 heures. Une cérémonie de mariage au quartier de Missabougou, en Commune VI du District de Bamako. La marraine de l’évènement, Aminata Soucko, très élégante, couverte de parures, se distingue par son habillement. Elle est vêtue d’un basin, porte un foulard volumineux de couleur différente de celui des autres femmes qui, elles, partagent la même couleur. Une bande de tissu dénommé, en bamanakan, «jala» s’ajoute à ses parures. Au fil du temps, le foulard s’est imposé comme un accessoire d’élégance et de piété. Pourtant, l’usage de cette étoffe est riche en significations. Selon Aminata Soucko, le foulard de la marraine d’un mariage a toujours été différent de celui des autres dames, depuis l’époque de nos ancêtres. Elle explique que « le foulard permet aux invités de reconnaitre directement la personne assumant cette responsabilité. » Ce n’est pas tout. « Dans la rue, dit-elle, il était facile de savoir, grâce au foulard que porte une femme, si elle est veuve, mariée ou célibataire. » Le traditionnaliste Nouhoum Cissé affirme que le foulard, autrefois, représentait un moyen de communication dans notre culture. « Chaque ethnie avait une appellation différente. Celui destiné à une fiancée était un morceau de pagne tissé qu’elle attachait au front. C’était un message informant qu’elle a un prétendant », explique Nouhoum Cissé. Le traditionnaliste ajoute que « l’objectif du port du foulard après le mariage est de se protéger la tête, car tout le monde n’a pas le droit de voir la tête d’une femme mariée. » « Aussi, indique-t-il, toutes les femmes n’ont pas la même texture de cheveux car, pour certaines, si de mauvaises personnes voient leurs cheveux, cela peut leur porter malheur. » « C’est pourquoi, dit-il, une femme doit se couvrir la tête pour sa propre protection. En plus, dans notre société, les foulards étaient des cadeaux de souvenir que les femmes donnaient à leur amoureux. « Les femmes offraient leur foulard aux conjoints quand ceux-ci partaient sur les champs de bataille ou pendant les travaux agricoles, en guise d’encouragement », poursuit Nouhoum Cissé. Qui ajoute qu’« une femme, qui n’avait jamais transgressé les interdits dans son mariage, pouvait donner son foulard à son fils qui part pour une mission difficile. » « L’étoffe avait la valeur d’un objet de protection du fils afin qu’il rentre sain et sauf », explique M. Cissé. Au sein du couple, le foulard est un langage. « Quand un homme entrait à la maison, il reconnaissait l’humeur de sa femme à travers sa manière de nouer son foulard», informe le traditionnaliste, avant d’indiquer que celle-ci manifestait sa joie, sa colère, son désir sexuel et son indisposition via cette pièce de tissu. « Ce n’est pas n’importe quel tissu qui était utilisé comme foulard. Maintenant, les femmes ne font plus attention à ces aspects de notre culture. Cela est à l’origine de nombreux problèmes dans nos couples. Si on continue ces pratiques, nous allons perdre tous les éléments de notre culture un à un», prévient-il. MAUVAIS ESPRITS – Il est 11 heures, dans une famille de griots à Missira, en Commune II du District de Bamako. Kadiatou Diabaté, habillé en wax assorti à un foulard qui forme un tas au milieu de la tête. Elle explique que son acte se justifie par le fait qu’elle est la cuisinière du jour. Elle indique que chaque épouse dans leur famille doit observer cette pratique quand c’est son tour de cuisiner. Selon Awa Kouyaté, griotte et enseignante, la façon dont une femme noue le foulard exprime également la richesse de son mari. « Avant, quand tu voyais des groupes de femmes, celle qui portait toujours un foulard volumineux était l’épouse d’un homme opulent. Le foulard de taille moyenne désignait l’appartenance de sa détentrice à la classe moyenne », affirme la pédagogue. Elle précise que la favorite des épouses de l’homme s’identifiait par son foulard empilé au milieu de la tête. Elle signale que les perruques et les chapeaux remplacent de plus en plus le foulard. «Je ne suis pas contre cette tendance mais on a intérêt à promouvoir nos valeurs traditionnelles», conseille-t-elle. Le griot Bourama Soumano affirme que plusieurs personnes pensent que le foulard a vu le jour au Mali avec la religion musulmane. Il indique que nos ancêtres utilisaient des foulards avant l’arrivée de l’Islam. Il soutient que «musoro » en bamanan signifie : «mumana soro», en français «Ce qu’une nouvelle mariée trouvera dans son foyer». Il precise que cette étoffe est différente du «jala», un autre tissu utilisé par les femmes notamment lors des mariages. Auparavant, le «jala» était de petits morceaux de pagne de couleurs différentes. « La couleur noire, dit-il, est destinée à la veuve. » Il cite aussi le «demba jala», en français «le pagne de la marraine» porté par celle-ci lors d’un mariage. « Dans notre culture, témoigne-t-il, le «musoro» n’était pas utilisé pour des besoins esthétiques. Il symbolisait les défis que la femme doit relever dans son nouveau foyer en termes de maladies, de dépenses, de problèmes d’enfantement et d’argent ». Bourama Soumano dit que le foulard préparait la femme à être une bonne épouse et la protégeait contre les mauvais esprits et les « djinns ». Et de poursuivre : « ce tissu faisait également l’objet de préparation mystique pour obtenir de la notoriété pendant les cérémonies. » « Certaines femmes, énumère-t-il, possédaient des foulards pour dompter leur mari durant les moments de disputes. » « Il suffisait, explique-t-il, qu’elles le nouent pour que le conjoint se calme immédiatement ». Le griot relève que le «musoro» a aussi servi à dominer le mari et les autres membres de la famille. Tout n’est pas permis quant au le port de ce foulard. Selon des croyances, « une fille ne doit jamais porter le foulard de sa maman sinon elle va rester célibataire toute sa vie. Une femme enceinte qui néglige de porter le foulard risque d’accoucher d’un enfant malade. Une femme mariée qui refuse le foulard risque d’attirer des mauvais
Culture : Le Projet Culture Mali 2025 lancé
Bamako, 27fév (AMAP) Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie et du Tourisme, Mamou Daffé, a procédé, jeudi, au lancement du Projet Culture Mali 2025, au Centre international de conférence de Bamako (CICB). Dans le cadre de la mise en œuvre du programme de refondation « Mali den Kura », le ministère de l’Artisanat de la Culture de l’Industrie hôtelière et du Tourisme a initié ce projet intitulé : « Culture Mali 2025 ». Lors de la cérémonie, placée sous le parrainage du président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, et en présence de plusieurs de ses collègues, le ministre Daffé a indiqué que « ce projet n’a d’autre ambition que de faire de la culture un levier pour la transformation sociale et économique dans une dynamique de revitalisation de nos territoires. » Dans son intervention, Mamou Daffé a exprimé sa satisfaction de voir se concrétiser la vision du président de la Transition qui a décrété 2025 comme année de la culture lors de son adresse à la Nation, le 31 décembre dernier. Donnant suite à cette décision, le département en charge de la Culture a initié le projet « Culture Mali 2025 » qui s’inscrit en droite ligne de la vision du Programme présidentiel de développement culturel Maliden Kura 2025-2027. Celui-ci vise à inculquer une culture du Mali Kura à la jeunesse, promouvoir les talents artistiques de manière accrue et repositionner durablement et positivement l’image du Mali sur la scène internationale. « Je peux dire, aujourd’hui, que, dans les semaines à venir, vous allez nous voir dans toutes les régions du Mali, de Kidal jusqu’à Kayes, pour travailler et mettre en lumière notre culture. » Il a remercié le président de la Transition, qui, par une décision historique, a mis la culture en priorité nationale pendant toute cette année 2025. « Ce décret présidentiel nous invite à mettre en lumière toute la beauté et la richesse de notre secteur de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme du Mali. Il nous demande de célébrer ce riche patrimoine pour dire tout simplement que le Mali regorge de toutes les solutions d’une beauté légendaire », s’est enthousiasmé Mamou Daffé. « Aujourd’hui, nous sommes non seulement dans la renaissance culturelle du Mali, mais aussi dans celle des Etats du Sahel », a-t-il estimé, saluant les trois présidents, le général Abdourahamane Tiani du Niger, le capitaine, Ibrahim Traoré du Burkina Faso et le général d’Armée Assimi Goïta, du Mali « qui nous ont tracé une voie. » Il a assuré qu’avec 89 recommandations des États généraux de la culture, toutes les préoccupations des trois secteurs (Tourisme, Culture et Artisanat) sont traitées. « Et, si nous arrivons à mettre en œuvre ces 89 recommandations, je suis sûr que d’ici la fin de cette année de la Culture Mali 2025, nous allons régler beaucoup de nos problèmes », a dit le ministre. Le temps fort du lancement a été la présentation du Projet Culture Mali 2025 par le directeur national de l’action culturelle, Alamouta Dagnoko, coordinateur du Projet Culture Mali 2025. Il a tout d’abord expliqué « le contexte de ce projet ambitieux qui marque un tournant majeur pour la relance de la culture malienne. » Selon lui, « l’objectif de ce projet est de faire de la culture un levier de transformation sociale et économique en repositionnant le Mali comme une référence culturelle mondiale, tout en revitalisant son patrimoine culturel dans une dynamique de renaissance culturelle » Il a ajouté que le projet se repose sur 5 axes à savoir l’Inclusion de l’Année de la Culture dans tous les grands événements culturels, la concrétisation de Maaya ni Dambé Kènè, la Revitalisation culturelle des territoires (RCT), le développement des industries culturelles et créatives (ICC) locales du patrimoine et le parrainage par des personnalités culturelles. Ces axes seront matérialisés par des activités qui se tiendront toute l’année en vue de donner un contenu riche et diversifié pour la renaissance culturelle. Il a rappelé que plusieurs actions sont déjà en cours avec Bamako Fugaba qui a vu le jour lors des Etats généraux de la culture. L’événement a été artistiquement magnifié par l’Ensemble instrumental du Mali sur un morceau intitulé « Duga », interprété par Bourama Soumano. SST/MD (AMAP)
Théâtre : Mystère entre la Femme et l’Homme, une création artistique à découvrir lors de la rentrée littéraire 2025
Bamako, 20 fév (AMAP) Le danseur interprète malien Antoine Rolland Rached sera au rendez-vous de la 17ème édition de la rentrée littéraire dédiée à la jeunesse avec sa création « Mystère entre la Femme et l’Homme », créée vers fin 2023. « Mystère entre la Femme et l’Homme » est une pièce où le danseur Antoine Rolland Rached (porteur du projet) et la danseuse Elène Coulibaly décrivent les pratiques du mariage traditionnel. Ainsi que le lien entre mari et épouse, à travers leurs actions, difficultés, leurs passages des moments d’incompréhensions à la compréhension. Une véritable création artistique qui invite les spectateurs à la (ré)découverte des réalités du mariage en Afrique. Très heureux d’être mis à l’honneur dans cette 17ème édition de la rentrée littéraire au Mali, Antoine Rached que nous avons approché, accueille cet évènement comme « une opportunité précieuse qui permet de mettre en lumière ses talents et de partager sa vision artistique avec un public engagé. » Toute chose, selon lui, qui contribue à la richesse culturelle du Mali. « Pour un jeune artiste, ajoute-t-il, c’est aussi une occasion de se connecter à d’autres acteurs et de s’inscrire dans un mouvement collectif visant à faire avancer la scène artistique ; un moment de partage d’idées et de découvertes pour tous les participants. » Le public de la rentrée littéraire 2025 est invité à venir voir et comprendre à quel point la danse est plus qu’un moyen de divertissement. C’est un métier qui fait vivre et revivre chaque esprit à travers sa pratique, sa révélation, son éveil de conscience, sa mission de transmission de message sans pour autant offenser ou vexer. OS/MD (AMAP)
Disparition de Souleymane Cissé : Clap de fin brutal
Bamako, 20 fév (AMAP) Le grand réalisateur malien, Souleymane Cissé, s’est éteint à Bamako, mercredi, dans l’après-midi des suites d’un malaise à l’âge de 84 ans, à seulement 72 heures de l’ouverture de la 29ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), au Burkina Faso, où il devrait présider le jury de la catégorie de long métrage de fiction. Souleymane Cissé, tête couronnée du cinéma malien et africain, venait de présenter dans la matinée au siège de l’Union des créateurs et entrepreneurs du cinéma et de l’audiovisuel de l’Afrique de l’Ouest (UCECAO) les différentes distinctions qu’il avait obtenues en Gambie, au Canada et aux Etats-Unis d’Amérique en 2023 et 2025. Souleymane Cissé est le premier réalisateur à soulever deux fois le grand prix de l’étalon du Yennenga du FESPACO et le premier Africain à monter sur le podium du Festival du cinéma de Cannes (France) avec le prix spécial du jury en 1987. Entre autres récompenses d’importance internationale, il a reçu, en 2011, le Grand Prix Hommage au 7è Festival international du film Black de Montréal. Ce prix lui était décerné. pour l’ensemble de son Œuvre, pour sa contribution exceptionnelle à l’industrie du cinéma en général et au secteur du cinéma indépendant et africain en particulier. Ce prix lui a été remis par le célèbre écrivain Dany Laferrière, qui a estimé à cette occasion que « Souleymane Cissé est un des témoins les plus raffinés et sensibles venant d’Afrique. Son esprit universel illumine notre époque. Et sa discrétion l’honore. » Ses films, Baara (Le Travail), et Finyé (Le Vent), tous deux récompensés par l’étalon de Yenenga au FESPACO seront mieux accueillis. Mais c’est Yeelen (La Lumière), Prix du Jury à Cannes en 1987, qui l’a révélé, enfin, au grand public et qui est étudié au Baccalauréat français 2011-2013 par la section cinéma et audiovisuel. Souleymane Cissé a été membre de plusieurs jurys dont celui de la sélection officielle du Festival de Cannes en 1983 et celui de la Cinéfondation du Festival de Cannes en 2006. Son film, Min Yè…, en 2009, a été présenté en sélection officielle au 62è Festival de Cannes en 2009. Le travail de Souleymane Cissé lui a permis d’être élevé au rang de Commandeur de l’Ordre National du Mali ; Officier de l’Ordre du Burkina Faso et Commandeur des Arts et des Lettres de France. Quand le réalisateur américain Martin Scorsese a découvert Yeelen, il le décrit comme l’une des plus belles expériences cinématographiques de sa vie. « Je n’avais pas réalisé qu’un si beau cinéma se faisait en Afrique. Notre culture devient plus riche en voyant ces films », a-t-il ajouté. Le 17 mai 2023, à Cannes lors de l’ouverture de la Quinzaine des cinéastes au cours du Festival de cinéma de cette ville française, que Souleymane Cissé avait reçu la Carrosse d’or, cette distinction de ses pairs cinéastes pour l’ensemble de ses œuvres cinématographiques. Il devient ainsi le 2è africain à être élevé à un tel niveau de reconnaissance après le sénégalais Sembène Ousmane. Il fait partie des rares cinéastes, titulaire de l’étalon du Yennenga a avoir son statut grandeur nature sur le « Boulevard du cinéma » en plein cœur de la capital burkinabé. Né le 21 avril 1940 à Bamako, Souleymane Cissé a fréquenté l’école fondamentale de Bozola, puis le lycée de Bamako. En 1964, il s’envola pour Moscou (ex-URSS) et l’Institut des hautes études supérieures de la cinématographie de Moscou (VGIK). Il est revenu au Mali en 1969 avec son diplôme de réalisateur en poche. Le Service ciné-matographique du ministère de l’Information du Mali (SCINFOMA) l’a récupéré comme cameraman-reporter. En l’absence d’une télévision nationale, le SCINFOMA filmait toute l’actualité officielle des autorités et faisait le tour du Mali pour des projections publiques. Ses films ont inspiré le monde entier par leur dimension internationale, il a donné ses lettres d’or au cinéma malien et africain. Le cinéaste nous a raconté récemment ceci : « Ma vie, c’est le cinéma, mon père est né en 1894, année de la création du cinéma, ma mère est née en 1900, année du cinéma moderne et moi-même je suis né en 1946, année de l’arrivée du cinéma en Afrique». Il a expliqué avoir compris dès sa tendre enfance que tout ce qu’il pouvait apporter à l’œuvre de construction nationale devait se faire à travers le 7è art. YD/MD (AMAP)

