Education et Culture : Echanges entre le ministre de l’Education national, les syndicats et les promoteurs des établissements privés d’enseignement

Bamako, 5 mars (AMAP) Le ministre de l’Education nationale, Dr Amadou Sy Savané, a sollicité, jeudi, l’accompagnement et l’implication des acteurs et partenaires de l’école notamment les syndicats d’enseignement et les promoteurs des établissements privées d’enseignement pour la réussite de l’Année de l’Education et de la Culture (2026) décrétée par le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta. Le ministre Sy Savané a rencontré, d’entrée, les organisations syndicales. Il les a invitées «au respect des équilibres et à l’harmonie» dans les actions qui seront menées dans le cadre de l’Année de l’Education et de la Culture. «Tous les acteurs du secteur éducatif doivent unir leurs efforts afin de promouvoir le travail bien fait et contribuer ensemble à l’amélioration du système éducatif», a-t-il préconisé. Le secrétaire général de la Fédération de l’Éducation nationale (FEN), Zoumana Maiga, a salué la démarche et espéré que l’année 2026-2027 sera mise à profit pour trouver des solutions à leurs préoccupations. «Il s’agit d’un moment propice pour déposer nos cahiers de doléances et les examiner ensemble, afin que 2026 soit véritablement une année de l’éducation», a dit le syndicaliste. A l’endroit des promoteurs des établissements d’enseignement privé, Dr Amadou Sy Savané a rappelé que son département compte sur leur «partenariat solide» basé sur «le principe de la confiance et le principe de respect». «Donnons-nous la main et échangeons de ce qui va suivre pour que l’année soit une réussite», a-t-il dit. Promoteur d’école privée, Dr Modibo Kane, a assuré de leur soutien et accompagnement. «Nous ne pouvons qu’accompagner le gouvernement et les apprenants maliens, quelque soit les difficultés qui minent les écoles privées, le Mali est au dessus de tout. Aujourd’hui, nous sommes les soldats de l’éducation. Bravo pour cette année 2026-2027 comme Année de l’éducation et de la culture», a- t- conclu. ST/CMT (AMAP)
Coopération culturelle Mali – Espagne : Le projet Vis-à-Vis ouvre une nouvelle ère pour la musique africaine

Bamako, 18 février (AMAP) Le Musée national du Mali a servi de cadre, mardi, à la conférence de presse consacrée au lancement de l’appel à candidature du projet « Vis-à-vis Mali Espagne », un programme dédié à l’internationalisation de la musique africaine, a constaté l’AMAP. La rencontre était animée par la chargée d’affaires de l’Ambassade du Royaume d’Espagne au Mali, Patricia Gomez, en présence de la représentante du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Fadimata walet Aghatam et des responsables culturels. Présentant les grandes lignes du projet, Patricia Gomez Lanzaco a expliqué que « Vis-à-vis » vise à soutenir l’internationalisation de la musique africaine en ouvrant de nouvelles plateformes d’échanges entre artistes africains et agents culturels espagnols. Le programme entend ainsi lever les obstacles non artistiques qui freinent souvent les musiciens à l’étape initiale de leur carrière internationale. À travers des rencontres professionnelles réunissant des promoteurs espagnols de grands festivals et des artistes africains à vocation internationale, les participants auront l’opportunité de présenter leurs créations, leurs idées et leurs aspirations à des programmateurs et producteurs. Selon elle, ces échanges doivent aboutir à une meilleure présence de la musique africaine sur les scènes espagnoles, notamment grâce à des tournées organisées dans le cadre des festivals partenaires. L’objectif est également de contribuer à la structuration d’une véritable industrie culturelle entre l’Afrique et l’Espagne. Selon la diplomate, le projet offre aux musiciens africains la possibilité d’accéder à de nouveaux marchés en dehors du continent, en facilitant leur participation aux festivals espagnols de manière directe et continue, sans passer par des intermédiaires. L’initiative s’inscrit dans la dynamique de Casa Africa, qui œuvre à renforcer les relations entre l’Afrique et l’Espagne dans les domaines social et culturel. L’internationalisation de la musique africaine et l’accès à de nouveaux marchés constituent, selon les responsables, un levier stratégique pour le développement du secteur musical africain. La diffusion internationale de la musique africaine contribue également à projeter une image positive du continent, associée à la créativité et à l’innovation. « Actuellement, la présence africaine en Espagne reste souvent limitée à des apparitions ponctuelles dans des festivals dits de “musiques du monde”, sans impact durable », a-t-elle souligné, avant d’insister sur la nécessité d’élaborer des stratégies garantissant une présence plus stable et diversifiée des artistes africains dans les programmations culturelles espagnoles Prenant la parole, Fadimata Walet Aghatam a salué la qualité et la constance de la coopération culturelle entre le Mali et le Royaume d’Espagne. Elle a rappelé que cette collaboration s’est construite au fil des années à travers des projets structurants et un dialogue permanent entre institutions, fondé sur la conviction que la culture est un pilier du développement et un langage universel entre les peuples. Elle a souligné que cette initiative résonne particulièrement avec l’Année 2026 décrétée par le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, placée sous le signe de l’Éducation et de la Culture. Pour elle, Vis-à-Vis est plus qu’une simple plateforme professionnelle. « C’est un pont vivant entre Bamako et les grandes scènes espagnoles, une opportunité concrète pour les artistes maliens de présenter leurs talents directement aux programmateurs et producteurs étrangers », a-t-elle affirmé. Au-delà des auditions, des rencontres professionnelles et des concerts live prévus dans le cadre du programme, Fadimata Walet Aghatam a insisté sur la dimension symbolique du projet, « À travers Vis-à-Vis, ce n’est pas seulement des groupes qui voyagent, c’est une identité culturelle qui s’affirme ». Elle a rappelé que le Mali demeure une terre de musique où la tradition dialogue avec l’innovation, et où chaque génération réinvente l’héritage pour parler au monde contemporain. Avant de réaffirmer l’engagement du département de tutelle à accompagner institutionnellement le projet. Les précédentes éditions du programme ont permis à plusieurs artistes africains d’intégrer des festivals prestigieux, confirmant le caractère universel et influent de la musique africaine. Pour rappel, le projet dont l’inscription débute le 20 février 2026 sur leur plateforme, est ouvert aux artistes ou groupes résidant au Mali, aux projets musicaux de tous styles et genres à se produire du 23 au 25 avril prochain. GT/KM (AMAP)
Saramba Kouyaté : « Une fois, quelqu’un m’a donné un faux chèque ; j’ai failli avoir des ennuis judiciaires… »

La cantatrice malienne Saramba Kouyaté est issue de l’une des premières lignées « griottiques » du Mandé. Dans cet entretien exclusif, la native de Dialaya (Kita) revient sur ses débuts dans la musique traditionnelle et son long chemin épineux d’artiste. La fille de Daba et de Djétenin Kouyaté projette tout autant sa vision du futur. Par Kemoko DIABATE AMAP : Deux noms reviennent très fréquemment dans vos chansons : Djétenin et Daba. Qui sont-ils pour Saran ? Saramba Kouyaté : Daba est mon père et Djétenin Kouyaté est ma mère. Mon père jouait du N’Goni des chasseurs. Les chasseurs venaient de tout temps lui donner des pattes d’animaux et dix noix de cola lorsqu’il y avait des « simbon-nassi » (cérémonie rituelle de veillée dans la confrérie des chasseurs lors des cas de décès). Comme il n’y avait pas d’autres enfants âgés à part moi, il (son père) me portait devant lui sur son cheval et on y allait. Beaucoup de chasseurs lui donnaient des feuilles d’arbre pour me faire laver avec en guise de protection. C’est pourquoi la plupart de mes musiques s’appuient sur les chasseurs et les féticheurs. Dans ses derniers instants à Dialaya (Kita), mon père m’a déconseillé de délaisser ce chemin qu’il a tracé. Il n’avait pas de garçons, nous ne sommes que deux filles dans la fratrie. Je lui ai promis de ne jamais abandonner les deux confréries. AMAP : Vos compositions évoquent la tradition. Comment êtes-vous entrée dans la musique ? Saramba Kouyaté : Depuis toute petite, je m’essayais au chant. D’abord, c’est ma maman (Djétenin) qui chantait. Je l’écoutais attentivement. Le matin, quand je partais à la rivière, je ne faisais que chanter. Depuis que les gens n’y prêtaient pas attention jusqu’à ce qu’ils aient commencé à me guetter lorsque je me prêtais, avec plaisir, à cet exercice. Mais, dès que je me rendais compte de la présence d’un intrus, je m’interrompais. [Rires] AMAP : Quand est-ce que vous vous êtes rendue compte que votre destin était lié à la musique ? Saramba Kouyaté : Dans l’enfance, comme je chantais, j’ai fini par embrasser la musique. Je suis la seule personne qui chante dans notre fratrie. Le grand frère de ma mère (Djeli-Sékou) était un grand joueur d’instruments de musique à qui j’ai été confiée à mon jeune âge. Je suis longtemps restée ainsi auprès de lui. Cependant, c’est à Nanaguéla-Kita (dans la famille de Kelè-Monzon Diabaté) que j’ai appris les « Tarikh » (généalogies). AMAP : Parlez-nous de votre période d’initiation ! Saramba Kouyaté : Pendant mon apprentissage, on ne me donnait rien, car j’étais avec le frère de ma mère. Je chantais vigoureusement, et lui jouait de la guitare. Néanmoins, en fin de compte, on ne me donnait rien. L’apprentissage à l’époque n’était pas du tout facile puisqu’il ne rimait pas avec gain. Le plus important était de comprendre ce qu’on apprenait. AMAP : Quelle différence entre l’apprentissage d’hier et celui d’aujourd’hui ? Saramba Kouyaté : La différence, c’est surtout le côté de l’éducation. A mes débuts, un simple regard de mon oncle maternel suffisait pour me dissuader de certaines choses. On apprenait tout au/à la jeune « Djeli » (griot-e). Puisque, pour la jeune fille par exemple, peu importe le temps que tu passes aux côtés des siens, tu finiras par fonder un foyer. A la différence de notre époque, les millions de francs CFA que la jeune génération gagne aujourd’hui, nous on ne les avait pas. Jadis, nous pouvions également marcher entre quarante et cinquante kilomètres à pied. Faute de chaussures, il m’arrivait de nouer des feuilles d’arbre à mes pieds pour affronter des soleils de plomb. C’était notre époque à nous. Si tu décides de faire subir même une infime partie de ces difficultés aux gens de maintenant, ils vont te renier à jamais. A temps nouveau, art nouveau. L’apprentissage du « Djelya » (fonction de griots) n’a pas encore perdu tout son sens. Car des jeunes guitaristes se mettent de nos jours sous la protection des anciens et deviennent des apprentis. AMAP : Que vous a apporté la musique comme avantages ? Saramba Kouyaté : Par la grâce d’Allah (Dieu), j’en ai tiré beaucoup d’avantages. J’ai voyagé plusieurs fois à l’extérieur par avion (Côte d’Ivoire, France, Gabon, Guinée-Conakry, Canada). Si les « Jatigui » (tuteurs) te mettent dans l’avion pour visiter ces pays, c’est déjà un grand avantage. J’ai également eu des voitures grâce aux bons tuteurs. De plus, avec le peu que j’ai eu, j’ai commencé à construire une maison à Abdoulayebougou même si elle reste à terminer. Et je garde foi qu’avec le soutien des bons tuteurs, cette maison sera finalisée. AMAP : Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées dans ce travail ? Saramba Kouyaté : La majeure partie de mes difficultés, c’était au moment de l’apprentissage. Il est arrivé un moment où j’avais pensé à tout abandonner en raison de l’excès de contrôle de mon oncle maternel alors que je ne gagnais rien. Toutefois, si l’on n’avait pas accepté ces difficultés, on n’aurait pas atteint ce niveau de nos jours. Peu importe les difficultés qu’on rencontre dans certaines situations, il ne faut jamais abandonner. Si tu patientes, le Seigneur des mondes du silence t’ouvrira une issue de secours. AMAP: Vous dites souvent dans vos chansons : « Je n’aime pas les fausses promesses ; que personne ne me fasse de promesses creuses ! ». Pourquoi dites-vous cela ? Saramba Kouyaté : je ne citerai pas de nom, mais beaucoup m’ont fait des fausses promesses de millions de francs CFA. Quelqu’un peut me dire, par exemple : « Dès demain, je te donnerai 500 000 francs CFA. » Le lendemain, tu le rappelles, il te met sur répondeur. Beaucoup pensent que j’ai autant d’argent, alors qu’on me fait des fausses promesses dans bien des cas. Un autre est allé jusqu’à me donner un faux chèque. J’ai failli avoir des ennuis judiciaires pour cela. Quand tu fais une promesse à un « Nyamakala » (homme de caste), veille à respecter ton engagement. Tout cela me décourage. [Colère] AMAP :
Mali : Ouverture de la 9e session ordinaire du CESEC centrée sur la culture et l’éducation

Bamako, 2 fév (AMAP) – Les travaux de la 9e session ordinaire de la 6e mandature du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) du Mali ont débuté lundi à Koulouba, à Bamako, avec pour thème central « Culture et éducation au Mali ». La session, qui se déroulera pendant deux semaines, est consacrée à l’examen de ces deux domaines considérés comme des piliers essentiels du développement national. Elle doit aborder 18 sous-thèmes spécifiques à travers des contributions d’experts, d’universitaires, d’acteurs de la société civile et de cinq membres du gouvernement qui introduiront les réflexions sectorielles. « La culture est l’âme de notre nation. Elle est ce qui nous unit au-delà de nos diversités linguistiques, ethniques et régionales. Elle est mémoire, identité, résilience, créativité et fierté », a déclaré le président du CESEC, Yacouba Katilé, lors de la cérémonie d’ouverture. Il a ajouté que « l’éducation, quant à elle, est le levier le plus puissant de toute transformation durable » et que « ces deux piliers, lorsqu’ils sont solidement ancrés et en synergie, constituent les fondations incontournables d’un développement véritablement endogène, inclusif et harmonieux ». Le président du CESEC a souligné que le thème choisi est « à la fois ambitieux et essentiel », qualifiant la culture et l’éducation de « deux socles mais aussi deux défis pour un développement économique et social harmonieux ». Il a cependant relevé de nombreux obstacles auxquels ces secteurs sont confrontés : l’insécurité qui perturbe la scolarisation dans plusieurs zones du pays, le déficit d’infrastructures et d’équipements pédagogiques, les faibles taux d’alphabétisation des adultes – notamment chez les femmes –, la dégradation du tissu culturel, les menaces pesant sur le patrimoine immatériel, l’influence de modèles exogènes jugés parfois destructeurs de valeurs, ainsi que le sous-financement chronique des deux domaines. La cérémonie, présidée par Yacouba Katilé, s’est tenue en présence du ministre de l’Éducation nationale, Amadou Sy Savané, représentant le Premier ministre, du président du Conseil national de Transition, le général de corps d’armée Malick Diaw, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement et d’autres personnalités. Le CESEC, institution consultative chargée d’émettre des avis sur les grandes orientations de développement du pays, consacre régulièrement ses sessions ordinaires à des thématiques stratégiques pour le Mali. Cette neuvième session s’inscrit dans la continuité de ses travaux antérieurs visant à éclairer les décideurs sur les questions économiques, sociales, environnementales et culturelles. MMD/OS (AMAP)
12è festival Spot on Mali Music : Du 6 au 7 février prochains

Bamako, 1er fév (AMAP) La 12è édition du festival Spot on Mali Music est prévue du 6 au 7 février prochains à Bamako sous le thème “Beka Wili ki jo Mali Yé », a annoncé, jeudi, le directeur du festival Moussa Diallo. Lors d’une conférence de presse, la Maison des jeunes de Bamako (MJB) M. Diallo s’est réjoui du maintien de la présente édition « qui se tient dans un contexte difficile. » Il a adressé ses remerciements à l’ambassade de Danemark pour son accompagnement et la Maison des jeunes qui a toujours accueilli l’événement, depuis la première édition. L’événement soutenu par le Danemark, est un espace de promotion des jeunes artistes peu connus sur les grandes scènes musicales. A l’issue d’un appel à candidatures, le jury international a retenu dix artistes à savoir Anna Diabaté, Sadio Sidibé, Young BC, Rokia Koné, Mohamed Diaby, Kankou Kouyaté, Aliya Coulibaly, Doussou Bagayoko, Oumar Konaté, Madou Sidiki Diabaté en plus des deux partenaires INA Star, Orchestre de CAMM. Les organisateurs ont retenu des têtes d’affiches pour chaque soirée. Ces artistes sont tous programmés pendant les deux soirées du festival. La particularité de cette édition est l’implication des acteurs culturels sénégalais et ghanéens. « C’est une activité gratuite. Nous avons commencé à programmer les artistes maliens lors du festival Spot en Danemark, un événement qui réunit les promoteurs des grands festivals. ». a indiqué dit M. Diallo Selon lui, « c’est une opportunité pour les artistes africains de produire devant de très grands producteurs et acteurs culturels. » Il a dit que la prestation de l’artiste musicienne Virginie Dembélé au Danemark lors du festival Spot on a été un grand succès. « Ce qui a même favoriser le retour du principal financier qui avait décidé de ne plus soutenir l’événement. » Il a annoncé qu’un hommage sera rendu à l’icône de la kora Toumani Diabaté après la prestation de son jeune frère Madou Sidiki Diabaté. Pour sa part, le directeur artistique du festival, Aly Castro, a surtout expliqué les critères de sélection des artistes retenus. « Nous avons reçu plus de 100 dossiers et c’est 10 artistes plus les deux partenaires Institut national des arts (INA) et Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté (CAMM-BFK), a-t-il dit. Il a surtout insisté sur la qualité des dossiers avant de demander aux artistes et leur staff de concevoir un dossier solide s’ils veulent participer à des événements internationaux. Les conférenciers dont Mattieu Dembélé, représentant la direction de la Maison des jeunes, .ont ensuite invité le public à sortir massivement pour rehausser cette 12è édition. Ils ont annoncé que le Mali sera de nouveau représenté au Danemark par l’artiste Awa Kassé Mady Diabaté pour participer au Festival Spot on Music. Le représentant de la Maison des jeunes a salué l’initiative et exprimé le soutien constant de sa structure. AS/MD (AMAP)
Ouverture à Bamako de la 11ᵉ édition du festival culturel Ogobagna

Bamako, 26 jan (AMAP) La 11ᵉ édition du festival culturel Ogobagna a été officiellement ouverte lundi à Bamako, un événement annuel consacré à la promotion du dialogue culturel et de la cohésion sociale, selon les organisateurs. La cérémonie d’ouverture s’est tenue à la Place du Cinquantenaire, en Commune III du district de Bamako, sous la présidence du ministre en charge de la Culture. Le festival se déroule du 26 janvier au 1er février 2026 autour du thème : « Culture du Mali : dialogue, créativité et résilience pour un développement durable ». S’exprimant lors de la cérémonie, le ministre de la Culture, Mamou Daffé, a indiqué que le festival avait dépassé le cadre d’un simple événement culturel depuis sa création en 2016. « Depuis sa création en 2016, Ogobagna s’est imposé comme bien plus qu’un festival. Il est devenu un espace de mémoire, de dialogue et de projection », a-t-il déclaré, soulignant le rôle du festival comme lieu d’échanges entre la culture dogon et les autres expressions culturelles du Mali et d’Afrique. Le ministre a également évoqué l’orientation récente de l’action publique, rappelant que l’année 2025 avait constitué un tournant. « La culture est le socle de la souveraineté, de la cohésion sociale et du développement durable », a-t-il affirmé, ajoutant que cette dynamique se poursuivait en 2026. Le président de l’association Guina Dogon, organisatrice du festival, Nouhoum Tapili, a pour sa part mis en avant l’objectif de renforcement des liens sociaux. « Pour la 11ᵉ année consécutive, le festival culturel Ogobagna nous offre encore une fois l’occasion de nous ressourcer dans un espace ouvert à toutes les communautés », a-t-il déclaré, invitant les participants à s’approprier le thème central à travers conférences, causeries intergénérationnelles et soirées de cohésion sociale. La communauté bozo est l’invitée d’honneur de cette édition. Son représentant, Almamy Koureichy, a remercié la communauté dogon pour ce choix et a invité le public « à découvrir le riche patrimoine bozo dans toute sa diversité pendant une semaine ». La cérémonie d’ouverture a également été marquée par des prestations artistiques des troupes bozo et dogon. Elle a réuni, outre le ministre de la Culture, la ministre de l’Entrepreneuriat et de la Formation professionnelle, Oumou Sall Seck, le conseiller spécial du Président de la Transition, des ambassadeurs accrédités au Mali, ainsi que des autorités administratives, locales et de nombreux invités. Créé en 2016 par l’association Guina Dogon, le festival culturel Ogobagna vise à promouvoir la culture dogon tout en favorisant le dialogue avec les autres communautés du Mali. Organisé chaque année à Bamako, l’événement s’est progressivement élargi pour inclure des débats, des échanges et des prestations artistiques destinés à renforcer la cohésion sociale et à mettre en avant la culture comme levier de l’unité nationale et du développement. MMD/OS
Diéma : le « Diakouma diourou », un ustensile ancestral en voie de disparition

Par Ouka Ba Diéma, 21 janv (AMAP) À Diéma, le « Diakouma diourou », un instrument traditionnel de conservation des aliments, tend à disparaître des ménages, malgré son efficacité et son faible coût. Aussi appelé « corde du chat », le Diakouma diourou est un support ancien, utilisé depuis des siècles. De forme triangulaire et généralement confectionné à partir de tissus ou de feuilles de rônier, il sert à conserver les condiments et aliments à l’abri des nuisibles, notamment les souris et les cafards. Le récipient contenant les denrées est placé à l’intérieur puis suspendu au plafond de la cuisine. Aujourd’hui, son usage se fait rare. « Les femmes qui utilisent encore le Diakouma diourou se comptent sur le bout des doigts », constate-t-on à Diéma. Pourtant, cet outil reste plus économique et parfois plus pratique que certains équipements modernes comme les buffets ou garde-manger, souvent coûteux. La mésaventure de Diaba Sylla illustre ce constat. Après qu’un chat a dévoré le poisson fumé qu’elle avait préparé pour le repas familial, la ménagère a décidé de revenir à cette méthode traditionnelle. Pour Mme Néné Dia, membre de l’Association Sabougnouman, le débat est clair : « Certaines femmes sont extravagantes. Il leur faut tout, garde-manger, buffet… pourtant le Diakouma diourou suffit pour conserver nos aliments », affirme-t-elle. Un avis que ne partage pas une autre habitante : « L’utilisation du Diakouma diourou est dépassée. En ville, on n’ose même pas y penser. Il faut évoluer », soutient-elle. Mais pour Mohamed Fofana, conducteur de gros porteurs, la modernité a ses limites : « Si l’évolution nous fait perdre nos identités culturelles, qu’allons-nous devenir ? », s’interroge-t-il. Symbole d’un savoir-faire domestique transmis de génération en génération, le Diakouma diourou semble aujourd’hui relégué aux oubliettes. Pour de nombreux observateurs, sa revalorisation apparaît nécessaire afin de préserver une partie du patrimoine culturel local. OB/OS (AMAP)
Photographie : L’Association Yamarou photo remet les prix Ibibi à partir du 10 février prochain

Bamako, 16 janv (AMAP) L’association Yamarou photo remettra les prix Ibibi du 10 février au 10 mars 2026 à Bamako, lors d’un évènement destiné à réaffirmer Bamako comme capitale africaine de la photographie, a appris l’AMAP, jeudi, de source officielle. Le directeur artistique, Seydou Camara, lors d’un déjeuner de presse au siège de l’Association à Sotuba, a indiqué que l’objectif général de ce projet est de contribuer à la mise en place d’un espace de créations artistiques et de promotion de jeunes photographes émergents du continent. Accompagné de la chargée de communication, Mme Bintou Alexandra Diarra dite Chacha, il a précisé que les prix les prix « Ibibi » seront décernés dans trois grandes catégories. Le premier prix sera attribué au meilleur projet photographique du continent africain sur le plan de la création artistique. Le deuxième, dédié à la présidente de la Fondation Oumou Dilly, feue Naomie Steuer, sera attribué à une photographe africaine émergente. Enfin, le troisième prix sera remis au meilleur livre photographique, édité en Afrique. Le directeur artistique a exprimé sa satisfaction de voir ce projet « enfin réalisé après cinq longues années » de maturation. « C’est le lieu de remercier les partenaires qui ont accepté de soutenir cette initiative en vue de combler le vide de la période inter-biennale des Rencontres de Bamako, et d’offrir un cadre professionnel aux artistes africains pour la diffusion de leurs œuvres sur le plan international », a dit M. Camara. Il a expliqué le concept « Ibibi » qui signifie, en langue Sonraï, le noir, symbole de la photographique et du continent noir. Il a décliné le contenu de 30 jours d’activités photographiques et artistiques. Ainsi. la semaine professionnelle se déroulera du 10 au 15 février 2026. Elle sera animée par des professionnels maliens et d’ailleurs à travers le monde. Le programme prévoit des ateliers de formation, des expositions, des master-classes et des visites guidées. Tous les lauréats seront accompagnés pendant toute l’année, pour leur permettre de participer à des projets internationaux. Le prix Ibibi est un projet contemporain qui implique plusieurs catégories de professionnels venus de divers horizons. « C’est un projet futuriste », a dit Seydou Camara. Il a ajouté que c’est un projet « appelé à grandir et qui permettra de confirmer notre pays dans sa place de leader dans le domaine de la photographie contemporaine. » « Pour cette première édition, nous avons reçu plus de 100 candidatures à la suite d’un appel à projet sur nos plates-formes, à la suite d’un travail minutieux, effectué par un jury professionnel composé de deux Maliens dont le philosophe écrivain Chab Touré, et Harandane Dicko, expert en photographie. » Selon lui, cinq personnes seront retenues pour chaque discipline avant la remise des prix finaux. Il a, enfin, expliqué que Ibibi est un projet innovant qui met aussi en valeur d’autres catégories de travailleurs comme les hommes de médias, les administrateurs, les plantons… Pour sa part, la chargée de communication a expliqué la stratégie mise en place pour annoncer l’événement et la méthodologie de Yamarou photo pour la réalisation de ce « projet innovant de l’invention de Nicéphore et de Niepce. » Elle a indiqué que le projet, initialement prévu en 2025, démarrera en 2026 pour des contraintes liées au contexte de notre pays. Elle a dit que l’initiative est ouverte « à tous et même aux générations anciennes de photographes qui disposent encore de capacités pour répondre au projet. » AS/MD (AMAP)
Traditions locales : Le péril de la modernité
Par Abdoulaye Telli BALDE Diamou, 28 déc (AMAP) Pendant des décennies, l’éducation et l’organisation sociale au sein des communautés Khassonké reposaient sur un socle communautaire solide. Ce modèle, fondé sur la transmission des valeurs, des savoirs et des responsabilités collectives, a longtemps garanti la cohésion sociale. Aujourd’hui, cet équilibre est profondément fragilisé par la modernité et la généralisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Nianankoro Konaté, notable et figure respectée du milieu Khassonké, se souvient d’une époque où l’initiation des enfants relevait d’une responsabilité collective. Vers l’âge de 14 ans, tous les garçons étaient circoncis ensemble puis retirés du monde pendant plusieurs semaines. Placés sous l’encadrement de jeunes initiés, appelés « Sembé », ils recevaient une éducation fondée sur les valeurs essentielles de la société : loyauté, dignité, honneur, mais aussi solidarité, partage, tolérance, respect et vivre ensemble. Pendant cette période, on imprégnait également les initiés des interdits sociaux considérés comme déshonorants, tels que le vol, le mensonge, l’adultère, etc. L’initiation s’achevait par une cérémonie marquant le passage à une étape supérieure. L’épreuve du « Mamo », organisée de nuit en brousse, visait à forger le courage et à éprouver la détermination des jeunes initiés. Derrière ce mythe, dont seuls les initiés détenaient la signification réelle, se cachait un puissant outil pédagogique destiné à renforcer l’endurance morale et le sens des responsabilités. Le mariage constituait également un pilier central de la vie sociale. Autrefois, il relevait avant tout de la sphère familiale. Les parents se chargeaient de choisir, pour leur fils, une épouse issue d’une famille reconnue pour ses valeurs et sa bonne moralité. Les démarches se faisaient progressivement, à travers des étapes bien définies, (première, deuxième et troisième remise de cola), permettant à la belle famille de mener des enquêtes discrètes et d’observer les futurs époux. Une fois l’accord donné, l’union se célébrait dans la simplicité. Le mariage n’était pas une affaire de richesse, mais de respectabilité et de confiance entre les familles. MUTATIONS ET RUPTURE : – Avec l’avènement de la modernité, ces pratiques ont profondément évolué. Aujourd’hui, les jeunes se rencontrent, s’aiment et nouent des relations avant d’en informer leurs parents. Dans le même temps, de nouvelles exigences se sont greffées aux cérémonies matrimoniales : tenues uniformes, dîners, festivités multiples. Ces extravagances ont contribué à rendre les mariages de plus en plus coûteux, transformant progressivement l’union en une affaire d’argent. Selon Nianankoro Konaté, cette évolution explique « en partie la fragilité et la courte durée de nombreux mariages contemporains. » Outre les rites et les relations familiales, la modernité a également bouleversé les relations humaines et les mécanismes de transmission des valeurs sociétales. Pour Moussa Yalcouyé, enseignant à la retraite, cette mutation « touche en profondeur le système éducatif, y compris dans ses dimensions institutionnelles. » Il constate l’effacement progressif des liens de proximité qui structuraient autrefois la vie quotidienne. Dans les familles comme dans les « grins » (clubs d’amis), les moments d’échange et de discussion collective ont cédé la place à une communication de circonstance. Là où l’on causait et partageait librement, chacun est désormais absorbé par son téléphone, échangeant avec des personnes à des milliers de kilomètres par réseaux sociaux interposés, tout en ignorant parfois celles qui se trouvent, tout près, a portée de voix. Il rappelle qu’autrefois, les grands parents jouaient un rôle central dans l’éducation informelle. Ils regroupaient, la nuit au tour du feu, les enfants pour leur raconter des histoires soigneusement construites, porteuses de leçons de vie, de sagesse et de repères culturels. Ces récits contribuaient à façonner le caractère, à transmettre les valeurs et à renforcer le vivre ensemble. « Aujourd’hui, observe-t-il, ces pratiques se raréfient. Dans de nombreuses familles, lorsque les regards ne sont pas rivés sur les téléphones portables, ils se tournent vers les écrans de télévision, reléguant les échanges humains au second plan. » Pour Moussa Yalcouyé, cette évolution traduit une rupture silencieuse dans la transmission des savoirs et des valeurs. L’éducation, autrefois collective et encadrée par les aînés, est désormais largement influencée par les écrans et les réseaux sociaux, souvent sans filtre ni accompagnement. Il plaide ainsi pour une régulation plus stricte des réseaux sociaux et pour un rôle plus affirmé de l’État, notamment à travers l’encadrement des contenus et la promotion de productions locales en harmonie avec les valeurs ancestrales. Ces témoignages révèlent une société en pleine mutation, où la modernité fragilise progressivement les repères traditionnels. L’enjeu n’est pas de freiner le changement, mais de préserver les valeurs essentielles afin que l’évolution se fasse sans rompre le lien social et culturel. ATB/MD (AMAP)
Clôture de la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou : La palme revient à la Région de Bougouni
Envoyés spéciaux Amadou SOW Oumar DIOP (Photos) Tombouctou, 28 Déc (AMAP) Le premier prix de la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou 2025, qui s’est déroulée du 18 au 28 décembre, a été remporté par la Région de Bougouni, suivie de Dioïla et de la Région de Tombouctou lauréat du troisième prix, au terme de la compétition dont la clôture, samedi, a été présidée, au nom du Président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, par le Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga. Le Jury présidé par le Dr Fodé Moussa Sidibé a attribué le prix spécial du Président de la Transition, d’une valeur d’un million de francs CFA, à l’Orchestre moderne de Kidal, tandis que l’édition de 2027 sera organisée à Bougouni. Les dix jours de compétitions entre les troupes régionales, « dans une saine émulation, ont permis au public, nombreux à tous les spectacles, d’apprécier la qualité des prestations et de découvrir les talents émergents des terroirs du Mali », a dit le chef du gouvernement. « Ainsi, conformément à la vision du Président de la Transition, Chef de l’État, la biennale contribue incontestablement à la promotion accrue des talents du Mali », a ajouté le général Maiga Il a adressé ses félicitations aux Gouverneurs de la Région de Tombouctou, tous les Gouverneurs de Région et du district de Bamako, Tout comme a tous les responsables locaux pour leur « implication personnelle », et les responsables techniques pour le challenge reussi et pour la bonne organisation de l’évènement. Il n’a pas omis les Légitimités traditionnelles de Tombouctou pour leur « Diatiguiya », les organisateurs et tous ceux qui ont contribué à la réussite de l’évènement. Avec une mention spéciale à nos forces de défense et de sécurité pour leur professionnalisme et leur efficacité ainsi que les artistes et artisans. « Malgré les défis sécuritaires, économiques et sociaux, le Mali reste debout, fier de ses valeurs et confiant en son destin. Et Tombouctou 2025 restera gravée comme une étape majeure dans la renaissance culturelle de notre Nation », a dit Abdoulaye Maiga. Il a annonce les trois régions qui abriteront respectivement la Biennale : la Région de Bougouni en 2027, Koulikoro en 2029 et Gao en 2031. « L’édition de 2025 était un défi pour terminer en beauté, l’Année de la Culture, décrétée par le Président de la Transition. Elle a été marquée par la confirmation de la volonté du Président de la Transition de réunir toutes les régions pour la première fois au Nord du Mali autour de nos valeurs, de la paix, de la cohésion sociale, et du vivre-ensemble », a dit, pour sa part, le ministre en charge de la Culture, Mamou Daffé. « Cette Biennale a été celle de la résilience, de l’innovation et de l’unité nationale. Pendant dix jours, la Cité des 333 Saints a retrouvé son souffle. Elle est redevenue un carrefour vivant de cultures, de création et de rencontres », a ajouté M. Daffé. Des prix spéciaux ont été attribués à des artistes tout comme des attestations de participation. Une cérémonie accompagnée par la prestation du célèbre comédien Habib Dembélé dit Guimba national et la chanteuse Ami Wassidjé après l’exécution de l’hymne national. La cérémonie a été clôturée par la remise du drapeau de la Biennale au gouverneur de Bougouni où rendez-vous est pris pour la prochaine. Cette clôture s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement, des membres du Conseil national de Transition (CNT), des gouverneurs des régions, des diplomates accrédités au Mali, de personnalités politiques, de légitimités traditionnelles ainsi que plusieurs communautés venues assister à la remise des prix de cette première dans le Nord du pays AS/OD/MD (AMAP)

