Mutation des griots : Le grand écart entre tradition et quête de bien-être
Par Moussa M. DEMBELE À Bamako, comme dans beaucoup de villes de pays de cette tradition, en Afrique de l’Ouest, les griots, jadis mémoire collective et acteurs de médiation sociale, connaissent une mutation. Si certains continuent d’incarner la tradition, d’autres sont accusés d’avoir troqué leur rôle de conciliateur par appât du gain. Bamako, 14 juil (AMAP) La transmission orale, socle des sociétés africaines, a longtemps été assurée par les griots, dépositaires de l’histoire, des généalogies et de la parole sacrée. De génération en génération, ils ont su préserver les savoirs, jouer les médiateurs et animer la vie communautaire. Mais, aujourd’hui, certains estiment qu’ils ont délaissé leur mission au profit d’un confort personnel. Ce dimanche 18 mai, à Bamako, comme le chantait le duo du défunt Amadou et son veuve Mariam, « c’est le jour des mariages ». Au centre-ville, les cortèges s’enchaînent. Dans un quartier périphérique, l’arrivée d’un couple fraîchement marié attire les regards. La mariée, en robe blanche, est accompagnée d’un époux en boubou blanc. À leurs côtés, une griotte micro en main s’adresse au père de la jeune femme : « Les griots de Bamako ont faim. Nous demandons aux nobles hommes de nous donner à manger. Coulibaly, sois fier, car tout le monde n’a pas la chance de marier sa fille ». Un vieux griot renchérit, en s’égosillant : « C’est le respect de la parole donnée qui fait la différence entre les hommes. Et tu as toujours tenu tes promesses. Tu es un homme digne. Nous sommes tous ici pour l’argent. » DEVOIR MORAL OU QUETE D’ARGENT – Ce genre de discours agace certains observateurs. Pour Salimata Fomba, femme au foyer, les griots ont délaissé leur vocation. « Aujourd’hui, ils ne s’intéressent qu’aux personnes riches. Lors des mariages, j’ai peur qu’un griot parle de moi. Ils poussent les gens à aller au-delà de leurs moyens. Si vous ne casquez pas, vous n’aurez pas droit à des éloges », se désole-t-elle. Même constat chez Issiaka Dembélé, qui lie l’augmentation des divorces au changement des griots dans leur rôle traditionnel. « Avant, ils intervenaient pour réconcilier les époux. Aujourd’hui, ils ne sont présents que dans les cérémonies festives », dit-il. Adama Diabaté, griot à Bamako, se défend : « Nous n’avons pas d’autres métiers. J’informe les gens des cérémonies mais, souvent, je ne reçois rien. Nous méritons une récompense. » Le statut de griot ne s’acquiert pas, il se transmet. « On ne devient pas griot, on naît griot. Ce n’est pas une ethnie, mais une fonction héréditaire », explique Bourama Soumano. Il avance que la crise des griots s’inscrit dans un effritement général des repères sociaux. « Ce n’est pas que les griots qui ont failli. Les notables et les autorités aussi. Autrefois, notre parole était écoutée. Aujourd’hui, elle ne compte plus », regrette-t-il. Autre facteur de cette mutation est l’absence de cadre juridique. « L’État n’a prévu aucune loi reconnaissant notre rôle. Jadis, nous étions conseillers, éducateurs, animateurs. Toutes ces fonctions nous ont été arrachées », déplore Djeli Soumano. Dr El Hadji Ousmane Boré, historien à la Faculté d’histoire et géographie de Bamako, rappelle le rôle central des griots dans les sociétés anciennes. « Ils servaient de contre-pouvoir dans les régimes monarchiques. Un roi pouvait tout décider mais, seul le griot pouvait le faire réfléchir en invoquant ses ancêtres », argumente-t-il. Mais le professeur note une dérive : « Aujourd’hui, qui sont les vrais griots ? L’argent a tout corrompu. Ce métier noble est devenu une activité mercantile. » Pour lui, une solution existe. « Il faut créer une école pour griots, avec des formations en éthique, histoire et communication. Des associations existent mais, il faut une volonté politique pour encadrer cette pratique », propose-t-il. Kemoko Diabaté, étudiant -journaliste passionné d’histoire des griots et grio de naissance lui-même, déplore qu’autrefois, les griots ne mendiaient pas. « Ils avaient un vrai pouvoir : celui de la parole. Aujourd’hui, certains suivent les mariages dans la rue, demandent le nom des gens et improvisent des louanges. Ce n’est pas cela un griot », explique-t-il. Il retrace le déclin de la fonction, amorcé, selon lui, au XVIIe siècle. « Avec l’arrivée des colons et la disparition des souverains, les griots ont perdu leur place. Ils sont devenus tailleurs, commerçants ou griots ambulants », ajoute-t-il. Ajoutant que l’introduction de la guitare a transformé leur art. L’oralité est devenue un moyen de survie. « Aujourd’hui, rares sont ceux qui perpétuent les vraies valeurs », conclu-t-il. MMD/MD (AMAP)
Kangaba se prépare pour la phase locale de la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou 2025
Kangaba, 10 juil (AMAP) Le préfet du Cercle de Kangaba (Ouest), Abou Dao, a réuni, mercredi 9 juillet 2025, les maires des huit Communes du Cercle pour organiser la phase locale de la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou 2025, a constaté l’AMAP. « Cette rencontre vise à garantir une bonne préparation de la phase locale, qui se tiendra du 24 au 26 juillet 2025 », a déclaré le préfet Dao. Les discussions ont principalement porté sur le règlement de cette phase locale, avec la fixation des dates d’ouverture et de clôture, respectivement prévues pour le jeudi 24 juillet et le samedi 26 juillet 2025. Les troupes des huit communes s’affronteront dans cinq disciplines : l’Ensemble instrumental traditionnel, le ballet à thème, la danse traditionnelle, le chœur et le solo de chant. Placée sous le thème « la Culture, socle pour l’ancrage de la 4e République », la Biennale de Tombouctou 2025 met l’accent sur des sous-thèmes comme la culture comme levier de la refondation de l’État, le reflet du Mali multiculturel dans la 4e République et son rôle en faveur de la paix et de l’unité. Le chef de service local de l’Action culturelle, Christophe Pépé Loua, a détaillé le règlement, insistant sur l’importance de ces thématiques pour la réussite de l’événement. Le préfet a exprimé sa satisfaction quant à l’engagement des maires, tous expérimentés dans l’organisation de semaines locales et les a exhortés « à mobiliser leurs communes pour assurer le succès de la phase locale, condition essentielle pour une bonne performance à la phase régionale. » Les maires ont pleinement adhéré à l’initiative et se sont donné rendez-vous le 24 juillet à Kangaba. SD/OS/MD (AMAP)
Confection locale et vente des perles : Source de revenus et vecteur d’émancipation pour les femmes
Par Aminata SOUMAH Bamako, 9 juillet (AMAP) Les perles ne sont pas seulement des objets de beauté, mais aussi un symbole du savoir-faire de l’artisanat féminin et de l’émancipation des femmes dans diverses sociétés. Dans notre pays, elles occupent une place importante dans diverses cultures féminines à travers l’histoire. Au fil du temps, la valorisation de la perle s’est étendu sur diverses variétés de parures. Pour sa confection locale, la créativité implique souvent des compétences et de savoir-faire des génies locaux. Mme Ballo Assitan Soumaoro est la gérante de l’atelier firdaous qui a pour objectifs de former les femmes dans la confection des perles et d’autres activités génératrices de revenues. Dans son atelier, on transforme des perles en sacs à main, pots de fleur, porteclés, colliers, chaussures, etc. Avec des couleurs au souhait des clients, parfois, le drapeau national est mis en valeur à travers ses tricolores. Madame Ballo explique que les perles sont des objets valeureux qui représente la gente féminine, avec des styles attrayants surtout dans la tradition africaine. Par sa créativité, elle a su aller au-delà des anciens styles qui se limitaient aux atours des femmes. Ses œuvres qui servent à d’autres maquillages se vendent dans son atelier ou dans les marchés, les foires et à l’extérieur du pays. La gérante de firdaous fait savoir que la formation est purement pratique chez elle. Cela, pour promouvoir le travail des femmes, pour leur autonomisation et leur émancipation. En 3 semaines de formation, beaucoup d’entre les apprenantes peuvent commencer à faire leur propre création de styles. Elle dira que les graines de perles sont achetées au grand marché de Bamako, qui sont ensuite transformés à des différentes variétés de produits séduisants par son atelier avant de les exposer au marché. Mme Ballo Assitan Soumaoro affirme que la vente est bénéfique. Les produits fabriqués par l’atelier firdaous sont vendus de 500 à 1000 FCFA pour les portes clés, de 3000, 4000, voire 5000 Fcfa pour les sacs. Y existent aussi des produits de 15000 à 25000 Fcfa. Ils varient selon la taille et la qualité des objets. En dehors des parures féminines, de nombreuses personnes l’utilisent pour accessoires d’instrument musical. Ousmane Diallo en témoigne. Confectionneur de « yabara ou tchichara », un instrument de musique local, cet artiste pratique ce metier depuis plus de 20 ans. Il le fabrique à l’aide des graines de perles tissées avec des cordons au tour de petites calebasses non ouverte. Ousmane Diallo dit que ses œuvres d’art sont beaucoup convoités par les artistes musiciens, des choristes et des griots. Les prix varient selon les qualités, de 3000f et plus. « Nous les mettons à la disposition des clients à tout moment pour satisfaire leurs demandes. Dans la cour de l’artisanat, Ousmane Diawara fabrique un modèle de perle « Agade noire » très convoité par les hommes. Le jeune homme explique que les femmes aussi en trouvent leur compte. Ce métier, dira-t-il, lui a permis de participer à des foires nationales et internationales pour faire des expositions de ses produits, surtout dans les pays arabes et Asie. Depuis plus de 10 ans, Oumou Traore évolue dans la vente des perles. Rencontrée ce mercredi 18 juin 2025 au grand marché de Bamako, elle déambule entre les coins et recoins du marché. Soudain, elle s’arrête pour présenter son étale de perles à un présumé client. Cette marchande ambulante révèle que grâce à cette vente, elle arrive à satisfaire ses besoins quotidiens. Selon Oumou Traoré, le marché est actuellement morose, car elle ne vend que souvent 10.000 Fcfa par jour. Ses marchandises sont des bracelets, colliers, et autres commodités de parures pour enfants et adultes. La vendeuse avoue que l’industrie de la perle est non seulement une source de revenus pour des nombreuses femmes, mais c’est aussi vecteur d’émancipation. Baïni Coulibaly confectionne et vend ses perles depuis belle lurette. Elle le fait selon la préférence des acheteurs. Parmis ses objets, on trouve des perles argentées, en plastiques, des lumineux qui font la différence par leurs éclats pendant la nuit, etc. « Nous vendons nos perles en détail et en gros, selon ce que veut le client. La douzaine de certaines est cédée de 750 Fcfa, 1000 Fcfa à 4000 Fcfa » précise-t-elle. Chez Korotoumou Kanitao, vendeuse de perles à l’artisanat dans le grand marché de Bamako, on trouve des perles traditionnelles comme « mândja, mɔrɔmɔrɔ », les clous de girofle en perles. La vielle vendeuse qui a 60 ans d’expérience en la matière affirme que le prix de certains de ses produits s’élève de 30.000 Fcfa à 50.000 Fcfa. Les gens viennent acheter les perles en gros pour les exporter en Europe et dans des différentes foires d’expositions. Aminata Fofana, cliente croisée sur les lieux, fait savoir qu’elle peut porter une dizaine de perles dans la semaine pour séduire son conjoint. «Certains de mes ports sont de protection contre les mauvais yeux», affirme Aminata. La confection locale des perle constitue une véritable industrie qui rayonne de nos jours dans notre pays et permet à des artisans de tirer leur épingle du jeu. AS/KM (AMAP)
Préparatifs de la Biennale : Diéma à pied d’oeuvre
Diéma, 08 juil (AMAP) Une réunion préparatoire de la Biennale artistique et culturelle 2025 s’est tenue ce mardi 8 juillet 2025 à la préfecture de Diéma, sous la présidence du préfet Hamadou Yacouba Diallo,a constaté l’AMAP sur place Le préfet Diallo a remercié les participants pour leur présence, malgré les conditions climatiques parfois rudes en cette période d’hivernage. Il a indiqué l’importance qu’accorde le président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, à la culture qui en a fait « un levier incontournable dans la consolidation de la paix et la cohésion sociale. » Ainsi que ses efforts « pour la revalorisation de nos cultures et traditions pour une meilleure sauvegarde de nos identités culturelles, d’où la volonté du chef suprême des armées de renouer avec la biennale artistique et culturelle. » Le chef de l’exécutif local n’a pas été avare en mots pour exhorter les acteurs, « chacun en ce qui le concerne, à jouer pleinement sa partition pour gagner le pari. » Il a invité les acteurs à mettre les bouchées doubles afin que le Cercle de Diéma soit apprécié de tous lors de la Semaine régionale à Nioro. Compte tenu du temps relativement court, il a demandé aux maires de préparer leurs troupes dès leur retour dans leurs communes respectives pour leur permettre de valablement compétir à la Semaine locale, qui se déroulera à Diéma, du 25 au 31 juillet 2025. Aussi, toutes les stratégies seront développées pour faciliter le séjour des troupes qui feront le déplacement. Le chef du service de la jeunesse et des sports, Oumar Niafo, a évoqué les aspects techniques des préparatifs. Il a énuméré les cinq disciplines retenues, à savoir : la pièce de théâtre, la danse traditionnelle, l’ensemble instrumental, le solo de chant et la musique d’orchestre. Pour la bonne organisation de cet événement, il a été convenu de mettre en place une grande commission mixte qui comportera à son sein, des sous-commissions chargées des aspects organisationnels. Le programme détaillé des activités devrait parvenir au gouvernorat de Nioro dans un délai requis. Comme principale doléance, les élus ont sollicité le renforcement de la sécurité pour permettre à leurs troupes de faire des séances de répétition en toute quiétude. Tous les contours des préparatifs ayant été minutieusement examinés, des éclaircissements ont été apportés aux questions subsidiaires. Par rapport à la prise en charge des troupes durant leur séjour, et autres dépenses obligatoires, un budget sera élaboré et soumis aux différents maires pour financement. Au terme des débats, le préfet Hamadou Yacouba Diallo a adressé ses remerciements aux participants pour leurs contributions aux échanges avant de demander « humblement (aux maires) de ne pas traîner les pieds. » Le préfet avait également à ses côtés le 2e adjoint Attayoub Ould Mohamed, le sous-préfet de Dioumara, les maires des cinq communes que compte désormais le Cercle de Diéma (Diéma, Madiga Sacko, Dianguirdé, Dioumara, Gomitradougou) et plusieurs autres responsables impliqués. OB/MD (AMAP)
Biennale artistique et culturelle Tombouctou 2025 : Tenenkou prépare la phase locale
Tenenkou, 08 juil (AMAP) Une rencontre d’échanges sur l’organisation de la phase locale de la Biennale artistique et culturelle, Tombouctou 2025, s’est tenue, ce mardi, dans la salle Weltaré de la préfecture du Cercle de Tenenkou, a constaté l’AMAP sur place. L’ordre du jour portait sur l’état d’avancement des préparatifs de la phase locale de la biennale et la mobilisation pour la réussite de ce grand événement. Elle a été présidée par le 2è adjoint au préfet, sous-préfet de l’arrondissement central, représentant le préfet du cercle Tenenkou. Dans son intervention, le représentant du chef de l’exécutif local s’est félicité de l’organisation de cette rencontre qui est l’occasion d’échanger sur les préparatifs de la Biennale artistique et culturelle à Tenenkou. Il a rappelé que l’organisation de cette Biennale artistique et culturelle, en cette année 2025, année de la culture décrétée par le président de la Transition est motivée par plusieurs raisons. Il a aussi rappelé que l’objectif recherché est de faire de la culture un facteur d’unité nationale, de promotion de la paix, de cohésion sociale et du vivre-ensemble pour un sursaut patriotique basé sur les valeurs sociétales du Mali afin de contribuer à l’avènement du Malikura. Il a, aussi, indiqué que cette Biennale artistique et culturelle peut contribuer à la sauvegarde de l’identité culturelle nationale, à promouvoir la richesse et la diversité du patrimoine culturel et artistique du Mali et de contribuer au rayonnement de la culture malienne entre autres. Il a également invité les principaux acteurs à accélérer la cadence afin de relever le défi de l’organisation. Enfin, il a sollicité la mobilisation des forces vives locales afin de relever le défi de l’organisation. Pour le représentant du service local de la jeunesse, Adama Traoré, les préparatifs vont bon train dans les différents quartiers. Il a assuré que toutes les personnes ressources seront mises à contribution pour la réussite de cet évènement phare de l’année culturelle 2025. Au cours des échanges, les participants ont été imprégnés de l’état des préparatifs de la phase locale dans les différents quartiers qui devront compétir, du 21 au 28 juillet 2025, en solo, danse traditionnelle et théâtre. Les leaders communautaires se sont engagés à jouer pleinement leur partition pour que Tenenkou gagne le pari de l’organisation. Les représentants des commerçants, transporteurs et des éleveurs ont également promis d’apporter leur pierre à l’édifice. A la fin de la rencontre, le deuxième adjoint au préfet s’est félicité de la qualité des échanges, avant d’inviter les principaux acteurs « à maintenir la dynamique afin que cette phase locale de la biennale soit non seulement un moment de succès mais, aussi, un moment de cohésion, de fraternité, de vivre- ensemble et faire ensemble dans le cercle de Tenenkou. » Ont pris part à cette rencontre le secrétaire général de la mairie représentant le maire, le chef du détachement militaire, le représentant du commandant de la brigade territoriale de gendarmerie, le représentant du chef de peloton, le représentant du service local de la jeunesse et les représentants des autorités coutumières et des organisations de la Société civile. AS/MD (AMAP)
Festival des chorales de la paroisse de Yasso, près de Tominian (Centre)
Mandiakuy, 07 juil (AMAP) Toutes les chorales du diocèse de San ont convergé vers la paroisse de Yasso, du 04 au 06 juillet 2025, où s’est déroulé la 9 ème édition du Festival des chorales dont le thème a porté sur « Apport des jeunes dans le processus de la construction d’une paix sociale pour le vivre ensemble » Pendant trois jours, les paroisses, sauf celle de Mandiakuy, et en plus des chorales de l’église catholique et deux chorales des églises protestante évangéliques de Sanékuy et de Yasso, ont bénéficié des interventions du conférencier, l’abbé Kalifa Albert Dena, curé de la paroisse de San. L’abbé Dena a enseigné aux jeunes la construction de la paix sociale et du vivre ensemble. Il a demandé aux jeunes d’être « des catalys eurs de la paix, c’est à dire des acteurs de la paix. » Selon lui, « la jeunesse doit incarner certaines valeurs comme les dix commandements, la dignité et le respect. » « Pourmaintenir la paix, il faut la communication : se parler, se comprendre », a-t-il professé. La chorale de San, qui était l’invitée d’honneur de cette édition, a été largement représentée. Après cette conférence, les différentes chorales (catholique et protestante) ont magnifiée toute la nuit du samedi par des chants de louange, d’adoration, surtout de paix et de soumission. Dimanche, à la messe de clôture du festival, le curé de Yasso ainsi que le vicaire de la paroisse de San ont formulé des voeux « de bonheur, de paix et de bénédictions à l’endroit des 362 participants et de nombreux fidèles ainsi qu’à la nation Mali ». Rendez-vous est pris pour la 10 édition. JD/MD (AMAP)
« L’Ombre d’un soir » : Une pièce de théâtre qui appelle à la citoyenneté
Bamako, 2 juil (AMAP) La pièce ‘L’Ombre d’un soir’, montée par l’Association Notre Culture (ANC), a offert, mardi soir, au public une œuvre sensible et engagée autour de la dignité, de l’honneur et de la citoyenneté dont la représentation s’est déroulée à Kuma Sô Théâtre, au Quartier du Fleuve, devant une foule de spectateurs, dans une cour bondée. Lors du spectacle, les comédiens ont incarné avec intensité l’histoire d’un amour impossible entre une noble et un griot, empêché par le poids des castes et des traditions. Une union rejetée par les parents, dans une société où le rang social continue de peser plus lourd que les élans du cœur. Écrite par Salimata Togora et mise en scène par Mohamed Diawara, la pièce interroge les traditions et les barrières sociales, tout en prônant des valeurs telles que la dignité, l’honneur, la droiture et le respect des fondements culturels. Plus qu’un simple exercice artistique, ‘L’Ombre d’un soir’ se veut une réflexion profonde sur les effets de certaines normes sur les liens matrimoniaux. Dans un décor minimaliste de bancs, chaises en bois, nattes tressées, le public a voyagé durant 1h30mn au cœur d’une société figée dans nos réalités sociales. « On peut être griot et avoir de la dignité, comme être noble et manquer d’honneur », explique le metteur en scène pour qui la citoyenneté n’est pas un statut mais un comportement. Un message largement compris par l’assistance, captivée de bout en bout. À la sortie, les témoignages émus fusaient. « J’ai vécu la même chose », confie un spectateur, encore bouleversé. « Les parents de ma première femme ont refusé qu’elle m’épouse parce que je suis griot », se remémore-t-il, avec amertume. Le titre ‘L’Ombre du soir’, ou ‘Chou dia’, en Bambara, renvoie, selon la dramaturge, à l’instant charnière de la pièce : une escapade amoureuse surprise au crépuscule, qui révèle au grand jour une relation interdite. Selon Salimata Togora, l’idée est née d’un appel à la création lancé par le ministère de la Culture, à l’occasion de l’année de la Culture, autour du thème des valeurs citoyennes. « À travers cette pièce, on veut questionner nos traditions et faire passer un message : la citoyenneté, ce n’est pas un statut, c’est un comportement », a-t-elle souligné. TC/MD (AMAP)
Une conférence débat pour promouvoir la langue et la culture songhoï
Bamako, 28 juin (AMAP) « Pour qu’une culture soit fertile il faut la langue. Et, notre combat c’est de transmettre aux jeunes générations nos savoirs endogènes », a dit le conférencier Alassane Amadou Maiga, à la 4ème édition de la Conférence-débat sur la culture songhoi », qui s’est déroulée, samedi, à l’Université Bazo de Sotuba avec objectif de mettre en valeur la culture songhoï, à travers la langue et son apprentissage. M. Maiga, un des intervenants sur les thèmes : « Quelle est l’origine des Songhoï ? », « Les Songhoï, qui sont-ils ? » et « Les Songhoï sont-ils en voie de disparition ? Quelles perspectives pour leur survie et leurs épanouissement effectif ? », a rappelé que cela fait quatre ans qu’ils organisent ce genre de conférence « pour sensibiliser les jeunes à apprendre et à écrire leur langue. » « Parce qu’une culture, c’est la langue. Quand la langue disparait, la société va disparaitre », a-t-il affirmé. Le Pr Abdoulaye Touré, qui a assisté à la conférence, parle de sa communauté, de ses origines, de sa culture, de sa langue, trouve l’exercice réconfortant de mettre en valeur la langue de sa communauté. « Je vois déjà ce que cela apporte à la communauté et je vois toute l’importance », a souligné le Pr Touré. Venue de Téra, une Région du Niger, pour cette conférence, Mme Bourahima Maimouna, invitée d’honneur, s’est dit beaucoup impressionnée par ces jeunes formés en langue didactique songhoï. « Il faut encourager nos enfants à apprendre à lire et à écrire en songhoï, maintenir notre culture et la transmettre à nos enfants », a-t-elle souligné. Et, salué les initiateurs pour l’organisation de cette belle journée « culturelle songhoï » La conférence avait comme parrain, Abass Diallo et marraine, Houreymatou Cissé. Celle-ci a expliqué que « c’est une manière pour nous de faire la promotion de la culture Songhoi. Comme le nous e savons déjà tous, le Songhoi ce n’est pas que le Mali, ça été un grand empire dans le temps et avec ce genre d’évènement, on a appris beaucoup sur la culture, la nourriture et sur l’origine de la culture songhoï. L’évènement est initié par le responsable de la Radio « La Voix du Nord », Hamadou Seydou Maiga. Les thèmes ont été exposés par des professeurs d’universités spécialisés dans l’histoire du Songhoï et des spécialistes du terroir songhoï, notamment, le Pr Amadou Diadié Sangho, traditionaliste et médiateur social, Dr Ahmed Ibrahim, ainsi qu’Alassane Amadou Maïga, ingénieur d’aviation à la retraite. Un des temps forts de l’évènement, a été la remise d’attestations de reconnaissance aux conférenciers, au parrain et à la marraine ainsi qu’à d’autres personnes pour leur soutien à la promotion de la culture songhoï. Des attestations de formation initiale en langue songhoï ont été remis à 39 jeunes. ST/MD (AMAP)
Célébration de la journée de l’Afrique : Finale du Parcours pédagogique de la Tour de l’Afrique et du concours littéraire
Bamako, le 28 juin (AMAP) La finale de la 10ème édition du Parcours pédagogique et celle de la 2ème édition du concours littéraire entre les universités et les écoles supérieures, ont eu lieu, ce samedi 28 juin, à la Tour de l’Afrique, dans le cadre de la célébration de l’Unité africaine, a constaté l’AMAP sur place. Organisées par le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, à travers la Tour de l’Afrique, ces activités clôturent la célébration de la journée de l’Afrique de cette année. En marge de ces finales du parcours pédagogique de la Tour de l’Afrique et du concours littéraire, une conférence-débats, animée par notre confrère Salif Sanogo, a marqué cet événement. Sur le thème : « L’identité culturelle africaine, socle de l’intégration des Peuples d’Afrique », M. Sanogo, dans son exposé, a donné des explications, définitions et autres révolutions en cours en Afrique, en lien avec l’identité culturelle. Sur ce dernier point, le conférencier a cité les trois principes qui guident désormais l’action publique au Mali. Selon lui, l’identité culturelle est ce en quoi se reconnaît une communauté, et est rarement statique. « L’identité culturelle d’une personne est généralement plurielle et peut être comprise comme une dynamique en mouvement…», a-t-il expliqué, ajoutant que c’est un concept à construire. « Elle doit signifier l’égalité entre toutes les communautés », a fait savoir Salif Sanogo. Il s’agit de faire en sorte que les jeunes puissent s’approprier nos valeurs culturelles. Ainsi, le conférencier a parlé de la valorisation des légitimités traditionnelles au Mali par les autorités de la Transition. « Il faut qu’on arrive à ne plus développer le concept de complexe culturel par rapport à l’Occident », a insisté M. Sanogo. Pour lui, « il est temps qu’on se lève avant qu’il ne soit trop tard. » « Quand on perd notre culture, on devient déraciné », a-t-il dit Il a, aussi, souligné que la langue peut être la principale source d’intégration et que l’économie doit soutenir le développement culturel. Il a cité le cas des radios internationales que les grandes puissances financent pour valoriser leur culture à travers le monde. Le Secrétaire général du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mahamadou dit Koumbouna Diarra, a salué les participants à ce jeu-concours qui en est à sa 10ème édition. « Il n’y a guère de gagnants et de perdants car vos participations ont servi toute l’Afrique », a-t-il fait noter. Au total, 60 participants de six écoles secondaires et quatre écoles supérieures ont participé à ces concours. Le président du jury, Djibrila Maïga, a expliqué à l’assistance le processus du parcours pédagogique qui s’intéresse au panafricanisme et à la culture malienne. Le concours s’est déroulé en ligne. Le jury s’est félicité du niveau acceptable des candidats. Les trois premiers dans chaque catégorie ont été primés. Au Concours littéraire, la 3ème place est revenue à Aminata Diakité Licence1 de l’Ecole supérieure de journalisme et des sciences de communication (ESJSC), le 2ème prix à Issa Guindo de la Faculté des lettres et des sciences du langage (FLSL). Awaïssou Aboubacar de l’École normale supérieure (ENSUP) a remporté le1er prix. Au Parcours pédagogique, le 3ème prix a été attribué à Binta Dème du lycée Bassan Barry tandis que Moussou Mady Kéita du lycée public de Ouéléssébougou s’est emparée de la place. Et le 1er prix a été enlevé par Anzoumane B. Tigana du lycée Askia Mohamed. Des prix spéciaux ont, aussi, été remis à des candidats, ecoles et autres personnalités. La directrice de la Tour de l’Afrique, Mme Maïga Mariam B, Maïga, s’est réjouie du bon déroulement de l’évènement. OD/MD (AMAP)
Tenenkou : Echanges sur les préparatifs de la Biennale artistique et culturelle 2025
Tenenkou, 25 juin (AMAP) Une rencontre d’échanges sur la Semaine artistique et culturelle, en prélude à la Biennale prévue en décembre prochain, s’est tenue, mercredi, à la préfecture du Cercle de Tenenkou, sous la présidence du deuxième adjoint au préfet, le sous-préfet de l’arrondissement central, le capitaine Boubacar Sissoko, représentant le préfet. Dans son intervention, le deuxième adjoint au préfet, a salué l’organisation de cette rencontre qui vise à se pencher sur les préparatifs de la biennale artistique de 2025 au niveau local. Il a rappelé qu’en cette année 2025, dédiée à la culture décrétée par les plus autorités nationales, « il est important que le Cercle de Tenenkou puisse relever le pari de l’organisation », et que cette biennale artistique « est l’occasion de mettre en lumière l’immense trésor culturel du Maassina qui mérite d’être connu et préservé pour les générations futures. » Il a aussi mentionné que cette Biennale artistique et culturelle est une opportunité de renforcer la cohésion sociale entre tous les jeunes du cercle de Tenenkou, gage d’un développement durable. Il a, enfin, invité les leaders communautaires à s’investir pleinement pour que Tenenkou gagne le défi de l’organisation, avant de rappeler que l’administration restera toujours disposée à accompagner toutes les actions qui concourent à la promotion de nos valeurs culturelles. Au cours des échanges, les participants ont abordé les questions de l’organisation, les modalités de participation et la sécurité de l’évènement. Les leaders communautaires, la Coordination des associations et organisations féminines (CAFO) et le Conseil communal de la jeunesse ont tous salué cette initiative et réaffirmé leur engagement pour la réussite de la Biennale. A partir du mois de juillet prochain, les différentes troupes artistiques de Tenenkou feront vibrer les populations de Tenenkou, autour de notre riche culture. Ont pris part à cette rencontre le secrétaire général de la Commune urbaine de Tenenkou, le représentant du service local de la jeunesse, les chefs de quartiers de Tenenkou, les représentants des Forces de defense et de securité (FDS), le président du Conseil communal de la jeunesse et la représentante de la CAFO. AS/MD (AMAP)

