Le Document-cadre de la Nouvelle politique culturelle soumise à validation

Bamako, le 23 juin (AMAP) Le Document-cadre de la Politique nationale de la culture, de l’artisanat et du tourisme au Mali est soumis, lundi, pour être validé, aux participants d’un atelier national ouvert, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, en compagnie de son collègue en charge des Affaires religieuses, Mahamadou Koné. Selon le ministre Daffé, l’élaboration du document illustre parfaitement les propos du président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, qui a décrété  2025, Année de la Culture au Mali pour faire de ce secteur le pilier pour bâtir le Mali nouveau. « Ce document-cadre de politique nationale de la culture, de l’artisanat et du tourisme, élaboré dans une approche participative, s’insère parfaitement dans la vision Mali kura ɲetaasira ka bɛn san 2063 ma et dans la Stratégie nationale pour l’émergence et développement durable 2024-2033 », a-t-il précisé. Ajoutant qu’il s’inscrit. également, dans le Programme présidentiel de développement culturel Maliden kura 2025-2027. Le texte est un document de référence et d’orientation « dont l’élaboration a été initiée par le département chargé de la Culture, dans une démarche innovante, inclusive et participative, impliquant l’ensemble des acteurs publics et privés du secteur concernés. » Il est présenté comme prenant en compte « l’évolution des différents concepts » dans les trois secteurs (sous tutelle du ministère) et le contexte socio-culturel actuel. La politique comporte trois axes stratégiques, à savoir : la culture, facteur de stabilisation et du vivre-ensemble, et valorisation du patrimoine culturel ; l’axe porte sur la professionnalisation et l’appui à la créativité et à l’innovation dans une dynamique de promotion des Industries culturelles et créatives (ICC), de financement des secteurs de la culture, de l’artisanat et du tourisme et de l’accès au marché. Enfin, le dernier volet concerne la promotion de l’image du Mali. Les axes sont déclinés en actions et en activités prenant en compte les besoins et les aspirations des acteurs des trois secteurs, conformément aux recommandations des états généraux et des différentes assises et concertations. Il a soutenu que cette politique vise la transformation structurelle de toute une génération, pour les 20 prochaines années. Pour le Mahamadou Koné, « c’est le document du Mali tout court », car selon lui, « la culture est la base de tout. » OD/MD (AMAP)

Bandiagara : La 2e édition du Festival Sigui a fait vibrer la ville

Par Oumar Guindo Bandiagara, 22 juin (AMAP) Au coeur du pays Dogon, Bandiagara (Centre), du 20 au 22 juin 2025, la ville a vibré au rythme de la culture et de la paix, à l’occasion de la 2e édition du Festival Sigui, rendez-vous culturel majeur initié par un fils du terroir, Dr Ousmane Goro, ‘Petit Goro’, a constaté l’AMAP sur place. Placé sous le thème : « Gestion pacifique des conflits et lutte contre la désinformation », l’édition 2025 s’inscrit pleinement dans la dynamique de résilience et de cohésion sociale qui anime la Région de Bandiagara, durement éprouvée, ces dernières années, par une crise sécuritaire sans précédent. Dans un contexte où le président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, a décrété 2025 « Année de la Culture », cette initiative résonne comme un acte fort de résistance culturelle et de promotion de la paix. Elle est placée sous le parrainage du gouverneur de la Région de Bandiagara, le colonel-major Olivier Diassana, et le marrainage de Mme Guindo Yaigueré Tembely, ‘Fifi’, présidente du Conseil régional de la Société civile de Bandiagara et directrice de l’ONG Yagtu. La cérémonie s’est déroulée en présence de toutes les couches socio-professionnelles, ainsi que des festivaliers massivement mobilisé, venus de toute la Région et de Bamako auxquels le représentant de la famille fondatrice, Hamadoun Tembely, a souhaité la chaleureuse bienvenue. Le maire de la Commune urbaine de Bandiagara, Abdoulaye Kassogué, a exprimé sa gratitude à l’initiateur du Festival, tout en saluant une oeuvre qui participe à l’épanouissement de la ville. Le président de l’Association Moron Bemo, Dr Ousmane Goro, et le celui de la Commission d’organisation, Baba Napo, ont, tour à tour, adressé des remerciements aux autorités, partenaires et populations pour « leur engagement et soutien. » Le Directeur régional de la culture, Souleymane Coulibaly, a, quant à lui, souligné « l’importance de la valorisation des cultures locales, pierre angulaire du développement et de la réconciliation. » Dans son discours d’ouverture, le gouverneur Olivier Diassana a salué la qualité de l’organisation et la pertinence du thème retenu. Il a exhorté les populations « à s’unir autour des valeurs de paix, de solidarité et de préservation du patrimoine culturel. » Durant trois jours, Bandiagara a vibré au rythme des prestations artistiques mettant en lumière la richesse du patrimoine Dogon et Peulh, à travers danses, chants traditionnels et expositions de masques rituels. Des activités de sensibilisation ont également mis en exergue des problématiques telles que la désinformation, la violence en milieu jeune et la promotion du vivre-ensemble. Le Festival Sigui se veut un espace de dialogue interculturel, un creuset de tolérance mais, surtout, un symbole d’espoir pour toute une région qui, en dépit des épreuves, continue de croire en ses valeurs et en son avenir. OG/MD (AMAP)

La 625é édition du Sanké Mô : « Pas de développement durable sans la prise en compte des valeurs culturelles fondatrices de notre société », a déclaré le Premier ministre malien

Envoyés spéciaux Makan SISSOKO Amadou KONATÉ San, 15 juin (AMAP) « Il ne peut y avoir de développement harmonieux et durable sans la prise en compte des valeurs culturelles fondatrices de notre société », a déclaré le Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga, qui a procédé, jeudi, en fin d’après-midi, à San (Centre), à l’ouverture de la 625è édition du « Sanké Mô », rite de pêche collective dans la mare Sanké, dont l’édition de cette année a mobilisé les populations de Santoro et Karantela, a constaté l’AMAP. Le Premier ministre, présent à San, pour le lancement de la 26è édition de la Quinzaine de l’environnement, a indiqué que la célébration de ce rite traditionnelle illustre parfaitement la vision du président de la Transition. C’est dans cette dynamique qu’Abdoulaye Maïga a annoncé que le Président de la Transition a décrété 2025, année de la Culture au Mali, afin de faire de ce secteur un pilier central de la refondation nationale. « Le Mali renaîtra de ses cendres lorsque les Maliens retourneront aux sources, c’est-à-dire aux valeurs ancestrales », a-t-il lancé. Inscrit sur la liste du Patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente de l’Unesco, le « Sanké Mô » est un espace d’expression de la diversité culturelle locale. Il se manifeste à travers des performances artistiques, des rituels et des pratiques de pêche traditionnelle. Ce rendez-vous culturel est aussi un puissant vecteur de transmission des savoirs et savoir-faire traditionnels, d’une génération à l’autre. Il renforce les valeurs de tolérance, de solidarité, de paix et de cohésion sociale entre les différentes communautés qui, depuis des siècles, se reconnaissent dans cette tradition. Selon le chef du gouvernement, le « Sanké Mô » contribue fortement à la revitalisation culturelle des terroirs, en droite ligne avec la vision du chef de l’État. « À travers ces manifestations, nous comprenons pourquoi les communautés de San ont préservé cette pratique ancestrale dont nous célébrons aujourd’hui la 625è édition. Depuis 625 ans, les populations perpétuent la mémoire des Anciens : cela est rare et mérite d’être salué », a-t-il souligné. Le rite de pêche collective constitue également une occasion privilégiée pour mieux comprendre l’histoire, la portée symbolique et l’importance des traditions socioculturelles liées à la mare Sanké. À cet effet, le Premier ministre a lancé un appel aux autorités administratives, aux légitimités traditionnelles et à l’ensemble des parties prenantes pour une synergie d’actions en faveur de la sauvegarde et de la promotion du « Sanké Mô ». Selon le Général de division Abdoulaye Maïga, cela permettra de réduire les menaces qui pèsent sur cette tradition, d’en faciliter la transmission aux générations futures et d’en préserver la valeur universelle exceptionnelle. « Cette vision engage tous les acteurs politiques, administratifs, chercheurs, universitaires, associations et gardiens de la tradition. Tout le monde doit se mobiliser pour garantir la tenue annuelle de l’événement », a-t-il exhorté. Le Premier ministre a également remercié les autorités et légitimités traditionnelles de la région, en particulier celles de la ville de San, pour leur contribution au développement du Mali et à la préservation du « Sanké Mô ». Il les a encouragées à poursuivre leurs efforts, affirmant que le « Sanké Mô » symbolise la richesse du patrimoine culturel national. Le chef du gouvernement a, en outre, instruit les ministères concernés de prendre les dispositions nécessaires pour assurer, chaque année, l’accompagnement de l’État à cet événement. Il a exprimé le vœu que les offrandes et sacrifices effectués à cette occasion annoncent une bonne saison des pluies et de meilleures récoltes sur l’ensemble du territoire, tout en renforçant les efforts en faveur de la paix, de la stabilité, de la cohésion sociale et de la réconciliation nationale. L’événement, placé sous le parrainage du président de la Transition, a enregistré la présence du ministre en charge de la Culture, Mamou Daffé, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement, des partenaires techniques et financiers, des autorités administratives, des légitimités traditionnelles de San et des villages voisins. MS/MD (AMAP)

Journées hommage à Souleymane Cissé : un héritage à transmettre

Bamako, 13 juin (AMAP) Les Journées d’hommage à Souleymane Cissé, prévues du 13 au 14 juin, ont débuté venderdi au Centre international de conférence de Bamako par une cérémonie présidée par le ministre des Affaires religieuses et du Culte, Mahamadou Koné, représentant son collègue en charge de la Culture, a constaté l’AMAP. Selon le président de la commission de la Fédération nationale du cinéma et de l’audiovisuel du Mali (FENACAM), Alou Konaté, ces Journées « ne sont pas seulement un adieu, mais aussi un appel à poursuivre le combat du réalisateur, à protéger et valoriser son héritage et à former une génération consciente et engagée pour le cinéma malien et africain. » M. Konaté a ajouté que Souleymane Cissé est parti, mais que sa lumière continuera d’éclairer les écrans. Pour sa part, Salif Traoré, représentant la famille de Souleymane Cissé, a souligné que l’œuvre du défunt « a permis de faire connaître le Mali à travers le monde. » « Et, il l’a fait contre vents et marées, sans jamais rien attendre en retour », a-t-il dit. Par ailleurs, 2025 est décrétée année de la Culture, « le ministre de tutelle, Mamou Daffé, a concrétisé cette reconnaissance à travers l’organisation de ces journées d’hommage au cinéaste », a indiqué le ministre Mahamadou Koné. En conclusion, il a déclaré que « c’est un baobab qui est tombé, mais que les mémoires n’oublieront jamais. » « Souleymane Cissé restera présent parmi les siens à travers ses œuvres et l’héritage qu’il a semé pour le Mali et le monde entier », a-t-il ajouté. AC/MD (AMAP)  

Kangaba: Réunion sur les préparatifs de la Biennale artistique et culturelle, Tombouctou 2025

Kangaba, 11 juin (AMAP) Plusieurs personnes ont pris part, mercredi matin, dans la salle de réunion du Cercle de Kangaba, à la rencontre d’information sur les préparatifs de la Biennale artistique et culturelle, Tombouctou 2025, initiée par le préfet Abou Dao, a constaté sur place l’AMAP. Cette rencontre intervient à la suite logique de la lettre du ministère chargé de la Culture en date du 29 avril 2025 sur la préparation de la prochaine Biennale artistique et culturelle, prévue à Tombouctou. Dans cette lettre, le ministère en charge de la Culture invite les préfets à préparer les troupes locales pour la phase régionale, en mettant en compétition celles des communes de leur ressort respectif, dans plusieurs disciplines artistiques et culturelles (pièce de théâtre, orchestre, ballet, ensemble instrumental traditionnel, exposition, danse traditionnelle, chœur, solo de chant et exposition des objets d’art). La réunion a planché sur comment organiser cette phase communale a Kangaba. Le préfet a précisé que les phases communales doivent se dérouler durant le mois de juillet 2025. Il a, également, cité les objectifs de la Biennale qui visent, entre autres, à sauvegarder l’identité culturelle nationale, faire connaître la richesse et la diversité du patrimoine culturel et artistique du Mali, contribuer à la renaissance et au rayonnement de la culture malienne, détecter et promouvoir les talents artistiques et culturels, notamment jeunes. Il s’agit, aussi, de contribuer au renforcement du patrimoine, du civisme, de l’unité nationale, de la paix, du vivre ensemble et de la cohésion sociale, de contribuer au développement socio-économique et favoriser le développement des infrastructures culturelles au niveau régional et local. Les maires et les sous-préfets se concerteront, dans les communes, pour proposer des voies et moyens pour la bonne préparation de l’évènement, dans les délais. D’ores et déjà, les participants ont recommandé de tenir les prochaines Biennales pendant la saison sèche. Une autre rencontre sera bientôt organisée au cours de laquelle un calendrier sera fixé pour la phase locale. SD/MD (AMAP)

Fête traditionnelle des masques à Mouni, dans le Cercle de Mandiakuy (Centre).

Mandiakuy, 09 juin (AMAP) Lundi, 09 juin 2025, le village de Mouni a vibré au rythme des tams-tams et des masques, lors d’une cérémonie culturelle de grande envergure célébrée chaque année dans ce petit village Bwa avant l’installation de la saison des pluies, a constaté l’AMAP. Autrefois, elle ne passait jamais inaperçu. Grand festival national des masques pendant une décennie, l’insécurité grandissante dans la zone à réduit l’événement à sa forme traditionnelle. Après avoir passé dix jours dans la brousse, les masques sont revenus dans le village, lundi matin en trois groupes. Le premier groupe de masques, pour donner le ton de la fête aux environs de midi. Une dizaine de masques, tous noirs, ont fait le tour du village, en exécutant des danses expiatoires, signes de demande de pardon et prier les ancêtres de leur accorder une bonne saison de pluie. Ils sont suivis par de nombreuses femmes et des enfants. Le deuxième groupe fait son entrée et visite les sites de culture et de tradition. Ces Bwa sont des cultivateurs de produits vivriers, d’arachide et surtout en fibre de dah (hibiscus, oseille), essentielle dans la fabrication des masques. Enfin, le troisième et dernier groupe de masques retourne au village aux environs de 16 heures. Celui-là passe devant les concessions des notables, exécute des danses folkloriques aux rythmes des tams-tams et des flûtes traditionnels avant de rejoindre la place publique où la fête s’est déroulée toute la soirée. Le chef de village Kalifa Thienou que nous avons rencontré chez lui, a formulé des voeux de paix et de stabilité pour la nation Mali, « seule condition qui pourrait permettre le retour du festival des masques dans son village. » JD/MD (AMAP)

Journées d’hommage à Souleymane Cissé à Bamako les 13 et 14 juin 2025

Bamako, 03 juin (AMAP) La Fédération nationale du cinéma et de l’audiovisuel du Mali (FENACAM), en collaboration avec la famille Cissé, et sous le patronage du président de la Transition et du ministre en charge de la Culture, organise les premières Journées d’hommage à Souleymane Cissé les 13 et 14 juin 2025 à Bamako, a appris, mardi, l’AMAP de source officielle. « Ces journées célèbrent la mémoire du cinéaste malien, décédé le 19 février 2025, et son œuvre majeure (Baara, Finyè, Yeelen, Waati), qui a marqué le cinéma africain par son engagement et son universalité », indique un communiqué parvenu à l’AMAP. Au programme : des projections de films, exposition de photographies et trophées, conférences-débats, dont une sur la contribution de M. Cissé au cinéma malien et africain, ainsi qu’un grand débat télévisé sur Office de radiodiffusion et télévision (ORTM) 1. Une projection en plein air aura lieu à Bozola, quartier natal de l’artiste. Ces activités visent à « honorer la mémoire, l’œuvre et l’engagement de Souleymane Cissé, pionnier du cinéma africain engagé, et inspirer les générations futures à poursuivre son combat artistique et culturel », ajoute le communiqué. Il s’agit, précisément de valoriser l’héritage cinématographique à travers projections, conférences et témoignages ; créer un cadre de réflexion sur l’avenir du cinéma malien et africain ; encourager les jeunes talents à s’inspirer de son engagement pour un cinéma libre ; promouvoir le dialogue interculturel à travers son œuvre. « Nous sommes fiers de cette initiative de la FENACAM et de la famille de Souleymane, qui vise à reconnaître l’important travail qu’il a réalisé pour le Mali et pour l’Afrique », a indiqué Mamou Daffé, ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme. Le ministre estime que ces Journées d’hommage épousent parfaitement l’esprit de l’Année de la culture décrétée par le Président de la Transition le Général d’Armée Assimi Goïta. OS/MD (AMAP)

Sikasso : Le festival international triangle du balafon prévu les 9, 10 et 11 octobre 2025(Ministère chargé de de la Culture)

Sikasso, 03 juin (AMAP) Une délégation du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, a annoncé la tenue de la 9ème édition du Festival international triangle du balafon à Sikasso, les 9, 10 et 11 octobre prochains, dates provisoires. En séjour, la semaine dernière, dans la Cité verte du Kénédougou, la délégation, composée du directeur national de l’action culturelle, Alamouta Danioko et du Conseiller technique du ministre de la culture, Abdoulaye Diombana, a également expliqué les enjeux et les attentes par rapport à cette grande compétition de balafongistes du Mali, Burkina Faso, de la Côte d’ivoire et d’ailleurs. « Notre motivation, c’est l’année de la Culture. C’est donc la vision du président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta », a affirmé le conseiller technique Abdoulaye Diombana. Les autorités, selon lui, ont décidé de faire revivre le Festival triangle balafon dans la Région de Sikasso. Il a invité la population de Sikasso « au bon accueil et à tout faire pour que ce festival soit une réussite. » Pour sa part, le directeur national de l’action culturelle, Alamouta Danioko a précisé que Sikasso est considéré comme « la capitale du balafon. » Le balafon, à ses dires, reste l’identité de la région. A cet effet, il a rappelé la construction du monument du balafon sur la route de Bobo-Dioulasso (Burkina Faso) dans la ville de Sikasso. Toute chose qui fait de la région, la capitale du balafon. Selon lui, Sikasso est sous les projecteurs depuis l’annonce du festival. Faisant le point des préparatifs de l’évènement, Alamouta Danioko a dit que les termes de références ont été élaborés. Ils sont à pied d’œuvre pour bien mener le reste des préparatifs. De son côté, le président du Conseil régional de Sikasso, Yaya Bamba,a indiqué que la population avait la nostalgie du Festival international triangle du Balafon dont la dernière célébration date de 2017. « C’est un honneur pour la Région de reprendre le festival. On fera de notre mieux pour que l’évènement soit à la hauteur des souhaits », a confié M. Bamba. Et d’inviter toute la population ainsi que tous les balafonistes à s’impliquer davantage pour la réussite de la fête. « Nous préparons cet évènement avec beaucoup de patriotisme et de fierté. Sikasso est déjà dans les activités de l’année de la Culture. Le Testival international triangle du balafon ne viendra que renforcer cela », a souligné le directeur de cabinet du gouverneur, Bernard Coulibaly. A l’issue des échanges, les préoccupations des participants ont porté sur les critères de sélection des pays participants, la construction du balafon, le dispositif sécuritaire etc. La réunion de la délégation avec les acteurs culturels a été présidée par le directeur de cabinet du gouverneur, Bernard Coulibaly. Ont pris part à la rencontre le président du Conseil régional, Yaya Bamba, le représentant du maire de la Commune urbaine de Sikasso, Oumar Goïta et des forces vives de Sikasso. MFD/MD (AMAP)      

Maliwood : Une ambition nationale pour relancer le cinéma malien

Bamako, 02 juin (AMAP) L’ancien ministre malien de la Culture et cinéaste, Cheick Oumar Sissoko, a émis lundi, le vœu que des productions maliennes soient vues sur les écrans maliens, lors de la Journée de réflexion sur le document-cadre du programme Maliwood, au Centre international de conférences de Bamako, a constaté l’AMAP. « Dans cette perspective, il devient impératif de proposer d’autres contenus sur nos écrans, en rupture avec les images venues d’ailleurs, porteuses de valeurs incompatibles avec nos repères culturels », a précisé l’auteur de « Guimba ».Cette réunion avait pour objectif d’examiner les moyens de création d’un Maliwood, afin de structurer une véritable industrie cinématographique nationale. Le chef du cabinet  du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Nohan Sow, a  indiqué que cette initiative est issue des Assises nationales de l’Artisanat et de la Culture. En effet, pour M. Sow, il s’agit « de mettre en place un cinéma malien à l’image de Hollywood et d’autres pays, afin de créer une véritable chaîne de valeur autour du cinéma et de l’audiovisuel. » Par ailleurs, l’ouverture de cet atelier permettra d’examiner les voies et moyens à mobiliser pour y parvenir. Pour sa part, Cheick Oumar Sissoko, a souligné que cette rencontre constitue une opportunité pour les cinéastes « de réfléchir sur leur présent et leur devenir. » « Ainsi, il sera possible d’évaluer ce qu’il adviendra des programmes qui seront élaborés et soumis au ministre », a-t-il ajouté « Cette initiative est d’autant plus salutaire que, selon le cinéaste, les Maliens le savent, nous sommes actuellement dans le creux de la vague. » « Autrefois premier, le cinéma malien traverse aujourd’hui une crise profonde, se retrouvant dans le peloton de queue », a-t-il regretté. L’actuel ministre en charge de l’Artisanat, Mamou Daffé, ambitionne la création d’un Maliwood, un projet qui sera discuté lors de cette journée. Si de grandes perspectives existent, force est de constater que l’État reste encore en deçà du soutien attendu. « À titre d’exemple, une subvention de 6 milliards de Fcfa promise depuis 2016 n’a toujours pas été concrétisée, alors que d’autres pays, en soutenant activement leur cinéma, parviennent à se faire connaître à travers leur art » a-t-il conclu. Selon la secrétaire générale de la Fédération nationale du cinéma et de l’audiovisuel du Mali, Salimata Tapily, l’année 2025 a été décrétée Année de la Culture par le président de la Transition, Assimi Goïta. Ainsi, cette décision, à la fois historique et symbolique, inscrit la Culture au rang de priorité nationale. Elle a rappelé que « la Culture ne constitue pas un simple ornement de l’identité malienne, mais représente le socle même de la souveraineté. Par conséquent, il s’agit d’une invitation à se recentrer sur l’essentiel : être un peuple de mémoire, de création et de transmission. » Le chef du cabinet du ministère chargé de l’Artisanat, Nohan Sow, qui a présidé la séance avait à ses côtés, l’ancien ministre de la Culture, Cheick Oumar Sissoko et la secrétaire générale de la Fédération nationale du cinéma et de l’audiovisuel du Mali, Salimata Tapily. AC/MD (AMAP)

Mali : Les interdits dans la société pour l’équilibre et la cohésion sociale

Par Siné S. TRAORE                                                                     Au Mali, les interdits sociaux sont omniprésents dans toutes les ethnies et sous toutes les facettes de la vie traditionnelle. Mais, à l’ère de la modernité sans frein, ces interdits revêtent-ils encore une valeur sacrée aux yeux de la jeune génération ? Bamako, 02 juin (AMAP) Une mère déconseille à son fils de se marier avec une jeune fille. Le garçon transgresse l’interdit. Quinze ans de mariage, le couple n’a toujours pas d’enfant. La société a vite fait de mettre cela sur le compte des conséquences de l’interdit qui a été franchi ! Dans une discussion sur le sujet, un grand-frère sociologue a fait noter que depuis des siècles, au Mali, les communautés, les rites et la culture vivent au rythme d’un certain nombre d’interdits sociaux codifiés par la tradition. Ces interdits, qui régulent, pour ainsi dire, le fonctionnement même de la communauté, sont si ancrés dans les croyances et les comportements, qu’ils sont considérés comme un héritage de valeurs sacrées léguées par les aïeux. De Kayes  (Ouest) à Kidal (Nord), dans les vestibules des villages du Mandé ou sous les tentes accueillantes des Arabes de Tombouctou, il y a une réalité qui frappe tout visiteur, un tant soit peu observateur. Cette réalité, héritée des us et coutumes transmis de génération en génération : les interdits sociaux rythment la vie des populations. Etablis par les ancêtres, afin d’atteindre l’équilibre et la cohésion sociale, ces règles non écrites sont comme une boussole de la personnalité de l’Homme malien dans ses rapports avec ses prochains, avec la nature. Parmi ces interdits, on peut citer : « le fait de parler la bouche pleine » ; « fixer un aîné dans les yeux lorsque vous lui parlez » ; « trainer dans la rue au crépuscule »; « enjamber son époux » ; « balayer la nuit », « répondre étant dans les toilettes » etc. En passant la société malienne à la loupe, l’on se rend compte que, s’il y a quelques interdits qui semblent communs à presque toutes les cultures, la plupart du temps, chaque aire culturelle a ses interdits spécifiques. Ainsi, selon que l’on soit chez les Dogon, les Minianka, les Bwa ou les Soninké etc. ; ce qui relève de l’ordre de l’interdit absolu aux yeux d’une ethnie, peut être appréhendé comme une pratique tolérée aux yeux d’une autre. D’ailleurs, il est fréquent de voir que des interdits sont liés à une famille, à un clan, à une tribu, à un village ou une ville. FAIS-ÇI, FAIS-ÇA, FAIS SEULEMENT – Selon le Pr Mohamed Tounkara, qui enseigne la psychologie à l’École normale supérieure (ENSup), les interdits sont là comme des signaux d’alerte pour empêcher quiconque d’outrepasser ses droits et de tomber dans une forme de chaos comportemental. Il cite, par exemple, « la consommation d’œufs de poule par les enfants », « le coït entre un homme et une femme dans la brousse, en milieu Bwa », « le bain corporel au crépuscule pour une femme enceinte », ou encore « la consommation de la viande de rat par une femme en état de grossesse ». Le spécialiste affirme que les interdits jouent carrément un rôle de garde-fous destinés à préserver les valeurs morales de la société. « Un des avantages des interdits est de protéger la société et ses acquis mais, aussi, d’assurer un certain équilibre ou cohésion sociale, ainsi que le respect des normes et des valeurs », fait-il remarquer. Poussant plus loin dans ses explications, le Pr Tounkara analyse certains interdits comme de simples astuces dont le but est d’empêcher certains abus et non comme des émanations liées au sacré. Il revient, à ce propos, sur l’interdiction faite aux enfants de s’approprier des œufs. « Faire croire aux enfants qu’ils ne doivent pas consommer les œufs de poule n’a d’autre signification que de permettre aux poules d’élever leurs poussins. Les anciens ont ainsi imaginé cette menace pour freiner la voracité des enfants et laisser le temps aux poules d’éclore leurs œufs », explique-t-il. Mais, posons-nous une question ! Qu’advient-il si un interdit est allégrement violé par un membre de la société ? Le Pr Tounkara souligne que des sanctions sont souvent prises. Par exemple, cite-t-il, « pour le cas du coït entre un homme et une femme dans la brousse, en milieu Bwa ; les présumés fautifs sont punis publiquement, le jour de foire du village. » Et Tounkara d’ajouter : « Ils, les fautifs, peuvent aussi être contraints d’amener un bouc ou une chèvre que les sacrificateurs égorgeront pour en extraire la graisse. Cette graisse sera fondue sur du feu puis le liquide graisseux brûlant sera déversé sur les parties intimes des deux coupables. » « Cette pratique punitive, nous dit Tounkara, permettra de soulager les « dieux » de la brousse ou de la nature, car ceux-ci auront été offensés et la nature également souillée. » « Sans cela, précise le Pr Tounkara, les Bwa prédisent que l’hivernage risque de se passer sous de mauvais augure et ne sera pas très pluvieux ». UNE CONSTRUCTION HUMAINE – Cependant, peut-on situer avec exactitude l’origine des innombrables interdits qui ponctuent la vie sociale malienne ? Pour le Dr Fodé Moussa Sidibé, enseignant-chercheur et traditionnaliste, les interdits naissent, en réalité, à partir de l’observation des habitudes sociales. Dans leur démarche d’observateurs mais, aussi, de gardiens de la cohésion sociale, les ancêtres ont alors pris l’habitude de frapper d’interdiction toute attitude qu’ils jugeaient dangereuse pour l’harmonie du vivre-ensemble. « Tous les interdits ont été institués selon l’expérience de vie de la communauté. Leur but ? Maintenir le vivre-ensemble et tisser des liens entre les uns et les autres », révèle Dr Fodé Moussa Sidibé. Selon lui, en principe, tous les interdits ont des conséquences directes ou indirectes, qu’on n’y croit ou pas, selon la tradition. « Parce que dans plusieurs cas, quand on dit que telle chose est interdite, les gens posent la question. « Mais pourquoi c’est interdit ? » Souvent, on ne répond pas parce que ce sont des lois non écrites de la société auxquelles on doit se plier, si nous voulons être un élément central de la société », explicite-t-il. « Les interdits, souligne, le traditionnaliste Sidibé, ont ceci de positif qu’ils servent, très souvent, aussi, à préserver