« L’Ombre d’un soir » : Une pièce de théâtre qui appelle à la citoyenneté

Bamako, 2 juil (AMAP) La pièce ‘L’Ombre d’un soir’, montée par l’Association Notre Culture (ANC), a offert, mardi soir, au public une œuvre sensible et engagée autour de la dignité, de l’honneur et de la citoyenneté dont la représentation s’est déroulée à Kuma Sô Théâtre, au Quartier du Fleuve, devant une foule de spectateurs, dans une cour bondée. Lors du spectacle, les comédiens ont incarné avec intensité l’histoire d’un amour impossible entre une noble et un griot, empêché par le poids des castes et des traditions. Une union rejetée par les parents, dans une société où le rang social continue de peser plus lourd que les élans du cœur. Écrite par Salimata Togora et mise en scène par Mohamed Diawara, la pièce interroge les traditions et les barrières sociales, tout en prônant des valeurs telles que la dignité, l’honneur, la droiture et le respect des fondements culturels. Plus qu’un simple exercice artistique, ‘L’Ombre d’un soir’ se veut une réflexion profonde sur les effets de certaines normes sur les liens matrimoniaux. Dans un décor minimaliste de bancs, chaises en bois, nattes tressées, le public a voyagé durant 1h30mn au cœur d’une société figée dans nos réalités sociales. « On peut être griot et avoir de la dignité, comme être noble et manquer d’honneur », explique le metteur en scène pour qui la citoyenneté n’est pas un statut mais un comportement. Un message largement compris par l’assistance, captivée de bout en bout. À la sortie, les témoignages émus fusaient. « J’ai vécu la même chose », confie un spectateur, encore bouleversé. « Les parents de ma première femme ont refusé qu’elle m’épouse parce que je suis griot », se remémore-t-il, avec amertume. Le titre ‘L’Ombre du soir’, ou ‘Chou dia’, en Bambara, renvoie, selon la dramaturge, à l’instant charnière de la pièce : une escapade amoureuse surprise au crépuscule, qui révèle au grand jour une relation interdite. Selon Salimata Togora, l’idée est née d’un appel à la création lancé par le ministère de la Culture, à l’occasion de l’année de la Culture, autour du thème des valeurs citoyennes. « À travers cette pièce, on veut questionner nos traditions et faire passer un message : la citoyenneté, ce n’est pas un statut, c’est un comportement », a-t-elle souligné. TC/MD (AMAP)

Une conférence débat pour promouvoir la langue et la culture songhoï

Bamako, 28 juin (AMAP) « Pour qu’une culture soit fertile il faut la langue. Et, notre combat c’est de transmettre aux jeunes générations nos savoirs endogènes », a dit le conférencier Alassane Amadou Maiga, à la 4ème édition de la Conférence-débat sur la culture songhoi », qui s’est déroulée, samedi, à l’Université Bazo de Sotuba avec objectif de mettre en valeur la culture songhoï, à travers la langue et son apprentissage. M. Maiga, un des intervenants sur les thèmes : « Quelle est l’origine des Songhoï ? », « Les Songhoï, qui sont-ils ? » et « Les Songhoï sont-ils en voie de disparition ? Quelles perspectives pour leur survie et leurs épanouissement effectif ? », a rappelé que cela fait quatre ans qu’ils organisent ce genre de conférence « pour sensibiliser les jeunes à apprendre et à écrire leur langue. » « Parce qu’une culture, c’est la langue. Quand la langue disparait, la société va disparaitre », a-t-il affirmé. Le Pr Abdoulaye Touré, qui a assisté à la conférence, parle de sa communauté, de ses origines, de sa culture, de sa langue, trouve l’exercice réconfortant de mettre en valeur la langue de sa communauté. « Je vois déjà ce que cela apporte à la communauté et je vois toute l’importance », a souligné le Pr Touré. Venue de Téra, une Région du Niger, pour cette conférence, Mme Bourahima Maimouna, invitée d’honneur, s’est dit beaucoup impressionnée par ces jeunes formés en langue didactique songhoï. « Il faut encourager nos enfants à apprendre à lire et à écrire en songhoï, maintenir notre culture et la transmettre à nos enfants », a-t-elle souligné. Et, salué les initiateurs pour l’organisation de cette belle journée « culturelle songhoï » La conférence avait comme parrain, Abass Diallo et marraine, Houreymatou Cissé. Celle-ci a expliqué que « c’est une manière pour nous de faire la promotion de la culture Songhoi. Comme le nous e savons déjà tous, le Songhoi ce n’est pas que le Mali, ça été un grand empire dans le temps et avec ce genre d’évènement, on a appris beaucoup sur la culture, la nourriture et sur l’origine de la culture songhoï. L’évènement est initié par le responsable de la Radio « La Voix du Nord », Hamadou Seydou Maiga. Les thèmes ont été exposés par des professeurs d’universités spécialisés dans l’histoire du Songhoï et des spécialistes du terroir songhoï, notamment, le Pr Amadou Diadié Sangho, traditionaliste et médiateur social, Dr Ahmed Ibrahim, ainsi qu’Alassane Amadou Maïga, ingénieur d’aviation à la retraite. Un des temps forts de l’évènement, a été la remise d’attestations de reconnaissance aux conférenciers, au parrain et à la marraine ainsi qu’à d’autres personnes pour leur soutien à la promotion de la culture songhoï.  Des attestations de formation initiale en langue songhoï ont été remis à 39 jeunes. ST/MD (AMAP)    

Célébration de la journée de l’Afrique : Finale du Parcours pédagogique de la Tour de l’Afrique et du concours littéraire

Bamako, le 28 juin (AMAP) La finale de la 10ème édition du Parcours pédagogique et celle de la 2ème édition du concours littéraire entre les universités et les écoles supérieures, ont eu lieu, ce samedi 28 juin, à la Tour de l’Afrique, dans le cadre de la célébration de l’Unité africaine, a constaté l’AMAP sur place. Organisées par le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, à travers la Tour de l’Afrique, ces activités clôturent la célébration de la journée de l’Afrique de cette année. En marge de ces finales du parcours pédagogique de la Tour de l’Afrique et du concours littéraire, une conférence-débats, animée par notre confrère Salif Sanogo, a marqué cet événement. Sur le thème : « L’identité culturelle africaine, socle de l’intégration des Peuples d’Afrique », M. Sanogo, dans son exposé, a donné des explications, définitions et autres révolutions en cours en Afrique, en lien avec l’identité culturelle. Sur ce dernier point, le conférencier a cité les trois principes qui guident désormais l’action publique au Mali. Selon lui, l’identité culturelle est ce en quoi se reconnaît une communauté, et est rarement statique. « L’identité culturelle d’une personne est généralement plurielle et peut être comprise comme une dynamique en mouvement…», a-t-il expliqué, ajoutant que c’est un concept à construire. « Elle doit signifier l’égalité entre toutes les communautés », a fait savoir Salif Sanogo. Il s’agit de faire en sorte que les jeunes puissent s’approprier nos valeurs culturelles. Ainsi, le conférencier a parlé de la valorisation des légitimités traditionnelles au Mali par les autorités de la Transition. « Il faut qu’on arrive à ne plus développer le concept de complexe culturel par rapport à l’Occident », a insisté M. Sanogo. Pour lui, « il est temps qu’on se lève avant qu’il ne soit trop tard. »  « Quand on perd notre culture, on devient déraciné », a-t-il dit Il a, aussi, souligné que la langue peut être la principale source d’intégration et que l’économie doit soutenir le développement culturel. Il a cité le cas des radios internationales que les grandes puissances financent pour valoriser leur culture à travers le monde. Le Secrétaire général du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mahamadou dit Koumbouna Diarra, a salué les participants à ce jeu-concours qui en est à sa 10ème édition. « Il n’y a guère de gagnants et de perdants car vos participations ont servi toute l’Afrique », a-t-il fait noter. Au total, 60 participants de six écoles secondaires et quatre écoles supérieures ont participé à ces concours. Le président du jury, Djibrila Maïga,  a expliqué à l’assistance le processus du parcours pédagogique qui s’intéresse au panafricanisme et à la culture malienne. Le concours s’est déroulé en ligne. Le jury s’est félicité du niveau acceptable des candidats. Les trois premiers dans chaque catégorie ont été primés. Au Concours littéraire, la 3ème place est revenue à Aminata Diakité Licence1 de l’Ecole supérieure de journalisme et des sciences de communication (ESJSC), le 2ème prix à Issa Guindo de la Faculté des lettres et des sciences du langage (FLSL). Awaïssou Aboubacar de l’École normale supérieure (ENSUP) a remporté le1er prix. Au Parcours pédagogique, le 3ème prix a été attribué à Binta Dème du lycée Bassan Barry tandis que Moussou Mady Kéita du lycée public de Ouéléssébougou s’est emparée de la place. Et le 1er prix a été enlevé par Anzoumane B. Tigana du lycée Askia Mohamed. Des prix spéciaux ont, aussi, été remis à des candidats, ecoles et autres personnalités. La directrice de la Tour de l’Afrique, Mme Maïga Mariam B, Maïga, s’est réjouie du bon déroulement de l’évènement. OD/MD (AMAP)

Tenenkou : Echanges sur les préparatifs de la Biennale artistique et culturelle 2025

Tenenkou, 25 juin (AMAP) Une rencontre d’échanges sur la Semaine artistique et culturelle, en prélude à la Biennale prévue en décembre prochain, s’est tenue, mercredi, à la préfecture du Cercle de Tenenkou, sous la présidence du deuxième adjoint au préfet, le sous-préfet de l’arrondissement central, le capitaine Boubacar Sissoko, représentant le préfet. Dans son intervention, le deuxième adjoint au préfet, a salué l’organisation de cette rencontre qui vise à se pencher sur les préparatifs de la biennale artistique de 2025 au niveau local. Il a rappelé qu’en cette année 2025, dédiée à la culture décrétée par les plus autorités nationales, « il est important que le Cercle de Tenenkou puisse relever le pari de l’organisation », et que cette biennale artistique « est l’occasion de mettre en lumière l’immense trésor culturel du Maassina qui mérite d’être connu et préservé pour les générations futures. » Il a aussi mentionné que cette Biennale artistique et culturelle est une opportunité de renforcer la cohésion sociale entre tous les jeunes du cercle de Tenenkou, gage d’un développement durable. Il a, enfin, invité les leaders communautaires à s’investir pleinement pour que Tenenkou gagne le défi de l’organisation, avant de rappeler que l’administration restera toujours disposée à accompagner toutes les actions qui concourent à la promotion de nos valeurs culturelles. Au cours des échanges, les participants ont abordé les questions de l’organisation, les modalités de participation et la sécurité de l’évènement. Les leaders communautaires, la Coordination des associations et organisations féminines (CAFO) et le Conseil communal de la jeunesse ont tous salué cette initiative et réaffirmé leur engagement pour la réussite de la Biennale. A partir du mois de juillet prochain, les différentes troupes artistiques de Tenenkou feront vibrer les populations de Tenenkou, autour de notre riche culture. Ont pris part à cette rencontre le secrétaire général de la Commune urbaine de Tenenkou, le représentant du service local de la jeunesse, les chefs de quartiers de Tenenkou, les représentants des Forces de defense et de securité (FDS), le président du Conseil communal de la jeunesse et la représentante de la CAFO. AS/MD (AMAP)

Le Document-cadre de la Nouvelle politique culturelle soumise à validation

Bamako, le 23 juin (AMAP) Le Document-cadre de la Politique nationale de la culture, de l’artisanat et du tourisme au Mali est soumis, lundi, pour être validé, aux participants d’un atelier national ouvert, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, en compagnie de son collègue en charge des Affaires religieuses, Mahamadou Koné. Selon le ministre Daffé, l’élaboration du document illustre parfaitement les propos du président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, qui a décrété  2025, Année de la Culture au Mali pour faire de ce secteur le pilier pour bâtir le Mali nouveau. « Ce document-cadre de politique nationale de la culture, de l’artisanat et du tourisme, élaboré dans une approche participative, s’insère parfaitement dans la vision Mali kura ɲetaasira ka bɛn san 2063 ma et dans la Stratégie nationale pour l’émergence et développement durable 2024-2033 », a-t-il précisé. Ajoutant qu’il s’inscrit. également, dans le Programme présidentiel de développement culturel Maliden kura 2025-2027. Le texte est un document de référence et d’orientation « dont l’élaboration a été initiée par le département chargé de la Culture, dans une démarche innovante, inclusive et participative, impliquant l’ensemble des acteurs publics et privés du secteur concernés. » Il est présenté comme prenant en compte « l’évolution des différents concepts » dans les trois secteurs (sous tutelle du ministère) et le contexte socio-culturel actuel. La politique comporte trois axes stratégiques, à savoir : la culture, facteur de stabilisation et du vivre-ensemble, et valorisation du patrimoine culturel ; l’axe porte sur la professionnalisation et l’appui à la créativité et à l’innovation dans une dynamique de promotion des Industries culturelles et créatives (ICC), de financement des secteurs de la culture, de l’artisanat et du tourisme et de l’accès au marché. Enfin, le dernier volet concerne la promotion de l’image du Mali. Les axes sont déclinés en actions et en activités prenant en compte les besoins et les aspirations des acteurs des trois secteurs, conformément aux recommandations des états généraux et des différentes assises et concertations. Il a soutenu que cette politique vise la transformation structurelle de toute une génération, pour les 20 prochaines années. Pour le Mahamadou Koné, « c’est le document du Mali tout court », car selon lui, « la culture est la base de tout. » OD/MD (AMAP)

Bandiagara : La 2e édition du Festival Sigui a fait vibrer la ville

Par Oumar Guindo Bandiagara, 22 juin (AMAP) Au coeur du pays Dogon, Bandiagara (Centre), du 20 au 22 juin 2025, la ville a vibré au rythme de la culture et de la paix, à l’occasion de la 2e édition du Festival Sigui, rendez-vous culturel majeur initié par un fils du terroir, Dr Ousmane Goro, ‘Petit Goro’, a constaté l’AMAP sur place. Placé sous le thème : « Gestion pacifique des conflits et lutte contre la désinformation », l’édition 2025 s’inscrit pleinement dans la dynamique de résilience et de cohésion sociale qui anime la Région de Bandiagara, durement éprouvée, ces dernières années, par une crise sécuritaire sans précédent. Dans un contexte où le président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, a décrété 2025 « Année de la Culture », cette initiative résonne comme un acte fort de résistance culturelle et de promotion de la paix. Elle est placée sous le parrainage du gouverneur de la Région de Bandiagara, le colonel-major Olivier Diassana, et le marrainage de Mme Guindo Yaigueré Tembely, ‘Fifi’, présidente du Conseil régional de la Société civile de Bandiagara et directrice de l’ONG Yagtu. La cérémonie s’est déroulée en présence de toutes les couches socio-professionnelles, ainsi que des festivaliers massivement mobilisé, venus de toute la Région et de Bamako auxquels le représentant de la famille fondatrice, Hamadoun Tembely, a souhaité la chaleureuse bienvenue. Le maire de la Commune urbaine de Bandiagara, Abdoulaye Kassogué, a exprimé sa gratitude à l’initiateur du Festival, tout en saluant une oeuvre qui participe à l’épanouissement de la ville. Le président de l’Association Moron Bemo, Dr Ousmane Goro, et le celui de la Commission d’organisation, Baba Napo, ont, tour à tour, adressé des remerciements aux autorités, partenaires et populations pour « leur engagement et soutien. » Le Directeur régional de la culture, Souleymane Coulibaly, a, quant à lui, souligné « l’importance de la valorisation des cultures locales, pierre angulaire du développement et de la réconciliation. » Dans son discours d’ouverture, le gouverneur Olivier Diassana a salué la qualité de l’organisation et la pertinence du thème retenu. Il a exhorté les populations « à s’unir autour des valeurs de paix, de solidarité et de préservation du patrimoine culturel. » Durant trois jours, Bandiagara a vibré au rythme des prestations artistiques mettant en lumière la richesse du patrimoine Dogon et Peulh, à travers danses, chants traditionnels et expositions de masques rituels. Des activités de sensibilisation ont également mis en exergue des problématiques telles que la désinformation, la violence en milieu jeune et la promotion du vivre-ensemble. Le Festival Sigui se veut un espace de dialogue interculturel, un creuset de tolérance mais, surtout, un symbole d’espoir pour toute une région qui, en dépit des épreuves, continue de croire en ses valeurs et en son avenir. OG/MD (AMAP)

La 625é édition du Sanké Mô : « Pas de développement durable sans la prise en compte des valeurs culturelles fondatrices de notre société », a déclaré le Premier ministre malien

Envoyés spéciaux Makan SISSOKO Amadou KONATÉ San, 15 juin (AMAP) « Il ne peut y avoir de développement harmonieux et durable sans la prise en compte des valeurs culturelles fondatrices de notre société », a déclaré le Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga, qui a procédé, jeudi, en fin d’après-midi, à San (Centre), à l’ouverture de la 625è édition du « Sanké Mô », rite de pêche collective dans la mare Sanké, dont l’édition de cette année a mobilisé les populations de Santoro et Karantela, a constaté l’AMAP. Le Premier ministre, présent à San, pour le lancement de la 26è édition de la Quinzaine de l’environnement, a indiqué que la célébration de ce rite traditionnelle illustre parfaitement la vision du président de la Transition. C’est dans cette dynamique qu’Abdoulaye Maïga a annoncé que le Président de la Transition a décrété 2025, année de la Culture au Mali, afin de faire de ce secteur un pilier central de la refondation nationale. « Le Mali renaîtra de ses cendres lorsque les Maliens retourneront aux sources, c’est-à-dire aux valeurs ancestrales », a-t-il lancé. Inscrit sur la liste du Patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente de l’Unesco, le « Sanké Mô » est un espace d’expression de la diversité culturelle locale. Il se manifeste à travers des performances artistiques, des rituels et des pratiques de pêche traditionnelle. Ce rendez-vous culturel est aussi un puissant vecteur de transmission des savoirs et savoir-faire traditionnels, d’une génération à l’autre. Il renforce les valeurs de tolérance, de solidarité, de paix et de cohésion sociale entre les différentes communautés qui, depuis des siècles, se reconnaissent dans cette tradition. Selon le chef du gouvernement, le « Sanké Mô » contribue fortement à la revitalisation culturelle des terroirs, en droite ligne avec la vision du chef de l’État. « À travers ces manifestations, nous comprenons pourquoi les communautés de San ont préservé cette pratique ancestrale dont nous célébrons aujourd’hui la 625è édition. Depuis 625 ans, les populations perpétuent la mémoire des Anciens : cela est rare et mérite d’être salué », a-t-il souligné. Le rite de pêche collective constitue également une occasion privilégiée pour mieux comprendre l’histoire, la portée symbolique et l’importance des traditions socioculturelles liées à la mare Sanké. À cet effet, le Premier ministre a lancé un appel aux autorités administratives, aux légitimités traditionnelles et à l’ensemble des parties prenantes pour une synergie d’actions en faveur de la sauvegarde et de la promotion du « Sanké Mô ». Selon le Général de division Abdoulaye Maïga, cela permettra de réduire les menaces qui pèsent sur cette tradition, d’en faciliter la transmission aux générations futures et d’en préserver la valeur universelle exceptionnelle. « Cette vision engage tous les acteurs politiques, administratifs, chercheurs, universitaires, associations et gardiens de la tradition. Tout le monde doit se mobiliser pour garantir la tenue annuelle de l’événement », a-t-il exhorté. Le Premier ministre a également remercié les autorités et légitimités traditionnelles de la région, en particulier celles de la ville de San, pour leur contribution au développement du Mali et à la préservation du « Sanké Mô ». Il les a encouragées à poursuivre leurs efforts, affirmant que le « Sanké Mô » symbolise la richesse du patrimoine culturel national. Le chef du gouvernement a, en outre, instruit les ministères concernés de prendre les dispositions nécessaires pour assurer, chaque année, l’accompagnement de l’État à cet événement. Il a exprimé le vœu que les offrandes et sacrifices effectués à cette occasion annoncent une bonne saison des pluies et de meilleures récoltes sur l’ensemble du territoire, tout en renforçant les efforts en faveur de la paix, de la stabilité, de la cohésion sociale et de la réconciliation nationale. L’événement, placé sous le parrainage du président de la Transition, a enregistré la présence du ministre en charge de la Culture, Mamou Daffé, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement, des partenaires techniques et financiers, des autorités administratives, des légitimités traditionnelles de San et des villages voisins. MS/MD (AMAP)

Journées hommage à Souleymane Cissé : un héritage à transmettre

Bamako, 13 juin (AMAP) Les Journées d’hommage à Souleymane Cissé, prévues du 13 au 14 juin, ont débuté venderdi au Centre international de conférence de Bamako par une cérémonie présidée par le ministre des Affaires religieuses et du Culte, Mahamadou Koné, représentant son collègue en charge de la Culture, a constaté l’AMAP. Selon le président de la commission de la Fédération nationale du cinéma et de l’audiovisuel du Mali (FENACAM), Alou Konaté, ces Journées « ne sont pas seulement un adieu, mais aussi un appel à poursuivre le combat du réalisateur, à protéger et valoriser son héritage et à former une génération consciente et engagée pour le cinéma malien et africain. » M. Konaté a ajouté que Souleymane Cissé est parti, mais que sa lumière continuera d’éclairer les écrans. Pour sa part, Salif Traoré, représentant la famille de Souleymane Cissé, a souligné que l’œuvre du défunt « a permis de faire connaître le Mali à travers le monde. » « Et, il l’a fait contre vents et marées, sans jamais rien attendre en retour », a-t-il dit. Par ailleurs, 2025 est décrétée année de la Culture, « le ministre de tutelle, Mamou Daffé, a concrétisé cette reconnaissance à travers l’organisation de ces journées d’hommage au cinéaste », a indiqué le ministre Mahamadou Koné. En conclusion, il a déclaré que « c’est un baobab qui est tombé, mais que les mémoires n’oublieront jamais. » « Souleymane Cissé restera présent parmi les siens à travers ses œuvres et l’héritage qu’il a semé pour le Mali et le monde entier », a-t-il ajouté. AC/MD (AMAP)  

Kangaba: Réunion sur les préparatifs de la Biennale artistique et culturelle, Tombouctou 2025

Kangaba, 11 juin (AMAP) Plusieurs personnes ont pris part, mercredi matin, dans la salle de réunion du Cercle de Kangaba, à la rencontre d’information sur les préparatifs de la Biennale artistique et culturelle, Tombouctou 2025, initiée par le préfet Abou Dao, a constaté sur place l’AMAP. Cette rencontre intervient à la suite logique de la lettre du ministère chargé de la Culture en date du 29 avril 2025 sur la préparation de la prochaine Biennale artistique et culturelle, prévue à Tombouctou. Dans cette lettre, le ministère en charge de la Culture invite les préfets à préparer les troupes locales pour la phase régionale, en mettant en compétition celles des communes de leur ressort respectif, dans plusieurs disciplines artistiques et culturelles (pièce de théâtre, orchestre, ballet, ensemble instrumental traditionnel, exposition, danse traditionnelle, chœur, solo de chant et exposition des objets d’art). La réunion a planché sur comment organiser cette phase communale a Kangaba. Le préfet a précisé que les phases communales doivent se dérouler durant le mois de juillet 2025. Il a, également, cité les objectifs de la Biennale qui visent, entre autres, à sauvegarder l’identité culturelle nationale, faire connaître la richesse et la diversité du patrimoine culturel et artistique du Mali, contribuer à la renaissance et au rayonnement de la culture malienne, détecter et promouvoir les talents artistiques et culturels, notamment jeunes. Il s’agit, aussi, de contribuer au renforcement du patrimoine, du civisme, de l’unité nationale, de la paix, du vivre ensemble et de la cohésion sociale, de contribuer au développement socio-économique et favoriser le développement des infrastructures culturelles au niveau régional et local. Les maires et les sous-préfets se concerteront, dans les communes, pour proposer des voies et moyens pour la bonne préparation de l’évènement, dans les délais. D’ores et déjà, les participants ont recommandé de tenir les prochaines Biennales pendant la saison sèche. Une autre rencontre sera bientôt organisée au cours de laquelle un calendrier sera fixé pour la phase locale. SD/MD (AMAP)

Fête traditionnelle des masques à Mouni, dans le Cercle de Mandiakuy (Centre).

Mandiakuy, 09 juin (AMAP) Lundi, 09 juin 2025, le village de Mouni a vibré au rythme des tams-tams et des masques, lors d’une cérémonie culturelle de grande envergure célébrée chaque année dans ce petit village Bwa avant l’installation de la saison des pluies, a constaté l’AMAP. Autrefois, elle ne passait jamais inaperçu. Grand festival national des masques pendant une décennie, l’insécurité grandissante dans la zone à réduit l’événement à sa forme traditionnelle. Après avoir passé dix jours dans la brousse, les masques sont revenus dans le village, lundi matin en trois groupes. Le premier groupe de masques, pour donner le ton de la fête aux environs de midi. Une dizaine de masques, tous noirs, ont fait le tour du village, en exécutant des danses expiatoires, signes de demande de pardon et prier les ancêtres de leur accorder une bonne saison de pluie. Ils sont suivis par de nombreuses femmes et des enfants. Le deuxième groupe fait son entrée et visite les sites de culture et de tradition. Ces Bwa sont des cultivateurs de produits vivriers, d’arachide et surtout en fibre de dah (hibiscus, oseille), essentielle dans la fabrication des masques. Enfin, le troisième et dernier groupe de masques retourne au village aux environs de 16 heures. Celui-là passe devant les concessions des notables, exécute des danses folkloriques aux rythmes des tams-tams et des flûtes traditionnels avant de rejoindre la place publique où la fête s’est déroulée toute la soirée. Le chef de village Kalifa Thienou que nous avons rencontré chez lui, a formulé des voeux de paix et de stabilité pour la nation Mali, « seule condition qui pourrait permettre le retour du festival des masques dans son village. » JD/MD (AMAP)