Ségou: Ruée sur le « Gueni » à l’approche de l’hivernage

Par Aminata PONA  Ségou, 29 mai (AMAP) La séduction, art subtil et raffiné, s’accompagne souvent de gestes symboliques et d’éléments sensoriels. Parmi ceux-ci, l’encens occupe une place privilégiée. Il constitue un véritable allié dans le jeu de la féminité et du charme. Les femmes de la région de Ségou en sont bien conscientes, et nombreuses sont celles qui recourent à divers types d’encens, en particulier le « Gueni », le souchet rond, de son nom scientifique « Cyperus rotondus Linn », pour exhaler leur présence et envoûter les sens. Traditionnellement appelé Guéni, cet encens naturel se décline en plusieurs formes que l’on retrouve sur les marchés locaux : les petits grains de couleur rougeâtre ou noir nommés Guénimisèni, les gros grains de couleur noire connus sous le nom de Guéni Koumaba, ainsi que les mystérieux Mougoumougouni. Ces perles aromatiques dégagent des senteurs suaves et envoûtantes qui imprègnent les lieux de leur parfum singulier. Utilisé principalement par les femmes, le Guéni sert à embaumer les pièces de vie, salons, chambres, salles d’eau, espaces de réunion ou de travail mais aussi à parfumer les vêtements. Au-delà de son usage esthétique, il s’inscrit dans une tradition culturelle profondément ancrée. À l’approche de l’hivernage, la demande pour ces encens ne cesse de croître. Nombreuses sont les femmes qui, en se rendant au marché, ne peuvent résister à l’envie d’en acquérir, tant son usage est devenu incontournable dans la vie quotidienne. C’est notamment le cas de Fatoumata Tangara, rencontrée au marché hebdomadaire communément appelé « N’Denè sugu » qui signifie « le marché du lundi » en bamanankan. Le sachet bien garni qu’elle tient à la main dit tout son attachement au produit : « Je viens d’acheter 4 kilos de « Gueni gros grain et 3 kilos de petit grain. J’aime particulièrement son parfum pendant les périodes de fraicheur. Je l’utilise pour embaumer mes chambres, mes toilettes, mes habits, mes dessous et même mes draps. J’ajoute à mon eau de boisson ou je le garde en bouche pour éviter les mauvaises odeurs » confie-t-elle. Non loin d’elle, une autre cliente Adam s’affaire à tester les odeurs des différents « gueni » proposés par une vendeuse. Après comparaison, elle opte pour le gros grain. La quarantain révolue, cette  dame estime que toutes les femmes devraient intégrer ce produit dans leur quotidien. « C’est un encens brut accessible à toutes les femmes selon leurs moyens. Il se suffit à lui-même. Nul besoin d’ajouter un autre parfum » affirme-t-elle. La mère de quatre enfants en souligne particulièrement l’utilité durant la saison pluvieuse : « C’est en cette période que j’en achète le plus. Comme vous le savez, en période de fraicheur, certains enfants urinent au lit. Cet encens est efficace pour éliminer les mauvaises odeurs au réveil. Il purifie littéralement l’air ambiant » explique-t-elle. Produit culturellement valorisé et largement utilisé le Gueni soutient une économie informelle dynamique principalement animée par les femmes.Sur les différents marchés de la ville de Ségou, les vendeuses d’encens sont facilement repérables. Elles attirent les passantes par l’agréable parfum qui émane de leurs étals. L’une d’elles, Fatoumata Diallo interpelle les clientes autour de ses bassines remplies du produit. Elle propose le gros grain entre 1 500 et1 750 Fcfa le kilo. Si le produit est cassé, le prix varie de 1 750 ou 2 000 Fcfa . Le petit grain rouge ou noir, quant à lui, est vendu entre 1 250 ou 1 500 Fcfa le kilo. Lorsqu’il est pilé, elle le cède entre 1 000 et 1 250 Fcfa le kilo. L’encens localement appelé « mougoumougouni » se vend à 500 Fcfa le kilo ou à 400 Fcfa, le contenu d’un récipient appelé ‘panis’. Fatoumata précise que les prix fluctuent selon les saisons. Ces recettes journalières varient entre 15 000 et 50 000Fcfa. Pour sa consœur Bintou Djibo, la période de l’hivernage est particulièrement propice à la vente du Gueni. « Les grains noirs sont les plus prisés par les femmes. Cependant, le produit devient plus coûteux, car certains cultivateurs abandonnent sa culture au profit d’autres activités », explique-t-elle. Elle souligne, par ailleurs, la rentabilité de cette activité, grâce à laquelle elle subvient aux besoins de sa famille. « Nous recevons le produit des zones de production, le vendons en détail. Ensuite, nous remettons leur part aux fournisseurs à la fin de la journée. Le bénéfice nous revient. Parfois, je réalise un chiffre d’affaires de 50 000 Fcfa par jour, voire 100 000 Fcfa ou plus, selon l’affluence du marché », explique-t-elle. Bintou Djibo affiche les mêmes prix que Fatoumata. Toutes les deux vendent également en détail à partir de 50Fcfa. Le Gueni provient essentiellement des localités de Macina, Kala, Konodimini et Sitanbougou. Une femme âgée, rencontrée sur place, rappelle l’importance de cet encens dans les foyers : « C’est une forme de chauffage moderne. Il peut même apaiser les tensions dans un couple : il suffit que la femme nettoie la maison, allume un peu d’encens, et la magie opère » précise-t-elle. Outre son pouvoir aromatique et symbolique, elle souligne que le Gueni joue également un rôle hygiénique et médicinal. Il est aussi utilisé pour repousser les moustiques et autres insectes nuisibles. Selon certaines croyances populaires, il contribuerait aussi à prévenir certaines affections féminines, telles que les infections, les douleurs menstruelles, la sécheresse vaginale, les crampes abdominales et les démangeaisons intimes. AP/ADS/MD (AMAP)              

Clôture de la 4e Semaine culturelle et artistique du Lycée public de Tenenkou, dimanche

Tenenkou, 25 mai (AMAP) La 4e Semaine culturelle et artistique du Lycée public de Tenenkou, qui vise à mettre en avant l’immense richesse culturelle du Mali et permettre de valoriser nos savoirs locaux, a connu son épilogue, dimanche 25 Mai 2025 avec un programme riche en couleur, a constaté l’AMAP sur place. Pour cette édition, en partenariat avec le Comité de gestion scolaire (CGS) de l’établissement, les organisateurs ont décidé d’innover, en cette année 2025 dédiée à la culture par le président de la Transition, afin de lui donner un cachet particulier. Le deuxième adjoint au maire de la Commune urbaine de Tenenkou, Soumaïla Bocar Coulibaly, a rappelé « la place de choix qu’occupe la culture dans notre société, avant d’inviter « les organisateurs à pérenniser ce genre d’initiative afin que les élèves puissent s’approprier notre immense patrimoine culturel. » Il a adressé ses remerciements le corps professoral pour l’ensemble des efforts déployés et son implication au cours de cette année scolaire. Quant au proviseur du Lycée public, Ladji Yaya Diarra, il s’est félicité de l’organisation de cette semaine culturelle. Il a rappelé que « notre diversité culturelle est un atout majeur dans la préservation de la paix et le renforcement de la cohésion sociale et du vivre ensemble dans notre pays. » Les activités se sont étalées sur trois jours dont le premier a été consacré à un concours de lecture, le deuxième à un concours de culture générale et pour, le troisième jour marquant la fin de ces 72 h de festivités, plusieurs personnalités se sont déplacées au Lycée public de Tenenkou. Au programme de la dernière journée de festivités : montée des couleurs, chorégraphies de danses traditionnelles et modernes, poésies aux titres évocateurs « : « La paix », « La ville de Tenenkou », « Sauvons l’école », « L’AES » et « Une fille mère »), défilés pour mettre en valeur les différentes ethnies vivant à Tenenkou (Peulh, Sonrhaï, Bozo, Dogon, Bamanan, Soninké et Mossi) , imitation d’artistes et un sketch portant sur l’éducation des enfants à la maison. Ces différentes prestations ont permis aux très nombreux spectateurs, venus au lycée cet après-midi, d’admirer et d’apprécier les immenses potentialités du Mali dans le domaine de la Culture. Ces prestations de haute volée des lycéens ont permis au public présent de vibrer et de communier ensemble autour de notre culture. En marge de ces festivités, les meilleurs élèves du lycée public ont été récompensés. Ils ont reçu des kits scolaires des mains des personnalités présentes. Ont pris part à cette cérémonie de clôture, l’adjoint au directeur du Centre d’animation pédagogique (CAP), les représentants des services techniques, des ONG, des organisations de la Société civile et les membres du CGS. AS/MD (AMAP)

Bal des costumes traditionnels : Le rendez-vous de la diversité du Mali un

Par Amara Ben Yaya TRAORÉ Bamako, 24 mai (AMAP) Sous un ciel étoilé, l’esplanade du Centre international de conférences de Bamako (CICB) a vibré, samedi, au rythme du Bal des costumes traditionnels, organisé par l’Office de radiodiffusion et télévision du Mali (ORTM). Placé sous le haut patronage du président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, cet événement, porté par le thème : «Culture malienne, unité dans la diversité», a célébré avec éclat la richesse du patrimoine malien. Proclamée Année de la culture par le Président Goïta, 2025 offre un cadre idéal à cette manifestation annuelle de l’ORTM. Des milliers de participants se sont réunis pour célébrer la mosaïque des identités ethniques maliennes, fusionnées en un vivant symbole d’unité nationale. Une innovation marquante de cette édition a été la participation de délégations des pays de la Confédération des États du Sahel (AES), renforçant les liens régionaux à travers la culture. Dès les premières heures de la soirée, les projecteurs ont illuminé une scène éclatante de couleurs : boubous basin ornés de broderies dorées, tuniques bogolan aux motifs ocre, tenues peules parées de perles et de cauris, et robes en wax inspirées des traditions locales. Le défilé des costumes a mis en lumière la diversité des cultures bambara, peule, tamasheq, dogon, soninké, bwa, sarakolé, minianka, sénoufo et bien d’autres, incarnant pleinement le thème de l’unité dans la diversité. AMBIANCE DE FETE DES SENS – Une atmosphère saturée de parfums envoûtants : l’encens brûlant dans des calebasses, le thé à la menthe servi dans des verres fumants et les arômes alléchants des stands où s’empilaient des plats de tiga dèguè (sauce d’arachide), de fari (beignets de haricot) et d’autres mets traditionnels, attirant les visiteurs dès l’entrée. La musique des djembés, des balafons et des flûtes peules résonnait, portée par une brise douce qui faisait danser les feuilles des flamboyants bordant l’esplanade. À l’écart, des stands illuminés proposaient des bijoux en argent, des étoffes en wax et des sculptures en bois, captivant les curieux. L’enthousiasme était palpable, notamment chez les jeunes. Des groupes de filles en tenue peule, leurs coiffes tressées et ornées de perles multicolores, riaient en se prenant en photo, tandis que des enfants surexcités couraient entre les adultes, imitant avec énergie les pas de danse qu’ils observaient. Sur la scène principale, des troupes de danseurs Minianka, parées de tenues taillées dans de la cotonnade, ont captivé le public avec des chorégraphies puissantes. Les danseurs tamasheq, drapés dans des boubous éclatants, ont enflammé l’assistance au rythme envoûtant du takamba et des sons des ngonis des chasseurs. Les troupes du Burkina Faso et du Niger, invitées dans le cadre de l’AES, ont également émerveillé l’assistance par leur savoir-faire, ajoutant une dimension sahélienne à cette célébration. « Ce bal est une vitrine de notre identité », a déclaré Fatoumata Keïta, étudiante de 19 ans, rayonnante dans une tenue peule. « En 2025, porter ces vêtements, c’est dire au monde que notre culture est vivante et qu’elle nous rassemble. » Un sentiment partagé par Moussa Diarra, enseignant à la retraite, observe la scène, très ému. « L’initiative du président de la Transition de faire de 2025, l’Année de la culture nous rappelle que nos traditions sont un trésor. Ce soir, je vois l’espoir dans les yeux des jeunes », s’est-il réjoui. Pour le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, qui a présidé l’évènement, ce bal illustre pleinement l’objectif de l’An née de la culture, proclamée par le Chef de l’État pour promouvoir le patrimoine malien comme levier d’unité nationale et de développement. Il a souligné le rôle clé des médias dans la valorisation de cette richesse culturelle et a félicité les organisateurs pour le thème choisi, qu’il juge « vecteur de cohésion sociale». « C’est une activité à pérenniser, à renforcer et à poursuivre, car les bonnes choses se bonifient avec le temps», conclut le ministre Alhamdou Ag Ilyène. Le directeur général de l’ORTM, Hassane Baba Diombélé, a salué l’engagement de la jeunesse dans cette initiative présidentielle. Il s’est également réjoui de la participation des délégations de la Confédération AES, et vois dans ce rendez-vous culturel « une illustration de la vision commune des dirigeants du Mali, du Burkina Faso et du Niger pour harmoniser leurs actions de développement. » Ce bal des costumes traditionnels de l’ORTM a transcendé son statut de simple événement culturel pour devenir un puissant symbole de cohésion, non seulement pour le Mali, mais aussi pour la région sahélienne. En célébrant la diversité tout en affirmant l’unité, l’ORTM a relevé avec brio le pari de valoriser le patrimoine culturel comme un moteur de rassemblement et d’espoir. Le rendez-vous a réuni les ministres de l’Intégration africaine et des Maliens établis à l’extérieur, Mossa Ag Attaher, et de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Oumou Sall Seck. Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière était représenté par son chef de cabinet, Nohan Sow. Des représentants du Conseil national de Transition (CNT) et des ambassadeurs accrédités au Mali ont également honoré l’événement de leur présence. ABT/MD (AMAP)

Bureau malien du droit d’auteur : bonne dynamique dans le paiement des redevances aux artistes (Conseil d’administration)

Bamako, 22 mai (AMAP) Le Bureau malien du droit d’auteur (BUMDA) est dans une bonne dynamique et continue de représenter un véritable bol d’air pour les artistes dans le paiement des redevances de droit d’auteur et droits voisin, a conclu la 48è session ordinaire de son Conseil d’administration. La structure a recouvré les redevances de droit d’auteur et des droits voisins. Les administrateurs ont approuvé les états de paiement et les procédures seront enclenchées pour le paiement dans les jours à venir à ceux dont les œuvres ont été exploitées Le secrétaire général du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mahamadou dit Koumbouna Diarra, qui a présidé cette session, en présence de la directrice générale du BUMDA, Mme Diallo Aida Koné, et de la quasi totalité des administrateurs, a exprimé sa satisfaction pour la régularité des sessions et salué l’engagement constant des administrateurs. « Est-il besoin de rappeler que le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, lors de sa traditionnelle adresse à la nation, le 31 décembre dernier, a décrété 2025 comme Année de la cultur ? Certes, cela nous interpelle tous et nous engage à la construction du Mali Kura, gage de paix et de vivre ensemble », a déclaré Mahamadou dit Koumbouna Diarra. « La session à mi-parcours se tient dans un contexte particulier, marqué par le paiement des redevances de droit d’auteur et droits voisins de l’année 2024 par les sociétés de téléphonie mobile. Je fais allusion à Orange Mali et Moov Malitel Africa. S’y ajoutent les droits généraux » M. Diarra. Et le secrétaire général d’expliquer succinctement que cet argent est en train d’être reparti entre tous ceux dont les œuvres ont fait l’objet d’une exploitation. Le montant de ces redevances payées s’élève à un peu plus de 451 millions de Fcfa, soit une réalisation d’un taux d’exécution de plus de 53% des ressources propres sur une prévision de plus de  837 millions de Fcfa. Quant aux recettes, au titre de la subvention de l’État, elles se chiffrent à plus de 103 millions de Fcfa, soit un taux d’exécution d’un plus de 63% sur une prévision de plus de 163 millions de Fcfa. La réalisation globale est estimée à un peu plus de 554 millions de Fcfa, soit un taux d’exécution de 55%. Ces résultats très encourageants ont été aussi bien appréciés par le secrétaire général du ministère en charge de la Culture, qui a félicité la directrice générale du BUMDA et son équipe et pour le travail realisé.  Ces résultats démontrent leur « dynamisme à faire prospérer les redevances », a-t-il dit. Mais au-delà des chiffres satisfaisants, les administrateurs s’accordent à reconnaître que des efforts doivent être accomplis par le BUMDA en vue d’améliorer ses performances dans le recouvrement des arriérés de droits d’auteur et de droits voisins, dans la mise en œuvre de la rémunération pour copie privée et la reproduction par reprographie des œuvres. « La rémunération pour copie privée, faut-il le rappeler, constitue aujourd’hui l’enjeu du droit d’auteur. C’est pour cela que nous avons entamé le processus de relecture de la Loi 2017-012 du 01 juin 2017 fixant le régime de la propriété littéraire et artistique », a expliqué Mahamadou dit Koumbouna Diarra. Il a, aussi, noté la mise en œuvre de l’Assurance volontaire pour la culture (AVOC) qui est une initiative prise par le département en charge de la Culture pour susciter l’adhésion des non-salariés des professions libérales, artistiques et artisanales. Il a invité le BUMDA à plus de communication afin de sensibiliser le maximum d’artistes à adhérer à cette assurance. Il a exprimé ses remerciements aux partenaires du BUMDA et souhaité que d’autres en prennent la graine pour accompagner les artistes qui constituent une frange importante de notre société. Au terme de son intervention, le secrétaire général a rendu hommage à Me Amadou Keïta, avocat et collaborateur du BUMDA, ainsi qu’à des célébrités du monde la culture qui ne sont plus, notamment le musicien Amadou Bagayoko et le cinéaste Souleymane Cissé, etc. « Pendant ce trimestre, nous avons pu mener des activités, notamment le recouvrement des arriérés de droit d’auteur et des droits voisins. Après ces recouvrements, nous avons pu faire le renforcement du cadre juridique en allant vers la relecture de la loi numéro 27012 du 1er juin 2017 qui fixe les régimes de la propriété littéraire et artistique qui nous permettra de nous conformer à l’évolution juridique nationale et internationale et de pouvoir transporter », a souligné, auparavant, la directrice du Bureau, Mme Diallo Aida Koné. Amadou SOW                          

Réhabilitation de patrimoines culturels de Tombouctou : Un bilan déjà satisfaisant

Bamako, 22 mai (AMAP) La troisième réunion du Comité de pilotage pour la coordination et le suivi des réparations collectives relatives à l’entretien et à la réhabilitation des bâtiments protégés de Tombouctou, tenue, jeudi, au ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, a conclu à un bilan satisfaisant de la réhabilitation du patrimoines culturel de de la ville du Nord du Mali, a constaté l’AMAP. Cette réunion, devait, avant tout, permettre de faire le point complet des activités réalisées », a déclaré le secrétaire général du département, Mahamadou dit Koumbouna Diarra, qui a présidé la cérémonie. Et d’ajouter qu’ « il s’agira d’échanger sur les résultats obtenus, d’en tirer des enseignements et au cas échéant, de formuler des recommandations pertinentes. » Il a, également, souligné l’importance d’échanger sur les activités en cours et celles programmées. « Cette rencontre sera, aussi, l’occasion d’aborder les différents enjeux identifiés, notamment le développement de l’exposition permanente sur les mausolées, laquelle sera accueillie dans la salle additionnelle du musée communal de Tombouctou, construite dans le cadre du programme de réparation », a précisé le Secrétaire général du ministère. Il a aussi mentionné l’entretien du mémorial Louha ou encore l’occupation anarchique des environs des bâtiments protégés A ses côtés la responsable régionale des Programmes du Fonds au profit des victimes, Aude Le Goff, le premier secrétaire de l’Ambassade de la République fédérale de l’Allemagne à Bamako, Julius Kleindienst et la représentante du chargé de Bureau Unesco. Julius Kleindienst a indiqué que son pays est un partenaire de longue date de la Cour pénale internationale (CPI) et soutient, depuis près de vingt ans, le Fonds au profit des victimes. C’est dans cet esprit de solidarité et d’engagement pour les droits humains qu’ils ont décidé de verser une contribution volontaire au Fonds, destinée à soutenir les réparations dans l’affaire Al Mahdi. À cela, Aude Le Goff a ajouté qu’après, environ six ans de travail acharné, 100% des réparations individuelles et 100% des réparations symboliques ont été effectuées, tandis que 80% des réparations collectives ont été exécutées. Par ailleurs, Mme Dicko Oumou Dicko, de l’UNESCO expliquera que malgré les résultats à mi-parcours encourageants obtenus à 6 mois de la clôture des activités de ce programme, elle a tenu à rappeler que la mise en œuvre des activités du Dispositif de restauration du patrimoine culturel dont la mise en œuvre est assurée par l’UNESCO a été émaillée de certaines difficultés, notamment l’occupation des abords immédiats des clôtures des cimetières, la protection des résultats du projet et l’assainissement des abords immédiats des sites. AC/MD (AMAP)  

Mariage collectif annuel chez les Dafing de Marani, près de Tominian (Centre)

Par Jérémie DEMBÉLÉ Mandiakuy, 20 mai (AMAP) Un mariage collectif et traditionnel a été célébré, à Marani, gros village Dafing situé dans la Commune rurale de Tominian (Centre), les 17 et 18 mai 2025, unissant pour le meilleur et le pire, trente et deux jeunes couples de garçons et de filles, toutes ayant l’âge minimum, a constaté l’AMAP. Les Dafing exercent, majoritairement, dans le commerce formel, l’agriculture de subsistance et vont beaucoup à l’exode rurale. Pour participer à cette activité culturelle annuelle, qui marque le début de l’hivernage, tous, où qu’ils soient, se convergent vers le village. Cette année, le 18 mai a été retenue rendant cette date inoubliable pour les habitants et ressortissants. La nuit du samedi, nuit de noce, les nouvelles mariées ont reçu des conseils et bénédictions de leurs parents, avant de rejoindre leur mari dans la belle-famille. Le matin du 18 mai, tout le village a partagé un petit déjeuner commun, puis après les jeunes mariés ont fait le tour de la localité pour les salutations d’usage. Dans l’après-midi, juste après la prière de 14 heures, le podium s’est installé sur la place publique afin de recevoir les couples. La cérémonie a été dirigée par l’imam Beh Karamoko Dembélé, entouré de nombreux notables dont le chef de village Komane Dembélé et plusieurs invités. Le guide religieux a formulé des bénédictions pour les nouveaux foyers, leur bonheur, leur santé, la longévité de leur couple et beaucoup d’enfants. Ensuite, les forgerons du village ont agrémenté la soirée par l’exposition de masques appelées ‘Tioko’ en langue Dafing. Ils ont parfaitement exécuté une danse folklorique au rythme des tams-tams des griots. La cérémonie purement traditionnelle et religieuse a pris fin avec la montée des nouvelles mariées au-dessus du puits sacré du village. Où chacune des trente-deux désormais épouses/femmes devrait puiser, au moins, un seau d’eau, signe de stabilité de son foyer et de fertilité. Les réjouissances ont continué toute la nuit. Une longue nuit…Et rendez-vous est pris pour l’année prochaine. JD/MD (AMAP)

Le Premier ministre Abdoulaye Maïga detaille le Programme d’action du gouvernement

Bamako, 19 mai (AMAP) Le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, a présenté, devant le Conseil national de Transition (CNT) les grandes lignes du Programme d’action du gouvernement (PAG), lundi, mettant en avant des mesures concrètes pour la gestion de la dette, la relance économique, l’assainissement, la sécurité et le développement durable. Le chef du gouvernement, qui intervenant lors des débats, après la présentation du PAG vendredi, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), a annoncé le déblocage de 2,253 milliards de Fcfa pour apurer les dettes des fournisseurs de l’État, avec un effort supplémentaire de 1,103 milliard de Fcfa en 2024. Par ailleurs, 963 milliards de Fcfa ont été mobilisés pour les dépenses du personnel de l’État, des collectivités et des établissements publics, tandis que 194 milliards de Fcfa et 114 milliards de Fcfa ont été alloués, respectivement, aux dettes extérieure et intérieure. Un programme spécial, lancé en octobre 2024, en partenariat avec les sociétés minières, a permis d’injecter 402 milliards de Fcfa dans l’économie nationale, à travers le paiement de mandats aux fournisseurs. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie de mobilisation accrue des ressources intérieures et de réduction du déficit budgétaire, malgré les sanctions économiques de 2022 et le resserrement monétaire de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) depuis 2023. Le Premier ministre a confirmé la mise en place de l’Agence du bassin du fleuve Niger, créée par l’ordonnance n°02-049 du 29 mars 2022, pour assurer le draguage ciblé du fleuve et lutter contre la pollution. Concernant la restitution des espaces verts, un cadre juridique rigoureux, appuyé par la loi n°10-028 du 12 juillet 2010 et la loi n°2021-032 du 24 mai 2021, encadre leur protection et leur classification. Des actions d’identification et d’immatriculation des espaces verts sont en cours pour garantir leur restitution aux citoyens. À l’approche de la fête de Tabaski, prévue le 7 juin 2025, le gouvernement, via les ministères chargés du Développement rural et de la Pêche, organisera des ventes promotionnelles de béliers dans plusieurs régions et à Bamako. Avec un objectif de 34 150 béliers contre 31 000 en 2024, cette opération vise à réguler les prix, lutter contre la spéculation et garantir des revenus aux éleveurs. Sur le plan sécuritaire, le Premier ministre a évoqué des initiatives comme le Comité consultatif de sécurité et la police de proximité renforcent le lien entre les populations et les forces de défense. En matière de dialogue social, le gouvernement a honoré ses engagements avec les syndicats, notamment en payant 5,821 milliards de FCFA de droits de travail pour certaines entreprises d’État et en négociant le règlement de 18,395 milliards de Fcfa pour d’autres sociétés. Le gouvernement prévoit le démarrage des travaux du pont métallique provisoire de -Woyowayanko le 5 juin 2025, avec une ouverture au trafic fin août 2025. Concernant le transport fluvial, des projets comme le bateau-bus et la relance du transport Bamako-Koulikoro sont en cours. Pour la mobilité urbaine à Bamako, des études sont lancées pour l’acquisition d’un tramway et de bus modernes. Pour 2026, la relance économique repose sur le soutien aux entreprises, la création d’emplois via le Fonds de garantie du secteur privé et la mise en œuvre de la vision « État-stratège ». En matière d’assainissement, des campagnes de sensibilisation, le curage des caniveaux et l’augmentation des effectifs de la voirie (400 manœuvres et 250 agents) sont prévus à Bamako. Une usine de transformation des déchets, capable de traiter 1 400 tonnes par jour et de produire 40 MW d’énergie, est également à l’étude. Le gouvernement a mis en place un dispositif d’assistance pour le rapatriement des Maliens en détresse, en partenariat avec l’Organisation internationale des migrations (OIM). Des campagnes de sensibilisation contre la migration irrégulière et la création de la Maison du Malien de l’extérieur en 2018 renforcent ces efforts. Par ailleurs, 45 personnes en situation de handicap ont été recrutées lors des deux derniers concours de la fonction publique, avec des quotas prévus pour les futurs recrutements. La réhabilitation du chemin de fer Bamako-Diboli se fera en écartement standard, en coordination avec le Sénégal. La compagnie aérienne Mali Airlines avance avec la nomination d’un coordonnateur, l’ouverture d’un compte bancaire et des missions pour trouver des partenaires stratégiques. Le Premier ministre a conclu en réaffirmant l’engagement du gouvernement à répondre aux défis économiques, sociaux et sécuritaires, tout en consolidant les acquis pour un Mali résilient et prospère. OS/MD (AMAP)

Maroc : la Princesse Lalla Hasnaa préside la 1ère session du Conseil d’administration de la Fondation du théâtre royal de Rabat

Rabat, 15 mai (AMAP) Son Altesse Royale, la Princesse Lalla Hasnaa, présidente de la Fondation du théâtre royal de Rabat, accompagnée de Mme Brigitte Macron, a présidé, jeudi, la première session du Conseil a de ladite Fondation dans les locaux de l’institution culturelle et artistique, rapporte Mahgreb Arab Presse (MAP). « Fruit de la vision éclairée de SM le Roi, le théâtre royal de Rabat se veut une concrétisation de la Haute Sollicitude Royale sans cesse manifestée à l’égard de l’art et de la culture ?, indique MAP. Son Conseil d’administration, « formé d’éminentes personnalités issues d’horizons différents, s’attachera, dans le cadre des hautes orientations royales, à fixer et à enrichir un cadre stratégique pour cette institution ». Ce Conseil est composé de : -Cheikha Al Mayassa Bint Hamad Al-Thani, Présidente du Conseil d’administration de Qatar Museums ; -Mme Brigitte Macron, épouse du Président de la République française ; -M. Othman Benjelloun; -M. Michael Zaoui ; -M. Makhtar Diop ; -Mme Huda Alkhamis-Kanoo ; -M. Gad Elmaleh ; -M. Michel Canesi ; -Mme Hélène Mercier-Arnault ; -M. Farid Bensaïd ; -M. Mohamed Yacoubi. MD (AMAP)

Conférence inaugurale de Faso Sifinso : Un espace d’échange pour bâtir le Mali kura

Bamako, 16 mai (AMAP) Des chercheurs, historiens, enseignants, hommes de culture et étudiants ont participé, jeudi, à la conférence inaugurale de « Faso Sifinso»,  sur le thème : «Yérédon», c’est-à-dire les repères fondamentaux pour la jeunesse malienne, développé par le Professeur de Nko, Mamadi Keïta, et Seydou Idrissa Traoré de l’Association djoko ni maaya. Dans un amphithéâtre Kary Dembélé de l’École normale supérieure (ENSUP) de Bamako archicomble, les deux conférenciers ont mis l’accent sur « l’importance de la connaissance de soi et de ses racines pour bâtir une jeunesse consciente, patriote et porteuse du Mali nouveau. »  Selon eux, « il s’agit de bâtir un modèle de Malien qui inspire l’amour de la patrie, la reconnaissance et le respect de nos valeurs ancestrales. » Placée sous le haut patronage du président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, la cérémonie était présidée par le ministre de l’Artisanat, de la Culture de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé. C’était en présence de ses collègues de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Bouréma Kansaye, et de l’Éducation nationale, Amadou Sy Savané. Le ministre chargé de la Culture a expliqué le concept « Faso Sifinso », qui est un programme socioéducatif destiné à être déployé dans l’ensemble des établissements scolaires du pays, notamment du primaire à l’université. C’est un espace dédié aux débats, à la transmission des valeurs et à l’éducation à la citoyenneté. « Nous allons utiliser l’art pour éduquer nos enfants comme dans nos traditions. Ce programme vise aussi à recréer un lien entre les jeunes et les valeurs fondatrices du Mali », a dit le ministre Mamou Daffé. Selon lui, il s’agit d’un projet structurant, centré sur la production et la diffusion d’outils d’art social, à travers des activités culturelles régulières comme le théâtre, les contes, les conférences, les animations en club, etc. La finalité de ‘Faso Sifinso’ « est de former une jeunesse malienne patriote, enracinée dans ses traditions, consciente de son identité et de son rôle dans la construction du Mali kura. » Le programme entend répondre à l’appel du président de la Transition pour la refondation des mentalités, dans un contexte marqué par une profonde crise de repère chez les jeunes. Mamou Daffé a, aussi, attiré l’attention du public « sur la déperdition de la jeunesse malienne qui est aussi plus grave que le terroriste. » « De nos jours, il est urgent de reconstruire sur nos fondements, nos valeurs régaliennes et notre Dambé », a insisté le ministre avant d’annoncer qu’il est prévu d’organiser, chaque jeudi, des activités artistiques et culturelles dans les espaces scolaires et universitaires afin de revenir à nos valeurs. Il a soutenu que « plusieurs conférences thématiques permettront d’enrichir la réflexion sur les piliers de notre identité », avant de saluer l’engagement collectif des membres du gouvernement pour la refondation de Mali Kura. Ses collègues du gouvernement ont exprimé leur adhésion au projet et réitéré leur volonté d’accompagner l’initiative pour sa réussite. Ils ont, aussi, confirmé l’importance de ‘Faso Sifinso’ dans la refondation du Mali. Pour sa part, le directeur général de l’ENSUP, Moussa Keïffing Kanté, a souligné que les structures d’encadrement de la jeunesse, de la famille, des groupes d’âge, du village ont historiquement joué un rôle fondamental dans la transmission des valeurs africaines. Pour Seydou Idrissa Traoré, « cet espace socio-éducatif nous enseigne le Yèrèdon, connaissance de soi, pour savoir d’où nous venons et où nous allons ». À noter que l’événement est organisé par le Ministère en charge de la Culture dans le cadre de 20025, Année de la culture. GT/MD (AMAP)                                                                

13e édition du Grand tour du Mandé, étape de Kangaba

Kangaba, 13 mai (AMAP) Le promoteur du Grand tour du Mandé (Kirina, Kangaba, Kéla), le célèbre griot Bourama Soumano, président de l’Association Kouma et ses amis ont été reçus avec tous les honneurs lundi 12 mai 2025, à Kangaba (Ouest) sur la place du Kama-blon, dans le cadre de la 13e édition de l’évènement, a constaté l’AMAP. « Si le Grand tour du Mandé se renforce d’année en année, c’est seulement et surtout grâce à la bénédiction des sages du Mandé », a déclaré M. Soumano face aux dignitaires venus au grand complet l’accueillir sur la place publique de Kangaba. Selon lui, l’Association Kouma n’est autre qu’une association pour valoriser nos valeurs culturelles. Cette édition 2025 correspond à l’année dédiée à la Culture par le général d’Armée Assimi Goïta président de la Transition chef de l’Etat a rappelé le président de l’Association Kouma. Il a invité « les sages du Mandé à formuler des bénédictions pour son association et le Grand tour du Mandé en général, et pour la Transition et son président le général d’Armée Assimi Goïta en particulier. » Au nom des sages de Kangaba, Namory Traoré de la famille fondatrice de Kangaba a formulé des bénédictions pour le Mali. Il a réaffirmé le soutien indéfectible du Mandé à la Transition malienne. SD/MD (AMAP)